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4 juin 2012

[#Ozmarathon] 5x04, pause tendresse

On ne mollit pas, second épisode de la soirée pour le Ozmarathon : battons le fer tant qu'il est chaud !

Ozmarathon-5x04

L'épise s'ouvre sur ce qui est probablement l'un des plus précieux moments de ce début de saison, alors qu'Alvarez rend visite au ptit père Mukada. Séquence nostalgie ! Cela faisait longtemps que ces deux-là n'avaient plus interagi, et ça. fonctionne. toujours. aussi. bien ! Eux-mêmes sont d'ailleurs conscients de ce passé commun qui les rapproche et leur permet d'être sincères l'un avec l'autre. Il est vrai que c'est un sincère regret pour moi que leur relation n'ait jamais eu l'occasion d'être exploitée pleinement ; Mukada aurait pu, à plusieurs reprises, être vital dans les orientations de la vie de Miguel, et en échange il me semblait que Miguel apportait aussi de l'humilité à ce religieux un peu trop sûr de sa fabuleuse supériorité morale. Qui plus est, c'est l'occasion de se rappeler (chose que personne n'avait pensé à mentionner jusque là) que Mukada est le seul survivant de l'accident de bus et qu'à ce titre, il porte une nouvelle blessure.
Cette petite scène sincère et touchante, qui une fois de plus nous permet d'accéder à l'âme torturée d'Alvarez (et c'est bien pour ça qu'on l'aime), est surtout une façon d'introduire un nouveau programme au sein d'Oswald, cette fois portant sur le dressage de chiens, et auquel Miguel s'est porté volontaire.

Soyons clairs : les programmes de cette prison ont une longue histoire d'échecs cuisants. On attend encore les brillants résultats de la boxe, du basket, et cela sans parler du programme scolaire. Oh, et ne me lancez pas sur l'obligation de regarder des videos éducatives, et surtout sur la question de la cage à EmCity ! Cette fois, il s'agit donc de dresser des chiens pour aveugles (un très beau rappel du sentiment de culpabilité d'Alvarez suite au crevage d'yeux de Rivera), chiens qui vivront à Em City avec leur maître d'ailleurs. Là encore, ça sent l'idée brillante. Première crainte de Tim McManus (partagée par son ex-femme dont je n'ai toujours pas réussi à mémoriser le nom ; ptet que si elle restait à l'antenne plus de 5mn ça aiderait cela dit, d'autant que j'adore leurs confrontations stériles) : on n'a pas peur qu'ils fassent du mal à leur chien ? Oh non, ils s'y attachent au contraire, et finissent par les protéger.
Attends, non, pause là. Réfléchissons : que savons-nous du fonctionnement des choses à Oz ? Que chaque fois que quelque chose est important pour un prisonnier, les autres vont chercher à le lui voler, casser, ou les deux. Ma plus grande crainte ne vient pas des prisonniers soigneusement sélectionnés pour ce programme : elle vient de tous les autres ! Et d'ailleurs c'est Alvarez qui va faire remarquer, avec une acuité à la fois aiguë et blasée, que c'est des autres que vient le danger. Ça ne tarde pas à se manifester d'ailleurs. Et on ne doute pas plus de 3 secondes que ça finisse mal, surtout vu les récentes altercations entre Alvarez et Guerra. Mais Tim McManus, est-ce que tu réfléchis parfois ? On court au désastre. Et encore, c'est seulement si on a la chance qu'aucun prisonnier ne se serve de son chien comme d'une arme. Parce que c'est pas des caniches en plus, qu'ils ont à leurs côtés. Des crocs comme ça, à EmCity, ça vaut toutes les brosses à dents bien taillées du monde. Seigneur, ya des fois hein...

Bon, pendant que la débâcle suit lentement son cours, n'en doutons pas, l'épisode va en tous cas passer rapidement à autre chose. Ce que je regrette, soyons clairs, car ce programme ne mérite pas de rester indéfiniment dans la saison, et qu'en plus ça nous donne une triple dose d'Alvarez, comme sans doute jamais jusqu'à présent. Mais admettons.
D'ailleurs il y a plein d'intrigues comme ça qui sont lancées, depuis quelques épisodes, et qui retombent aussi sec. En témoigne l'histoire de Rebadow et de son ticket de loterie ; on s'était émus du sort de son petit-fils, maintenant la storyline traîne sa misère et ne veut plus se développer, et du coup l'émotion s'échappe. C'est d'un triste.

L'épisode nous offre, c'est nouveau, un peu de sang neuf, comme en témoignent les deux flashbacks criminels : l'un avec deux étudiants, Adam Guenzel et Franklin Winthrop, et l'autre, Francis Urbano, un criminel italien sans scrupules.
Pas de grosse exploration psychologique du côté d'Urbano : il est surtout là pour jouer les gros bras pour les Ritals, surtout maintenant que Pancamo est reclus à l'infirmerie, sans en avoir l'autorité. Ce qui est intéressant est plutôt ce qui se joue du côté des étudiants : Guenzel échoue à Em City, où Beecher est son parrain (il connaît son père), et l'autre débarque en unité B où c'est Schillinger qui le prend sous son aile (et cet homo refoulé de Robson qui fait main basse sur son cul). La mise en parallèle marche très bien : Guenzel, un peu protégé mais pas du tout conscient que c'est le cas, commence par avoir quelques frayeurs avant de vite prendre goût à l'ambiance violente du coin, sous le regard désapprobateur de Beecher ; de son côté, Winthrop devient la nouvelle prag des nazis, et revit tout le parcours qui avait été celui de Beecher, dans une souffrance muette à vous tordre le coeur. Guenzel ne se rend donc pas compte à quel point il est protégé par Beecher du sort que lui-même a connu, et qui afflige son ex-camarade. Par effet de contraste, cela souligne aussi le chemin parcouru par Beecher.

Ce dernier est d'ailleurs pris entre deux feux pour d'autres raisons : il est amoureux de son avocate ET de Chris Keller. Or Keller a besoin d'un avocat pour lui éviter la peine de mort, et devinez qui prend l'affaire ? Eh oui, ça pue. D'ailleurs, Keller n'est pas dupe du peu d'intérêt qu'a l'avocate pour sa survie, ce qui devrait nous donner d'autres échanges aussi intéressants que celui qui noue la rencontre entre les deux amours de Beecher. De quel côté des barreaux est le vice ? On est en droit de se le demander.
En attendant, toujours pas de retrouvailles pour nos tourtereaux. La frustration monte.

Deux amoureux renouent, par contre, et on ne l'avait pas vu venir : Gloria et Ryan partagent quelques instants tendres et surtout complices, alors que Ryan se livre quant à ses interrogations vis-à-vis de sa mère. Une fois de plus, Ryan se montre très touchant, et c'est l'occasion pour Gloria de faire une quasi-déclaration, à mots à peine couverts. Mais notre médecin a déjà fort à faire dans son travail d'acceptation de son viol, et l'instant de grâce sera bref.
D'autant plus bref que le tempérament volcanique de Ryan ne s'arrange pas. Quand il s'agit de sa famille, c'est viscéral, il ne réfléchit plus, et quand il comprend (ou croit comprendre) que les Chinois en veulent à sa mère, il fonce bêtement dans le tas, au lieu de bien préparer son coup avec l'intelligence qu'on lui connait. Le résultat est pire encore qu'on ne le pensait : Cyril se porte à sa rescousse (cette impulsivité là, on la connaît bien, elle a déjà coûté par le passé), et désormais il risque la chaise électrique. Depuis sa cage au milieu de la cour d'Em City, et alors que Kingmin lui veut pire que pendre, Ryan réalise, trop tard, qu'il est sur le point de tout perdre...

Pour respirer un peu, notre ami Omar est à nouveau sur le devant de la scène. Son intrigue prend un tour plus léger : alors qu'il s'est pris de passion pour les cours de chant dispensés par la mère de Ryan, il commence à casser les oreilles d'absolument tout le monde en voulant répéter ; LA bonne action du jour viendra de McManus qui lui trouve une pièce dans laquelle répéter ; il ignore que ce faisant, il lui donne aussi un avantage certain dont les passeurs de drogue vont vouloir profiter. Omar est donc à nouveau pris dans de sombres affaires de trafic, et le répit en ce qui le concerne sera probablement de courte durée. Mais pour l'instant, écoutons-le chanter avec l'entrain d'un gamin de 6 ans...

L'épisode, pour offrir du contraste avec la plupart de ces jolies petites scènes "mignonnes", se conclura néanmoins sur une scène atroce, dans la plus grande tradition de la série, histoire d'entretenir la haine entre les nazis et les musulmans.
Niveau histoire, ça n'apporte rien, mais quel claque !

Et pendant ce temps, personne ne semble beaucoup se formaliser de la totale disparition de Cloutier, désormais introuvable dans une prison dont on aimerait imaginer qu'elle est surveillée un minimum, et qui plus est, alors que ce grand brûlé n'est pas même pas supposé être capable de parler, et de galoper comme un petit fou moins encore.
C'est dommage puisque, comme j'ai eu l'occasion de vous le dire pour l'épisode précédent, c'est sur cette intrigue que reposait le plus gros de mes espoirs...


Pour conclure, je voudrais souligner que pour des raisons d'agenda, notre Ozmarathon perd l'un de ses membres en la personne d'Elvire, qui, avec l'été, ne pourra plus se caler sur notre "planning" commun. Un petit mot donc pour souligner combien ce fut un plaisir de faire ce marathon avec elle, et de lire ses commentaires pleins d'humour sur Twitter pendant nos visionnages. J'espère qu'on pourra partager nos impressions, même à retardement, sur les épisodes ou les saisons dans leur globalité, même si tu n'es plus des nôtres pendant ces visionnages en commun...

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4 juin 2012

[#Ozmarathon] 5x03, I want to believe

Ce soir, c'étaient deux épisodes de notre Ozmarathon qui étaient au programme. Il faut dire qu'avec l'été, notre planning va s'en trouver assez bouleversé, alors qu'il l'avait déjà pas mal été au printemps.
Alors, comme pour profiter de ces derniers instants communautaires, la saison 5 prend son envol, et nous offre quelques bons moments. Ca fait du bien.

Ozmarathon-5x03

Vous l'attendiez, Oz l'a fait : Chris Keller est de retour ! Malheureusement, l'épisode va assez peu s'apesantir sur la question, et surtout, les retrouvailles avec Beecher, que tout le monde attend (y compris les deux amants), n'ont pas lieu : comme pour punir Keller (de nouveaux éléments ont été apportés aux dossiers de ses meurtres homophobes), Beecher n'a pas de droit de visite, et, apprendra-t-on plus tard, pas le droit non plus d'échanger des lettres. Comme le souligne Keller, c'était finalement bien la peine de revenir à Oswald si c'était pour se sentir encore plus séparé de son cher et tendre...

Un autre retour, moins enthousiasmant cette fois (mais il faut dire que la série a du mal à nous introduire à de nouveaux personnages attachants depuis quelques temps), est celui du Chinois Jia Kingmin, dont très franchement on ne se souvient plus trop comment la haine pour Ryan O'Riley est apparue. Mais en tous cas elle est tenace, et le voilà qui commence à caresser l'idée d'utiliser sa mère pour lui rendre la monnaie de sa pièce.
C'est d'ailleurs très touchant ce qui se passe avec la mère biologique de Ryan. Cela nous ramène le personnage là où il s'est finalement toujours trouvé le plus touchant, c'est-à-dire sous l'angle de la famille ; d'ailleurs les intrigues amoureuses avec Gloria, sans être balayées et oubliées, ont mis la sourdine, comme pour mieux me donner raison. Clairement, Ryan est un "family guy", aussi dysfonctionnel soit-il, et sa façon de vouloir protéger sa mère lui ressemble bien. Même quand elle se manifeste de façon maladroite et irréfléchie. Encore plus touchante était la petite interaction avec Cyril, ce gros ours en peluche au coeur toujours triste qui voudrait bien lui aussi avoir une maman, et qui propose à Ryan d'échanger sa possession la plus chère (sa paire de gants de boxe ; pour une fois, très, très belle façon d'utiliser le passé de la série) contre l'affection d'une mère. Réponse de Ryan sans une hésitation : "oh non, pas la peine de procéder à un échange, on n'a qu'à partager ma maman". Sérieusement, comment ne pas avoir une énorme envie d'adorer Ryan O'Riley dans ce genre de situations ? C'est tellement lui, et tellement une belle facette de lui... On sait bien que c'est un enfoiré et un manipulateur, mais comment lui en vouloir quand on sait qu'il ne cherche jamais qu'à protéger ce genre de choses ?

Le retour sans conteste le plus inutile de l'épisode (mais pas de la saison, car il y a vraiment du level) est résolument celui de Brass, le CO sans tendon d'Achile. Déjà dans l'épisode précédent on ne voyait pas trop ce que ça pouvait donner, mais là... en fait, là, on voit ce que ça donne, et ça n'est pas convaincant du tout. Évidemment, tout ce qu'il souhaite, c'est de se venger, mais sa façon d'opérer est grossière et ne lui apporte rien de bon. Au final on n'est pas avancés du tout, on ne s'est pas émus une seule fois (en grande partie parce qu'on connaissait mal Brass avant l'incident, et qu'en plus il n'est pas très aimable), et cette intrigue prend de la place dans des épisodes déjà bourrés à craquer de mini-storylines un peu faibles.
C'est d'ailleurs le cas de ce pauvre Peter Schibetta qui lui non plus ne va pas gagner grand'chose à revenir dans la course. Ces histoires de viols deviennent d'ailleurs un running gag de bien mauvais goût.

Initiée précédemment par McManus (qui dans cet épisode est trop occupé à se fritter avec son ex-femme sur des questions à propos desquelles ils sont d'accord), la relation tuteur/poulain entre Kareem et Omar commence à s'épanouir. Elle prend même quelques formes surprenantes alors que Saïd, comprenant qu'il s'y prend peut-être un peu mal avec son protégé, tente d'engager une discussion "neutre" avec le ton le plus menaçant du monde. Sur le coup j'ai ri ; mais il faut avouer que le développement, assez rapide, nous rappelle que la série sait aussi ne pas entretenir 712 ans certaines situations, pour les dénouer avec brio. Malheureusement, je n'arrive toujours pas à ressentir quoi que ce soit pour Omar et seul le point de vue de Saïd m'intéresse vraiment dans cette histoire.

Je m'arrête un instant sur Leo Glynn. Je crois qu'on sera tous d'accord pour dire que ça n'a jamais été le personnage préféré des scénaristes : ses intrigues ne nous ont jamais menés nulle part, et son character development a toujours été au-dessous de zéro. Mais là on atteint des sommets. Désormais, chaque fois que le directeur s'exprime, c'est pour se rendre aussi haïssable que possible. Il tente de faire avouer à Alvarez qui l'a poignardé dans l'épisode précédent, et finit par le menacer plus ou moins explicitement de le mettre en isolement (dude, Alvarez est la VICTIME... bon, consentante, certes, mais ça tu l'ignores). Ou quand un prisonnier qui lui a sauvé la vie pendant la triste affaire Clayton Hugues lui demande une petite faveur pour pouvoir se comporter aussi bien que possible maintenant qu'il a quitté l'isolement, Glynn balaie sa demande de la main au prétexte que ça va trop lui rappeler ce triste épisode avec Clayton. OK, alors soyons clairs : si ça te fait chier de diriger la prison, personne ne te retient (d'ailleurs cette histoire de démission, on en est où ?). Ça devient insupportable. J'avais des envies de meurtre.
Quand je pense qu'à une époque, Glynn était le patriarche ferme mais juste qui servait de rempart à l'ignominie de Devlin... et maintenant c'est Devlin qui tente de communiquer et Glynn qui joue au salaud ! C'est vraiment le monde à l'envers.

Plus globalement, ce qui manque vraisemblablement à cette saison, et qui manquait d'ailleurs à la précédente, c'est un enjeu interne servant de fil rouge. Des esquisses sont apportées, mais on sent qu'elles sont lancées sans grande conviction, par des scénaristes déjà bien conscients d'avoir plein d'autres lignes qui mordent en ce moment. Ainsi, quelques alliances entre clans voient le jour ; en parallèle, on peut voir qu'Alvarez est en train de devenir une force d'opposition à son propre clan, ce qui est en plus du jamais vu. Ces angles, plus proches des grands tours de force de la série dans ses plus belles heures, pourraient donner quelque chose d'intéressant, mais on sent bien que ces histoires sont plus là pour meubler que pour bâtir un véritable arc général, tendant vers un but pour la fin de saison, par exemple.

Peut-être qu'en réalité, l'intrigue majeure de la saison est ailleurs. Du côté de Cloutier, par exemple. Elle est assez difficile à cerner : voilà un personnage étrange, dont on n'est pas sûrs de savoir pourquoi il ressuscite, et dont les manifestations sont perturbantes. Mais clairement cela donne à la série l'occasion d'aborder des thèmes ésotériques (ici, les monologues de Hill portent sur les rêves et leur sens, ce qui est forcément savoureux vu le mode d'apparition de Cloutier) et surtout, religieux. La religion avait à un moment une grande place à Oz, et comme en témoigne la timidité du père Mukada cette saison à l'image, elle a un peu perdu en importance ; c'est ici une bonne occasion de la réintroduire. La scène finale de l'épisode propose d'ailleurs une séquence de meurtre (ou tentative de) très symbolique, à la fois forte visuellement (cf. capture) et spirituellement. Certes il est étonnant de voir les pouvoirs paranormaux de Cloutier prendre une telle ampleur (mais après tout, à l'époque, la télévision était en pleine vague fantastique, alors...), mais le sens religieux donne une dimension intéressante à la série. En regardant ces scènes, je ne peux m'empêcher de tiquer, mais j'aimerais être capable de dépasser ces réactions réfractaires afin d'y voir là un espoir pour la saison... tout simplement parce que j'ai envie d'y croire.

3 juin 2012

[#Ozmarathon] 5x02, réapparitions

Wow. Un post Ozmarathon. Je suis même pas sûre de savoir encore comment on fait ! Eh oui, après des semaines d'absence, la petite bande du marathon a trouvé le moyen de se réunir, et nous voilà donc en train de replonger dans les ténèbres d'Em City.
Ce retour est donc une raison de se réjouir, et en même temps, a un côté doux-amer, car les défauts des épisodes vus "récemment" n'ont hélas pas disparu pour autant.

Ozmarathon-5x02

Tout commence avec une intrigue tirée par les cheveux (ce ne sera hélas pas la première) au cours de laquelle Alvarez, après avoir énervé Guerra qui réitère ses menaces de mort, décide de pactiser avec lui : il lui offre la possibilité de le poignarder à l'épaule pour se faire les nerfs. Sa seule condition : le faire devant témoins, ce qui devrait servir d'assurance-vie à Alvarez.
Soyons sincères : ce deal est pourri. Vous iriez proposer à votre ennemi de toujours, un type à l'honnêteté contrariée, dirons-nous, de vous faire un petit bobo sans contrepartie ? Moi non plus. Et d'ailleurs Guerra compte bien en profiter pour en finir avec notre Latino préféré. Il faudra l'intervention surréaliste de Morales pour qu'Alvarez survive. Il n'y a pas de grande logique dans tout ça, si ce n'est qu'on illustre une fois de plus combien Alvarez est perdu ; une énième exploration de sa personnalité dont se chargeait très bien son entretien avec Rebadow, bien plus effectif. Mais enfin.
Allez, avec un peu de chance, cette fois Guerra est satisfait et Alvarez n'a plus à se soucier de rien. Ouais, moi aussi j'ai du mal à le croire.

Une intrigue autrement plus touchante est justement celle de Rebadow qui, découvrant que le pronostic vital de son petit-fils est engagé, fait son possible pour trouver un remède contre le cancer. Personne ne lui fait remarquer que si c'était si facile (il se contente de lire des publications scientifiques et d'aller sur internet), le cancer serait déjà de l'histoire ancienne, mais difficile de ne pas voir arriver de loin la grosse déception qui l'attend. On en est tous tristes par avance... mais ce ne sera en tous cas pas pour cet épisode qui se contente de poser la question de l'argent nécessaire.

Outre ces intrigues qui hélas n'apportent pas grand'chose de neuf (après tout, si Rebadow a besoin d'argent, pourquoi ne pas organiser une quête comme la dernière fois ?), deux autres vont être remises sur le tapis : d'une part, celle de Brass, le CO dont la carrière dans le basket avait été écourtée par un "accident", et d'autre part, le petit Peter Schibetta, fils de l'ex-parrain d'Em City, et victime du défunt Adebisi.
Dans le cas de Brass, il s'agit plutôt d'un prétexte. Certes cela nous donne l'occasion de voir McManus pris par les regrets et la culpabilité (mais n'est-ce pas son état normal ?), mais surtout cela nous permet de faire plus ample connaissance avec un personnage qui, lui, est totalement nouveau : son ex-femme, qui vient d'être nommée comme agent de liaison entre la prison et le cabinet du gouverneur. Preuve que la série a non seulement de la mémoire, mais aussi du recul, c'est l'occasion d'une boutade bien sentie de la part de Murphy qui est convaincu que McManus va se la faire (il ignore qu'ils ont déjà été mariés). Mais surtout c'est une excellente façon de les pousser à interagir, car en dépit de leur divorce, il s'avère qu'ils sont toujours sur la même longueur d'ondes professionnellement. La façon dont McManus manipule Brass pour qu'il aille la voir et que finalement il obtienne (un peu malgré lui) une solution parfaite est assez amusante et donne les bases d'une dynamique intéressante... à condition que McManus ne se pique pas de la sauter quand même. Hélas, qui croit vraiment que juste une fois il ne va pas penser avec son pénis ? C'est ce qu'il me semblait aussi.
Dans le cas de Schibetta, on est par contre dans l'inutilité la plus totale. Ce que ce pauvre hère peut bien avoir à apporter me dépasse, étant donné qu'Adebisi est mort de longue date et qu'après son internement, il n'impressionne plus personne. D'ailleurs le pauvre diable n'essaye même plus, ce qui confirme l'étrangeté de ce retour.

Le fantôme d'Adebisi, en revanche, continue de hanter Saïd qui heureusement trouve en McManus une aide précieuse. Voilà un bout de temps maintenant que McManus a le prisonnier Omar sur le dos, un stalker perdu mais dangereux dont on n'a jamais trop su quoi faire. Eh bien Timmy a enfin trouvé la solution parfaite : demander à Adebisi de devenir son sponsor. Je dois avouer que même si l'idée parait séduisante, et même assez poétique en un sens, il est évident qu'elle va tourner à l'échec. Omar est foutu, d'ailleurs lui-même le sait. Mais avec un peu de bol, cela permettra à Kareem Saïd de trouver la rédemption. On n'en demande pas plus, même si le Saïd ombrageux que nous avons découvert depuis la mort d'Adebisi st un des plus intéressants character developments de la série.

Avant de finir, un mot sur les monologues d'Augustus Hill : ils sont dans cet épisode très bons. L'énumération des lois débiles de certains Etats fonctionne, déjà parce que ces lois absurdes nous font rire depuis des années (surtout depuis qu'internet propose des listes pour notre divertissement), et surtout parce que leur conclusion était très intelligente et fine, opérant un excellent parallèle avec l'intrigue du Révérend Cloutier.
Ce dernier, un grand brûlé, semble avoir développé la capacité d'apparaître à ses victimes. Un angle paranormal qu'on n'imagine pas du tout dans une série telle qu'Oz, et qui à mon sens ne fonctionnerait que si un seul prisonnier était touché (de la même façon que Rebadow prétendant que Dieu lui parlait avait de l'effet dans les premières saisons), mais qui là semble totalement déconnecté de l'identité de la série. Cependant, avec l'éclairage du monologue de Hill, il faut admettre que cela fonctionne. Espérons seulement que ces projections astrales ne soient pas qu'un artifice et aboutissent à une intrigue solide, sans quoi ça pourrait aussi bien être un saut de requin céleste...

Je passe sur la question du meurtre de Hank Schillinger, qui conduit une fois de plus à réveiller le démon qui se loge dans l'âme noircie du nazillon de service, poignardant Pancamo pour obtenir vengeance, parce que très franchement ça n'a été qu'un prétexte pour pouvoir ramener le seul personnage qui nécessite d'être ramené dans la série.
Heureusement, dans les petits moments de flottement de la série, l'aspect communautaire de ce visionnage permet de conserver sa bonne humeur, et de garder de l'entrain pour le prochain épisode... qui, il faut le dire, devrait cependant comporter une excellente nouvelle, puisque plus rien n'empêche Keller de rentrer au bercail !

8 avril 2012

[#Ozmarathon] 5x01, thanks for the ride

La fin du Black March signifie aussi le retour du Ozmarathon, puisque tous les participants n'avaient pas forcément la chance de suivre la série en DVD. Enfin ! La saison 5 commence, et c'est avec entrain, espoir et appétit que nous nous lançons...

Ozmarathon_5x01

L'épisode va pourtant commencver sur une grosse maladresse, probablement rendue plus insupportable avec le recul maintenant que 90% des séries nées depuis lors ont utilisé le stratagème : l'intro qui donne la conclusion de l'épisode, suivie immédiatement d'un retour dans le passé. Ce n'est pas exactement un flashback, c'est juste une façon très gauche de plaquer un enjeu sur cet épisode : attention, à la fin, voilà ce qui attend tout le monde, et ils n'en savent rien. Le problème c'est qu'on est loin d'avoir de quoi se rassasier dans l'intervalle.
Pour être plus précise, l'idée de faire se crasher le bus, je dis oui. L'idée de voir comment les prisonniers ont hâte de retrouver des visiteurs à l'issue des mois de travaux qui les ont coupés de l'extérieur, ok. Mais les discussions dans le bus ! Seigneur, c'était interminable. Evidemment ça accentue la dramatisation, humanise les personnages qui sont condamnés à mort, et propose, chose quand même vachement inédite l'air de rien dans la série, de longues scènes hors de la prison, et avec, donc, un regard extérieur sur les maux qui rongent les prisonniers. Mais c'est vraiment longuet quand même.

Pendant ce temps, loin de se douter de ce que les scénaristes vont bientôt leur infliger, lesdits prisonniers continuent leur petite vie, ou plutôt la retrouvent, dans une prison d'Oswald qui semble avoir été retapée de la cave au grenier (mais très franchement, ça ne saute pas à l'oeil nu) et où ils peuvent enfin réintégrer leurs quartiers ou la cantine. Par-dessus le marché, les prisonniers en isolement vont aussi pouvoir se remélanger à nos amis d'Em City sous un prétexte fallacieux.

Et c'est donc le moment où les groupies d'Alvarez sautillent sur place comme des adolescentes des années 90 devant un poster de Rock Voisine. On n'y croyait plus ! Dans la saison précédente, camoufler l'absence de Kirk Acevedo avait été fait avec autant de subtilité que le maquillage de la grossesse de Lauren Lane dans Une Nounou d'Enfer, la volonté d'en faire des tonnes pour pouvoir en rire en moins. C'était affligeant mais, l'air de rien, on avait fini par s'habituer à cette masquarade. Alors ça fait tout bizarre de le retrouver, étrangement imposant physiquement, et surtout, complètement loco. Ah, c'est fini, les yeux de chiot : maintenant Alvarez mord. Peut-être en se vantant juste un tantinet trop d'en être capable, de sorte qu'il va prendre une petite leçon d'humilité (de la part de Giles, en plus !), mais enfin, il est en forme, il pète le feu, on dirait qu'Acevedo lui-même est soulagé d'être revenu.

Retour aux affaires également pour Kareem Saïd. Peut-être pas comme on l'aurait imaginé, mais retour quand même. Après avoir libéré l'Adebisi qui sommeillait en lui, Kareem semble ne pas avoir tout-à-fait choisi comment il allait vivre à partir de maintenant. Le démon n'est pas tout-à-fait lâché, comme j'aurais pensé ; mais pour autant il n'est pas totalement sous contrôle, et d'ailleurs, le self-control de l'imam a disparu, comme le montrera sa rapidité à montrer aux Aryens tout le bien qu'il pense d'eux, à peine relâché. Il participe toutefois de bonne volonté à la petite discussion mise en place par Sister Peter Marie, avec Beecher et Schillinger. Le beau trio que voilà.
Et alors, Sister P, il faut qu'on cause. Ca ne va tout simplement pas être possible. On se demande comment l'administration peut continuer de vous payer à organiser des sessions entre des gens qui se haïssent, de les voir échouer et recommencer avec un défi encore plus ridicule la fois suivante. C'est perdu d'avance. Déjà parce qu'entre Beecher et Schillinger, la dernière fois, ça a échoué. Et maintenant en venant y ajouter Saïd ? Faut vraiment rien avoir à faire de sa journée. Tout ce temps que vous pourriez passer en expertises psychiatriques sur, chais pas moi, Alvarez par exemple ? Alors je dis pas, ça va nous faire du sport, c'est bien, et d'ailleurs ça commence plutôt bien, parce que Beecher est un personnage en or (pas pour rien qu'il a attendu près de la moitié de l'épisode avant de pointer son nez) et que toute scène avec lui vaut forcément cent sous de plus, mais on sait tous comment ça va finir. Mal.

Entre Ryan O'Riley et Gloria Nathan, ça ne va pas très bien non plus. Pas vraiment de querelle d'amoureux mais, comme on avait pu le voir en fin de saison précédente, Nathan prend ses distances et ça fait tout drôle à l'Irlandais d'être repoussé sans vraiment savoir trop pourquoi (il faut dire qu'il n'a jamais été très malin quand il s'agissait de Gloria).

C'est aussi l'occasion de remettre le meurtre de Keenan sur le tapis, j'avoue que j'ai pas trop compris pourquoi sinon qu'Arif est long à la détente et est allé caffeter.
Il me souvient de l'époque où les intrigues d'Oz avançaient. C'était une ère faste et bénie qu'on appelle la première saison, et ça s'est étendu dans la seconde, aussi. En fouillant votre mémoire, vous devriez pouvoir vous rappeler qu'on ne convoquais pas d'intrigues anciennes en permanence. Eh bien cette époque est vraiment finie.
En réouvrant le dossier du meurtre de Keenan, on fait appel à une vieille, vieille affaire, qui n'avait même pas forcément été la plus palpitante de la série (vous me remettriez un trio Beecher/Schillinger/Keller, là je dis pas... on a vécu de grands moments avec ces enfoirés-là !), et de la faire revenir pour ce qui semble être la énième fois au nom d'une résolution. Mais que peut-elle nous apporter ? Voyons les choses autrement que sous l'aspect strict de l'enquête que mène Glynn : sur un plan dramatique. Cela oblige Gloria à choisir son camps : dire la vérité, ou protéger Ryan. C'est franchement un dilemme qu'elle a suffisamment exploré la saison précédente, et maintenant qu'elle prend ses distances avec lui, visiblement en toute connaissance de cause, voilà qu'elle cache ce qu'elle sait à Glynn ? Ca donne vraiment l'impression de faire un pas en avant, un pas en arrière. Pourquoi ne collabore-t-elle pas totalement avec O'Riley dans ces conditions ? J'aimerais énormément voir Gloria la psychorigide en bad girl, ce serait bien plus riche en possibilités.
Heureusement cette petite enquête pas très originale est aussi l'opportunité pour Ryan, pendant ses quelques minutes de présence à l'antenne, de faire... son Ryan, et d'intriguer de son mieux pour couvrir le meurtre. Il faut admettre qu'il s'en sort pas mal, mais on n'en attendait pas moins de lui. J'ai par contre été intriguée et surprise par sa façon de parler à Cyril... se pourrait-il que le divorce soit consommé entre ces deux garçons dont Ryan a découvert récemment qu'ils n'étaient pas issus de la même mère ? Ce serait intéressant aussi, mais peut-être plus dur à avaler après tout ce que la série nous a montré sur le lien qui les unit. Je suis prête à me laisser séduire par une telle intrigue quand même, si tel est vraiment le cas.

Et puis, quand franchement on ne s'y attendait plus, LA scène arrive. Et elle s'avère bien plus émouvante que je ne m'y attendais.
Le bus effectue sa chute, le père Mukada se tire miraculeusement du véhicule, Glynn annonce aux prisonniers ce qui s'est passé... C'était très bon, très puissant, et pas uniquement à cause de la musique un peu over the top mais bien parce qu'on redécouvrait l'aspect le plus fort, le plus sacré, le plus indispensable de la série : son humanité. Malgré toutes les horreurs que ces hommes commettent (assez peu représentées pendant cet épisode, en-dehors de l'état de Cloutier qui a de quoi retourner les estomacs les plus accrochés), ils restent des hommes pour qui les proches, la famille, tout ça, c'est vital. Cela faisait longtemps que la série n'avait plus abordé ces choses-là de cette façon-là. N'ayant pas vu la saison 5 (je n'avais pu reprendre la série que lorsque la 6e était passée sur Série Club), j'ignore si cela avoir un impact durable sur la saison, mais je le souhaite.
C'est sadique... mais c'est très Oz, non ?

4 avril 2012

White April

Le Black March, ça ne vous aura pas échappé, est maintenant fini. Et tout le défi est de se remettre dans le bain. Déjà qu'il n'est pas forcément facile-facile de suivre un programme téléphagique dense et d'y inclure les nouveautés et/ou pilotes (surtout quand comme moi, on est bien volage en la matière), mais ajoutez à cela un mois de séries à rattraper et ça confine à la folie douce.
Mais agréable, alors on va pas se plaindre.

So far, so good. J'ai pu voir trois pilotes (GCB, Magic City et Bent dont je vous ferai le post si je me déteste), ce qui m'est déjà fort agréable. Il a également été plus rapide de récupérer mon retard sur des séries de format court, et je suis donc à jour avec Happily Divorced, Woodley (dont je suis désormais certaine de faire l'acquisition du DVD à un moment tant cette série est géniale) et House of Lies que je me suis dépêchée de rattraper pour être fin prête au moment du season finale, comme vous le savez. Sont également bien avancés mais pas encore totalement au point Suburgatory et Portlandia.
Rendons grâces au weekend prolongé qui s'annonce, puisque Äkta Människor et The Good Wife seront aussi au programme. On verra pour la suite. Faut quand même avouer qu'il y a du monde dans mon planning, à plus forte raison parce que j'ai bien l'intention d'achever mon Piemarathon (mais je n'ai pas envie de le faire en étant bousculée).

WoodleyCircusWoodley, le petit bijou

Au niveau des évènements de groupe, c'est-à-dire notre Ozmarathon et les séances du Smash Ensemble, on joue pour le moment avec les disponibilités donc ça me fait gagner du temps, si je puis dire. Ce sont des moments conviviaux que j'ai hâte de retrouver, pourtant.

En plus de tout cela, mes intentions téléphagiques sont de reprendre un peu l'exploration des séries britanniques : j'ai un pilote de Sherlock qui n'attend que ça, et j'ai également mis de côté Call the Midwife. On verra bien ce que ça donne mais ça me fera du changement, ça fait depuis la fin de l'année dernière que je n'ai pas eu de coup de coeur pour une série britannique, et ça fait long.
J'ai aussi fait mon marché et déniché une intégrale de saison 1 d'une série française à 3€ à la FNUC, je n'ai jamais vu la série ni d'Eve ni d'Adam (elle n'a à ce jour jamais été mentionnée sur ce blog), et j'ai hâte de pouvoir la déshabiller de son film plastique et tester ce qu'elle vaut. Saurez-vous deviner de quoi il s'agit ?
Si on ajoute la préparation du SeriesLive Show, qui est toujours l'occasion de se rajouter des visionnages en plus (je vous mitonne d'ailleurs un bilan de série pour vendredi, vous m'en direz des nouvelles)... je ne chôme pas, et j'adore ça !

En somme, le mois d'avril est vraiment un moment de joie, de bonheur, de retrouvailles et de petits poussins. Vous saisissez l'idée générale, quoi.
L'une des conséquences indirectes et, ma foi, insoupçonnées du Black March, c'est que je me lance à corps perdu dans plein de séries de toutes parts, pour rattraper ce que j'ai manqué, et que je m'éclate. Je ne doute pas qu'il y aura des conséquences moins positives (certaines séries vont finir abandonnées au bord de la route faute de temps, c'est prévisible) mais pour l'instant, c'est que du bonheur.

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29 mars 2012

Practice makes perfect

BlackMarch
Au cours de ma carrière de téléphage, j'ai assisté à des performances terriblement mauvaises. Plein. On a tous vu notre lot d'horreurs. Il y a, au contraire, des performances qui m'ont parfois coupé le sifflet, et même si assez souvent je me demande où commence le mérite de l'acteur et où finit le brio du scénario, il y en a eu pas mal, reconnaissons-le. Et dans ces cas-là je vous l'ai fait savoir d'ailleurs, par exemple quand j'ai consacré un post au talent de Lee Pace, qui m'a impressionnée (et pas que moi à en croire ses nominations et récompenses) dans Soldier's Girl, puis The Fall, entre autres.

Lee Pace, qui a démarré sa carrière à la télévision il y a très exactement 10 ans aujourd'hui, en mars 2002 donc, alors que l'épisode Guilt de New York Unité Spéciale dans lequel il tenait un petit rôle était diffusé par NBC.
C'est un acteur qui m'a plusieurs fois épatée, je l'ai dit, et le répèterai souvent encore, mais quand j'ai découvert, il y a quelques temps, cet épisode, je vous avoue que les bras m'en sont tombés.

Il est simplement MAUVAIS.
Nan vraiment. On peut chercher des qualificatifs pour cette prestation, mais ils seront toujours synonymes de MAUVAIS. C'est risible. Personnellement je regarde cette video de temps à autres pour me mettre de bonne humeur, parce qu'elle me fait toujours marrer. Ca ne prête pas à conséquence puisque je sais de quoi l'acteur a été capable ensuite, ça ne diminue en rien l'opinion que j'ai de lui, mais enfin, c'est MAUVAIS, quoi. Alors j'ai voulu partager cet extrait avec vous pour célébrer, ensemble, les vertus du travail, de l'acharnement, et sans doute aussi, du temps. Certains acteurs deviennent meilleurs avec le temps. Comme le bon vin. Et certains fromages. Et les hommes. Je me comprends.
Comme c'est encore le Black March, nous allons opter exceptionnellement pour le streaming mais, dans un peu plus de 48h, je corrigerai cette infamie.

Mon Dieu, je commence par quoi ? On sent le mec qui jusque là n'a jamais joué que sur une scène de théâtre, déjà. Le phrasé est atroce et anti-naturel au possible ; mais il serait parfait dans la plupart des fictions françaises que j'ai vues. Il est supposé être un pédophile qui a autrefois été lui-même violé, et on a l'impression qu'il récite sa liste de course, quand même... D'ailleurs on constate combien il a changé sa diction depuis (quel coach de génie lui a d'ailleurs fait remarquer qu'il irait loin en parlant légèrement sur le côté comme il l'a adopté ensuite ?). Le jeu avec les mains met lui aussi totalement à côté ; c'est un tic récurrent chez Lee Pace (et c'est toujours la main droite, d'ailleurs) mais je ne l'avais jamais vu aussi prononcé ; tant mieux, j'ai envie de dire. Même le plus petit haussement d'épaule sonne faux. Ne parlons même pas du fait qu'il a le regard tellement mort que même le Piemaker ne pourrait le ressuciter (et pas le plus petit haussement de sourcils : il n'avait pas encore trouvé "son truc" de toute évidence). On n'y croit pas un seul instant. Ca s'améliore vaguement sur la fin mais ça reste MAUVAIS.

Face au jeu de ce qui restera comme le meilleur trio de l'histoire de la série (Meloni-Hargitay-March), parfaitement dans la bonne tonalité, il est totalement à côté de la plaque, pas du tout sur le même registre. Obligé, les mecs en face ne sont pas simplement impassibles du fait du témoignage de mauvaise foi du personnage (le langage corporel des acteurs en début de scène est parlant), ils sont en train de se demander quel abruti a fait passer les castings, et se disent "euh, il a couché avec qui pour avoir le rôle, ce petit ? Tu veux pas retourner servir des cafés au Starbucks du coin plutôt ?", et je ne saurais le leur reprocher (fact : Lee Pace n'a jamais eu à servir de cafés, mais ça m'étonnerait que Stephanie March l'ait su). Un instant on croit que ça vient du personnage qui jouerait la comédie, mais pas du tout. Quand on pense qu'il joue dans cette scène face notamment à Christopher Meloni, qui vient d'Oz où il a balancé quelques unes de ses plus magistrales prestations, on se dit que ce petit ne fait pas le poids.

C'est la seule scène de l'épisode dans laquelle on verra Lee Pace. Dieu merci.
Son rôle suivant sur un écran, éblouissant, sera en 2003 dans Soldier's Girl. Au cours de ma carrière de téléphage, j'ai assisté à quelques miracles. Celui-là en est un.

Joyeux anniversaire de carrière audiovisuelle, Lee. C'est une magnifique leçon de persistance... On se donne donc rendez-vous dans 10 ans pour noter la progression.
Je te préviens, je retire des points d'office à cause de Twilight, et j'ai pas l'intention d'aller vérifier si c'est injuste ou non.

18 mars 2012

[#Piemarathon] 1x08, taffy

BlackMarch
Le retour au Piehole se fait dans la joie et l'allégresse alors que l'un des (22) meilleurs épisodes de la série annonce l'arrivée de la fin de la première saison. Pour nous consoler, nous aurons droit à une structure inhabituelle pour cet épisode qui concluera sa première enquête avant même la fin de son premier tiers. Une façon originale pour Pushing Daisies de fournir sa dose contractuelle de procedural tout en s'intéressant aux mésaventures de nos personnages eux-mêmes.

Piemarathon_1x08_Title

Et pour ce nouvel épisode, nous découvrons le décor du rutilant magasin Bittersweets.
Oh, Bittersweets ! La boutique de mes rêves ! Oui enfin, juste après le Piehole, naturellement. L'endroit compte parmi les décors les plus magnifiques de la série, avec son mélange improbable de turquoise, d'orange, de noir et d'ors. De la devanture aux uniformes, en passant par les comptoires ou les étagères, Balsam's Bittersweets Taffy and Sweets Emporium est déjà une friandise avant même qu'on ait ouvert la bouche. Tenez, rien qu'à le prononcer ! Inutile évidemment de souligner combien la musique est un régal également, puisque je l'ai moi-même utilisée par le passé. Oui, les bonbons, c'est le carnaval qui passe en ville, de bout en bout.
Cela ne gâche rien que Molly Shannon soit de la partie, toute irritante qu'elle sache parfois être, elle apporte définitivement une grande énergie à l'épisode. Il n'est d'ailleurs pas très étonnant de constater que Ned est absolument dénué de tout esprit de compétition, mais heureusement, les Pieholettes en auront à remontrer à la vieille carne en matière de concurrence plus ou moins loyale, plus souvent moins que plus.

Tant qu'on en est à parler de style, faisons un instant une pause sur la garde-robe de notre fille morte. Si Chuck nous a charmés avec des looks variés, allant jusqu'à très ostensiblement se faire passer pour Audrey Hepburn dans l'épisode se déroulant dans l'univers des courses hippiques, cette fois elle a décidé de se réincarner en Janis Joplin. Ca surprend mais c'est toujours un régal.

Piemarathon_1x08

Bon alors, du côté du nerf de la guerre, il y a encore une fois de l'eau dans le gaz entre Ned et Chuck. Essentiellement parce que lui a d'atroces remords (rapport au fait qu'il a tué le père de sa bien-aimée, ce genre de détails) et que maintenant qu'ils sont officiellement ensemble, il panique encore plus. C'est quand même lui qui avait posé la question de la clarification de leur relation, hein ; toujours aussi doué ce Piemaker. Alors du coup, l'épisode nous montrera un Ned non seulement jaloux (lorsque le premier mort de l'épisode drague lourdement Chuck), mais aussi sec, distant, et franchement pas très charmant, pour le coup.
Et comme Emerson, on se régale de le voir se débattre de cette façon : c'est hilarant.

De son côté, Olive passe par une nouvelle phase dans ses sentiments vis-à-vis de Ned et Chuck : la jalousie. Elle va être aussi être d'une, hm, bonté défectueuse envers la fille morte plusieurs fois au cours de l'épisode. Olive peut être une véritable ode à l'agressivité passive, quand elle s'y met... Elle va aussi pleurer un bon gros coup, à la fois parce que Ned est en prison par sa faute (c'est difficile de ne pas être d'accord avec Emerson à ce sujet quand on regarde aussi le Ozmarathon en parallèle !), et à la fois parce qu'elle réalise que ça ne marchera jamais. Et c'est bien, c'est très bien, ça veut dire qu'elle avance ! Cela se voit avec le retour du vendeur de produits homéopathiques, Alfredo, avec qui elle discute toujours sans trop y penser, alors qu'il est complètement fou d'elle. Il lui fera la plus adorable des déclarations fusionnelles, mais pas au bon moment. Mauvais timing pour le pauvre Fredo qui repart sur les routes et qui va ravir le coeur d'Olive... en sa propre absence.

Olive et Chuck ne peuvent pourtant pas nier qu'elles forment toujours une équipe efficace en diable, même voire surtout lorsqu'il y a une bourde à faire. Et c'est justement ce qui va nous conduire au second mort de l'épisode, un second mystère fort sympathique qui, Ned étant en prison, va forcer Emerson à bosser un peu en solo, plutôt que prendre le Piemaker pour son dévoué assistant.
La deuxième enquête va nous fournir dees instants absolument hilarants (Les Experts n'ont rien à envier à notre petite Chuck et son procédé pour relever les empreintes) et des références savoureuses ; l'épisode montre alors vraiment un Pushing Daisies au top de sa forme en la matière. A la fin, j'étais quand même bien contente de Dilly Balsam plie bagage ; pour un épisode, c'était un plaisir de la voir exploser dans tous les sens, mais si elle avait dû devenir permanente, j'aurais vite fatigué.

On n'a pas trop de nouvelles du mystère qui avait bouclé l'épisode précédent, mais le cliffhanger de grande ampleur de cet épisode-ci est là pour nous préparer à un final captivant...

14 mars 2012

[#Ozmarathon] 4x16, pour de la fausse

BlackMarch

Entre Pushing Daisies et Oz, il faut avouer qu'il y a un monde, voire plus ! Mais l'équipe du Ozmarathon tenait à finir la saison 4 en dépit du léger contretemps que peut représenter le Black March pour certains d'entre nous, et nous voilà donc devant un season finale... bon, si je dis explosif, ça fait un peu blague facile, non ?

Sauf qu'une bonne partie de l'épisode va reposer sur le principe de pétard mouillé...

Ozmarathon_4x16

Il faut dire que cette seconde moitié de saison 4 avait pu se montrer parfois décevante, ou simplement peu cohérente avec la première partie, et qu'il y avait des intrigues qui ne pouvaient pas offrir un final époustoufflant de toute façon.

A l'instar de la lutte sourde entre Burr et Supreme Allah : ils n'ont pas arrêté de se crêper le chignon, et ça ne nous a pas captivés un seul instant, même quand Hill s'est trouvé mêlé à la bagarre et qu'il a pris tout le monde de haut en prétendant ne pas se livrer à cette guéguerre. La bonne nouvelle, c'est qu'il est un peu redescendu de son piédestale dans cet épisode, et qu'il a fini par prendre partie et même, par mettre la main à la pâte et influer sur le résultat de ce duel. J'ai aimé qu'il ne le fasse pas par erreur, contre son gré ou sous lap ression, mais en toute connaissance de cause, même si c'est ensuite pour en vouloir à lui-même et à Burr. La mort de Supreme Allah n'est pas très digne ; au regard du palmarès de la série en la matière, elle est même limite honteuse. Mais peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Place est faite pour une intrigue neuve en saison 5, et c'est l'essentiel.

Comme c'est la fin de la saison et que plein de contrats ne seront pas renouvelés pour l'année suivante, Oz en profite pour faire un grand nettoyage de printemps parmi ses personnages.

La mort la mieux accueillie est celle de Clayton Hughes. Nom d'un chien, depuis le temps ! Comme Supreme Allah, on ne peut pas dire que la mort ait beaucoup d'intérêt par elle-même, le personnage étant pourri depuis un bon moment. Voilà donc Clayton qui parvient à organiser une mutinerie en isolement, à se proclamer roi et à décréter que le couloir est une micro-nation, et très franchement à ce stade, on a envie de faire un raid dans les bureaux des scénaristes et organiser un shakedown, parce qu'il y a probablement pas mal de produits à saisir... Mais c'est pas grave, la fin justifie les moyens. Aussi, quand Clayton finit par casser sa pipe, un soupir de soulagement s'est échappé de moi à mon insu, si bien que j'ai presque manqué de saisir l'ironie cruelle que cela signifiait pour Leo Glynn d'avoir assisté, dans des circonstances similaires, à la mort de deux générations de Hugues comme ça. Mais vous voulez que je vous dise ? J'aime pas assez Glynn pour que ça me fasse de la peine, de toute façon. Et même si on peut être à peu près sûrs qu'il ne va pas bouger de son bureau, sa démission ne me fait ni chaud ni froid.

Le Colonel va également y passer ; ce n'était qu'une question de temps, le personnage n'ayant été ajouté que parce que, euh... eh bien... il faut dire que... ouais, bref, on le savait. Son sort avait été scellé dés ses interactions avec Beecher, peu après son arrivée à Em City, et nous sommes TOUJOURS du côté de Beecher.

C'est d'ailleurs pour ça que la conclusion de l'intrigue relative à la libération sur parole est tellement embarrassante. On a une intrigue qui est là parce qu'il le fallait bien (on a mentionné que Beecher y aurait droit lorsqu'il est arrivé dans la série il y a 4 saisons de ça, avant qu'on ne sache qu'il deviendrait un personnage si riche), dont les scénaristes ne veulent pas vraiment, à laquelle même Beecher ne croit pas, et qui franchement hante les cauchemars de n'importe quel amateur de la série. Libérer Beecher sur parole ? Bien-sûr qu'il le mérite, le pauvre, il en bavé, mais on n'imagine pas la série sans lui. Aussi, à chaque étape de cette histoire dans l'épisode, on est obligés de se demander un peu comment ça va foirer. Parce que ça va foirer. Schillinger qui tout d'un coup est de nouveau belliqueux ? Ce bon vieux Robson qui n'a jamais, hm, avalé ce qui lui est arrivé ? Cette mauvaise idée d'avoir une avocate complètement éprise de lui ? Allez quoi, il est obligé de tout foirer !
Je ne crois pas beaucoup m'avancer en disant que tout le monde a les yeux ronds quand s'ouvrent les portes devant Beecher, après qu'il ait réchappé à une tentative de meurtre de la dernière chance (on sent que les scénaristes font vraiment ce qu'ils peuvent). Non mais merde, quoi ! Vous n'allez pas le laisser sort-... ah, bah non tiens.
Et oui, c'est l'un des gros twists de l'épisode : Beecher a droit à une émouvante séquence de libération avec joli ciel bleu, criquets dans les hauteurs d'Oswald, et pique-nique avec son avocate et sa fille... Et c'était un rêve ! Des séries ont sauté le requin pour moins que ça.
Enfin de compte Beecher rempile, non sans mentionner que dans 1 an il a le droit de se représenter devant la commission de libération. Ca m'a fait penser, vous savez, je crois que c'était dans Friends, où Chandler (je crois) ne peut pas s'empêcher de dire aux gens qu'il n'a pas envie de voir "ouais, on se rappelle et on se fait une bouffe ?", et même une fois que ses potes lui ont donné un super truc pour se débarrasser de quelqu'un à qui il avait dit ça, il parvient à finir la conversation sur "on se rappelle et on se fait une bouffe ?". Bah là, même chose. On l'a échappée belle, Beecher a trouvé le moyen de ne pas quitter la série... oh mais, attendez, l'an prochain, on remet ça. Les cons. Bon non c'était ptet pas Friends, je sais plus.

Le plus gros fake était pour la fin. Cette histoire d'Irlandais de l'IRA prêt à tout faire pêter, on savait bien que ça tournerait mal. C'était la seule intrigue valable, par moments, grâce à Ryan O'Riley qui portait quand même la série certains jours. Alors, au moment d'aborder le vrai final, c'était plutôt émouvant de le voir soudainement avoir une, euh, comment ça s'appelle ce truc ? Une ? Vous dites ? "Conscience" ? Ah peut-être, je saurais pas vous dire. En tous cas, il réalise qu'il a un frère et une dulcinée qui comptent sur lui (le frérot peut-être mais je suis moins convaincue pour Gloria), et se ravise au dernier moment. Cela n'empêche nullement l'ami Padraig de tenter de mener son plan à bien et de tenter de faire exploser une bombe au milieu d'Em City.
La séquence est suffisamment chargée en émotions pour fonctionner brièvement. Mais quand la bombe décide de ne pas exploser, on sent que ça va être n'importe quoi. Notamment parce que, en tant que spectateurs attentifs (Oz fait partie des séries qui, dans leurs meilleurs jours, ont encouragé cette qualité chez nous, après tout) on a aussi senti le gaz.
Pas d'explosion de bombe, donc, mais une explosion quand même, histoire de nous surprendre une dernière fois et de nous laisser sur un cliffhanger haletant. On n'a sans doute pas ressenti la même angoisse qu'à la fin de la saison 1 (ce season finale est indétrônable !) mais ça fonctionne quand même relativement bien, au sens où bien malin celui qui pourra prédire les conséquences de cet évènement à l'heure actuelle.

En tous cas, on sait que Beecher survivrait même à une bombe atomique, les scénaristes ont trop besoin de lui. Quant à Kareem Saïd, il est absolument impossible de nous quitter maintenant qu'il a éveillé son Adebisi profond, il est devenu trop captivant ! Mais pour les autres, on se retrouve en saison 5 pour le savoir...

7 mars 2012

[#Ozmarathon] 4x15, the Irish connection

BlackMarch

Retour à Oz histoire de finir la 4e saison, même si le Black March va sérieusement nous ralentir ensuite. Savourez ce season finale, il n'y aura pas beaucoup de posts consacrés au Ozmarathon ce mois-ci.
Soyons honnêtes, à un épisode du final de la saison, ce n'est pas un grand épisode, et il n'est pas bon, non plus. Tout juste s'il est correct. Disons qu'il n'est pas mauvais, quelques scènes (souvent brèves) le sauvant des abysses de l'oubli auxquels d'autres épisodes sont promis en cette seconde moitié de saison. Si bien qu'on serait presque surpris de réaliser que l'épisode passe vite, tant on est habitués à avoir l'impression que le temps s'écoule plus lentement quand il ne se passe rien de captivant.

Ozmarathon_4x15

Parmi les intrigues qui ne font ni chaud ni froid, on découvre que Chico, dans l'ombre de tant de Latinos depuis des lustres, a une personnalité indépendante (et qu'il a tué Tyrion Lannister) ; voilà qui ne lui donne aucune espèce d'intérêt, si ce n'est que sa petite vendetta contre Omar White donne un peu d'action à ce dernier, qui est en chute libre. Son intrigue est pourtant mortellement banale, une sorte de Mobay sans la question de l'infiltration.
On se captive à peine plus pour le cas Clayton Hugues dont il est impossible de savoir s'il a un but dans l'existence ou si cela fait partie des intrigues de cette seconde moitié de saison qui sont ramenées à l'écran par manque patent d'idées de fil rouge.
La grand-paternité (?) de Schillinger ne nous mène pas non plus très loin. Un pas vers Cloutier, un pas en arrière, un pas vers Cloutier... C'était intéressant quand Vern s'orientait vers quelque chose de nouveau, mais entre son sens déplacé de l'honneur et les pulsions violentes qui animent la communauté des nazis, on a l'impression que c'est un peu un retour à la case départ...

Beecher et les scénaristes semblent quant à eux encore très partagés quant à cette histoire de libération sur parole. On dirait que le but du jeu est à chaque fois d'ouvrir un peu plus la porte de sortie, puis de les voir tous prendre un air renfrogné "bon Dieu de bon Dieu, il va finir par avoir une raison de sortir, ce con". Pourtant, la scène de rencontre avec les parents de sa victime était émouvante, quoique longuette, et la confession finale de la mère, qui avait pourtant sauvagement aggressé verbablement Beecher il y a quelques années, fait un bien fou. C'est rare, les gens sains dans leur tête, dans cette série, après tout, alors autant apprécier. Sauf que, nom de nom, Beecher va vraiment finir par se faire la malle si ça continue. Les scénaristes semblent pris dans leur propre intrigue, et Beecher fait de son mieux pour se faire rembarrer, mais rien à faire. Plus que pour la libération de Beecher, on s'inquiète de cette schizophrénie.

Outre persister à guider Beecher vers la sortie, alors que tout le monde (de part et d'autre de l'écran) la supplie plus ou moins explicitement de faire marche arrière pour le bien de la série, Sister Peter Marie semble également se dévouer toute entière à la cause de William Giles, dont, par contre, on ne demande qu'à se débarrasser. C'est l'occasion là aussi d'une courte bonne scène pendant laquelle la nonne rive son clou plus d'une fois au gouverneur Devlin, décidemment aussi increvable que la mauvaise herbe.
On se demande presque quelle est la relation de la chère soeur avec ce prisonnier, auprès duquelle elle se montre si attentionnée et même particulièrement... tactile. J'ai cru lire dans le regard de Williams qu'il avait envie de déraper, je ne me souviens pas trop de ce que ça donne, si ça donne quelque chose ; à la limite ça peut être plus intéressant que l'intrigue qu'on a eue jusque là entre ces deux-là.

Le match de basket a déjà perdu le maigre intérêt qu'il revêtait. Précédemment, il avait donné aux prisonniers de la prison (certes sous de bien maigres prétextes) l'occasion de se réunir dans un véritable esprit de plaisir en commun. A ce moment-là, McManus semblait être le mouton noir de l'intrigue, avec son besoin viscéral de mesurer ses attributs ; cette fois il est de nouveau l'aveugle qui mène le troupeau à sa perte, provoquant indirectement un échange violent entre prisonniers et gardiens, et conduisant même, par son esprit de compétition exacerbé, à une atroce mutilation de l'un de ses camarades CO, littéralement fauché à un moment où sa vie pouvait s'améliorer. On peut vraiment rien avoir, dans ce bordel.

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a de l'action du côté de Kareem Saïd. L'homme succombe aux démons et cette fois, tout le monde peut y assister, là où précédemment son délire mystique comme ses manifestations d'ego étaient passées relativement inaperçues auprès de la majorité de ses pairs. Ce qui est bien c'est que, même si Saïd devient progressivement une bête sauvage, on ne cherche pas à le connecter au goût du sang qu'il pourrait avoir goûté en tuant Adebisi ; c'était une cause indirecte, mais on ne cherche pas à le ressortir sans arrêt et ça me fait plaisir. Je trouve ça plus prometteur que tourner toujours autour de cette question.

Oh, pendant que j'y pense, quelqu'un s'intéresse à la lutte de pouvoir entre Supreme Allah et Burr ? C'est ce que je pensais, on continue.

On compte en général sur Ryan O'Riley pour épicer un peu les épisodes les plus soporifiques, et notre Irlandais préféré ne manque pas à ses devoirs.
Il y a d'abord les entretiens avec sa mère. On ne se captive pas pour cette intrigue dramatique mais elle a le mérite d'être originale, à défaut d'être follement excitante, puisque maman a elle aussi un passé criminel et qu'elle pourrait finir à son tour en prison. Cela peut influer sur les plans d'évasion de Ryan, mais moins que la réaction que lui réserve Gloria (on va y revenir). Ce qui est certainement le plus intéressant, c'est combien tout ou presque chez Ryan est irlandais. Pas étonnant que ça fasse 4 saisons qu'il nous parle de Black Irish et toute cette sorte de choses, même les pans de son histoire qu'il ignore sont fondamentalement liés à la culture irlandaise.
Comme Claire Howell continue de rôder autour de Cyril, Ryan s'arrange pour qu'elle ait un, hm, accident. Certainement l'une des scènes les plus jouissives de cet épisode, Claire finit par se prendre un gros coup de karma dans la tronche, et se brise... le pelvis, punie par là où elle péchait. Ce qui ajoute au sublime de cette scène, c'est la façon dont le prisonnier qui donne un coup de main à O'Riley nous la joue soudain Debbie Jelinsky : "à l'aide", lance-t-il d'une petite voix qui ne trompe personne mais déclenche instantanément l'hilarité. Hey, c'est toujours bon à prendre.
Il ne chôme pas, Ryan, il doit éponger les dégâts de cet épisode rarement excitant. Il commence donc à envisager de faire un sort à l'Irlandais Connolly, avec ses méthodes habituelles. On se rappelle combien Ryan préfère garder les mains clean, et combien ses techniques pour intimider les gens peuvent être variées et originales ; il avait d'ailleurs trouvé à qui parler avec Stanislofsky, ça nous avait fait un très joli duel de cerveaux machiavéliques. Sauf que là, Connolly est un autre numéro, un rustre sans éducation qui ne prend aucun plaisir dans les entourloupes raffinées que lui prépare savoureusement O'Riley ("I get things done, that's my talent"). En répondant par des menaces physiques, Connolly prend (temporairement) le dessus sur Ryan : on est dans un autre registre, celui de la violence pure, et on sait que Ryan ne peut pas concourir dans cette catégorie (la seule fois où il l'a fait, il avait déjà un ascendant psychologique sur sa victime, ici il ne l'a pas). La ruse de Ryan ne lui suffira pas forcément à s'en sortir et c'est pas si mal de le pousser à renouveler ses techniques.
Enfin, après bien des tâtonnements, c'est surtout la relation avec Gloria Nathan qui s'affirme. Comme toujours pour Ryan, les choses relevant de l'émotionnel ne peuvent être indépendantes des choses utiles ; comme on l'avait vu avec la boxe et Cyril, il aime, mais il ne perd jamais de vue la colonne des bénéfices au long terme sur sa survie. Or, quand Nathan lui affirme qu'il existe un truc appelé éthique, qui l'empêche d'accepter sa proposition de s'enfuir avec les O'Riley, et que donc l'évasion tombe à l'eau, il ne reste plus à Ryan qu'à trouver un moyen de signer une trève avec Connolly...
Toutes les intrigues de Ryan se mêlent donc pour le conduire à un cliffhanger qui laisse craindre le pire. Pour lui. Pour tout le monde. Et là, on commence à discuter. En fin de compte, vivement le final de la saison 4 !

5 mars 2012

Prison Breaking News

BlackMarch

La nouvelle de ce weekend, en Australie, est un projet de remake. Ca n'a l'air de rien, là, comme ça, parce qu'il s'agit d'un remake pour une série australienne que personne ici ne connaît, et pourtant, c'est d'un véritable morceau d'histoire télévisuelle dont je m'apprête à vous parler, ce qui ne gâche rien de ce nouveau post Love Actuality qui, outre vous parler d'actu, va également se montrer éducatif. 'Fin j'espère.

Cette série d'origine, c'est Prisoner, diffusée à partir de 1979 par Ten.
Alors, bon, non. Pas The Prisoner (plus connu chez nous sous le titre Le Prisonnier), série britannique internationalement reconnue, évidemment, ni sa version AMC de 2009, sans quoi ce serait trop facile, et pas non plus Prisoner, le dorama nippon de WOWOW, ce qui commence à faire beaucoup de séries de par le monde portant un nom insupportablement similaire.

PrisonerAU
Bien avant Bad Girls ou Capadocia, la série australienne Prisoner se déroulait dans une prison pour femmes. Le concept n'était pourtant pas nouveau déjà à l'époque : c'était déjà l'adaptation d'une série britannique nommée Within These Walls ; laquelle avait connu un succès modéré sur les ondes australiennes au moment de sa diffusion. Mais apparemment, ça suffisait à inspirer une version australienne. Inspirer seulement, car le modèle de Prisoner allait finir par être bien différent de celui de Within These Walls.

Prisoner commence comme une série hebdomadaire pourtant, comme Within These Walls, et à l'origine, le network Ten en commande 16 épisodes d'une heure. Ces épisodes sont des stand-alones, mais ça n'arrête pas le public, qui est très vite au rendez-vous : apparemment, le spectateur australien est extatique à l'idée de voir une prisonnière se pendre dans sa cellule ou de découvrir comment une autre a sauvagement poignardé son mari dans la douche (façon Psychose). Et je vous passe l'incontournable intrigue lesbienne. Prisoner est extrêmement violente et graphique, c'est clair, mais ça marche.
Le succès de la série est tel que cette commande initiale est rapidement portée à 20 épisodes, diffusés à raison de 2 par semaine. Et là forcément ça pose problème en matière de production, car aucune production australienne ne peut soutenir un tel effort.

On est à la fin des années 70 et, à ce moment-là, la télévision australienne est alors encore pas mal étouffée par l'importation de fictions britanniques et américaines. Même si dans les années 60, les autorités ont instauré des quotas de fiction nationale, cela ne change rien au fait qu'il est moins cher d'acheter les droits de diffusion d'une série étrangère que d'en produire localement. Alors, même s'il existe des séries au format hebdomadaire plus classique depuis un bout de temps, ces fictions ne sont pas la norme : le soap est en plein boom dans ces années-là, tout simplement parce que c'est moins cher à produire pour atteindre les quotas de production locale, il n'y a pas à chercher très loin.
A partir des années 70, la plupart des séries importantes et innovantes de la télévision australienne se calqueront donc sur le modèle de production et de diffusion des soaps, qu'il s'agisse de séries osées comme Number 96 et The Box (respectivement 1972 et 1794), de séries médicales comme The Young Doctors (1976), ou de soaps plus classiques mais définitivement marquants, comme le sera quelques années plus tard Neighbours (1985), qui est d'ailleurs encore à l'antenne aujourd'hui.

Alors, aussi étonnant que ça puisse paraître vu son sujet, Prisoner va devenir une série carcérale quotidienne. Et devinez qui a créé Prisoner ? La même personne qui a créé The Young Doctors et qui créera Neighbours : Reg Watson. La réponse était donc dans l'énoncé.
A l'issue de sa première saison, en 1980, Prisoner commence donc à passer au format soap, et survit incroyablement bien au changement de format ainsi qu'à l'hémoragie d'actrices qui en résulte. Il faut dire que plusieurs des personnages avaient commencé à quitter la série lorsque la commande avait été prolongée, à commencer par Franky Doyle (qui est restée l'une des figures les plus mémorables de la série), mais à partir de la saison 2, cela devient patent. Du coup toute une nouvelle génération d'héroïnes va arriver au coeur des intrigues, certaines ayant été jusque là des personnages secondaires. Parmi elles, Bea Smith allait devenir l'une des figures fortes de la série.
Je vous passe tous les détails de son évolution, mais en tous cas, Prisoner va s'achever finalement au bout de 8 saisons et pas moins de 692 épisodes ; et avec une vraie fin, en plus, la production ayant été avertie à l'avance.

L'histoire pourrait s'arrêter là mais Prisoner était devenu un véritable objet de culte.
Déjà, la série s'était très bien exportée, même si, en raison de son titre, elle sera rebaptisée Prisoner: Cell Block H pour les USA et la Grande Bretagne, Caged Women au Canada, et Kvinnofängelset en Suède (où apparemment une convention sur la série est encore organisée chaque année). Il y a eu un téléfilm faisant office de spin-off sur l'un de ses personnages les plus emblématiques (Franky Doyle, souvenez-vous), bon, classique, ainsi qu'un remake américain qui, hélas, n'aura duré qu'une saison en syndication, et intitulé Dangerous Women...
Mais, plus original, Prisoner a aussi été adaptée en pièce de théâtre et en comédie musicale ! Et je ne vous parle pas des bouquins, du 45 tours avec le générique de la série (devenu 1e des charts), et plus tard, des DVD.

Alors du coup, comment vous dire ? L'an dernier, quand le network Ten a lancé un projet intitulé Inside Out, supposé se passer intégralement dans une prison pour femmes, et qu'en parallèle, quand le groupe Foxtel a commencé à massivement rediffuser Prisoner (dont elle avait acquis les droits de diffusion)... les gens ont un peu fait la relation. Il allait clairement se passer quelque chose, sur un network ou sur le câble, mais quelque chose. Depuis le temps qu'on attendait un revival, un remake, un spin-off, un sequel ou quelque chose, ça devait arriver !
Pourtant, Ten a très vite mis son projet Inside Out entre parenthèses ; il devait être diffusé en 2011, et finalement on n'en a jamais vu la couleur. Les désaccords avec l'équipe créative étaient apparemments trop forts, car avec une commande de 6 épisodes, la production envisageait de faire une série bien à part, quand Ten voulait absolument en faire un dérivé de Prisoner. Du coup, Inside Out a fini au placard l'été dernier.

Par contre, hier, et ça c'est donc la grande nouvelle, Foxtel a annoncé avoir mis en chantier Wentworth (l'ironie de l'appellation de cette série n'aura pas échappé aux fans de séries carcérales), produite par la même société de production que Prisoner (aujourd'hui rachetée par Fremantle), et supposée être une version révisée et moderne de Prisoner. On devrait y assister à l'arrivée de Bea Smith en prison, et assister à sa montée au pouvoir au cein du fameux bloc H.
Le cast devrait être annoncé avant la fin du mois et le tournage, à Melbourne, commencer sans trop de délais, afin d'être diffusé sur W (la chaîne qui proposait déjà Spirited) avant la fin de l'année. Et sur le câble/satellite s'il vous plait, donc avec une certaine liberté.

Il faut cependant noter que, si les rediffusions de Prisoner, 30 ans après, continuent de faire des audiences très décentes, le public est forcément un peu réticent à l'idée d'avoir droit à un remake. La série marche donc sur la corde raide et est attendue au tournant.
Mais à l'heure où notre Ozmarathon est en pause (conséquence indirecte du Black March), je vous avoue que la perspective d'une nouvelle série carcérale me réjouit. Hélas, la conséquence directe du Black March, c'est que je n'ai jamais cagoulé d'épisode de Prisoner et que maintenant ça va devoir attendre le mois d'avril...

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