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oz
1 mars 2012

Surrendering to destiny

BlackMarch

Parmi mes plans pour Black March, il y avait la perspective d'un marathon Wonderfalls, ainsi qu'un autre pour Pushing Daisies. Pour le second, c'est quelque chose que j'avais déjà cent fois reporté l'an dernier, avant de me promettre que je m'en chargerais au premier trimestre 2012 ; on peut donc dire en quelque sorte que le Black March s'est porté à ma rescousse.
Mais pour Wonderfalls, cela venait à la fois du fait que quelqu'un m'a demandé mon avis, de la réalisation brutale que je n'avais jamais vraiment parlé de la série ici (seulement en passant), et que ça ira plus vite à regarder que Pushing Daisies et que donc c'était plus simple de commencer par là. Sans compter que, chronologiquement, ça fait sens.

Donc voilà, le Black March a commencé aujourd'hui, je ne télécharge plus rien pendant un mois (ça va être un peu compliqué je pense, et on aura l'occasion d'en reparler, notamment pour se soutenir entre nous), et, ce qui devait arriver un jour ou l'autre se produit dés aujourd'hui : je vais commencer par mon marathon Wonderfalls.
Ne vous en faites pas, on ne passera pas le mois à parler uniquement de cette série, on peut très bien parler de séries très variées tout au long de ce mois sans télécharger !
Je n'ai d'ailleurs pas vraiment l'intention de faire un post par épisode, comme ce peut être le cas pour le Ozmarathon ; je voulais simplement donner le coup d'envoi de cette intégrale, et parler du pilote, parce que (je ne sais pas si je l'ai déjà évoqué ou pas) j'aime bien les pilotes. Et celui-là, notamment, a pas mal de mérite...

Wonderfalls_Pilot

Alors, d'abord et avant tout, je suis obligée de vous dire que j'ai été sciée de retrouver, certes dans un très petit rôle, l'interprète d'Alicia dans The L.A. Complex. Je crois que c'est une actrice à laquelle je n'avais jamais fait attention avant (elle a un peu un physique passe-partout, il faut bien le dire), bien qu'elle n'ait pas chômé y compris dans des séries où j'ai pu la voir, mais là tout d'un coup ça y est, je l'ai repérée, et je me suis dit que le monde était résolument petit.

Bon, cette parenthèse étant faite, il faut quand même admettre que ce n'est pas un épisode dans lequel on a beaucoup l'opportunité de s'intéresser à beaucoup de monde en-dehors de Caroline Dhavernas. Il est d'ailleurs grand temps que quelqu'un lui redonne un rôle à sa mesure plutôt que d'aller provoquer des épidémines de facepalm dans des trucs du genre d'Off the Map.
Il y a un côté George Lass chez son personnage, qui s'explique facilement je suppose (bien qu'on ne puisse pas dire que ce soit un genre de personnage présent dans TOUTES les séries de Fuller, si vous me suivez), et qui rend Jaye extrêmement sympantipathique. La galerie de personnages autour d'elle ne manque pas de couleurs, entre ses parents, sa meilleure amie et son love interest potentiel, mais clairement c'est Jaye qui occupe le devant de la scène, et les éclipse régulièrement.

Cela dit le reste du cast est aussi génial qu'au premier jour. D'autant que quand j'avais lancé la série, à l'époque, c'était uniquement par intérêt envers la présence de Kari Matchett (elle et moi, ça remonte à Invasion Planète Terre... avis aux spectateurs de Ringer, son personnage s'y appelait Siobhan, d'ailleurs, comme quoi ça ne date pas de cette année, ce prénom dans les séries), et quand je vois que depuis, j'adore Katie Finneran (que j'avais été si contente de retrouver dans The Inside, mais certainement pas dans I hate my teenage daughter), évidemment il y a Lee Pace, bref, c'est fou de se régaler devant la liste des noms au générique à présent, avec le recul.

Wonderfalls pose d'abord et avant tout des questions autour de la folie (ce n'était pas vraiment un thème pour George Lass) dans ce premier épisode, et les pensées jetées au détour des excellents dialogues pleins de tonus sont souvent d'une intelligence aigue à ce sujet.
Derrière son cynisme se cache une vraie angoissée, et pourtant le spectateur ne considère pas un seul instant que Jaye puisse réellement être folle, on accepte immédiatement la possibilité que, oui, un lion en cire puisse donner des conseils, ou plus réalistiquement, des ordres, à Jaye ; elle est, avec sa charmante famille, la seule à remettre sa santé mentale en cause, pas les spectateurs. C'est ce double-jeu (parler de folie sans en faire de démonstration trop criante) qui fonctionne pour Wonderfalls et qui permet de rentrer dans son univers loufoque ; on prend à la fois la peur de la folie au sérieux, et en même temps, on est convaincus que tout ça a une bonne raison d'être. Jaye a-t-elle une mission, peut-être d'ordre karmique, à accomplir, afin d'enfin trouver une utilité auprès de ses pairs ? Ou est-il simplement question de se bouger et d'avoir des éléments fantastique pour la pousser à sortir de la vie si peu trépidante avec laquelle elle s'est enfermée avec juste un peu trop d'enthousiasme ? Le pilote se garde bien d'y répondre et laisse la place aux deux possibilités.

C'est un vrai bon pilote, peut-être pas aussi épatant au niveau de la réalisation qu'on pu l'être ceux de Dead Lile Me et évidemment Pushing Daisies, mais en gardant un ton relativement réaliste avec quelques pointes surréalistes, l'épisode accomplit sa mission, celle de nous balancer dans un univers étrange mais pas trop, où les choses peuvent aussi bien appartenir au fantastique qu'au contenu d'un dossier psychiatrique. En gros, c'est par-fait !

Ah, vraiment, d'avoir revu le pilote, là comme ça, je suis encore plus contente de me lancer dans ce revisionnage !

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29 février 2012

[#Ozmarathon] 4x14, green bloods

On a tous quelque chose en nous d'Irlandais... ou, parfois, comme Gloria, on le voudrait bien. Pour une fois les scénaristes cèdent à l'appel du trèfle, et nous offrent un épisode laissant une large part aux Irlandais de la série, nouveaux ou bien connus des spectateurs.

Ozmarathon_4x14

On peut faire mine de s'en défendre mais après avoir plaqué une pseudo-paix des ménages à Em City entre Burr et les Latinos, après avoir réglé le sort de ce crétin de Clayton Hugues (et, à cause de lui, celui de Mobay), après avoir mis un point final à la relation entre Beecher et Keller, après avoir réglé le problème du petit nazillon qui avait tenté de poignarder Saïd, après avoir définitivement enterré la relation entre Schillinger et Cloutier, après avoir réglé le cas de Dayell, que reste-t-il à cet épisode ?

Un match de basket. Fort sympathique au demeurant, mais surtout totalement inoffensif : aucun intérêt dramatique, aucun enjeu pour les personnages impliqués, un pur moment de grâce pendant lequel aucun prisonnier ou membre de l'administration n'a une idée derrière la tête (genre se débarrasser de quelqu'un d'autre), bref, une bonne grosse excuse pour meubler l'épisode.

Alors, au fond, le seul véritable intérêt de cet épisode, ce sont les deux intrigues liées aux Irlandais. Il faudra simplement s'armer de patience et attendre le dernier quart de l'épisode pour en profiter.
D'abord, c'est le caricatural Padraic Connelly qui débarque (sous des prétextes fallacieux, comme de plus en plus souvent ; dois-je vous rappeler comment les Chinois avaient débarqué ?), et qui décide de faire le fier, convaincu qu'il ne va pas rester longtemps et qu'il n'a donc aucune raison de frayer avec qui que ce soit, et moins encore sympathiser. Encore un qui n'a rien compris au film. Ryan O'Riley viendra lui tendre la main UNE fois. Juste une, parce qu'on est à Oswald, quand même. Sauf qu'évidemment, le séjour à Oswald se prolonge et que cet imbécile d'Irlandais a décliné l'aide du seul autre Irlandais capable de l'aider. Ici on n'a pas vraiment une intrigue passagère vouée à mourir avant la fin de l'épisode, comme cela arrive, mais un arc qui devrait probablement nous emmener jusqu'à la fin de la saison. Aussi, bien que s'étant tiré une balle dans le pied, Connelly ne va pas mourir tout de suite mais, oh, ne vous faites pas d'illusion, c'est le sort qui l'attend à n'en pas douter. J'ai bien aimé ce que cette intrigue, même amenée maladroitement, tente de nous rappeler sur la réalité à Em City, à travers les clans, la survie et toute cette sorte de choses. Avec l'éclatement de tant de "tribus" ces derniers temps, l'individualisation de nombreuses intrigues, et un sentiment communautaire volontairement atténué depuis la fin de la "guerre des races", le rappel n'est pas sans mérite.

Ryan O'Riley n'a pas dit son dernier mot, comme on s'en doute.

On continue donc à suivre notre Irlandais préféré avec une très touchante exploration de sa relation à Cyril. Cela fait plusieurs épisodes maintenant que leur lien est fort et, en apparence, indestructible, là où il avait pu parfois être mis en danger par le passé (comme par exemple pendant les matches de boxe), et c'est devenu un tel acquis que naturellement il fallait remettre tout ça en question. Pour cela, l'arme fatale a en réalité été déployée précédemment par l'arrivée d'un personnage affirmant être la mère de Ryan ; cela n'effleure que maintenant celui-ci, mais ça ne signifie pas qu'elle est la mère de Cyril pour autant. La violence de cette révélation se ressent d'autant plus que tous les deux passent par une période difficile : entre les humeurs changeantes et Cyril (devenue une vraie bombe à retardement) et les menaces qui pèsent sur Ryan, ils n'ont pas besoin de ça, les O'Riley.

Car, déterrant une nouvelle fois une vieille intrigue, l'épisode nous rappelle que notre serpent à sonnettes préféré, souvent si suave et persuasif, a quand même sauvagement éclaté le violeur de Gloria Nathan, et qu'il n'en a jamais payé les conséquences. Alors qu'Arif (témoin du carnage) se décide enfin à parler, Ryan et Cyril sont plus en danger que jamais d'être séparés, Ryan gagnant en bonus un aller simple pour le couloir de la mort. Où notre anguille favorite va-t-elle aller chercher sa solution ? Auprès de nulle autre que sa dulcinée, Gloria Nathan, avec qui les choses sont relativement officielles même s'ils ne se touchent pas ni ne se parlent pas frontalement de leurs sentiments (et je trouve au final cette façon de communiquer assez touchante arrivés à ce stade). Ryan va donc lui demander, tenez-vous bien... de l'aider à s'échapper avec son frère, et, sous-entendu, de partir aussi avec elle. Partir loin de tout. On devine, surtout en plongeant les yeux dans ceux, si persuasifs, de Ryan, qu'elle pourrait dire oui à cette folle proposition. Quel incroyable perspective, plus que n'importe quelle tentative d'évasion par le passé... On connait la réponse de Gloria, elle si raisonnable, si sérieuse, mais en même temps, on tremble de délice à l'idée de la voir dire oui !

Quand un épisode ne vaut que pour les intrigues touchant UN personnage, d'ordinaire, on fait un peu la moue. Mais dans le cas de Ryan, difficile de se plaindre tant les différentes facettes de ce prisonnier trouble sont prometteuses quelles que soient les situations.
Les axes des autres personnages reprendront probablement très vite (ce n'est pas The Ryan O'Riley Show, après tout), mais la parenthèse est moins discutable que d'autres épisodes peu convaincants de la série. Passe pour cette fois.

26 février 2012

[#Ozmarathon] 4x13, croisades

Tout change et rien ne change. Les épisodes de cette seconde partie de saison 4 sont pour Oz assez difficiles à cerner, confinant parfois au sublime, d'autres fois au ridicule. A cela il fallait encore ajouter le départ de Chris Keller, devenu rapidement un préféré de... tout le monde, soyons clairs. Le Ozmarathon était-il en mauvaise posture ? Oui et non ; au milieu de pareil défi, ce 13e épisode parvient à faire un excellent boulot, et on ne l'avait pas vu venir, du coup.

Ozmarathon_4x13

Il faut dire que, là où la première partie de la saison 4 avait lentement mais sûrement fait monter la pression autour d'une sorte de "guerre des races" (même si en réalité l'hostilité était assez unilatérale), cette fois c'est une guerre des religions qui se dessine.
Mais la guerre n'aura en réalité pas lieu comme on le pensait. Les leaders d'opinion à Oswald et notamment Em City vont se rendre compte de l'emballement.
Ainsi, très vite, Mukada et Cloutier, qui étaient à couteaux tirés, vont tenter de retrouver la raison avant que leurs ouailles respectives ne basculent dans le chaos, Saïd venant renforcer leur alliance neuve.

On pourrait penser que l'intrigue est morte aussi vite qu'elle était née, mais j'ai au contraire trouvé que c'était bien joué : contrairement aux questions raciales, qui avaient pour moteurs des éléments belliqueux, on a surtout ici des personnages qui sont à la tête de leur communauté religieuse, souvent avec un certain culte de la personnalité en tâche de fond, et qui ont un entourage exhalté, mais qui ne sont pas nécessairement eux-mêmes animés de mauvaises intentions. En conséquence, voir Mukada s'empoigner avec Cloutier, puis aller demander conseil à Saïd, avant de proposer à ce même Cloutier une messe oecuménique, c'était vraiment l'enchaînement le plus sensé possible de réactions, sans que pour autant ça n'empêche les suiveurs des uns ou des autres d'y réagir, comme le fait le jeune Kirk qui accomplit un acte odieux de sa propre initiative mais au nom de sa foi. Une bonne façon de traiter de sujets comme l'extremisme, finalement, mais sans absolument céder à l'appel de la caricature.
Si l'intrigue s'arrête là, elle aura été bien conduite, même si elle ne forme pas un axe long ; si elle se poursuit, elle peut donner d'excellentes choses aussi, tout est en place pour que ce soit du bon.

Et surtout il était vraiment nécessaire de ramener de la spiritualité dans Oz. Après les errances de Sister P, après les questionnements de Chris Keller, la question de la foi méritait plus de place dans la série, surtout quand les monologues d'Augustus Hill manquent parfois de profondeur alors que c'étaient eux qui autrefois étaient porteurs du plus de signification. Qu'il s'agisse de voir Kareem Saïd se battre avec ses démons, d'assister impuissant au geste magnifique et hautement symbolique de son nouveau protégé Salah Udeen, de vivre le doute du père Mukada, ou encore d'assister au mouvement de panique qui anime soudain Cloutier qui réalise que les choses ont échappé à son contrôle (ou les gens, à l'instar de Schillinger), il n'y a là que des angles de qualité. Quand les croisades personnelles et les croisades religieuses se mêlent, Oz fait fort, il n'y a pas à dire.

Il n'y a pas qu'en matière de religion que les croisades de certains personnages donnent de l'intérêt à l'épisode. Ainsi, les parcours de Burr et de Hill sont à un carrefour : l'un n'a cessé de comploter pour prendre le contrôle d'Em City, l'autre, confiné dans son respect pour son aîné, réalise soudain qu'il ne veut pas plus participer à cela qu'au reste. C'est quasiment une tragédie grecque qui se joue ici, et qui se résoud, à la surprise générale des deux côtés de l'écran, sans la moindre goutte de sang (tant pis pour Supreme Allah, mais ce n'est que partie remise avant qu'on se débarrasse enfin de cette enflure). Chacun y va de sa croisade personnelle au nom de ce qu'il pense être "juste" : Burr est convaincu qu'il doit manger avant d'être mangé et que la survie est à ce prix, Hill, toujours aussi sage et irréprochable (c'en est limite insupportable), va chercher conseil auprès de Kareem Saïd, encore lui, et en arrive à la conclusion que la fin ne justifie pas nécessairement les moyens, et détricote le plan pourtant pas mauvais de Burr. La conversation entre les deux hommes enterrine leurs différences et rappelle qu'aucun n'a, fondamentalement, tort. Mais leurs routes ne pourront plus se croiser et on en ressent le déchirement.

Parmi les intrigues totalement secondaires de cet épisode, on découvre avec la plus grande tristesse que Claire Howell ne s'amuse plus avec Ryan O'Riley, lequel se rapproche à vitesse grand V de Gloria Nathan qui va désormais lui rendre des services à la place de Howell. L'intrigue médicamenteuse appartient quasiment au passé (il n'en reste maintenant plus que l'aspect juridique) puisque de toute façon elle avait pour rôle essentiel de rapprocher les deux amoureux, c'est chose faite, c'est même incroyable que ça leur soit si aisé, et il ne fait aucun doute que cela ne va pas aller en s'améliorant même si le happy end n'est même pas un point sur l'horizon.
Pour une raison qu'on ignore, les scénaristes refusent de se débarrasser du timbré Giles ; ça nous donne quelques bonnes répliques, mais le cauchemar que représente ce personnage doit cesser. Le malaise de Peter, Peter Marie lorsqu'elle lui dresse la liste des différentes options qui sont les siennes pour mourir était cependant palpable et donnait une séquence solide.
Impossible de comprendre à quoi est supposée servir l'intrigue de l'audition de Beecher pour bonne conduite. Comme lui-même le fait remarquer, il était quand même bien disqualifié par son passé ; on lui donne de l'espoir pour le lui reprendre aussi sec, et je conçois mal la motivation derrière ça d'autant qu'il est évident que le nouveau protagoniste, le Colonel, ne va pas faire long feu.
La trame tragi-comique de l'épisode est une fois de plus celle de Busmalis, même si on n'en connaîtra pas le fin mot, quand sa fiancée le plante devant l'autel : la faute de la neige, une sortie de route, ou la belle a-t-elle connu un funeste destin d'une autre nature ? Impossible à dire mais la scène de l'attente était plutôt pas mal.

Grâce à une signification forte de ses axes principaux, l'épisode s'en tire donc très bien pour nous donner un résultat qui a du corps. L'épisode se finit sur une scène poignante faisant la part belle à un Saïd qui semblait un peu trop inébranlable ces derniers temps, puis sur une superbe réflexion de Hill qui ne nous avait plus habitués à pareil acuité.
On ne peut alors que se prosterner lorsque tombe le générique. Béni soit Oz !

24 février 2012

lady's world tour - Escale n°4

Si vous vous demandiez pourquoi yavait pas eu de wold tour ce mardi, c'est parce que les world tours n'ont pas nécessairement lieu le mardi. Pis j'ai eu fort à faire. Pis j'ai euh... bah... vous avez même pas commenté partout alors vous pouvez difficilement la ramener de toute façon !
Bon, plus sérieusement, revoilà le world tour, qui va faire des heureux, je l'espère, et des déçus, je le pressens, parce que cette fois j'ai rien trouvé en Irlande alors que je sais que ça fait partie de vos chouchous. Mais on va aller juste à côté, promis, puisqu'on parlera entre autres de l'Ecosse.

Allez, prêts ? Décollage immédiat !

LaCertosadiParma

- ITALIE :
Avis aux amateurs de classiques... les 3 et 4 mars, Rai Uno diffusera la mini-série La Certosa di Parma, autrement dit La Chartreuse de Parme. Au menu, un casting international : le Français Hippolyte Girardot, la Québécoise Marie-Josée Croze, l'Argentin Rodrigo Guirao, et l'Italienne Alessandra Mastronardi. Si vous me lisiez à l'époque sur SeriesLive, il ne vous aura pas échappé que la mini-série a été tournée de mai à juillet dernier, il était donc grand temps de la diffuser ! Pour mémoire, la Rai Uno avait déjà proposé une fiction du même nom en 1982. Sur les sites italiens (dont celui de la réalisatrice Cinzia Th. Torrini), on précise que la fiction est co-financée par France 2, mais aucune source en Français sur le sujet. Cela signifie-t-il qu'on ne verra pas la série en France ? Du coup, si vous connaissez un peu le roman de Stendhal et/ou que vous parlez l'Italien, la diffusion peut vous intéresser...

- AUSTRALIE : famille orpheline
On le disait ce matin, la mesure d'audiences a repris en Australie. Et pour ce premier mois de la saison télévisuelle, Seven avait décidé de frapper très fort en ramenant Packed to the Rafters, sa série phare, dans les grilles, avec deux épisodes consécutifs afin de consacrer cette diffusion attendue (la saison 4 était en effet en pause depuis octobre). Pas de chance pour le network, la série dramatique familiale a raté son retour : les épisodes ont été regardés respectivement par 1,45 et 1,25 million de spectateurs ; ce mardi, le troisième épisode, diffusé seul, en a attiré 1,48 million, ce qui permet de faire une moyenne. Pour une autre série australienne, il n'y aurait là pas de quoi se plaindre, ce sont même des chiffres dont on pourrait rêver. Mais pour Packed to the Rafters, cela signifie une perte d'environ 25% de ses spectateurs par rapport à son début de saison en février 2011. Et c'est très préoccupant, évidemment, même si la réponse est dans l'énoncé : en diffusant la saison en plusieurs morceaux, Seven n'a évidemment pas rendu service à sa série, peut-être un peu trop réputée insubmersible. Preuve est faite que ce n'est plus le cas : la télé réalité en a eu raison, et My Kitchen Rules a dominé la soirée ces deux dernières semaines.

- AUSTRALIE : ABC se penche sur le scandale de l'amiante
Pendant ce temps, ABC continue d'avancer dans ses commandes. Cette fois, c'est une mini-série en deux parties, Devil's Dust, qui commence à prendre forme et notamment à recruter ses premiers acteurs. Cette adaptation du livre "Killer Company" revient sur le scandale de l'amiante de la société James Hardie ; Anthony Hayes (qui interprétait Gary dans The Slap) incarnera un ouvrir qui après des années à travailler l'amiante, trainera la compagnie en justice ; Don Hany (que vous pourrez découvrir dans East West 101 cette année sur arte, si ce n'est déjà fait) sera un avocat qui réalisera la gravité de la situation et mettra en balance la respectabilité de la société avec ses questionnements moraux, et Ewen Leslie interprètera un journaliste qui enquêtera sur l'affaire. Le tournage débutera le 19 mars prochain à Sydney.

Penoza

- PAYS-BAS : une femme dans la mafia
C'est amusant que la nouvelle tombe aujourd'hui parce qu'on va précisément parler du succès de cette série dans le SeriesLive Show de ce soir : la série Penoza, qui met en scène l'épouse d'un mafieux qui, suite à l'assassinat de celui-ci, est déchirée entre la perspective de faire entrer ses enfants dans un programme de protection, ou entrer elle-même dans ce milieu dangereux et ne pas se laisser faire. Alors que la saison 2 de la série est en attente d'une date de diffusion, la chaîne KRO a annoncé la commande d'une troisième saison. La société de production néerlandaise, NL Film, ne manque pourtant déjà pas de travail puisqu'elle planche actuellement sur Moeder, ik wil bij de Revue, une série dramatique en 8 épisodes prévue pour une diffusion cet automne et qui sera un biopic sur Wim Sonneveld, une chanteuse de cabaret, et continue de produire deux teen soaps quotidiens : SpangaS sur NCRV, et Vrijland sur KRO, qui d'ailleurs achèvera la diffusion de sa saison 2 le mois prochain.
Ah et, amis Ozophiles, j'en profite pour signaler qu'on apprenait hier que Lee Tergesen rejoignait le pilote de l'adaptation américaine de Penoza. Juste comme ça, en passant. 

- JAPON : we're not in Wonderland anymore
Vous vous souvenez de la gamine qui jouait dans le dorama Mother ? Si vous avez vu la série, vous ne pouvez pas l'avoir oubliée. Mana Ashida, c'est son nom, 7 ans et certainement pas toutes ses dents, vient de décrocher le rôle principal dans un spin-off de LIAR GAME. Enfin, pas LIAR GAME la série, mais LIAR GAME le film, plus précisément le deuxième où la petite tenait déjà un rôle. La série, prévue pour Fuji TV ce printemps, s'appellera Alice in LIAR GAME, puisque le personnage joué par Mana Ashida portait ce nom ; le personnage en question étant responsable de superviser le fameux jeu malsain qui a fait le succès de la franchise, d'en concevoir les pièges et d'en choisir les joueurs, on changera donc un peu de point de vue, d'autant que le dorama fonctionnera comme un prequel montrant comment Alice a "grandi" pour devenir ce personnage inquiétant. Le second film de LIAR GAME sort dans les cinémas le 3 mars et la série sera diffusée du 5 au 8 ; ça devrait inciter les spectateurs à se ruer dans les salles obscures dés la sortie du film afin de tout comprendre de la série.

- JAPON encore : go, go pseudo-Power Rangers !
Si le nom du studio Gainax vous dit quelque chose, c'est probablement parce que vous touchez un peu votre bille en matière d'animation et que des titres comme Nadia le secret de l'eau bleue ou Evangelion, par exemple, ont pu faire partie de votre prime jeunesse. A compter de 2012, ce nom va désormais également être associé aux dorama, puisque le studio Gainax proposera en avril la série EA's rock, mettant en scène des sortes de Power Rangers sur le retour qui, n'ayant plus matière à sauver la planète, se retrouvent dans un bar où ils pleurent leur gloire passée, à l'exception de la force rouge qui continue de poursuivre sa carrière de superhéros. Moui, ça a l'air euh... particulier, aussi vous ne serez pas surpris d'apprendre que la série n'est pas prévue sur un grand network mais sur une ribambelle de petites chaînes, ainsi qu'au format websérie. Ce qui tombe bien parce que les épisodes ne devraient pas excéder 15 minutes. A tenter à partir d'avril sur TV Saitama, Chiba TV, TV Kanagawa, Mie TV, KBS ou SUN-TV, au choix...

JINisback
- COREE DU SUD : docteur qui ?!
Jin, bien-sûr ! Le dorama nippon japonais que vous devriez tous avoir vu si vous prétendez vous intéresser à la fiction nippone, c'est JIN. Non, je ne me suis pas trompée de pays. Peut-être vous demandiez-vous quand une adaptation allait fleurir, après un si grand succès, dans un pays voisin, eh bien ça y est, Time Slip Doctor Jin est sur les rails, et alors qu'on pensait que la série allait finir sur une chaîne du câble, il semblerait que ce soit MBC qui en ait acquis les droits, avec Jae Jong Hero dans le rôle-titre (souvenez-vous, on a pu le voir dans Sunao ni Narenakute). L'histoire étant, si vous vous souvenez, un élément prédominant dans cette série fantastico-historico-dramatico-médicale, la série sera profondément revue et corrigée afin de coller au contexte coréen. On parle donc d'une vraie adaptation et pas d'un vulgaire remake. Pis j'en profite pour remettre la magnifique promo de la saison 2 de JIN, pour le plaisir.

- ECOSSE : où est le docteur quand on a besoin de lui ?
Cette année, BBC Scotland fêtera ses 50 ans ! La chaîne devrait fêter ça dignement, mais les plus grosses spéculations sur les célébrations se focalisent étrangement sur une série en particulier. Les spectateurs semblent en effet attendre avec impatience que la chaîne rediffuse le tout premier épisode de la série Doctor Finlay’s Casebook, une dramédie médicale lancée en 1962 et qui se déroule dans une ville fictive d'Ecosse à la fin des années 20. Au cours de son existence qui a duré 9 ans et pas moins de 191 épisodes, la série est passée d'1 million de fidèles... à 12 millions ! Elle s'était même exportée dans divers pays de langue anglaise et quelques autres. Après son arrêt, Doctor Finlay's Casebook avait poursuivi sa carrière à la radio jusqu'en 1978. Le problème, c'est qu'aucun DVD n'a jamais été édité pour la série ; une intégrale serait très difficile à sortir puisque seuls 66 épisodes ont survécu au poids des années. On imagine quand même assez facilement que ça ferait bien plaisir à tout le monde que dans le cadre de son anniversaire, BBC Scotland face le cadeau d'une petite rediff en faisant avec ce qu'elle a...
Ah pis, tant que je tiens les Whovians, sachez que, oui, notre Ecossais préféré David Tennant y est apparu à plusieurs reprises. Ca y est, je vous ai donné envie, là ?

- CANADA : Hulu perce le mystère des Guidestones
A l'heure où de plus en plus de services de VOD se lancent dans les séries, et où se préparent les premiers Digital Upfronts (pour Hulu, Youtube et quelques autres), il n'est pas anodin de garder un oeil sur les acquisitions des sites internet, qui ambitionnent visiblement de se poser comme de réelles alternatives aux networks (même si évidemment on n'y est pas [encore]). Outre les commandes originales, à l'instar de Lilyhammer pour Netflix dont on va évidemment reparler (ne serait-ce que ce soir dans le SeriesLive Show), il faut aussi noter que les achats de programmes deviennent plus fréquents. C'est le cas pour la websérie Guidestones, qui a démarré ce mois-ci et dont Hulu vient d'acquérir les droits à la fois pour les USA et le Canada ; la série apparaitra sur le service au printemps sous une forme légèrement différente de celle, "interactive", qui est actuellement en place : elle est actuellement prévue pour 50 épisodes de 3mn et passeraà 34 épisodes d'une durée équivalente. On tente d'y percer le mystère des Georgia Guidestones, l'équivalent américaine de Stonehenge dont vous ignoriez même l'existence ; la série est tournée à Toronto, aux States et en Inde, et son intrigue est prévue pour 3 saisons. Jusque là, c'étaient des marques qui sponsorisaient la production de la série (dont Coca Cola ou la franchise Pizza Pizza), dont le tournage devrait reprendre avant la fin de l'année.


J'espère n'avoir rien loupé de vital mais, au pire, vous me connaissez, je ferai un deuxième tour du monde rien que pour vous !

21 février 2012

[#Ozmarathon] 4x12, smooth criminals

Qui aurait cru, après les déconvenues précédentes et les épisodes en dents de scie, que cet épisode du Ozmarathon serait bon ? Nan, attendez, je ne dis pas "ouais, c'était bien", je dis que c'était BON.

Ozmarathon_4x12

Entre la tragi-comédie qu'est devenue l'existence d'Alvarez, qui confine à l'absurde, et nous offre un début d'épisode déchirant et écoeurant, les joies d'une amitié forte comme celle qui lie Rebadow à Busmalis, ou encore l'incroyablement émouvante suite de l'intrigue médicale, qui remet les frères O'Riley dans la dynamique qui nous tord si bien le coeur, il y avait de quoi être ravi, c'est sûr.

Mais plus encore, l'épisode fait amende honorable et nous offre le débat éthique qui avait crullement manqué à cette histoire de médicaments. Cette fois, la conversation est telle qu'on l'attend, avec du pour, du contre, et plein de contraire, et je dois dire que je n'avais pas pensé aux arguments qu'on pourrait suggérer en faveur de cette pillule, et ça m'a donné à réfléchir de me dire qu'après tout, Oz est une excellente démonstration que non seulement le système carcéral ne marche pas quand il s'agit de remettre les gens dans le droit chemin, mais entre nous soit dit, on ne peut pas vraiment qualifier ce qu'on a vu d'éthique non plus dans un grand nombre de cas. Je suis bien contente d'avoir assisté à cet échange d'idées qui rend tout de suite les choses un peu moins creuses, quand bien même ça reste un peu de la science-fiction et un prétexte à tester les sentiments de Ryan et Gloria. D'autant que l'étude avançant, ça commence à donner quelques résultats qui invitent également à réfléchir.

Bon épisode aussi pour Saïd qui a réussi un tour de force : convaincre quelqu'un de façon totalement pacifique et, plus important, non-prosélyte, qu'il avait la bonne parole. Jusque là il s'était toujours donné tant de mal ; ici c'est simplement l'acte d'ouvrir ses bras et sa communauté à un ancien Homeboy qui a réussi à sauver celui-ci (et, par la même occasion, sauver Kareem lui-même bien qu'il l'ignore). On avait besoin de trouver un peu de cette foi en Saïd, je pense, après les derniers retournements de situation.

Et en parlant de foi, là encore l'épisode exauce mes voeux en ramenant le père Mukada pour une confrontation avec le révérend Cloutier. L'échange est juteux (peut-être l'est-il plus encore pour l'athée que je suis) et surtout il ouvre des perspectives intéressantes pour ce nouveau personnage qui semblait encore se chercher une raison d'exister dans la dynamique de la prison, puisqu'en essence, il s'était juste rapproché de Schillinger pour le guider spirituellement. Qu'il prenne une direction différente (avec le rouquin Kirk) et indépendante, sans compter la querelle de clochers pour ainsi dire, me laisse entrevoir des possibilités intéressantes pour lui à l'avenir.

L'épisode a aussi le mérite de revenir sur les Chinois dont on ne s'était absolument pas préoccupés dans l'épisode précédent, comme si les scénaristes ne savaient déjà plus quoi en faire. La conclusion de leur intrigue est cependant sans grande saveur mais elle a le mérite d'être nette puisque les ressortissants Chinois vont être renvoyés chez eux après bien des tensions diplomatiques. Pour un peu j'aurais envie de dire qu'ils seront mieux en Chine qu'à Em City, mais j'exagère peut-être un peu ?

Je passe sur le sort de Supreme Allah et celui, qui n'est pas bien loin non plus, du chef des Hispanos, il y a clairement des intrigues sans grand intérêt de ce côté mais qui n'en sont pas désagréables pour autant. Sans le charisme de personnages comme Adebisi ou O'Riley, savoir à qui appartient le pouvoir à Em City est à vrai dire devenu assez fade. Ce n'est pas plus mal si le pouvoir change de mains.

Naturellement, c'est au départ de Chris Keller que revient la palme de la plus belle intrigue de l'épisode, si ce n'est plus.
La conciliation entre Beecher et Schillinger est devenue une véritable réconciliation, après avoir un instant failli basculer dans le chaos à nouveau ; on a réellement tremblé, sur ce coup-là, en lisant la panique et l'horreur dans les yeux de Tobias, et la haine dans ceux de Vern. L'artisan de cette trève n'est nul autre qu'un Chris qui, dans un magnifique entretien avec Sister Pete, va réaliser qu'enfin, il a fait quelque chose de bien de sa vie, même si l'ironie de la chose ne lui échappe pas. Alors sur le papier, oui, c'est un peu une morale à la con : Keller aime tellement Beecher qu'il endosse un crime qu'il n'a pas commis afin de le sauver, lui et sa famille, d'une guerre effectivement sans vainqueur, et après un dernier baiser et une ultime minauderie, s'en va en lui proposant de le retrouver au Paradis. Mais dans les faits, on avait réellement besoin de ça, je pense, que leur intrigue à eux deux finisse un peu sur un happy end, et les séparer est probablement la seule option sinon ils auraient encore trouvé le moyen de tout gâcher.
L'épisode se conclut dans des rires brouillés de larmes et avec la conviction que cette intrigue qui a commencé dans le pilote a trouvé là une très jolie conclusion entre les trois hommes. Quoi qu'il arrive par la suite, ce moment valait de l'or.

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19 février 2012

[#Ozmarathon] 4x11, oeil pour oeil

En ce moment, Oz semble vouloir jongler avec un peu de trop de balles à la fois (aucun jeu de mot n'est sous-entendu ici). La mission que s'est fixée la 4e saison, à savoir se porter au secours d'une saison 3 bancale, pour le moins, s'ajoute à celle de faire avancer des histoires qui semblaient ne pas trop savoir quelle direction prendre une fois le mid-season finale passé. Il faut maintenant y ajouter des velléités de résurrection pour des intrigues plus ou moins avortées venues des saison 2... et même 1 ! C'est beaucoup, quand même.
Alors, ce nouvel épisode du Ozmarathon se montre-t-il à la hauteur du défi ? Ben...

Ozmarathon_4x11

Parce que soyons honnêtes : l'intrigue autour du traitement expérimental ne vaut pas tripette. Déjà parce que jusque là, Oz prétendait à une certaine illusion de réalisme et que là, franchement, c'est de la science-fiction : des pillules qui font vieillir ? Pour pouvoir vider les prisons plus vite ? Encore, on me dirait qu'il s'agit de pillules qui détériorent les organes des prisonniers, je dirais, bon, pourquoi pas ? C'est tordu mais c'est tout-à-fait le genre de truc qu'un gouverneur comme Devlin envisagerait pour ses statistiques, et sans même se poser de question. Mais faire que les prisonniers prennent plusieurs décennies qui se lisent sur leur visage, c'est quand même n'importe quoi, je suis désolée. Qui plus est, la seule raison pour laquelle cette intrigue pourrait valoir quelque chose serait sur le plan éthique, comme les précédentes fois où on été évoquées les questions médicales (y compris la société Weigert qui avait été bien vite balayée des intrigues par le passé), mais ici, le sujet ne sera pas abordé en profondeur si ce n'est McManus qui fait sa tête excédée (vous savez, la tête qu'il fait quand l'administration prend une décision stupide, pas celle qu'il prend quand lui prend une décision contestable). Sister Peter Marie et le père Ray Mukada ne sont de toute façon même pas présents à la réunion ! Alors, éthique ou pas ? On n'en débattra pas plus, pour passer immédiatement à la phase de tests qui est là essentiellement afin de montrer le rapprochement entre O'Riley et Gloria Nathan. Ah, nous y voilà !

Difficile de s'intéresser aux chassés-croisés des deux amants, pourtant. C'est bien plus intéressant de se demander comme Ryan vit les viols (il n'y a guère d'autre mot) de Claire Howell, et comment il va réussir à se débarrasser d'elle. Et je ne dis pas ça juste parce que je veux qu'elle débarrasse le plancher, c'est une intrigue originale et intéressante, surtout face à un Ryan qu'on a connu très inspiré lorsqu'il s'agissait de se débarrasser de gêneurs.
Moins captivante en revanche est la santé de Cyril qui fait un peu disque rayé.

Appelé en renfort parce que du côté des Irish, c'est pas la forme en ce moment, le petit rouquin qui avait été introduit avec la saison 2, Kirk (je vous avoue que je ne savais même pas qu'il avait un nom) a droit à une petite scène rien qu'à lui, expliquant d'une part la raison de son incarcération, qui sans être aussi choquante visuellement que d'autres que nous avons déjà vues, est très dérangeante, et ensuite le montrant faire preuve d'un esprit tordu en approchant du révérend Cloutier. Ca sort un peu de nulle part mais faut voir où ça nous mène.

Comme les scénaristes sentent qu'il devient un peu impossible de faire trainer Alvarez une fois de plus en isolement, et que tant qu'à le ramener dans la série, autant lui donner des intrigues, le voilà qui conclut un pacte avec Glynn (toujours aussi ignoble avec lui sans réelle raison valable ; derrière notre suave directeur se cache un véritable sadique caractériel, je vous le dis), ce qui lui permet de retourner à Em City. Pour l'instant l'intrigue n'en est qu'à ses balbutiements, à suivre, donc.
Mais une fois de plus, l'absence de B.D. Wong se fait sentir dans cette seconde partie de saison, alors que le père Mukada n'est même pas venu voir Alvarez depuis son retour. Voilà pourtant une intrigue ancrée dans les saisons passées qu'il serait intéressant de ranimer.

De son côté, William Giles, qui avait poignardé un prisonnier, sauvant ainsi la peau d'Alvarez sans le savoir, revient également sur le devant de la scène puisqu'il est maintenant condamné à mort. Je ne comprends même pas comme son avocat n'a pas plaidé la folie, mais bon. Cela donne l'une des rares bonnes scènes de l'épisode, quand Sister Pete a la douleur de lui expliquer sa sentence. Au-delà de ça, les perspectives d'avenir de cette histoire me laissent assez perplexe tant le personnage monosyllabique de Giles est irritant sur le long terme en général.

Pour une raison qui m'échappe totalement, la série fait également à nouveau appel à Jason Vahue, qui avait disparu des radars suite à l'émeute. C'est d'autant plus étrange qu'on ne voit pas bien où cela peut mener tant le personnage, de son propre aveu d'ailleurs, est incroyablement mineur.

L'épisode aborde aussi une unité dont j'ignorais l'existence, réservée aux anciens flics et assimilés, ce qui nous permet à la fois de parler de la tentative d'assassinat, hélas échouée, de Devlin par Hugues, mais aussi de nous intéresser aux conséquences des actes de Mobay dans une séquence courte mais efficace. L'unité a, qui plus est, une dynamique intéressante, qui rappelle les meilleurs moments du couloir de la mort en cela qu'elle est porteuse d'échanges nombreux entre les prisonniers, qui ont un statut spécial similaire à celui des détenus d'Em City. Sans compter que cette sangsue de Howell surveille l'unité. Ca peut être pas mal d'y trainer encore quelques épisodes.

A part ça, qui pense que Glynn va se taper son assistante dans le prochain épisode (si aucun prisonnier ou gardien ne la viole avant) ? Nan voilà, c'est tout ce que j'avais à en dire.
Plus romantique, l'histoire du mariage de Busmalis était pas mal aussi, mais hélas pour Busmalis, elle va tourner court.

Le plus perturbant dans cet épisode regorgeant d'intrigues sans grand impact, c'est que le thème de l'épisode est supposé être la vengeance. Or, on dirait bien que les intrigues se rapprochent plus d'une démarche de faire la paix avec le passé, ou en tous cas de chercher à l'assumer, et c'est le message de l'épisode lorsqu'il ramène tant de vieilles intrigues sur le tapis.
La storyline d'Oz qui se rapproche le plus de la vengeance, entre Beecher et Schillinger, est à cet égard parlante. Entre le parcours de Beecher ces dernières années et l'arrivée de Cloutier dans la vie de Schillinger, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment pour ces deux-là pour se parler. Cela aboutit à une scène surprenante, quasiment dénuée de toute agressivité, dans laquelle les deux hommes entament une réelle conciliation qui commence, a priori, sans plan foireux derrière la tête. Pour la première fois, les deux antagonistes les plus emblématiques de la série ne se veulent aucun mal l'un à l'autre et ça peut donner quelque chose d'assez incroyable, à terme. Mais reconnaissons qu'il ne s'agit là certainement pas de vengeance.
Alors, est-ce que Beecher est à couteaux tirés avec Keller, pour compenser ? Nenni. En fait, pour la première fois, après avoir fait joujoux avec Ronnie qui leur permet de renouer par gigolo interposé, ils vont se rapprocher et, eux aussi, se reparler pour la première fois depuis longtemps, Beecher faisant même son possible pour sauver Keller d'un piège tendu par les Fédéraux. On n'en est pas à fêter leurs retrouvailles romantiques mais il faut admettre que là aussi, la hache de guerre est enterrée.

Un bien étrange épisode, donc, proposant énormément de storylines, certaines très anciennes, mais revêtant un intérêt très limité, et quelques angles intéressants mais en totale contradiction avec les monologues de Hill. C'est une bien étrange seconde partie de saison que nous avons là...


Ah, et la capture ? Bah, aucun rapport avec mon post, je me suis dit que c'était ma dernière chance de rendre hommage aux mirettes de Ronnie. Pour le plaisir des... yeux.

18 février 2012

[#Ozmarathon] 4x10, the increasingly poor decisions of Tim McManus

Je comprends mal ce qui s'est passé, là. Notre Ozmarathon nous avait laissés sur une excellente impression quant au démarrage de la seconde partie de la saison 4. Et voilà que quelques jours plus tard, c'est n'importe quoi.
Mes amis, j'espère que vous consommez plus que tous les Homeboys réunis, parce qu'aujourd'hui, il faut ne pas avoir l'esprit trop clair pour comprendre les décisions de Tim McManus.

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Laissez-moi donc reprendre une par une les âneries qu'il nous a pondues dans l'épisode du jour.

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Dorénavant, les prisonniers regarderont des videos éducatives. De force.
On le sait, McManus a toujours été un pédagogue avant tout. Instaurer un programme pour que les prisonniers reprennent leurs études et apprennent à lire, par exemple, avec été l'une de ses grandes quêtes. Mais il y a deux problèmes : quel est le bénéfice quand il s'agit de forcer les prisonniers à regarder des videos éducatives, et, surtout, comment les videos en question ont-elles été choisies ? "La vie est comme une maison", vraiment ?
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que déjà que quand on fait du cas par cas, on n'arrive à rien (voir aussi : Kenny Wangler), alors si en plus on leur sort des conneries pendant 30mn dont ils vont simplement se moquer, les prisonniers ne vont pas vraiment aller en s'améliorant. Bien joué, McManus.

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Dorénavant, les prisonniers qui ne seront pas sages seront enfermés dans une cage au beau milieu d'Em City.
On le sait, McManus a toujours été un pédagogue avant tout... Alors quelqu'un peut m'expliquer d'où lui vient l'idée de génie de mettre une cage, oui, une cage, au beau milieu du quartier le plus violent de tout Oswald ? L'idée est ici, attention, le concept intellectuel vole très haut, de non pas envoyer les prisonniers au trou, mais de bien montrer à tous leurs congénères qu'ils se sont mal comportés en les exposant. Je concède à McManus qu'il faut faire de la place au trou maintenant que Miguel Alvarez est revenu : il partagera probablement à nouveau son temps entre l'isolement, l'hôpital et le cachot, reprenant ses bonnes vieilles habitudes. Reste qu'on voit mal ce que l'initiative va apporter.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce qu'une CAGE est au beau milieu du quartier le plus violent de la prison. Le risque de lynchage n'a pas effleuré McManus ?! Oh, et, au fait, ça ne peut pas bien finir parce que les officiers de la prison n'appliquent pas la nouvelle directive. Par exemple, Ryan O'Riley finira au trou. Bien joué, McManus.

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Et si on essayait d'emballer Gloria ?
Quand il était jeune, innocent et tout et tout, McManus avait tenté de se placer auprès de Gloria. Lorsque celle-ci revient de ses vacances prolongées, il lui saute immédiatement dessus et lui propose de dîner, naturellement en tout bien tout honneur.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que Gloria revient de vacances qu'elle a prises suite à son viol. Bien joué, McManus.

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Et si on essayait d'emballer quelqu'un d'autre ? (n'importe qui)
Visiblement ça frétille dans le caleçon de Timmy, parce que sitôt un puissant râteau pris avec Gloria, McManus commence à faire du gringue à la jeune femme qui vient s'occuper des immigrés chinois (on va y revenir, soyez-en sûrs). Il lui propose donc évidemment de dîner, parce que, je cite "oh a tous les deux besoin de manger". Quel tombeur.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que rappelons que chaque fois que Tim a voulu concrétiser avec quelqu'un qu'il avait rencontré au boulot, CA A mal fini. Est-il besoin de rappeler comment Claire l'a poursuivi pour harcèlement sexuel ?! Et vu qu'en plus, là, il y a un véritable enjeu professionnel (bien plus qu'il n'y en a jamais eu avec ses précédentes conquêtes), eh bien encore une fois, l'entrejambe de Tim risque de faire des dégâts. Bien joué, McManus.

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Et si on installait des immigrés totalement innocents à Em City ?
Sans nul doute la décision la plus brillante de cet épisode. On apprend en effet qu'un cargo contenant des immigrés illégaux chinois a échoué sur le sol américain et qu'en attendant de déterminer le statut juridique de ces personnes, plusieurs bâtiments de l'Etat accueilleront des immigrés. Un contingent est, naturellement, envoyé à Oswald, faute de place ailleurs. Je concède que sur celle-ci, les torts sont partagés avec Glynn, mais attendez un peu de voir ce que nos deux génies nous ont pondu : on va héberger les immigrés à Em City. Oui. Le quartier le plus dangereux de la prison. On va mettre des lits superposés en plein milieu de l'espace commun, et attendre de voir. Une solution logique aurait été de vider une autre unité, l'unité B par exemple (puisqu'on ne parle que de celle-là dans la série), d'installer les prisonniers ensemble, d'instaurer éventuellement un lockdown pour éviter le chaos, et de mettre les immigrés chinois dans l'unité ainsi vidée. Mais avouez que cela aurait été trop logique. Une autre solution logique aurait été d'installer des lits dans la bibliothèque ou le gymnase. Il suffisait alors de restreindre l'accès aux prisonniers à ces salles pendant une courte période de temps. Mais avouez que là c'était plus marrant du tout tellement c'était cohérent.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce qu'on a livré des poules aux renards. Soyons clairs, ces prisonniers ne sont rien d'autre que jetés en pâture aux pires criminels de la prison. Ils sont supposés se mélanger à eux alors que très peu parlent la même langue. Ma question c'est plutôt de savoir pourquoi ça pourrait bien finir, parce que je n'en sais rien du tout !!! Et la meilleure preuve, c'est quand même que dés leur arrivée, il y a un mort. Sans déconner, on l'avait pas vue venir, celle-là ! Bien joué, McManus.

Soyons justes. Notons que quelques autres personnes prennent de très contestables décisions elles aussi pendant cet épisode, et mentionnons notamment :
- Tobias Beecher qui a subitement très envie de rendre Chris Keller jaloux et envisage de se taper l'un de ses amis qui vient d'arriver à Em City. Juste comme ça. Parce que Keller est tellement inoffensif que, eh, qu'est-ce qui peut bien arriver de toute façon ?!
- Gloria Nathan qui décide de revenir à Oswald juste après avoir réalisé qu'elle était amoureuse de Ryan O'Riley. Juste comme ça. Pour voir si elle peut résister à la tentation.
- Kareem Saïd qui se fait un ennemi avec un ancien Homeboy. Juste comme ça. Parce qu'il le sent pas.
- Leo Glynn qui, le jour-même où sa femme le met dehors, embauche une jolie et très divertissante créature comme secrétaire. Juste comme ça. Parce qu'il a besoin d'une présence féminine qui le fasse rire (je déconne pas, ça faisait partie de ses critères, il fallait qu'elle soit "intelligente, drôle, diplomate et sans peur").
- Floria Mills qui, effectivement, est sans peur, parce que pour son premier jour à bosser dans une prison, elle trouve ça fun de mettre une jolie tenue rouge et de parader à la cafeteria en pleine heure de pointe. Juste comme ça. Parce qu'elle a un épatant sens de l'humour.
- Vern Schillinger qui s'en remet à un évangéliste qui a décidé en arrivant à Oswald qu'il allait sauver son âme. Juste comme ça. Parce que faire confiance à un mec qui sort de nulle part et qui peut manipuler les gens sous couvert de religion, ça n'éveille aucune méfiance chez Vern, voyez.

Nan mais allez, les mecs, avouez : vous êtes tous de gros masochistes, en fait ?
Et plus sérieusement, je soupçonne les scénaristes d'y aller un peu fort sur l'herbe, quand même. Et là, ça a l'air de me faire rire, mais en vrai, je m'inquiète un peu.

17 février 2012

Real good news

RealGoodNews

Il y a deux raisons pour lequelles je poste souvent tard le soir. D'une part... bah, je réfléchis mieux la nuit. Bon. D'autre part, et surtout, j'évite de parler trop souvent de la même série. Je sais que j'ai tendance à la monomaniaquerie ou, dans le meilleur des cas, à des obsessions ciblées mais multiples. Je peux regarder hebdomadairement Suburgatory et The Good Wife, par exemple, mais si je suis sous le charme d'autres séries, genre Äkta Människor, 30° i Februari ou Smash, c'est de celles-là dont j'aurai envie de parler tous les jours.
Pas au sens où je vais avoir envie de faire des reviews de chaque épisode mais parce que, eh bien, avec mon enthousiasme débordant et le fait que je pense énormément à ces séries même quand il n'y a plus d'inédit à se mettre sous la dent, je pourrais en faire des tartines.

A une époque je n'y prêtais pas attention, mais j'essaye désormais de me surveiller parce que sinon, ça peut être agaçant pour vous, enfin j'imagine. Et vu qu'il y a déjà le Ozmarathon pour me faire revenir encore et encore sur une même série dans ces colonnes, ce n'est probablement pas la peine d'en rajouter.

Et pourtant.
Pourtant en apprenant aujourd'hui qu'Äkta Människor a été achetée par arte en vue d'une diffusion en 2013, j'avoue que j'ai un peu de mal à vous parler d'autre chose.

arte est véritablement ma chaîne préférée de tout l'univers en ce moment. J'espère de tout mon coeur que 30° i Februari est également sur sa liste de courses, comme l'a été Lilyhammer, qu'elle a achetée. Sans compter qu'apparemment, la deuxième saison de Borgen devrait aussi être diffusée avant la fin de l'année 2012, ce que je trouve à la fois impressionnant et étrange.

Tandis que mon cerveau ne cesse de tourner et retourner l'idée qu'Äkta Människor va être diffusée en France dans moins d'un an, comme on tourne et on retourne un berlingot sucré sous la langue, j'ai envie de vous dire à quel point cette série continue de m'enchanter, épisode après épisode. Combien je trouve incroyable qu'elle n'hésite pas à épaissir sa galerie de personnages même en cours de route, en invoquant de nouveaux visages qui deviennent réguliers sans jamais être des prétextes. Combien je trouve sa façon de nous faire réfléchir très subtile, et toujours liée à l'émotion, et pas juste une prêche intellectualiste sur un sujet ou un autre. Combien je suis impressionnée par les pistes qu'elle explore à ce stade, qui peuvent conduire à quelque chose de très violent, de très avancé dans la science-fiction, et dont les causes sont incroyablement bien explorées pour que rien ne soit jamais gratuit. Combien les différents axes, voués, on l'imagine, à s'effleurer, mais pas nécessairement à se croiser (à l'instar de Therese qui fait appel à Leo), sont à la fois indépendants et forment un tout incroyablement cohérent.

Je suis profondément impressionnée par cette série, son univers, ses personnage, son ton, sa photographie. Tout est parfaitement ourlé, et même quand certaines choses posent question ou semblent légèrement maladroites (comme par exemple le fait que Hans ait complètement oublié ses hésitations relatives aux possibilités d'Anita dans le domaine sexuel), la richesse de l'épisode est si dense qu'on n'y regarde pas à deux fois parce qu'il y a tant à louer que ce n'est rien du tout.

Et je suis tellement contente de savoir que des spectateurs découvriront ces séries au-delà de notre cercle grandissant de téléphages curieux. C'est incroyable de la part d'arte de faire cette effort alors qu'Äkta Människor n'est pas un immense succès d'audiences dans son pays d'origine. C'est l'un de ces cas formidables où la qualité d'une série a primé sur les autres considérations. Et cette qualité est indéniable.

Je voudrais, un peu tout les jours, vous dire le respect, l'admiration et la gourmandise que m'inspirent Äkta Människor. Heureusement pour vous, je me retiens en général. Pas aujourd'hui.
Äkta Människor, c'est de la bombe !!! Bientôt littéralement...

15 février 2012

Anticipation

Anticipation_SVT Anticipation_Showtime Anticipation_HBO

Lorsqu'on aborde un épisode, c'est toujours avec des attentes, souvent positives (sinon pourquoi se mettre devant), parfois négatives (ça m'arrive plus particulièrement avec certains pilotes, par exemple, dont je n'attends pas grand'chose de brillant et/ou dont je n'ai rien entendu d'appétissant). A mesure qu'on progresse dans le visionnage d'une série, cette anticipation est supposée grandir. C'est normal de ressentir cette gourmandise de découvrir de nouvelles aventures de nos personnages préférés, de les voir sortir des répliques qu'on va applaudir et mémoriser.

J'ai réalisé que ces dernières années, je pouvais déterminer quelles étaient mes attentes à partir d'un élément très clair : quand je vois le jingle de la chaîne s'afficher. C'est un instrument de mesure extrêmement précis, pour peu qu'on prête attention à l'état dans lequel il nous met.

En réalité cet indicateur ne date pas d'aujourd'hui. Pour moi, voir s'afficher le logo de HBO avait une symbolique forte, quand j'ai commencé à découvrir des séries de la chaîne, il y a environ 10 ans. Pendant longtemps, ce son et ce visuel, liés dans mon esprit à Oz ou Sex & the City, devaient impérativement être suivis de l'un ou l'autre de ces génériques. Au point que, parfois, lorsque ce jingle s'est affiché et que d'autres génériques ont pris le relai, j'ai éprouvé une certaine déception.
Mais ce que ce phénomène indiquait alors, c'était : "j'ai hâte de retrouver mon épisode de Sex & the City, ou mon épisode de Oz, après le jingle".

Avec le temps ce signal a évolué. Désormais, voir le jingle s'afficher signifie essentiellement : "j'ai hâte de voir l'épisode d'une série de qualité commencer après le jingle".

Je ne regarde certainement pas toutes les fictions d'une chaîne donnée. Mais le jingle me met instinctivement en confiance, et dans de bonnes dispositions.
Et il est, surtout, devenu cet bref instant de quelques secondes pendant lequel l'épisode a été lancé, mais n'a pas encore commencé. Et où toutes mes attentes se concrétisent en des gestes extrêmement parlants : m'enfoncer dans mon fauteuil, pousser un soupir de contentement, rire ou battre des mains, même !

Hasard ou coïncidence, les séries de network n'ont pas de jingle au début de l'épisode. Et j'en regarde moins. C'est comme les génériques, je ne saurais trop dire si le fait qu'il n'y en est pas est l'un des facteurs qui fait que j'ai plus de mal à m'attacher à une série, ou si c'est simplement une preuve parmi tant d'autres que la série n'a pas fourni assez d'efforts. Mais c'est définitivement un point de repère.

Toute l'anticipation que j'éprouve à l'idée de lancer un épisode (comme ce soir, Äkta Människor, épisode 4) se matérialise pendant cette fraction de seconde pendant laquelle mon cerveau commence à émettre ses premières endorphines.
Le bonheur se loge vraiment dans les petits plaisirs de la vie, n'est-ce pas ?

14 février 2012

lady's world tour - Escale n°3

Aujourd'hui c'est la... oui enfin vous savez. Et du coup, ma soirée est bloquée pour une combo Smash + Ozmarathon (et plus si affinités ?) avec plusieurs téléphages de bonne compagnie sur Twitter (n'hésitez pas à nous rejoindre, d'ailleurs), et j'aurai peu de temps pour vous témoigner mon affection ce soir.
Du coup, je vous poste un petit world tour dés maintenant, avec un aperçu des nouvelles de la planète, certaines datant de vendredi mais euh, hein, on va pas faire des world tours tous les jours non plus. Evidemment, plus on surveille de pays, plus il faut s'attendre à ce qu'il y ait de nouvelles jour après jour, ce n'est pas une grosse surprise...

J'ai tâché de suivre vos indications (pour lesquelles je vous remercie) et me suis efforcée de reparler, entre autres, d'Irlande. Avec les IFTAs, c'était facile. On verra pour les prochaines fois comment ça se goupille.

MrsBrownsBoys
- IRLANDE : grand'mère a la patate
La comédie irlandaise qui ravit tout le monde (bonnes audiences, nominations dans divers festivals internationaux...) c'est Mrs. Brown's Boys. On y découvre un humoriste grimé en grand'mère irlandaise, qui veille sur son entourage. Vous ne la connaissez pas et pourtant, la semaine dernière, la vente du coffret DVD de la première saison a dépassé le million d'exemplaires vendus au Royaume-Uni et en Irlande, depuis sa mise sur le marché début octobre. La série devient donc la 3e comédie télé la plus vendue dans ces deux pays, et seules Little Britain et The Office (UK) ont totalisé plus de ventes en DVD. La série de rté, co-produite avec BBC Scotland, a achevé la diffusion de sa deuxième saison au début du mois, et le coffret de la saison 2 devrait sortir début mai ; on pourrait bien retrouver de tels chiffres dans quelques mois, donc. Sachez aussi que la série est d'ores et déjà renouvelée pour une troisième saison attendue pour le mois de décembre. Et une suite de "bonnes" nouvelles n'arrivant jamais sans un joli mot de la fin, la série a également remporté le titre de meilleur programme de divertissement aux IFTAs ce weekend (Love/Hate en a tiré 7 récompenses, accessoirement et tant que je vous tiens).

- RUSSIE : dasvidania
Le deuil qui n'attriste pas grand'monde en France, parce qu'on ne l'y connait pas, mais qui vaut la peine d'être noté : on apprenait samedi le décès du scénariste et réalisateur Sergei Kolosov, au début du mois, à l'âge de 90 ans. Là comme ça on a un peu envie de dire "et alors ?", sauf qu'outre une ribambelle de téléfilms, Sergei Kolosov est aussi celui qui, en 1964, a tourné la toute première série pour la télévision soviétique, Vyzyvaem Ogon na Sebya (Вызываем Oгонь на Cебя en Russe dans le texte) où son épouse jouait le rôle principal. La série en 4 volets s'intéressait à la Seconde Guerre Mondiale, racontant comment une jeune femme monte un réseau de Résistance afin de saboter des avions ennemis. Vyzyvaem Ogon na Sebya avait été saluée par plusieurs prix saluant son propos patriotique sa qualité, dont un remis en 1968 en RDA. Pour satisfaire votre curiosité, la série a été postée intégralement (bien que sans sous-titres) sur Youtube, si vous le voulez. Après, vous faites comme vous le sentez...

- ALLEMAGNE : le boulet
Das Erste vient de commander une mini-série en 3 volets adaptée des fameuses aventures du baron de Münchausen, qui devrait être prête pour une diffusion à Noël. Sobrement intitulée Baron Münchhausen, la mini-série mettrait en scène notre aristocrate alors qu'une jeune demoiselle se présente à lui en prétendant être sa fille ; ils se mettent ensemble en quête de sa mère, ce qui leur fait vivre d'incroyables aventures. Le scénario est de Finley Seng, et c'est au réalisateur Andrew Left qu'incombe la tâche de faire vivre l'univers du baron (pas facile de passer derrière Gilliam !). Pour note, Das Erste a également commandé deux autres mini-séries, cette fois en deux parties chacune, en vue de son programme de fin d'année : Der Turm ("la tour"), adaptée d'un roman primé, racontant les souvenirs d'un médecin vivant à Dresden pendant les 7 années précédant la chute du Mur, et Das Andere Kind ("l'autre enfant"), également adaptée d'un roman, où une jeune femme médecin assiste aux fiançailles de sa meilleure amie à Scarbourough, et finit par enquêter sur deux meurtres similaires mais sans aucune connection apparente.

Offspring
 - AUSTRALIE : suite et fin des annonces de rentrée
On a parlé la semaine dernière des annonces des différentes chaînes pour 2012, vous ne pensiez tout de même pas qu'on avait fini ? Peu de surprises pourtant de la part du network Ten, qui a confirmé la diffusion prochaine de la mini-série Bikie Wars, ainsi que de Reef Doctors dans le courant de l'année. Une nouvelle saison est prévue aussi pour Offspring, produite par John Edwards ; enfin, Puberty Blues, une adaptation en huit épisodes du roman éponyme qui avait déjà fait l'objet d'un film dans les années 80, devrait pouvoir communiquer quelques noms pour son cast prochainement ; il faut probablement s'attendre à une diffusion pendant le second semestre. Puberty Blues fait partie du patrimoine australien, si l'on peut dire, et raconte l'adolescence de deux jeunes filles qui intègrent un groupe de surfeurs dans les années 70, avec ce que ça implique de surfie culture dans ce qu'elle revêtait alors, je cite, "de plus tribal et sexiste", de sexe, de drogues... Je n'ai pas lu le bouquin (j'en ai maintenant très envie) mais il y a, au vu des divers articles sur le projet, clairement un propos féministe à attendre derrière le côté un peu trash qui est décrit. Du côté du câble, Foxtel promet une troisième saison pour Tangle. En revanche, il a été confirmé que la série adolescente SLiDE ne connaîtrait pas de seconde saison. A ce sujet, on n'en avait pas trop parlé ici parce que moi les teenageries voilà, mais je vous invite à aller lire la review de Tao.

- USA : ah, les filles entre elles
Personne ne vous en parlera, je pense, alors souffrez que je vous glisse un mot sur Nice Girls Crew, une série en 5 épisodes qui sera projetée en avant-première lors du 30e San Francisco International Asian American Film Festival, qui débute le 8 mars prochain. Vous devinez donc un peu pourquoi j'en parle ici et comment j'ai pu tomber dessus... Il s'agit d'une série mettant en scène trois actrices américaines d'origine asiatique : Sheetal Sheth, Lynn Chen et Michelle Krusiec (laquelle jouait la copine de Dave dans quelques épisodes de Titus !), figurent au générique de cette comédie où trois femmes se réunissent dans le cadre d'une sorte de book club, sauf qu'au lieu de parler de livres, on y discute plutôt de sexe, de drogues, ou encore de cannibalisme. Ne me demandez pas, je ne fais que reprendre le résumé de la série. La série est décrite par sa créatrice Christine Kwon (qui travaille aussi pour le festival, ceci explique cela) comme un mélange de Bridesmaids et Arrested Development, et elle voulait faire une série sur des femmes de couleur qui sont capables de sortir du stéréotype de la gentille fille sage. En farfouillant un peu, on apprend que le tournage s'est fini à la mi-janvier, et on peut même trouver un behind the scenes du dernier jour ! Ca ne nous apprend pas grand'chose sur la série elle-même, mais c'est quand même sympa.

- JAPON : fight for what's right
Où l'on commence à parler de séries pour ce printemps ! Masato Sakai (rendu célèbre par ses lèvres bioniques par exemple dans JOKER) sera au générique d'un dorama intitulé Legal High pour Fuji TV, aux côtés de la douce Yui Aragaki, dont je ne dis plus de mal depuis Smile (ou presque plus) parce qu'elle n'est que barbapapa. Ces considérations téléphagiques et intellectuelles mises à part, Legal High sera une série, oui, légale, comment avez-vous deviné, dans laquelle un avocat cynique et désagréable (un avocat, quoi), intéressé uniquement par l'argent et les femmes (un avocat, donc), est prêt à tout pour gagner et préserver sa réputation d'imbattable (un avocat, disais-je). Mais il va progressivement réaliser que sa conception de la justice est peut-être un rien erronée, et va commencer à se battre pour des causes en lesquelles il croit. La série devrait être lancée en avril, les mardis soirs à 21h.

Dicte

- DANEMARK : reporter blues
Alors je sais pas si c'est moi qui suis plus attentive en ce moment, mais dites donc, la fiction scandinave, hein ! Aujourd'hui, c'est notamment au Danemark que ça se passe, où Miso, la société de production à l'origine de Den Som Draeber, se remet de l'échec de la série avec un nouveau projet. Dicte, prévue pour 10 épisodes, sera à la fois une série policière et un drama mettant en scène une mère divorcée qui travaille comme reporter, ce qui la conduit à enquêter sur des crimes à Århus, deuxième plus grande ville du pays (ya pas que Copenhague dans la vie). Pour ne rien changer, la série est une adaptation des romans d'Elsebeth Egholm. D'après le producteur, Jonas Allen, il ne s'agit pas simplement d'enquêtes : "c'est aussi l'histoire d'un personnage qui est célibataire et qui aborde la quarantaine (...) c'est une série sur elle, ses amis, sa vie amoureuse et sa fille adolescente". Ca changera un peu (ou pas). La production s'active d'autant plus que Dicte a déjà une date de lancement pour le tournage : le 14 mai. Miso est aussi, je vous le rappelle, en train de plancher sur une série historique d'énorme ampleur dont j'avais évoqué le budget sur SeriesLive, intitulée 1864, et dont le tournage démarrera en janvier prochain.

- SUEDE/DANEMARK : un pont plus loin
Ca y est ! Je m'étonnais de ne pas trouver de news... La co-production Bron/Broen a été renouvelée officiellement pour une deuxième saison dont le tournage devrait démarrer en octobre. La société de production suédoise, Filmlance, travaille en effet déjà sur 2 saisons de 3 épisodes chacune pour Morden i Sandhamn, sur TV4, et la vie est une question de priorités. On a donc un peu de temps devant nous pour découvrir la première saison de la série bi-nationale, ce qui tombe plutôt bien puisque, comme répercuté sur Twitter la semaine dernière, BBC4 a acquis les droits de la série pour une diffusion britannique. Et arte en France, pitetre ? Juste une suggestion.

- SUEDE : des audiences au beau fixe
Comme j'ai tendance à ne pas regarder de comédies sans sous-titres (voir aussi : VOSTM), je n'en ferai probablement pas de review bien que l'épisode soit très facile à trouver (voilà voilà), donc laissez-moi vous reparler ici de Kontoret. L'adaptation de The Office a démarré dimanche soir sur TV4 et, même si on ne peut pas dire que ce soit une grosse surprise vu le contexte (cf. les tags), le lancement est une réussite puisqu'il a été suivi par 1,48 million de spectateurs, soit 18,2% de parts de marché. Plus intéressant encore, sur la tranche des 12-59 ans, la série a obtenu 40,1% de parts de marché (ce qui est quand même le but recherché), alors que, comme le souligne Fredrik Arefalk, chef des programmes, la concurrence le dimanche est généralement rude. Un total de 8 épisodes a été commandé, mais il serait étonnant à ce stade que la chaîne ne souhaite pas aller plus loin. J'en profite tant que j'en suis à parler de Suède pour répéter ce que j'ai dit sur Twitter, mais l'excellent drama 30° i Februari a également fait un très bon démarrage la semaine dernière sur SVT avec 1,45 million de spectateurs.

ReservadeFamilia
- CHILI : l'ambition, une affaire de famille
Peut-être vous souvenez-vous de Gran Reserva, la série espagnole que j'ai pu évoquer par le passé sur SeriesLive. Les spectateurs chiliens pourront découvrir le mois prochain Reserva de Familia, une adaptation de la série pour la chaîne TVN au format "nocturna", c'est-à-dire une série qui passe pendant le nouveau créneau si prisé par un nombre grandissant de chaînes sud-américaines, en seconde partie de soirée. On en a déjà parlé mais pour ceux qui, dans le fond, roupillaient un peu ce jour-là, rappelons que les nocturnas sont dans la gamme au-dessus des telenovelas niveau production et budhet, avec un nombre d'épisodes plus fluctuant (les séries sont souvent plus courtes ; ce ne sera cependant pas le cas de Reserva de Familia qui devrait avoir une commande de 90 épisodes) et un ton proche des productions reconnues internationalement comme peuvent l'être les séries américaines. Alors au programme de Reserva de Familia, il y aura évidemment du vin, du sexe, du vin... Je vous invite à aller jeter un oeil chez TVN, qui propose déjà de quoi se faire une idée sur le site officiel de la série. Reserva de Familia prendra le relai de Su nombre es Joaquín à compter du 5 mars. Pendant ce temps, Gran Reserva se prépare à revenir pour une troisième saison sur les écrans espagnols.

- COREE DU SUD : devoirs de lecture
Je finis par attirer votre attention un excellent article de Dramabeans sur les audiences des nouvelles chaînes câblées. Si les pionnières du milieu (OCN, tvN...) n'ont pas trop de mal à imposer des séries à succès (toutes proportions gardées évidemment), c'est une toute autre histoire pour les chaînes qui ont à peine un trimestre d'existence. Rien d'extraordinairement surprenant là-dedans, il est normal que les choses prennent un peu plus de 3 mois pour trouver leur rythme de croisière, mais la lecture n'en vaut pas moins la chandelle.
Ce qui me rappelle que j'ai le pilote de Yeoje sur mon ordi depuis des semaines et qu'il ne va pas se regarder tout seul.

...A vous de me dire s'il y a des nouvelles qui vous bottent plus que d'autres dans tout cela. Personnellement, je vois du potentiel partout, mais c'est sans doute une déformation "professionnelle" !

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