La fin du Black March signifie aussi le retour du Ozmarathon, puisque tous les participants n'avaient pas forcément la chance de suivre la série en DVD. Enfin ! La saison 5 commence, et c'est avec entrain, espoir et appétit que nous nous lançons...
L'épisode va pourtant commencver sur une grosse maladresse, probablement rendue plus insupportable avec le recul maintenant que 90% des séries nées depuis lors ont utilisé le stratagème : l'intro qui donne la conclusion de l'épisode, suivie immédiatement d'un retour dans le passé. Ce n'est pas exactement un flashback, c'est juste une façon très gauche de plaquer un enjeu sur cet épisode : attention, à la fin, voilà ce qui attend tout le monde, et ils n'en savent rien. Le problème c'est qu'on est loin d'avoir de quoi se rassasier dans l'intervalle. Pour être plus précise, l'idée de faire se crasher le bus, je dis oui. L'idée de voir comment les prisonniers ont hâte de retrouver des visiteurs à l'issue des mois de travaux qui les ont coupés de l'extérieur, ok. Mais les discussions dans le bus ! Seigneur, c'était interminable. Evidemment ça accentue la dramatisation, humanise les personnages qui sont condamnés à mort, et propose, chose quand même vachement inédite l'air de rien dans la série, de longues scènes hors de la prison, et avec, donc, un regard extérieur sur les maux qui rongent les prisonniers. Mais c'est vraiment longuet quand même.
Pendant ce temps, loin de se douter de ce que les scénaristes vont bientôt leur infliger, lesdits prisonniers continuent leur petite vie, ou plutôt la retrouvent, dans une prison d'Oswald qui semble avoir été retapée de la cave au grenier (mais très franchement, ça ne saute pas à l'oeil nu) et où ils peuvent enfin réintégrer leurs quartiers ou la cantine. Par-dessus le marché, les prisonniers en isolement vont aussi pouvoir se remélanger à nos amis d'Em City sous un prétexte fallacieux.
Et c'est donc le moment où les groupies d'Alvarez sautillent sur place comme des adolescentes des années 90 devant un poster de Rock Voisine. On n'y croyait plus ! Dans la saison précédente, camoufler l'absence de Kirk Acevedo avait été fait avec autant de subtilité que le maquillage de la grossesse de Lauren Lane dans Une Nounou d'Enfer, la volonté d'en faire des tonnes pour pouvoir en rire en moins. C'était affligeant mais, l'air de rien, on avait fini par s'habituer à cette masquarade. Alors ça fait tout bizarre de le retrouver, étrangement imposant physiquement, et surtout, complètement loco. Ah, c'est fini, les yeux de chiot : maintenant Alvarez mord. Peut-être en se vantant juste un tantinet trop d'en être capable, de sorte qu'il va prendre une petite leçon d'humilité (de la part de Giles, en plus !), mais enfin, il est en forme, il pète le feu, on dirait qu'Acevedo lui-même est soulagé d'être revenu.
Retour aux affaires également pour Kareem Saïd. Peut-être pas comme on l'aurait imaginé, mais retour quand même. Après avoir libéré l'Adebisi qui sommeillait en lui, Kareem semble ne pas avoir tout-à-fait choisi comment il allait vivre à partir de maintenant. Le démon n'est pas tout-à-fait lâché, comme j'aurais pensé ; mais pour autant il n'est pas totalement sous contrôle, et d'ailleurs, le self-control de l'imam a disparu, comme le montrera sa rapidité à montrer aux Aryens tout le bien qu'il pense d'eux, à peine relâché. Il participe toutefois de bonne volonté à la petite discussion mise en place par Sister Peter Marie, avec Beecher et Schillinger. Le beau trio que voilà. Et alors, Sister P, il faut qu'on cause. Ca ne va tout simplement pas être possible. On se demande comment l'administration peut continuer de vous payer à organiser des sessions entre des gens qui se haïssent, de les voir échouer et recommencer avec un défi encore plus ridicule la fois suivante. C'est perdu d'avance. Déjà parce qu'entre Beecher et Schillinger, la dernière fois, ça a échoué. Et maintenant en venant y ajouter Saïd ? Faut vraiment rien avoir à faire de sa journée. Tout ce temps que vous pourriez passer en expertises psychiatriques sur, chais pas moi, Alvarez par exemple ? Alors je dis pas, ça va nous faire du sport, c'est bien, et d'ailleurs ça commence plutôt bien, parce que Beecher est un personnage en or (pas pour rien qu'il a attendu près de la moitié de l'épisode avant de pointer son nez) et que toute scène avec lui vaut forcément cent sous de plus, mais on sait tous comment ça va finir. Mal.
Entre Ryan O'Riley et Gloria Nathan, ça ne va pas très bien non plus. Pas vraiment de querelle d'amoureux mais, comme on avait pu le voir en fin de saison précédente, Nathan prend ses distances et ça fait tout drôle à l'Irlandais d'être repoussé sans vraiment savoir trop pourquoi (il faut dire qu'il n'a jamais été très malin quand il s'agissait de Gloria).
C'est aussi l'occasion de remettre le meurtre de Keenan sur le tapis, j'avoue que j'ai pas trop compris pourquoi sinon qu'Arif est long à la détente et est allé caffeter. Il me souvient de l'époque où les intrigues d'Oz avançaient. C'était une ère faste et bénie qu'on appelle la première saison, et ça s'est étendu dans la seconde, aussi. En fouillant votre mémoire, vous devriez pouvoir vous rappeler qu'on ne convoquais pas d'intrigues anciennes en permanence. Eh bien cette époque est vraiment finie. En réouvrant le dossier du meurtre de Keenan, on fait appel à une vieille, vieille affaire, qui n'avait même pas forcément été la plus palpitante de la série (vous me remettriez un trio Beecher/Schillinger/Keller, là je dis pas... on a vécu de grands moments avec ces enfoirés-là !), et de la faire revenir pour ce qui semble être la énième fois au nom d'une résolution. Mais que peut-elle nous apporter ? Voyons les choses autrement que sous l'aspect strict de l'enquête que mène Glynn : sur un plan dramatique. Cela oblige Gloria à choisir son camps : dire la vérité, ou protéger Ryan. C'est franchement un dilemme qu'elle a suffisamment exploré la saison précédente, et maintenant qu'elle prend ses distances avec lui, visiblement en toute connaissance de cause, voilà qu'elle cache ce qu'elle sait à Glynn ? Ca donne vraiment l'impression de faire un pas en avant, un pas en arrière. Pourquoi ne collabore-t-elle pas totalement avec O'Riley dans ces conditions ? J'aimerais énormément voir Gloria la psychorigide en bad girl, ce serait bien plus riche en possibilités. Heureusement cette petite enquête pas très originale est aussi l'opportunité pour Ryan, pendant ses quelques minutes de présence à l'antenne, de faire... son Ryan, et d'intriguer de son mieux pour couvrir le meurtre. Il faut admettre qu'il s'en sort pas mal, mais on n'en attendait pas moins de lui. J'ai par contre été intriguée et surprise par sa façon de parler à Cyril... se pourrait-il que le divorce soit consommé entre ces deux garçons dont Ryan a découvert récemment qu'ils n'étaient pas issus de la même mère ? Ce serait intéressant aussi, mais peut-être plus dur à avaler après tout ce que la série nous a montré sur le lien qui les unit. Je suis prête à me laisser séduire par une telle intrigue quand même, si tel est vraiment le cas.
Et puis, quand franchement on ne s'y attendait plus, LA scène arrive. Et elle s'avère bien plus émouvante que je ne m'y attendais. Le bus effectue sa chute, le père Mukada se tire miraculeusement du véhicule, Glynn annonce aux prisonniers ce qui s'est passé... C'était très bon, très puissant, et pas uniquement à cause de la musique un peu over the top mais bien parce qu'on redécouvrait l'aspect le plus fort, le plus sacré, le plus indispensable de la série : son humanité. Malgré toutes les horreurs que ces hommes commettent (assez peu représentées pendant cet épisode, en-dehors de l'état de Cloutier qui a de quoi retourner les estomacs les plus accrochés), ils restent des hommes pour qui les proches, la famille, tout ça, c'est vital. Cela faisait longtemps que la série n'avait plus abordé ces choses-là de cette façon-là. N'ayant pas vu la saison 5 (je n'avais pu reprendre la série que lorsque la 6e était passée sur Série Club), j'ignore si cela avoir un impact durable sur la saison, mais je le souhaite. C'est sadique... mais c'est très Oz, non ?
Tout-à-fait entre nous, je n'attendais pas à grand'chose de Don't trust the Bitch in apartment 23. Pour la bonne raison que j'en ignorais à peu près tout au lancement du pilote. Je savais que Lily Champagne... pardon, Krysten Ritter y était présente. J'avais vaguement vu passer des news mentionnant James Van Der Beek mais je n'avais même pas percuté que c'était pour cette série qu'il retournait à la télévision. C'était bien tout. Vraiment, parmi tous les projets de séries que j'essaye de ne pas trop suivre pour avoir le plaisir de la découverte, celui-ci avait dépassé toutes mes espérances.
Et finalement, l'épisode est proprement hilarant. C'est exactement ce que j'attends d'une comédie pas trop idiote : de bons dialogues, de bons personnages, et une façon pétillante de gérer les scènes les moins originales pour arriver aux plus sympathiques l'esprit léger... Ce qui arrange pas mal les choses, c'est aussi que le pilote est extrêmement dynamique : les scènes sont courtes, se déroulent dans un tas de décors (ou l'illusion d'un tas de décors grâce à des angles très variés). On n'a pas le temps de s'ennuyer.
Mais la plus grande qualité de Don't trust the Bitch in apartment 23, c'est d'être 2 Broke Girls, en mieux. Enfin, en bien, devrais-je dire. Les vannes mutuelles permanentes, la cohabitation de l'impossible entre la blonde candide et la brune un peu agressive mais pas mauvaise dans le fond... C'est absolument la même chose. En réussi. Au moins, on sait pourquoi on rit : ce n'est pas de l'embarras, ce n'est pas parce que les rires enregistrés ou les répliques over the top finissent par user notre résistance, c'est parce que c'est vraiment drôle ! Bien-sûr, le côté "essayons de gagner de l'argent" a disparu, mais très franchement, vu l'usage que 2 Broke Girls en faisait, on ne perd rien au change. Une comédie de plus à ajouter au planning ! Ca tombe bien, j'ai arrêté 2 Broke Girls, ça fait de la place. Et je n'aurai plus à détruire mes neurones pendant ces vingt minutes par semaine, en prime. Tout bénef.
Je ne vous ai jamais caché mon affection toute particulière pour les cérémonies de récompenses. Les Emmys, bien-sûr, tiennent le haut du pavé : c'est mon Noël à moi que j'ai. Les cérémonies internationales ou locales, si je n'en suis pas les célébrations télévisées pour des raisons assez évidentes (quand elles existent), sont également un trésor, puisqu'elles sont l'occasion de découvrir des séries d'horizons divers (vous imaginez bien que les International Emmy Awards sont du coup doublement géniaux). La plupart de ces récompenses sont décernées à partir de candidatures spontanées de la part des productions ; ainsi, une série qui aura eu peu d'exposition ou de succès peut ainsi trouver une seconde vie en festival si sont équipe a la niaque ! Connaissez-vous plus génial pour déterrer des pépites que lorsqu'elles bondissent à portée de pioche ? Voilà. Ajoutez à cela les séries qui ne sont pas encore diffusées, ou depuis très peu de temps, et ça devient vraiment la fête. Il n'y a qu'à se baisser pour ramasser des idées de découverte.
Voici quelques unes des catégories concernant les séries qui ont été dévoilées cette semaine en vue du Festival de Monte-Carlo, qui se tiendra du 10 au 14 juin prochain à... Monte-Carlo. Bien-sûr. L'occasion notamment de faire nos emplettes parmi les mini-séries dont je vous avoue que je n'ai jamais entendu parler, pour la plupart. Mes yeux arrondis et gourmands ont découvert cette liste, c'est donc maintenant votre tour, mais, à la différence du site du festival, cette fois, je vous fournis les titres originaux. Ca aide, pour les recherches, si vous voyez ce que je veux dire...
Meilleure mini-série : - Bomb Girls (Canada) - Les Hommes de l'Ombre (France) - Toussaint Louverture(France) - Henry 4(Allemagne) - Tiberio Mitri - Il campione e la miss(Italie) - Tonbi(Japon) - Głęboka woda(Pologne) - Krepost (Forteresse de Brest) (Russie) - El Precio de la Libertad(Espagne) - Tornarem(Espagne) - Appropriate Adult(Royaume-Uni)
Meilleur acteur : - Bruno Wolkowitch dans Les Hommes de l'Ombre(France) - Jimmy Jean-Louis dans Toussaint Louverture (France) - Julien Boisselier dans Henry 4(Allemagne) - Luca Argentero dans Tiberio Mitri - Il campione e la miss(Italie) - Shinichi Tsutsumi dans Tonbi(Japon) - Marcin Dorocinski dans Głęboka woda(Pologne) - Dominic West dans Appropriate Adult(Royaume-Uni)
Meilleure actrice : - Meg Tilly dans Bomb Girls(Canada) - Armelle Deutsch dans Henry 4(Allemagne) - Martina Stella dans Tiberio Mitri - Il campione e la miss(Italie) - Kyouko Koizumi dans Tonbi(Japon) - Katarzyna Maciag dans Głęboka woda(Pologne) - Bea Segura dans Tornarem(Espagne) - Emily Watson dans Appropriate Adult(Royaume-Uni)
Meilleur producteur international - Séries dramatiques : - Michael McMahon - Helen Bowden - Tony Ayres pour The Slap(Australie) - Philippe De Schepper pour Vermist (Belgique) - Luis F. Peraza - Roberto Rios - Pablo Larrain pour Prófugos(Brésil) - Sevda Shishmanova - Dimitar Mitovski - Ivan Doykov pour Pod Prikritie(Bulgarie) - Josée Vallée - Renée-Claude Brazeau - Richard Speer pour La Galère(Canada) - Anne Marie La Traverse - Bill Mustos pour Flashpoint(Canada) - Christina Jennings - Scott Garvie - Noel Hedges pour Murdoch Mysteries(Canada) - Lukas Reiter - John Grisham - John Morayniss pour The Firm(Canada) - Christian Torpe - Karoline Leth - Jesper Morthorst pour Rita(Danemark) - Roope Lehtinen - Tarja Ahava - Mikko Pöllä pour Helsingin Herra(Finlande) - Claude Chelli pour Braquo(France) - Jörg Winger pour SOKO Leipzig(Allemagne) - Gerda Müller - Philipp Steffens pour Der letzte Bulle(Allemagne) - Gábor Kálomista pour Hacktion(Hongrie) - Guido De Angelis - Nicola De Angelis - Ciaran Donnelly pour Titanic: Blood & Steel(Italie) - Akihiko Ishimaru - Hidenori Iyoda - Yasuhiro Yamada pour Nankyoku Tairiku(Japon) - Rachel Lang - Gavin Strawhan - Chris Bailey pour Nothing Trivial(Nouvelle-Zélande) - Patrícia Sequeira - Cristina Soares pour Velhos Amigos(Portugal) - Vitaliy Bordachev - Vlad Riashyn pour Jizn i Priklyucheniya Mishki Yaponchika(Russie) - Nelia Molato-Sutrisno - CheeK - Christopher James pour The Kitchen Musical(Singapour) - Jung-Min Kim - Hyun-Suk Park - Nah-Jung Lee pour Goongjuui Namja(Corée du Sud) - Ramón Campos - Teresa Fernández-Valdés Calderón pour Gran Hotel(Espagne) - Anders Lundström - Bo Ehrhardt pour Bron-Broen(Suède) - Dollezhal'l Artem - Minzyanov Yuriy - Riashyn Vlad pour Ostrov Nienoujnir Lioudei (Ukraine) - Gareth Neame pour Downton Abbey(Royaume-Uni) - Jo Wright pour Midsomer Murders(Royaume-Uni) - Sally Woodward Gentle pour Whitchapel(Royaume-Uni) - Terence Winter - Martin Scorsese - Tim Van Patten Stephen Levinson, Mark Wahlberg pour Boardwalk Empire(USA) - David Benioff - D.B. Weiss - Frank Doelger - Carolyn Strauss pour Game of Thrones(USA) - Robert King - Michelle King - David Zucker - Brooke Kennedy pour The Good Wife(USA)
Meilleur producteur international - Séries comiques : - Andy Walker - Marieke Hardy - Kirsty Fisher - Liz Watts pour Laid(Australie) - Johan Tuyaerts - Jan Keersmaekers - Els Chapelle pour Red Sonja(Belgique) - Luís F. Peraza - Roberto Ríos - María Ángela de Jesús pour Mulher de Fases(Brésil) - Sheri Elwood - Teza Lawrence - Michael Souther pour Call Me Fitz(Canada) - Mary Darling - Clark Donnelly pour Little Mosque on the Prairie (Canada) - Marleen Beaulieu - Joceline Genest - André Provencher pour Les Parent(Canada) - Christian Rank pour Lykke(Danemark) - Guillaume Renouil pour Fais pas ci, Fais pas ça(France) - Joëy Faré pour Kaboul Kitchen(France) - Justin Healy - Stephen McCrum - Martin Delany pour Mrs Brown's Boys(Irlande) - Carlo Principini pour Tutti Pazzi per Amore(Italie) - Ana Costa pour Os compadres(Portugal) - Anna Croneman pour Coacherna(Suède) - Judy Counihan - Phil Clarke - Andrew Newman pour Fresh Meat(Royaume-Uni) - Tina Fey - Lorne Michaels - Robert Carlock pour 30 Rock(USA) - Christopher Lloyd - Steve Levitan pour Modern Family(USA) - Chuck Lorre - Bill Prady - Steven Molaro pour The Big Bang Theory(USA)
A noter que les prix de l'audience télévisuelle sont annoncés plus tardivement, en général en partenariat avec Eurodata sur la base des audiences de quelques pays (5 pays participaient à la mesure l'an dernier il me semble, ça fait peu). Ca représente ce que ça représente, mais ça a le mérite d'exister ; on y reviendra plus tard. C'est en général une catégorie où les séries américaines deviennent étrangement sur-représentées, on se demande pourquoi ! Sauf pour le prix remis aux soaps, ça va de soi.
En-dehors de ça, je remarque quelques petites choses. D'une part, le Festival de Monte-Carlo a une drôle de façon de considérer les productions internationales. Apparemment, il n'était possible de soumettre qu'un seul pays ; c'est par exemple parlant pour Bron-Broen ou la mini-série Titanic: Blood and Steel. Ca surprend, un peu, la première fois... A l'heure où la co-production internationale est en plein boom (c'est le résultat de l'équation entre les financements serrés et la mondialisation), la compétition ne semble retenir qu'un pays, ce qui est légèrement contradictoire avec l'esprit de récompenses internationales. Et puis, il faut quand même admettre que les mini-séries, notamment, tournent un peu en boucle. C'est l'inconvénient, et il en fallait bien un, des récompenses attribuées à des candidats qui s'inscrivent eux-mêmes : si on reçoit un nombre limité de candidatures [valables] au trophée, on revient un peu toujours aux mêmes. Bon et puis, retrouver Bomb Girls dans cette catégorie, heu, bon. La production de la série ne pouvait probablement pas ignorer le renouvellement, et les dates limites de candidature étaient au 15 mars, donc ça parait un peu gonflé. Le système des candidatures spontanées donne ainsi une vision assez étrange de la planète, où on trouve soudain plein de séries "de l'Est" (Russie, Pologne, Hongrie, Bulgarie) mais quasiment pas d'Australie, par exemple, ou d'Amérique du Sud, et puis alors là, c'est pas la peine d'aborder le continent africain, par exemple, c'est déprimant. Mais on sent que les Frenchies en veulent et que, dans un festival qui se déroule dans leur langue, ils ont toutes leurs chances pour séduire le public, avec de nombreuses séries bien de chez nous en compétition, et dans une palette de fictions très diverse. On a ptet nos chances, tiens.
En tous cas, vous trouverez de nombreuses séries qui ont déjà été évoquées dans ces colonnes, à l'occasion de news et/ou de reviews. Je vous encourage donc à user et abuser des tags (ils aiment ça !) pour en apprendre plus sur les séries qui vous disent vaguement quelque chose mais dont vous ne parvenez pas à déterminer exactement quoi. Ne faites pas semblant. J'ai vu votre tête.
Ce soir dans le SeriesLive Show, nous consacrons toute une rubrique à une série méconnue, Starved, diffusée par FX pendant l'été 2005. C'est une série dont je pense énormément de bien et dont j'ai déjà pu vous entretenir à l'occasion, mais puisque je me suis enfilé une intégrale afin de me rafraîchir la mémoire en vue de l'émission, je me suis dit que c'était une occasion en or de vous faire un petit bilan de la saison/série, après vous avoir parlé de son pilote voilà il y a quelques années. Etant donné que depuis le décès de MegaUpload, les posts La preuve par trois ne fournissent plus de lien de cagoulage pour les épisodes traités, maintenant c'est un peu l'horreur pour partager des épisodes sur le long terme ; je me vois donc contrainte de vous indiquer que l'intégrale de cette série est disponible sur Youtube. Chaque épisode est découpé en trois parties, en plus. Beurk, mais à défaut de mieux... En tous cas vous avez quelques heures pour aller vous faire une idée, et mieux comprendre de quoi on cause ce soir dans l'émission.
C'est sûr, Starved est une comédie bien particulière, puisqu'elle s'intéresse à quatre personnages qui ont des troubles alimentaires ; il y a Sam, qui cumule l'anorexie et l'hyperphagie, Dan, "simplement" hyperphage mais qui a atteint un stade d'obésité morbide, Adam, un boulimique, et Billie, qui est à la fois anorexique et boulimique. Que de charmants portraits, reconnaissons-le. Ils assistent ensemble à des réunions des Belt Tighteners, un groupe de parole spécialisé dans les troubles alimentaires. Sauf que ces groupes ne sont pas basés sur l'écoute et l'entraide, comme peuvent l'être les Addicted Anonymous, mais au contraire reposent sur le blâme, et la dissuasion par l'aggression verbale.
La série étant créée par Eric Schaeffer, c'est évidemment lui qui interprète le rôle principal de Sam, un homme qui parvient à n'être jamais vraiment sympathique mais dont la manifestation des troubles est éminemment intéressante. En effet, il est également célibataire, et ses névroses alimentaires débordent énormément sur la façon dont il vit ses relations amoureuses ainsi que ses obsessions sexuelles. C'est certainement le personnage le plus fascinant de la série à cause de cela : il démontre bien la façon dont la nourriture et le sexe sont très liés dans nos imaginaires, et quand on entretient un rapport malsain à l'un, on a tendance à ne pas vivre le reste de façon bien plus saine.
Sam, en dépit du fait que ce soit un type assez insupportable et imbuvable (le terme "petit connard" peut éventuellement venir à l'esprit du spectateur...), est assez touchant parce qu'il cherche désespérément à vivre sainement, et que dans ce but, il adopte très vite les idées qu'on lui souffle. Le problème c'est évidemment qu'il cherche une "formule magique" pour se sortir de ses troubles, au lieu de faire un travail plus difficile et plus lent, par exemple en suivant une thérapie (et pas juste aller se flageller chez les Belt Tighteners !) ou en intégrant un programme dans un institut médicalisé, pourrait-on imaginer. Donc en cherchant la solution qui va d'un coup de baguette magique tout résoudre, il devient une sorte d'éponge pour toutes les idées qui passent. Et il se destine aussi à l'échec car ce côté girouette ne peut jamais vraiment lui réussir. Par exemple, Dan lui recommande de faire des lavements ? Pouf, il fait des lavements ; c'est alors l'occasion de faire un transfert sur l'assistante médicale qui les lui procure, de façon à obtenir des lavements le soir après leur dîner ensemble (ah oui, Sam est un grand romantique). Mais quand ça ne marche pas comme il veut, il passe immédiatement à autre chose. Il va ainsi sortir avec une végétalienne et adopter son mode de vie extrême, simplement parce qu'elle lui a assuré qu'un brownie vegan n'avait presque pas de calories. Quand il prend du poids et qu'elle lui dit que, "presque pas", ce n'est pas "pas du tout" de calories, alors tout d'un coup on sent que son attachement pour elle s'est envolé. Ainsi, tout s'imbrique toujours, avec lui... Et ne dure jamais vraiment longtemps parce qu'il ne lutte pas efficacement contre son trouble.
Sam prenant beaucoup de place dans la série, et l'unique saison de celle-ci étant très courte, on se prend à rêver des choses que les 7 épisodes de la série n'auront pas le temps d'explorer pendant la première saison.
Ainsi, Billie, chanteuse de son état, cache à son meilleur ami Sam que ses parents sont deux hommes, et évite depuis des années et des années de les lui présenter ; ses rapports avec l'un de ses deux pères sont de surcroît très houleux. Elle est elle-même plus ou moins bisexuelle (elle dit que "ses fans la préfèrent gay" mais couche aussi bien avec des hommes, sans en avoir l'air très heureuse, que des femmes), et l'un de ses pères prétend que son homosexualité n'est qu'une phase pour elle. Sa réponse consiste en général à boire (quelle émotion pour la fan de Rude Awakening que je suis d'assister au développement de cette intrigue...!), en plus de ses autres troubles alimentaires qui la poussent à peser absolument tout ce qu'elle mange, ce qui est supposé lui permettre de garder le contrôle de son besoin de se faire vomir (mais ce n'est pas beaucoup plus sain, reconnaissons-le). Bien qu'on ait le temps de prendre la mesure de tout ce qui préoccupe Billie, la résolution de ses problèmes avec son père, ainsi que la question de sa sexualité et de son alcoolisme, auraient à elles seules mérité une seconde saison. Une histoire plutôt développée est celle de Dan, qui tout obèse qu'il soit n'en a pas moins une femme superbe à la maison qui ne demande qu'à lui faire un bébé. Lui, il aurait en fait dû rester célibataire, tant sa seule envie dans la vie est de rester au calme à manger devant des matches. Son état de santé est tel qu'un simple régime ne fonctionne pas (on verra d'ailleurs qu'en essayant de passer à un régime tout liquide, il va finir par mixer de la junk food...) et il a besoin de la pose d'un anneau gastrique, mais l'opération a plusieurs fois été reportée parce qu'il ne peut s'empêcher de tout gâcher en mangeant juste avant l'opération. Le déroulement de cette histoire semble osciller en permanence entre l'envie de progresser et le retour à la case départ, illustrant bien ce qui se passe dans la tête de Dan, mais on aurait aimé savoir ce qui se passe ensuite, quand son corps finit par ne plus pouvoir continuer ce petit jeu. Le plus regrettable est probablement le problème d'Adam. Ses manifestations sont spectaculaires, à plus forte raison parce qu'en plus de vomir littéralement face caméra, elles entrainent un comportement auto-destructeur dans d'autres domaines de sa vie, notamment au travail. Mais même avec des explications vers la fin de la saison, le cas d'Adam restera assez superficiel, ce qui est dommage car, Adam étant quelqu'un de très secret et refermé sur lui-même, on n'a pas beaucoup d'occasions d'entrer dans sa tête autrement qu'avec des intrigues explicitées comme on les a pour les autres. De mon point de vue, Starved avait encore beaucoup d'histoires à raconter, donc, en dépit du fait que bien des choses aient eu le temps d'être évoquées pendant sa brève existence, fait assez rare pour une série de ce format.
Mais la série a bien d'autres qualités. En décidant de choisir uniquement des adultes pour parler de troubles alimentaires, Starved parvient à dépasser l'écueil du cliché télévisuel sur les troubles alimentaires, et les rendent universels. On est à la fois dans l'outrance et dans l'absence de caricature, ce qui permet de ne pas se sentir excessivement concerné, tout en se remettant en question sur certaines de nos propres attitudes vis-à-vis de la nourriture. Est-ce vraiment sain ? Y a-t-il qui que ce soit qui ait un rapport totalement sain à la nourriture, de nos jours, après tout ? Comme le souligne Billie dans une démonstration, les dés sont pipés : les tailles des vêtements sont faussées, les médias déforment notre vision, et nous perdons tout sens des réalités. Et ce n'est pas faux, à bien y réfléchir. Là où la série réussit son entreprise, c'est qu'elle rappelle ces facteurs extérieurs mais ne s'en sert jamais pour décharger les protagonistes de leur responsabilité dans leurs problèmes ; ils sont malades, c'est à eux de guérir ou au moins d'apprendre à ne pas être dominés par leur maladie, même si cette maladie est la résultante de facteurs extérieurs. Il y a un côté moins victimiste que la plupart des fictions traitant de ces sujets (et qui sont, en général, plutôt des unitaires de Lifetime, d'ailleurs).
La série ménage des moments légers et d'autres réellement dramatiques, usant du slapstick et du grotesque en plusieurs occasions, mais imposant aussi des passages (et notamment des fins d'épisodes) très oppressantes. A ce titre, Starved penche plutôt du coté dramédie que de la comédie pure et dure, mais quand elle tente l'humour, elle est dans une telle surenchère qu'on dépasse ce que la plupart des dramédies s'autorisent en la matière. Surtout qu'on parle du rapport que les personnages entretiennent à leur corps et leurs fonctions vitales, un sujet qui implique évidemment des choses assez graphiques et explicites...
Pour finir, certaines séries se déroulant à New York se contentent de prendre la ville comme elles auraient pris n'importe quel autre décor. Starved fait partie de ces fictions qui n'ont pas choisi New York : elle est éminemment New Yorkaise, c'est dans son ADN. L'atmosphère unique de la ville est palpable. Et cela sans en rajouter dans les prises de vue... Cela se manifeste aussi avec les quelques guests de la série, comme Darrell Hammond (tout droit issu de Saturday Night Live) ou Robyn Cohen (future créature de Gravity). On verra aussi Jenny Slate (une recrue très temporaire du Saturday Night Live) brièvement dans un rôle totalement muet dans le dernier épisode. De par tous ces facteurs subtils, il semble impossible à la série de se dérouler ailleurs que New York ou, si ç'avait été le cas, la série en aurait totalement été changée. Cela ajoute probablement à son humour car le côté bobo que partagent de nombreux New Yorkais, la passion des habitants de Manhattan pour les modes ridicules (Carrie Bradshaw et ses copines nous l'ont prouvé à plusieurs reprises) et les possibilités de la ville jouent un rôle considérable dans les différentes options de "traitement" des protagonistes. Rien que les Belt Tighteners ont quelque chose de profondément New Yorkais.
Avant et pendant sa diffusion, Starved a... comment dire ? Partagé la critique. Il y a des sujets dont on a parfois du mal à rire, à plus forte raison dans une Amérique où l'obésité est une telle plaie, je suppose. Et je peux le comprendre. Mais à travers son humour pas très propre sur lui, Starved est aussi une série incroyablement honnête sur son sujet, comme pouvait l'être Huge, quelque part. Starved est de toute évidence fondée sur un travail autobiographique, Schaeffer ayant lui aussi dû lutter contre des troubles alimentaires ; la série fait définitivement partie de ces petites séries qui resteront méconnues pour le grand public, mais qui apportent quand même énormément au téléphage, car elle ne fait pas de concession et s'autorise une sincérité totale, même quand c'est pas très ragoûtant. C'est le cas de plusieurs autres comédies ou dramédies qui ont pu me charmer par le passé, à l'instar de Rude Awakening (qui sera également citée dans le SeriesLive Show de ce soir !!!) ou Titus, vous le savez. Une série me plait rarement autant que lorsqu'elle veut rire de choses pas drôles... et Starved accomplit parfaitement sa mission sous cet angle. Ce n'est pas le genre à vous donner, hm, l'eau à la bouche, mais c'est une vraie curiosité. A déguster uniquement en-dehors des repas, toutefois.
Il y a quelque chose de diablement rafraîchissant dans Best Friends Forever. Le problème c'est que cette goutte de fraîcheur est noyée dans un gobelet de soupe tiède.
Soyons honnêtes, même avec des personnages relativement peu clichés et des dialogues moins cosmétiques qu'à l'ordinaire (dans un univers télévisuel où l'amitié est certainement le rapport humain dépeint de la façon la plus expéditive possible), Best Friends Forever ne réinvente pas la roue. Notons d'ailleurs que même si ses dialogues sont sympathiques, on peut difficilement parler de "gags" ou même de séquence vraiment drôle, ce qui en réalité est un handicap pour une comédie. On se retrouve en fait avec une quasi-dramédie (l'émotion en étant absente, on ne peut même pas la classer dans ce statut intermédiaire) dont la seule vertu est de s'inspirer de l'amitié réelle et visible qui lie ses interprètes principales, mais de n'avoir rien accompli par ailleurs, et surtout pas concernant ses intrigues.
Mettre en balance l'amitié et les relations amoureuses, voir comment trouver l'équilibre entre les deux et, dans le cas où ça ne se produirait pas, essayer de conserver l'un quand on veut avancer dans l'autre, c'est un thème un peu usé et, accessoirement, on a eu une décennie de Friends pour s'en inquiéter et retourner la question sous tous les angles. Également sur NBC, maintenant qu'on en parle... mais bref, c'est certainement une coïncidence. Donc au niveau du déroulement de l'épisode, une énorme partie du pilote de Best Friends Forever est un peu usant. Et le soucis c'est que cela occupe une énorme part de l'épisode parce que, eh bien, c'est nécessaire.
Eh oui, Best Friends Forever a UNE qualité, c'est d'imposer une extraordinaire dynamique entre ses deux héroïnes (et accessoirement, le petit ami de l'une d'entre elles ne s'en tire pas trop mal), on l'a dit, et pour cela il faut bien des situations où ce lien sera testé, et où les circonstances les pousseront à se prendre le bec ou à partager leur complicité. Les deux si on est en veine. Or, il n'y a pas vraiment le choix au niveau des intrigues... Mais ces intrigues sont vues et revues, comme je le disais, alors toute la question est de savoir si la dynamique entre les deux personnages principaux vaut le coup, car s'il s'agit de la plus grande qualité de la comédie à l'heure actuelle, cela n'implique pas nécessairement qu'il s'agisse là d'une qualité suffisante...
Justement ; en dépit de tout ça, le pire c'est que je pourrais tenter de continuer Best Friends Forever, parce qu'en soi, elle n'est pas mauvaise, et que la dynamique est précisément très bonne. Disons que ça pourrait durer une ou deux semaines comme ça ; je me bloquerais une vingtaine de minutes pour regarder les épisodes du coin de l'oeil, je m'attacherais progressivement... et c'est complètement le genre de série qu'à partir de trois épisodes environ, je suis capable de prendre en relative affection juste parce que la dynamique entre les personnages est bonne, alors que je me morfonds d'ennui devant le reste. Alors ça, c'est tout-à-fait moi, ouais, je me reconnais bien là-dedans. Il y a des précédents... 30 Rock, par exemple (à un degré moindre parce que 30 Rock fait l'effort de fournir des gags, même quand ils ne sont pas nécessairement drôles).
Alors euh, bon, l'amitié, c'est éternel, tout ça, d'accord, j'entends bien... Mais la série, elle vous estimez pour qu'elle en a pour combien de temps ? Plus d'une saison ? Moins ? Que je sache un peu dans quoi je mets les pieds...
Le Black March, ça ne vous aura pas échappé, est maintenant fini. Et tout le défi est de se remettre dans le bain. Déjà qu'il n'est pas forcément facile-facile de suivre un programme téléphagique dense et d'y inclure les nouveautés et/ou pilotes (surtout quand comme moi, on est bien volage en la matière), mais ajoutez à cela un mois de séries à rattraper et ça confine à la folie douce. Mais agréable, alors on va pas se plaindre.
So far, so good. J'ai pu voir trois pilotes (GCB, Magic City et Bent dont je vous ferai le post si je me déteste), ce qui m'est déjà fort agréable. Il a également été plus rapide de récupérer mon retard sur des séries de format court, et je suis donc à jour avec Happily Divorced, Woodley (dont je suis désormais certaine de faire l'acquisition du DVD à un moment tant cette série est géniale) et House of Lies que je me suis dépêchée de rattraper pour être fin prête au moment du season finale, comme vous le savez. Sont également bien avancés mais pas encore totalement au point Suburgatory et Portlandia. Rendons grâces au weekend prolongé qui s'annonce, puisque Äkta Människor et The Good Wife seront aussi au programme. On verra pour la suite. Faut quand même avouer qu'il y a du monde dans mon planning, à plus forte raison parce que j'ai bien l'intention d'achever mon Piemarathon (mais je n'ai pas envie de le faire en étant bousculée).
Woodley, le petit bijou
Au niveau des évènements de groupe, c'est-à-dire notre Ozmarathon et les séances du Smash Ensemble, on joue pour le moment avec les disponibilités donc ça me fait gagner du temps, si je puis dire. Ce sont des moments conviviaux que j'ai hâte de retrouver, pourtant.
En plus de tout cela, mes intentions téléphagiques sont de reprendre un peu l'exploration des séries britanniques : j'ai un pilote de Sherlock qui n'attend que ça, et j'ai également mis de côté Call the Midwife. On verra bien ce que ça donne mais ça me fera du changement, ça fait depuis la fin de l'année dernière que je n'ai pas eu de coup de coeur pour une série britannique, et ça fait long. J'ai aussi fait mon marché et déniché une intégrale de saison 1 d'une série française à 3€ à la FNUC, je n'ai jamais vu la série ni d'Eve ni d'Adam (elle n'a à ce jour jamais été mentionnée sur ce blog), et j'ai hâte de pouvoir la déshabiller de son film plastique et tester ce qu'elle vaut. Saurez-vous deviner de quoi il s'agit ? Si on ajoute la préparation du SeriesLive Show, qui est toujours l'occasion de se rajouter des visionnages en plus (je vous mitonne d'ailleurs un bilan de série pour vendredi, vous m'en direz des nouvelles)... je ne chôme pas, et j'adore ça !
En somme, le mois d'avril est vraiment un moment de joie, de bonheur, de retrouvailles et de petits poussins. Vous saisissez l'idée générale, quoi. L'une des conséquences indirectes et, ma foi, insoupçonnées du Black March, c'est que je me lance à corps perdu dans plein de séries de toutes parts, pour rattraper ce que j'ai manqué, et que je m'éclate. Je ne doute pas qu'il y aura des conséquences moins positives (certaines séries vont finir abandonnées au bord de la route faute de temps, c'est prévisible) mais pour l'instant, c'est que du bonheur.
Qu'une chose soit claire, je n'ai pas l'intention de faire de la review épisode par épisode pour Game of Thrones. Je suis en train de mourir d'extase sur mon clavier mais même ça, ça ne me convainc pas. D'ailleurs une fois que les marathons en court sont finis, les reviews épisode par épisode, on va oublier un peu parce que c'est vraiment pas ma vocation à la base et ça se confirme encore plus quand j'en fais. Pis vous les commentez pas alors à quoi bon. Pour autant, il fallait que je vous dise.
Alors, on n'est pas bien, là ? A se délecter d'un début de saison excellentissime ? Il parait qu'il y a des gens qui se plaignent. Je trouve ça de très mauvais goût. On a un démarrage de saison qui fait exactement son boulot, et qui le fait très bien, et qui plus est pour l'une des meilleures séries à l'antenne actuellement. Je vous préviens, moi je veux rien entendre de tel dans le coin.
C'était un bon season premiere et on se prépare à goûter des ingrédients délicieux : Jon Snow ayant franchi le mur et ayant atterri dans un pays de fous, par exemple ; Sansa qui commence à apprendre la vie ; Joffrey qui est un roi atroce et pourtant le niveau n'était pas très élevé avant lui ; Rob Stark qui nous dévoile qu'il est effectivement pourvu de testicouilles ; Cersei qui se prend un méchant revers ; et puis, ne serait-ce que grâce à Tyrion qui, mon Dieu, je veux pas spoiler ceux qui n'ont pas vu, mais c'est énorme ! Que tout cela (et plus encore) est prometteur ! Comment peut-on faire la fine bouche, c'est à peine croyable.
Alors évidemment, avec une série exigeante on devient exigeant, et c'est bien, en un sens. Mais enfin, il faut quand même raison garder et arrêter de demander l'impossible à une série qui comporte un cast pléthorique et qui revient après une année d'absence. Evidemment qu'on a besoin d'un épisode un peu calme pour se remettre dans le bain (tout le monde n'a pas la chance de lire mes postsTo be continued...) ! Moi en tous cas j'étais à la fête, voilà.
Et sinon j'ai acheté le coffret DVD hier, je l'ai même pas encore déballé que j'ai déjà un de mes collègues qui veut me l'emprunter. Le pouvoir de cette série est immense !
Et si on se jetait un petit world tour derrière la cravate, comme ça, vite fait ? Ca vous tente pas ? A titre expérimental, je me suis dit que j'allais tenter un world tour plus rapide, pour voir si ça vous tente. Au programme, on a un peu d'Australie, beaucoup de Scandinavie, et une news pour la Belgique, pour laquelle j'ai hélas peu de sources, donc j'en profite pour passer un appel : je ne m'y connais absolument pas en séries belges ! Il faut que ça change ! En attendant, voilà ce qui s'est passé ces derniers jours.
- AUSTRALIE : l'empreinte de rouge à lèvres du crime On commence avec la délicieuse série Miss Fisher's Murder Mysteries, qui, alors qu'elle se vend comme des petits pains à l'occasion du MIP TV qui se tient actuellement à Cannes, a de bonnes choses à annoncer. Outre qu'elle sera diffusée par DR au Danemark, Kanal 9 en Suède ou encore Globosat au Brésil, la vraie annonce qui déchire, c'est que la fascinante détective reviendra pour une deuxième saison de 13 épisodes, qui doit entrer en production au plus vite de sorte que ces nouveaux épisodes soient prêts à la fin de l'année. Elle est pas belle, la vie ?
- AUSTRALIE toujours : Ten fait des vagues Je m'en étais fait l'écho voilà quelques jours sur Twitter mais j'en profite pour revenir sur le sujet, la série faisant partie de celles sur lesquelles je garde un oeil. Puberty Blues, adaptée du roman semi-autobiographique de deux jeunes adolescentes qui intègrent un groupe de surfeurs dans les années 70 (faisant ainsi le cruel apprentissage de la drogue et du sexe presque consenti), a annoncé son casting, et il y a du beau linge : Claudia Karvan (Spirited), Jeremy Lindsay Taylor (City Homicide), Susie Porter (East West 101, donc on devrait d'ailleurs reparler sous peu), Rodger Corser (Spirited, Rush), Brenna Harding (Packed to the Rafters, My Place), Sean Keenan (Lockie Leonard, Cloudstreet), Charlotte Best (Home and Away), Katie Wall (Dangerous, Underbelly), Reef Ireland (Tangle, Rush) et Isabelle Cornish (Home and Away) seront de l'aventure. Contrairement au roman, qui il est vrai était en définitive très court, la série ne devrait pas se borner à suivre les adolescentes mais aussi leur entourage notamment familial (voilà ce qui explique la présence de Karvan qu'on imagine mal jouer les seconds couteaux). Le tournage commence d'ailleurs mardi prochain... vu le thème et le tour que prennent les choses, je ne serais pas étonnée de découvrir la série sur les écrans australiens cet été. On se tient informés, hein.
- BELGIQUE : nouveauté explosive La Belgique se prépare à accueillir un nouvelle chaîne... TNT. Après HBO, qui s'est implantée entre autres en Europe de l'Est et plus récemment aux Pays-Bas, c'est donc au tour d'une autre chaîne câblée américaine de faire des petits en Europe. Pour l'instant il n'est pas encore question de produire du contenu original local, et les spectateurs pourront simplement avoir un accès accéléré aux productions que les spectateurs de TNT aux Etats-Unis voient chez eux (Shameless, Men of a Certain Age, Memphis Beat, Web Therapy, et la série de Ricky Gervais PhoneShop sont les premières à occuper la grille pour le lancement). Mais il est certain que cela ouvre des possibilités. Les Belges pourront découvrir la chaîne TNT Belgique à partir du 10 avril, et elle devrait être gratuite pendant un mois pour les abonnés de Telenet.
- NORVEGE : du lourd Parce que, depuis que je suis petite, je porte énormément d'intérêt aux séries de guerre, et qu'en plus je suis toujours ravie de détromper ceux qui croient que la Scandinavie ne nous apporte que des polars, je suis ravie d'apprendre que NRK a commandé une série se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais au lieu de nous montrer de simples combats, la série, qui à ce stade ne porte pas encore de nom, devrait s'intéresser au scientifique allemand Werner Heisenberg, qui travaillait sur un projet de bombe atomique pouvant mettre fin à la guerre en travaillant à partir d'eau enrichie en hydrogène, produite en Norvège. Un commando britannique est alors envoyé en direction de son laboratoire caché dans les montagnes norvégiennes afin de détruire l'installation... J'ajoute qu'on a également appris que NRK est actuellement en train de négocier avec NEtflix la possibilité d'une deuxième saison pour Lilyhammer.
- SUEDE : Cocorico ! Une société de production suédoise a décidé de produire une adaptation du roman Le dernier lapon, d'Olivier Truc. On est d'accord que c'est pas très suédois, comme nom, eh bien figurez-vous que l'homme est un journaliste français, correspondant du Monde en Suède notamment. Original, non ? La série s'intéressera à une enquête policière à la fois sur un meurtre et sur le vol d'un artefact historique qui ravive les tensions entre deux parties de la population arctique : les lapons, et des fondamentalistes opposés à leurs croyances. Par contre, le tournage de la série ne devrait pas commencer avant le début de l'année 2013 car la boîte de prod Nice Drama a du pain sur la planche avec un autre projet, en co-production avec une société de production française (re-cocorico) sous le titre de Jour polaire, dans laquelle un enquêteur français vient en Suède pour enquêter sur la mort d'un politicien français. Six épisodes sont prévus, et ce serait bien le diable si on ne voyait pas au moins une de ces séries sur notre sol !
- FINLANDE : charmantes nymphettes On reste définitivement au Nord avec un troisième pays de destination... plus rare, celui-là ! En projet en vue d'une diffusion à l'automne 2013 sur MTV3 (le tournage est planifié pour septembre), la série Nymfit est actuellement présentée à Cannes pendant le MIP TV. Inspirée par la mythologie grecque, la série met en scène trois nymphes à la jeunesse éternelle, qui vivent parmi les humains. Mais on est loin des gentilles petites créatures innocentes qu'on met souvent derrière le terme de nymphe, puisque nos protagonistes ont besoin de se nourir d'hommes pour préserver leur jeunesse... Les choses s'enveniment encore quand l'une des nymphes tombe amoureuse. En tout, ce sont 12 épisodes de trois quarts d'heure qui sont prévus.
On constatera qu'au passage, même s'il se passe beaucoup de choses en Scandinavie, la durée de développement n'est pas tellement différente de celle qu'on connait en France. Je trouve ça intéressant parce que, autant aux USA, au Japon, en Corée du Sud ou en Australie, on a l'impression que les choses vont plutôt vite, autant en Scandinavie, on n'est pas tellement dans un modèle de production industriel alors qu'il y a un véritable boom, de toute évidence. Comme quoi, c'est encore pas ça la raison qui fait que la fiction française n'est pas au top du top actuellement. Il faudra donc chercher les explications ailleurs...
Bon alors au fait, le world tour plus court, on garde, ou on revient à l'ancienne formule ?
House of Lies avait commencé comme une dramédie trash ; je peux concevoir que cela ait pu rebuter une partie de mon entourage téléphagique ; au sein de l'équipe du SeriesLive Show, par exemple, les avis étaient contrastés, ce qui est une façon polie de dire qu'il y avait d'un côté le mien, positif, et d'un autre côté les autres, franchement pas charmés. Pour être honnête, elle n'a jamais totalement cessé d'être trash, mais House of Lies a vraiment dépassé les clichés accrocheurs (ou voulus comme tels, mais ça n'a pas fonctionné sur tout le monde visiblement) pour offrir une série d'une densité incroyable. Mais cela, nombre des déçus qui avaient baissé les bras après le pilote ne le sauront jamais. Ce sont les règles du jeu, c'est certain, et moi-même je ne reste jamais dans les parages quand une série me déçoit au moment du premier épisode, après tout. Simplement j'ai le sentiment que les manifestations les plus trash de son pilote, ainsi que le fameux effet "freeze", sont les seules choses que nombre des gens dont j'ai pu lire l'avis ont remarqué. Comme s'il ne se disait rien d'autre. Et c'est justement là que tout le génie de House of Lies s'est déployé.
Le plus fort c'est que pendant les premiers épisodes, je ne m'intéressais pas vraiment aux troubles de son personnage central, Marty Kaan, dont les déboires me semblaient bien peu captivants comparés à l'incroyable dynamique de son équipe. Pour moi le point fort était vraiment dans leurs échanges à la fois intelligents et foncièrement cyniques, teintés de cette sorte d'agressivité dénuée de toute méchanceté propre à certains milieux professionnels. Les intrigues liées au travail de cet équipe semblaient aussi une façon incroyablement brutale et subtile à la fois de parler de l'état de notre société en ces temps de "crise". C'est ainsi que le pilote permettait à Kaan de faire la démonstration de tout ce que sa profession implique d'odieux et de réaliste à la fois, en offrant au patron d'une énorme corporation bancaire de faire un geste qui semblerait être généreux et en réalité ne le serait pas. La démonstration était incroyablement perverse et pourtant parfaitement objective de la réalité de bien des milieux.
L'intrigue qui allait se développer à partir de là, avec cette fameuse histoire de fusion/acquisition, est la meilleure preuve du regard aiguisé que House of Lies pose sur l'actualité, et dépasse le cliché du "personnage névrosé dans une dramédie excessive" qui colle à la peau de plusieurs séries de Showtime.
House of Lies s'intéresse donc à une radiographie de la façon dont les finances de nos sociétés (dans tous les sens du terme) nous conduisent à notre décadance morale. A bien y réfléchir, tout est absurde dans ce monde-là. L'Ouroboros se mord effectivement la queue : on fait de l'argent en mentant sur la façon de faire plus d'argent, et on vit dans un status quo où on a l'illusion qu'on fait tourner la machine. On brasse du vent pour mieux brasser de l'argent, à moins que ce ne soit le contraire.
Le sujet n'est pas facile et en réalité, les névroses du personnage agissent comme une personnification des dérives du système. J'ai l'impression que cela souvent été interprété comme l'inverse, et encore, au mieux. Mais à mesure que cette histoire de fusion/acquisition monte en puissance, il devient difficile de nier que le mode de vie déglingué de Marty Kaan va bien au-delà de la formule habituelle de Showtime, notamment grâce à Jeannie et son parcours également erratique.
Qui plus est, House of Lies propose autant de scènes-choc, souvent jouissives il est vrai, que de scènes authentiquement dramatiques. En faisant tomber le quatrième mur, Marty Kaan partage bien entendu ses commentaires blasés sur son travail ou ses collègues, mais plus encore, il emploie ce procédé dans sa vie personnelle. Il nous invite à partager aussi les moments les plus sombres qu'il traverse, par contre, contrairement à son monde professionnel, cela se fait toujours en silence. Son regard est chargé d'émotions qu'il nous inflige directement, difficile parfois de résister à la tentation de détourner les yeux pour y échapper ; plusieurs épisodes se finissent sous son regard accusateur, alors qu'il partage son angoisse autant qu'il cherche à nous rappeler qu'elle n'est probablement pas différente des nôtres. L'échange qui a lieu à ce moment-là est terrible, implacable. Ce n'est pas simplement impressionnant parce que Marty Kaan est interprété par Don Cheadle, qui apprend progressivement à maîtriser son personnage, c'est aussi tout simplement parce que rares sont les personnages à partager autant. Et que souvent, ceux qui le font sont des femmes (c'est après tout là la réputation de Showtime), et pour la première fois depuis bien longtemps, un personnage masculin se dévoile avec toutes ses fragilités. Marty Kaan est sans nul doute le personnage le plus vulnérable que j'aie vu depuis bien longtemps.
Pour une série qui se déroule dans un milieu où, si l'on est beau parleur, on peut se remplir les fouilles, House of Lies repose donc énormément sur les silences. Et si bien des séries savent à l'occasion utiliser le silence, produire un tel résultat sur 12 épisodes est plus rare, et laisse... sans voix. Oui, les protagonistes de House of Lies sont de grands bonimenteurs... mais ils sont toujours honnêtes avec eux-mêmes, et donc avec nous. C'est assez rare pour être souligné, quand dans de si nombreuses séries, le spectateur doit d'abord faire l'effort de comprendre les motivations du personnage avant de les partager. Ici, Marty ou dans une moindre mesure Jeannie sont dans la nudité la plus complète.
Il y a d'ailleurs beaucoup à dire de la performance de Kristen Bell. Je n'ai jamais eu une sympathie très poussée pour l'actrice, elle est sympathique mais pas incontournable ; et surtout, je n'ai pas vraiment gardé un souvenir impérissable de Veronica Mars. D'ailleurs peut-être que tant mieux, ça m'évite d'aborder sa performance avec une attente trop précise. Mais au fur et à mesure de la série, elle va se révéler comme un pillier des intrigues, se développant plus qu'on n'aura pu l'espérer pour Clyde ou Doug (deux éléments que j'apprécie énormément par ailleurs, mais certainement pas pour les mêmes raisons, leur utilité se bornant aux axes plus légers des épisodes). La progression est lente, mais cohérente pour Jeannie ; à partir du moment où elle signe un pacte avec le diable, les choses se précipitent, laissant à Kristen Bell toute latitude pour nous épater. Mais vraiment. C'est là que je me suis rappelé de l'incroyable prestation de Bell dans le pilote de Veronica Mars et de mon émotion face à la scène du "lendemain" du viol de Veronica. Soudain je révise mon opinion de l'actrice à la hausse. Il y a des Emmys qui se perdent, à vrai dire.
Soyons sincères, deux autres femmes se débrouillent incroyablement bien pendant leur temps d'antenne pourtant limité : Dawn Olivieri, incroyable en femme à la fois venimeuse et perdue dans une spirale de haine de soi, Megalyn Echikunwoke (j'ai dû copier/coller) se montrant parfaitement charmante mais aussi terriblement humaine. Quand tant de séries ont tendance à écrire les rôles féminins au détriment des rôles masculins, ou l'inverse, la présence de ce cast de charme formidablement bien servi par une écriture très tendre fait un bien fou.
Et au final, voilà comment on part d'une dramédie en apparence légère, trash, et pas forcément très profonde, à l'une des meilleures séries de ce début d'année. House of Lies n'est pas juste un coup de coeur, c'est un travail bien plus profond que cela qui parle à ce qu'il y a de plus fragile en nous, tout en nous servant une vision très sensée des organes financiers de notre monde, et des passages excessifs mais jamais totalement gratuits. Alors c'est vrai que mon avis vaut ce qu'il vaut puisque ça doit être la dixième série qui m'impressionne en ce début d'année. Mais ça veut aussi dire que, les amis, le crû 2012 est absolument épatant. On a une chance de folie d'être téléphages en ce moment. On ne s'en rend probablement pas compte, mais le monde nous envoie de toutes parts des productions d'une exceptionnelle qualité. House of Lies en est une, et ça va être une torture d'attendre jusqu'à la saison prochaine.
Le post Comme au cinéma du jour ne va pas être tout-à-fait habituel. D'ordinaire, même quand j'ai été voir le film au cinéma (ce qui n'est déjà pas systématique), je me dépêche de cagouler le film en rentrant, déjà parce que j'aime bien m'en repasser des bouts quand j'écris mon post, ensuite parce que ça me permet d'en tirer un extrait à vous montrer, et c'est sans parler des captures évidemment. Là, euh... comment vous expliquer ? J'ai déjà eu du mal à trouver une salle qui le projetait. Voilà voilà. Et sur internet, c'est déjà la croix et la bannière de trouver autre chose que le trailer en VOSTF, voyez, ça donne bien le ton. Qu'est-ce qu'on fait ? On en parle quand même ? ...Ouais, allez. Pour le fun.
Par contre du coup je vais pas me priver de vous spoiler, parce qu'à ce stade on sera tous d'accord que ça n'a plus d'importance (d'autant que ce film a peu de chances de sortir un jour en DVD). Surtout vu la teneur de ce que j'ai à en dire.
C'est quoi le nom du film ?30 Beats C'est plutôt quel genre ? Moite Qui on connaît là-dedans ? On ne va pas se mentir, j'avais décidé d'aller le voir parce que ça fait trois ans que ce film est dans la filmo de Lee Pacesur IMDb. Ah non mais j'en fais aucun mystère, hein. A ses côtés, on peut cependant remarquer Paz de la Huerta (Boardwalk Empire) et Justin Kirk (Weeds). A noter qu'on fait la connaissance également de Condola Rashad, fille de ; le cast est très international puisqu'on trouve en sus une actrice française (Vahina Giocante), une autre lithuanienne, Ingeborga Dapkunaite (qui est d'ailleurs apparue dans un Wallander britannique) et un acteur péruvien (Jason Day). Ça date de quand ? 2009 En résumé, de quoi ça parle ? D'un été à New York.
En moins résumé, de quoi ça parle ? Il n'y a pas UNE histoire, mais un enchaînement d'anecdotes interconnectées, formant une immense chaîne humaine à travers New York. Et ça finit comment ? En bouclant la boucle.
Pourquoi c'est bien ? Parce que les enchaînements de ce genre, globalement je suis bon public : partir d'un point A et arriver au point Z en passant par plein de maillons, je trouve ça sympa. Je suis de toute façon le genre de personne qui n'attend pas systématiquement qu'un film ou même une série aient un but, et je me satisfais très bien d'une sorte d'anthologie de petites historiettes sans conséquence ni mythologie. L'effet patchwork, en somme, n'est pas un défaut de fait à mes yeux. Et du coup je me suis plu à suivre cette camera qui suit un personnage jusqu'à ce qu'il en rencontre un autre puis décide de suivre celui-là. Dans une grande ville comme New York, ça fonctionne encore mieux parce que les possibilités de la ville sont infinies (rappelez-vous Six Degrees). Alors du coup, il faut juger le film par "rencontre", et pas sur son ensemble. Il y a ainsi des "rencontres" qui m'ont plu, et d'autres qui étaient franchement nulles, n'ayons pas peur des mots. Mais ça, c'est l'affaire du paragraphe suivant. Pourquoi c'est pas bien ? Comme je le disais, certaines histoires sont dénuées de tout intérêt (je pense par exemple au dépucelage de la première femme à débarquer à l'écran). Mais ce n'est pas dramatique, en soi : l'effet de patchwork fait que ce n'est pas grave et que du moment que l'histoire suivante fait passer le goût, peu importe que celle-ci laisse une sensation amère. Non, le vrai problème de 30 Beats, c'est essentiellement... ses dialogues. Et c'est un vrai problème, parce qu'on a dépassé le stade de la fadeur pour arriver à l'impression très désagréable d'avoir des dialogues vraiment, vraiment mauvais. Genre écrits dans un anglais niveau sixième, pas plus d'une cinquantaine de mots de vocabulaire à tout péter, des phrases très courtes, sujet-verbe-complément, aucune musique, aucune poésie, limite des tweets, mais sans la richesse du procédé. Et ce n'est pas tout. Une partie des acteurs n'y croit pas un seul instant ; donc en plus d'être certains des pires dialogues que j'ai jamais entendus, ils sont aussi récités de la façon la plus monocorde possible. C'est particulièrement frappant au début du film (les interprètes variant, on a au moins l'avantage d'assister aux efforts de quelques uns d'entre eux). Ce n'est hélas toujours pas tout. Le soucis c'est qu'en plus, Alexis Lloyd a fait le choix de ne montrer aucune scène de sexe. Oui, dans un film sur les rencontres sexuelles ; c'est courageux. Sur le papier ce n'est pas un choix répréhensible, d'ailleurs, c'est même un parti-pris tout-à-fait explicable par le fait que le film parle avant tout de rencontres et de désir ; mais vu que les dialogues virent au cauchemar dans 90% du film, l'accumulation de ces défauts bien précis devient problématique. Autant dire qu'on a l'impression d'assister à un film porno à l'envers : que des dialogues à la con, aucune scène de cul. Hm, c'est embêtant !
Ah, les joies du cinéma ! Si j'étais une MST et que je voulais bosser dans le milieu du cinéma, voilà le genre de film dans lequel je voudrais percer. La réplique qui tue : Etant donné ce que je vous ai dit des dialogues de 30 Beats, je crois qu'on a tous compris que c'était là une bataille perdue. Voire même : pas livrée. La scène qui tue : Arrivé à, disons, je sais pas, la moitié du film environ ? L'une des protagonistes rend visite à son chiropracteur. Lequel est tellement habile de ses mains qu'il lui donne un orgasme rien qu'en lui massant les tempes, alors que dans sa rencontre précédente, elle était convaincue d'être d'une part, totalement frigide depuis son opération du coeur, et d'autre part, de mourir si jamais elle venait à ressentir un orgasme. Alors vous comprenez bien que quand son chiropracteur la fait hurler de plaisir (et il en est le premier gêné, le pauvre), elle n'a qu'une envie, lui bondir dessus. Chose qui n'entre pas vraiment sur la fiche de soins dudit chiropracteur. On a donc une longue scène de désir désespéré d'un côté, et de "merci Madame, mais non merci, rangez vos seins je vous prie" de l'autre, qui se caractérise par le seul moment du film où j'ai ri, le chiropracteur expliquant qu'il a moyennement envie d'être poursuivi pour s'être tapé une patiente, et ladite patiente, qui a de la suite dans les idées, décidant de rédiger séance tenante une décharge. C'était drôle parce que le praticien a en plus la bonne idée de sortir un truc du genre "vous ne contrôlez pas mon désir juste avec une décharge", et c'était bien de mettre en relief une vraie "rencontre" qui tourne mal, parce que jusque là, 30 Beats était un peu le drive-in du sexe, il suffisait de commander pour recevoir, à quelques détails près (eh oui faut être précis dans sa commande, c'est le seul inconvénient). Plus que de parler, comme l'avait fait la "rencontre" précédente, d'une histoire où il n'y pas de concrétisation pour une raison X ou Y (le fait que la jeune femme se pense frigide), on a une véritable exploration d'une partie de la signification du désir, celui qui devient frustration. Et c'est finalement quelque chose qu'on voit peu au cinéma, en particulier dans les films qui parlent autant de sexe comme celui-ci, où on a l'impression que tout le monde peut se taper absolument tout le monde comme il le souhaite, ce qui est illusoire et même pas intéressant dramatiquement. Vraiment c'était un passage qui donnait un vrai relief à la suite de "rencontres" de 30 Beats, un propos qui apportait quelque chose de neuf. Bon par contre ensuite le chiropracteur se la tape, donc la conclusion est vaine, mais la scène était sympa. C'est un pur hasard si cette "rencontre" met en scène Lee Pace d'ailleurs, car son interprétation rappelle énormemént Ned le Piemaker (en même temps chronologiquement ça se tient), et sa "rencontre" suivante sera moins bien. Donc, après en avoir discuté avec moi-même, ça vient vraiment de la scène, je peux l'affirmer. Et comme j'ai pas d'extrait à ma disposition, bah voilà le trailer. Pardon, j'ai honte.
Une note ? Mwahaha... Nan ça me fait un peu rire, pardon, mais à ce stade normalement vous comprenez pourquoi je pense. Au pire, ça va devenir plus clair avec le bilan. Bilan : A la base, j'allais voir ce film sans trop y croire, admettons-le. Il est de notorité publique que les romances, déjà, m'indiffèrent ...dans le meilleur des cas. Donc bon. Je savais que mon but dés le départ était d'ajouter ce film à ma petite étude sur Lee Pace, puisque comme vous le savez il est le seul acteur dont je décortique chaque apparition parce que quelque chose dans son jeu me fascine. De la même façon que j'ai regardé des horreurs comme Marmaduke ou When in Rome sans y croire, je suis allée voir 30 Beats sans a priori très positif, il faut le dire. Mais je veux une vision d'ensemble, alors tant pis. Je crois pourtant qu'en dépit de ses défauts, 30 Beats aurait pu être un bon film ; mais dans d'autres conditions. Avec de vrais dialogues, pour commencer (ça changerait tout, en fait). Avec un cast qui ait un peu foi dans ce qu'il fait également, la motivation de certains personnages étant visiblement invisible autant aux spectateurs qu'aux interprètes, c'est net. Et je vous dis ça sans la moindre attaque ad hominem, vous savez que c'est pas mon genre de rappeler que Paz de la Huerta joue en permanence comme si elle était droguée au dernier degré (ou qu'elle fournissait une mauvaise imitation de Marilyn Monroe... ou les deux, en fait). Oh que non, je suis au-dessus de ça ! Pourtant au fond, le film soulève des thèmes intéressants, dans son domaine ; je ne sais pas s'il les doit tous à La Ronde, la pièce dont il est inspiré et que je ne connais pas, mais force est de constater que les thèmes soulevés ont du potentiel. Mais ils n'ont bien que ça. Par exemple, l'un des personnages fait appel à une dominatrix hors de prix (ce qui est d'autant plus gênant qu'il travaille pour un politicien), et est désemparé lorsqu'elle lui apprend qu'elle a décidé de tout arrêter pour ouvrir une galerie d'art ; la réaction du client était fascinante et j'aurais aimé qu'on y passe plus de temps. Par le jeu de la chaîne de "rencontres", on suit ensuite cette dominatrix dans un rôle de prostituée plus classique alors qu'elle a pour mission de déniaiser un jeune homme, fils de l'un de ses clients réguliers, et l'échange est savoureux, puisque dans leur cas on entend leurs pensées (ça n'arrive pas systématiquement, et heureusement parce qu'il y a quelques fois où ça se produit et où les dialogues rendent l'effet risible). Or le jeune homme ne sait pas du tout qu'il s'agit d'une relation tarifée et tente maladroitement de charmer une femme dont il ignore qu'elle lui tombera de toute façon dans les bras. C'était une scène qui, avec de meilleurs dialogues, aurait été proprement hilarante et douce-amère à la fois. Un homme qui a couché avec une jeune actrice découvre que celle-ci, quand elle lui a foutu un vent la veille alors qu'il voulait la revoir, a couché avec une femme, et l'interroge de façon obsessionnelle sur son orientation sexuelle ; la crise de jalousie (alors que lui-même n'est, on le comprend bien, qu'un plan cul qui s'accroche) aurait pu être intéressante. Une femme contacte l'un de ses plans cul mais finit par lui faire une scène parce qu'il ne respecte pas les règles du jeu du plan cul, et ils finissent par énoncer ensemble les règles qui permettent à un plan cul de fonctionner ; ce sont les règles qu'on entend dans le trailer, même si dans le film elles sont toutes dites par cette femme. Ce système de règles, souvent implicite, méritait d'être exploré, peut-être même de s'étendre à une autre "rencontre" (en fait le film manque d'auto-références, sans doute, car à l'exception d'une remarque sur les cicatrices, on n'obtiendra aucun effort en la matière). Une "rencontre" plus classique, entre un client d'hôtel et une standardiste, où la séduction se produit uniquement par téléphone (et où on comprend qu'en fait la première "rencontre" téléphonique a déjà eu lieu le soir précédent), méritait également d'être étirée, au lieu de se conclure de façon ridicule (mais j'y reviendrai, au ridicule). Bref il y a des choses qui méritaient d'être dites, puis élaborées. Peut-être faire un film de 2h et non 1h30, qu'est-ce que j'en sais moi ? Mais en tous cas il y avait clairement du potentiel, simplement le film dont je vous parle n'est pas tout-à-fait 30 Beats, car 30 Beats n'a pas su tirer partie de grand'chose. Je dirais aussi que la conclusion du film est atteinte de ce mal du "ç'aurait pu". Lorsque le jeune homme mentionné ci-dessus perd son pucelage avec une prostituée payée secrètement par son père (d'ailleurs, ironie : il ne se souvient pas se l'être tapée : il s'est cogné la tête dans le feu de l'action) vient se confesser à sa meilleure amie... qui n'est autre que l'ex-pucelle du début du film, on nous fait soudain glisser vers quelque chose d'étrangement cohérent, et bien que j'aime l'effet de patchwork, j'ai apprécié ce revirement (même si on le voyait venir avant qu'il ne soit explicité). Soudain, on comprend que cette suite de "rencontres" avait une sorte de but cosmique, rapprocher ces deux jeunes gens qui réalisent pour la première fois que, n'étant plus puceaux, ils peuvent coucher ensemble (euh, oui, bon, c'est une logique qui en vaut une autre), et qui finissent le film en étant ensemble, main dans la main, sur un banc, sous-entendant par là que leur "rencontre" à eux va durer. Et l'idée est bonne, dans le fond, même si un peu niaise (nan mais moi je trouve tout niais alors bon, ne vous fiez pas à mon avis), parce que cela dépeint quelque chose qui finalement on n'avait pas tellement exploré : l'idée de l'après. Tout le monde avait vécu comme si toute "rencontre" se devait d'être passagère, et là ça apporte une dimension complémentaire inattendue. Maheureusement la scène est très bavarde et le côté "ah bah j'ai réfléchi on va coucher ensemble" est grotesquement amené...
Ma dernière critique, pourtant, s'adresse moins à 30 Beats qu'à tous les films de son genre : cette impression d'être totalement en décalage avec ce qu'est vraiment le sexe et la rencontre amoureuse de nos jours. Deux de ses personnages sont puceaux à 18 ans, par exemple. A Manhattan ? J'ai peine à le croire ! A côté de ça la "rencontre" entre le chercheur et la médium est totalement surréaliste : le type y va pour se faire tirer les cartes et finit par... ne me laissez pas finir cette phrase, le jeu de mots serait sordide. Mais en plein milieu de la séance de cartes, tout d'un coup la médium lui propose de faire un truc complètement nouveau qui va révolutionner son âme, et dans le plan suivant, il est à poil dans une baignoire à s'enduire d'onguents de provenance suspecte. QUI FAIT CA ? Je m'attendais à ce que la nana lui mette la honte de sa vie pour s'être désapé aussi facilement et avoir accordé toute sa confiance à une médium, alors que deux secondes plus tôt il insinuait fortement que le tarot c'était de la foutaise, mais la scène n'est jamais venue. Dans une autre "rencontre", un jeune homme qui est tombé amoureux (dixit) d'une belle inconnue à laquelle il n'a jamais parlé décide de la suivre jusque chez elle, et se fait repérer au passage (en même temps il ne fait pas ça très discrètement), puis il va lui acheter des fleurs et un citron (longue histoire, je vous épargne les détails), et revient tout cool pour venir toquer à sa porte. Et la fille ouvre la porte. QUI FAIT CA !? A MANHATTAN !? Elle lui ouvre, le fait monter chez elle, et lui demande s'il est un stalker. MEUF, POURQUOI T'AS OUVERT SI TU TE POSES LA QUESTION ?! ...Je vais vous dire moi pourquoi : parce que ce ne sont que des prétextes. Comme Sex & the City (dont la parenté est lointaine et pourtant étrangement palpable, peut-être à cause du thème du sexe, peut-être parce que la ville joue un grand rôle dans les deux), l'idée est de trouver le moyen de mettre un homme et une femme (minimum) dans une situation où on va ensuite les obliger à se mettre face à leurs tourments. On ne savait pas comment en parler alors, bon, on trouve un moyen. Et c'est ridicule. Personne ne fait ça. Qui fait ça ? Vous, vous faites ça ? Moi je connais personne qui fait ça ! Et parfois c'est tellement déconnecté de la réalité qu'on ne peut pas ne pas marquer l'arrêt et se dire que franchement, c'est n'importe quoi. Le prérequis c'est quand même qu'on s'identifie aux tourments abordés pendant la "rencontre", or si on ne croit pas un instant aux circonstances dans lesquelles elle se produit, eh bien tout le principe est faussé. Ce défaut n'est pas propre à 30 Beats, pas du tout, mais je ne crois pas avoir déjà eu l'occasion de l'exprimer dans ces colonnes, alors voilà.
Reste quand même que 30 Beats n'est pas un film exceptionnel. La vérité, il faut le dire, c'est que ce n'est même pas un bon film. Encore fallait-il le voir pour le savoir, au moins c'est fait.