Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ladytelephagy

Publicité
23 février 2012

Le dormeur doit se réveiller

Awake-Promo

Pas facile de parler d'Awake. Sur le papier, je devrais être ravie (uh oh) mais en pratique, les choses ne sont pas aussi simples.
Le concept d'Awake relève du fantastique mais prend ancrage dans une trame dramatique. C'est ce qui devrait me rendre extatique, puisque, si j'aime le mélange des genres, un mélange avec le drame a toujours ma préférence. D'ailleurs c'est la raison pour laquelle j'étais tombée si éperdument sous le charme de Touch au terme de son pilote, le mois dernier.

Etant donné mon coup de coeur pour Touch et les réactions lues sur Twitter, je m'attendais un peu à être frappée par la foudre devant Awake également, d'autant que c'est l'un des rares projets que j'avais repérés en amont de son lancement, alors qu'elle n'était qu'à l'état de projet, et vu le peu de place que je fais aux projets dans ma mémoire (à dessein), c'était significatif.

Et pourtant, loin d'être la claque attendue, Awake me laisse un peu de marbre. Le concept de la double-vie est si bien expliqué et rendu dés le début de l'épisode que j'ai même trouvé le pilote exagérément long. Je m'attendais à ce que cet effet de bascule entre la réalité et la réalité, ou le rêve et le rêve, mène à un revirement de situation à la fin du pilote mais la série ne mange pas de ce pain-là qui relève, c'est vrai, plus souvent des productions qui cherchent trop à en faire que des productions sincères. Mais sincèrement, je m'attendais à ce que l'épisode se conclue sur une troisième réalité dans laquelle ce serait Britten qui serait dans le coma, sa femme et son fils étant bien vivants et le regardant se débattre avec son inconscient. Quelque chose de "too much", au pire, mais quelque chose tout de même. Ou même une simple révélation partielle, même pas forcément un gros coup.
Là vraiment, la démonstration semblait si bien faite dés les premières minutes, et si lourdement appuyée ensuite, que l'épisode m'a fait l'effet de finir totalement à plat. Du coup, difficile d'imaginer passer plusieurs épisodes dans cette dynamique si l'ennui guettait dés le pilote.

Ce qui n'aide certainement pas, c'est l'angle policier. C'était assez prévisible : ce côté-là n'allait pas me ravir. Ca n'a pas manqué, même si je trouve les deux partenaires de Michael plutôt bons (mais qui ne prendrait pas un pied monstrueux à retrouver Steve Harris sur son écran ?). Peut-être que j'aurais voulu que les deux enquêtes ne se répondent pas de cette façon : au lieu de se compléter, j'aurais sans doute préféré qu'elles soient plus semblables. Ca aurait accentué le trouble de Michael, je pense, et probablement le nôtre aussi.

En revanche j'aime énormément la confrontation par patient interposé des deux psys et c'est certainement, à vrai dire, ce qui m'intéresse le plus sur le long terme. J'aime qu'ils soient si différents et que pourtant ils aient tendance à avoir un message similaire. Si ça ne tenait qu'à moi (et malgré l'incongruité que représente le fait que Michael semble aller en thérapie CHAQUE JOUR QUE DIEU FAIT), la série se déroulerait uniquement dans ce double huis clos.

Il manquait un peu de panache à ce premier épisode où pourtant tout n'était pas à jeter. Un peu d'originalité, paradoxalement, parce que le pilote m'a semblé un peu scolaire dans sa façon d'exposer la situation sans lancer vraiment d'enjeu : est-ce si grave si Michael Britten continue d'osciller entre ses deux mondes jusqu'à la fin des temps ? Personnellement j'ai eu du mal à voir où était le problème.
Il faudra probablement un à deux épisodes de plus pour que je me fasse une opinion définitive sur la série, mais pour le moment, je ne suis pas aussi enthousiaste qu'anticipé, puisque devant cet entrée en matière, je me suis presque... endormie. Une ironie que j'ai bien failli ne pas mentionner tant le cliché fait de la peine : s'endormir devant Awake, un comble.

Publicité
22 février 2012

La bibliothèque violette

Suite à la demande de linoachan sur Twitter qui me demandait des titres d'ouvrages sur les séries, je me suis dit que le mieux était probablement, vu l'ampleur de la tache qui consiste à synthétiser ce que j'ai pu lire à ce sujet pendant ma courte vie de téléphage, d'en faire un long post et donc, d'en faire profiter tout le monde. Dont acte.

Notons avant de nous lancer dans une bibliographie que j'ai précédemment pu vous parler de guides se rapportant à une seule série (c'était là) et que je vais cette fois me tourner vers des ouvrages relativement généralistes.

Pour commencer, et notamment parce qu'entre nous soit dit, ça me permet de mettre mon préféré en première position, je vais commencer par ceux en français :

Livres_GuideTotemdesSeriesT_l_   

Le Guide Totem des Séries Télé - 1999 (Martin Winckler / Christophe Petit)
Type : encyclopédique / Langue : française
Egalement connu dans ces colonnes comme étant "la Bible". Certes l'ouvrage commence légèrement à dater mais ne vous y trompez pas, cela reste une excellente base de départ pour quiconque veut aller plus loin que les trois séries découvertes sur TFHein. Les grandes vocations commençant rarement par le visionnage de chef d'oeuvres, le Guide Totem se lit comme une référence qui permet de sélectionner par où commencer pour étoffer sa culture série. Mériterait une version remise à jour couvrant les 12 années "manquantes". Un must-have.

     
Livres_LesMiroirsdelaVie   Les miroirs de la vie - 2005 (Martin Winckler)
Type : théorique et historique / Langue : française
De tous les ouvrages aujourd'hui disponibles sur l'apparemment éternel thème des séries-qui-méritent-d'être-réhabilitées, c'est de mon point de vue le plus essentiel. Probablement parce qu'il fait à la fois partie des plus complets et des premiers. L'ouvrage aborde à la fois ce qui est typiquement attendu de lui par le lecteur moderne, à savoir un mix plus qu'honnête d'histoire télévisuelle, d'analyse des grandes séries et découpage des différents genres, mais exprime aussi, et c'est un plus indéniable qui termine de lui donner toute sa valeur, l'ancrage de la fiction dans la société américaine, sans jamais perdre le ton de celui qui aime parler de ce dont il parle bien. Faudrait que je me le relise, d'ailleurs, ça fait deux ou trois ans.
     
Livres_LesSeriesTeleviseesLAvenirduCinema   

Les séries télévisées : l'avenir du cinéma ? - 2010 (Jean-Pierre Esquenazi)
Type : théorique / Langue : française
Essayant pour la 712e fois de nous informer que les séries ne sont pas un sous-produit de basse qualité (il y a de fortes chances pour que vous pensiez déjà quelque chose de ce genre si vous faites l'acquisition du livre), voici un grand plaidoyer en faveur des séries et de leurs qualités. Outre le propos qui manque un peu d'originalité, et enfonçant quelques portes ouvertes en particulier étant donné son âge (paru en 2010), les exemples pris afin d'illustrer la qualité du medium sont toujours les mêmes. On est loin d'un ouvrage sans intérêt mais force est de constater qu'il n'apprendra rien à ceux parmi vous qui connaissent déjà un peu le monde des séries.

     
Livres_DeQuoiLesSeriesAmericainesSontEllesleSymptome    De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ? - 2011 (François Jost)
Type : théorique / Langue : française
On a l'impression qu'à un moment, il faut des livres sur les séries télé qui arrêtent de répéter que les séries sont dignes d'intérêt pour convaincre on ne sait trop qui. Ce petit livre (tant par sa longueur que son prix) a décrété que le débat était classé et cela lui permet d'explorer le rapport que les spectateurs entretiennent aux séries américaines. On en partage l'analyse ou pas, et il faut excuser les menues erreurs factuelles (mais dans un ouvrage court ça se remarque plus vite), mais on ne peut qu'en apprécier la pensée sur le fond. Il en faudrait plus, des comme ça.
     
Livres_LArtdesSeriesT_l_    L'art des séries télé - 2010 (Vincent Colonna)
Type : théorique et historique / Langue : française
Un titre à mon sens légèrement grandiloquent (il y sera, en réalité, peu question d'art à proprement parler) mais qui s'avère être une excellente synthèse des choses à savoir sur la télévision américaine, son histoire, le fonctionnement de son industrie, mais aussi ses modes de fabrication. Personnellement je ne vois pas ce livre comme un guide pour les Français souhaitant surpasser les Américains l'idée même confine au ridicule à mes yeux tant les USA ne devraient pas être la référence absolue), et je pense que le titre est plus vendeur que révélateur sur le contenu du livre. En outre, si vous faites partie de la génération qui n'a que peu ou pas connu des séries comme NYPD Blue, le livre comporte nombre d'anecdotes intéressantes sur la façon dont cette série et quelques autres ont pu voir le jour, survivre, puis exister, dans un climat différent de celui, post-grève des scénaristes, qu'on connait à présent.
     
Livres_ReceptionTelevisuelleetAffectivite    Réception télévisuelle et affectivité - 1999 (Stéphane Calbo)
Type : théorique / Langue : française
Bien qu'aujourd'hui un peu datée (et ça se sent aux références), voilà une étude que je recommande chaudement de par son approche sociologique de la "réception télévisuelle", qui est à peu de choses près ce que moi j'appelle téléphagie. L'étude est basée sur une observation très concrète, ainsi que des entretiens, avec des sujets regardant différents programmes dont ils sont coutumiers, et s'emploie ensuite à décortiquer à la fois ce qu'ils en disent, et ce qui est observé pendant le visionnage. Ca n'a l'air de rien mais on apprend là énormément sur la façon dont nous nous lions aux programmes que nous regardons (j'emploie le terme "programmes" car il n'y a pas que des séries qui sont ainsi étudiées mais aussi Les Guignols de l'Info), comment fonctionnent les processus d'attachement et d'affectivité sur le long terme, et la relation que nous entretenons, parfois sans même chercher à en créer, avec nos émissions. C'est un peu verbeux, mais cela relève d'une démarche bien différente de toutes les précédentes. Personnellement je considère que c'est l'un des ouvrages fondateurs de la façon dont j'analyse ma façon de regarder des séries aujourd'hui.
     
Livres_LaTelevisiondesRealisateurs    La télévision des réalisateurs - 1984 (Jacqueline Beaulieu)
Type : historique / Langue : française
La notion de "fiction française" (comprendre : en déroute) n'est pas neuve. Je viens de relire la préface de Claude Santelli et c'est vraiment édifiant combien certaines questions ne semblent pas avoir été résolues en 30 ans, sans jamais cesser d'être posées. Mais il ne s'agit pas ici de dresser un bilan catastrophique de la télévision française. Une fois n'est pas coutume, cet ouvrage vous invite à revivre l'histoire de la télévision... française. On dirait qu'il n'y a plus grand monde pour y penser et pourtant. Et surtout, ce livre est basé sur des rencontres et interviews réalisées avec un peu moins d'une trentaine de professionnels (essentiellement réalisateurs) de la télévision française de l'époque, racontant leur rapport au média, leurs ambitions pour ce moyen d'expression, leurs expériences, leurs souvenirs, leurs anecdotes. C'est hyper riche. C'est surtout une bonne façon de réhabiliter... eh bien, les séries françaises, pour changer. On y sent un certain chauvinisme, mais il y est même question (brièvement) d'Europe, ce qui fait que ça va être intéressant pour moi de le lire maintenant.

En matière d'ouvrages en langue anglaise, ne nous voilons pas la face, je ne me pose pas comme une référence : ironiquement, mieux je lis l'anglais et plus mon budget livres est serré (la faute au budget DVD, évidemment). De ce fait, la liste sera plus réduite mais n'allez surtout pas croire qu'il n'existe pas de quoi s'en mettre plen les yeux.
En fait, j'aurais tendance à recommander de faire votre marché dans les bibliographies des ouvrages francophones ci-dessus, tous très friands de références documentaires palpitantes qui vont à coup sûr vous faire saliver. Personnellement je les évite maintenant, sinon je me fais du mal...!

Voici en tous cas quelques un de ceux que j'ai lus et dont je peux juger :

Livres_TheDoramaEncyclopedia   

The Dorama Encyclopedia - 2003 (Jonathan Clements / Motoko Tamamuro)
Type : encyclopédique / Langue : anglaise
Comment vous dire ? Impossible d'en faire jamais le tour. La richesse de cet ouvrage est immense. C'est d'abord et avant tout une base de données inégalée y compris sur le web (et vu que de nos jours, un grand nombre d'ouvrages encyclopédiques perdent les 3/4 de leur valeur après publication du fait du web, la présicion est d'importance), et surtout une mine de renseignements, comportant des précisions brèves mais vitales sur le fonctionnement de l'industrie télévisuelle japonaise, avec ses particularités. Je me le suis payé comme récompense après mon tour du monde, et j'y reviens encore, c'est une sorte de nouvelle Bible. Sauf qu'il n'a pas la valeur critique de la "vraie" Bible présentée plus haut et que c'est au lecteur de faire le tri. Mais c'est un indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à la fiction nippone.

     
Livres_TheSciFiChannelEncyclopediaofTVSCienceFiction   The Sci-Fi Channel Encyclopedia of TV Science Fiction - 1998 (Roger Fulton / John Betancourt)
Type : encyclopédique / Langue : anglaise
Ce fut l'une de mes premières encyclopédies et malgré les années et internet (voir paragraphe ci-dessus), je m'y replonge toujours avec plaisir, car la quasi-exhaustivité de l'ouvrage, au moins pour son temps, en fait une référence absolue dans son domaine. Domaine qui par ailleurs s'étend également au fantastique et même à l'horreur ! Impossible de tourner les pages d'un air blasé en prétendant tout connaître comme on pourrait le faire de certains ouvrages s'éverturant à psalmodier les dates de naissance des séries connues de tous, ici on a une mine de renseignements sur des séries bien souvent méconnues, à plus forte raison pour le spectateur français qui n'aura pas eu accès à la moitié (et je dis ça pour être gentille).
     
Livres_WorldTelevisionFromGlobaltoLocal   

World Television: From Global to Local - 2007 (Joseph D. Straubhaar)
Type : théorique / Langue : anglaise
Ce n'est clairement pas le plus facile d'accès de cette liste. Mais c'est l'un des plus intéressants de par sa valeur à la fois industrielle et sociologique, expliquant quelque chose qui me semble fondamental de comprendre aujourd'hui : la façon dont les différentes industries télévisuelles du monde sont perméables les unes aux autres, notamment de par la notion de marché (vente de formats, adaptations, etc...). Sans se focaliser uniquement sur la façon dont les "flux" de contenus télévisuels voyagent, l'ouvrage s'intéresse à la façon dont le public reçoit un programme selon le prisme de sa propre culture, et se l'approprie (ou non). L'auteur, qui explique en guise d'intro son looooong parcours notamment universitaire et géographique, est un spécialiste du Brésil, et les références à l'industrie télévisuelle de ce pays sont évidemment nombreuses (mais bien d'autres pays entrent évidemment dans le champs de ce travail).

Naturellement cette liste est loin d'être exhaustive, mais souffrez que je ne parle que des livres que je me souviens avoir lus (eh oui j'avoue tout, six mois après mon déménagement mes livres sont encore dans leurs cartons... je n'ai pas assez de place sur mes étagères). Peut-être que j'en ai lus d'autres, mais je ne m'en souviens pas ce soir. Et sans aucun doute, il y en a plein que je n'ai pas lus mais qui existent, et rien que sur Amazon on en trouve facilement à partir de ceux dont j'ai pu vous parler ici.

Reste qu'il s'agit là d'une bonne base de départ pour tous ceux qui veulent sortir concilier lecture et téléphagie, et ainsi aller plus loin dans ce domaine.

21 février 2012

[#Ozmarathon] 4x12, smooth criminals

Qui aurait cru, après les déconvenues précédentes et les épisodes en dents de scie, que cet épisode du Ozmarathon serait bon ? Nan, attendez, je ne dis pas "ouais, c'était bien", je dis que c'était BON.

Ozmarathon_4x12

Entre la tragi-comédie qu'est devenue l'existence d'Alvarez, qui confine à l'absurde, et nous offre un début d'épisode déchirant et écoeurant, les joies d'une amitié forte comme celle qui lie Rebadow à Busmalis, ou encore l'incroyablement émouvante suite de l'intrigue médicale, qui remet les frères O'Riley dans la dynamique qui nous tord si bien le coeur, il y avait de quoi être ravi, c'est sûr.

Mais plus encore, l'épisode fait amende honorable et nous offre le débat éthique qui avait crullement manqué à cette histoire de médicaments. Cette fois, la conversation est telle qu'on l'attend, avec du pour, du contre, et plein de contraire, et je dois dire que je n'avais pas pensé aux arguments qu'on pourrait suggérer en faveur de cette pillule, et ça m'a donné à réfléchir de me dire qu'après tout, Oz est une excellente démonstration que non seulement le système carcéral ne marche pas quand il s'agit de remettre les gens dans le droit chemin, mais entre nous soit dit, on ne peut pas vraiment qualifier ce qu'on a vu d'éthique non plus dans un grand nombre de cas. Je suis bien contente d'avoir assisté à cet échange d'idées qui rend tout de suite les choses un peu moins creuses, quand bien même ça reste un peu de la science-fiction et un prétexte à tester les sentiments de Ryan et Gloria. D'autant que l'étude avançant, ça commence à donner quelques résultats qui invitent également à réfléchir.

Bon épisode aussi pour Saïd qui a réussi un tour de force : convaincre quelqu'un de façon totalement pacifique et, plus important, non-prosélyte, qu'il avait la bonne parole. Jusque là il s'était toujours donné tant de mal ; ici c'est simplement l'acte d'ouvrir ses bras et sa communauté à un ancien Homeboy qui a réussi à sauver celui-ci (et, par la même occasion, sauver Kareem lui-même bien qu'il l'ignore). On avait besoin de trouver un peu de cette foi en Saïd, je pense, après les derniers retournements de situation.

Et en parlant de foi, là encore l'épisode exauce mes voeux en ramenant le père Mukada pour une confrontation avec le révérend Cloutier. L'échange est juteux (peut-être l'est-il plus encore pour l'athée que je suis) et surtout il ouvre des perspectives intéressantes pour ce nouveau personnage qui semblait encore se chercher une raison d'exister dans la dynamique de la prison, puisqu'en essence, il s'était juste rapproché de Schillinger pour le guider spirituellement. Qu'il prenne une direction différente (avec le rouquin Kirk) et indépendante, sans compter la querelle de clochers pour ainsi dire, me laisse entrevoir des possibilités intéressantes pour lui à l'avenir.

L'épisode a aussi le mérite de revenir sur les Chinois dont on ne s'était absolument pas préoccupés dans l'épisode précédent, comme si les scénaristes ne savaient déjà plus quoi en faire. La conclusion de leur intrigue est cependant sans grande saveur mais elle a le mérite d'être nette puisque les ressortissants Chinois vont être renvoyés chez eux après bien des tensions diplomatiques. Pour un peu j'aurais envie de dire qu'ils seront mieux en Chine qu'à Em City, mais j'exagère peut-être un peu ?

Je passe sur le sort de Supreme Allah et celui, qui n'est pas bien loin non plus, du chef des Hispanos, il y a clairement des intrigues sans grand intérêt de ce côté mais qui n'en sont pas désagréables pour autant. Sans le charisme de personnages comme Adebisi ou O'Riley, savoir à qui appartient le pouvoir à Em City est à vrai dire devenu assez fade. Ce n'est pas plus mal si le pouvoir change de mains.

Naturellement, c'est au départ de Chris Keller que revient la palme de la plus belle intrigue de l'épisode, si ce n'est plus.
La conciliation entre Beecher et Schillinger est devenue une véritable réconciliation, après avoir un instant failli basculer dans le chaos à nouveau ; on a réellement tremblé, sur ce coup-là, en lisant la panique et l'horreur dans les yeux de Tobias, et la haine dans ceux de Vern. L'artisan de cette trève n'est nul autre qu'un Chris qui, dans un magnifique entretien avec Sister Pete, va réaliser qu'enfin, il a fait quelque chose de bien de sa vie, même si l'ironie de la chose ne lui échappe pas. Alors sur le papier, oui, c'est un peu une morale à la con : Keller aime tellement Beecher qu'il endosse un crime qu'il n'a pas commis afin de le sauver, lui et sa famille, d'une guerre effectivement sans vainqueur, et après un dernier baiser et une ultime minauderie, s'en va en lui proposant de le retrouver au Paradis. Mais dans les faits, on avait réellement besoin de ça, je pense, que leur intrigue à eux deux finisse un peu sur un happy end, et les séparer est probablement la seule option sinon ils auraient encore trouvé le moyen de tout gâcher.
L'épisode se conclut dans des rires brouillés de larmes et avec la conviction que cette intrigue qui a commencé dans le pilote a trouvé là une très jolie conclusion entre les trois hommes. Quoi qu'il arrive par la suite, ce moment valait de l'or.

20 février 2012

Dis donc toi, tu serais pas un peu raciste ?

Dispense

Si. Mais j'ai un mot du médecin.

Ces derniers jours, j'ai essayé par cinq fois de commencer le pilote de Mafiosa. Et j'y arrive pas. Je peux être dispensée de séries françaises pour quelques temps encore ?

19 février 2012

[#Ozmarathon] 4x11, oeil pour oeil

En ce moment, Oz semble vouloir jongler avec un peu de trop de balles à la fois (aucun jeu de mot n'est sous-entendu ici). La mission que s'est fixée la 4e saison, à savoir se porter au secours d'une saison 3 bancale, pour le moins, s'ajoute à celle de faire avancer des histoires qui semblaient ne pas trop savoir quelle direction prendre une fois le mid-season finale passé. Il faut maintenant y ajouter des velléités de résurrection pour des intrigues plus ou moins avortées venues des saison 2... et même 1 ! C'est beaucoup, quand même.
Alors, ce nouvel épisode du Ozmarathon se montre-t-il à la hauteur du défi ? Ben...

Ozmarathon_4x11

Parce que soyons honnêtes : l'intrigue autour du traitement expérimental ne vaut pas tripette. Déjà parce que jusque là, Oz prétendait à une certaine illusion de réalisme et que là, franchement, c'est de la science-fiction : des pillules qui font vieillir ? Pour pouvoir vider les prisons plus vite ? Encore, on me dirait qu'il s'agit de pillules qui détériorent les organes des prisonniers, je dirais, bon, pourquoi pas ? C'est tordu mais c'est tout-à-fait le genre de truc qu'un gouverneur comme Devlin envisagerait pour ses statistiques, et sans même se poser de question. Mais faire que les prisonniers prennent plusieurs décennies qui se lisent sur leur visage, c'est quand même n'importe quoi, je suis désolée. Qui plus est, la seule raison pour laquelle cette intrigue pourrait valoir quelque chose serait sur le plan éthique, comme les précédentes fois où on été évoquées les questions médicales (y compris la société Weigert qui avait été bien vite balayée des intrigues par le passé), mais ici, le sujet ne sera pas abordé en profondeur si ce n'est McManus qui fait sa tête excédée (vous savez, la tête qu'il fait quand l'administration prend une décision stupide, pas celle qu'il prend quand lui prend une décision contestable). Sister Peter Marie et le père Ray Mukada ne sont de toute façon même pas présents à la réunion ! Alors, éthique ou pas ? On n'en débattra pas plus, pour passer immédiatement à la phase de tests qui est là essentiellement afin de montrer le rapprochement entre O'Riley et Gloria Nathan. Ah, nous y voilà !

Difficile de s'intéresser aux chassés-croisés des deux amants, pourtant. C'est bien plus intéressant de se demander comme Ryan vit les viols (il n'y a guère d'autre mot) de Claire Howell, et comment il va réussir à se débarrasser d'elle. Et je ne dis pas ça juste parce que je veux qu'elle débarrasse le plancher, c'est une intrigue originale et intéressante, surtout face à un Ryan qu'on a connu très inspiré lorsqu'il s'agissait de se débarrasser de gêneurs.
Moins captivante en revanche est la santé de Cyril qui fait un peu disque rayé.

Appelé en renfort parce que du côté des Irish, c'est pas la forme en ce moment, le petit rouquin qui avait été introduit avec la saison 2, Kirk (je vous avoue que je ne savais même pas qu'il avait un nom) a droit à une petite scène rien qu'à lui, expliquant d'une part la raison de son incarcération, qui sans être aussi choquante visuellement que d'autres que nous avons déjà vues, est très dérangeante, et ensuite le montrant faire preuve d'un esprit tordu en approchant du révérend Cloutier. Ca sort un peu de nulle part mais faut voir où ça nous mène.

Comme les scénaristes sentent qu'il devient un peu impossible de faire trainer Alvarez une fois de plus en isolement, et que tant qu'à le ramener dans la série, autant lui donner des intrigues, le voilà qui conclut un pacte avec Glynn (toujours aussi ignoble avec lui sans réelle raison valable ; derrière notre suave directeur se cache un véritable sadique caractériel, je vous le dis), ce qui lui permet de retourner à Em City. Pour l'instant l'intrigue n'en est qu'à ses balbutiements, à suivre, donc.
Mais une fois de plus, l'absence de B.D. Wong se fait sentir dans cette seconde partie de saison, alors que le père Mukada n'est même pas venu voir Alvarez depuis son retour. Voilà pourtant une intrigue ancrée dans les saisons passées qu'il serait intéressant de ranimer.

De son côté, William Giles, qui avait poignardé un prisonnier, sauvant ainsi la peau d'Alvarez sans le savoir, revient également sur le devant de la scène puisqu'il est maintenant condamné à mort. Je ne comprends même pas comme son avocat n'a pas plaidé la folie, mais bon. Cela donne l'une des rares bonnes scènes de l'épisode, quand Sister Pete a la douleur de lui expliquer sa sentence. Au-delà de ça, les perspectives d'avenir de cette histoire me laissent assez perplexe tant le personnage monosyllabique de Giles est irritant sur le long terme en général.

Pour une raison qui m'échappe totalement, la série fait également à nouveau appel à Jason Vahue, qui avait disparu des radars suite à l'émeute. C'est d'autant plus étrange qu'on ne voit pas bien où cela peut mener tant le personnage, de son propre aveu d'ailleurs, est incroyablement mineur.

L'épisode aborde aussi une unité dont j'ignorais l'existence, réservée aux anciens flics et assimilés, ce qui nous permet à la fois de parler de la tentative d'assassinat, hélas échouée, de Devlin par Hugues, mais aussi de nous intéresser aux conséquences des actes de Mobay dans une séquence courte mais efficace. L'unité a, qui plus est, une dynamique intéressante, qui rappelle les meilleurs moments du couloir de la mort en cela qu'elle est porteuse d'échanges nombreux entre les prisonniers, qui ont un statut spécial similaire à celui des détenus d'Em City. Sans compter que cette sangsue de Howell surveille l'unité. Ca peut être pas mal d'y trainer encore quelques épisodes.

A part ça, qui pense que Glynn va se taper son assistante dans le prochain épisode (si aucun prisonnier ou gardien ne la viole avant) ? Nan voilà, c'est tout ce que j'avais à en dire.
Plus romantique, l'histoire du mariage de Busmalis était pas mal aussi, mais hélas pour Busmalis, elle va tourner court.

Le plus perturbant dans cet épisode regorgeant d'intrigues sans grand impact, c'est que le thème de l'épisode est supposé être la vengeance. Or, on dirait bien que les intrigues se rapprochent plus d'une démarche de faire la paix avec le passé, ou en tous cas de chercher à l'assumer, et c'est le message de l'épisode lorsqu'il ramène tant de vieilles intrigues sur le tapis.
La storyline d'Oz qui se rapproche le plus de la vengeance, entre Beecher et Schillinger, est à cet égard parlante. Entre le parcours de Beecher ces dernières années et l'arrivée de Cloutier dans la vie de Schillinger, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment pour ces deux-là pour se parler. Cela aboutit à une scène surprenante, quasiment dénuée de toute agressivité, dans laquelle les deux hommes entament une réelle conciliation qui commence, a priori, sans plan foireux derrière la tête. Pour la première fois, les deux antagonistes les plus emblématiques de la série ne se veulent aucun mal l'un à l'autre et ça peut donner quelque chose d'assez incroyable, à terme. Mais reconnaissons qu'il ne s'agit là certainement pas de vengeance.
Alors, est-ce que Beecher est à couteaux tirés avec Keller, pour compenser ? Nenni. En fait, pour la première fois, après avoir fait joujoux avec Ronnie qui leur permet de renouer par gigolo interposé, ils vont se rapprocher et, eux aussi, se reparler pour la première fois depuis longtemps, Beecher faisant même son possible pour sauver Keller d'un piège tendu par les Fédéraux. On n'en est pas à fêter leurs retrouvailles romantiques mais il faut admettre que là aussi, la hache de guerre est enterrée.

Un bien étrange épisode, donc, proposant énormément de storylines, certaines très anciennes, mais revêtant un intérêt très limité, et quelques angles intéressants mais en totale contradiction avec les monologues de Hill. C'est une bien étrange seconde partie de saison que nous avons là...


Ah, et la capture ? Bah, aucun rapport avec mon post, je me suis dit que c'était ma dernière chance de rendre hommage aux mirettes de Ronnie. Pour le plaisir des... yeux.

Publicité
18 février 2012

No b(r)other

Brotherhood

En attendant que le cagoulage d'Awake soit fini, j'ai lancé l'un des pilotes de ma "pile à téléphager" un peu au hasard. Je n'avais même pas fait le rapprochement, mais visiblement, ce samedi sera placé sous le signe de Jason Isaacs.

Brotherhood est typiquement le genre de pilote dont je me rappelle avec une cinglante précision des premières minutes, et rien du reste... parce que je ne suis jamais allée au bout dudit pilote. Mais ça ne peut pas faire de mal de se forcer, surtout quand on a une bonne motivation (on en reparle dans quelques jours) et l'habitude de se plier de bonne grâce à l'exercice du revisionnage de la seconde chance.
Le plus dur, c'est donc, quand les souvenirs du pilotes s'évanouissent, indiquant ainsi avec une étonnante exactitude à quel moment j'ai interrompu mon premier visionnage, de tenir bon et de rester assise devant la suite du pilote de Brotherhood.

Il faut dire que peu de choses m'intéressent aussi peu que les histoires mafieuses. Ou peut-être que c'est une idée que je me fais mais très sincèrement, des Soprano à Underbelly, en passant évidemment par Boadwalk Empire, ou plus récemment The Straits, le thème m'a rarement captivée, pour ne pas dire jamais. J'ai tenté, hein, mais non. Enfin, presque : je n'ai pas tout tenté puisqu'en dépit de son excellente réputation, je n'ai jamais été fichue de réunir le courage nécessaire à me mettre devant Un Flic dans la Mafia.

Ici, je suis cependant reconnaissante pour plusieurs choses, maintenant que je suis, avec quelques années de retard, parvenue au bout de cet épisode inaugural. D'abord parce qu'au moins, pour une fois on parle de réseaux irlandais et pas des presque incontournables mafieux italiens immortalisés par Le Parrain. Rien de tel que d'emprunter aux clichés du genre pour me lasser.
Et puis, le démarrage de l'épisode en question n'est pas tant destiné à parler de mafia que de la frontière (forcément floue) entre le Bien et le Mal. Ici, on a donc une opposition de deux personnages, deux frères : l'un est un politicien qui trempe dans tout un tas de combines, mais qui a toutes les apparences du gendre idéal, l'autre est un criminel qui n'hésite pas à faire justice lui-même pour venger les faibles, mais qui a un casier épais comme un bottin. Leurs introductions respectives montrent immédiatement et avec un certain brio toute l'ambivalence de leur position sociale, tandis que l'un pose pour des reportages sur sa famille parfaite, l'autre a été en cavale pendant 7 ans, se faisant passer pour mort. Les frères Caffee sont ainsi très différents, mais en même temps, sur le plan strict de la moralité et de la légalité, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Aucun frère ne vaut plus que l'autre dans l'absolu.

Le soucis, c'est qu'après avoir formidablement bien posé ces deux personnages, le pilote de Brotherhood fait... eh bien, tout ce qui me déplaît dans les séries s'intéressant à des activités mafieuses : et vas-y que je discute business avec untel, que je négocie avec tel autre, que j'en menace un troisième, etc. C'est long, c'est sans imagination, et soit dit entre nous, je n'en ai rien à péter.
Il m'aura fallu attendre la fin du pilote, avec son petit twist de conclusion, pour vaguement éveiller mon intérêt, mais vaguement seulement puisqu'en réalité il se contente d'expliciter ce qu'on a toujours su sur quel frère est "gentil" et quel autre est "méchant" au sens dramatique du terme.

Problème supplémentaire pour un pilote : non seulement celui de Brotherhood tourne un peu en rond, mais il ne lance pas vraiment de pistes excitantes pour l'avenir. On est dans l'exposition totale et narrativement, peu de fils rouges sont lancés et c'est là que le bât blesse : la relation entre les deux frères est classique, les affaires de chacun également, et ce n'est pas la peine d'espérer grand'chose de l'ami d'enfance, l'épouse de l'un ou la mère des deux. Chacun des protagonistes est exactement là où on l'attend et n'offre pas vraiment de surprise ni, pire encore, de profondeur.

Peut-être que je suis tellement insensible aux histoires de mafia que je n'ai pas vu les beautés de Brotherhood. Possible.
Peut-être tout simplement que ce n'était pas une série pour moi. En tous cas, les chances pour que je m'essaye une troisième fois à cette série à l'avenir sont d'autant plus ténues que maintenant j'ai vu le pilote jusqu'à la fin, et que je sais très précisément ce qui m'a détournée de la série. Bon, cela dit, l'essentiel, c'était quand même d'insister et d'en arriver jusque là, et c'est déjà pas mal.

18 février 2012

[#Ozmarathon] 4x10, the increasingly poor decisions of Tim McManus

Je comprends mal ce qui s'est passé, là. Notre Ozmarathon nous avait laissés sur une excellente impression quant au démarrage de la seconde partie de la saison 4. Et voilà que quelques jours plus tard, c'est n'importe quoi.
Mes amis, j'espère que vous consommez plus que tous les Homeboys réunis, parce qu'aujourd'hui, il faut ne pas avoir l'esprit trop clair pour comprendre les décisions de Tim McManus.

Ozmarathon_4x10

Laissez-moi donc reprendre une par une les âneries qu'il nous a pondues dans l'épisode du jour.

Ozmarathon_4x10_1

Dorénavant, les prisonniers regarderont des videos éducatives. De force.
On le sait, McManus a toujours été un pédagogue avant tout. Instaurer un programme pour que les prisonniers reprennent leurs études et apprennent à lire, par exemple, avec été l'une de ses grandes quêtes. Mais il y a deux problèmes : quel est le bénéfice quand il s'agit de forcer les prisonniers à regarder des videos éducatives, et, surtout, comment les videos en question ont-elles été choisies ? "La vie est comme une maison", vraiment ?
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que déjà que quand on fait du cas par cas, on n'arrive à rien (voir aussi : Kenny Wangler), alors si en plus on leur sort des conneries pendant 30mn dont ils vont simplement se moquer, les prisonniers ne vont pas vraiment aller en s'améliorant. Bien joué, McManus.

Ozmarathon_4x10_2

Dorénavant, les prisonniers qui ne seront pas sages seront enfermés dans une cage au beau milieu d'Em City.
On le sait, McManus a toujours été un pédagogue avant tout... Alors quelqu'un peut m'expliquer d'où lui vient l'idée de génie de mettre une cage, oui, une cage, au beau milieu du quartier le plus violent de tout Oswald ? L'idée est ici, attention, le concept intellectuel vole très haut, de non pas envoyer les prisonniers au trou, mais de bien montrer à tous leurs congénères qu'ils se sont mal comportés en les exposant. Je concède à McManus qu'il faut faire de la place au trou maintenant que Miguel Alvarez est revenu : il partagera probablement à nouveau son temps entre l'isolement, l'hôpital et le cachot, reprenant ses bonnes vieilles habitudes. Reste qu'on voit mal ce que l'initiative va apporter.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce qu'une CAGE est au beau milieu du quartier le plus violent de la prison. Le risque de lynchage n'a pas effleuré McManus ?! Oh, et, au fait, ça ne peut pas bien finir parce que les officiers de la prison n'appliquent pas la nouvelle directive. Par exemple, Ryan O'Riley finira au trou. Bien joué, McManus.

Ozmarathon_4x10_3

Et si on essayait d'emballer Gloria ?
Quand il était jeune, innocent et tout et tout, McManus avait tenté de se placer auprès de Gloria. Lorsque celle-ci revient de ses vacances prolongées, il lui saute immédiatement dessus et lui propose de dîner, naturellement en tout bien tout honneur.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que Gloria revient de vacances qu'elle a prises suite à son viol. Bien joué, McManus.

Ozmarathon_4x10_4

Et si on essayait d'emballer quelqu'un d'autre ? (n'importe qui)
Visiblement ça frétille dans le caleçon de Timmy, parce que sitôt un puissant râteau pris avec Gloria, McManus commence à faire du gringue à la jeune femme qui vient s'occuper des immigrés chinois (on va y revenir, soyez-en sûrs). Il lui propose donc évidemment de dîner, parce que, je cite "oh a tous les deux besoin de manger". Quel tombeur.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que rappelons que chaque fois que Tim a voulu concrétiser avec quelqu'un qu'il avait rencontré au boulot, CA A mal fini. Est-il besoin de rappeler comment Claire l'a poursuivi pour harcèlement sexuel ?! Et vu qu'en plus, là, il y a un véritable enjeu professionnel (bien plus qu'il n'y en a jamais eu avec ses précédentes conquêtes), eh bien encore une fois, l'entrejambe de Tim risque de faire des dégâts. Bien joué, McManus.

Ozmarathon_4x10_5

Et si on installait des immigrés totalement innocents à Em City ?
Sans nul doute la décision la plus brillante de cet épisode. On apprend en effet qu'un cargo contenant des immigrés illégaux chinois a échoué sur le sol américain et qu'en attendant de déterminer le statut juridique de ces personnes, plusieurs bâtiments de l'Etat accueilleront des immigrés. Un contingent est, naturellement, envoyé à Oswald, faute de place ailleurs. Je concède que sur celle-ci, les torts sont partagés avec Glynn, mais attendez un peu de voir ce que nos deux génies nous ont pondu : on va héberger les immigrés à Em City. Oui. Le quartier le plus dangereux de la prison. On va mettre des lits superposés en plein milieu de l'espace commun, et attendre de voir. Une solution logique aurait été de vider une autre unité, l'unité B par exemple (puisqu'on ne parle que de celle-là dans la série), d'installer les prisonniers ensemble, d'instaurer éventuellement un lockdown pour éviter le chaos, et de mettre les immigrés chinois dans l'unité ainsi vidée. Mais avouez que cela aurait été trop logique. Une autre solution logique aurait été d'installer des lits dans la bibliothèque ou le gymnase. Il suffisait alors de restreindre l'accès aux prisonniers à ces salles pendant une courte période de temps. Mais avouez que là c'était plus marrant du tout tellement c'était cohérent.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce qu'on a livré des poules aux renards. Soyons clairs, ces prisonniers ne sont rien d'autre que jetés en pâture aux pires criminels de la prison. Ils sont supposés se mélanger à eux alors que très peu parlent la même langue. Ma question c'est plutôt de savoir pourquoi ça pourrait bien finir, parce que je n'en sais rien du tout !!! Et la meilleure preuve, c'est quand même que dés leur arrivée, il y a un mort. Sans déconner, on l'avait pas vue venir, celle-là ! Bien joué, McManus.

Soyons justes. Notons que quelques autres personnes prennent de très contestables décisions elles aussi pendant cet épisode, et mentionnons notamment :
- Tobias Beecher qui a subitement très envie de rendre Chris Keller jaloux et envisage de se taper l'un de ses amis qui vient d'arriver à Em City. Juste comme ça. Parce que Keller est tellement inoffensif que, eh, qu'est-ce qui peut bien arriver de toute façon ?!
- Gloria Nathan qui décide de revenir à Oswald juste après avoir réalisé qu'elle était amoureuse de Ryan O'Riley. Juste comme ça. Pour voir si elle peut résister à la tentation.
- Kareem Saïd qui se fait un ennemi avec un ancien Homeboy. Juste comme ça. Parce qu'il le sent pas.
- Leo Glynn qui, le jour-même où sa femme le met dehors, embauche une jolie et très divertissante créature comme secrétaire. Juste comme ça. Parce qu'il a besoin d'une présence féminine qui le fasse rire (je déconne pas, ça faisait partie de ses critères, il fallait qu'elle soit "intelligente, drôle, diplomate et sans peur").
- Floria Mills qui, effectivement, est sans peur, parce que pour son premier jour à bosser dans une prison, elle trouve ça fun de mettre une jolie tenue rouge et de parader à la cafeteria en pleine heure de pointe. Juste comme ça. Parce qu'elle a un épatant sens de l'humour.
- Vern Schillinger qui s'en remet à un évangéliste qui a décidé en arrivant à Oswald qu'il allait sauver son âme. Juste comme ça. Parce que faire confiance à un mec qui sort de nulle part et qui peut manipuler les gens sous couvert de religion, ça n'éveille aucune méfiance chez Vern, voyez.

Nan mais allez, les mecs, avouez : vous êtes tous de gros masochistes, en fait ?
Et plus sérieusement, je soupçonne les scénaristes d'y aller un peu fort sur l'herbe, quand même. Et là, ça a l'air de me faire rire, mais en vrai, je m'inquiète un peu.

17 février 2012

Real good news

RealGoodNews

Il y a deux raisons pour lequelles je poste souvent tard le soir. D'une part... bah, je réfléchis mieux la nuit. Bon. D'autre part, et surtout, j'évite de parler trop souvent de la même série. Je sais que j'ai tendance à la monomaniaquerie ou, dans le meilleur des cas, à des obsessions ciblées mais multiples. Je peux regarder hebdomadairement Suburgatory et The Good Wife, par exemple, mais si je suis sous le charme d'autres séries, genre Äkta Människor, 30° i Februari ou Smash, c'est de celles-là dont j'aurai envie de parler tous les jours.
Pas au sens où je vais avoir envie de faire des reviews de chaque épisode mais parce que, eh bien, avec mon enthousiasme débordant et le fait que je pense énormément à ces séries même quand il n'y a plus d'inédit à se mettre sous la dent, je pourrais en faire des tartines.

A une époque je n'y prêtais pas attention, mais j'essaye désormais de me surveiller parce que sinon, ça peut être agaçant pour vous, enfin j'imagine. Et vu qu'il y a déjà le Ozmarathon pour me faire revenir encore et encore sur une même série dans ces colonnes, ce n'est probablement pas la peine d'en rajouter.

Et pourtant.
Pourtant en apprenant aujourd'hui qu'Äkta Människor a été achetée par arte en vue d'une diffusion en 2013, j'avoue que j'ai un peu de mal à vous parler d'autre chose.

arte est véritablement ma chaîne préférée de tout l'univers en ce moment. J'espère de tout mon coeur que 30° i Februari est également sur sa liste de courses, comme l'a été Lilyhammer, qu'elle a achetée. Sans compter qu'apparemment, la deuxième saison de Borgen devrait aussi être diffusée avant la fin de l'année 2012, ce que je trouve à la fois impressionnant et étrange.

Tandis que mon cerveau ne cesse de tourner et retourner l'idée qu'Äkta Människor va être diffusée en France dans moins d'un an, comme on tourne et on retourne un berlingot sucré sous la langue, j'ai envie de vous dire à quel point cette série continue de m'enchanter, épisode après épisode. Combien je trouve incroyable qu'elle n'hésite pas à épaissir sa galerie de personnages même en cours de route, en invoquant de nouveaux visages qui deviennent réguliers sans jamais être des prétextes. Combien je trouve sa façon de nous faire réfléchir très subtile, et toujours liée à l'émotion, et pas juste une prêche intellectualiste sur un sujet ou un autre. Combien je suis impressionnée par les pistes qu'elle explore à ce stade, qui peuvent conduire à quelque chose de très violent, de très avancé dans la science-fiction, et dont les causes sont incroyablement bien explorées pour que rien ne soit jamais gratuit. Combien les différents axes, voués, on l'imagine, à s'effleurer, mais pas nécessairement à se croiser (à l'instar de Therese qui fait appel à Leo), sont à la fois indépendants et forment un tout incroyablement cohérent.

Je suis profondément impressionnée par cette série, son univers, ses personnage, son ton, sa photographie. Tout est parfaitement ourlé, et même quand certaines choses posent question ou semblent légèrement maladroites (comme par exemple le fait que Hans ait complètement oublié ses hésitations relatives aux possibilités d'Anita dans le domaine sexuel), la richesse de l'épisode est si dense qu'on n'y regarde pas à deux fois parce qu'il y a tant à louer que ce n'est rien du tout.

Et je suis tellement contente de savoir que des spectateurs découvriront ces séries au-delà de notre cercle grandissant de téléphages curieux. C'est incroyable de la part d'arte de faire cette effort alors qu'Äkta Människor n'est pas un immense succès d'audiences dans son pays d'origine. C'est l'un de ces cas formidables où la qualité d'une série a primé sur les autres considérations. Et cette qualité est indéniable.

Je voudrais, un peu tout les jours, vous dire le respect, l'admiration et la gourmandise que m'inspirent Äkta Människor. Heureusement pour vous, je me retiens en général. Pas aujourd'hui.
Äkta Människor, c'est de la bombe !!! Bientôt littéralement...

16 février 2012

En français dans le texte

En général, je suis quelqu'un de plutôt ouvert. En quelques années, je me suis totalement débarrassée de ce réflexe (inné ou acquis ?) d'avoir un mouvement de recul à l'idée de commencer une série non-américaine, et plus encore, disons, une série polonaise. La plupart de mes préjugés sont tombés ou, quand j'en ai, ils sont même devenus positifs ! Chouette, me dis-je, une série russe, je n'ai pas souvent l'occasion d'en trouver. A cela s'ajoute une curiosité débordante à l'égard de pays pour lesquels je ne demande rien de mieux que de trouver un pilote ou deux, enfin ! Afin de me faire une idée du niveau de production.
Et pourtant.

Je le dis souvent, ma prochaine grande aventure téléphagique, ce sera de donner sa chance à la fiction française.
Permettez que je digresse mais avez-vous remarqué combien le terme "fiction française" est lourdement connoté ? Fiction turque, fiction japonaise ou fiction canadienne ne renvoient pas la même impression de défi tant pour l'industrie elle-même que pour le spectateur. Ou bien ce n'est que moi.

Ponctuellement je le fais, d'ailleurs. Je me lance dans un pilote, je ne me ferme pas à l'idée d'en regarder un de temps à autres. Et quand, à l'instar du Visiteur du Futur, j'y prends du plaisir, une partie de ce plaisir, reconnaissons-le, vient du fait que c'est une petite victoire sur mes idées reçues et mon instinctive méfiance à l'égard des séries françaises. Mais ça reste un effort. Une tâche à laquelle m'employer quand je serai d'humeur. Un challenge loin d'être gagné d'avance ; ce qui est toujours mieux que s'il était perdu d'avance, mais tout de même.

C'est, à vrai dire, désagréable même pour moi.
Lancer un pilote de série française n'est pas excitant. C'est toujours un moment pendant lequel, instinctivement, je me répète d'essayer d'être ouverte : ne te braque pas contre le jeu des acteurs et leur diction terne, ignore les dialogues sans saveur et concentre-toi sur l'intrigue qui, nan mais on sait pas, commence pas, ça se trouve, sera bonne, et pas du tout bateau, pourquoi ce serait bateau juste parce que c'est français, c'est vraiment stupide comme idée, tu as pourtant testé des séries philippines sans a priori (par contre a posteriori...), pourquoi t'es infichue de partir du principe que, ouais, c'est possible de passer un bon moment, c'est chouette un pilote, comment tu peux ne pas te réjouir de lancer un pilote ?! Mais t'es une grosse raciste en fait, hein ?
Et au final je suis dans un tel état de crispation, non pas vis-à-vis de la série mais vis-à-vis de moi-même parce que justement je ne voudrais pas être crispée, que les pilotes de séries françaises ont moins de chances que les autres de me séduire, c'est clair.

Ce soir, j'ai lancé trois fois le pilote d'une série française en essayant de me motiver. A chaque fois, il se passe un truc. Un mail qui arrive et qu'il faut que je lise maintenant, ou, ah oui euh, je vais juste jeter un oeil à ma timeline sur Twitter et, nan mais tu sais quoi, je vais me faire un thé d'abord, tiens, ça va me détendre.
Je n'ai absolument rien contre cette série. J'ai juste 25 000 trucs que je préfèrerais voir à la place. Il y aura toujours 25 000 choses que je préfèrerais regarder qu'une série française, en réalité, et ça me rend triste parce que je suis certaine que ça me fait passer à côté de bonnes choses.
Et c'est comme ça que je lance le pilote de la série Des soucis et des hommes, ce qui signifie que pour la quatrième fois je me suis interrompue dans ce que je voulais regarder ce soir, et je me dis... nan mais vraiment, ya rien à faire, quel que soit le bout par lequel je le prends, dés que c'est français, j'ai l'impression de subir invariablement le même jeu d'acteur, la même diction morne, les mêmes dialogues sans panache, les mêmes intrigues prévisibles. Ca me met très en colère contre moi-même. Ou contre la fiction française. Ou les deux.

Enfrancaisdansletexte

Tiens pis merde, je laisse tomber pour ce soir, je vais regarder la suite d'Apparences.
C'est pas ma guerre, faut croire.

15 février 2012

Anticipation

Anticipation_SVT Anticipation_Showtime Anticipation_HBO

Lorsqu'on aborde un épisode, c'est toujours avec des attentes, souvent positives (sinon pourquoi se mettre devant), parfois négatives (ça m'arrive plus particulièrement avec certains pilotes, par exemple, dont je n'attends pas grand'chose de brillant et/ou dont je n'ai rien entendu d'appétissant). A mesure qu'on progresse dans le visionnage d'une série, cette anticipation est supposée grandir. C'est normal de ressentir cette gourmandise de découvrir de nouvelles aventures de nos personnages préférés, de les voir sortir des répliques qu'on va applaudir et mémoriser.

J'ai réalisé que ces dernières années, je pouvais déterminer quelles étaient mes attentes à partir d'un élément très clair : quand je vois le jingle de la chaîne s'afficher. C'est un instrument de mesure extrêmement précis, pour peu qu'on prête attention à l'état dans lequel il nous met.

En réalité cet indicateur ne date pas d'aujourd'hui. Pour moi, voir s'afficher le logo de HBO avait une symbolique forte, quand j'ai commencé à découvrir des séries de la chaîne, il y a environ 10 ans. Pendant longtemps, ce son et ce visuel, liés dans mon esprit à Oz ou Sex & the City, devaient impérativement être suivis de l'un ou l'autre de ces génériques. Au point que, parfois, lorsque ce jingle s'est affiché et que d'autres génériques ont pris le relai, j'ai éprouvé une certaine déception.
Mais ce que ce phénomène indiquait alors, c'était : "j'ai hâte de retrouver mon épisode de Sex & the City, ou mon épisode de Oz, après le jingle".

Avec le temps ce signal a évolué. Désormais, voir le jingle s'afficher signifie essentiellement : "j'ai hâte de voir l'épisode d'une série de qualité commencer après le jingle".

Je ne regarde certainement pas toutes les fictions d'une chaîne donnée. Mais le jingle me met instinctivement en confiance, et dans de bonnes dispositions.
Et il est, surtout, devenu cet bref instant de quelques secondes pendant lequel l'épisode a été lancé, mais n'a pas encore commencé. Et où toutes mes attentes se concrétisent en des gestes extrêmement parlants : m'enfoncer dans mon fauteuil, pousser un soupir de contentement, rire ou battre des mains, même !

Hasard ou coïncidence, les séries de network n'ont pas de jingle au début de l'épisode. Et j'en regarde moins. C'est comme les génériques, je ne saurais trop dire si le fait qu'il n'y en est pas est l'un des facteurs qui fait que j'ai plus de mal à m'attacher à une série, ou si c'est simplement une preuve parmi tant d'autres que la série n'a pas fourni assez d'efforts. Mais c'est définitivement un point de repère.

Toute l'anticipation que j'éprouve à l'idée de lancer un épisode (comme ce soir, Äkta Människor, épisode 4) se matérialise pendant cette fraction de seconde pendant laquelle mon cerveau commence à émettre ses premières endorphines.
Le bonheur se loge vraiment dans les petits plaisirs de la vie, n'est-ce pas ?

Publicité
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité