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ladytelephagy
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hatufim
13 septembre 2011

Bienvenue chez moi

Dans le Top des séries que j'attends en cette rentrée, le numéro 1 est Homeland. Et pour tout vous dire, à partir du numéro 2, les titres ne coulaient pas de source et ont nécessité de la réflexion de ma part. Cela fait un an que je guette le projet, à cause du pilote de Hatufim, qui m'avait marquée. Pour quelqu'un qui se fait une règle d'or de ne jamais suivre les projets, ça en dit long.

Je reviendrai plus en avant sur la comparaison entre la série israélienne et son adaptation américaine (certainement pas remake) dans un post ultérieur, mais alors que je suis encore sous le coup du pilote, un peu tremblante et nerveuse, je dois dire, je tiens à vous dire ceci :

PREMIER COUP DE COEUR DE LA SAISON.

Homeland
Ce n'était pas une surprise, mais ce n'était pas gagné pour autant car le défi était grand. C'était donc un soulagement d'aimer autant ce premier épisode à peu près autant que je l'espérais.
D'ailleurs Homeland est pleinement consciente de sortir 10 ans pile après le 11 Septembre, ce qui prouve qu'elle avait connaissance du danger des axes empruntés. Certains relèvent un peu du cliché (mais ils sont dû au matériau d'origine, je pense, et donc j'y reviendrai). D'autres relèvent du génie et m'ont, litéralement, coupé le souffle.

Je raffole déjà du personnage de Carrie, dont j'apprécie qu'elle soit une vraie psychotique et pas une nana vaguement psycho-rigide. Je suis, comme toujours, follement amoureuse de la façon dont Damian Lewis dépeint le portrait d'un homme à la fois opaque et dont la fragilité nous semble offerte de façon presqu'indécente. J'aime le regard intelligent de Mandy Patinkin, toujours égal à lui-même. Et Morena Baccarin est splendide, plus qu'elle ne l'a jamais été, et montre, dans une terrible scène d'intimité, que l'expérience V ne l'a pas gâchée, peut-être même au contraire.
Tout le monde est en grande forme dans ce casting : merci, merci, merci, c'est un sans faute. Merci du fond du coeur de n'avoir pas loupé ça, d'avoir bien dirigé tout le monde, d'avoir parfaitement écrit les personnages pour que les acteurs s'y sentent à l'aise, c'est palpable, autant le jeu électrique de Danes n'appartient qu'à elle, autant le mutisme docile de Lewis est quasiment sa marque de fabrique ; chacun est parfaitement dans son rôle (à moins que ce ne soit l'inverse) et ça dépasse toutes mes espérances en la matière. Tout est en place pour que les performances soient épatantes (elles le sont déjà à quelques reprises) parce que les acteurs sont dans du sur-mesure. S'il n'y a pas un nouvel Emmy pour Danes à la clé alors je ne crois plus en rien.

Le scénario ne surprend pas trop pour le moment ; il y a deux sortes de pilotes, ceux qui innocent et ceux qui suivent les règles du jeu, mais c'est pour son bien que le pilote de Homeland suit précautionneusement le parcours balisé de l'épisode d'exposition, car dans le cas d'une conspiration, toute forme de précipitation décrédibilise l'histoire. On marche sur des oeufs et ça se sent dans certaines scènes. Dans d'autres, et parce que les personnages sont bien écrits, on sent un fort potentiel, mais dont la vocation n'est pas d'être développée maintenant.

Voilà. J'ai juste envie de vous dire ça, ce soir. Si j'en dis plus, je me répète, en variant éventuellement les qualificatifs élogieux, et encore. Parce que je suis encore sous le coup de l'émotion. Promis, au prochain post sur Homeland, j'écrirai avec mon cerveau.
Ah ah ah ! Dit-elle en se frottant les mains. Quelle saison épatante on va avoir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Homeland de SeriesLive.

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27 juin 2011

Le meilleur ennemi de l'homme

Il est naturel d'hésiter à regarder un remake ; c'est un dilemme qui survient souvent quand on a apprécié la série d'origine. Mais plus encore, quand on ne l'a pas aimée, l'hésitation est compréhensible.

Après quelques jours de profonde introspection téléphagique ("mais si je ne regarde pas un pilote qui passe à ma portée, ai-je encore le droit de me plaindre de tous les pilotes que je ne vois jamais ?!", oui je manquais de sommeil et j'étais assomée par la chaleur, passons), j'ai fini par me résoudre à regarder le pilote de Wilfred, la série américaine, après avoir ressassé mes souvenirs de Wilfred, la série australienne. Vous en vous souvenez peut-être, c'était avant que je ne poste quotidiennement ce weekend (vous inquiétez pas, moi aussi, ça m'a fait un choc).

WilfredUS-Languerapeuse

Le truc, c'est qu'à part leur pitch de départ (un homme voit le chien d'une jolie fille comme un égal avec qui il peut interagir comme s'il était humain), ces deux séries ne pourraient pas être plus différentes l'une de l'autre.

Sur l'aspect théorique, je n'ai pas encore décidé si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Qu'un remake décide de s'écarter autant de l'original est rarement bien accepté, mais dans ce cas précis, c'est peut-être une bonne idée vu la bizarrerie un peu imperméable de la version australienne. L'appropriation n'est pourtant pas tellement culturelle, comme on peut s'y attendre pour Homeland/Hatufim et comme on l'a vu pour les deux versions de Shameless. C'est plus une question de ton, de personnages... et au final, de propos lui-même.

Là où le pilote du Wilfred australien jouait sur une ambiance d'angoisse, limite de thriller, ce qui était souligné par les nombreux fondus au noir, les effets sonores oppressants et les décors claustro (très peu d'extérieurs, et dans ce cas toujours très encadré par des palissades et des obstacles)... la version américaine, forcément californienne et ensoleillée, est pleine de grands espaces, de ciel dégagé, de couleurs, de verdure, et joue sur une bande son typique de dramédie.

Et puis, on s'aperçoit que l'histoire même a changé : le clébard australien débarquait alors que le héros se tapait déjà la fille, créant une atmosphère de jalousie progressivement explicitée, avec un véritable triangle ; le chien-chien américain se focalise sur notre héros alors que celui-ci n'est que le voisin de sa maîtresse, avec qui les interactions sont (pour le moment ?) limitées, recadrant la série sur le personnage masculin et ses névroses plutôt que sur le danger que représente le meilleur ennemi de l'homme.

Bien-sûr, dans les deux cas, le personnage de Wilfred n'est ni tout noir ni tout blanc, et on le doit à la prestation maîtrisée de Jason Gann qui (mais s'attendrait-on à autre chose de quelqu'un qui interprète cet étrange animal depuis des années ?) est absolument parfait, à la fois destabilisant et chaleureux, affectueux et hargneux, bref, parfait en chien. Mais l'emploi est radicalement différent car dans la version américaine, Ryan pense s'en faire un ami, et trouve en lui la force de s'affirmer, tandis qu'Adam sent tout de suite que Wilfred n'est pas son allié et sympathise avec lui, mais avec prudence.

WilfredUS-Oreillesdanslevent
C'est un parti pris intéressant, d'ailleurs, que Wilfred soit à ce point pour Ryan le moteur d'un changement personnel, comme si Wilfred était une sorte d'ange d'épaule, alors que pour Adam, la relation se fait plutôt d'égal à égal. C'est ce qui, au final, change tout. Il y a certes une part de personnalité là-dedans : Adam est un type normal, Ryan est complètement angoissé, et du coup la relation à Wilfred est différente ; mais c'est aussi toute la symbolique de Wilfred qui en est changée.
Au lieu de personnifier l'angoisse d'une relation nouvelle (dans la version australienne, et puisque Adam se tape déjà la maîtresse de Wilfred, celui-ci évoque les ex de Sarah dés le pilote, et notamment celui qui est mort dans un accident), ici le toutou est surtout là pour personnifier l'angoisse. C'est moins universel, mais le propos est bon tout de même, parce que rondement mené. Simplement, des personnages plongés dans les affres de la dépression, on en a déjà vu pas mal, et il faudra plus qu'un chien qui parle avec un accent australien (j'ai adoré le petit sursaut de Ryan après le mini-suspense, c'était facile, mais c'était bien joué) pour innover vraiment sur le terrain ; cependant je crois la série capable d'en faire quelque chose de bien, à terme.

En outre, dans le pilote, l'insistance sur les substances ingérées par les deux protagonistes aboutit à des conclusions différentes. Dans la version australienne, c'est l'une des rares choses sur lesquelles les deux personnages s'entendent immédiatement. Dans la version américaine, le doute planne pendant un long moment quant à savoir si l'ingestion de médicaments est la cause d'hallucination ; tenter d'expliquer, même temporairement et pour se contredire ensuite, l'existence-même de Wilfred, est d'ailleurs un peu dommageable a priori, même si dans le faits, le résultat rend plutôt bien en fin de compte.

Enfin, l'ajout de personnages secondaires (la soeur du héros, le voisin motard) me laisse pour le moment circonspecte. Il est vrai que je n'ai vu que le pilote de la série originale, et que j'ignore si ces personnages sont intégrés ensuite, de près ou de loin, à l'intrigue. Mais j'ai trouvé la soeur hystérique et le voisin caricatural, et je vois mal leur apport à la série.
Cependant, les deux Wilfred sont à ce point différentes l'une de l'autre, que je ne peux pas dire que ce soit foncièrement une mauvaise chose.

Je me suis posé la question de savoir si j'étais trop formatée pour apprécier la série australienne. Le fait que j'ai apprécié le remake US accentue cette question, car il s'avère que, en dépit de quelques défauts, elle est plus agréable à suivre.
Mais idéalement, j'aurais apprécié un juste milieu entre la bizarrerie extrême de Wilfred Australie, et le côté un peu lisse et attendu de Wilfred US.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Wilfred (US) de SeriesLive. Faudra que je la mette à jour, cette fiche, tiens.

23 décembre 2010

Dreaming I was dreaming

Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais. Rester dans le monde bizarre et enivrant des rêves irréalisables mais pourtant tellement réalistes.
Ce matin était l'un de ces matins. J'aurais fait n'importe quoi pour rester dans mon rêve.

Cette nuit, j'ai rêvé que je regardais des épisodes de Doctor Who inédits.

Mais attention, pas n'importe quels épisodes inédits. Des inédits de la première saison. Un jour, quelqu'un postait une info sur Twitter selon laquelle des épisodes avaient été tournés mais jugés, pour une raison x ou y, inaptes à être diffusés. Et puis, de la même façon que je suis désormais capable de dénicher le pilote de Hatufim sur un forum israélien, j'avais réussi à mettre la main dessus, parce que j'ai depuis cet été +5 en compétence "cagoulage de l'impossible". Et quand mon téléphone a sonné, j'étais en train de paisiblement regarder ces épisodes inédits, un milkshake à la fraise à la main.

Ça ne vous le fait jamais, ça ? Espérer le cœur battant que vous allez dénicher des inédits... d'une saison depuis longtemps achevée ? Ou d'une série achevée ?
Vous avez beau savoir que ça n'arrivera pas, vous avez quand même cette sorte d'espoir qu'un jour, votre vœu sera exaucé. Vous n'en êtes même pas à essayer d'imaginer ce qui s'y passerait, ce n'est pas comme quand on commence à caresser le projet d'une fan fiction, non, c'est vraiment un trésor perdu qui soudain remonterait à la surface. Un vrai inédit, qui pourrait vous surprendre tout en ayant le confort de porter sur une saison/série pourtant achevée. Soudain, sur mon écran, des épisodes de Nine. Pas une 6e saison où on trouverait une excuse pour faire revenir le personnage (ce qui semble hautement improbable dans ce cas précis, mais éventuellement faisable pour d'autres séries), pas d'épisode à flashback, non, juste des inédits de l'ancienne saison. Puisqu'on doit faire avec Eleven, maintenant, bon bah admettons (même si je milite activement pour un passage à Twelve...), mais qu'on m'offre le luxe de n'avoir pas fait le tour de Nine.

Je crois que c'est pour cette raison, paradoxalement peut-être, que je n'ai jamais fini la 3e saison de Brothers & Sisters, étrangement. Je m'étais toujours dit que j'attendrais la fin 2010 et/ou le début 2011 pour me remettre à la série. Parce que quand je me suis enfilé 2 saisons et demies, à l'époque, j'étais tellement enchantée que je voulais que ce sentiment dure toujours, cette période où j'adorais la série. Je pressentais bien que si je continuais à la dévorer à ce rythme, je tomberais sur un os : diffusion interrompue (pour cause de hiatus), épisodes diffusés hebdomadairement (ce qui gênait ma consommation marathon en une semaine par saison), etc... Et là, je vois arriver 2011 et je commence déjà à me faire une joie. Oh, je vais pas reprendre la série où je l'ai laissée, bien-sûr, non, je vais me refaire les deux premières saisons, puis attaquer la troisième, et découvrir des inédits à la pelle, goulûment, comme s'ils avaient été cachés pendant tout ce temps et que je mettais enfin la main dessus. Et là, je suis partie pour une nouvelle orgie. L'idée me plaît, c'est vraiment séduisant de voir se rapprocher la date dans le calendrier et de savoir que je vais m'en envoyer des tonnes derrière la cravate. Ça va être un délice. Pas d'attente, pas de privation, juste le plaisir de me lâcher et de trouver des inédits bien que les choses aient avancé.
En tous cas je m'en fais une fête et j'aimerais pouvoir me dire que je vais dénicher de "vieux inédits" pour d'autres séries que celle-ci. Fêter des retrouvailles avec une série/saison dont je sais qu'elle n'a plus cours, mais qui est logée exactement où je le souhaite sur la courbe de croissance de mon histoire avec la série.

Il n'y a pas d'inédit de la première saison de Doctor Who. Il n'y a pas d'inédit de Pushing Daisies. Il n'y a pas d'inédit de Life. Il n'y a pas d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (même pas de Living with Fran... et il est trop tôt pour Happily Divorced).
Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais.

ThePartingofWays

22 décembre 2010

Sonnez hautbois, résonnez musettes

Comme c'est Noël et toute cette sorte de choses, enfin à deux crises de foie près (mais je m'entraine en allant manger dans des restaurants depuis dimanche...), il est de circonstance de regarder un truc qui fasse référence, au choix, au Père Noël, aux lutins qui fabriquent des jouets, ou de façon moins païenne, à l'histoire biblique de la naissance de Jésus. Comme j'ai cassé ma prise antenne et que je ne peux donc plus regarder les téléfilms sirupeux de TFHein ou Hem6, me voilà donc devant The Nativity, une mini-série britannique (oui-oui) diffusée actuellement sur la BBC.
A mon avis il est là le miracle de Noël.

Ce qui permet à l'athée que je suis de se mettre devant le pilote de cette mini-série, c'est avant tout sa durée : 30 minutes, juste ce qu'il faut pour raconter quelque chose sans avoir l'impression qu'on va bouffer de l'histoire religieuse pendant des heures. Rien ne me fait plus suer, osons le dire (mais poliment), que me voir enchaînée à une télé qui énumère pendant tout un après-midi le nombre de miracles accomplis, les tourments affrontés la tête haute et les indispensables sacrifices personnels d'un quelconque personnage biblique. Je préfère encore regarder des séries avec des vampires, c'est vous dire. C'est une torture. Et je crois que je m'exprime au nom de tous en disant qu'en plus, quand les fictions de ce genre nous ont été infligées sous la contrainte par des proches considérant que pour une fois on allait regarder quelque chose d'intelligent à la télé, ça n'arrange rien.
Alors 30 minutes, et après on peut s'enfuir et faire ce qu'on veut, c'est parfait. Limite, c'est plus incitatif à revenir, en ce qui me concerne. A l'heure où je vous parle, je n'ai d'ailleurs pas encore tout-à-fait réglé la question, et le simple fait que le doute subsiste est un excellent signe, finalement.

Mais fort heureusement, il n'y a pas que sa durée qui fasse de The Nativity une mini-série regardable.
Merci, donc, à Andrew Buchan, qui, en endossant le rôle de Joseph, joue les Docteurs avant même que quelqu'un n'ait eu la bonne idée de le lui proposer (Twelve ! Twelve ! Twelve ! Bah oui, Damian Lewis vient de signer pour le remake de Hatufim, donc je l'embête pas avant d'avoir besoin d'un Thirteen), passant en une semaine, dans mon univers téléphagique personnel, du rôle de lobbyiste à celui de personnage biblique, et alors que le pilote de Garrow's Law cagoule gentillement depuis deux jours (ya rien qui presse, j'ai prévu de me lancer en 2011). Voyage dans le temps et l'espace, copain, continue, ça te va bien.
J'ajoute qu'à ses côtés, la pétillante et adorrrable Tatiana Maslany donne un charme frais à l'épisode.

Ce duo charmant permet d'aller jusqu'au bout de l'épisode sans même y penser. Ils servent d'ailleurs une intrigue qui, sans omettre, ça va de soi, le déroulement "factuel" de l'histoire, se penche quand même plutôt sur leur relation, que sur la questions religieuse. Tandis que le pilote s'intéresse plutôt à leur rencontre et la façon dont lentement mais sûrement, ils deviennent mari et femme, à l'aide de flashbacks touchants, de rares scènes nous rappellent que Marie est enceinte jusqu'aux yeux et que Joseph a un peu de mal à avaler la pilule. L'une des rares répliques de Marie-enceinte : "Joseph, please don't hate me", résume assez bien l'angle par lequel on va explorer l'histoire pourtant ultra-rabâchée de la nativité.

Au bout du compte, c'est plus le drame d'un couple (dans lequel le Saint-Esprit vient semer le trouble, finalement, ce qui ne manque pas d'ironie) que la naissance d'un Messie que semble raconter The Nativity au stade du pilote. Et ça rend les choses beaucoup, beaucoup plus regardables pour quelqu'un qui comme moi ira brûler dans les feux de l'Enfer.

Nativity
SPOILER ALERT : Marie accouchera dans une étable.

Et pour ceux qui... Hm. Ouais, mais pendant la trêve des confiseurs, je fais une pause, donc tant pis.

22 août 2010

Telephage from Ipanema

Dans le tour du monde de cet été, il y a des pays qui me plaisent un peu plus que d'autres. A ma grande surprise, les pays qui me plaisent le plus ne sont pas ceux sur lesquels j'aurais misé ma télécommande, pourtant, mais les faits sont là. Israël, naturellement, a été une grosse claque, parce qu'il s'y passe plein de choses et que la fiction y semble aussi diversifiée qu'en Occident (ce n'est pas pour rien que les USA viennent de plus en plus y piocher, d'ailleurs les gars, l'adaptation de Hatufim, ça avance oui ou non ?). J'ai aimé le peu que j'ai pu voir de l'Afrique du Sud, sur un autre registre d'ailleurs, et j'espère pouvoir en découvrir plus quand j'aurai un peu plus de temps, une fois ce tour du monde terminé, même si, avec le planning qui est prévu, ce n'est pas pour tout de suite. Et puis, là, cette semaine, grosse claque dans la gueule avec le Brésil.

Et là on peut dire que je ne m'y attendais pas, probablement parce que comme tout le monde j'imagine (sauf quelques téléphages déjà cultivés, qui se sont dans ce cas bien gardés de partager leurs trouvailles...), pour moi, Brésil = telenovela.
Ce n'est évidemment pas faux. Mais c'est tellement plus.

Le Brésil est un pays qui semble décidé à ne rien faire comme ailleurs : les chaînes publiques sont arrivées tard, très tard ; la première chaîne du pays a aujourd'hui disparu ; la chaîne la plus puissante n'est pas la plus ancienne ; le câble et le satellite restent très minoritaires... Tout ça et plus encore, c'est dans l'article de la semaine, bien évidemment.

Bresil_CopacabanaTV
O televisor redentor : la télévision brésilienne pour les nuls

Au-delà de ça, le dynamisme de la télévision brésilienne a de quoi en clouer plus d'un sur son sofa. Parce que non content d'être un énorme exportateur de fictions, le Brésil est aussi en pleine effervescence en matière de création. Le renouvellement, il est là. Vous cherchez un endroit où les séries explorent l'inconnu ? Sans nul doute, le Brésil.

Le suave Mandrake, par exemple, est un petit bijou moite et sombre. On a l'impression de revivre les meilleurs polars du monde, à la fois sordide et sensuel, baignant dans une musique onctueuse et avec un personnage désabusé à souhait (dommage que le doublage soit à la ramasse ; je commence à suspecter qu'il y ait des langues plus difficiles à doubler que d'autres, parce que ça semble récurrent pour tout ce qui concerne l'Amérique latine, quand même...).
Mon coup de cœur de la semaine reste quand même Capitu. Loin des productions à la chaîne de telenovelas filmées au mètre qu'on se figure provenir du Brésil, c'est une merveille où la recherche esthétique et poétique arrache des soupirs émerveillés régulièrement. Encore une fois, le manque de sous-titres ou au pire, de doublage, nous prive de bien des trésors...

Bon sang, même à raison de deux posts par jour sur ce blog, je n'arrive pas à trouver le temps de vous parler de tout, c'est terrible. Ces séries méritent plus qu'un paragraphe chacune.

Enfin voilà, une semaine de plus à explorer la télévision étrangère et découvrir ce qui se cache au-delà du cliché. Moi qui pensais que la tournée latine n'allait pas être la plus captivante ! Moi qui craignais l'ennui ! Moi qui pensais même que c'était un moment à passer en attendant les pays suivants !
Où je vous emmène la semaine prochaine, à votre avis ? Il n'y a qu'une seule personne qui connaisse mon programme...

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25 juillet 2010

[DL] Hatufim

J'aime énormément le générique de Hatufim, bien qu'il commence comme celui d'une série fantastique. En tous cas, quand je l'ai vu, je me suis dit que si je n'en connaissais pas l'histoire, Hatufim aurait les apparences d'une série mystérieuse. Pourtant, je vous assure que c'est bel et bien le réalisme qui est de mise dans la série, et qu'il n'y a rien de surnaturel là-dedans...

Hatufim
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais à mesure qu'il progresse, le générique s'éloigne de cette impression de surnaturel, pour expliciter son sujet. La fin est superbe, et c'est là qu'on se rend compte à quel point ce générique est bien pensé...
A sa promo, à son générique, on devine que la série est bien conçue, qu'elle a tout d'une grande, et rien qu'avec ça, je comprends que Hatufim ait pu charmer les chaînes américaines. Je ne vois juste pas comment on peut transposer sa première scène sans perdre énormément au change, et encore, je n'ai vu que cette fameuse scène d'intro. Je vous la poste, d'ailleurs, si vous voulez. C'est vous qui me dites.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hatufim de SeriesLive.

24 juillet 2010

[GAME] Génériques de tous pays, unissez-vous

Et ce qui devait arriver, arriva : je commence à avoir un joli butin de génériques pour des séries venant de tout un tas de pays. Comme ça fait un bail qu'on n'a pas joué au jeu des génériques, je me suis dit que plutôt que de poster ça comme une brute, n'importe comment, j'allais vous les faire gagner.

Mais j'ai bien conscience que ces séries-là, on est très peu à en avoir entendu parler, encore moins à les avoir vues, et là, comme ça, a priori, ça ne vous parlera pas. Alors pour une fois, le jeu des génériques ne se jouera pas sur vos seules connaissances télévisuelles, mais bien avec l'aide de quelques recherches. Je vous rassure, rien d'ardu. Toutes les séries de ce jeu des génériques ont été citées sur ce blog, au moins une fois, au cours des dernières semaines. Si vraiment vous n'avez pas suivi, il suffit de lire les posts de juillet, et ptet quelques uns de juin, et vous êtes bons.
Pour résumer : si vous n'avez pas envie de vous creuser les méninges, vous cliquez sur les archives, et vous gagnez des génériques inédits sans effort. Franchement, j'ai déjà proposé plus dur, comme jeu.

Les séries dont il faut deviner le titre peuvent donc provenir de n'importe quel pays du monde. Leurs points communs, en revanche, est qu'elles ont toutes été mentionnées sur ce blog ces deux derniers mois (donc qu'elles apparaissent aussi dans la liste des tags, CTRL+F...), et qu'elles ont toutes une fiche sur SeriesLive. Avec tout ça, si vous ne trouvez pas, je suis au désespoir.

Et je rappelle évidemment, parce que c'est toujours comme ça dans le cadre du jeu des génériques, qu'aucune de ces séries n'apparait dans le flacon ; c'est tout le principe, puisque chaque fois que vous trouvez le nom d'une série du jeu, je poste son générique !

1 - Une série très sombre à la scène d'intro prometteuse > Hatufim
2 - Une série où, au moment du pilote, tout est possible > Persons Unknown
3 - Une série qui aurait mieux fait d'être lesbienne > Rizzoli & Isles
4 - Une série dont le début du pilote m'a bien amusée > Mesudarim
5 - Une série dans laquelle l'intrigue est actuellement difficile à cerner > Naznaczony
6 - Une série que je suis plus que prête à regarder ! > GOLD
7 - Une série qui fait partie des plus attendues de l'été > JOKER
8 - Une série coquine > Moteki
9 - Une série qui m'a complètement refroidie alors que j'étais motivée > Ayrilik
10 - Une série avec un roux dedans > Louie

Et pour faire monter les enchères, j'ajoute que si vous les trouvez toutes les 10 avant dimanche, 23h59, pour le même prix, j'en rajoute un 11e en guise de bonus !
Allez, à vous de jouer !

23 juillet 2010

Bluffée, mais pas trop... juste ce qu'il faut

Pourquoi regarder des séries d'autres contrées ? Pour vivre une expérience comme celle-ci, par exemple.
Pour être surprise.

Au bout d'un moment (et je crois que finalement, c'est de ça que j'ai pas mal parlé cette semaine avec mes posts sur la science-fiction), à force de regarder les séries venant d'un même univers, on finit par en maîtriser les codes et avoir du mal à se laisser surprendre. Ça ne vaut d'ailleurs pas que pour la SF, loin de là.
Le weekend dernier, j'ai revu le pilote de Fringe, et poussé le vice jusqu'à tenter l'épisode diffusé ensuite. Pour quelqu'un qui déteste farouchement Fringe, c'était une performance qui nécessitait une bonne dose de patience, une large part d'insomnie, et dix ongles à venir avec application pendant les scènes trop chiantes. Et il y en a eu. Mais globalement, le problème ce n'était pas les scènes en elles-mêmes, c'était l'odieuse impression permanente de déjà vu, et si la fin du deuxième épisode (soit après plus de deux heures de visionnage), j'ai commencé à me dire que ça prenait enfin tournure, globalement, ça restait très largement dans les clous.

C'est donc là qu'intervient la fiction "étrangère", c'est-à-dire toutes les fictions qu'on connait mal ou pas du tout. Évidemment, quand je vous parle du Japon, de l'Inde ou plus récemment d'Israël (je pense que je vais regarder Hatufim sans sous-titres tellement la scène d'ouverture fait envie), c'est un peu facile de parler d'exotisme télévisuel. A culture fondamentalement différentes, codes fondamentalement différents.
Mais ce soir, en rentrant de mon nouveau boulot, j'avais l'esprit trop morose pour finir la saison 8 de Will & Grace (ça va sans doute attendre quelques jours, d'ailleurs, avant de m'envoyer ces 8 ultimes épisodes, pour atténuer le choc de la séparation, après un marathon de moins de deux mois), et je n'avais pas envie de me marrer. La journée avait été frustrante et usante, et j'avais besoin d'exorciser ça avant de me mettre à rire. C'est là que comme par hasard, j'ai réalisé qu'une cagoule lancée la semaine dernière était intégralement tricotée sur mon chez moi informatique, et, me rappelant vaguement du thème de la série pour en avoir fait la fiche, je me suis dit "et pourquoi pas ?".

Et pourquoi pas regarder une série polonaise ? C'était l'idée qui semblait la plus adéquate, parce que, même si on tente de s'en défendre, on imagine tout de suite une série polonaise comme froide, pas très colorée, et en plus le thème tendait à valider cette théorie. Cette série a été récompensée lors du dernier Roma Fiction Fest (c'est comme ça que m'est venue l'idée de la cagouler), et comble du comble, j'ai même réussi à dégoter des sous-titres en anglais, il faut croire que j'avais le cul bordé de nouilles ce jour-là.

Bref, banco. Me voilà donc à regarder Naznaczony, dont je sais juste qu'il y sera question du Bien et du Mal, d'un peu de surnaturel, et d'un homme en apparence irréprochable. Et que la série est censée avoir une bonne réalisation et une bonne B.O., vu les récompenses.

Naznaczony

Je vous le dis tout net : arrivée à la fin de l'épisode, j'en sais à peine plus. Limite, les résumés que j'ai lus (pourtant en anglais, c'est pas comme si j'avais dû traduire du polonais !), je suis même pas certaines qu'ils soient exacts. Gloire à ma curiosité qui va donc me pousser à regarder la suite pour pouvoir s'assurer que j'ai pas raconté des conneries sur la fiche.

C'est flou à un tel point que je doute. Mais ni les sous-titres, ni le scénario ne sont à blâmer pour ce flou, et c'est ça qui fait que le pilote de Naznaczony a été une expérience positive à mes yeux. Le flou fait que mon cerveau de spectatrice imbibée de codes de l'Ouest passait son temps à dire "ah ouais, d'accord, il va se passer ça", et pas du tout. Et, non pas qu'il ne se soit rien passé, mais arrivée au bout des 42 minutes que dure le pilote, je n'avais aucune idée de la façon dont les choses allaient se poursuivre.

On sent bien un certain nombre d'éléments, et que l'intrigue sait où elle va. Mais la construction du truc fait qu'on ne devine pas la structure de l'histoire à l'avance. Il y a effectivement un passage un peu cliché, mais à vrai dire, je ne serai convaincue de sa qualité de cliché qu'une fois que j'aurais vu la suite. Je ne suis même pas certaine que ce truc un peu gros ne soit pas voulu.

Il ne s'agit pas de dire que, ô merveille, toutes les séries polonaises sont merveilleusement intrigantes et originales. Pas plus et pas moins que celles de n'importe quel autre pays, ça va de soi. Mais globalement, on est quand même encore assez convaincus qu'un certain nombre de pays ne sont capables que de fourguer de vieilles merdes abominables et des copies plus ou moins assumées de séries américaines... et voir Naznaczony relativise pas mal tout ça. On sent que dans la façon de penser le récit, il y a quelque chose qui dit "je n'ai pas été formaté par une vision américanisée de la fiction", et c'est très libérateur pour le spectateur, tout ça. Évidemment, c'est difficile de ne pas penser à certaines séries américaines au cours d'une ou deux scènes du pilote, mais chaque fois qu'on croit qu'on sait où ça va, eh bien pas du tout. Je suis très rarement surprise à ce point par la structure de l'intrigue quand je regarde une série américaine.

Et puis, quand même, un mot de la réalisation et de la musique, pour évoquer les récompenses obtenues. La musique est omniprésente, mais à la façon d'un film, où j'ai souvent (pour ne pas dire toujours, parce qu'il doit bien y avoir eu quelques exceptions) l'impression que la musique surjoue légèrement. Ici c'est le cas aussi, mais sans parvenir au niveau de ridicule d'autres productions médiocres (tous pays confondus). On a juste une occupation permanente de l'espace sonore qui fait qu'on devient extrêmement attentif aux thèmes musicaux employés (et leur gamme est relativement large), ainsi qu'aux effets sonores ; et il y en a un, en particulier, que je trouve très efficace et qui est très, très bien trouvé, et très, très bien employé, comme on peut le voir sur la fin du pilote. On nous conditionne sans en avoir l'air à guetter cet effet sonore, c'est franchement bien joué. Il sert en tous cas admirablement à poser l'un des personnages.
Ah, et la réalisation alors. Eh bah punaise. C'est beau. C'est beau, mais c'est pas ultra esthétique, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a juste des angles, des jeux de lumière, qui se glissent dans une scène ici, une autre là, pendant que beaucoup sont juste "propres", voire "austères", et le contraste rend incroyablement bien. La scène sur le port, pendant la tempête, propose des petits effets pour faire des éclairs, et tout, sous la pluie, c'est joli comme tout, mais c'est classique. Et tout d'un coup, paf ! Un plan extraordinaire d'une ou deux secondes à peine, lorsque Tadeusz tombe par terre et lève le nez... merde alors, c'était un coup de génie. Parce que dans le plan suivant, tout est normal à nouveau, les éclairs, la pluie, et c'est tout. C'était très plaisant de voir que la forme jonglait avec notre perception pour souligner certaines caractéristiques de l'un des personnages. Plutôt que de foutre des filtres partout, en faire des tonnes dans les effets incroyables, ou au contraire avoir l'air cheap et coincé, Naznaczony a trouvé un juste milieu qui sonne exactement comme ça : juste. Mais futé.
On n'a pas cherché à m'en mettre plein les yeux, mais on n'a pas lésiné sur la qualité. J'apprécie.

Donc moi vous comprenez bien que vu l'état de flou dans lequel le pilote m'a laissée, avec en plus une bonne réalisation et une histoire intrigante, je pense que je ne vais pas laisser ce crime impuni et que je vais continuer sur ma lancée. C'est dommage, après Will & Grace je m'étais fixé de finir la saison de Capadocia, bon, ce n'est que partie remise.

Mais que voulez-vous ? Ça a toujours été comme ça avec moi. Un coup de cœur chasse l'autre...

...Un coup de cœur pour une série polonaise. Si on m'avait dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Naznaczony de SeriesLive. Ptet que j'y apporterai des corrections quand j'aurai avancé dans mon visionnage, du coup.

18 juillet 2010

Bouillon de culture

" Quel nom donneriez-vous à une communauté qui doit vivre avec l'idée que ses citoyens peuvent à tout moment être tués par une bombe en mangeant une pizza ?
- Israël."

(A la Maison Blanche - Isaac et Ismaël )

Et pourtant, ses citoyens continuent d'aller manger une pizza.
C'est très impressionnant d'étudier l'histoire télévisuelle d'un pays comme Israël. On ne peut pas penser qu'à la télévision quand on le fait. On ne peut pas prendre la télévision hors-contexte, on ne peut pas ne pas relire ses cours d'Histoire, on ne peut pas ne pas consulter une carte de la région, on ne peut pas éviter de lire ce qui se passe dans l'actualité. On ne peut pas oublier qu'avant d'être des spectateurs israéliens, ils sont des Israéliens.

Je ne sais pas si j'ai su retranscrire cela sans être trop lourde dans le nouvel article que vous trouverez sur SeriesLive aujourd'hui. J'espère en tous cas qu'il vous intéressera autant que les précédents.

Israel_MenorahTV
Shalom alekhem : la télévision israélienne pour les nuls

Le plus impressionnant dans un pays comme Israël, c'est que finalement, dans un pays qui semble, de là où je me trouve, constamment au bord du précipice, on trouve le temps de développer des trucs qui semblent, finalement, totalement futiles, quelque part ! La musique, le cinéma, la télévision... C'est vraiment impressionnant de se dire qu'une telle énergie créative existe dans un univers où la peur est loin d'être absente.
Quelque part ça tombe sous le sens : oui, un pays avec une histoire douloureuse a forcément besoin des arts pour explorer et/ou prendre de la distance avec ses préoccupations. Mais d'un autre côté, il faut un certain courage pour se divertir quand on vit dans pareil contexte.

On n'y pense même plus quand on regarde une série américaine ; on est tellement imbibés de bribes de culture américaine (très parcellaire mais on a si peu d'occasions de s'en rendre compte !) qu'on est convaincus qu'il n'y a aucun décalage, aucune spécificité L'impression de se plonger dans un monde où la fiction est le reflet d'une certaine réalité n'était pas aussi présente quand j'ai abordé les séries asiatiques, non plus. Même quand on les regarde pour la première fois, je crois qu'on n'imagine pas un instant que les séries japonaises ou sud-coréennes, dans leur immense majorité, s'inscrivent forcément dans une démarche globale de l'expression culturelle d'un pays. A l'exception de cas très rares, les différences culturelles sont juste vues comme exotiques, et c'est tout. Même quand j'ai commencé à frayer avec les séries indiennes, il y a trois ou quatre ans, je ne ressentais pas cette impression de devoir composer avec un certain nombre de réalités, même quand elles étaient abordées dans une série. Qu'une série soit un léger divertissement ou un drame intense, c'est assez rare qu'on se dise : merde, attends un peu, ça dit quelque chose sur le pays ; c'est notre désensibilisation à nous, téléphages, à force de regarder la fiction, on oublie de replacer dans la réalité ce qu'elle dit .
Mais intéressez-vous quelques heures à la télévision israélienne et vous ne pourrez plus la dissocier de l'actualité israélienne, de la religion juive, etc...

Dans un article comme celui qui est publié aujourd'hui, on a envie de compléter chaque information sur la télévision par une information qui lui est extérieure. Tout semble s'inscrire dans un contexte. Tout paraît avoir une portée allant bien au-delà de la création de la télévision, ou de la création d'une série.
En faisant mes recherches pour compléter un certain nombre de fiches faites pour l'occasion, je suis tombée sur des articles, des thèses, des videos qui m'ont profondément marquée. A un moment, il y a eu cette série turque, Ayrilik, dont les extraits sur la Palestine m'ont tellement bouleversée, qu'en 11 minutes je suis passée de "ah, super motivée pour faire des fiches pendant une heure ou deux !" à "je veux aller me rouler en boule dans mon lit et m'endormir en pleurant". Petite nature ; ah j'ai de la chance d'être née là où je suis née, je ne ferais pas long feu dans un pays comme Israël !

Non que la télévision israélienne soit glauque, ou focalisée en permanence sur les conflits passés et présents du pays. Pas du tout. C'est même fou le nombre de comédies qu'on y trouve. J'ai jeté un œil au pilote de Mesudarim, et bien que n'ayant pas de sous-titres, pendant les 5 premières minutes que j'ai regardées, j'ai ri deux ou trois fois. Pas d'un rire du genre "ahah c'est trop con" qu'on peut avoir devant Friends, mais plutôt le rire amer mais sincèrement amusé qu'on a devant, je ne sais pas, un épisode de Nurse Jackie par exemple. J'ai vu des extraits de Reviat Ran, Srugim ou encore Hakol Dvash, et on n'était pas dans quelque chose de pesant.
Mais j'ai aussi lu des tas de choses sur Hatufim (je suis en train de cagouler le pilote), et je ne doute pas qu'une série comme celle-là sera autrement moins drôle. J'ai d'ailleurs lu un résumé de la scène d'ouverture du premier épisode qui ne laisse que peu de doute à ce sujet.
C'est donc simplement que la télévision israélienne est plus ancrée que beaucoup d'autres dans la réalité du pays. On y pleure, on y rit, mais on n'y évite pas une certaine forme d'introspection.

Vous savez, quand je fais tous ces articles en espérant rendre les gens curieux... je crois que c'est quand même moi qui m'enrichis le plus de toutes ces découvertes. Si vous voulez, je vous raconterai à quoi ressemble mon "protocole" quand je bosse sur ces articles, ça se trouve, ça vous encouragera à faire quelques recherches aussi. Parce que lire les articles que j'écris sur SeriesLive (dans ce que Livia, et j'aime énormément l'expression, a qualifié de "tour du monde du petit écran", démarche que je n'avais pas pensé à formaliser de cette façon), idéalement, ce ne devrait être qu'un début.

Lancez-vous ! Avec des articles et des fiches, vous avez plus d'outils pour faire cette exploration que moi quand j'ai commencé...

AvodaAravit_logo HakolDvash_logo KrovimKrovim_logo Hatufim_logo
HaExHamitologi_logo Khatsuya_logo ReviatRan_logo MerchakNegiaa_logo__2_
HaShirShelanu_logo HaNephilim_logo Srugim_logo Ramzor_logo
Mesudarim_logo BeTipul_logo

D'ailleurs, à partir de maintenant, quand je vous parlerai d'articles faits pour SeriesLive, je vous indiquerai aussi les fiches que j'ai faites, comme ça, vous aurez un point de départ.
Ah punaise, plus je suis curieuse, plus ça me rend curieuse, et plus j'ai envie de rendre les gens curieux... je suis la seule à qui ça fait ça ?

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