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ladytelephagy
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glee
12 décembre 2011

41

Ces derniers jours, j'ai été saisie par l'envie de revoir A Chorus Line. C'est cyclique, depuis que j'ai découvert le film voilà deux ans, pour tout vous dire, et j'ai dû le voir... allez, sans exagérer, 40 fois depuis lors ? Je n'ai jamais vu The Red Shoes, qui est invoqué par plusieurs personnages pour leur avoir donné envie de danser, mais probablement que si j'avais été plus jeune au moment de le découvrir, A Chorus Line aurait eu un effet similaire sur moi (dommage pour les ambitions de mes parents qui m'ont payé leur lot de cours de danse en leur temps, ça n'a pas été le cas).
Rarement, pour ne pas dire jamais, j'ai été aussi authentiquement fascinée par de la danse, ou, à un degré moindre, du chant. Je ne saurais que trop vous conseiller ce film, qui, même s'il a évidemment vieilli visuellement, est toujours aussi impressionnant sur le plan technique et narratif, comme j'ai pu vous le dire lorsque je vous en ai parlé la première fois.

ChorusLine

L'effet qu'A Chorus Line a sur moi, je ne l'ai jamais ressenti ni/ou retrouvé dans des fictions télévisées équivalentes, en dépit du fait que les séries plus ou moins musicales, avec des jeunes qui veulent travailler dans le monde du spectacle, soient apparus de façon épidémique sur les écrans pendant la dernière décennie. Fame s'en approchait sans avoir des personnages d'une telle force ; le côté adolescent du contexte lycéen n'aidant probablement pas puisque c'est un contexte qui ne gagne jamais des points avec moi et a plutôt tendance à m'ennuyer très vite au contraire. Et Glee, certainement la série phénomène qui a le plus voulu jouer sur cette mode, a prouvé que l'univers adolescent prend même toujours le dessus, c'est une bataille depuis fort longtemps perdue. De toute  façon, en-dehors de Fame, le chant a, pour des raisons essentiellement mercantiles, toujours pris le pas sur la danse dans ce type de productions télévisées, le concept étant de vendre des CD ou des morceaux sur iTunes, et pas de proposer de véritables performances impressionnantes intégrées dans une histoire intéressante. La danse dans ces fictions se cantonne à remuer les fesses en rythme et se prendre pour une rockstar, et pas à DANSER.

Alors vous l'aurez compris, j'ai beau essayer de ne pas trop m'intéresser aux projets, à ce stade à la fois de fascination et de déception (la première venant du cinéma et la seconde de la télévision) je ne peux que commencer à sentir monter l'impatience de découvrir Smash. Pilote pour lequel il me faudra apparemment attendre encore plusieurs semaines, mais après tout je l'ai attendu jusque là, je peux bien encore patienter un petit peu.

Ce qui m'attire, ce n'est pas simplement Broadway (même si, il faut le dire, ce simple nom a tendance à lancer mon imaginaire, hello The Miraculous Year !), mais bien le concept d'effort, de travail, de répétition, de sacrifice et, je le répète, d'effort, qu'implique une carrière à Broadway. Ce n'est pas un style de vie pour les mauviettes, les petites divas capricieuses qui veulent les paillettes sans la sueur, et les starlettes qui pensent pouvoir se reposer sur la technologie pour briller. On ne triche pas, sur scène, ou si peu, on ne le peut pas, on n'en a pas le droit, on travaille dans un univers cruel où c'est l'excellence qui vous porte où vous êtes (même si ensuite le réseau de relations vous y conserve dans une certaine mesure), au rythme des auditions qui vous forgent le caractère. Il ne suffit pas d'avoir une bonne bouille et de faire des risettes pour ravir le public, il faut assurer techniquement. Les personnages de Glee (et une bonne partie de leurs interprètes) ne peuvent pas rêver d'en faire autant.
Le problème c'est que c'est vachement moins vendeur, d'où le fait que la distribution de Smash marche un peu sur des oeufs, notamment avec la présence dans le rôle principal d'une ancienne candidate à une émission de télé-crochet (oui je parle comme ma grand'mère), ce qui m'agace un peu (oh, il y a eu d'incroyables candidates à ces émissions, vous parler à quelqu'un dont 30% des playlists occidentales sont constiuées de chansons de Carrie Underwood) et me rend aussi un peu craintive.

Il est devenu difficile de faire une série "honnêtement" basée sur le monde du spectacle sans avoir derrière la tête de vendre des CD ou des morceaux sur iTunes... et Smash s'y essaye justement avec la promo autour de la chanson Beautiful. J'espère qu'en dépit de ses espoirs de rentabilité à la Glee, Smash conservera une certaine "intégrité". Mais après avoir vu cette video, j'avoue que je n'ai qu'une envie : m'envoyer à nouveau A Chorus Line.

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2 octobre 2011

The Stepford Moms

Subs

Depuis sa diffusion, j'ai déjà vu le pilote de Suburgatory quatre fois. Oui, quatre. Autant vous dire que je le connais par coeur. Pourquoi tant de visionnages ? Une partie de l'explication tient aux circonstances : des trajets en train à faire, du temps passé dans un (ex-)appartement dénué de toute autre forme de divertissement que mon smartphone, etc... Une autre tient dans une raison toute simple : ce pilote est BON.
EDIT : en fait cinq fois parce que j'ai fait les captures pour ce post sans ressentir même l'envie d'utiliser l'avance rapide.

J'ai peut-être la mémoire courte, mais cette saison, je n'avais pas encore autant ri devant un pilote (j'ai dit "devant un pilote", car si j'avais dit "d'un pilote", là naturellement la palme reviendrait à Whitney) (oui j'ai l'intention de tirer à vue sur cette série jusqu'à ce qu'elle soit retirée de l'antenne, et au vu du deuxième épisode, que sincèrement je ne pensais pas que NBC aurait l'audace de diffuser, j'ai largement matière à le faire) (pourquoi avoir regardé un autre épisode ? Eh bien, trajets en train, ex-appart, tout ça). A gorge déployée. De ce rire que je ne réprime plus depuis bien longtemps, parce qu'il est trop rare, et qui traduit un réel plaisir devant ce que je vois, en dépit d'un sujet qu'on pensait connaitre, d'une technique de narration (l'ado futée) pas spécialement innovante, et d'une réalisation colorée qui peut sembler la décrédibiliser, mais participe en réalité à sa démarche.

Suburgatory-PassiveAgressive
La vie de banlieue, cet étrange territoire qui recouvre un univers fondamentalement différent aux Etats-Unis que ce qu'évoque le terme "banlieue" en France, on pensait qu'on connaissait, parce qu'on avait tous vu Desperate Housewives. Mais même les jours où Desperate Housewives prenait du recul sur cet univers, elle n'en riait jamais tout-à-fait ; Suburgatory s'en charge sans mettre la main à la fiole de vitriol.

La série a réussi à trouver un sujet dont elle peut tirer à la fois de la tendresse et du rire. Ce n'est pas donné à toutes les comédies (plus les épisodes avancent, plus Up All Night semble s'être obligée à choisir entre les deux pour ne garder que les gags et abandonner la tendresse ; dommage, c'est l'équilibre qui me plaisait dans le pilote). Notre petite comédie en extirpe des scènes absolument absurdes, comme la nana qui tombe dans la piscine et ne cille même pas, l'oeil rivé sur son portable, ou les alignements de voisins parfaitement alternés homme/femme arrosant leur pelouse. Mais ces séquences ne sont pas des manifestes, ni une critique virulente, juste l'envie de plaisanter à partir d'un postulat qui le lui permet, celui d'un monde superficiel avec des codes étranges. Il s'en dégage une bizarrerie proche de celle de l'univers d'Eureka (pour moi qui n'en ai vu que les premiers épisodes, du moins), à la fois azimutée et constituée de petites touches pas trop appuyées, dépassant le cadre du registre comique ou toonesque pour aller quasiment se loger dans le fantastique par moments.
C'est que, Suburgatory, qui pourrait probablement être jugée "gentillette" si l'on n'y prenait garde, a décidé de rire de son sujet, mais pas de s'en moquer. Elle le fait avec beaucoup de coeur et un brin de fantaisie, mais jamais méchanceté, et le recul que prend son héroïne n'est jamais agressif ; parce que la série, un peu à la façon d'Outsourced, veut juste rire dans une ambiance bon enfant des petites absurdités (presque) ordinaires de la vie de banlieue, et pas prouver quoi que ce soit, surtout pas qu'elle a du mordant (comme le prouve le petit tacle sans conséquence à Glee). Elle ne cherche pas à prouver qu'elle peut s'attaquer à un sujet, elle veut juste montrer qu'elle sait le décortiquer et en extraire des scènes qui peuvent faire rire tout le monde.
Et dans un univers télévisuel où de moins en moins de comédies sont regardables par toute la famille sans que les plus âgés n'aient envie de se pendre devant la bêtise des gags, ou que les plus jeunes ne comprennent aucune plaisanterie, c'est une exception qui mérite d'être saluée.

Avec son héroïne charmante aux expressions rappelant Emma Stone et son increvable énergie versatile, son paternel tout sauf abruti capable de lui tenir la dragée haute à l'occasion, la maternelle poupée Barbie plutôt futée et franchement sympa malgré ses airs cruches (Cheryl Hines est délicieuse dans son rôle, et m'est enfin rendue sympathique après un pénible In the Motherhood dont je fais encore des cauchemars), la voisine d'en face qui vit sur sa pelouse, et l'inénarrable petite camarade boulotte qui souffre plus encore que l'héroïne, Suburgatory offre aussi une palette de personnages sympathiques et drôles à la fois, capables d'être attachants mais aussi très drôles.

Ainsi, il y avait des scènes incontestablement hilarantes...

Suburgatory-1 Suburgatory-2 Suburgatory-3

... mais je crois que le passage où je me tords le plus de rire, c'est devant l'expression de douleur muette de Lisa. IM-PAY-A-BLEUH.

Suburgatory-NoComment

Il y a des choses que je ne trouve pas forcément épatantes (la serveuse pot-de-colle, par exemple, ou le peu de présence d'Ana Gasteyer même si je pense que la voir toujours en train d'arroser son jardin forme aussi un excellent gag récurrent au long du pilote, mais il n'a pas vocation à perdurer au-delà je pense), cependant il ressort de ce premier épisode l'envie de faire quelque chose d'équilibré entre une certaine impertinence et l'envie de se réunir convivialement autour d'une comédie qui n'attaque personne, mais sait rire tout de même.
Je veux bien regarder encore un peu Up All Night ou 2 Broke Girls cette saison, mais mon coup de coeur dans le domaine des comédies, c'est définitivement Suburgatory. J'apprendrai donc à prononcer ce titre à peu près correctement. Enfin, j'espère...
Maintenant la seule chose qui manque à Suburgatory pour être ma comédie préférée de tout l'univers cette saison, c'est d'avoir un vrai générique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Suburgatory de SeriesLive.

4 août 2011

Be gentle, I'm a virgin

En général, à partir du mois de mai, ma politique sur les projets a tendance à se renforcer. Cette politique est la suivante : les annonces ne passeront pas par moi. Je ne veux rien savoir. Pas un résumé, pas un trailer, rien, j'attends le pilote.
Que c'est beau, ces idées toutes arrêtées ! Que c'est noble, ces grands principes !

Et puis, intervient le principe de réalité. Par exemple quand, l'été aidant (ou plutôt empirant), je commence à "devoir" faire des news US sur SeriesLive en l'absence d'autres rédacteurs disponibles/motivés/s'élagant le poil dans la main (rayez la mention inutile). Et là je suis bien obligée de fourrer mon nez dans les projets, y compris les séries qui commencent à l'automne et dont je préférerais me garder la surprise jusqu'au moment de découvrir le pilote.

J'aime bien lancer un pilote sans savoir de quoi ça parle. Je vous l'accorde, parfois ça réserve des surprises moins bonnes que d'autres (on l'a vu avec Against the Wall), mais globalement c'est un procédé qui me correspond mieux, et depuis deux ou trois saisons que j'aborde une nouvelle saison américaine de la sorte, on peut dire que je suis satisfaite du système. C'est la raison pour laquelle je vous prépare souvent de modestes résumés des séries nippones à venir sur une saison donnée, sans faire la même chose pour les USA. Bon pis, ya suffisamment de monde qui le fait sur les USA, z'avez pas besoin de moi en plus, hein.

Or, donc, cet été, il s'avère que j'en vois passer, des projets. Evidemment ça dépend de l'actu, et du contenu de cette actu (si ce sont des posters promotionnels, je ne risque pas grand'chose si ce n'est découvrir le thème de la série, genre avec The Secret Circle, par exemple, je peux déjà vous dire que le visionnage du pilote ne va pas être triste, vu que ados + sorcières, c'est plutôt un tue l'amour qu'autre chose pour moi). Mais reste que pour CERTAINS projets, j'ai quand même quelques petites notions qui progressivement commencent à entrer dans ma caboche ; et le problème, c'est que quand on écrit une news, on en intègre infiniment vite le contenu. Je fais mon possible pour me débarrasser d'un maximum de souvenirs, éviter les videos de promo quand c'est possible et tout et tout, m'enfin, on peut pas totalement échapper à tout ça une fois qu'on commence à écrire des news dessus.

Aussi, je ne vous ferai pas plus de tour d'horizon de la saison cette année que je n'en ai fait les années précédentes. Mais je voulais quand même dire un mot sur quelques remarques que je me suis faites avec le peu d'information que je lis et les choses que je vois passer sur Twitter (vu que Twitter se fiche bien de ma politique de pré-rentrée et me bombarde d'informations). Il n'y a pas exactement de séries que j'attends : ce concept m'est, pour les raisons expliquées ci-dessus, devenu étranger : si on en sait peu sur un projet, on peut l'aborder avec le moins possible d'a priori ; c'est d'ailleurs bien le but de la chose. Mais il se dessine malgré moi un vague croquis des séries qui me semblent intéressantes, parce que profondément différentes.

AmericanHorrorStory
Ainsi, American Horror Story me semble original. Le problème c'est que je m'en serais tenue à ça, je n'aurais aucune idée préconçue et ç'aurait été parfait ; mais depuis que je sais qu'on y trouve Dylan McDermott et Connie Britton, j'ai des attentes côté cast, et depuis que je sais que Ryan Murphy est à la barre, je suis dubitative (on se souviendra que je jette mentalement des fleurs à la moindre mention de Pretty Handsome, mais conspue Glee depuis le 4 ou 5e épisode de la deuxième saison). Rien que pour ça je sens que le visionnage du pilote sera sensible, outre le fait que je ne raffole pas du concept de se faire peur à la télévision (ou au cinéma, d'ailleurs).
De la même façon, Once Upon a Time aurait été tentant si maintenant je n'en connaissais pas l'histoire qui me semble bateau et digne d'un téléfilm de SyFy réalisé par un quelconque membre de la famille Halmi. En l'état, et sauf si je parviens à m'extraire les extraits de la mémoire par je-ne-sais-quel miracle, je vais probablement regarder le pilote à reculons alors que c'est quand même vachement plus original qu'encore une série policière supplémentaire.
J'ai aussi entendu parler de 2 Broke Girls, par exemple, et j'aurais au contraire voulu me sentir moins enthousiaste alors que j'en sais peu sur la série, mais que le peu que j'en sais me plaît.
Au bout du compte, ça se produit quand même pour pas mal de séries. Et c'est bien ce qui m'ennuie.

J'aimerais trouver, en fait, la façon d'atteindre une réelle objectivité au moment de lancer un pilote qui m'est inédit. Je regarde tellement de pilotes que c'est souvent impossible : pour les séries étrangères, il faut surveiller les news pour savoir que la série sort, parce qu'on ne risque pas d'être noyés sous les infos, et donc on ne parvient pas à être "vierge" de tout présupposé en lançant le premier épisode. Sans compter que, de par mes attributions sur SeriesLive, il m'est impossible d'ignorer volontairement une série australienne ou japonaise qui s'apprête à débuter. Toute l'année, je regarde des pilotes, mais on ne cagoule jamais un pilote réellement par hasard : il y a les séries anciennes, dont on a nécessairement entendu parler, les séries méconnues mais sur lesquelles on va se renseigner pendant que ça cagoule, ne serait-ce que pour s'assurer qu'on va bien tomber sur une série et pas une émission quelconque, et ainsi de suite. Sans compter les pilotes que j'ai déjà vus, il y a quelques mois ou une décennie, que je retente avec, forcément, une idée derrière la tête.
Alors, ce laboratoire de l'objectivité, je ne peux le mener que sur les séries américaines de la rentrée prochaine, parce que je peux plus facilement gérer les flux d'informations à leur sujet (je sais où regarder, et donc où ne pas regarder). Mais ça reste encore insuffisant.

Et je continue d'entamer chaque année des séries tout en ayant un biais, et ça me dérange. Je voudrais bien leur laisser une chance de remplir leur office uniquement par elles-mêmes, à toutes ces nouveautés. Dans une ère de communication instantanée, de promo à outrance et de buzz permanent, je sais que ça relève de la gageure. Mais ce serait un défi intéressant à réussir au moins une fois. Mais comment ?

21 mars 2011

I just can't get enough

Dans The SeriesLive Show, encore vendredi dernier, nous nous plaignions de la diffusion prévue pour Empreintes criminelles (punaise, encore un tag de série française sur ce blog, on m'aurait dit ça ya quelques années...), à savoir deux soirées de trois épisodes chacune. Et ce n'est pas nouveau, ni prêt de s'arrêter, au regard de la diffusion de The Good Wife, de Glee, de... allez, je vous laisse compléter la liste en commentaires (ce sera marrant de voir combien de titres vous pourrez citer, tiens).

A cet égard, ma position a toujours été claire : une position à la Coffe. C'est de la merde, ces diffusions ! Les séries sont conçues pour être consommées à un rythme hebdomadaire, leur construction repose dessus, leur narration repose dessus, bref c'est fait pour, et si à l'origine une série est créée sous un format hebdomadaire, c'est normal d'en suivre le procédé une fois en France ! Qu'est-ce que c'est que ces manies de prendre un format qui fonctionne et le modifier ensuite comme s'il nous appartenait d'en décider ?
Voilà, vous pouvez ajouter vos propres arguments sur le "respect de l'oeuvre initiale" et le "cadre de diffusion destructuré en France", où le spectateur n'a "jamais été éduqué à avoir des exigences", vous connaissez les thèmes par coeur, hein, je vous laisse faire.
Alors bien-sûr, bien-sûr, il y a le mode "marathon" que les téléphages connaissent bien, qui est introduit avec, notamment, l'usage du coffret DVD. Mais c'est pas pareil, on est tous d'accord. D'ailleurs dans une majorité des cas, le marathon, c'est pour les séries qu'on connait déjà. Ou pas, je vous l'accorde, mais j'ai dit "majorité", pas "exclusivité".

Je vais être sincère avec vous : il y a des séries pour lesquelles un seul épisode inédit par semaine, ça fait quand même peu. Il y a de nombreuses, très nombreuses fois où, mon épisode fini, j'ai eu mon content, je suis satisfaite, je me retourne de l'autre côté et je m'endors.
ET PUIS... trois jours plus tard, quand j'ai eu fini de réciter les meilleures répliques, re-regarder les passages clé, parler de combien l'épisode était génial à mon entourage qui prend un air intéressé parce que sinon ça dure encore plus longtemps... eh bien, là, vient le manque. Et je m'en enverrais bien un ptit deuxième derrière la cravate, voyez. Le petit frère. Mais voilà, d'inédit point, pis au bout d'un moment les épisodes précédents on finit par les connaître par coeur. Donc attendre une semaine, c'est de la torture. Ils faisaient ça à Guantanamo, il parait. Bref, le rythme hebdo trouve ses vraies limites quand on apprécie vraiment, sincèrement et entièrement une série.

Alors d'accord, c'est conçu pour, on ne reviendra pas dessus. Mais, c'est juste une suggestion, hein... est-ce qu'on peut envisager de les concevoir autrement ? Sur un rythme différent ?

Prenons l'exemple des séries sud-coréennes. Ce qui est génial c'est que, quoi que vous attendiez de la télé, il y a toujours un pays du monde pour vous le donner (ça pourrait être mon slogan !).
Pour ceux qui ne suivent pas, dans le fond, je rappelle qu'en Corée du Sud, le prime time sur les grandes chaînes, c'est deux heures d'une même série chaque semaine. Mais attention ! Le truc, c'est pas que les Sud-Coréens s'enfournent deux heures d'affilée, noooon, ce sont deux heures réparties sur deux soirées d'une même semaine. Donc pour faire plus clair : pour une série qu'on nommera XYZ, le 1x01 est diffusé le lundi à 21h55, le 1x02 est diffusé le mardi à 21h55, et la semaine suivante on continue sur le même mode. Résultat des courses : on ne baisse pas la qualité de la série comme il faudrait le faire pour une série quotidienne (ne serait-ce que sur un plan budgétaire), mais on n'a pas à attendre TOUTE une semaine. Deux épisodes par semaine, ça c'est bien, là d'accord.

Deux épisodes, mais pas d'affilée, parce qu'il faut avoir le temps de savourer, pas juste se goinfrer bêtement d'inédits pendant toute une soirée, comme quand vous allez chez Flunch et que les légumes, y compris les frites, sont à volonté, et que pour une raison qui vous échappe, vous ne vous arrêterez pas de vous reservir des frites tant qu'il y en aura dans les plats. Non ? Que moi ?

Des séries pour lesquelles j'apprécierais un double rendez-vous hebdomadaire ? Là comme ça, en ce moment (mais dans 15 jours ça pourra avoir changé), Harry's Law, Fairly Legal (même si les deux derniers épisodes étaient un peu moins chouettes), Better With You, Outsourced... Oui en fait, essentiellement des comédies ou des dramédies. Donc des séries pour lesquelles ce serait ptet même plus facile à faire.
L'appel est lancé.

TwiceaWekk

21 décembre 2010

Just a gleempse

Lasses de dépenser tous nos sous, ma sœur et moi avons interrompu notre journée shopping en rentrant chez elle tout en parlant de séries. C'est là qu'elle me dit : "ah, tu sais ce que j'ai depuis hier ? Le jeu Glee sur wii". Huh ? Il y a un jeu video Glee ? Heu, mais faut faire quoi, slalomer entre les lanceurs de slushies dans les couloirs du lycée ?
Bon, je cherchais vraiment la complication : le jeu Glee consiste tout simplement à chanter les titres interprétés dans la série devant un micro en ayant l'air de savoir ce qu'on fait. Le micro étant réglé pour que, s'il y a un son en même temps que les paroles, que ce son soit juste ou dissonant, les points sont tout de même attribués. De sorte que vous êtes en fait encouragé à faire n'importe quoi pourvu de souffler dans le micro. Je sais pas à quoi je m'attendais mais en tous cas c'est franchement bas de gamme.

Mais l'objet de mon post ne sera pas le jeu lui-même, en fait, mais ce qu'il dit de Glee, à son échelle.

Gleempse

En tout, j'ai vu la première saison de Glee 1,5 fois : j'ai vu la première partie en double, dont une pour me rafraîchir la mémoire à peu près lorsque la seconde devait commencer. Pour ce qui est de la saison 2, je me suis arrêtée avant le Rocky Horror Picture Show, ma patience ayant ses limites.
En dépit de ça, quand il s'est agi de choisir ne serait-ce que les chansons, j'étais complètement là en aveugle : "euh, ils l'ont chantée quand ça ? Je vois vraiment pas ce que c'est... Ah c'est pas quand ils vo-... ah bah non".

Le phénomène est devenu immense et pourtant, qu'a-t-il vraiment laissé ? A force de se gorger de popculture et de jouer avec des phénomènes déjà existants, Glee est devenu une sorte d'agglomérateur de trucs qui attirent le regard. Mais n'a rien su laisser, n'a rien su inventer, n'a rien su créer. On regarde Glee parce que c'est sympa, que ça fait de la musique, que ça bouge, qu'il y a des répliques drôles (plus ou moins exprès), et qu'on y voit tout ce qui est populaire par ailleurs. C'est une magnifique vitrine finalement : des comédies musicales à Lady Gaga, tout y passe, tout ce qu'il faut plus ou moins connaître pour ne pas donner l'impression qu'on vit dans une grotte.
Et pourtant la série n'impose jamais vraiment sa griffe, se refuse à apporter un enjeu créatif.

On a dit en riant l'autre jour dans The SeriesLive Show que Glee, ironiquement, n'a pas de générique. C'est finalement assez révélateur de l'état d'esprit de la série : plutôt que d'avoir un générique propre, qui lui confère une identité, elle se contente de piocher un peu partout ce qui lui servira de carburant. Mais tout cela est de l'énergie fossile...

Que laissera Glee derrière elle ?

Oui, je pense déjà à l'après ; j'ai pour ma part la conviction qu'elle n'ira pas au-delà de 3 saisons : la série brûle ses cartouches trop vite, le phénomène est énorme mais à mesure que le succès a pris de l'ampleur, la série s'est essentiellement recentrée sur un public volatil qui passera à autre chose si une série plus opportuniste débarque, et il en débarque toujours une à un moment ou à un autre. A force de recycler, Glee n'a pas su imposer sa marque, et ce sera pire quand arrivera la série de malédictions qui s'annoncent, comme le changement de casting. Le fait de l'assumer très tôt n'implique pas nécessairement que ça prendra. Et on parle, je le répète, d'un public qui préfère se lier aux personnages que les voir tourner (déjà les amateurs d'Urgences ont parfois eu du mal avec le turn-over, alors le public de Glee...).
Pour commencer, qui repensera encore à Glee quand cette série sera finie ? Une autre prendra sa place dans le cœur du public-cible, pour ceux qui n'auront pas simplement grandi et tourné leur regard vers autre chose. En se débarrassant de certains de ses personnages emblématiques, la série se sera transformée en franchise mais aura, aux yeux de ses fans de la première heure, perdu de sa substance (même quand ce n'est pas vrai, c'est ce que la plupart des fans pensent, quelle que soit la série). Les acteurs partis vers d'autres verts pâturages emmèneront souvent leur public avec eux, car le phénomène d'identification est fort (ils sont littéralement les petits outsiders qui réussiront dans le showbiz, et non leurs personnages). Au milieu de tout ça, la série aura continué à reprendre des chansons sans jamais imposer les siennes, sans jamais s'imposer une ligne claire. Sans même d'aller jusqu'à dire que la série aurait pu être une œuvre grandiose et marquante, elle aurait au moins pu camper sur ses positions quand le succès est venu au lieu de se laisser aller à ces guests et ces épisodes spéciaux destinés uniquement à attirer l'attention. Glee ne cherche pas vraiment à garder l'attention qu'elle capte, elle considère essentiellement que c'est un dû. Quand le vent tournera, je repartira...

Que tout cela est triste. Un an après avoir entendu certaines de ces chansons, je ne me souviens déjà plus de rien des épisodes vus avant l'été. Ma sœur à peine plus (et elle les a vus plus récemment). Oui, c'est ça, ça m'a rendue un peu mélancolique de constater que l'un des plus grands succès populaires de ces derniers temps ne laisse pas d'autre trace que les sillons de l'encre dans les rouleaux des comptables de la FOX.

Glee a loupé son occasion d'être une série importante pour se borner à être un phénomène marketing. J'aurais aimé penser qu'on pouvait avoir les deux. C'est ce qui aurait justifié sa longévité.

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8 octobre 2010

It's The SeriesLive Shooow !

C'est une première : une catégorie qui avait disparu voilà des mois et des mois à la faveur d'une petite mise à jour du blog, qui revient bien plus tard, ça n'était simplement jamais arrivé. Mais voilà : Entre potes (cast) est à nouveau d'actualité, comme vous me découvrez également via SeriesLive...

TheSeriesLiveShow_MEA
The SeriesLive Show - 1x01

L'occasion pour moi d'aborder des séries que j'avais déjà oubliées, à l'instar de Spartacus, ou encore Glee que j'essaye d'oublier. Les fidèles de ce blog y entendront également une petite allusion à une série indienne évoquée dans ces colonnes, saurez-vous la repérer ?

19 septembre 2010

Eh bah voilà

Quand j'étais petite, on allait voir nos grands-parents environ quatre fois par an dans leur maison de la banlieue de Dijon. Le weekend achevé, tout le monde montait en voiture, le teint verdâtre d'avoir trop mangé, les grands-parents suivaient la voiture quittant au ralentit l'allée de gravillon beige en nous faisant de longs signes de la main, puis nous sortions du cul de sac, prenions un virage à 180° dans la rue parallèle, et arrivés à hauteur de la maison (et en dépit du fait qu'il y avait celle des voisins entre nous), mon père poussait deux coups de klaxon comme pour dire adieu. La voiture prenait alors de la vitesse en direction de l'autoroute : c'était tout, rendez-vous au prochain trimestre.
Et sur la nationale conduisant à l'autoroute, invariablement, je dis bien invariablement, mon père lançait sur un ton qui se voulait jovial mais qui ne masquait pas vraiment sa nostalgie : "Eh bah voilà".

C'est mon tour à présent. Je publie l'article de la semaine sur SeriesLive, je retweet l'info pour que les curieux aillent y jeter un œil et même y laisser un commentaire si je suis en veine, et lorsque je m'apprête à rentrer sur mon blog, je pousse un soupir : "eh bah voilà".

C'est fini. L'été est derrière nous et avec lui, la série d'articles hebdomadaires sur les télévisions du monde s'achève avec ce bilan qui m'a été suggéré par Sirius. Voilà. C'est fini.
Eh bah voilà.

Monde_Bilan
Carnets de route : la télévision du monde pour les nuls

Je vous avoue que j'ai moi aussi un peu le teint verdâtre. Ce fût une expérience follement enrichissante, mais très fatigante. J'aimerais vous donner le nombre de séries vues, le nombre de séries fichées, le nombre d'articles lus, le nombre de pages imprimées... mais cette seule tâche me terrasse par la fatigue qu'elle représente, et parce que ce serait appuyer sur les côtés les plus exténuants de l'expérience.

Mais dans l'ensemble, j'ai eu de la chance de me lancer ce défi, un peu par hasard, mais de la chance quand même. C'est quelque chose que je recommande à tous ceux qui ont la téléphagie ancrée en eux... mais pas forcément à ce rythme, naturellement. Se fixer un pays à découvrir et s'y tenir, et lire le maximum, voir le maximum, tenter de comprendre comment les choses fonctionnent... Dépasser tout ce que l'on sait, remettre les choses à plat, accepter la possibilité d'un ailleurs plus exotique que jamais, et pourtant tellement réel pour les millions de téléspectateurs que ça concerne.

Quand je lis des "OSEF" et autres joyeusetés sur les news que je fais pour SeriesLive (et ce, en dépit de statistiques de lecture prouvant que ce n'est pas le cas, mais bon), je me dis : mais qui, en fait, s'en fout ? Les quelques téléphages que nous sommes ? Mais songez un peu en termes de chiffres : cette semaine, en Corée du Sud, Jeppangwang Kim Tak Goo s'est achevée sur des audiences d'environ 25,4 millions de spectateurs (c'est énorme mais on verra ça plus en détail avec la news audiences de vendredi, vous verrez). Et pendant ce temps, on qualifie d'excellents les résultats du marathon The Big Bang Theory quand ils rassemblent 8,1 millions de spectateurs la même semaine ? Comparativement, c'est plutôt du marathon de The Big Bang Theory dont on se fout, quelque part, non ?
Je sais bien que j'exagère. Après tout, le marathon était une rediff, et le final clôturait une saison exceptionnelle pour la comédie romantique coréenne. Mais tout de même, ça fait un peu réfléchir.

Vous savez, j'ai compté. Par curiosité, juste comme ça. Je suis pas très chiffres mais il s'avère que je les avais (vous verrez là aussi pourquoi bientôt), sur l'audience de chaque pays. Rendez-vous compte : avec les 12 pays pour lesquels il y a eu des articles sur SeriesLive, on parle déjà de télévisions qui sont regardées par plus de 2 milliards d'êtres humains (et on n'a même pas parlé de la Chine, par exemple). Comparez ça aux 310 millions de spectateurs américaines, et demandez-vous à nouveau qui pourrait dire que la télévision américaine, "OSEF". A peu près tout le reste du monde.
Évidemment, la télévision américaine exporte beaucoup, et dans la plupart de ces pays, ce qui signifie que mon raisonnement est caduc, du coup. Mais quand même, je trouve que ces 2 milliards et quelques d'âmes, ça signifie quelque chose. Ces 2 milliards de spectateurs ont, outre l'achat de séries américaines, une télévision qui leur est propre. Ils ont quelque chose qui leur est destiné à eux. Ça signifie en fin de compte qu'il y a bien plus que la télévision américaine dans la vie, et que le modèle n'est pas un absolu.

Comprenez-moi bien : j'ai aimé une grande partie de ce que j'ai découvert comme fictions cet été, mais ça ne veut pas dire que je suis devenue anti-télévision américaine. Bien au contraire.
Avoir plus de choix, avoir plus de comparaisons, m'a donné l'opportunité de mieux cerner ce que j'aime à la télévision américaine.

J'aime les saisons courtes, par exemple.
Je voulais en faire un post quand elle a sorti le sien, mais Livia a profondément raison : la saison de 20 épisodes a vécu. En fait, elle n'a vécu quasiment qu'aux États-Unis (et, comme à présent nous le savons tous, en Corée du Sud). La plupart des pays ont depuis longtemps choisi le format d'une demi-douzaine d'épisodes, la mini-série est en quelque sorte la norme. La mini-série renouvelable, certes, mais la mini-série quand même. C'est une question de moyens financiers, bien-sûr, mais aussi une question de préférence. Ce format-là revient parce qu'il est plus confortable pour le spectateur aussi.
Ce vendredi (puisque j'ai choisi le vendredi comme jour privilégié pour les posts To be continued..., j'ignore si vous avez remarqué mais il n'y a eu qu'une seule exception), je voulais faire des récaps pour plusieurs séries ; à la place, je n'ai fait que Glee, alors que j'avais aussi vu la saison de The Big Bang Theory et même 30 Rock. Pourquoi ? Parce que la perspective de rechercher une capture dans une vingtaine d'épisodes (même si j'avais une longueur d'avance pour The Big Bang Theory) était décourageante. Et la raison d'être de ces posts est justement que les séries sont devenues trop longues même pour leur diffuseur, à présent. Il suffit de prendre Caprica comme exemple : SyFy donne l'impression d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre et ne pas savoir que faire de tous ces épisodes. Elle voudrait que ça marche, mais son système de commande l'a visiblement dépassé ; si on était partis sur la base de 13 épisodes, la série n'aura pas connu certains défauts, et la diffusion aurait été plus aisée... l'avenir semblerait sans doute moins incertain pour cette série de SF, en fin de compte.

Vous voyez ce que je veux dire ? Arpenter la façon de faire d'une douzaine d'autres pays me donne de nouvelles perspectives sur la télévision que je regarde et que j'aime depuis plusieurs années. Je vais certainement faire des choix un peu différents maintenant que je suis habituée à une telle variété. C'est la saison des pilotes et je vais y réfléchir à deux fois avant de m'aventurer dans une série prévue pour 20 épisodes, je vais certainement préférer des séries plus courtes, pour avoir plus de temps pour d'autres séries plus courtes venues d'ailleurs.

Ce voyage-marathon m'a ouvert des horizons, m'a aidée à mieux définir certaines choses...
Aujourd'hui je vais regarder à la télévision américaine des séries que je choisis, et non que je subis (et pourtant, avec ma pratique du cagoulage, je me considérais comme plutôt libre de mes mouvements).

Je crois que c'est ça, que j'ai vraiment appris sur la téléphagie, tandis que j'apprenais tant de choses sur la télévision. On n'a pas à être prisonniers d'un système. Il y a un choix plus vaste que ce qu'on croit.

Dans les semaines, les mois à venir, j'espère que vous me suivrez dans cette nouvelle quête. Ce que je vous ai dit qu'il y a plusieurs semaines est toujours valable : j'ai besoin de vous. Si vous avez aimé apprendre ne serait-ce qu'une seule des informations distillées dans ces articles estivaux, montrez-le, tout simplement. Les news et les articles sur SeriesLive, les posts sur ladytelephagy... ne sont pas finis tant que vous, les lecteurs, vous continuez d'y réagir.

Après tout ce qu'on a découvert tous ensemble cet été, j'espère sincèrement qu'on ne va pas bêtement s'arrêter en si bon chemin. Vous, les lecteurs de ladytelephagy, je vous sais curieux, je vous sais intelligents, je vous sais constructifs. Suivez-moi encore un peu, vous voulez bien ?
Juste pour que je n'aie pas à klaxonner deux fois et dire "eh bah voilà". Ce serait trop bête.

17 septembre 2010

To be continued... Glee

Bon, avec leurs histoires de diviser les saisons en deux, d'en coller un peu partout et de reprendre ensuite la saison 2 quelques mois plus tard, les chaînes américaines me fatiguent un peu, je suis bien obligée de l'admettre. Ça devient du sport de réussir à en suivre une ! Fort heureusement, c'est la raison d'être de la rubrique To be continued..., aussi va-t-on profiter de ses bienfaits et se rappeler de la 1e saison de Glee, qui a eu droit à un morcèlement peu pratique.
Ça va un peu faire rediff, mais la FOX ne nous laisse pas vraiment le choix...

Glee___1x01
1x01 - Ressusciter le glee club, ou comment confirmer le proverbe qui dit que l'Enfer est pavé de bonnes intentions.

Glee___1x02
1x02 - Histoires d'amour, show sulfureux et abstinence : au glee club, ce sont les hormones qui travaillent le plus dur.

Glee___1x03
1x03 - Will Shuester se prend pour Justin Timberlake et pendant ce temps, le glee club patauge.

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1x04 - If you liked it then you should have put a ring on it !

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1x05 - April en septembre, c'est un peu moins de 45mn de pur plaisir.

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1x06 - Pour (officiellement) subvenir aux besoins de l'enfant qu'elle n'attend pas, Terri met en pratique le diplôme d'infirmière qu'elle n'a pas.

Glee___1x07
1x07 - Que vois-je... mais oui, à l'avant du peloton, il y a du mouvement : de parfaite petite bitchasse blonde, Quinn vient de prendre la tête, devenant le personnage le plus intéressant de la série !

Glee___1x08
1x08 - Popularité et paternité ne sauraient faire bon ménage.

Glee___1x09
1x09 - Accrochez-vous à vos télécommandes, les enfants, l'intrigue de cet épisode a défié toute gravité.

Glee___1x10
1x10 - Rachel change de béguin comme de chemise, mais Quinn s'apprête à sceller son destin.

Glee___1x11
1x11 - Il se passe beaucoup de choses dans cet épisode, mais tout le monde n'en retiendra qu'Imagine.

Glee___1x12
1x12 - Outre une excellente interprétation du générique de MR. BRAIN (bah, quoi ?!), cet épisode propose un superbe dénouement à l'intrigue domestique des Shuester...

Glee___1x13
1x13 - Les sectionals sont là, et avec eux un bouquet final... en attendant la suite.

Glee___1x14
1x14 - Hello, am I the plot twist you're looking for ?

Glee___1x15
1x15 - Vous trouvez que j'exagère si je dis que cet épisode contient le meilleur numéro musical de la saison ?

Glee___1x16
1x16 - Oh, April, tu ne pourrais pas tout simplement rester ?

Glee___1x17
1x17 - La plupart des spectateurs de Glee n'étaient même pas nés quand la chanson est sortie...

Glee___1x18
1x18 - Kurt se retrouve, encore et toujours, avec le meilleur (le seul ?) character development.

Glee___1x19
1x19 - Cette 2e partie de saison est décidée à s'emparer du plus petit phénomène de buzz pour en devenir un également...

Glee___1x20
1x20 - Exactement comme dans un clip de Gaga : tout dans la forme, rien dans le fond.

Glee___1x21
1x21 - VOILA pourquoi Glee est une comédie (parfois à son insu).

Glee___1x22
1x22 - Difficile de faire mieux que les sectionals, et justement, ça n'a pas été le cas.

Nan mais, on a intérêt à suivre, hein, parce qu'il y en a pour au moins 3 saisons, alors... Bon, après je vous l'accorde, c'est pas le scénario qui est difficile à comprendre, mais enfin, vu le phénomène qui a été fait de cette série en l'espace de quelques mois, il vaut quand même mieux savoir de quoi on parle... surtout si on veut ensuite pouvoir critiquer certains choix. Et à n'en pas douter, vu le tour que Glee prend, on va en reparler.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Glee de SeriesLive.

9 septembre 2010

Ô rage, ô désespoir, ô jeunesse ennemie

La seule raison pour laquelle The CW s'est mise à lancer ses séries avant tout le monde (ou presque), j'en suis convaincue, c'est pour nous plonger dans le plus profond désespoir. La saison commence, on est euphoriques parce que tout semble possible, et vlam ! Nos espoirs sont réduits en bouillie comme s'ils étaient de la cervelle de spectateur de TFHein. Comment voulez-vous ne pas sombrer dans la dépression après ça ? Comment garder encore espoir en la télévision moderne ? Comment ne pas être convaincu qu'il n'y a plus rien à espérer et que l'horizon téléphagique se couvre de noirs nuages qui obscurcissent le ciel à jamais ?
Hm. C'est trop ?

Nan mais comprenez-moi : j'ai littéralement pleuré devant Hellcats. Littéralement.
Il y a deux scènes devant lesquelles j'ai même eu l'impression de pleurer des larmes de sang tant c'était douloureux. C'est tellement nul qu'on se dit que c'est forcément du second degré. Et il y a eu, subrepticement, quelques secondes pendant lesquelles je me suis dit : "ah non, mais ça va, ils n'y croient pas vraiment". J'avais besoin de le croire, vous comprenez ?
Mais au final, tout est tellement stupide, tellement facile, tellement décérébré, tellement... oh mon Dieu, tellement The CW. En pire.

Hellcats

Vous savez, avec Life Unexpected, je m'étais dit que peut-être, juste peut-être, la chaîne avait compris qu'elle n'était pas obligée de faire dans l'affligeante nullité en permanence. Que montrer des jeunes filles bien roulées en train de se trémousser et de faire des effets de chevelure, ça avait fait son temps. Que franchement, les personnages inconsistants (elle se moque des cheerleaders mais elle va donner le meilleur d'elle-même dans la seconde qui suit, elle se fritte avec la petite capitaine et ensuite devient sa meilleure amie...), les acteurs au talent abyssal (mais Gail O'Grady a stocké le sien dans ses nouvelles pommettes alors tout va bien), les scénarios remplis d'excuses (ça alors je suis nue dans les douches mixtes, bien-sûr la méchante a entendu quel était mon point faible...), les scènes interminables de remuage de popotins (sans échauffement, sans entrainement, plus miraculeux que quand les petits de Glee chantent juste sans jamais répéter)... que tout ça, franchement, on en avait fait le tour.
Sérieusement, j'ai honte pour les adolescents à qui on fait regarder ces conneries. Ça provoque la même réaction d'indignation et de colère que l'an dernier devant The Beautiful Life, voire même, pire, parce qu'à côté, The Beautiful Life n'était pas aussi gratuite, c'était presque du Walt Disney à côté des plans sur les fesses qui remuent !

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je... J'arrive plus à penser. Je viens de me taper le pilote de Hellcats, au nom du ciel !
Le salut de ma journée dépendra de Terriers. C'est dire si parfois, téléphagiquement, la vie tient à peu de choses.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hellcats de SeriesLive.

18 août 2010

Killing me softly

NaneunJunseolida

Pauvre petite fille riche.
On a beau savoir deux-trois trucs sur un personnage avant de faire sa connaissance dans un pilote, les faits sont là : chaque fois que l'un d'entre eux est pété de thunes, irrémédiablement, on a du mal à le plaindre. De la même façon qu'il ne peut être tout-à-fait gentil, il ne peut pas être tout-à-fait triste, vous voyez ?

Mais Naneun Junseolida parvient tout de même, après quelques premières minutes poussives et un peu molles, à progressivement nous faire apprécier Seol Hee, son héroïne, et cela sans en rajouter dans les violons. Car en dépit de ses promesses musicales (exposées d'entrée de jeu, et rappelées à intervalles réguliers), Naneun Junseolida n'est pas vraiment une série sur la passion de la musique, ou alors, vraiment il faudra voir ça après le pilote. Non, il s'agit avant tout d'une série sur une femme brisée au dernier degré qui va se reconstruire par la musique. Et c'est largement différent.

Le parcours de Seol Hee avait bien commencé : jeune femme populaire, la voilà à tomber enceinte et se voit plus ou moins embarquée dans un mariage de raison, la famille de Monsieur étant d'un certain milieu. Mais elle fait une fausse-couche et depuis tout le monde la regarde comme si elle avait roulé sa belle-famille pour leur arracher un beau mariage. Et son époux n'en pense pas moins. Elle n'est qu'un accessoire en société, pour lui. Et encore, tout juste. Sa belle-mère ne fait d'ailleurs pas tant de manières et plutôt que de l'ignorer, elle préfère la rabaisser dés que possible.

Infantilisation, chosification, négligence permanente, mépris, humiliations... ah elle est belle la vie de "femme de", ah ça donne envie. Totalement déshumanisée, Seol Hee cherche désespérément à exister, et finit par ne s'attirer que plus de dégoût de la part de sa belle-famille encore. Pire, elle ne parvient même pas à trouver de réconfort auprès de sa sœur, seule famille qui lui reste et qui ne tient pas non plus en haute estime les choix qu'elle a faits. Et à vrai dire, quel choix a-t-elle vraiment fait ? Tout est en place pour que Seol Hee semble être la victime innocente des circonstances. C'est un peu énervant. Et quand on croyait pouvoir difficilement plus pathétique, voilà que sa sœur est frappée par un cancer de la moelle épinière et qu'évidemment, Seol Hee est compatible, mais que sa famille lui interdit de donner sa moelle. Faites entrer les violons.

Alors ce qui fait la différence, ce qui fait que, vraiment, on s'attache, c'est le traitement. On sent qu'elle pète les plombs, la Seol Hee, qu'elle cherche à s'échapper d'elle-même et qu'elle finit plus emprisonnée encore. Elle est coincée. Elle n'a pas d'issue. Elle tourne en rond dans sa cage dorée et elle n'inspire que détresse. D'accord, elle va passer beaucoup de temps à s'essuyer les larmes qui lui dégoulinent du menton, mais surtout, Seol Hee va donner l'impression d'alterner les phases où elle se débat, et celles où elle accepte de se noyer. La scène récurrente qui consiste à la voir broyer du noir dans sa penderie luxueusement meublée est en cela l'un des meilleurs outils.

Dans ces conditions, quand arrive la chanson de fin d'épisode, et qu'on réalise à quel point elle est merveilleusement intégrée dans l'histoire, on percute. On comprend ce que Glee a raté dans l'intégration de ses chansons (et croyez-moi la comparaison s'arrêtera là), on comprend ce que c'est que d'utiliser la musique pour servir l'histoire.
Et pas l'inverse.

C'est brillant. C'est brillant parce que c'est fait avec tact et que franchement c'était pas gagné. Et juste comme ça, la musique prend une raison d'être dans l'existence de Seol Hee. Ce n'est pas un prétexte pour faire chanter les personnages principaux (ou d'autres), c'est une partie intégrante de l'histoire. Un personnage à part.

Le démarrage a donc été lent, un peu laborieux même, et on a frôlé de peu une énième série misérabiliste sur laquelle verser quelques larmes règlementaires. Entre de mauvaises mains, ce scénario aurait été tellement cheap. Mais non. C'est donc avec plein d'espoir (celui que les choses continuent d'aller s'améliorant) que je m'apprête à continuer Naneun Junseolida, d'autant que la fin du pilote a donné une impulsion supplémentaire, en donnant une occasion au personnage de dépasser la situation de départ et prendre de vitesse tout le monde. Je ne pensais pas que ça viendrait d'elle. C'est appréciable de voir un personnage aussi indépendant des poncifs qu'on attend de pareil scénario.
Voilà une série qui peut beaucoup offrir, pourvu de ne pas se relâcher.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Naneun Junseolida de SeriesLive.

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