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ladytelephagy

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22 août 2010

Perdu dans ses souvenirs...

Quelle est la part de réalité de nos souvenirs ? Des bribes de réalité oubliée s'y sont-elles cachés ?

Capitu_1

Si la série Capitu porte le nom d'une protagoniste, son héros reste Bento, le vieillard courbé par le poids des ans qui partage ses souvenirs, l'œil hagard et humide, la lèvre tremblotante. Ce clown triste tente de se souvenir... la belle histoire qu'il a vécue avec Capitu n'a-t-elle existé que dans sa tête ? Son fils est-il réellement son fils ? A l'automne de sa vie, rongé par le doute, le remords et les regrets, Bento nous fait entrer dans le théâtre de sa vie...

C'est donc l'histoire de Bento et Capitu, qui sont tombés amoureux dans leur prime jeunesse. Mais la mère de Bento, qui a eu toutes les peines du monde à enfanter, a promis l'âme de son fils à Dieu : il deviendra prêtre ! Bento est envoyé au séminaire, loin de celle qui le fascine tant... Éloignés, les deux tourtereaux finissent pourtant par se retrouver et se marier. Un happy end ? Non, le début de la tragédie.

Bento sera-t-il capable, simplement en revenant sur le passé, de trouver une issue au doute qui l'assaille ? La paternité de celui qu'il a toujours cru être son fils, Ezechiel, sera-t-elle éclaircie par le simple effort de mémoire que Bento fait devant nous ? Nous prenant à témoin, il implore notre aide... mais on ne peut probablement rien pour lui.

Capitu_2

Capitu ne renie pas ses origines : la littérature et le théâtre.

Tout au long de la série, Bento griffonne à la plume ses souvenirs, comme pour mieux les saisir, comme pour leur donner plus de réalité. Mais en fait, il a conscience qu'ils lui échappent. L'émotion prend le pas sur le factuel. Encre encore luisante et mots qui crissent contre le papier... Bento capture désespérément l'insaisissable. Mais Bento ne se contente pas, surtout pas, d'être une voix off. Il promène sa carcasse décharnée et recroquevillée parmi les décors des scènes qu'il a jadis vécues, enfant, jeune homme... Maître de cérémonie d'une pièce qui ne joue que dans sa tête, et dont nous sommes les spectateurs privilégiés.

L'unité de lieu, les jeux de lumière... les costumes d'opéra de ses personnages : Capitu n'a pas honte de devoir sa forme au théâtre, au contraire, elle lui rend honneur, nous rappelle que nous sommes dans un monde fantasmé, pas tout-à-fait réel, pas tout-à-fait fictif.
Mais plus que cela, Capitu est un foisonnement de couleurs, de sons, de lumières, n'hésitant pas à mélanger les images d'archives, des découpages, des idées graphiques insensées et des plans directement inspirés du spectacle vivant dans toute sa forme, plantée au milieu d'un univers étrange fait de maquillages extravagants, d'appareils désuets et de robes corsetées. Irréel et pourtant émouvant à chaque seconde grâce à son frêle narrateur, Capitu est une claque pour moi, je ne vous le cache pas.
Et pourtant, je ne parle pas un traitre mot de Portugais, alors, allez savoir, peut-être suis-je totalement à côté de la plaque ?

Pour en juger par vous-mêmes, voici un extrait du premier épisode, lorsque Bento commence à rappeler les premiers souvenirs qu'il a de Capitu, et qu'elle l'entraîne sur le chemin du passé. Passage dépourvu de dialogue, vous dépouillant par la même occasion de toute raison de refuser de le regarder...

Capitu_IfIwasyoung

Je vais être sincère avec vous : s'il y a 10 personnes qui commentent ce post (ou plus), ça va finir en La preuve par trois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capitu de SeriesLive.

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22 août 2010

L'œil et le bon

Oeil_1

Producteur, producteur exécutif, réalisateur, showrunner... tout ces mots ne me parlaient pas du tout, il y a 15 ans, lorsque j'ai commencé à regarder les séries, et non plus à me contenter de les voir. Alors, quelle que soit la personne qui se cache derrière la magie d'une série réalisée avec une certaine recherche esthétique, je disais qu'il y avait "un œil derrière la caméra". Depuis, je connais un peu mieux la définition de ces titres parfois ronflants, mais cette expression reste la plus évocatrice d'une réelle identité visuelle.

Les séries desquelles ont peut dire qu'il y a un œil derrière la caméra sont rares, en définitive. La plupart du temps on reste dans une mise en images sommaire, scolaire, quelque chose de classique. Certaines séries se font une spécialité d'avoir l'air absolument passe-partout. Oh, je ne dis pas que c'est le cas de toutes. Je dis que c'est le cas de beaucoup.

Une série avec de bons éclairages, une réalisation maîtrisée et une identité immédiatement reconnaissable à l'œil nu, c'est ce qu'on trouve en général dans le haut du panier. Il y en a pas mal, mais comme ça demande plus de travail, plus de moyen, plus de temps, ce n'est pas ce qu'il y a de plus courant. Comme vous le savez, je me suis remise à Mad Men, et si je reconnais bien volontiers qu'il y a une certaine recherche esthétique, celle-ci passe plus par les recherches du département stylisme que par la réalisation, qui reste très simple. Ce n'est pas un reproche. Mad Men a beaucoup d'autres qualités après tout.

Mais je compare régulièrement la recherche faite autour de la série avec celle exécutée autour d'un sketch de SNL avec January Jones. Conçu pour renvoyer à Mad Men, sur la forme, il est infiniment plus abouti dans la recherche des couleurs, du grain. Personnellement je ne pourrais probablement pas prendre Mad Men au sérieux, avec les thèmes sombres qui semblent se profiler (faut qu'on en reparle d'ailleurs), si la série employait le même chemin esthétique que ce sketch. Mais dans l'absolu, l'un est plus travaillé que l'autre, c'est évident.
Faudra que je vous le mette, un jour, ce sketch, d'ailleurs. Même pour moi qui n'apprécie pas January Jones (et ce bien avant qu'elle ne se pique de s'approprier Jason Sudeikis... ce qui évidemment n'arrange pas son cas), c'est une perle.

Alors, plus rare, il y a les séries dont instinctivement je dis qu'il y a un œil derrière la caméra. Celles où la recherche est poussée, aboutie, travaillée. Il y en a une poignée. Une poignée qui vont au-delà de ce qui est raisonnable d'exiger d'une série de 10 ou 20 heures. Chacune dans son style accomplit quelque chose qu'on ne croirait possible qu'au cinéma. A tort.
Des séries comme Carnivàle, Pushing Daisies, Mousou Shimai... et Capitu.

Sans avoir trouvé le moindre sous-titre, me voilà à regarder le deuxième épisode.
Je crois que je suis amoureuse.

Il faut vraiment que je vous raconte.

22 août 2010

Telephage from Ipanema

Dans le tour du monde de cet été, il y a des pays qui me plaisent un peu plus que d'autres. A ma grande surprise, les pays qui me plaisent le plus ne sont pas ceux sur lesquels j'aurais misé ma télécommande, pourtant, mais les faits sont là. Israël, naturellement, a été une grosse claque, parce qu'il s'y passe plein de choses et que la fiction y semble aussi diversifiée qu'en Occident (ce n'est pas pour rien que les USA viennent de plus en plus y piocher, d'ailleurs les gars, l'adaptation de Hatufim, ça avance oui ou non ?). J'ai aimé le peu que j'ai pu voir de l'Afrique du Sud, sur un autre registre d'ailleurs, et j'espère pouvoir en découvrir plus quand j'aurai un peu plus de temps, une fois ce tour du monde terminé, même si, avec le planning qui est prévu, ce n'est pas pour tout de suite. Et puis, là, cette semaine, grosse claque dans la gueule avec le Brésil.

Et là on peut dire que je ne m'y attendais pas, probablement parce que comme tout le monde j'imagine (sauf quelques téléphages déjà cultivés, qui se sont dans ce cas bien gardés de partager leurs trouvailles...), pour moi, Brésil = telenovela.
Ce n'est évidemment pas faux. Mais c'est tellement plus.

Le Brésil est un pays qui semble décidé à ne rien faire comme ailleurs : les chaînes publiques sont arrivées tard, très tard ; la première chaîne du pays a aujourd'hui disparu ; la chaîne la plus puissante n'est pas la plus ancienne ; le câble et le satellite restent très minoritaires... Tout ça et plus encore, c'est dans l'article de la semaine, bien évidemment.

Bresil_CopacabanaTV
O televisor redentor : la télévision brésilienne pour les nuls

Au-delà de ça, le dynamisme de la télévision brésilienne a de quoi en clouer plus d'un sur son sofa. Parce que non content d'être un énorme exportateur de fictions, le Brésil est aussi en pleine effervescence en matière de création. Le renouvellement, il est là. Vous cherchez un endroit où les séries explorent l'inconnu ? Sans nul doute, le Brésil.

Le suave Mandrake, par exemple, est un petit bijou moite et sombre. On a l'impression de revivre les meilleurs polars du monde, à la fois sordide et sensuel, baignant dans une musique onctueuse et avec un personnage désabusé à souhait (dommage que le doublage soit à la ramasse ; je commence à suspecter qu'il y ait des langues plus difficiles à doubler que d'autres, parce que ça semble récurrent pour tout ce qui concerne l'Amérique latine, quand même...).
Mon coup de cœur de la semaine reste quand même Capitu. Loin des productions à la chaîne de telenovelas filmées au mètre qu'on se figure provenir du Brésil, c'est une merveille où la recherche esthétique et poétique arrache des soupirs émerveillés régulièrement. Encore une fois, le manque de sous-titres ou au pire, de doublage, nous prive de bien des trésors...

Bon sang, même à raison de deux posts par jour sur ce blog, je n'arrive pas à trouver le temps de vous parler de tout, c'est terrible. Ces séries méritent plus qu'un paragraphe chacune.

Enfin voilà, une semaine de plus à explorer la télévision étrangère et découvrir ce qui se cache au-delà du cliché. Moi qui pensais que la tournée latine n'allait pas être la plus captivante ! Moi qui craignais l'ennui ! Moi qui pensais même que c'était un moment à passer en attendant les pays suivants !
Où je vous emmène la semaine prochaine, à votre avis ? Il n'y a qu'une seule personne qui connaisse mon programme...

21 août 2010

[Day 21] Vous pouvez répéter la question ?

MemeDay_21a

Non ? Bon, d'accord. Un autre genre de "ship" alors...

MemeDay_21b

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche New York 911 de SeriesLive.

21 août 2010

Ma gamine est un gumiho

Deux. Deux tentatives pour réussir à me taper l'une des deux séries à neuf queues de l'été. Et j'ai même pas vu la fin du pilote. C'est trop pour moi. Là, j'abandonne. Faut croire que le gumiho ne passera pas par moi.

Hm ? Vous dites ? Vous ne savez pas ce qu'est un gumiho ? Je vois ce que c'est, on ne lit pas les fiches et news faites sur SeriesLive... pas de quoi se vanter, vraiment. Est-ce qu'au moins vous lisez bien My Tele is Rich comme je vous ai dit ? Non plus ? Il est pas trop tard pour cliquer en douce sur le lien et revenir ensuite, hein.

Bon. Disons pour résumer que dans l'imaginaire coréen, un renard à neuf queues (c'est le terme que désigne gumiho) est un animal parfaitement vicieux qui n'a pour préoccupation que de nuire aux humains. Leur artifice préféré est de se transformer en humain, plus précisément une ravissante jeune femme ou jeune fille, et ainsi attirer le mâle peu méfiant et en faire, au choix, un esclave ou un dîner. En particulier, les organes humains semblent être le met de prédilection du gumiho. Après, il y a des variations, mais l'essentiel est là.

GumihoKids

L'idée de la série est de prendre deux gumiho comme personnages principaux : l'une est une femme parfaitement consciente des avantages comme des inconvénients de sa position, l'autre est une petite fille innocente qui n'a pas la moindre idée de ce qui va lui tomber sur le coin du museau. Intéressant, d'ailleurs, de renverser la perversion traditionnelle du gumiho, et d'incarner l'animal fantastique par deux personnages radicalement différents : l'une aurait souhaité ne plus être gumiho, l'autre est un être confondant de candeur et qui n'a aucune idée d'en être un.

Mais les grands principes, ça ne fait pas tout. Car pour moi, l'inconvénient numéro 1 de Gumiho: Yeounu Yidyeon, c'est ça :
et je vous assure que ma propre audace me surprend car je n'aurais jamais pensé avoir en moi la force de revoir ces images

Gumiho_1 Gumiho_2 Gumiho_3 Gumiho_4 Gumiho_5

Vous comprenez mon problème.
Pourquoi les gens avec de grandes dents se sentent-ils obligés de faire ces sourires ignobles ?

Donc après avoir tout lâché une première fois, frissonné pendant 24 heures d'affilées et, sûrement par réflexe, réarrangé le bouquet d'ail sur la table de la salle à manger, j'ai quand même décidé de dépasser ça. C'est ce qui explique (entre autres) la raison pour laquelle j'ai dû recommencer le test de ce pilote.

Mais rien à faire. Car s'il ne s'agissait que de dents, mon problème avec Gumiho: Yeounu Yidyeon serait finalement minuscule. Ce n'est pas le cas, beaucoup d'autres choses m'irritent dans ce pilote, au point que les dents sont quasiment devenues le cadet de mes soucis, si l'on met de côté toutes les fois ou j'ai serré mon nounours en pleurant.

Il y a d'abord la réalisation. Livia vous dit qu'elle est épatante, je réponds que quand, dans un même épisode, on nous ressert plusieurs fois les mêmes images, il y a foutage de gueule ; or, ça se produit au moins deux fois, ça fait beaucoup. Oh, les combats sont superbement chorégraphiés, ça je vous l'accorde. La scène dans la forêt de bambou était aérienne juste comme il faut. Mais les effets spéciaux sont à la traîne, ce qui donne un côté terriblement cheap qui diminue l'effet d'autant.

Le scénario lui-même souffre, à ce stade, d'un certain nombre de passages vides d'intérêt. Les deux scènes d'action principales (les tigres et le duel) tombent comme un cheveu sur la soupe. Sur le coup, j'avais espéré que les ombres furtives dans la forêt de bambou seraient celles de gumiho reprochant à l'héroïne d'avoir tenté de devenir humaine, mais non, ce sont juste des bestioles affamées, ce qui donne l'impression de meubler et/ou provoquer une démonstration stérile. On a intérêt à revoir le mec qui s'est fritté avec le gumiho, aussi, parce que franchement, si c'était juste pour provoquer une rencontre avec le riche seigneur du coin, c'est terriblement cliché. Globalement on sent bien où va l'histoire, mais ces passages semblent essayer de plaire à un public que le reste de l'histoire ne contenterait pas, et ça renvoie une impression assez détestable.

Surtout, il y a le jeu des acteurs. Le gumiho adulte s'en sort assez bien... les enfants, c'est une autre histoire. C'en devient même pénible parce que ce sont sempiternellement les mêmes mimiques qui reviennent. Mais un nombre énorme de personnages passent aussi leur temps à geindre, et c'est ultimement irritant. Si ça ne tenait qu'à moi, dans ce pilote on ne garderait que le gumiho adulte et les seigneur, pour que la dramaturgie ne soit pas gâchée par tous les autres personnages qui en font des tonnes alors que, concrètement, ils n'ont qu'une influence minime, à ce stade, sur ce qui se joue. On nous conduit tellement à nous attacher plus au gumiho adulte qu'à sa petite que ça ne choquerait pas tellement, ce serait juste tellement reposant...

Un pilote inégal, en tous cas, et surtout avec beaucoup trop de points négatifs (et de dents) pour que je tente de chercher une amélioration future. Il est très possible qu'elle ait lieu, mais c'est trop tard pour capter mon intérêt, et j'ai mieux à regarder.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gumiho: Yeounu Yidyeon de SeriesLive.

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20 août 2010

[Day 20] Pas trop déçus ?

MemeDay_20

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Corky de SeriesLive.

20 août 2010

Vautours !

Cas d'école.
Je surveille, comme à peu près tous les jours quand le Dieu de la Téléphagie me le permet (mais le Démon du Travail intervient parfois...), mes sources habituelles de news. Aujourd'hui ne m'a pas demandé d'effort particulier, car pour ainsi dire tout le monde en parle. Même JMM, c'est dire.
Me voilà donc à préparer une news sur une série égyptienne qui fait débat, et dont il me semble intéressant de souligner qu'elle présente un certain intérêt dans le contexte politique du pays, outre le fait qu'il est assez rare qu'une série s'intéresse à l'histoire contemporaine. Quel que soit le pays, ça semble plus facile de s'intéresser à quelque chose qui commencerait à dater d'il y a plusieurs décennies, voire si possible plusieurs siècles, plutôt que de heurter quelques susceptibilités. Je trouvais ça intéressant et après avoir pesé le pour et le contre (parce qu'avec les réactions de certains, cette démarche de 10 minutes est devenue obligatoire et conduit dans 70% des cas à une auto-censure un peu agaçante...), je me suis dit que je ne serais pas la seule. L'un des intérêts de la téléphagie, ça reste quand même bien quand elle nous permet de réfléchir à quelque chose de plus large...

AlGamaa

Al Gama'a, c'est son nom, est donc une série qui fait polémique et si vous tentez une petite recherche sous Google avec son titre, vous ne pouvez pas la rater.
C'est là mon problème.

Car quand on recherche Al Gama'a, on ne tombe que sur divers échos (plus ou moins pompés les uns sur les autres) de cette polémique. Écoutez bien : j'ai même été infoutue de trouver exactement sur quelle chaîne la série est diffusée. C'est vrai que je fais mes recherches depuis le boulot, d'un endroit sensible, en plus, où je ne suis pas certaine que trouver "al gama'a al islamiya" dans mon historique soit bien vu, mais le fait est que je n'ai pas trouvé. J'ai mes soupçons, pour m'être intéressée à la télévision égyptienne voilà quelques semaines, mais pas de confirmation. A vrai dire, si ce n'était pour la seule photo légendée que j'ai trouvée, je ne saurais même pas vous dire qui joue dedans. Quant à savoir qui la produit, c'est simplement hors de question.
Et ça me chagrine, que voulez-vous, parce que par nature je suis du genre à aimer fignoler mes fiches, et qu'étrangement je n'ai pas ce problème pour des quantités de séries, diffusées dans des langues que je ne comprends pas plus que l'arabe.

Étrangement, quand une série égyptienne (ou libanaise, ou peu importe) fait débat, là, tout le monde se rue dessus. Mais si elle c'est une comédie, ou une romance, ou le biopic d'une star locale, ou une saga historique gentillette, là tout d'un coup ya plus personne.

Bande de vautours.
Dés qu'il y a quelque chose de négatif à faire ressortir (ici, les récriminations d'une organisation islamiste dont les procédés ne semblent pas vraiment faire l'unanimité, pour dire les choses avec diplomatie), on y va ! Ah ça, si on peut expliquer que le pauvre scénariste est seul contre tous, même si son regard est, bon, peut-être partial dans le fond, là c'est bon, là ça cause.

Et toutes les autres séries, messieurs les journalistes ? Toutes les autres, celles qui permettent de relativiser ? Imagine-t-on ne parler que de 24 pour aborder la fiction des États-Unis ? Ah mais pardon, ce sont les Américains, ils ont des laisser-passer à l'année sur nos chaînes nationales, pour eux on veut bien apporter de la nuance...

Je suis Française, je suis agnostique, et ça me choque. Je n'imagine même pas ce que je ressentirais, en tant que téléphage et en tant que rédactrice sur SeriesLive, si j'étais d'origine arabe ou de confession musulmane. J'aurais probablement tendance à le prendre encore plus mal que là. Je trouve ça d'une hypocrisie inouïe. Ça en dit long sur nos mentalités occidentales. Bon, je ne suis pas en train de dire que je vais apprendre l'arabe juste pour changer ça, parce que j'ai déjà le Japonais sur le feu, et que j'ai toujours ce rêve de consacrer du temps à l'apprentissage du Suédois, mais sachez que l'idée m'a traversée, c'est peut-être extrême mais j'ai eu une telle réaction de dépit, de dégoût et de lassitude que franchement, je me suis dit qu'il fallait y faire quelque chose.

Parce qu'en tant que téléphage à peu près curieuse, ça va, je pense que j'arrive à faire la part des choses. Quand je passe des heures pour trouver des infos sur UNE série égyptienne, syrienne, algérienne... quelque part, je me mets hors de danger. Hors du danger de penser de façon systématique que toutes les séries égyptiennes ont forcément ce goût de polémique, voire de provocation. Mais les autres ? Les téléphages peu curieux ? Les télambdas ? Pire, les gens qui n'en ont rien à faire et qui tombe sur cette info parce qu'elle est relayée par le Figaro ou le Nouvel Obs ? Quelle peut être leur vision de l'Égypte ? Quelle est l'information résiduelle qu'ils en ont ? Forcément déformée, plus encore que pour moi qui tente de m'intéresser à une partie minuscule de ce qui se dit en Égypte, via la télévision.
Ça me révolte, je ne vous le cache pas.

Bon, j'avais déjà effleuré ce sujet, mais je ressentais le besoin de revenir sur ce petit scandale, quand même. Comme je le disais, parler de notre rapport aux séries arabes ne me semble pas tout-à-fait anodin...

19 août 2010

Insérer ici une référence à Madame est Servie

Et là, quelque part, j'ai la sensation que tout est dit.
A la nuance près qu'Angela ne se sentait pas obligée de mouler son petit bidon dans des robes minimalistes, qu'elle ne ressentait pas non plus l'impérieux besoin de se percher sur des talons de prostipute, et qu'évidemment, il y avait Mona.

Voilà, là j'ai fait le tour.

MelissaJoey

J'déconne pas, c'est vraiment tout. Eh, si ABC Family n'éprouve pas de scrupules à diffuser une série comme Melissa & Joey, pas de raison que j'en aie plus à balancer ce rachitique post...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Melissa & Joey de SeriesLive.

19 août 2010

[Day 19] Sans exception

MemeDay_19

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Battlestar Galactica de SeriesLive.

18 août 2010

Killing me softly

NaneunJunseolida

Pauvre petite fille riche.
On a beau savoir deux-trois trucs sur un personnage avant de faire sa connaissance dans un pilote, les faits sont là : chaque fois que l'un d'entre eux est pété de thunes, irrémédiablement, on a du mal à le plaindre. De la même façon qu'il ne peut être tout-à-fait gentil, il ne peut pas être tout-à-fait triste, vous voyez ?

Mais Naneun Junseolida parvient tout de même, après quelques premières minutes poussives et un peu molles, à progressivement nous faire apprécier Seol Hee, son héroïne, et cela sans en rajouter dans les violons. Car en dépit de ses promesses musicales (exposées d'entrée de jeu, et rappelées à intervalles réguliers), Naneun Junseolida n'est pas vraiment une série sur la passion de la musique, ou alors, vraiment il faudra voir ça après le pilote. Non, il s'agit avant tout d'une série sur une femme brisée au dernier degré qui va se reconstruire par la musique. Et c'est largement différent.

Le parcours de Seol Hee avait bien commencé : jeune femme populaire, la voilà à tomber enceinte et se voit plus ou moins embarquée dans un mariage de raison, la famille de Monsieur étant d'un certain milieu. Mais elle fait une fausse-couche et depuis tout le monde la regarde comme si elle avait roulé sa belle-famille pour leur arracher un beau mariage. Et son époux n'en pense pas moins. Elle n'est qu'un accessoire en société, pour lui. Et encore, tout juste. Sa belle-mère ne fait d'ailleurs pas tant de manières et plutôt que de l'ignorer, elle préfère la rabaisser dés que possible.

Infantilisation, chosification, négligence permanente, mépris, humiliations... ah elle est belle la vie de "femme de", ah ça donne envie. Totalement déshumanisée, Seol Hee cherche désespérément à exister, et finit par ne s'attirer que plus de dégoût de la part de sa belle-famille encore. Pire, elle ne parvient même pas à trouver de réconfort auprès de sa sœur, seule famille qui lui reste et qui ne tient pas non plus en haute estime les choix qu'elle a faits. Et à vrai dire, quel choix a-t-elle vraiment fait ? Tout est en place pour que Seol Hee semble être la victime innocente des circonstances. C'est un peu énervant. Et quand on croyait pouvoir difficilement plus pathétique, voilà que sa sœur est frappée par un cancer de la moelle épinière et qu'évidemment, Seol Hee est compatible, mais que sa famille lui interdit de donner sa moelle. Faites entrer les violons.

Alors ce qui fait la différence, ce qui fait que, vraiment, on s'attache, c'est le traitement. On sent qu'elle pète les plombs, la Seol Hee, qu'elle cherche à s'échapper d'elle-même et qu'elle finit plus emprisonnée encore. Elle est coincée. Elle n'a pas d'issue. Elle tourne en rond dans sa cage dorée et elle n'inspire que détresse. D'accord, elle va passer beaucoup de temps à s'essuyer les larmes qui lui dégoulinent du menton, mais surtout, Seol Hee va donner l'impression d'alterner les phases où elle se débat, et celles où elle accepte de se noyer. La scène récurrente qui consiste à la voir broyer du noir dans sa penderie luxueusement meublée est en cela l'un des meilleurs outils.

Dans ces conditions, quand arrive la chanson de fin d'épisode, et qu'on réalise à quel point elle est merveilleusement intégrée dans l'histoire, on percute. On comprend ce que Glee a raté dans l'intégration de ses chansons (et croyez-moi la comparaison s'arrêtera là), on comprend ce que c'est que d'utiliser la musique pour servir l'histoire.
Et pas l'inverse.

C'est brillant. C'est brillant parce que c'est fait avec tact et que franchement c'était pas gagné. Et juste comme ça, la musique prend une raison d'être dans l'existence de Seol Hee. Ce n'est pas un prétexte pour faire chanter les personnages principaux (ou d'autres), c'est une partie intégrante de l'histoire. Un personnage à part.

Le démarrage a donc été lent, un peu laborieux même, et on a frôlé de peu une énième série misérabiliste sur laquelle verser quelques larmes règlementaires. Entre de mauvaises mains, ce scénario aurait été tellement cheap. Mais non. C'est donc avec plein d'espoir (celui que les choses continuent d'aller s'améliorant) que je m'apprête à continuer Naneun Junseolida, d'autant que la fin du pilote a donné une impulsion supplémentaire, en donnant une occasion au personnage de dépasser la situation de départ et prendre de vitesse tout le monde. Je ne pensais pas que ça viendrait d'elle. C'est appréciable de voir un personnage aussi indépendant des poncifs qu'on attend de pareil scénario.
Voilà une série qui peut beaucoup offrir, pourvu de ne pas se relâcher.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Naneun Junseolida de SeriesLive.

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