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ladytelephagy
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threesome
25 février 2012

Dans les choux

Pramface

Quand de jeunes Britanniques pas vraiment responsables se mettent à faire des bébés, je pense immédiatement à Threesome. Ce qui n'est pas forcément une bonne chose : difficile de se mesurer à l'un de mes coups de coeur de 2011.
Pramface n'emprunte pas vraiment le ton amusé, amusant et tendre de ladite comédie. Il faut dire que ses personnages sont plus jeunes, ses protagonistes viennent de milieu dont la différence est plus exacerbée (et en cela, la série rappelle plutôt 18 to Life), mais ce qu'elle décrit me fait plutôt penser à un épisode de Skins qui aurait "mal" tourné qu'à une série que j'aurais déjà pu apprécier.

On a donc deux adolescents qui, les examens de fin d'année étant enfin passés, qui se rencontrent à une soirée bien arrosée, et qui finissent au lit ensemble. La demoiselle ne manque pas de tomber enceinte, évidemment.

Je dis évidemment parce qu'entre le titre de la série et l'enchaînement prévisible des évènements, sans même parler des promos ou des résumés, on sait bien ce qui va se passer. Sauf que ça prend 25 minutes avant de se concrétiser. Le terme "épisode d'exposition" n'est donc pas vain, surtout qu'on a ici une série au format 30 minutes...

On enchaîne donc les clichés en attendant que ça se passe : relations avec les parents, copains un peu lourds ou un peu snobs, selon les cas, et toute cette sorte de chose. Non seulement l'intrigue est prévisible, mais la plupart des personnages et des situations le sont aussi (je pense notamment à la meilleure amie du héros, qui évidemment en pince pour lui mais n'en dira rien, qui va être aux première loges pendant la séquence-clé de cet épisode), ce qui n'aide pas. Et pour finir, le ton n'est pas très original non plus, la réalisation reste scolaire, les acteurs marchent sagement dans les clous.

Du coup c'est difficile de se captiver pour ce qu'il adviendra de ce couple-malgré-lui quand le reste est déjà vu, à mes yeux en tous cas, cent fois dans des séries adolescentes.
J'ai regardé Pramface avec la tenace impression que je n'étais pas dans la cible. C'est un problème récurrent quand je regarde des séries adolescentes, d'ailleurs parfois je le regrette, mais les faits sont là : ça m'empêche d'apprécier bien des séries. C'était le cas pour Pramface. Mais je n'ai pas l'impression que ce soit le seul facteur qui ait joué en sa défaveur.

Peut-être qu'avec un peu de temps, notamment une fois que la grossesse est en route, les choses peuvent se décanter, mais j'ai assez peu d'espoir...

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10 février 2012

lady's world tour - Escale n°2

Parce qu'il se passe des choses tous les jours dans le monde, le world tour revient pour une deuxième session cette semaine.
Mais aussi parce que, admettons-le, il y a parfois des infos qu'on laisse passer. Ce fut mon cas par deux fois, l'un bien moins excusable que l'autre, et voici donc la séance de rattrapage... Mea culpa, mea maxima culpa.

IlTredicesimoApostolo

- ITALIE : doux comme les scores d'un apôtre
On peut se risquer à dire que c'est une réussite : Il Tredicesimo Apostolo ("le 13e apôtre") a achevé mardi soir sa diffusion triomphale. La série en 12 épisodes, proposée par Canale 5, a réuni plus de 6,6 millions d'Italiens (ça nous fait 24% de parts de marché, ça se défend quoi). C'est certes un peu moins que le pilote (7,5 millions de spectateurs, 26,4% de parts de marché), témoignant d'une petite baisse d'intérêt de la part du public en cours de route, mais les taux d'écoute étaient remontés à l'approche du final, et ça reste donc un bon score. Du coup la chaîne a rapidement annoncé la mise en chantier d'une deuxième saison ! Lancée le 4 janvier dernier, Il Tredicesimo Apostolo, diffusée en hebdomadaire (mais à raison de deux épisodes à la suite), est une série fantastique dans laquelle un religieux enquête sur des évènements étranges pour déterminer s'ils sont avérés et s'ils relèvent du domaine du miraculeux.

- GRANDE-BRETAGNE : une deuxième tournée de café
C'est quand même l'une des deux bonnes nouvelles de la semaine au Royaume-Uni en ce qui me concerne : The Café va avoir une deuxième saison ! C'est sûr, on ne parle pas d'une série dont tout le monde cause (dommage pour ce tout le monde qui passe à côté), mais c'est quand même une vraie info qui fait plaisir, tant The Café est un ovni au rythme, au ton et à la narration à part. La série reviendra avec 8 épisodes, soit deux de plus que sa première saison diffusée à la toute fin de l'année 2011 sur Sky1. Il semblerait cependant que notre retour à Weston-super-Mare ne soit pas prévu avant 2013.

- GRANDE-BRETAGNE, the joy that keeps on giving : et de 4 !
Si vous avez entendu un cri de joie, c'est normal. Comedy Central UK a confirmé la mise en chantier d'une saison 2 pour Threesome (mais, précise-t-on, sans changer le titre en Foursome). Et ça c'est quand même super super super youpi chouette, non ? En gros, mes deux coups de coeur britanniques de la fin 2011 se voient pourvus d'une saison 2, donc bonheur. Tatatatata, je ne veux rien entendre sur "oh mais la première saison se suffit à elle-même", c'est une bonne nouvelle, point barre. Merci à Jo (que j'avais convertie à la saison 1) de me l'avoir fait remarquer, parce qu'en plus j'avais pas vu la news passer. Dans la même veine, j'en profite pour le préciser parce que je ne l'avais pas remarqué non plus, la série sortira en DVD... en novembre prochain. C'est la presque bonne nouvelle du jour, disons.

InDeriva
- ROUMANIE : deuxième saison en thérapie
Intéressant, et qu'est-ce que vous ressentez ? În Derivă, adaptation locale de BeTipul (qui a déjà donné In Treatment aux USA ou encore In Therapie aux Pays-Bas), est la première commande originale pour HBO Central Europe, dont la chaîne roumaine est l'un des avatars locaux. La petite soeur de HBO est actuellement en plein boom, et tente de diversifier son offre. Il faut quand même admettre que la présence de HBO dans ces pays leur permet déjà d'accéder au catalogue HBO dans des délais record (là en ce moment, il y a déjà du Luck, par exemple...), mais d'un autre côté, les chaînes de HBO Central Europe ont cumulé un certain retard en termes de fictions maison par rapport à HBO Latino, par exemple. Voilà donc venue l'heure de la revanche puisque la chaîne roumaine se félicite de l'excellente réception publique et critique de sa série originale, diffusée pour la première fois en décembre 2010 (pourquoi se presser). A noter cependant que cette nouvelle saison comportera 35 épisodes, contre 45 pour la saison précédente. J'ignore par contre si la version polonaise (certes apparue plus tard), Bez Tajemnic, profite du même sort.

- BRESIL : longue vie au roi
La ferveur envers les séries historiques ne connait pas de frontière ! L'une des séries du moment au Brésil, c'est Rei Davi, une "mini-série" en 29 épisodes (tout est relatif) revenant sur l'histoire biblique de David, deuxième roi d'Israël. Rede Record a lancé la diffusion de cette grosse production (25 millions de reais, une paille) le 24 janvier dernier, mais avant de sauter sur vos moteurs de recherche favoris, sachez qu'on est loin d'avoir affaire à une série de Luiz Fernando Carvalho... Visiblement ça n'a pas l'air de trop gêner les spectateurs, puisque la série totalise 30% de parts de marché environ chaque semaine, et ce en dépit du fait que Record ait décidé de diffuser le pilote deux fois de suite. Juste pour être sûre...

- EGYPTE : jupe courte contre mémoire courte
Ca m'attriste toujours un peu de ne trouver que ce genre de news, ou presque, lorsqu'il s'agit de pays arabes. Mais c'est pas une raison pour vous en priver. Le tournage d'une série adaptée du roman Dhat devant l'université Ain Shams a été interrompu hier par des étudiants islamistes, protestant contre la longueur (ou absence de) des jupes des actrices. Devant les risques de débordements, le directeur de la faculté d'ingénierie a demandé à l'équipe de la série de plier les gaules et gentillement se trouver un autre endroit pour filmer, s'estimant incapable d'assurer la sécurité du matériel ou du personnel de la production. L'ironie, amère mais tout de même, de la situation, est que le roman Dhat se déroule dans les années 70, à une époque où les jeunes femmes portaient des jupes courtes, et il s'agissait donc de reconstituer des tenues d'époque ; mais visiblement, les jeunes ingénieurs d'Ain Shams ne sont pas très calés en Histoire.

MissFisherMurderMysteries
- AUSTRALIE : suite de la tournée des popotes
On parlait de deux networks lors de notre premier world tour, voici venu le tour d'ABC et de SBS qui annoncent la couleur pour 2012. Le groupe public ABC, pour commencer, a démarré la saison avec The Straits (qu'on a déjà pu évoquer dans ces colonnes), et proposera dans quelques jours Miss Fisher’s Murder Mysteries avec la merveilleuse Essie Davis (ci-dessus). On pourrait penser que c'est déjà pas mal, mais évidemment, ce n'est pas tout. Ainsi, les deux volets de Jack Irish, et Redfern Now, la série a/de/pour/dans/avec des aborigènes, et supervisée par le britannique Jimmy McGovern, devraient enfin arriver sur les écrans (ça fait un bout de temps qu'on en parle), et accessoirement la chaîne a commandé une tripotée de téléfilms. Rappelons également que Crownies va subir de grands changements, se débarrassant pour tout ou partie de ses angles soapesques pour se recentrer sur les aspects légaux ; ces transformations aboutiront plutôt à un spin-off qu'à une saison 2, et on ignore pour le moment à quel point les acteurs ou même le titre vont être réemployés. Dans un registre plus nouveau (parce que pour le moment, ce n'est rien qu'on ne savait déjà), 12 épisodes ont été commandés pour The Doctor Blake Mysteries, l'histoire d'un flic qui, en 1959, vient reprendre le cabinet médical de son père. Du côté de SBS, les choses sont moins riantes : la chaîne a annoncé il y a peu avoir annulé Dusty, une série qui était en développement mais pour laquelle elle n'a plus les moyens d'aller au bout de la commande ; vu qu'il faudrait se lancer dans un autre projet de A à Z, la chaîne a très peu de chances de proposer une série australienne en 2012 hormis Danger 5, une série d'espionnage originale inspirée de l'univers pulp qui arrivera à la fin du mois. On attend aussi de connaître le sort de Housos, qui pour tout vous avouer m'est indifférent.

- COLOMBIE : les Walkers sont de retour
Comme souvent lorsqu'il s'agit de projets sud-américains, j'ai un petit temps de retard sur les news, mais c'est pas grave. Fin janvier, RCN a annoncé travailler en partenariat avec Disney pour lancer une version colombienne de... Brothers & Sisters ! Il faut dire qu'A Corazón Abierto, la version colombienne de Grey's Anatomy après passage au format telenovela, et impliquant les mêmes coupables, a été un carton d'audiences dans son pays d'origine, et dans toute l'Amérique latine. La série a même été renouvelée pour une saison 2 qui devrait être diffusée dans le courant de l'année, ce qui n'est pas une pratique courante à la base. Alors forcément, vu les résultats obtenus avec A Corazón Abierto, RCN mise sur cette nouvelle adaptation pour reproduire un succès similaire... On verra bien ce que ça donne !

- DANEMARK : une bonne leçon
Ce moment embarrassant, quand vous avez un peu l'impression d'avoir été en boucle sur la Scandinavie depuis plusieurs semaines, que vous avez écumé les sites que vous connaissez, dont les sites officiels des chaînes, que vous avez déniché des infos supers sympas sur des trucs qui vont se faire dans longtemps... et que vous passez à côté du lancement d'une série, là, cette semaine. Voilà voilà. Rita, lancée hier soir sur TV2, rappelle donc que nous avons encore tous beaucoup à apprendre sur la télévision étrangère et qu'une vie n'y suffit pas ! C'était la première fois depuis son succès Laerkevej que la chaîne lançait une série le jeudi soir à 20h (depuis l'automne 2009 donc), et le pilote a été regardé par 904 000 Danois. Un bon départ, donc, pour cette enseignante plutôt charismatique, d'autant que les critiques sont plutôt enthousiastes. Le lien de parenté entre les deux séries ne s'arrête pas là, puisque c'est le même scénariste, Christian Torpe, qui en est à l'origine.

...A noter également que, faisant directement suite à ce qu'on disait plus tôt cette semaine, la série espagnole La Fuga vient d'être déplacée dans les grilles de Telecinco, passant du mercredi (où elle était opposée à la comédie Con el culo al aire, qui malgré son succès public semble ulcérer la fédération espagnole de camping) au mardi soir, où désormais sa compétition sera Terra Nova sur Cuatro, Toledo sur Antena3 et The Mentalist sur laSexta.

Allez, c'est fini pour le world tour cette semaine... maintenant, c'est votre tour, je compte sur vos réactions !

14 décembre 2011

VIP only

On a tous connu, notamment au collège, de ces adolscentes passionnées par les chevaux, passant tous leurs après-midis au centre équestre, parlant sans cesse de canassons et, naturellement, tapissant leur chambre de posters à l'effigie de futurs steaks. Vous l'aurez compris, je n'en faisais pas partie. Du tout. Mon intérêt pour ces bestioles s'est éteint lorsque j'ai arrêté de collectionner les Petits Poneys (mais il y avait des pégases et des licornes, quand même, c'était autre chose !).
Contrairement aux apparences, je n'ai rien contre les chevaux. Ce sont de belles créatures, je suppose, simplement je n'ai pas d'atomes crochus avec eux. Je ne me suis jamais passionnée pour le monde des courses et personne dans mon entourage proche ne s'y intéressant non plus, je n'ai jamais eu qu'un regard très lointain sur les courses de chevaux. Ce seraient des lévriers, ce serait la même chose, en fait.

En fait, c'est précisément la raison pour laquelle j'avais envie de tester le pilote de Luck : parce que je n'y connaissais rien. Et que la perspective de découvrir une série m'intéresse toujours plus quand il s'agit de découvrir aussi des univers qui n'ont rien à voir avec mon existence ; j'aime l'idée qu'on peut, bon, peut-être pas vivre par procuration, mais en tous cas essayer de se figurer ce que c'est que de vivre d'autres vies, dans des univers radicalement différents ; je recherche bien plus cela dans les séries que l'identification. Je ne suis pas une mère de famille ni avocate mais je regarde The Good Wife, je n'habite pas une banlieue chic mais je regarde Suburgatory, je n'ai pas envie de bébé mais je regarde Threesome, je ne deale pas mais je me lance dans un marathon Oz. Vous me dites qu'il y aura une série sur des geeks gay (Outland), une vieille fille dans la quarantaine qui ne s'intéresse pas aux relations amoureuses (Saigo Kara Nibanme no Koi), ou des courses de chevaux (Luck), je dis ok : ça n'a rien à voir avec ma propre vie, mais je ne demande qu'à voir ce que ces sujets peuvent me raconter.
Sauf que pur Luck, je ne me suis pas du tout sentie concernée même pendant l'épisode.

Je sais pas, c'était comme si j'étais pas invitée et qu'on me le faisait sentir. Comme si c'était pas mon monde et que la série n'avait pas l'intention de m'y faire entrer.
Comme je ne ressentais pas trop les enjeux dramatiques, j'ai commencé progressivement à me dire qu'en réalité je n'avais probablement pas tout compris. Je voyais le mec faire son comeback, l'autre pouponner un cheval avec à la fois espoir, nostalgie et amertume, et quatre aux tenter de gagner le gros lot, par exemple. C'était pas un problème. Mais j'arrivais pas à comprendre quand même : qu'est-ce qu'on attendait de moi, que je me demande si ça va marcher pour eux ? Très franchement je n'y arrivais pas parce que tout ce petit monde parlait à demi-mots de choses qui me dépassaient totalement. J'avais l'impression qu'il me faudrait aller procéder à des quantités de lectures pour comprendre ce qui tracassait l'un, ou l'autre. Et je me disais, au fur et à mesure que l'épisode avançait, que c'était beaucoup de devoirs pour une série. C'est à la série de vous faire entrer dans son monde, pas l'inverse ; de la même façon que ne pas connaître les romans de Game of Thrones n'a pas été un obstacle pour comprendre les intrigues, de la même façon que je n'ai jamais eu à me demander en quoi consiste le travail dans des pompes funèbres parce que Six feet Under n'a pas hésité à me l'expliquer, Luck aurait dû me donner envie de plonger dans les courses de chevaux sans que je passe par ce stade désagréable où je me sens étrangère à tout.
Au final, j'ai eu l'impression que ce qu'on attendait de moi, c'était de me demander qui allait gagner la course (et de verser une larme sur le cheval blessé), mais que pour le reste, si je ne ressentais pas de l'intérêt pour le vieux qui marmone à son cheval ou l'agent de sécurité qui voudrait une chance de jouer mais ne l'utilise pas, eh bien c'est tant pis pour moi.
J'aurais aimé que Luck me prenne par la main et me dise pourquoi, par exemple, ce cheval a été endormi au lieu d'être soigné. Comme tout le monde j'ai tressauté quand on a entendu ce craquement lugubre, mais je n'ai pas compris pourquoi ça condamnait le cheval, par exemple, et j'aurais voulu qu'on ne tienne pas pour évident que j'étais en mesure de le comprendre. Je ne connais rien aux courses mais je devrais avoir une chance de m'intéresser à la série, or on aurait dit que c'était tout ou rien.

OutofLuck
C'était vraiment très énervant, ces échanges qui semblaient vides de sens simplement parce que, bah oui, j'ai pas lu de la doc sur les courses de chevaux avant de regarder le pilote de Luck, et j'ai pas l'intention de le faire chaque fois que je regarde un pilote, parce que ce n'est pas mon boulot, c'est celui des scénaristes. D'accord le cast est immense, la réalisation puissante, et peut-être que les personnages sont intéressants, mais si on ne m'invite pas à entrer dans ce monde, c'est pas à moi de faire l'effort, et c'est au moins aussi important que les atouts de la série.

Alors au bout du compte, je ressors du visionnage de ce pilote avec énormément de frustration, parce que j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui pourrait être intéressant, une série solide sur un univers jusque là jamais exploré, avec un cast énorme, une réalisation au cordeau et, a priori, je suppose, de bonnes histoires, mais voilà, je suis pas invitée. Je suis peut-être totalement crétine (et cette théorie n'est pas à exclure). Je suis peut-être fatiguée en ce moment (c'est vrai aussi). Je suis peut-être obtuse. Ou peut-être que c'était un jour où j'étais moins concentrée sur le pilote et que je n'ai pas écouté aussi attentivement que je le devrais les dialogues qui étaient peut-être plus pédagogiques que je ne le dis (hantée que je suis par Black Mirror, ce n'est pas impossible). Mais en tous cas j'ai l'impression, avec cette mauvaise expérience, d'être passée à côté de quelque chose pendant le pilote. Et la première impression, qu'on le veuille ou non, compte. Je peux m'acharner et tenter quand même de suivre la série lorsqu'elle commencera réellement sa diffusion sur HBO, mais soyons honnête, c'est une histoire téléphagique qui commence quand même très mal. Et ça me déçoit parce que je pressens que ç'aurait au contraire pu être une aventure intéressante.

Mais voilà, Luck fait partie de ces séries dont je vais probablement entendre plus de bien que je ne pourrai jamais en penser, comme si ses spectateurs faisaient partie d'un club VIP dont je ne suis pas membre. Il y a des séries avec lesquelles on se dit juste qu'on n'a pas accroché, et c'est tout, et c'est pas grave, on peut pas tous aimer la même chose (True Blood ou Boardwalk Empire sont de ces séries-là), et puis il y en a, on sent même confusément qu'on aurait pu les aimer. Mais voilà, on n'y était pas invité.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Luck de SeriesLive.

5 décembre 2011

Vous souvient-il ?

Tous les téléphages ont expérimenté une forme ou une autre de nostalgie.
Parfois, cela prend la forme d'une série devenue, au gré des années puis des décennies, fondatrice de tout le rapport que le spectateur a aux fictions télé dans leur ensemble. Ou bien, moins glorieux, parfois cette nostalgie se transforme en une forme de passéisme qui incite à dire, souvent à tort, que les séries, c'était mieux avant. Parfois c'est tout simplement se souvenir du détergent au citron quand votre mère passait la serpillère le dimanche soir, et que vous leviez les pieds d'un air absorbé, tout en regardant le Disney Channel. Parfois c'est le souvenir encore vif d'un épisode qui vous a ému sincèrement, et vous pouvez presque décrire la densité de l'air autour de vous au moment précis où vous l'avez regardé. Parfois c'est un souvenir doux, d'autres fois plus amer.
La nostalgie, quel que soit le degré de facilité avec lequel nous lui cédons, est une part de notre parcours à tous.

Je regardais un calendrier cet après-midi, et j'ai ressenti une bouffée soudaine, presque violente, étouffante, de nostalgie. J'ai regardé ce calendrier et réalisé que le mois de novembre s'était échappé si vite, et que j'avais essentiellement passé ce mois de novembre à avoir le coeur qui bat pour une série britannique, Threesome, à laquelle il faut une solide dose de volonté pour échapper si on lit ce blog de façon régulière. Une autre a d'ailleurs pris la relève, The Café, qui vraisemblablement sera mon coup de coeur du mois de décembre, sauf surprise (et après tout, il y a TOUJOURS des surprises dans mon quotidien téléphagique). C'est alors que j'ai eu un petit pincement au coeur à l'idée que, l'an dernier, mon mois de novembre avait également été très britannique.
Novembre 2010. Le mois où j'ai découvert, puis dévoré, puis délaissé, les 5 "premières" saisons de Doctor Who.

C'était il y a à peine un an.
Et cela fait une éternité.

Depuis que j'ai découvert la série, mon Docteur est parti, un autre a pris sa relève avant de disparaitre à son tour et céder la place à un nouveau. J'ai regardé, depuis, la 6e saison au même rythme que le reste des Whovians, avec ses deux parties, et ses épisodes parfois éprouvants en termes d'action surboostée ou d'émotions décuplées.

Et pourtant, tout-à-l'heure, devant mon calendrier, en repensant au mois de novembre 2010 et à ce mois de découverte, avec ce que cela inclut de hauts et de bas, de bons souvenirs et d'autres moins bons, bref, de sentiments mêlés comme on n'en vit qu'avec des intégrales auxquelles on se lie, devant mon calendrier, cet après-midi, je me suis surprise à murmurer...

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Comme si ce n'était pas elle que j'avais suivie au printemps et à l'automne. Comme si j'attendais son retour depuis près d'un an. Comme si soudain je réalisais que je l'ai délaissée et que les épisodes sont sans doute quelque part, n'attendant qu'un clic de ma part pour corriger cet égarement.

Soudain tous les souvenirs remontent. Fichue nostalgie.
Le Docteur danse, le Docteur faire une promesse qui se perd dans le crépitement d'un feu de cheminée, le Docteur enregistre un message fragmentaire, le Docteur s'extasie devant la fin du monde, le Docteur court dans la bibliothèque silencieuse, le Docteur hurle de rage envers les Daleks, le Docteur s'illumine à l'idée que tout le monde a survécu, le Docteur va applaudir Shakespeare, le Docteur dit adieu sur une plage... Les grands moments, les petits moments, les petites joies, les grandes peines, tout me revient, comme appartenant à une autre époque, une autre ère, et le Docteur me manque, sous presque toutes ses formes, il me manque terriblement, et je ne sais plus vraiment ce qu'il est advenu de sa série.
J'ai une envie terrible d'aller revoir ces épisodes, ou mieux encore, d'en découvrir de nouveaux...

...Avant de me raviser et réaliser que je les ai vus, les nouveaux épisodes. Je les ai vus. Et ce n'est plus vraiment la même chose. Je n'ai pas de nostalgie. Je n'ai pas de lien affectif. C'est une série que je regarde mais c'en est une autre. Il y a des bons moments, évidemment, quelques uns. Mais ce n'est pas la même série, non, on parle d'une autre, moi je parle de Doctor Who vous comprenez ?

J'ai senti mes doigts se crisper sur le calendrier, et mon coeur se serrer brièvement comme quand j'apprends l'annulation d'une série qui me plaisait bien et avec laquelle je pensais vivre encore quelques aventures.

"Ah, tiens, mais au fait, qu'est-ce qu'elle devient cette série ?"

Quelle misère.

VousSouvientIl

23 novembre 2011

[DL] twentysomething

Ca fait des semaines que je veux vous parler de twentysomething, rapport au fait que je trouve que Threesome a des airs de famille avec cette série, au sens où l'amitié entre les personnages et le côté brouillon de leurs existences est assez similaire. Sur le reste, pas vraiment, parce que je n'ai regardé que le pilote de twentysomething lors de sa diffusion et n'ai jamais vraiment eu envie de me mettre au (seulement) 5 épisodes suivants. Il manque donc vraisemblablement quelque chose pour m'enchanter vraiment au sujet de cette série australienne.
Mais bon, comme ça va faire pas loin de trois mois que je zappe la rédaction du post en question, et que ma playlist de génériques est tombée dessus, je me saisis de cette opportunité tant que j'y pense, et si vous avez du bol et/ou si vous insistez, on verra à aller plus loin dans un véritable post sur le pilote. Avec un peu de bol, Scarlatiine ne lira pas ces quelques mots, et ne me rappellera pas notre challenge de la rentrée.

twentysomething
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

On sent bien l'immaturité des personnages dans ce générique. Prise à part, la chanson n'a pas grand'chose d'exceptionnel, mais avec ces images, ces couleurs, et ce grand tableau couvert de craie, il faut bien avouer que ça fait pub Petit Bateau, ce qui est quand même un peu le but recherché (enfin, je ne sais pas si Petit Bateau habille aussi les Australiens, mais vous saisissez l'idée).

Quand on y réfléchit, hein, c'est quand même pas compliqué de faire un générique.
En 30 secondes, on a une mise en situation finalement assez révélatrice de la personnalité des protagonistes, un truc sympa et qui donne une identité reconnaissable entre mille à la série (ce sont quand même les bases d'un générique, non ?), et ça n'a demandé qu'un peu de moquette imitation herbe, un tableau noir, une dizaine de bâtons de craie et vraisemblablement pas plus d'une après-midi de tournage. Et sans avoir besoin de venir sobre. Vraiment, c'est pas difficile de faire un générique, je ne comprendrai jamais qu'on se permette de s'en passer quand un peu d'ingéniosité, de système D et de bonne volonté suffisent, surtout dans le cas d'une comédie.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche twentysomething de SeriesLive.

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22 novembre 2011

ThreeAWEsome

Contrairement à Death Valley qui s'est achevée sur un véritable chantage au renouvellement (à croire que Tim Healy et sa bande ont potassé les interviews de la bande à Life Unexpected, souvenez-vous, c'était il y a un an), Threesome s'est éteinte hier dans la douceur de son foyer, entouré de ses êtres chers ; de sa belle mort, en somme.
C'est une jolie fin de saison, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme, avec l'élégance de ne pas forcer la main à qui que ce soit pour un renouvellement. Et donc de le mériter totalement.

ThreeAWEsome
Threesome a, en l'espace de 7 épisodes, gagné de belles lettres de noblesse, en se montrant à la fois tendre et pétillante avec ses personnages.

Sans grande surprise, la grossesse d'Alice a été menée à terme. Sans grande surprise, nos trois zouaves l'ont vécue ensemble. Le concept de Threesome n'est pas de nous emmener vers l'inédit, le révolutionnaire et le surprenant, mais de nous raconter un joli parcours, celui de trois jeunes qui deviennent adultes... mais pas trop quand même, oh. Et la série n'hésite pas à les remettre à leur place, notamment avec la fin accordée à la mère d'Alice (je ne vous en dis pas plus, mais j'ai apprécié l'ironie du second épisode rétrospectivement). Sans faire de ses personnages des clowns que rien n'atteint ni ne vient contredire, elle a su en faire des personnages faillibles mais tout de même hilarants, profondément humains mais toujours prêts à faire les pitres. Regardez bien autour de vous, ce ne sont pas des qualités que l'on trouve si facilement.
Les personnages évolulent sans changer : ils grandissent, mais restent fidèles à eux-mêmes, leur envie de s'amuser, de plaisanter, de faire la fête... Threesome ne nous montre pas des personnages à qui, comme on dit, le plomb entre dans le crâne, et qu'on trouve souvent dans des histoires mélangeant immaturité et grossesse. Mais ils évoluent un peu tout de même. Pour une comédie de seulement 7 épisodes, la performance mérite d'être applaudie.

Puisqu'on parle de performance, notons que nous tenons là 3 excellents comédiens. Ca me donnerait presque des regrets d'avoir gravé ce pilote de The Clinic sans y jeter un oeil car Amy Huberman est craquante au possible, une véritable pile ; les garçons ne déméritent pas, avec un Stephen Wight incroyablement attachant, parfait dans son rôle très oscillatoire (il a la plus grande amplitude et la gère impeccablement), et Emun Eliott joue de sa force tranquille pour de temps à autres incarner un petit garçon adorable.
Le trio a une dynamique impeccable, un feeling irréprochable, une énergie inépuisable. On pourrait les regarder des heures se renvoyer la balle tant ils le font avec une facilité déconcertante. Ils sont parfaitement à l'aise dans tout ce que ces personnages implique, dans toutes les situations plus ou moins étranges qu'ils rencontrent, dans toutes les réparties mordantes qu'ils doivent sortir l'air de ne pas y toucher. Le jeu entre ces trois-là est d'une telle souplesse que si c'était un sport, ce serait la gymnastique rythmique et sportive. C'est juste beau à regarder, cette aisance, ces contorsions faites sans sourciller.

Ils sont énormément aidés par une écriture parfaite, drôle, rythmée, légère, bourrée de références, souvent coquine mais jamais vulgaire.

Du coup, même quand certains épisodes m'ont moins plu (sans aller jusqu'à dire qu'ils n'étaient pas bons, mais en tous cas ils l'étaient moins) principalement en raison de l'intrigue, ce qui s'est produit pour les 5 et 6e épisodes, la symbiose fonctionne, les dialogues pétillent, l'énergie est palpable. On trouve peu de comédies capables d'aussi facilement faire pardonner ses temps faibles.
Probablement parce que, si les éléments de comédie sont nombreux et impossibles à rater, la réelle tendresse qui émane de la situation et des personnages fait que l'émotion a également la part belle. Sans être une dramédie, la série se ménage parfaitement des moments d'émotions qui n'oublient jamais d'être drôles, et parvient à une somme très humaine d'échanges.

Partagé entre le rire et l'affection, le spectateur décidera probablement de ne pas se compliquer la vie : il pleurera tout le long, décidant au fil du visionnage s'il s'agit de larmes de rire, de joie, ou d'émotion ; sachant que cela peut varier d'une seconde à l'autre. Une bien jolie expérience en vérité.

Et si j'ai eu l'air un peu fâchée envers Death Valley en début de post, ne vous en faites pas : je considère toujours que c'était l'une des séries les plus fun de cette rentrée. Je ne consacrerai probablement pas de post à sa première (et unique ?) saison parce que ce n'est pas systématique en ces lieux et que j'ai été très émue par le final de Threesome, l'un des plus réussis que j'aie vus ces derniers mois, mais le coeur y est.
J'espère un renouvellement pour toutes les deux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Threesome de SeriesLive. Et on en a parlé dans le podcast de vendredi !

16 novembre 2011

Rev-eries

Du plus loin que je me souvienne, je crois que j'ai toujours aimé les comédies en single camera.
Je n'ai strictement rien contre le sitcom, comme le prouveront les nombreux tags de ce blog rappelant les intégrales de Will & Grace, Roseanne, Reba, Les Craquantes, ou encore Three's company, ainsi que, naturellement, le culte que je voue au sol que foule Fran Drescher depuis bientôt 20 ans (mais en années-Fran ça n'en fait que 5).

Le problème qu'on rencontre de façon croissante depuis quelques années, c'est qu'entre une comédie en single camera et une dramédie, on ne fait plus trop la différence. C'est le reproche qui est adressé chaque fois qu'une série comme Nurse Jackie se pique d'être nommée/récompensée dans la catégorie comédies ; en réalité l'explication est historique (la dramédie est un genre qui n'a que 15 ou 20 ans maximum, et qui tire sa forme de la comédie en single camera). Et pour le coup, moi, ça ne me dérange pas, principalement parce que les histoires de genres sont quand même faites pour couper les cheveux en quatre. Qu'une série soit une dramédie, ou une comédie en single camera un peu trop sérieuse par moments, l'essentiel est le plaisir du visionnage qu'on en tire.
Je crois que c'est vraiment le genre télévisuel qui peut me réconcilier avec absolument tout.

...Même avec la Grande-Bretagne, dont vous n'êtes pas sans savoir que les accents me rebutent depuis de nombreuses années (mais depuis Threesome, je commence à trouver un certain charme aux particularités écossaises ou irlandaises, et j'ai un faible pour le parler de Christopher Eccleston, version Accused par exemple, alors qui sait, un jour peut-être je guérirai). Cet après-midi, j'ai tenté Rev., tout simplement parce que j'avais remarqué que la fiche manquait sur SeriesLive et que dans la foulée, j'ai regardé le pilote, ça ne mange pas de pain.
Vu la longueur des saisons, je me tâte un peu pour la suite, maintenant, pour tout vous dire.

Rev-eries
Rev., alors qu'elle est vendue comme une comédie, est pourtant assez sérieuse, et relève plus de la dramédie. Entre les déboires financiers et les doutes, le personnage principal ne se marre pas et nous, pas tellement non plus, mais il en émane une certaine légèreté tout de même. Plus incroyable, les personnages les plus outranciers, comme Mrs. Onyeka, sont les moins appréciables alors qu'ils sont résolument les plus orientés vers la comédie.

Mais en réalité, l'idée n'est pas de rire.

Le plus surprenant c'est que, quand on regarde une dramédie comme celle-ci, ou comme Nurse Jackie, The Big C, Wilfred ou Enlightened, on ressent un côté extrêmement "positif". On ne rit peut-être pas en réalité, mais à l'intérieur... comment vous dire ? Moi par exemple, j'ai l'impression d'avoir le cerveau qui sourit. Je ne le manifeste pas extérieurement mais je sens bien que ce n'est pas un drame que je regarde. Peut-être parce que c'est une façon farfelue de parler d'un thème qui ne ferait pas rire à la base, peut-être parce que le ton des personnages est détaché ou sarcastique, peut-être parce que les intrigues ne sont pas réalistes, peut-être parce que l'attachement émotionnel est provoqué plus ouvertement... je ne saurais pas l'expliciter précisément, mais en tous cas, il n'y a aucune chance pour que je confonde une dramédie avec un drama, même si elle ne me fait pas rire.

Du coup, peut-être que les reproches adressées aux dramédies-qui-ressemblent-trop-à-des-dramas viennent de ce que les spectateurs qui les formulent sont dans une logique de tout ou rien : si je n'ai pas ri, c'est que ce n'était pas une comédie. Donc que c'était un drama.
Rev. n'était pas une comédie, clairement pas. Mais ce n'était pas non plus un drama. Dans cette zone vraiment très très grise de la dramédie, elle avait simplement tout ce qu'il fallait pour être une bonne dramédie.
On va être honnêtes, je disais un peu plus haut que j'hésitais à regarder la suite. Bon, le choix me semble déjà fait, en réalité...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rev. de SeriesLive.

15 novembre 2011

The token comedy

Il y a des comédies qui sont drôles, et qu'on regarde avec plaisir. Il y a celles qui ne sont pas drôles, mais alors pas du tout, si bien que passé le pilote on n'y revient jamais. Et il y a les autres comédies.
Celles qu'on ne trouve pas drôles, mais dont on n'irait pas jusqu'à dire qu'elles sont mauvaises. D'après mon expérience, on en regarde une par saison, parfois deux ; plus si vraiment on aime bien se faire lobotomiser en se réfugiant derrière l'excuse qu'on a eu une dure journée. Ah oui, la journée de la gentillesse c'était dimanche, les hostilités ont repris depuis !

L'an dernier, ma comédie "je ris pas mais c'est pas comme si ça me dérangeait", c'était Mike & Molly. Mais après avoir passé la saison à me demander pourquoi je cagoulais l'épisode chaque semaine, trouvant en général une réponse dans deux répliques de Katy Mixon, j'ai pris la résolution de ne plus me trépaner volontairement devant cette série qui même sur le plan de la tendresse, avait de sérieuse lacunes. De grosses lacunes, dirais-je si j'étais mauvaise langue. Bon vous avez raison, c'est pas la peine de cacher ma nature profonde, oui, c'étaient de GROSSES lacunes.
Cette année, cette série, c'est 2 Broke Girls.

Broke
Je regarde chaque nouvel épisode en me demandant ce que je fais là. Les blagues sont outrancièrement pas drôles. Kat Dennings en fait des tonnes (ça fait deux-trois semaines que pendant l'épisode, je me mets à fantasmer sur une façon que pourrait trouver le scenario pour la plonger dans un coma profond et nous faire des vacances). Beth Behrs est effrayante (c'est FORCEMENT une perruque !). Les scénarios donnent bonne réputation aux fanfictions écrites par les gamines de 12 ans. Les seconds rôles donnent réellement envie qu'on leur file un couteau pour se faire harakiri. Et pas de Katy Mixon en vue.
Mais que voulez-vous, en début de semaine il y a tellement de dramas qu'un peu d'humour, ça fait un bien fou après un Homeland.

Ce n'est pas drôle. Mais c'est un peu moins pas drôle que d'autres séries que je supporterais encore moins en début de semaine.
Plus tard, les choses s'arrangeront avec Raising Hope ou Suburgatory. Mais le lundi, c'est le jour où je ne rigole pas. Et il faudra bien s'y faire puisque mes débuts de semaine vont bientôt être dépourvus de Death Valley ou de Threesome pour réellement s'amuser (incidémment, ces deux séries ont connu cette semaines un certain relâchement, certes relatif, mais tant mieux, le season finale de ces deux séries n'en sera que meilleur).
Chaque semaine je me dis que je vais arrêter. Et chaque semaine je cagoule l'épisode en me disant que j'ai trop besoin de me marrer, même devant quelque chose de pas drôle.

Mais bon, ce n'est pas grave d'avoir une série comme ça dans mon menu. Quand il y en a une, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.

11 novembre 2011

Est-ce que tu t'entends parler ?

Il m'arrive, totalement par accident, de recommander des séries aux téléphages les plus curieux. Vous me connaissez, je ne le fais pas exprès.

Mais parfois, je m'aperçois de la façon que j'ai de présenter les choses, notamment sur Twitter où les caractères sont limités. Et il faut quand même avouer que ce qui semble un pitch intéressant, original ou un peu fou au premier abord... eh bien, peut parfois un peu faire peur.

Ainsi, pour Death Valley, j'ai tenu un discours assez incompréhensible du genre de "il y a des vampires, des zombies et des loup-garous, ça me fait peur mais c'est cool !", et sur Threesome, un pitch qui peut faire peur, "trois amis couchent ensemble et la fille tombe enceinte". Imaginez un peu l'effet sur quelqu'un qui ne s'y attend pas...

DeathValley-cast
Alors forcément, ça fait réfléchir. Quand l'un de mes collègues, le lundi matin, me demande ce que j'ai regardé et que je lui dis, en quelques mots pendant que je diffuse la revue de presse, que c'était "une série norvégienne sur un mec qui revient dans son patelin natal" ou que je me suis envoyé l'intégrale d'une série "où la femme d'un politicien est trompée par lui et reprend son métier d'avocate", ça fait pas envie, forcément. (Reconnaitrez-vous les séries en question ?) Peut-être que je suis nulle pour résumer une série ; peut-être aussi que l'exercice de recommandation demande un peu plus qu'un simple résumé du pitch et qu'on ne peut pas faire ça en quelques mots.

Mais du coup je me demande si ce n'est pas aussi ça, parfois, qui fait que j'échoue à vous donner envie de regarder certaines séries que j'ai appréciées. Evidemment, on ne peut pas dire que je me limite dans le nombre de caractères sur ce blog, et d'ailleurs, dans le podcast de SeriesLive non plus on ne peut pas dire que je sois silencieuse, mais peut-être que c'est la façon de tourner les choses qui ne facilite pas la contagion.
Peut-être aussi qu'il faudrait que je résume plus. Je me suis aperçue à travers mes reviews de The Slap que je résume en fait assez peu les intrigues et que, pour une fois que je faisais des reviews épisode par épisode, je décrivais des passages entiers et ça m'était en fait très peu familier, comme procédure. J'ai plutôt tendance à parler de mes impressions que de ce qui se passe ; c'est bien dans le sens où ça vous évite les spoilers, mais d'un autre côté, peut-être qu'en réalité les posts vous sont un peu imperméables parce qu'ils ne prennent du sens qu'une fois qu'on a vu l'épisode aussi, or pourquoi regarderiez-vous un épisode sur la base seule de mes impressions quand son résumé vous est si opaque ?

Pas facile de trouver un équilibre, et c'est pour ça que les fiches de SeriesLive sont d'un grand soutien. Parce que dans ce contexte purement objectif, je suis obligée de me poser pour essayer de résumer l'histoire le plus clairement possible au lieu de la mêler à mes impressions vis-à-vis de la série.
Depuis la création de ce blog, j'ai toujours lié mes posts aux fiches de SeriesLive, principalement parce que je fréquente et contribue "activement" à ce site depuis... fin 2004, ça ne nous rajeunit pas. Ces derniers temps, je voyais les news comme un moyen d'attirer votre attention sur les séries, en dépit du fait (et ça se confirme quand je fais des bourdes comme ce soir) que je ne suis pas une newsmakeuse dans l'âme. Ptet que finalement, c'est sûr les fiches que je devrais reporter le gros de mon attention...

4 novembre 2011

Time and again

S'il est communément admis, bien qu'avec plus ou moins de mal selon les interlocuteurs parfois bornés, que tout le monde ne perçoit pas une même série de la même façon (ce qui rend instantanément l'usage des commentaires d'un blog plus passionnant), on sous-estime un peu d'autres sensations à géométrie variable en téléphagie.
La perception du temps en est une. Pas simplement parce que nous nous nourrissons uniquement d'images qui sont la photographie d'instants appartenant forcément au passé, mais simplement parce que, de par notre passion, nous modifions juste un peu la façon dont nous pensons notre rapport au temps.

AlaRecherche


Le degré de distortion temporelle que nous expérimentons tous, c'est celui qui apparait quand on découvre un épisode pour la première fois (mais vous pouvez l'avoir ressenti avec un film, un clip ou une publicité, également).
Lorsqu'on découvre les images pour la première fois, on a tendance à avoir l'impression que la video est plus longue, alors que si on la regarde une seconde fois peu de temps après, on trouve qu'elle passe plus vite. Mais il est vrai que je n'ai jamais fait le test avec un épisode de Derrick... Il y a probablement un phénomène cognitif derrière tout cela, d'ailleurs, venant du fait, je présume, que nous analysons avec plus d'intérêt une scène que nous découvrons pour la première fois, alors que si nous la connaissons déjà, notre cerveau s'économise sûrement la peine de l'étudier en détail (c'est probablement la même raison que celle qui fait que lorsque vous relisez une dissertation ou un post pour la 10e fois, vous ne voyez plus les fautes d'oretographe).
Cette perception faussée du temps n'a toutefois pas de conséquence grave, au contraire, c'est un petit arrangement avec le réel pour mieux profiter d'une intrigue donnée.

Cependant, il y a plus vicieux : la façon dont nous concevons le temps à cause des diffusions. Et c'est là que notre cerveau finit par nous jouer des tours.
Déjà, rien que les minutes précédant la diffusion d'un épisodes semblent tordues : elles sont à la fois plus lentes en raison de la publicité qui nous fait attendre, et en même temps, rien n'est jamais prêt : on n'est pas encore en face de l'écran, le téléphone a sonné ou on nous a appelé dans une autre pièce, on a oublié le jus d'orange pulpé à la cuisine, on a froid aux pieds et le plaid est au lavage, le chien réclame ses croquettes, enfin ya toujours quelque chose, quoi, et du coup c'est la précipitation de peur de manquer l'épisode, comme si le temps s'était accéléré juste pour nous narguer.
Outre l'effet de ralentissement du temps évoqué ci-dessus, on rappellera également que pendant l'épisode, le monde est supposé se mettre en pause, et ne reprendre la marche de son (à peu près) bon fonctionnement que 45 minutes plus tard.

Mais le plus fou, c'est que notre perception de la semaine dans sa totalité peut se trouver affectée par les diffusions. Même quand on ne les suit pas à la télé, d'ailleurs, on n'est pas totalement affranchis de l'emprise du temps : le simple fait de suivre la diffusion US nous asservit tout de même au calendrier, puisque vous n'avez pas le choix et êtes obligés d'attendre que l'épisode suivant soit diffusé. Mais ce calendrier est détendu comme un pull trop porté : aux coudes, par exemple, il est plus lâche ; et ainsi on se retrouve dans la situation absurde où la semaine revêt un caractère totalement déformé.
A titre personnel, par exemple, ma semaine commence très fort avec l'attente des séries du dimanche (PanAm, Homeland, The Walking Dead parce que ça va pas bien dans ma tête, The Good Wife que j'ai reprise, peut-être bientôt Hell on Wheels ?), suivie d'un lundi tout aussi fort en émotions (avec Enlightened, Threesome même s'il n'y en a plus pour long, Death Valley, et 2 Broke Girls). Ces deux jours sont des jours où les épisodes semblent se précipiter, où il n'y a jamais assez de temps pour rien. Et puis, vient la suite de la semaine. Un vaste désert d'ennui où les seules oasis sont Suburgatory, Reed between the Lines (avec, Dieu merci, DEUX épisodes), et maintenant Boss. Ces 5 jours-là, les jours ne passent pas, c'est interminable, je me rabats sur des vieux pilotes, des intégrales, du rattrapage, et le temps passe incroyablement plus lentement, c'en est désespérant. Pour le weekend, je me réserve en général également The Slap, histoire de meubler. Et la semaine suivante, ça recommence (enfin presque, tenant compte des fins de saisons et des hiatus, d'ailleurs Threesome va incroyablement me manquer).

Mais là où la distortion est flagrante, et où on sent bien toute la subjectivité de la chose, c'est que ma semaine ne ressemble qu'à ma semaine, selon la sélection de séries que je regarde. Un téléphage ne regardant que des comédies verrait probablement la semaine avec un regard totalement différent. En fait, personne n'a la même sensation de la semaine qui passe, car personne n'a exactement le même programme hebdomadaire que moi. Nous passons le même temps à respirer pendant ces 7 jours, et pourtant, aucun de nous ne vit la durée de cette semaine de la même façon.

Et ainsi, chaque téléphage forge lui-même son temps sur mesure, souvent sans même y penser. Tout cela... simplement parce que nous regardons des séries. N'y a-t-il pas là quelque chose de prodigieux ?

Alors j'avais juste envie, curieuse comme je suis, de vous demander : à quoi ressemble votre semaine téléphagique ?

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