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ladytelephagy
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ncis
3 juillet 2010

Tois-toi et mange

Être téléphage, c'est être consommateur. Consommer du programme télé (bien souvent importée), consommer de l'information (visiteurs réguliers de sites et blogs, abonnés aux magazines spécialisés, éplucheurs de programmes télé, fans de Morandini, vous m'avez comprise), consommer du DVD, etc... On est des consommateurs, dans notre genre, avec un certain pouvoir d'achat, et qui permettons de faire gonfler les revenus de ceux qui nous pourvoient. Mais alors, ce qu'on peut se foutre de notre gueule, c'est royal.

Si on traitait les consommateurs de, disons, au hasard, viande bovine, comme on nous traite, la vache folle serait aussi courante que la grippe. Ok je caricature. Mais à peine. Un téléphage français n'a aucune façon saine à sa disposition de consommer son produit. J'explique.

Aux États-Unis, à part dans des cas assez ponctuels de diffusion erratique (nombre insuffisant d'épisodes, audiences catastrophiques, et annulation, étant les plus gros problèmes), le téléphage local sait quand, et où, et comment, consommer sa série. Il sait qu'à partir du moment où une chaîne s'est engagée à diffuser une série, elle ira au bout dans la mesure du possible, à part bien-sûr en cas de problème évoqué plus haut. Que la série ne bougera pas de case horaire pour atterrir à une heure indue. Que cette même série ne se verra que rarement tronquée, tronçonnée, censurée au dernier moment.
Je ne dis pas que ces choses n'arrivent jamais, je dis simplement qu'elles restent dans la limite du raisonnable et sont des évènements qui ne tiennent pas de la pratique systématique. Le consommateur américain, je vous prie de le croire, lorsqu'il a un soucis, il râle auprès de la chaîne, et il arrive souvent que la chaîne s'adapte. Exemple : n'importe quelle série sauvée des eaux, à l'instar de Roswell. Et pourquoi la chaîne elle s'adapte ? Pourquoi elle essaye de satisfaire son consommateur ? Parce qu'elle est bien au courant qu'elle n'est pas seule au monde et qu'il ne tient qu'à un mouvement subreptice du pouce pour que le consommateur aille consommer ailleurs. La loi de la concurrence. Et comme la chaîne, elle a investi des sous et des moyens humains dans la production d'un show, elle est pas folle, elle surveille.

C'est pire encore en Asie où, grosso-modo, le spectateur est traité en prince. Au Japon, c'est bien simple, même si une série devait faire des audiences négatives, il est ultra-rare qu'elle soit annulée. En fait, une série connait toujours une fin au Japon. Voilà qui fait rêver ! Quant à la Corée du Sud, si elle a développé une plus grande tendance à raccourcir ou prolonger ses séries, c'est toujours en avertissant la production (qui bien souvent est une équipe de la chaîne) histoire d'adapter les épisodes en plus ou en moins. Le résultat de pareilles variations n'est pas idéal, mais en tous cas, il indique qu'il y a effort pour essayer de contenter le spectateur. Il faut dire que dans ces deux pays, quand une chaîne reçoit 200 réclamations, elle estime que toute la population est outrée au dernier degré, et la notion d'irréprochabilité est toute-puissante. Quand une chaîne fait le moindre petit faux-pas, elle se répand en excuses auprès de ses spectateurs. Avec auto-flagellation et toute la panoplie.

Prenons maintenant le cas qui nous préoccupe : le consommateur français. Au-delà de toute considération sur le respect de l'œuvre (les chaînes n'en ont cure de toutes façons), comment traite-t-on le téléspectateur français ? Comme un malpropre. C'est lui qui est à l'écoute de la chaîne et qui est sommé de s'adapter. Une chaîne achète des droits de diffusion pour une série ? Il faut parfois s'armer de plusieurs années de patience avant de la voir poindre son nez. Et quand elle arrive, c'est dans un créneau horaire incohérent, et c'est au téléspectateur de se rendre libre. Et lorsqu'une série a les honneurs du prime, elle est charcutée comme un jambon pour rester tous publics. Et même dans ce cas, il n'est pas dit que les épisodes passent dans l'ordre, pire, on assiste à des aberrations du genre "un inédit suivi d'une rediff" (spécialité made in TF1 que M6 s'est depuis approprié), dans des créneaux d'une durée double !

Certaines séries sont indifféremment diffusées de façon quotidienne, ou hebdomadaire, parfois une fois l'un une fois l'autre selon les trous qui sont à combler dans la grille. Lors des rediffusions, qui ne suivent aucun schéma prédéfini, on peut parfois ne jamais revoir certains épisodes (je pense à l'épisode de Noël animé d'Une Nounou d'Enfer, diffusé environ une fois sur dix), ou même certaines saisons ! Il n'est pas rare qu'une série soit purement et simplement déprogrammée, sans explication, parfois sans même prévenir à la fin du dernier épisode diffusé. C'est la surprise la semaine suivante. Ou le jour suivant. Parfois les deux (le final de la saison 3 de Grey's Anatomy ?). Les séries qui arrivent à maintenir une certaine régularité sont traites jusqu'à la dernière goutte, et le consommateur a alors droit à 3 épisodes en enfilade, dont il se goinfre goulûment parce qu'on ne sait jamais quand sera la prochaine fois. Les chaînes créent une confusion folle en mélangeant les inédits et les rediffs, en ne prévenant que rarement lorsqu'un épisode a déjà été diffusé tout en lui faisant occuper la case horaire d'un inédit... C'est n'importe quoi !

Mais ça, vous le savez déjà.

Alors quoi ? Alors, eh bien le consommateur français ne sait pas consommer sa série. C'est vrai, mettez-vous à la place du téléspectateur lambda, non-atteint de téléphagie j'entends, qui est confronté à cette situation. Comment peut-il décemment devenir un consommateur averti ? Il est complètement manipulé par la chaîne, subit complètement ses décisions et ses envies, en bref, il est infantilisé. Ça tiendrait presque du lavage de cerveau, pour un peu. Il regarde ce qu'on lui donne, bien content qu'on lui donne déjà quelque chose. Et tant pis si les rediffs de NCIS font plus d'audience que des inédits de Threshold (et je prends à dessein deux séries que je méprise pour qu'on ne puisse pas dire que c'est une revendication partisane, parce que je préfère l'une à l'autre !), on s'en fout ! Du moment qu'ils regardent ce qu'on leur donne !

Actuellement, chaque série se consomme différemment. Le téléspectateur français n'a pas d'habitude avec sa série, ce qui est le comble de la téléphagie. L'une sera diffusée chaque automne à raison de deux à trois épisodes (Urgences), l'autre sera diffusée chaque été à raison de deux épisodes (LOST) mais pas toujours à la même heure, certaines seront mitraillées à raison de deux saisons en quelques semaines voire même encore plus hâtées sur la fin (Grey's Anatomy), d'autres sont presque cachées à des heures ridicules alors que complètement tous publics (A la Maison Blanche) puis interrompues sans raison apparente (Six Feet Under), s'insèrent là-dedans des rediffusions qui, s'intercalant avec les inédits, créent des confusions dans la timeline (NCIS, Stargate...), certaines sont multi-rediffusées sans justification d'audience ni de popularité (Le Caméléon, The Sentinel), certaines ne le sont pour ainsi dire jamais (L'Enfer du Devoir, V...) ou alors uniquement sur une chaîne du câble ou de la TNT, certains sitcoms sont récitables par cœur comme du Prévert (Une Nounou d'Enfer), d'autres sont enterrés sans raison (Roseanne, Papa bricole), certaines séries très accessibles et bien écrites sont camouflées à des heures hallucinantes (Scrubs), certaines sont rediffusées inlassablement dans l'ignorance la plus totale (Le Justicier de l'ombre)... A chaque série sa façon d'être consommée. Et on ne sait jamais ce qui viendra après.
A chaque série ses façons d'être consommées, selon l'âge du vent et le sens du capitaine.

Mais vous le savez, ces programmes ne sont pas du tout conçus pour être diffusés de la sorte ! A la base, une série est hebdomadaire, tout frustrant que ça semble être ! Bombarder le télespectateur pendant quelques semaines, et ensuite le laisser en plan pendant les trois quarts de l'année, est une aberration ! C'est anti-commercial, mais comme en attendant, ledit téléspectateur n'a pas le recul qui lui permettrait de dire "bah je vais pas regarder autre chose juste parce qu'une autre série occupe le créneau habituel", alors c'est pas grave, ça continue. Aux States, la série est rediffusée en syndication si elle franchit la barre des 100 épisodes, en France, ça ne veut rien dire ! Young Americans s'est fait rediffuser plusieurs fois, et avec plusieurs années d'intervalle, mais pas Space 2063 qui n'a connu la rediffusion que dans les deux ans qui avaient suivi son statut d'inédit (une saison chacun pourtant). C'est aberrant ! On nous maintient éternellement en position d'attente, de soumission. Quoi que fasse la chaîne, on prend ce qui vient. Les séries se font et se défont, et les chaînes l'ont bien compris, qui désormais se contentent de faire de la pub et brandir le panneau de la réussite outre-Atlantique, pour nous faire regarder indifféremment tous les genres de programmes.

Nos cerveaux bouillonnent (le coca, peut-être ?) et reçoivent tout ce qu'on leur jette en pâture, sans avoir jamais le temps de l'analyser, de le remettre en question. La stratégie des chaînes consiste à créer le besoin, et nous sommes trop occupés à être submergés par ce besoin pour être des téléspectateurs avertis. C'est incroyable !

Que dirait-on de toute autre industrie se comportant de la sorte ? Que dirait-on d'une entreprise de yaourt qui déciderait de mettre des yaourts au citron sur le marché, puis de les retirer, mettre de la framboise dans certains magasins mais pas dans d'autres, puis remettre une palette de citron pour la retirer si ça ne se vend pas, faire subir plusieurs années de vanille pour finalement faire mettre dans le fond des rayons de la fraise ? Ne trouverait-on pas que le choix du consommateur serait bafoué ? Ne penserait-on pas que l'entreprise ne le respecte pas et le trait purement et simplement ? Mais qu'une chaîne fasse ça, et ça laisse tout le monde indifférent. Et voilà comment on fabrique des bœufs et non des téléspectateurs capables de faire monter les enchères, et inciter à se diversifier, et s'améliorer, et s'affiner. Quand une chaîne sans considération pour son consommateur fait presque la totalité des audiences record d'une année, comment faire fonctionner la loi du marché avec le rôle de la concurrence ? Que peut bien signifier la menace de ne pas regarder une chaine si elle ne se comporte pas correctement avec ses spectateurs ? Rien !

Taistoietmange

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10 mai 2010

La route est droite, mais la pente est forte

On a tous entendu ces petites phrases, mais rien à faire, on ne s'y fait simplement pas.
- "Les Américains ça doit leur faire drôle, une série aussi intelligente !"
- "Nan mais attends, une série américaine ; moi je m'attendais à pire !"
- "J'aime bien cette série... même si elle est américaine."

Ces phrases, vous les aurez reconnues, ce sont celles que sortent les apprentis-téléphages en pleine épiphanie, ces débutants qui découvrent que les termes "les séries américaines" recouvre plus que Dallas, la dernière série dont les médias aient suffisamment parlé pour qu'ils y jettent un œil, et dont ils avaient tiré une leçon assez médiocre sur les capacités télévisuelles de l'Amérique, ce pays notoirement crétin vu de notre côté de l'Atlantique où tout est si beau, si intelligent, si culturellement exceptionnel.

Une fois de plus, aujourd'hui, j'ai entendu ces phrases et quelques autres, clichés typiquement français sur "les séries américaines", dans ce que l'expression a de plus péjoratif.
Il parait que Dr House finit ce soir, et l'apprentie-téléphage à qui on doit cette sortie imprégnée de stéréotypes, s'attristait de la disparition de cette série de son écran. Surtout que, je cite, "c'est pas souvent qu'une série américaine se montre aussi intelligente, ils ne doivent rien comprendre, les Américains".

On leur dit ? On leur dit que pendant 7 ans, ces Américains en question ont regardé une série sur un network parlant de leur Maison Blanche, des compromis et de la politique politicienne, quand nous n'en avons pas eu plus d'une saison sur notre Élysée (et sur un tout autre registre) ? On leur dit également que sur le câble, actuellement, il y a des Mad Men, des Big Love, des Breaking Bad, des... Non, on leur dit que la liste est trop longue ? Que les séries intelligentes, venant des Américains, ce n'est pas l'exception surmontant les pires obstacles, mais une frange fournie de leur production télévisuelle ?

Bien-sûr, quand on a l'habitude des Experts Stuttgart, des Experts Leipzig et des Experts Hannover, ou pire, qu'on regarde Bones ou NCIS, ça doit faire un choc. Mais si vous êtes impressionné par Dr House, accrochez-vous, ça va secouer quand vous allez découvrir d'autres séries. "Des séries américaines".

Route

C'est là aussi que je mesure l'ampleur de la tâche qui m'attend quand j'essaye de parler de fiction asiatique. Rien n'est acquis en matière de télévision américaine, finalement, à propos de laquelle les préjugés restent nombreux. Les Américains sont donc des benêts, incapables de faire des séries de qualité (et d'ailleurs j'aimerais qu'on me cite des séries françaises qui soutiennent la comparaison, juste une fois, dans ce type de conversations). Mais alors, les Japonais ? Ces crétins qui ne savent faire que des émissions où on mange des trucs improbables et où on se casse la figure ? Et les Coréens ? Ah bon les Coréens ont la télé ?

De cliché en cliché, la vision qu'ont beaucoup de gens de la télévision n'a pas progressé, finalement. Le "phénomène des séries télé" n'a été un progrès que pour un microcosme qui s'est cru parvenu à un certain seuil de légitimité culturelle. Mais le grand public n'a toujours qu'une vision étriquée de l'objet de notre passion...

Alors même quand certains jours, on a envie de fermer la boutique parce que les commentaires, les retours ou les statistiques ne suivent pas, on se dit qu'il y a encore tant à faire pour essayer de faire entrevoir les horizons que nous avons sous les yeux au quotidien, qu'on reprend le clavier et on s'y remet.

5 février 2010

Promo-ted

Depuis quelques semaines, j'ai développé un nouveau fétiche télévisuel. Rien qui ne puisse choquer votre maman, ne vous inquiétez pas. Mais à force de chercher pour SeriesLive des photos pour compléter les fiches, j'ai commencé à comprendre pourquoi parfois, les "promo posters" pouvaient avoir de l'intérêt, question sur laquelle je ne m'étais jusqu'alors jamais penchée, sans doute parce que je m'efforce généralement de ne pas me laisser toucher par la promo précédant l'arrivée d'une série, et qu'ensuite, plus personne ne voit l'intérêt de faire tourner lesdits posters 6 mois après que la diffusion ait commencé.
Ainsi donc, je suis devenue, quasiment du jour au lendemain, un excellent public pour les posters promotionnels.

MAIS ATTAFION ! Il ne faut pas que ce soit du n'importe quoi, une photo prise à la va-vite, un truc tout con. Trouver une photo sympathique de Lost pour le post On Air d'hier n'a par exemple pas été une sinécure (et comme vous pouvez le constater, j'ai abandonné l'espoir de trouver une photo de promo qui soit originale, sachant que je voulais éviter de vous fourguer la cène pour la 712e fois). Il y a des séries qui font vraiment leur promo comme des cochons. Alors je me suis dit que j'allais vous proposer un florilège des promo posters que j'ai vus jusqu'à présent, sachant que d'une part, j'en oublie forcément, et que d'autre part, je ne prétends pas avoir vu tous les promo posters de la Création.

Généralement, mes promos préférées relèvent d'un travail à la fois sur la forme (jeu de couleurs, perspectives, etc...) et la façon de mettre en avant le concept de la série ou la personnalité des protagonistes présentés. Un truc tout joli pour la gloire, ça ne me fait ni chaud ni froid. Il faut que ça m'évoque quelque chose en lien direct avec l'histoire de la série.

Rien ne m'énerve plus que de rassembler les acteurs dans un décor (ou pire, dans un studio quasiment nu) et les faire prendre la pose sans rien en tirer d'autre qu'une espèce de photo de classe à 20 000$ le tirage (au bas mot). Jeu auquel j'ai remarqué que la plupart des séries criminelles étaient très douées... par exemple je n'ai pas pu trouver un seul poster promotionnel de NCIS qui vaille la peine que je pose les yeux dessus. Desperate Housewives a fait des tentatives mais en général ça reste quand même dramatiquement basique, voire carrément laid. Parmi les mauvais élèves, j'ai aussi envie de citer V New Gen (trop littéral), Flash Forward (franchement décevant) ou encore Heroes (ce qui me semble être un comble).

Mais plus encore, pour me séduire, il faut que l'infographie s'en mêle. Dans le domaine du poster promotionnel, il faut user et abuser des filtres, avoir la main lourde sur l'outil brush, et/ou rajouter des éléments improbables. C'est un peu maintenant ou jamais.

Exemple :

Bof...   Voui !
PromoPoster_DrHouse_Non   PromoPoster_DrHouse_Oui

Il est bon de noter que j'ai sciemment pris pour exemple Dr House, dont les posters promo sont de façon quasiment constante extrêmement bons. Mais je suis certaine de ne rien vous apprendre...
Passons donc à mes favoris... Et comme dirait Nakayomi : en cliquant, c'est plus grand.

The Riches
(je n'ai pas résisté à l'envie
de la mettre sur la fiche de SeriesLive,
même si le format imposé, 300*200px,
ne se prête pas forcément à un rendu optimal)
  PromoPoster_TheRiches
 
Scrubs
(là aussi très constant dans la qualité
de ses promo posters en général)
  PromoPoster_Scrubs
     
Nurse Jackie
(tellement bon que j'en ai fait
mon très à propos fond d'écran au boulot.
J'aimais déjà énormément celle qui sert
désormais de cover au DVD)
  PromoPoster_NurseJackie
 
Better Off Ted
(comme je l'aime beaucoup,
vous avez déjà pu le voir ici)
  PromoPoster_BetterOffTed
 
Nip/Tuck
(certaines sont plus réussies
que d'autres, trop vulgaires.
Celle-là, elle l'a.)
  PromoPoster_NipTuck
     
Dexter
(bien plus efficace que celle
avec le jus de fruit !)
  PromoPoster_Dexter
     
Weeds
(je préfère cette campagne
aux promos de type pin-up, qui,
bien que réussies, sont peu originales)
  PromoPoster_Weeds
     
Friends
(c'est un peu plus vieux,
mais c'est un classique !
Je me demande si Friends
n'a d'ailleurs pas été le précurseur
en la matière ?)
  PromoPoster_Friends
   
Chuck
(je ne suis pas fan de la série,
mais là ça donne envie !)
 

PromoPoster_Chuck

Ce ne sont que quelques unes parmi tant d'autres, évidemment, des affiches qui ont attiré mon regard, mais ce sont certainement les meilleures. Mais la présence majoritaire de séries du câble dans ce petit best of ne peut pas non plus être un hasard. Probablement que les séries les plus originales sur le fond ont plus de chances de l'être également sur la forme ?

En tous cas, si vous en connaissez d'aussi sympas, n'hésitez pas à faire tourner en mettant les liens en commentaire !

11 décembre 2009

[DL] NCIS: Los Angeles

J'ai essayé de rattraper tout mon retard. Avec les meilleures intentions du monde, j'ai envie de dire. Intégrale de Glee en quelques jours (histoire de me remettre dans le bain pour les inédits), intégrale de Better Off Ted en une journée (la saison 2 a commencé et j'avais presque tout oublié de la saison 1... et je devrais avoir honte de moi, j'adore toujours autant cette série), pilote de White Collar sur lequel j'avais fait l'impasse (on peut éventuellement en reparler à l'occasion), pilote de Men of a Certain Age dont je vous ai chanté les louages l'autre jour... Ok, je suis bonne élève, je m'applique, vraiment je fais de mon mieux pour ne rien laisser de côté.

NCISLosAngeles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais NCIS: Los Angeles... je suis désolée, c'est au-dessus de mes forces. Quand je vois le générique, j'ai presque plus envie de regarder... le NCIS original. C'est dire si ça me désespère.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche NCIS: Los Angeles de SeriesLive.

3 novembre 2009

Why not regarder Bones

ReasonsWhyNot_Bones

Voici les 10 raisons de ne pas regarder Bones :

1 - Parce que vous n'en avez pas assez de vous abrutir devant NCIS, il vous faut Bones en plus ?
2 - Parce que l'intrigue pseudo-amoureuse ne tient plus personne en haleine depuis longtemps
3 - Parce que Zooey Deschanel est cent fois plus craquante que sa frigide frangine (et c'est pas pour une apparition en guest...)
4 - Parce que si ça passe le vendredi soir sur Hem6, c'est hautement suspect
5 - Parce que c'est comme les bouquins Harlequin : c'est un logiciel qui calcule le scénario (et il bugge !)
6 - Parce que David Boreanaz ("et puis franchement, un nom pareil"...)
7 - Parce que le générique est moins percutant que celui de New York 911
8 - Parce que vous tuez plus de neurones en regardant un épisode qu'en vidant une bouteille de vodka
9 - Parce que réciter l'encyclopédie médicale n'est pas une preuve d'intelligence
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bones de SeriesLive.

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2 septembre 2009

CBS n'a qu'à bien se tenir

L'autre jour, je vous parlais de BOSS dont il ne fait aucun doute qu'elle pioche des idées dans la réalisation des fictions policières américaines du moment. Aujourd'hui je vais vous parler d'une autre série policière japonaise, mais alors elle, c'est pas de la pioche, c'est un emprunt sur 10 ans avec un énorme taux d'intérêt. Je vais vous poster le générique plus tard pour vous donner une idée de l'ampleur des "dégâts", mais avant toute chose, je vais quand même un peu rétablir la justice : j'aime Grissom, mais il est loin d'être aussi fun que Tsukumo, le personnage principal de MR. BRAIN.

D'ailleurs il y a pas mal de choses très japonaises dans MR. BRAIN, une preuve de plus que lorsqu'on donne quelque chose d'occidental à une production nippone, elle le mâche consciencieusement avant de le recracher à sa sauce ; c'est aussi pour ça que j'aime les Japonais, ils arrivent à faire les mélanges que la fiction française ne parvient pas à faire, et trouvent un équilibre entre exception culturelle et mimétisme, ils sont magiques ces Japonais, ils n'inventent rien, mais ils parviennent à tout traduire dans leur culture, quelle leçon formidable.

Bref, MR. BRAIN, c'est drôle. Un drôle beaucoup plus mis en avant que dans BOSS d'ailleurs, dont je vantais l'humour subtil dans le post évoqué plus haut, grâce à des petites scènes complètement décalées comme celles-ci :

MRBRAIN_romantic
La scène d'intro, ou comment tout a commencé comme une comédie romantique, mais non.
(cliquer pour cagouler)

MRBRAIN_lol
J'ai explosé de rire en voyant ça... et après je me suis sentie moins bête. Tout bénef !
(faudra regarder l'épisode pour la voir, celle-là)

Imaginez ça au milieu d'un épisode des Experts, franchement... Je suis pas sûre que même le clownesque NCIS oserait.

Mais MR. BRAIN n'est pas une comédie, au contraire : son heure et demie de pilote (ouais, quand même) laisse bien comprendre qu'on est dans la série policière avec tout le package : enquête, analyses scientifiques, et tentatives de confondre le suspect. Mais son personnage est largement plus loufoque (on va y revenir) et son univers pseudo-scientifique est largement moins terre-à-terre que celui des Experts, toujours mornes comme c'est pas possible, et faisant semblant de vivre dans un univers réaliste ("ah, mon analyse ADN est prête en 2h, super, je vais pouvoir rentrer border ma fille"). Dans cette série, on en rajoute dans le high tech, on colle des scientifiques dans tous les sens, etc...

Quant au personnage principal, interprété par un pilier de la fiction japonaise, j'ai nommé Takuya Kimura (hiii, je ne suis plus vierge, j'ai enfin regardé ma première fiction avec Kimutaku !), il est largement plus haut en couleurs que l'ensemble des personnages de la franchise des Experts qui se réuniraient sous une palette de filtres.
Imaginez le truc : il y a 5 ans, il était host (= gigolo qui couche pas) et il a eu un accident et a subi des dommages au cerveau. Sauf qu'au lieu d'en clamser ou de devenir un légume, en fait il s'est mis à utiliser une autre partie de son cerveau, et c'est de là qu'est née sa fascination pour le cerveau humain, dont il a fait sa spécialité, spécialité dans laquelle il est devenu expert. V'suivez ? Il a entièrement changé de personnalité, n'aime plus rien de ce qu'il aimait avant, et il a perdu l'aptitude à réagir de façon "socialement correcte", mais à part ça c'est un génie, quoi.

Contrairement à des Monk et compagnie, cette différence ne fait pas qu'il "est bien atteint mais quand même doué", juste qu'il est doué et pas facile à supporter pour tout le monde, parce qu'il pense "out of the box". C'est assez cool d'avoir un personnage comme ça, finalement assez libéré, sans qu'on cherche à lui inventer une faille quelconque qui le rendrait pitoyable. Non, il est juste différent, pas spécialement attendrissant comme une pauvre chose, un loser patenté, un geek asocial... il est juste différent et ça fonctionne à fond. Ça explique aussi les réactions qu'il suscite, soit fascination, soit extrême irritation. En cela son personnage, bien que finalement assez peu approfondi au cours de l'épisode (seulement l'intro et l'outro de l'épisode lui sont dédiées), est parfaitement bien décrit par les multiples petites bizarreries qu'il fait et qui rendent les autres absolument fous.

Pour ce qui est de l'aspect policier, qui comme vous l'imaginez n'est vraiment pas ce qui m'a captivée, l'enquête, bien qu'un tantinet longuette, était plutôt bien pensée. Ce qui est d'ailleurs assez amusant c'est que notre Tsukumo travaille dans un grand laboratoire de police, avec un service pour chaque chose (ADN ici, analyse d'images là, empreintes par là), et que tout ce petit monde a plein d'ordinateurs et de fioles et de trucs incroyables, et que Tsukumo, eh bien il travaille avec juste son cerveau (et une jolie table tactile pour éduquer ceux qui viennent le voir dans son bureau). Tout en jouant à fond la carte du high tech, MR. BRAIN a donc une particularité incroyable, celle de ne pas se reposer sur l'étude des preuves matérielles, et ce mélange fait un bien fou quand on est en overdose d'experts en tous genres.

MR. BRAIN a donc le talent de mélanger des éléments propres aux séries policières qui fonctionnent aux USA (et qui s'exportent bien dans les autres pays) et une solide dose d'anticonformisme pour rester divertissant sans avoir un sérieux goût de redite. Le bémol, c'est que l'enquête du pilote, en plus de trainer en longueur comme je l'ai dit, n'est pas très originale, et que pour bien faire il aurait fallu innover aussi dans cette direction. Mais si vous cherchez une alternative aux Experts Vegas, Experts Miami, Experts New York... bah tentez les Experts Tokyo, on se fend bien la poire et ça change du pain quotidien.
Personnellement, si je devais recommander une série japonaise de cette année à quelqu'un qui jusqu'alors ne carburait qu'à l'import US, je recommanderais MR. BRAIN, l'immersion est facile et c'est suffisamment hybride pour plaire même à des néophytes en matière de dorama.

Allez, si j'ai un peu piqué votre curiosité, montrez-le en commentaire, et ce soir vous aurez gagné le générique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche MR. BRAIN de SeriesLive.

28 août 2009

I can't live without you

Depuis quelques jours, ma marotte, c'est BOSS, l'une des séries qui a le plus marché au printemps. Et c'est justement pour ça que je n'y avais pas encore touché, en fait. Il faut dire que quand on voit que des Mei-chan no Shitsuji remportent des récompenses, on développe une certaine méfiance vis-à-vis des séries couvertes de statuettes. Évidemment, j'étais aussi pas mal refroidie par l'idée de regarder une série policière, car comme chacun sait, c'est loin d'être mon violon d'Ingres.

Pourtant, en décidant de sauter le pas, j'ai pris la bonne décision. Comme quoi, même les plus curieux d'entre nous gagnent à se pousser à encore plus de curiosité !
Contrairement à mes craintes, BOSS n'est pas une pâle copie d'un show américain genre Les Experts Santiago, mais parvient tout de même à se démarquer pas mal de séries japonaises d'enquêtes (bien que je confesse avoir plutôt regardé des Maid Deka ou Q.E.D. que des séries strictement policières). L'équilibre se trouve dans le fait que si on y trouve effectivement une équipe de police où chacun a ses compétences techniques, avec passage au labo et tout, en revanche on s'y autorise d'une part des personnalités plus ambivalentes (les personnages sont des ratés, c'est même pour ça qu'on les a regroupés dans la même unité) et un aspect plus feuilletonnant autour des déboires de l'unité pour se trouver une crédibilité.

BOSS parvient également à surprendre dans ses orientations scénaristiques. Les rebondissements surprennent réellement, du moins une bonne partie d'entre eux, et on n'a pas ce sentiment désagréable d'avoir résolu l'enquête avant tout le monde, qui en ce qui me concerne est assez récurrent (sauf quand le scénario fait exprès de me laisser dans le noir, ce qui m'agace au moins autant). Non, ici, quand on entend les conclusions de l'héroïne principale, Eriko Osawa, on se dit "mais ouiiiiii ! je l'avais vu ça en plus ! mais c'est tellement évident !", le genre de réaction que j'aime bien avoir devant une série policière, en fait.

Ce que j'aime aussi, c'est la façon dont la comédie est présente, mais largement moins appuyée que dans des NCIS qui se targuent d'être des comédies policières mais ne font que tartiner indéfiniment les mêmes gags d'épisode en épisode. Non, ici c'est plus subtil. Par exemple dans le pilote, l'assistant d'Eriko, un jeune flic pas bien mature, à qui il faut dire que la porte se tire au lieu de se pousser, ça dure 2 secondes, ya pas de musique débile, on est dans le pince sans rire le plus total, et pouf, c'est déjà oublié, l'enquête suit son cours. Un regard, une phrase, c'est tout. Cette façon de ne pas chercher à faire rire mais juste de ménager des respirations, ça marche à fond sur moi.

BOSS utilise aussi un grand nombre d'effets spéciaux (dont la majorité se trouve être très réussie), d'effets de montage (la caméra donne l'impression d'être perpétuellement en mouvement alors qu'on a juste retiré 1 seconde au plan pour lui donner un effet de rapidité), de jeu sur les musiques (pour l'instant le deuxième épisode a été le plus doué à cette petite technique), bref, les petites idées fusent pour qu'on sorte de la routine télévisuelle, et ça fait un bien fou.

Du coup, moi qui ne suis pas tellement branchée séries policières, vous savez quoi ? En 48h, j'ai déjà regardé 4 épisodes.
Je me prends presqu'à rêver que pour une fois, celle-ci va être prolongée... c'est pas totalement exclu mais hélas c'est quand même trop rare pour que je me berce d'illusions. Dommage, mais du coup je vais savourer les quelques épisodes qu'il me reste à découvrir avec d'autant plus de bonheur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche BOSS de SeriesLive.

1 juillet 2009

La bonne nouvelle

Depuis que j'ai des sous (ou que je vis comme si j'en avais...), je passe mon temps à faire de l'œil au prochain coffret alors que je suis encore en caisse à signer le chèque pour le précédent. C'est assez épuisant de constater tout ce que j'aimerais encore m'offrir dans les mois à venir.

Mais comme j'ai le sens pratique et que j'ai envie de voir le verre à moitié plein, au lieu de me faire une liste de ce qui reste à acheter, ou à me faire offrir, bref, en lieu et place d'une wishlist, voici ma anti-wishlist, avec tous les coffrets sur lesquels je sais déjà que je vais faire des économies, puisque je ne vais pas me prendre la tête avec ces DVD une fois en rayon. En voici un extrait...

- Bones
Mon aversion pour cette série relève du légendaire. Elle me rend aussi bien service... Il y a des gens qui ont envie de vomir quand ils voient des cadavres se faire charcuter à la télévision, moi, c'est quand j'assiste aux dialogues. Mais avec à l'heure actuelle trois coffrets entre 30 et 40 euros, ne pas aimer Bones me permet de sauvegarder 110 euros ! Merci !

- Les Experts Ankara, Tananarive et Bujumbura
A quoi sert un investissement DVD quand on a déjà des rediffusions à foison ? M'enfin faut rester logique ! Et en plus, le calcul relève du jouissif : 3 séries, ce qui fait en tout 15 saisons, souvent chacune en 2 coffrets à 25 euros pièce en moyenne... une économie réalisée de 375 euros ! Merci !

- NCIS
Si je regarde pas Bones, c'est pas pour me taper NCIS qui est du même tonneau (frelaté). Deux saisons de plus que Bones (et d'après les liens fournis par DVDSéries, des prix légèrement similaires), je réalise une affaire de 160 euros ! Merci !

- House
Si je voulais avoir un grincheux à la maison, j'aurais gardé mon ex. D'autant que ce serait moins douloureux si je m'enfonçais directement la canne de House dans le fondement : la 4e saison en prix vert, c'est 50 euros ! J'ai bien dit en prix vert ! Du coup, au lieu de partir camper à la FNUC, mes petits euros campent dans mon salon et c'est ainsi 140 euros qui restent sous mon toit. Merci !

Grâce aux séries au rabais, je suis riche !!! Vous vous rendez compte ? 765 euros ! C'est toujours ça que la médiocrité n'aura pas. Euh, attendez... ya un problème dans mon calcul. Pourquoi je retrouve pas tous ces sous sur mon compte ?!
Je me suis peut-être réjouie un peu vite.

Bon, et vous, quelles sont les séries qui vous font faire des économies ?

Article réalisé avec l'aide de DVDSéries (ils le savent pas, mais c'est pas une raison pour oublier de les créditer)

18 juin 2009

La philosophie est-elle compatible avec la téléphagie ?

Ah, alors. La philosophie par la série. Je perçois le sujet "foutage de gueule" à l'approche.
Comme tout le monde, je pense (puisque ça fait le tour du web téléphagique depuis au moins ce matin), j'ai lu cet article sur Thibaut de Saint Maurice, qui parle de philosophie à travers les séries. Et non pas dans les séries, nuance. L'auteur, un prof de philo, semble découvrir que d'une part les séries télé sont populaires (le choc !) auprès des jeunes (attaque cardiaque !), mais qu'en plus, il s'y dit des trucs. C'est pas juste du temps de cerveau disponible, c'est... c'est presque pas bête, ce qu'il se dit.
Encore un qui a inventé l'eau chaude. Mais bon, à la rigueur, une révélation même tardive reste une révélation.

Je manque par contre de m'étrangler lorsque je lis quelques uns des exemples employés : 24, Desperate Housewives, Prison Break... et pourquoi pas NCIS aussi ? Si c'est pour faire le malin sur ces séries-là, autant ne rien dire du tout. Cela dit je conçois tout-à-fait que quand on parle du plus petit dénominateur commun, on attire l'attention. Et accessoirement c'est plus vendeur, aussi.

Le vrai téléphage, celui qui ne s'arrête pas aux titres les plus populaires, aura bien entendu flairé la supercherie d'instinct, relevant qu'on n'aura pas attendu "les séries télé, nouvelle forme artistique populaire" (dixit l'article de Slate... sic) pour trouver de la philosophie dans les séries, encore fallait-il y regarder d'un peu plus près.
Le premier titre qui me vient à l'esprit est Oz, pour des raisons assez évidentes je pense. Voilà bien une série qui est pour ainsi dire un vivant traité de philosophie, bien plus profond et intéressant à étudier à mon sens. On y trouve pèle-mêle et entre autres : des questionnements sur la vie, le temps, la nature humaine, etc... D'ailleurs dans la foulée, Oz est aussi une thèse sociologique et un manifeste politique (faut pas gâcher). Et cela en parvenant à être une série très accessible sans jamais se compromettre dans la facilité, en plus. Faites regarder du Oz à vos élèves, Monsieur de Saint Maurice, tout le monde y gagnera, la philosophie comme la téléphagie (pourquoi serait-ce unilatéral ?).
Evidemment, le concept derrière ce bouquin, c'est d'essayer de capter l'attention des jeunes en faisant des parallèles avec des concepts philosophiques, et c'est relativement louable dans l'ensemble, sauf que ça ne tire personne vers le haut !

Qui plus est, on peut trouver de la philosophie n'importe où, j'ai envie de dire, et à plus forte raison si l'on est professeur de philosophie. Avec un peu de réflexion, je suis sûre qu'on peut même trouver une pensée profonde derrière, mettons, Son of the Beach. Si, en y passant quelques heures et en n'ayant rien d'autre à faire, ça doit être possible... C'est toujours facile de poser le regard sur quelque chose pour ensuite l'étiqueter selon un courant de pensée défini. Sauf que ces propos sont bien souvent involontaires, ce qui invalide d'autant la démarche philosophique qui consiste à se questionner sur de l'abstrait et non simplement à résoudre des enquêtes selon un cahier des charges dûment respecté (j'ai NCIS en sourdine à côté de moi en attendant Canterbury's Law, et croyez-moi, bien malin celui qui attribuera aux scénaristes un quelconque degré de réflexion).
J'associe un peu cette démarche aux psys qui, mis face à n'importe quel être humain, trouveront toujours des névroses insoupçonnées ou des pathologies retorses à attribuer à leur congénère (ça doit être une chose intéressante à analyser, d'ailleurs). En gros, quand on cherche un sens à quelque chose, je suppose qu'on en trouve.

Mais à première vue, l'auteur de Philosophie en séries (sic !) s'est surtout contenté de surfer sur la vague de la facilité, ce qui me semble être un comble pour un philosophe. Je ne peux pas vraiment l'en blâmer tout-à-fait : il a simplement fait preuve de pragmatisme vis-à-vis de ses élèves peu inspirés par sa matière, et en plus, sortir un livre lui permet de traire la vache à lait. Une vache à lait rhétorique, ça va de soi.

Cela étant, si ce cher monsieur veut m'expliquer un peu mieux sa démarche, je lui ouvrirai volontiers mes colonnes pour un droit de réponse. Le dialogue contradictoire était au centre de la démarche de Socrate, d'ailleurs.

29 mai 2009

Privé de télé

Ce midi, pour une fois, j'étais devant ma télé. C'est cool d'être en vacances, me disais-je. Et puis je suis tombée sur ce sujet de L'Edition Spéciale de Canal+, un petit sujet de quelques minutes, trois fois rien, avec une chroniqueuse qui lit sa fiche et deux interviews de trois phrases (en tout, pas chacune) sur un sujet... "de plus en plus d'enfants de 10 ans ou moins regardent des séries télé pour adultes".
Ah, ce bon vieux troll, ça faisait longtemps !

Et la journaliste de commencer par des chiffres de Médiamétrie (et comme ici, on est pas des trolls, on va pas entrer dans le débat de la pertinence des chiffres Médiamétrie... c'est juste que, filez-moi un appareil à audimat, et vous allez voir comme je vais vous les torcher moi, les audiences) :
- pour une quelconque soirée NCIS, on avait enregistré sur 3 millions de spectateurs que 100 000 étaient des enfants de moins de 10 ans (il s'agissait apparemment d'un braquage du service de médecine légale qui poussait le vieux pépé à déballer les intestins d'un mort pour en sortir de la cocaïne)
- pour une autre quelconque soirée Les Experts, sur 8,5 millions de spectateurs, 314 000 étaient des enfants de moins de 10 ans et, au 2e épisode, ils étaient 266 000 à aller jusqu'au bout de la soirée, sachant que ça finit à 22h20 et qu'en plus ya de rediffs le dimanche après-midi.
Moi je fais que citer, hein. D'ailleurs elle aussi, jusque là. Certes, on passait deux photos des scènes de NCIS en question (je sais pas si c'est représentatif, j'ai pas regardé l'épisode, mais il y avait d'une part un mec qui brandissait un flingue, et de l'autre un truc vaguement rouge et gluant pour montrer les entrailles), mais ça se cantonnait à ça, et je me suis dit que, jusque là, bon, on restait intellectuellement honnêtes, dans l'ensemble. J'ai même entendu la phrase "à 22h20 les enfants devraient être couchés", ce qui avait quelque chose de sensé.

C'est alors que le mot a été lâché. "Accro". Les enfants sont "accros" à ces séries. Alors là, j'ai su qu'on n'allait pas être copines, la journaliste et moi. Parce qu'être accro, pardon, mais je sais ce que c'est. C'est d'ailleurs ce qui occupe largement les 3/4 de ces colonnes : parler de mon addiction et ses manifestations. Ça a toujours été mon crédo, si vous vous souvenez de mon premier post. Alors être accro aux séries américaines, on ne me fera pas la leçon dessus.
Et donc là je m'insurge, ou du moins je commence à m'échauffer. Si on veut partir du principe qu'on fait du journalisme, déjà, il y a un problème de méthode : le fait qu'un mouflet de moins de 10 ans regarde un épisode, ou deux, jusqu'à la fin, ce n'est pas de l'addiction. Rien dans les chiffres donnés ne permettait d'employer ce terme, donc. Une partie importante, certes, de la population des moins de 10 ans, certes, regarde ces séries qui ne leur sont pas adressées, certes. Jusque là on est d'accord. Mais parler d'addiction ? Ça me fait mal au derrière, ou alors faut étayer un peu.

Arrive l'argument d'autorité, le psy. Ah, les psys. Je les aime de tout mon coeur (ne vous ai-je pas fait l'apologie de Huff à plusieurs reprises ?), hein, mais les psys dans les sujets de ce type, on les connait. Première chose : les propos rapportés : apparemment, les conséquences sur les enfants sont que, d'une part, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir entrer dans la police scientifique (ce qui comme chacun sait est absolument terrifiant, un enfant qui veut entrer dans la police, c'est complètement à contre-courant de notre bonne culture française, ça !!!) (PS : quand je vois Grissom j'ai plutôt envie que ce soit la police qui entre... j'ai dit ça à voix haute ?!), et plus inquiétant encore, les enfants sont de plus en plus "angoissés" et ont "peur d'être assassinés ou enlevés". Sans compter qu'en plus ils deviennent violents (oh le beau troll, c'est quoi ça, le point Godwin de la télévision non ?).
Voilà ensuite un pédopsychiatre qui se pique de redire la même chose en une phrase, histoire d'apporter du crédit à cette connerie, si, j'ai dit un gros mot, et j'assume. D'un autre côté je serais étonnée qu'un enfant de 10 ans soit arrivé aussi loin dans ce texte, si jamais l'un d'entre eux, hautement imprudent, se risquait sur ce blog quasiment sans image.

A ce stade mes cheveux se sont dressés sur mon crâne un à un, et je suis prise d'une violente crise d'urticaire. Oui parce que, vous savez, quand ils regardent le journal avec les parents, ils n'entendent pas du tout parler de Marc Dutroux (la mode est un peu passée, il est vrai) ou de la disparition de Maddie ; ils ne voient jamais les alarmes Alerte Enlèvement avec leur sirènes pas du tout effrayantes, et les parents, c'est bien connu, eux non plus ne réagissent pas à tout ça, et ne les incitent pas à plus de prudence. C'est forcément la faute des séries et uniquement elles.

Au moment où je commençais à me rendre sur des sites de vente en ligne pour acheter un fusil à pompe à l'étranger et en occas' (et pourtant je ne regarde ni NCIS ni Les Experts Khartoum, allez comprendre), une parole plus sage s'est faite entendre : c'est parce que ces séries sont binaires. Il y a le gentil, le méchant, et à la fin on sait bien qui c'est qui gagne.
Et là je tiens à remercier la journaliste pour avoir dit exactement ce que j'en pense, c'est juste qu'il aurait fallu aller jusqu'au bout du raisonnement : ces séries-là sont de la fumisterie ! C'est du divertissement de bas étage, c'est bien gaulé, à la rigueur (je parle des Experts, évidemment ; on ne me fera jamais admettre une chose pareille quant à NCIS, même sous la menace d'une arme). Eh oui, ces séries-là, c'est de la merde ! Bon non, pas de la merde, mais elles sont cons. Ya des séries pour adultes qu'un enfant de moins de 10 ans peut regarder, et limite c'est peut-être même une chose qu'il faut encourager, mais celles-là, devinez quoi : elles ne passent pas en prime time !
En fait il y avait erreur dans la formulation du sujet, puisque ces séries ne sont pas pour adultes mais pour ados et très jeunes adultes, et ça fait une grosse différence ! Toutes ces séries popcorn ne sont PAS des séries pour adultes (ou seulement s'ils ont encore l'âge mental d'un ado de 17 ans).

Je passe sur un autre détail qui m'a chauffé les oreilles, quand les propositions de solution incluaient, tenez-vous bien, qu'on fassez des séries pour adultes qui n'intéressent pas les enfants, et les découragent des séries pour adultes. On leur dit qu'elles existent mais que la plupart des chaînes décident de ne pas les diffuser ? On leur dit que c'est pas ça qui les découragera vu que des enfants regardent aussi Nip/Tuck ?

Par contre je vais m'arrêter sur une autre intervention, celle du journaliste du Monde, Hervé Kempf, qui a une proposition très intelligente : que l'écoloe propose des stages sans télé ! Qu'on explique aux gens que quand on éteint la télé, on peut "discuter, jouer, et même ne rien faire", et que c'est bien. Bon, évidemment c'est bien aussi d'éteindre la télé (sinon quand est-ce qu'on va sur internet ?), mais ce n'est évidemment pas la solution !
Mais faut être le roi des cons, quand même, là... On vit dans un monde de médias. Il ne faut pas en priver les enfants en espérant qu'ils s'en détourneront ou, plus irréaliste encore, que comme par magie, ils vont prendre du recul par rapport à elle. C'est même tout le contraire : il faut les éduquer aux milliers d'informations médiatiques que les enfants reçoivent (et reçoivent de plus en plus, qui plus est), leur donner les outils pour apprendre à gérer leur consommation médiatique.

J'ai toujours dit que la télé, c'était le royaume du libre arbitre. Avec une télécommande en main, on a le moyen d'expliciter ses décisions : si telle chose ne me plaît pas, je zappe, si telle chose ne me correspond pas, je zappe, si telle chose ne répond pas à mon besoin, je zappe. La télécommande, c'est une forme de pouvoir. Rien ne vous oblige à vous abrutir devant un programme débile, parce que vous avez une télécommande (et un bouton ON/OFF, aussi). Ceux qui usent de ce type d'argument font des proies faciles à la connerie télévisuelle, ils subissent. Une télécommande, c'est tout le contraire.
Donc quand on a une télécommande, on apprend à s'en servir. On a des parents pour ça, d'ailleurs. Et des éducateurs si on leur donnait les moyens de prendre le temps de décortiquer les médias avec leurs élèves (mais ils manquent déjà de moyens pour tout le reste, alors bon). Ce n'est pas en privant un gamin de télé pendant 10 jours qu'on lui apprend à avoir de meilleures exigences télévisuelle (et si ya bien un truc que je sais d'expérience, c'est que priver un gosse de télé ne fait que l'en rapprocher), c'est en lui expliquant qu'il a ce pouvoir suprême. Le problème commence par le fait que beaucoup d'adultes ne se servent même pas eux-mêmes de ce pouvoir.

Là, évidemment, obligée, je brandis mon expérience personnelle comme un étendard et je m'insurge : la première série que je me souvienne avoir regardée, c'était L'Enfer du Devoir. A la rigueur, ex aequo avec V, La Belle et la Bête et MacGyver, si on veut chipoter. Pas des séries absolument réjouissantes sur le papier. En suivant les tags sous ce post, vous vous apercevrez par exemple que dés le pilote de La Belle et la Bête, l'héroïne se fait défigurer. Et les plus anciens d'entre vous se souviendront des polémiques autour de MacGyver, qui était super dangereux et subversif parce que les jeunes essayaient de l'imiter et de créer des bombes artisanales, et que tout le monde était ultra-choqué. Quant aux deux autres, rappelons que c'étaient chacune à leur façon des séries de guerre.

Je regardais tout ça, et il ne m'en est resté aucune séquelle. Euh, bref. Non, je veux simplement dire que je ne suis pas plus endommagée par ces séries-là que je ne l'ai été par mon expérience de la vie. Pas de traumatisme, en tous cas. Et j'avais entre 10 et 12 ans, confirmation apportée par ma matriarche à l'instant par téléphone, oui je vérifie mes sources, moa. Est-ce que je suis hantée par l'idée de sauter dans une explosion, terrifiée à l'idée de me faire charcuter dans une rue sombre, ou encore angoissée par la perspective de tirer sur le fil d'une mine planquée dans la végétation ? Non.

Et pourquoi ? C'est là que c'est intéressant, c'est là tout l'objet de mon post : parce que ma mère était là. Elle regardait avec moi, et elle m'expliquait. Elle analysait avec moi le contexte historique de L'Enfer du Devoir, elle me donnait les références qui me manquaient pour comprendre les parallèles avec la résistance devant V, elle m'apprenait aussi, et c'est au moins aussi important, la différence entre fiction et réalité, pourquoi avec un chewing gum, du liquide vaisselle et un trombone, je n'aurais pas pu faire de bombe, et que de toutes façons ça ne servait à rien d'essayer. J'ai peut-être pas eu l'éducation dont je rêvais sur d'autres aspects de ma vie, mais télévisuellement, ma mère, elle a assuré. Elle ne m'a pas dit que ce n'était pas de mon âge (ça aurait pourtant suffit vu qu'il n'y avait qu'une seule télé à la maison et qu'elle était dûment gardée), elle m'a ouverte sur le monde et sur le monde télévisuel, m'a appris à faire relativement la part des choses, m'a donné du recul.
Tous ces gens qui se gargarisent de "les chaînes pour enfants/bébés, c'est odieux, on laisse la télé servir de nourrice", ils me cassent les pieds, voilà. Déjà parce qu'il faudrait se décider : soit les programmes pour les enfants c'est pas bien, soit les programmes pour adultes qu'on laisse les enfants regarder c'est pas bien. A un moment il faut choisir. Et surtout, ce n'est pas parce qu'on met les enfants devant la télé qu'il faut les y laisser seuls. Il faut les accompagner.

Je revendique que la télévision m'a éduquée sur de nombreux aspects, m'a ouverte au monde (tout ironique que ça puisse paraître), m'a permis de sortir de chez moi plus qu'on ne pouvait l'imaginer, m'a permis de voir à quoi ressemblait la vie ailleurs, et ce par le biais plus accessible de la fiction notamment. Je revendique avoir moi aussi grandi dans une boîte en carton découpée de façon à regarder la télé quand mon père n'était pas là. Je revendique mon addiction aux séries. Rien de tout cela n'est antithétique et rien de tout cela n'est honteux. A condition qu'on ait la bonne éducation pour ça.

Mon conseil : quand vous regardez L'Emission Spéciale de Canal+ avec vos enfants, expliquez-leur ça.
Et ensuite mettez-leur un bon DVD de Pushing Daisies, comme ça tout le monde tombe d'accord.

PS : je vois que SeriesLive en a également fait un article, tiens.

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