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ladytelephagy
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heroes
27 novembre 2008

Fonctionne avec piles

Pour être complètement honnête, je dois dire que ma télé, je ne la supporte plus. Elle est petite, il y a des récepteurs morts quasiment en plein milieu de l'écran, elle ne fait pas le format 16/9 (donc ya plein de mots et images qui apparaissent coupés), elle ne capte Canal+ en clair qu'une fois sur deux, et il ne faut plus toucher l'entrée Péritel, sinon ça crée un faux-contact. Bon, soyons sincères, il va falloir que je la lourde (mais là c'est plus la saison, j'aurais dû y penser pendant que je préparais encore Noël, j'en suis maintenant à acheter les cadeaux de mes proches). En attendant, ça fait un peu cache-misère mais bon, je tente de la changer de place. J'ai notamment corrigé son angle : maintenant, je la vois aussi bien depuis le bureau que depuis le lit. Car personnellement, je résiste difficilement au plaisir d'écouter des débats de politique ou de société pendant que je bosse sur l'ordi (c'est mon problème, ça ne regarde que moi et mon psy). Et j'ose l'affirmer, ce sont les seules circonstances pendant lesquelles un téléphage fier de sa condition a le droit d'écouter la télé au lieu de la regarder.

Pendant que je faisais donc ces quelques ajustements pour rendre cette vieille téloche à peu près supportable, j'ai donc fait un peu de ménage sur ce qui me tient lieu de meuble télé, essayant de réorganiser l'endroit pour que l'objet du délit ait l'air moins miséreux, et je dois dire que j'ai été assez surprise par la pile de DVD qui reposait là.
Mais si, la pile de DVD ! LA pile de DVD même, celle que tous les téléphages ont, sous une forme ou sous une autre, et qui en fait regroupe les DVD qu'on pourrait qualifier d'actualité, là où, quand le téléphage a les bras chargés, il se défausse de ses coffrets divers et variés ; là où ça se passe, quoi. La hauteur des piles varie plus ou moins d'un specimen à un autre, mais c'est surtout leur composition qui mérite notre attention.

On aurait pu penser que se trouveraient là, plutôt, mes derniers achats en date (dont je me vantais vicieusement il y a quelques semaines ; j'ai été bien punie puisque depuis je ne garde quasiment aucune nourriture solide depuis lors). Mais pas du tout. Rangeant certains d'entre eux en lieu sûr (= hors de porté de la civilisation féline), j'ai en fait uniquement laissé le coffret de Heroes parmi eux, ce qui est aussi révélateur, en un sens.

Alors, qu'y trouve-t-on, du haut de la pile à ses fondations ?
Zêtes assis ?

Le DVD du dernier concert en date de PUSHIM.
Le DVD du concert d'adieu des Biyuuden, dont d'ailleurs je ne me suis pas remise.
Le DVD de Heroes saison 1.
Le DVD d'Action!.
Le DVD du best of de Namie Amuro.
Le DVD de la saison 2 de NERDZ.
Le DVD de la dernière collection de clips des Biyuuden. Encore elles.
Le DVD de Band of Brothers.
Le DVD de Battlestar Galactica saison 3.
Le DVD de Battlestar Galactica saison 2.
Le DVD de Battlestar Galactica téléfilm pilote. Tiens, où est la saison 1 ?
Le DVD de Babylon 5 saison 1.
Le DVD d'un single des THC!!.
Le DVD de Sex & the City saison 6, pardonnez la démarche peu scientifique mais je pense qu'on peut émettre l'hypothèse d'une datation à ce jour-là.
Le DVD de Battlestar Galactica saison 1, ah, il est là !
Le DVD d'Une Nounou d'Enfer saison 1.
Le DVD d'un concert des Morning Musume.
Le DVD de Damages saison 1. Il n'y aura sans doute jamais de saison 2 par là.
Le DVD de Son of the Beach saison 1. C'est marrant, j'étais sûre qu'il calait la table dans l'entrée...
Le DVD d'un autre concert des Morning Musume. Décidément...

Ha, je sais ce que vous pensez, cette pile doit être vraiment très haute, eh bien oui, elle fait deux fois et demi la hauteur de la télé. Vous comprenez pourquoi la civilisation féline est redoutée...
Après on peut parler de la pile de VHS mais ça risque d'être autrement plus long, vu le nombre de séries différentes qu'on trouve sur une même VHS.

A bien y réfléchir... Je crois que finalement, ce que nous regardons n'en dit pas tant sur nous que ce que nous gardons à portée de main, qu'en pensez-vous ?

Ok, donc maintenant, sans tricher : qu'y a-t-il dans la pile de DVD à côté de votre télé ?

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26 novembre 2008

Clarathelephagy ?

J'ai falli m'appeler Clara. J'ai échappé à quelque chose, vous ne trouvez pas ? Mes parents hésitaient entre Claire, Clara... et Frank (je n'aimais pas les échographies). Véridique.
Mais si je peux à la rigueur m'imaginer en Carrie Bradshaw parisienne, le reste du personnage éponyme de Clara Sheller, bloqué dans son complexe de Peter Pan, a de quoi me hérisser le poil comme jamais.

On va être clairs : je n'ai JAMAIS vu la première saison de Clara Sheller. Il paraît que ça se passait il y a quelque chose comme trois ans, et je vous avoue que, là, tout de suite, je ne sais pas où j'étais il y a trois ans, mais ce n'était pas devant France 2 apparemment. Je cherche et je cherche mais, rien à faire, impossible de me rappeler comment je suis passée au travers, surtout qu'il me semble que pourtant, j'ai entendu Naka en parler il y a des lustres (l'air de rien on se pratique depuis un sacré bout de temps, en fait !). Mais bon, il y a une nébuleuse dans ma tête, je ne me souviens de rien.

Du coup quand la seconde saison a commencé à être promue (à coups de gourdin... alors, il marche bien, le marketing sans finesse et sans imagination ? 3 millions de spectateurs, belle déculottée), j'ai passé les dernières semaines à me dire, chaque fois que je voyais la pub (avec son horripilante petite musique) : ok, cette fois, je regarde. Bilan : la semaine dernière j'ai pensé à allumer alors que le premier épisode était bien entamé. No comment. Mais j'ai regardé jusqu'à la fin de la soirée, quand même (d'un autre au côté j'avais pas grand'chose d'autre à foutre, vous me direz), ce qui est une indication de ma bonne volonté !

Les petits gars de chez "heaven" n'ont eu de cesse de m'inonder de mails (je ne me suis pourtant inscrite nulle part, je pense que c'est la faute de ladytelephagy...) pour me dire que, ého ! Clara Sheller arrive ! Je crois que ça fait depuis cet été qu'ils jouent les spams de bas étage. Une nouvelle video (en streaming, et comme vous le savez, le streaming c'est le Mal) par ici, un concours par là... ah il m'a fait rire leur concours, d'ailleurs. L'idée du siècle, quand même : proposer au spectateur d'accueillir Clara/Zoé pour (quoi, une heure je crois ?) regarder des épisodes en sa compagnie. C'était tellement cocasse comme idée que j'en avais fait un post (et puis j'ai pas pensé à la publier à temps, la date est passée, et bon, il est resté en brouillon... vous voulez le voir ?). Et sans parler des petits jeux codés avec les pieds, et les mails même pas pensés pour être assortis au site, alors qu'une identité visuelle c'est pourtant pas compliqué à respecter, les chartes graphiques c'est pas pour les chiens, quand même ! On a dit rose #E1ACB6, nom d'une pipe en bois ! Et puis en parlant de viralité, où se cachaient les petits trucs sympas que les bloggeurs auraient pu mettre sur leur blog, des gadgets originaux, frais, sympas, quelque chose, quoi ! Mais non, rien du tout.
Je sais que j'éviterai de faire appel à ces gens-là si j'ai besoin d'une agence ! Ca faisait complètement amateur. Désolée de vous avoir piquée au vif, Véronique, mais c'est ce que j'en pense.
Et tous contents d'eux, ils ont continué à m'envoyer leur purée et je me suis tapé sur les cuisses une bonne partie de l'automne.

Au final, même ces procédés mal fagotés n'ont pas réussi à me rappeler de me rappeler à temps devant mon écran (oui, même le mail envoyé le jour-même !!!). Et pourtant on parle d'une téléphage... On ne s'étonnera donc pas tellement qu'avec des recettes aussi mal mises en pratique, les audiences aient été... eh bien, celles qu'on connaît.

Sur le fond, le personnage pitoyable remâché d'une Ally McBeal qui aurait percuté Carrie Bradshaw dans un Starbuck n'était guère plus captivant. Je ne saurais juger l'actrice, n'ayant pas le point de comparaison avec le jeu de Mélanie Doutey dans les mêmes fonctions, et n'ayant même jamais vu Zoe Felix à l'oeuvre avant ce soir-là, mais le personnage donnait des envies de meurtre, ça c'est clair(a). Ha ha.

Je lis au sujet de cette seconde saison des choses surprenantes... que Clara Sheller est trop parisianniste, par exemple. Je ne me rends pas compte, personnellement, je dois dire. Mais c'est vrai aussi que je suis moi-même trop parisianniste (ou plutôt parisianniste-wanabee, hein mon timide ?).
Mais je reste surprise de ce genre de reproches, quand même.
Reprocherait-on à Sex & the City son New Yorkisme ? Bah non ! Il fait partie de la série, de son univers. Je ne dis pas qu'un personnage comme Clara ne peut exister qu'à Paris, mais ça lui donne plus de sens, finalement, de la cohérence.

Enfin bref, un beau vautrage dans les règles de l'art !
Alors, la question se pose-t-elle pour moi de regarder ce soir ? Bah, déjà, non : je ne serai pas rentrée du boulot avant, au bas mot, 21h15. Où est l'intérêt de louper 20mn d'un épisode ? Déjà. Et puis de toutes façons, non. Non tout court. D'accord, pour une fois, Clara Sheller n'était pas une série policière, mais pour autant, ça ne donne pas envie de regarder des fictions françaises, dont l'absence d'audace n'a d'égal que le cruel manque d'âme. Pas un souffle de vie ne se dégage de la série, on a une cruelle impression de pénibilité : pénibilité à avoir quelque chose à raconter, pénibilité d'avoir des enjeux à créer, pénibilité de se trouver une identité... On rame beaucoup mais on n'atteint jamais le rivage.

Donc ce soir, pour moi, en rentrant du boulot, ce sera Heroes. C'est tout dire, je pense.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Clara Sheller de SeriesLive.

10 novembre 2008

Yatt... uh ?

Pourquoi, mais pourquoi j'ai acheté la 1e saison de Heroes, alors que j'ai interrompu mon visionnage au cours de la 1e saison, et que je ne l'ai jamais repris depuis ? Et qu'en plus c'est pas vraiment la série du siècle. Et qu'en plus, de notoriété publique, la saison 2 est lamentable. Et la 3e pas vraiment mieux. Et que Kring n'en finit plus de s'excuser.
Bon alors, pourquoi ?

Eh bien exactement pour toutes ces raisons, en fait.

- Heroes était très marrant au début. Cette série est super bien gaulée, c'est du popcorn pur beurre ! C'était une série parfaite pour suivre avec mon homme de l'époque mais justement, quand l'homme est sorti de ma vie, Heroes aussi.
- Heroes est une série popcorn, je l'ai dit. Et je n'ai qu'une affection modérée pour le popcorn. Alors très vite, j'ai trouvé des choses bien plus passionnantes à cagouler, du moins quand j'avais la place technique de le faire. Et puis les diffusions à la télé ne tombaient jamais au bon moment. Et puis je suis amoureuse de la voix de Pasdar. Tout ça tout ça. Nan, le DVD, c'était la seule solution.
- Heroes s'est embourbé jusqu'au cou avec sa saison 2, il parait. Bah je veux vérifier par moi-même. Mais pour ça j'ai besoin, déjà, de me rappeler à quoi ressemblait la première saison, et puis quand même d'avoir des réméniscences à peu près claires de l'histoire. Donc bon, la saison 1, c'est déjà un début.
- Heroes a été très pénible pendant la saison 2, qu'il se dit. Sauf que je lis des magazines, moi (oui j'ai du fric à claquer, je vous l'avais déjà dit peut-être ?). Et que dans Générique(s), eh bien le propos était plus nuancé. Apparemment, le rythme se ralentit mais peut-être finalement à bon escient, gagnant un peu de substance. Bon bah moi, je veux voir un Heroes qui gagnerait en profondeur. Ca doit faire bizarre.
- Heroes pédale dans la semoule avec sa 3e saison, à ce qu'on dit. Bah oui mais ça aussi je veux le voir de mes propres yeux. Quand on part d'une première saison d'une efficacité désarmante, un pur produit tiré au cordeau et tout, je me demande comment on peut se planter autant ensuite. A des fins documentaires, à des fins pédagogiques, même, il faut vraiment que je voie ça.
- Heroes est un produit devenu tellement honteux que son créateur Tim Kring s'est excusé plusieurs fois à son sujet. Outre le fait qu'il faudrait commencer par s'excuser pour Preuve à l'appui, et qu'après on pourrait éventuellement discuter, je trouve ça tellement fort de café que j'ai bien envie de charger la mule moi aussi, et pour ça il faut que je voie de quoi il s'agit. Surtout qu'on en parle dans le podcast de SeriesLive On Air demain, quand même... merde, c'est pas sérieux.

Voilà, maintenant vous savez pourquoi.
J'ai pas dit que c'étaient de bonnes raisons, juste que ce sont mes raisons...

10 novembre 2008

Un gros sac, hein

Je n'ose même pas vous dire combien j'ai dépensé ce weekend à la FNUC. Non, je ne vous dis rien, c'est indécent.
Il faut me comprendre : quand je suis arrivée devant cet immense rayon, mon sang s'est mis à bouillonner, et dans ma poitrine, mon coeur s'est mis à palpiter... ah non, c'était mon portefeuille dans ma veste, ça.

J'étais accompagnée d'une nouvelle connaissance, non téléphage, que j'ai essayé d'éduquer au fur et à mesure que nous avancions dans le rayon (chouette, une nouvelle victime pour mes expériences de contagion !), et qui, un peu sciée quand même même si elle sait que je suis à un stade de téléphagie avancé, me regardait faire mon marché. Parce que c'était exactement ça, il faut le dire.

"Oh, l'intégrale de Twin Peaks... elle est sur ma liste ! Oooooooh, et alors finalement, ça y est, ils ont réussi à se ravitailler en saison 1 de NERDZ après tout ce temps ? Où elles sont les intégrales des saisons 1 à 3 de Roseanne, dites, où elles sont ? Non ça c'est les coffrets individuels, où sont les intégrales ? Là, à côté de l'intégrale des 6 saisons de Oz, peut-être ? Oh et puis, si je me mettais enfin à la fin de la 1e saison de Heroes, que je n'ai jamais vue parce qu'il y a toujours mieux à cagouler ? Comme ça c'est fait... Hmmmm, ya bon Razor, vivement la sortie de la saison 4 de Battlestar Galactica d'ailleurs !"
La pile montait, montait, montait ! Mes bras se chargeaient, chargeaient, chargeaient ! Les yeux de mon amie s'arrondissaient, s'arrondissaient, s'arrondissaient !

D'ailleurs c'est assez amusant de voir que l'intégrale de Twin Peaks est quasiment aussi épaisse que celle de Oz, alors que l'une compte 2 saisons et l'autre 6 ; le package pour la seconde étant, il est vrai, moins classe, plus économe, mais qui s'en soucie ? Ce qui compte c'est ce qu'il y a dedans...

Après un petit passage au rayon jeux videos (et encore je me suis retenue de prendre Spore...) et une emplette de dernière minute près des caisses où il y avait un livre très alléchant (que j'ai d'ailleurs déjà fini de lire), j'arrive devant la machine à faire le calcul de ma nouvelle pauvreté.
"Vous avez des gros sacs ?" dis-je avec un large sourire pendant que je décharge ma cargaison sur le comptoir de la caisse. "Des très gros sacs ?"

Bon alors bilan, à la FNUC, ils ont pensé à faire des gros sacs, mais ils ont oublié de les faire résistants.
Les poignées n'ont pas résisté au poids.

Et j'étais heureuse !!! Vous n'imaginez pas. 

8 octobre 2008

La mauvaise raison

Il y a plusieurs raisons pour arrêter de regarder une série.
Parce qu'on n'arrive plus à s'y intéresser. Parce qu'un acteur qu'on appréciait est parti. Parce que c'était devenu n'importe quoi. Parce qu'on a trouvé mieux. Parce que nos goûts ont changé.
Mais arrêter de suivre une série à cause d'un mec, c'est vraiment une mauvaise raison.

Je vous explique : dans un passé pas si lointain qu'il n'y parait, j'avais un mec. Je vous en parlais souvent dans le cadre de mes plans machiavéliques de contagion téléphagique, si vous vous souvenez. C'était un mec d'appartement, et on pouvait donc passer pas mal de temps à regarder des séries, et c'est aussi pour ça que je l'avais choisi à l'animalerie, d'ailleurs. Et puis, les choses ont commencé à dérailler : il y a certaines séries qu'on a mises entre parenthèses, parce que, bon, "pas ce soir chérie, j'ai mal à la tête" (du coup on s'envoyait en l'air, c'était très fatiguant). Et puis un jour, pour résumer, il a fini à la SPA (je crois que le prochain, je ne le prendrai qu'une fois qu'il aura été sevré), et je dois dire que les séries que j'avais laissées tomber à cause de lui, bah je les avais totalement oubliées... Je me suis trouvée à regarder d'autres choses, et ça se passait très bien.

Et puis comme vous le savez, en ce moment, j'ai des fringales (ça vaut mieux que les fraises). Alors j'ai envie de dévorer des séries par packs de douze, après tout c'est mon droit le plus strict n'est-ce pas ? Et soudain me revient à l'esprit le fait que, à une époque lointaine (une saison minimum), j'aimais ces séries, et je suis loin d'avoir tout vu !
Mais où avais-je la tête ? J'ai laissé tomber des séries géniales juste pour un mec ?!

Ô, Dieu de la Téléphagie, je ne suis pas digne, je suis insignifiante, c'est ma faute, c'est ma très grande faute, mériterai-je jamais Ton pardon ?! Les foudres divines vont s'abattre sur moi, ça c'est sûr ! Je suis condamnée, mes jours sont comptés, je suis vouée à la damnation éternelle, faite de rediffusions de Ma Famille d'abord, et de 712e saison de la Star Ac !

A moins que... il n'est peut-être pas trop tard. Peut-être que je peux encore m'amender. Trouver la rédemption.
Alors dans les semaines à venir, il se pourrait bien que je revienne à des séries que j'avais adorées et laissées de côté pour une mauvaise raison, comme Dexter,  Boston Justice, Mad Men, ou Heroes... euh, non, ptet pas Heroes. Faut pas pousser. Enfin on verra.

Et alors peut-être que je sauverai mon âme...

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27 juillet 2007

Week end de défonce

Ce week end, je cède totalement à ma téléphagie et j'entame un rail de séries que je n'ai pas eu le temps de reniffler cette semaine (pourtant déjà bien chargée, avec en moyenne un pilote chaque soir, plus ce que je regarde déjà par ailleurs, plus les autres trucs que j'aime bien faire même si c'est un peu du gaspillage de temps, comme manger, dormir... walou !!!).

Au menu :
- Bionic Woman (je me prépare à être très agréablement surprise)
- Damages (je voulais le regarder hier soir mais j'ai par inadvertance oublié de désinstaller Civilization IV...)
- Lipstick Jungle (après tout, si le trailer de Cashmere Mafia a su m'intéresser et me donner l'illusion d'un spin-off de Sex & the City, je vois pas pourquoi bouder Lipstick Jungle qui est fait des mêmes ingrédients !)
- Meadowlands (j'ai pas encore réussi à me résoudre mais je suis sûre de trouver de la motivation entre deux autres pilotes, dans un appel d'air on va dire)
- Side Order of Life (complètement refroidie par certaines reviews lues çà et là)
- State of Mind (j'ai galéré pour en voir le bout, c'est la moindre des choses même si je ne pars pas très optimiste)
- The Sarah Conor Chronicles (avec mon homme car je pressens que ça va lui plaire)
- The Kill Point (je me rappelle même plus de quoi ça doit causer, on verra bien)

Dans l'intervalle, les pilotes de Cavemen (arf arf arf, il me faut cette grosse daube ! à l'aide, mon homme déteint sur moi !!!) et The Big Bang Theory seront à ma merci, et sans doute même aurai-je la possibilité de regarder le second épisode de Mad Men, du moins si les choses conservent leur rythme...

Et, si j'ai le temps (par exemple cette histoire de sommeil c'est des foutaises et je suis sûre de pouvoir tout-à-fait m'en passer), je regarderai la fin de The Starter Wife que j'avais un peu délaissée. Idéalement, il faudrait aussi que je trouve du temps pour finir la 1e saison de KYLE XY, Heroes, Eureka et Dexter, sachant que pour les trois derniers j'attends que mon homme lui-même libère du temps (mais hélas je crois que Painkiller Jane a eu le dessus sur sa bonne volonté).
Mémo perso : ne pas louper NY SVU demain soir, même les rediffs me font toujours autant plaisir... Ainsi que dimanche, un bout d'Urgences pour entretenir la machine, parce que je ne sais pas y résister et que Neela embellit à chaque saison, et surtout The Nine...

J'ai la tête qui tourne, c'est normal docteur ?

6 juillet 2007

Nine Lives

Ce week end, je n'avais pas le net, alors pardonnez le retard... Pourtant il s'est passé quelque chose ! Ce week end, j'ai découvert The Nine !!!

Même quand on cagoule en avant-première, il faut parfois faire des choix. Depuis deux ans, j'ai tellement de mal à suivre le rythme que, hélas, j'ai appris à faire des choix. En l'occurence et si je me souviens bien, je crois que c'est Heroes qui a fait une queue de poisson à The Nine, et je suis passée à côté de cette série lorsqu'elle est apparue.

Alors, voilà ce que j'en aurais dit il y a plusieurs mois : GENIAL !!! Un peu d'action (pas trop), mais surtout d'excellents personnages, des intrigues intriguantes (sic), et de très bons éléments comme par exemple le lien étrange qui se tisse entre les ex-otages... Tout ça m'a beaucoup plu.

Oui, mais voilà. Toute à la pointe que soit France 2 qui s'est montrée plutôt réactive sur ce coup-là, The Nine n'est plus une bonne série, c'est une série annulée. Alors voilà ce que j'en dis aujourd'hui : pourquoi regarder une série dont on sait qu'on ne connaîtra pas la fin ? Pourquoi se poser les questions qu'on veut que le spectateur se pose (pourquoi un tel volte-face de la part de Lizzie ? pourquoi Felicia a perdu la mémoire ? pourquoi se sent-elle si proche d'un des braqueurs ? et j'en passe...) si on sait qu'on n'aura pas les réponses ?
Aussitôt le second épisode achevé, la tension retombée, j'ai instinctivement pris de la distance avec la série. C'était pour mon bien. Oui, elle est bien, mais j'hésite à regarder la suite.

Evidemment, loin de moi l'idée de blâmer France 2 à ce sujet puisqu'il y a de fortes chances que la chaîne ait fait l'acquisition de la série avant même qu'elle soit annulée... difficile de lui reprocher de ne pas garder la série dans ses cartons (surtout qu'elle est bonne. Pas extraordinaire, ce n'était pas la série du millénaire, mais ça restait très bon) non plus. On va quand même pas demander aux chaînes de se tirer dans le pied !
Mais il reste que cette diffusion met la chaîne comme le spectateur dans l'embarras (pour des raisons différentes, of course).

Finalement, j'aurais suivi The Nine de façon extatique si j'avais cagoulé dés la première diffusion, et c'est même là toute l'ironie, c'est qu'elle aurait quand même été annulée, et j'aurais été frustrée... Bref en gros, le résultat serait le même. Mais à présent mon enthousiasme est entamé, et j'hésite. J'ai vraiment aimé ce que j'ai vu, mais je sais que je serai aussi très déçue de ne pas avoir de véritable dénouement à cette série, et frustrée quand je verrai les épisodes avancer en sachant pertinemment qu'ils ne mèneront nulle part. Pour d'autres séries qui sont amputées trop tôt d'une fin de saison, ça n'est pas toujours grave, mais ici, la structure-même de la série est forcément mise à mal.

Ce doit être pour cela qu'aux Etats-Unis, ce genre de série n'est finalement jamais rediffusée, contrairement à la France (je me rappelle encore du traitement qui a été fait de The $treet, pour ne citer que celle-là). Pour ne pas entretenir la frustration.
Mais bon, peut-on décemment militer pour la réincarnation de cette série à la télévision, alors que justement on ne s'y attache pas pour les raisons énoncées plus haut, ce n'est pas très réaliste non plus...
Quel gâchis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Nine de SeriesLive.

28 juin 2007

Homme-garou

Depuis que je l'ai autorisé à remettre les DVD de Battlestar Galactica dans le lecteur adéquat, mon homme s'est soudain refermé à toutes les nouveautés que je pourrais lui présenter, et même au reste. La preuve : en quelques semaines TF1 va avoir montré plus d'épisodes de Heroes que je n'ai réussi à lui en faire voir (ce qui implique, ô horreur, que nous allons devoir regarder la VF avec une autre voix, c'est fatal, que celle qui originellement est celle d'Adrian Pasdar). Et pourtant il avait aimé.

Cela dit, hier, j'ai réussi à le mettre devant The Shield, série que moi-même je n'apprécie que modérément. J'avais vu le pilote lorsque, si mes souvenirs sont exacts, Jimmy l'avait diffusé, et bien que trouvant la série couillue je ne l'avais pas exactement vue comme une révélation.
Mon attachement de jadis pour Michael Chiklis était-il la cause de cette froideur ? C'est à voir. Pas impossible m'enfin en même temps, L'As de la Crime commence franchement à dater et je ne suis pas sentimentale à ce point. En plus il est vachement plus baisable dans The Shield, et de loin (pardon mon homme mais il fallait que ce fût dit).

Mais il n'est pas question de moi ici. Au contraire. Car finalement, blasée que je suis (surtout sitôt qu'il s'agit de séries policières), je trouvais The Shield, certes, je l'ai dit, juste au-dessus, couillue, mais pas absolument révolutionnaire. Même pas vraiment choquante. Et pourtant j'ai eu le temps de me désintoxiquer des excès de virilité d'Oz, depuis le temps !
Mon homme, quant à lui, a trouvé la série tout simplement surréaliste. Beaucoup de choses lui ont semblé être trop "grosses", notamment dans la façon très bourrine que notre Vic a de ne pas s'inquiéter vraiment des conséquences de ses actes. Bon alors, oui, ok, du soucis, il s'en fera probablement plus à mesure que la série avancera, reste que ce mec est une tête brûlée et qu'il est plutôt peinard dans sa branche, remettant sans problème son boss en place, ou rivant le clou du boss boss en lui mentant effrontément dans la même seconde.

Pour autant que mon homme, geek de nature et fan de J-C. Van Damme de sucroît (et croyez-moi cet aveu m'est bien difficile), soit amateur de tout ce qui est bourrin (après tout c'est le même homme qui a regardé le téléfilm catastrophe de M6 hier soir, avant The Shield, n'est-ce pas...), certaines choses lui ont tout de même semblé être beaucoup trop énormes pour passer ainsi à l'as. C'est à un tel point qu'il n'a pas tout de suite compris que Vic s'était débarrassé de Terry. Soit c'est allé trop vite, soit plus vraisemblablement ça lui a paru être carrément trop "pas possible".

La question qui se pose peut aussi être : mon homme est-il trop coutumier des gentils justiciers qu'on voit souvent dans les séries de flicaille ? On parle de quelqu'un qui n'a jamais vu un NYPD Blue en entier de sa vie (cela dit, les forces vitales me manquent pour m'en infliger moi-même), mais qui par contre s'enfile des Law & Order (toutes franchises confondues puisque j'encense SVU et qu'il aime la série originale) de façon quasiment obscène depuis plusieurs mois (j'en suis responsable pour beaucoup). Quelqu'un qui apprécie Monk, qui regarde sans trop de problèmes Les Experts, bref, qui est coutumier d'une image, bon, peut-être pas lisse, mais en tous cas relativement consensuelle de ce métier.
C'est une théorie qui se tient même si ça reste plutôt dommage.

Cela dit la série est tellement couillue, je l'ai dit, que la montée d'adré a fait son effet et qu'il m'a fait jurer qu'on regarderait la suite la semaine prochaine, je cite : "pour voir la suite de l'intrigue". Ce qui est sa façon de me dire que The Shield en a dans le pantalon, et qu'entre un Grey's Anatomy et deux Desperate Housewives, il a envie de ce genre d'univers de temps à autres où il serait un télespectateur homme regardant une série virile (c'est sans doute une question d'identification).
Note perso : lui acheter de la bière et l'autoriser gentillement à se gratter les couilles, c'est pour son bien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Shield de SeriesLive.

15 juin 2007

Fin de l'embargo sur Galactica

Eh oui, mon homme a finalement eu raison de mes défenses. Il faut dire qu'il m'a eue à l'usure, à force de réclamer la fin de la 2e saison de Battlestar Galactica par ici, soupirer quand je propose de regarder autre chose par là... j'ai tenu plusieurs mois mais là, ça y est, je dépose les armes.

J'ai d'abord essayé de gagner du temps : "mais on a plein d'autres choses à voir, plein de séries pour lesquelles je dois t'attendre pour regarder la suite : Dexter, Heroes, Veronica Mars, Ugly Betty... ça peut bien attendre non ?" Bon bah, non. "Et sans compter que ya deux trois pilote que je voudrais bien te faire voir en ce moment, la fin de Profit que tu n'as jamais vue et, bon, c'est pas génial en ce moment mais Grey's Anatomy est toujours en cours, les épisodes de New York Unité Spéciale chaque samedi, suivi de tes deux épisodes de la série originale, et puis souvent, House le mercredi, ne parlons même pas de la saison 2 de Desperate Housewives que je n'ai toujours pas vue et qui arrive la semaine prochaine !!!" Toujours pas. Avouez que pourtant ce n'est pas les occasions de téléphager qui manquent par les temps qui courent sans qu'on ne finisse ce pauvre petit coffret de Battlestar Galactica qui ne demande rien à personne, si ce n'est rester dans les rayons de la telephage-o-thèque jusqu'à ce que son petit frère de la saison trois soit enfin là. J'ai même tenté les esquives plus sournoises : "On regarde aussi Babylon 5 en ce moment, tu veux qu'on se mélange dans les intrigues ou quoi ???". Ouais, c'est de la mauvaise foi, mais il fallait quand même que j'essaye, vous comprenez ?

Résultat après des semaines de lutte acharnée, j'ai déployé le drapeau blanc. Ok, ok, finissons-la cette saison deux, mais si par malheur la troisième n'atterrit pas dans mon lecteur DVD au moment-même où elle sort, je ne réponds plus de rien.
Pour gagner un peu de temps (j'angoisse qu'on finisse ce coffret comme au premier jour) on a quand même revu deux épisodes, histoire de bien faire trainer le plaisir... mais au fait, finalement, cette seconde partie de saison deux, elle vaut quoi ?

Est-ce le recul ? Sont-ce réellement deux-trois intrigues plus faiblardes ? Avons-nous un peu perdu la foi ? Certaines histoires semblent tirer parfois un peu les grosses ficelles, et notamment la prise d'otage sur Cloud9, et le troisième commandant du Pegasus qui meurt dans des circonstances pitoyables (cela dit la scène où il préfère faire du dépannage depuis le poste de commandement au lieu de... commander... valait son pesant de cacahuètes), du coup difficile d'adhérer aux dernières intrigues en date.

Nan en fait, j'ai ma théorie... On relâche un peu la tension : un triangle amoureux a été aboli avec la mort de... rha comment il s'appelle l'assistant de Roslin déjà ? Je suis prête à mettre ma main au feu qu'on le reverra pourtant ! Bref. D'autre part, les Adama père et fils sont de moins en moins en conflit, le vice-président complètement loco a l'air de fumer un peu moins de moquette ces derniers temps (j'ai pas dit que ça le rendait moins dangereux, juste moins saoûlant)... Sharon 2.0 va avoir son petit bébé sans plus trop faire de vagues. Bien, bien... Il va y avoir un cliffhanger à se fracasser le crâne contre les murs, hein, pas vrai ? Mais si allez, ça se sent... c'est pour ça que là, on a l'impression que c'est un peu mou du genou, c'est voulu...

Soyons honnête, en fait, que la fin de la saison deux soit à en tomber raide, je m'y attends de toutes façons vu la manière dont la première saison s'est achevée. Battlestar est une série à laquelle on n'a rien à apprendre sur ce terrain-là. Mais je dois dire que, si j'étais prise dans le tourbillon des diffusions hebdomadaires, ce stratagème conserverait deson effet, tandis qu'ici, il a un effet décourageant, de la même façon que se mutiler le cortex cérébral avec trois Grey's Anatomy à la suite dans une même soirée a des effets plus que nocifs (surtout vu le niveau de la saison... c'est bien simple, mardi soir, c'était plus amusant de s'engueuler que de regarder les deux derniers épisodes, c'est pour vous dire !).

Ca semble assez évident, mais laissez-moi appuyer dessus tout de même vu que j'en ai eu la réaffirmation poignante cette semaine : beaucoup de séries ne sont faites pour être regardées "à la carte", soit en DVD, soit en raison d'une diffusion... comment qualifier ce procédé ? Erratique ? Grotesque ? Humiliant ? A double-tranchant ? Ah, je sais : une diffusion à la française !
Si une série doit être vue, chaque semaine, régulièrement, un épisode à la suite, c'est qu'elle est construite pour cela ! 'Tain ça paraît tout con mais oui ! Un épisode à la fois. Un par semaine. Vouloir chercher plus, de par le recours au DVD, ou à cause d'une diffusion à la française, c'est faire du tort à sa construction, et courir le risque de tomber dans l'un ou l'autre de ces travers qui guettent le téléphage : l'overdose ou le désintérêt. Et puisqu'on la regarde, la série, ce n'est pas ce que l'on veut, n'est-ce pas ?

Pour être un téléphage raisonnable qui goûte avec délice chaque série comme il se doit, il faudrait... eh bien, être raisonnable. Bon, euh, pas facile-facile, ya pas d'option B ? Si, vivre aux States avec une diffusion (presque toujours) respectueuse du rythme naturel d'une série. Merde alors, il va falloir apprendre à être raisonnable si je veux profiter correctement de Battlestar Galactica... parce que déjà que cette série n'est pas diffusée sur du hertzien, mais si elle l'était ce serait de toutes façons un problème.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Battlestar Galactica de SeriesLive (profitez-en, les fiches des prequels sont en ligne depuis peu).

14 juin 2007

Croyances

Ce soir, TF1 nous infligeait, comme chaque mercredi, sa soirée thématique sur le thème de la rationnalisation à l'extrême, et ce pendant 5 épisodes pour les plus courageux d'entre nous (ou, possibilité alternative, pour ceux qui sont trop crevés de leur journée pour lever leurs grosses fesses de leur canapé après s'y être crashés en rentrant du boulot). Qu'ils enquêtent au nom de la Justice ou de la médecine, les enquêteurs du mercredi soir font en effet partie de la même caste : ils sont de ceux qui se basent avant tout sur le factuel pour faire avancer leurs intrigues/enquêtes/épisodes. Certes, il arrive que le facteur humain influe. Mais toujours néfastement, et c'est un crédo infaillible : le coupable ment, le patient ment. Le facteur humain complique les choses, ne les facilite jamais. Et puis il y a tous ces sentiments, bouh, pas bien.

Pourtant ce soir, une autre thématique était aussi au programme : la confrontation de cet univers très cerveau gauche, rationnel, scientifique, cartésien, avec le surnaturel ou le divin. Et dans les deux cas, le surnaturel se prend une vilaine claque : ça n'est pas possible, et les personnages principaux des deux séries ont également ceci en commun qu'ils n'y ont pas cru un seul instant. Les seconds rôles qui servent de faire-valoir, eux, ont eu un doute, dû à leurs convictions. Les idiots.

C'est amusant car c'est à la mode depuis quelques années. En fait, depuis que le fantastique a perdu le plus gros de sa cohorte d'émissaires pour ne plus conserver qu'un petit bastion (avec, certes, Heroes comme porte-drapeau cette saison, c'est déjà pas si mal), contre l'attaque du tout-rationnel qui a déferlé ces derniers temps, notamment à cause du succès de la franchise CSI qui a créé bien des vocations (largement trop mais n'y revenons pas, je ne me rappelle plus où mais je sais que j'ai déjà évoqué le problème. Cherchez.)

Il y a quelques années, le règne du fantastique et notamment X-Files, avait fait de la confrontation entre le tangible et l'intangible, le scientifique et l'irrationnel, un véritable débat. C'était même le sel de la plupart des épisodes de la série que je viens de mentionner : presqu'à chaque fois qu'un cas étrange se présentait, et il s'en présentait quasiment toutes les semaines, c'était contractuel, Scully levait un sourcil (deux si vraiment c'était très louche), avec un regard froid et les lèvres légèrement pincées, et Mulder chaleureusement, la chemise froissée et la cravate lâche, prêchait pour sa paroisse, parce que mais si, c'est possible, on ne peut pas tout expliquer de façon rationnelle !!! Le télespectateur n'était pas pris en otage : il lui était complètement possible d'être plutôt sceptique, comme Dana, et de décréter que tout ça ne tenait pas debout. D'ailleurs, plutôt que de croire au surnaturel, le sceptique fan de X-files était meilleur public sur les phases conspirationnistes de la série : ça c'est du tangible, ça c'est du (presque) concret, là d'accord. Et ceux qui n'avaient pas envie d'être trop sérieux, et ils furent tout aussi nombreux, eh bien ils se laissaient aller à imaginer qu'il y avait vraiment un fantôme de petite fille, et vraiment une ville de vampires, et c'était très bien comme ça.

D'ailleurs, lorsqu'une série (et en raison du succès du fantastique à l'époque, elles furent nombreuse) se frottait plus ou moins exceptionnellement au surnaturel, on préservait le doute : oui, il y a eu une explication, une résolution, une fin plausible et explicable... mais le dernier plan de l'épisode permettait de voir une ombre étrange, ou un léger mouvement de rideau, enfin n'importe quoi qui nous fasse tout de même penser que la question restait ouverte et qu'après tout, peut-être qu'un même évènement peut s'expliquer rationnellement et surnaturellement. Et là encore c'était très bien comme ça.

Aujourd'hui, c'est bien simple : on ne se pose même plus la question. A quel moment ça a dépassé le cadre de l'interrogation philosophique pour devenir une donnée sûre et indiscutable que le surnaturel n'est que croyance, au mieux naïve, sur le monde ? Le surnaturel n'a plus sa place que dans quelques séries qui, d'ailleurs, elles non plus, ne le soumettent à aucun examen, le prennent pour acquis au lieu de le questionner. C'est surnaturel, point barre de la même façon que tout est rationnel, n'y revenons pas.

Et vu que les séries s'appuyant sur la médecine, la science, sont de plus en plus nombreuses (et elles se reproduisent plus vite que des lapins), et qu'elles occupent donc une part très importante des grilles, j'ai l'impression de vivre dans un climat télévisuel qui devient très intellectuellement rigide. Ainsi donc, fini les questions ouvertes, fini les interprétations du télespectateur : bienvenue dans l'ère de la livraison clé en main du prêt-à-penser télévisuel, où deux écoles de pensée, ou deux écoles de croyances, c'est selon, ne peuvent plus coexister dans une même série...

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