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ladytelephagy

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20 juillet 2011

The X Word

C'est en cagoulant mes épisodes de Noah's Arc que je suis tombée sur Exes & Ohs. Encore une série dont personne ne s'est dépêché de parler, et pourtant il s'agit d'une co-prod entre Showcase au Canada et LOGO aux USA, et dont la 2e saison vient de démarrer. Mais faut pas compter sur mes sources habituelles sur le Canada pour m'en parler, apparemment. Vous comprendrez que je fasse un peu la tête de devoir à un hasard total de découvrir une série pourtant pas spécialement confidentielle.

On ne peut pourtant pas vraiment dire que je sois spécialement friande de séries lesbiennes. Déjà niveau séries gay, sortie du pilote de Queer As Folk qui est un absolu classique pour moi (comment ça lequel ? Mais le britannique, évidemment), je n'en regarde pas souvent, d'où d'ailleurs le statut très exceptionnel de Noah's Arc ce weekend (c'était vraiment circonstanciel plutôt qu'autre chose), et pourtant j'aime les hommes. Mais alors des lesbiennes...
Mais enfin, zut à la fin, un pilote reste un pilote et j'aime pas me priver. Vous me connaissez.

Il faut aussi que je vous raconte quelque chose sur une expérience téléphagique traumatisante : le soir où j'ai découvert The L Word. Je n'en parle pas souvent parce que j'ai fait plusieurs années de thérapie pour réussir à occulter ce souvenir. J'avais attaqué le pilote sans idée préconçue, simplement en sachant que les réactions positives avaient été nombreuses. Mais l'étalage de vulgarité avait eu vite raison de moi. Ai-je regardé ce premier épisode jusqu'au bout ? Je le crois mais n'en suis pas sûre. C'était vraiment à la limite de l'écoeurement... Le monde dégageait une aura malsaine ce soir-là, et désormais dans ma tête, The L Word est associée à la folie de ce monde décadent. M'en souviendrai toute ma vie de cette soirée-là ; je l'ai finie, recroquevillée dans un coin de mon lit, en me disant qu'il y a des soirs où le monde est moche.
Alors les séries de lesbiennes, allez savoir pourquoi, mais depuis lors, ça m'attirait encore moins. Déjà c'est pas mon univers mais si c'est pour le retranscrire avec un mauvais goût prononcé, franchement je m'épargne le voyage.

ExesandOhs
Dans ce contexte, Exes & Ohs (parce que XOXO, fallait y penser) se révèle être en fait une gentille comédie rafraîchissante. Certes, après avoir passé ces dernières semaines devant du Single Ladies ou du Noah's Arc, bien que sporadiquement, mes standards avaient quand même bien baissé, mais d'un autre côté je n'attends pas vraiment de révélation ébouriffante dans ce registre amoureux qui généralement a plutôt tendance à me rebuter (la seule romance que je trouve réellement transcendante est celle de Pushing Daisies, et ça tient plus à la réalisation et aux inventions autour de l'interdiction de se toucher, qu'aux enjeux amoureux eux-mêmes et notamment le triangle avec Olive).

Alors Exes & Ohs, dans cette pluie de références, ça se situe où ? En fait, ça m'a fait penser à une version lesbienne de 30 Rock. Dans le sens où, mentalement et physiquement, Jennifer, l'héroïne de Exes & Ohs ressemble déjà énormément à Liz Lemon, et en plus on a une comédie qui s'ingénie à placer cette héroïne dans des situations embarrassantes (mais pas humiliantes) qui la rendent juste ce qu'il faut de pathétique et de sympathique aux yeux du spectateurs.
A cela s'ajoute une galerie de portraits pas lourdingue, puisque les copines de Jennifer sont relativement en retrait (ce qui permet de ne pas avoir trop le temps de se plaindre de leur côté un peu stéréotypé), mais tout de même divertissante et diversifiée.
Et puis surtout, LA bonne idée de la série, c'est le personnage de Sam, qui plus est parfaitement castée en la personne de la ravissante Marnie Alton, une raison à elle seule de devenir lesbienne, fraîche, drôle, ravissante, ah zut je l'ai déjà dit, pétillante, pleine d'énergie et de naturel. Et ravissante.
Jennifer et Sam forment un parfait binôme, un duo à la fois dynamique (les éternels opposés) mais pas trop déséquilibré (si sur le papier, Jennifer serait plutôt genre Charlotte York, et Sam... Samantha Jones, dans les faits ça donne quelque chose de moins radical), et du coup leurs échanges fonctionnent bien.

Exes & Ohs prend aussi le parti pris de ne pas trop se préoccuper de sexe : il ne s'agit pas vraiment d'en parler, et pas plus d'en montrer. Un peu comme Noah's Arc, l'idée est avant tout de parler romance, et le reste viendra ou pas. Il faudrait regarder les épisodes suivants pour s'en assurer (pour le moment, je ne suis pas sûre de le faire, mais j'avoue l'envisager), mais a priori c'est pas une priorité de la série (en fait, MOINS que Noah's Arc qui aimait quand même bien en rajouter dans le eye candy pour gays en manque de gros muscles huilés, d'abdos en acier forgé et de fessiers rebondis ; ici il n'y a pas un nichon qui dépasse, rien). On peut trouver ça niais mais, vu mon expérience avec The L Word, j'étais pas déçue. Et puis pourquoi parler de lesbiennes devrait-il forcément conduire à voir des lesbiennes s'exhiber ?
Voyez, c'est à ça qu'on voit que ce blog est tenu par une femme hétérosexuelle à presque 100%, c'est que pour les mecs ça m'a pas dérangée (bien que les montagnes musculeuses de Noah's Arc ne soient pas mon genre), alors que les lesbiennes pas trop démonstratives d'Exes & Ohs étaient pile ce que je voulais en voir. Ce serait intéressant de savoir ce qu'une femme lesbienne en penserait, ce qu'un homme hétéro en penserait, etc...

Mais enfin, bon, les personnages de Jennifer et Sam dégagent un fort potentiel de sympathie, l'intrigue de ce premier épisode était pas trop mal, et on sent qu'il y a une volonté derrière (clairement affichée par le titre du court-métrage dont la série est inspirée) de parler des règles du jeu en matière de relations sentimentales dans le monde lesbien, puisqu'apparemment le fonctionnement diffère. Et j'avoue que j'étais pas mécontente de tomber sur Heather Matarazzo, quittée il y a quelques jours à peine puisqu'elle était dans les tous derniers épisodes de Roseanne (décidément le monde est petit en ce moment !) dans un rôle qui lui sied parfaitement, même s'il faisait partie de ceux qui étaient peu développés.
Donc bilan positif pour ce pilote, pas de quoi changer la face du monde, mais un bon petit moment. Et puis la première saison ne compte que six épisodes, alors franchement, je pense que la décision va être vite prise. Enfin, j'ai d'autres chats à fouetter, et je pense qu'à un moment je vais avoir besoin d'avoir quelque chose de plus solide à me mettre sous la dent, quand ma convalescence de mon intégrale de Roseanne, justement, sera finie, mais bon. Franchement, je me ferai plus facilement six épisodes de Exes & Ohs que de The L Word.

Faites-moi penser à vous filer le générique à l'occasion, il n'est pas extraordinaire lui non plus, mais il a un petit quelque chose de sympathique qui rend les personnages tout de suite très agréables. Faut que je vous en reparle.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Exes & Ohs de SeriesLive.

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19 juillet 2011

Tellement mineur que vous ne saviez même pas que ça existait

On ne parle pas assez des séries de la chaîne IFC. C'est un tort parce que, personnellement, pour Portlandia comme pour Bollywood Hero, j'en avais apprécié la liberté de ton et l'impression de regarder de quelque chose sortant carrément des sentiers battus. Vous savez, pas une série où on écrit dans le post une phrase du genre "et finalement c'est original dans le genre", mais une série où on n'a pas besoin de le préciser tellement c'est évident. Alors après c'est une question de goût, on aime ou on aime pas, mais quand on se plaint d'une certaine répétitivité, d'un certain manque d'imagination voire même d'audace dans les grilles des chaînes américaines, on n'a pas le droit de snober les productions d'une chaîne comme IFC.

Bonus non-négligeable : la série dont je m'apprête à vous parler jouit d'un tandem d'actrices fort sympathique. A mes yeux en tous cas. Imaginez plutôt : retrouver Nicholle Tom (oui, Maggie dans Une Nounou d'Enfer, rien que ça), et l'étrange Laura Kightlinger (toutes les pièces ne sont pas d'origine mais j'avoue avoir un faible téléphagique pour elle depuis que je l'ai repérée ses apparitions dans Lucky Louie), c'est une bien étrange combinaison. Qui plus est, j'avoue que ça fait toujours plaisir de voir Azura Skye, avec sa tronche de travers et son petit air mesquin, et pourtant étrangement adorable, comme elle l'était déjà dans Zoe, Duncan Jack & Jane (mais pas du tout dans Buffy, brr, j'en fais encore des cauchemars).
Ah oui, alors bien-sûr, je suis pas en train de vous dire qu'on a un all star de la comédie américaine (quoique Kightlinger a une petite réputation, l'air de rien), mais que voulez-vous, ya des têtes qu'on aime bien, indépendamment de leur popularité par ailleurs.
Donc, ce soir, petit détour par The Minor Accomplishments of Jackie Woodman, une étrange comédie d'IFC.

MinorAccomplishments
Typiquement, le pitch de The Minor Accomplishments of Jackie Woodman aurait de quoi me mettre en colère d'ordinaire : c'est l'histoire d'une scénariste qui n'arrive pas à percer à Hollywood. Wow, c'est d'une originalité ! Attendez, pourquoi je n'écrirais pas une série sur les trucs fous qui peuvent se passer dans un cabinet ministériel, tant qu'on y est ?

Pourtant, la vraie bonne nouvelle de ce pilote, c'est que Jackie n'écrit quasiment pas pendant cet épisode, c'est simplement que son objectif est d'écrire et que ça va la mener dans un truc totalement délirant qui n'a rien à voir. En l'occurrence, en allant simplement bosser, Jackie et sa meilleure amie Tara (...j'aime bien cette phrase, on dirait que deux de mes héroïnes préférées de Showtime ont sympathisé !) vont avoir un accrochage avec le véhicule d'une quelconque star sur le retour, qui va les embarquer dans un sorte de secte. C'est vous dire si on part de loin quand même.
Résultat, on passe 90% de l'épisode dans cette secte (peuplée de connards de producteurs qui parlent de produire quelque chose qui serait "comme Sex & the City, mais avec des poissons"), et ça n'a plus grand'chose à voir avec les ambitions de Jackie, ou de Tara d'ailleurs puisqu'elle travaille pour une société de production. Et je dis tant mieux.

Alors après, The Minor Accomplishments of Jackie Woodman n'est pas vraiment hilarante. Je n'ai ri qu'une fois. Mais on ne cherche pas forcément à se taper sur les cuisses avec une comédie en single camera, donc en l'occurrence, ça fonctionne parce qu'on sent que c'est grotesque, mais que quelque part, c'est du vécu. C'est une façon de dresser des portraits au vitriol des créatures peuplant Hollywood, mais sans nécessairement en passer par les intrigues du genre Action!. J'adore Action!, mais au moins, ça change.

J'ai en fait surtout eu un problème avec le côté "les épisodes d'exposition c'est pour la populace" de ce pilote. J'adore un pilote original, et ça me plait qu'on décide de ne pas passer par les poncifs du genre. Mais certains d'entre eux ont de l'intérêt. Par exemple, l'amitié entre Jackie et Tara (héhé, j'adore) se sent dés le début, et elle est presque plausible en dépit de l'évidente différence d'âge, mais on nous balance un peu trop abruptement certains autres aspects comme : ce que fait Jackie dans la vie (vu qu'elle se rend au bureau, c'est ennuyeux de ne pas savoir tout de suite ce qu'elle y fait), qu'est-ce que c'est que cette histoire de tante qui faisait de roller-derby (surtout que d'après les résumés, c'est la motivation de Jackie pour écrire), ce genre de choses. On saute directement dans l'intrigue (même simpliste), les "gags" (même si on ne peut pas vraiment en parler en tant que tels parce que l'épisode ne tente même pas de nous faire rire), les dialogues souvent acerbes entre Jackie et Tara ( ^_^ ), et c'est quand même un peu rude.
Mais enfin, bon, au moins, ça justifie d'être sur IFC.

The Minor Accomplishments of Jackie Woodman n'est pas la perle insoupçonnée qu'on voudrait découvrir quand on se lance dans une série méconnue d'une chaîne indépendante, mais c'était quand même sympa. Alors... En fait, le titre est assez explicite sur ce qu'il y a à attendre de la série : elle accomplit deux-trois choses, mais ça reste mineur. Pour autant, c'est un joli véhicule pour Kightlinger. Si vous aimez bien sa tronche refaite, et surtout son type d'humour, ça devrait quand même vous plaire.

Et pour ceux qui... et zut. Quand je vous disais qu'IFC souffrait d'un manque de mise en avant.

17 juillet 2011

Total ellipse of the heart (Part. 2)

En période de décompression téléphagique, c'est la même chose qu'après une relation amoureuse intense : il y a toujours un effet "rebound". Dans le cas (le mien) qui nous préoccupe (beaucoup), mon ex serait donc Roseanne, et mon rebound guy... Noah's Arc. Question 5
Ne me demandez pas, je ne sais pas d'où ça me vient. J'avais déterré les cagoules suite à mes posts sur Single Ladies (ça devient effrayant le nombre d'occurrences de ce tag sur ce blog...) et avais revu le pilote, dans le cadre d'un mini-cycle de séries blacks. Je persiste à penser que c'est une sous-culture américaine qui gagne à être approfondie, et je persiste à dire que j'ai pls de mal avec les comédies que les dramédies. Je cherche toujours mon pilote de Soul Food, d'ailleurs.
Bref.

NoahsArc
Donc voilà, j'ai passé le weekend (outre les deux excellentissimes épisodes de The Yard qui sont sortis après le pilote, outre le pilote de Crownies, outre le revisionnage de plusieurs scènes-clé de Game of Thrones, outre le pilote que je comptais vous proposer ce soir pis finalement ce sera la semaine prochaine, outre le pilote de Exes & Ohs, outre, outre, outre) devant Noah's Arc, et je dois dire que, quand on n'attend rien d'une série, celle-ci n'est pas si dégueulasse que ça. Étrangement on s'attache à certains personnages avec le temps (principalement Noah, qui en fait, malgré ses drôles de lèvres supersoniques, finit par être mignon comme un chaton ; un chaton avec de drôles de lèvres supersoniques, mais quand même), les intrigues sont indigentes mais maintenant que je regarde Single Ladies j'ai plus le droit de me plaindre de ce côté un peu Harlequin. Les mecs sont pas beaux, tout en muscles et dans des fringues pas possibles, donc je peux même pas dire que c'est parce que je me rince l'oeil. Non, c'est vraiment une pure série de transition.
Pourtant, une ou deux fois, j'ai versé une vague larmouchette (rapport au fait que Noah a des moues de chaton... avec de drôles de lèvres supersoniques, mais quand même), et il faut quand même reconnaître que la façon qu'a la série de traiter du HIV est plutôt courageuse (c'est pas le final de Corky mais ça se regarde, quoi).
C'est fou comme, quand on baisse un peu ses standards, on peut apprécier vaguement une série qu'on avait sévèrement flinguée il y a quelques années.

Mais c'est pas vraiment de Noah's Arc dont je voulais parler, mais de ce qui s'est passé au début de l'avant-dernier épisode de la saison 2. Du coup si jamais vous comptiez regarder la série, on sait pas ça peut arriver, genre si vous êtes en manque de Roseanne, je préconise de sauter ce paragraphe. Dans l'épisode précédent, Noah s'est fait attaquer dans une station-service, et méchamment abîmer because juste parce qu'il est gay (là encore, pas forcément le sujet que je pensais voir exploré en détail par une série dont le ton est de la gamme de Sex & the City), la scène clôturant l'épisode nous montrant Noah évanoui par terre. Et donc, l'épisode suivant, qui est l'avant-dernier épisode de la série, reprend... eh bien, à l'hôpital. Fin des spoilers mais restez sur vos gardes parce que je vais me servir de cette exemple dans ma démonstration.

Je vais reprendre ma diatribe anti-ellipse, parce que vraiment les ellipses m'énervent. Mais ici, ce n'est pas parce que je pense que l'ellipse rend la scène ridicule, ni lui confère un côté cliché. C'est parce que, dans notre cas, l'ellipse vient de gâcher un beau moment de téléphagie.

Est-ce que dramatiquement, ce n'était pas plus intéressant de se demander comment la suite se passait pour Noah ? Le mec est à terre, comment va-t-il s'en sortir ? Il appelle de l'aide ? Quelqu'un vient à son secours ? Combien de temps est-il resté comme ça (bon ça n'a pas besoin d'être en temps réel non plus, évidemment) ?

Même en ayant passé mon weekend avec Noah, Wade, Ricky et les autres, je me rends bien compte que le drame qui fait frémir, ce n'est pas vraiment la priorité de la série. On parle d'une dramédie avant tout. Mais si une dramédie veut explorer une intrigue sombre comme celle-ci, j'attends qu'elle le fasse avec un minimum de dramatisation.

Mais quand j'y réfléchis, combien j'ai vu de séries nous faire le coup de plonger le personnage dans une terrible situation, et après pouf, il est entouré par ses proches, à l'hôpital, ou à la maison, ou qu'importe, et on aborde directement la phase où le personnage va essayer de dépasser cette expérience traumatique. Moi je veux bien mais on ne m'a même pas vraiment montré à quel point elle était traumatique. Parce que le vrai traumatisme, on ne m'ôtera pas de l'idée qu'il n'a pas eu lieu pendant, mais bien après, quand l'adrénaline et les tentatives pour échapper au pire sont derrière. Pas pendant l'agression ou l'accident. Mais les secondes qui suivent, quand la douleur débarque et qu'on comprend ce qu'il vient de se passer. Et qu'il faut maintenant se tirer de là. Là on a un personnage qui agonise par terre, je voudrais savoir ce qui se passe dans sa tête ! Comment il fait pour se retrouver dans un endroit où il est en sécurité ?

Donc je n'aime toujours pas les ellipses (certaines sont nécessaires évidemment, mais je n'en démordrai pas, beaucoup n'ont pas autant d'intérêt que les scénaristes le croient), et cette fois j'ai une nouvelle raison de m'en plaindre.

Bon, sur ce je vous laisse, le dernier épisode m'attend. J'ai pas encore décidé si j'allais cagouler le film. J'espère que dans tous les cas, le Dieu de la Téléphagie me pardonnera ce weekend de péchés contre le bon goût téléphagique, et me guidera vers une série un peu plus solide rapidement. Je voulais me refaire le pilote de Friday Night Lights depuis plusieurs mois, c'est peut-être justement le moment ? Sinon évidemment j'ai plein d'autres trucs sur ma liste, comme finir l'intégrale de Gilmore Girls, m'envoyer enfin celle de Jack & Bobby, et tout et tout, mais vous savez ce que c'est, dans ces cas-là, on n'a envie de rien.

16 juillet 2011

Winter is so far away

GameofThrones-Bilan

Des séries, j'en vois défiler quelques unes sur mon écran. Deux ou trois par an (je parle en centaines, ça va de soi). Donc quand je suis prête à dire que l'une d'entre elles s'apprête à entrer dans mon Panthéon personnel, genre là où on trouve déjà Pushing Daisies et SPACE 2063, ça a du sens, quand même. Il y a les séries qu'on aime mais qui font partie du roulement, et qui disparaitront du podium avec le temps... et celles qui demeurent des classiques à jamais. Pas sûre que dans 10 ans je vous reparle de Nurse Jackie par exemple. C'est une bonne série mais elle n'a rien de ces titres qui vous provoquent une révolution téléphagique, qui vous remuent les tripes, qui font basculer votre univers.
Game of Thrones, si.

C'était à la fois un délice et une torture que d'attendre une semaine entre chaque épisode. Et c'est rare pour moi, ce genre de choses. Quand, lorsqu'on regarde une poignée de pilotes par semaine, qu'on a quelques intégrales en route à des rythmes variables, et pas mal de série en cours de suivi hebdomadaire, une série provoque une telle sensation d'excitation et de manque à la fois, c'est là encore un signe qui ne trompe pas.

Pourtant qui aurait pu le prédire, quelques semaines plus tôt encore, alors que je présente une forte allergie au genre, et que dés le départ il était net pour moi que regarder la série n'impliquerait jamais au grand jamais de me farcir la lecture des bouquins. Je partais avec des handicaps marqués, qui d'ailleurs ont eu des effets négatifs prévisibles pendant le visionnage du pilote, et pourtant, me voici conquise à l'issue des 10 épisodes. Au point de trouver que 10 épisodes seulement, c'est du sadisme.

D'abord, parce Game of Thrones brille par une galerie de personnages absolument impeccable. Il n'y a pas un personnage qui ne soit parfaitement dépeint, du plus présent au plus secondaire. Parfois on a l'impression que le cast est trop large pour l'histoire qu'il y a à raconter (certains personnages ne semblant être là que pour peupler un univers qu'il faut montrer comme dense et divers, à l'image de gens comme Septa, Hodor, Ros, Doreah, etc...), mais il n'empêche que chaque personnage est conçu, et interprété, avec tant de soin, de détails et d'application, qu'on se voit mal ne pas tous les apprécier pour ce qu'ils apportent, ce qu'ils présentent, ce qu'ils dévoilent. Par exemple sur la fin on apprend le secret du vieux Pycelle, alors qu'on ne savait même pas qu'il en avait un, et au juste difficile de dire si cette révélation aura un impact sur la suite ou si ça fait juste partie de l'excellente écriture des personnages pour leur donner tout le relief possible. Ce relief fait qu'aucun n'est parfait (la famille Stark ayant, en grande majorité, un don incroyable pour être d'une connerie sans précédent, drapée qu'elle est dans la fierté qu'elle tire de sa supériorité morale), et pourtant tous ou presque ont des raisons de capter notre attention et notre affection.
On peut trouver qu'il faille une mémoire encyclopédique pour retenir tous les noms, mais on ne peut pas retirer à Game of Thrones qu'elle en fait un emploi impeccable même quand ça n'a pas d'utilité pour les intrigues, ou pas directement.

L'intrigue en elle-même, justement, est un poème à elle seule. A l'issue des 10 épisodes, on ressort avec l'impression d'avoir assisté à une saison d'exposition (ce qui explique le sentiment de flou que j'avais ressenti au moment du pilote). Game of Thrones est une immense fresque dont la genèse prend naissance des années avant son premier épisode, et pourtant son but est de nous préparer aux évènements à venir, pas de nous expliquer ce qui s'est passé, et pas de nous offrir une histoire pour lequel le passé soit éclairant, non plus. La fuite des Targaryen n'est ni la conséquence directe, ni même la cause directe, des évènements qui attendent les protagonistes qui en sont les héros, par exemple.
En fait toute la première saison est destinée à nous donner un immense sentiment de rouage de l'histoire : ce n'est ni là que ça commence, ni là que ça finit, c'est une époque de troubles dans une histoire qui n'a connu que des troubles, quelle que soit l'époque. Game of Thrones accomplit ce qu'aucune série réellement historique n'a jamais réussi à créer à mes yeux : l'impression d'un cycle parmi tant d'autres dans l'histoire d'un continent, d'un peuple, d'un royaume, où chaque élément s'explique historiquement et expliquera quelque chose d'autre historiquement, mais peut se prendre comme une histoire à part entière. L'ironie du sort, c'est que c'est de la fantasy qui me donne l'impression pour la première fois de suivre dans une série l'Histoire avec un grand H. On a l'impression d'un cours magistral d'Histoire qui tente de nous donner à la fois les faits et leur conséquence indirecte, pour nous préparer aux explications sur la période qu'on va vraiment étudier. Je ne sais pas vraiment comment l'exprimer, c'est comme si la première saison avait cette incroyable capacité à tout placer dans un contexte, en ayant la conscience aigue que tout aura une conséquence.

Et pourtant, pendant les épisodes, il n'y a aucun temps mort, aucune impression de lenteur, d'exposition longue et bavarde, d'explication pour nous permettre de comprendre les enjeux au détriment de ceux-ci, comme on pourrait le craindre vu ce que je viens de dire. Au contraire la série se déroule au pas de charge ! J'ai rarement vu une série dans laquelle il se passe tant de choses en 10 heures, il y a de quoi faire rougir 90% des séries dramatiques dont les intrigues trainent laborieusement en longueur !
Par je ne sais quel miracle, Game of Thrones parvient à avoir toujours la bonne dose d'action, d'humour, de revirement de situation, d'explications, de questions sans réponses, de réponses sans questions, et de character development, en un temps absolument record ! C'est plus de l'écriture, c'est de l'orfèvrerie.

Alors on pourrait se dire que dans tout ça, n'importe quel téléphage serait déjà comblé. Et pourtant, non. Les spectacteurs masculins ont eu avec cette saison un aperçu de ce à quoi peut ressembler un orgasme multiple : quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Et on n'a aucune envie de s'en plaindre.
Parce que non contente de présenter des personnages impeccablement dépeints, non contente d'avoir des intrigues savamment dosées, non contente d'avoir un rythme haletant et pourtant toujours attentif à ne perdre personne en route, Game of Thrones, c'est aussi des costumes et des décors éblouissants (et pourtant Dieu sait que je suis pas du genre à craquer là-dessus), une réalisation léchée, une BO à tomber par terre...

A partir de là, le seul reproche qu'on peut formuler envers Game of Thrones, c'est celui qui déjà pointait son nez quand je vous parlais du pilote : il n'est pas concevable, voire même criminel, qu'on puisse regarder cette série et être laissé en plan entre deux épisodes, à plus forte raison entre deux saisons !
Si vous n'avez pas encore tenté Game of Thrones, mon conseil sera donc de ne pas vous y mettre. D'attendre son annulation, dans 10 ans si Dieu le veut, et à ce moment-là, de vous bloquer 15 jours de vacances et vous faire une intégrale. Ne vous mettez pas au supplice : attendez avant de vous lancer.
Parce qu'une fois que vous aurez commencé Game of Thrones... you watch or you die.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Game of Thrones de SeriesLive.

16 juillet 2011

La question à 10 000 $

Loin de moi l'idée de prétendre que Falling Skies est une série épatante. Pour tout vous dire, si je devais choisir entre arrêter Single Ladies et arrêter Falling Skies, je choisirais probablement de continuer Single Ladies, c'est vous dire.

Mais force est de constater que la série pose quand même des bases intéressantes pour qui a envie, comme c'est souvent le cas avec ce genre de séries de SF, de se perdre en conjectures et d'imaginer mille hypothèses. Et si c'est pour découvrir plus tard que les scénaristes de la série avaient moins d'imagination que moi, eh bien, soit : je prends le risque. J'aurai quand même eu le plaisir de laisser mon cerveau vagabonder dans l'univers de la série le temps que ça aura duré. En compagnie de Noah Wyle qui plus est...

Alors, pour le geste sportif, et si vous n'êtes pas totalement négatifs envers la série (allez, quoi, vous avez bien toléré plusieurs épisodes de V, ou de Flash Forward, ou de The Event... d'accord, peut-être quand même pas The Event), venez vous amuser avec moi, j'ai une question à vous poser pour ouvrir la voie aux théories les plus barrées.

Comment on été construits les Mechs ?

Alors je rappelle qu'un Mech, c'est une merveille de technologie qui obeit aux ondes qu'envoient les Skitters. Bon pour rappel, nous, la reconnaissance vocale, on maîtrise pas complètement-complètement, hein. Et les Skitters, eux, ils déplacent des machines de guerre quasiment par la pensée. Donc un Mech, c'est beau, c'est chromé, c'est plein de loupiotes et de machins, c'est ça :

FallingSkies-Mech
Maintenant, j'aimerais attirer votre attention sur un petit détail anatomique des Skitters. Je parle pas simplement des 6 pattes arrière des Skitters (alors que les Mechs sont juchés sur deux pieds), qui ont été évoquées dans la série elle-même et qui ont leur importance, je suppose, sinon ça n'aurait pas été si longuement explicité. Mais je voudrais attirer votre attention sur leurs mains. Certes, les Skitters ont un pouce préhensile (l'un d'entre eux va même s'en servir pour tenter d'étrangler Tom, avant de se faire capturer), mais les deux autres doigts, bah déjà ne sont que deux, et ensuite ont une différence de longueur assez flagrante. Donc on va me faire avaler qu'un bidule dont les mains qui ressemblent à ça, peut construire un Mech ?

FallingSkies-SkitterFinger

Dernière petite remarque alimentant ma question : vous avez vu la gueule de leurs vaisseaux ? Ça ressemble plus à un gros tas de ferraille assemblé grossièrement qu'un truc carrossé, lustré, et plein de jolies lumières bleues.

KeepOnFalling

Si jamais la piste de réponse à cette question est que les Skitters n'ont pas construit les Mechs, ça devient intéressant...

Donc voilà, soit c'est le genre de choses qui feront de la série un bijou sur le long terme parce que la série aura une mythologie palpitante et complexe... soit ce sera ridicule, et dans dix ans on en aura encore des crampes aux joues à force de rire.
Votre théorie sur les Mechs ?

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16 juillet 2011

En petite vertu de la loi

Crownies

"When I first came here, you advised me to have a glass of champagne every night, so I could have a glass after a case without it looking like a celebration. Because prosecuting isn't about winning or losing, you said, we're not representing the victim, we're not obliged to feel for the victim or feel we have to give our best for them, but we do, David. We do."
(Janet King, Crownies - 1x01)

Si comme moi, vous êtes coutumier des legal dramas, Crownies ne vous surprendra pas vraiment. Je comprends pourquoi ABC1 en a commandé directement 22 épisodes : ça se mange sans faim ! Le produit est parfaitement calibré, la formule a été testée et approuvée par le passé, il n'y a, à vrai dire, pas tellement d'enjeu (et du coup je m'explique mal les audiences très tièdes de son lancement).
Mais on ne regarde pas toujours une série pour son originalité. En fait, il y a des tonnes de séries qu'on regarde tout en sachant qu'elle empruntent des sentiers balisés, et pour autant on ne les trouve pas moins agréables. C'est le cas de Crownies, qui rappellera de nombreuses séries du même genre, parmi lesquelles The Deep End, à la différence notable qu'on a ici affaire à des procureurs et non des avocats travaillant en cabinet.

La structure est donc la même : un groupe de jeunes (et bien-sûr beaux) procureurs se lance dans le métier, et en apprend les avantages et les inconvénients au fil de leurs expériences. Fort heureusement, le poncif du "j'arrive dans mon nouveau boulot" nous a été épargné, et nos jeunes sont déjà bien intégrés dans les bureaux du procureur lorsque commence le pilote, qui suit la journée précédant le pot de Noël du bureau (je vous avoue que même en travaillant dans le public, jamais je n'ai vu un pot de Noël à thème comme celui-là ; je commence à me dire que j'aurais dû passer les concours de la magistrature, plutôt). Se mêlent donc des préoccupations décontractées, des répliques amusantes et des taquineries entre collègues du même âge, et les véritables cas légaux auxquels nos jeunes (et nos moins jeunes) sont confrontés.

De ce côté-là, on est un peu dans la demi-teinte. La répartition est très irrégulière dans le premier épisode, bien que s'arrange avec le deuxième (c'étaient en effet deux épisodes qui étaient proposés pour la soirée de lancement ; en l'absence d'une séparation nette entre le deux, je vais donc traiter dans ce post des deux épisodes).

Ainsi, c'est surtout la belle rousse Erin qui est au centre des attentions scénaristiques avec deux affaires similaires que son mentor l'encourage à ne pas mener au procès. Mais la rouquine a encore un petit coeur qui bat sous sa peau de porcelaine (ai-je mentionné que la créature en question est un ravissement pour l'oeil ?) et elle persiste malgré tout. Le côté idéaliste de la jeune femme est assez classique mais donne une touche humaine aux intrigues, ce qui fait plaisir vu le ton badin de beaucoup d'autres axes du pilote.
Les autres affaires sont assez rapidement survolées, entre Ben qui se voit confié un dossier très important et top secret, mais dont le contenu sera vite balayé par le scandale entourant le trajet du dossier lui-même (en fait, c'est l'axe que va emprunter, à ce qu'il semble, une bonne partie de la saison, l'occasion de donner aussi de bonnes scènes au personnage de Janet, cf. citation ci-dessus), Lina qui bosse sur une affaire touchante mais qui touche à sa fin (la plaidoirie a eu lieu avant le début du pilote, on est en attente d'un verdict), et Tatum dont je ne suis pas certaine d'avoir compris à quoi elle sert sinon être blonde et ravissante.
Par contre, si l'on en sait peu sur le déroulement des dossiers de Richard dans un premier temps, on a droit à une suite de petites scènes très touchantes mettant en exergue la difficulté que c'est pour lui de devoir faire de la paperasse sur des affaires glauquissimes. On ne le verra pas les traiter, les plaider, les régler ni quoi que ce soit, on n'est même pas sûrs qu'il fasse autre chose que remplir des cases (le passage devant un juge se fera, par contre, pour le 2e épisode, avec un dossier n'ayant rien à voir, et ce sera un epic fail de toute beauté), par contre l'accumulation de dossiers ignobles est très bien rendue. Richard, épuisé, supplie qu'on lui donne autre chose que des crimes sexuels, n'importe quoi. "De la drogue, pourquoi pas ? J'adore la drogue !" s'exclame-t-il en espérant en finir avec les plaintes pour viol et inceste. Le pilote lui donne assez peu de scènes, ce qui souligne son tempérament doux, effacé et raisonnable, mais ces petites touches sont un plus considérable pour présenter à la fois le personnage et les réalités de la profession.

Alors après, je ne vous le cache pas, il y a un peu de fesses. Et encore, moins que ce que le trailer laissait présager. C'est vraiment le côté le moins agréable de la série, qui donne l'impression que les histoires de coucheries devaient être explicitées un peu plus souvent qu'à leur tour pour plaire au public (je ne serais pas étonnée si c'était en fait le truc qui avait refroidi le public, pas forcément habitué à ça dans une série légale). Non que ces scènes soient épouvantablement explicites (même s'il y a un peu de racolage dans la façon de profiter de la plastique impeccable de Tatum, et dans une moindre mesure Erin et Lena), mais enfin, voilà, ça fait un peu remplissage grossier pour faire jeune et hype et attirant.
Je n'en ai pas vu l'intérêt, même dans le cadre du fameux axe tournant autour du dossier qui ne doit pas sortir du bureau du procureur (et qui bien-sûr va se retrouver dans la presse). Je me fiche un peu de qui couche avec qui, surtout dans le cas de Lena où vraiment j'ai pas compris du tout l'intérêt de la scène. Et si untel couche avec unetelle, la drague est tellement évidente en amont (cf. Ben, Julie et le bonobo ; regardez, vous comprendrez) que c'était pas la peine de montrer après que ces deux-là avaient concrétisé tant c'était évident. C'est en ça que la gratuité a tendance à titiller les nerfs ; j'espère qu'on se passera de ces scènes à l'avenir maintenant qu'on a compris les dynamiques (notamment du côté de Tatum où on n'a vraiment pas besoin qu'on nous mette le nez dessus pour percevoir ce qui se passe), mais j'ai comme un doute.
Je vous rassure, ça ne baise pas non plus dans tous les coins, mais ça manque de subtilité, voilà tout.

Dans la légèreté ambiante de la série (l'omniprésence de Tatum, alors que concrètement je n'ai aucun souvenir de l'avoir vue bosser dans aucun des deux épisodes, et l'arrogance permanente de Ben, y contribuent fortement), le drame est donc exploré avec prudence. Et après tout ce n'est pas plus mal : il ne s'agit pas de jouer les montagnes russes. Bien que j'aime beaucoup quand une série légale nous offre des moments bouleversants dans une affaire, je dois reconnaître qu'il est plus équilibré de ne pas partir dans du drame trop sombre vu la tonalité générale des autres scènes. D'un autre côté il n'y a pas de gag à proprement parler non plus, pas de gros délire, pas de bizarrerie incroyable ; c'est vraiment de la dramédie pure, parfaitement à mi-chemin. On apprécie ou pas, mais il n'empêche, c'est plaisant d'avoir su trouver le ton juste.

Certains personnages sont donc plus appréciables que d'autres, plus approfondis que d'autres, plus agréables visuellement que d'autres (plusieurs des acteurs sont des anciens, même de façon fugace, du soap Home and Away ; alors après c'est vrai aussi que l'interprète de Ben était dans Cloudstreet, ça n'augure en rien de leur talent, mais enfin les moches courent pas les couloirs du bureau du procureur, quoi)...
Rien de révolutionnaire dans la série Crownies, c'est certain. Mais un légal drama agréable, porté par un cast sympathique et une écriture qui n'a pas à rougir, ça fait toujours plaisir.

Je ne sais pas encore si je tiendrai la longueur (j'ai tendance à avoir de plus en plus du mal avec l'âge), et donc j'ignore si je regarderai Crownies au rythme de sa diffusion ; récemment j'ai eu un peu de mal à continuer Winners & Losers pour cette raison. Je préfère mes séries australiennes avec une douzaine d'épisodes, que voulez-vous ? Mais ça ne retire rien à son plaisant mérite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Crownies de SeriesLive.

15 juillet 2011

T'ar ta gueule à la récré

TheYard

Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu quelque chose d'autant original, impertinent et futé que The Yard, la série canadienne qui a démarré il y a peu sur le réseau de HBO Canada.

Rares sont les séries à parler des pré-ados avec intelligence, de nos jours, sans leur infliger de se plonger dans un bain de couleurs flashys ou les gaver de rêves de gloire à la chaîne. The Yard est l'exception qui confirme la règle, pour la bonne raison qu'elle ne leur est pas adressée. Mais rien ne les empêche de se ruer dessus, naturellement.

Le pilote de The Yard se présente comme une série sur les gangs, à la notable différence que son contexte n'a rien à voir avec Emerald City, mais plutôt avec la cour de récré que nous avons tous plus ou moins connue. Les personnages s'y comportent à la fois comme des racailles et comme des enfants, mais sans jamais tomber dans la caricature ni de l'un ni de l'autre. Je vous rassure, on n'a pas ici de gamin qui vendent de la coke et se comportent comme les terreurs qu'on nous dépeint occasionnellement quand on veut qu'on ait peur de la nouvelle génération de gosses, mais des gosses qui, à leur niveau, tentent de garder le contrôle de leur univers à leur façon.

Ainsi, dans ce mockumentary (qui, pour une fois, ne m'a pas semblé indigeste), le héros est Nick, une jeune garçon qui gère la cour de recré comme un chef avisé, avec sa petite bande constituée de son meilleur ami Johnny, convaincu d'être magicien, ses frères JJ l'intello et Adam le gamin, et enfin Suzi, une fille qui estime qu'il n'existe aucun problème qu'on ne puisse résoudre par la violence. Il use de son influence pour veiller à ce que tout se passe bien, sachant que les besoins fondamentaux des élèves pendant la récré sont de pouvoir jouer et manger leur goûter.
Il y a bien-sûr une bande rivale, celle de Frankie et ses balourds de frères Porkchop et Micky. Par un accord plus ou moins tacite, Frankie et les siens dirigent la cafétaria, à l'intérieur de laquelle ils peuvent faire la loi ; mais la cour de recré appartient à Nick et sa bande. Sauf que bien-sûr, cela ne va pas sans quelques luttes de territoire et d'influence.

De prime abord, The Yard dresse donc des portraits attachants de gamins qui sont à la croisée de deux mondes, quand on n'a pas encore une vision totalement réaliste des choses mais qu'on n'est quand même pas tombé de la dernière plue. Quand les choses en apparence si anodines pour les adultes commencent à prendre de l'importance. Les dialogues sont à l'avenant : ils sont truffés de grossièretés mais en même temps témoignent d'un regard encore très enfantin sur les choses qui constituent l'univers des personnages.

Mais surtout, The Yard fonctionne comme une impeccable caricature du monde adulte (au corps défendant de ses héros). Ce premier épisode nous familiarise avec l'économie de la cour de recré, basée exclusivement sur l'échange de cartes à jouer. Mais cela prend des proportions épiques lorsque les explications de Nick et sa bande sur le fonctionnement de ce système commencent étrangement à rappeler le fonctionnement du capitalisme à part entière. Tout y est : comment le système s'est installé dans la cour de recré, comment il régule la micro-société (la fille populaire sort avec l'ex-nerd devenu richissime), et on a même droit à une savoureuse liste de tarifs pour divers objets de première nécessité. Mieux encore, nos protagonistes vont, sans le comprendre ni le nommer, recréer des effets de spéculation sur le marché de la carte à jouer, qui vont prendre un tour tragi-comique avant la fin de l'épisode, taclant au passage Hannah Montana.

C'est pas que je cherche absolument à vous vendre cette série. Mais je me sens obligée d'ajouter que la B.O. est impeccablement calibrée pour apporter un peu des deux univers (enfantin et adulte) à l'ambiance de la série, et visuellement, on est dans le même genre d'équilibre.
Mais surtout, le cast est très bon. La comédie, c'est vraiment un genre difficile pour des enfants qui ont soit du mal à conserver leur sérieux (d'un autre côté, même les adultes de That 70s Show n'y sont pas souvent parvenus...), et la dramédie plus encore. Mais ici, les acteurs sont hilarants sans rien en laisser paraitre, ce qui est parfait ; même les rôles les plus secondaires deviennent un régal dans les mains de ces petits bonhommes, comme celui d'Ashok.

Qui plus est, là où le mockumentary pourrait être lourd, il donne un éclairage équilibré et hilarant sur l'intrigue. Bien-sûr, il faudra voir comment ça fonctionnera avec le temps, car c'est forcément plus appréciable dans un épisode d'exposition, mais pour le moment le résultat est sans reproche.

Alors, bon. Je ne voudrais pas insister, je m'en voudrais de me montrer trop pressante. Mais c'est excellent. Vraiment, vraiment brillant. Et je dis pas ça souvent. Bon d'accord, je l'ai dit récemment pour Roseanne mais dans un tout autre registre. Non, attendez, je ne l'ai même pas dit comme ça pour Roseanne. Donc je persiste : The Yard est absolument brillant. Si vous voulez vous targuer d'être un peu téléphagiquement cultivé, il faut au moins avoir vu le pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Yard de SeriesLive.

14 juillet 2011

La plus grande pauvreté

J'ai des dizaines de choses à faire : finir Mesudarim, regarder Koselig Med Peis (cette fois avec sous-titres), m'envoyer l'intégrale de Jack & Bobby que je me promets depuis l'été dernier, sans compter quelques pilotes que j'ai dans ma besace (j'ai toujours des pilotes dans ma besace...) et les posts que je dois écrire sur Cloudstreet, Game of Thrones...
Non, je ne manque pas d'occupations.

Cependant, je suis atteinte de ce curieux mal qui m'arrive souvent après une intégrale (ou deux, comme l'an dernier avec Les Craquantes et Will & Grace) : je n'ai envie de rien.
Si, de Roseanne.
Mais bon, on a vu comment ça a tourné sur la fin, hein.

RoseanneEmpty
Et pourtant, que la série ait été un plaisir de chaque instant ou qu'elle ait eu ses (très) mauvais moments, il y a toujours cette période, à l'issue d'une intégrale, pendant laquelle on n'a goût à rien parce qu'il faut se déshabituer des réflexes acquis pendant quelques semaines : lancer le DVD et s'envoyer un petit épisode pendant le dîner.
D'accord, qui suis-je en train d'essayer de berner ? Deux épisodes.
Ok, ça va, trois, vous êtes de la police ou quoi ?

Toujours est-il que même en étant parfaitement consciente qu'il n'existe aucune force suffisamment puissante de par le monde pour me contraindre à regarder une nouvelle fois un épisode de la 9e saison de Roseanne, et que certains d'entre eux m'ont téléphagiquement traumatisée à jamais (je vous remets pas les liens vers les twitpics, hein, j'ai pitié, elles étaient déjà dans le post précédent et c'est un acte de barbarie suffisant), eh bien malgré tout, la série me manque.
Le processus est, j'imagine, naturel. Pour autant, même pleinement consciente en toute objectivité de l'ironie de la chose, difficile de penser à autre chose en ce moment.

Alors, même si j'aimerais qu'aujourd'hui mon post vous parle d'un pilote génial, vous rappelle une série méconnue, ou vous commente une news sur la cérémonie télévisuelle qui est la plus chère à mon coeur... aujourd'hui, mon post peut juste vous dire que Roseanne me manque.
Au juste, je ne suis pas bien sûre du pourquoi. Mais toute la journée, j'ai expérimenté le comment.

13 juillet 2011

Le poing levé

Tout a commencé il y a un peu moins d'un mois et demi, sept semaines, en fait. Nous voici arrivés 222 épisodes plus tard, et j'ai fini mon intégrale de Roseanne. Ce fut toute une épopée qui a notamment comporté un achat de l'intégrale, des semaines de délice, et une dernière semaine où j'ai bien souvent été à la torture, mais j'y reviens en temps utile.

Et avant de vous faire un petit post de bilan (je sais bien, je n'ai jamais le réflexe d'en faire et il faudrait que je prenne le temps de vous reparler de Cloudstreet, par exemple, ou de mon revisionnage de The No. 1 Ladies' Detective Agency, mais je n'ai simplement pas pris le pli...), je voudrais revenir sur cette expérience incroyable qui consiste à assister à la fin d'une série. En ces temps d'annulations souvent intempestives (même quand on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour les éviter), on a tendance à oublier. Et puis, suivre une série sur plusieurs années, et s'envoyer l'intégrale en quelques semaines, ça transforme aussi le regard qu'on a ce sur final. Bref, on a parfois tendance à oublier ce que c'est que de voir grandir une série et la voir se préparer à disparaître, et à le faire en quelques heures.
Pour tout vous dire je suis encore ébranlée. Des personnages qu'on avait appris à aimer, qui s'en vont sans espoir de retour, ce n'est pas un spectacle dont on sort avec le sourire.

Conner-1

Pourtant comme je l'ai dit, ces 7 semaines ont été des véritables montagnes russes. C'est le danger des intégrales : le visionnage condensé fait qu'on voit mieux la plupart des choses. Parfois c'en sont de bonnes, on repère des références, des petits rappels, des marques de continuité qui nous auraient échappé si on avait laissé passer une semaine entre deux épisodes. Et puis parfois, il s'agit de mauvaises choses, et ça rend les choses douloureuses à regarder.

Il y a 7 semaines et 9 saisons de ça, Roseanne (re)commençait comme un sitcom honteusement drôle. Pas de famille dysfonctionnelle ici, mais un personnage central et un parti-pris atypiques, et des revendications à la pelle. Parce que la mission première de la série n'a jamais été de simplement faire rire, mais de faire rire pour faire passer la pilule d'une masse de prises de position assumées et pas forcément bien vues, Roseanne se devait d'avoir d'excellents dialogues, et elle a longtemps brillé par leur verve sans fioriture. La série met en scène des personnages qui sont peut-être pauvres, peut-être pas très éduqués, peut-être pas sortables... mais définitivement intelligents (sauf Mark). Jamais ses personnages ne sont pris à défaut de ce côté, leur répartie ne les diminue jamais, les saillies ne sont pas là pour les tourner en ridicule. C'est donc un univers où il n'existe pas de gag à proprement parler, mais plutôt des vannes constantes et échangées allègrement par tout le monde. Et avec tout le respect que je dois à de nombreux sitcoms qui pourtant m'ont fait rire, c'est une qualité qu'on trouve rarement dans ce genre où le rire vient avant tout du ridicule.

Mais outre le fait qu'elle ne prend pas ses personnages pour des imbéciles, la série a aussi décidé de choisir ses sujets avec intelligence, décidant par là de ne pas prendre ses spectateurs pour des imbéciles. C'est l'angle social dont se prévaut tant la série.
Les premières saisons (ça s'atténue fortement lorsque Roseanne et Jackie tentent de monter leur propre affaire) sont consacrées à des intrigues vues peu ou pas du tout ailleurs, et quand elles ont un pitch de départ similaire, elles ne sont jamais traitées selon les canons du genre et surprennent toujours. La série ne nous emmène pas où tant d'autres sont allées : ainsi, quand Roseanne quitte son travaille à l'usine, elle paye le prix de sa démission et ne trouve pas de travail tout de suite. Les cordons de la bourse familiale se resserrent et elle passe plusieurs épisodes à vivoter d'un boulot de vendeuse d'abonnements par téléphone. Ainsi, chaque décision quant à l'avenir de la petite famille ne se décide pas pour nous faire rire ou provoquer un changement, mais avec toujours un oeil sur le point d'horizon, et les étapes réalistes qui se produiront forcément si un changement intervient. Le plus souvent, dans les premières saisons, ces changements sont de l'ordre professionnel et n'interviennent ni par hasard, ni de façon miraculeusement résolue. S'imprime vite un schéma, qui je pense doit être moins évident pendant un visionnage hebdomadaire, de format feuilletonnant subtil.

Ce qui est fascinant c'est aussi la façon dont ces choix sont conduits. La famille Conner ne prend jamais de décision mûrement réfléchie, ou presque, et ne se dit pas qu'il faudrait peut-être se montrer raisonnable et/ou essayer de faire quelque chose pour redresser la barre (comme on a vu plusieurs fois le faire les familles de séries comme Malcolm). Ce sont des impulsifs, ils payent le prix de leur choix, et la série ne leur trouve pas d'excuse autre que "c'était comme ça qu'on le sentait". Impossible de voir Roseanne traiter son job, en apparence parfait, dans un salon de coiffure, sans se dire que la pauvre femme a perdu la tête. Mais à aucun moment la série ne cherchera à lui donner à se justifier. Les choix de Conner, quels qu'ils soient, leur appartiennent entièrement, comme s'ils n'avaient que faire de ce que le spectateur en pensera, drapé dans son assurance de savoir ce qui est le mieux pour les personnages, ou comment il faudrait se conduire pour arranger les choses. Les Conner sont pauvres et parfois semblent tout faire pour le rester, mais c'est parce que dans le fond, ce sont des indépendants, et il y a certaines choses qu'ils ne feront jamais juste pour pouvoir payer les factures.

Derrière cette apparente désinvolture repose donc une grande part de volonté de rester libre des carcans sociaux. Les nombreuses démonstrations de Roseanne pour prouver que c'est elle qui porte la culotte, et qu'elle n'est pas une femme soumise, en sont une autre manifestation.

Au-delà du constat social, ou plutôt de la déclaration de guerre contre l'ordre social, Roseanne est aussi une série qui parle du rapport parent/enfant avec une sincérité désarmante, et la volonté là encore de ne pas donner de leçon. Parce que les parents eux-mêmes en sont bien incapables. Ils ne veulent pas tenir leurs enfants, ils ne veulent même pas leur inculquer quoi que ce soit, ils les laissent vivre même si après, pour parvenir à ce qu'elle veut, cette manipulatrice de Roseanne finir par tenter de tordre leur volonté. Mais les Conner ne peuvent jamais vraiment contrôleur leurs enfants et, sur le long terme, cela se prouvera de nombreuses fois.

J'ai dit que Roseanne était un personnage manipulateur : ce n'est pas là son pire défaut. Bruyante, désagréable, constamment en quête du contrôle total (qu'elle n'exercera jamais vraiment parce qu'elle est trop électron libre pour se contraindre elle-même à exercer longtemps son pouvoir de coercition sur la famille et les amis), cette femme qui est, comme le titre de la série l'indique clairement, au centre de tout, est aussi le personnage le plus détestable du lot, celui qu'on a envie de baffer par moments, celui qui semble toujours manquer de coeur ou de finesse pour apprécier ce qu'elle a. Ajoutez à cela que Roseanne Barr (or whatever) n'est pas la meilleure des actrices, et de loin ; fort heureusement, John Goodman est un homme de grand talent qui sauve chaque scène et porte Barr autant de fois que nécessaire.
C'était en tous cas assez osé de réussir à rendre le personnage si antipathique et en même temps de le rendre incontournable, jamais totalement haïssable parce que, admettons-le, il a aussi quelques unes des meilleures répliques.

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La réputation de Roseanne la précède : il est de notoriété publique (téléphagiquement publique, disons) que sa fin est une erreur de la nature. Après bien des rires et des épisodes engloutis avec gloutonnerie, je suis arrivée dimanche à la saison 9. On m'avait dit que c'étaient les trois dernières qui étaient moins bonnes, et la 7 comme la 8 se montrant appréciables (même si franchement moins abouties), je partais avec une relativement bon a priori sur la question.

C'était sans compter sur notre ennemi à tous, téléphages de bon goût : le saut de requin. Tremblez ! Roseanne effectue un jump the shark de toute beauté, exécuté avec autant de souplesse qu'une baleine et autant de doigté qu'un manchot. Et tout ça, en nous regardant droit dans les yeux avec défi, l'air de dire que c'est comme ça et puis c'est tout, à prendre ou à laisser.
Plusieurs fois je vous avoue que l'envie ne m'en a pas manqué ! Tout laisser, peu importe la loyauté qu'on ressent instinctivement envers une série qu'on a suivie assidûment et à fortes doses pendant 8 saisons dévorées en une courte période de temps.

Insupportable, le premier quart de la saison va détruire tout ce que la série avait mis en place avec tant d'intelligence, d'audace et de bonne humeur incisive. La saison tombe totalement à plat. Les cosplay quasi-permanent est insultant. Le défilé complètement gratuit des guests est insupportable. Les intrigues tiennent sur du papier à cigarette (un cas d'école : l'épisode dans le train). Ne sont à sauver que quelques épisodes (déjà initiés dans des saisons précédentes, maintenant plaqués sans le moindre remords sur une intrigue moribonde) qui servent d'hommages aux grandes comédies de la télévision américaine, comme Gilligan's Island, That Girl, I Dream of Jeanie, et bien d'autres (on retrouve la même volonté dans Une Nounou d'Enfer, qui n'a jamais renié ses influences).

C'est une abomination, et il n'y a pour cela qu'une personne à blâmer : John Goodman. Chaque fois que Dan disparaît pendant la saison, c'est une torture que de voir les intrigues se déverser dans le tout à l'égoût. Chaque fois que Goodman accepte de se coltiner Roseanne Barr, certes l'alchimie est diminuée entre eux (rarement vu une série où les tensions se ressentent autant à l'écran), mais les intrigues reprennent des couleurs.

Tout ça pour s'achever sur une fin de saison encore radicalement différente, totalement sentimentale, avec des gags plats mais beaucoup d'émotion tirée d'une intrigue qui prend une tournure incroyablement dramatique. Impossible alors de rester de marbre même si on s'étonne un peu, dans le fond, de s'être autant éloigné de la comédie (mais avec le talent des meilleurs tear-jearkers). S'ajoutent à cela de nombreuses mais très fines touches du type "bouclage de boucle", comme autant de rappels des premières saisons et/ou des gimmicks de la série, qui complètent parfaitement l'effet recherché lorsqu'on aborde la saison finale d'une série qu'on connaît sur le bout des doigts.

Hélas, Roseanne se clôt sur un dernier affront, la scène finale du dernier épisode nous inflige encore quelques blessures en balayant d'un revers de la main (comme une vengeance de la créatrice de la série) les éléments auxquels on s'était le plus attachés.

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Pleine de surprises, bonnes comme mauvaises, Roseanne est une série qui change radicalement la face du sitcom. On peut ne pas en aimer les recettes, on peut en déplorer l'évolution finale, on peut adresser des reproches et beaucoup seront fondés.
Mais on ne peut lui enlever le caractère proprement révolutionnaire de son ton et de son propos dans ses premières saisons, et la galerie de personnages épatante qu'elle développe (la série se montre très fidèle à nombre d'entre eux, qui n'apparaissent ni ne disparaissent jamais vraiment de façon soudaine dans la vie des Conner, et s'applique à nous montrer comme normale la réapparition de certains d'entre eux, témoignant d'une forme de tendresse à laquelle j'ai rarement assisté dans une série).

Même fâchée, même en larmes, je finis ces 7 semaines de visionnage avec la conviction d'avoir assisté à une des plus grandes comédies de l'histoire de la télévision. Au moins au début.

Pour vous en assurer, je vous invite donc à ne pas hésiter à tenter le pilote de la série, qui devrait compter parmi les épisodes vus de tout téléphage qui se respecte. Tout le monde ici sait comment tirer le meilleur d'un post La preuve par trois, dites ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

12 juillet 2011

Qui peut le plus...

Alphas

Ce qu'il y a de bien, quand on n'attend pas de série en particulier et qu'on prendre l'habitude de ne jamais prêter attention aux projets, c'est que les déceptions n'existent pas. Hélas j'ai tendance à faire deux poids, deux mesures, et un jour je saurai appliquer ce beau précepte aux dorama, mais en attendant, pour les séries US, ça fonctionne bien (c'est peut-être aussi un mécanisme que j'ai développé face au buzz intense que peuvent générer certaines séries, problème que je ne rencontre pas spécialement quand il s'agit de séries asiatiques...).

Donc Alphas, bon, j'en pensais pas de mal à la base, mais j'en espérait rien de spécial non plus, j'étais prête à prendre le pilote comme il venait et aviser ensuite, sans préjugé sur le côté "encore des superhéros/mutants/whatever", rien.
Et au final, j'ai passé un relativement bon moment.

En fait, jusqu'à ce que les scènes d'action commencent dans l'hôtel, c'était même parfait : les personnages ont des capacités intéressantes et montrent bien qu'il y a eu une véritable envie de changer des "superpouvoirs" communément utilisés, certains membres du groupe se révèlent très vite attachants (en fait je ne vous cache pas qu'il s'agit des mêmes, à savoir Gary et Rachel), la dynamique de groupe est sympathique (la façon dont presque tout le monde est attentionné envers Gary, le côté "je suis trop bien pour eux" de Bill...), les pouvoirs sont utilisés avec intelligence (là encore, c'est celui de Rachel qui est le mieux développé et exploité dans ce pilote). Bref, concrètement, l'exposition est bonne et donne envie.

Côté effets spéciaux, même s'il y en a juste un peu trop en ce qui concerne Gary, globalement le résultat est bon. En particulier, l'idée de "désactiver" les autres sens de Rachel et de montrer la façon dont elle se concentre n'est pas mal rendue. Concernant Bill et Nina, l'effet est relativement léger. Pour l'instant, pour Cameron, il est même inexistant.
Pour le spectateur à la recherche d'un bon équilibre, entre l'envie d'en avoir quand même pour son argent (on est sur SyFy après tout), et l'impression blasée d'en avoir trop vu pour se laisser impressionner par une débauche de moyens, la série offre une solution médiane correcte, surtout si on considère que c'est un épisode d'exposition et que certaines démonstrations ne deviendront plus nécessaires quand le spectateur aura ses repères, comme le voyage dans les artères de Bill (la transpiration suffisant à la démonstration).

Là où ça se gâte, c'est en fait dans le domaine de l'action et des perspectives d'avenir de l'intrigue.
Comme par hasard, il y a une vilaine organisation mystérieuse, comme par hasard, ils travaillent pour la police mais ça ne doit pas se savoir... ces côtés-là sont vus et revus, et ne témoignent pas du soin qui a été apporté aux pouvoirs ; c'est un peu plaqué que d'entendre parler du Red Flag, c'est un peu trop facile de remplir le derniers tiers de l'épisode avec une chasse au vilain méchant (qui se déroule de surcroit selon le schéma ultra rabâché du "on a fini par l'avoir, mais en fait on l'a pas eu, mais finalement on l'a vaincu").
De ce côté-là, on dirait vraiment une série bas de gamme pour le moment.

AlphasRachel
Alors ? Alors il reste l'espoir. L'espoir qu'autour de ces personnages et de leurs compétences, l'histoire se développe avec plus d'originalité à partir de là.
Que le côté pile de chaque pouvoir se dévoile et entre réellement en jeu dans la narration, et ne soit pas juste un accessoire pour corser un peu les "enquêtes" et les faire tenir en 45mn.
Que les capacités des personnages dont les capacités ont été sous-exploitées soient mieux mises en avant (pour l'instant, Bill n'est pas vraiment un atout dans leur manche...).
Que l'on découvre des choses intéressantes sur Red Flag, et qu'on évite le méchant de la semaine qui nous donnera un minuscule indice qui conduira au season finale.
Que les personnages qui semblent un peu trop confiants, à l'instar du Dr Rozen, dévoilent aussi un côté faillible.

A partir de là, Alphas a donc le choix : devenir une bonne série fantastique, ou se contenter du minimum.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Alphas de SeriesLive.

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