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ladytelephagy

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5 juillet 2010

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'adolescent

Ah, ça va nous changer ! Pour toutes les fois où j'ai tempêté contre les séries américaines à destination des adolescents, aujourd'hui, ça va être un peu différent. Presque, j'ai dit presque, une compensation. Parce que dans un monde télévisé où, chaque année, on nous fourgue un nouveau Hidden Palms, 90210, Gossip Girl ou The Beautiful Life, ce sont des séries comme One Tree Hill qui semblent les plus à même de servir de référence réaliste sur le quotidien des ados, c'est dire si on est pas dans la mouise.
Heureusement, on dirait que c'est en train de changer. Ou en tous cas, j'accueille à bras ouverts le retour de la nuance. Avec l'arrivée de Life Unexpected à la mi-saison, et maintenant, cet été, Huge, on est peut-être en train de retrouver une télévision plus en phase avec la réalité de son public adolescent (pourtant goinfre parmi les goinfres de la téléphagie). J'ai envie de dire qu'il serait temps.

HUGE

Dans Huge, l'obésité est au centre de tout et pourtant, elle n'est qu'un prétexte. Car à travers l'inconfort des jeunes personnages, on retrouve le malaise qu'expérimentent les adolescents quand leur corps semble ne plus vraiment leur appartenir. Derrière l'artifice du surpoids (un cas particulier de ce problème), c'est un thème universel que Huge aborde, celui d'une période de la vie où, de toute façon, on a du mal à aimer son corps, mais où le regard des autres nous pousse à dépasser cet inconfort et ces complexes pour s'épanouir en tant que (presque) adulte.
La problématique du surpoids n'est pas anodine, je n'ai pas dit ça. Dans une Amérique qui qualifie l'obésité de ses jeunes d'épidémie, évidemment pas. Mais sans avoir connu ce problème, on n'a pas de mal à compatir avec les personnages. Pour cela, l'écriture fait beaucoup, mais également la réalisation, qui, s'attardant dans les regards, les plans sur les mains, et les attitudes gauches des uns et des autres, laisse la place au non-dit, celui qui n'exprime pas un poids mais une émotion sincère et reconnaissable entre mille.

Difficile de ne pas retrouver un certain nombre de qualités présentes dans Angela, 15 ans, dans cette nouvelle série de Winnie Holzman. Les personnages se cherchent tout en ayant déjà une idée assez précise de leur identité. Ils voudraient juste réussir à trouver l'équilibre entre le regard des autres et celui qu'ils se portent, parfois accusateur, parfois complaisant. Finalement, ce camps de vacances pour les gros leur permet à la fois de s'assumer, au milieu de leurs semblables (ce que la scène d'ouverture exprime nettement) et de changer, ou du moins essayer.

Pourtant, le personnage central n'a rien de commun avec celui d'Angela. Will serait plutôt l'héritière de Rayanne, à mi-chemin entre la rébellion effrontée et le désespoir camouflé sous des tonnes d'arrogance. Fini les voix off, Will dit tout haut ce qu'elle pense, parfois bravache, et ne se prive pas de faire connaître son avis, ou l'avis qu'elle voudrait avoir. On sent immédiatement la contradiction entre les complexes et blessures, et le côté rentre-dedans et fort en gueule du personnage, le rendant immédiatement humain, c'est-à-dire ni adorable, ni insupportable. Depuis combien de temps n'avais-je pas vu un personnage de ce genre ? Il y a quelque chose de courageux dans la façon dont dés le départ, on nous donne la possibilité de voir au-delà des stéréotypes.

D'ailleurs, pour un épisode d'exposition, le pilote de Huge parvient à éviter un bon nombre d'écueils. En-dehors de la douce Becca, aucun personnage n'est unidimensionnel. Les garces deviennent des victimes, les outsiders des bullies, etc... Côté personnel adulte (et forcément mince), on retrouve la même ambivalence, pas forcément explorée en profondeur mais il faut quand même admettre qu'en 42mn, il s'en dit, des choses, et on a le temps de voir un spectre de nuances particulièrement prometteur.

Non, le pilote n'est pas un chef d'œuvre, évidemment. Ça reste une série adolescente, et une série de ABC Family de surcroît. Mais quand le petit slogan "a new kind of family" est apparu au coin de l'écran, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il y avait quelque chose, sinon de nouveau, au moins qui était réapparu après bien des années d'absence. Il ressort des regards en coin et des attitudes de façade quelque chose d'honnête et authentique qui m'avait franchement manqué.

Le pari est sincèrement osé de lancer une telle série à une période où personne ne veut se prendre la tête, et encore moins se voir renvoyé à ses fragilités, avec en plus un casting loin d'être sexy (à l'exception de la petite Hasselhoff qui est juste lumineuse), mais personnellement, quelle que soit la saison et quel que soit l'attrait des acteurs, quand l'histoire est bonne, l'interprétation solide et la réalisation impeccable, on n'a pas besoin de me le dire deux fois. Allez hop, Huge vient de passer dans mon programme de l'été.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Huge de SeriesLive.

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4 juillet 2010

C'est l'été, c'est donc plus le printemps, logique

Bon, je suis désolée. J'avais planifié autre chose pour le post de ce soir, mais je dois vous avouer que je me suis laissée dépasser par 1/ le weekend de folie que je viens de passer 2/ quelques tous petits soucis de boulot (trois fois rien, je vous rassure, je n'ai juste plus de boulot).

Donc du coup, ce soir je vous signale simplement l'article de bilan de la saison du printemps au Japon, le troisième de son espèce sur SeriesLive (désormais des raccourcis vers mes articles asiatiques sur SeriesLive sont disponibles dans la colonne de droite), et vous invite très humblement à vous y manifester si vous avez aimé.

2010_Printemps
Dorama panorama - Collection Printemps 2010

Ces derniers temps, les râleurs ont tendance à prendre un peu trop la parole sur SeriesLive, certains s'en sont même fait une spécialité, alors faites savoir qu'il y a aussi des gens curieux et ouverts dans le coin, ok ?

N'oubliez pas ce qu'on a dit : je vais avoir besoin de votre soutien pour faire bouger les choses. Et croyez-moi, si c'est effectivement le 2e article en une semaine (le précédant, datant de dimanche dernier, vous présentait la fiction coréenne), c'est loin d'être le dernier ce mois-ci ! Tant qu'il y a du monde derrière moi, je continue !
Et si malgré tout ça, vous manquez encore cruellement de culture, permettez que je rappelle à votre bon souvenir l'existence de la rubrique Dorama Chick. Des posts sur des séries asiatiques en veux-tu en voilà...

3 juillet 2010

Tois-toi et mange

Être téléphage, c'est être consommateur. Consommer du programme télé (bien souvent importée), consommer de l'information (visiteurs réguliers de sites et blogs, abonnés aux magazines spécialisés, éplucheurs de programmes télé, fans de Morandini, vous m'avez comprise), consommer du DVD, etc... On est des consommateurs, dans notre genre, avec un certain pouvoir d'achat, et qui permettons de faire gonfler les revenus de ceux qui nous pourvoient. Mais alors, ce qu'on peut se foutre de notre gueule, c'est royal.

Si on traitait les consommateurs de, disons, au hasard, viande bovine, comme on nous traite, la vache folle serait aussi courante que la grippe. Ok je caricature. Mais à peine. Un téléphage français n'a aucune façon saine à sa disposition de consommer son produit. J'explique.

Aux États-Unis, à part dans des cas assez ponctuels de diffusion erratique (nombre insuffisant d'épisodes, audiences catastrophiques, et annulation, étant les plus gros problèmes), le téléphage local sait quand, et où, et comment, consommer sa série. Il sait qu'à partir du moment où une chaîne s'est engagée à diffuser une série, elle ira au bout dans la mesure du possible, à part bien-sûr en cas de problème évoqué plus haut. Que la série ne bougera pas de case horaire pour atterrir à une heure indue. Que cette même série ne se verra que rarement tronquée, tronçonnée, censurée au dernier moment.
Je ne dis pas que ces choses n'arrivent jamais, je dis simplement qu'elles restent dans la limite du raisonnable et sont des évènements qui ne tiennent pas de la pratique systématique. Le consommateur américain, je vous prie de le croire, lorsqu'il a un soucis, il râle auprès de la chaîne, et il arrive souvent que la chaîne s'adapte. Exemple : n'importe quelle série sauvée des eaux, à l'instar de Roswell. Et pourquoi la chaîne elle s'adapte ? Pourquoi elle essaye de satisfaire son consommateur ? Parce qu'elle est bien au courant qu'elle n'est pas seule au monde et qu'il ne tient qu'à un mouvement subreptice du pouce pour que le consommateur aille consommer ailleurs. La loi de la concurrence. Et comme la chaîne, elle a investi des sous et des moyens humains dans la production d'un show, elle est pas folle, elle surveille.

C'est pire encore en Asie où, grosso-modo, le spectateur est traité en prince. Au Japon, c'est bien simple, même si une série devait faire des audiences négatives, il est ultra-rare qu'elle soit annulée. En fait, une série connait toujours une fin au Japon. Voilà qui fait rêver ! Quant à la Corée du Sud, si elle a développé une plus grande tendance à raccourcir ou prolonger ses séries, c'est toujours en avertissant la production (qui bien souvent est une équipe de la chaîne) histoire d'adapter les épisodes en plus ou en moins. Le résultat de pareilles variations n'est pas idéal, mais en tous cas, il indique qu'il y a effort pour essayer de contenter le spectateur. Il faut dire que dans ces deux pays, quand une chaîne reçoit 200 réclamations, elle estime que toute la population est outrée au dernier degré, et la notion d'irréprochabilité est toute-puissante. Quand une chaîne fait le moindre petit faux-pas, elle se répand en excuses auprès de ses spectateurs. Avec auto-flagellation et toute la panoplie.

Prenons maintenant le cas qui nous préoccupe : le consommateur français. Au-delà de toute considération sur le respect de l'œuvre (les chaînes n'en ont cure de toutes façons), comment traite-t-on le téléspectateur français ? Comme un malpropre. C'est lui qui est à l'écoute de la chaîne et qui est sommé de s'adapter. Une chaîne achète des droits de diffusion pour une série ? Il faut parfois s'armer de plusieurs années de patience avant de la voir poindre son nez. Et quand elle arrive, c'est dans un créneau horaire incohérent, et c'est au téléspectateur de se rendre libre. Et lorsqu'une série a les honneurs du prime, elle est charcutée comme un jambon pour rester tous publics. Et même dans ce cas, il n'est pas dit que les épisodes passent dans l'ordre, pire, on assiste à des aberrations du genre "un inédit suivi d'une rediff" (spécialité made in TF1 que M6 s'est depuis approprié), dans des créneaux d'une durée double !

Certaines séries sont indifféremment diffusées de façon quotidienne, ou hebdomadaire, parfois une fois l'un une fois l'autre selon les trous qui sont à combler dans la grille. Lors des rediffusions, qui ne suivent aucun schéma prédéfini, on peut parfois ne jamais revoir certains épisodes (je pense à l'épisode de Noël animé d'Une Nounou d'Enfer, diffusé environ une fois sur dix), ou même certaines saisons ! Il n'est pas rare qu'une série soit purement et simplement déprogrammée, sans explication, parfois sans même prévenir à la fin du dernier épisode diffusé. C'est la surprise la semaine suivante. Ou le jour suivant. Parfois les deux (le final de la saison 3 de Grey's Anatomy ?). Les séries qui arrivent à maintenir une certaine régularité sont traites jusqu'à la dernière goutte, et le consommateur a alors droit à 3 épisodes en enfilade, dont il se goinfre goulûment parce qu'on ne sait jamais quand sera la prochaine fois. Les chaînes créent une confusion folle en mélangeant les inédits et les rediffs, en ne prévenant que rarement lorsqu'un épisode a déjà été diffusé tout en lui faisant occuper la case horaire d'un inédit... C'est n'importe quoi !

Mais ça, vous le savez déjà.

Alors quoi ? Alors, eh bien le consommateur français ne sait pas consommer sa série. C'est vrai, mettez-vous à la place du téléspectateur lambda, non-atteint de téléphagie j'entends, qui est confronté à cette situation. Comment peut-il décemment devenir un consommateur averti ? Il est complètement manipulé par la chaîne, subit complètement ses décisions et ses envies, en bref, il est infantilisé. Ça tiendrait presque du lavage de cerveau, pour un peu. Il regarde ce qu'on lui donne, bien content qu'on lui donne déjà quelque chose. Et tant pis si les rediffs de NCIS font plus d'audience que des inédits de Threshold (et je prends à dessein deux séries que je méprise pour qu'on ne puisse pas dire que c'est une revendication partisane, parce que je préfère l'une à l'autre !), on s'en fout ! Du moment qu'ils regardent ce qu'on leur donne !

Actuellement, chaque série se consomme différemment. Le téléspectateur français n'a pas d'habitude avec sa série, ce qui est le comble de la téléphagie. L'une sera diffusée chaque automne à raison de deux à trois épisodes (Urgences), l'autre sera diffusée chaque été à raison de deux épisodes (LOST) mais pas toujours à la même heure, certaines seront mitraillées à raison de deux saisons en quelques semaines voire même encore plus hâtées sur la fin (Grey's Anatomy), d'autres sont presque cachées à des heures ridicules alors que complètement tous publics (A la Maison Blanche) puis interrompues sans raison apparente (Six Feet Under), s'insèrent là-dedans des rediffusions qui, s'intercalant avec les inédits, créent des confusions dans la timeline (NCIS, Stargate...), certaines sont multi-rediffusées sans justification d'audience ni de popularité (Le Caméléon, The Sentinel), certaines ne le sont pour ainsi dire jamais (L'Enfer du Devoir, V...) ou alors uniquement sur une chaîne du câble ou de la TNT, certains sitcoms sont récitables par cœur comme du Prévert (Une Nounou d'Enfer), d'autres sont enterrés sans raison (Roseanne, Papa bricole), certaines séries très accessibles et bien écrites sont camouflées à des heures hallucinantes (Scrubs), certaines sont rediffusées inlassablement dans l'ignorance la plus totale (Le Justicier de l'ombre)... A chaque série sa façon d'être consommée. Et on ne sait jamais ce qui viendra après.
A chaque série ses façons d'être consommées, selon l'âge du vent et le sens du capitaine.

Mais vous le savez, ces programmes ne sont pas du tout conçus pour être diffusés de la sorte ! A la base, une série est hebdomadaire, tout frustrant que ça semble être ! Bombarder le télespectateur pendant quelques semaines, et ensuite le laisser en plan pendant les trois quarts de l'année, est une aberration ! C'est anti-commercial, mais comme en attendant, ledit téléspectateur n'a pas le recul qui lui permettrait de dire "bah je vais pas regarder autre chose juste parce qu'une autre série occupe le créneau habituel", alors c'est pas grave, ça continue. Aux States, la série est rediffusée en syndication si elle franchit la barre des 100 épisodes, en France, ça ne veut rien dire ! Young Americans s'est fait rediffuser plusieurs fois, et avec plusieurs années d'intervalle, mais pas Space 2063 qui n'a connu la rediffusion que dans les deux ans qui avaient suivi son statut d'inédit (une saison chacun pourtant). C'est aberrant ! On nous maintient éternellement en position d'attente, de soumission. Quoi que fasse la chaîne, on prend ce qui vient. Les séries se font et se défont, et les chaînes l'ont bien compris, qui désormais se contentent de faire de la pub et brandir le panneau de la réussite outre-Atlantique, pour nous faire regarder indifféremment tous les genres de programmes.

Nos cerveaux bouillonnent (le coca, peut-être ?) et reçoivent tout ce qu'on leur jette en pâture, sans avoir jamais le temps de l'analyser, de le remettre en question. La stratégie des chaînes consiste à créer le besoin, et nous sommes trop occupés à être submergés par ce besoin pour être des téléspectateurs avertis. C'est incroyable !

Que dirait-on de toute autre industrie se comportant de la sorte ? Que dirait-on d'une entreprise de yaourt qui déciderait de mettre des yaourts au citron sur le marché, puis de les retirer, mettre de la framboise dans certains magasins mais pas dans d'autres, puis remettre une palette de citron pour la retirer si ça ne se vend pas, faire subir plusieurs années de vanille pour finalement faire mettre dans le fond des rayons de la fraise ? Ne trouverait-on pas que le choix du consommateur serait bafoué ? Ne penserait-on pas que l'entreprise ne le respecte pas et le trait purement et simplement ? Mais qu'une chaîne fasse ça, et ça laisse tout le monde indifférent. Et voilà comment on fabrique des bœufs et non des téléspectateurs capables de faire monter les enchères, et inciter à se diversifier, et s'améliorer, et s'affiner. Quand une chaîne sans considération pour son consommateur fait presque la totalité des audiences record d'une année, comment faire fonctionner la loi du marché avec le rôle de la concurrence ? Que peut bien signifier la menace de ne pas regarder une chaine si elle ne se comporte pas correctement avec ses spectateurs ? Rien !

Taistoietmange

2 juillet 2010

Valait-il mieux seule que mal entourée ?

Bon eh bah, ça y est, dites donc. Après, quoi... six ans ? A force de voir passer les saisons, les news, les projets de film... Au bout de longues années pendant lesquelles d'autres blogueurs téléphagiques ont l'ont mentionnée encore et encore... Au terme d'une quête qui a nécessité le cagoulage et la gravure répétés du pilote...

J'ai enfin vu un épisode d'Entourage.

Entourage

Du coup, comme on peut l'imaginer après pareilles tribulations, j'ai un sentiment de beaucoup de bruit pour rien.

Ironiquement, pendant le pilote d'Entourage, j'ai fait régulièrement la comparaison avec How to Make it in America, preuve que l'analogie de Livia m'avait marquée. Et de ce point de vue là, Entourage n'est pas décevant. How to Make it in America apparait comme vain, et n'apporte rien de nouveau sur quoi que ce soit, ne porte de regard particulier sur aucun univers en particulier. C'est juste New York, des potes, point barre. Entourage tente tout de même de tirer partie de son hollywoodien contexte, avec les spécificités inhérentes à ce milieu.

L'idée est finalement plutôt bonne, d'ailleurs : le quotidien à Hollywood d'une étoile montante, mais aussi et surtout des anonymes qui gravitent autour de lui. Une opportunité de ne pas voir que le côté glamour de cet univers. Et je dis : pourquoi pas ?

Oui, tiens, d'ailleurs... pourquoi pas ? Pourquoi, au terme de ce pilote, ne suis-je pas plus férocement enthousiaste ?

Comme souvent lorsqu'il s'agit de Hollywood, je trouve d'abord que ça manque de vitriol. Mais ça, c'est mon côté "j'ai trop regardé Action! quand j'étais petite". Même si je n'en attends évidemment pas le même mordant, j'attends du mordant quand même. Sans un minimum de critique du système, une fiction sur Hollywood ne vaut pas la peine qu'on la regarde.
Et même. En l'absence de mordant, j'attendais d'apprendre quelque chose. Vous savez, ces détails inutiles qu'en bon téléphage on retient quand même sur le fonctionnement de la machine à fabriquer du rêve.
Bon mais alors, admettons qu'il n'y ait rien à apprendre du monde merveilleux du show business et de ses complexes rouages, j'espérais au moins pouvoir être émue ; mettre un orteil dans un tel rouage doit forcément avoir un certain impact sur la psychologie des gens qui se frottent à ce milieu. Il y a des sacrifices, des périodes de vache enragée, des efforts qui ne semblent jamais aboutir, qui sont autant d'occasions d'explorer le potentiel dramatique d'un tel milieu.

Rien de tout ça ou si peu.

Globalement, Entourage, avec ce pilote, semble plutôt choisir le divertissement pépère. Un divertissement pas trop mal gaulé, mais un divertissement quand même, sans la moindre ambition d'offrir plus que quelques rires faciles entre potes. Surtout, surtout n'essayons pas de dire quelque chose ni de notre sujet, ni de nos personnages ! Contentons-nous d'une chronique sur un univers dont on peut tirer tout un tas d'opportunités rarement exploitées dans les séries plus classiques.
C'est un peu comme quand Memphis Beat fait couleur locale, finalement.

Peut-être que je n'aurais pas cette impression si, et c'est le plus gros problème, la moitié de ces personnages ne renvoyaient pas une grosse impression d'inutilité. L'acteur était, naturellement, incontournable, d'autant que j'aime bien ce personnages qui semble saturer dés le pilote, et veut juste se la couler douce dans un monde où on comprend bien que le répit n'existe jamais vraiment tant qu'on veut continuer à briller. Son agent, le type propre sur lui aux dents qui rayent le parquet, était également nécessaire, bien qu'à ma grande surprise (surtout après tout ce que j'en avais entendu), il est cantonné dans le pilote à une apparition finalement mineure. Et puis, le copain qui vit aux crochets de la célébrité mais essaye de se trouver une place, et n'y parvient qu'en s'imposant comme un manager autoritaire mais paumé, j'aimais bien aussi. Ce personnage est même mon préféré à ce stade, parce qu'on sent la blessure d'amour propre du type qui voudrait bien exister par lui-même, mais n'a pour l'instant rien trouver de mieux que de régenter (ou donner l'impression de) la vie de son champion.

Mais les autres ? Les autres on s'en fout complètement. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils font là. Quelque part, l'amitié entre ces deux copains-là aurait suffit pour moi.

Je serais peut-être moins cruelle avec eux si Entourage avait commencé plus tôt dans la vie de ses protagonistes. Tandis que l'acteur commence à vraiment décoller, le plus intéressant me semble déjà derrière. J'aurais voulu en savoir beaucoup plus sur la façon dont ils ont vécu la transition de l'anonymat à la célébrité. Dans ce milieu, il est bien connu qu'on rame toujours un peu, qu'on enchaîne les castings miteux et les publicités vaguement rémunératrices mais peu intéressantes, avant d'arriver, et c'est un angle qui m'intéresse bien plus.
Où était tout ce bel entourage quand le petit gars, qui n'était qu'une belle gueule anonyme, vivait de maigres cachetons ? Quand personne ou presque ne pensait qu'il pouvait arriver tout en haut de la chaîne alimentaire ? Comment s'est déroulée la délocalisation à LA ?
Le pilote d'Entourage arrive trop tard à mon goût, et même si je me doute (en tous cas ce serait heureux !) que la série évoquera ensuite ces points, j'aurais préféré toute une saison consacrée à cette période avant d'en arriver à la gloire, la fortune, et la location d'une maison hors de prix où chacun a déjà pris des habitudes de pacha surréalistes.

Du coup, je me suis remise en quête du pilote d'Unscripted, mais rien à faire, impossible de mettre la main dessus. La galère recommence, après des années de chassé-croisé avec Entourage !!! Au nom du ciel, cette série n'a que 5 ans, comment est-il possible qu'on ne puisse pas la cagouler ?!

Bon, toujours est-il que je suis un peu déçue par Entourage, mais pas non plus totalement refroidie. J'ai pas encore décidé de la suite des évènements. Est-ce que je regarde la suite ?
Oh, bof. J'ai le temps de me faire un avis. Après ce jeu de cache-cache interminable avec le pilote (cf. tags), je n'en suis plus à quelques semaines près pour me décider.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Entourage de SeriesLive.

1 juillet 2010

[DL] Entourage

Si vous avez suivi un peu ce qui s'est dit sur ce blog, ou, tout simplement, si avez cliqué sur le tag au bas de ce post, vous savez déjà que j'ai une histoire compliquée avec Entourage, dont je n'ai toujours pas vu le pilote ; la faute à pas de chance disent les uns, un signe divin répondent narquoisement les autres.

Entourage
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le générique, en tous cas, je le connais depuis longtemps, et je l'ai toujours apprécié en dépit, finalement, de sa simplicité. Mais la musique joue pour beaucoup, et on a cette ambiance d'amitié masculine décontractée qui me plaît tellement, pour des raisons que je ne m'explique pas vu que, vérification faite, je suis une gonzesse. Allez comprendre.
Bref, retenez votre souffle, attention : l'épique quête pour voir le pilote d'Entourage connait un nouveau rebondissement... dans le post du vendredi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Entourage de SeriesLive.

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30 juin 2010

Prison ferme

Franchement, j'ai hésité. Avant de parler plus en avant de Capadocia, fallait-il attendre que j'en aie vu un peu plus ? Après tout, ça se fait, sur certains blogs téléphagiques.
Et puis, comme cette semaine, je vais plutôt finir la 3e saison de Will & Grace et la 5e des Craquantes (oui le temps passe vite, mais c'est parce que le cagoulage du Mary Tyler Moore Show a un peu ralenti alors, ça s'équilibre, quoi...), parce que je suis de particulièrement bonne humeur en ce moment (sauf quelques petites ratées çà et là), donc autant ne pas remettre ça aux calendes grecques, pas vrai ?

Ok, alors. Pour ceux qui n'ont pas cliqué la dernière fois, bien que manquant cruellement de culture, laissez-moi d'abord vous résumer grosso-modo ce dont parle le pilote de ma toute première série mexicaine. Voilà donc le pitch (tiens, comment on dit pitch en espagnol ?).

Imaginez une prison pour femmes. Murs délabrés, cellules surpeuplées, trafics de drogues, le bazar habituel... Imaginez maintenant que des groupes d'intérêt privés aient l'intention de faire du business grâce à cette manne de main d'œuvre corvéable à merci. Problème : tant que la prison existe sous sa forme actuelle, c'est-à-dire gérée par l'État, impossible de faire entrer l'argent dans les caisses, il faut donc que la prison telle qu'elle existe pour le moment soit fermée, au profit de l'établissement pénitentiaire/l'usine que lesdits groupes d'intérêt viennent de faire construire. La technique employée est effroyablement simple : provoquer une émeute qui prouvera inefficacité du système actuel. L'un des lobbyistes va donc, avec le concours d'une gardienne de la prison, mettre le feu aux poudres, à la suite de quoi, la nouvelle prison pourra ouvrir. Fermer. Enfin, vous saisissez l'idée.

Capadocia

Le pilote de Capadocia est l'épitome de l'épisode d'exposition. Au point que seules les 10 dernières secondes se passent dans la nouvelle prison expérimentale. Et pourtant, pas l'ombre d'une lenteur, pas le moindre temps mort. Une heure d'émotions fortes non-stop, en fait.

Si les comparaisons avec Oz semblent s'imposer d'elles-mêmes, à plus forte raison parce que Capadocia est une série HBO Latino, elles sont toutefois limitées, si on s'en tient au seul pilote. Capadocia parle autant de politique en-dehors de la prison que de ce qui se passe entre les murs, quand Oz était quand même bien claustro.

En fait, Capadocia dresse le portrait de deux univers de violence, alors que, dans un monde idéal, la violence devrait justement en être absente.

D'une part, l'extrême violence des femmes, qui s'exprime tout au long de l'épisode, mais avec plus de force, évidemment, pendant l'émeute. Dans la société mexicaine (comme dans beaucoup d'autres...), la femme est censée être l'épouse aimante, la mère attentive. Capadocia nous rappelle que la violence physique et la haine ne sont pas l'apanage des hommes. Il n'y a pas d'un côté la brute sanguinaire et de l'autre la docile bobonne. La brutalité, voire la bestialité, n'est pas réservée au monde masculin, et n'importe laquelle d'entre nous peut potentiellement basculer. Ce constat est terrible, mais il a aussi, quelque part, quelque chose de féministe : dans le fond, homme ou femme, nous n'en sommes tous pas moins humains, c'est-à-dire imparfaits et victimes de nos pulsions.

D'autre part, le seconde univers est dominé par la cupidité des hommes d'affaires. Un monde que l'on imagine, dans l'idéal du moins, raffiné, sophistiqué. En fait, sous les sourires, les politesses, les cocktails et les brunchs de travail, se cache une autre sorte d'ignominie. Capadocia oppose ces deux mondes de vice, et on se pose la question : qui est le vrai criminel, ici ? Celles qui sont victimes d'une société qui ne leur pardonne rien et les pousse dans leurs retranchements, ou ceux qui, sans jamais se salir les mains, sont prêts aux pires bassesses par pur intérêt ?

Des femmes cruelles entre elles dans un monde dominé par des hommes sans scrupules.
Triste constant que celui de Capadocia.

Seuls deux personnages, au vu du pilote, semblent faire exception à leurs mondes respectifs : l'avocate spécialisée dans les droits de l'Homme, idéaliste mais déterminée dans sa lutte, est profondément pacifiste. Elle veut régler les problèmes sans violence, et de l'intérieur du système. Et puis, il y a le gouverneur de Mexico, un homme politique intègre qui refuse les pots de vin, et souhaite, apparemment avec sincérité, que l'État soit plus juste dans sa gestion du problème pénitentiaire.
Incidemment, tous les deux ont été mariés l'un avec l'autre, et je ne serais pas surprise que ce lien qui semble aujourd'hui dissous (avec leur divorce) les rapproche à l'avenir, au moins sur un plan idéologique.

La violence de Capadocia n'est pas que visuelle, bien que l'horreur soit à son comble pendant l'émeute. Elle est essentiellement psychologique, et c'est celle de toute une société. Le constat pessimiste de ce pilote est sans appel, et on ne se fait aucune illusion sur ce que sera la vie de ces femmes dans la toute nouvelle prison.

Par-dessus le marché (parce que bon, pourquoi se contenter d'être bon quand on peut atteindre l'excellence ?), Capadocia propose aussi une galerie de portraits qu'on devine complexes, et dont le pilote donne une idée générale assez nette mais ouverte à l'évolution.

Pour moi, les deux personnages les plus marquants sont la Negra et Bambi.
Gardienne au regard sévère et pas forcément très franc, la Negra est l'allumette qui met le feu aux poudres. Un personnages dont on comprend qu'elle possède un don d'observation très aiguisé, et une excellente compréhension de ce qui se joue dans la tête de chacune de ses prisonnières. Ce n'est pas une brute, ce n'est pas une crapule, c'est juste, à sa façon, une autre victime du système. Sa réaction face à l'émeute est douloureuse et forte à la fois, pas étonnant que ce soit elle qui ouvre le pilote ; nul doute qu'entre culpabilité, sens du devoir et cupidité, son évolution aura quelque chose de complexe et d'authentique.
Mon autre sifflet d'admiration ira à Bambi, une petite carcasse frêle au regard fuyant, qui abrite l'esprit d'un démon. Pendant tout le pilote, ce personnage est impressionnant, principalement grâce à l'interprétation qui en est faite. Entre servilité et désir de revanche, intelligence aigüe et instinct animal, sang-froid glacial et panique découse, Bambi est un personnage superbe dont on ne demande qu'à voir l'évolution. Quelle facette de sa personnalité l'emportera ? Y a-t-il un espoir de rédemption pour elle, ou ne peut-elle que descendre plus profond vers la racine du mal ? Son œil est capable de capter la plus délicate des beautés, sa main de produire la plus terrifiante des horreurs. Elle veut s'en sortir, mais elle veut aussi posséder la Colombienne... Ce qui se joue avec Bambi, c'est un peu une allégorie de la condition féminine en prison.

Les personnages, l'intrigue, les thèmes... tous les ingrédients sont présents pour que Capadocia soit une série captivante. La réalisation est en plus parfaitement maîtrisée, de bout en bout.
J'ai déjà cagoulé la suite et, croyez-moi, je vais en user. Dussé-je aller ensuite en prison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capadocia de SeriesLive.
Oh, une série mexicaine sur SeriesLive, je me demande s'il va bientôt y en avoir d'autres...

29 juin 2010

A Big Hunk o' Love

Avant de commencer à cracher mon venin sur un pilote (est-ce que c'est aussi bon pour vous que ça l'est pour moi ?), je voudrais ouvrir ce post sur une déclaration solennelle : j'aime le Sud des États-Unis, son image, son folklore (ses folklores), sa musique (ses musiques), et plus que tout, son accent. Ses accents.
Sans déconner, sans ça, jamais je n'aurais tenu jusqu'au bout de cette saloperie de Brokeback Mountain. Et souvent, quand je regarde une série où quelqu'un a un accent du Sud à couper au couteau, je me repasse des petites séquences et j'essaye de prononcer de la même façon (pourquoi vous croyez que ça me prend autant de temps de finir les Craquantes ? comment vous pensez que j'ai vu certains épisodes de Reba trois fois ? mais vous débarquez ou quoi ?).
Alors, sérieusement, le Sud ? A fond.

Du coup, croyez-moi, quand une série se passe dans le Sud, non seulement je la regarde attentivement, mais j'ouvre les écoutilles.

MemphisBeat

Mais voilà mon problème depuis quelques temps : je trouve un peu trop facilement mon compte. Rien que ces derniers mois, entre Justified et Treme, j'avais l'impression qu'on avait un peu fait le tour du coup du "eh, toi qui habites dans le Sud, t'en as marre que toutes les séries se passent à NYC ou LA ? Bouge pas, j'ai un truc pour toi !".

Plus encore, j'ai l'impression que ça devient une sorte de mode sur le câble de se la jouer "provincial", si je puis m'exprimer ainsi, et de chercher à faire couleur locale... sans rien d'autre en support. Et là, avec Memphis Beat, on est en plein dedans. On nous sort tout un tas de références et de détails qui disent "hello, on est bien à Memphis", mais la question qui me brûle les lèvres, c'est...
...Pourquoi on y est, exactement ?

Qu'apporte Memphis, Tennessee, à l'intrigue, au juste ? Ou aux personnages ?
Ah, pardon, le personnage est très attaché à Memphis, ah d'accord. Par opposition à ceux qui sont attachés au Kentucky ou à la Louisiane, vous voyez, parce que ça change TOUT. Si le mec il est fier d'être né dans le Tennessee, ça fait vraiment une grosse différence. Pourquoi ? Mais parce que c'est le Tennessee et pas l'Alabama, vous suivez ou bien ?

Donc on en fait des tonnes sur Elvis, on fait des jolies prises de vue, on en rajoute sur les filtres de couleur, on met de la poussière partout, on met de la bonne musique, on fait transpirer les personnages, on met des tas de figurants en costume d'Elvis, on cite Memphis toutes les trois phrases, on mentionne Elvis...
Si jamais vous n'avez pas vu le TITRE de la série, on sait jamais, au moins vous êtes certain de situer l'action.

Tout ça est très intéressant mais, et je me rends bien compte que je me répète, à quoi ça sert ?!

Le câble est en train de nous réinventer le concept de la carte postale, et c'est une idée qui vaudra toujours plus que tous les remakes du monde, mais on parle de séries, là. On est en droit d'attendre du fond, et pas que de la forme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Memphis Beat de SeriesLive.

28 juin 2010

Le lundi au soleil, c'est une chose qu'on n'aura jamais, chaque fois c'est pareil...

Hulk

Depuis quand le lundi, c'est la Journée Nationale de l'Ignorance ? Depuis quand ?

28 juin 2010

Review vers la review

Eh bah vous voyez, c'est exactement pour ça qu'il faut être curieux. Lire des reviews sur des séries qu'on n'a pas encore vue, c'est un début, mais regarder ces séries soi-même reste quand même la meilleure solution. En l'occurrence, je ne lis jamais les reviews avant d'avoir moi-même vu l'épisode concerné, mais je vois bien les titres de post passer et, quand Livia de My Tele is Rich a lancé un vertigineux "Bad Guy : un élégant thriller très sombre", j'avoue m'être dit que Nappeun Namja (nan mais je persiste, on va appeler les choses par leur nom, pas par une traduction arbitraire et fluctuante d'un site à un autre) devait valoir le coup d'œil. Alors j'ai regardé deux ou trois autres séries moins convaincantes en premier, espérant que le pilote de Nappeun Namja me remonterait le moral.
Je le répète, mettez toujours un point d'honneur à vérifier les choses par vous-même.

Depuis, j'ai donc regardé le pilote de Nappeun Namja, lu la review de Livia, et je peux vous dire que je ne pourrais pas être moins d'accord avec elle. Mais c'est aussi ce qui fait le sel de la téléphagie !

NappeunNamja

Livia, évidemment, donne le contexte de la série et les raisons pour lesquelles elle s'est lancée dans ce visionnage, et ensuite, on passe à l'explicitation du background du personnage principal, le fameux mauvais garçon. Cet épais paragraphe donne en fait bien plus d'informations que 90% du pilote (je n'ai en effet pas poussé le vice, comme elle l'a courageusement fait, jusqu'à regarder les deux premiers épisodes), et j'aurais presque envie de le qualifier de paragraphe à spoiler si ce terme n'était pas si négativement connoté. En tous cas, Livia y explicite une partie de l'intrigue qui, bien que vitale, est en fait très peu abordée dans le seul pilote, et réservée à deux flashbacks en bout de course. Inutile de dire que si ce paragraphe peut éventuellement être alléchant, ou en tous cas donner les clés de la profondeur du personnage central, Gun Wook, il faut quand même admettre que ça n'apparait pas dans le pilote de façon aussi frappante.
A l'inverse, un paragraphe plus light revient sur le personnages de Jae In, alors que concrètement, les 20 premières minutes du premier épisode lui sont entièrement dédiées, au point qu'on pourrait presque croire qu'elle est le personnage principal de la série. Pas du tout, plus le temps va passer moins on va comprendre ce qu'elle fait là, sa présence ne revêt pas le moindre intérêt à partir du moment où le mauvais garçon entre en scène, mais ce parcours-là, Livia se garde bien de le souligner. Jae In partage d'ailleurs ce paragraphe avec Mo Ne, le vrai personnage féminin important de ce pilote, qui n'a alors droit qu'à une rapide mention.

Mais surtout, tout au long de son post, Livia nous parle de choix narratif, et c'est à ce stade que nos avis divergent certainement le plus. Parler de choix est en fait tout l'objet de ma contestation : il n'apparait pas que le pilote de Nappeun Namja ait pris une direction précise, à mes yeux. On a le début, avec le côté mystérieux de la mort d'une jeune femme dont Jae In est le témoin auditif, sombre et angoissant, mais qui ensuite prend des airs de Shinira Bulriwoon Sanai, désolée de vous le dire. Île de Jeju, saut en parachute, hôtel luxueux et personnage masculin monolithique sont de rigueur. Comment Livia, qui m'a semblée autant traumatisée par Shinira Bulriwoon Sanai que moi, a pu ne pas y voir de similitude, dépasse ma compréhension, car je n'ai vu que ça. En fait, le contraste entre les émotions de Jae In, nuancées et bien interprétées, et l'introduction de Gun Wook, sans substance pendant un bon moment, est absolument saisissant. Les flashbacks, au nombre de deux dans le pilote (mais je le répète, Livia a en fait vu les deux premiers épisodes, ça explique peut-être aussi le grand écart entre nos opinions) ne relèvent pas tant de la construction narrative que du gadget pour plaquer un background sur le personnage masculin central qui, sans cela, passerait son temps à hanter le champs des cameras, au propre comme au figuré, sans nous apporter quoi que ce soit. Notre attention est détournée en permanence de l'intrigue centrale par des petites prouesses (essentiellement dues au fait que c'était financièrement faisable) du genre saut en parachute, confrontations pendant lesquelles Gun Wook se prend systématiquement une mandale où un coup de cutter (quand c'est pas carrément un accident de voiture... 'tain le mec, c'est pas sa journée, quoi), bref, par de multiples incidents dont le but à peine masqué est de faire plaisir au spectateur masculin dont les hormones réclament du spectacle. C'est surtout ça qui me laisse dans l'expectative, cette absence de courage qui fait que le pilote mange à tous les râteliers.

Le problème n'est donc pas de ne pas vouloir donner tout de suite des pistes pour répondre aux questions que pose l'intrigue. Le problème pour moi, a été cette façon de repousser les réponses avec des scènes sans intérêt. On aurait pu construire le suspense, on se contente de fourguer du grand spectacle pour faire patienter. Ce n'est pas ce que j'appelle une construction narrative. J'appelle juste ça un gadget. Dans ce contexte, saluer à plusieurs reprises l'ambiance m'est physiquement impossible...

On prend parfois les reviews des autres pour argent comptant, en espérant que, si on n'a pas le temps de voir un épisode et/ou une série, avoir lu quelques paragraphes à ce sujet compensera. Voilà qui m'a servi de rappel : ça ne suffit pas.

Naturellement, cette review n'a pas pour vocation de détruire celle de Livia, et j'espère que ma chère consoeur n'en prendra pas ombrage. Ce pilote m'a au contraire semblé être l'occasion idéale de montrer qu'une review peut parfois être trompeuse, en cela que la lire avant de regarder l'épisode concerné peut parfois en donner une idée faussée. Au final, je ne dis pas que Livia a tort, surtout pas, de voir les choses ainsi ; c'est ce qu'on appelle justement la subjectivité ! Personne n'a tort, personne n'a raison. Je suis juste frappée par le nombre de choses que nous n'avons pas vu de la même façon, alors que nous avons vraisemblablement regardé le même épisode, chacune de notre côté.
Faire ses expériences téléphagiques soi-même, c'est la clé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nappeun Namja de SeriesLive.

27 juin 2010

Ça va devenir une habitude !

Après un article sur la télévision japonaise il y a quelques mois, en voici un sur la télévision coréenne. Vous savez quoi ? Je commence à y prendre goût, moi, à ces heures de recherches, de lectures, de traductions, de synthèses... Mais plus encore, je prends goût, je le confesse, aux commentaires des lecteurs qui indiquent qu'ils ont appris des choses nouvelles. Quand de surcroit ils complètent ces commentaires avec leurs propres connaissances, je suis aux anges.

Ce qui est aussi intéressant à mes yeux, d'un point de vue plus égoïste, c'est finalement que même si possède des bases pour faire ces articles, j'apprends aussi énormément rien qu'en approfondissant les recherches. C'est comme ajouter des fiches sur SeriesLive, ce qui pourrait sembler être un travail soit facile (parce que je connais le sujet), soit fastidieux (parce que je connais quand même pas tout par cœur), me permet au final d'en apprendre encore plus. C'est comme d'écrire sur ce blog quotidiennement, sur le long terme, c'est très satisfaisant de se pousser à aller toujours plus loin.

Bon alors, je vous avais bien dit que j'allais tenter des trucs et que je comptais sur votre soutien ?

AnnyongHasseyo_300x200
Annyong haseyo : la télévision coréenne pour les nuls

Pis attendez : j'ai déjà mes deux prochains articles en tête et croyez-moi, on a pas fini d'apprendre des trucs tous ensemble.
Je sais pas pour vous, mais je trouve qu'on est tous gagnants dans l'affaire.

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