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ladytelephagy
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28 juillet 2009

Ah ! Célibat, célibat, célibat !

On va se livrer à une petite expérience, vous voulez bien ?
Pour cela, j'ai besoin que les célibataires parmi vous se rangent devant moi à gauche, et ceux dont le cœur n'est plus à prendre, devant moi à droite. Bien en rang les uns à côté des autres, sur deux lignes parallèles, d'accord ? Bien. Maintenant, les célibataires, vous allez vous baisser, ramasser des cailloux et les lancer sur ceux qui sont maqués. Vous avez vu ce qui vient de se passer ? Nous venons de prouver qu'il est possible de faire l'exact inverse de ce qui se passe dans les séries.
Car si le machisme en a quasiment disparu, si le racisme en a quasiment disparu, si l'homophobie en a quasiment disparu... le célibatophobisme y est encore omniprésent.

C'est bien simple, il ne se passe pas un épisode sans que tout personnage célibataire soit implicitement poussé à modifier sa condition. En fait, un célibataire heureux, dans les séries, ça n'existe tout simplement pas. C'est limite honteux.
Il lui faudra donc absolument chercher l'âme sœur, ou pire, sa moitié, puisqu'un célibataire est forcément incomplet. Et je ne parle pas que de la tribu de gonzesses de Sex & the City ou des esseulés d'Ally McBeal. Noooon, ces célibataires-là sont tellement clichés, dans leur recherche obstinée de l'amour, de vraies têtes chercheuses à rencart, que ça ne prouverait rien de tout de m'attaquer à eux. Penchons-nous plutôt sur les cas les plus critiques !

Dans Les Experts Caracas, Grissom tombe sous le charme de Lady Heather et de Sara, parce que sinon, un type qui partage sa vie entre mots croisés et insectes, ça fait trop pitié au spectateur. Le personnage masculin d'une série se doit de prouver sa virilité ! Non mais. Dans Monk, le coeur d'Adrian n'est plus à prendre, puisqu'il aime toujours son épouse, mais cela n'empêchera pas les scénaristes de lui filer dans les pattes des love interests potentiels à plusieurs reprises ; bah oui, les veufs aussi ça fait pitié. Pire ! Même dans A la Maison Blanche, il faut qu'il y ait des histoires d'amuuur et de coucheries, alors que tout le monde y bosse 24/7 (syndrome workaholic dont on parlait hier), parce qu'ils n'ont pas le temps de changer de chemise, mais ils ont le temps de s'offrir des aventures ! Les exemples sont nombreux, et tous conduisent inéluctablement à la même conclusion : à la télé, le célibataire est persona non grata.

Et quand il est nouvellement célibataire, il faut qu'il ait des circonstances atténuantes (veuf, largué par son conjoint). Comme ça ça fait plein d'histoires, un fond de commerce quasi-inépuisable d'histoires plus ou moins romanesques. Quand on ajoute à ça les cohortes de célibataires en sursit, on comprend qu'il est très, très rare de trouver un personnage célibataire et content de l'être.

D'ailleurs, pour bien montrer que le célibat, c'est la lose, la plupart des personnages dépeints comme des cœurs solitaires n'ont en général pas d'ami, c'est tout l'un ou tout l'autre ! Je ne sais pas s'il faut en conclure que, s'il avait des amis, le personnage se taperait l'un d'entre eux par facilité, ou si quelqu'un qui n'a pas de vie amoureuse est forcément asocial. J'ignore à ce sujet ce qui est le plus insultant, mais Friends tend à confirmer la première théorie, et House la seconde. On est cernés.
On veut nous pousser à nous maquer, comme si le célibat c'était la solitude, et qu'il soit urgent de se débarrasser de ce fardeau. On compte pourtant 101 millions d'américains non-mariés (source), que font donc les lobbys "pro-célibat heureux" ?

Eh bien moi je dis : ça suffit ! Ca va bien maintenant, ces conneries ! Qu'est-ce que c'est que cet ostracisme à la noix ? C'est quand même fou, ça : même quand ils ont cent fois mieux à faire, même quand la série est censée ne se préoccuper que de leur vie professionnelle, il faut que les personnages de séries se sentent obligés de ne pas rester seuls. Vu que quand ils le sont, ils ne peuvent pas être heureux de toutes façons. STOP ! Assez ! On veut des célibataires mais pas des gens seuls, on veut des célibataires bien dans leur peau. Ca existe pourtant dans la vraie vie, non ?
Si. Et j'en suis le radieux exemple. En fait c'est ptet bien parce que j'en ai assez que le reste de l'univers complote pour me flanquer d'un soupirant, que j'aimerais trouver dans les séries un peu de tranquilité...

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10 juillet 2009

Nous n'avons pas les mêmes valeurs

En excavant certaines de mes vieilles VHS pour en extraire les génériques que vous avez vus ces derniers jours (et encore, il m'en reste d'autre à vous proposer !), j'ai repensé aux séries que je regardais, il y a des années. Et à voir vos commentaires, je réalise qu'il n'est pas forcément évident que nous les ayons en commun. J'étais pourtant partie du principe que, du moins pour une majorité, elles avaient été vues par la plupart des téléphages français.

Pourquoi "français" ? Parce que, ce que Jesse, La Famille Green et Brooklyn South, entre autres, ont en commun, c'est d'avoir été diffusées sur des chaînes hertziennes et à des heures d'écoute très fréquentables (a contrario par exemple de Millennium, mettons). Comparativement, les réactions sur The War Next Door, Leaving L.A. ou Rude Awakening me semblent plus cohérente : tout le monde n'a pas eu accès à Jimmy ou Série Club.

C'est vrai qu'il y a 10 ans, nous n'étions pas tous téléphages. Que la priorité n'était pas nécessairement d'écumer les programmes télé. Et comme personnellement, je vivais ma consommation télé sous embargo, je peux aussi comprendre que vouloir ne soit pas toujours pouvoir.
Mais ça m'interpelle quand même un peu. Attendre la TNT pour découvrir Jesse, alors qu'une chaîne hertzienne publique diffusait la série dans le même type de tranche horaire que Friends... ce n'est pas un reproche, hein, mais c'est quand même un peu bizarre pour moi.

A peu près à la même époque, il y avait Ally McBeal, Charmed, Buffy, et ceux-là, tout le monde les avus, étrangement. Mes souvenirs de cette époque ne sont pas flous au point d'avoir oublié combien la presse spécialisée ET généraliste nous bourrait le mou avec une poignée de quelques séries, devenues, un peu artificiellement, complètement incontourables. Pour avoir reçu le prix de "la squatteuse du rayon magazine" en 2000, 2001 et 2003 (je me suis laissée surprendre en 2002), je ne me rappelle que trop bien les 712 millions de couvertures avec Sarah Michelle Gellar, dans toutes les tenues et les positions imaginables (plus quelques autres). Je comprends bien qu'avec un tel matraquage médiatique, même le dernier des clampins au fin fond du Gers regardait la série.
Mais si je conçois qu'on cède parfois à la pression médiatique et qu'on regarde une série précisément parce qu'on sent que si on ne le fait, on se mettra à vivre hors du monde, j'avoue avoir du mal avec l'idée que des séries moins médiatisées, mais pourtant très accessibles, soient quasiment méconnues, même pour ceux qui disent aimer les séries. D'autant qu'à l'époque, "la chaîne des séries" avait justement su galvaniser les foules à propos de ce format.

Aujourd'hui, j'ai tendance à mieux comprendre les écarts de références qui existent dans la communauté téléphagique, cela dit.
Avec l'omniprésence d'internet dans nos modes de consommation, nous pouvons choisir nos "classiques" beaucoup plus librement que lorsque nous étions dépendants uniquement de la télévision. Plus rien ne vous empêche de regarder l'intégrale de Three's company (et je ne vous encouragerai jamais assez à y jeter au moins un œil), et de considérer que cette série est une référence pour vous. Avec internet, les profils téléphagiques peuvent se diversifier et, pour ce que j'en vois, c'est progressivement le cas en effet. Si des LOST, des Desperate Housewives et autres House tiennent encore le haut des pavés médiatiques, nous nous autorisons de plus en plus à leur échapper, et ainsi nous construisons notre culture téléphagique personnelle, la nôtre, et rien que la nôtre. Le réseau des connexions entre téléphages devient plus complexe, et c'est tant mieux. On va trouver de moins en moins de téléphages qui auront vu exactement les mêmes séries.
De par le cagoulage (gloire, gloire !) et le streaming (honte, honte !), nous pouvons décider de regarder des séries qui autrement nous seraient inaccessibles, et ainsi nous cultiver à la carte. C'est juste magique, je ne le dirai jamais assez.

Mais j'avoue que pour moi, il reste très mystérieux que nous ayons attendu la prolifération d'internet pour nous construire nos propres références téléphagiques, et étendre notre culture à des titres moins médiatisés.
Heureusement qu'internet est là pour éduquer le téléphage.

29 juin 2009

[GAME] Je crois que c'est une première...

Une seconde semaine de notre jeu des intrus estival s'est écoulée...
Comme la dernière fois, avant de vous donner le résultat, je vais donc revenir sur les différentes affirmations énoncées quant à mon enfance téléphagique. Rho, c'est meugnon...

- pendant les vacances, j'étais capable de passer la journée devant des séries, en commençant devant KD2A et en finissant juste avant que ma mère ne rentre devant Urgences
C'est évidemment vrai et je pense qu'on a tous fait ça, non ? Non ? Que moi ? Enfin, je pense que ça doit être plus difficile aujourd'hui qu'il y a 10 ans, il y a moins de séries en milieu d'après-midi.
- quand mon père rentrait tard du travail, ma mère nous autorisait à manger devant la télé. C'est ainsi que coquillettes et Notre Belle Famille sont liées à jamais dans mon subconscient
Les coquillettes au beurre en train de refroidir, plus précisément. Je ne pense pas qu'on en ait mangé systématiquement, mais ça m'est tout de même resté. J'aime bien les pâtes mais j'exècre les coquillettes. Et ce n'est pas une coïncidence...
- j'ai eu en ma possession 3 coffets VHS de Profit
Il suffisait de vérifier l'anecdote dans la rubrique Diagnostic COLLECTION pour s'en assurer, c'est entièrement vrai. Ce qui fait 4 coffrets en tout, si l'on compte le DVD !
- une fois, j'ai volé sans le faire exprès une encyclopédie Star Trek d'une valeur à l'époque d'environ 200 Francs
J'insiste sur le "sans le faire exprès". Pour ceux qui ont fréquenté le Vergin Megasture des Champs il y a quelques années (je crois savoir que des travaux ont depuis été effectués), vous vous rappelez peut-être qu'à l'étage des livres, au sous-sol donc, il y avait tout au fond à gauche un espace réservé au fantastique et à la science-fiction. C'est là que tout le monde venait s'installer pour lire. Sauf qu'un escalator partait de cet endroit précis, sur le côté, et remontait à la surface (normalement pour donner accès aux toilettes). Une fois ici, il n'y avait plus aucun contrôle sur les achats effectués ou non. Je me suis donc retrouvée dehors sans le vouloir, et, ma foi, je suis partie avec ma grosse encyclopédie sous le bras, au nez et à la barbe de tout le monde. Il y a prescription.
- pendant une époque j'ai mangé tous les jours au Quick pour pouvoir collectionner les tasses et mug Friends
C'est vrai, et entre les doublons et autres, j'ai fini par n'en garder que 3, ceux de Ross, Chandler et Phoebe (ce dernier était une tasse aussi large qu'au Central Perk). Ils ont survécu à 4 déménagements mais Chandler a été fracassé par mon chat le soir du tout premier prime time de Kaamelott. Il faut en effet savoir que la seule collection d'objets dérivés que j'aie consiste en un panel de mugs de séries télé : deux mugs Farscape, hélas plus qu'un mug Friends, un mug Star Trek qu'on m'a offert, ainsi qu'un mug Sex & the City qui m'a été emprunté et n'est jamais revenu. Hm... il n'en reste donc plus grand'chose, en fait. A vot' bon coeur.
- ma mère m'avait créé un cahier spécial dans lequel elle avait collé toutes les coupures de journaux sur MacGyver (je crois qu'elle était plus fan que moi)
C'est vrai, il y avait de nombreux articles y compris sur le "scandale" des explosifs faits maison, et on y trouvait des coupures datant de Scandales à l'Amirauté, et même des dessins faits par ma génitrice prêts à être coloriés.
- on me répète que je regardais Les Tripodes quand j'étais petite, mais je n'en ai pas le moindre souvenir alors qu'il parait que ça m'avait terrifiée
C'est le blackout total à ce sujet. Je persiste à croire que j'ai été déflorée par L'Enfer du Devoir. Il y a pas si longtemps, j'ai voulu (re?)voir le pilote, mais rien que de faire la fiche sur SeriesLive, j'ai été totalement découragée.
- mon premier coffret de série, c'était la VHS de la moitié de la première saison d'Invasion Planète Terre
Ne vous ai-je déjà pas raconté combien cette série a été l'une des pierres angulaires de ma téléphagie ? Je m'en souviens d'autant plus que c'était au Vergin Megasture du Carrousel du Louvres où je ne vais jamais. D'ailleurs en rédigeant ce post, je m'aperçois qu'avant, j'étais surtout cliente chez Vergin... brrr.
- un été, ma mère a bouclé à clef le meuble télé ; je n'avais pas assez regardé MacGyver, parce je n'ai jamais réussi à crocheter...
C'est très vrai et les oreilles de ma mère ont toujours ce sifflement désagréable qui résulte du coup de fil que j'ai passé à son bureau dans la minute qui a suivi la découverte du forfait. L'accès à la culture libre pour chacun ! C'est sans doute de là que ça me vient.

Vous l'aurez donc compris, la bonne réponse était la suivante :
- j'ai fait découvrir Buffy à ma soeur alors que pendant longtemps, elle pensait que c'était une niaiserie de série Z
C'est complètement l'inverse qui s'est produit ! Il suffisait de parcourir les tags sur Buffy pour s'apercevoir que je l'avais déjà raconté. Dans la famille, j'ai eu la primeur de la découverte de la série, mais c'est ma frangine qui la première fois a su y voir des qualités. Quant à moi, il m'a fallu attendre la deuxième saison pour que j'accepte d'y jeter un oeil autre que sceptique... Acathla !

Personne n'avait trouvé... alors que la réponse était sur le blog, pourtant. C'est pas pour rien que les tags pour ce jeu sont hyper nombreux, vous savez ? Je crois bien que c'est la première fois que personne ne gagne de cookie à un jeu, dans l'histoire de ce blog.

Allez, une nouvelle semaine commence, et avec elle, une nouvelle quête de l'intrus ! Le thème de cette session : COLLECTIONNITE. Tout ce qui a rapport de près ou de loin avec les VHS et les DVD...

- chaque fois que je suis à la FNUC, je regarde s'il y a la suite de Gilmore Girls et je me rends compte que j'ai oublié si j'ai acheté la saison 3 ou pas et, dans le doute, je n'achète rien
- je proclame que j'ai 800 VHS à la maison mais je sais que c'est faux
- j'ai acheté la saison 1 de Deadwood sans avoir jamais vu un seul épisode de la série, justement dans l'objectif de m'y mettre
- sur VHS, j'ai la plupart des épisodes d'Une Nounou d'Enfer en double, et quelques uns en triple... il y en a par contre un que je n'ai jamais enregistré
- les étiquettes de toutes mes VHS ont été faites sur le même modèle (celui-ci), à quelques exceptions pour marquer certaines VHS plus particulières. L'une d'entre elles arbore fièrement le logo de Loft Story dessiné à la main.
- il m'est déjà arrivé d'acheter un DVD et de le laisser sous plastique pendant des mois sans avoir même envie de le regarder
- mon premier coffret DVD était la saison 6 de Sex & the City
- un été, j'ai piqué une crise au téléphone parce que ma mère n'avait pas enregistré un épisode d'Invasion Planète Terre saison 3 pendant que j'étais sortie
- je n'ai toujours pas compris pourquoi Action! est sorti en DVD et pas Manhattan, AZ

Allez, vous avez une semaine !!!

22 juin 2009

[GAME] Souvenirs, souvenirs

Résultats de la première édition du jeu des intrus !
Avant de décerner le cookie au gagnant (ils sortent du four, je voudrais pas que vous vous brûliez la langue), on va donc revenir sur chacune de ces affirmations que je vous ai proposées la semaine dernière...

- la première fois que j'ai éclaté en sanglots devant la télé, c'était devant Chicago Hope
C'est absolument vrai et c'était l'épisode où le personnage d'Alan Birch mourrait tragiquement, et ce en laissant une adorable petite fille derrière lui. Je n'ai d'ailleurs pas juste pleuré, je suis restée pétrifiée pendant une bonne heure après ça...
- l'un de mes chats aime regarder Alerte à Malibu
C'est absolument vrai et j'ajoute qu'en plus, il se désintéresse totalement des scènes qui se passent chez Mitch et son fiston. Un post est en préparation à ce sujet, c'est édifiant.
- je n'ai jamais regardé l'intégralité des épisodes de Oz
A ma grande honte, c'est vrai. Le problème d'acheter beaucoup de DVD c'est qu'on ne les finit pas forcément avant de passer au suivant...
- mon père a arrêté de regarder X-Files après un épisode où Mulder et Scully vieillissaient de façon accélérée, parce qu'il en a fait des cauchemars
Et j'ajoute que du coup, toute la famille a été sommée d'arrêter de regarder également et qu'on est revenus aux "samedis Patrick Sébastien". Une dure époque de ma vie de téléphage, mais ce qui ne nous brûle pas la rétine nous rend plus fort.
- j'ai cagoulé tous les épisodes de Stacked, et je les ai tous gardés
La chose est absolument vraie même si je n'ai aucune idée de pourquoi. Par contre je ne les ai pas regardés depuis qu'ils ont été mis sur pelote de laine, pour ma défense !
- depuis la rentrée de septembre, j'ai dépensé plus de 500 euros à la FNUC (c'est indécent)
J'y suis retournée samedi, je pense qu'on peut même dire que j'ai dépassé les 600 (c'est indécent aussi).
- dans Sex & the City, je préfèrerais être amie avec Miranda, mais si elle avait la garde-robe de Charlotte
C'est une honte le traitement des rousses à la télé, elles ont toujours des fringues pas possibles ! Charlotte au moins, elle sait s'habiller. Mais c'est une coincée, je ne la supporterais pas.
- je me refuse à regarder les derniers épisodes de Pushing Daisies
On en avait déjà parlé et je n'ai pas changé d'avis à ce sujet. Peut-être que posséder la saison 2 me permettra enfin d'en faire le deuil ?
- j'ai tellement d'idées pour ladytelephagy On Air que je n'y touche plus très souvent de peur de devoir choisir
L'un de vous avait eu la primeur de cette information il y a des mois de ça mais je ne sais pas s'il s'en souvenait. C'est vrai mais je vais en tous cas recommencer à enregistrer des posts anciens qui ont été peu ou pas commentés, pour leur donner une nouvelle jeunesse. Je vous tiens au courant cet été.
- une à deux fois par an, je cagoule le pilote d'Entourage, je le mets sur une pelote de laine... et je le perds sans l'avoir jamais vu
En fait cette semaine, dans l'intervalle, j'ai retrouvé l'un de ces CD. Contente, je l'ai dit à ma frangine qui me l'a du coup emprunté. Je ne l'ai toujours pas vu...
- je garde religieusement tous les magazines spécialisés en séries que j'ai achetés ces dix dernières années
C'est tellement vrai que ça pèse une tonne à chaque déménagement. Pour certains ça ne vaut pas vraiment le coup mais j'ai toujours l'espoir de me faire un stock de scans un jour...
- longtemps, j'ai cru que Teal'C s'écrivait Tirk'h (je dois encore en vérifier l'orthographe aujourd'hui)
Maintenant que j'ai rédigé cette phrase, je pourrai consulter ce post en cas de doute et faire des copier-coller. Dans l'épisode fanfic que j'avais écrit à un moment (et qui était trop Mary Sue pour être publié, n'insistez pas), le nom est cité au moins 50 fois avec cette orthographe.
- quand j'étais ado, j'avais commencé une fanfic parodique d'Invasion Planète Terre qui avait duré un peu moins d'une dizaine de chapitres
Il y était question, pèle-mêle, d'informaticien sexy, d'aubergines farcies, et de gens qui remuent les doigts plus vigoureusement que d'habitude. C'était censé remplacer la 3e saison et ça tenait vraiment de la private joke entre fans, vous n'y comprendriez rien.

Vous l'aurez donc compris, la phrase qui n'était absolument pas vraie était la suivante :
- la honte d'avoir acheté le DVD de la première saison de One Tree Hill est si forte que je ne l'ai jamais ajoutée à la galerie Diagnostic COLLECTION
Le cookie de la victoire revient donc à Scarlatiine qui a été la plus rapide à donner la réponse, je vous l'avais dit, c'était aussi un jeu de rapidité. Comme l'a souligné Jérôme, si je n'ai pas honte de certaines autres séries dans ma telephage-o-theque (moi j'aurais plutôt mentionné Les Routes du Paradis mais bon), je suis prête à tout mettre dans cette rubrique pourvu de me rappeler d'avoir le DVD (par exemple je persiste à croire que j'ai d'autres saisons d'A la Maison Blanche en DVD mais impossible de mettre la main dessus). Voici donc un cookie amplement mérité :
(hm, dans mes archives, je vois que tu n'as pas gagné de cookie entier depuis l'époque de ton pseudo précédent...)
cookie_Scarlatiine

Je propose qu'on lance une nouvelle semaine de jeu des indices, avec aujourd'hui comme thème : mes souvenirs téléphagiques. On a tous ici, je pense, grandi devant la télé. Voici quelques unes de mes premières expériences... à vous de me dire celle dont vous pensez qu'elle ne s'est jamais produite.

- pendant les vacances, j'étais capable de passer la journée devant des séries, en commençant devant KD2A et en finissant juste avant que ma mère ne rentre devant Urgences
- quand mon père rentrait tard du travail, ma mère nous autorisait à manger devant la télé. C'est ainsi que coquillettes et Notre Belle Famille sont liées à jamais dans mon subconscient
- j'ai eu en ma possession 3 coffets VHS de Profit
- une fois, j'ai volé sans le faire exprès une encyclopédie Star Trek d'une valeur à l'époque d'environ 200 Francs
- pendant une époque j'ai mangé tous les jours au Quick pour pouvoir collectionner les tasses et mug Friends
- ma mère m'avait créé un cahier spécial dans lequel elle avait collé toutes les coupures de journaux sur MacGyver (je crois qu'elle était plus fan que moi)
- on me répète que je regardais Les Tripodes quand j'étais petite, mais je n'en ai pas le moindre souvenir alors qu'il parait que ça m'avait terrifiée
- j'ai fait découvrir Buffy à ma soeur alors que pendant longtemps, elle pensait que c'était une niaiserie de série Z
- mon premier coffret de série, c'était la VHS de la moitié de la première saison d'Invasion Planète Terre
- un été, ma mère a bouclé à clef le meuble télé ; je n'avais pas assez regardé MacGyver, parce je n'ai jamais réussi à crocheter...

N'oubliez pas que le premier à trouver la bonne réponse aura gagné, c'est un cookie qui ne se partage pas qu'on peut gagner dans ce jeu ! Résultats lundi prochain...

10 octobre 2008

Deux homards

Contrairement à bon nombre de filles déçues par la gent masculine, je n'ai jamais fantasmé sur le fait d'avoir un meilleur ami gay. Un ami est un ami, quelles que soient ses pratiques sexuelles (au début, j'avais pas prévu de le formuler comme ça, mais après j'ai commencé à concevoir que peut-être parmi vous se cachent des mineurs, et peut-être même des mineurs n'ayant pas encore une idée précise de leurs pratiques sexuelles à venir...).

Mais il faut quand même bien reconnaître que la perspective d'une relation à la Will & Grace est quand même drôlement alléchante. Et encore, peut-être est-elle encore trop ambiguë pour être parfaite.

Enfin bref, tout ça pour dire : attention, ya un second pilote en rubrique La preuve par trois aujourd'hui !!! Eh oui, trois captures, trois scènes, trois commentaires !

Will et Grace sont, définivement, ce que Phoebe Buffay appellerait des "homards" (on va voir ceux qui suivent).
C'est-à-dire deux êtres voués à passer leur vie à se tenir par la pince... c'est mignon, parfois trop fusionnel, mais définitivement le point fort principal de la série, le liant qui fait réellement la différence, qui, tout justement, a fait la différence pour Friends. La preuve en images, comme on dit.

WillandGrace_1
En guise de scène d'ouverture, ce dialogue téléphonique si intime qui nous plonge immédiatement dans la totalité de la relation entre les deux personnages principaux. C'est imparable, on a droit à tout : la tendresse, les blagues, les allusions sexuelles, et même deux répliques sur Urgences !!! ("Eriq LaSalle vient de sourire"/"Vraiment ?!"/"Non.") Parce qu'en plus ils sont téléphages ? Ce serait trop beau. Non, disons simplement que ces deux-là ont en plus des références popculture qui sont un véritable rafraîchissement, en plus de tout le reste. Bref cette introduction est d'une efficacité renversante, sans être artificielle, d'ailleurs dés le pilote, les deux interprètes sont d'un naturel assez incroyable dans leur relation, qui semble tout de suite très vraie. La scène où Will et Grace jouent avec leurs amis est évidemment éloquente à ce sujet.
PS : le coin télé chez Will est un paradis pour téléphage. Confortable, élégant, presque confidentiel, aussi... en un mot comme en cent, parfait. Comme je le disais récemment (en fait c'est ce qui m'a amenée à revoir le pilote), l'appart de Will est de toutes façons superbe.

WillandGrace_2
Will & Grace, c'est aussi... Karen. Si ces deux-là n'étaient pas le centre de toutes les attentions scénaristiques les plus intéressantes, définivitement, elle serait l'héroïne de la série. Quand j'ai vu le pilote pour la première fois, en VO, je suis aussi complètement mais complètement tombée amoureuse de sa voix. Ladite voix plus le look à la fois classique et sexy... tout-à-fait mon genre. J'aurais presqu'envie d'être lesbienne pour des nanas comme ça ! En plus, le personnage est excellent, exubérant et pince sans rire à la fois, tout en humour grainçant. Tout le monde trouve Jack hilarant, bah pas moi, moi c'est Karen et juste Karen. Jack lui sert juste à lancer des gags quand les deux homards font bande à part.

WillandGrace_3
Ya un truc quand même, qui m'agace prodigieusement, c'est quand les acteurs ont l'air de se marrer plus que nous. C'est exactement pour ça que je suis allergique à That 70s Show par exemple : je déteste voir les acteurs se marrer avant la fin de leur blague. Ce doit être super si on est sur le tournage, dans le public, d'avoir ce petit plus, cette connivence, mais quand on est devant l'écran, on n'a pas envie de ça. Or c'est un gros problème dans cette série, qui se produit très souvent notamment quand Debra Messing est dans le coin. Parfois c'est même un tue l'amour. Mais bon, on ne peut pas lui en vouloir de trouver la série drôle, juste lui en vouloir de ne pas nous laisser le découvrir en temps voulu.

Vous l'aurez compris, c'est un excellent pilote, même si Debra Messing est... disons, l'actrice qu'elle est, ça ne gâche pas le plaisir de voir ce couple hors du commun évoluer avec brio. On sent tout de suite très bien la relation entre nos deux héros, et Jack reste distrayant tandis qu'on se repait du charisme de Karen, bref un épisode idéal pour ouvrir la série, qui nous laisse complètement prendre la mesure de ce qui nous attend.
Ah vous auriez dû me voir, complètement en larmes, quand la série s'est finie. C'était pas joli à voir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (et je sais qu'il y en a, mais je ne les forcerai pas à se dénoncer !) : la fiche Will & Grace de SeriesLive.
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7 septembre 2008

L'éducation sentimentale

Faisons ensemble un petit tour d'horizon des séries que ma sœur regarde et apprécie spontanément, si vous le voulez bien...

Il y a eu Los Angeles Heat qu'on regardait le soir, je crois, en semaine. Ou peut-être le samedi. Ou certainement les deux.

Il y a eu, oh mon Dieu oui il y a eu, les épisodes d'Agence Acapulco, elle en était parfaitement dingue. Pour vous en assurer, il y a un test infaillible : vous la lancez sur sa réplique culte ! Prononcez la première phrase de ce dialogue et imparablement elle enchaînera sur la suivante :
Ashley - Mike, mais tu ne penses qu'à "ça" !
Mike - Mais à quoi peut-on penser d'autre ?
Comme ça, là, ça n'a l'air de rien, mais ma main au feu qu'elle battra des deux mains, extatique, et vous parlera ensuite de Cat avec une lueur étrange dans les yeux.

Il y a eu Sunset Beach. Je crois même qu'elle en a enregistré. Ce qui est au moins aussi absurde que quand un soap sort en DVD.

Vers la fin des années 90, on a eu une lueur d'espoir avec Buffy. A vrai dire, c'est ma frangine qui m'a vraiment mis le pied à l'étrier en la matière, elle m'a montré de bons moments qu'elle enregistrait, alors que le premier épisode que j'en avais vu ne m'avait pas du tout convaincue. On peut dire qu'on tenait le bon bout, à cette époque.

Las, j'ai quitté la maison en cours de route et l'éducation téléphagique de ma soeur s'est arrêtée là. Tout au plus avait-elle fait l'acquisition de quelques coffrets VHS (oui, ça date) de saisons d'Urgences qu'elle avait trouvées çà et là, ou bien regardait-elle avec moi, à l'occasion, quelques Friends, Rude Awakening ou The War Next Door lorsque je rentrais le week end et que je regardais ce que ma mère avait enregistré en mon absence. Mais sans grande conviction.

Il faut dire que ma soeur est un public sacrément difficile. L'émotion, déjà, ce n'est pas son truc. Sitôt qu'une série s'emploie à essayer de jouer sur la corde sensible, elle se referme immédiatement, et dans ces cas-là au lieu de regarder l'écran, c'est moi qu'elle surveille pour me voir réagir, et se délecte de mes émotions. Pour le rire, elle est meilleur public mais reste toujours maîtresse d'elle-même et ne rit jamais complètement.
Elle manifeste toutefois beaucoup d'intérêt pour les séries, aussi nous retrouvons-nous régulièrement devant un écran pour que j'essaye de lui élargir ses horizons.

Fort heureusement, j'ai atteint quelques objectifs par le passé : Sex & the City, Desperate Housewives, Lost, KYLE XY, Eureka...
Plus récemment, elle a bien réagi à Samantha Who?, et m'a même emprunté la première saison de Battlestar Galactica qu'elle avale à une cadence plus que louable quand on connaît son emploi du temps.

Du coup, quand cet après-midi, nous avons fixé un rendez-vous à samedi prochain, qu'elle m'a confirmé qu'elle n'avait pas fini la 1e saison de Battlestar Galactica, et que donc il nous fallait trouver un programme téléphagique pour cette occasion.
Ce qui d'une part me réjouit, puisque j'aime contaminer mon prochain et disséminer le virus de la téléphagie, mais aussi m'effraye car devant ce public particulier, je ne sais pas trop que proposer. J'essaye autant que possible d'éviter de simplement transférer mes propres préférences (par exemple en ce moment, bien que ce soit mon obsession, je ne lui soumettrai pas Reba) et de m'adapter à ses goûts, mais quand on voit ce qu'elle regarde, il est assez difficile de dessiner une tendance : il n'y a pas de genre, pas de forme, pas de sujet qui semble l'attirer plus particulièrement qu'un autre. Les séries "grand public" semblent a priori fonctionner mais il y en a aussi de nombreuses autres qui glissent sur elle.
Ouais, c'est pas facile de transmettre la téléphagie.

D'où ma question : je lui montre quoi ?

3 juillet 2008

Acteur français, un métier ?

Oui, tout-à-fait, avec un point d'interrogation, comme dans Sex & the City (les puristes comprendront).

Rencontrer des acteurs, ce n'est pas exactement mon quotidien pour le moment. Et ça ne le sera sans doute jamais. On s'en fout d'ailleurs, c'est pas du tout mon but dans la vie.
Aussi, lorsque ça se produit, ça me fait beaucoup cogiter, à plus forte raison lorsqu'en rencontrer n'a pas de valeur sentimentale à mes yeux. Mais on en reparle sitôt que j'aurai eu la possibilité de serrer la paluche à Kyle ou claquer la bise à Adrian.
C'est comme ça que j'en arrive à réfléchir au métier d'acteur de série télé, et notamment dans le contexte de la série télé française. En même temps je vous avais prévenus l'autre jour...

Préambule : je ne me l'étais jamais formulé si clairement, mais ma vision de téléphage du monde de la série télé, c'est bien souvent d'apporter plus de crédit au contenu qu'aux personnalités qui le font. J'ai mes acteurs favoris, comme un peu tout le monde je pense, mais je n'en suis pas fan stricto sensu ; j'ai plaisir à les retrouver, mais je ne piste pas spécialement leur parcours. Quand ils oeuvrent au cinéma, je m'en bats royalement l'oeil. Je ne cherche pas à connaître leur actu. Je me contrefiche de leurs déboires persos.
Le simple fait qu'ils existent me suffit, d'une certaine façon. Il peut se passer dix ans sans que je sache ce qu'ils font... mais lorsque je les revois, en général (sauf s'ils ont un rôle de merde), c'est avec le même plaisir. Et bien-sûr, si l'un d'entre eux vient à décéder, comme on l'a hélas vu récemment, j'ai un pincement au coeur, mais je ne me répands pas en larmes non plus.
Bref pour moi, résolument, jamais l'importance de l'homme ne dépasse l'importance de l'histoire ou du rôle. Ca explique très certainement que je ne fréquente que peu les forums, fansites, fanblogs et autres engins de torture consacrés à un acteur en particulier. Je lis aussi très peu d'interviews d'acteurs.
Il ne m'était donc pas tellement venu à l'idée de leur accorder une réflexion poussée, de par le rôle très secondaire qu'ils jouent dans mon existent de téléphage. Eh bien, du coup, vous aurez la primeur de quelques idées qui me sont venues à leur propos, suite à un très agréable débat auquel j'ai assisté grâce à Alex qui m'y avait invitée (les mauvaises langues cont encore dire que la pub aura payé)

A quoi sert l'acteur ?
Nan mais ça va, quoi, ne me bondissez pas dessus toutes griffes dehors. Pour fréquenter le milieu téléphagique depuis plus d'une décennie, j'ai, effectivement, observé vaguement que l'acteur sert à interpréter un personnage. Voyez comme je suis attentive. En plus, je n'en suis pas du tout à prôner l'utilisation de la 3D pour les remplacer. Ne me prenez pas pour une anti-acteurs, si tant est que ça existe.
Je me demande juste, en-dehors de l'interprétation, à quoi sert un acteur. Il est, certes, la figure reconnaissable d'une série (exemple : je vous dis X-Files, vous visualisez plutôt le visage de David Duchovny ou de Chris Carter ?), son porte-parole, son émissaire. Sauf que, en-dehors de quelques très rares cas (ya toujours des exceptions pour confirmer la règle, n'est-ce pas ?), il n'est pas partie prenante dans le processus créatif d'une série. Son point de vue est trop limité pour cela vu que son travail consiste justement à se concentrer sur un seul personnage.
D'ailleurs ça me fait toujours doucement rigoler quand un acteur prend un ton de psychanalyste pour décrire son personnage, et qu'on tombe vite fait dans d'insondables lieux communs du type "c'est un personnage qui lutte contre sa part d'ombre", que tous les acteurs placent au moins une fois en interview dans leur vie, qu'il s'agisse de jouer dans Hamlet ou dans Die Hard ! Heureusement, certains acteurs se la pètent un peu moins, et décrivent leur rôle simplement et avec du sens pratique, comme je l'ai vu samedi soir. C'est moins exotique, c'est moins captivant, mais ce genre de résumé succinct est quand même en général plus fidèle au personnage.

Mais du coup, à quoi bon donner des interviews, participer à des discussions, etc... si on n'a que peu de crédibilité sur ce qui compte vraiment : le contenu de la série en elle-même ? Sur ce point, quelle est la légitimité de l'acteur à venir parler d'une série ? Sorti du tournage d'une fiction qu'il n'a pas écrite, on peut quand même un peu se demander son degré de crédibilité. Quand il ne joue pas, à quoi sert l'acteur ?

L'acteur sert à parler de la série. Quand il ne joue pas, son rôle, c'est de faire de la com.
D'ailleurs faites l'expérience, si vous en avez l'occasion : mettez plusieurs acteurs dans une pièce, et observez le phénomène... chacun fait sa promo ! C'est normal, ils sont aussi un peu payés pour être "the face", l'ambassadeur de la série qui les nourrit, c'est ce qui fait que tout le monde s'y retrouve. Sauf que dans 95% des cas, on n'entend justement que de la com, limite langue de bois. Et la langue de bois, ya pas grand'chose de plus énervant ! Alors certes, on ne mord pas la main qui vous nourrit, mais ça n'implique pas de se la jouer caniche pour autant.
Et plus il y a de monde qui parle, plus la règle du "combien faut-il d'acteurs pour changer une ampoule" est vraie.

Et vous êtes d'accord avec moi, la promo en langue de bois, ça n'a un intérêt que très limité ; déjà pour celui qui donne l'interview, ensuite pour le journaliste qui est en face, et surtout pour le public final de cette interview. Alors évidemment, on peut lire entre les lignes, mais chez certains acteurs, le brouillage est meilleur que le cryptage de Canal +...

Autre expérience scientifique : demandez à un acteur de parler d'un groupe d'acteurs, tiens, allez, au pif, du cast de la série dans laquelle il joue. Eh bah, 9 fois sur 10, on finit par entendre "il y a une super ambiance" et/ou "on s'entend tous super bien". Ce qui, comme chacun sait pourvu d'avoir fréquenté un groupe d'humains travaillant ensemble, est absolument faux. Statistiquement, il est impossible que tout le monde dans l'équipe soit sur la même longueur d'ondes.
Mais ce que je me demande, c'est : mais pourquoi ont-ils dont besoin de communiquer sur ce point ? Même en admettant que ce soit vrai : et alors ? Une bonne ambiance, ça représente quoi pour le spectateur ? Cela offre-t-il une quelconque garantie de qualité sur le résultat final ? Si le cast a copiné, cela signifie-t-il qu'il y a une meilleure interprétation de la part des acteurs ?
On me rétorquera : "bah oui, pour jouer des amis, c'est quand même plus pratique !". Bon, déjà, merci, mais tout le monde ne joue pas dans un Friends-like, non plus.
Et de toutes façons, ce sont des acteurs ! Ils n'ont pas besoin de vraiment ressentir l'amitié pour la jouer, c'est même le principe ! Ou alors qu'on soit clairs : dans ce cas, ça veut dire qu'un acteur doit TOUJOURS ressentir ce que ressent son personnage... faut être logique. Ha, c'est sûr, ça va donner du piquant à la préparation de rôles de psychopathes, ce genre de technique !
On peut aussi, c'est votre droit le plus strict, me rétorquer : "avouons que c'est quand même plus agréable de travailler dans de bonnes conditions". D'accord. Parlons conditions de travail. Mais dans ce cas, je veux, non, j'exige, qu'on me parle aussi de la qualité des plateaux-repas dans les loges.
Mais franchement, c'est surtout le résultat, la série, qui compte. Et tout ça n'a rien à voir avec la choucroute. C'est pourtant bien de ça dont le spectateur, qui écoute ou lit l'acteur interrogé, a envie d'entendre parler.

Intermittent du spectacle, ce n'est pas un métier facile. Je ne vais certainement pas dire le contraire. Mais lorsqu'on écoute les acteurs français parler de leur métier, en synthèse, ça donne les choses suivantes... pas de cri d'orfraie avec moi, j'ai réellement entendu ces réponses :
- sur l'image qu'on a dans le métier lorsqu'on joue dans une série : "c'est déjà bien d'avoir une image"
- sur la comparaison entre le ciné et la télé : "au moins on a un emploi stable"/"c'est confortable"
- sur le planning de tournage : "c'est serré mais ça oblige à être efficace"
- sur le fait de jouer dans une série de type soap populaire : "ça ouvre des opportunités"
Donc finalement, les préoccupations des acteurs ne sont pas de l'ordre du "comment vais-je interpréter mon personnage le mieux possible", mais surtout "à quel rythme je vais travailler"/"combien de temps je vais avoir un job"/"quelles seront les possibilités pour le job d'après".
Je ne dis pas qu'un acteur ne doit pas se préoccuper de manger, qu'il doit jouer pro bono, pour le bon plaisir du public... Je dis qu'on n'a pas à entendre ça. Je rappelle que lorsqu'il parle de sa série, le mec, il est sensé parler de sa série, pas de l'état de son compte en banque. On a tous, dans le monde du travail, ce genre de préoccupations, peu ou prou, mais ce n'est quand même pas la seule chose qu'on ait à en dire, si ?
Et le contenu de notre travail ? Sa nature ? Sur quoi porte-t-il ? A quoi sert-il ? Qu'apporte-t-il ? Comment nous fait-il nous sentir ? Qu'avons-nous fait pour parvenir à tel résultat ? A quel moment nous sommes-nous surpris nous-mêmes ? A quel moment nous sommes-nous surpassés ? Quand nous sommes-nous donnés insuffisamment ? Quelles ont été les démarches personnelles pour entrer dans le rôle, pour le construire, pour le faire évoluer ? Voilà qui est déjà une toute autre approche, quand même, largement plus valorisante, et qui témoigne d'un recul autrement plus intéressant !

Laissez-moi par exemple revenir sur la notion d'efficacité. Quand j'ai entendu cet acteur (que je ne citerai pas, chuis pas une balance moi... je dirai juste qu'il interprète un flic à la télé, zêtes bien avancés, maintenant !) prononcer le mot "efficacité", j'ai bondi sur ma chaise. What now ?
Et en art, c'est quoi, l'efficacité, môssieu, je vous prie ? Il me plairait de l'entendre !
C'est même pire que ça, l'expression complète qu'il a employée, c'est "efficacité dans le travail d'acteur". Même pas l'excuse d'avoir l'air de parler du rythme de tournage. Donc, l'efficacité dans le travail d'acteur, koikoukesse, koikoukesse ? C'est la faculté qu'on a à tenir les délais de tournage ? Comme dans "ah, on a tourné la scène en moins d'une heure, c'est bien, je suis efficace". C'est la faculté à atteindre le succès rapidement ? Comme dans "ah, l'épisode dans lequel mon personnage est apparu a fait des records d'audience, c'est bien, je suis efficace". Nan mais dites-moi, hein, je suis curieuse de nature...
Tout au plus, l'efficacité constiterait à trouver la bonne manière de transmettre une émotion. Mais de cela, en une heure et demie de débat, et avec une tablée constituée de plusieurs acteurs, je n'en ai pas entendu parler une seule fois.

Ce serait facile d'arguer que, "vu les rôles qu'ils ont à interpréter, les acteurs de séries françaises n'ont pas grand'chose à dire sur la profondeur de leur interprétation", mais même moi, je ne tomberai pas dans pareille caricature, en dépit de toute la répulsion que vous me connaissez pour la fiction française en général.

Peut-être qu'on n'a qu'à partir du principe que, lorsqu'on leur demande de s'exprimer sur la fiction française, les intervenants de ce milieu sont immédiatement sur la défensive parce qu'ils savent bien que rares sont ceux de nos compatriotes qui soutiennent la comparaison avec la fiction étrangère. Et que du coup, ils tentent de justifier implicitement le résultat, de qualité, il faut bien le dire, encore bien souvent inférieure, par des explications sur le rythme de travail, les problèmes de financement, ou encore la marge de manoeuvre créative réduite. Ce sont des arguments on-ne-peut-plus vrais, je pense, du moins me semblent-ils tout-à-fait recevables, mais n'est-ce pas dommage de systématiquement tomber dans ce lieu commun dés qu'on parle de fiction française ?

Alors j'aimerais qu'on avoue, tous, là, ici, maintenant, que si la fiction française manque trop souvent (mais pas systématiquement) de crédibilité artistique, c'est aussi parce que les acteurs s'y considèrent plus comme des employés que comme des artistes. Qu'ils n'y mettent pas tellement du leur. Que lorsqu'on entend en une heure et demie, plusieurs fois, à demi-mots ou franchement, des acteurs répondre que, non, "on ne va pas cracher dans la soupe", sous-entendu on voudrait bien mais on n'est pas complètement cons, on veut pas se saborder, ça dénote quand même de quelque chose, non ? Si la plupart des acteurs français de fiction n'ont qu'un regard, au mieux peu passionné, au pire méprisant, sur les séries télévisées, c'est qu'ils ne risquent pas d'y mettre beaucoup d'efforts au niveau artistique. Et qu'aussi recevables que soient les autres arguments, on peut quand même reconnaître que ça n'aide pas !
Qu'un patron de chaîne, un producteur, ou un directeur de casting, n'aient que condescendance pour la série télé qui leur permet de faire du business, je l'accepte volontiers. Ces gens-là n'ont qu'un rôle minime dans le processus créatif. Du moins, dans un monde idéal, ne devraient-ils pas intervenir du tout sur ce plan. Mais on ne demande pas à un manchot d'aimer le jonglage ! Je ne leur en veux pas.
En revanche, quand un scénariste ou un acteur sont proprement infoutus de parler chiffons dans faire une seule fois mention de recherches, de passion, de jeu, d'émotions, qu'ils me parlent de condition de travail, qu'ils ne montrent aucune motivation, voire même, qu'ils sous-entendent que ce travail actuel est purement alimentaire et ouvre des portes sur autre chose (comprenez : ce qui en vaut vraiment la peine), là j'ai envie de mordre toutes canines dehors.

Je suis désolée, on n'est pas acteur par accident, on l'est par vocation et par passion. Il est tellement difficile de vivre de ce métier, d'obtenir des rôles importants, de se construire une carrière, qu'il me semble normal d'être passionné par ce que l'on fait, ne serait-ce que par égard pour tous ceux qui n'ont pas réussi à percer. Evidemment, je suis consciente qu'il y a des rôles plus intéressants, plus gratifiants, plus alimentaires que d'autres. Mais ce n'est pas une raison pour le faire sentir. Je ne vois pas un seul instant ce que le public gagne à le savoir.

Les fans d'une série, ou ceux qui lui donnent une chance en lisant une interview, n'ont pas envie qu'on leur dise si l'acteur est content de ramener son cachet à la maison pour une saison ou deux, ils veulent qu'on alimente leur curiosité, et ça me semble légitime d'entretenir cet intérêt, de l'encourager. Parce que tant que les fans ont de l'appétit pour une série, ça garantit, précisément, que l'acteur pourra ramener son cachet à la maison pour une saison ou deux !
Il ne s'agit pas de tomber dans le "tout est formidable" non plus. Je parle simplement d'être capable d'extirper l'intérêt d'un personnage, de décrire l'expérience d'acteur... parce que, hormi le fait que l'acteur a un job régulier et de longues journées de travail avec d'autres acteurs sympas, il y a bien quelque chose de positif à dire d'une série, quand même, rassurez-moi ? Mais si ! Si les dialogues sont insipides, on sait jamais, le personnage a pu tout de même provoquer une quelconque réflexion chez l'acteur, non ? Ou bien, l'acteur a pris de la doc sur un fait de société abordé dans la série. Quelque chose, quoi !

Quand un acteur, à travers ses propos, démontre qu'il n'est pas capable de ça, il donne à penser qu'à la fin de sa journée de travail, il a été pointer à la badgeuse, qu'il a pris son chèque à la compta, et qu'il est rentré chez lui en se disant qu'il fallait encore aller acheter le pain. Eh bien il faut le priver d'interview, ce mec-là, de toute urgence, parce qu'il n'a rien compris ! Il fait partie d'un système français qui n'a pas encore compris comment fonctionne cette industrie ! Pour qu'on fasse entrer le flouze ET qu'on ait des chances de lever le niveau, il faut des fans passionnés, assidus et exigeants, et donc il faut l'être soi-même. Si on n'est pas capable de transmettre un peu de passion, on reste chez soi et on regarde le foot à la télé ! Fort heureusement, peu ou pas de fans étaient présents à ce débat, juste des professionnels, parlant entre professionnels, de leur profession, mais oubliant qu'après, qui allait prêter une oreille ou un oeil attentif à tout ça ? Les fans ! Enfin, dans ce cas précis, je ne sais pas trop s'il faut le souhaiter, cela dit.

Quand une industrie compte une saine dose de passionnés, et pas juste des salariés résignés et des requins de la finance, ça fait toute la différence, et ça lui permet de s'épanouir. Quand une industrie ne compte que des employés aux épaules basses, ça donne une fiction sans passion, à peu près aussi glamour que l'est le secteur sidérurgique.
Appel à candidatures aux futurs acteurs : vous aussi, venez faire partie de la grande famille de la sidérurgie française !

Deux choses pour conclure ce qui restera certainement le post le plus long de l'histoire de ce blog (félicitations aux fêlés qui m'ont suivie jusqu'ici dans mes pensées).
La première c'est qu'il y avait un passionné à cette interview... même si lui, il venait plutôt du cinéma. Il était un peu idéaliste, mais sa présence, et des échanges avec un monsieur en costard-cravate que je ne citerai pas, ont prouvé qu'il FALLAIT de la place pour les deux tempérament dans cette industrie pour lui permettre d'envisager de s'épanouir créativement et financièrement.
La seconde, c'est que, récemment, lors de mes recherches pour la fiche SeriesLive de Flander's Company, je suis tombée sur l'interview d'un comédien "amateur" français, pour lequel j'ai un grand respect et ptet même une pointe d'admiration : Frédéric Hosteing. On n'y lisait pas des propos d'une mièvrerie aveuglée sur l'air de tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, mais, résolument, la passion transparaissait (et la personne qui avait réalisé l'interview le soulignait également : l'échange avait été passionné). EH BIEN VOILA : je n'en demande pas plus. Mais pourquoi dés qu'on rentre dans le circuit on se fait bouffer tout cru par lui ?!

22 juin 2007

Quota, toi, tu veux ma photo ???

C'est, sur un forum, une remarque a priori anodine (ou en tous cas certainement rédigée comme telle) qui m'a fait m'interroger : où se place, dans les séries, la limite entre la représentation de le diversité et le simple et pur quota politiquement correct ?
Parce qu'évidemment, sur le principe, avoir des quotas plus ou moins officiels, personne ne trouvera ça mauvais. A moins d'avoir des convictions racistes, évidemment, tout le monde est à fond pour le principe du quota. Sur l'air de "au moins tout le monde a sa place à la télé".
[insérez ici un hochement de tête désabusé]
Certainement, oui.

Pour moi, tout a commencé avec l'affaire Grey's Anatomy de cette année, que j'affuble personnellement du sobriquet : "la seule affaire à rebondissements de la saison", à savoir quand Isaiah Washington a laissé échapper un vilain mot hors du cercle privé, et que la presse s'est emparée de la chose, conduisant à une suite de comportements tous plus absurdes les uns que les autres de tous côtés, et étendant stérilement l'affaire sur plusieurs mois. Le cast de la série, je le confirme maintenant après avoir vu une bonne partie de la saison 3, n'avait effectivement rien de mieux à raconter sur ce qui se passe dans Grey's Anatomy cette année, alors en s'y mettant à plusieurs, ils ont fait en sorte que cette connerie revienne régulièrement sur le tapis. Formidable, merveilleux. La conclusion de cette affaire qui évidemment n'en a été qu'une que pour ceux qui n'avaient rien d'autre à penser, comme on s'y attendait, c'est que Washington a fini par se faire vir... hm, non, son contrat n'a pas été reconduit. Ahem.
Et à l'annonce de cette absence de réengagement, je lis sur un forum "j'espère qu'il sera remplacé par un autre personnage de couleur".
. . .
Attendez, là, quoi ? Un personnage de couleur ? Ah bon mais pourquoi ?
Et pourquoi ne pas plutôt le remplacer par un autre personnage intéressant ? Un autre personnage complexe ? Un autre personnage ayant des interactions avec le meilleur personnage/acteur de la série (à savoir Christina) ? Un autre personnage baisable ? Un autre personnage avec des failles ?
Non, je sais pas, c'est juste des idées, comme ça...

Quelle est cette préoccupation de vouloir avoir des quotas, et surtout à ce point ? Comment cela peut-il être un réflexe chez un télespectateur de penser d'abord à la couleur du personnage plutôt qu'à son background, son statut, son caractère ? Est-ce que l'un sous-tend les autres ?
...Et est-ce que je trouve cette réaction étrange parce que je suis blanche ? Parce que dés qu'on parle de couleur, plane très vite au-dessus de nos têtes le spectre du racisme, et qu'on en vient toujours plus ou moins à se poser la question...

Disons-le, c'est vrai que les quotas à la télévision américaine ont fait un travail épatant pour les minorités. On aurait beaucoup à apprendre des dernières décennies télévisuelles outre-Atlantique, en la matière. Intégrer des personnages de couleur, c'est comme intégrer des femmes, c'est nécessaire pour la diversité des personnages, la diversité de leurs possibilités, et puis pour l'identification, évidemment. Et d'ailleurs, pour la gent féminine, là aussi ya eu travail progressif pour en arriver là où nous en sommes aujourd'hui ; les nanas dans les séries, ça n'a pas toujours été des Veronica Mars ou des Carrie Bradshaw ! On a eu un bon paquet de faire-valoir pathétiques et même de séries exclusivement bourrées de testostérone... parfois à dessein, souvent par pur machisme. Bref, les quotas, ça a du bon, ça fait trois ou quatre décennies que ça fait avancer les choses, au moins à la télé et peut-être même parfois par-delà.

C'est devenu une règle et maintenant on est étonnés devant certains castings blancs comme neige... rappelez-vous lorsque Friends était accusé d'être trop blanc ! On entendait même des rumeurs selon lesquelles un septième larron serait adjoint à l'équipe pour rattraper la bévue ! Aujourd'hui, les minorités s'invitent, s'installent, et la plupart d'entre nous trouvent ça normal.
D'ailleurs le dernier quota à la mode, après les gonzesses, les blacks, les latinos... ce sont les gays. J'ai hâte de voir quel sera le prochain : le troisième âge ? C'est vrai, ils sont sous-représentés à la télé, et leur pouvoir d'achat grandit à eux aussi...

Sauf que le problème, de nos jours, ce ne sont pas les quotas, c'est l'utilisation qui en est faite. L'immense majorité des séries qui a un black... a un black. Il est noir il est là vous êtes contents ? Euh oui, enfin, je crois, mais... et après ?
Combien de saisons avant que le quota de couleur de Stargate SG-1 commence à prendre corps et aie quelque chose d'intéressant à apporter à la série ? Je veux dire, oui, si, bien-sûr, la montagne de muscles a été notre eye candy dans la série depuis le premier jour, mais c'est pas l'apprentissage du texte qui a tué Christopher Judge pendant longtemps !!! Le matin avant d'aller tourner, quelques exercices de flexion et d'extension du muscle au-dessus du sourcil, et hop, en piste ! Pas chiant la vie d'acteur !
Et la plupart des séries en sont encore là : les personnages de couleur sont là pour le vénéré quota, mais ils sont souvent plats. Ce ne sont que des alibis, en somme. Et c'est triste. Et on en vient à se demander si tout ça a réellement une raison d'être si c'est pour en arriver là. Au final, ces quotas... est-ce qu'ils servent vraiment à quelque chose ? Sont-ils vraiment satisfaisants ?

Et puis franchement, si dans Grey's Anatomy, Burke était remplacé par un personnage également de couleur, on la verrait venir, la suite, gros comme le nez au milieu du visage, ce serait courru d'avance. C'est le mariage de Miranda qui prendrait un coup dans l'aile. Nan parce que tout le monde aura remarqué que dans Grey's Anatomy comme dans un million de séries ayant plusieurs personnages de couleur : tout se fait entre eux !!! Il y avait deux persos de couleur célibataires dans Grey's Anatomy, pouf ! Ils finissent ensemble ! Obligé ! C'est quand même dingue ça, non ? Et tout le monde est logé à la même enseigne, quel que soit le contexte de la série, dans une immense majorité.
Dans les soaps, ils ne se fatiguent même pas à essayer de maquiller la chose ; tenez, prenons Les Feux de l'Amour (à propos desquels la mémoire m'est rafraîchie plus régulièrement du fait de mon homme qui est fan) : les persos blacks ont leurs scènes entre eux, se marient entre eux, font des bébés (blacks) entre eux, bref sont quasiment dans leur monde à eux. Donc yen a, mais pas à côté des blancs. Bravo le quota, bel effort ! Tout ça pour ça ?

Et puis à force, les quotas, ça fait chier, voilà. A force, les quotas, c'est tellement gros que les casts sont sans surprise, sans intérêt, sans saveur. Ce qui devrait retranscrire la diversité des populations, est devenu une simplification des personnages. Je suis tombée sur Criminal Minds hier soir, et comme les CSI, entre autres (qui font partie des castings les plus ennuyeux du monde), comme un grand nombre de séries reposant sur un cast nombreux : ya la nana, ya le perso de couleur, ya le mec mature plus expérimenté que les autres... C'est toujours pareil. Tout fonctionne par archétype, selon les archétypes de télespectateurs dont on aimerait bien qu'ils envisagent de regarder la série. C'est rasoir.

Pourtant, je suis une femme mais rien ne m'empêche d'encenser une série avec uniquement des mâles, et pas nécessairement parce que je vais les reluquer (même si ça aide, nécessairement) ! Prenez Oz, les nanas, bon d'accord yen a, m'enfin, faut les chercher quand même un peu, et ce ne sont pas elles qui occupent le gros du temps d'antenne ! Pourtant, vous me voyez me plaindre que cette série est trop virile ? Que nenni... Je regarde avec plaisir quelques séries japonaises, je ne suis pourtant pas asiatique (la fin d'un mythe ?). Vous m'entendez me plaindre qu'il n'y a pas de blanche dans ces séries ? Que nenni...

Est-ce qu'une série sans personnage de couleur dégoûte les télespectateurs de couleur ? N'y a-t-il que les blancs qui ont aimé Sex & the City ? Pas d'après ce que je sais...! Et je crois savoir (hélas) que pas mal de monde, pas nécessairement de couleur, apprécie l'humour de Ma famille d'abord, pourtant, là c'est l'inverse, ya que des blacks ! Le télespectateur est-il simplet au point de ne pas pouvoir éprouver de sympathie pour un personnage par lui-même, et d'avoir besoin absolument d'identification ?
Et je pose aussi la question dans l'autre sens : les personnes de couleur se retrouvent-elles réellement dans LE personnage de couleur de la série qu'ils regardent ? Imaginons que je sois un homme noir, je regarde Urgences, est-ce que je me sens automatiquement des affinités avec le Dr Pratt ? Etre un gay ne fait pas de moi quelqu'un qui a le même caractère que Will, je peux même complètement détester Grace et la trouver irritante et gamine, sans pour autant être aussi... flamboyant que Just Jack ! Où s'arrête ce raisonnement débile qui fait assimiler la couleur de peau à une personnalité permettant l'identification ?
Je suis une femme blanche, et pourtant, je ne me reconnais pas dans chaque personnage féminin interprété par une actrice blanche. La preuve avec Desperate Housewives... oui mais là on arguera que la couleur des cheveux influe !
Si je suis WASP, que j'ai la trentaine et que je vis à Miami, suis-je voué à m'identifier à Dexter...? C'est pas un peu dangereux comme système avec des séries pareilles ?

Mais en fait, les quotas, ils n'ont rien à avoir avec la diversité, ce ne sont que des facilités. Des stéréotypes prêts à l'emploi. Et puis comme ça, merde hein, la construction des personnages c'est quand même vachement simplifié. Pourquoi donner une personnalité à la blondinette de service puisqu'il n'y a qu'une blondinette de service au milieu du vétéran, de l'intello et de la caution de couleur de la série ? Etre blondinette de service, c'est déjà bien ! Voilà, ce sera ça de moins à concevoir au moment de créer la série ! Une bonne chose de faite...

Au final, est-ce qu'en tant que télespectatrice, j'ai envie d'une série qui véhicule cette valeur selon laquelle le paraître implique un être, et que l'un découle de l'autre comme une évidence ? Est-ce que j'ai envie d'adhérer à cette clameur reprise de toutes parts selon laquelle un environnement normal, ou peut-être devrais-je plutôt dire : normé, impliquerait d'avoir dans mon entourage : un vieux de la vieille, un intello, un black et une nana ? Est-ce que j'approuve cette tendance à vouloir compter autour de moi les têtes de pipes et les catégoriser si facilement ?
Et si, moi, à mon travail par exemple, j'ai trois collègues de couleur, dont deux nanas, dont une mère au foyer et une qui est la plus ancienne et sage du service, et que dans tout ça je ne suis pas blonde... ne court-on pas le risque que je ne me reconnaisse pas dans les séries qui me montreront d'autres schémas ?
Qui fera la série qui me ressemble ?

Y a-t-il un personnage qui me ressemble vraiment ?

11 février 2007

C'est pas le Valedictorian de la saison...

Un bon petit pilote, ça ne peut pas faire de mal. Un pilote de sitcom, encore moins. Pourtant le pilote de In Case of Emergency n'était pas exactement ce que le médecin pouvait me prescrire de mieux.

Une fois de plus, on a droit à une bande de losers et leurs petits bobos... Oh, ça va, ne me faites pas pleurer ! Comment accrocher aux pauvres malheurs de tout ce petit monde (et, du coup, comment en rire ensuite) ? Entre le bouffeur compulsif (qui n'arrive pas à la cheville, pour ses problèmes de bouffe, du cast de Starved), le père divorcé, l'ex reine du lycée qui devient masseuse... et l'autre que j'ai déjà oublié mais qu'importe... on n'a pas une seule seconde envie de les prendre en sympathique. Les gags sont là, c'est sûr, certains sont même drôles, parfois, mais contrairement à ce qui fait à mon sens la force d'un bon sitcom, on ne s'attache pas aux personnages d'éternels perdants. Et on est loin de s'identifier à eux non : qu'est-ce qu'il reste ?

Vous voulez que je vous dise ? Le vrai loser, c'est Greg German qui n'est pas resté dans Eureka. Quoi qu'il en coûte, on ne laisse pas filer un rôle pareil. C'était presque du sur-mesure ; ici, il ne joue qu'un avatar de Richard Fish...

Sur le papier, l'idée que ces personnages avaient besoin de se reposer sur quelqu'un en cas de problème, en dépit de situations où ils semblaient être seuls, évoquait pourtant une sorte de tendresse touchante. D'ailleurs tous ceux qui ont ressenti la solitude se sont posé ce type de questions, il y avait matière à tisser de l'humour autour d'un canevas de réelle affection. Mais quelque part entre la tentative de suicide ratée et la décapitation d'une peluche, il ne restait plus beaucoup de tendresse pour ce concept pourtant intéressant.

Et c'est bien là que serait né le rire ! Si ces personnages avaient réellement donné l'impression de tenir à leurs liens les uns entre les autres ! Mais tout semble n'être dans ce pilote qu'une enfilade de concours de circonstances et de ressorts comiques usés. Rien ne lie vraiment les protagonistes dans les faits, et du coup, l'idée de départ n'a aucune prise.

Bien-sûr, je ne dis pas que toutes les histoires d'amitié, à plus forte raison sur des formats courts, devraient ressembler à Friends, surtout pas. Mais la forme d'amitié de nos 6 comparses avait quelque chose de moins artificielle, et plus palpable, que ce que le pilote de In Case of Emergency essaye d'instaurer, y compris dans ses premiers épisodes. Le plus dingue c'est que la relation qui se rapproche le plus de la complicité, c'est celle qui lie le héros à Kelly, alors que ce sont des personnages qui sont sensés ne pas s'être vus pendant des années, et s'être à peine fréquentés alors ! Le reste n'est que conventions scénaristiques pour avoir un noyau de personnages pas tous étrangers les uns aux autres... Quel gâchis. En ce qui me concerne, cette série peut aussi bien finir cette saison.

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche In Case of Emergency de SeriesLive.

23 janvier 2007

Caisse spéciale moins de 10 rires

TBS s'autoproclame chaîne très drôle.
Moi je veux bien, cela dit ce n'est pas tout de le dire, il faut le prouver aussi. Espérons que la série que j'ai testée aujourd'hui ne soit pas le fer de lance de la chaîne (qui, il est vrai, n'a cette saison que deux séries originales dans sa grille, le reste reposant sur des rediffusions de formats courts des autres chaînes : Tout le monde aime Raymond, Sex & the City, ou encore le roi de la rediff Friends...)

Au départ, la sitcom 10 items or less a une foule de qualités : pas d'acteur très connu au compteur (donc personne qui ne soit là pour faire son show et voler la vedette à tout le monde ; j'y ai par contre retrouvé un acteur de Lincoln Heights), un cadre un peu inhabituel (et s'il y a une seule chose à retenir de Malcolm in the Middle, c'est que les magasins, c'est plein à craquer de ressorts comiques potentiels), un sens de l'humour un peu absurde, et un personnage central nullissime, et tout-à-fait prêt à l'assumer. Bref je partais du bon pied.

Eh oui, mais. Car il y a un "mais"... (eh oui, si je me plaignais pas ce ne serait pas un blog)

La plupart des acteurs n'y croient pas une seule seconde ! Seuls deux ou peut-être trois d'entre eux sont vraiment à fond dedans, les autres sont là pour pouvoir manger, mais n'ont pas la moindre conviction. Je comprends bien qu'une série comique de TBS, c'est pas la même chose qu'un drama en primetime sur un network, mais quand même ! Mettez-y du coeur, quoi !
Mention spéciale à l'interprète d'Amy, qui non seulement a de quoi se faire détester pour son rôle de garce, mais en plus est vraiment là en touriste ! Comment une comédienne a pu passer la barrière des castings, je pose la question ?! Elle a couché avec qui, au juste ?

Moi qui me demande souvent comment on distingue le mauvais acteur du personnage mal écrit, je crois que j'ai trouvé en 10 items or less ma référence en la matière. Ce qui est dommage, en fait, car il y aurait eu de quoi rire à pleins poumons s'il n'y a avait pas eu de quoi bâiller aux corneilles.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 10 Items or Less de SeriesLive.

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