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ladytelephagy
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corky
23 décembre 2008

Pour tout l'or du monde

Une téléphage de ma connaissance m'a invitée à dévaliser la FNUC en sa compagnie (histoire de finir l'année en beauté... vous pensez qu'ils ont un record de facture au rayon DVD qu'on peut essayer de battre ?), et j'ai bien envie d'accepter, bien qu'en général je sois très réticente à l'idée de mêler internet et vie perso. Mais bon, une invitation à dépenser mes derniers deniers de 2008 (au 1er janvier, juré, je deviens économe), ça ne se refuse pas.

Mais, au préalable, j'ai voulu me demander ce que j'allais faire à la FNUC. J'ai tellement dépensé (je ne vous dis pas le montant, c'est indécent) que c'est à se demander ce que je pourrais bien y trouver, d'autant que Noël et mon anniversaire approchent et qu'il ne s'agit pas d'anticiper bêtement sur ce qui a été mis sur ma liste au Père Noël. Pitié, que le Père Noël soit belge cette année, d'ailleurs.
Je me suis donc surprise à imaginer pour quelles séries je pourrais sortir mon chéquier, d'autant que, reconnaissons-le, j'ai quand même acquis pas mal de raisons d'être pleinement satisfaite de ce côté-là ces dernières semaines.

Et pourtant.

Et pourtant, il y a effectivement des séries que j'ai bien envie d'acheter en DVD. Le problème c'est que, laisser son imagination divaguer sur ce genre de sujets, sans garder les pieds sur Terre avec par exemple DVD Séries sous les yeux, finit par causer plus de mal que de bien. Je me mets à rêver d'acheter des DVD qui n'existent tout simplement pas.

Car enfin ! Où sont mes DVD de thirtysomething, cette série que je ne pourrai sans doute pas découvrir avant d'avoir l'âge de ses protagonistes (et encore, dans le meilleur des cas) et que je me désespère de découvrir depuis près de 10 ans déjà ; où sont mes DVD de Rude Awakening ou The War Next Door ; où est mon coffret DVD de SPACE 2063 en édition française parce que, je les aime, moi, les voix françaises, et puis, franchement, mon lecteur DVD, il est zone 2, voilà tout ; où est mon DVD de La Famille Green non vraiment, il me le faut, ne serait-ce que pour vous présenter le pilote, ou plutôt le final, enfin il sera toujours temps de choisir quand je l'aurai en main ; et tant que j'y serai on parlera des trois épisodes ultimes de Corky, pour vous faire comprendre...

J'en ai le souffle coupé : comment ai-je pu acheter autant de DVD quand ceux qui comptent vraiment n'existent même pas ?
Evidemment, il n'y avait aucune raison de résister à Battlestar Galactica ou Boston Justice, mais... les autres ? J'avais vraiment besoin des autres ?
Oui. Mais là n'est pas le propos.

Vous savez quoi ? Je serais prête à dépenser l'équivalent de ces deux derniers mois de pillage de FNUC dans un seul de ces coffrets.
Prête à parier que ça ne m'est pas spécifique, d'ailleurs. C'est pas vrai ? Je suis sûre que vous aussi, vous seriez prêts à dépenser... bon, peut-être pas autant, ce serait indécent, mais en tous cas des sommes folles pour vos séries préférées.
Enfin, sauf qu'évidemment on râlerait parce que les coffrets sortiraient à un prix exorbitant, mais on les payerait quand même. Heureux que ça existe. Enfin !

PS : Notez bien que, dans le fond, j'ai quand même quelques petites idées de ce que je pourrai acheter à la FNUC...

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6 juin 2008

La mort vous va-t-elle bien ?

Parfois, je me dis que moi aussi, je manque cruellement de culture... De culture téléphagique, s'entend. Je fouille et fouille ma mémoire, encore et encore, mais rien à faire, je ne parviens pas à me souvenir qu'il y ait eu, par le passé, une telle effervescence autour de la mort. Oh, je ne dis pas, il y a toujours eu des séries pour en parler... mais pas autant que depuis, disons, une dizaine d'années, quoi.
Mais ça me ferait plaisir que vous me contredisiez, cela dit.

Y a-t-il une mode ? La mort, c'est in ?
Ou avons-nous au contraire, en réaction à un certain nombre d'évènements réels ([insérez ici encore une référence au 11 septembre]), besoin de nous interroger plus encore à son sujet ?
Je ne saurais vous dire, mais je sens comme une sorte de morbidité ambiante ces dernières années...
Et un fort taux de mortalité télévisuel.

Dead Like Me, Six Feet Under, Ghost Whisperer, Dead Last... dans combien de séries flirtait-on autant avec la mort, il y a par exemple 20 ans ? Et encore, je ne cite que des séries où il faut gérer la mort. J'aurais pu ajouter Tru Calling où l'on tente de l'éviter. Tiens, voilà une bonne occas' de parler de Mop Girl ! (mais non)
Enfin, bon, ce que je voulais dire, c'est que ça fait autour d'une décennie qu'on nage dans les histoires mortelles. Ah désolée, mais j'étais obligée de la faire, celle-là !

Pourtant, je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas spécialement l'impression que la société aborde la mort avec plus d'aisance qu'avant. Allez, essayez donc de parler d'euthanasie, pour voir ! Alors en quoi est-ce plus facile d'aborder le sujet à la télévision ? Comment se fait-il que le sujet ne... refroidisse plus autant les créateurs et/ou les directeurs de programmes ? D'où vient que les spectateurs ne boudent pas ces séries (à défaut de faire systématiquement des succès d'audience, la plupart ont souvent un joli succès d'estime) ? Quel peut bien avoir été le processus intellectuel des scénaristes de tous poils pour réussir à apprivoiser ce thème ? Je serais vraiment curieuse de le savoir.
Quand on voit à quel point une série comme Pushing Daisies a su apporter du merveilleux à la mort, on ne peut que constater, épaté, le chemin parcouru.

Cela étant, on ne va pas se mentir, hein, d'ailleurs si je mens je vais en... moui euh, restons prudent. Donc, ne nous voilons pas la face, disais-je : la mort, dans un nombre incalculable de séries n'en ayant pas fait l'un des éléments centraux de leur pitch, leur mythologie ou leur propos, c'est encore un gros trucs lourd et glauque, mal utilisé.
La faute à qui ? A tous ces experts qui y vont chacun de leur rationalisation, leur déshumanisation, leur désincarnation de la mort. Ces dernières années, la mort, ça n'a été pour tous ces types qu'un évènement à analyser, pas une expérience à éprouver. Tous ces spécialistes de la frigidité émotionnelle ont cherché le comment. Pas le pourquoi. Pas le quoi. Pas le où... En se bornant au factuel, au déductif et au logique, ces encéphales sur pattes nous ont éloignés de ce qu'est réellement la mort. Il n'y avait presque plus de place pour l'émotion.

Non, je dis "presque", parce que bon, de temps en temps, on versait une petite larmouchette, quand même ; on n'est pas des bêtes ! Tenez : si la victime était un enfant, par exemple. Ah, ça marche bien, ça, les enfants, au niveau pathos. On peut toujours compter sur un frêle enfant crevé dans des circonstances abjectes pour faire pleurer dans les chaumières !
Bon, mais en-dehors de ça...

Par là-dessus, il y a encore toutes les séries qui se servent scénaristiquement de la mort comme d'un vulgaire gadget narratif. Une telle n'a pas su renégocier son contrat ? Schlack ! On tue son personnage à la rentrée. Que faire de ce personnage devenu complètement inutile ? Rien, on va juste l'éliminer par voie naturelle (ou si on a un tout petit peu d'imagination, le faire s'élever dans un autre plan dimensionnel). Et sans compter tous ces guests qui signent pour trois ou quatre épisodes, histoire de jouer la maman retrouvée ou des conneries de ce genre, et qui, pour faire du drame facile, meurent foudroyés ou terrassés par une maladie incurable... comme tout cela est pratique.
Voilà des ficelles qu'on retrouve dans divers soaps, mais hélas ces procédés ne leur sont pas réservés.

Oh, eh, attendez, hein, je ne fais pas de généralités à la louche ! Je reconnais bien volontiers qu'il y a d'excellents exemples de morts habilement dépeintes et traitées !
Oui ? Qu'entends-je ? Là, dans le fond ? Qui a dit "Joyce Summers" ? Mais absolument, excellent exemple. Un traitement de la mort comme on voudrait en voir partout. Euh, non, je ne prèche pas pour une hécatombe de personnages télévisés ; je voulais dire : "un traitement de la mort de la qualité duquel on souhaiterait en voir plus souvent". C'est mieux.
Mais reste qu'une grande majorité de morts sont académiques, sans intérêt, et passablement mal abordées.

Par une belle écriture sur le difficile sujet de la mort, de quoi je parle, en fait ? Eh bien, autre exemple, de la saison 3 de 8 Simple Rules.
Le contexte en était certes particulier, mais il a permis que la série parle de la mort avec sensibilité, tout en ayant le recours de l'humour pour éviter la sensiblerie. Tout bon. Une saison d'anthologie. Quel dommage que nous ayions dû perdre John Ritter pour en arriver là ! [soupir] Je ne m'en remettrai jamais...

En tous cas, pour revenir à nos cadavres de moutons, j'ai le sentiment que la mort est un sujet fort de la dernière décennie télévisuelle. Mais... mais alors ? Les détracteurs de la fiction télévisée auraient-ils raison ? Les séries banalisent-elles la mort ?
Ah, si seulement. D'une certaine façon, je trouverais ça rassurant ; nous aurions ainsi la possibilité d'apprivoiser cette période que j'oserai qualifier de sombre (je ne recule devant aucune plaisanterie facile, aujourd'hui !).

Mais vous et moi, ami téléphage, savons que ce n'est pas le cas. Et qu'il reste encore beaucoup à faire pour donner ne serait-ce que l'impression d'avoir fait le tour du sujet (et notez bien que ce ne serait jamais qu'une impression, de par l'essence-même du sujet).
D'une certaine façon, nous en parlons plus, mais en parlons-nous forcément mieux ? Nous n'avons pas encore la possibilité d'explorer pleinement cet aspect des choses, émotionnellement parlant. En tant que téléphage, il m'est arrivé très souvent de ressentir de l'empathie pour une histoire triste, de me réjouir par procuration d'une jolie relation amoureuse, ou de ressentir de la colère. C'est même à mon sens tout l'intérêt de regarder des séries : la variété d'émotions qu'on peut se prendre en plein visage tient du plus haut impressionnant. Mais rares, très rares, sont les séries qui savent, finalement, faire écho à ce qu'on ressent face à la mort. Rares sont les séries où l'on ressent réellement la mort d'un personnage comme une tragédie, une perte, un manque cruel. Il y a certains acteurs que je pleure sans les avoir jamais rencontrés, mais aucun personnage n'a su vraiment aller jusque là (pourtant je vois plus souvent les personnages que les acteurs, allez comprendre).
C'est peut-être le prochain défi de la fiction télévisée ? Parvenir à nous toucher à ce point ?

Alors, que manque-t-il ? Au moins deux choses, je dirais. Et de l'une d'entre elles je n'ai jamais parlé. Donc je commencerai bien évidemment par l'autre afin de faire perdurer le suspense...

Première chose, il nous manque une série qui relèverait le défi de suivre une mort inexorable, une vraie. Celle où la maladie guette, tapie dans l'ombre, sans permettre de dealer des produits prohibés, ce serait trop facile d'avoir ce ressort scénaristique pour cacher le drame qui se déroule, non, je vous parle d'une bonne maladie qui rongerait le corps, l'âme et l'entourage, comme de l'acide. Quelle série saura nous parler vraiment d'une maladie mortelle ? Depuis que Corky nous a parlé du SIDA, et ça date (mais c'était fait avec une telle grâce...), je n'en ai plus vu aux Etats-Unis (pour le Japon, mentionnons vaguement 1 Rittoru no Namida même si son propos bien-pensant a tout gâché). Envoyez les références en commentaire, s'il le faut.
Pourtant l'intensité dramatique est là, pleinement potentielle, inutile de la noyer sous d'autres rebondissements. Ne me dites pas que c'est impossible ! Avant Six Feet Under, je suis sûre que tout le monde pensait qu'une série sur les croque-morts était impossible ! On n'y aurait même pas songé, tellement c'était impossible. Il a fallu attendre Alan Ball. Alors pas de ça avec moi, on peut, et peut-être même qu'on doit par les temps qui courent, oser une série qui nous parle réellement d'une maladie dont l'issue serait courrue d'avance.
Comme chacun sait, ce n'est pas la destination... Suivre quelqu'un qui sait qu'il va mourir, sa façon de gérer la fin de sa vie, ses sursauts d'envie de vivre et son épuisement, ses proches qui doivent admettre le fait qu'il va partir mais est encore là, etc. Franchement, vous imaginez ce qu'on peut transmettre comme foule de messages, comme ça ? Ce qu'on peut partager comme émotions, avec une telle série ?

La seconde... et tendez bien la souris parce que c'est de l'inédit total, là...
Il y a environ 7 ans, j'ai commencé à imaginer une série qui dépeindrait la vie de quatre octogénaires. Chacun y combattait l'approche de la mort à sa façon. Ils vivaient dans trois petites maisons aux jardins mitoyens, et comme dans tous les quartiers de vieux, ils se croisaient souvent pendant leurs longues journées polycopiées sur les précédentes, et savaient la mort proche. Mais chacun avait sa façon de la combattre ou de l'attendre (il y avait aussi, dans mon schéma, deux autres personnages plus jeunes pour permettre d'insuffler un peu de vie et de contraste à la structure de la série).
Ah, ça, je ne le nie pas, c'était un concept très particulier. Mais, tout justement... Je n'ai encore jamais rien vu qui offre les mêmes possibilités narratives !

Car ce dont je vous parle à travers ces deux exemples, c'est de séries qui attendraient la mort. Comment mieux en parler que lorsqu'on est bien obligé de l'apprivoiser ? D'ailleurs, ne vivons-nous pas dans un monde où nous existons comme si tout était toujours éternel, y compris nous-mêmes ? Et c'est trop facile de faire mourir un personnage et d'ensuite rendre ses proches tous tristes pendant deux ou trois épisodes ! C'est trop facile de ne jamais parler de la mort qu'une fois qu'elle est survenue, quand il faut "tourner la page", "aller de l'avant", et toutes ces conneries qu'on entend aussi bien dans la vie que dans les séries, sitôt qu'on a perdu quelqu'un.

Scénaristes, préparez-nous au pire (ou au moins, essayez) ! Avec de tels concepts, les possibilités dramatiques sont infinies ! Ou plutôt, devrais-je dire... éternelles.

25 mars 2007

Super naturel

Où est passée cette sacrée fichue recommandation du CSA demandant aux chaînes de télé de franciser le nom de ses séries étrangères ? Il y a deux ans environ, on ne parlait plus que de ça. Tout le monde frissonnait à l'idée d'un "Perdus", d'un "L'anatomie de Grey" (les Espagnols, par exemple, n'y ont pas coupé) ou d'un "Ménagères désespérées". Et on se disait tous "putain, ce truc, c'est vraiment débile, ils nous font chier avec des conneries alors que pendant ce temps certaines diffusions sont toujours aussi calamiteuses". Oui on était très vulgaires, mais il faut dire qu'on était fâchés.

Vous vous rendez compte ? D'après ce qui se disait à ce moment-là, seuls les noms propres et noms de lieux ne seraient pas touchés par la francisation des titres de séries. On était à deux doigts de subir l'affront fait aux séries d'animation japonaise. Certains d'entre nous en étaient déjà à imaginer des prénoms de personnages francisés également. C'était la panique.

Et puis en fait, en ce moment, je n'en finis pas de me laisser encore surprendre par la programmation en France de Desperate Housewives (dont la seule prononciation est l'une des rares justifications de la francisation des noms de séries), LOST (sous-titré Les Disparus mais personne ne l'appelle jamais comme ça, évidemment), Grey's Anatomy, Commander in Chief ou encore Supernatural, plus près de nous. Il me plaît à penser que ça énervait les chaînes autant que nous.

Il faut dire qu'à l'heure où les séries sont célèbres avant même d'arriver sur notre territoire national, sous des appellations anglophones faisant 15 fois le tour du net avant que les chaînes ne pensent à leur prêter attention, il est un bien meilleur calcul de préserver cette appellation d'origine (et trajectoire) contrôlée plutôt que de la rebaptiser et recommencer la promo à zéro.

Mais alors, quid de ladite recommandation ? A-t-elle été mise à la corbeille par le CSA ? Nenni, elle est toujours , mes amis, là et bien là, les chaînes télé doivent franciser leurs noms de programmes... mais l'alinéa IV de la chose nous explique simplement que "trois dérogations sont toutefois prévues par la loi : les titres d'émissions dont ces sociétés ont acquis les droits de diffusion et dont la conception leur échappe ; les titres constitués d'un terme étranger dont il n'existe aucun équivalent en français ; les titres qui ont été déposés à titre de marque avant le 7 août 1994". Concrètement. Ouais, donc en fait, on fait ce qu'on veut niveau séries. Et donc tout le monde a tremblé pour rien, TF1 a sous-titré le titre de LOST pour le plaisir ou quasiment, etc...

Mais en y réfléchissant, pourquoi sommes-nous si accrochés à ces titres, pour la plupart d'entre nous ? Qu'une chaîne tente de préserver le travail de communication déjà effectué outre-Atlantique (et ailleurs) autour de cette série, ça se comprend, mais quelles sont nos raisons, à nous téléphages, pour espérer que les titres seront traduits seulement si des vies doivent en dépendre ?

Est-ce parce que sur les sites, les forums et les blogs, nous parlons actuellement de Dirt, The Riches et autres Ugly Betty (et non pas d'Ordure, Les Richards et Betty la Laideron) et que nous n'avons pas envie de changer nos habitudes ? Ca se tient.
Est-ce parce que nous nous voulons puristes en appelant une série par son nom original ? Après tout, pourquoi traiter les séries différemment, par exemple, d'une "oeuvre" musicale ? Personne ne songerait à appeler la chanson de Nelly Furtado "Mangeuse d'homme", ni parler du premier album des ridicules Tokyo Hotel en le nommant "Crie (aussi fort que tu peux)". Ca se tient.
Est-ce par sentimentalisme, parce que nous nous sommes appropriés la série (et son univers) sous ce nom ? Ca se tient.

Par curiosité, pour la beauté de l'étude scientifique rigoureuse pourrait-on dire, j'ai fait une enquête sur 1 téléphage, et je me suis sondée pour savoir comment j'appelais les séries que je regarde. Et je penche pour la 3e possibilité (bien que je persiste à penser que les deux premières sont toutes aussi valables) :
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion française, je l'appelle par son titre local (ex : New York Unité Spéciale, Les Experts...). Même en apprenant rapidement le nom original, je ne change pas mes habitudes.
- exception à la règle ci-dessus : lorsque vraiment j'ai développé un certain niveau d'addiction et/ou d'affection (ex : Fran pour Une Nounou d'Enfer, Corky pour Corky, un enfant pas comme les autres
...).
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion américaine, je l'appelle par son titre original (ex : bah, il suffit de voir ce blog !). Même lorsque je finis par regarder la série en France (car il est rare que je m'en empêche) je ne m'adapte pas au nom choisi par la chaîne en France.
C'est ainsi que je finis par mélanger les titres originaux aux titres adoptés par le diffuseur français dans mes posts divers et variés, comme l'un d'entre vous ne s'est pas gêné pour me le faire remarquer. Comme vous, non ?

Les chaînes françaises (qui décidement sont meilleures en marketing qu'en diffusion) l'ont bien compris et ne suivent donc pas la directive, ou alors seulement si vraiment, elles ont un peu trop châtouillé le CSA ce mois-ci et que ce n'est pas le moment de s'attirer un blâme pour une connerie pareille, ma foi, si ça peut aider à faire passer les écarts sur d'autres sujets, on peut bien sacrifier un titre de série à l'occasion.

Du coup, même quand ce serait super facile de franciser un titre, on ne s'en donne plus la peine. Inutile de dire que la directive, le CSA peut s'en faire un sandwich et se la manger.

Où j'essaye d'en venir ?
Nulle part. C'était juste une petite réflexion, comme ça, le dimanche soir. Faut dire qu'il n'y a rien d'intéressant, côté séries, à cette heure-ci.

3 mars 2007

Dying to live, dying to love

Il y a quelques trésors dans toute telephage-o-thèque, qu'on chérit plus que tout, même si le temps passe. Et qu'inlassablement on regarde, et regarde, et regarde encore, sans jamais se lasser, parce que notre coeur se serre toujours de la même façon en le voyant. Il y a simplement des séries qu'on ne peut pas oublier.

Corky est de celles-là. J'ai aimé cette série au premier jour, et encore, ce premier jour (qui était un premier soir, un dimanche, je m'en souviens), l'épisode n'était pas extraordinaire. Et du jour où j'ai découvert pourquoi cette série était épatante, alors je lui ai toujours été fidèle. Et les séries passent, les modes aussi, et je découvre avec plaisirs de nouveaux titres, mais Corky reste, à jamais, dans mon Top5.

L'une de mes VHS les plus précieuses, c'est celle qui contient les trois derniers épisodes de la série. Bonjour déprime ? Oui et non ! Bon, d'acord, l'un des épisodes nous raconte la descente aux Enfers de Jessie, mourant dans son lit d'hôpital, le suivant nous retrace les dernières semaines de Jessie et Becca ensemble, et enfin dans le dernier, on apprend la mort de Jessie (ça va, ne dites pas que je vous ai spoilés, ça fait jamais que 14 ans maintenant que ç'a été diffusé !). Remarquez que je résume très largement, là...
Et pourtant, ce qui marque, au-delà de la souffrance de nos deux personnages préférés, et la terreur inspirée par le réalisme de la maladie de Jessie (petit rappel pour les ignares, Jessie a le SIDA), c'est l'amour.

L'amour dans son état le plus pur. Juste l'amour. L'amour de deux êtres, et notamment de Becca, capables d'endurer le pire l'un pour l'autre, de subir les pires tourments juste pour faciliter la vie de l'autre. L'amour aussi, d'un père, de deux mères, d'un frère et d'une soeur, qui ont chacun leurs histoires, et chacun leurs problèmes (et comme le dit Becca, ça les rend parfois un peu indifférents à ceux des autres), mais qui, en fil rouge, ont toujours cette flamme dans le coeur.

Et, plus que leur famille, plus que leur époux, plus que leur travail, qu'est-ce qu'ils aiment, tout ces gens-là ? Ils aiment la vie, puissamment, et de manières différentes, mais ils aiment tous la vie. Et pour trois épisodes où la mort rôde comme un coyote affamé, ce sont trois épisodes qui parlent drôlement bien de la vie.

Ah, j'ai, depuis, réussi à enregistrer quelques bons épisodes de cette série, mais meilleurs que le final ? Ca, jamais.

Comment peut-on surpasser la grâce et la beauté de Becca qui, toute en abnégation, et bien que ça lui pèse, est prête à tout pour Jessie ? Comment peut-on surpasser ces dialogues pourtant si simples, qui dans tout leur naturel, parviennent à faire passer humour noir, espoir, amour, découragement, tristesse, peur...?

Corky
est née bien avant ces séries qui regorgeaient d'effets de manche, ces séries qu'on a vu fleurir dans les années 2000, avec des dialogues taillés au cordeau, des répliques étudiées au mot près, des plans toujours très propres et élaborés, avec des éclairages complexes, des décors extraordinaire, des mouvements de camera imaginatifs ou originaux... Oui, la réalisation date, mais elle peut se passer de ces démonstrations de force ! Car la série a une force incroyable, ses personnages sont touchants et réalistes, ils baignent dans le naturel, ils ne s'encombrent pas d'une beauté superficielle due à douze filtres de couleurs, à des écrans splittés ou encore à un montage incisif. Parce que dans la vie, personne n'est là pour mettre une lumière parfaite dans les moments qui comptent. Personne ne vous donne le mot parfait pour transmettre votre émotion. Et Corky est justement la série qui parvient à retranscrire tout cela. Il y a des flottements, il y a des plans maladroits, il y a des éclairages un peu bizarres, et des scènes qui parfois semblent sorties de nulle part (Jessie sous la douche ?!) mais au final, tout est parfait, il ne faudrait rien changer, car l'émotion est là, intacte, presque réelle.

Les années passent et, je le dis sans honte, je pleure toujours comme la première fois devant le final de Corky. Pour moi, ça, c'est culte. Le temps ne peut pas enlever l'énergie vitale qui se ressent à chaque instant de ces épisodes, le temps ne peut pas atténuer la grâce de cet enchaînement si parfait et si commun d'évènements de la vie de la famille Thatcher, le temps ne peut pas lutter contre la somme d'émotions qui frappent votre coeur comme des vagues sur les rochers à ce moment, ce moment précis.

Je réalise, pour la centième fois que je regarde ces trois épisodes auxquels je tiens tant, un peu comme à chaque fois que je les regarde, à quel point cette série, avec quelques autres, a signifié tant dans la façon dont je me suis construite, en tant que téléphage, mais surtout en tant que femme. Car elle est de ces séries qui vous laissent une empreinte indélébile sur l'âme. Certains de mes idéaux viennent de là. Certaines de mes valeurs viennent de là. Certaines de mes erreurs viennent de là. Certains de mes regrets viennent de là. J'ai grandi en gardant à l'esprit, parfois consciemment, parfois moins, ces trois épisodes qui, quel qu'ait été ma vie chaque fois que je les ai vus, ont eu de l'impact sur moi. Trois épisodes que j'ai regardés souvent au long des années, souvent avec un regard différent, mais qui ont contribué à ce que je devienne moi. Il n'y a pas beaucoup de séries dont on peut dire ça. A quelques jours d'un premier anniversaire qui me blesse comme jamais encore, suivre les dernières années de la vie de Jessie est d'un réconfort inouï. Il n'y a pas beaucoup de séries qui s'engouffrent dans notre coeur à ce point qu'on ne puisse que s'ouvrir personnellement en les évoquant.

Parfois, on a besoin de se réconcilier avec la mort, avec la vie, avec la famille, avec l'amour, avec plein de choses. On devrait tous avoir le final de Corky sous la main pour ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (ne vous représentez pas devant moi avant que cette lacune ne soit comblée) : la fiche Corky de SeriesLive.

J'ajoute que celui qui parviendra à me procurer le générique en bonne qualité au format numérique sera mon héros.

26 février 2007

Vie privée, vie qu'on nique

On s'attache à certains acteurs. Si, vous le savez bien... cette petite actrice qui n'arrive pas à obtenir de grand rôle mais dont on aime prendre des nouvelles, ou qu'on regarde avec plaisir lorsqu'enfin elle apparait en guest dans un show. Ou ce petit gars à la mine sympathique qui reste méconnu du grand public (ou oublié par lui) mais qu'on aime quand même bien, dans le fond... c'est pas sa faute si son agent a jamais su lui rattraper le coup ! Et puis bien-sûr, il y a ceux qu'on a repérés dans un rôle marquant, lorsqu'ils étaientt en pleine gloire, et qu'on n'a jamais vraiment réussi à lâcher ensuite...

Alors oui, des acteurs comme Tracy Middendorf, Jennifer Finnigan, Chad Lowe, Kevin Kilner... sont des noms, parmi d'autres, d'acteurs qui ont plus ou moins de chances d'avoir leur bouille en couverture de presse, spécialisée ou non, et de devenir les idoles du public. Mais je m'en fiche. Ce sont mes chéris à moi. Quand j'ai appris que Chad Lowe avait obtenu un rôle dans 24, j'ai été plutôt contente. J'ai même sérieusement envisagé, l'espace de quelques minutes, la possibilité de regarder à nouveau cette série pour le voir (faut ptet quand même pas pousser le fandom à ce point, cela dit). Je me sens un peu comme la supporter d'une équipe de foot de seconde division, mais c'est pas grave, je ne ressens pas le besoin de voir mes quelques chouchous accéder au plus haut (ou y accéder à nouveau puisque son rôle dans Corky l'avait quand même bien fait connaître du public américain), je me dis qu'il y a à Hollywood et New York un vivier dense d'acteurs, et que là-dedans, il y a des gens discrets, ou qui de temps à autres arrivent à quelque chose puis redisparaissent, qui ont une vie qui ne ressemble pas à celle des stars qu'on nous montre le plus souvent, avec strass et paillettes ; des gens qui tentent simplement de faire leur boulot, passant d'un contrat à un autre, et qui ont cette sorte de discrétion si charmante, cette sorte de modestie sur eux, qui laisse plutôt imaginer que ces gars sont des types qui ne cherchent pas à récolter la gloire, juste à vivre de leur métier. Bien que ne dédaignant pas, à l'inverse, me réjouir de certaines célébrité du petit écran (et de la transition d'un statut à un autre pour certains des acteurs que je suis depuis un certain temps), je trouve cela touchant et attirant. J'ai cette affection pour eux. Oh, si, je suis sûre que vous connaissez ça.

Avec le temps, ces acteurs deviennent des sortes de rendez-vous. Ils disparaissent un temps, ou font une bouse diffusée sur une obscure chaîne que vous ne verrez jamais, et vous continuez votre vie, votre téléphagie et vos autres passions, comme si l'acteur n'avait jamais existé, sans courir après les potins, les photos lors des soirées people. Après tout c'est pas comme si on se connaissait personnellement ! Chacun a sa vie, quoi. Et puis un jour, vous avez de ses nouvelles, et c'est un peu comme si vous l'aviez toujours gardé dans un coin, et avoir de ses nouvelles fait plaisir. Il a décroché un petit rôle, une apparition en guest, un second rôle, peut-être même un lead. Et c'est vraiment sympa de savoir qu'il va bien ! Et voir s'il a vieilli, ou si elle a changé de coiffure, et si ça colle avec sa filmo précédente... Sur le long terme, il y a cette relation à la fois non-investie et tendre...
Comme certains parrainent des enfants au Guatemala, je parraine des acteurs à Hollywood ! (et quelques producteurs aussi, James Wong et Glenn Morgan peuvent me remercier, je vais voir leurs bouses pour faire rentrer l'argent dans les caisses pour leurs chefs d'oeuvre)

Mais parfois, avoir de ses nouvelles, c'est pas une bonne nouvelle. En témoigne cette interview de Chad Lowe, justement (comme quoi ya un raisonnement sous cet amas de mots !). Dont j'avais appris sur le tard que lui et Hillary Swank avaient divorcé (tu sais pas ce que tu perds, ma caille). Mais bon, c'est même pas comme si j'avais un crush sur lui ni rien, je vais pas me réjouir pour si peu (par contre si Desiree Gruber veut se faire la malle, qu'elle me maile avant). Mais soudain d'apprendre que cette petite traînée a rendu public son problème d'addiction il y a quelques mois (il faut que je me mette à lire Vanity Fair, apparemment il s'y dit des trucs de temps à autres, ahem !), ça me met hors de moi.

Et là, j'enrage ! Avons-nous besoin de savoir tout ça ? Avons-nous besoin de savoir que Chad Lowe a eu ce soucis, surtout s'il est clean à présent ! A-t-il frappé quelqu'un, a-t-il abusé de ses gosses, non ? C'était son problème, personne ne l'a su avant que cette petite garce opportuniste (ça décroche deux Oscars et ça se sent plus pisser, ces bêtes-là, et ça oublie un peu vite qu'elle parlait encore à des cadavres ya dix ans !!!) n'aille mouffeter, personne n'avait besoin de savoir ça !
Pourquoi les gens sont-ils si friands de ces informations qui n'en sont pas ? Pourquoi ne pas lui demander le secret qu'il a pour ne pas sembler vieillir (ma théorie : c'est génétique) ? Pourquoi ne pas lui demander s'il n'a pas envie un jour de tourner avec son frère ? Pourquoi ne pas lui demander si maintenant qu'il est passé derrière la camera, il n'a pas envie de poursuivre dans cette voie ?
Faut-il donc tout salir ?

Alors oui, dans la fin de cette interview, je retrouve l'acteur tel que je l'ai perçu au gré de ses rôles, l'homme simple, lucide et profondément humain. Oui, à la fin de cette interview, nous avons une maginifique conclusion, et une leçon d'humilité comme je les aime. Mais je suis et reste outrée de cette habitude de chercher à rapporter les secrets les plus sombres de chacun. Je suis d'ailleurs convaincue que c'est ce genre de noirceurs qui fait les bons comédiens. C'est leur souffrance qui fait que leur jeu a de la substance. C'est leur remords qui leur permet de ne pas jouer leurs rôles de façon manichéenne. Et nous avons cela en chacun de nous, et certainement je n'aimerais pas que certaines choses soient dites par d'autres que moi, à un moment que je ne voudrais pas. Je suis d'une nature peu friande de secrets, et je n'ai aucun problème à parler de ce que je ressens ou ai pu vivre, mais c'est à moi de communiquer sur ces choses, et pas aux fouille-merde d'aller les raconter alors que j'ai mieux à dire, ou envie de parler de choses plus gaies, ou que mon actualité est loin de se borner à ça. Je ne vois pas en quoi un acteur fonctionnerait différemment. A la base, Chad Lowe est un acteur, et ce n'est pas pour sa personnalité qu'on l'aime, mais pour sa capacité à en endosser d'autres et les investir à sa façon. Pourquoi chercher à savoir s'il est slip ou caleçon ? Du moment qu'il décroche un rôle et qu'il est capable de m'émouvoir, je ne demande rien de plus, et je trouverais normal que ce soit ainsi pour tout le monde.

Mais personne ne se met à la place de Chad Lowe, ou Fran Drescher. On les traite comme des grenouilles qu'on peut disséquer à volonté, et dont on peut ressortir les histoires personnelles de la même façon que si elles étaient fictives. Cette insensibilité me tue.

Je bouillonne encore de rage, mais je sais qu'on n'y peut rien. Je sais que la majeure partie du public préfère cette impression d'entrer dans l'intimité des stars, et tout savoir (parfois aussi pour le sacro-saint principe de vérité), plutôt que de simplement goûter avec plaisir ce que ces personnes, car c'en est, ont à offrir.
Ce doit être dûr de n'avoir pas droit à une vie privée, simplement parce que, par écran interposé, on entre dans celle des gens. Je suis contente d'avoir arrêté les cours de comédie.

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