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ladytelephagy
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14 juillet 2011

La plus grande pauvreté

J'ai des dizaines de choses à faire : finir Mesudarim, regarder Koselig Med Peis (cette fois avec sous-titres), m'envoyer l'intégrale de Jack & Bobby que je me promets depuis l'été dernier, sans compter quelques pilotes que j'ai dans ma besace (j'ai toujours des pilotes dans ma besace...) et les posts que je dois écrire sur Cloudstreet, Game of Thrones...
Non, je ne manque pas d'occupations.

Cependant, je suis atteinte de ce curieux mal qui m'arrive souvent après une intégrale (ou deux, comme l'an dernier avec Les Craquantes et Will & Grace) : je n'ai envie de rien.
Si, de Roseanne.
Mais bon, on a vu comment ça a tourné sur la fin, hein.

RoseanneEmpty
Et pourtant, que la série ait été un plaisir de chaque instant ou qu'elle ait eu ses (très) mauvais moments, il y a toujours cette période, à l'issue d'une intégrale, pendant laquelle on n'a goût à rien parce qu'il faut se déshabituer des réflexes acquis pendant quelques semaines : lancer le DVD et s'envoyer un petit épisode pendant le dîner.
D'accord, qui suis-je en train d'essayer de berner ? Deux épisodes.
Ok, ça va, trois, vous êtes de la police ou quoi ?

Toujours est-il que même en étant parfaitement consciente qu'il n'existe aucune force suffisamment puissante de par le monde pour me contraindre à regarder une nouvelle fois un épisode de la 9e saison de Roseanne, et que certains d'entre eux m'ont téléphagiquement traumatisée à jamais (je vous remets pas les liens vers les twitpics, hein, j'ai pitié, elles étaient déjà dans le post précédent et c'est un acte de barbarie suffisant), eh bien malgré tout, la série me manque.
Le processus est, j'imagine, naturel. Pour autant, même pleinement consciente en toute objectivité de l'ironie de la chose, difficile de penser à autre chose en ce moment.

Alors, même si j'aimerais qu'aujourd'hui mon post vous parle d'un pilote génial, vous rappelle une série méconnue, ou vous commente une news sur la cérémonie télévisuelle qui est la plus chère à mon coeur... aujourd'hui, mon post peut juste vous dire que Roseanne me manque.
Au juste, je ne suis pas bien sûre du pourquoi. Mais toute la journée, j'ai expérimenté le comment.

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13 juillet 2011

Le poing levé

Tout a commencé il y a un peu moins d'un mois et demi, sept semaines, en fait. Nous voici arrivés 222 épisodes plus tard, et j'ai fini mon intégrale de Roseanne. Ce fut toute une épopée qui a notamment comporté un achat de l'intégrale, des semaines de délice, et une dernière semaine où j'ai bien souvent été à la torture, mais j'y reviens en temps utile.

Et avant de vous faire un petit post de bilan (je sais bien, je n'ai jamais le réflexe d'en faire et il faudrait que je prenne le temps de vous reparler de Cloudstreet, par exemple, ou de mon revisionnage de The No. 1 Ladies' Detective Agency, mais je n'ai simplement pas pris le pli...), je voudrais revenir sur cette expérience incroyable qui consiste à assister à la fin d'une série. En ces temps d'annulations souvent intempestives (même quand on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour les éviter), on a tendance à oublier. Et puis, suivre une série sur plusieurs années, et s'envoyer l'intégrale en quelques semaines, ça transforme aussi le regard qu'on a ce sur final. Bref, on a parfois tendance à oublier ce que c'est que de voir grandir une série et la voir se préparer à disparaître, et à le faire en quelques heures.
Pour tout vous dire je suis encore ébranlée. Des personnages qu'on avait appris à aimer, qui s'en vont sans espoir de retour, ce n'est pas un spectacle dont on sort avec le sourire.

Conner-1

Pourtant comme je l'ai dit, ces 7 semaines ont été des véritables montagnes russes. C'est le danger des intégrales : le visionnage condensé fait qu'on voit mieux la plupart des choses. Parfois c'en sont de bonnes, on repère des références, des petits rappels, des marques de continuité qui nous auraient échappé si on avait laissé passer une semaine entre deux épisodes. Et puis parfois, il s'agit de mauvaises choses, et ça rend les choses douloureuses à regarder.

Il y a 7 semaines et 9 saisons de ça, Roseanne (re)commençait comme un sitcom honteusement drôle. Pas de famille dysfonctionnelle ici, mais un personnage central et un parti-pris atypiques, et des revendications à la pelle. Parce que la mission première de la série n'a jamais été de simplement faire rire, mais de faire rire pour faire passer la pilule d'une masse de prises de position assumées et pas forcément bien vues, Roseanne se devait d'avoir d'excellents dialogues, et elle a longtemps brillé par leur verve sans fioriture. La série met en scène des personnages qui sont peut-être pauvres, peut-être pas très éduqués, peut-être pas sortables... mais définitivement intelligents (sauf Mark). Jamais ses personnages ne sont pris à défaut de ce côté, leur répartie ne les diminue jamais, les saillies ne sont pas là pour les tourner en ridicule. C'est donc un univers où il n'existe pas de gag à proprement parler, mais plutôt des vannes constantes et échangées allègrement par tout le monde. Et avec tout le respect que je dois à de nombreux sitcoms qui pourtant m'ont fait rire, c'est une qualité qu'on trouve rarement dans ce genre où le rire vient avant tout du ridicule.

Mais outre le fait qu'elle ne prend pas ses personnages pour des imbéciles, la série a aussi décidé de choisir ses sujets avec intelligence, décidant par là de ne pas prendre ses spectateurs pour des imbéciles. C'est l'angle social dont se prévaut tant la série.
Les premières saisons (ça s'atténue fortement lorsque Roseanne et Jackie tentent de monter leur propre affaire) sont consacrées à des intrigues vues peu ou pas du tout ailleurs, et quand elles ont un pitch de départ similaire, elles ne sont jamais traitées selon les canons du genre et surprennent toujours. La série ne nous emmène pas où tant d'autres sont allées : ainsi, quand Roseanne quitte son travaille à l'usine, elle paye le prix de sa démission et ne trouve pas de travail tout de suite. Les cordons de la bourse familiale se resserrent et elle passe plusieurs épisodes à vivoter d'un boulot de vendeuse d'abonnements par téléphone. Ainsi, chaque décision quant à l'avenir de la petite famille ne se décide pas pour nous faire rire ou provoquer un changement, mais avec toujours un oeil sur le point d'horizon, et les étapes réalistes qui se produiront forcément si un changement intervient. Le plus souvent, dans les premières saisons, ces changements sont de l'ordre professionnel et n'interviennent ni par hasard, ni de façon miraculeusement résolue. S'imprime vite un schéma, qui je pense doit être moins évident pendant un visionnage hebdomadaire, de format feuilletonnant subtil.

Ce qui est fascinant c'est aussi la façon dont ces choix sont conduits. La famille Conner ne prend jamais de décision mûrement réfléchie, ou presque, et ne se dit pas qu'il faudrait peut-être se montrer raisonnable et/ou essayer de faire quelque chose pour redresser la barre (comme on a vu plusieurs fois le faire les familles de séries comme Malcolm). Ce sont des impulsifs, ils payent le prix de leur choix, et la série ne leur trouve pas d'excuse autre que "c'était comme ça qu'on le sentait". Impossible de voir Roseanne traiter son job, en apparence parfait, dans un salon de coiffure, sans se dire que la pauvre femme a perdu la tête. Mais à aucun moment la série ne cherchera à lui donner à se justifier. Les choix de Conner, quels qu'ils soient, leur appartiennent entièrement, comme s'ils n'avaient que faire de ce que le spectateur en pensera, drapé dans son assurance de savoir ce qui est le mieux pour les personnages, ou comment il faudrait se conduire pour arranger les choses. Les Conner sont pauvres et parfois semblent tout faire pour le rester, mais c'est parce que dans le fond, ce sont des indépendants, et il y a certaines choses qu'ils ne feront jamais juste pour pouvoir payer les factures.

Derrière cette apparente désinvolture repose donc une grande part de volonté de rester libre des carcans sociaux. Les nombreuses démonstrations de Roseanne pour prouver que c'est elle qui porte la culotte, et qu'elle n'est pas une femme soumise, en sont une autre manifestation.

Au-delà du constat social, ou plutôt de la déclaration de guerre contre l'ordre social, Roseanne est aussi une série qui parle du rapport parent/enfant avec une sincérité désarmante, et la volonté là encore de ne pas donner de leçon. Parce que les parents eux-mêmes en sont bien incapables. Ils ne veulent pas tenir leurs enfants, ils ne veulent même pas leur inculquer quoi que ce soit, ils les laissent vivre même si après, pour parvenir à ce qu'elle veut, cette manipulatrice de Roseanne finir par tenter de tordre leur volonté. Mais les Conner ne peuvent jamais vraiment contrôleur leurs enfants et, sur le long terme, cela se prouvera de nombreuses fois.

J'ai dit que Roseanne était un personnage manipulateur : ce n'est pas là son pire défaut. Bruyante, désagréable, constamment en quête du contrôle total (qu'elle n'exercera jamais vraiment parce qu'elle est trop électron libre pour se contraindre elle-même à exercer longtemps son pouvoir de coercition sur la famille et les amis), cette femme qui est, comme le titre de la série l'indique clairement, au centre de tout, est aussi le personnage le plus détestable du lot, celui qu'on a envie de baffer par moments, celui qui semble toujours manquer de coeur ou de finesse pour apprécier ce qu'elle a. Ajoutez à cela que Roseanne Barr (or whatever) n'est pas la meilleure des actrices, et de loin ; fort heureusement, John Goodman est un homme de grand talent qui sauve chaque scène et porte Barr autant de fois que nécessaire.
C'était en tous cas assez osé de réussir à rendre le personnage si antipathique et en même temps de le rendre incontournable, jamais totalement haïssable parce que, admettons-le, il a aussi quelques unes des meilleures répliques.

Conner-2

La réputation de Roseanne la précède : il est de notoriété publique (téléphagiquement publique, disons) que sa fin est une erreur de la nature. Après bien des rires et des épisodes engloutis avec gloutonnerie, je suis arrivée dimanche à la saison 9. On m'avait dit que c'étaient les trois dernières qui étaient moins bonnes, et la 7 comme la 8 se montrant appréciables (même si franchement moins abouties), je partais avec une relativement bon a priori sur la question.

C'était sans compter sur notre ennemi à tous, téléphages de bon goût : le saut de requin. Tremblez ! Roseanne effectue un jump the shark de toute beauté, exécuté avec autant de souplesse qu'une baleine et autant de doigté qu'un manchot. Et tout ça, en nous regardant droit dans les yeux avec défi, l'air de dire que c'est comme ça et puis c'est tout, à prendre ou à laisser.
Plusieurs fois je vous avoue que l'envie ne m'en a pas manqué ! Tout laisser, peu importe la loyauté qu'on ressent instinctivement envers une série qu'on a suivie assidûment et à fortes doses pendant 8 saisons dévorées en une courte période de temps.

Insupportable, le premier quart de la saison va détruire tout ce que la série avait mis en place avec tant d'intelligence, d'audace et de bonne humeur incisive. La saison tombe totalement à plat. Les cosplay quasi-permanent est insultant. Le défilé complètement gratuit des guests est insupportable. Les intrigues tiennent sur du papier à cigarette (un cas d'école : l'épisode dans le train). Ne sont à sauver que quelques épisodes (déjà initiés dans des saisons précédentes, maintenant plaqués sans le moindre remords sur une intrigue moribonde) qui servent d'hommages aux grandes comédies de la télévision américaine, comme Gilligan's Island, That Girl, I Dream of Jeanie, et bien d'autres (on retrouve la même volonté dans Une Nounou d'Enfer, qui n'a jamais renié ses influences).

C'est une abomination, et il n'y a pour cela qu'une personne à blâmer : John Goodman. Chaque fois que Dan disparaît pendant la saison, c'est une torture que de voir les intrigues se déverser dans le tout à l'égoût. Chaque fois que Goodman accepte de se coltiner Roseanne Barr, certes l'alchimie est diminuée entre eux (rarement vu une série où les tensions se ressentent autant à l'écran), mais les intrigues reprennent des couleurs.

Tout ça pour s'achever sur une fin de saison encore radicalement différente, totalement sentimentale, avec des gags plats mais beaucoup d'émotion tirée d'une intrigue qui prend une tournure incroyablement dramatique. Impossible alors de rester de marbre même si on s'étonne un peu, dans le fond, de s'être autant éloigné de la comédie (mais avec le talent des meilleurs tear-jearkers). S'ajoutent à cela de nombreuses mais très fines touches du type "bouclage de boucle", comme autant de rappels des premières saisons et/ou des gimmicks de la série, qui complètent parfaitement l'effet recherché lorsqu'on aborde la saison finale d'une série qu'on connaît sur le bout des doigts.

Hélas, Roseanne se clôt sur un dernier affront, la scène finale du dernier épisode nous inflige encore quelques blessures en balayant d'un revers de la main (comme une vengeance de la créatrice de la série) les éléments auxquels on s'était le plus attachés.

Conner-3

Pleine de surprises, bonnes comme mauvaises, Roseanne est une série qui change radicalement la face du sitcom. On peut ne pas en aimer les recettes, on peut en déplorer l'évolution finale, on peut adresser des reproches et beaucoup seront fondés.
Mais on ne peut lui enlever le caractère proprement révolutionnaire de son ton et de son propos dans ses premières saisons, et la galerie de personnages épatante qu'elle développe (la série se montre très fidèle à nombre d'entre eux, qui n'apparaissent ni ne disparaissent jamais vraiment de façon soudaine dans la vie des Conner, et s'applique à nous montrer comme normale la réapparition de certains d'entre eux, témoignant d'une forme de tendresse à laquelle j'ai rarement assisté dans une série).

Même fâchée, même en larmes, je finis ces 7 semaines de visionnage avec la conviction d'avoir assisté à une des plus grandes comédies de l'histoire de la télévision. Au moins au début.

Pour vous en assurer, je vous invite donc à ne pas hésiter à tenter le pilote de la série, qui devrait compter parmi les épisodes vus de tout téléphage qui se respecte. Tout le monde ici sait comment tirer le meilleur d'un post La preuve par trois, dites ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

12 juillet 2011

Qui peut le plus...

Alphas

Ce qu'il y a de bien, quand on n'attend pas de série en particulier et qu'on prendre l'habitude de ne jamais prêter attention aux projets, c'est que les déceptions n'existent pas. Hélas j'ai tendance à faire deux poids, deux mesures, et un jour je saurai appliquer ce beau précepte aux dorama, mais en attendant, pour les séries US, ça fonctionne bien (c'est peut-être aussi un mécanisme que j'ai développé face au buzz intense que peuvent générer certaines séries, problème que je ne rencontre pas spécialement quand il s'agit de séries asiatiques...).

Donc Alphas, bon, j'en pensais pas de mal à la base, mais j'en espérait rien de spécial non plus, j'étais prête à prendre le pilote comme il venait et aviser ensuite, sans préjugé sur le côté "encore des superhéros/mutants/whatever", rien.
Et au final, j'ai passé un relativement bon moment.

En fait, jusqu'à ce que les scènes d'action commencent dans l'hôtel, c'était même parfait : les personnages ont des capacités intéressantes et montrent bien qu'il y a eu une véritable envie de changer des "superpouvoirs" communément utilisés, certains membres du groupe se révèlent très vite attachants (en fait je ne vous cache pas qu'il s'agit des mêmes, à savoir Gary et Rachel), la dynamique de groupe est sympathique (la façon dont presque tout le monde est attentionné envers Gary, le côté "je suis trop bien pour eux" de Bill...), les pouvoirs sont utilisés avec intelligence (là encore, c'est celui de Rachel qui est le mieux développé et exploité dans ce pilote). Bref, concrètement, l'exposition est bonne et donne envie.

Côté effets spéciaux, même s'il y en a juste un peu trop en ce qui concerne Gary, globalement le résultat est bon. En particulier, l'idée de "désactiver" les autres sens de Rachel et de montrer la façon dont elle se concentre n'est pas mal rendue. Concernant Bill et Nina, l'effet est relativement léger. Pour l'instant, pour Cameron, il est même inexistant.
Pour le spectateur à la recherche d'un bon équilibre, entre l'envie d'en avoir quand même pour son argent (on est sur SyFy après tout), et l'impression blasée d'en avoir trop vu pour se laisser impressionner par une débauche de moyens, la série offre une solution médiane correcte, surtout si on considère que c'est un épisode d'exposition et que certaines démonstrations ne deviendront plus nécessaires quand le spectateur aura ses repères, comme le voyage dans les artères de Bill (la transpiration suffisant à la démonstration).

Là où ça se gâte, c'est en fait dans le domaine de l'action et des perspectives d'avenir de l'intrigue.
Comme par hasard, il y a une vilaine organisation mystérieuse, comme par hasard, ils travaillent pour la police mais ça ne doit pas se savoir... ces côtés-là sont vus et revus, et ne témoignent pas du soin qui a été apporté aux pouvoirs ; c'est un peu plaqué que d'entendre parler du Red Flag, c'est un peu trop facile de remplir le derniers tiers de l'épisode avec une chasse au vilain méchant (qui se déroule de surcroit selon le schéma ultra rabâché du "on a fini par l'avoir, mais en fait on l'a pas eu, mais finalement on l'a vaincu").
De ce côté-là, on dirait vraiment une série bas de gamme pour le moment.

AlphasRachel
Alors ? Alors il reste l'espoir. L'espoir qu'autour de ces personnages et de leurs compétences, l'histoire se développe avec plus d'originalité à partir de là.
Que le côté pile de chaque pouvoir se dévoile et entre réellement en jeu dans la narration, et ne soit pas juste un accessoire pour corser un peu les "enquêtes" et les faire tenir en 45mn.
Que les capacités des personnages dont les capacités ont été sous-exploitées soient mieux mises en avant (pour l'instant, Bill n'est pas vraiment un atout dans leur manche...).
Que l'on découvre des choses intéressantes sur Red Flag, et qu'on évite le méchant de la semaine qui nous donnera un minuscule indice qui conduira au season finale.
Que les personnages qui semblent un peu trop confiants, à l'instar du Dr Rozen, dévoilent aussi un côté faillible.

A partir de là, Alphas a donc le choix : devenir une bonne série fantastique, ou se contenter du minimum.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Alphas de SeriesLive.

11 juillet 2011

Mortellement déçue

SoredemoIkiteYuku-1

Il existe un travers impardonnable pour un pilote : sa lenteur. On ne pourra pas faire ce reproche au pilote de Soredemo, Ikite Yuku : l'histoire est tendue vers un but et un seul, et les choses sont en fait assez rapides. Et c'est, en fait, ainsi qu'on obtient un autre travers impardonnable : l'impression de prétexte. Comme si tout était balayé pour pouvoir arriver à une situation, celle qui permet à ses deux héros de se rencontrer et s'ouvrir l'un à l'autre. Dans une comédie romantique, la chose serait ridicule. Dans le registre dramatique, on a juste l'impression d'un gâchis.
Ainsi, Soredemo, Ikite Yuku rate ses occasions d'être émouvante, tout ça parce qu'elle veut nous mettre dans une certaine disposition d'esprit et, pour cela, la série prend des raccourcis.

Pourquoi l'héroïne se retrouve-t-elle à coller aux basques du héros ? Parce que le scénariste avait besoin qu'elle assiste, impuissante, à la douleur de cet homme et de sa famille pendant tout le pilote. Le héros doit pouvoir se livrer à elle à propos de son deuil sans la moindre ombre de méfiance pour que la leçon porte ses fruits, et c'est ce qu'il fait. Tout cela sonne un peu faux (surtout dans un Japon où l'on a si souvent tendance à maintenir les apparences et ne pas accabler l'autre avec ses états d'âme sombres), mais il faudra surmonter le sentiment d'incohérence pour continuer à suivre l'histoire, car l'auteur ne s'arrêtera pas à ce détail.

Le scénariste a besoin qu'elle en passe par là pour sa démonstration, alors nous y voilà, bon gré mal gré, avec un personnage qui semble n'être là que pour s'en prendre plein la gueule de la part du héros, sans même que celui-ci sache le mal qu'il est en train de faire. Ce n'est que justice d'accabler ainsi la soeur du coupable, dans cette étrange forme de mentalité nippone, qui semble si normale (forcément), et qui consiste à faire payer le prix de la honte 15 ans après à toute la famille, même à la petite soeur qui n'était pas née au moment des faits. C'est totalement acceptable de faire souffrir la famille du tueur, et le scénariste se venge, lui aussi, en imposant à l'héroïne d'assister au grand déballage sans oser rien dire. Elle doit souffrir parce que sa responsabilité commence maintenant : quand elle commence à être désolée pour la famille de la victime, sans cesser d'aimer son frère le meurtrier, le scénariste en a voulu ainsi.
La rédemption de la soeur du tueur ne passera pas par lui. Ce n'est pas son propos : il veut que la fille souffre. Il veut faire peser la culpabilité sur la soeur du tueur, et qu'il soit impossible de vraiment ressentir de la peine pour elle.

Ce n'est pas vraiment comme si on pouvait compatir au drame du héros, en face d'elle, qui semble tellement manquer d'un minimum de délicatesse, et commence à déballer, au bout d'à peine 20mn d'épisode, les raisons pour lesquelles il est, aujourd'hui, 15 ans après le meurtre, toujours puceau (euh, quoi ?!) à une parfaite inconnue, juste pour pouvoir expliciter tous les enjeux que le scénariste n'a pas su poser avec plus de tact que ça. Déconnecté de ses propres émotions, à la fois conscient du drame que son histoire représente mais incapable de réagir comme s'il était vraiment touché, il ne procure rien au spectateur. Seul le jeu emprunt de douleur sourde d'Eita touche le spectateur ébahi par ce déballage, et encore, on sent que c'est uniquement parce que l'acteur avait quelque chose à exprimer qui lui était personnel. Il n'aurait jamais eu la force de faire un come back dans une comédie romantique quelconque ; le scénariste n'a aucun mérite dans cette émotion, donc.

Ainsi va le pilote de Soredemo, Ikite Yuku. Pas vraiment touchant. Pas vraiment critique. Pas vraiment construit pour présenter la moindre forme de suspense non plus. Juste tendu vers un but, et un seul : tenter de donner des airs de tragédie grecque à une histoire qui aurait pu être mieux troussée, mais n'est qu'une accumulation de clichés typiques du drame-dramatique-qui-fait-pleurer.
L'épisode aurait pu être bon entre les mains d'un auteur plus délicat. Il faudra se contenter de ce résultat-là... ou ne pas s'y résoudre, et passer à autre chose cette saison. Faire le deuil d'une série qui aurait pu être bonne, en somme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Soredemo, Ikite Yuku de SeriesLive.

10 juillet 2011

Get (almost) real

Il faudra certainement plusieurs heures, peut-être des jours de réflexion, avant de réussir à comprendre ce qui peut me fasciner chez LisaRaye McCoy/Keisha dans Single Ladies, mais les faits sont là, et ils sont têtus, les bougres.

En cherchant à me documenter à son propos, j'ai découvert qu'elle avait sa propre émission de télé réalité (mais qui de nos jours n'a pas la sienne ?) depuis un an et demi, intitulée si sobrement et poétiquement : LisaRaye: The Real McCoy. Il y en aurait donc des fausses ? Nenni, c'est juste que vous allez ainsi apprendre à connaitre sa VRAIE personnalité, ô joie ; désolée pour le suspense, mais c'est la même que celle de Keisha dans Single Ladies.

C'est donc la deuxième fois que je vais vous parler de télé réalité, alors qu'après l'expérience Jersey Shore (suivez les tags si vous êtes téméraires), j'avais promis qu'on ne m'y reprendrait plus, mais on va faire comme si on n'avait rien vu.

TheRealLR
Parce qu'en fait il y a des sous-genres dans la télé réalité. Enfin, je vous dis ça, vous êtes certainement au courant, mais comme je suis vieille et pas du tout dans le coup (la meilleure preuve c'est que j'utilise cette expression), pour moi c'est une découverte. Donc :

- il y a les trucs trash, sur la jeunesse débauchée (mais c'est trop lol, alors c'est pas grave) de telle communauté, ou tel coin pathétique de la planète (trois coins pathétiques dans le cas de Jersey Shore puisque pour faire plus exotique, la bande était récemment envoyée en Italie pour essayer de voir s'il existe des MST strictement européennes à rapporter en souvenir aux copains restés au pays, qui seront, à coup sûr, épatés), ou tout simplement d'une tranche d'âge, pourquoi se compliquer la vie. L'idée est de partir d'un cast nombreux pour que, si 90% de la fine équipe ne fait rien pour divertir le public, il reste toujours quelques cas au sein du cast pour toujours faire un truc débile, vulgaire et/ou ridicule (en fait, je voulais dire "et", je ne sais pas d'où sort ce "ou"). On tente de nous faire croire qu'on va voir là quelque chose de vrai, presque un commentaire social sur la population concernée, mais en fait ils en rajoutent tous des tonnes et n'ont rien de naturel. Un impératif, et un seul : il faut que ça nique.
Ca, je connaissais déjà, c'est par là qu'on a tous commencé, avec Loft Story, et je vous avoue qu'instinctivement, quand je parle de télé réalité, c'est à ça que je pense ; et je n'en pense pas que du bien, loin de là.

- il y a également la version à peu près artistique : les émissions de télé réalité héritières des radio et télécrochets. En général c'est assez inoffensif pour ce que j'en ai vu, seulement voilà, moi ç'a m'a toujours fait puissamment chier de voir des gens se faire humilier par un jury en espérant qu'il y en aura un qui sache moins mal chanter/danser/jongler/faire le beau que les autres. C'est comme mon problème avec The Comeback : l'humiliation ne me fait pas rire, ni vraie, ni imitée. Et j'avoue mal comprendre cette obsession de vouloir devenir chanteur/danseur/singe savant/toutou (on en parlé à l'occasion de Victorious, là encore ça se passe dans les tags).

- il y a aussi les jeux, genre Koh Lanta, et je vous avoue qu'à mes yeux, c'est un peu plus haut encore sur l'échelle de valeur de la télé réalité, parce que certes, les candidats se mettent souvent dans des situations impossibles pour pas grand'chose, mais c'est toujours mieux que s'humilier totalement, il y a un certain goût de l'effort derrière, comme par exemple dans Pekin Express, où on est tous conscients que la prise de risque est en réalité totalement sous contrôle, mais où les mecs tentent de faire quelque chose de constructif pour gagner quelque chose. Ils font mieux illusion que les autres, dirons-nous.

- il y a, enfin, la télé réalité people. Ce sont des produits directement adressés aux gonzesses, et qui leur proposent de suivre une célébrité de leur choix (et il est pléthorique) et tenter de compatir à ses petits malheurs, genre valise égarée (I kid you not). Contrairement à ce qu'on a vu dans la version trash classique, on se base ici non pas sur un groupe diversifié, mais sur une personnalité qui doit assurer le show seule à tout prix, si bien qu'on est dans le total culte de la personnalité, tous les personnages secondaires étant forcément à la botte de la célébrité, aussi méconnue soit-elle. C'était un genre qu'en fait je n'avais jamais approché.

Une précision intéressante, c'est que ces genres peuvent se mélanger entre eux. Exemple : on a vu avec Star Academy que l'à peu près artistique pouvait entrer en collision avec le trash, ou qu'un jeu comme L'île de la tentation pouvait être trash, ou encore, le trash avec le people dans La ferme chais plus quoi. En fait on peut tout faire en version trash et c'est ce qui donne si mauvaise réputation à la télé réalité, en général. Beaucoup de trash font en revanche semblant d'être des jeux.

Je sais, je sais : pour vous, rien de nouveau. Mais personnellement je me suis soigneusement tenue à l'écart de la télé réalité depuis Loft Story.
Oh, n'allez pas croire : j'ai regardé Loft Story. Et à l'époque j'en disais du bien. J'enregistrais les épisodes en prime (pas la quotidienne, quand même), et je disais en rigolant que c'était comme regarder une série, puisque l'un était aussi scripté que l'autre. Mais quand la première saison de Loft Story s'est achevée, j'ai tourné la page de la télé réalité et n'y suis plus revenue. Pour moi, c'était une expérience qui n'était pas supposée se renouveler : on avait essayé quelque chose de nouveau à la télé, on avait vu les réactions, vu les conséquences, pesé le pour et le contre, vu à peu près tout ce que ça pouvait donner comme divertissement. Il était temps de tourner la page après cette saison. Mais les audiences en ont décidé autrement. Moi par contre, je ne voyais pas l'intérêt d'aller plus loin et n'ai dés lors offert que mon mépris à ces émissions qui semblaient toujours plus débilitantes. Je n'aime pas avoir l'impression d'être prise pour une conne, et encore moins le prouver en regardant un truc débile juste pour en dire du mal. No offense, guys, c'est juste comme ça que je le ressens.

Une fois de temps en temps je me dis que je devrais peut-être regarder une télé réalité récente pour voir où on en est, mais déjà ma télé est débranchée depuis un bail, et d'autre part ya vraiment rien qui m'attire si je m'en réfère aux pitches. Ou ce qui tient lieu de.

J'ai eu l'autre jour une conversation intéressante avec Tony qui me soutenait que c'était une question de génération, et que ma génération avait aimé les sitcoms, la suivante aimait la télé réalité, et le fait que je n'aime pas était juste dû à mon grand âge (il l'a tourné plus diplomatiquement que ça, je vous rassure). Je ne suis pas convaincue de ça. On trouve des quantités de gens plus âgés que moi qui dévorent de la télé réalité (aux dernières nouvelles, mes parents en regardent... j'attends comme une délivrance le jour où on me confirmera que j'ai bien été adoptée).
Je crois que la différence tient plus dans le niveau d'exigence téléphagique, outre le fait que chacun a son échelle personnelle en la matière, et qu'avec surprise, j'ai découvert que Tony abhorait le sitcom dont les rires du public lui semblent faux (le comble de l'ironie quand on regarde de la télé réalité en la savourant pour sa fausseté, justement). Je ne critique pas l'échelle des valeurs de Tony, je dis juste qu'elle me surprend.
En tous cas je tiens à préciser que les sitcoms, j'y suis venue sur le tard hormis pour Une Nounou d'Enfer (et suis restée assez difficile en la matière), donc je ne pense pas qu'il y ait un effet générationnel.

Enfin bon. Donc, j'avoue, je n'avais jamais donné dans le people, alors que j'avais vu des extraits des autres genres à l'occasion (ma soeur, Dieu lui pardonne, pratiquant régulièrement le "je regarde mais pour me moquer, cela dit t'avise pas de critiquer". Hm-hum).
J'ai donc tenté LisaRaye: The Real McCoy, et je vous avoue que... bah c'est pathétique aussi, mais différemment, et surtout c'est pas trash, ce qui est déjà ça (mais on a vu que le trash pouvait se combiner avec tout alors je suppose que si on est en manque, on doit pouvoir se trouver une célébrité qui nous en donne pour notre pognon quand même).

Du coup, je me sens éduquée, même si ça ne m'a pas spécialement plu. Pour la première fois, à cette occasion, je me suis forcée à me poser et arrêter de simplement vitupérer contre un genre télévisuel qui me répugne, et je crois pouvoir dire que désormais, il y a des types de télé réalité dont je dirai moins de mal que d'autres.
Du moment qu'on ne me force pas à les regarder.

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9 juillet 2011

[GAME] Comme un pinson

LoveandMarriage
"I love you in a way that's mystical, and eternal, and illegal in 20 states."
(Scott, Roseanne - 8x11 - December Bride)

L'été, c'est la saison des mariages. Pour preuve : l'ami Eclair a convolé juste aujourd'hui ; félicitations à lui et à sa douce.
Aussi quelle meilleure période de l'année que celle-ci pour consacrer un jeu à cette noble institution ?

C'est en voyant cet épisode de la 8e saison Roseanne que je me suis posé la question ; on y assistait à un mariage gay et, l'épisode datant de 1995, j'ai essayé de réfléchir pour voir si j'en voyais un plus ancien.
Mais je ne m'y connais pas vraiment en mariage gay, je vous l'avoue. Cela semble être plus l'apanage des comédies, comme souvent, les comédies sont en avance sur pas mal de propos qu'on se permet moins dans des dramas, ou qu'en tous cas on s'est longtemps moins permis dans des dramas. Or, contrairement aux apparences, je suis peu versée en comédies.

Alors voici un petit jeu qui nous changera du jeu des génériques : une énigme. Dont je n'ai pas la réponse, en fait.
Quel était le premier mariage gay dans une série ?

Pour gagner ce jeu, il vous faudra donc trouver un mariage gay (réellement consacré) ayant eu lieu dans une série, source à l'appui. Vous gagnerez ainsi un de mes célèbres cookies à la myrtille.
Toutefois, j'offre un prix supplémentaire à quiconque m'en trouve dans une série asiatique.

Soyez beaux joueurs ! N'allez pas embêter Google (qui d'ailleurs donne plutôt des réponses sur les séries daytime, or je vous avoue que j'avais plutôt en tête d'aller fouiller dans le primetime), essayez de sortir vos propres références, d'utiliser vos souvenirs, votre DVDthèque, bref, de jouer le jeu.
Pensez donc bien à dater (et lier une capture si vous en avez) le mariage gay télévisé auquel vous faites référence. Trouverez-vous mieux que 1995 ? J'en suis sûre !

"Drew, will you marry me in Vermont, the state that makes New Hampshire nervous ?"
(Nigel Wick, The Drew Carey Show - 6x06 - The Pregnancy Scare)

8 juillet 2011

[DL] Love Bites

Pour une raison qui m'échappe totalement, je ne vous ai pas encore vraiment parlé de Love Bites alors que j'adore la série. Bon, pas au point de vous en reparler encore dans deux ou trois ans (sauf revisionnage), mais au point chaque semaine de dévorer l'épisode avec gourmandise.

J'aime la formule, je trouve qu'elle apporte une véritable fraîcheur à un thème qu'on pensait vu et revu. Les histoires sont toujours tendres sans être ridiculement parfumées à l'eau de rose (même s'il faut admettre qu'elles ont toujours un happy ending). Les personnages, et principalement celui de Greg Grunberg qui d'ailleurs est plus héros de la série que ne le sera jamais Becki Newton (oh oui Greg, fais des photos de promo où tu mordilles un petit bonbon en forme de coeur !), sont attachants et drôles, leurs déboires sont dépeints avec beaucoup de fraîcheur... Bref c'est vraiment une série charmante.

LoveBites
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

A côté de ça, vous avez un générique plein d'énergie, parfaitement en adéquation avec le ton général de Love Bites. C'est péchu, un peu brouillon car très composite, et plein de petits détails à la fois sympas, drôles, décontractés et mignons. Enfin une série sur les déboires amoureux qui ne se prend pas trop au sérieux, mais qui ne nous prend pas pour des cruches !
Love Bites, c'est bon, croquez dedans... tant que vous le pouvez encore.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Love Bites de SeriesLive.

6 juillet 2011

Ecmnésie

Parfois, quand je suis de vraiment mauvaise humeur, je me dis que les sondages d'ORICON c'est de la merde. Mais ce n'est que quand je suis vraiment de mauvaise humeur et que je trouve qu'on devrait demander à tous les spectateurs japonais ce qui les attire dans une saison donnée, et pas juste aux adolescentes.

Vous l'avez deviné, voici venu le désormais traditionnel classement des séries les plus attendues de l'été, et ça fait pleurer.

1 – Hanazakari no Kimitachi he (saison 2)
2 – Zenkai Girl
3 – Team Batista (saison 3)
4 – Ouran Koukou Host Club
5 – Meitantei Conan
6 – Ikemen Desu ne
7 – Bull Doctor
8 – Zettai Reido (saison 2)
9 – Soredemo, Ikite Yuku
10 – Arakawa Under the Bridge

Hanakimi2

Il y a deux façons de considérer la présence de nombreuses séries renouvelées ou issues de franchises manga dans ce classement. Il y a la positive : c'est bien, ça prouve que ces histoires intéressent le public et qu'elles ont donc raison d'être portées à l'écran. Et puis il y a la négative : les jeunes spectactrices nippones ne vont vraiment pas chercher plus loin que le bout de leur nez et regarderaient vraiment n'importe quoi pour que ce soit bien promu.

Mais l'expérience l'a prouvé : les jeunes nippones, ce n'est pas représentatif, et en général les audiences ne reflètent pas forcément le sens des priorités de ces donzelles. On aura probablement l'occasion d'en parler avec la mise en ligne du bilan de la saison printanière, d'ailleurs.

5 juillet 2011

Là où il y a de la gêne...

Puisqu'on en est aux confidences, j'ai toujours eu du mal avec le concept de guilty pleasure, c'est incompréhensible pour moi. Parce que de deux choses l'une : soit on pense que la série est une merde, et on arrête, soit en fait elle a des avantages, même peu nombreux, et la traiter de guilty pleasure est une façon de se couvrir aux yeux du reste de la communauté téléphagique, ou de soi-même si on a vraiment des problèmes d'estime de soi, mais démontre une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle.

Aussi, quand je vous dis que je regarde Singles Ladies, il ne me vient pas naturellement l'idée d'y accoler le terme de "guilty pleasure", parce que mon plaisir n'est pas coupable, il est juste inférieur à d'autres que je peux ressentir devant des séries qui me rendent véritablement accro. Le jour où Single Ladies ne m'apportera plus cette fenêtre glamour sur le monde black d'Atlanta, je partirai sans me retourner, on aura passé du bon temps ensemble mais on n'avait pas d'attache, rien ne nous retient. Je ne suis pas obligée de regarder une série, alors si je la regarde, je lui dois (ainsi qu'à moi-même, en fait) d'admettre que c'est parce qu'elle a des bons côtés, même si ceux-ci ne flattent pas forcément mon ego. Mais on parle de quelqu'un qui idolâtre Une Nounou d'Enfer ou Reba depuis des années, alors mon ego...

SingleLadies-Bandeau

Ainsi, j'ai été faible, j'ai re-regardé le pilote de The No. 1 Ladies' Detective Agency suite à une conversation sur Twitter, et j'ai eu un véritable orgasme téléphagique devant la beauté, l'optimisme et l'énergie qui s'en dégagent. Alors à côté de ça, évidemment, je sais que tout est relatif, et que je n'apprécie pas Single Ladies pour être la meilleure série au monde, ce n'est pas parce que je regarde une série que forcément je pense qu'elle a les atouts pour me faire grimper aux rideaux, mais pour ses modestes (et rares) qualités, énoncées précédemment et que vous découvrirez en suivant les tags (mais qu'on peut résumer en un nom : LisaRaye McCoy).
Et surtout j'admets que quand je la regarde, je baisse le niveau de mes exigences, mais pour autant, je ne regarde pas uniquement pour me moquer en la qualifiant plus tard, devant les copines qui me racontent leurs nuits torrides devant Game of Thrones, de guilty pleasure. Il n'y a aucune forme de culpabilité dans ma démarche, et je peux aussi avoir du Game of Thrones tout une nuit si je veux. Et je ne laisse pas ma part au chien, vous pouvez me croire, j'ai dû voir l'épisode de la couronne d'or une dizaine de fois.

On se rappelle tous la première fois qu'on a eu du plaisir devant une série, on se rappelle tous du premier orgasme téléphagique.
Pour moi, la toute première fois, c'était devant Chicago Hope, mes pieds se sont dérobés sous moi, je me suis assise sur la table basse du salon, agripée à l'ignoble napperon en dentelle de mes parents, le nez à 20cm à peine de l'écran cathodique, le souffle court et les yeux humides, et j'ai compris que ce qui s'était cassé en moi à la mort d'Alan Birch était le début de quelque chose. Ce n'était qu'un prélude à la sensation incomparable du premier orgasme téléphagique, des années plus tard, quand je me suis littéralement retrouvée à bout de souffle devant le pilote de New York 911 et son injection brute d'arénaline (que j'ai cherché ensuite à retrouver dans les épisodes suivants et n'ai jamais vraiment su ressentir à nouveau).

Mais quand il n'y a pas d'orgasme téléphagique, quand le plaisir est si faible qu'il nous rappelle un bisou d'amoureux de maternelle, pour autant, devons-nous nous arroger le droit de diminuer la série ? Nous boudons un plaisir moindre et simple par péché d'orgueil, voilà tout.

On sait tous qu'il y a une palette de nuances incroyables dans le plaisir, qui va du bon petit épisode honnête, à la saison qui transcende votre existence et ne vous fait plus rien regarder comme avant (d'ailleurs c'est décidé, dés que j'ai fini Roseanne, je me commande le DVD et me refais une intégrale de SPACE 2063 ; rien que de mentionner la série dans un de mes tweets récemment, j'ai eu un coup de nostalgie terrible). Il y a de la place pour tout et je ne suis pas sûre de vouloir vivre dans un monde où je ne me délecterais que du second cas.

SpaceAboveandBeyond-Bandeau

Alors je ne comprends pas l'emploi du terme guilty pleasure.

Surtout qu'entre nous, tout dépend des circonstances. J'ai pris l'habitude de regarder Single Ladies avec un petit cocktail de ma confection fleurant bon la fraise, et j'apprécie la série pour l'impression qu'elle me donne, une fois par semaine, de me comporter selon mon genre, à m'irradier l'oeil de dorures, de clinquant, de jolies robes, et de nanas parfaitement bien roulées (hm, c'est ptet pas entièrement selon mon genre, à la réflexion). Je ne vais pas la dénigrer pour ça. Le jour où j'ai honte, j'arrête, voilà tout.

Alors si quelqu'un arrive à m'expliquer l'intérêt d'un guilty pleasure, c'est-à-dire un truc dont on pense sincèrement qu'il est nul, mais qu'on regarde quand même, je veux bien qu'on m'explique. C'est comme tirer un mauvais coup pour pouvoir s'en plaindre après alors qu'on n'avait qu'à rentrer avec un type plus doué ou un lapin à 6 vitesses : je ne comprendrai jamais.

4 juillet 2011

En fait, c'était pas vraiment nécessaire

N'allez pas croire que je suis de mauvaise humeur. Ni que je vous en veux personnellement. Mais je m'apprête à vous parler de Necessary Roughness, et ça va pas être joli.

UnNecessary

On pourrait pourtant arguer que je suis en piètre position pour disserter sur Necessary Roughness, vu que je n'ai vu que les deux tiers de son pilote. J'ai envie de dire : JUSTEMENT ! C'est bien pour ça que je sais que j'ai du mal à en dire, parce que je n'ai pas tenu jusqu'à la fin. Même pour The Nine Lives of Chloe King, j'ai tenu (d'accord, le pilote était moins long, je vous accorde ça).

Mais Necessary Roughness est particulièrement lassant, parce qu'en somme, on y revoit ce qu'on a déjà vu 50 fois, et encore je suis gentille, avec la nana qui soudain a besoin d'argent, et qui va faire un truc un peu hors du commun (et même pas vendre de drogue pour ça, pffeuh !) pour subvenir à ses besoins, ici un divorce coûteux, ce qui est toujours plus louable que simplement vouloir maintenir un niveau de vie irréaliste comme dans Lights Out. Mais en fait, il n'y a pas d'enjeu : comme par hasard l'héroïne rencontre un mec super, comme par hasard il peut lui permettre de trouver un boulot, comme par hasard une fois qu'elle fait ce boulot elle ne pourra plus se le taper, etc...

Alors au lieu d'être contente que ça nous change des trucs abracadabrants à la Weeds ou Breaking Bad, je me suis copieusement emmerdée. Je crois que dans le fond, le problème, c'est qu'on a un peu fait le tour de ces changements à 180° et qui font que ça alors, maintenant elle va faire des trucs qu'elle faisait pas avant !
Pourquoi, on pouvait pas juste faire une série où c'est ce qu'elle fait, point barre ? On est obligés d'ajouter ces éléments artificiels ?

Et en parlant d'artificiel... la gueule de Callie Thorne, ça fait peur. Les coutures lâchent dans tous les sens. Je sais, on avait dit pas le physique (euh, quand on a dit ça déjà ?), mais là franchement... Alors après, tout le monde ne peut pas être Sarah Shahi et donner de l'intérêt à une série moyenne par sa seule lumineuse présence, et c'est pas une obligation. Mais sincèrement, on s'attache pas à ce tas d'os, on peut pas. On s'en fout, même, de sa vie, à la limite.

...Ce qui explique comment j'en suis arrivée à ne pas regarder le pilote de Necessary Roughness en entier, je suppose. Je me demande si Livia, qui d'ordinaire accroche mieux sur les séries USA Network que moi, a réussi à s'attacher à cette série ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Necessary Roughness de SeriesLive.

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