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ladytelephagy
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forbrydelsen
27 janvier 2012

You're hot and you're cold

Ca vous a plu ? OUIII ! Vous en voulez encore ? OUIII !
Vu le succès d'estime (à défaut d'être représenté dans les commentaires) du post sur Äkta Människor d'hier, et étant donné que Festival International du Film de Göteborg vient officiellement de commencer, je me suis dit que j'allais en profiter pour vous parler un peu de fiction scandinave, et notamment de projets. Maintenant que je n'officie plus pour SeriesLive, ce genre de choses est amené à se produire dans ces colonnes un peu plus souvent, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Lilyhammer
Mais d'abord et avant tout, je veux commencer par un mea culpa : contrairement à ce que je disais dans le dernier SeriesLive Show en date (le prochain débarque dans la soirée), la série de Netflix et NRK, Lilyhammer, a bel et bien commencé en Norvège avant de débuter sur les territoires couverts par le site de VOD. En fait elle a tellement bien commencé que, accrochez-vous, le premier épisode, diffusé ce mercredi, a obtenu 56,3% de parts de marché sur la chaîne publique, presque 1 million de spectateurs. Ouais, carrément. Genre sur la tranche des 12-44 ans, la chaîne a fait 245% de ses chiffres habituels, voyez.
D'après les estimations de NRK, le million de spectateurs n'aura aucun mal à être dépassé pour le pilote, en comptant sur les chiffres en LIVE+7. En revanche les critiques semblent pour le moment être assez partagées...
Du coup, la série est déjà renouvelée pour une 2e saison, en tous cas, et ça, c'est quand même un signe. Donc voilà, au temps pour moi, j'ai dit des bêtises, les abonnés de Netflix n'ont pas été les premiers à voir la série, les Norvégiens en ont eu la primeur, et ils ne se sont pas privés en plus. On verra bien si l'épisode tel que proposé au public anglophone (et hispanophone mais alors, euh, moi l'Espagnol...) se retrouvera sur les circuits de partage de séries. Je vous tiens bien-sûr au courant, pensez !


Alors en matière de séries futures à proprement parler, qu'a-t-on en vérité ?

Kontoret

En Suède... J'ai envie d'abord d'en remettre une couche sur le projet d'adaptation de The Office, dont on vous a parlé brièvement dans un SeriesLive Show de l'an dernier, si mes souvenirs sont exacts. Kontoret, c'est son nom (et une traduction littérale du titre original), a pourtant un dossier un peu particulier. Plus qu'une simple retranscription de la série britannique ou même américaine que l'on connaît, Kontoret est aussi un spin-off d'une comédie extrêmement populaire en Suède, Solsidan. Un personnage de cette comédie (qui, l'été dernier, a directement été renouvelée pour 3 saisons d'un coup par TV4, comme ça c'est fait) va en effet devenir le centre des attentions de Kontoret, ce qui en fait un hit quasi-assuré ! En-dehors de cette originalité, la comédie sera fidèle à son modèle original. Kontoret débarque le 12 février prochain en Suède (et, même si je n'ai pas l'intention de la suivre en direct, j'en profite pour l'ajouter au Pilot Watch à toutes fins utiles), et pendant ce temps, Ricky Gervais s'achète probablement une planète entière en se frottant les mains.

SVT nous offrira une autre nouveauté le mois prochain, 30° i Februari (30 degrés en février, z'avez vu comme je progresse en Suédois !), une série dramatique dans laquelle des forçats du travail suédois vont décider d'aller vivre en Thaïlande pour changer de vie, et surtout, de climat. Toute la famille déménage donc à l'autre bout de la planète en espérant prendre un peu le temps de vivre, se recentrer sur la cellule familiale, et dé-com-pres-ser ! Vous vous doutez bien que ça ne va pas se faire comme ça, notamment quand les bungalows qu'ils ont achetés sans les voir depuis la Suède s'avèrent avoir été vendus également à un autre pigeon...

Ah, et pour mémoire, mentionnons que le premier volet des Fjällbacka Murders (alias Fjällbackamorden) est prévu pour Noël cette année. C'est quand même autre chose qu'un Julkalender !

Mammon

Côté Norvège... L'an prochain, NRK proposera la mini-série Mammon, un thriller de 6 épisodes dont le concept est que chaque épisode suivra 1 journée dans la vie de son héros, un journaliste ambitieux qui semble avoir assez peu de scrupules pour obtenir les informations qu'il chasse. Le problème c'est que même quand on pense être là en observateur, on influe aussi sur le cours des choses, et que les actions de notre journaliste vont avoir au début de la série une conséquence fatale. Rattrapé par le remords, il va tenter d'employer son énergie à réparer le mal qu'il a fait, pour s'apercevoir que plus il avance dans l'affaire politique qu'il couvre, plus il fait en réalité des dégâts. La presse norvégienne parle déjà de cette série comme du nouveau Forbrydelsen (dont la troisième et ultime saison sera diffusée au Danemark en septembre prochain), alors forcément, ça donne envie, même si pour le moment le pitch reste assez mystérieux.

NRK prépare également une série dramatique familiale (que cette fois la presse norvégienne s'est empressée de surnommer la nouvelle Himmelblå, ce que la chaîne conteste en dépit de l'excellent pédigree de ladite série) qui ne porte pas encore de titre. Qualifiée de "feelgood", elle suivra trois jeunes femmes vivant dans un petit village norvégien sans histoire, dont la vie va être bouleversée par la révélation d'un secret. Quelque chose me dit que ce n'est pas forcément le projet qui suscitera le plus d'intérêt de notre part, ici plus au Sud, mais sait-on jamais. La série est actuellement en tournage...

Norvège toujours avec la préparation pour NRK en vue de l'automne prochain (la chaîne est décidément très en forme), de la série Hellfjord, où un policier, Pakistanais de deuxième génération fermement citadin dans l'âme, se retrouve assez classiquement muté au fin fond de la campagne norvégienne, avec tout le plaisir qu'on imagine être le sien dans un trou perdu. Sauf que la série a apparemment décidé de s'orienter du côté de Twin Peaks (influence auto-proclamée, en tous cas) dans son sujet puisque notre flic va très vite s'apercevoir qu'il a atterri dans un patelin pas très rassurant avec un gros secret à comprendre et dévoiler en 7 épisodes de 30 minutes. Accessoirement la série est déjà vendue à l'Islande, la Roumanie et... l'Irlande.

Rappelons que la Norvège a aussi un projet de remake de Næturvaktin (sur TV2) et la série historique Erobreren (pour NRK) c'est dire si ça bouge en ce moment par là-haut !

Borgen-arte
Au Danemark... Naturellement, DR1 a commandé une troisième saison à Borgen (en fait les saisons 2 et 3 ont été commandées en simultané). A ce sujet, et c'est pas mon genre de faire de la pub, mais si vous n'avez pas encore acheté la saison 1 en import, elle débarquera dans toutes les bonnes FNUC (et autres points de ravitaillement téléphagique) début mars, sitôt la diffusion en France finie donc, grâce aux bons soins d'arte video. Je dis ça, je ne dis ABSOLUMENT rien. Mais vous vous doutez bien qu'on aura l'occasion de reparler de la série sans relâche jusqu'à ce que le message passe !

Une nouvelle suite de téléfilms criminels va voir le jour sur TV2, adaptée par Nikolaj Arcel des romans de Jussi Adler-Olsen que je connais à peu près aussi bien que vous, et elle se composera d'épisodes d'une heure et demie. Le premier épisode sera réalisé par un des réalisateurs de Borgen ; le tournage ne commencera pas avant septembre prochain. A raison d'un épisode tourné chaque année, la mini-série devrait achever sa diffusion en 2016, un peu comme Kaze no Ue no Kumo, quoi. La chaîne allemande ZDF participe à la production, ce qui implique que la diffusion outre-Rhin est acquise.

Broen
Pour finir, au rayon co-prod, la deuxième saison de Bron/Broen (j'ai toujours pas déterminé quel était son titre officiel) n'est par contre pas acquise du tout, en dépit de son immense succès lors de sa diffusion quasi-simultanée sur SVT en Suède et DR au Danemark. Je sais plus trop si je l'avais évoqué sur SeriesLive et/ou Twitter, mais au pire, souffrez que je me répète : une adaptation franco-britannique serait à l'étude, où, au lieu d'un pont reliant les deux pays, on emploierait évidemment le tunnel sous la Manche. Impossible de trouver le nom de la chaîne française qui aurait manifesté son intérêt pour le projet, s'il y en a une ; apparemment c'est plutôt la Beeb qui aurait flairé le bon coup et se chercherait un partenaire en France pour reproduire le modèle de co-production de Bron/Broen. Il faut quand même avouer que rien que pour la rencontre culturelle, la série vaut cent sous de plus sur le papier. Vu mon peu d'intérêt pour le genre policier, je vais même probablement finir par céder à l'appel du pilote prochainement, donc pareil, restez dans le coin...

Bien-sûr, j'oublie certainement des trucs, et d'autres échappent sournoisement à ma vigilance, mais enfin, voilà ce que les prochains mois (et plus si affinités) nous réservent du côté de nos amis scandinaves... et je suis bien obligée d'admettre qu'il n'y a rien que je trouve aussi original qu'Äkta Människor. M'enfin, vous me direz ce que vous en pensez, vous.

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12 mai 2011

Ah ben ça

Alors celles-là, je les avais pas vues venir. De toutes les séries pour lesquelles je pensais avoir des requêtes un jour... celles-ci étaient certainement les dernières. En fait elles n'auraient même pas figuré sur ma liste si j'avais eu l'idée d'écrire une liste de séries pour lesquelles un jour... vous me suivez. Nan vraiment, je suis sur l'arrière-train, là.

Des séries japonaises, coréennes... et quand il y a des requêtes sur Borgen, ou Forbrydelsen... là, oui. Je peux comprendre. Mais des séries égyptiennes et turques ? Venant de toute évidence de téléphages francophones ? Wow.

Muhtesem Yüzyil sous titres français
site pour regarder lahazat harega
deniz yildizi personnages

Donc du coup, si vous regardez des séries turques ou égyptiennes, et que vous atterrissez ici, eh bah surtout, déclarez-vous ! Laissez un mot en commentaires pour qu'on puisse essayer d'en parler un peu plus. Enfin... vous, vous m'en parlerez, et puis moi je me chargerai d'aller faire les fiches et les news et les articles et les machins. D'ailleurs si vous savez où je peux avoir des infos, aussi bien sur les séries elles-mêmes que sur leur actu, pareil hein, n'hésitez pas, laissez un ptit quelque chose.
Entre téléphages curieux, 'faut qu'on se serre les coudes.

Chais pas pourquoi je dis ça pour les séries égyptiennes et turques, d'ailleurs. C'est valable pour n'importe quel pays. Faites tourner les quelques pistes que vous avez !

DenizYildizi
Pour la peine, j'ai créé la fiche de la série Deniz Yildizi (alors comme on a un bug, bon, ya pas encore les personnages, mais ça va venir et en attendant je vous ai mis une photo).
Non, c'était pas encore fait, mais là maintenant ça y est.

Pis je prends toutes vos suggestions, en fait, pour enrichir la base de données Séries du Monde de SeriesLive avec des fictions du Moyen-Orient.

21 avril 2011

[DL] Kommissarie Winter

Et votre coeur fait boom. Le mien, en tous cas. C'est un peu comme avec Borgen : il y aura toujours, désormais, une part d'affectif lorsque je vous parlerai de Kommissarie Winter.

J'entends la musique, et je fonds. Je me revois dans ce grand théâtre pendant la nuit des pilotes nordiques (imaginez : que des pilotes, de séries totalement inédites à mes yeux, pendant plusieurs heures... vous voyez le trip ?), m'en prenant plein les yeux, plein la tronche (la scène du meurtre, essentiellement), plein le coeur. Et quelques heures plus tard pouvoir aller communier avec le réalisateur, et discuter plus d'une demi-heure avec lui de cette série qui m'avait incroyablement touchée (je serais une bien piètre journaliste, incapable d'être objective que je suis !) tout en évoquant Torpedo, dont j'ai soigneusement évité de lui dire que je l'avais cagoulé, mais dont il a apprécié le fait que je savais de quoi il s'agissait.
Désolée d'avoir l'air de me vanter, mais voilà, en plus de mon émerveillement devant le pilote (relaté en détail à l'époque, n'hésitez pas à user et abuser des tags, c'est là pour ça), il y a ce plaisir intense de parler d'une série qu'on a découverte et appréciée dans l'instant, avec quelqu'un qui y a travaillé. Voyez, je préfère cette rencontre à toutes les autres que j'ai pu faire dans ma vie avec des gens célèbres, même avec Alexandre Astier, parce qu'il s'est passé un truc vrai et intense. Alors j'écoute le générique de Kommissarie Winter, et je retourne sur le canapé rouge, voilà. Désolée pour ce petit moment.

KommissarieWinter
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Alors après, on est d'accord que visuellement, ça n'inverse pas le sens de rotation de la planète, mais c'est suffisamment élégant pour qu'on se taise. Et puis, ce plan de fin, je sais pas, il m'émeut.
C'est comme les plans sur le regard de Sarah Lund dans Forbrydelsen (pour rester sur le même continent), j'ai l'impression d'entrer dans la tête du personnage, de voir avec ses yeux, d'éplucher le paysage pour tenter d'y voir clair. C'est juste que moi je fume pas, voilà tout. Mais sinon, on est vraiment dans l'idée de voir avec les yeux du personnage, pas juste de le regarder faire.

Pff, vous savez, plutôt que passer du temps avec Trygve, sur ces canapés rouges, j'aurais plutôt dû faire ami-ami avec les mecs qui avaient les bandes des épisodes. Je serais rentrée avec une cagoule sous-titrée du pilote de Kommissarie Winter, vous imaginez ? Et de quelques autres, si ça se trouve. Que d'occasions manquées...

Ainsi s'achève notre jeu des génériques spécial Séries du Monde. J'espère vous avoir fait découvrir quelques horizons insoupçonnés... et vous avoir donné envie de fréquenter la rubrique. Merci à tous pour votre épatante participation !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kommissarie Winter de SeriesLive.

17 avril 2011

Home Bittersweet Home

C'est une vieille fascination née par hasard. Ou peut-être révélée à ma conscience par hasard.
Un documentaire. Des décors merveilleux de rudesse et de beauté simple. De la lumière comme s'il en pleuvait, et une nuit opaque et confortable. Une langue envoûtante aux claquements et roulements intimes.
J'ai une certaine fascination pour la Suède, et par extension pour la Scandinavie. Ca fait bien 10 ans. Et ça fait aussi 10 ans que je me promets qu'un jour, j'apprendrai le Suédois. Que j'irai (alors que je n'ai pas envie d'aller au Japon). Que je m'installerai, même, peut-être (pour mes vieux jours, si je me débrouille bien). Mais je n'en fais rien, et je crois que j'aime l'idée que j'y viendrai plus tard, beaucoup plus tard. Que c'est quelque chose qui m'attend. Un horizon qui correspond au moi que je ne suis pas encore. Alors je ne tente rien de lire ou d'écouter. Je ne regarde pas le prix des billets d'avion et je ne me lance pas dans l'achat de méthodes diverses et variées. La Scandinavie peut attendre.

Ce qui a tout changé, c'est Scénaristes en Séries. J'avais vu quelques pilotes scandinaves à l'occasion des articles pour SeriesLive, mais très peu avec des sous-titres.  Et puis, je n'avais lancé les articles que pour Scénaristes en Séries, de toute façon.
Et me voilà dans le matin d'Aix-les-Bains, sous la bruine, à découvrir des séries sous-titrées dont je n'attendais pas tant. Ah, il faudra que je vous reparle de Borgen, d'ailleurs, faites-moi y penser dans quelques semaines lorsque les choses se seront calmées. Il y a eu, donc, les coups de coeur Borgen, Kommissarie Winter, et dans une moindre mesure, Alamaailma Trilogia. Depuis, il y a eu Forbrydelsen et Lykke, pour ne mentionner que ces séries. Et s'il est vrai que je n'ai pas forcément eu de coup de coeur devant Lulu og Leon, je dois admettre que j'avais bien aimé le pilote (a contrario de En God Nummer To, pas vraiment ma came). Bref depuis le mois d'octobre, je me sens pousser des ailes, comme si on me poussait à être impatience, à ne plus attendre de venir à ma vieille obsession que je pensais laisser couver encore un peu.

C'est qu'il y a de quoi s'enthousiasmer ! Chaque fois que je regarde une série scandinave (là, tout de suite, ne me vient aucune exception à l'esprit), j'y trouve une forme d'exotisme, ce qui est quand même ce que je cherche quand je regarde une série étrangère, même si cet exotisme peut prendre des formes très diverses, et en même temps il y a un côté particulièrement familier. Si je proteste chaque fois qu'on me dit que la fiction scandinave reflète bien le côté froid de ses pays de provenance, c'est tout simplement que pour moi, ce n'est pas froid du tout. Je m'y sens très facilement chez moi, et si ce n'était la barrière de la langue, je trouverais ça aussi confortable que quand je regarde des séries américaines ; qui, elles aussi, à bien y réfléchir, présentent de l'exotisme, et à vrai dire je m'en rends encore plus compte maintenant que je m'aventure toujours plus loin.
Mais si vous le permettez, j'aborderai éventuellement le ressenti que j'ai avec la fiction de chaque pays dans un post futur, car ce n'était pas l'objet de mon post. Je voulais simplement poser le cadre, pour bien vous faire comprendre dans quelles circonstances j'ai abordé Koselig Med Peis. Car maintenant, la fiction scandinave, je m'y sens vraiment bien, et je n'ai plus envie d'attendre pour m'y mettre (et du coup, reviennent au galop les plans linguistiques et les envies de voyage, mais passons).

KoseligMedPeis_Title
J'ai regardé le pilote de Koselig Med Peis (sans sous-titres, mais je songe sérieusement à y remédier) en ayant l'impression de me retrouver dans le même genre d'univers qu'un film indépendant. Genre Juno, mais plus indé. Il y avait un côté "on est un peu hippie sur les bords et on aime bien utiliser des meubles vintage partout" qui était un pur régal, et qui en même temps s'inscrivait totalement dans la démarche de la série. Et il est franchement rare que, d'ailleurs, la forme participe autant au fond.

Car l'histoire est la suivante : après une rupture difficile (et encore, ça ne s'est pas tout-à-fait calmé) avec une jeune chanteuse populaire, Georg retourne rendre visite à ses parents. Enfin, non, pas tout-à-fait, car ils ne vivent plus ensemble : sa mère, Bente, est partie vivre avec une autre femme, laissant son père Frank seul dans la maison familiale où Georg et son frère Terje ont grandi. Lorsque Georg passe une tête dans ladite maison familiale, il découvre une vieille bâtisse qui semble restée bloquée dans les années 80, à la différence près que la poussière, elle, a continué de s'accumuler. Et au milieu de ce lambeau de maison, il y a Frank, son père, qui très franchement ne marche plus bien droit : Georg va apprendre que son père est frappé de schizophrénie, et il faut bien que quelqu'un se charge de lui, tout désagréable et bougon soit-il. Et surtout, en dépit du fait que Georg n'a pas franchement de bons souvenirs avec son père. Le revoilà donc à s'installer dans la vieille maison avec son père qu'il imagine déjà impotent, une perspective qui ne fait pas grand'chose pour lui remonter le moral.

KoseligMedPeis_Maison
Cette maison figée presque 30 ans en arrière, c'est une trouvaille superbe. Un vrai personnage. On a l'impression de faire le plongeon dans l'enfance de Georg contre son gré, tant la maison est habitée, plus ou moins littéralement, par des fantômes de cette époque. Et je suppose que ça a d'autant plus fonctionné sur moi que je suis de la même génération que Georg, en plus.
Et Georg a une relation très intime avec son enfance : il se voit enfant, et Georg-adulte et Georg-enfant passent des moments côte à côte, soit paisiblement, comme à la fin de l'épisode, soit, et c'est peut-être moins subtil mais plus efficace, au début, lorsque Georg explique au petit la séparation, avec une espèce de douceur mêlée d'embarras, jouant à la fois sur le côté ambigu de la scène et sur l'émotion qui transparait à travers ce rapport qu'il a au passé. Symboliquement, il emmène le petit Georg partout, en fait, et c'est très touchant. Mais il ne sait pas trop non plus comment lui parler et ça, c'est touchant aussi, mais d'une autre façon.

KoseligMedPeis_Enfants
Et puis, il y a le reste de la famille, et notamment le rapport à Terje. Là encore, une relation fraternelle très réaliste, entre taquineries et confidences, deux adultes qui ont été enfants ensemble, qui ont pris des chemins différents mais qui sont encore liés, dans le fond. D'autant que Terje est vraiment un drôle d'animal, qui en essence vit devant son ordinateur, pour son grand projet multimédia... qui consiste en fait à se filmer en train de chier sur tous les drapeaux du monde, à commencer par le sien propre. Enfin, propre. Je me comprends.
Du coup inutile de vous dire au passage qu'entre le vieux grincheux schizophrène, le geek scatophile et le fiston qui s'est fait plaquer par une popstar, la mère devenue lesbienne, c'est presque la référence de normalité !

Ce qui m'a fascinée aussi, c'est d'avoir lu pendant que le pilote cagoulait (et ça a pris des semaines et des semaines, c'était interminable) que le créateur de la série avait été inspiré par Six Feet Under. Et vous, quand vous lisez un truc comme ça, instinctivement vous regardez l'épisode ensuite en cherchant les traces de cette paternité. Et là où je suis bluffée, c'est que j'arrive à comprendre d'où est venue l'inspiration (fils qui revient au bercail, famille fragmentée et étrange, mélange entre réalisme et éléments surréalistes), mais qu'à aucun moment je ne me suis dit "mais attends mais c'est trop Six Feet Under, ça !". Devant Borgen, c'est la même : l'équipe de la série n'a aucune honte à avouer de but en blanc que, oui, l'inspiration vient d'A la Maison Blanche, pour autant ce n'est ni une copie, ni une adaptation, et les sujets sont différents et abordés différemment.
En fait, c'est ça une fiction locale qui a réussi : savoir prendre l'inspiration, mais sans copier à l'identique. Je crois que c'est ça qu'on n'arrive pas à faire en France : quand on veut s'inspirer d'un truc, on a tendance à le copier bêtement en espérant qu'une polycopie fera le même effet que ce qui nous a donné l'idée. C'est faux. Et des séries comme Koselig Med Peis le prouvent bien : il y a une véritable personnalité, quelque chose de très intime dans l'histoire et la façon de la raconter, pour autant, le visionnage de Six Feet Under a peut-être déclenché un savoir-faire dans la narration, pour révéler une histoire qui aurait été sensiblement la même, je pense, mais avec peut-être moins d'outils pour la transmettre. Ce qui a été appris, c'est le moyen seulement, la technique.

KoseligMedPeis_Tandem
Je suis bluffée, en fait, d'avoir ressenti tant de choses, d'avoir vu tant de choses, alors qu'encore une fois, je n'avais pas de sous-titres. Il y a quelque chose d'universel dans cette histoire d'enfance à la fois perdue et retrouvée, dans le parcours de Georg qui n'est ni vraiment parti ni tout-à-fait revenu à la maison, et la réalisation intimiste, poussiéreuse, un peu jaunie mais incroyablement efficace, et rythmée comme il faut, permet de partager cette expérience avec lui.
Du coup inutile de vous dire que l'acquisition du DVD de Koselig Med Peis, je fais plus qu'y songer. J'en suis à envisager le moyen de paiement.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais ça va aller en s'améliorant) : la fiche Koselig Med Peis de SeriesLive.
Pareil, elle est toute neuve cette fiche... c'est bizarre quand même !

15 avril 2011

Nature morte

Dans The SeriesLive Show, ce soir, on vous parle en fin d'émission de Forbrydelsen et de The Killing.
"Quoi ? Qu'est-ce qu'elle raconte ?"
FOR.BRY.DEL.SEN. Comme ça se prononce. Ne vous faites pas passer pour plus bêtes que vous ne l'êtes, je sais ce que vous valez.

Mettre en parallèle deux pilotes, ici l'original et son remake, c'est une première dans ce podcast. Et pour que vous puissiez suivre notre conversation, j'ai pensé que, tout simplement, je pourrais vous en faire un post La preuve par trois. Vous savez, les post La preuve par trois ? Ceux qui, quand on pense bien à cliquer sur toutes les images du post, vous récompensent pour votre obstination !
Mais comme dans l'émission, on a plutôt mis l'accent sur les différences entre les deux pilotes, je me suis dit que j'allais plutôt vous parler de ce qui lie les deux séries, de ce qu'elles ont fondamentalement en commun. Comme ça, l'écoute du podcast vous sera complémentaire, et non une redite à mon humble post du vendredi.
Pis de toute façon, faire un post comparatif sur deux séries, je n'aurais pas su le faire aussi bien que freescully.

Forbrydelsen___1 TheKilling___1

Bienvenue dans un monde de silence. La nature occupe une grande place au début de ce pilote, avec des plans d'une vertigineuse sobriété, mais profondément belles, tandis que la police s'active pour retrouver la victime, Nanna/Rosie. On ignore si l'adolescente est encore en vie, mais sa disparition nous conduit à fouiller des endroits désertiques, loin du béton de la grande ville. On notera comment le même lieu peut d'ailleurs, selon qu'on y suive une gamine terrifiée ou qu'on accompagne les fouilles méticuleuses de la police, revêtir une apparence aussi bien angoissante que nonchalante.
Le cadre de Forbrydelsen/The Killing est aussi celui-là, avec sa nature imperturbable, presque vierge. Il participe énormément à l'ambiance de la série bien que la plupart des scènes s'en éloignent, conférant une atmosphère toute particulière à cet univers.

Forbrydelsen___2 TheKilling___2

Notre enquêtrice Sarah Lund/Linden est un personnage atypique. C'est un "chic type", en fait, dans le fond. Il ne s'agit pas d'une créature froide et cérébrale comme tant d'enquêteurs l'ont été ces dernières années. Capable de plaisanter comme d'aborder avec sérieux et concentration ses difficiles attributions, elle arrive au contraire à nous être sympathique, mais sans jamais tomber dans la caricature de la nana pour qui on ressent de l'empathie. Si elle n'est pas quelqu'un d'émotif, on sent que beaucoup de choses sont intériorisées ; les différents plans sur son regard, alors qu'elle réfléchit, nous invitent au contraire à entrer dans sa tête, pour y découvrir quelqu'un de sain, d'équilibré, qui n'est jamais dans l'excès d'émotion ou de froideur. Le fait qu'elle soit sur le point de quitter son job actuel pour commencer une nouvelle vie ailleurs lui confère en outre une aura positive : sans déprécier son métier (ce n'est pas comme si elle avait un problème avec la nature de celui-ci) lui permet d'en être juste un peu plus libérée. Une distance salvatrice, et qui finalement aiguise probablement son esprit d'analyse et d'observation.

Forbrydelsen___3 TheKilling___3

Mais Forbrydelsen/The Killing, c'est aussi la terrifiante histoire de parents qui vivent la pire des tortures, suivie du dernier des drames, avec la disparition de leur fille qui aboutit à la découverte de son corps. Si votre coeur n'impose pas à la vue de cette scène, consultez. La douleur y est pure, animale. Celle du père comme de la mère, d'ailleurs, bien qu'elle s'exprime différemment. Que les paysages froids et l'héroïne décontractée ne vous abusent pas : derrière l'enquête, c'est avant tout une tragédie familiale qui se joue, et en choisissant le mode du feuilletonnant, la série s'autorise ce que peu de séries policières ont osé creusé depuis 10 ans qu'elles monopolisent pourtant nos écrans : une anatomie du deuil.

Il y aurait, naturellement, bien plus de captures à faire, et de choses à souligner. Mais vous connaissez les règles pour cette rubrique : pour chaque épisode, 3 captures et pas une de plus.
En espérant que ça suffise pour vous convaincre...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : les fiches Forbrydelsen et The Killing de SeriesLive.
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12 août 2010

AMC, it's easy as 123

Éperdue de désarroi devant l'absence de réaction à la news sur l'adaptation de Forbrydelsen sur AMC, j'ai essayé de noyer mon chagrin en réfléchissant un peu à ce qui se passe sur cette chaîne ces derniers temps. Certes, je ne connais pas plus Forbrydelsen que vous (si au moins arte communiquait plus sur ce genre de diffusions, mais non !), mais enfin, on parle d'AMC !!! AMC, la chaîne qui monte, la chaîne avec les projets d'ambition, la chaîne qui révolutionne tout !!! Pourquoi ça n'a intéressé personne ? Enfin, si plein de gens l'ont lu. Mais personne n'a réagi.
Je me suis assise pour réfléchir : pourquoi avais-je pensé qu'une news sur AMC motiverait plus de réactions qu'un article sur des soaps plus ou moins has been ?

TheKilling

C'est vrai, ça. Qu'a donc diffusé AMC de si incroyable ? Je veux dire : à part Mad Men. Et Breaking Bad. Et Rubicon. Et le remake du Prisonnier. Effectivement, je vois ce que vous voulez dire. Mais c'est un peu étonnant qu'on fasse tout un foin de ce qui se passe sur cette chaîne alors que, concrètement, c'est tout.

Le nouveau projet de HBO ou de Showtime ? Ça fait des années qu'un projet de HBO ou de Showtime sait se montrer (plus ou moins) délectable, c'est donc normal d'en attendre beaucoup. Mais AMC est une chaîne jeune qui n'a pas encore brillé bien longtemps. Elle brille fort, et elle brille vite, mais ce sont également les caractéristiques d'un feu d'artifices et on n'en voit que le 14 juillet...

En fait, si on fait toute une histoire, c'est parce qu'à un moment, AMC a vraiment carburé niveau projets. Non contente de nous avoir asséné ce qui sera quand même l'un de évènements de ces dernières années, avec Mad Men, elle s'est empressée de nous dire qu'elle s'intéressait à plein de sujets, qu'elle voulait faire dans la diversité, dans l'avant-gardiste, dans le courageux, et on a tous mordu à l'hameçon.

Que sont devenus ces projets aujourd'hui ?
- Black Gold (en projet depuis janvier 2010)
- Hell on Wheels (à l'origine développé pour la saison 2008)
- Red Mars (apparemment abandonné)
Je ne dis pas que, parce qu'on n'en parle pas, ces projets sont nécessairement au point mort. Mais enfin, Red Mars l'est, visiblement. Et tout ce bel enthousiasme autour de la chaîne et ses projets si novateurs, finalement, il est un peu surfait.

Alors, vous savez quoi ?
En fait, vous avez raison.A bien y réfléchir, je ne vois même pas pourquoi j'en ai parlé. Ne commentez pas cette news sur l'adaptation The Killing.
Même si elle est apparue avec plusieurs jours d'avance sur le reste du web.

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