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ladytelephagy
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5 juin 2013

Israeli Horror Story

Avec les années, les Israéliens se sont fait une petite réputation. On leur prête bien volontiers un style ultra réaliste et austère ; loin de moi l'idée de vouloir contredire les faits : beaucoup de séries israéliennes (en particulier celles qui parviennent au spectateur européen) répondent en effet à cette définition. Mais toute règle a ses exceptions, et face à tous les Nevelot, Oforia et autres Srugim, voici l'une de ces exceptions : Hamagefa, un drama en 6 épisodes lancé courant avril sur HOT3.
Enfin je dis "drama", mais ce n'est pas évident au premier coup d'oeil, tant la série a pris pour principe de tout tourner en dérision, voire au grotesque.

Tout n'est qu'étrangeté dans Hamagefa. Une étrangeté au goût volontairement révoltant. Âmes téléphagiques fragiles s'abstenir.

Hamagefa ("le fléau", "l'épidémie", murmurent les traducteurs automatiques) se déroule dans un immeuble de standing où la population la plus privilégiée qu'on puisse imaginer vit dans son entre-soi. L'élite se complait dans un bâtiment vertigineux, entourée de quelques petites mains qu'elle fait mine de tolérer, afin que leur présence n'entâche pas leur existence insouciante.
Sauf que cette prétendue insouciance, qui évidemment ne masque que grossièrement des intrigues de caniveau dans lesquels les humains se complaisent toujours lorsqu'ils sont plongés dans l'oisiveté, n'aura qu'un temps, car un sombre jour, alors que se prépare un bal d'importance dans la résidence, un virus mystérieux s'introduit dans l'immeuble ultra-select, par l'entremise d'un étrange liquide visqueux et verdâtre, de toute évidence peu rassurant. Après avoir rapidement fait une première victime, le virus est signalé aux autorités qui décident de mettre le bâtiment en quarantaine séance tenante, alors que la grande soirée de gala a à peine commencé. Désormais, la haute société est réellement coupée du monde, mais de plaisir il n'est plus question... sauf que, dans leur tour d'ivoire, les résidents veulent à tout prix prolonger la fête, faisant dans un premier temps mine d'ignorer la catastrophe qui leur tombe dessus.

Si tout cela vous semble clair, ce n'est pas forcément aussi évident devant le pilote. La série s'ouvre sur un monologue cryptique sur fond de limaces, puis se lance dans une longue scène mystérieuse se déroulant dans l'immeuble après sa mise en quarantaine, au cours de laquelle nous suivons un étrange personnage portant un costume de lapin à faire hurler Anya de terreur, déambulant dans les couloirs déserts et inquiétants de la résidence.
Qui se cache sous les oreilles pelucheuses ? Pourquoi cet individu se cache-t-il, d'ailleurs ? L'épisode ne le dévoile que très lentement, soignant plus son atmosphère outrancière que son déroulement, à grand renfort de musique grandiloquente et de lumières poussiéreuses, et avec de nombreuses images en surimpression pour renforcer l'aspect surchargé du tout, apparemment pas encore assez de mauvais goût. Bien malin le téléphage occidental curieux qui y comprendra quelque chose dés le premier visionnage !

Nous allons progressivement découvrir que les personnages de Hamagefa, comme l'indique assez clairement le générique qui suit immédiatement les aventures du léporidé, sont clairement dans l'exagération eux aussi. Chacun est une caricature ambulante, de la richissime mémère avec son Youki, au chirurgien esthétique cupide qui consulte à domicile et se fait une clientèle sans sortir du bâtiment, en passant par l'obséquieux manager de la résidence... et le jeu des acteurs est, de façon ostensiblement volontaire, à l'avenant. Tout ça dans des tenues improbables (il suffit pour s'en assurer de jeter un oeil à la livrée de la réceptionniste ou à l'uniforme de l'infirmière) et des décors kitschissimes mettant la rétine au défi. Hamagefa est difficile à adorer au premier abord, et le pire, c'est que c'est voulu.

En s'inspirant joyeusement d'une certaine idée du film d'angoisse classique (et en premier lieu La tour infernale, de toute évidence, jusque dans le style made in Hollywood des années 70), et en surfant sur la mode des épidémies et zombies de tous poils qui n'en finit pas de s'étendre sur les écrans de tous les pays, Hamagefa s'en donne à coeur joie. Mais il faut justement dépasser cet esthétisme excessif pour comprendre tout l'intérêt de la série.

Hamagefa

Car il est inutile d'étudier le pilote de Hamagefa pendant des heures, pour comprendre le sujet de la mini-série est avant tout une critique sociale des "huiles" (pun not intended) de la société, qui persistent à poursuivre leurs pompeuses cérémonies quand tout s'effondre.
En soulignant le ridicule de leur mode de vie, par des procédés volontairement dénués de tout charme, le créateur Yammi Wisler ambitionne de montrer à quel point les efforts désespérés de ses protagonistes sont voués à l'échec pour tous ceux qui observent la situation avec un tant soit peu de recul. Alors que l'épidémie empire, les contre-vérités faciles à croire s'effritent (tel le manager qui assure que ceux qui n'ont pas été en contact avec des étrangers à l'immeuble n'ont rien à craindre ; le propos n'est pas innocent). Les aisés habitants de l'immeuble commencent à se retourner les uns contre les autres, comme dans la plupart des farces politiques, comme le découvrira notre pauvre lapin rose.

Une prise de liberté sur la forme qui n'a pas fait l'unanimité en Israël, loin de là. La série s'est attiré quelques critiques lapidaires. Wisler, interrogé dans la presse, ne s'en émeut pas : à la base, il n'aime pas la télévision, il a refusé de travailler avec la chaîne câblée HOT3 avant de finalement se lancer dans Hamagefa, et il a surtout voulu voir jusqu'où la prétendue liberté de ton que lui avait vendu la chaîne pouvait aller. Il a voulu faire une expérience, point barre. Il ne cherche pas le succès ou la reconnaissance ; quelque part, on se dit, tant mieux pour lui...
Au terme de 3 années de développement dans cet esprit je-m'en-foutiste assez rare à la télévision, et d'un cynisme rarement égalé, Hamagefa a donc finalement vu le jour, n'en déplaise jusqu'à ses propres interprètes, dont certains ont eu beaucoup de mal à accepter de surjouer pour servir la vision de l'auteur, preuve que l'intention de Yammi Wisler est incomprise jusque dans ses rangs.

De par l'originalité de son ton qui opte pour la caricature extrême digne de la plus cheap des comédies afin de servir un propos profondément politique, mais aussi à cause de son choix de narration, Hamagefa, je ne vais pas vous mentir, n'est pas franchement facile à suivre en VOSTM, comme c'est souvent le cas pour les séries basées sur les dialogues et la comédie (fût-elle feinte). Aussi faut-il espérer que ce curieux ovni soit récupéré d'une façon ou d'une autre par des fées sous-titreuses.
Rien n'est moins sûr : la bizarrerie de Hamagefa est unique, mais il n'est justement pas du tout garanti que son intention soit comprise, et moins encore appréciée, par une chaîne ; pour preuve, même HOT3, au moment de la diffusion, a pris des précautions pour promouvoir sa série, dirons-nous diplomatiquement.

Voilà, c'est tout ; la fiction israélienne peut reprendre une activité normale.
D'ailleurs, pour prendre la relève de Hamagefa, ce 12 juin, HOT3 lance une nouvelle série, Ptzuim Barosh, un thriller violent mettant dos à dos deux amis... Vous pouvez voir la bande-annonce ci-dessous, et ainsi constater qu'on est beaucoup plus en terrain connu...

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6 février 2013

Jour sans fin et voie sans issue

En tant que téléphages, nous sommes habitués à considérer qu'il est impératif qu'il arrive quelque chose aux personnages des séries que nous regardons ; assez peu de place est faite, à bien y réfléchir, à de simples chroniques, et moins encore à des oeuvres purement contemplatives. Les séries où il "ne se passe rien", ou si peu, sont pourtant, sur un plan dramatique et/ou esthétiques, très réussies, encore faut-il avoir la patience de les suivre. C'est presque, d'ailleurs, un défi, que de trouver cette patience, tant nous sommes conditionnés à attendre du rythme, des retournements de situation, du grand spectacle narratif ; et pourtant, la récompense est immense si on prend le temps de simplement observer des personnages dans leur milieu naturel.
Une fois de temps en temps, ces séries-là font un bien fou ; c'est la raison pour laquelle j'avais, d'ailleurs, adoré The Café, son goût pour l'observation des gens et des choses simples, son rythme très lent et sa photographie apaisante. Je ne m'en remets pas que la sortie du DVD passe son temps à être reculée, d'ailleurs, elle était quand même supposée sortir initialement en même temps que celui de Threesome, et je n'en peux plus d'attendre la saison 2 ; ça sent mauvais ou c'est une impression ?

Demain, la chaîne Eurochannel diffusera le premier épisode de la mini-série anthologique Prosperity, un ovni en quatre parties diffusé en 2007, largement salué dans son pays natal, l'Irlande, et nommé dans la catégorie mini-série à l'occasion du Festival de Monte-Carlo en 2008 (elle a perdu au profit de la mini-série américaine John Adams, forcément qui peut lutter contre une série de HBO qui a déjà reçu des Emmy Awards et des Golden Globes...?).
Mais fort heureusement, il est d'ores et déjà possible de découvrir le premier épisode sur Dailymotion, et puisque la série est proprement introuvable sans cela, inutile de dire que je ne me suis pas fait prier pour faire une entorse à ma règle d'éviter le streaming comme la peste, et je me suis donc mise devant le pilote de Prosperity.

Prosperity

Et comme je vous le disais en préambule, Prosperity est dans une démarche purement descriptive. Son principe ? Suivre quatre personnages, chacun n'ayant a priori rien en commun, pendant une seule journée, à raison d'un personnage par épisode (sachant qu'évidemment, ils vont plus ou moins se croiser pendant cette journée).

Le premier épisode est consacré à Stacey, une adolescente de 17 ans qui a un bébé de quelques mois, Lorna, et qui va passer l'épisode à... tuer le temps. Elle vit dans un bed and breakfast un peu miteux où logent de nombreuses mères célibataires, dont elle est obligée de sortir en journée, et n'a rien d'autre à faire que de trainer au centre commercial du coin en attendant de pouvoir réintégrer sa chambre. En-dehors de ça, c'est tout. Ah, si, de temps en temps, elle va collecter ses allocations, ou bien elle retrouve une copine... La vie de Stacey n'a rien d'enviable, donc.
A expliquer, ce n'est évidemment pas glamour ; à regarder non plus à vrai dire. Le concept de Prosperity laisse assez peu de place à une intrigue fascinante, et son intention n'était de toute façon pas là. Nous allons suivre la laborieuse journée de Stacey, au contraire, et non pas attendre qu'il lui arrive quelque chose mais plutôt attendre qu'elle ressente quelque chose, qu'elle exprime quelque chose. N'importe quoi.

Il faut dire qu'on a affaire ici à une adolescente à la fois blasée et meurtrie, qui a eu un enfant très jeune avec son petit ami (Dean ; nous aurons la chance de faire sa charmante connaissance pendant l'épisode), qui a quitté le domicile de sa mère, n'entretient pas non plus de relations avec sa soeur aînée, bref, qui a toutes les raisons de s'être endurcie, d'avoir pris de la distance avec tout et tous, et qui trimbale sa poussette pendant toute la journée absolument sans but, sans attache... sans avenir.
Le ton froid, hâché de ce premier épisode est percutant ; il nous emmène dans un monde où il n'y a pas d'espoir, pas de lendemain. Pour Stacey, chaque journée ressemblera, à peu de choses près, à celle-ci. Il n'y a rien à espérer de l'avenir, il n'y a qu'à attendre l'heure de rentrer dans la chambre, le jour où on pourra toucher les allocs, le moment où on pourra aller boire une bière, peut-être. Stacey s'exprime par monosyllabes, désabusée, cassée, et pourtant pas vraiment triste ; il faudra attendre la fin de l'épisode pour lui extirper une confession. Mais ça n'empêche pas ce premier épisode de Prosperity d'être poignant, bien au contraire ; cette journée sans fin est terriblement émouvante, parce qu'on prend conscience de quelque chose dont Stacey est parfaitement au courant : rien ne peut vraiment lui arriver. Elle vit, fantômatique, dans une zone où elle existe sans exister, où elle fait des rencontres et où en même temps tout glisse sur elle. C'est un peu moins d'une heure à expérimenter en sa compagnie et, dans le fond, c'est important de prendre le temps de mesurer cela.

Car dans le fond, c'est de cela que veut parler Prosperity. De tous ces anonymes sans avenir qui se croisent dans un quartier populaire, qui ont perdu une guerre qu'ils n'ont même jamais menée. Eurochannel explique que Prosperity, filmée avant la crise, est une sorte de signe avant-coureur de la fin du miracle économique irlandais, mais les protagonistes de Prosperity, on les croise dans plein de villes d'Europe, dans plein de banlieues ou de quartiers populaires, ils n'ont rien et n'auront jamais rien, crise ou pas crise. Et ils le savent.

Les prochains épisodes de Prosperity ne raconteront pas nécessairement la même apathie, mais, on peut le sentir à travers les pistes données par cet épisode, ils raconteront d'autres formes de désillusion. Ce n'est pas forcément très drôle, mais c'est aussi ça, la fonction d'une série dramatique.
Si ça m'est techniquement possible, e serai sans faute devant les trois autres épisodes, je ne manquerai l'immersion pour rien au monde.

16 janvier 2013

If the shoe fits

Reboots, remakes et spin-offs. Le triangle des Bermudes de la téléphagie.
Il est désormais très difficile de prendre au sérieux la plupart des projets de séries réemployant un pitch et/ou des personnages connus du grand public. Et si, avant, les networks américains faisaient encore quelques véritables efforts, depuis 2007, ils ne font même plus semblant et le maître-mot est dorénavant de ne jamais laisser une seule franchise reposer en paix. Ah, vous avez voulu comparer la télévision au cinéma, eh bien ça y est, on y est, les pratiques sont les mêmes !
Qu'y avait-il à attendre de The Carrie Diaries, dans le fond ? Le network le moins convaincant de tous (oui, moins encore que NBC) commandant une ressucée facile à destination du public adolescent, c'était couru d'avance. Est-ce que ça valait vraiment le coup de s'atteler au pilote, sachant que le résultat semblant connu de tous avant même que la première scène n'ait été tournée ? Eh bien oui, et pas seulement en vertu du défi que whisperintherain et moi-même nous sommes fixés...

TheCarrieDiaries

OUI.
Oui ça valait la peine de donner sa chance à ce pilote, de faire fi de quelques préjugés et d'accepter l'éventualité que The Carrie Diaries ne serait pas tout-à-fait à chier, parce que la série essaye vraiment de toutes ses forces d'être au niveau. Oh, je ne dis pas qu'elle y réussit à chaque fois, mais diantre, elle essaye plus fort que les deux tiers des pilotes qu'on a vus jusque là, et étant donné le défi qu'on s'est lancés cette saison, des pilotes, j'en ai vus !

The Carrie Diaries a parfaitement saisi l'importance de ne pas traiter son univers à la légère ; on retrouve en filigrane de l'épisodes de nombreux ingrédients de la série originale (Sex & the City, pour ceux qui roupillent dans le fond) et de son héroïne. Il ne s'agit pas de se saisir de l'excuse du succès de Carrie Bradshaw pour fourguer une série complètement passe-partout ; et pour une fiction à vocation aussi peu mythologique que Sex & the City, où bien des ingrédients auraient pu être réduits à la plus simple expression de gimmicks, The Carrie Diaries accepte de relever le défi et de tomber le moins possible dans la facilité. Sans en faire des tonnes, l'épisode inaugural va nous ramener à bien des choses, qu'il s'agisse de Carrie se faisant bousculer sur un trottoir new-yorkais (facile !) à sa manie de toujours porter toutes sortes d'accessoires à son nom (ici, le sac à main, mais aussi un pendentif avec la lettre C). Carrie n'est pas encore "notre" Carrie, mais elle existe, elle est là, enfouie sous les couleurs fluos des années 80. Tout le principe de la série est de nous dire comment elle est "devenue ce qu'elle est", et The Carrie Diaries s'y emploie avec une souplesse à laquelle je ne m'attendais pas.

A ces tentatives de connecter les points entre eux, ce prequel décide également d'ajouter plus de substance que Sex & the City n'en a jamais eu. La série commence en effet tout juste trois mois après que Carrie ait perdu sa mère.
Ah oui parce qu'il faut que je vous dise, quand même, que parmi les bémols que je vais aborder dans ce post, le premier et non des moindres est que l'histoire de Carrie Bradshaw est entièrement visitée. Au lieu que son père l'ait quittée, elle et sa mère, quand elle était encore enfant (ce qui l'avait conduite à se laisser approcher d'un peu trop près par un vieux beau de Vogue dans Sex & the City, avant de se raviser et finalement opter pour un partenariat avec une éditrice acariatre, mais inoffensive), cette fois c'est maman qui est morte, laissant papa seul avec deux filles à gérer, oui, apparemment Carrie a une frangine, je suis aussi étonnée que vous. Cet acte de réécriture ne peinera cependant pas les adolescentes découvrant The Carrie Diaries, car en réalité, le public de la CW a quand même assez peu de chances d'avoir vu Sex & the City, et moins encore d'en avoir mémorisé les détails mythologiques. Mais enfin, puisque cette série se déroule dans les années 80, c'est, finalement... assez cohérent.
Cependant, loin d'être uniquement une intrigue à but bêtement larmoyant, la mort de sa mère s'impose pour Carrie comme l'évènement fondateur à partir duquel elle va grandir, et donc se révéler à elle-même. Mettre les pieds à Manhattan ? Découvrir le bonheur de se prélasser dans des fringues froufroutantes ? Les premiers émois amoureux ? Les premières réflexions couchées par écrit ? Sans la mort de maman, elle n'y serait pas venue (ou en tous cas pas si vite). Alors, merci maman, je suppose... Cet axe est en tous cas plutôt bien exploité, en dépit de quelques scènes tombant dans le cliché absolu du veuf éploré et des placards à vider. Mais par son don pour la référence et donc la cohérence (bien que paradoxal), The Carrie Diaries parvient à s'en tirer sans sembler pathétique. C'est un travail d'équilibrisme, ce n'était pas gagné, loin de là, mais les résultats sont tangibles : l'épisode s'en tire bien malgré les écueils.

Le second problème de ce pilote est justement là. Personne ne s'attend à regarder Sex & the City pour son aspect dramatique ; moins encore les jeunes filles et jeunes adultes qui constituent l'essentiel de la cible de la CW, et qui n'en connaissent en réalité que la réputation ou l'image glamour. Or, entre ses questionnements métaphysiques (pas souvent méta, mais quand même), la question du deuil, et les conversations parfois un peu tristoune (y compris en cloture de pilote), The Carrie Diaries est un bel éteignoir pour la jeunesse superficielle qui se chercherait un nouveau Gossip Girl clinquant et plein de dra-maaa.

Heureusement, tout n'est pas déprimant dans ce pilote, même si le ton y est quand même très grave sur des sujets qui ne le sont pas moins. Et il faut admettre qu'au niveau de l'ambiance, The Carrie Diaries remporte son pari haut la main. Tout en rappelant au passage que dans la mode moins qu'ailleurs, tout se recycle (en témoignent les couleurs fluos des vêtements et des maquillages, dont les teintes ne sont pas si éloignées de celles que l'on voit un peu partout), la série trouve le moyen de rappeler avec bonheur les années 80, sans trop les faire passer pour ringardes, ce qui relève de l'exploit. Il n'y avait qu'une scène, dans les grands magasins, quand diverses clientes arborent des tenues ayant très très mal vieilli, qu'on comprend un peu moins ce qui fascine Carrie dans la mode de l'époque, mais en-dehors de trois ou quatre plans peu heureux, The Carrie Diaries accomplit l'exploit de réellement rendre les années 80 sympathiques et électrisantes, pleines de promesses dont on oublie incroyablement facilement qu'elles sont loin d'avoir toutes été tenues.
Outre le look des personnages, et donc les fringues, qui effectivement se devaient d'être impérativement au top étant donné la réputation de magazine que se trimbale Sex & the City, il faut aussi mentionner l'incroyable travail fait sur la musique, parfaite de bout en bout (même si je ne suis pas fan de la reprise de Girls just wanna have fun en balade). Rien que cet ingrédient permettait à la série d'être 10% plus sympathique ! Oui, c'est chiffré, on est précis ici môssieu.
Le seul ingrédient qui manque dans ce pilote est une référence à des chaussures. Je suppose que le coup de foudre aura lieu dans un épisode ultérieur, bien à part, pour Carrie.

Alors, le comble du comble, c'est que The Carrie Diaries finit par être un boulot presque décent.
Evidemment, il est difficile de ne pas penser à Jane by Design lorsqu'on entend parler de la double-vie de lycéenne et de stagiaire que Carrie mènera dorénavant, l'obligeant à avoir un pied (bien chaussé on l'espère) dans le monde adulte tandis que ses amis resteront des repères de l'adolescence. On peut regretter que certains ingrédients aient été changés alors que d'autres sont d'une fidélité tendre et à toute épreuve. On peut se demander si l'intrigue sous-entendue sur l'ami potentiellement gay était nécessaire alors qu'elle est tout de même usée jusqu'à la corde (sauf grosse surprise).
Mais malgré ces défauts et ceux cités précédemment, The Carrie Diaries n'a pas à rougir de ce qui a été accompli. Son seul tort est de s'appuyer sur une franchise essentiellement vue par des adultes (ne serait-ce que Sex & the City a démarré, attention au coup de vieux, en 1998), avec un ton souvent dramatique, et de manquer ponctuellement, même si c'est difficile à croire, de frivolité ; c'est la bonne série, pas sûre que ce soit exactement la bonne cible. Les audiences tendent à le prouver d'ailleurs.

Mais qu'importe ! Je ne pensais pas qu'une série où il serait question de fringues plus que de sexe (et de romance plus que de sexe, Carrie et ses amies ayant quelques apprentissages à faire sur la réalité de ces deux éléments de leur vie d'adulte, ainsi que The Mouse en fera l'expérience) me plairait, je pensais avoir affaire à un prequel en toc, et finalement, The Carrie Diaries tient bien la route, son héroïne a une véritable fraîcheur et une belle énergie, et finalement, le temps que ça durera, je serai devant.
Evidemment, il est probablement encore loin, le temps où Carrie rencontrera sa fameuse clique (quoique, vu que la série fait le tri dans ce qu'elle garde ou non, tout est possible), mais même sans cela, The Carrie Diaries offre une jolie chronique, colorée et optimiste, mais aussi parfois amère et pas complètement décérébrée, du passage à l'âge adulte. N'est-ce pas ce en faveur de quoi je prêche depuis toujours en matière de séries pour ados ?
D'accord, mes séries ados préférées semblent plutôt faites pour les adultes, mais qu'importe que le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse...

Challenge20122013

29 décembre 2012

Belle à en mourir de jalousie

C'est en cherchant le pilote de la série pour la jeunesse Dead Gorgeous pour le boulot que je suis tombée sur celui du drama Drop Dead Gorgeous ; ce sont des choses qui arrivent. Comme je ne suis pas une malpolie, j'ai donc regardé celui de Drop Dead Gorgeous ! Sérieusement, vous m'avez déjà vue refuser de tester un pilote ? Bilan des opérations, me voilà avec une nouvelle série dans mon planning !
Comment on en est arrivés là ? Pour mieux comprendre ce phénomène, revenons sur ce pilote...

DropDeadGorgeous

Lancée en 2006 par BBC Three, Drop Dead Gorgeous raconte comment une jeune adolescente, Ashley Webb, est découverte complètement par hasard par un bel après-midi, et comment elle devient mannequin. Jusque là, rien de très affolant ; j'irai même jusqu'à dire que sur le papier, il n'y a aucune raison de regarder Drop Dead Gorgeous plus qu'il n'y en avait de s'infliger The Beautiful Life.
Mais ce qui fait toute la différence, c'est que Drop Dead Gorgeous est profondément authentique, à la fois dans sa façon de développer l'histoire, et dans le ton qu'elle emploie pour le faire. Bien que passant par quelques clichés vraisemblablement incontournables, le pilote va entièrement se dérouler du point de vue de la famille d'Ashley, plus que d'Ashley elle-même, permettant ainsi à la fois aux personnages et surtout, aux spectateurs, de garder les pieds sur terre. On ne cherche pas ici à vendre du rêve, mais plutôt à se demander ce qu'il se passerait si une adolescente parmi tant d'autres se voyait offrir un embryon d'opportunité.

Les Webb sont en effet un couple de la classe moyenne complètement normaux, habitant une modeste barraque toujours en bordel avec leurs trois enfants, et travaillant dans des boulots assez peu glamour (elle travaille dans une cantine scolaire, il est garagiste). Les deux filles ainées, Ashley et Jade, s'entendent à merveille ; il faut dire que Jade est une adolescente très assurée, assez fière de ce à quoi elle ressemble, et qu'Ashley de son côté est un peu renfermée et toute disposer à laisser sa soeur jouer la star de la famille ; elles ont aussi un petit frère qui se situe dans ce que mes parents avaient coutume d'appeler "l'âge con", avec lequel elles se chamaillent régulièrement. Rien que de très classique, donc... jusqu'à ce qu'un jour, alors qu'elle sont en train de papoter dans un troquet, Jade et Ashley sont approchées par une découvreuse qui promet que l'une des filles pourrait tout-à-fait faire carrière dans la mode. Mais cette fille, c'est la grande et élancée Ashley ; Jade est trop petite pour le mannequinnat. Imaginez la claque, un peu.

A partir de là, le pilote de Drop Dead Gorgeous va donc consciencieusement surveiller la façon dont les choses évoluent : le premier coup de fil, la viste d'un manager venu d'une agence locale pour signer Ashley, le premier contrat...
Les choses vont assez vite mais, l'épisode durant la bagatelle de 56mn, on aura aussi le temps de vivre, aux côtés des parents Webb, les questionnements inhérents à la situation : faut-il laisser Ashley s'embarquer là-dedans ? Et sa santé ? Et ses études ? Et sa soeur ? Et on n'y connait rien !
Ces parents modestes se retrouvent à prendre des décisions qu'ils n'avaient pas prévues ; et une fois qu'elles sont prises, encore faut-il les assumer, car entre accepter qu'Ashley signe hypothétiquement avec une agence, et le moment où il faut accompagner celle-ci en plein milieu de la journée à un photoshoot calé dans l'urgence, il y a une différence.
Toute la famille se retrouve changée par la nouvelle vie d'Ashley ; il y a les copines qui sont super fières, les "ennemies" au lycée à qui on peut maintenant river le clou, bien-sûr, mais il y a aussi le fait que le partage des tâches à la maison a changé maintenant que Pauline, la mère, suit Ashley dans tous ses engagements pour veiller sur elle, et que c'est le père, Terry, qui doit assumer la préparation du dîner, par exemple. Ce n'est pas grand'chose en théorie, mais dans l'intimité de cette petite famille, c'est vraiment déstabilisant, même si tous s'adaptent, dans un premier temps, de bon coeur.

Enfin, non : pas tous. Le personnage de Jade, en particulier, est au moins aussi important dans la série que celui d'Ashley ; profondément blessée par le fait qu'elle n'ait pas été considérée plus belle que sa soeur (ou, au pire, aussi belle), elle va passer une bonne partie de ce pilote à être à la fois ravie pour sa frangine, jalouse, et en même temps, peinée par les retombées sur sa propre vie, qu'il s'agisse d'aider un peu plus à la maison pour les tâches ménagères ou de voir que son petit copain regarde Ashley bien différemment maintenant qu'il sait qu'elle est prise en photo par des professionnels. Jade va donc se retrancher à la fois dans un comportement passif-agressif, et régulièrement envoyé des piques à sa soeur sans raison valable apparente, et aussi souffrir secrètement. On sent vraiment l'adolescente meurtrie au dernier degré, qui n'est pas mauvaise par nature et qui donc aimerait se réjouir sincèrement pour ce qui arrive à sa soeur et meilleure amie, mais qui n'y parvient pas tout-à-fait et qui a besoin de l'exprimer d'une façon ou d'une autre (ce sera donc les remarques assassines en public, et les larmes quand elle est seule). Qui plus est, depuis qu'Ashley fait l'objet de tant d'attentions, Jade, qui était auparavant la petite reine des abeilles de son entourage, devient aussi, progressivement, transparente. Alors certes, cette opportunité va faire des merveilles pour la confiance en soi d'Ashley, qui en avait bien besoin, mais elle va aussi causer du tort, on le sent bien dans cet épisode, à sa soeur, désormais obligée de vivre dans son ombre... quand bien même Ashley se contente pour le moment de faire quelques photos de maillots de bain pour une pub dans les pages locales.

Outre des personnages très touchants (essentiellement Jade et Pauline, très présentes dramatiquement), Drop Dead Gorgeous, c'est aussi voire même avant tout une façon de filmer la famille Webb qui est incroyablement tangible. Rarement une série aura été capable de me donner l'impression d'être aussi réaliste. Si vous êtes comme moi et que, quand vous pensez au quotidien dans votre famille, dans votre enfance, vous vous souvenez des dîners préparés vite fait dans une poëlle, de la lumière un peu jaune de la cuisine le matin au petit déjeuner, des bisbilles avec la fratrie sur le canapé après l'école, les disputes mais aussi les silences, les conversations qui sont un peu creuses mais qu'on a forcément, juste parce qu'on vit ensemble... bref, de tout ce qui n'est jamais montré dans 99,999% des séries sur le quotidien des personnages, et qui forme pourtant 99,999% de leur quotidien, eh bien c'est ça, ce que tient Drop Dead Gorgeous.
D'une façon rare et difficile à expliquer, la série parvient à vous donner l'impression de partager tout ce qui constitue les banalités triviales de la vie de famille, de la vaisselle qu'on n'a pas envie de faire à grand'mère qui regarde ses feuilletons à la télé, alors que, quand même, la vie de la famille Webb n'a justement plus grand'chose de banal...

C'est ce qui rend la série profondément attachante, finalement, bien plus que son sujet. En choisissant de rester extrêmement humble, et de s'intéresser dans le détail à la façon dont vit et fonctionne cette famille, Drop Dead Gorgeous instaure immédiatement, plus encore qu'une mécanique d'identification (même si effectivement les Webb pourraient être absolument n'importe quelle famille, donc la vôtre), une ambiance de proximité et d'authenticité.
En fait c'en est même destabilisant, parce que dans les premières minutes du pilote, je passais mon temps à attendre qu'il se passe "quelque chose", je sais pas, un truc important et tragique, genre Ashley devient immédiatement une superstar, ou les Webb refusent qu'elle signe et Ashley doit faire des photoshoot en secret, ou Ashley se fait violer pendant une prise de vue, ou Ashley meurt et Jade doit prendre sa place, ou j'en sais rien !!! Mais quelque chose de gros, quoi. C'est triste à dire : je suis encore trop formatée par les séries américaines ! Mais progressivement, j'ai compris que ce n'était pas ce dont parlait Drop Dead Gorgeous, et qu'on n'était pas sur la CW ou même ABC Family. Et ça m'a plu, quand je l'ai compris.

Bon alors, cette histoire de poursuivre la série, donc, que j'évoquais plus haut. Oui, je vous l'accorde, c'est pas exactement le moment, avec le marathon Jack & Bobby, les reviews entamées qu'il faut que je finalise, et tout et tout... plus le fait que j'ai décidé de refaire un challenge ciné en 2013. C'est clair, ça tombe mal. Mais pour ma défense, les deux saisons de Drop Dead Gorgeous durent respectivement 4 et 6 épisodes... donc je devrais m'en sortir. Et pour être tout-à-fait franche avec vous, j'adore quand ce genre de coup de coeur me tombe dessus, donc je râle surtout pour la forme. Qu'est-ce qu'on fait, on se retrouve pour un bilan de la série quand j'ai fini ?

Voilà et maintenant, un vote à main levée : combien de fois, en lisant le titre de Drop Dead Gorgeous, avez-vous pensé à Drop Dead Diva ? Soyez pas timides, dites-le moi franchement ; en ce qui me concerne, au cours de la rédaction de ce post, mon clavier a fourché trois fois.

12 décembre 2012

Tu ne cilleras point

Vous vous rappelez quand j'ai dit que j'avais parfois du mal avec les séries britanniques ? Et la fois où j'ai évoqué le fait d'être assez peu friande de séries d'espionnage ? Voilà.
Donc j'ai testé Spooks.

Spooks

Cela semblait en effet incontournable. Cependant, je crois que Spooks a relativement mal vieilli, au moins si l'on s'en réfère à son pilote.
Celui-ci a en effet toutes les apparences de la série britannique typique qui me repoussait il y a encore quelques années. Pour autant qu'il s'agisse, sur le fond, d'une fiction qui semble solide, je n'ai pas pu m'empêcher en la regardant de penser à toutes les fois où (c'était alors que j'avais encore la télévision chez moi) je me dépêchais de zapper en voyant Affaires non classées le samedi soir, notamment. Dans le cas d'Affaires non classées, pas de grief contre l'écriture, qui n'était en rien responsable ; simplement j'étais rebutée par le jeu des acteurs (assez rigide), la réalisation (assez chirurgicale), et l'esthétisme (assez glacial). Il se dégageait de l'ensemble quelque chose qui ne me parlait pas, qui ne m'invitait pas à entrer dans cet univers ; j'avais aussi le sentiment d'épisodes qui ne s'adressaient pas à moi, à ma génération (ce qui est ironique quand on sait que je regarde des vieilleries sans aucun froncement de sourcil). On était au tournant des années 2000 et pourtant quelque chose m'y agrippait le pied pour me tenir dans les années 90 ; c'était en tous cas comme ça que je le vivais (alors que, encore une fois, des séries des années 90, j'en ai regardé plein, paradoxalement !).
Le pilote de Spooks m'a ramenée à ce genre d'impressions. C'est vrai que c'est un pilote qui a 10 ans, mais c'est vrai aussi que c'est un pilote qui n'a que 10 ans (d'ailleurs, je ne voudrais pas faire de généralités, mais les séries anglaises ont quant même bien progressé en 10 ans, non ?). Ce genre de réflexe infondé est justement ce que j'essaie de combattre quand je m'attaque aux séries britanniques (et allemandes, ponctuellement). Alors, contrairement à tous ces samedis soirs où j'ai fui peu courageusement devant Affaires non classées, j'ai tenu bon devant le pilote de Spooks, même si, je l'avoue bien volontiers, il y a eu des scènes pendant lesquelles j'ai dû lutter pour rester concentrée.

Pourtant Spooks est d'autant plus impressionnante qu'elle emploie des ressorts typiques de la série d'espionnage, y ajoute des procédés issus de la série policière... pour aborder en réalité un sujet de société. Peu de séries d'espionnage (et peu de séries policières en-dehors de la franchise Law & Order) sont capables de faire ce genre de pirouettes.
Ainsi, le premier épisode de Spooks, dans lequel l'équipe du MI-5 se lance sur la piste d'une terroriste américaine pro-life qui fait sauter des médecins britanniques pratiquant des avortements (et, non, l'ironie de ces actions n'échappe pas aux agents). Comme tous les espions de télévision (ou presque), il va s'agir de mettre des gens sur écoute ou de se faire passer pour quelqu'un d'autre ; comme toutes les forces de l'ordre de télévision, il va être nécessaire de procéder à un interrogatoire... Mais tout cela ne se fait pas sans réfléchir, entre autres, au sens des actions de cette activiste à l'accent du Sud des Etats-Unis. C'est ce qui m'a plu, dans ce pilote, le fait que les agents, et notamment Tom Quinn, ne se contentent pas d'intervenir sur une affaire, mais aussi d'avoir leur propre ressenti à son sujet. La discussion qui en résulte avec la terroriste, pendant l'interrogatoire, se montre à ce titre fascinante.

Après un peu plus d'une semaine passée à observer toutes sortes d'espions et d'agents secrets, c'est là que j'ai réalisé que c'est assez rare, en fait, que ces personnages aient une opinion politique ; ce qui semble être un comble car leur activité est totalement politique ! Beaucoup d'espions tentent de discerner qui sont les gentils et les méchants comme s'il y avait un absolu : je travaille pour les gentils (= le Gouvernement), ou pour les vrais gentils (= les gens de mon organisation qui ne complottent pas contre le Gouvernement, dans les cas où la série d'espionnage mette en place des éléments conspirationnistes).
C'est le cas par exemple dans ALIAS, où une grande partie de la problématique au début était de savoir à qui faire confiance, de choisir son côté. Mais pas d'avoir une opinion, in fine, sur ce qui allait réellement arriver si un camps parvenait à ses fins. Et si le SD-6, en dépit du fait qu'il n'agisse pas dans l'intérêt du Gouvernement, servait mieux le bien général que la CIA ? La question ne semblait pas vraiment se poser à Sydney Bristow. Ces derniers jours, aucune question similaire n'a semblé se poser pour Annie Walker (de Covert Affairs) ou Sam Hunter (de Hunted) non plus, qui travaillent pour un organisme, quel qu'il soit, dont elles ne questionnent jamais les intentions, mais plutôt la nature des agissements.
Ici, Tom Quinn, dont nous pouvons voir qu'il a énormément de mépris (et sans doute un peu de colère voilée) pour sa cible l'activiste pro-life, affiche clairement que la raison pour laquelle il déploie son équipe sur cette affaire : c'est non seulement parce que, tuer des gens en piégeant leur voiture, c'est illégal, mais tuer des gens au prétexte qu'ils tuent des bébés, c'est effectivement absurde et immoral. Cet engagement du personnage dans la cause dans laquelle il a engagé ses forces et celle des agents travaillant avec lui donne une dimension dramatique qui m'a semblée précieuse à ce pilote.
Cela ouvre, en outre et évidemment, le débat sur la question pro-life/pro-choice, de façon plus originale qu'à l'ordinaire ; une tâche dont en général une série juridique s'acccomplit bien plus souvent qu'une série d'espionnage ; en cela, le point de vue sociétal du premier épisode de Spooks semble vraiment original étant donné le genre.

Malgré cette vision ambitieuse de la série d'espionnage (et un coup d'oeil au résumé de quelques autres épisodes de la série semble indiquer que c'est un esprit qui dépasse le cadre du pilote), Spooks, c'est aussi une grande humilité dans sa façon de montrer le travail d'espion. Cette humilité se traduit par le choix, d'une part, de montrer des hommes et non des superhéros (la seule raison pour laquelle la bombe n'explose pas en fin d'épisode... est un vulgaire coup de chance, sans quoi tout le monde sautait), capables de faire du bon travail, mais pas à l'abri d'une bévue. L'exemple absolument génial trouvé par le pilote est quand une maison doit être mise sous écoute, évidemment en laissant l'endroit intact pour que leur cible ne se doute de rien ; sauf que lorsque l'équipe a pénétré le bâtiment, ils craignent d'avoir laissé s'échapper le chat ! Le temps perdu à essayer de mettre la main sur un bête matou, dont l'absence suffirait à compromettre l'opération, et le sentiment d'absurdité de la bévue, renforcent l'impression que parfois, remplir une mission pour le MI-5 tient à peu de choses. A cela encore faut-il ajouter les insécurités des personnages, comme dans l'échange entre Danny et l'une des collègues, laquelle explique qu'elle ne se sent pas à l'aise parce qu'il y a une procédure qu'elle n'a quasiment jamais employée. Cette humilité est précieuse, surtout si on la compare à l'incroyable aplomb d'espions qui, même débutants, semblent toujours savoir comment se comporter, et connaître leur manuel par coeur. Imagine-t-on Jack Bauer (parfait exemple du personnage d'espion pas inquiété par les questions d'humilité) admettre qu'il n'a fait une manoeuvre qu'une fois lors de sa formation ? Pas vraiment. Pourtant cela donne en un instant une épaisseur appréciable aux personnages, et les rend incroyablement plus humains.

Spooks, c'est aussi, un peu, une série dramatique, et c'est Tom Quinn (encore lui) qui incarne cet angle dans cet épisode inaugural. L'homme entretient en effet une relation naissante avec une mère célibataire, à laquelle il doit mentir sur son identité ; il se fait passer pour Matthew Archer, un simple fonctionnaire travaillant dans un service informatique. Il est clair cependant que ce mensonge ne pourra durer qu'un temps, et Quinn en semble éminemment conscient. Lorsqu'il s'absente sous un prétexte fallacieux pour passer un coup de fil ("des serveurs ont sauté ?", lui demande sa dulcinée ; "presque tous", glisse-t-il avant d'aller appeler sa collègue Zoe à propos d'une terroriste internationale), ce mensonge ne reste pas innocent ; il est surpris en pleine conversation par la fille de sa petite-amie, laquelle répètera ensuite le prénom de "Zoe" en se brossant les dents le soir-même.
Quinn s'inquiète-t-il que le nom de "Zoe", répété par la petite, éveille des soupçons chez la femme qu'il aime ? Pas vraiment : un si petit détail ne peut pas suffire à dévoiler son secret, à quoi bon chercher à empêcher la gamine de le prononcer ou s'essayer à une explication précipitée ? Mais il semble aussi tout-à-fait clairvoyant quant au fait que le mensonge ne fonctionnera pas éternellement. En fin d'épisode, il explique tout simplement qu'il a un secret, et qu'il ne peut pas en parler, et que c'est comme ça, mais que ça ne l'empêche pas de ressentir de l'attachement.
J'ai trouvé ça très touchant, bien plus que s'il avait tenté de rattraper le coup. Ce n'est pas que son coup de fil mensonger soit une menace pour son secret, c'est que son secret soit une menace pour son couple qui est immédiatement posé comme question. Cela évite bien des artifices sur l'éternel thème de la double-vie des espions.

Pourquoi j'ai, au regard de ces excellents ingrédients, eu tout de même du mal avec le pilote de Spooks ? Eh bien parce que, comme je l'ai dit, il ne s'agit pas d'une série qui nous invite à entrer aisément dans son univers ; une fois de plus, j'étais rebutée par le jeu des acteurs (assez rigide), la réalisation (assez chirurgicale), et l'esthétisme (assez glacial), quand bien même le fond de cet épisode était, répétons-le encore une fois, parfaitement intéressant. Pour une série capable d'apporter quelque chose de si humain dans sa trame, que des facteurs de forme empêchent l'empathie, l'identification ou la plupart des formes d'émotion, est vraiment dommageable de mon point de vue. Je le ressens comme une mise à distance qui ne m'aide pas à m'intéresser au reste de l'épisode, ces phases plus typique des séries d'espionnage. Ce qui fait la force de Spooks, je le sens bien, c'est qu'elle offre un peu plus que l'espionnage, mais elle ne sait pas le mettre en valeur dans son pilote.

Alors je sais, je sais, ce n'est qu'un pilote, mais tout de même, c'est supposé donner envie, pas suggérer qu'il faudra lutter et s'accrocher pour attraper "le reste", la moëlle, ce qui fait l'intérêt de la série. C'est, très sincèrement, un effort que je ne m'imagine pas faire sur toute une saison, moins encore sur dix.
Cependant, je ne vous cache pas être assez satisfaite de moi : je n'ai pas flanché, j'ai résisté à mon envie d'arrêter le pilote et d'aller plutôt folâtrer dans les couloirs du Sacred Heart Hospital (et ce quand bien même je vienne de commencer la saison 8 de Scrubs), et j'ai réussi à trouver de bons côtés à ce pilote. La téléphage que j'étais il y a quelques années n'en aurait pas eu la patience ; ce n'est pas grand'chose, mais j'ai tenu bon !
Pour ma peine, j'ai gagné le droit d'aller retrouver JD et Turk, tiens !

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1 novembre 2012

Paris sera toujours Paris

Le challenge que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé inclut les pilotes de séries françaises diffusés cette saison. Je vous avoue que dans un premier temps, l'idée n'était pas pour me ravir. Mais puisque j'ai embarqué l'ami whisper dans un programme qui inclut des pilotes canadiens et australiens, il me semblait, après mûre réflexion, juste d'y inclure les pilotes français aussi. Quitte à traîner parfois la patte.
Aujourd'hui, voilà donc un post dédié à un pilote de séries française, et, comme c'est la coutume, la review de whisperintherain sera en lien au bas de ce post à titre de comparaison...

Cain

Est-ce que je me ramollis ?
Depuis quelques mois, des séries françaises, j'en regarde... ce qui veut dire que j'en regarde beaucoup plus qu'il y a un ou deux ans de ça, vu que je n'en regardais pas du tout. Logique. Je tente plus de pilotes qu'avant, d'une part, et il m'arrive de regarder de temps à autres des saisons entières, ce qui signifie que dans cette masse de pilotes, il y en a qui réussissent à me convaincre de leur potentiel et/ou de leurs qualités. Mais est-il possible que je sois tout simplement plus facile à convaincre depuis que j'ai décidé de donner leur chance aux séries françaises ? C'est toute la question.
Par exemple, mon enthousiasme autour d'Ainsi Soient-Ils m'avait un peu effrayée. C'est rare, pour ne pas dire inédit, que je me montre ravie de regarder une série française de bout en bout. Plus tôt cette année, j'avais par exemple regardé l'intégralité de la première saison de Kaboul Kitchen avec, parfois, l'impression de vouloir aller au bout par principe, et non parce que la série me captivait ; c'était "pas mal", et je décidais de m'en contenter. Avec Ainsi Soient-Ils, en dépit des défauts (et on y reviendra dans le bilan de saison), la question ne s'est pas posée à mes yeux. Est-ce que par hasard j'ai pris l'habitude d'abaisser mes standards, ou bien Ainsi Soient-Ils est vraiment une bonne série ? La question vaut la peine d'être posée.

Voilà comment le vérifier : regarder le pilote de Caïn.

Ah ça, on tient là un pilote qui permet de remettre les pendules à l'heure. Toutes mes craintes d'être désormais trop tendre avec les séries françaises se sont envolées devant ces 54 minutes. Je vous le dis comme je le pense : c'est pas encore aujourd'hui que je vais faire preuve de laxisme de principe avec des séries françaises ! Nan vraiment, tout va bien !

Caïn commence avec ce qui est certainement l'une des plus mauvaises scènes d'ouverture jamais écrites pour un pilote. Et il m'arrive de regarder quelques pilotes chaque année... L'idée directrice de cette scène est de prouver que le personnage central de la série n'a pas la langue dans sa poche, qu'il est cynique et/ou sarcastique à volonté, et qu'il ne s'embarrasse pas vraiment de ce que pensent les autres. Ah, et qu'il est flic, évidemment. Mais en voulant dire tout ça sur son personnage central, cette scène d'ouverture se montre épouvantablement caricaturale, et creuse. Les répliques pourraient faire mouche si on n'avait pas l'impression qu'on n'est là que pour ces mêmes répliques, et que la trame de l'histoire n'est qu'un prétexte.
Et puis, de toute façon, pourquoi s'intéresser à cette enquête si même le héros se contrefiche de la victime comme du crime ?

Outre sa passion pour le non-politiquement correct, pour les blagues sexistes, voire peut-être même racistes (je suis pas certaine d'avoir bien compris la blague du "nègre" qui était "voué à finir comme ça"), et les références à son accident histoire de clouer gratuitement le bec à ses interlocuteurs en faisant semblant de ne pas tomber dans le misérabilisme, le personnage de Fred Caïn n'est pas le seul problème. Il est aussi accompagné d'un personnage transparent, sa coéquipière. Je ne sais pas si c'est l'actrice (j'ai de fortes suspicions cependant), mais franchement, on dirait que Caïn la rend plus intéressante qu'elle ne l'est ; j'ai rarement vu un personnage aussi apathique. A un moment, j'ai cru que c'était une tentative de faire quelque chose similaire à Saga Norén dans Bron/Broen, mais non, pas du tout, il est vraiment pourri et fade.

Le besoin de la série de montrer un personnage aux méthodes peu orthodoxes, forcément mal vues par la hiérarchie (mais la hiérarchie l'aime bien quand même, ce filou de Caïn, allez), est un peu maladif. On a plusieurs fois dans l'épisodes des démonstrations de ces méthodes contestables, mais rien ne les justifie jamais si ce n'est le besoin compulsif du personnage de vouloir faire le clown.
Et puis, cette enquête qui traine en longueur, cette intrigue secondaire sans intérêt plaquée là alors que même les scénaristes n'ont pas envie d'y consacrer plus de 2 minutes de réflexion... c'est vraiment pénible. Il n'y a rien pour sauver les meubles.

Alors que tout le monde se rassure : certaines choses sont immuables. Et elle n'est visiblement pas encore diffusée, la série policière française qui me convaincra.
Peut-être que si Caïn, justement, n'avait pas été une série policière, elle aurait fait une très convenable comédie : les dialogues sont bons, simplement dans le contexte d'enquêtes policières traitées par-dessus la jamble, ils décrédibilisent la série au lieu de lui apporter du cachet. Dans le fond, il n'est pas déplaisant, ce personnage. C'est juste que ça ne m'intéresse pas de le voir faire semblant de bosser sur le sort d'une femme retrouvée brûlée dans sa voiture quand de toute évidence, ni les protagonistes, ni les scénaristes, ni les spectateurs, ne se passionnent pour l'affaire. Autant plaquer le commissariat et se reconvertir dans le stand-up.
Oh, pardon.

Challenge20122013

5 novembre 2012

The clouds come and go, the mountains still high

Quand il est devenu évident que j'étais incapable de trouver des sous-titres pour le pilote de Hellfjord (ce qui se comprend vu qu'ils n'existent pas), deux choix se sont ouverts à moi : soit je laissais tomber le pilote d'une série dont je suis le développement depuis de nombreux mois... soit je regardais en VOSTM.
Hm. Suspense, suspense.

Hellfjord

Hellfjord raconte l'histoire de l'officier Salmander, un pauvre type qui menait tant bien que mal sa carrière dans la police montée jusqu'à présent, et qui, à la défaveur d'un évènement pour le moins particulier, se retrouve muté sur l'île étrange de Hellfjord, un patelin perdu au milieu de la mer et de la brume.
Et quel évènement. Les premières minutes du pilote sont entièrement dédiées à revenir sur la raison de cette brutale mutation, qui est un peu une mise au placard qui ne dit pas son nom. Contrairement à The Strange Calls, qui en apparence traite d'un sujet similaire, Hellfjord va passer de longues minutes, de douloureuses minutes, d'hilarantes minutes, à expliquer qui est son héros, et à donner le ton. Tout ça pendant une séance d'interrogatoire par son supérieur qui n'en finit pas.
Et personnellement j'étais pliée de rire, je vous le dis tout de suite. Je vous raconte ? Allez, je vous raconte.

Salmander officie donc sur un magnifique cheval, superbe créature qui l'accompagne alors qu'il est déployé pour assister un cortège public (j'ai pas bien compris, mais ça ressemble à la fête nationale, en gros). Donc autour de lui, il y a énormément de monde, des femmes, des enfants, des tout ce que vous voulez. Or, d'une part, il ne maîtrise pas sa monture, mais surtout, la malheureuse bestiole finit par se briser la patte contre un trottoir. Alors que l'équidé s'affaisse sur la chaussée, les passants commencent à se retourner. N'écoutant que son courage et le fascicule de procédure, Salmander décide donc de mettre fin aux souffrances de l'animal. Mais le premier coup ne fonctionne pas. Le second non plus. Et pendant ce temps les badauds, et notamment les enfants, qui regardent, forcément intrigués par les bruits des coups de feu. Quand Salmander n'a plus de munitions, il emprunte un trombone à un musicien faisant partie de la parade. C'est la boucherie (chevalline, donc). Et pourtant l'animal n'est pas mort. Donc Salmander réquisitionne une voiture et... Quand yen a plus, oh Seigneur, yen a encore. Rien que de l'écrire je me remets à rire. Nan c'est énorme, franchement. Et ça fonctionne magnifiquement bien parce que cette explication est remise dans le contexte de l'interrogatoire par son supérieur, où tout le monde reste impassible. Ca marche formidablement bien.

En tous cas la nouvelle finit par tomber au bout de 5 hilarantes minutes, et voilà Salmander muté sans grande possibilité de faire marche arrière.
Le problème c'est que Hellfjord est non seulement un petit bled paumé au milieu des montagnes et d'une mer hostile, mais c'est un endroit franchement bizarre.
J'en veux pour preuve le fait que pour accéder à l'île/la ville, il faut passer en bateau, et pour que le bateau passe sans encombre, il faut, hm, lâcher une tête de mouton dans l'eau. Bien bien bien. Tout de suite ça met à l'aise. Donc notre Salmander (qui n'a d'ailleurs pas le pied très marin...) se retrouve à traverser une mer habitée par une quelconque créature aimant le gigot, pour arriver dans un petit coin perdu où désormais il est supposés être en poste. Sauf que là encore, les surprises sont nombreuses. En particulier, il est accueilli par le milicien du coin, Kobba, un vieillard bien péquenaud, laid, et pas forcément très vif, qui habite un bâtiment officiel de Hellfjord avec son épouse, une jeune femme magnifique qui semble le désirer en permanence, et qui au contraire semble du plus haut dégoûtant aux yeux du vieillard crachottant.
Salmander doit vivre avec eux dans la maison du bourg, qui sert également de commissariat... et pour cause, la seule chambre de libre, c'est une cellule aménagée avec un lit de camps, des rideaux, une méchante peinture à la chaux, et comme toute baignoire, une minuscule bassine où il tient à peine assis (et qui sert également pour la vaisselle). Là encore, ambiance. Bref c'est vraiment un endroit chaleureux et sympathique, et on sent que la punition de l'officier est à la mesure de la faute !

De Hellfjord, on en saura cependant assez peu dans ce premier épisode. Quelques explications nous seront données par Kobba dans un aperçu rapide des habitants (apparemment on aime fumer à tous âges, et fréquenter en famille Kjells Kitchen, le club de strip tease local ; accessoirement le garagiste est aussi gynécologue), et on apprendra très rapidement que l'économie locale dépend uniquement des pêches de Hellfish, l'entreprise locale dirigée par Bosse Nova, un type en costard cravate n'inspirant pas la confiance.
Lorsque le maire présente officiellement Salmander aux habitants de la commune, l'ambiance est assez fraîche, son arrivée étant accueillie avec une joie particulièrement dissimulée ; une seule personne semble curieuse, la journaliste Johanne, qui l'invite rapidement à prendre un café à Kjells Kitchen pour une rapide interview.
Les premiers jours de Salmander à Hellfjord sont beaucoup plus calmes ; sa première mission est de faire le guet toute une journée sur un bord de route totalement désert dans l'espoir de prendre au moins un flagrant délit de vitesse avec son radar portable, mais en-dehors d'un laborieux tracteur, la journée se passera totalement en isolement au milieu des montagnes.

Pour une série qui se réclame de l'héritage de Twin Peaks, et qui se vend comme une comédie d'horreur, Hellfjord se montre donc assez réservée dans ce premier épisode, qui a avant tout comme fonction d'établir une ambiance, un style, et des personnages. On est dans l'exposition la plus totale pendant les 27 premières minutes de cet épisode qui en dure à peine 29. Mais entre les choses bizarres, dérangeantes (très dérangeantes, la scène de la bassine je m'en remets pas) et tout simplement ridicules (Salmander n'a pas l'air de bien maîtriser ses bras et ses jambes, l'abruti), on passe quand même un fichu bon moment.
Je ne vous cache pas que le cliffhanger est un peu atroce/absurde/intrigant, mais globalement, on sent bien que l'intention de Hellfjord n'est pas tellement de faire un truc qui fait peur, et que c'est la comédie qui l'a emporté dans cet étrange mélange. Une comédie formidablement bien servie par un esthétisme superbe (ces paysages rocheux, ça me chavire ; d'ailleurs ça m'a redonné envie de revoir Buzz Aldrin), une musique qui effectivement, a puisé son inspiration de toute évidence du côté de Twin Peaks, et un cast assez varié (par exemple, Kobba est interprété par un acteur grossièrement grimé et jouant dans l'outrance, Salmander est tout en retenue et en regards), mais une comédie quand même.
Le problème c'est que le mystère lancé en fin d'épisode n'a finalement pas grand intérêt. Alors, c'est à se demander si... et je dis pas ça souvent, Hellfjord n'aurait pas plutôt gagné à être un peu plus procedural, surtout vu sa courte durée (7 épisodes au total), on va à peine commencer à se captiver pour le mystère découvert en fin de pilote que la saison va toucher à sa fin.

Bon, je suis sceptique sur la durée de vie du concept, en gros, même si j'ai passé un bon moment (bien que m'écriant "ah nan, naaan, mais quelle horrrrreur, ah ah ah, ah nan !" à intervalles réguliers). Je suis convaincue qu'il aurait été meilleur si j'avais compris les dialogues, mais franchement ça valait quand même le coup quand même, en dépit de mes doutes sur la longévité du truc.
Du coup, j'ai fait mes petites recherches, évidemment, le DVD doit sortir tout début janvier en Norvège. Pour l'instant pas de trace de sous-titres anglais (rha la poisse !) mais d'ici janvier, des détails peuvent encore s'ajouter à la description du produit. Si les sous-titres apparaissent magiquement quelque part (par voie légale... ou pas), je regarderai les suivants, histoire de voir comment Hellfjord parvient à concilier ses ambitions horrifiques avec le ton qu'elle a donné à son pilote. Qui a tué Løra Palmer ? C'est ce que nous apprendrons peut-être dans un post futur...

A part ça, côté Norvège, ma prochaine mission sera de mettre la main sur Hjem, qui a commencé la semaine dernière et sur le pilote de laquelle je ne suis même pas fichue de mettre la main, ne parlons même pas des sous-titres. Qu'est-ce qu'il y a, j'ai offensé le Dieu de la Téléphagie récemment, ou quoi ?!

14 octobre 2012

Na-Nu Na-Nu

Comme ce weekend, j'étais malade comme un chien (chais pas pourquoi j'en parle au passé, d'ailleurs...), j'ai décidé de mettre les challenges et les découvertes exotiques de côté, et de m'orienter vers quelque chose de divertissant et de réconfortant, sans être toutefois trop exigeant.
Donc évidemment j'ai opté pour un vieux sitcom, et c'est tombé sur Mork & Mindy. D'ordinaire quand je suis vraiment à l'article de la mort, je regarde plutôt 30 Rock, comment en témoignent les tags, mais je n'étais pas SI désespérée.

En fait, non, ce n'est pas la seule chose qui a dicté mon choix. Cette semaine, l'épisode de The Neighbors a réussi à placer une référence à Mork & Mindy, ce qui est courageux, puisque je dirais que rares doivent être les spectateurs de la série à être allés jusqu'au troisième épisode de The Neighbors (soit par manque de patience, soit par mort naturelle). Mais cette petite référence m'a fait réaliser une chose : en dépit du fait que le générique de Mork & Mindy fasse partie de ma playlist depuis plusieurs années déjà, je n'avais jamais vu un épisode de la série. Il n'en fallait guère plus à mon cerveau malade : j'ai tenté le pilote. Pilote qui, d'ailleurs, est en deux parties, ah c'était le bon temps.

MorkMindy

Bon, clairement, autant il y a des séries datant de Mathusalem qui sont une incroyable démonstration d'intelligence et de finesse dépouillant ainsi le téléphage moderne de tous ses clichés sur les fictions des années 70/80 et leur qualité prétendument inférieure... autant il y a Mork & Mindy. On ne va pas se mentir, les dialogues ne sont pas d'une grande fulgurance la plupart du temps.

Mais, comme tous les livres d'histoire télévisuelle devraient vous l'avoir dit, il faut quand même regarder au moins une fois Mork & Mindy pour y découvrir un jeune Robin Williams faisant une publicité folle pour la consommation de cocaïne ; sérieusement, ça donne envie de s'y mettre tant ça semble lui réussir. Le show repose absolument sur ses épaules ou ses fesses, s'il est assis et les seuls passages drôles du pilote, on les lui doit. A côté, même le Fonz (ah oui, il y a un passage "flashback" dans l'univers de Happy Days, mais naturellement vous saviez que Mork & Mindy était un spin-off, pas vrai ?) a l'air un peu pâlichon.
Alors, pendant près de 50 minutes, Williams, très en forme, excelle ; aussi bien dans son amour pour les imitations et les voix bizarres, que dans un humour plus visuel. En somme, regarder sa performance, c'est comme réapprendre pourquoi on l'aime tant. Du moins, c'est mon cas. Par contre on va dire que c'est la fièvre, mais j'ai pas arrêté de me dire que ça va être très dur pour moi le jour où il disparaitra ; on peut trouver le secret de l'immortalité avant que Robin Williams claque s'il vous plait, merci d'avance.

Certes, le pilote Mork & Mindy n'est pas franchement un chef d'oeuvre, et son histoire est un prétexte à faire rire en se reposant à 90% sur les singeries de son acteur principal, mais il faut quand même admettre qu'outre le comique de la situation et le spectacle qu'offre Williams, il y a quelques petites notes assez amusantes relevées sur nos us et coutumes de "Terriens" (enfin, Amériterriens, disons, car tout cela est évidemment très Occident-centré) qui permettent de ne pas totalement sombrer dans la démence. Mork est sur Terre pour nous étudier, et sa grande naïveté lui permet d'asséner quelques petites remarques sur nos comportements parfois un peu illogiques, les complications de notre société lui semblant non seulement exotiques mais aussi un peu frigides. Lui, par contre, est vraiment un bon vivant, et il voit les choses sans cynisme ni sentiment de supériorité, alors que clairement sa civilisation est plus évoluée que la nôtre (on y reconnaît les mérites des lobes d'oreille, par exemple). On ne peut pas dire que cela relève du génie, mais ça évite de rendre le pilote totalement stupide.

Du coup, Mork & Mindy était le parfait divertissement pour ce dimanche, surtout avec le sauf du Red Bull Stratos tout de suite après, c'est bien, c'était dans la thématique.
Maintenant pardon, je vais me remettre au lit en espérant être en état pour finir la première saison d'Intersexions quelque part cette semaine.

29 septembre 2012

Semper Fi

On retourne à notre défi de la saison, puisque whisperintherain et moi-même tentons de regarder puis reviewer chaque pilote de la saison. Une tache qui n'est pas anodine, voire même parfois un peu décourageante certains jours. Et puis certains autres, la motivation n'est pas un problème ! J'en veux pour preuve le pilote du jour : Last Resort. Qui accessoirement est la seule série qui me fait rêver depuis le printemps...
Comme toujours, sitôt qu'il sera rédigé, vous trouverez au bas de ce post un lien vers son jumeau chez whisper, histoire de comparer nos deux avis.

LastResortCe post a été programmé à l'avance, on se retrouve demain avec un post de première fraîcheur, promis !

Ma politique, en termes de nouveautés américaines, est depuis quelques années maintenant de prendre les choses comme elles viennent. De ne rien attendre, ni en bon, ni si possible en mauvais. De ne pas se laisser influencer par le buzz positif ou négatif qui entoure certaines séries avant leur apparition sur les écrans. Cela se traduit par un refus absolu d'avoir des projets "favoris", de ne célébrer aucun pilote "picked up" par principe, et de ne regarder ni promos, ni trailers, ni même, dans la mesure du possible, posters promotionnels. C'est le visionnage du pilote qui doit décider de mon rapport à la série, et rien d'autre.
En matière de buzz négatif, il était par exemple difficile d'échapper à l'épouvantable réputation de The Neighbors. On y reviendra en temps voulu mais disons qu'il n'y a pas toujours de fumée sans feu ; pourtant, c'est justement pour des séries comme ça que mon souhait de rester neutre a le plus d'importance : difficile laisser une véritable chance à la série quand on en attend les pires horreurs. Mais le buzz négatif est généralement plus subit qu'autre chose : on ne peut pas échapper aux remarques assassines, au tweets narquois et aux articles pour le moins peu élogieux. Pour le buzz positif, il me semble en général plus facile de faire la sourde oreille ; peut-être parce qu'on s'habitue, à force de fréquenter les communautés téléphagiques, à ce que d'autres aient des goûts différents, et que l'impact des commentaires ou critiques enthousiastes est finalement moindre. Je pensais globalement m'en tirer plutôt bien, cet automne, en matière de neutralité.
A une exception près. Une série pour laquelle j'ai brisé toutes mes règles, ou presque. Les commentaires positifs ne sont pas tombée dans l'oreille d'une sourde. J'ai lu des news ; pas toutes, mais plusieurs. J'ai même cliqué sciemment sur un lien vers le poster promotionnel quand il est apparu sur ma timeline Twitter. Pour Last Resort, j'ai désobéi en toute connaissance de cause à des principes que pourtant j'applique avec la plus grande fermeté depuis plusieurs saisons maintenant. Pour Last Resort, à mesure que la série est devenue un pilote, puis une série, puis une date dans la grille d'automne, j'ai été enthousiaste, puis heureuse, puis impatiente. Last Resort a fichu par terre toutes mes tentatives de prendre chaque pilote pour ce qu'il est, et non pour ce que j'espère qu'il sera.

Est-il surprenant dans ces conditions que j'aie regardé le pilote de Last Resort avec des étoiles dans les yeux ? Pas vraiment. C'était voué à se produire. Une telle anticipation l'avait précédé, que j'étais forcément folle de joie à l'idée d'enfin attaquer ce que je considérais comme LE gros morceau US de l'automne (avec, dans une moindre mesure, Revolution... but that ship has sailed). J'étais également légèrement anxieuse à l'idée que je pourrais être déçue. Soyons clairs : quand on anticipe le démarrage d'une nouvelle série depuis plusieurs mois, quand vient le moment de découvrir le pilote, c'est généralement quitte ou double ; soit on est fou de joie parce que c'est exactement ce qu'on en attendait, soit on est cruellement déçu parce que les scénaristes n'ont pas fait la série sur-mesure qu'on s'est imaginée cent fois pendant l'été.
...Et c'est précisément pour ça que je voulais m'imposer une obligation de neutralité !

Clairement, le pilote de Last Resort n'est pas la perle que j'attendais. Justement parce que j'avais eu tout l'été pour cristalliser mes attentes envers la série, un fantasme téléphagique à la fois (certains rejoignant quelque chose que je griffonne de mon côté depuis quelques années maintenant).
Mais pas seulement. Parce que ce pilote est aussi épouvantablement maladroit. Pour quelqu'un qui n'a jamais accroché plus que ça à The Shield et n'en a donc vu qu'une poignée d'épisodes, découvrir que Shawn Ryan peut écrire un script aussi pauvre est une sacrée déconvenue : je pensais avoir affaire à quelqu'un d'un peu plus solide.
En fait, j'ai passé une bonne partie du pilote à me demander si au départ, l'épisode inaugural de Last Resort n'était pas supposé durer 1h30, pour finalement être brutalement coupé à la hache ensuite : "OK, cette ligne on l'enlève... là on oublie ce plan... là on va mettre un peu plus de suspense sur les missiles et... là on va remplacer ce passage introductif par du Mozart". Il manque énormément de temps d'exposition à Last Resort ; c'est quelque chose qui est en partie dû à son genre, car la série est clairement orientée vers les standards du blockbuster, mais aussi au fait qu'en moins de trois quarts d'heure, la situation est installée, le sous-marin amarré dans sa baie, les ultimatums lancés, tout. Si bien qu'il n'y a qu'une place très restreinte pour apprécier la mesure des personnages, ou les véritables thématiques de cette histoire.

Or ces thématiques sont toujours aussi furieusement intéressantes ! On sent bien, une ligne de dialogue à la fois, que Last Resort a une idée plutôt précise de ce qu'elle veut questionner. De toute évidence, les deux créateurs de la série ont fantasmé au moins autant que moi sur les possibilités de cet exil ! Le dilemme entre l'honneur et le devoir, de toute évidence ; mais aussi, à travers cela, ce qui fait qu'un homme va se conduire dignement, même alors qu'il n'y est plus forcé. La question de la place des femmes dans un contexte très masculin (et très fermé) se pose également. Sans compter que Last Resort ambitionne aussi d'intégrer des notions géopolitiques, et surtout, des axes complotistes, de toute évidence (ce sont deux angles que je n'anticipais pas tellement, d'ailleurs, et c'est une bonne surprise).
Oui, il fallait résolument une bonne heure et demie à Last Resort pour nous parler de tout ça, pour passer un peu de temps avec ses héros qui sans cela paraissent un peu monochromes, et peut-être même creuser un peu mieux l'opinion de ceux restés au pays (on ne voit, à mon goût, pas assez d'images télévisées, par exemple).

A plusieurs reprises pendant l'épisode, prenant le pouls de ma réaction, j'essayais de savoir : à quel point suis-je déçue ? A quel point suis-je satisfaite ? A quel point ce pilote pourra-t-il dépasser la précipitation de son installation et tirer partie de son incroyable sujet ?
Force est de constater que, même s'il s'en est trouvé légèrement modifié, mon enthousiasme au sujet de Last Resort n'est pas tombé. J'ai CONFIANCE en ce pilote, pour plusieurs raisons. Déjà, ce par quoi il a pêché n'a pas de raison de perdurer. Ensuite, le cast est solide : Braugher, bien-sûr, bien qu'il lui arrive un peu d'en faire des tonnes (venant de lui ça peut prendre par surprise...), Speedman, pas aussi monolithique que je l'aurais pensé (mais je ne l'ai plus vu depuis qu'il était à la fac à New York, alors...), Robert Patrick, fidèle à lui-même, et Autumn Reeser a ses moments, même en mode pile électrique. Et puis...

Et puis, il y a autre chose. Cette thématique. Cette thématique qui est double : la création d'une micronation... et le fait qu'il s'agisse de militaires. La micronation, je trouve que c'est captivant, c'est le coeur de ce qui m'intéressait à la base dans ce sujet, le coeur de ce qui m'a fait rêver tout l'été. Et les militaires...
Quand j'étais adolescente, j'ai découvert à travers SPACE 2063 des notions qui jusque là ne m'étaient pas du tout familières, à travers le code de l'honneur des Marines. C'était, de tout ce qui m'impressionnait à l'époque dans la série (et à vrai dire, m'impressionne encore à chaque revisionnage), ce qui avait le plus d'impact sur moi. On n'abandonne pas nos postes. On n'abandonne pas nos hommes. On n'abandonne pas nos morts... On n'abandonne jamais. Semper Fi. Il y avait un ensemble de règles, qui à première vue semblent évidentes (évidemment qu'on ne va pas laisser un soldat seul sur une planète ennemie, on va aller le chercher, dammit !), mais qui formaient des hommes droits qui inspiraient le respect. Et j'avais un énorme respect pour ces personnages qui, lorsqu'ils revêtaient l'uniforme, répondaient tous au même code de conduite, mais n'en étaient pas moins humains. Cela donnait des cas de conscience superbes. Au niveau de la dramatisation, sincèrement, on peut difficilement rêver mieux. Et si, 16 ans après avoir découvert SPACE 2063, je ressens toujours cett loyauté envers la série, c'est parce que parmi ses multiples qualités, celle-ci n'était pas des moindres.
Alors qu'aujourd'hui Last Resort s'en serve comme pivot des actions de ses personnages, c'est sûr, ça me touche personnellement. Ça touche à ce qui a fait de moi une téléphage, la raison pour laquelle je dévore des séries, la raison pour laquelle je suis là, en train de taper ce post que vous lirez dans quelques minutes ou quelques heures. Je ne peux physiquement pas dire du mal d'une série qui reprend ce thème, l'exploite plutôt bien (l'épisode est en vitesse accélérée, c'est sûr, mais la question est correctement traitée), et décide de faire reposer tous ses enjeux dessus. Vraiment, même si je le voulais, je ne pourrais pas m'en détourner, avec toute la bonne volonté du monde... ce n'est pas dans mon ADN téléphagique !

Alors ce pilote, il est mené tambour battant, il est parfois désarmant (ah ah) de par les raccourcis qu'il emprunte, et ses personnages ne sont pas très approfondis, soit. Mais tout est en place, absolument tout, pour que la suite de la série soit capable d'exploiter correctement les pistes évoquées. En fait, c'est tout son objectif !
Attention, il va y avoir un spoiler dans ce paragraphe, mais concrètement, le sous-marin s'est fait attaquer une fois... ça ne va certainement pas se produire dans tous les épisodes, pas vrai ? Qu'est-ce que Last Resort peut bien faire d'autre de ses 45 minutes par semaine, sinon exploiter ces thèmes ? Bon, quelques minutes à Washington, c'est normal, mais le coeur de l'intrigue il est sur l'île, et l'île ne sera pas sous menace extérieure dans la plupart des épisodes (juste les sweeps et le season finale, objectivement), non ? Ça me semble tellement évident.

Parce que j'ai confiance. Je ne devrais peut-être pas ; il serait même plutôt naturel de ma part, alors que je goûte si peu les séries d'action/adrénaline, que je me méfie de Last Resort après ce pilote pressé et rempli de tension. Mais rien à faire. Ma curiosité est piquée de longue date pour les sujets qui auront le temps d'être abordés dans les épisodes suivants, mon coeur bat déjà pour ces militaires qu'on a formés à obéir à un code qu'il va falloir réévaluer en partie (la question étant justement de savoir ce qu'ils gardent et ce qu'ils jettent), et je me dis que tout est en place pour que Last Resort me donne à réfléchir et à ressentir des tas de choses. Et ptet aussi que des fois il y aura des scènes d'action, bon, le compromis aurait pu être pire.

Chaque année, je regarde des tonnes de pilotes et juge, d'après eux, si je suivrai la suite de la série. J'ai déjà eu des commentaires me disant que c'était injuste : une série ne saurait se résumer à son pilote. Pour moi, l'essentiel, c'est de percevoir du potentiel, parce que le pilote soit abouti d'entrée de jeu ; si je ne poursuis pas la plupart des séries que je teste, ce n'est pas toujours parce que le pilote est mauvais : c'est parfois simplement parce qu'il ne me semble pas porter le potentiel d'une série que j'aurais envie de voir évoluer. Avec Last Resort, clairement, le pilote n'est pas l'incarnation de la perfection. Ce n'est pas le coup de coeur espéré. Mais la vache, il a tout le potentiel qu'il faut pour m'inciter à revenir (ventre à terre) dans une semaine, parce que je pense que si on lui laisse le temps de se poser et de respirer calmement, Last Resort peut me ravir pour 13 épisodes.

Et désormais, l'anticipation continue... celle de la semaine prochaine.

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20 septembre 2012

Vrai de vrai

Cet été, la chaîne sud-africaine SABC a décidé de rediffuser l'une des séries sud-africaines les plus emblématiques de sa génération : Yizo Yizo.

Le problème c'est que vous, moi, et à vue de nez 95% de la planète, n'avons pas la possibilité de regarder un traître épisode de ce qui se passe en Afrique du Sud, alors vous pensez bien qu'en histoire de la fiction sud-africaine, on est complètement à la masse. Du coup, aujourd'hui, si vous êtes curieux (et si je vous ai à la bonne, c'est justement parce que je sais que vous l'êtes), je vous propose qu'on se penche tous ensemble sur l'histoire de Yizo Yizo, une série pour la jeunesse vraiment pas comme les autres. Avec juste un peu de chance, on s'en tirera avec quelques points de QI supplémentaire.

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Lancée le 3 février 1999, Yizo Yizo (dont le titre argotique signifie "c'est comme ça" ou "c'est la réalité") est une série diffusée par la chaîne publique SABC1 avec l'aide d'autorités gouvernementales dont le ministère de l'Education, à des fins pédagogiques, et créée par Teboho Mahlatsi, Peter Esterhuysen, Harriet Perlman, Mtutuzeli Matshoba et Angus Gibson.

Son principe : montrer la vie dans un township de la façon la plus réaliste possible, du point de vue des habitants, et principalement des adolescents. En quête de réalisme alors que les séries les plus regardées du pays sont les premiers soapies (Generations a démarré en 1994, et Isidingo en 1998), grandement inspirés par les soaps américains clinquants, la chaîne espère toucher un public différent, avec des histoires réalistes sur le quotidien des populations les plus défavorisées. Le but : s'adresser directement aux millions de Sud-africains de couleur de moins de 20 ans, auxquels la télévision ne s'intéresse jamais, mais aussi ouvrir la discussion avec leurs parents.
Yizo Yizo a donc pour contexte le lycée d'un quartier pauvre de Johannesburg, où la totalité des habitants sont noirs, et parlent des langues africaines dont le zoulou. Elle apparaît en pleine période post-Apartheid, lequel n'a été officiellement aboli qu'en 1991, après 43 ans d'application ségrégationniste soigneusement appliquée jusque dans les médias sud-africains. Ça n'a donc jamais été fait, et ce sont précisément ces éléments qui vont faire de Yizo Yizo un véritable phénomène de société.

Dans Yizo Yizo, pour la première fois à la télévision sud-africaine, on parle de vrais problèmes. Au programme, la vie dans le lycée fictif de Supatsela High School ; son principal, Mr. Mthembu, est un homme intransigeant, et même violent puisqu'il n'hésite pas à battre les élèves qui lui déplaisent. Les problèmes financiers conduisent à la suppression de postes d'enseignants, ou à l'embauche, à moindre coût, de personnel peu qualifié. On peut aussi y suivre une prof qui vient d'un milieu plus clément et n'arrive pas à se faire à la différence culturelle entre ses élèves et elle... Ces sujets sont inédits dans une fiction télévisée en Afrique du Sud.
Les épisodes montrent un lycée dominé par la violence ; lorsque, suite à un abus, Mr. Mthembu est renvoyé, un autre principal, Ken Mokwena, prend sa place, mais il faible et corrompu, et laissera les gangs faire la loi dans l'établissement. C'est le début d'une escalade de violence.

La discussion qui nait de la diffusion de Yizo Yizo tourne essentiellement autour d'une problématique : le caractère explicite, en termes de sexe ou de violence, de la série. L'habituel débat sur la violence à la télévision (qui pour l'instant n'a jamais vraiment eu lieu en Afrique du Sud) tourne autour de la crainte que certains jeunes ne soient tentés de reproduire ces comportements montrés en primetime. Cette violence télévisée a-t-elle des effets négatifs sur la jeunesse (l'influence-t-elle ?), ou au contraire positifs (ouvre-t-elle le dialogue ?). Njabulo Ndebele notera au sujet de Yizo Yizo que "si nous partons du principe que la dramatisation de la violence est faite dans le but de provoquer une réaction sociale contre celle-ci, alors on se doit d'accepter que des conséquences négatives puissent en découler"...

Outre les sujets très actuels abordés dans les épisodes, il est aussi question, en filigrane, des conséquences de l'Apartheid.
Par exemple, l'un des personnages, Thulani, y fait plusieurs fois des allusions dans les premiers épisodes (notamment via des dessins représentant un bébé mort ou des enfants armés). Ce n'est qu'après la tournure dramatique de certains évènements au sein du lycée, dont une prise d'otages par l'un des élèves, que Thulani va raconter son histoire, celle d'un jeune garçon enrôlé dans les SDU ("self defense unit" des townships pendant l'Apartheid), et qui, à sa façon, a fait la guerre, exécutant même des "traîtres". L'un des autres personnages, Gunman, a perdu son frère lorsque celui-ci a été exécuté par la milice des SDU pour avoir été soupçonné de traîtrise.
En refusant toute idée de quota (il n'y a pas de blanc dans Yizo Yizo, de la même façon que dans beaucoup de séries sud-africaines, il n'y avait pendant longtemps pas de noirs), en liant les personnages à l'histoire de l'Apartheid et en insistant sur certains traumatismes, la série s'aventure dans un domaine où la fiction télévisée du pays ne s'était jamais vraiment risquée.

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Dans Yizo Yizo, même si on choque, on parle de sujets qui ont besoin d'être abordés. Consommation de drogue, prostitution, crime plus ou moins organisé, SIDA... la série ne craint d'affronter aucun tabou. Si bien qu'au terme de ses 13 premiers épisodes, cette fiction pas comme les autres est déjà devenue incontournable. Chaque semaine, ils sont plus de 2 millions à regarder la série, alors pas question de mettre de l'eau dans son vin ; aucune tentative de censure n'aura lieu, d'ailleurs, autour de la série.

Cependant, Yizo Yizo ne se nourrit pas seulement de polémique. Elle crée aussi de véritables débats ; ainsi, la thèse-même de la série va faire l'objet de grandes discussions dans les médias : en prétendant que la violence seule est responsable des problèmes qui agitent Suptsela High School, les scénaristes ne sont-ils pas en train d'écarter les questions économiques, politiques et sociales ?

En février 2001, une deuxième saison voit le jour, avec cette fois des épisodes d'une heure au lieu d'une demi-heure ; mais The Bomb Shelter, la société qui produit Yizo Yizo pour SABC1 (et qui est le produit de la fusion entre deux petites compagnies jusque là mineures dans le panorama audiovisuel sud-africain), ne s'est pas reposée sur ses lauriers. Au lieu de continuer avec la même recette, la série va être orientée dans une nouvelle direction, qui, vous allez le voir, va directement adresser les questions soulevées à l'occasion de la saison précédente.
Cette décision découle également d'une véritable étude sociologique, commandée par SABC, pendant le second trimestre 1999, afin de déterminer l'impact qu'a eu la première saison sur les débats de société en Afrique du Sud et, notamment, auprès des jeunes des townships. Les conclusions sont édifiantes : oui, les jeunes discutent plus des sujets abordés, mais... entre eux. Il faut donc essayer de favoriser le dialogue avec les autres générations.

A la fin de la saison 1, l'ordre a été rétabli dans le lycée (cela a même occasionné une baisse des audiences...), depuis que le poste de principal a été confié à une femme à poigne, Grace Letsatsi. Mais malheureusement, faire sortir la violence de l'établissement ne suffit pas à permettre à chacun d'étudier sereinement, et c'est tout l'objet de cette deuxième saison, qui compte à nouveau 13 épisodes.
Cette fois, les personnages fréquentant Supatsela High School vont permettre d'aborder la question de l'éducation : il ne s'agit pas seulement de passer des examens, mais bien d'acquérir des connaissances. Or, quand tant de problèmes continuent d'exister en-dehors des portes du lycée, ce n'est pas forcément une évidence. Drogue, violence, mais aussi faim et violences familiales, vont être au coeur de cette nouvelle saison, dans laquelle Mrs. Letsatsi tente de trouver de l'aide, notamment parmi son équipe éducative, pour accompagner les lycéens. Une fois encore, Yizo Yizo parle vrai. Mais différemment.
L'une des grandes forces de Yizo Yizo est d'ailleurs, dés le début, d'avoir mis en place des personnages adolescents qui ne sont pas innocents, naïfs ou influençables, mais capables de prendre des décisions (parfois mauvaises, certes), et donc à même d'en discuter ensuite. Il n'apparait donc pas surprenant que la deuxième saison favorise le dialogue avec les adultes, non pas d'une façon paternaliste, mais d'égal à égal.

La série ne s'est pourtant pas assagie. L'un de ses personnages est une jeune victime de viol qui ne se remet pas de son agression ; ses violeurs sont, quant à eux, en prison, en attendant l'heure de leur procès. C'est ce dernier angle qui va susciter les débats les plus enflammés autour de la saison. Chester, l'un des personnages accusés de viol, va en effet avoir une relation homosexuelle avec un co-détenu, un chef de gang qui à cette seule condition le protégera des violences en prison. Non seulement l'idée-même est d'une grande violence psychologique, mais elle constitue aussi la première scène montrant explicitement des relations homosexuelles à l'écran en Afrique du Sud. La levée de boucliers est énorme, au point que la série fait l'objet d'un débat au Parlement sud-africain.

La deuxième saison de Yizo Yizo, contrairement à ce que laissait présager la baisse d'audience à la fin du season finale de 1999, attire chaque semaine plus de 3 millions de spectateurs devant les écrans. Cela représente la bagatelle de 57% de parts de marché pour SABC1 !

Il se passe un peu plus de temps avant que la troisième saison de Yizo Yizo ne débarque en avril 2004 sur SABC1, avec une nouvelle salve de 13 épisodes. Les personnages lycéens ont fini leur année de terminale, et, cette fois, ils doivent plonger dans le grand bain. Toujours soucieuse d'aborder des problématiques réalistes, la série les suit donc alors qu'ils tentent de trouver leur place dans la vie active ou qu'ils poursuivent leurs études, certains intégrant l'université, d'autres des cursus plus techniques. Quittant le domicile familial, et partant pour le centre-ville, ils vont avoir affaire à des réalités qui ne sont pas plus simples : affirmation de leur identité, vie sexuelle, mais aussi xénophobie, dans des milieux plus mixtes, mais certainement pas plus ouverts.
En acceptant de grandir avec les personnages et d'élargir ses questionnements sans jamais trahir son parti-pris, Yizo Yizo s'attache, une dernière fois, l'affection de son public, et obtient ses lettres de noblesse.

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Si la série est, en elle-même, un phénomène social, Yizo Yizo ne vaut pas que par ses qualités intrinsèques. Ce qui est mis en branle autour de la série dépasse simplement les caractéristiques d'une bonne fiction. On peut même dire que Yizo Yizo a été pionnière en matière de communication autour d'une série en Afrique du Sud.

Outre son propos, ou ses scènes sans concession, Yizo Yizo se taille aussi une énorme place dans le panorama sud-africain pour sa capacité à intégrer des éléments de popculture dans ses épisodes. Ainsi, la bande-son de la série est presque exclusivement composée de musique kwaito (vous pouvez écouter ici la toute première chanson à succès de kwaito, datant de 1995), un genre associé en grande partie aux couches populaires et aux gangsters. Ce sera l'une des premières fois, si ce n'est la première, qu'un CD est commercialisé avec le soundtrack d'une série sud-africaine. De par le succès de ce genre musical, jusque là considéré comme underground, dans une série de cette envergure, le soundtrack de la série a d'ailleurs permis au kwaito de connaître un succès commercial grandissant dans les années suivantes.

Yizo Yizo a aussi été l'objet d'une campagne "multi-médias" de la part de SABC1 à un niveau encore jamais égalé. La chaîne distribue ainsi Yizo Yizo Magazine, une publication à destination des adolescents et jeunes adultes. Dans ses pages, les acteurs de la série (dans la première saison, ils sont presque tous de purs inconnus) sont interrogés sur des sujets soulevés dans les épisodes. Ils s'expriment aussi, chaque semaine, dans une émission de radio diffusée dés la fin de l'épisode sur SABC1, sur Metro FM.

Yizo Yizo a aussi permis d'ouvrir la porte au financement de nouveaux programmes locaux pendant cette période. Ainsi, pendant la saison 2, SABC a acheté une pleine page dans les publications économiques du pays, s'adressant aux annonceurs potentiels, et en s'appuyant sur la popularité de la série : si une fiction peut avoir ce succès, et toucher autant de monde (notamment parmi les jeunes de couleur), alors un nouveau marché vient peut-être de s'ouvrir... Jusque là, les industries locales n'avaient encore pas vraiment trouvé de raison de s'adresser à ce public, c'est chose faite. Une opportunité sans pareille pour SABC qui fait partie des chaînes publiques reposant plus sur la vente d'espace publicitaires que sur les subventions publiques.

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Aujourd'hui, la rediffusion de Yizo Yizo est doublement symbolique. D'abord parce que c'est l'une des séries marquantes de la télévision sud-africaine, on l'a dit, et qu'une nouvelle génération d'adolescents peut ainsi la découvrir, tous les jeudis soirs à 22h sur SABC1. Et puis aussi, voire surtout, parce que c'est l'occasion pour les observateurs de la fiction sud-africaine de mesurer le chemin accompli depuis la série... et que le bilan n'est pas toujours positif.
Rares sont les séries capables de lancer de tels débats, et d'avoir la qualité des textes de Yizo Yizo ; sa plus digne héritière aujourd'hui est Intersexions, une série anthologique qu'on a déjà évoquée dans ces colonnes, et qui prépare actuellement sa deuxième saison. Mais de par son sujet plus restreint (la question du SIDA dans les relations amoureuses), elle touche un public légèrement plus âgé (et vraisemblablement, le public adolescent qui était autrefois concerné par Yizo Yizo).

Pour finir, la série a été couverte de récompenses ; d'abord, dans son pays, puisqu'elle a régné en maître sur les Avanti Awards en 1999 et 2001. Cette cérémonie de récompenses, organisée par la National TV & Video Association, célébrait le meilleur de la télévision sud-africaine ; au bout de 22 ans, en 2001, elle a disparu, pour être remplacée plus tard par les SAFTAs en 2006, ce qui explique que la troisième saison de Yizo Yizo n'ait pas obtenu de prix national. Mais la série a également été distinguée à l'échelon international, puisqu'elle a reçu un Japan Prize à Tokyo, en 1999, ainsi que le prix de la Meilleure série internationale dans le cadre du Festival Tous Ecrans en 2001.

SABC1 continue la rediffusion de Yizo Yizo, et entame la deuxième saison ce soir. Si on vous le demande, maintenant, vous savez de quoi il s'agit... et vous êtes même incollables sur la série.

13 septembre 2012

Sur écoute

Puisque vous savez déjà, pour fréquenter nos deux blogs, que whisperintherain et votre serviteur relevons pendant cette saison un défi, celui de regarder et reviewer tous les pilotes de la saison, je ne vous refais pas l'histoire. Cependant, ne sont pas seulement concernées les séries diffusées à l'étranger mais aussi, lorsque l'occasion s'en présente, les séries diffusées en France.
Et comme hier, Eurochannel diffusait le pilote d'une série scandinave, vous vous doutez bien que je n'ai pas manqué cette occasion...

NDA-Salassapitosopimus

Vous savez de quel pays on ne parle pas souvent ? ...Oui. Oui, aussi... Euh ouais, bon, ne me faites pas la liste, c'est trop déprimant. Entre les pays d'Afrique, du monde arabe, et tout ce qui se passe à l'Est et sur lequel j'ai pas la moindre visibilité (à part quelques échos du succès de séries turques, et notamment Muhtesem Yüzyil, dans des pays comme la Bulgarie ou la Slovaquie), franchement, j'ai parfois honte de prétendre que je m'intéresse aux séries du monde.
Un pays dont par exemple je vois peu de fictions (et sur lequel je lis peu de news, ce qui n'arrange rien à mon ignorance), c'est donc la Finlande. Fort heureusement, Eurochannel s'est lancé à mon secours et a diffusé hier soir le pilote de NDA - Salassapitosopimus (sous le titre francophone de Scandale sur la ligne, ne me lancez pas sur le sujet des traductions de titres de séries...), une mini-série en trois parties datant de 2005.

Ce thriller est l'occasion de se glisser dans les coulisses d'une grande compagnie qui fabrique des téléphones, Mälekä Mobile. Son dernier modèle portable est sur le point de sortir, mais à quelques heures du grand évènement, une information fuite : le portable serait extrêmement dangereux pour la santé. Une information qui tombe entre les mains d'un journaliste du quotidien Sanomat, Harri Immonen, qui a bien l'intention de rendre la chose publique.

Comment l'information a-t-elle fuité ?
L'épisode commence alors qu'un homme, excessivement crevé, s'arrête dans une station service, commande un café avant de péniblement reprendre la voiture... en ayant oublié sa mallette. Lorsqu'il s'en aperçoit, il fait immédiatement demi-tour, et récupère la précieuse mallette. Il ignore que la serveuse a eu le temps de jeter un coup d'oeil à l'intérieur pour en apprécier le contenu.
Ce contenu, ce sont des documents internes extrêmement sensibles qu'elle s'est empressée de vendre à Harri Immonen.
L'homme exténué, nous allons progressivement le comprendre, est responsable du service d'innovation technique de la firme Mälekä. Il s'appelle Timo Kovanen et quand il va réaliser ce qu'il s'est passé, il va être pris de remords, d'angoisse, de panique, même, et finira par se suicider pendant le pilote.

Bien qu'ayant commencé par suivre le personnage de Timo, NDA - Salassapitosopimus ne s'intéresse nullement à lui, car en réalité, l'héroïne de ce thriller sera Satu Rossi, une ancienne journaliste qui est désormais chargée de la communication et des relations avec la presse au sein de Mälekä, et qui, outre le fait qu'elle découvre le corps de Timo, est surtout celle qui est en première ligne dans la gestion de cette crise interne. Alors que la conférence de presse de lancement du nouveau téléphone a été reportée, elle est en effet chargée de faire taire Harri immonen, à plus forte raison parce qu'elle travaillait avec lui lorsqu'elle était encore journaliste, et qu'ils sont toujours amis à ce jour. Prise entre deux feux, Satu va donc essayer de comprendre cette affaire : elle ignore complètement le fond du dossier, comme par exemple le fait que Timo avait fait expertiser par une autorité indépendante la dangerosité du téléphone. De la même façon, elle ne sait pas que tout est fait pour faire pression sur la direction du Sanomat. Elle est maintenue dans une semi-ignorance, alors que sa hiérarchie de lui dit que ce qu'elle a besoin de savoir pour travailler.
Sa hiérarchie, c'est en fait Peter Stockman, un enfoiré de première qui ne ressent aucune forme d'émotion lorsqu'un de ses salariés se suicide, qui par contre aime énormément les "vérités officielles", et qui a chargé l'avocate de la compagnie d'aider à étouffer l'affaire par tous les moyens possibles. A la mort de Timo, il a immédiatement promu un technicien, Mikko Jääskeläinen, au poste de responsable, afin de vérifier les mesures de l'institut indépendant qui a pondu ce rapport déplaisant.
Pendant ce temps, Satu comprend que tout cela n'est pas bien clair. Elle était autrefois une bonne journaliste, peut-elle pourra-t-elle remettre son sens de l'investigation à profit ?

Pour une mini-série comptant à peine 3 épisodes, vous vous demandez peut-être pourquoi je me suis fendue d'un post sur le premier d'entre eux, quand il aurait sans doute été bien plus pratique d'attendre les deux suivants pour faire un bilan. Bon, déjà, il y avait ce défi, certes. Mais surtout : je n'ai aucune intention de regarder la suite.
Il faut dire que NDA - Salassapitosopimus (dont le titre signifie "accord de non-divulgation", autrement dit "clause de confidentialité") est assez décevante. S'il y a pas mal d'ingrédients solides, bien-sûr. La scène de début est par exemple très efficace, montre bien comment c'est un instant d'inattention d'un employé sur les rotules qui conduit à tout ce chaos. D'une façon générale, le cast est plutôt bon, l'histoire est plutôt solide, et la réalisation se défend.
Alors où est le malaise ? Dans le fait que tout cela est extrêmement prévisible. Difficile de se passionner pour cette histoire qui passe par absolument tous les clichés du genre. Peut-être qu'en changeant l'angle (se mettre du point de vue de Stockman, par exemple), on aurait obtenu un résultat différent, mettons. Mais la jeune femme (jolie, forcément jolie) qui ne sait pas ce qui se trame, qui est armées de bonnes intentions et qui se retrouve plongée dans une magouille pas super propre dont elle va tenter de dénouer les fils, c'est vu et revu.

Quant à la réalisation, si elle n'est pas mauvaise du tout, je l'ai dit, en revanche elle est extrêmement desservie par le look atrocement vieillot des décors et même des vêtements. Si toutes les sources n'indiquaient pas que la série a été tournée en 2004 et diffusée en 2005, je jurerais qu'elle est au moins de 10 ans plus vieille. Ce n'est pas que ce soit capital, mais ça n'aide pas tellement à prendre les choses au sérieux quand l'intrigue se passe dans le milieu de la haute technologie ! Le laboratoire où travaillent Timo, puis Mikko et l'équipe techniques de Mälekä, est d'une pauvreté déprimante : quelques tables, des ordinateurs, une cloison en plastoc et une vague barrière Playmobil pour faire genre c'est une zone restreinte... Il y a de quoi avoir les yeux qui roulent sur la table tant ils sont exorbités. Ce n'est qu'un élément aggravant, bien-sûr, car même en étant raffinée sur la forme, NDA - Salassapitosopimus aurait encore ses défauts. Mais ça ne joue pas en sa faveur.

Et puis, peut-être que le plus gênant, dans NDA - Salassapitosopimus, c'est que l'aspect thriller prime tant sur le reste. On pourrait parler, concrètement, de téléphones portables, de nocivité, de liberté de la presse, même, mais pas du tout. On évoquait encore hier (à travers De Vijfhoek) des séries de la chaîne japonaise WOWOW : celle-ci nous a offert ces dernières années des séries qui, sans toutes être parfaites, étaient de véritables études sociales. Pour un exemple de ce dont je parle, n'hésitez par exemple pas à regarder Suitei Yuuzai (ou à en lire la review, selon ce que votre temps libre vous permet), où le thriller est un élément important de la série, mais où il y a un vrai propos. Il manque énormément de fond à notre série finlandaise, ce qui est d'autant plus désagréable que, loin d'être anodin, le sujet des téléphones portables, dans un pays où le marché de la téléphonie tient une place si importante dans l'économie (NOKIA, anyone ?) mais aussi la vie de tous les jours (un petit tour sur Google m'a ainsi appris que les Finlandais n'ont pas de téléphone fixe, ou encore qu'en 1999, ils étaient déjà 60% à avoir un portable), a une vraie importance sociale.
Peut-être que les épisodes suivants s'en inquièteront un peu mais en trois épisodes d'une heure, les chances sont mince. C'est évidemment toujours la question, quand on regarde un pilote, que de déterminer ce qui a dû être mis de côté pour faire place à l'exposition, et ce qui est vraiment une caractéristique de la série, mais je crois que dans le cas d'une mini-série en 3 épisodes, je ne m'avance tout de même pas beaucoup.
Or, c'est très regrettable, car regarder un thriller qui vous dit depuis le départ comment l'info a fuité, quels sont les moyens de pression dont le "méchant" dispose, et dont vous connaissez déjà une grande partie des détails (on a droit à une longue scène dans le labo indépendant pour nous expliquer le risque encouru par les futurs utilisateurs du téléphone), ça ne laisse plus place à beaucoup de surprises, surtout vu le body count du pilote. Si encore les spectateurs partageaient le même degré de connaissance de l'affaire que Satu, ça passerait encore (ce serait très cliché, mais un de plus ou un de moins...), or là, nous en savons plus qu'elle. Où est le mystère ?

Alors au final, sur le plan des séries finlandaises, à ce jour, je préfère encore me consoler en repensant à Alamaailma Trilogia, que de m'accrocher à NDA - Salassapitosopimus, ne serait-ce que pour deux épisodes de plus... Ce qui en dit, finalement, assez long, surtout connaissant ma propension à me lancer si facilement dans de nouvelles séries.

Challenge20122013

9 septembre 2012

Observe le jour du Sabbat

Srugim-logo

Cet été, j'ai fini par le faire.
Ca faisait deux ans que j'avais repéré les DVD avec sous-titres de Srugim, mais entre le prix et le fait que la série n'était pas finie, je restais hésitante. La première saison de Srugim était deux fois plus chère que l'intégrale de Mesudarim sur le site d'Israel-catalog, par exemple, un coup à vous dissuader même les téléphages les plus dépensiers ! Et puis, quand il a été clair il y a quelques mois que Srugim n'aurait pas de 4e saison, les choses ont commencé à être plus claires pour moi. Finalement, j'ai cassé ma tirelire le mois dernier pour m'offrir l'intégrale de la série.

Sur Srugim, j'avais entendu tout et son contraire. C'est que, il faut que je vous explique : c'est une série israélienne où il est fortement question de religion. Pour polariser les réactions, on imagine difficilement plus efficace. Régulièrement qualifiée de "Friends juive" (un qualificatif ridicule par essence vu qu'il s'agit d'une série dramatique) ou "Sex & the City juive" par plusieurs rédacteurs occidentaux qui visiblement se lisent les uns les autres avant d'écrire au lieu de regarder les épisodes (je n'ai pas fait exception), la série était auréolée d'un certain mystère, mais se montrait aussi alléchante de par son sujet particulier (surtout pour une goy), le fait que les personnages soient ouvertement très religieux (et sionistes), et le succès qu'elle semblait trouver.
Et puis, aussi j'avais cagoulé le générique, je le trouvais très doux et réussi, et vous savez ce que c'est, parfois un générique peut vous conquérir et vous rendre terriblement curieux.

Alors allons-y pour les présentations, histoire d'essayer de tous comprendre de quoi on parle. Srugim est l'histoire d'une bande d'amis (3 femmes et 2 hommes), qui sont tous des juifs orthodoxes vivant dans le quartier de Katamon, à Jérusalem, qui est apparemment devenu LE quartier où vivre pour les célibataires orthodoxes. On peut y vivre selon les rites exigeants de sa foi sans difficulté... tout en y cherchant l'âme soeur.
C'est en effet le problème essentiel de ces jeunes gens : dans une communauté qui accorde énormément d'importance à la famille, être célibataire est supposé être une situation temporaire, certainement pas un état et encore moins un mode de vie. Chacun ressent donc cette pression de devoir trouver la personne avec qui il ou elle passera sa vie. Il s'agit donc de rencontrer quelqu'un de l'autre sexe à tout prix, dans une culture qui pourtant ne favorise pas le mélange des sexes, et ce dans tous les sens du terme. Forcément, entre une pratique religieuse stricte et des aspirations de romance, l'équilibre est difficile à trouver.
La question est d'autant plus aigue qu'on est au 21e siècle, que les mariages arrangés sont tombés en désuétude, que les années d'étude repoussent d'autant l'entrée dans le monde adulte, et que les femmes ne sont plus autant soumises à leur époux. Autant de raisons qui font qu'il est plus compliqué pour cette génération de trouver chaussure à son pied, par rapport aux précédentes.

Cela rend d'ailleurs Srugim bien plus intéressant que la plupart des histoires de célibataires, ne serait-ce que par principe : la question n'est pas juste de faire des rencontres et de trouver quelqu'un (et d'essayer un temps, de voir que ça ne marche pas, puis de répéter la manoeuvre jusqu'à ce qu'enfin on finisse par se marier), mais bien de trouver quelqu'un qui partage les mêmes valeurs, et que ces valeurs se construisent à tâtons, en s'appuyant sur une croyance religieuse commune, mais que chacun développe ses propres critères personnels à partir de là.
Et dés le pilote, Srugim montre bien que finalement, la religion n'est qu'un outil pour faire le tri dans les opportunités qui se présentent, mais ne représente pas le critère unique à partir duquel choisir un ou une partenaire pour la vie.

Tout commence pour Srugim alors que Yifat et Hodaya, deux colocataires partageant un appartement entre filles (vivre avec un homme hors des liens du mariage est évidemment inimaginable), discutent au petit déjeuner. On ne comprend pas tout de suite de quoi elles parlent, mais ce qui est sûr, c'est qu'il est question d'un mec (et ça c'est clairement universel !).
Progressivement on comprend que Hodaya est retombée sur un type pour lequel elle avait le béguin plusieurs années en arrière, mais dont elle n'a finalement pas gardé un bon souvenir ; elle est retombée sur lui récemment et se demande si ça vaut le coup qu'elle le revoie, puisque, ne la reconnaissant pas, il l'a invitée à sortir. En attendant que Hodaya prenne sa décision, Yifat, elle, participe à une rencontre de speed dating, et y rencontre un type charmant, Nati, qu'elle avait rencontré brièvement quelques années en arrière lors d'un séminaire de Bnei Akiva. Le courant passe très vite entre eux et ils décident de s'éclipser pour aller prendre un café ; si sur le coup, le fait que Nati soit médecin était un bon point pour lui, manque de chance : il est bipé alors qu'ils n'ont fait que trois pas. Yifat invite alors Nati à venir pour le dîner du vendredi (erev shabbat), veille du samedi chômé et donc repas très important dans la communauté juive.
Cette exposition cède la place à celle de Reut, dont on ne comprend pas immédiatement en quoi elle est liée aux précédentes. Reut est en train de déjeuner avec un homme qui lui annonce d'abord qu'il vient d'être promu vice-président, ensuite qu'il a maintenant l'argent nécessaire pour se marier. Mais la belle Reut n'a pas l'air très émue par cet argument (et pas tellement plus par le "ça fait déjà 5 mois que nous sortons ensemble", ça nous faisait un point commun) et prend la mouche : ils avaient déjà l'argent de se marier, s'ils le voulaient. Son argent à elle. Mais le bellâtre a attendu de gagner autant d'argent que Reut pour faire sa demande. Le goujat sexiste n'aura pas le temps de récupérer sa mâchoire que Reut aura déjà refusé sa proposition de mariage et rompu avec lui. Visiblement, c'est le retour à la case départ.
Enfin, on apprend que Nati a emménagé avec son ami Amir. Ce dernier vient de divorcer et, étant d'un naturel peu affirmé, a laissé tout l'électro-ménager à son ex (mais fort heureusement, il a pu récupérer le Talmud, petit veinard !). Qui plus est, il est professeur de grammaire, ce qui tout de suite brosse un portrait d'homme réservé voire soumis...

Ce qui est fascinant avec les personnages de Srugim, c'est que bien que faisant partie d'une communauté ayant un socle de valeurs et bien-sûr de croyances en commun, ils ne sont pas taillés dans le même moule. Cela permet d'avoir des nuances intéressantes. Ainsi, avec son salaire apparemment élevé, et surtout sa petite pointe d'aggressivité, Reut est une femme très affirmée, avec beaucoup de répondant, et dont le regard lance de la foudre en quasi-permanence. On sent que de son côté, Hodaya est une femme très indépendante, qui prend du recul vis-à-vis de sa religion (elle est fille de rabbin mais spécialise son cursus universaire en "Biblical criticism") et peut-être même aussi certains préceptes ; elle n'est par exemple pas du tout choquée à l'idée de faire dormir un homme à la maison, même en tout bien tout honneur. A l'inverse, Yifat, sans être une romantique niaise, n'a de toute évidence qu'un objectif, rester aussi sage que possible en attendant de trouver son futur époux, et est très attachée à ses principes ; c'est une personne indépendante, mais elle a une forme de fragilité et d'insécurité qui la rend très touchante. Du côté des garçons, on aura l'occasion de brièvement voir quelques rustres machistes se faire éliminer rapidement de la vie des filles ; Nati, lui, est un type à qui tout réussit, qui ressent la pression du mariage, mais qui n'a pas l'air de comprendre qu'il souffle le chaud et le froid. Quant à Amir, c'est purement et simplement un paillasson, mais on sent qu'il a bon coeur et qu'il n'est pas totalement idiot, il est juste plus vulnérable suite à son divorce.
Là où, dans une série, on a souvent un personnage aux valeurs morales plus rigoureuses, ici, on en a donc cinq, et cela permet d'éviter la caricature, tout en abordant les problèmes de ces célibataires sous plusieurs angles.

Après l'exposition des personnages, qui passe par plusieurs autres scènes dont je vous fais grâce, mais qui ne font que confirmer nos premières impressions, Srugim se lance dans une longue soirée, celle du vendredi.
Yifat a en effet mis les petits plats dans les grands pour impressionner Nati (lequel a d'ailleurs demandé s'il pouvait amener Amir), et c'est là qu'on apprend donc que Reut participe également à ce repas du vendredi. Jusque là on ignorait qu'elle était amie avec les filles, mais elle se montre là encore très assertive, prenant la direction des opérations pendant les prières rituelles alors que les garçons n'ont pas trop l'air de savoir comment se comporter en présence des filles.

La séquence du dîner, si elle lançait quelques axes pour l'avenir (Yifat qui aimerait bien que Nati la réinvite, Nati qui en réalité a des vues sur Hodaya, Reut et Amir qui ne pourraient être plus différents et qui se prennent le bec...), m'a surtout rappelé la dynamique des dîners du vendredi de Gilmore Girls. En cela qu'on comprend que cela peut aisément devenir un rendez-vous, et donc un gimmick, permettant de régulièrement mettre les personnages ensemble, de faire éclater les conflits, bref, d'éviter que les choses marchent par tandem. La tentation serait grande, sans ce rituel de veille de sabbat, de se contenter de faire interagir Yifat et Hodaya, ou Nati et Amir, simplement parce qu'ils vivent ensemble, ou bien Nati et quiconque finira par sortir avec lui, simplement parce qu'il y a une relation amoureuse. Ce qui fonctionne comme une utilisation évidente du contexte religieux est donc un merveilleux outils pour les scénaristes, afin de forcer tout ce petit monde à se parler ensemble. Alors même que la culture de la mixité n'est pas très prégnante... C'est bien joué !

Srugim-promo

Le revers de la médaille du contexte si particulier de Srugim, puisqu'il s'intéresse à une communauté religieuse orthodoxe dont les usages ne sont pas forcément connus du grand public (et a fortiori du grand public non-juif), c'est qu'il nécessite une grande dose de concentration. Si vous n'avez aucune éducation religieuse juive, comme c'est mon cas (non, avoir vu l'intégrale d'Une Nounou d'Enfer huit fois ne compte pas), vous ne connaissez pas grand'chose des rites qui sont mentionnés ou montrés comme des évidences pendant l'épisode. De nombreux noms propres, également, se rapportant à la scène religieuse, à l'instar de Bnei Akiva que je citais plus haut, sont lancés hors de tout contexte (je suis bien contente de n'avoir jamais tenté la VOSTM, car la VOSTM marche essentiellement grâce au contexte !). De ce côté-là, le grand public en Israël n'était, je pense, pas trop perdu.
Mais ce qui est intéressant dans le succès de Srugim, c'est que même ce qui est propre aux orthodoxes ne fait l'objet d'aucune sorte d'explication. Et finalement cela rend les choses plus belles dans le déroulement des épisodes, et confère à la série une aura qui lui permet de sortir de la trivialité coutumière des histoires d'errances amoureuses.

En regardant Srugim, j'étais tentée parfois de tout mettre en pause pour aller rechercher un terme spécifique (beaucoup de mots d'origine religieuse ne sont pas traduits dans les sous-titres), et je ne savais pas toujours si mon handicap était dû au fait que je ne suis moi-même pas juive, ou au fait que la série a décidé de ne rien expliquer dans le domaine sacré. Finalement je ne l'ai pas fait, j'ai été au bout de l'épisode en acceptant qu'il y ait quelques petites choses qui m'échappent.
En fait, je crois que c'est aussi ce qui fait que Srugim fonctionne : l'universalité se loge dans le fait que même si dans la pratique, il y a des choses qui nous échappent pour tout ou partie dans la pratique religieuse de ce petit groupe, ils ont quelque chose de très accessibles sur un plan humain. La façon dont Hodaya remet en cause certaines choses, le petit côté féministe de Reut, la pétillance un peu triste de Yifat qui est tendue vers un seul but, la façon dont Amir s'excuse en permanence, ou la froideur de Nati, sont les meilleures portes d'entrées dont on pouvait rêver pour aborder la série.

Et puis, la série est incroyablement sereine dans son déroulement. Pas tellement à cause de l'angle religieux, mais parce qu'une grande importance est donnée à l'impression de naturel, et parce que même pendant les moments de crise il n'y a aucune sorte d'hystérie (c'est assez frappant sur la fin). Il se dégage de l'ensemble un grand sentiment d'équilibre, de calme, et de modération. C'est très appréciable (et confirme que la série n'a pas grand'chose de commun avec Friends et Sex & the City du côté du ton, du jeu ou des dialogues). On est dans un drama d'une grande sobriété, qui a donné la priorité à ses personnages mais qui ne veut pas les mettre en scène de façon théâtrale, et qui sait user des silences, des regards, et même (je crois que c'est le plus précieux), des dialogues prononcés d'une voix détendue.
Le monde de Srugim a quelque chose de très réaliste, pour autant que je puisse en juger, en tous cas d'authentique et de paisible, où les personnages apparaissent en fait comme des personnes. Ils ne sont pas écrits, ils respirent. Srugim pourrait presque être un documentaire, pour un peu.

A la fin de l'épisode, je me suis dit que ce serait sûrement très agréable de passer du temps avec ces cinq personnes, parce qu'ils ont l'air tellement normaux, tellement réels, tellement palpables, que je n'aurais presque par l'impression de regarder une série, mais juste d'être à leurs côtés. Et maintenant que j'ai l'intégrale, vous pensez bien que je ne vais pas m'en priver.
Ah non, c'est parfait ça alors, merci. Un coup de coeur en pleine rentrée US, vraiment ça m'aide beaucoup, tiens !

7 septembre 2012

You say you want a revolution

Vous n'êtes évidemment pas sans savoir que whisperintherain et moi-même avons un défi en cette rentrée, regarder les pilotes de toutes les séries de la saison. Je dois dire que j'apprécie la façon dont graduellement on est en train d'augmenter le niveau du côté américain : tout a commencé avec un pilote de dramédie (Go On), puis plusieurs comédies-ou-à-peu-près, et là, on tient le pilote d'un des dramas les plus attendus de l'année. Ou en tous cas, avec un buzz monstre.
Difficile de résister bien longtemps à l'attrait du pilote diffusé en avant-première, et me voici donc ce soir à vous parler de Revolution ; sitôt que whisper aura écrit sa propre review de cet épisode, vous trouverez donc un lien au bas de ce post pour aller la consulter, et ainsi comparer nos deux points de vue.

Revolution

Des quelques séries devant lesquelles j'avais envie de me caler les fesses cette saison aux USA, Revolution arrivait numéro 2 sur la liste, et je pense que pas mal d'autres téléphages doivent l'avoir dans leur ligne de mire.

Je n'en savais pourtant pas grand'chose : le pitch, et encore. Et j'avais aperçu une photo de promo, aussi, mais sans retenir aucun nom ni visage. Et évidemment je savais pour Abrams. Voilà, c'est tout.
Comme c'est désormais mon habitude, j'avais soigneusement évité les bande-annonces, les résumés, ne parlons même pas des reviews... écoutez je suis même pas certaine d'avoir lu une seule news sur Revolution depuis le SeriesLive Show où on avait causé projets. C'est vous dire.
Mais en fait, plus je prends garde à éviter le buzz autour d'une nouveauté américaine, plus en général ça veut dire que j'essaye d'intimer à l'univers entier l'ordre de ne surtout pas me gâcher la surprise. J'avoue que c'est encore pire pour la science-fiction, parce que c'est un genre tellement mal servi ces dernières années, que quand une série au concept original débarque, j'ai envie d'en déguster chaque minute du pilote pour m'imprègner de son ambiance.
A la limite, tomber sur une news ou une video portant sur, mettons, The Mob Doctor, c'est pas grave ; j'ai rien contre la série a priori, mais je m'en remettrai facilement. Par contre gâchez-moi le plaisir de la découverte du pilote de Revolution, et on va avoir un problème. Me ruiner l'effet de surprise d'un pilote de SF peut être très dangereux pour la santé.

Alors au final, me voilà, trépignant d'impatience devant le pilote de Revolution, m'installant sur mon fauteuil comme un gourmet se met à table, espérant faire un festin mais bien consciente qu'à partir du moment où je presse le bouton "play", il peut se passer n'importe quoi.

C'est donc très exactement ce que j'ai eu. N'importe quoi.

Laissez-moi résumer les principaux points de discorde avec le pilote de Revolution : une séquence d'introduction ayant la légèreté d'un pachyderme, des situations présentées brièvement comme pour se débarrasser, des personnages qui n'existent que par leur situation et pas par leur personnalité, des scènes de baston à vocation de pur remplissage, et pour finir, une fin bien agaçante juste pour essayer de t'attraper de justesse et t'obliger à revenir.
Je crois que je n'avais pas vu un tel défilé de bonnes idées très mal exécutées depuis... Falling Skies. Falling Skies ! On vit dans un monde où Falling Skies a l'air d'être le modèle à suivre de quelqu'un ! On marche sur la tête.

En fait, mon contentieux avec le pilote de Revolution est en deux parties.
D'une part, il y a le fait que, comme c'était d'ailleurs le cas pour Terra Nova (qui appartient également à la grande famille des déceptions de SF récentes), j'ai ressenti presque comme une insulte que l'introduction serve plus de prétexte que d'autre chose. Punaise, rendez-vous compte : tout est coupé, le monde tel qu'on le connaît s'est totalement affaissé en quelques minutes, des avions tombent du ciel au nom de Dieu ! et pendant ce temps les personnages se regardent dans le blanc des yeux, ou mangent des glaces. Des glaces, quand même, m'enfin mais c'est pas possible de voir ça ! Pourquoi pas offrir un skateboard à un enfant aussi ? Ah, oops, déjà fait. Où est le sentiment de désolation ? Où est la terreur de la perte du monde connu ? Où est la désorientation qui a forcément suivi parce que tout ce qui semblait pouvoir se présenter à partir de là ne serait que chaos pendant un bon moment ? Non-non, les mecs ils regardent leur congel dégivrer. Laissez-moi vous dire que c'est pourri, voilà. Parce que même si vous n'avez pas l'intention d'utiliser cette époque (et/ou la plupart de ces personnages) par la suite, c'est quand même important d'être capable de saisir l'émotion d'une séquence pareille. Si la civilisation s'arrête brutalement, que des avions tombent du ciel sur la gueule des Américains, et que vous n'arrivez qu'à écrire "mange ta glace avant qu'elle ne fonde, ce sera la dernière", je sais pas, je suggère de devenir chauffeur de taxi ou courtier en assurances, faut arrêter l'écriture.
Donc ça c'est une chose. Mais la seconde, je crois que c'est l'absence totale de foi que Kripke semble avoir en son histoire. On a droit à tout : le retour à la terre (oh bah oui, tiens, un ptit arrière-goût écologique dans une histoire pareille, on n'allait pas le laisser s'échapper comme ça), l'héroïne orpheline qui doit se battre seule contre tous, le vilain méchant qui bosse pour un encore plus vilain méchant... On croirait que le scénario a été écrit en suivant des pointillés, un peu comme un enfant colorie un dessin sans dépasser les traits. Alors oui, hein, c'est bien propre. Mais qu'est-ce qu'on s'emmerde. Rien n'existe par soi-même dans ce monde-là, tout n'est que clichés sans âme mis bout à bout. Et le pire c'est que le scénariste n'est même pas pris de remords, on a l'impression de le sentir ; moi en tous cas je l'ai vraiment perçu comme ça : l'acte rassurant d'un scénariste qui se complait dans les facilités.
Je dis ça aussi un peu par jalousie, parce qu'être payé à écrire ça, c'est quand même un peu le job de rêve, et puis ça laisse du temps pour les loisirs.

Alors oui, peut-être que finalement, le plus beau cadeau qu'aurait pu me faire Revolution (outre avoir un autre scénariste, voire même aussi un autre producteur parce qu'Abrams et moi on n'a jamais été franchement potes), ç'aurait finalement été de ne pas faire ce bond en avant de 15 ans, pas tout de suite, peut-être en saison 2 qui sait, mais en tous cas de profiter un peu de cette superbe opportunité de faire une vraie série post-apocalyptique et pas une espèce de série de fantasy sans ambition, où comme par hasard on est revenus à l'âge de pierre, sauf ceux qui ont des super-pouvoirs.
Le seul truc qui ne m'a pas donné des envies de meurtre, c'est que le cast, bien que souvent transparent, n'est pas totalement miteux. Et par cast je veux dire l'héroïne centrale, incarnée par Tracy Spiridakos, qui a même réussi à m'émouvoir un peu à un moment. Ce qui n'était pas gagné, osons le dire.

Des quelques séries devant lesquelles j'avais envie de me caler les fesses cette saison aux USA, Revolution est donc, c'est le moins qu'on puisse dire, une déception. Je n'ose même pas vous dire ce qui est en première position, je commence déjà à angoisser.

Challenge20122013

30 juin 2010

Prison ferme

Franchement, j'ai hésité. Avant de parler plus en avant de Capadocia, fallait-il attendre que j'en aie vu un peu plus ? Après tout, ça se fait, sur certains blogs téléphagiques.
Et puis, comme cette semaine, je vais plutôt finir la 3e saison de Will & Grace et la 5e des Craquantes (oui le temps passe vite, mais c'est parce que le cagoulage du Mary Tyler Moore Show a un peu ralenti alors, ça s'équilibre, quoi...), parce que je suis de particulièrement bonne humeur en ce moment (sauf quelques petites ratées çà et là), donc autant ne pas remettre ça aux calendes grecques, pas vrai ?

Ok, alors. Pour ceux qui n'ont pas cliqué la dernière fois, bien que manquant cruellement de culture, laissez-moi d'abord vous résumer grosso-modo ce dont parle le pilote de ma toute première série mexicaine. Voilà donc le pitch (tiens, comment on dit pitch en espagnol ?).

Imaginez une prison pour femmes. Murs délabrés, cellules surpeuplées, trafics de drogues, le bazar habituel... Imaginez maintenant que des groupes d'intérêt privés aient l'intention de faire du business grâce à cette manne de main d'œuvre corvéable à merci. Problème : tant que la prison existe sous sa forme actuelle, c'est-à-dire gérée par l'État, impossible de faire entrer l'argent dans les caisses, il faut donc que la prison telle qu'elle existe pour le moment soit fermée, au profit de l'établissement pénitentiaire/l'usine que lesdits groupes d'intérêt viennent de faire construire. La technique employée est effroyablement simple : provoquer une émeute qui prouvera inefficacité du système actuel. L'un des lobbyistes va donc, avec le concours d'une gardienne de la prison, mettre le feu aux poudres, à la suite de quoi, la nouvelle prison pourra ouvrir. Fermer. Enfin, vous saisissez l'idée.

Capadocia

Le pilote de Capadocia est l'épitome de l'épisode d'exposition. Au point que seules les 10 dernières secondes se passent dans la nouvelle prison expérimentale. Et pourtant, pas l'ombre d'une lenteur, pas le moindre temps mort. Une heure d'émotions fortes non-stop, en fait.

Si les comparaisons avec Oz semblent s'imposer d'elles-mêmes, à plus forte raison parce que Capadocia est une série HBO Latino, elles sont toutefois limitées, si on s'en tient au seul pilote. Capadocia parle autant de politique en-dehors de la prison que de ce qui se passe entre les murs, quand Oz était quand même bien claustro.

En fait, Capadocia dresse le portrait de deux univers de violence, alors que, dans un monde idéal, la violence devrait justement en être absente.

D'une part, l'extrême violence des femmes, qui s'exprime tout au long de l'épisode, mais avec plus de force, évidemment, pendant l'émeute. Dans la société mexicaine (comme dans beaucoup d'autres...), la femme est censée être l'épouse aimante, la mère attentive. Capadocia nous rappelle que la violence physique et la haine ne sont pas l'apanage des hommes. Il n'y a pas d'un côté la brute sanguinaire et de l'autre la docile bobonne. La brutalité, voire la bestialité, n'est pas réservée au monde masculin, et n'importe laquelle d'entre nous peut potentiellement basculer. Ce constat est terrible, mais il a aussi, quelque part, quelque chose de féministe : dans le fond, homme ou femme, nous n'en sommes tous pas moins humains, c'est-à-dire imparfaits et victimes de nos pulsions.

D'autre part, le seconde univers est dominé par la cupidité des hommes d'affaires. Un monde que l'on imagine, dans l'idéal du moins, raffiné, sophistiqué. En fait, sous les sourires, les politesses, les cocktails et les brunchs de travail, se cache une autre sorte d'ignominie. Capadocia oppose ces deux mondes de vice, et on se pose la question : qui est le vrai criminel, ici ? Celles qui sont victimes d'une société qui ne leur pardonne rien et les pousse dans leurs retranchements, ou ceux qui, sans jamais se salir les mains, sont prêts aux pires bassesses par pur intérêt ?

Des femmes cruelles entre elles dans un monde dominé par des hommes sans scrupules.
Triste constant que celui de Capadocia.

Seuls deux personnages, au vu du pilote, semblent faire exception à leurs mondes respectifs : l'avocate spécialisée dans les droits de l'Homme, idéaliste mais déterminée dans sa lutte, est profondément pacifiste. Elle veut régler les problèmes sans violence, et de l'intérieur du système. Et puis, il y a le gouverneur de Mexico, un homme politique intègre qui refuse les pots de vin, et souhaite, apparemment avec sincérité, que l'État soit plus juste dans sa gestion du problème pénitentiaire.
Incidemment, tous les deux ont été mariés l'un avec l'autre, et je ne serais pas surprise que ce lien qui semble aujourd'hui dissous (avec leur divorce) les rapproche à l'avenir, au moins sur un plan idéologique.

La violence de Capadocia n'est pas que visuelle, bien que l'horreur soit à son comble pendant l'émeute. Elle est essentiellement psychologique, et c'est celle de toute une société. Le constat pessimiste de ce pilote est sans appel, et on ne se fait aucune illusion sur ce que sera la vie de ces femmes dans la toute nouvelle prison.

Par-dessus le marché (parce que bon, pourquoi se contenter d'être bon quand on peut atteindre l'excellence ?), Capadocia propose aussi une galerie de portraits qu'on devine complexes, et dont le pilote donne une idée générale assez nette mais ouverte à l'évolution.

Pour moi, les deux personnages les plus marquants sont la Negra et Bambi.
Gardienne au regard sévère et pas forcément très franc, la Negra est l'allumette qui met le feu aux poudres. Un personnages dont on comprend qu'elle possède un don d'observation très aiguisé, et une excellente compréhension de ce qui se joue dans la tête de chacune de ses prisonnières. Ce n'est pas une brute, ce n'est pas une crapule, c'est juste, à sa façon, une autre victime du système. Sa réaction face à l'émeute est douloureuse et forte à la fois, pas étonnant que ce soit elle qui ouvre le pilote ; nul doute qu'entre culpabilité, sens du devoir et cupidité, son évolution aura quelque chose de complexe et d'authentique.
Mon autre sifflet d'admiration ira à Bambi, une petite carcasse frêle au regard fuyant, qui abrite l'esprit d'un démon. Pendant tout le pilote, ce personnage est impressionnant, principalement grâce à l'interprétation qui en est faite. Entre servilité et désir de revanche, intelligence aigüe et instinct animal, sang-froid glacial et panique découse, Bambi est un personnage superbe dont on ne demande qu'à voir l'évolution. Quelle facette de sa personnalité l'emportera ? Y a-t-il un espoir de rédemption pour elle, ou ne peut-elle que descendre plus profond vers la racine du mal ? Son œil est capable de capter la plus délicate des beautés, sa main de produire la plus terrifiante des horreurs. Elle veut s'en sortir, mais elle veut aussi posséder la Colombienne... Ce qui se joue avec Bambi, c'est un peu une allégorie de la condition féminine en prison.

Les personnages, l'intrigue, les thèmes... tous les ingrédients sont présents pour que Capadocia soit une série captivante. La réalisation est en plus parfaitement maîtrisée, de bout en bout.
J'ai déjà cagoulé la suite et, croyez-moi, je vais en user. Dussé-je aller ensuite en prison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capadocia de SeriesLive.
Oh, une série mexicaine sur SeriesLive, je me demande s'il va bientôt y en avoir d'autres...

22 mai 2010

Unrock the vote

Puisque j'en étais à regarder des comédies, je me suis dit que j'étais bien partie et qu'il ne fallait pas laisser perdre tout ce bel enthousiasme. Et, suivant mes propres conseils, je me suis éloignée des nationalités habituelles des séries qui peuplent mon écran à l'ordinaire pour m'intéresser à un pays un peu différent. J'ai dit un peu.En attendant de pouvoir jeter un œil, qui sait, à une série biélorusse ou uruguayenne dans un avenir que j'espère pas trop lointain, mon initiative s'est bornée au Canada. Eh, j'ai quand même le mérite de tenter autre chose que les States, le Japon ou la Corée du Sud, c'est déjà ça !

Résultat : pendant que je cagoulais la 3e saison de 30 Rock (si on m'avait dit qu'un jour je cagoulerais avidement la 3e saison de 30 Rock...), je me suis tournée vers Dan For Mayor, principalement parce que j'avais regardé les premiers épisodes de Corner Gas en leur temps et que, voyant que quelques noms en commun, j'ai décidé de tenter ma chance.

DanForMayor

J'aimais bien l'idée de départ : un loser patenté s'engage dans une course électorale locale. Peut-on rêver situation plus idéale pour écorcher le monde de la politique ? Surtout si on opère dans une comédie ; parce que j'ai vu le pilote unaired de Body Politic, et c'était décevant de ce point de vue (en fait c'était décevant de beaucoup de points de vue, notamment parce que j'ai déjà vu le pilote de D.C. dans ma jeunesse...), donc j'en avais conclu que si on attend un minimum de regard critique sur le monde politique, il vaut mieux parier sur une modeste comédie canadienne que sur une série pour teenagers de la CW (duh).
Toujours est-il qu'en amont, ça semblait être une bonne idée.

Malheureusement, si c'est ce qui vous amène devant Dan For Mayor, vous allez être déçu. Car cet angle n'est finalement pas au cœur de l'histoire du pilote. J'ose toutefois espérer que ça se développe quand même un peu par la suite, mais je pense que je vais privilégier la saison 3 de 30 Rock, et ne pas le vérifier.

Car ce premier épisode s'ingénie à dépeindre au contraire son personnage principal en long, en large et en travers, et pourtant sans s'attarder, c'est un peu antithétique mais c'est comme ça que je l'ai ressenti. On nous sert plein de scènes avec Dan et finalement on n'accroche pas, il manque quelque chose pour avoir envie de l'accompagner, probablement parce que lui-même a l'air un peu détaché de tout ça. La présentation reste superficielle en dépit de tous ces efforts.
Il faut dire que notre loser, au lieu de faire partie de ces illuminés qui ignorent leur sort et foncent tête baissée vers les galères et les situations rocambolesques (donc hilarantes), est parfaitement conscient de se lancer dans cette course électorale uniquement parce qu'il n'a pas eu de meilleure idée. Comment, dés lors, l'y encourager depuis notre côté de l'écran ? Dan n'y croit pas lui-même, et son entourage est pire encore. Ça commence sur un coup de tête et on ne sent pas le moindre enthousiasme. Ça n'aide pas. Si même les personnages ne sont pas motivés...

Quant à la critique de la vie politique et/ou du système électoral, elle ne se met pas vraiment en place ici, ce qui est normal d'un certain côté puisqu'on en est à un stage encore bégayant de la campagne de Dan. Le problème c'est que le ton de l'épisode manque quand même un peu de mordant sur ce sujet. Tout juste a-t-on droit à une scène pendant laquelle le maire actuel (et seul candidat en course pour le moment) vient frapper à la porte de Dan et montre, de façon un tantinet trop évidente, mais un peu drôle quand même, combien il est imbu de sa personne et combien cette élection lui semble acquise.
C'est tout ce qu'on tirera de Dan For Mayor sur le sujet.

Des personnages de pauvres mecs qui n'ont jamais réussi à se lancer dans la vie et n'ont jamais rien réussi, la télévision nous en pond 712 par saison, ce n'est pas ça qui manque. Pour être vraiment enthousiasmant, ce pilote aurait dû, pour me séduire, faire un peu plus que camper son personnage immature, et s'aventurer plus vers son sujet, mais ce n'est pas le cas. Pire encore, les doutes un peu trop visibles de son ex (à cause de laquelle il s'est lancé dans ce projet) donnent une idée un peu trop précise de ce à quoi on peut s'attendre sur la suite des évènements.
Du coup, pardon, mais je m'abstiens.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dan For Mayor de SeriesLive.

6 juin 2010

A la chaîne

Arewethereyet

Ce qui me semble aberrant, ce n'est même pas vraiment qu'on commande encore des séries comme Are we there yet?, non, même pas. Il est un fait qu'il y aura toujours des gens avec des goûts pourris, et donc par voie de conséquence, qu'il y aura toujours quelqu'un pour vendre à ces personnes des séries pourries. Pas de surprise de ce côté. C'est navrant mais je ne m'en émeus même plus vraiment.
Ce qui me sidère, en revanche, c'est qu'on en commande autant.

TBS s'est auto-proclamée "very funny" il y a quelques années et depuis, le monde est encore plus le même, si je puis m'exprimer ainsi, au sens où, avant, on trouvait plein de comédies nullissimes un peu partout, et maintenant TBS en a fait sa spécialité et les commande à tours de bras ; vous cherchez un sitcom abêtifiant au possible, allez sur TBS, vous allez être gâté... Vous vous rappelez de mon effroi devant 10 items or less (sinon suivez les tags) ? Eh bien depuis ça ne s'est jamais vraiment arrangé. Mais à l'époque, j'ignorais que le pire était à venir.

Tenez, House of Payne et Meet the Browns... bien courageux qui regarde ne serait-ce que le pilote de ces deux séries. J'avais tenté un La preuve par trois sur le second, mais j'ai pas poussé plus loin. Eh, pas folle, la guêpe. Et pourtant je me vante d'être curieuse... qu'est-ce que ce doit être pour ceux qui ne le sont pas. C'est à vous dégoûter des séries à tout jamais, des conneries comme ça !

Tout ça, ce sont des sitcoms vus et revus, et on sent d'ailleurs que c'est justement pour ça que la série Are we there yet? a été lancée, parce que ça fonctionne relativement bien pour les deux autres et que si TBS arrive à découvrir un deuxième Tyler Perry pour faire des sitcoms de façon industrielle, eh bien tant mieux, c'est bon pour les finances. Tyler Perry est l'homme à l'origine de House of Payne et Meet the Browns, et ces deux séries ont des statistiques à vous couper le souffle. Jugez plutôt.

House of Payne a commencé une première saison de 10 épisodes en 2006, suivie l'année suivante d'une commande par TBS de 100 épisodes. On a dépassé ce stade depuis quelques temps puisque la 6e saison, qui s'achève à la fin du mois (oui, 6 saisons en 4 ans, tout va bien) marquera le 181e épisode de la série. Du côté de Meet the Browns, c'est à peine différent : lancée en janvier 2009, donc il y a un an et demi, la série est actuellement dans sa 3e saison et cette semaine, son 78e épisode sera diffusé (je n'ai pas trouvé de signe d'une date de fin pour la saison, je suppose donc qu'elle nous survivra tous).
Revenons-en à la nouveauté qu'est Are we there yet?, lancée il y a quelques jours. Même motif, même punition. Une commande initiale de 10 épisodes et, si ça marche, il y a 80 petits frères derrière. C'est absolument insensé !

Qui veut regarder jusqu'à 200 épisodes d'une série soi-disant comique, remplie à craquer de rires enregistrés, et ne présentant pas la moindre originalité (ou si peu dans le cas de Meet the Browns) ? Qui se tape réellement les 200 épisodes ? Si une telle personne existe, regarde-t-elle la télé sur une chaise percée de façon à pouvoir aller aux toilettes sans louper un épisode ? Parce qu'il n'y a pas que le nombre d'épisodes, il y a le rythme !

C'est édifiant : Are we there yet? est diffusée à raison de 2 épisodes par soir, un soir par semaine. Ce qui en soi est déjà un rythme assez dingue. Mais il y a pire : chaque semaine, l'équipe de la série est "capable" de tourner 3 épisodes ! Vous vous rendez compte ? D'ordinaire, pour que le produit soit décent, on avait l'équivalence un épisode = une semaine de tournage, et c'était déjà assez difficile à tenir comme ça pour obtenir quelque chose de convaincant. Mais là, ils vous font trois épisodes par semaine ! C'est du délire ! On ne s'étonne pas du produit fini, du coup, mais il y a de quoi glapir de terreur, quand même, devant une telle industrie.

Parce qu'à ce stade, c'est uniquement de la production industrielle, quand même. On fait des épisodes à la chaîne et on n'a plus le temps de rien faire. Je suis même surprise qu'il y ait un scénario dans le pilote si l'équipe des auteurs en était déjà à écrire les 3 suivants. Ou les 10 suivants. Ou toute la saison de 90 épisodes. Et peut-être préparer le spin-off. Et s'il leur reste un peu de temps ils chercheront un remède pour le cancer, aussi ?!

Allez, je suis négative. Il faut que je regarde les choses du bon côté : de nombreuses comédies (et les sitcoms en première ligne, si je peux me permettre) sont stupides et pas drôles du tout. Are we there yet? l'est tout autant, mais la série a cet abominable cadence de travail et de cette commande potentielle hallucinante comme raison pour sa médiocrité.
Quelle est l'excuse de The Big Bang Theory ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Are we there yet? de SeriesLive.

5 mai 2010

Conflit de générations

Parmi toutes les comédies que je pourrais regarder en ce moment, bizarrement, je suis plutôt attirée par les vieilles comédies qui n'ont pas marché, comme en attestent les deux dernières séries abordées. Et aujourd'hui, avec le pilote de Style and Substance, on dirait bien que j'ai poursuivi dans la même voie.

Style and Substance
date de 1998, ce qui à la base me ferait dire "oh bah ça va, c'est récent", jusqu'à ce que je réalise qu'on est en 2010, et qu'une série qui a l'âge de Charmed a en réalité une douzaine d'années dans la poire. Et que ça se voit.

StyleSubstance

Tiens, je réalise que la série a un autre point commun avec celles dont je vous ai parlé ces derniers jours, c'est aussi que Style and Substance est avant tout l'histoire de deux femmes qui travaillent ensemble. Je propose de blâmer mon inconscient pour cette coïncidence, parce que vraiment, ça ne me frappe que maintenant.

On a donc d'une part Chelsea Stevens, une femme qui a basé son empire sur ses talents de maîtresse de maison : arts de la table, décoration, etc... En gros c'est Martha Stewart et le portrait qu'en font ses collaborateurs montre d'ailleurs que le personnage est au moins aussi charmant que son illustre modèle. Et puis d'autre part on a Jane, sa nouvelle productrice, qui tient désormais les cordons de la bourse et doit veiller au bon déroulement des affaires de Chelsea.

Et Jane va rapidement comprendre pourquoi Chelsea n'a pas usurpé sa réputation de chieuse. Pour se faire une idée de sa nouvelle productrice, sa nouvelle patronne lui a tout simplement volé son sac à main afin de le fouiller minutieusement, pour vous donner un exemple. On n'évitera donc pas la confrontation entre les deux femmes, cliché du genre d'autant que les personnages sont rapidement brossés pour qu'on comprenne qu'ils n'ont rien en commun.

Pourtant, là où on prend une petite bifurcation avec les stéréotypes habituels des deux personnes obligées de travailler ensemble même si c'est pour passer 90% du temps à se prendre le bec, c'est qu'on sent que Chelsea Stevens est une femme finalement très seule et qui s'attache rapidement à Jane. Derrière son comportement maniéré et ses exigences en matière culinaire (entre autres), Chelsea accroche tout de suite avec Jane et les prises de bec constantes ne sont qu'une façon maladroite d'essayer de lier des relations avec la nouvelle venue dans sa vie. Jane, bien-sûr, est le genre à avoir les pieds sur terre, mais surtout c'est une femme qui vient de se séparer de son fiancé (interprété fugacement par Peter Krause) et de partir commencer une nouvelle vie à des centaines de kilomètres de lui, et on comprend que Chelsea se sent proche de Jane pour cette raison.

Ce qui se met en place dans ce pilote, bien plus qu'une comédie fondée sur les opposés forcés à la cohabitation, c'est une dynamique mère-fille (au corps défendant de Jane, certes). Bien que l'écart d'âge soit sensiblement le même que dans Nice Girls Don't Get the Corner Office et Fired Up, la différence est nette sur ce point. Il y a un côté maternel, voire mère-poule, chez Chelsea (sans doute aussi due à l'interprétation de Jean Smart qui doit avoir ça en elle), et un côté fille un peu perdue chez Jane (qui là aussi pourrait bien venir de Nancy McKeon... argh, il faut vraiment que je me retrouve des épisodes de The Division !) qui rend le tandem non seulement drôle, mais aussi touchant. En gros, on assiste plus à un conflit de génération entre deux femmes qui s'attachent l'une à l'autre, qu'à une véritable opposition de deux personnalités antagonistes. C'est une variation agréable.

Là encore, on ne parle pas avec Style and Substance d'une série méconnue en dépit d'un grand mérite, mais enfin, ça change un peu des constantes chamailleries typiques du genre, et bien-sûr, les deux actrices font des étincelles. Dommage que la série n'ait pas survécu.

Dernier détail, je ne sais pas si le générique du pilote est le même pour la suite de la série, mais il est absolument hilarant dans sa façon de poser les personnages tout en rompant avec les poncifs du genre. Mais je dois vous avouer que même si ce premier épisode était marrant, je ne vais pas m'aventurer à regarder les épisodes suivants pour vérifier. Point trop n'en faut...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Style and Substance de SeriesLive.

20 mai 2010

Not live from New York

Ça fait depuis samedi soir que la saison de Saturday Night Live s'est finie. Wow, c'est moi où ça manque sérieusement d'air autour de ce blog ? Je sais pas, je me sens comme oppressée... non ? Que moi ? Bon bah je continue. J'en étais où ? Oui : SNL ne reviendra pas avant septembre. Ouh et puis, il fait lourd aussi, non ? Quelqu'un peut ouvrir la fenêtre ? Je le ferais bien mais je pense que si je bouge, je vomis. Ah non je me sens pas bien là. Punaise, je sais pas si c'est la grippe carabinée que j'ai réussi à choper hors-saison ou quoi, mais la vache, je déguste. On disait quoi ? Ah, j'y suis, pas de SNL avant l'automne. Oh écoutez j'ai des bouffées de chaleur et des frissons en même temps, je vais pas pouvoir continuer...

En attendant que j'aie fini de cagouler quelques vieux épisodes qui mettent trois plombes à cagouler parce qu'ils n'intéressent que moi (les joies du c2c, cagoule to cagoule), me voilà donc en pleine crise de manque parce que SNL, a pu. C'est emmerdant parce que je suis en pleine période monomaniaque. J'avais réussi à m'en sortir après avoir passé le mois de mars à faire une autre fixette monomaniaque (qui avait eu pour résultat une semaine spéciale remplie de sketches), et je pensais que je m'étais calmée. Le problème c'est que plus je vois de vieux épisodes, pire c'est. Et là, comme je vais manquer d'inédits ET de vieux épisodes parce que je commence à avoir fait le tour de toutes les cagoules disponibles, on va commencer à entrer dans la phase de désintoxication forcée.
Je déteste cette phase.

La désintoxication est d'autant plus difficile que rien ne la justifie. La monomaniaquerie SNL ne met pas ma santé en danger, et presque pas ma santé mentale. C'est vrai que j'ai cité SNL 712 fois ces derniers jours, sur ce blog comme à mon entourage (celui qui s'est montré résistant à mes microbes, du moins), mais à part ça, quel est le problème, hein ? J'ai ramené une clé USB remplie d'extraits et de sketches à une amie l'autre jour et on a passé au moins 3 heures devant, c'est vrai, mais je l'ai pas forcée, et elle pouvait arrêter quand elle voulait ! C'est simplement pas juste d'essayer de me faire arrêter !

Et surtout, la désintoxication téléphagique a une particularité : au lieu d'un sevrage complet, c'est le sevrage d'une seule émission qu'il faut opérer, et il faut trouver par quoi on la remplacera. Et c'est toujours là que ça coince. Parce que si on aime tel programme ou tel autre en ce moment, c'est, d'une part, parce qu'il répond à un besoin (après avoir passé un mois absolument pourri de chez pourri, avec au programme de ma vie des décès, des cancers et d'autres joyeusetés du même acabit, pour changer j'ai envie de me marrer), et c'est, d'autre part, parce qu'on pense qu'il n'a pas son égal. Si on pensait qu'il a son égal, on regarderait déjà l'égal, et on ferait une obsession dessus aussi.

Donc tout le défi est de réussir à remplacer une addiction par une autre en attendant qu'arrive la rentrée.
Vu que nous sommes en mai, à chaque série qui finit sa saison, je sais que nous sommes plus nombreux dans ce cas... et ça ne me réconforte pas le moins du monde. Cet état de fringale insatiable avant des mois et des mois est un état que je ne souhaite à personne. Même pas à des gens qui aiment les vampires. Même si ce serait pas mal qu'ils arrêtent de nous casser les cou*lles avec leur promo à coups de gourdin pour la saison 3.

Inutile de dire que dans l'état de monomaniaquerie où je suis rendue (je me trimbale avec une clé USB de sketches de SNL, je pense que tout est dit...), bien des barrières mentales sont tombées.

A l'heure où je vous parle, j'ai regardé en moins de 24 heures toute la première saison de 30 Rock, et j'envisage sérieusement de me lancer dans la deuxième. C'est marrant parce que je regarde 30 Rock uniquement quand je suis malade... hasard ou coïncidence ? Hm, je ne crois pas aux coïncidences...

Vu ma piètre opinion sur Tina Fey comme sur ma première expérience de la série (à qui j'avais pourtant donné, dans ma bonté, 6 épisodes pour me convaincre la première fois, donc j'avais quand même persisté avant de conclure que je n'aimais), je ne vous en voudrai pas si vous prévenez les services psychiatriques.
Et pourtant, eh oui, 21 épisodes en 24 heures. Heureusement que c'est une comédie de 20mn et que je suis alitée, quand même, sinon ce serait effrayant.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ou qui, du moins, ne sont pas capables de le nuancer.

Pis si j'ai fini les 4 premières saisons pour la rentrée de l'automne, ya des chances que tout ça finisse même avec un post To be continued..., par-dessus le marché. D'façons il est pas exclu que j'attrape un rhume quelconque quand le temps va se rafraîchir alors, euh, bon.

Il y a encore beaucoup de choses qui me chiffonnent dans 30 Rock, la moindre n'étant vraiment pas l'omniprésence de Tina Fey. Elle a ses bons moments, mais elle en a aussi beaucoup où elle est très irritante, parfois juste parce qu'elle est là, parfois parce que franchement elle se la pète un peu, la petite mère. En général, dans un épisode, les passages que où je me détends le plus sont ceux tournant autour de ses collègues (à la notable exception de Tracy qui m'énerve encore plus qu'elle), ce qui est quand même assez symptomatique. Le problème ne tient même pas dans le personnage lui-même mais dans la façon de tout ramener à lui en permanence.

Alors que pardon, mais j'avais espéré que 30 Rock parlerait de télévision. Or, dans un nombre incalculable de fois, on parle relativement peu du show. Et je crois qu'en fait c'est de là que vient ma déception d'origine avec la série, et qui reste un vrai casus belli : j'attends plus de cet univers. Du vitriol, de la caricature, de la dénonciation, plus de références... et plus de pédagogie, aussi. Comment Tina Liz monte-t-elle son show hebdomadaire ? Quelles sont les choses qui lui font obstacle ? Comment se déroule la semaine, l'émission, l'après-émission ? Au final on n'a qu'assez peu d'éléments là-dessus. Comme on passe un temps énorme à se préoccuper des soucis de célibataire de cette pauvre Liz (qui, soit dit en passant, a par contre très bon goût en matière d'hommes, je tiens à le préciser parce que c'est pas souvent dans les séries que je peux dire ça), ainsi qu'à nous faire comprendre à quel point son boulot est hyper stressant et l'empêche de s'épanouir dans sa vie personnelle (j'adore les tirades régulières sur l'amitié qu'elle nous sort, c'est d'une hypocrisie quand on voit qu'elle ne pense qu'à ses petits tracas), l'émission passe systématiquement au second plan. Passé un tiers de la saison environ, les coulisses deviennent carrément un gadget et plus du tout le moteur de la série. Le moteur, c'est Tina/Liz. Take it or leave it.

J'ai lu que 30 Rock, avant de parvenir à l'antenne, était passée par plusieurs stades de recalibrage et de réorientation avant de voir le jour. Ce qui est finalement assez révélateur des faiblesses de la série, finalement.
D'un pitch qui n'avait rien à voir avec une émission de divertissement (ce devait être au départ un journal télévisé), on est passé à un très évident SNL-like, sauf qu'on refuse de se mouiller pour parler vraiment de SNL ou du système des émissions du même type. Par la même occasion, j'ai aussi appris qu'il existait quelque part un pilote avec Rachel Dratch dans le rôle de Jenna, je paierais cher pour voir ça. Bref.
Parmi ces différentes étapes, apparemment, il y en a une qui était plus orientée vers le show (et où il était même envisagé de mettre à disposition de vrais sketches du TGS sur le site de NBC), et ça c'était exactement ce qui m'aurait plu, pour le coup. Avoir un équilibre entre la semaine folle des personnages, et le résultat final. Or là, plus la saison avance, moins on en voit.

Mais oui mais si on prend un thème, j'aime autant qu'on l'exploite !
Au-dessus de Tina Fey, il doit y avoir un network executive bien plus doué encore que le fictif Jack Donaghy, parce qu'à chaque fois qu'on tient un sujet sur les coulisses du show, Tina le laisse s'échapper et transforme sa série potentiellement piquante sur le milieu qu'elle cherche à dépeindre en Ally McBeal du monde télévisé. C'est très décevant de voir qu'à chaque fois qu'on pourrait faire quelque chose de couillu, on en revient toujours aux états d'âme de Liz qui a quand même, il faut le noter, le bon goût de ne pas rentrer chez elle à pied dans les rues de New York avec du Vonda Shepard en fond sonore. C'est déjà ça. Mais sinon, tout le reste est similaire : personnages déjantés mais vraiment pas productifs, univers dont on ne cherche pas à tirer quoi que ce soit mais juste à utiliser comme prétexte, discordes internes et affaires de cœur...C'est très agaçant.

Je sais bien que dans les grandes lignes (Saturday Night Live) comme dans les petites (l'épisode impliquant le late Late Show de Conan O'Brien), on implique des émissions de la même chaîne, et qu'on n'a pas envie de se tirer dans le pied, mais si c'est pour rester dans un registre de lèche-bottes, c'est pas la peine. Dans ce cas je ne vois pas l'intérêt de prendre le milieu de la télévision pour sujet si c'est pour que Liz fasse trois épisodes sur un mec qui est... comptable ! Pour réemployer ses termes : ça ne marche que dans Ugly Betty, ça ! (et encore, ça ne marche plus)

Parmi les éléments qui m'ont fait rester devant l'écran, outre mon état de santé qui m'y a littéralement clouée, il y a quand même quelques bonnes nouvelles et c'est, en fait, ce que je n'avais pas vu la première fois que j'ai regardé les 6 premiers épisodes de la série (qui pourtant, du point de vue de l'exploitation du contexte télévisuel, sont les plus aboutis).

Le principal atout de 30 Rock, c'est la présence d'Alex Baldwin. Mais à bien y penser, ce qu'on aime chez son personnage de Jack Donaghy, c'est d'avoir l'impression d'y retrouver un Baldwin à la fois fidèle à lui-même, et en même temps complètement caricatural. Et on s'aperçoit alors que c'est le cas de la plupart des autres personnages qu'on connaissait : Tina/Liz, Jane/Jenna, et bien évidemment Tracy/Tracy. En fait, la première saison de 30 Rock exploite ses personnages aussi bien qu'elle aurait dû exploiter son contexte ; on sent un parallèle solide avec la réalité, et en même temps outrancier, qui rend grand service à chaque personnage. Et certainement simplifie la vie de ses interprètes, mais qu'importe.

J'attendais de 30 Rock un peu plus de piquant, il est vrai, mais ce que les dialogues n'apportent pas de ce côté-là, on le retrouve sans aucun doute dans le rythme, parfaitement maîtrisé. Sur 21 épisodes, pas un ne présente de longueur, de dialogue un peu superflu, de moment où on a le temps de se demander où sont passés les mouchoirs. C'est l'un des atouts de la série sur sa forme. On ne se rend même pas compte qu'il ne se passe rien, on est trop occupés à rebondir d'une rapide scène à une autre rapide scène, ce qui accentue l'impression de se faire servir des dialogues futés, ce qu'ils ne sont pas toujours. Mais quand ils ne le sont pas, le rythme entretient l'illusion.

Du coup, quand on réussit à passer la barrière psychologique que représente l'omniprésence de Tina Fey, on réalise donc qu'on tient une série correcte, voire un peu plus. Je n'y vois toujours pas le phénomène que beaucoup de ses fans cherchent à dépeindre, mais je comprends quand même que ça soit divertissant.

Évidemment, il aurait été naïf de croire que j'allais retrouver avec 30 Rock ce qui me manque quand je ne regarde pas SNL. D'autant qu'il est évident que pendant tout phénomène de désintoxication téléphagique, on est dans l'impossibilité totale d'avoir un coup de cœur équivalent à celui qu'on vient de quitter sous la contrainte. Je savais que je n'aimerais pas autant 30 Rock que Saturday Night Live, déjà parce que j'avais vu 6 épisodes de la série l'an dernier et que je savais quand même à peu près à quoi m'en tenir, et aussi parce que le contexte ne s'y prête pas du fait de la désintoxication. Pourtant, si je me suis tournée cette semaine vers 30 Rock pour de mauvaises raisons, je pense que la comparaison lui a aussi profité dans le sens où son sujet proche (bien que sous-exploité) m'a permis de lui donner une vraie chance. Quand on se désintoxique téléphagiquement, c'est rare de trouver des circonstances de ce genre pour le faire en douceur.

Je n'ai donc pas changé d'avis sur 30 Rock, il s'est juste un petit peu adouci, et c'est déjà pas mal.
Maintenant, la grande question, c'est : est-ce que je tente la même chose avec Parks & Recreation ? L'obstacle est ici différent parce que le lien avec SNL est seulement Amy Poehler (yikes !), et qu'en plus il s'agit d'un mockumentary. Mais tant qu'à donner une seconde chance à des séries, autant profiter de l'appel d'air créé par le vide que laisse SNL...?
Rha punaise, 'va falloir tenir jusqu'en septembre. Si je survis à ma grippe, en revanche je ne suis pas convaincue de survivre à ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 30 Rock de SeriesLive.

27 avril 2010

Il faudra pourtant bien cracher le morceau

Allez, j'ai pitié de vous. Pour changer des séries coréennes... direction le Japon ! En cette rentrée, quelques nouveautés avaient réussi à plus ou moins capter mon attention (le point capital de cette phrase étant "plus ou moins"), mais les sous-titrages sortant dans l'ordre qui les arrange et non selon mes propres priorités, aussi exaspérant et stupide que cela puisse sembler d'ailleurs, me voilà donc à parler de la saison printanière japonaise en commençant par Sunao ni Narenakute.
Qui, de "pas prioritaire du tout" est passé, avec une petite affiche bien sentie et un contexte favorable, à "tiens au fait vivement que". Ce sont des choses qui arrivent.

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Sunao ni Narenakute, c'est, pour ceux qui ont échappé aux news de SeriesLive à ce sujet (mais pourquoi Ducros il se décarcasse, eh ?) une série s'appuyant sur le concept de Twitter.

Attention : pas sur un compte Twitter en particulier. Non. Sur Twitter dans sa globalité. C'est la différence avec Shit my Dad says, le projet de Denny Crane. De... enfin, vous m'avez comprise. Et là, on retient tous notre souffle en nous disant : "bordel, c'est pas possible d'être opportuniste comme ça, je vois même pas comment on peut tirer une série du concept de Twitter". Je suis et je relance d'un "sans compter que Densha Otoko est passé devant". Comment une série peut-elle retranscrire aussi finement que Densha Otoko la façon dont un microcosme virtuel fonctionne et réagit sur internet, avec mise en scène créative et maîtrise du fond du sujet ? Sincèrement, on voit mal comment on peut mieux faire.

C'est là, donc, qu'arrive Sunao ni Narenakute, et que dans un premier temps, la série répond à ce défi de façon brillante : elle l'évite. Complètement. Voyez, c'était pas la peine de se tracasser pour si peu ! Les premières minutes du pilote sont vite expédiées avec une présentation sommaire de Twitter laissant penser, grosso-modo, qu'il s'agit d'une sorte de chat mondial fort commode où on raconte sa petite vie. Ce qui n'est quand même pas l'exacte vérité, non plus, et les utilisateurs le savent bien. Ces quelques minutes (et son ignoble petit panneau pédagogique, voir capture ci-dessous) ont valeur de postulat de départ et il faut le dire, sur le coup, ça déçoit un peu de voir que la série se donne si peu de mal pour exploiter son média.

Sunao_Twitterintro

Ce n'est pas tout-à-fait vrai. Le pilote ne commence pas précisément sur cette explication de Twitter. Il commence (ph non, là vraiment ça n'arrange rien à notre affaire) par un flashforward. Je DETESTE les flashforward en début de pilote. Parfois c'est intelligent, parfois c'est joli, parfois c'est pratique, mais même dans ces cas-là, et ils ne sont pas la majorité, les flashforwards dés le début d'un pilote, c'est surtout le truc qui te casse toute envie de regarder la suite, parce que tu connais la putain de fin. Quel est l'abruti qui le premier a cru intelligent de commencer une série sur un spoiler, que je lui fasse la peau ? C'est débile, les flashforwards dés le début. Attendez au moins que quelques scènes d'exposition soient passées, au minimum, merde ! Ah que ça m'agace.

Donc reprenons. D'abord un flasforward. Ensuite un cours très accéléré et simplifié sur Twitter. Sunao ni Narenakute commençait sous de bien mauvais auspices, il faut le dire. Et encore, je ne vous ai pas dit à quel point le flashforward rappelait celui de Last Friends. Ce qui provoque chez moi un certain agacement aussi parce que quand je regarde le pilote d'une série inédite, j'ai la mauvais manie de l'espérer être inédit. C'est un tort que j'ai, je m'en rends bien compte.
Le dossier à charge s'alourdit et pendant ce temps-là, on ne sait toujours pas ce qu'on fait là.

Les protagonistes s'envoient des tweets (qui concrètement ressemblent plus à des mails de groupe qu'à autre chose vu qu'ils font comme s'ils n'étaient que 5 à pouvoir les lire, mais passons, passons), et vient l'irrémédiable moment, typique dans les séries asiatiques, où se produit une coïncidence grosse comme une maison, en fait, deux, même, où deux personnages dont on SAIT qu'ils sont aussi amis sur Twitter se querellent, alors qu'en plus on SAIT qu'ils sont voués à vivre une intrigue amoureuse ; et là on se dit "mais pourquoi, pourquoi, pourquoi je n'ai pas accepté d'aller raboter la corne des pieds de tante Michèle plutôt que de regarder ce pilote ?!". Avec du gel au menthol badigeonné sous le nez, c'est presque supportable, pourtant, alors : pourquoi ?

Eh bien parce que ces insupportables clichés durent, grosso-modo, une dizaine d'odieuses minutes, et qu'ensuite ça s'arrange. Je sais, ça semble inespéré. C'est pourtant vrai. La parenté de Last Friends prend finalement le dessus pour dresser le portrait de personnes ayant chacune leur souffrance personnelle. Et lorsque les 5 personnages décident de se rencontrer IRL, on comprend aussi, enfin, l'importance de Twitter dans l'intrigue.

C'est que, voyez-vous, nos 5 amis se rencontrent et semblent être des jeunes gens tout-à-fait normaux et fréquentables, mais en réalité, chacun a une blessure à cacher. Certains annoncent rapidement la couleur au spectateur, qui choisit de s'identifier ou non. Le 5e est plus trouble et on n'est pas certain, à l'issue du pilote, d'avoir compris ce qui clochait précisément chez lui.
Attention au spoiler après la virgule, car l'un des personnages est prof débutante mais incapable de s'adapter à son métier et manque de confiance en elle dans tous les domaines de la vie, un autre, d'origine étrangère, se fait passer pour un docteur auprès de ses followers mais est en fait un larbin sans cesse humilié, une troisième craint d'être enceinte et (est-ce lié ?) se scarifie, et un quatrième est ultra-séduisant, harcelé sexuellement au travail, mais absolument incapable d'avoir une érection. On parle donc de problèmes qui, globalement, dépassent le stade de la simple amourette qui tourne mal.

Et c'est donc là que le shaker Last Friends + Twitter fait son effet. D'un côté, on a la promesse d'une exploration sombre et sans (trop) de concession de maux réels et concrets (il y avait le questionnement sur la transsexualité dans Last Friends, il y a les problèmes érectiles dans Sunao ni Narenakute, tout ça part du même besoin de parler de sexualité, chose déjà peu courante si on omet les séries coquines de TV Tokyo, et en plus d'en parler sans donner l'impression que c'est magique et romantique et simple...), et en même temps, on a un drame qui se joue sur le problème des faux-semblants.

Chaque protagoniste a eu la possibilité, via Twitter puis grâce à la rencontre IRL, de dresser un portrait de lui "bien sous tous rapports". Ah, tu es médecin, génial ! Ah, tu es photographe, cool ! Oh, tu es une jolie fille prête à aller à l'hôtel le premier soir, sympa ! J'exagère à peine. Mais chacun va découvrir qu'en quittant le domaine purement virtuel, en liant des amitiés dépassant ces quelques échanges sur les réseaux sociaux, il va devoir soit continuer à mentir (et le faire avec d'autant plus d'efforts que la vérité sera plus difficile à camoufler), soit devoir se dévoiler.

Ce n'est pas Twitter, c'est tout internet qui soudain est au cœur du débat. La personnalité que vous vous inventez, parfois exprès en mentant sur votre métier en vous prétendant Docteur (et en prenant ce pseudo), parfois inconsciemment en ayant l'air d'un photographe bohème sans penser à mentionner d'autres facteurs de votre vie privée, n'est pas un masque qu'on peut garder longtemps sitôt qu'on franchit le pas et qu'on passe à la "vraie vie". Le mensonge comme moyen de se faire des amis, mais aussi comme meilleur moyen de les perdre. Maintenir les apparences n'est plus envisageable passé le cap de la rencontre "en vrai", c'est inéluctable.

Dans Sunao ni Narenakute, chacun a ses noirs petits secrets, ses angoisses profondes et sa triste solitude, et de toute évidence, il ne sera pas possible de les cacher aux 4 autres bien longtemps. Pour cela, il aurait fallu rester derrière l'écran. Mais du jour où la rencontre se produit, la suite des évènements ne leur appartient plus.

Sunao ni Narenakute, c'est donc après une heure de tâtonnements et de scènes parfois un peu courues d'avance, un drame profondément humain comme les Japonais savent les faire, avec en toile de fond, une question sur notre rapport à la société aujourd'hui dans le contexte des réseaux sociaux. Comment à la fois cultiver un réseau de connaissances avec qui partager des choses intimes sans risquer de dévoiler ce qu'on ne veut pas dire ?

En se découvrant les uns les autres, les protagonistes de Sunao ni Narenakute, comme l'indique le flashforward, ne sont pourtant pas certains d'être soulagés de leurs souffrances. Et finalement, un peu laborieusement, le pilote définit les grands axes de ses interrogations sur le désespoir de la jeunesse d'aujourd'hui. Ce n'est pas aussi bluffant que le pilote de Last Friends, dont la parenté est évidente pour bien des raisons (le cast n'étant pas des moindres, et si Juri Ueno s'est transformée, Eita n'a pas su pour le moment couper les ponts), mais ça reste un bon pilote.
Ça ne fait donc jamais qu'une série de plus à regarder en ce moment. Je n'en était plus à ça près, de toutes façons.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Sunao ni Narenakute de SeriesLive.

4 avril 2010

Have you tried turning it off and on again ?

Imaginez que vous passez deux heures et demies à trier des fichiers qui vous semblaient "en bordel" sur votre ordinateur. Et maintenant imaginez que pendant ce rangement, vous tombiez sur une série qui parle de geeks. Bonjour la mise en abyme.

Pour une raison qui m'a échappé avec le temps, je n'ai jamais regardé le pilote de The IT Crowd dans sa version américaine. Bon, en fait je n'ai jamais regardé la version britannique non plus, mais ça c'est normal, c'est à cause de ma phobie de l'accent british. Je me rappelle vaguement m'être dit, quand on a commencé à parler du remake américain, que j'allais enfin pouvoir découvrir par moi-même ce dont tout le monde parlait, même si j'avais pleinement conscience qu'un remake américain d'une série britannique perd énormément lors de la traversée de l'Atlantique. Mais enfin, il fallait bien que je comprenne les dialogues, non ?

Alors puisque j'avais remis la main dessus et que j'avais 20 minutes devant moi, je me suis lancée dans ce pilote qui a ensuite rejoint celui de Pretty Handsome, Faceless et autres Nikki & Nora au cimetière des pilotes disparus. Je sais que je vous les cite à chaque fois, c'est à dessein, pour lutter contre l'oubli.

ITCrowd

Et au rayon des bons pilotes que le grand public ne verra jamais, il faut bien admettre que The IT Crowd est en bonne place. Même en étant assez peu réceptive à l'humour dit "geek" que les networks ont tenté d'exploiter à une époque (en général en recyclant des stéréotypes éculés et en brandissant fièrement un peu de popculture supposée geek ; voir aussi : The Big Bang Theory), j'ai ri de bon cœur, voire bruyamment, à plusieurs reprises.

Peut-être justement parce que The IT Crowd (au moins la version US) ne cherche pas tellement à jouer sur la complicité du spectateur geek avec le personnage geek, en multipliant les clins d'œil. C'est justement quelque chose qui m'énerve et ici, on a évité de donner de grands coups d'épaule pleins de connivence, pour juste dresser le portrait de deux personnages qui s'avèrent bosser au service informatique, mais qui sont avant tout de bons vieux losers, et qui l'auraient tout autant été au service comptabilité. Cette façon de ne pas chercher à m'en mettre plein la vue a eu beaucoup de charme pour moi.

Ce pilote démontre aussi à plusieurs reprises sa fantaisie. Loin du sus-nommé The Big Bang Theory, on a l'impression d'assister à une vraie démonstration d'humour déjanté, et pas juste à une comédie remplissant impeccablement un cahier des charges. J'étais par exemple hilare quand Moss tente d'expliquer à Jen ce sur quoi il travaille, et qu'on entend à la place un effet de brouillage puis "algorithme" à la fin de la phrase. J'étais pliée de rire, notamment parce que j'adore qu'on compte aussi sur ce genre de petits gadgets pour amuser, et pas juste sur les dialogues.

Il y a un côté moins superficiel dans ce pilote que dans The Big Bang Theory, qui me fait presque regretter de n'avoir jamais regardé la série britannique qui a donné naissance à cette version. Oh, de toutes façons je suis quasiment sûre que vous allez tous me dire que c'est un copier-coller de la série d'origine, en moins drôle !
Mais tous mes regrets s'envolent quand je m'imagine regarder une série où tout le monde parlerait comme Moss... problème réglé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de 110101011100100110010100001010 : la fiche The IT Crowd (US) de SeriesLive.

29 mars 2010

C'est vraiment trop inzuste

N'allez pas croire que je sois aigrie. Ooooooh que non. Depuis plusieurs mois, ya pas plus positive que moi en matière de téléphagie ! Il y a plein de séries que j'aime, plein de séries que je regarde, plein de séries sur ma liste de découvertes. J'ai même renforcé la surveillance des pilotes pour n'en louper que le strict minimum. Alors, aigrie, moi ? Pfff. Allons donc.

Mais enfin, je constate que :

Save the Piemaker !
90 000 signatures
   Pas renouvelée
Remember Samantha !
35 000 signatures
   Pas renouvelée
Save Better Off Ted
10 000 signatures
   Pas renouvelée
Save Life Unexpected
1 500 signatures
   En attente

Et vous pouvez me croire quand je vous dis que j'ai vérifié : les chiffres n'ont guère évolué depuis l'annulation des séries concernées (je les ai même arrondis au plus bas parce que je ne les vérifie quand même pas tous les quinze jours).

Alors, voilà le deal. Bon, pour Better Off Ted, je ne me fais pas d'illusions, c'est mort même si à ma connaissance rien n'a été officialisé. Mais Life Unexpected ? J'attends de voir.

Si Life Unexpected est renouvelée alors que la ferveur populaire est aussi minime, ça va chier. Ce n'est pas une série qui marque les esprits ; la preuve, son propre public a du mal à se passer le mot pour signer une malheureuse pétition. Je ne dis pas que c'est un facteur déterminant dans le cas d'un sauvetage de série, mais c'est un indicateur clair du phénomène qui se passe autour d'elle.
Alors, si une série qui collecte péniblement quelques centaines de signatures se fait renouveler, moi j'exige d'ABC qu'elle en fasse autant avec une série qui a plusieurs dizaines de milliers de signatures, comme, disons, au hasard, mettons, une série dans laquelle il y aurait des tartes. Par exemple. Sinon c'est moi qui vais en distribuer !

Mais non je suis pas aigrie. J'attends simplement qu'il y ait un semblant de justice en ce bas monde.

8 mars 2010

Who's winning here ?

Quand quelque chose m'obsède, ce n'est pas la peine de chercher à m'en distraire, ça ne marche pas. J'ai essayé de regarder autre chose que des épisodes de Saturday Night Live aujourd'hui, et en-dehors d'une petite heure trente pendant laquelle j'ai toléré un film, vraiment, rien n'y fait.

Alors bon, on va pas insister. Le post du jour est donc l'un des sketches de Saturday Night Live qui m'ont tout particulièrement fait rire, et je sais pas, je me suis dit que pour que tout le monde en profite, idéalement, il fallait le sous-titrer. Dont acte.

Au générique, vous trouverez en cliquant sur la petite capture (mais que c'est bien conçu tout ça, on dirait que c'est pensé pour vous rendre la vie facile) :
- Will Forte, Fred Armisen et Bill Maher dans les rôles principaux
- Michaela Watkins, Casey Wilson et et Kristen Wiig dans les rôles secondaires
- en invité, et très en forme, Bradley Cooper (ALIAS, Kitchen Confidential... Jack & Bobby que je voulais regarder cette semaine mais c'est mal barré)
- de jolis sous-titres de ma confection

A ce sujet, vous verrez qu'il y a un net mieux depuis la dernière fois, puisque vous n'avez plus besoin de cagouler le sous-titre à part, tout il est dans le même fichier. Bon, on perd légèrement en qualité video pendant le processus, mais c'est minime. Je commence à maîtriser à peu près le truc ; un jour il sera temps de passer à la vitesse supérieure, vous verrez...

Mais pour l'instant, en direct depuis ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

SNL_Sexwithyourwife

Et si ya du commentaire, qui sait ce que le post de demain réservera ?
Nan, sans rire, je suis curieuse de savoir s'il n'y a que moi qui ai manqué de pisser sur ma chaise.

17 janvier 2010

La fiction française m'a tuer

Les séries françaises...
J'en vois déjà plusieurs parmi vous qui poussent un soupir résigné, et ils ont raison : ce post ne va pas être joli. Oh non. Pourtant, c'est pas comme si je n'avais pas prévenu tout le monde : je n'ai pas la moindre foi en la fiction française. Je fais beaucoup d'efforts pour en finir avec mon pro-américanisme primaire (et côté Asie, ça marche plutôt bien, et je vous ai déjà parlé de séries britanniques, néo-zélandaises et même indiennes, c'est dire si je fais un travail sur moi), mais je ne me sens pas aidée. Il faut préciser que je n'ai pas Canal +. Oh bien-sûr, une fois de temps en temps, je m'assieds devant une diffusion de Kaamelott en prime time, et j'ai envie d'embrasser mon téléviseur, oui, évidemment... mais enfin, ça reste une situation minoritaire. Rarissime, même. Et ça fait des années que je ne suis pas tendre, et que je ne loupe personne au tournant, en plus. Donc j'estime que tout le monde était effectivement prévenu.
Alors, quand je lance le pilote d'une série française, je trouve normal d'être sans pitié. Je veux dire : ou alors c'était pas la peine de venir, les gars, fallait rester à la maison.

Je suis très en colère, en fait. Fâchée de chez fâchée. J'ai le sentiment qu'on n'arrive à rien. Et tout ça c'est justement la faute de Kaamelott, précisément. Pour moi, cette série est le symbole de l'espoir télévisuel grand public en nos contrées. Kaamelott, pensais-je, va nous sauver. Et je me rappelle comment mes espoirs se sont brisés quand M6 nous a sorti Off Prime, par exemple. Ou comment ne pas tirer de leçon et refaire de la comédie lourdingue des années 90. On n'allait jamais s'en sortir.

Il y a un bout de temps de cela, j'ai commencé à entendre parler de Hero Corp. Et je me suis dit que si un Astier était à la barre, c'est qu'il avait bien dû apprendre deux ou trois trucs des apports de son aîné au monde de la télévision française, et qu'on allait peut-être, enfin, oui c'est sûr, il ne faut pas désespérer, voir fleurir non pas une série porteuse d'espoir, mais toute une génération de séries.
Et puis j'ai regardé le pilote.

HeroCorp_logo

J'ai une affection particulière, vous le savez, pour NERDZ et Flander's Company, vous le savez sans doute. Mais cette sympathie se fait en toute conscience d'une chose : leur degré d'amateurisme. Je sais qu'il n'y a pas beaucoup de sous. Je sais qu'il n'y a pas beaucoup d'exposition médiatique. Je sais que ça tient souvent du délire entre potes. Et ce sont des séries dont le plan marketing, d'ailleurs, est fondé sur ces trois piliers (à différent degré l'une de l'autre). Je n'attends pas d'effets spéciaux incroyables (mais suis ravie d'en voir), je n'attends pas d'intrigues fouillées (mais adore voir que ça ne les empêche pas d'essayer), et je n'attends pas, c'est sans doute le plus important, une qualité d'interprétation digne de l'Actor's Studio (mais ait trouvé que certains acteurs avaient à en remontrer à d'autres plus connus). Je n'oublie pas que ces mecs-là, le reste de la semaine, ils sont graphistes, profs... on ne peut pas demander trop à des personnes qui n'ont pas le temps de vivre de leur fiction. Et tout est à regarder dans cette optique, ce qui, je le précise encore, n'évite strictement pas les excellentes surprises.

Voilà donc mon problème : quand CALT produit une série pour Comédie! et France 4 sur l'idée d'un auteur et comédien dont c'est le travail à plein temps, j'attends plus. J'exige plus. C'est un minimum que de ne pas faire du travail amateur dans ces conditions. Ce devrait aller sans dire.
Mais le pilote de Hero Corp, je garde la conviction que l'équipe de NERDZ aurait pu le réaliser sans qu'on y voit beaucoup de différence. Et ça me met rudement en colère.

Le plus horripilant n'est même pas dans la réalisation ; elle a d'ailleurs un ou deux bons moments (essentiellement au début de l'épisode). Non. Le comble de l'horreur, le truc qui me fait faire la tête du Cri de Munch, ce qui me hérisse le poil, c'est l'interprétation. Je supplie les acteurs français de nous tuer plutôt que de continuer de nous infliger ça. Merde les gars, à ce stade, AB Prod avait aussi bien fait de s'occuper du casting ! C'est pas possible. On ne peut pas humainement imposer ça à ses spectateurs. Pourquoi vous ne vous mordez pas les joues pour éviter de rire, aussi ? C'est au-delà de mes forces.

Le problème de Hero Corp, c'est très certainement de ne soutenir la comparaison avec Kaamelott à aucun moment, sauf qu'elle se fait automatiquement, non seulement à cause de Simon Astier, de l'univers décalé, mais du ton choisi pour les dialogues. Ton des dialogues, j'ai dit, pas ton de l'histoire. Car, et c'est sans doute là que le bât blesse, les personnages semblent baigner dans une comédie à la Kaamelott là où l'ambiance cherche à instaurer du mystère. Mystère qu'on ne peut pas un instant prendre au sérieux puisque les acteurs persistent à s"invectiver avec fougue et à faire les pitres là où il aurait fallu cultiver de vraies pauses sérieuses dans la narration. Mais Simon n'est pas Alexandre, et le résultat manque de finesse voire de soin. Le résultat donne une impression de travail à la va-vite, de torchage mal pensé, et peut-être même, si l'on est de mauvaise humeur comme moi à présent, de copie éhontée.

Non, Hero Corp n'a rien de la révélation que j'attendais. Mais vous savez quoi ? Je vais quand même tenter le second épisode. Parce que même fâchée, désormais j'ai l'espoir.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hero Corp de SeriesLive.

4 septembre 2009

HOME MADE Kazoku

Ah, la famille ! On y revient toujours. Dans le fond c'est forcément là que ça a commencé.
D'ailleurs, c'est vrai : la fiction japonaise, c'est quasiment par les comédies familiales que ça a commencé. Le genre home dorama a été lancé avant bien d'autres, dés les débuts de la télévision nippone, avec une particularité qu'on appelle le kitchen sink, c'est-à-dire que tout se passe dans la cuisine (à l'époque c'était techniquement plus pratique d'avoir un seul décor, et ça permettait des histoires entre belle-mère et bru qui tentent de cohabiter, les histoires de belle-doche c'est universel !). Les Japonais, qui décidément ont tant en commun avec nos amis iliens les Britanniques qui en avaient fait leur marotte télévisuelle aussi, ont lancé ce type de dorama avant même les histoires d'amour et autres triangles impossibles, dans les années 50, en même temps que les séries d'enquêtes (les deux étant au tout début filmés en direct).
C'était le paragraphe à peu près instructif du jour.

Donc, fort d'une longue tradition de home dorama, le Japon se doit d'en créer encore de temps à autres, histoire de ne pas perdre la main, et c'est toujours ça que ces saloperies d'adolescents n'auront pas. Aujourd'hui le genre est largement moins en vogue, ou alors on le transforme pour le mettre au goût du jour, genre Oniyome Nikki, et les home dorama typiques ont quasiment tous disparu.
Tous ? Non ! Car la chaîne TV Asahi résiste... en même temps c'est vrai que c'est la même chaîne qui a plus ou moins abandonné l'idée de s'adresser à une clientèle qui ne sait pas servir de Fixodent. M'enfin quand même.

Alors laissez-moi vous présenter Oishii Gohan (délicieux riz/délicieux repas), une série que pour tout vous dire, j'ai regardée parce que je le pouvais, sans lire une seule ligne à son sujet. J'ai vu le nombre de cagoules actives, j'ai foncé, des fois c'est aussi simple que ça, et on a vu récemment que ça me faisait de bonnes comme de mauvaises surprises. Aujourd'hui, c'est une bonne surprise, c'est indiscutable.

Il s'agit de l'histoire d'une famille qui, 15 ans après une brouille qui les a séparés (et dont on ne nous dit pas l'objet), se retrouve à cohabiter à nouveau dans la même maison. Le personnage-phare en est le patriarche, un homme dur et pas très avenant qui tient un magasin de riz dans une ville assez traditionnelle et conservatrice, et qui y travaille seul avec son employé dévoué, la maison étant par ailleurs entièrement vide. Mais lorsque pépé commence à avoir des ennuis de santé, l'employé Gorou va demander au fils de la famille, Shinpei, un écrivain tokyoite entre deux emplois dirons-nous, de bien vouloir tenir le magasin pendant que le vieux est à l'hôpital. Sauf que d'une part, pépé n'est pas au courant, et d'autre part, le fiston jure que dés que son père est sur pied, il retourne à Tokyo sans même le voir.
N'importe qui à ce stade aura deviné que ça ne va pas tout-à-fait se passer comme ça.
Mais tout cela est vu avec le regard de la femme de Shinpei, Tae, qui n'a jamais su pourquoi la famille s'était disloquée 15 ans en arrière et qui essaye de rabibocher père et fils, ce qui donne beaucoup de fraîcheur à cette comédie familiale.

Deux choses.
D'abord, il faut avouer que Tae est adorable. Elle donne l'impression de vrombir dans tous les sens avec bonne humeur. On sent déjà dés sa première scène que sa relation à son fils (le petit Shouta) est pleine de complicité et de tendresse, mais de toutes façons on verra ensuite qu'elle est toujours agréable à vivre (sauf quand elle cuisine où là, c'est un bourreau qui s'ignore), qu'elle est pleine de vie, et franchement, un personnage si positif, c'est un bonheur.
Ensuite, ce qui est vraiment génial, c'est que si chacun a fait sa vie de son côté, la génération de Shinpei est pétillante à voir interagir : il y a la fille aînée, Madoka, qui a la langue bien pendue, Shinpei donc, l'auteur au chômage ("j'avais trouvé une super idée mais c'est quelqu'un d'autre qui écrit le livre"), et enfin Kaede, la frangine gothique. On sent que même si leurs rapports sont distendus, en tous cas ils ne se sont pas perdus de vue. Lorsqu'ils réinvestissent la maison familiale pendant que leur père est à l'hôpital, on s'amuse de les voir tous ensemble, à la fois en train de ressortir quelques vieux souvenirs comme s'ils essayaient de se raccrocher à quelque chose qui n'est plus, et en même temps prendre du plaisir à passer du temps ensemble sans se soucier de rien. Il y avait pendant la scène du déjeuner dans la maison (un déjeuner improvisé) une atmosphère vivante qui donnait l'impression qu'on avait atterri au milieu d'une vraie famille.
Et enfin, la petite famille évolue dans une maison splendide (un jour je vais finir par ouvrir un album pour les captures des logements les plus chouette, ça vous tenterait ?), et ils passent leur temps à parler de vieilles chansons des années 70 et de nourriture (quand ce n'est pas l'avaler tout court). En même temps, quand on vend du riz, c'est normal quelque part, mais vraiment, ça m'a donné envie, tout ça.

Bon d'accord, ça fait trois. Mais de vous à moi, quand une série s'appelle Oishii Gohan (avec une ambiguïté sur le sens du mot gohan puisqu'il veut aussi bien dire riz que repas ; culturellement ça a du sens, je ne vous fais pas un dessin), il va nécessairement y être question de riz et de bouffe. Et là, comment vous dire ? J'étais assise face à l'écran et mon chat, assis à mes pieds, jouait avec ma langue.
Hm ? Quoi ? Non, vraiment ? Bon, d'accord, puisque vous insistez, je vous fais des captures.

OishiiGohan_1

OishiiGohan_2

OishiiGohan_3

OishiiGohan_4

OishiiGohan_5

OishiiGohan_6

Faaaaaaaim.

Bon, donc voilà, Oishii Gohan, c'est l'essence-même des repas de famille, des rires, des disputes, des vieux dossiers, et de la bouffe. J'ai regardé ce pilote en ayant l'impression d'assister à un Brothers & Sisters, mais en moins pété de thunes, quelque part, plus humble. Les comparaisons avec la série américaine ne s'arrêtent d'ailleurs pas là, mais je vais pas tout vous spoiler non plus.

Sans compter un truc qui me plaît énormément, c'est qu'à chaque épisode, on nous ressort une vieille chanson que la famille écoutait quand tout allait bien, et alors croyez-moi, ces chansons japonaises qui ont entre une et deux décennies, c'est du bonheur en barres. Je sais qu'on n'est pas nombreux en Occident à en raffoler, mais personnellement j'adore ça, et même moi qui n'en écoutait pas il y a 20 ans (même pas il y a 5 !), ça me rend toute joyeuse et nostalgique de voir ça, surtout que la famille déconne en écoutant les vieux vinyles, et que ça participe énormément à l'ambiance de la maisonnée.

D'ailleurs le titre de chaque épisode de la série fait référence à un plat familial et une chanson rétro, ça vous donne tout de suite le ton.

Donc maintenant que je vous ai fait pareille présentation, où je vous ai pour ainsi dire vendu un autre Lunch no Joou à découvrir, quand même, écoutez, c'est bien simple, si ce post-là, il ne vous met pas l'eau à la bouche, alors je rends mon tablier et je me mets à reviewer un par un tous les épisodes de The Beautiful Life cette saison.
Soyez chics, les gars, me laissez pas tomber sur ce coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Oishii Gohan de SeriesLive.

16 août 2009

[DL] 14 Sai no Haha

Mon marathon 14 Sai no Haha s'est terminé hier soir, entre deux réinstallations des Sims (ou disons plutôt 4 en fait, mais passons). Un marathon qui en fait n'en était pas un puisqu'il n'avait rien de prémédité, et que je ne pensais sincèrement pas finir la série aussi vite. En fait, à ma grande surprise, ce dorama a complètement pris le pas sur le suivi d'autres séries que je me décidais à regarder en intégralité au début de la semaine (Aishiteru ~Kaiyou~ où l'on retrouve l'une des actrices, et Kaze no Garden), avant que dans un sprint final, 14 Sai no Haha ne coiffe tout le monde au poteau...

Alors je me suis dit que je n'allais pas couper les ponts et comme ça... c'est d'ailleurs le plus difficile avec les dorama, les adieux... et que j'allais finir la semaine  avec un petit générique, parce que personnellement je trouve qu'il est réussi, et pourtant. Non, c'est vraiment ça le qualificatif : "réussi, et pourtant".

14SainoHaha
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Parce que de vous à moi, côté réalisation, on ne s'est pas beaucoup foulé. Mais ça marche à fond. Je me rappelle avoir entr'aperçu un extrait de ce générique il y a des lustres lorsque Shirushi (la chanson-titre) est sortie en single, dans une émission japonaise, je vous passe les détails vous n'êtes pas venus pour ça (sinon je vous lirais aussi commenter sur TP). Déjà à l'époque je m'étais dit "oh dites donc, ça vous attrape le cœur comme un rien, cette video", mais la déception était venue du pénible clip censé promouvoir la sortie du CD. La chanson n'étant même pas marquante (a contrario de celle de Last Friends, avec qui je trouve, ce générique partage son univers à mon sens), j'ai mis un mouchoir dessus et puis c'est tout ; le même groupe avait d'ailleurs produit un titre bien plus attrayant (quoiqu'à peine plus joyeux, et avec une video pas tellement plus ébouriffante) pour Orange Days, du nom de Sign (si le cœur vous en dit).

Mais voir aujourd'hui la version longue de ce générique, franchement, me rappelle à quel point mon cœur est captif de ces images. Je suis abasourdie par l'élégance qui s'en dégage, la façon dont tous les personnages sont représentés et mis sur un pied d'égalité (et tous terriblement beaux). Nan franchement, heureusement qu'ils raccourcissent le générique à mesure que la série progresse, sinon j'en serais encore au pilote.

Rappelons que le générique de début d'une série japonaise est coupé par l'annonce des sponsors, et que ça casse toujours un peu le générique, hélas. Mais cette annonce du sponsor a aussi lieu en cours d'épisode, et c'est ainsi que vers la fin de la série, on trouve ce très rapide encart... bah voilà c'est cadeau.

14SainoHaha_interlude
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 14 Sai no Haha de SeriesLive.

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