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ladytelephagy
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19 septembre 2010

Eh bah voilà

Quand j'étais petite, on allait voir nos grands-parents environ quatre fois par an dans leur maison de la banlieue de Dijon. Le weekend achevé, tout le monde montait en voiture, le teint verdâtre d'avoir trop mangé, les grands-parents suivaient la voiture quittant au ralentit l'allée de gravillon beige en nous faisant de longs signes de la main, puis nous sortions du cul de sac, prenions un virage à 180° dans la rue parallèle, et arrivés à hauteur de la maison (et en dépit du fait qu'il y avait celle des voisins entre nous), mon père poussait deux coups de klaxon comme pour dire adieu. La voiture prenait alors de la vitesse en direction de l'autoroute : c'était tout, rendez-vous au prochain trimestre.
Et sur la nationale conduisant à l'autoroute, invariablement, je dis bien invariablement, mon père lançait sur un ton qui se voulait jovial mais qui ne masquait pas vraiment sa nostalgie : "Eh bah voilà".

C'est mon tour à présent. Je publie l'article de la semaine sur SeriesLive, je retweet l'info pour que les curieux aillent y jeter un œil et même y laisser un commentaire si je suis en veine, et lorsque je m'apprête à rentrer sur mon blog, je pousse un soupir : "eh bah voilà".

C'est fini. L'été est derrière nous et avec lui, la série d'articles hebdomadaires sur les télévisions du monde s'achève avec ce bilan qui m'a été suggéré par Sirius. Voilà. C'est fini.
Eh bah voilà.

Monde_Bilan
Carnets de route : la télévision du monde pour les nuls

Je vous avoue que j'ai moi aussi un peu le teint verdâtre. Ce fût une expérience follement enrichissante, mais très fatigante. J'aimerais vous donner le nombre de séries vues, le nombre de séries fichées, le nombre d'articles lus, le nombre de pages imprimées... mais cette seule tâche me terrasse par la fatigue qu'elle représente, et parce que ce serait appuyer sur les côtés les plus exténuants de l'expérience.

Mais dans l'ensemble, j'ai eu de la chance de me lancer ce défi, un peu par hasard, mais de la chance quand même. C'est quelque chose que je recommande à tous ceux qui ont la téléphagie ancrée en eux... mais pas forcément à ce rythme, naturellement. Se fixer un pays à découvrir et s'y tenir, et lire le maximum, voir le maximum, tenter de comprendre comment les choses fonctionnent... Dépasser tout ce que l'on sait, remettre les choses à plat, accepter la possibilité d'un ailleurs plus exotique que jamais, et pourtant tellement réel pour les millions de téléspectateurs que ça concerne.

Quand je lis des "OSEF" et autres joyeusetés sur les news que je fais pour SeriesLive (et ce, en dépit de statistiques de lecture prouvant que ce n'est pas le cas, mais bon), je me dis : mais qui, en fait, s'en fout ? Les quelques téléphages que nous sommes ? Mais songez un peu en termes de chiffres : cette semaine, en Corée du Sud, Jeppangwang Kim Tak Goo s'est achevée sur des audiences d'environ 25,4 millions de spectateurs (c'est énorme mais on verra ça plus en détail avec la news audiences de vendredi, vous verrez). Et pendant ce temps, on qualifie d'excellents les résultats du marathon The Big Bang Theory quand ils rassemblent 8,1 millions de spectateurs la même semaine ? Comparativement, c'est plutôt du marathon de The Big Bang Theory dont on se fout, quelque part, non ?
Je sais bien que j'exagère. Après tout, le marathon était une rediff, et le final clôturait une saison exceptionnelle pour la comédie romantique coréenne. Mais tout de même, ça fait un peu réfléchir.

Vous savez, j'ai compté. Par curiosité, juste comme ça. Je suis pas très chiffres mais il s'avère que je les avais (vous verrez là aussi pourquoi bientôt), sur l'audience de chaque pays. Rendez-vous compte : avec les 12 pays pour lesquels il y a eu des articles sur SeriesLive, on parle déjà de télévisions qui sont regardées par plus de 2 milliards d'êtres humains (et on n'a même pas parlé de la Chine, par exemple). Comparez ça aux 310 millions de spectateurs américaines, et demandez-vous à nouveau qui pourrait dire que la télévision américaine, "OSEF". A peu près tout le reste du monde.
Évidemment, la télévision américaine exporte beaucoup, et dans la plupart de ces pays, ce qui signifie que mon raisonnement est caduc, du coup. Mais quand même, je trouve que ces 2 milliards et quelques d'âmes, ça signifie quelque chose. Ces 2 milliards de spectateurs ont, outre l'achat de séries américaines, une télévision qui leur est propre. Ils ont quelque chose qui leur est destiné à eux. Ça signifie en fin de compte qu'il y a bien plus que la télévision américaine dans la vie, et que le modèle n'est pas un absolu.

Comprenez-moi bien : j'ai aimé une grande partie de ce que j'ai découvert comme fictions cet été, mais ça ne veut pas dire que je suis devenue anti-télévision américaine. Bien au contraire.
Avoir plus de choix, avoir plus de comparaisons, m'a donné l'opportunité de mieux cerner ce que j'aime à la télévision américaine.

J'aime les saisons courtes, par exemple.
Je voulais en faire un post quand elle a sorti le sien, mais Livia a profondément raison : la saison de 20 épisodes a vécu. En fait, elle n'a vécu quasiment qu'aux États-Unis (et, comme à présent nous le savons tous, en Corée du Sud). La plupart des pays ont depuis longtemps choisi le format d'une demi-douzaine d'épisodes, la mini-série est en quelque sorte la norme. La mini-série renouvelable, certes, mais la mini-série quand même. C'est une question de moyens financiers, bien-sûr, mais aussi une question de préférence. Ce format-là revient parce qu'il est plus confortable pour le spectateur aussi.
Ce vendredi (puisque j'ai choisi le vendredi comme jour privilégié pour les posts To be continued..., j'ignore si vous avez remarqué mais il n'y a eu qu'une seule exception), je voulais faire des récaps pour plusieurs séries ; à la place, je n'ai fait que Glee, alors que j'avais aussi vu la saison de The Big Bang Theory et même 30 Rock. Pourquoi ? Parce que la perspective de rechercher une capture dans une vingtaine d'épisodes (même si j'avais une longueur d'avance pour The Big Bang Theory) était décourageante. Et la raison d'être de ces posts est justement que les séries sont devenues trop longues même pour leur diffuseur, à présent. Il suffit de prendre Caprica comme exemple : SyFy donne l'impression d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre et ne pas savoir que faire de tous ces épisodes. Elle voudrait que ça marche, mais son système de commande l'a visiblement dépassé ; si on était partis sur la base de 13 épisodes, la série n'aura pas connu certains défauts, et la diffusion aurait été plus aisée... l'avenir semblerait sans doute moins incertain pour cette série de SF, en fin de compte.

Vous voyez ce que je veux dire ? Arpenter la façon de faire d'une douzaine d'autres pays me donne de nouvelles perspectives sur la télévision que je regarde et que j'aime depuis plusieurs années. Je vais certainement faire des choix un peu différents maintenant que je suis habituée à une telle variété. C'est la saison des pilotes et je vais y réfléchir à deux fois avant de m'aventurer dans une série prévue pour 20 épisodes, je vais certainement préférer des séries plus courtes, pour avoir plus de temps pour d'autres séries plus courtes venues d'ailleurs.

Ce voyage-marathon m'a ouvert des horizons, m'a aidée à mieux définir certaines choses...
Aujourd'hui je vais regarder à la télévision américaine des séries que je choisis, et non que je subis (et pourtant, avec ma pratique du cagoulage, je me considérais comme plutôt libre de mes mouvements).

Je crois que c'est ça, que j'ai vraiment appris sur la téléphagie, tandis que j'apprenais tant de choses sur la télévision. On n'a pas à être prisonniers d'un système. Il y a un choix plus vaste que ce qu'on croit.

Dans les semaines, les mois à venir, j'espère que vous me suivrez dans cette nouvelle quête. Ce que je vous ai dit qu'il y a plusieurs semaines est toujours valable : j'ai besoin de vous. Si vous avez aimé apprendre ne serait-ce qu'une seule des informations distillées dans ces articles estivaux, montrez-le, tout simplement. Les news et les articles sur SeriesLive, les posts sur ladytelephagy... ne sont pas finis tant que vous, les lecteurs, vous continuez d'y réagir.

Après tout ce qu'on a découvert tous ensemble cet été, j'espère sincèrement qu'on ne va pas bêtement s'arrêter en si bon chemin. Vous, les lecteurs de ladytelephagy, je vous sais curieux, je vous sais intelligents, je vous sais constructifs. Suivez-moi encore un peu, vous voulez bien ?
Juste pour que je n'aie pas à klaxonner deux fois et dire "eh bah voilà". Ce serait trop bête.

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19 janvier 2012

The guessing game

Il suffit parfois d'une image, d'une expression faciale, d'un mot, pour déclencher votre imagination.
Je ne connais encore pas grand'chose d'une série, parfois rien du tout, mais soudainement, grâce à cet indice en apparence anodin, je me lance dans des rêveries sans fin pour deviner si elle abordera tel thème, proposera telle scène, emploiera tel ton... C'est comme ça que je peux être émue rien qu'en lisant le pitch de The Circuit avant même d'en avoir vu la moindre image, ou que je peux chérir pendant des années un générique parce que c'est la seule chose que j'arrive à avoir d'une série qui me fait fantasmer, genre Inconceivable.
Dans ces cas-là, la magie opère ensuite avec la série quand l'un des scénarios que j'avais imaginés est emprunté de près ou de loin par la série en question. Ce ne sont pas tant les grandes intrigues qui happent alors mon attention, que des détails qui définiront le statut de la série à mes yeux, émotionnellement parlant. C'est aussi comme ça que naissent les grandes histoires de téléphagie, en réalité...

Alors forcément, quand je découvre un pilote, et qu'il me plait, j'aime commencer à me demander les pistes que la série empruntera par la suite. Les petites, pas les grandes. Le pilote est toujours très clair sur les grandes (ok, sauf celui de Naznaczony). C'est son boulot.

Vu que j'en suis encore à avoir des étoiles plein les yeux, essayant de me sortir de la tête que la série s'appelle Smash OMG thank you God (ce qui, j'en suis consciente, serait difficile à sérieusement promouvoir), et qu'il ne m'est donc pas encore très aisé de composer un post avec des vrais mots pour vous retranscrire mes impressions sur le pilote de Smash (contrairement aux apparences, j'ai beaucoup de choses à en dire, je ne suis simplement pas encore capable de les formuler), je vais m'en tenir à quelques images du trailer de fin d'épisode (du coup, c'est par définition spoiler...), qui, et c'est le but après tout, m'ont donné matière à imaginer ce qui nous attend.

Derrière les axes évidents, explicités par le pilote et de véritables lignes de dialogue dans la bande-annonce, qui ont pour mission de nous donner envie de voir la suite, il y a aussi, il y a SURTOUT les minuscules détails qui piquent ma curiosité, donc. Qui auront pour mission d'ajouter à l'intérêt de Smash. Qui feront la différence entre une bonne série et une série dont je vous infligerai encore des tags 5 ans après (genre Pushing Daisies ; tiens, vous voyez, je viens de le refaire).

Parmi les brèves images du trailer qui me rendent folle de joie, d'impatience et de curiosité, il y a par exemple celle-ci, qui semble me promettre qu'en perdant The Miraculous Year, je n'aurai pas tout perdu de certains thèmes relatifs à la vie à Broadway que je voulais voir exploités dans une série.

SmashMeHard-1

Ou celle-ci, qui me fait espérer que ce qui sera, au minimum, un rebondissement (ou au pire, un élément déterminant de l'avenir de la production) ne sera pas une bête grossesse. Pitié pitié, pitié, pas une grossesse ! J'aimerais tellement que ce soit en rapport avec la séropositivité ou le SIDA, quelque chose dont on ne parle pas assez quand on parle du show business alors que, bordayl, c'est l'un des milieux où il est évident que les choses posent question.

SmashMeHard-2

Ou bien, puisque ce même trailer nous montre brièvement Karen répétant aussi pour le chorus quand Ivy occupe le devant de la scène, les coulisses de la vie des danseurs anonymes (soyons réalistes, je ne pouvais que vouloir l'exploitation de cet angle). Tout espoir n'est d'ailleurs pas perdu puisqu'on a un aperçu de cette confrontation avec une danseuse en début de carrière...

SmashMeHard-3

D'ailleurs j'espère qu'on ne s'en tiendra pas qu'à la compétition pour le rôle principal et qu'on abordera un peu d'autres aspects de la production, comme les costumes ou les décors (de la même façon que j'étais étonnée d'apprendre qu'un chorégraphe puisse auditionner). Je ne suis pas du tout en train de dire que ces axes m'intéressent plus que les histoires principales et qu'ils devraient prendre plus d'importance qu'elles, mais simplement que j'espère que la série fera un tour à 360° de tout l'univers de Broadway et de la façon dont on pense un projet.
Oh, et, héhé, le coup du verre dans la figure, ça va devenir une blague récurrente, aussi ?

Enfin voilà, quelques pensées comme ça, vite fait, parce que, oui, j'ai le trailer en boucle depuis hier soir. On se refait pas, hein.
Bon, promis, je me rassemble et je fais mieux que ça pour mon prochain post sur Smash...

16 janvier 2012

Home alone

Chaque année je vois de nouveaux téléphages apparaitre dans le paysage. Parmi eux, une part non-négligeable de "petits jeunes" qui ont découvert les séries télévisées entre 2004 et aujourd'hui, la génération Lost. Certains ont la soif de découvrir, d'autres pas du tout. On peut avoir une conversation avec eux et réaliser qu'ils n'ont jamais vu un épisode de X-Files de leur vie. On peut aussi avoir une conversation avec eux et s'apercevoir qu'ils ont tenté de regarder des séries qui a priori n'étaient pas vouées à se trouver dans leur champ de vision. De tout.
Et à chaque fois que je vois de ces jeunes spectateurs arriver, et commencer à se faire le relai de leur téléphagie, je réalise que les points de repère bougent. Que la téléphagie dont ils parlent ne sera de toute évidence jamais la même que la mienne. Qu'ils ont vécu leur adolescence devant Skins, pas devant Dawson (bon d'un autre côté pour moi ça n'a été ni l'un ni l'autre, mais vous saisissez l'idée). Que certaines séries qui me semblaient faire partie des "classiques", même quand je ne les ai pas aimées, leur sont étrangères et qu'ils ne voient pas le problème. Ils ont d'autres références et ça ne les étonne pas plus que ça.

Mais dans cette sorte de fossé des générations téléphagiques, ce qui s'exprime de plus en plus clairement, c'est qu'ils ont grandi dans un monde où tous les téléphages peuvent échanger entre eux, et où, quoi qu'on aime, on trouvera toujours quelqu'un avec qui partager notre passion pour une série donnée. Et moi-même, j'ai parfois tendance à oublier que ce n'est pas quelque chose de si évident, de par mon utilisation d'internet, notamment. On aimerait croire qu'aujourd'hui, on peut, quelle que soit la série qu'on apprécie, trouver son "âme soeur" téléphagique, et cela fait partie des charmes de notre époque.

Pourtant.
On oublie parfois, moi la première, que non seulement il a existé une époque pendant laquelle on pouvait être seul à regarder, suivre, aimer une série, sans jamais trouver avec qui deviser gaiement ou gravement à son sujet, mais ce genre de no man's land existe encore, de nos jours.
Au fond, on peut bien faire toutes les expériences de contagion qu'on veut, essayer de faire découvrir des séries qui a priori ne sont vues que par une poignée de personnes sur notre continent, ou passer le mot au sujet de fictions obscures de chaînes méconnues, il y a toujours un moment où on se sent juste très seul dans la vision qu'on a d'une série en particulier.

Cette séquence nostalgie vous a été proposée par House of Lies.

HouseofLoneliness

Parce que c'est assez dramatique cette sensation d'isolement que je ressens quand j'ai envie de parler de la série. Certes, je sais que je ne vais pas aller en discuter avec Florian, dont le biais anti-Showtime est célèbre dans toute la francophonie grâce à ses légendaires prises de position dans le SeriesLive Show. Mais j'ai un mal fou à trouver d'autres interlocuteurs qui en ont eu une bonne impression.

Pendant un moment, je m'étais même dit que c'était parce que j'avais eu une bonne impression sur le pilote, et que ça allait se calmer voire même disparaitre ensuite ; ça s'est déjà vu sur d'autres séries après tout, l'un des exemples récents qui me vient à l'esprit est Combat Hospital. Au bout d'un ou deux épisodes de plus, j'ai fini par me dire que, bon, le pilote n'était pas si mauvais que ce que d'autres semblaient bien vouloir le dire, mais il n'était pas non plus excellent au point de continuer à suivre la série.

Mais rien à faire. Là, je viens de regarder le second épisode, et je me suis marrée comme une malade. J'adore la dynamique de groupe, j'adore le cynisme ambiant, j'adore le côté délicieusement absurde de la vie professionnelle des protagonistes. Et j'adore la dynamique de groupe, aussi. Déjà dit ? Pas grave, ça vaut la peine d'être répété.
Pas l'ombre d'une déception. En fait, le pilote était pas mal, mais définitivement moins bon à mes yeux que l'épisode suivant, plus déjanté. Il y a toujours deux-trois trucs qui ne m'intéressent pas (en général connectés à la vie du personnage principal), et qui ne sont pas nécessairement du meilleur goût (tout ce qui est relatif à l'ex-femme du personnage principal), mais c'est totalement mineur au regard du reste, et notamment de mes véritables fous-rires. Au point de devoir mettre l'épisode en pause et m'éponger les yeux.

Je me sens très, très seule dans mon appréciation de House of Lies.

Comme avant d'être une téléphage sur internet. Sauf que je suis sur internet, et que je lis plein de gens qui en parlent, et qu'ils n'aiment pas du tout.
En pire, donc.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche House of Lies de SeriesLive.

4 décembre 2011

Full glitz drama

Il m'arrive, une fois de temps en temps, de tester des épisodes de reality shows, et j'ai pu vous parler, avec peu d'enthousiasme cependant, de Jersey Shore ou LisaRaye: The Real McCoy par le passé (les tags vous aideront à trouver ces posts si vous y tenez vraiment, mais réfléchissez bien, il faut parfois se méfier des souhaits). Je me sais très fermée à ce genre de programmes, que je ne me cache pas de ne pas porter dans mon coeur. Généralement ils me mettent mal à l'aise, mais assez souvent ils me mettent aussi en colère, ce qui donne un bon cocktail de mépris au final ; la bonne nouvelle c'est que, ne regardant plus du tout la télévision française, je ne risque jamais de tomber dessus par hasard. Et je sais donc qui blâmer quand j'en regarde...
Mais vu que je suis tellement malade depuis plus d'une semaine, en fait presque deux mais qui compte les jours, n'est-ce pas, plutôt que de regarder Homeland comme je l'espérais (surtout que j'ai deux épisodes de retard), je n'ai rien regardé de spécial ce weekend (dommage, je m'étais cagoulé le pilote de The Royle Family), et du coup, je vais vous proposer une "semi-rediff" en vous parlant d'une émission que j'ai découverte il y a plusieurs jours, dont j'ai brièvement parlé sur Twitter, mais qui depuis me hante plus que je ne l'aurais cru. Mon nouveau cauchemar s'appelle donc Toddlers & Tiaras.

Tiaras

Cette fois-ci, n'ayant pas envie de me taper 3h de recherche pour un malheureux épisode, ce n'est pas le pilote que j'ai testé. Vu la structure de l'émission, j'ai l'impression que ça n'a pas grande importance : autant Jersey Shore peut sembler "feuilletonant" (qui attrapera des micoses en premier, Snookie ou TheSituation ? Suspense !), autant Toddlers & Tiaras relève du "formula show". L'idée est simplement de suivre une compétition de type concours de beauté, mais pour des enfants.
A ce stade, l'idée-même qu'il existe des concours de beauté pour les enfants a des chances de vous faire grincer des dents. Dites-vous que vous n'avez pas idée. Bienvenue dans un monde qui donne au terme "horreur" une nouvelle signification.

Ces concours sont, si on en croit les parties le plus montées de l'émission, ouvertes aux petites filles... dés leur naissance. D'après mes lectures complémentaires, une gamine de 11 semaines a participé à au moins un des épisodes. Et, oui, j'ai bien dit "semaines". Ces parties un peu plus montées permettent de voir défiler certaines des gamines qui ne sont pas au coeur de l'épisode ; on y découvre donc des bébés, portés sur scène par leur mère, mais aussi des adolescentes qui, étrangement, ne sont pas présentes plus de 7 secondes sur tout l'épisode ; elles sont dans la salle, mais jamais ou presque à l'écran. Pas assez vendeur.

Non, ce qui intéresse la camera, ce sont les gamines de 5 ou 6 ans, 8 ans si vraiment on fait dans le grabataire, et l'émission va en suivre trois ou quatre, du stade des préparatifs à celui de la compétition et, enfin, la remise des trophées (puisque tout le monde repart avec au moins une couronne, même la honte de la jungle). Vu que la remise de prix a lieu à la fin de l'épisode, je suppose donc que Toddlers and Tiaras est du type formulaic, avec une nouvelle compétition à chaque épisode, et des compétitrices différentes à chaque fois. D'ailleurs la chaîne TLC, qui diffuse l'émission, explique que quel que soit le weekend, il y a quelque part aux Etats-Unis une compétition de ce type (d'après mes observations, seulement dans le Sud, cependant). Ca alimente l'émission, forcément, pour des saisons et des saisons.

La première partie de l'épisode consiste à vous donner envie de vous énucléer avec vos propres doigts pendant que les gamines se font épiler les sourcils, poser des ongles en acrylique ou encore asperger d'autobronzant, parce qu'il faut y aller "full glitz" (ce que je traduirai par "plein pot sur le mauvais goût", mais ce n'est pas nécessairement une traduction litérale). Cela inclut d'ailleurs les compétitrices rousses, ce qui ne laisse pas de me faire arrondir les yeux avec horreur (ils sortiront peut-être plus rapidement de leur orbite de cette façon, et je me raccroche à cette consolation).
Afin de parvenir au résultat final, y passeront également : plusieurs tonnes de strass et paillettes, des rajouts capillaires équivalents à trois Cousin Machin par gamine, de la laque à vous percer un deuxième trou dans la couche d'ozone, des dentiers pour avoir un parfait sourire chevalin, et ne me lancez même pas sur les faux-cils et le maquillage à la truelle. De quoi vous donner des regrets de ne pas être Amish.
Apparemment l'humiliation n'est pas complète sans un cours de maintien/danse/whatever, au cours duquel la petite est soit coachée par la maman elle-même (les mamans ! ARGH, LES MAMANS ! Ne me lancez pas sur les mamans !), soit, attendez ça devient encore meilleur (ou pire), formée par un coach professionnel, promis je ne me fous pas de vous.
Au final, les petites ressemblent à un croisement improbable entre un Petit Poney et une prostituée bon marché tout droit débarqué des années 80. Pourtant, j'ai grandi dans les années 80 : j'ai par définition une meilleure résistance à ces horreurs.

Ensuite vient la compétition avec les moments d'angoisse, de faux suspense et bien-sûr, ce qu'il faut de joie et de déception pour que se nourrisse toute émission de télé-réalité de style "faux-documentaire" (une catégorie qui manque à ma tentative de mettre de l'ordre dans le chaos que représente la télé réalité pour moi). Bon, classique, hein. Je suppose.

Alors sur le coup, on regarde l'épisode, on essaye désespérément de s'immoler par le feu en s'aspergeant d'auto-bronzant, on hurle sur les multiples exemples de mères méritant, si ce n'est une enquête des services sociaux, au moins un internement en institut psychiatrique, on plaint les gamines traitées comme des divas et abusant de leur pouvoir sur leur entourage... jusque là, contrairement aux apparences, TOUT VA BIEN.

C'est après que le vrai carnage commence. Quand vous commencez, certes fièvre aidant, à voir ces petits monstres ripolinés dans vos rêves. L'une d'entre elles m'est apparue, une nuit, mangeant tout le maquillage que j'avais pourtant soigneusement planqué dans MA salle de bains. J'ose même pas demander des explications sur la signification de pareil cauchemar à un professionnel, pour tout vous dire.

Mais blague à part, ce qui me hante au sujet de Toddlers and Tiaras, c'est non seulement les évidents sévices physiques, mais surtout les séquelles psychologiques.
Je m'étonne souvent, pour quelqu'un qui ne veut pas d'enfants, que des émissions dans ce genre (tout comme a pu le faire l'épisode, ou peut-être deux épisodes, de Super Nanny que je me rappelle avoir vus avec l'un de mes ex aux goûts téléphagiques douteux) soient capables de me suivre ensuite pendant longtemps. Je devrais n'en avoir rien à carrer, concrètement, surtout que je ne risque pas d'infliger la même chose aux mômes que je ne veux pas avoir, mais je me pose systématiquement des centaines de questions après les avoir vues.
En l'occurrence, Toddlers and Tiaras a choqué des spectateurs bien avant moi concernant la folie de ces mères ; et l'excès de ces femmes ne me fera rien dire que, avec quelques clics et trois-quatre recherches dans Google, vous ne lirez pas ailleurs (indubitablement en mieux). Il n'empêche que la pensée de ces gamines qui, chaque weekend ou presque, sont confrontées à ces voyages au bout de l'horreur, a de quoi choquer les plus blasés dont pourtant je pensais faire partie.

Une chose qu'on observe quand même quand on regarde Toddlers and Tiaras, c'est que les salles ne sont quand même pas bondées ; la plupart du temps on peut voir quinze ou vingt chaises vides derrières les parents et/ou passé le premier rang, ce qui tend à laisser penser que ces évènements ne sont pas si courrus que ça. Mais il est certain que même avec une vingtaine de candidates par weekend, et des tarifs d'inscription exorbitants, plus les robes, le maquillage et tout le bordel, on parle d'un business qui même minoritaire doit brasser des sommes d'argent folles.
Ce que je remarque aussi, c'est que ces gamines viennent d'un certain type de milieu, quand même (bien que ce soit généralement le cas dans à peu près toutes les émissions de télé réalité que j'ai vues jusqu'à présent, où pas une maison n'a moins de 5 pièces). Elles ont des noms à la Eden, Alaska, Alessondra, Taralyn, Elexis, Kayleigh, Saryniti... Je suis étonnée de ne pas trouver de Nevaeh dans la liste. De la matière pour STFUParents, à n'en pas douter, avec toutes ces mères qui se sont indubitablement creusées pour trouver un nom "unique" et "original" pour leur petite princesse vraisemblablement conçue uniquement pour servir de poupée à maman. En tous cas pas d'Emma, Lily, Anna, Emily ou Lucy, des prénoms qui, bien que figurant parmi les plus populaires aux USA ces dernières années, sont trop humbles, trop discrets, et ne prédisent pas un destin de star du circuit "full glitz".

Toddlers

Au-delà de ça, ça me rend malade que des gamines ayant pas loin du quart de mon âge endurent des traitements de "beauté" que je n'ai même jamais expérimentés en 30 ans (mais il est vrai que je suis parfaitement satisfaite d'avoir le teint pâle et n'ai jamais compris l'obsession de beaucoup pour le bronzage même léger), aient des garde-robes se chiffrant en milliers de dollars (là encore, je mets mon pognon dans des DVD et pas des fringues de marque et c'est mon choix), se soumettent à des tortures que je n'envisagerais pour rien au monde (notamment dans le domaine orthodontique), bref sont dressées dés leur plus jeune âge pour consacrer une somme incroyable de leur temps libre et de leur futur argent (pour l'instant c'est celui de leur mère indigne) à améliorer leur apparence. Moi qui trouve ahurissant de dépenser de l'argent dans des baumes et des après-shampoings (alors que j'ai près d'un mètre de cheveux et qu'ils ne sont pas en trop mauvais état) et de passer son samedi après-midi à se faire des masques et des trucs et des machins, je vois ces gamines et je me dis que plus tard, quand les concours de beauté seront finis (c'est tout le mal que je leur souhaite), ces filles continueront de perdre du temps et de l'argent pour essayer de ressembler à un idéal impossible à atteindre. Une vraie usine à fabriquer des filles obsédées par leur apparence.

Sans parler du fait que les critères de beauté des petites poupées "full glitz" (il existe, on le comprend au détour d'un dialogue, des concours "naturels") sont absolument irréalistes, comme le prouvent les célèbres portaits retouchés de ce type de compétitrices. A travers la quantité de maquillage, de cheveux, de couleurs, et les robes froufroutantes, on comprend c'est une image de la petite fille qui n'a plus rien de réaliste depuis bien longtemps qui est ainsi portée aux nues. On est dans un monde parallèle étrange où les enfants doivent avoir l'air d'enfants parfaits (les chaussettes et chaussures blanches qui accompagnent presque systématiquement les robes en sont un bon exemple), et où en même temps on les maquille et on les habille comme si elles étaient grandes.
On en oublierait presque parfois l'âge des candidates, surtout vu le tempérament garce, diva ou parfois, simplement "mature", de certaines ; et le flou est totalement entretenu par certains déguisements ou certaines chorégraphies. Je ne suis pas d'accord pour dire que c'est une forme de pornographie enfantine, comme j'ai pu parfois le lire ; clairement on parle de mères (de mombies) qui ne voient pas leur enfant comme un objet sexuel, et qui ne voient d'ailleurs que leur enfant et n'ont aucun intérêt à regarder ceux des autres si ce n'est par esprit exacerbé de compétition et/ou de jalousie. Mais clairement les limites sont gommées entre les âges. Les gamines deviennent des poupées qu'on habille pour avoir le look ci ou ça, à en oublier qu'il y a une créature de 5 ou 6 ans derrière. C'est juste un ravissant petit jouet qu'on peut costumer en racing queen sans sourciller.
On est un peu dans la dimension Michael Jackson où on ne discerne plus ce qui est approprié ou non sans pour autant avoir de mauvaises intentions, juste une perte totale de repères.

Mais le plus terrible, ce qui me poursuit vraiment, c'est que je me demande ce que deviendront ces gamines avec l'âge.
Comment se construiront-elles ? Il n'existe pas d'enfance "normale" (pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas de normalité), mais il existe définitivement des enfances "anormales" ; les enfants-stars sont une chose, mais ce sont des gamins avec une véritable carrière, même quand ils ne sont pas Dakota Fanning, ils peuvent se vanter de publicités, de photos professionnelles, quelque chose. Les petites Bratz de Toddlers and Tiaras gagnent des couronnes de strass qu'on distribue comme des petits pains à toutes les compétitrices juste pour que les mamans continuent de dépenser de l'argent dans le circuit, et dont il ne restera rien ensuite. Certaines seront poussées pour faire carrière dans le show business et découvriront amèrement que garder un sourire plaqué en se trimbalant sur une scène dans une robe à plusieurs centaines de dollars n'a rien à voir avec l'industrie du divertissement. La plupart retomberont dans l'anonymat qu'elles n'auront en réalité jamais quitté, mais je me demande avec quel résultat. Je ne m'inquiète pas tant pour ces filles que je ne me demande comment on fait pour avoir une tête à peu près bien faite dans un tel contexte. Si quelqu'un sait où je peux trouver des références sur le sujets (autobiographies, essais divers...), ça m'intéresse vraiment que de comprendre comment psychiatriquement ces gamines survivent à ces étapes fondatrices de leur existence de façon à peu près saine.

Vous savez quoi ? A choisir, en matière de télé réalité, je préférais encore Jersey Shore. C'est vous dire.

18 octobre 2011

Addiction à la nouveauté

TheBadTelephage

Même en essayant de reconstituer le fil des évènements, il m'est difficile de dire quand, et surtout comment, j'en suis arrivée là, mais ce sont les faits : j'ai arrêté de regarder The Good Wife quelque part pendant la 2e saison. Je suis pas fière, si ça peut vous rassurer.
Ce qui m'intrigue c'est que je n'ai aucun grief particulier contre cette série, bien au contraire ; en fait elle fait partie de ma courte liste des séries que j'aime passionnément et qui ont survécu à deux saisons tout en étant encore en cours de diffusion. Réflexion faite je ne suis pas convaincue qu'il y ait plus de 3 titres sur cette liste.

Alors comment cela s'est-il produit ?

L'accident con, comme souvent, je pense. Ne pas regarder un épisode par manque de temps, voir qu'un autre sort, décider de reporter au prochain weekend, aux prochaines vacances, au prochain trou dans l'emploi du temps téléphagique, découvrir pour la centième fois que le trou dans l'emploi du temps téléphagique est un mythe urbain.
Penser régulièrement à la série, fêter la moindre bonne nouvelle, se réjouir de ses récompenses, mais toujours reporter, encore.
Le fait n'a rien de nouveau chez moi : ça fait depuis l'été 2010 que je dis que je veux me refaire une intégrale Jack & Bobby. A côté de ça je regarde voire re-regarde des pilotes sans arrêt (une intégrale d'Action! en septembre, aussi), alors que je pourrais utiliser ce temps pour continuer The Good Wife.
Ca n'a simplement pas de sens, c'est le problème quand on marche à l'envie et au coup de coeur.

Mais voilà, c'est un système (ou plutôt, non-système) qui fait des victimes, crée des abandons, entame un cercle vicieux.
L'autre jour, je ne sais pas plus comment, sans doute en rangeant mes vieilles cagoules, je suis retombée sur l'épisode de la fin de la 1e saison, et ce cliffhanger était tellement magnifique ! C'est là que j'ai réalisé que The Good Wife avait repris depuis... que sa TROISIEME saison avait repris. Et que je n'avais aucune idée de la façon dont la saison 2 s'était terminée.
J'ai eu atrocement honte de moi. Alors j'ai repris la saison 2, parmi les mille autre choses que j'ai envie de tester, de voir, de revoir, ou de m'envoyer en intégrale. J'adore toujours autant cette série quand je la regarde ; mais la vérité c'est que, quand j'ai du temps devant moi, je suis obligée de me botter les fesses pour m'y mettre même si je passe un excellentissime moment ensuite.

C'est vraiment une facette de mon comportement téléphagique qui s'est aggravée depuis quelques saisons, et qui m'horripile. L'envie de découvertes est si forte qu'elle se fait parfois au détriment d'excellentes séries que je ne suis plus au rythme hebdomadaire alors que je les adore. La même chose est arrivée à Nurse Jackie, entre nous soit dit. J'arrive même pas à me rappeler quand ni comment non plus.
Parfois j'en viendrais à souhaiter que ces séries soient finies (mais avec dans leurs manches une petite demi-douzaine de saisons, mettons) et que je puisse me les enfiler plutôt en intégrale.

Et pendant ce temps je n'ai absolument aucun problème à cagouler chaque semaine, et regarder dans les 24h qui suivent, les épisodes de PanAm ou Death Valley, je ne me prends jamais à défaut sur celles-là. Des séries auxquelles en théorie je devrais être moins attachée, parce que je les regarde depuis moins longtemps et que le propre des séries, normalement, c'est de fonctionner sur l'attachement sur le long terme !
Qu'est-ce qui cloche chez moi ?

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25 septembre 2011

Passer de FNL à The Good Wife, puis à ça, quelle déchéance...

HartofDixie

Rarement une photo de promo aura-t-elle aussi bien représenté une série que celle de Hart of Dixie. C'est exactement la position dans laquelle j'ai regardé l'épisode, affligée et obligée de soutenir ma tête pour ne pas m'endormir, et j'avais une grande envie de faire mes valises. Même le slogan est assez révélateur de ce que j'ai pensé du pilote...

Bon, je crois que c'est assez clair, je vais tirer à boulets rouges sur cette pénible série. Principale coupable : Rachel Bilson. Je n'ai vu The OC qu'en VF mais je commence à penser énormément de bien de la comédienne de doublage qui a réussi à insuffler un semblant de personnalité dans la façon dont la pauvre fille récite platement ses répliques. En fait ptet même que j'aurais dû attendre la VF de Hart of Dixie, pour bien faire.
On devrait tout de suite être du côté de Zoe, vis-à-vis de sa mère, vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas d'elle... au contraire, on est d'accord avec tout ce petit monde, elle est insupportable et nous non plus, on ne veut pas d'elle. Le personnage est supposé être snob ? Il est surtout méprisant, et notre jeune docteur semble un peu s'en foutre de tout. Elle est venue parce que, bon, elle pouvait pas faire mieux, mais Bilson n'y croit pas elle-même et incarne son personnage de façon à nous faire sentir que même elle est là contre son gré. J'ai rarement vu quelqu'un mettre autant d'application à repousser les spectateurs autant que les personnages. C'est un miracle qu'il n'y ait personne pour lui retourner une baffe.

Ah, si seulement il n'y avait que le talent troublant de Rachel Bilson pour rendre une héroïne supposée craquante complètement antipathique... Or, non, les scénaristes en font autant avec leurs intrigues. Cette histoire de triangle amoureux, par exemple. Genre la nana est là depuis moins de 24h mais elle craque déjà pour un type qui BIEN-SUR est fiancé, mais elle trouve le moyen de flirter avec un autre gars après s'être mise minable avec un carton de vin blanc. Et devinez pourquoi son papa ne lui parlait pas et pourquoi sa maman veut à tout prix la décourager de devenir médecin ? Et pourquoi on lui a légué la moitié d'un cabinet médical ? On dirait que les scénariste ont une check-list de clichés et qu'ils s'embourbent dans les stéréotypes les uns après les autres, n'ayant pas le coeur de trouver leurs propres histoires.
Et quand il y a un truc vaguement original (une intrigue médicale, en plus), c'est fait sans la moindre émotion. Et là-dessus arrive Bilson qui a l'air de vouloir exprimer l'envie d'être partout ailleurs sauf ici. T'en fais pas ma grande, de mon côté de l'écran c'était la même.

Un pilote désagréable au possible, poussif, sans intérêt, sans émotion, sans rien d'autre que l'impression que même quand j'essaye de regarder une série de la CW sans a priori négatif, il faut absolument que celui-ci se charge de me convaincre que tout ce qui vient de cette chaîne est détestable, pour une raison ou une autre. Le SEUL truc qui ne m'a pas déplu dans Hart of Dixie, c'est la musique, et encore, je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle m'a plu parce que c'est cliché et plaqué. C'est insupportable. Ya rien à sauver.
Dire que j'ai reporté mon visionnage du premier SNL de la saison pour ça.

Ah, et c'est quoi ce prénom ? LEMON ?!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais je n'irais pas jusqu'à le leur reprocher dans ce cas précis) : la fiche Hart of Dixie de SeriesLive.

12 septembre 2011

Un plat qui laisse froid

Les histoires de vengeance, à la télévision, ça ne manque pas. Mais le plus souvent, elles sont l'apanage soit des soaps en quête de frisson cheap, soit des séries sud-coréennes qui sont, cycliquement, friandes de ces thèmes qui ont probablement quelque chose de culturel (je ne vois pas d'autre explication à leur abondance, quand les autres pays en usent avec plus de parcimonie). Le problème, c'est que pour toutes les autres séries, le genre est franchement casse-gueule, pour ne pas dire à la limite de l'opération suicide. Certains formats et/ou tons se prêtent à la fiction revancharde, d'autres, plus difficilement, et il faut être bien armé pour relever le défi.
Là, tout de suite, sans chercher à potasser spécialement le sujet, je n'arrive pas à trouver plus d'un exemple de série sur la vengeance qui s'en soit tirée la tête haute et avec les honneurs. Mais ce seul exemple n'est pas des moindres : c'est Profit.
Quand on a vu Profit, il faut admettre que les autres histoires de vengeance semblent bien pâles en comparaison. Ou se voient systématiquement comparées à cette série, même quand elles sont réussies (on l'a vu avec Zeni Geba, si vous vous en souvenez sinon il y a les tags).

Pourtant Revenge se démène avez beaucoup d'énergie pour essayer de tenir la dragée haute à son illustre aînée. Elle reprend certains des thèmes éternels de la série de représailles : le parent absent, l'enfance volée, et une question de classe, car on ne cherche jamais à se venger des pauvres, seulement des puissants (c'est leur faute, z'avaient qu'à pas être riches). Et tout en préservant une certaine forme de suspense, le pilote parvient à expliciter ces thèmes et les fondre en une mythologie solide, ce que toutes les histoires de vengeance ne font pas forcément aussi bien.

RevengeontheBeach
Toute l'essence du problème de Revenge tient en un mot : le contexte choisi. Le froid gratte-ciel d'une immense corporation est propre à accueillir une sordide histoire de vengeance, avec ce que cela suggère de manipulations, de complots ourdis dans l'ombre et de mesquineries voilées. L'ambiance est contenue dans le décor, l'oppression ajoute au suspense et les personnages sont doublement pris au piège, à la fois dans le building glacial et dans la toile que tend le héros. Par contre, l'immense yacht de la reine des Hamptons ? Moins. Beaucoup moins. Franchement, ça ressemble plus à un primetime soap qu'au décor d'une série qui veut nous plonger dans le suspense...
Les immenses demeures plus ou moins bien photoshoppées, les jetées sur l'océan et les robes de cocktail tous azimuts, ça n'impressionne pas, et au contraire, cela renvoie l'image d'une série qui a voulu faire dans le clinquant. Je regarde Single Ladies, donc croyez-moi quand je vous dis que j'en sais long sur le clinquant : ça n'aide pas à crédibiliser une intrigue, et ça aurait même tendance à appuyer là où ça fait mal, car sitôt que l'intrigue pêche, on a l'impression que le clinquant est là exprès pour colmater la brèche.

...Sans même parler d'essayer de partager la colère, la haine ou même l'ombre d'une remontée acide avec l'héroïne qui cherche à s'en venger.
Il faut dire que, toute jolie qu'elle soit, et il n'y a pas à dire, elle l'est, Emily VanCamp ne respire pas le charisme, or, pour porter sur ses épaules l'immense schéma d'une vengeance aussi colossale que celle-là, puisqu'apparemment couvée depuis bien longtemps et portant sur un grand nombre de victimes (mais avec évidemment une cible de choix pour la fin), il faut un minimum de magnétisme. L'émotion a du mal à passer (sauf dans la scène où son père se fait arrêter), et c'est quand même un vrai problème puisqu'on a besoin de ressentir un minimum d'empathie pour le personnage, même si ses manières, nécessairement extrêmes, nous rebutent : c'est le propre d'une fiction de vengeance, on comprend le personnage mais on ne peut pas totalement adhérer à sa quête. Il faut que le héros retranscrive cette ambivalence entre la part émotionnelle et la part morale du thème.
VanCamp est-elle trop ancrée dans les esprits comme une jolie fille de type girl next door ? Ou l'actrice est-elle réellement incapable d'incarner un personnage aussi sombre et complexe que nécessaire, même (et surtout) si le scénario ne pousse pas le personnage très loin ? Je ne suis pas sûre de la réponse, mais se poser la question est définitivement signe que quelque chose cloche. Par contre, ce qui est sûr, c'est que face à la venimosité sublime de Madeleine Stowe, elle a un mal fou à rivaliser. Et je me garderai de toute plaisanterie relative à la chirurgie esthétique, on avait dit pas le physique.

Le visionnage de Revenge est, du coup, agréable et désagréable pour cette même raison. Ça se laisse bien regarder, parce que c'est fait pour être agréable à l'oeil, qu'il y a une véritable envie d'essayer de faire quelque chose de bien, de rythmé, d'élégant, de vivant, même quand les moyens ne suivent pas (et il y a des scènes dans lesquelles ça se voit), avec un cast équilibré entre visages connus et d'autres moins... Mais en même temps, le décor estival et cossu souligne les faiblesses du scénario, ou plutôt des dialogues car pour le moment, le scénario reste trop classique pour qu'on en pense complètement du mal, les acteurs se donnent assez peu de mal (et ont peu de matière pour opérer des miracles, il est vrai). D'une grande vacuité, les échanges semblent n'être là que pour meubler les séquences qui, finalement, se seraient parfaitement suffit à elles-mêmes si elles avaient été silencieuses. Je persiste depuis des années à penser que ce serait une fabuleuse expérience que de tenter une série sans dialogue (ne serait-ce qu'une mini-série), mais c'est pas le sujet ; en tous cas, Revenge serait plutôt bonne cliente pour ce genre de choses, car on n'a pas vraiment besoin des dialogues ni de la voix off (pitiéééééé, les voix off, je vous en supplie, arrêtez avec ça, quand est-ce que les scénaristes vont se remettre à écrire de vrais scénarios ?!) pour comprendre ce qui se passe. Rapport au fait que c'est très classique, et visuellement bien assez explicite, sans qu'en plus on ne nous mette le nez dedans, quoi.

Je n'en ai pas l'air comme ça, mais je vous promets que j'ai pris du plaisir à regarder le pilote. Le plus curieux c'est qu'à un moment, je me suis même dit : "alors là franchement, je vois pas trop comment on peut en dire du mal", et j'étais sûre qu'une fois arrivée au stade de réaction de mon post, je ne trouverais rien de méchant à en dire. Evidemment ce n'était pas la série du siècle, mais elle ne me semblait pas mauvaise. Seulement voilà, Revenge, comme certaines séries fondées sur le suspense (24 ou Lost ayant eu le même effet sur moi), sitôt qu'on n'est plus dedans, on ne sait déjà plus pourquoi on aimait. Le genre de série dont il est préférable de se faire une intégrale plutôt que de la suivre et prendre le risque de s'en désintéresser pendant la semaine.
De toute façon, Revenge n'a pas de raison de vivre très longtemps : si elle tenait plus d'une saison (ce qui n'est pas à exclure, la série n'est pas une catastrophe non plus à ce stade), le côté primetime soap prendrait nécessairement le dessus, parce qu'il y a quand même un nombre limité de personnes qu'Emily/Amanda pourrait atteindre avant d'en arriver à sa vengeance sur Victoria (sauf si quelque part sur le chemin on découvrait qu'elle est sa mère, ce qui accélèrera le côté soapesque) et que si en plus, Victoria se pose des questions sur elles dés le pilote, et que la vraie identité de l'héroïne a été découverte par déjà un personnage (et un chien) dans ce même épisode, la mascarade ne durera pas très longtemps.

Alors, sans rancune, je donne rendez-vous à Revenge pour l'été prochain, pour une petite intégrale, d'ailleurs je vais vous dire, je trouve ça très curieux de lancer en septembre une série qui se déroule l'été. Comme ça, au moins, mon intégrale sera assortie au timing de la série.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Revenge de SeriesLive.

25 juin 2011

Presque

Tant de pilotes à évoquer, et si peu de temps pour le faire... Alors tragiquement, je me dis que je vais commencer par ceux sur lesquels j'ai le moins de compliments à formuler, et j'en arrive au point où je vous parle de Single Ladies plutôt que de Love Bites. Oui, tragique, le terme n'est pas exagéré.
Du coup, me voilà aujourd'hui à vous parler du pilote d'Almost Heroes, alors que ça fait presque un mois qu'il a été diffusé. On s'en sort pas.

AlmostHeroes
Et je n'ai même pas que du bien à en dire...
C'est que, avec son univers de geeks et de losers, Almost Heroes semble arriver après la bataille. Les amateurs de comics et de science-fiction, on a l'impression d'en avoir fait le tour à présent. Bien-sûr, il y a de bonnes idées (la scène entièrement jouée par des figurines en est une), mais l'épisode a toutes les peines du monde à ne pas donner l'impression de courir après une pseudo-mode qui appartient déjà au passé.

Ca manque terriblement d'originalité, pour une série qui débarque après tout le monde. On aurait voulu un regard original sur la question (que la série australienne Outland, si elle finit par être diffusée, pourra peut-être nous procurer, d'ailleurs), un angle, quelque chose, mais on en est toujours au même stade, celui où le geek n'est pas méchant, mais un peu idiot, il n'a jamais su grandir mais il est attendrissant, etc... Mais on l'a vue cent fois cette histoire ! D'accord, peut-être pas cent fois. Mais une bonne douzaine ! En tous cas c'est l'impression qu'on a et, si Almost Heroes voulait bien se donner la peine, on pourrait avoir un peu de fraîcheur dans l'éternel thème du geek-loser qui n'a rien fait de sa vie mais que le spectateur observe tout de même avec bienveillance.

Il y aurait aussi du mal à dire des personnages secondaires : le méchant patron du magasin de sport (parce que le sport, c'est pour les méchants, évidemment), la jolie gérante un peu "out of his league" dont bien-sûr le héros va gentillement s'enticher, la petite grosse qui voudrait impressionner le garçon de ses rêves mais qui continuera d'être la bonne copine, etc... Sérieusement ? On va vraiment avoir droit à la totale ?

Et puis, vient le moment où je me mets, mais alors vraiment, en colère. Comme vous le savez peut-être, je suis en pleine intégrale de Roseanne en ce moment (saison 6), et les histoires d'argent, j'en vois défiler pas mal depuis que je me suis mise sur la série. Et ça me tue de voir qu'une comédie comme Almost Heroes est incapable de gérer ces questions qu'elle a pourtant soulevées elle-même : il manque 8000 dollars ? Pas de problème, on n'a qu'à, faut qu'on, il suffit de, et pouf ! 8000 dollars réglés en bonne et due forme avant la fin de l'épisode ! Comment est-on supposés s'intéresser aux déboires des personnages quand les scénaristes eux-mêmes les traitent par-dessus la jambe ? C'est honteux.

Au final, de comédie correcte et presque divertissante sur le début, on passe rapidement à une grosse impression de foutage de gueule. Almost Heroes se donne du mal pour ne pas en foutre une rame.
C'est la définition de loser, je crois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Almost Heroes de SeriesLive.

27 juin 2011

Le meilleur ennemi de l'homme

Il est naturel d'hésiter à regarder un remake ; c'est un dilemme qui survient souvent quand on a apprécié la série d'origine. Mais plus encore, quand on ne l'a pas aimée, l'hésitation est compréhensible.

Après quelques jours de profonde introspection téléphagique ("mais si je ne regarde pas un pilote qui passe à ma portée, ai-je encore le droit de me plaindre de tous les pilotes que je ne vois jamais ?!", oui je manquais de sommeil et j'étais assomée par la chaleur, passons), j'ai fini par me résoudre à regarder le pilote de Wilfred, la série américaine, après avoir ressassé mes souvenirs de Wilfred, la série australienne. Vous en vous souvenez peut-être, c'était avant que je ne poste quotidiennement ce weekend (vous inquiétez pas, moi aussi, ça m'a fait un choc).

WilfredUS-Languerapeuse

Le truc, c'est qu'à part leur pitch de départ (un homme voit le chien d'une jolie fille comme un égal avec qui il peut interagir comme s'il était humain), ces deux séries ne pourraient pas être plus différentes l'une de l'autre.

Sur l'aspect théorique, je n'ai pas encore décidé si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Qu'un remake décide de s'écarter autant de l'original est rarement bien accepté, mais dans ce cas précis, c'est peut-être une bonne idée vu la bizarrerie un peu imperméable de la version australienne. L'appropriation n'est pourtant pas tellement culturelle, comme on peut s'y attendre pour Homeland/Hatufim et comme on l'a vu pour les deux versions de Shameless. C'est plus une question de ton, de personnages... et au final, de propos lui-même.

Là où le pilote du Wilfred australien jouait sur une ambiance d'angoisse, limite de thriller, ce qui était souligné par les nombreux fondus au noir, les effets sonores oppressants et les décors claustro (très peu d'extérieurs, et dans ce cas toujours très encadré par des palissades et des obstacles)... la version américaine, forcément californienne et ensoleillée, est pleine de grands espaces, de ciel dégagé, de couleurs, de verdure, et joue sur une bande son typique de dramédie.

Et puis, on s'aperçoit que l'histoire même a changé : le clébard australien débarquait alors que le héros se tapait déjà la fille, créant une atmosphère de jalousie progressivement explicitée, avec un véritable triangle ; le chien-chien américain se focalise sur notre héros alors que celui-ci n'est que le voisin de sa maîtresse, avec qui les interactions sont (pour le moment ?) limitées, recadrant la série sur le personnage masculin et ses névroses plutôt que sur le danger que représente le meilleur ennemi de l'homme.

Bien-sûr, dans les deux cas, le personnage de Wilfred n'est ni tout noir ni tout blanc, et on le doit à la prestation maîtrisée de Jason Gann qui (mais s'attendrait-on à autre chose de quelqu'un qui interprète cet étrange animal depuis des années ?) est absolument parfait, à la fois destabilisant et chaleureux, affectueux et hargneux, bref, parfait en chien. Mais l'emploi est radicalement différent car dans la version américaine, Ryan pense s'en faire un ami, et trouve en lui la force de s'affirmer, tandis qu'Adam sent tout de suite que Wilfred n'est pas son allié et sympathise avec lui, mais avec prudence.

WilfredUS-Oreillesdanslevent
C'est un parti pris intéressant, d'ailleurs, que Wilfred soit à ce point pour Ryan le moteur d'un changement personnel, comme si Wilfred était une sorte d'ange d'épaule, alors que pour Adam, la relation se fait plutôt d'égal à égal. C'est ce qui, au final, change tout. Il y a certes une part de personnalité là-dedans : Adam est un type normal, Ryan est complètement angoissé, et du coup la relation à Wilfred est différente ; mais c'est aussi toute la symbolique de Wilfred qui en est changée.
Au lieu de personnifier l'angoisse d'une relation nouvelle (dans la version australienne, et puisque Adam se tape déjà la maîtresse de Wilfred, celui-ci évoque les ex de Sarah dés le pilote, et notamment celui qui est mort dans un accident), ici le toutou est surtout là pour personnifier l'angoisse. C'est moins universel, mais le propos est bon tout de même, parce que rondement mené. Simplement, des personnages plongés dans les affres de la dépression, on en a déjà vu pas mal, et il faudra plus qu'un chien qui parle avec un accent australien (j'ai adoré le petit sursaut de Ryan après le mini-suspense, c'était facile, mais c'était bien joué) pour innover vraiment sur le terrain ; cependant je crois la série capable d'en faire quelque chose de bien, à terme.

En outre, dans le pilote, l'insistance sur les substances ingérées par les deux protagonistes aboutit à des conclusions différentes. Dans la version australienne, c'est l'une des rares choses sur lesquelles les deux personnages s'entendent immédiatement. Dans la version américaine, le doute planne pendant un long moment quant à savoir si l'ingestion de médicaments est la cause d'hallucination ; tenter d'expliquer, même temporairement et pour se contredire ensuite, l'existence-même de Wilfred, est d'ailleurs un peu dommageable a priori, même si dans le faits, le résultat rend plutôt bien en fin de compte.

Enfin, l'ajout de personnages secondaires (la soeur du héros, le voisin motard) me laisse pour le moment circonspecte. Il est vrai que je n'ai vu que le pilote de la série originale, et que j'ignore si ces personnages sont intégrés ensuite, de près ou de loin, à l'intrigue. Mais j'ai trouvé la soeur hystérique et le voisin caricatural, et je vois mal leur apport à la série.
Cependant, les deux Wilfred sont à ce point différentes l'une de l'autre, que je ne peux pas dire que ce soit foncièrement une mauvaise chose.

Je me suis posé la question de savoir si j'étais trop formatée pour apprécier la série australienne. Le fait que j'ai apprécié le remake US accentue cette question, car il s'avère que, en dépit de quelques défauts, elle est plus agréable à suivre.
Mais idéalement, j'aurais apprécié un juste milieu entre la bizarrerie extrême de Wilfred Australie, et le côté un peu lisse et attendu de Wilfred US.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Wilfred (US) de SeriesLive. Faudra que je la mette à jour, cette fiche, tiens.

12 janvier 2010

L'art de la guerre

"Tu veux savoir ce qui s'passe (et c'est arrivé à toutes les femmes, à pratiquement chacune d'entre nous) : on commence à sortir avec vous, vous nous dites qu'on est fantastique, et fabuleuse, on pense que c'est sérieux, vous nous laissez penser que c'est sérieux, alors on y croit, on dit à tout l'monde "oui, c'est vraiment sérieux" ! Et après... après les coups d'fil se font plus rares. Vous savez c'que c'est d'être assise là à attendre que le téléphone sonne ? Vous n'vous douchez plus, pour ne pas être en plein orgasme si le téléphone sonne, vous n'mangez plus, vous n'pouvez pas avoir la bouche pleine en décrochant le téléphone, vous décrochez le combiné de temps à autres, pour être sûre qu'il fonctionne bien, après vous l'reposez, et après, quand vous recommencez, c'est là qu'il appelle et que ça sonne occupé ! Et vous faites ça... des semaines, jusqu'au jour où finalement... vous sentez si mauvais... et vous êtes si maigre, que vous comprenez... que vous avez été plaquée... Et vous n'savez pas du tout pourquoi, vous, vous pensiez que c'était sérieux ! Et des années après, cinq, dix, vingt ans, vous y pensez toujours en vous demandant POURQUOI... il ne vous a pas rappelée, et si c'est vraiment à cause de vous qu'il ne vous a jamais rappelée, et vous n'le saurez jamais, non ça jamais ! Sur leur lit de mort, vous croyez qu'les femmes s'apprêtent à mourir en paix, mais non ! Elles sont raccordées de partout à des dizaines de tubes en se demandant c'qu'elles ont fait, et pourquoi vous n'avez pas rappelé, voilà c'qui s'passe sale pourri !"
Trois hommes sur le green, une série méconnue qui a pourtant su offrir quelques perles...

J'ai toujours ce dialogue dans un coin de ma tête au moment d'une rupture. Pas parce que ça se passe forcément comme ça (quoique, hein les filles, ça nous est vraiment arrivé à toutes au moins une fois...), mais parce qu'il semblerait parfois que les places respectives de l'homme et de la femme soient codifiées à l'extrême dans la plupart des séries, notamment en cas d'interaction.
C'est Sex & the City qui, sans être la première série à le faire, ni forcément la meilleure pour le faire, a popularisé les interrogations explicites sur le rôle que chacun joue dans chaque relation. Et il est étrange de constater que c'est toujours le même. Non, pas pas étrange : communément admis.

TheSexes

Quand j'avais une quinzaine d'années, je ne sortais pas (mon éducation étant ce qu'elle était), et j'essayais de me projeter dans l'avenir et d'imaginer ce qu'était l'âge adulte, et plus particulièrement ce qu'était la vie amoureuse d'un adulte. Je me tournais vers la télé pour trouver des idées, pour imaginer ce qu'était la vie des autres, "dehors", et je voyais des personnages comme ceux de Friends ou Ally McBeal, et les choses étaient également très codifiées sitôt qu'on parlait de relations amoureuses.
Il y avait la première sortie, avec un premier baiser sur le perron si le dîner s'était bien passé, il y avait la seconde, plus mitigée souvent, parce que porteuse de méfiance et d'espoir, et puis, surtout, il y avait la troisième, et c'était là qu'on savait si les choses prenaient tel ou tel chemin. Au bout d'une période de temps convenable, on présentait l'autre à ses amis et/ou à ses parents, on allait rencontrer les siens, et on pouvait admettre que les choses étaient "sérieuses".

Tout un tas de codes que finalement, étant une adolescente impressionnable et (par la force des choses) réservée, j'avais intégrés au prétexte que, si la série trouve son public, c'est qu'elle a nécessairement une certaine résonance sur le mode de vie de ses spectateurs. Ce n'est quand même pas de la science-fiction. Les "dates" existent.
Et pourtant, de vous à moi, ma vie amoureuse ne s'est jamais déroulée comme cela. Je ne me suis jamais demandé s'il allait m'appeler, ou si je passais pour une fille trop collante si je l'appelais en premier, ou si cela faisait trois soirs et qu'il s'attendait donc à quelque chose, ou si au second soir je ne passais pas pour une fille facile, ou rien de ce genre. Et si je reconnais bien volontiers que ma vie amoureuse s'est montrée assez atypique, dans son genre, je refuse néanmoins de croire que je sois la seule à ne pas me reconnaître dans ce système guindé où il y a des règles du jeu soit à respecter, soit à transgresser.

Mais la télévision continue de les populariser. Il y a quelques semaines, on m'a convaincue de regarder un épisode de How I met your mother (et je me suis laissée convaincre à cause de Joanna Garcia) et il s'est avéré que les choses n'avaient pas vraiment changé depuis un peu plus de 10 ans que j'avais commencé à les observer à la télévision. On tient pour acquis qu'il faut faire certaines choses après une rupture, ou pour trouver quelqu'un, ou pour approcher quelqu'un... Alors qu'il y a autant de façons que de couples !

Bien-sûr, poser l'existence de tels codes permet de les transgresser, notamment à des fins comiques (il ne vous aura pas échappé que la plupart des séries citées sont des comédies ou, au pire, des comédies dramatiques), mais globalement, est-ce que ces codes ne finissent pas par transpirer sur la société ? Est-ce qu'on ne rencontre des prétendants potentiels que dans les bars ? Bien-sûr que non. Mais c'est quand même comme ça qu'on nous fait croire que la plupart des rencontres se font. Et cette règle des trois rendez-vous, sérieusement, vous la gardez toujours en tête au commencement d'une relation ? Moi pas, je me laisse porter, parfois ça prend beaucoup plus de temps, parfois moins, ça dépend de plein de facteurs qui dépassent largement la frigidité des règles édictées par ces fictions (et les autres).

D'ailleurs les scénaristes ont-ils inventé ces fameux codes de la relation amoureuse ? Je n'en suis pas sûre. J'ai l'impression que ça vient d'un autre média, de la presse (féminine par exemple). A mes yeux la meilleure preuve, ce sont les séries dirigées vers un public masculin, et là on se rend compte que la gamme des expériences, des possibilités de rencontre, des possibilités d'évolution de la relation, est bien plus diversifiée. Un exemple récent serait Men of a Certain Age, disons.
Les séries comme une version moderne du conte de fées qui emprisonne la population féminine dans une vision étriquée des relations homme/femme ? Je ne suis pas loin de le penser.

De toutes les valeurs véhiculées par les séries télé, la rigidité du fonctionnement des relations amoureuses est celle qui, en ce moment, me frappe et m'irrite le plus.

27 septembre 2009

Sois vieille et tais-toi ?

The New Adventures of Old Christine, In the Motherhood,  Weeds... qu'est-ce que ces séries nous ont appris ? Rien, visiblement, puisqu'avec Cougar Town nous allons à nouveau tenter de compatir à la vie décidément tragique dans une gigantesque maison cossue de banlieue friquée. Et dire qu'à une époque je trouvais le contexte de Desperate Housewives original.

Cougar
Cougar Town - parce que rien ne fait autant pitié qu'une femme encore fraîche dans une maison avec piscine

Dans le rôle de la pauvre femme à plaindre : Crouteney Cox et son sourire qui fait peur aux enfants. Et tout-à-fait entre nous, si la toute première scène du pilote était sympathique sur le papier, quand on voit l'actrice, on se dit que ce ne sont ni ses bras, ni son ventre, ni ses cuisses, qui devraient l'inquiéter sur l'âge de son corps. En même temps elle ne peut pas être aussi repoussante que Christa Miller (dommage d'avoir commencé à tourner l'épisode alors que son visage était encore en chantier), mais quand même.

Bon, après avoir dit toutes les horreurs que j'avais en tête sur les actrices (et encore, je suis magnanime, j'épargne Busy Philipps et sa bouche de suceuse), venons-en aux faits. Et ils sont à peine plus glorieux : Cougar Town est un vrai crève-cœur. Pensez donc : une femme encore belle, avec un métier qui semble marcher, une superbe maison, des amies qui se battent pour elle, une très sympathique relation avec son fils, bref vraiment très à plaindre dans la vie, se retrouve dans la situation où... euh... rien. Il ne lui arrive rien à cette pauvre femme. Ça doit être pour ça qu'on a droit à tout un épisode sur... euh... bah rien non plus. On sent bien qu'on essaye de nous dire qu'elle a vraiment trop pas de chance mais on ne parvient pas à comprendre pourquoi. Si la moitié des femmes de son âge se trouvaient dans sa situation, elle remercieraient le ciel. J'ai le sentiment de me répéter mais, franchement, je trouverais beaucoup plus drôle une femme de cet âge qui se retrouverait divorcée, pas trop d'argent et/ou pas trop le look, et qui chercherait à quand même être épanouie dans sa vie de femme, plutôt qu'une nana qui n'a rien trouvé de mieux que de se plaindre alors qu'elle a tout ce qu'il lui faut, il lui suffit d'arrêter de râler.
Ah, je sais pourquoi j'ai l'impression de me répéter : j'ai déjà évoqué Une Maman Formidable comme parfait contre-exemple, et ça tient toujours.

Non, vraiment, ça me fatigue. La réalisation et les dialogues ont beau être relativement honnêtes, on n'y croit pas un seul instant, on n'a pas du tout envie de s'apitoyer sur le sort de l'héroïne, ça fatigue d'entendre ces complaintes débiles qui ne reposent sur rien. Moi ça me met les nerfs en pelote plutôt qu'autre chose.
Franchement, faut changer de disque, là, je sature.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cougar Town de SeriesLive.

10 juillet 2009

Nous n'avons pas les mêmes valeurs

En excavant certaines de mes vieilles VHS pour en extraire les génériques que vous avez vus ces derniers jours (et encore, il m'en reste d'autre à vous proposer !), j'ai repensé aux séries que je regardais, il y a des années. Et à voir vos commentaires, je réalise qu'il n'est pas forcément évident que nous les ayons en commun. J'étais pourtant partie du principe que, du moins pour une majorité, elles avaient été vues par la plupart des téléphages français.

Pourquoi "français" ? Parce que, ce que Jesse, La Famille Green et Brooklyn South, entre autres, ont en commun, c'est d'avoir été diffusées sur des chaînes hertziennes et à des heures d'écoute très fréquentables (a contrario par exemple de Millennium, mettons). Comparativement, les réactions sur The War Next Door, Leaving L.A. ou Rude Awakening me semblent plus cohérente : tout le monde n'a pas eu accès à Jimmy ou Série Club.

C'est vrai qu'il y a 10 ans, nous n'étions pas tous téléphages. Que la priorité n'était pas nécessairement d'écumer les programmes télé. Et comme personnellement, je vivais ma consommation télé sous embargo, je peux aussi comprendre que vouloir ne soit pas toujours pouvoir.
Mais ça m'interpelle quand même un peu. Attendre la TNT pour découvrir Jesse, alors qu'une chaîne hertzienne publique diffusait la série dans le même type de tranche horaire que Friends... ce n'est pas un reproche, hein, mais c'est quand même un peu bizarre pour moi.

A peu près à la même époque, il y avait Ally McBeal, Charmed, Buffy, et ceux-là, tout le monde les avus, étrangement. Mes souvenirs de cette époque ne sont pas flous au point d'avoir oublié combien la presse spécialisée ET généraliste nous bourrait le mou avec une poignée de quelques séries, devenues, un peu artificiellement, complètement incontourables. Pour avoir reçu le prix de "la squatteuse du rayon magazine" en 2000, 2001 et 2003 (je me suis laissée surprendre en 2002), je ne me rappelle que trop bien les 712 millions de couvertures avec Sarah Michelle Gellar, dans toutes les tenues et les positions imaginables (plus quelques autres). Je comprends bien qu'avec un tel matraquage médiatique, même le dernier des clampins au fin fond du Gers regardait la série.
Mais si je conçois qu'on cède parfois à la pression médiatique et qu'on regarde une série précisément parce qu'on sent que si on ne le fait, on se mettra à vivre hors du monde, j'avoue avoir du mal avec l'idée que des séries moins médiatisées, mais pourtant très accessibles, soient quasiment méconnues, même pour ceux qui disent aimer les séries. D'autant qu'à l'époque, "la chaîne des séries" avait justement su galvaniser les foules à propos de ce format.

Aujourd'hui, j'ai tendance à mieux comprendre les écarts de références qui existent dans la communauté téléphagique, cela dit.
Avec l'omniprésence d'internet dans nos modes de consommation, nous pouvons choisir nos "classiques" beaucoup plus librement que lorsque nous étions dépendants uniquement de la télévision. Plus rien ne vous empêche de regarder l'intégrale de Three's company (et je ne vous encouragerai jamais assez à y jeter au moins un œil), et de considérer que cette série est une référence pour vous. Avec internet, les profils téléphagiques peuvent se diversifier et, pour ce que j'en vois, c'est progressivement le cas en effet. Si des LOST, des Desperate Housewives et autres House tiennent encore le haut des pavés médiatiques, nous nous autorisons de plus en plus à leur échapper, et ainsi nous construisons notre culture téléphagique personnelle, la nôtre, et rien que la nôtre. Le réseau des connexions entre téléphages devient plus complexe, et c'est tant mieux. On va trouver de moins en moins de téléphages qui auront vu exactement les mêmes séries.
De par le cagoulage (gloire, gloire !) et le streaming (honte, honte !), nous pouvons décider de regarder des séries qui autrement nous seraient inaccessibles, et ainsi nous cultiver à la carte. C'est juste magique, je ne le dirai jamais assez.

Mais j'avoue que pour moi, il reste très mystérieux que nous ayons attendu la prolifération d'internet pour nous construire nos propres références téléphagiques, et étendre notre culture à des titres moins médiatisés.
Heureusement qu'internet est là pour éduquer le téléphage.

15 décembre 2008

[GAME] Les yeux sans visage

Puisque la journée est placée sous le signe de la mauvaise nouvelle (voir post précédent), je me suis dit que j'allais vous livrer l'effroyable vérité sur la calamité qui m'est tombée dessus vendredi. J'espère que vous êtes assis.
Voilà, ma toute nouvelle pelote de laine, que j'avais achetée en septembre, m'a lâchée. Je sais pas ce qui s'est passé, en tous cas mon chez moi informatique ne la reconnait plus, ça m'a l'air très mauvais signe.
Et dessus... bon, beaucoup de laine de Jmusic, certes... mais aussi toutes mes séries non-gravées. Et tous mes génériques.
Vous m'avez bien lue.

Inutile de vous dire qu'en attendant que je recomplète ma collection (et vous indiquer que rassembler celle-ci n'avait jamais pris qu'une décennie vous donne une idée de la catastrophe), le jeu des génériques est mal barré. Ce qui est d'autant plus emmerdant pour vous que j'avais mon prochain thème en tête. Evidemment, je peux déjà récupérer tout ce qui est dans le flacon, mais croyez-moi quand je vous dis que ce n'était que la partie émergée de l'ice-berg...

Allons-nous nous laisser abattre par si peu ?
Il va sans dire que non.

Du coup j'ai pensé à un autre petit jeu. C'est un jeu purement téléphagique, le jeu auquel, je suis sûre, nous jouons tous. Mais si : le générique commence, et après lui, plus délicieux encore si c'était possible, les crédits de l'épisode ! Et c'est avec une délectation presqu'inavouable qu'alors nous regardons les noms défiler et comptons mentalement ceux que nous connaissons, et dans quoi nous les avons déjà vus. Variante : on prend un télfilm au hasard, en plein milieu parce que les histoires, hein, on les connait, et là on se demande où on a vu les acteurs et si on arrive à se rappeler de leur nom (plus pointu encore : sans se tromper sur l'orthographe !).
Hein, vous y jouez aussi, avouez.

Bon, eh bien c'est très exactement ce que je vous propose dans ce nouveau jeu (dont le nom reste à trouver, vous n'aurez qu'à faire des propositions en donnant vos réponses, tiens). Je vais vous montrer trois photos d'acteurs qu'évidemment, on a vus dans des séries télé, souvent dans des seconds rôles, ou en guests, ou dans des séries pas connues, parce que comme vous le savez je suis une grande tordue.
Et vous, pour chacun de ces trois acteurs (pourquoi trois ? parce que c'est mon chiffre préféré, on en a déjà parlé) vous n'avez qu'à me donner son nom et au moins une série de son cursus. Même s'il n'y est apparu que dans un épisode, hein, c'est juste pour le fun, et pour prouver vos dires. Cela vous fera remporter 1 point par tête de pipe ; à vous d'essayer d'essayer de trouver les trois pour remporter un de mes fameux cookies à la myrtille.

On a vu avec le jeu des génériques que, de toutes façons, vous étiez des experts, donc je ne m'en fais pas pour vous. On tente ? Allez, on verra ce que ça donne.

Round1_1 Round1_2 Round1_3
Ricky/Raviv Ullman
(House / Rita Rocks)
Tracy Middendorf
(Angel / Lost)
John Cho
(Off Centre / Charmed)

N'espérez pas que les noms des images vont vous aider... et non, ce ne sont pas des captures, ce serait trop facile !
Allez, à vous !

9 novembre 2008

Et maintenant... que vais-je faire ?

nextepisode

Le 19 Novembre ?! Tout ça ? Une semaine, bon, passe encore mais... le 19 Novembre ?
. . .
Dites, ça me fait penser, vous voulez que je vous avoue un truc honteux ?

Je n'ai pas du tout l'oreille musicale. Ce qui est un comble quand on sait que j'ai fondé un site sur la musique japonaise (QUI a dit que ce n'était pas vraiment de la musique ? ne niez pas j'ai entendu). Pour commencer je n'ai aucun, mais alors aucun sens du rythme, je chante faux, et d'une façon générale, je suis nulle dans tout ce qui touche à ce domaine. En même temps, j'ai une excuse : mon oreille droite est en panne depuis quelques années.

La plupart du temps, je suis incapable de dire si l'épisode que je viens de regarder contenait de la musique ou non, et si c'est le cas, de quel genre. Il faut vraiment que j'aie affaire à un extrême pour que ça fasse tilt chez moi. Mais comme je l'ai dit, c'est la faute de mon oreille droite : si elle faisait son boulot, l'autre n'aurait pas à se concentrer sur les dialogues, occultant ainsi la bande son afin de suivre l'histoire (ça reste quand même le plus important !).

J'ai passé des années à essayer de discipliner mon ouïe, mais rien à faire : elle reste désespérément bancale.
Sans compter que dés que j'essaye de chanter, ça donne un peu, si vous voulez, comme la fin du season première de Samantha Who?, pour ceux qui suivent...

Il m'arrive de temps à autres de m'acheter une B.O. de série pour essayer de prêter un peu plus l'oreille à l'univers musical des séries que je regarde. J'ai ainsi prêté l'oreille à Sex & the City (oubliez, une arnaque), Malcolm (fun mais en fait beaucoup des chansons de ce CD n'ont pas été utilisées plus de 30 secondes dans la série), Farscape (carrément le pied) et autres Soul Food (j'en ai déjà parlé dans un épisode de SeriesLive On Air).

Alors, quand je chante (faux) les louanges d'une B.O. de série, croyez-moi, c'est qu'elle a quelque chose de très, très spécial. Et quand je m'aperçois qu'elle est dispo alors que j'étais sûre qu'elle ne sortait pas avant un mois, forcément...

Donc écoutez bien : Pushing Daisies, la B.O. de série du siècle !!! D'accord, c'est court, mais c'est bon.
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PS : quand on écoute cette merveille, on se dit que la seule chose qui manque à cette série pour être parfaite, c'est un générique d'une minute !!!

12 mars 2010

You know what this song reminds me of ?

Même si depuis quelques semaines, j'ai tendance à poster un petit quelque chose tous les jours, je garde une tendresse particulière pour les posts du vendredi. Parce que même si, un jour, on imagine, ne paniquez pas c'est juste une idée en l'air, enfin on sait jamais, mais ne vous alarmez pas inutilement hein, si un jour donc, je ne pouvais plus poster en quotidienne, il resterait toujours les posts du vendredi.
Le vendredi, ici, c'est tout simplement sacré.

Alors pour mon dernier post SNL de la semaine, promis promis c'est le dernier, je voulais partir dans une sorte de feu d'artifices. With a bang, comme on dit. Pardon pour l'anglicisme mais enfin, j'ai traduit et sous-titré pas mal de videos cette semaine, alors bon, ça m'est un peu resté.
Et justement, en parlant de videos sous-titrées, aujourd'hui je vais vous en proposer non pas une, mais plusieurs. Cinq, en fait.
Ces cinq sketches font partie d'une série de sketches ou plutôt, disons, d'une franchise de sketches. Je vous en ai déjà parlé, ce sont les "Song Memories".

Le principe de ces sketches est le suivant : quatre copains (3 membres de SNL : Jason Sudeikis, Bill Hader et Will Forte ; plus l'invité) se retrouvent et écoutent une chanson, qui leur rappelle à chacun un souvenir bien précis.

Le canevas est toujours le même : les quatre copains se retrouvent à l'occasion d'une quelconque rencontre due à leur virile amitié (soirée entre potes, voyage entre potes, célébration entre potes...), l'invité met une chanson, et dans l'ordre, Jason, Bill, Will et l'invité y vont chacun de leur anecdote, entrecoupant leur conversation de passages où ils entonnent le refrain de la chanson en chœur. Les anecdotes en question relèvent de thèmes récurrents : le sexe pour Jason, la famille et plus particulièrement son père pour Bill, le boulot pour Will. Pour l'invité c'est plus fluctuant.
Immanquablement, le sketch finit sur la reprise d'un passage de Pulp Fiction... enfin, c'est Wikipédia qui nous le dit, moi j'ai jamais vu ce film. Mais ça me semble plutôt cohérent.

Quand on voit l'un de ces sketches séparément, comme ce fut au départ mon cas (j'ai été déflorée avec celui de Zach Braff), c'est amusant au plus haut point de toutes façons.
Mais pris l'un à la suite de l'autre, les Song Memories prennent toute leur saveur. C'est quasiment une série ! Personnages réguliers, gimmicks... La structure étant exactement la même, ça permet en plus des variations amusantes (comme dans celui avec Paul Rudd qui pour une fois se passe dans une voiture), tout en gardant les mêmes mécanismes.

Bref, sous forme d'anthologie, ça a encore plus de croustillant.
A un tel point que j'ai consenti à regarder une émission où Ashton Kutcher était l'invité (à part lui et Megan Fox, je les regarde sans sourciller, quitte à le regretter ensuite comme pour celui avec Michael Phelps, mais enfin, là, ça m'a quand même demandé un effort de volonté).

Alors voilà, aujourd'hui, post du vendredi oblige, je vais ni plus ni moins vous proposer les 5 sketches des Song Memories, sous-titrés en français.

Ah, avant de commencer, un dernier avertissement : rappelons à toutes fins utiles que Saturday Night Live, c'est une émission qui passe tard le soir. Ce n'est pas une émission tous publics. Ce n'est pas toujours très familial. Et les Song Memories, eh bien, vraiment, c'est particulier. Ce n'est pas toujours très politiquement correct, voire même pas du tout. C'est même parfois franchement dégueulasse.
Mais vous savez quoi ? Je crois que je les aime à cause de ça, ces sketches. C'est pour toutes les fois où je me dis que j'aurais bien aimé être un mec avec une bande de potes comme ça (dit-elle en tapant précautionneusement sur son clavier pour ne pas abimer son vernis) et où l'humour un peu gras typique d'une mâle assemblée me manque un peu. Donc vous voilà prévenus, c'est pas des blagues aussi gentillettes que ce que j'ai pu poster durant les jours précédents.

Allez, je ne vous fais pas plus attendre, pour la dernière fois cette semaine, en direct de ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

Song Memories 1 - Rainn Wilson (The Office)
SNL_SongMemories_1

Song Memories 2 - Zach Braff (Scrubs)
SNL_SongMemories_2

Song Memories 3 - Ashton Kutcher (That 70s Show)
SNL_SongMemories_3

Song Memories 4 - Paul Rudd (Friends)
SNL_SongMemories_4

Song Memories 5 - Bradley Cooper (Kitchen Confidential)
SNL_SongMemories_5

Voilà, rideau, c'est fini, promis je vous embête plus, mon esprit téléphagique est déjà parti ailleurs et le prochain post sera consacré à autre chose. Mais si ya des amateurs, j'ai quelques autres sketches que j'ai découpés et que je peux aussi essayer de sous-titrer, si ça vous intéresse.
Tain c'est presque dommage de les laisser sombrer dans l'oubli, ces sketch. Allez, finalement je vais créer un tag SNL. C'est une première pour une non-fiction sur ce blog, mais là, quand même.

7 juin 2010

C'est pas la taille qui compte (mais quand même des fois ça aide bien)

Qu'une bonne surprise est une douce chose ! Surtout en ces temps troublés... Certains pilotes déçoivent, d'autres sont aussi médiocres qu'attendu... et très peu sont capables de nous rendre heureux, à plus forte raison lorsqu'ils figurent sur la grille d'une chaîne comme MTV.

Les séries de MTV, on les connait mal et ça se comprend quand on voit les titres. En-dehors de Undressed dont j'avais vaguement vu le pilote (et, vu les souvenirs que j'en garde, je ne devais avoir qu'un œil sur l'écran ce jour-là), les titres me parlent assez peu. Mais avec les années, et surtout avec les émissions de real tv, MTV se traine une si mauvaise réputation que toute nouveauté est forcément suspecte.

C'est là qu'intervient The Hard Times of RJ Berger, qu'on nous présentait comme le Hung pour ados (rapport à la taille de l'engin du personnage principal), ce qui n'aide pas vraiment, vu que le contexte social et économique de Hung est tellement fort qu'on ne croit pas une seconde que MTV puisse nous servir un équivalent avec des ados.

HardTimes

Effectivement, il vaut mieux ne pas s'attendre à un équivalent de Hung. Ce serait quand même un peu trop optimiste.
Mais vu la cible, je trouve plus sain d'avoir un RJ Berger que des Gossip Girl, des Hannah Montana ou des The Secret Life of the American Teenager, toutes trois présentant un côté excessif franchement repoussant à mes yeux. Tandis que The Hard Times of RJ Berger est finalement équilibré, quasiment réaliste dans sa façon de dépeindre l'univers du lycée (si ce n'est son pitch), et finalement, on a un résultat très honnête sur l'adolescence, sans forcément virer au tragique ou au tape-à-l'œil.

Alors oui, RJ Berger en a une grosse, mais c'est avant tout un pauvre loser comme on est les aime, et comme on en a tous été à un moment ou à un autre (ne mentez pas : combien d'entre vous ont réellement été quaterbacks ou pompom girls ? C'est bien ce qu'il me semblait), dans une certaine mesure. Le contraste entre ces deux éléments permet d'osciller avec un regard assez lucide sur le réel tout en se permettant une certaine dose de fantaisie.

The Hard Times of RJ Berger ne se vautre pas dans la luxure comme les jeunes délurés de Gossip Girl, mais n'en est pas non plus à l'abstinence prônée par The Secret Life of the American Teenager. Et bien-sûr, quand on est bien monté, difficile de faire comme dans Hannah Montana et de faire semblant de ne jamais penser à la chose tout en abordant des tenues minimalistes. Ni hypocrisie, ni caricature. Ados libidineux mais encore gauches, egos encore mal assurés qui tentent de se rassurer sur le désir qu'ils provoquent ou souhaiteraient provoquer, en dépit de son pitch rocambolesque (et de sa façon assez improbable de révéler au grand jour l'unique atout de RJ Berger) la série parvient à brosser un portrait franchement convaincant du public auquel elle s'adresse, sur le sujet du sexe en tous cas.

Si le ton de la série est en général dans la gentille petite comédie, quelques scènes se montrent en plus franchement hilarantes. Par-dessus le marché, une caractéristique de RJ est employée juste ce qu'il faut pour ne pas être trop lourde, mais suffisamment pour exploiter le filon : le fait qu'en parfait binoclard, notre héros soit féru de dessin. Ce qui nous vaut la petite scène suivante...

HardTimes_manga

Alors voilà, c'est à ce genre de détails qu'on reconnait une teenagerie réussie, et c'est un fait assez rare pour être noté, alors j'insiste : The Hard Times of RJ Berger est franchement sympa. Pas indispensable, ça on est d'accord. Mais franchement sympa. En un mot comme en cent : une bonne surprise.
Mais le vrai pied, je le prendrai demain devant Persons Unknown. Enfin... j'espère.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Hard Times of RJ Berger de SeriesLive.

24 juin 2010

Traveling without moving

Eh bah je sais pas pour vous, mais la semaine téléphagique va en s'améliorant. Si on met de côté certains téléphages eux-mêmes, et encore, que sont quelques abrutis sur la Toile (qui dit : "une majorité" ?), vraiment c'est une bonne semaine.

Non seulement j'ai continué à me gaver de sitcoms américains (les 3 mêmes), mais j'ai aussi pimenté mon menu avec du Japonais (j'ai donné une seconde chance au pilote de Chase, la vache ce qu'il est mou ce pilote, j'ai lutté pour le finir), du Coréen (Nappeun Namja, enfin, on y revient très vite), et...
...wait for it...
...DU MEXICAIN !

Ces semaines-là, le monde tourne dans le bon sens. Et on est que jeudi.

AroundtheWorld

J'aimerais tellement pouvoir faire ça plus souvent ! Je suis sûre que si j'avais les bonnes ressources, je pourrais. Avec les bons sites et peut-être les bons logiciels, je suis certaines que toutes les semaines pourraient être aussi cosmopolites que celle-ci.

Ce n'est pas la première fois que je tente des horizons nouveaux. Si vous suivez ce qui se passe dans les tags, vous verrez que j'ai parlé d'Arslaan et Kasamh Se (Inde), Diplomatic Immunity (Nouvelle-Zélande), Tumble (Australie), un paquet de séries japonaises et coréennes, et quelques occasionnelles séries canadiennes, britanniques et françaises, et franchement je me trouve en progrès depuis l'époque où je ne jurais que par la fiction américaine. Mais ce n'est pas assez. Ce ne sera jamais plus assez.

Évidemment, il y a le problème de la langue. J'ai beau avoir un certain goût pour les langues, je ne peux actuellement suivre qu'une série (doublée ou sous-titrée) en Français ou en Anglais. Mon Allemand n'est plus ce qu'il a été, mon Russe est rouillé, mon Japonais est balbutiant, et je n'ai jamais pris les cours de Suédois qui m'ont toujours fait envie.
Mais j'ai bon espoir : si les séries coréennes sortent avec des sous-titres anglais en DVD, il n'est pas exclu de trouver d'autres pays pour en faire autant. Il faut juste que je cherche mieux.

C'est ça : ça ne peut être qu'une question de persistance.

Mais en toute franchise, un coup de main de la part des diffuseurs et des distributeurs ne serait pas de refus.

13 juin 2010

Pieds d'argile

A force de lancer des fleurs en permanence à des séries coréennes, j'en oublie que certaines peuvent n'être pas aussi convaincantes que la moyenne. Oh, je suis sûre qu'on doit pouvoir trouver encore pire (en fait ce sera l'objet du prochain post Dorama Chick, c'est vous dire si j'en suis sûre), mais le fait est que j'ai été un peu déçue par GIANT.

Sur le papier, GIANT s'annonçait comme une incroyable épopée s'étalant sur 40 ans, et nous permettant de suivre une famille prise dans la tourmente alors que la ville où ils ont posé leurs valises, Séoul et plus particulièrement l'arrondissement de Gangnam, se transfigure avec le temps. Et histoire de vraiment vous river le clou et vous laisser avec la mâchoire sur les genoux, la photo de promo, c'était ça :

GIANT

Moi dans ces conditions, je ne discute pas ! Je lance les recherches adéquates, je remercie le Dieu de la Téléphagie pendant que ça cagoule, et je lance le pilote sans y réfléchir à deux fois.

Sauf que voilà, la promo de GIANT et son pitch en théorie alléchant sont loin d'être sur le même ton que la série. Esthétiquement, déjà, il n'y a tout simplement pas photo, le travail est très générique et manque largement de parti pris visuel. C'est bien simple, s'il n'y avait pas la date qui s'affiche sur l'écran à un moment, je ne saurais même pas que c'est les années 70 Pour une série qui s'enorgueillit de couvrir 40 ans, un petit effort n'aurait pas du tout été superflu, mais limite salvateur (par exemple, Karei Naru Ichizoku avait excellé à cet exercice, et je dois dire que j'espérais secrètement lui trouver, avec GIANT, un équivalent coréen).
Pire encore, le pilote souffre de gros défauts qui sont en majorité à attribuer à un manque cruel d'originalité. La série se contente de suivre le cahier des charges de la série de vengeance, et c'est tout.

Oui parce que, d'après mes observations, les séries de vengeance sont un genre télévisuel à elles seules, en Corée. Je n'ai pas observé pareille obsession au Japon, dont je connais pourtant mieux les fictions. Il faut faire diagnostique ça, chère Corée du Sud, parce qu'à ce point, c'est vraiment inquiétant.  Je ne compte plus le nombre de séries dont j'ai fait les fiches sur SeriesLive qui comportent une variation autour des mots "et désormais il désire se venger". C'est vrai que je fais parfois des fiches avant même que la série soit diffusée, ce qui simplifie toujours un peu le pitch (comme pour Nappeun Namja que je n'ai pas encore regardée, mais là après ce weekend, je suis carrément refroidie, je vous l'avoue...), mais c'est quand même assez symptomatique ! Alors autant le Japon, c'est l'envie de bien faire et compagnie, autant la Corée, c'est la rage au ventre et le mors aux dents. Ça s'explique sans doute historiquement mais ça dépasse largement le cadre de la série historique. D'ailleurs ici, GIANT ne cherche pas à raconter l'Histoire à travers les yeux de personnages anonymes, mais plutôt de placer le contexte de cette vengeance vieille de 40 ans dans un contexte historique, social et économique qui est censé lui donner de la substance. Sur le papier, peut-être, dans les faits j'en doute sincèrement. Que ce soit pour construire le quartier de Gangnam ou pas, ces histoires sont finalement toujours un peu les mêmes. C'est peut-être le poncif coréen qui m'exaspère le plus.

En fait, maintenant qu'on en parle, je trouve qu'il se dégage de GIANT une grosse impression de redite par rapport à d'autres pilotes que j'ai pu voir depuis que je me suis lancée dans l'exploration des séries coréennes. Il y avait un côté "pauvre famille qui subit les évènements" qu'on trouve dans le pilote de Lobbyist, le côté "seul contre tous, je suis devenu riche mais j'ai toujours pas avalé la pilule" de Shinira Bulriwoon Sanai... et même une scène de train aux forts relents de Cinderella Unni ! Nan mais là c'est le pompon quand même ! On n'est pas obligé de sacrifier à TOUS les poncifs dans le même pilote, si ?

Alors bon, il y a un truc avec les Coréens, c'est que, comme ils ont plus de temps que les Japonais, les choses peuvent encore s'améliorer, et c'est souvent le cas, quand même. Mais franchement, si c'est pour voir un best of de toutes les séries auxquelles j'ai jeté un œil, j'ai pas hâte.
Alors, comme ça on se prend pour un géant ? Ouais, bah, tout est relatif...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche GIANT de SeriesLive.

27 mai 2010

Guide de survie du troll en milieu téléphagique

Ami troll, je le conçois, tu exerces une profession difficile.

Bon, ce n'est pas vraiment une profession (dommage, parce que si tu recevais un euro chaque fois que tu sors une connerie...), mais il s'agit tout de même d'une activité qui mobilise suffisamment ton temps pour qu'on compatisse devant l'ampleur de la tâche (pun intended).
Car la complexité de la chose repose sur sa nature-même : il te faut à la fois faire preuve de suffisamment d'intelligence pour sidérer en de répétées occasion ton public pourtant sans cesse plus blasé, et en même temps, tu dois être abyssalement dépourvu d'intellect afin d'offrir le contenu le plus ahurissant possible de bêtise à chacune de tes représentations. Tu vis dans l'effort permanent de te faire remarquer en écrivant, sans que rien que tu écrives ne soit remarquable. Tout le monde n'est pas capable de jongler avec les contradictions comme tu le fais, et devant cet art consommé du néant, je m'incline humblement.

Ami troll, donc, tu exerces une profession difficile.

Et je ne parle même pas de la difficulté de survivre sur la toile où la concurrence est si rude, et où il faut bien souvent rivaliser avec plus idiot que soi pendant des heures avant de se voir attribuer un point Godwin décroché de haute lutte. Et encore, ça ne nourrit pas son homme, un point Godwin ; ça ne paie pas le loyer, et même pas la facture internet. La vie de troll est décidément bien ingrate !

Ami troll, j'insiste, tu exerces une profession difficile.

Mais tout cela va changer car dorénavant, te voici aidé dans ta tâche (again, pun intended).
Je te propose de troller sans effort (ce qui est un peu le rêve ultime de tout troll ambitieux) lorsqu'il s'agit de parler de séries télé. Je sais que ce qui t'attend, au cours de ta carrière de troll, dépasse largement ce domaine, et il te manque un guide équivalent pour des sujets autrement plus complexes tels que la politique, l'actualité musicale, la mode, les news people, ou le génie biomoléculaire, mais enfin, je ne peux pas être partout, je vais déjà t'aider au maximum dans ce domaine. Et puis tu sais, après quelques années de carrière, tu t'apercevras de toute façon qu'il est difficile de faire long feu dans cette voie sans un minimum de spécialisation. Ce que je t'offre ici, c'est l'opportunité unique de te spécialiser dans le trolling téléphagique. Une voie en devenir, sans nul doute.

Ami troll, tu n'es plus seul, il te suffit de prendre en note les instructions suivantes.

Ainsi donc, tu as besoin de recettes que tu n'aurais plus qu'à suivre à la lettre.
Aussi ce petit guide a été conçu tout spécialement pour toi, après des années et des années d'observation (ça fait seulement huit ans que je suis sur internet, mais il y a eu quelques années de chômage dedans donc j'étais quand même pas mal connectée... mais non les chômeurs c'est pas juste des flemmards qui veulent être payés pour rester chez eux, d'ailleurs je ne touchais pas un rond puisque je n'avais pas l'âge de toucher le RMI et... aha, tu m'as bien eue, ce que tu es doué). Fréquenter les forums, les blogs, et tous les autres endroits où tes semblables (des ancêtres, peut-être ?) ont officié bien avant que tu ne découvres comment on édite un commentaire après que quelqu'un y ait répondu, m'a permis de l'élaborer pour ton plus grand confort. Étape par étape, tout est fléché.

Ami troll, tu n'es plus seul, il te suffit d'écouter attentivement (juste cette fois).

Niveau 1 - "Vous parlez de quoi ?"

TrollGuide_1

La règle la plus simple à suivre est de débarquer dans une conversation et de n'en connaitre ni les tenants ni les aboutissants. Le seul impératif (et j'admets que c'est hautement fastidieux, mais enfin, tu veux progresser ou pas ?) est de lire le titre du sujet, de l'article, du post, etc... mais vraiment pas plus. Une fois le titre lu, une fois, pas deux, ce n'est pas la peine de le mémoriser, localise l'espace de rédaction de réponse, et commence à écrire tout ce qui te vient à l'esprit en réaction au titre du sujet, de l'article, du post, etc... Si tu n'as pas vu la série dont il est question, ne t'arrête pas à ce point de détail et fonce ! Vas-y, c'est sujet libre, carte blanche, la route est dégagée, lâche-toi. Exemples : hurle au spoiler si tu as appris quelque chose sur la série mentionnée (le nom de son acteur principal, l'heure de sa diffusion, son titre original), plains-toi de la qualité de la saison qui est moins bonne que l'an dernier, suggère que l'acteur mentionné soit gay/hétéro/mangeur de crottes de nez (selon ce qui te semblera le plus apte à déranger), demande si quelqu'un sait où on peut télécharger les épisodes, insiste sur le fait que la diffusion de la série a été gâchée, tu vois, tu as l'embarras du choix. Et si tu manques d'inspiration, tu peux toujours relever une faute de frappe dans le texte, que tu qualifieras de faute d'orthographe honteuse (ce qui ne manque pas d'ironie venant de toi). A la suite de quoi, signe de plusieurs smileys, valide sans relire et fiche le camps. Ce n'était pas si difficile... bravo, tu viens de réaliser ton premier troll ! Mais attention, pour le moment ce n'est que du travail d'amateur.

Niveau 2 - "N'importe quoi !"

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Le net est ainsi fait : on y trouve des téléphages plus doctes que soi, et qui savent de quoi ils parlent. Ta mission sur Terre étant de les empêcher de communiquer entre eux (nan parce que ça se croit tout permis, à se répondre, à argumenter, à présenter des sources...), tu dois donc ébranler leur confiance en eux. Après tout, si toi, tu ne sais pas de quoi il est question (voir niveau 1), il n'y a aucune raison pour que d'autres le sachent. Prends donc pour cible l'une des personnes s'étant déjà exprimée, de préférence se faisant remarquer par son texte correctement orthographié, divisé en paragraphes articulés et dénué de smileys (horreur !). Plus c'est long, mieux c'est ! Mais pas de panique, tu n'auras pas à lire tout ça. Et là encore, inutile d'avoir vu la série, évidemment. En fait il suffit de prendre une phrase au hasard dans ce texte, et d'y répondre par l'argumentation la plus simpliste possible, genre "tu parles sans savoir" / "tu la ramènes alors que t'as même pas vu le webisode unaired inédit" (imparable) / "t'as lu ça sur Wikipédia ou quoi ?" (très important le ou quoi). Puis signe de plusieurs smileys, valide sans relire et fiche le camps. Pas mal, mais tu n'as encore atteint qu'un niveau intermédiaire.

Niveau 3 - "Si t'aimes pas, critique pas !"

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Tu viens, en atteignant le niveau 2, d'insérer une phalange dans l'un des plus beaux mécanismes du web : l'échange. Polluer un espace virtuel et partir sans te retourner ne te donnera plus jamais les mêmes satisfactions après ça. Mais cela demande aussi une plus grande vigilance, car dorénavant il va falloir lire et analyser ces lectures. Ne t'effraie pas, ami troll. Par analyse, je veux juste dire que tu devras tirer des conclusions sur la façon la plus efficace possible de diminuer l'intérêt de la conversation ; mais pas de soucis, tu n'as pas à réfléchir sur le fond de ce qui se dit. Dorénavant, ta cible est plus précise : en plus de tous les critères du niveau 2, elle devra aussi te sembler négative quant à la série abordée. Ainsi, à celui qui explique sur 15 000 caractères pourquoi il n'a pas aimé le dernier épisode de Grey's Anatomy (que tu as arrêté de regarder pendant la saison 3 mais pour laquelle tu gardes une grande tendresse, notamment pour le Dr Papouilles), il faudra répondre par la phrase-clé suivante : "si tu n'aimes pas, c'est pas une raison pour critiquer !". Si tu te sens en verve, tu peux ajouter, au choix : "respecte les goûts des autres", "on te force pas à regarder", "t'as qu'à faire mieux", ou toute autre variation que ton orthographe permettra. A la suite de quoi, signe de plusieurs smileys, valide sans relire et fiche le camps. Tu commences à tenir quelque chose, là.

Niveau 4 - "Tu me fais dire ce que j'ai pas dit !"

TrollGuide_4

Avec cette technique, c'est fatal, il va te falloir revenir sur les lieux du crime après l'une de tes interventions précédentes. Cet exercice nécessite une certaine gymnastique intellectuelle qui consiste à mémoriser les endroits où tu as trollé (à cet égard, sache que tous les navigateurs permettent de... euh, je veux dire : ajoute la page à tes favoris Internet Explorer), mais pas d'inquiétude, à force de pratique, on prend le coup de main. Suite à ta contribution (si tu t'es bien débrouillé), tu devrais trouver une à plusieurs réactions. Plus elles sont véhémentes, et plus tu peux considérer avoir obtenu la reconnaissance de tes pairs quant à tes talents de troll ; mais pas de victoire prématurée, il reste encore fort à faire. Ta cible (toujours la même) ne te reconnait pas le droit de critiquer son texte. Pire, elle te soupçonne de nourrir à son encontre de bien peu louable intentions. Pour la punir, il faut donc montrer aux autres contributeurs que cette réaction est de mauvaise foi. Comme si l'autre personne savait mieux que toi ce que tu penses d'une série que tu n'as pas vue (mais dont on t'a dit qu'elle était un mélange de Desperate Housewives et des Experts, avec un peu de Bones de temps à autres... donc c'est tout comme si tu savais de quoi il est question). Chaque fois que tes propos sont cités, mentionnés ou même furtivement évoqués, étrangle-toi d'effroi et fais savoir que ton interlocuteur cherche à diminuer et/ou déformer ton propos. Toi ! Toi qui a fait l'effort de venir deux fois ! C'est intolérable. Signe de plusieurs smileys rageurs, valide sans relire et fiche le camps. Tu es presque un pro maintenant...

Niveau 5 - "Si c'est comme ça...!"

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Troisième lecture de la même page. Les différents contributeurs deviennent familiers : il y a celui avec l'avatar qui bouge, celui qui parle toujours pendant des plombes, celui dont le pseudo finit par un chiffre... et tu te sens maintenant en confiance pour exprimer tout ton talent. Et, avantage non-négligeable, eux aussi commencent à te connaître. Jusqu'au niveau 3, tu étais un inconnu de passage, désormais tu es chez toi. Le simple fait de faire l'effort de revenir ouvre droit à un minimum de respect de la part des autres contributeurs. C'est donc le moment idéal pour commencer à pratiquer le chantage émotionnel. Tu peux ainsi menacer de ne plus jamais revenir, ou, pire, d'en appeler à une instance supérieure (modérateur, administrateur, hébergeur...). Mais mieux encore, tu peux aussi remettre en question l'existence-même du site, forum, blog... Car le simple fait de vous contredire prouve qu'aucun dialogue n'est possible. Or, c'est bien le principe de ce site/forum/blog. Donc ledit site/forum/blog n'a qu'à fermer puisqu'on ne peut même pas s'y exprimer comme on veut ! Car il existe une chose, ami troll, un idéal de vie virtuelle, une valeur sacrée : la liberté d'expression ; et quiconque commencera à tenter d'esquisser le début d'une moitié de contradiction t'empêchera d'en faire pleinement usage. Mais maintenant que tu as découvert toute l'étendue de ce pouvoir, il n'y a plus de retour en arrière possible ! Non, on ne t'ôtera pas le droit de troller !!!

...Car oui, à la troisième, quatrième, cinquième intervention sur un même sujet, le mot a été lâché : troll. Enfin ! C'est la consécration ! Et maintenant qu'enfin, on t'a ainsi couronné (et privé de nourriture), il est hors de question de s'arrêter.

Va, ami troll, va et lance-toi dans l'aventure, dépasse tes limites, teste de nouvelles méthodes ! Le monde virtuel t'appartient, et la communauté téléphagique est si vaste !
Et, un jour, peut-être, à force de parler de séries avec des inconnus dont tu saboteras systématiquement les échanges, tu envisageras... d'en regarder une toi-même ?
Non, pas de panique. Seulement celles qui ne t'obligeront pas à réfléchir.

On n'est pas des bêtes, non plus.

16 mars 2010

Tout le monde en parle

Un site d'information qui propose des billets d'humeur. Un blog personnel qui propose des news. Les frontières entre l'information téléphagique et la subjectivité sont floues et plus personne ne cherche vraiment à rester sagement de son côté de la barrière. Il n'y a probablement jamais eu de barrière, en fait, juste, peut-être, éventuellement, des lignes un peu mieux dessinées au sol, mais pas respectées pour autant.
Et il n'y a, sur le principe, pas de problème avec ça.

Pourtant, parfois, certaines manifestations de ce fonctionnement me dérangent, juste un chouïa.
Et si j'y ai repensé récemment, c'est à l'occasion d'un post somme toute fort innocent d'une image de promo pour la série 100 Questions.

Voilà une série qui ne sera pas diffusée avant la fin mai, mais qui a commencé très en amont son opération de promotion, bien que sans grand panache. La photo de promo, en particulier, est sortie très tôt, et a été employée par un peu tout le monde (sauf certains qui avaient trouvé le moyen de faire main basse sur une capture du pilote).
Je n'ai d'ailleurs pas failli à la règle puisque, cherchant à compléter, à mes heures perdues (si-si, j'en ai encore quelques unes en dépit des dorama, des films... bref de tous les ajouts à mon calendrier téléphagique qui évolue en permanence depuis quelques mois), les fiches de SeriesLive, j'avais également ajouté cette photo de promo sur la fiche correspondante (parce qu'il faut le dire, sur la fiche de Better Off Ted, par exemple, ça n'aurait pas eu beaucoup de sens).
C'était en novembre, la date d'enregistrement du jpg sur mon ordinateur faisant foi (bon j'avoue tout, ok : sur l'ordinateur du boulot. Vous êtes qui, la police ?!).

Alors, où est le problème ? Bah ya pas vraiment de problème, c'est juste que quand, le 15 Mars, un site (mêlant déjà information objective et reviews subjectives) poste ladite photo de promo, avec pour seule légende "100 Questions - photo de promo", on pourrait être tenté de penser que, oui, la photo de promo vient de sortir. Que c'est de l'information.
Mais ça n'en est pas, précisément parce que la photo circule depuis des mois partout.

Alors qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu'on peut légitimement penser que la personne, écrivant pour le site en question, s'est piquée de faire une recherche sur les séries à venir prochainement sur les écrans américains (c'est son droit le plus strict, si ce n'est, même, un devoir en tant que rédacteur pour un site faisant, entre autres, de l'information sur les séries). Ladite personne est tombée sur la photo, elle s'est dit : ah, bien, je vais la poster. On imagine.
Mais ce faisant, elle n'a pas informé (volontairement ou pas, c'est pas le sujet), elle a juste remis dans l'actualité une photo qui circule depuis des mois et des mois (et qu'est même pas spécialement jolie avec tout ça). Finalement, ce qu'elle a fait relève de la promo, en fait.

Il ne s'agit pas de dire que la photo promotionnelle vient de sortir (bon on n'est pas à la minute, si la photo datait d'une semaine ou deux, je n'aurais pas tiqué), juste de la publier sur exactement le même mode qu'une information récente, comme l'ont été avant elle sur exactement le même mode les photos promotionnelles des nouvelles saisons de Nurse Jackie ou United States of Tara. Qui, pour le coup, relevaient de l'information la plus pure et la plus réactive possible.
Comme ce site est coutumier de billets et reviews plus personnelles, je ne devrais pas être surprise outre mesure, mais la publication de cette photo promo de 100 Questions n'était accompagnée d'aucun commentaire ("bouh c'est pas original"/"j'adore cette photo"/etc...) laissant penser que le rédacteur officiait à titre plus personnel.

Mais du coup, voilà : cet acte si anodin a réveillé chez moi quelques interrogations profondément enfouies sur la limite entre le moment où nous faisons de l'information (exemple : quand je présente les nouveautés de la rentrée japonaise...) et quand nous faisons de la promotion (exemple : quand je glisse Better Off Ted dans un post qui n'a rien à voir avec la choucroute).

DefenseDafficher

A quel moment, par le simple fait de tenir un site ou un blog, commençons-nous à faire le jeu d'une certaine promotion (fut-elle minime) autour des séries dont nous parlons ?
Quand nous mentionnons une série sans raison immédiate et/ou apparente ? Quand notre review d'un épisode ou d'une série est positive ? Quand nous nous faisons le relai de la moindre broutille relative à une série qui a toute notre attention ?

C'est une question qui a son importance car ces actions ne sont jamais sans résultat sur le lecteur. Quand la chaîne ou la prod sort une info, puis une seconde, puis une troisième sur Glee, c'est déjà de la promotion. Alors forcément, quand par exemple moi, je parle d'une série donnée dans trois posts consécutifs, vous ne pouvez pas ne pas le remarquer. Et quand un rédacteur d'un site d'information consacre un post à la photo de promo d'une série, eh bien, on ne peut pas ne pas le remarquer non plus, et même si, à l'inverse de moi, vous n'y avez pas repensé ensuite, eh bien vous avez quand même encore entendu parler de 100 Questions et cela participe à la création d'une petite partie de votre cerveau qui se rappelle l'existence de cette série, et de son arrivée prochaine à la télévision américaine ; a contrario d'autres séries dont la photo de promo est sortie aussi, parfois un peu plus qu'une, comme ici dans le cas de Miami Medical, peut-être depuis au moins novembre aussi, et qui n'ont pas les faveurs d'un post ou d'une news, et dont vous n'avez même pas souvenir que la série va débarquer, du coup.

Ce n'est pas grave, en soi, évidemment. C'est juste une fois de plus où la limite se brouille.
Et une fois où on joue, un petit peu, avec notre perception de ce qui se passe dans le monde des séries. Je n'ai rien contre 100 Questions, et je n'ai pas non plus de biais positif envers Miami Medical. Mais d'un autre côté, il m'apparait un peu trop souvent à mon goût que les relais d'information semblent avoir, de leur côté, une mémoire tristement sélective sur les séries pouvant faire l'objet d'une mention, voire d'une news, soyons fous. Et du coup, vous, vous avez entendu parler une fois de plus de 100 Questions... y compris avec ce post.

Damned. On ne s'en sortira jamais.

25 juin 2007

Mais où vont-ils chercher tout ça ?

Dans 99% des cas, sur Google. Et comble de malchance, ils tombent ici. Qui ? Les CAS ! Parmi les dernières recherches menant à ce blog, voici de nouvelles perles :

- Au rayon camisole :
"Avant, je n'avais pas peur du téléphone"
De mon côté je commence à m'inquiéter au contraire... Et dire que j'arrive en tête des résultats avec cette recherche, ça fout les jetons.
"m'est ta cagoule"
Le plus beau c'est que cagoule, mot finalement peu usité une fois qu'on a réussi à perdre la 20e dans la cour de récré et que les parents déclarent forfait, est parfaitement orthographié.
"mate moi"
Masochiste patenté ou exhibitionniste décomplexé ? Je pensais bien que la Play >> mate allait m'apporter des voyeurs mais là j'en reste tout de même sans voix.

- Au rayon téléphagie boîteuse :
"raven simoné 2007"
Ya récidive... J'aimerais bien que le visiteur qui a fait cette recherche de multiples fois ces derniers mois (et a atterri ici de façon répétitive) m'explique le sens de l'année dans cette requête ! Raven Simoné est-elle condamnée et je ne le sais pas ? Ses jours sont-ils en danger ? Me laissez pas comme ça dans l'ignorance !!!
"Sur quoi Berger plaque Carrie dans Sex and the City ?"
Question posée avec des points d'interrogation, et sans. Je réponds, à l'aise : sur un post-it. M'enfin !
"série (les anges du bonheur) poster"
Je le savais que ça se retournerait contre moi, ce post, tôt ou tard.

- Au rayon cagoulage :
Ces derniers temps, le Top Cagoule de ce blog englobe, dans l'ordre décroissant de fréquence : South of Nowhere, Hannah Montana, Sex & the City, Dirt et Zoey.

- Au rayon chouchou :
L'un de mes visiteurs recherche le DVD de Rude Awakening désespérément. On est deux, c'est un début ! Viens que je t'embrasse !

J'en profite en guise de bonus pour attribuer une récompense bien méritée :

CookieShopgirl

Chose promise, chose due !

3 septembre 2013

Derrière chaque porte

Parmi les séries qui n'ont pas instinctivement mes faveurs, il y a encore et toujours les séries britanniques. J'ignore pourquoi, mais je n'ai pas le réflexe de les regarder, quand bien même leur existence ne me rebute pas sur le papier. Une partie de ce comportement est due à l'accent. L'autre partie n'est couverte par aucune bonne raison. Remédions donc à cela avec le pilote de What Remains, lancée il y a quelques jours sur BBC, et qui donc, entre encore dans le cadre du défi de la saison 2012-2013.

WhatRemains

En théorie, What Remains a tout du crime drama le plus classique. L'épisode commence avec une formule qui ressemble comme une goutte au procédé de la franchise Law & Order : mise en contexte des derniers instants de la victime, puis découverte de son corps par des personnes hors de tout soupçon, et enfin, arrivée des enquêteurs prenant désormais le dossier en charge. La seule chose qui manque est donc le crime lui-même, et à travers lui le criminel : jusque là, comme je le disais, rien d'épatant.

C'est peut-être ce qui rend les premières minutes de ce pilote un peu longuettes, d'autant que contrairement, pour reprendre mon exemple, à Law & Order, il n'est pas question ici de s'appuyer sur un montage efficace et une exposition rapide des passages obligés, mais bien de lentement décortiquer toute cette introduction à l'intrigue, nous invitant plutôt dans une immersion ralentie dans les eaux sombres de What Remains, que dans un plongeon dans le grand bain.
Dans ses premières minutes, What Remains évoque énormément de séries scandinaves, c'est assez frappant non seulement de par la narration, mais aussi par la réalisation, s'appuyant sur des couleurs froides et/ou étouffantes, d'excellents jeux autour de l'obscurité, et un sens du détail qui fait honneur à bien des fictions ces dernières années. Même la musique est résolument empruntée à des Bron/Broen, des Forbrydelsen ou des Kommissarie Winter, un accompagnement feutré, discret, mais élégant, qui enveloppe l'atmosphère au lieu de tenter de la définir à lui seul.

On va très vite s'apercevoir que ce qui fait l'intérêt de What Remains, et accentue la parenté avec les séries scandinaves sus-citées (et plusieurs autres), c'est qu'en réalité, malgré son enquêteur qui se traîne de scène en scène en se creusant les méninges pour accéder à l'épiphanie finale, What Remains n'est pas seulement un crime drama. C'est tout simplement un excellent drama. Et ça, vous pensez, ça me fait plaisir.

Car ce sur quoi le détective Harper va porter son regard, ce ne sont ni les preuves, ni les indices, ni les détails du crime. Ces éléments, bien que présents comme l'exige la loi depuis un peu plus d'une décennie, seront rapidement balayés par le scénario (les restes de la victime sont trop décomposés pour apporter quelque renseignement que ce soit), mais aussi par notre vieux flic qui s'intéresse, avant tout, à l'humain, non au crime.
On le sent plus inquiet de savoir qui est la victime, comment elle vivait, pourquoi sa disparition n'a interpellé personne pendant plusieurs années, que par la perspective de coffrer un criminel. Là encore, le scénario très vite règle la question : il n'y aucune preuve matérielle d'un meurtre, ça pourrait très bien ne pas en être un. Mais en persistant dans son enquête sur la victime, et non vraiment sur le crime à proprement parler, Harper démontre que pour lui, il importe peu que la victime ait été tuée ou qu'elle ait succombé à un accident. Ce qu'il veut, c'est juste reconstituer ses dernières heures. Comprendre la défunte, pas fondamentalement comprendre le décès.

Mais c'est justement à travers le portrait de la victime, et par les connexions que Harper tente d'établir avec d'autres êtres humains, que What Remains se montre la plus brillante. Car la défunte, une trentenaire obèse et solitaire, n'avait pas de proche, pas d'ami : la série ne s'appelle pas Who Remains, personne n'a été laissé derrière. Et Harper de s'interroger : comme une femme de cet âge, dans cette situation, n'a-t-elle même pas des amis qui l'attendent quelque part, un téléphone pour être jointe par des tiers, un ordinateur pour rompre la solitude chez elle ?
En l'absence d'élément de réponse ouvrant l'enquête sur l'extérieur, Harper va donc se concentrer sur la demeure de la défunte, une propriété divisée en une poignée d'appartements où tout le monde se connaît, mais personne ne semble s'apprécier.
What Remains raconte donc la vie de ces habitants, chacun derrière leur porte, au mieux indifférent, au pire vaguement hostile au voisinage. Une animosité généralement mesquine, comme c'est souvent le cas entre voisins, reposant sur rien, ou si peu, si ce n'est le fait que des gens qui n'ont rien de commun et encore moins compatibles partagent un espace commun qu'il faut hélas partager.

La banalité que décrit What Remains n'est pas ennuyeuse, elle est révélatrice de ce que nous avons tous vu ou vécu à un moment : la façon dont chacun vit derrière sa porte, échangeant quelques mots sur le pallier ou dans les escaliers si vraiment c'est nécessaire, vivant sous un même toit, ne souhaitant rien tant que de ne pas être en contact avec d'autres, et surtout pas le vieil homme acariâtre ou les "lesbiennes" à l'étage. Surtout, imaginer qu'on est seul dans le bâtiment... sauf que la victime est la preuve (mais pas vivante) que cette solitude vient avec un prix.

L'individualisme que dépeint What Remains, et qui se traduit chez tous les habitants de la maison, en un sentiment terrible de solitude et/ou d'étouffement, n'est ni évidemment approuvé, ni totalement critiqué. C'est d'abord un fait donc Harper s'étonne : comment la victime pouvait-elle à ce point être seule au monde ? Il y a des théories pour l'expliquer mais ce n'est pas l'important. L'important, surtout, ce n'est pas que ce soit condamnable, ou qu'il s'agisse d'une dérive de notre société moderne.
L'important, c'est que c'est profondément triste.
S'il y a bien une émotion qui ressort de ce pilote, c'est clairement que chaque voisin, planqué derrière sa porte en espérant frayer le moins possible avec les autres, et garder sa petite vie pour lui, vit une expérience misérable, à son échelle.

Sans totalement opter pour le huis clos (plusieurs scènes suivent la vie privée de Harper, qui, c'est un peu cliché, prend sa retraite dans le pilote), What Remains se déroule essentiellement entre les murs de cette demeure. C'est là que se jouent de cafardeuses individualités. A ce titre, le bâtiment revêt rapidement une importance capitale : il ne s'agit pas simplement de donner un cadre à la tragédie banale qui se joue, mais bien d'offrir une enceinte, symbolisée par les espaces encaissés du bâtiment (et notamment la montée d'escalier, qui est incroyablement bien exploitée dans cet épisode), à la prison que chacun se construit dans son propre appartement. Oui, chaque habitant ou presque cache, derrière sa porte, un secret.
Mais ce n'est pas tant après ce secret que court What Remains, les secrets font simplement partie de la panoplie d'artifices de l'aspect crime drama, qui n'est lui-même qu'un outil narratif pour explorer cette résidence qui n'a rien d'extraordinaire ni d'étrange. La série ambitionne avant tout de raconter comment construire sa vie derrière sa porte nous fait choisir un seul côté de celle-ci, nous coupant de l'extérieur, nous privant d'air frais et, par extension, d'échanges sains avec le monde.

What Remains réussit son aspect criminel sans trop se fouler, pour le moment, sacrifiant aux passages jugés incontournables pour une fiction du genre, pour surtout prendre le temps de traîner le pas dans cette montée d'escalier si familière
Car elle l'est, familière, ô combien ! J'ai toujours vécu ma vie de célibataire dans des grandes villes ; dans les appartements que j'ai habités, il m'arrivait de ne pas savoir qui étaient mes voisins, ou, parce que je pensais le savoir, de les éviter avec soin. What Remains a épouvantablement fait mouche ! Non que j'ai particulièrement peur de disparaître un jour sans que personne ne s'en aperçoive (dites, vous vous en rendrez compte, vous, n'est-ce pas ? Promettez-moi...), mais parce que derrière ma porte, je suis, résolument, toute seule. Toute personne célibataire vivant en appartement, j'en suis sûre, connaît cette crainte, cette agonie, même ; certains trompent la peur en surdéveloppant leur vie sociale, d'autres tente de l'apprivoiser avec les moyens du bord. Il n'y a pas de réponse, et What Remains n'en propose pas. Elle nous met simplement face à l'une des plus grandes peurs de notre époque de communication et d'urbanisation : la solitude qui fait de vous un anonyme dont l'absence ne sera jamais remarquée.
On en viendrait presque à espérer pouvoir blâmer un horrible tueur psychopathe.

Challenge20122013

26 août 2013

Offset

Délaissant les murs de la prison fédérale de Litchfield, je vous embarque ce soir dans un voyage en Irlande, histoire de se dégourdir un peu les jambes téléphagiquement. J'ai en effet réalisé hier, à la faveur d'un concours de circonstances (on m'a demandé hier de recommander des séries entre autres irlandaises), que j'ai plein de pilotes de séries irish que je n'ai soit pas regardé, soit pas reviewés dans ces colonnes.

J'ai tiré au sort, et résultat, c'est Scúp qui est sorti. Parfois, c'est aussi simple que ça. Et puis on est lundi, hein : on ne va pas faire dans la complication aujourd'hui, surtout après le gros dossier de vendredi. En route !

Scup-logo

Scúp, qui comme vous l'aurez compris, signifie "scoop" (voilà, vous parlez irlandais, félicitations), est une petite dramédie en irlandais, diffusée plus tôt cette année à la fois par BBC Northern Ireland et la chaîne locale TG4. On la doit à Colin Bateman, également créateur de Murphy's Law avec James Nesbitt, et elle a été conçue pour durer 8 épisodes.

Les présentations étant faites, voilà de quoi nous parle Scúp : tout commence à la rédaction d'un journal de Belfast alors que son rédacteur en chef, que je serais bien incapable de vous dépeindre et vous allez vite voir pourquoi, meurt sur son fauteuil en s'étouffant avec une barre au chocolat, au moment-même où l'une de ses journalistes fait irruption dans son bureau pour exiger d'être payée.
Inutile de dire que l'ambiance n'est pas à la fête... pour de multiples raisons ! Les obsèques se tiennent à l'Irlandaise, c'est-à-dire dans un pub (ceux qui ont vu Love/Hate savent de quoi je parle), où la petite équipe de la rédaction se mêle aux quelques proches du leur ancien rédac'chef. Diarmuid, le propriétaire du journal, tombe alors par inadvertance sur Rob Cullan, un ancien collaborateur du défunt venu rendre ses derniers hommages une mousse à la main. Rob se présente comme travaillant au Guardian, et attention, pas n'importe quel Guardian : celui de Londres, excusez du peu ! Il n'en faut pas plus pour convaincre Diarmuid d'essayer d'embaucher Rob, ne serait-ce que pour une journée, afin d'évaluer ce qu'il peut faire du journal. Celui-ci est en effet un énorme trou dans ses finances, ce qui n'était pas tellement un problème quand les autres activités de Diarmuid se portaient bien, mais ce qui est devenu une véritable galère à présent. Ce qui explique qu'il ne paie même plus ses journalistes ! Rob finit par accepter un chèque gros et gras pour UNE journée au sein du journal, et essayer de voir ce qui peut être sauvé.

Ce journal, c'est le "An Nuacht", entièrement rédigé en irlandais, et où l'équipe est pour le moins resserrée : il y a Cormac, le plus vieux rédacteur du papier qui n'a plus rien à prouver ; Janine, qui gère les annonceurs ; Alix, la jeune passionnée qui fonce toujours tête baissée, et Michael, un jeune stagiaire qui fait ses premières armes à la rédaction avant d'entamer ses études de journalisme.
Craignant au départ de perdre leur job pourtant assez peu rémunérateur, l'équipe va pourtant vite se rendre à l'évidence : Rob n'a aucune intention de virer qui que ce soit.

Car Scúp raconte non seulement les histoires de ses personnages, mais aussi les évènements qui font la une du journal. Et en effet, au début de l'épisode (oui, bon, je vous ai menti sur la façon dont commence en fait le pilote, n'en faisons pas toute une affaire), un braquage a lieu chez un petit marchand de journaux. En soi, rien d'impressionnant : il s'agit d'un petit casse minable dont les deux coupables ne tirent qu'un peu de monnaie, que de surcroît ils font tomber sur le trottoir au moment de s'enfuir. Mais dans la panique, l'un des deux braqueurs a retiré son masque suffisamment longtemps pour être pris en photo par Sean, un jeune ado qui passait par là.
Voilà donc Sean qui vient frapper à la porte du An Nuacht pour vendre sa photo à un bon prix ; pas de chance, il ignore que les comptes sont dans le rouge et qu'il n'obtiendra pas un sou. A la place de ça, il tombe sur Rob, qui tente de le convaincre de lui laisser sa photo... pour rien ! Au nom de son devoir de citoyen envers les habitants de la ville. Et c'est alors qu'à la surprise tant du spectateur que d'Alix qui assiste à la scène, on découvre que Rob est en fait un grand idéaliste !

...Ce qu'on découvre ensuite sur Rob va également surprendre, et surtout, l'inciter à ne pas retourner à Londres trop vite. Je vous donne juste trois mots en guise d'indices : Guardian, écoutes, et téléphoniques. Notre Rob va donc décider de rester à Belfast et aider Diarmuid à remettre sur pied l'un des rares journaux en irlandais de la ville, même si on ne peut pas dire que ce soit particulièrement lucratif. Mais il a la passion, et une équipe certes pas forcément très épatante, mais fidèle à son journal. On ne doute pas vraiment que les choses vont à la fois mal et bien se passer.

Si je me suis permis de vous raconter 90% du pilote, c'est que, soyons honnêtes, il y a assez peu de chances pour que vous fassiez l'effort de regarder Scúp, et voici pourquoi : la dramédie est l'inverse d'une découverte palpitante. Oh, je ne dis pas : on s'attache un peu aux personnages, gentillement disons ; et puis l'épisode se laisse suivre. Certes.
Simplement il y a deux handicaps majeurs.
D'abord, ses personnages sont introduits très sommairement ; la révélation très tardive sur Rob Cullan tombe comme un cheveu sur la soupe parce que, sincèrement, aucun personnage n'est fouillé pendant 20 de minutes (sur un épisode qui en dure 25). Il ne nous est pas vraiment utile, arrivés vers la fin de l'épisode, de connaître le background du journaliste pour comprendre qu'il va rester (son discours passionné à Sean a largement suffit pour l'impliquer dans la vie de Belfast et de sa gazette).
Ensuite, parce que si je n'avais pas su que Scúp datait de 2013, j'aurais juré qu'elle datait d'il y a au moins 10 ans. Le rythme est assez mou, le montage et les dialogues n'ont pas plus d'énergie, et très franchement, c'est aussi gris qu'un épisode de Derrick un après-midi pluvieux.

Pour autant qu'on s'intéresse aux questionnements des journalistes du An Nuacht dans le pilote, qu'il s'agisse de leur angoisse quant au sort du journal, ou du dilemme posé par la photo que leur propose Sean (...le coupable pris en photo est en effet le fils de l'un des hommes les plus puissants et les moins aimables de Belfast), il est assez difficile de tenir les yeux ouverts et de vraiment s'investir dans ce visionnage.
Pourtant, vous l'avez sûrement remarqué, Scúp s'intéresse finalement à plein de sujets qui vaudraient le coup d'oeil en temps normal, en tous cas de la part du téléphage curieux : outre l'évocation du scandale du Guardian, qui est une plutôt bonne démonstration de l'habileté d'une série à s'inscrire dans l'actualité sans pour autant en tirer toute son intrigue, l'épisode pose des questions intéressantes sur la survie d'un journal dans une langue régionale (les personnages insistent de façon répétée sur le fait que le journal est l'un des rares en irlandais), la survie de n'importe quel journal dans un contexte de crise, ou encore, sur l'indépendance d'un journal vis-à-vis des puissants, même à un échelon local. Mais dans la façon de faire, ce premier épisode n'est pas très électrisant dans le ton qu'il emploie pour aborder tout cela.
D'ailleurs, l'une des fautes de goût de Scúp est de vouloir prendre pour héros Rob Cullan, alors que celui-ci est interprété de façon à être parfaitement anodin. Rob est un homme sans trait particulier, si ce n'est que de temps à autres, il s'anime par passion pour son métier ; si on le sentait passionné à longueur d'épisode, les choses seraient peut-être différentes, mais ce n'est pas le cas. Et ce héros tellement ordinaire, presque anonyme par sa façon de traverser la plupart des scènes quasiment sans qu'on l'y remarque, n'incite pas à se lancer dans une série, quand bien même elle devait ne durer que 8 épisodes.

Reste que ceux qui, parmi vous, tenteront Scúp, n'auront pas totalement perdu leur temps : il est assez rare de tomber sur une série irlandaise en irlandais, et assez rare, de surcroît, de tomber sur une dramédie sur le journalisme ne tombant pas dans des excès à la Dirt.
Mais il manque clairement une étincelle de vie à ce premier épisode, et c'est finalement le pire des torts.

Note : une dernière anecdote pour la route. Scúp a été écrite par Colin Bateman en anglais, puis traduite en irlandais pour TG4, chaîne publique dont les programmes sont toujours dans cette langue. Le texte original anglais de Bateman a été utilisé pour les sous-titres. Ce qui signifie, si on y pense, que les spectateurs ont entendu les textes adaptés, quand les lecteurs des sous-titres ont eu la version originale ! Quelle drôle d'idée, quand même, plutôt que de prendre un scénariste capable d'écrire directement en irlandais...

14 juillet 2013

Grace under fire

Il est très fréquent, pour ne pas dire systématique, qu'une saison télévisuelle nippone donnée semble avoir "un thème" : deux ou trois chaînes vont soudainement avoir des idées étrangement similaires, et commander des séries dont le pitch est curieusement très voisin. Espionnage industriel ? Effet de mode ? Difficile à dire ; et sans baigner dans l'actualité du pays, il n'est pas aisé de déterminer si des faits divers ou des débats de société y sont pour quelque chose.

Comme on a pu le voir il y a peu, cet été, les parents célibataires semblent être LE sujet dont les séries devaient s'emparer, certes à égalité avec le monde médical. Mais sur ce phénomène, on peut un peu plus facilement trouver des explications.

Il y a quelques mois, en effet, l'équivalent japonais de la Sécurité sociale a commencé à soulever l'idée que les mères célibataires touchaient des allocations trop élevées ; dans un Japon touché par la crise (comme tout le monde, certes), les institutions cherchent en effet à tout prix où des coupes budgétaires pourraient être faites. Alors à qui s'en prendre en priorité ? Eh bien, les mères célibataires semblent être une cible parfaite, puisqu'elles ont tout faux : elles ne sont pas mariées !
Dans un pays où il est de coutume de se dépêcher de convoler dés qu'une femme découvre qu'elle est tombée enceinte hors-mariage, où les enfants n'étant pas inscrits dans le livret familial de leur père subissent des discriminations toute leur vie (accès à l'éducation puis à l'emploi, modalités d'héritage différentes...), et où l'avortement est utilisé comme une méthode contraceptive plus que la pilule (il faut dire que cette dernière n'a été légalisée qu'en 1999, et n'était utilisée, 10 ans plus tard, que par 3% des femmes), avoir des enfants hors-mariage apparait comme une décision irresponsable, pas un choix de vie... et surtout pas quelque chose que l'Etat devrait financer pour tout ou partie. Pour quelques magnifiques échantillons de points de vue japonais sur la question, je vous encourage à lire cet article de JapanCRUSH.
S'attaquer à réduire les allocations d'une population jugée négativement par la société ? C'est presque trop facile !
D'ailleurs, l'idée n'est pas nouvelle : depuis 2008, les allocations accordées aux mères célibataires qui travaillent ont déjà diminué de moitié. Mais ce n'est visiblement pas encore assez.

Ce ne sont sûrement pas ces économies qui sauveraient le Japon de la récession, faut-il cependant noter. En effet, on estime qu'un peu plus de 1,23 million de foyers japonais sont monoparentaux, mais que seulement 115 000 de ces foyers bénéficient d'aides de l'Etat. A vrai dire, 83% des mères célibataires nippones travaillent (en dépit de leur difficile accès à l'emploi, car elles font également face à des discriminations dans ce domaine, et sont de toute façon cantonnées aux jobs à temps partiel), contre 54% des femmes mariées. Pire encore, mais ce n'est visiblement pas le problème de la Sécurité sociale, le taux de pauvreté des foyers monoparentaux, au Japon, est le plus élevé de tout l'OCDE depuis près d'une décennie.
Oh et, le Japon étant un pays très conservateur dans sa conception des rôles genrés, je vous laisse deviner pourquoi je parle indifféremment ici de foyers monoparentaux et de mères célibataires, les pères célibataires étant encore plus minoritaires, limite une anomalie statistique.

En tous cas, et même si en définitive, peu de foyers nippons sont concernés directement par ces problématiques, ce n'est peut-être pas ce qui a inspiré toutes les séries mettant en scène des parents célibataires, cet été, mais une chose semble plutôt claire : cette question d'actualité est au centre de Woman, la nouvelle série de NTV.

Woman

Woman est la réponse de la bergère au berger ; plus encore : c'est un hymne à la force et au courage des mères.
(mais "Mother" était déjà pris... par le même scénariste, Yuuji Sakamoto)

Loin de tomber dans l'écueil du misérabilisme forcené au nom de la pédagogie, Woman est l'une des séries au ton le plus réaliste de ces dernières années au Japon. Et je dis ça alors que je considère le Japon comme un pays beaucoup plus réaliste dans une majorité de ses fictions, surtout si on le compare à la Corée du Sud !

Après avoir raconté la jolie rencontre d'un homme et d'une femme, leur tendre union, et la façon dont ils ont eu deux ravissants enfants, la première partie du pilote de Woman va être intégralement dédiée à nous faire vivre le quotidien aux côtés de son héroïne, Koharu, alors qu'elle mène comme elle peut une vie épuisante. Elle s'occupe en effet de ces deux enfants en bas âge, tout en cumulant au moins deux emplois ; le père, Shin, est décédé... Mais ce n'est, à la limite, pas vraiment la question ici. Woman a d'une certaine façon choisi la facilité en nous parlant d'une veuve, évitant une partie du débat, mais c'est pour mieux écarter tout jugement de la part du spectateur, et l'inviter à entrer sans préconception dans le quotidien de Koharu.

Et ce quotidien quel est-il ? Partir d'un tout petit appartement au bord des voies ferrées avec deux enfants sous le bras, plus les sacs et la poussette, pour les emmener dans un train bondé jusqu'à la garderie. Filer à son premier emploi dans une station service, puis enchaîner sur le second dans une blanchisserie, repartir dans l'autre sens. Faire les courses, le dîner, coucher les enfants, s'occuper des tâches ménagères, faire les comptes... et on recommence le lendemain. Tout ça tout en étant une bonne mère (on ne peut vraiment pas prendre Koharu à défaut là-dessus, elle passe énormément de temps à s'occuper des enfants et leur parler), évidemment.
Ah ça, le pilote de Woman ne donne pas dans le glamour, je vous l'accorde. Et encore, ce n'est pas fini : il faut faire face à la garderie dont les charges augmentent, à un retard qui fait que Koharu se fait virer de la station service, du propriétaire qui refuse qu'elle paye en deux fois... Le surmenage, les factures qui s'accumulent, les repas qu'on prépare plus pour les enfants que pour soi, tout s'empile, et donne une vision cauchemardesque de l'Enfer sur terre. Et quand elle trouve un nouvel emploi dans un restaurant, qui l'oblige ponctuellement à travailler le soir, Koharu est également obligée de laisser les enfants seuls, la nuit, dans l'appartement, avec l'angoisse et la culpabilité que ça implique : ils n'ont que 3 et 6 ans !

Mais l'humiliation ne serait pas totale sans un dernier point que veut aborder Woman ; Koharu se présente au bureau de l'aide sociale, où elle vient demander un peu d'argent, même sous forme de prêt s'il le faut. On lui demande d'abord d'expliciter les circonstances de la mort de son mari (comme si cela avait le moindre rapport !), on lui explique que l'argent ne saurait être dépensé dans des jeux de hasard, avant de lui suggérer de se tourner vers sa famille en premier lieu. Koharu n'a plus de père, et n'a pas parlé à sa mère depuis près de 20 ans ; on lui répond que la procédure exige qu'un courrier soit envoyé à sa mère d'abord, et que si celle-ci accepte d'aider financièrement, l'Etat n'aidera pas Koharu. En attendant, celle-ci est donc contrainte de vendre les quelques biens qui lui restent de Shin... avant d'apprendre qu'elle ne recevra rien, sa mère ayant répondu au courrier de l'aide sociale. Elle a répondu... mais il n'y a pas d'argent, entendons-nous bien.
Après avoir fait la manche auprès d'un employé du bureau, Koharu finit par s'évanouir dans la rue, victime d'anémie, d'épuisement, et de tout ce que vous pouvez imaginer.

C'est alors que commence la deuxième partie de Woman ; sans aller jusqu'à dire que la première n'était que pure exposition, il est clair que l'épisode, en opérant ce tournant, s'éloigne de l'aspect purement factuel de la situation de Koharu. Il s'agit d'apprendre à mieux la comprendre, à mieux ressentir, à ses côtés, ce qu'elle vit.
Car, visiblement furieuse de se voir refuser un prêt par l'aide sociale juste parce que sa mère a répondu à leur courrier, la jeune femme va décider de se rendre là où elle n'est pas allée depuis de nombreuses années... Et là encore, le choix opéré par Woman n'est pas de nous donner des éléments de contexte pour qu'on juge sa décision : la raison pour laquelle elle a cessé de parler à sa mère deux décennies plus tôt est laissée en suspens. Du coup, nous ne sommes pas en droit de décider si sa colère est justifiée ou non : tout ce qui compte, c'est qu'elle fait l'effort aujourd'hui d'y retourner, pour lui demander de retirer son courrier.

Toujours dans la nuance, Woman présente la mère de Koharu sous un jour loin de toute caricature : celle-ci n'est pas une mère indigne. Elle s'est remariée (à un homme que connaît Koharu, donc cela fait un bout de temps) et a une fille (qu'elle appelle "sa fille"... et non l'une de ses filles), et mène donc une vie de famille classique, tout en travaillant à côté.
Koharu, venue avec ses deux enfants, est d'ailleurs plutôt bien reçue, invitée à déjeuner même (c'est elle qui refuse de toucher la nourriture), et entendue par son beau-père puis sa mère sans la moindre difficulté. La scène entre les deux femmes, bien que longuette (environ un quart d'heure !), est poignante, et montre que le poids des ans ne facilite pas la conversation, mais qu'aucune partie n'est foncièrement mal intentionnée.

Cette visite sera aussi l'occasion, deux ans plus tard, de comprendre certaines choses sur les circonstances de la mort de Shin. Une semi-révélation qui n'est pas traitée comme un basculement, mais plus comme une façon de renforcer les dynamiques déjà existantes. Il ne ressortira rien de cette rencontre qui puisse changer la donne ; ce n'est pas le propos de Woman.

Woman accomplit un travail formidable pour nous faire entrer dans les réalités quotidiennes, et difficiles, de Koharu et ses deux enfants, sans pour autant chercher à nous tirer des larmes. C'est sûr que les amateurs de séries "à enjeux" en seront pour leurs frais : prévue pour 6 épisodes, Woman ne semble pas décidée à raconter "une histoire", avec une structure narrative classique, mais plutôt à raconter l'histoire de quelqu'un, son quotidien ordinaire, quelques mois de sa vie à passer à ses côtés.
Personnellement je suis très friande de ce genre de choses, j'aime avoir cette possibilité de faire plusieurs kilomètres dans les chaussures de quelqu'un d'autre, c'est l'une des raisons essentielles pour lesquelles je regarde des séries, à vrai dire, et à plus forte raison étrangères (même si on sera tous d'accord sur l'universalité des problématiques rencontrées par Koharu ici).
Le résultat est d'autant plus précieux que Woman repose sur la performance de Hikari Mitsushima dans le rôle-titre, et que celle-ci est absolument incroyable de sincérité et d'humilité. C'est grâce à sa présence toute particulière, son sens de la retenue, sa délicatesse, que le personnage de Koharu parvient à ne pas susciter la pitié comme dans un dorama-dramatique-qui-fait-pleurer, mais à plutôt inviter le spectateur à partager ses joies et ses peines, à s'imaginer à sa place et prendre la mesure de ce qu'elle vit ; pareille prestation est indissociable de la réussite d'une fiction-chronique comme celle-ci.

Il faudra voir ce qu'accomplira Oh, My Dad!! sur un sujet similaire, mais avec un père notoirement irresponsable (sans parler de STARMAN qui va probablement partir dans une autre toute autre direction) ; pour le moment, Woman exécute en tous cas un sans-faute sur le thème abordé. Avec un peu de chance, la série fera un peu changer les mentalités ?

Mais même si ce n'est pas le cas (à l'impossible nul n'est tenu, et les audiences ne sont pour le moment pas mirobolantes), on aura gagné 6 heures de bonne télévision, et c'est déjà pas si mal. En tous cas, c'était une parfaite façon de lancer la saison en ce qui me concerne ! Prochain arrêt : DOUBLE TONE... espérons que cette saison qui semblait si alléchante poursuive sur sa lancée !

ERRATUM : il semblerait qu'il y ait plus de 6 épisodes, contrairement à ce que j'avais initialement lu. C'est pas moi qui m'en plaindrai.

23 juin 2013

Problem solved

Tout-à-fait entre vous et moi, alors que se conclut ce deuxième #pilotmarathon, je vais vous faire une confession : je dévore des pilotes pendant des journées comme celle-là dans l'espoir d'avoir un coup de coeur. Hélas, cent fois hélas, on ne peut pas tous les jours tomber sur des pilotes comme celui d'Orphan Black. Même pas tous les quinze jours. Est-ce mon choix de séries qui a posé problème aujourd'hui, ou tout simplement mes attentes qui étaient trop élevées ? Dans tous les cas, ce nouveau #pilotmarathon n'a pas exactement apporté l'extase. Ray Donovan a été la dernière série de cette nouvelle journée de découvertes, ce qui signifie que le poids des attentes pèse lourd sur ses épaules...

RayDonovan

Peut-être qu'il y a eu maldonne. Quand j'ai entendu pour la première fois parler de Ray Donovan, j'avoue avoir cru qu'il s'agissait d'une dramédie ; et je me suis dit : wow, entre House of Lies et Ray Donovan, Showtime sait vraiment me gâter !

Mais une fois devant Ray Donovan, la dure réalité m'a frappée aussi violemment qu'une batte de baseball : Ray Donovan n'est pas du tout marrante. J'adorerais voir le quotidien d'un mec qui doit réparer les conneries des autres, mais sur un ton largement plus léger ; j'ai passé la première partie du pilote à essayer de me rappeler s'il n'y avait pas déjà une série qui faisait ça, mais rien à faire, impossible de mettre le doigt dessus (ça m'étonne, donc n'hésitez pas à me corriger en commentaires). Le début du pilote de Ray Donovan accomplissait parfaitement cette mission, avec ce qu'il fallait de cynisme comme je l'aime, et un peu de sordide pour faire bonne mesure (après tout, on n'est jamais vraiment cynique que devant une bonne dose de sordide). Le rythme était bon, il y avait des personnages hauts en couleurs et des petits arrangements avec la vérité qui me mettaient en liesse... Ce qui me plaisait dans Ray Donovan n'était pas forcément très brillant, mais les ratages de ces personnages qu'il faut récupérer, les excès des puissants de Hollywood, cette impression de faire les poubelles des riches et d'être les seuls à en connaître le dégoûtant contenu qui dévoile le vrai visage de ceux qui d'ordinaire nous montrent une perfection de façade... c'est le genre de choses qui m'intéresse, qui m'a toujours intéressée. Dirt n'a jamais réussi à me captiver, mais le thème était là, prêt à être convenablement exploité, il suffisait d'y mettre les formes.

C'est à mi-chemin que le pilote de Ray Donovan a tout d'un coup réalisé qu'il allait durer une heure, et qu'il ne tiendrait jamais à ce rythme. Et là, virage à 180° : tout d'un coup, l'épisode tourne au tragique. Ce qui est précisément la meilleure façon pour moi, qui étais dans ma lancée cynique, de ne pas du tout prendre les choses au sérieux. On aurait dit... écoutez, je sais pas, du Magic City peut-être ? Encore plus nonchalant et dépressif, à vrai dire.
Non que les intrigues personnelles, extrêmement graves (un personnage secondaire Parkinsonien, un autre violé par un prêtre, une soeur qui s'est suicidée à l'adolescence...), soient le problème ; c'est plutôt leur traitement dénué de tout recul ou second degré qui m'ennuie, après le démarrage de l'épisode. La différence de ton est trop grande, c'est limite un choc anaphylactique à ce stade.
Très vite, les screw-ups qui occupaient le début de l'épisode le désertent, laissant notre héros seul avec ses démons, sa femme et sa famille dysfonctionnelle. Il aurait sûrement fallu mieux équilibrer ces deux univers, plutôt que leur réserver une moitié d'épisodes chacun.

Mais le plus intrigant dans tout ça, c'est que même si la fin du pilote m'a laissée un peu les yeux ronds, avec l'impression de ne pas trop être certaine de ce que je venais de voir, plus j'y réfléchis, plus je pense que Ray Donovan a réussi quelque chose avec ce pilote.
Ce premier épisode promet l'imprévisible. Si le ton-même de la série n'est jamais garanti d'un morceau d'épisode à l'autre, si deux scènes différentes peuvent être radicalement opposées au niveau de l'ambiance, si la série s'autorise de traiter la vie de son personnage en passant de la dramédie cynique au drame le plus sombre possible, alors Ray Donovan vient de me garantir ce que peu de séries savent vraiment procurer : le frisson de ne pas du tout savoir dans quoi on met les pieds. Je n'ai aucune moyen de dire si j'ai aimé cet épisode inaugural, ou plutôt, j'en ai adoré certains passages, et ai été circonspecte devant d'autres ; de la même façon, j'espère n'avoir aucun moyen, au terme de ce pilote, de prédire si la série me plaira ou non. Ca semble un challenge intéressant. J'avais besoin que le #pilotmarathon m'apporte une série qui me rive à mon siège ?

Ray Donovan, you had my curiosity. But now you have my attention.

Challenge20122013

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