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ladytelephagy
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14 janvier 2007

Ne me quitte pas : Leaving L.A.

Ca m'a prise hier soir : en farfouillant dans ma téléphage-o-thèque, j'ai retrouvé le pilote de Leaving L.AQuestion 8 et ai été prise d'une envie subite de le regarder une fois de plus. Non sans attrapper au passage mon homme qui a été une fois de plus le cobaye de mes expérimentations de contagion.

Pourquoi regarder Leaving L.A. ? Bon, d'abord parce qu'il y a Christopher Meloni (avec des cheveux !) et que franchement, une série vaut toujours 100 sous de plus avec lui. C'est vrai ça, à bien y réfléchir, où je l'ai vu ? Brooklyn South : j'ai adoré ! Oz : j'ai encensé ! New York Unité Spéciale : je suis addict. Bon, de vous à moi, celui qui arrive à me citer une série navrante avec lui gagne la palme. Voilà, si ce n'est l'unique raison, au moins une excellente raison de se lancer dans Leaving L.A., d'autant qu'il y a véritablement le beau rôle : les meilleures répliques ? C'est pour bibi ! Le sourire charmeur ? C'est pour bibi ! En quelques épisodes il réussit à y être à la fois pleinement lui-même et à la fois un personnage bien à part de sa filmographie, attachant et sympathique. Et puis ce type est simplement un condensé de ce que les hormones mâles font de mieux en ce bas-monde... Il n'a pas besoin de se comporter d'une façon spéciale, ce mec est l'Homme, point barre. Meloni est certainement un de mes 5 acteurs préférés, toutes catégories confondues, si ça c'était pas remarqué.
Belle prouesse, mais c'est pas tout.
Parce que, merde, vous avez vu le reste du casting ? Melina Kanakaredes (pré-Providence), Ron Rifkin (pre-ALIAS), Hillary Swank (pre-Million Dollar Baby)...! Mais que demande le peuple ?!

Tant de talents dans une série ne suffit pas toujours à en remonter le niveau, mais heureusement Leaving L.A. est d'un immense optimisme, qui transparait dans chaque ligne de dialogue. Bien plus que la dépressive et névrotique Six Feet Under, elle est capable de parler de la vie grâce à la mort.

Pourquoi ? Parce que quels que soient les cas abordés (le pilote en effleure quelques uns à lui tout seul), il y a toujours une somme d'amour de l'humanité et de profonde envie de vivre qui se détache. Le dialogue entre Gallante et Simms en fin de pilote est formidable à cet égard :
- C'est un métier intéressant... Il fait réfléchir à plein de choses...
- Il nous fait réaliser à quel point on n'a pas envie de...
- De mourir ?
- D'arrêter de vivre.
Franchement, des séries qui donnent envie de respirer à plein poumons (fusse-t-il l'air vicié de L.A.) et d'aller toujours de l'avant, il n'y en a pas tant que ça. Les personnages qui travaillent à la morgue sont une formidable force de vie, chacun à sa façon : que ce soit le Dr. Bernstein qui fait pousser des légumes sur le toit (ils sont immangeables mais ce n'est pas le sujet) de ce bâtiment-même qui est le dernier relai avant l'enterrement, la brancardière Tiffany qui est d'une patience, d'un amour et d'une compassion sans bornes et qui parle aux morts pour les rassurer, tout le monde semble tirer une incroyable capacité à faire naître la vie là où tout pourrait n'être que désolation. Jusqu'à l'un des personnages qui s'apprête à accoucher d'un épisode à l'autre !

Et cela sans parler du générique qui est une véritable merveille, chaleureuse et porteuse d'espoir (a contrario, j'insiste, de Six Feet Under ; je veux bien qu'il s'agisse d'une très bonne série mais franchement ya de quoi se flinguer avec tout ça !). D'ailleurs si quelqu'un l'a en en video, ne serait-ce qu'en basse qualité, je suis preneuse ! (c'est moyennement pratique de faire tourner en boucle ma VHS...)

Leaving L.A.
fait sans aucun doute partie de ces séries trop peu connues (et avortées : 6 épisodes seulement...) qui pourtant marquent comme au fer blanc.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Leaving L.A. de SeriesLive.

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9 juin 2013

Monsters are not born, they're made

Pardonnez-moi, mon père, parce que je n'ai pas tout regardé. Je sais, c'est péché. Mais entre nous, regarder le pilote d'une série australienne de 692 épisodes, c'est un peu tenter le Diable, quand même ! Sans compter que je ne pense pas avoir déjà regardé de séries australiennes datant des années 70 et qu'il vaut peut-être mieux tenter les années 90 ou 80 avant, histoire d'y aller progressivement. Alors du coup, non, je n'ai jamais vu Prisoner, la série carcérale qui est à l'origine de la naissance de Wentworth (je recommande plus que vivement la lecture de mon petit post historique sur le sujet, d'ailleurs).
Alors, vous me pardonnez, mon père ? Promis, je réciterai trois "Je vous salue Mary Tyler Moore pleine de grâce" pour faire amende honorable.

Wentworth

Parfois la téléphage s'effraie de toujours regarder un peu la même chose. 
Pour vous donner un exemple : quand on me dit "la série met en scène un flic qui...", eh bah ça y est, mon cerveau se met en mode autopilote, je me laisse gagner par l'ennui, alors que finalement ça ne veut rien dire, il y a de bonnes séries avec des flics. Je crois. Bon là je vois pas d'exemple, mais c'est principalement par mauvaise foi. Ca doit forcément exister.
Toujours est-il que parfois, certains sujets peuvent nous inciter à nous tenir à l'écart d'une série, simplement par peur de la redite.
Alors, quand Wentworth dit vouloir accompagner les débuts d'un personnage (fut-il emblématique de Prisoner) dans une prison pour femmes, pardon, mais la téléphage a tendance à réprimer un baillement voire même carrément se braquer. Déjà que, quand la téléphage a tenté Unité 9, la téléphage a été surprise de ne pas y voir une redite de Capadocia... faut ptet voir à pas trop tenter le sort.

Et finalement, même avec énormément de points communs, Wentworth finit par faire vivre une expérience assez différente de celle qu'offre Unité 9.
Ne vous laissez pas abuser par le fait que les choses commencent de façon similaire ; le fait que Bea Smith, comme Marie Lamontagne, soit envoyée en prison, dans un bloc où vivent en commun plusieurs prisonnières, au sein d'un univers dont elle ne connait rien et qu'elle observe avec de grands yeux effarés, n'est que le point de départ à partir duquel les deux séries vont pas mal diverger.
D'abord parce qu'on ne ressent pas du tout l'humanité d'Unité 9, sa prison moderne où les prisonnières se comportent en groupe de façon à peu près civilisée. Ensuite parce qu'on n'est que très peu dans l'exposition ; là où Unité 9 prenait son temps pour parler des premières heures de détention (il avait fallu attendre le 2e épisode, après tout, pour entrer dans le vif du sujet), détaillant la honte, la peur et l'humiliation par le menu, Wentworth s'active afin de présenter sommairement le contexte. L'incontournable séquence de fouille sera en effet présente dans le pilote, mais elle n'a pas du tout les mêmes effets que dans le glacial second épisode d'Unité 9.

Mais surtout, la violence de Wentworth, sans atteindre les sommets d'un Capadocia (ou d'un Oz, pour parler aussi du pendant masculin), est bien plus présente que dans la série québécoise. On s'y sent oppressé, ébloui, désorienté en permanence ; la réalisation se donne du mal pour ça, il faut le dire, jouant sur les éclairages comme les couleurs, ainsi qu'en s'appuyant sur des musiques efficaces en diable, là où Unité 9 se contentait d'un réalisme finalement un peu tristounet par comparaison.
Dans ce monde forcément effrayant, Bea va donc vivre des premières heures bien loin de celles que lui connaissent les spectateurs australiens qui ont gardé d'elle le souvenir d'une meneuse, d'une battante ; elle est le mouton qui vient se faire manger la laine sur le dos par celles qui savent, celles qui maîtrisent les codes.

Le fait que Wentworth soit un "prequel moderne" (comme c'était le cas pour Bates Motel qu'on a pu évoquer plus tôt cet après-midi, d'ailleurs) finit par avoir un sens en soi, en fait : montrer comment, de pauvre victime déphasée, Bea Smith va devenir la chef officieuse de la prison, est déjà un témoignage en soi. C'est comme si les scénaristes disaient : vous savez ce qu'elle va devenir, le rôle de Wentworth est donc non seulement de vous dire comment elle va le devenir, mais aussi, à travers cette évolution, de vous indiquer qu'elle va devoir faire le deuil d'une part d'humanité. Prendre de l'influence ne se fera pas en un jour, et pas sans y laisser des plumes ; le seul pilote, déjà, montre combien Bea est soumise aux influences, aux manipulations, aux punitions, aux accusations. Vu la tournure que prend la fin de cet épisode inaugural, ça ne va pas s'arranger de si tôt ! Et c'est finalement le tragique message de Wentworth, qu'une série carcérale sans l'aspect "prequel" ne pourrait pas dire de la même façon, et en tous cas certainement pas si vite : on n'entre pas en prison en ayant la carrure pour mener les autres prisonnière. Cela s'apprend. Et chaque étape de cet apprentissage coûte.
Bien-sûr, Oz nous dit parfois ce genre de choses, mais jamais de façon aussi nette et crue, et certainement pas de façon aussi définitive. Le fait que Wentworth s'inscrive dans une narration qui la précède de trois décennies lui donne tout son sens, souligne toute sa cruauté.

Dans tout ça, quelques regrets tout de même. D'abord, la façon dont, peut-être, la violence est peut-être trop rapidement présente dans cet épisode ; pardonnez que je me répète, mais les derniètes minutes de cet épisode inaugural sont très éprouvantes, non seulement parce que le téléphage est tenu en haleine, mais aussi, voire surtout, parce que sa confusion est entretenue. Ensuite parce que cela devient peut-être un peu trop rapidement, justement, une question de pouvoir : en-dehors de Bea, les personnages seront assez peu fouillés. Certains, comme Franky Doyle, n'ont pas besoin de l'être beaucoup : les spectateurs australiens qui connaissent leurs classiques savent bien qui est Franky, un autre personnage important de la mythologie Prisoner. Mais c'est beaucoup plus dommage pour la plupart des autres, réduits à quelques passages un peu stéréotypés (comme la petite vieille qui s'est mis en tête de rétablir la paix dans le bloc H, ou la mère qui vit là avec sa petite fille en bas âge...). Evidemment, cela n'empêche nullement ces personnages de se développer progressivement : on parle bel et bien d'un pilote ici, tout n'est pas joué. Mais il ressort une impression de superficialité, voire peut-être même de gratuité, qui ne donne pas envie. Dans un registre similaire, Capadocia donnait plus de substance à ses héroïnes.
Enfin, et il faut le noter (je vais aller lire quelques reviews maintenant que j'ai vu le pilote, je pense que plusieurs critiques australiens doivent l'avoir relevé), il y a une certaine victimisation de Bea Smith ; les raisons de son incarcération ont changé, et ce n'est pas innocent. Au lieu, comme dans Prisoner, d'avoir étranglé la maîtresse de son mari et abattu celui-ci, Bea s'est ici rebiffée contre un mari violent qu'elle a cherché à empoisonner au gaz de pot d'échappement. Une fois, juste une fois, j'aimerais qu'on essaye de m'inciter à me mettre dans la peau d'une vraie criminelle, pas d'une criminelle avec des circonstances atténuantes qui justifieraient presque le spectateur plaide pour qu'on relâche la pauvre femme.

L'expérience Wentworth vaut donc la peine, même si, comme moi, vous n'avez pas fait l'effort de regarder la série originale Prisoner. Il ne faut cependant pas vous attendre à une claque, ou en tous cas, pas une claque durable : les effets de ce pilote s'autodétruisent quelques minutes après son visionnage, vous laissant, à la place du souffle coupé qui était le vôtre au terme du pilote, avec une curieuse impression de vide. La vérité se situe sûrement quelque part au milieu...

Challenge20122013

23 juin 2013

Affaire classée

En ce dimanche radieux... en ce dimanche, nous voici donc en route, comme annoncé, pour un nouveau #pilotmarathon. Vous en connaissez le déroulement : il s'agit pour moi de regarder des pilotes toute la journée (...et vous savez combien ce genre de chose m'est pénible), de livetweeter mon visionnage sur Twitter, puis de venir vous proposer une review dans la foulée. Il y a deux semaines, ça avait donné 10 pilotes visionnés en une journée, mais on ne fait pas les comptes, l'essentiel étant de se régaler de délicieux pilotes toute la journée et d'en papoter ensuite avec vous. Bon, "délicieux" n'est peut-être pas toujours le mot qui convient...

KingandMaxwell

Je ne sais pas ce qu'au juste j'attends d'une série de TNT. S'il est vrai qu'en général, j'essaye de ne pas généraliser par chaînes (je ne dis pas que je réussis toujours, mais j'essaye d'éviter les jugements à l'emporte-pièce), tant la qualité de programmation de nombre d'entre elles peut varier énormément d'une série à l'autre, TNT est sûrement celle dont j'attends le moins de bonnes surprises.
Le pire, c'est que les séries de TNT ne sont pas d'odieux navets. Ou rarement. Je me souviens avoir passé un moment plutôt décent devant Perception, j'avais même hésité à poursuivre au-delà du pilote, pour finalement me raviser sachant pertinemment que cette soudaine envie de suivre un procedural était due à des facteurs irréalistes ("oh oui, regardons un procedural, genre que je déteste, parce que tout ce qui ne touche pas au procedural est intéressant dans ce procedural", admirez un peu la logique). Et j'ai regardé environ une saison et demie de Falling Skies, après tout. Comme quoi, rien n'est impossible.

Mais me retrouver devant King & Maxwell m'a rappelé tout ce que je déteste sur cette chaîne, avec ses The Closer et ses Major Crimes insupportables. La différence, c'est que King & Maxwell aurait pu offrir quelque chose d'un peu différent dans ce panorama, qu'elle en a en fait la possibilité matérielle, démontrée lors de son pilote, mais que rien à faire, la série va s'enfermer dans tous les mauvais tics de procedurals comme on en fait depuis les années 80/90, jusque dans l'esthétique paresseuse.
Tout y est : le duo de flics qui va se quereller gentillement pendant tout l'épisode (et, si on est le réalisateur du pilote de King & Maxwell, se regarder de longues secondes à la fin de chaque acte pour faire genre ya un suspense), l'enquête qu'on réalise avec une bonne dose de débrouille et de culot parce qu'on a une autorité sur le dos (ici, le FBI, qui ne fait pas spécialement copain-copain), et le bon quota de scènes d'action-ou-à-peu-près avec des pistolets qui pétaradent.

Pourtant King & Maxwell n'est pas une série dans laquelle le fait que les deux personnages aient auparavant travaillé pour les services secrets est totalement anodin, comme j'avoue que je le craignais au départ. Oui, aujourd'hui Sean King et Michelle Maxwell sont détectives privés, mais cet élément fait partie non seulement de leur backstory, il lance aussi l'intrigue de ce pilote, et leur permet d'enquêter sur quelque chose de vraiment, vraiment plus intéressant que les procedurals classiques avec leur lot de meurtres qu'on a réussi par apprendre à considérer, en 13 ans, très ennuyeux et plus vraiment palpitants. Il y a une vraie dimension d'espionnage qui aurait permis à la série de tirer son épingle du jeu. Certes, il est dommage qu'une série approchant les thèmes de l'espionnage se contente d'une structure procédurale ; mais si Covert Affairs peut s'en sortir tout en se passant plus ou moins de fil conducteur, pourquoi pas d'autres séries ?
Le soucis c'est donc que chaque fois que King & Maxwell va s'approcher d'un truc intéressant, elle va faire ensuite un gros pas de côté pour éviter de l'incorporer à sa structure. Parce qu'il ne faudrait SURTOUT PAS faire un truc un peu original, hein !

L'intrigue de ce premier épisode va l'air de rien nous emmener vers un Cerebro comme tout droit issu des X-Men, avec un personnage autiste capable de jongler avec les informations de façon assez incroyables, ce qui aurait donné une touche bien particulière à King & Maxwell. Mais pas du tout. A la fin de l'épisode, King & Maxwell, dans son insistance pour être aussi interchangeable que possible avec n'importe quel buddy cop show, range tout ça au placard et décide qu'on va continuer comme si de rien n'était. Parce que rien ne fait autant peur à une série de TNT que la prise de risque ou l'innovation.
C'est rageant parce que, comme je le disais, ç'aurait pu apporter quelque chose de frais. Mais il est vrai qu'en-dehors de ces quelques petites touches, le pilote de King & Maxwell est ennuyeux au plus haut point, avec des répliques cheap, des acteurs qui cabotinent faute d'avoir du matériel pour faire autre chose, et une intrigue cousue de fil blanc qui sera résolue, quoi qu'il en coûte, avant la fin de l'épisode. Et ça coûte un peu trop cher, de mon point de vue...

*soupir* Ce n'est pas encore aujourd'hui que j'aurai envie de recommencer à suivre une série où Jon Tenney a le rôle principal. C'est rageant, mais d'un autre côté, c'est pour mon bien.

Challenge20122013

9 juin 2013

Même pas peur

Il est de notoriété "publique" que je suis facilement impressionnable. Les quelques posts dans lesquels j'ai évoqué The Walking Dead le confirment, en cas de doute. Et du coup, c'était pas trop mon année, entre The Following, Hannibal, Hemlock Grove et autres Bates Motel, sans parler de la nouvelle saison d'American Horror Story, j'avais de grandes chances pour dormir lumières allumées pendant une bonne partie de la saison. Jusque là, en-dehors de The Following (dans laquelle le plus atroce était sûrement le scénario), je ne m'étais pas trop risquée à aller regarder ce qui s'était fait dans le domaine du gore et/ou de l'horreur. Mais à la faveur du #pilotmarathon, j'ai décidé de me prendre en main, et me voilà à toquer à la porte du Bates Motel...

BatesMotel

C'EST TOUT CE QUE T'AS, NORMAN BATES ?
Evidemment, je m'attendais à bien pire : c'est le propre des petites natures. On commence à nous dire que quelque chose est malsain, on nous le vend comme sûrement un peu choquant, et on nous rappelle que c'est prequel d'un célèbre film d'épouvante (que je ne me suis, pour les mêmes raisons, pas amusée à regarder ; déjà pas courageuse, alors téméraire...), et tout de suite on se fait des idées. On prend des précautions. On programme une touche d'appel rapide pour les urgences. On pose des miroirs autour du bureau pour garder un oeil sur la porte d'entrée. On camoufle un ours en peluche près de l'écran de l'ordinateur. Ce genre de menus détails auxquels on reconnaît les chochottes comme moi, quoi.
...Et finalement, en-dehors, attention au spoiler après la virgule, d'une scène de viol insoutenable (j'aime à penser que c'est le propre d'une scène de viol, à la rigueur), vraiment ça s'est très bien passé.
Fin du spoiler.

Ah, je ne dis pas qu'on s'éclate, dans Bates Motel. Faut ptet quand même pas pousser. Mais enfin, même la relation mère-fils malsaine, finalement, on s'y fait. C'est atroce à dire, mais une fois qu'on a compris la dynamique entre les deux personnages, on ne voit même plus qu'à moitié le problème.
D'ailleurs, maintenant qu'on en parle, je crois que ma tolérance aux familles profondément dysfonctionnelles est inversement proportionnelle à ma tolérance aux scènes de violence, à la réflexion. Pas encore décidé de ce qui était pire...

Mais enfin, voilà, finalement, en-dehors d'une scène un peu difficile (et je doute qu'il s'en passe une comme ça à chaque épisode, en plus), j'avoue mal comprendre l'intérêt de Bates Motel. Encore une fois, je n'ai pas vu le film, et ça m'aiderait sans doute à saisir des enjeux que je ne vois pas pour l'instant (sans même parler des références qui apparemment pullulent dans ce premier épisode, d'après ce que j'ai cru lire çà et là), mais sans avoir vu le film, je me dis que je ne comprends pas le soucis.
Peut-être que le soucis devrait venir d'une séparation entre Norman et Norma, d'une fissure, d'une rupture brutale. Mais comme ceux-ci passent leur temps à se réaffirmer leur tendre romance mère-fils, bon, non, je les trouve finalement plutôt pépères.

Ah ah ah, c'est tout ce que t'as, Norman Bates ? Si c'est comme ça, je commence Hannibal !
...Arrêtez-moi, je vais me faire du mal.

Challenge20122013

19 avril 2013

What happens in Paradise, stays in Paradise

La première saison de Bunheads écoulée, je n'avais pas encore écrit de review sur celle-ci, parce que, bon, bref, passons. Mais à la faveur d'une intégrale cette semaine, je me suis dit qu'il était grand temps d'en dire quelques mots. Et je préfère vous préparer psychologiquement : ils seront dythirambiques.
Majoritairement.

Bunheads avait vraiment été un coup de coeur pour moi l'été dernier ; le preair du pilote figure facilement dans le Top3 des épisodes que j'ai le plus regardés en 2012, et je ne parle même pas des extraits que je me suis gardés pour pouvoir rire un bon coup de temps en temps. L'énergie de ses épisodes était très communicative, et ce, en dépit de son pitch pas forcément très excitant pour une trentenaire telle que moi. Mais voilà : lorsque l'on parle de Bunheads, il est difficile de ne pas mentionner Gilmore Girls, les deux alliant une efficacité redoutable à une ambiance chaleureuse et tendre, faisant qu'il est difficile de résister à l'une comme à l'autre. C'est d'ailleurs, indirectement, comme ça que j'en étais arrivée au Grand Marathon Gilmore Girls De 2012.

WhathappensinParadise

Il y a quelques mois, dans mon post sur ce marathon justement, je vous disais : "'il s'avère que Gilmore Girls est une série sans enjeu ni objectif. On peut le vivre comme un défaut mais c'est un choix qui est pleinement assumé, après tout, alors autant prendre les choses du bon côté. Gilmore Girls ne fonctionne pas, jamais, avec un horizon précis. Quand une saison commence, par exemple, elle ne pose jamais d'objectif à long terme pour ses protagonistes. La série ne les mettra jamais dans une situation indélicate à résoudre avant la fin de la saison, par exemple, ou ne posera jamais un axe qui nécessite de se développer dans un but affiché. Tout dans Gilmore Girls respire au même rythme que vit Stars Hollow ; il n'y a pas de pression, pas d'impératif ; la vie se déroule et on est invités à la suivre, tranquillement, mais on ne regarde pas cette série-là pour autre chose, et surtout pas pour les sensations fortes". C'est sensiblement la même chose pour Bunheads. Choix qui est d'autant plus étonnant que son pilote pose les bases d'une intrigue plus complexe, puisque, attention il va y avoir un spoiler jusqu'au prochain paragraphe : un personnage meurt à la fin du premier épisode. Comment notre héroïne, Michelle, mais aussi sa belle-mère Fanny, vont-elles gérer le deuil ? Comment s'adapter à la nouvelle situation qui naît de cette tragédie ? On pourrait s'attendre à ce que la problématique de Bunheads, par voie de conséquence, soit le deuil, mais absolument pas : c'est un sujet qu'elle cantonnera, en essence, à une poignée des premiers épisodes de sa saison, ne souhaitant ni s'embourber dans le drame-dramatique-qui-fait-pleurer, ni dans une situation qui risquerait de tourner en rond.
En conséquence de quoi, Bunheads peut sembler, comme sa grande soeur de la CW, un rien volage, et ses personnages peut-être un poil trop résilients. S'il y a clairement des enseignements qui ont été tirés des aventures à Stars Hollow par Amy Sherman-Palladino, la rigueur n'en est pas un, et le ballet des intrigues, des sentiments, mais aussi des personnages secondaires, va être légèrement inconsistant.

Qu'importe. Bunheads réussit sa mission essentielle, et ce que vous venez de lire est la seule chose vaguement négative que j'aie à en dire... et elle est toute relative, comme vous l'aurez compris.
Cette mission essentielle n'est d'ailleurs pas, contrairement à ce qu'on pourrait craindre, de créer des vocations de ballerines à travers le pays, mais bien de suivre des personnages attachants, positifs, et passionnants. Le défi est de ce côté-là remporté.

Ce qui frappe d'ailleurs dans Bunheads, plus encore que dans son ancêtre qui déjà n'était pas à plaindre en la matière, c'est avec quelle ferveur la série s'attache à brosser des portraits féminins complexes et foisonnants. Une fois de plus, les hommes occupent au mieux le fauteuil du passager, au pire disparaissent presque totalement de certains épisodes.
Comptons-les ensemble : il y a Michelle, évidemment, danseuse au potentiel gâché par son absence de focus dans la vie ; sa belle-mère Fanny Flowers, prof de danse qui n'est pas aussi psychorigide qu'elle ne le paraît ; Sasha, l'étoile de l'académie de danse au tempérament insupportable ; Bettina alias Boo, la petite rondelette pleine de doutes mais aux pieds bien sur terre ; Virginia aka Ginny, la petite pile d'énergie ; et enfin Melanie, la grande perche à l'assurance à toute épreuve. A cela encore faut-il ajouter des personnages moins présents sur le plan des intrigues, mais faisant totalement partie de l'univers de la série, telles Truly, l'ex du mari de Michelle, totalement dérangée ; Sam, l'une de ses amies et habitante de Paradise n'ayant pas sa langue dans sa poche ; Milly, soeur de Truly et véritable Margaret Thatcher en puissance ; ou encore Talia, meilleure amie de Michelle et danseuse à la bonne humeur chevillée au corps. Après on peut rentrer dans les détails et évoquer les danseuses de la compagnie qui s'invitent dans les dialogues (la petite Matisse, l'élégante Cozette...) ou les personnages hauts en couleur qui jalonnent la ville bien que ne faisant que de brèves apparitions (l'exubérante meilleure amie de Fanny, la femme du patron du surf bar...), mais dans tous les cas, la majorité des meilleurs rôles reviennent aux femmes, c'est indéniable. Fidèle à elle-même, Amy Sherman-Palladino nous offre, qui plus est, des personnages de femmes à la fois totalement décalés et réalistes ; en dépit de l'épidémie de dinguerie loufoque qui sévit à Paradise, les personnages parviennent tous à s'imposer comme des humains et pas seulement des ressorts comiques. Et dans combien de séries ce genre de choses est-il possible ?

Dans tout ça, qu'en est-il de la danse ? Plus qu'aucune série à vocation musicale du moment (oui-oui, j'ai bien dit aucune, et en adressant un regard en coin à Glee, Nashville et Smash encore), Bunheads se fait forte de toujours employé ses séquences dansées de façon raisonnable et intégrée à l'histoire : les auditions, les spectacles, s'ils ont évidemment une grande fréquence qui ne saurait être un hasard, ne sont jamais des prétextes. On assiste d'ailleurs plus souvent aux entraînements qu'aux répétitions, ce qui implique un point de vue plus technique qu'esthétique sur le fait de danser. Tout glamour étant définitivement abandonné dés que les petites recrues de la Paradise Dance Academy se photographient les ampoules aux pieds !
Quant aux quelques rares scènes qui montrent des passages dansés hors de toute intrigue, ils ne sont pas non plus des prétextes mais de véritables expressions du ressenti d'un personnage donné. Ces numéros, évidemment irréprochables du point de vue technique, peuvent surprendre d'un point de vue narratif, d'autant qu'ils ne sont pas présents d'entrée de jeu dans la saison et qu'ils ont tendance à clore les épisodes, et non à être insérés dans leur déroulement ; cependant leur valeur artistique, et la façon dont ils mettent en lumière les sentiments d'un personnage donné, est incontestable, ajoutant à Bunheads une profondeur qui lui va à ravir.

C'est que, derrière ses personnages fou-fous, sa petite ville balnéaire pleine de petits détails incongrus, et ses répliques-TGV (mais ça allait sans dire), Bunheads est une série autrement plus sombre que ne l'était Gilmore Girls. Le choix d'avoir pour personnages centraux, la majeure partie du temps, des adultes (les 4 jeunes danseuses n'occupant le devant de la scène que sporadiquement, ou alors pour mettre en valeur l'intrigue de Michelle, comme sur la fin du season finale), et a fortiori des adultes au tempérament foncièrement indépendant, offre une série au goût étrange. Là encore, il est tellement rare qu'une série ait pareille démarche : Bunheads s'adresse de toute évidence au premier chef à des adolescentes, mais ne leur offre pas exactement une vision édulcorée du monde adulte ; dans la série, Michelle et Fanny sont des personnages dont les regrets sont fondateurs de la personnalité, et qui passent, en outre, par des problèmes d'adultes (deuil évidemment, mais aussi problèmes d'argent, un fil rouge peut-être pas toujours très bien employé, mais omniprésent). Il est vrai que ce n'est pas forcément très excitant pour le public-cible d'ABC Family, mais enfin, reconnaissons à la série cette qualité : elle n'offre pas une vision idéalisée de l'âge adulte.
Ni de l'adolescence, d'ailleurs, puisque Sasha (résolument le personnage adolescent-clé de la série) est un petit être tourmenté, colérique, déchiré, et pourtant si vivant, si impressionnant. Sa fin de saison, même si elle sera légèrement bâclée (changer le focus pour braquer les projecteurs sur une autre bunhead semble brutal), sera la preuve d'une jolie évolution vers l'âge adulte.

Le mot-clé est évidemment "si". Car le pire, c'est que les pontes d'ABC Family vont nous ressorir un Huge sur ce coup-là, si on les laisse faire...
Bunhead est pourtant une petite perle à part dans le paysage télévisuel américain, capable à la fois d'avoir ce goût authentique typiques des petites villes (qu'avait déjà Gilmore Girls) et de montrer un pays qui, même perdu dans un coin d'Amérique où on ne met pas de panneau d'avertissement devant les routes privées, peut se montrer progressiste et ouvert. L'Amérique d'Amy Sherman-Palladino a toujours "the best of both worlds" à proposer, et on voudrait qu'elle le propose plus longtemps, et tant pis si la showrunner et l'héroïne principale ont comme point commun de manquer de rigueur et de focus : la balade est si belle.

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20 février 2013

Liquidation de la communauté

Il y a quelques jours, 20minutes sortait un piteux "article" sur le thème "Regarder des séries en couple, un enfer ?". A lire à vos risques et périls, parce que, vraiment, c'est honteux d'appeler ça un article (et ça a dû l'être plus encore à écrire, mais je ne juge pas, on a tous des factures à payer).
Constitué d'anecdotes énoncées par des personnes qui, même de mon point de vue, relèvent de la psychiatrie lourde, ce... texte répertorie les raisons pour lesquelles regarder des séries en commun avec sa moitié n'est pas une sinécure, parce que la natation en verre d'eau est un sport de haut niveau qui n'est pas à la portée de tous.

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, il n'y a rien de plus facile que de rester fidèle à ma nature et mes envies téléphagiques quand je suis en couple. A partir du moment où il est clair que je suis une téléphage et j'ai des besoins, on s'arrange, vraiment. Ça ne mérite même pas que je vous donne des exemples. Alors naturellement, il y a toujours des petits hics de temps à autres (genre l'un de mes copains aimait regarder des trucs pourris ; je reste imperméable au concept de guilty pleasure, alors forcément ça pouvait coincer...), mais globalement, c'est quand même un truc génial que de savoir qu'on a une série à regarder ensemble, et/ou une série à regarder chacun de son côté. Et surtout, pas mal de découvertes mutuelles à faire.
Je le vis un peu comme un test de compatibilité, en fait : ce qui est valable pour les séries le sera pour le reste.

Vous croyez que regarder une série avec son conjoint/sa conjointe est une aventure ? ESSAYEZ DE VOUS EN SEPARER.

Divorce

Premier problème : déterminer qui aura la garde des DVD achetés en commun.
Alors effectivement, pour les séries qu'on regarde chacun de son côté, ce n'est pas un soucis. Mais quand soudain il s'agit de faire des cartons, et qu'on commence à découvrir que, il y a 7 mois et 9 jours, pendant qu'on se baladait main dans la main dans une FNUC, on a eu envie de s'acheter la première saison d'un truc qu'on avait absolument adoré quand on l'avait téléchargé et regardé ensemble, , les choses commencent à dégénérer. Au début, quand on fait encore mine de se la jouer séparation à l'amiable, quelques politesses peuvent être échangées autour de séries qu'on va, d'un geste noble, laisser à son ancienne moitié. Pourtant, à un moment, il faut bien aborder les sujets qui fâchent.
C'est alors que les négociations peuvent commencer, avec plus ou moins de bonne foi de part et d'autre :
"Je l'avais bien aimée cette série...
- Oui enfin, je l'avais aimée plus que toi, quand même.
- Je te demande pardon ? C'était mon idée de télécharger le pilote !
- Ah, alors, c'était mon idée d'aller à la FNUC, si on va par là...!
- Bah bien-sûr, allez !!! Récupère tous les DVD au point où t'en es ! C'est quand, la dernière fois que tu n'as PAS eu l'idée d'aller à la FNUC ?!" D'un autre côté, il marque un point.
S'en suit une discussion où bizarrement vous aimez TOUS LES DVD. Ouais, même celui-là tout pourri, là, acheté sur un coup de tête dans une brocante. Parce que, mais si, en fait elle était drôle cette série, ça vous revient maintenant. Et surtout vous avez de plus en plus de mal avec l'idée que l'autre pourrait garder quelque chose. Quoi que ce soit. C'est intolérable. En cet instant, tout ce que vous avez vu pendant les années 90 dans Cas de divorce a énormément de sens. C'est la seule fois. Plus l'autre veut garder un coffret, plus vous réalisez que vous adorez la série concernée : "MAIS ARRETE TON DELIRE, J'ADORE CETTE MERDE, SANS MOI JAMAIS TU L'AURAIS REGARDEE !".
Résultat des courses, il s'agit bien plus de compter le nombre de coffrets que chacun a dans les bras, que de quoi que ce soit d'autre, et chacun fulmine de son côté de ce que l'autre a obtenu dans les négociations. Alors ouais, j'ai obtenu l'intégrale des 712 saisons de chais plus trop quoi, big deal : lui, il a eu la saison 1 de Star Trek DS9 !

Haha, mais ça c'est rien ! Le pire, c'est quand, quelques semaines plus tard, vous vous apercevez que vous aviez la saison 1 de telle série avant de vous mettre ensemble, mais que vous avez acheté la saison 2 en commun, et que, pendant les âpres discussions de séparation des biens, l'autre a obtenu la saison 2. Et paf, il ne vous reste plus qu'à racheter la saison 2. Et ça, ça énnnerve. Et pendant des semaines, c'est, comme par hasard, le seul truc que vous ayez envie de regarder.
A côté de ça, vous avez toujours dans vos étagères l'intégrale de la série que l'autre aimait, et que vous avez, pour une raison qui échappe à votre compréhension à présent, bataillé pour garder (il faut dire que vous étiez beaucoup moins calme quand s'est déroulée la discussion en question). Vous ne la regarderez jamais, mais au moins, vous l'avez.

Deuxième problème : trois semaines après la séparation, même pas, vous étiez invités tous les deux à aller passer une soirée chez des copains pour un marathon de la série que vous adorez, vous aviez complètement zappé, mais là, on y est, et le jour dit, il faut donc y aller. Le soucis, c'est pas que ça se passe chez des copains (non, en fait il a été plus facile de se diviser les copains que les DVD), aucun risque de vous croiser tous les deux là-bas. Le soucis, en fait, c'est que vous êtes puissamment conscient que vous étiez supposés y aller ensemble. Et surtout que, désormais, dés que vous allez regarder un épisode de la série en question, vous allez penser à votre ex. Donc vous allez à la soirée d'une humeur de chien, et toute la nuit, enfoncé dans les coussins du canapé jusqu'au menton, vous gardez la mâchoire serrée ; vous n'appréciez même pas l'intégrale qui défile sous vos yeux, vous contentez de haïr la terre entière.
Qui vous le rend bien : vous n'êtes plus jamais invité à une nuit-marathon chez ces amis-là.

Plus généralement, la simple mention d'une série dont vous n'avez même que vu le générique ensemble vous arrache le coeur, les tripes, et très franchement, tous les organes internes. Moi par exemple, suite à l'une de mes ruptures, c'était A la Maison Blanche. Putain, j'ai mis des mois à m'y remettre. Chaque fois que je me calais devant un épisode, immédiatement je me rappelais dans quel position on avait regardé ce même épisode quelques mois plus tôt : "est-ce que cette fois-là on était en train de spooner ? Ou bien j'avais ma tête sur sa cuisse ? Ah, le soir de la fusillade, il portait son putain de peignoir que je détestais !"... Et vous avez beau tenter de vous concentrer sur les histoires de Bartlet, tout ce qui importe, en cet instant, c'est que cette saloperie de peignoir que vous aviez en horreur n'est pas calé sous votre tête ; osons le dire, vous avez les facultés de concentration d'un spectateur de Ma famille d'abord. C'est insupportable. A bien des égards.
Alors, c'est fatal, le DVD finit par échouer dans le fond de votre telephage-o-thèque, où il va pourrir jusqu'à ce que vous vous soyez remis de la séparation. Ca peut prendre un peu de temps. Par contre, c'est marrant plus tard de mesurer l'épaisseur de la couche de poussière, et d'essayer de dater au carbone 14 la dernière ouverture du boîtier.

Après, si comme moi vous êtes méchamment atteints de téléphagie, il y a l'autre cas de figure : vous réalisez que vous vous êtes quand même tapé une intégrale d'une série dégueulasse par amour, parce que lui, il l'aimait bien, et que les 5 saisons passées devant les épisodes sont autant d'heures de votre vie qui ne vous seront jamais rendues. Et soudain, la simple existence de la série en question cristallise tous les reproches que vous adressez à votre relation désormais morte et enterrée : ces N années passées avec votre ex sont autant d'heures de votre vie qui ne vous seront jamais rendues ! En fait, les goûts pourris de votre ex sont une raison de plus de l'avoir plaqué (mais si, c'est vous qui l'avez plaqué, mais si). Et vous devenez aigris à la simple mention d'une série que comme par hasard 71,2% de votre timeline sur Twitter considère comme un absolu classique à mentionner à longueur de journée avec nostalgie. Vous n'exagérez presque pas.

Et encore, si vous avez du bol, ça vous fait ce genre de coup pour une série déjà finie, une intégrale que vous vous êtes faite ensemble.
Mais il n'y a rien de pire que de découvrir que, quelque chose comme deux mois après la rupture, la nouvelle saison de la série que vous dévoriez ensemble reprend. En fait, tout d'un coup, vous ne l'aimez plus du tout cette série. Et vous ne la regardez plus du tout non plus. C'est fini, ça vous a tout coupé. Et peu importe que ce soit l'une des séries qui fasse le plus parler d'elle à ce moment-là, c'est foutu.
Ce sans parler des pincements de coeur quand, dans le cadre de vos attributions dans tel ou tel autre projet, vous êtes supposé aborder l'actualité de cette série. Il y a de quoi vous en écoeurer à vie.

...Parce que le coeur du problème, si je puis m'exprimer ainsi, c'est que non seulement on s'investit dans un visionnage de série en tant que téléphage, mais en plus, on y accroche des souvenirs. Pas systématiquement, mais souvent. Pour reprendre mon exemple, je suis capable de me souvenir avec précision des conditions dans lesquelles j'ai découvert Pushing Daisies, comment j'étais assise, la température qu'il faisait... la densité de l'air, pour un peu ! Or, on a tendance à mémoriser encore plus les expériences si on les partage avec quelqu'un qui compte à ce moment-là. Et de ce fait, mon histoire avec de nombreuses séries s'entrelace avec celle que j'ai avec... pas autant d'hommes (faut pas exagérer) mais quand même quelques uns. Et même quand les blessures de la séparation sont loin, encore aujourd'hui, il m'est difficile de ne pas penser à CE type-là en lançant un épisode d'A la Maison Blanche.

Alors, difficile de regarder une série ensemble ? Ha ha ! Je me gausse.

7 février 2013

Some like it raw

Il y a maintenant 2 ans, j'ai été investie sur Twitter d'une noble mission : trouver le pilote de la série irlandaise Raw. Très vite, cette mission est devenue une affaire personnelle, car non seulement trop peu de séries irlandaises nous parviennent, mais en plus, une série sur le monde de la cuisine et la restauration, pardon, mais je me sens directement concernée, là.
Bref, il aura fallu 23 mois pour que je vienne à bout de mon objectif, rté ne commercialisant plus les DVD de Raw (sinon ç'aurait été trop facile, vous comprenez) et le pilote étant largement introuvable sur la toile. Mais ça y est, c'est fait, et je vais donc pouvoir vous parler de cette série irlandaise.
Et si vous trouvez que c'est quand même un putain de hasard qu'on parle de séries irlandaises deux jours de suite, bah vous avez tout simplement compris par quel cheminement, en cherchant les épisodes de Prosperity, j'ai enfin mis le grappin sur Raw.

Raw

Raw, c'est le nom d'un restaurant de Dublin qui a ouvert ses portes il y a tout juste un an, et qui appartient à un couple marié : Tanya, qui est la manager, et Mal, le chef. Le problème, c'est que le restaurant est supposé célébrer un an d'existence alors que Mal a totalement disparu de la circulation la veille, et que même Tanya ignore où il est passé. C'est donc au sous-chef, l'explosif Geoff, qu'incombe la tâche de faire tourner la boutique ce soir-là, chose qui ne sera pas facilitée par le fait que le barman Bobby a des soucis d'ordre personnel qui vont s'inviter entre les murs du restaurant, ou que la cuistot Jojo a proposé à son frère (un avocat qui a décidé de planter son job ET de quitter sa femme le même jour) d'officier comme commis de cuisine afin de donner un coup de main. Bref, c'est le bazar.

Dans une ambiance qui rappellera légèrement celle de Kitchen Confidential (ah, Kitchen Confidential... peu importe si je suis la dernière personne au monde à penser à cette série !), celle d'un restaurant plutôt haut de gamme où intrigues personnelles et problèmes typiques de l'univers de la restauration se mêlent, Raw va donc nous offrir la possibilité de suivre quelques heures de la vie de ces protagonistes, et notamment de Jojo qui est résolument notre héroïne, et qui s'avère très vite être un personnage très attachant.

Jojo, incarnée par Charlene McKenna (qui prête actuellement ses traits à Rose dans Ripper Street), est en effet un petit bout de femme plein d'énergie, de répondant et de tempérament, qui vit en colocation avec Bobby et qui, si on en croit l'introduction de ce pilote, se soucie plus de passer du bon temps et de faire la fête, que de faire bonne impression. Très vite, ce personnage qui est "one of the boys" dans un milieu éminemment masculin se pose comme très décontracté, mais on va aussi découvrir qu'elle n'est pas non plus un simple "garçon manqué" blagueur, et qu'il y a des choses qui revêtent de l'importance à ses yeux, comme la cuisine elle-même, par exemple ; même si Jojo est quelqu'un d'assez peu prise de tête, elle n'est pas totalement irresponsable, et il y a des choses qu'elle prend très au sérieux, à commencer par la vie du restaurant lui-même (j'ai cependant adoré l'échange avec son frère : "You are not allowed to fuck up ! That is MY area and I'm VERY good at it").
Ainsi, sans être excessivement sentimental, le personnage de Jojo a tout de même une certaine profondeur, mais aussi un solide humour (et des moues géniales), et c'est d'autant plus facile de cette façon de s'y attacher. Nous allons donc traverser le pilote à ses côtés, tandis que la police débarque dans la petite maison qu'elle occupe avec Bobby à la recherche de drogues dures (oui, quand même), quand son frère vient la voir parce qu'il vient de faire des changements drastiques dans sa vie, ou au moment du coup de feu au Raw.

Mais Raw est un ensemble show avant tout. D'ailleurs, le nombre de personnages et donc d'intrigues introduits dans cet épisode est assez vertigineux.
Cela confère à l'épisode un rythme très soutenu, qui permet de se plonger dans l'ambiance survoltée du monde de la restauration, et cela, quand bien même on passe finalement assez peu de temps aux fourneaux (à mon grand regret puisque, comme j'ai eu l'occasion de vous le dire pour Pasta, je pourrais regarder ce genre de scènes pendant des heures). Lorsque l'épisode atteint son point d'orgue pendant l'heure de pointe au restaurant, pourtant, le pilote répond parfaitement aux attentes qu'on peut avoir sur une série parlant de la vie d'un restaurant ; efficace en diable, cette séquence, portée par Geoff qui doit se démener comme un beau diable pour faire tourner la machine en l'absence de son propre patron, est vraiment le meilleur passage de cet épisode inaugural à mes yeux.

Raw étant un drama pur jus, plusieurs des intrigues lancées dans ce premier épisode ne trouveront pas leur résolution dans l'immédiat. Mais, comme les saisons de Raw sont assez courtes (6 épisodes par saison), on peut cependant espérer que les choses ne trainent pas inutilement en longueur, et ça c'est le bien, quand même ! Nul doute que ça permet à la série de conserver son sens du rythme et son efficacité, et que cela lui évite de tomber dans le soapesque.
Cependant, certains personnages (à commencer par Tanya, interprétée par Shelley Conn) manquent pour le moment un peu de substance comparés à d'autres, et j'espère que les épisodes suivants permettront tout de même d'approfondir un peu ce qui a été survolé dans ce pilote.

C'est une chose formidable, quand même, quand une série sur laquelle vous vouliez absolument mettre la main depuis si longtemps ne vous déçoit pas. Je regrette donc d'autant plus d'être incapable de trouver les DVD... en attendant, je vais profiter que je suis malade pour finir la première saison, comme ça ce sera [enfin] fait !
L'idéal serait de finir de rattraper la série à temps pour voir le final de la saison 5 qui sera diffusé dans quelques jours sur rté...

19 novembre 2012

Passé refoulé

Ca fait un mois et demi que la rentrée nippone a officiellement démarré, et je suis loin d'avoir vu tous les pilotes qui m'intéressaient. Mais puisque j'ai un peu de temps, ce soir, et que vous aussi... vous avez un peu de temps ? Bon, alors vous voyez bien, on a le temps d'évoquer un autre pilote japonais de l'automne. Aujourd'hui, place à une série dramatique avec Osozaki no Himawari, une série qui... Hein ? Qu'est-ce que c'est que ce bruit ?

SifflementDrCox

Euh, oui, je sais plus si je vous ai dit, mais dernièrement je m'envoie quelques épisodes de Scrubs derrière la cravate (je vais finir la saison 3, en fait), pendant les trajets et les pauses déjeuner, ce genre de choses. Donc aujourd'hui, le rôle de ma conscience sera interprétée par Perry Cox.

FaitCentFois

Bah c'est pas vraiment un quatrième mur, au sens où ce blog n'est pas une fiction, mais c'est vrai que ce genre de technique de narration postmoderniste, c'est un peu usé, même si personnellement ça me fait toujours rire quand j'en vois dans une série, mais là encore j'insiste, ce blog n'est pas une série et d'ailleurs...

RienOublie

Non, je vois pas... Ah ! Si, peut-être. Tu veux dire qu'avant de parler de nouveautés de la rentrée automnale, je pourrais profiter d'avoir un peu rattrapé mon retard sur la saison estivale et parler d'un pilote tant que je l'ai en tête, avant de l'oublier et/ou de passer aux épisodes suivants ?
C'est pas faux.
Alors si vous le voulez bien, on va remettre le post sur Osozaki no Himawari à une prochaine fois, et aujourd'hui, on fait un sort à Soumatou Kabushikigaisha, d'accord ? Il vous reste un peu de temps ? Alors on se lance. Ah, et merci Dr Cox, vous êtes un mentor pour moi.

SoumatouKabushikigaisha

De toutes les séries nippones de cet été que j'avais mises de côté à cause de mes problèmes de connexion de juillet-août, Soumatou Kabushikigaisha est la seule qui me donnait des regrets. Il faut dire que c'était vraiment un pitch de rêve, jugez plutôt : imaginez qu'une société ait la possibilité d'enregistrer toute votre vie, de vos premiers pas à votre dernier soupir, en camera subjective, et de la transférer sur DVD. Mieux encore : vous avez une chance de voir ces videos, si une succursale de cette entreprise croise votre chemin.
Regarderiez-vous un tel film ? Si vous pensez que vous n'avez rien à en apprendre, vous vous trompez...

Reprenant la structure de nombreuses séries d'anticipation japonaises de ces dernières années,  Soumatou Kabushikigaisha fonctionne sur une formule destinée à se répéter d'épisode en épisode, comme une anthologie procédurale. Le pilote propose donc d'apprendre à connaître cette étrange société à travers un personnage qui n'est pas voué à être le héros pendant toute la série ; en réalité, le seul personnage ostensiblement écrit pour être présent chaque semaine est une étrange femme, assez avare de ses paroles, qui officie en tant qu'hôtesse et accueille les clients qui vont venir voir le film de toute une vie : la leur. Ce personnage n'est pas voué (contrairement aux maîtres de cérémonie de séries comme The Quiz Show ou LOVE GAME) à avoir une intrigue servant de fil conducteur, et à première vue dans ce pilote, cette étrange femme est surtout là pour aider à installer l'ambiance.
Pour le pilote, notre héros sera Takahiro, un jeune homme qui revient dans sa province natale avec sa fiancée, qu'il souhaite présenter à sa mère en vue des noces prochaines. Et si sa vie semble parfaite, c'est peut-être aussi un peu parce qu'elle l'est : sa mère est une crème de femme, sa fiancée s'entend à merveille avec elle, et globalement il est quand même bien content de passer quelques jours dans la maison de son enfance, ça lui rappelle plein de souvenirs, certains plus clairs que d'autres, qu'il partage avec sa dulcinée, trop ravie de découvrir plein de choses sur l'enfance de son bien-aimé.

Donc évidemment ça ne pouvait pas durer.
Lorsque l'un de ses amis d'enfance mentionne une étrange société, l'information pique la curiosité de Takahiro, qui comble du hasard tombe sur une enseigne de l'entreprise juste après en avoir discuté. Entre alors en scène l'étrange hôtesse, qui lui explique qu'il peut regarder le film de sa vie s'il le souhaite.
...Mais ce qu'il va découvrir pendant ce visionnage dépasse tout ce que la téléphagie m'aura jamais montré !

Ce qui est intéressant dans Soumatou Kabushikigaisha, c'est d'abord le ton. Presque totalement dénué de musique, extrêmement authentique dans sa façon d'écrire les échanges entre les personnages impliqués, et doté d'une ambiance feutrée qui n'insiste pas sur le mystère, mais installe parfaitement le contexte dans lequel le DVD va être vu et compris, le pilote fait un formidable travail. On est loin de la réalisation m'as-tu-vu de séries tout aussi conceptuelles, genre Clone Baby. C'est d'ailleurs ce qui renforce les effets du scénario, ce naturel apparent... c'est terrifiant, quand on y pense.

Mais surtout, la façon dont Soumatou Kabushikigaisha traite son sujet mérite plus d'une salve d'applaudissements. Déjà parce qu'elle refuse d'emblée de s'enfoncer dans des questions mythologiques : on ne saura pas comment ces enregistrements sont faits, personne ne pose la question ; on prend le DVD pour ce qu'il dit, et non pour ce qu'il implique. La société a-t-elle recours à des pratiques douteuses ? Pas de jugement éthique non plus. Quant aux problématiques soulevées par l'enregistrement de la vie d'une personne, sur ce que cela signifie pour sa vie privée et pour celle de ses proches, on n'abordera pas plus le sujet. En réalité, une question n'a même pas été soulevée : que peut bien avoir à y gagner l'entreprise (et/ou l'hôtesse), puisque le visionnage a l'air d'être gratuit, il se fait dans une suite tout confort avec rafraîchissements à volonté, et euh, bon, ce truc de filmer la vie des gens, ça doit bien avoir un coût. Mais ce n'est pas du tout mentionné, pas une fois.
Pour quelqu'un qui, comme moi, attendait d'une telle série qu'elle aborde des sujets de fond, curieusement, ça n'a pas du tout été une déception (même si un jour j'aimerais bien voir une série d'anticipation capable d'exploiter quelques uns des riches sujets évoqués dans The Final Cut). On sait d'emblée, on le sent, que ce DVD (ou plutôt, si on veut être précis, ces DVD, puisqu'il y en a un par an... punaise, une année de ta vie réduite à 4 Go, ça doit faire un choc quand même) est surtout un outil pour nous raconter quelque chose d'autre, pour offrir la possibilité de plonger dans les souvenirs, de questionner la nature et la texture de ces souvenirs. Il faut vraiment prendre Soumatou Kabushikigaisha comme une parabole, et ne pas s'attarder sur ce côté pratique qui n'est pas du tout la vocation de la série. Elle a décidé de prendre une autre direction, et puisqu'elle s'y engage fort bien, je n'ai pas de réclamation sur les problématiques évitées.

Mais une question se pose, par contre : à quoi bon voir notre propre vie telle que nous l'avons vue ? On sait déjà ce qu'on a vu et vécu !
Eh bien justement non, et c'est aussi ce que raconte Soumatou Kabushikigaisha. Dans ce pilote, les souvenirs de Takahiro vont être évoqués plusieurs fois, alors qu'il parle avec sa fiancée ; mais ces souvenirs sont parfois vagues, flous, incomplets. La perception sur le moment, et le souvenir qu'il reste d'un évènement, sont clairement deux choses distinctes. C'est bien ce sur quoi compte la série, et effectivement, cette façon de considérer la friabilité des souvenirs va être le pivot du pilote. La prochaine fois que vous retournez dans votre ville natale et/ou chez vos parents, le souvenir (même flou) de ce pilote risque de vous faire passer un sale quart d'heure de doutes et de sueurs froides...

Mais bien-sûr, Soumatou Kabushikigaisha, c'est avant tout un thriller, pas juste une réflexion philosophique. On attend de la série qu'elle étonne, qu'elle bouleverse. Je vous confirme qu'elle y parvient, c'est même un peu trop efficace pour les âmes sensibles (dont je suis). En fait, même si on a vu arriver une bonne partie de la conclusion avant que Takahiro ne comprenne ce qu'il a vu sur le film, il reste une glaçante conclusion qui fait pleinement son effet.

Je suis admirative. Des séries à concept, au Japon, on en voit tous les 3 à 6 mois en moyenne maintenant, on pourrait croire que tout a été fait, dit, tenté. Bon, je veux dire, soyons clairs : passé le brio de The Quiz Show et l'efficacité de FACE MAKER, on peut plier les gaules et rentrer chez soi, tout a été dit. Eh bien non, et chaque fois je parviens à être éblouie par la façon dont ces séries maîtrisent à la fois un pitch original, un ton bien à part, une fascination évidente pour la nature humaine, et un soucis de vérité criant. Le mélange de tout ça donne des séries qui pourraient, si elles manquaient d'imagination, être des séries policières toutes bêtes, mais qui grâce à leur inventivité et leur audace, parviennent à donner à des histoires classiques une tournure passionnante, troublante, et surprenante. Soumatou Kabushikigaisha est la digne héritière de ces excellentes séries, et la preuve qu'on peut encore vraiment innover, même dans une niche qui semble parfois un peu bouchée (mais sitôt que j'oublie l'existence de Clone Baby, la moitié de mes doutes sur le genre disparaissent).

Nan mais, j'ai bien fait de parler du pilote de Soumatou Kabushikigaisha ce soir. Maintenant, je vais me dépêcher de rattraper la suite... et vous devriez en faire autant.

18 octobre 2012

Sans prendre de gants

Lorsqu'on commence une série, en règle générale, les premières images nous permettent de nous adapter : commencer un pilote, c'est comme se retrouver dans une pièce plongée dans le noir, et progressivement apprendre à deviner les contours des meubles à mesure que les yeux s'habituent. En règle générale, les premières épisodes d'un pilote sont là pour nous expliquer où on est, avec qui ; il peut y avoir de l'action, il peut y avoir de la simple description, il y a très souvent un mélange des deux, mais le point d'orgue, le moment-choc, s'il y en a un, n'intervient pas tout de suite. En règle générale, un pilote attend le générique, ou ce qui lui tient lieu de, pour vous river à votre siège, il estime qu'il a besoin de mettre un contexte avant de faire sa démonstration de force.
En règle générale.

Les premières images de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar ("ne pas essuyer de larmes sans porter de gants") sont l'exception qui confirme la règle. La première image est plutôt atroce. Et par "plutôt", je veux dire "absolument". C'est l'image de la souffrance la plus extrême. Et les suivantes ne sont pas plus réconfortantes, autant être tout de suite clair là-dessus.
Pour prendre la mesure de cette ouverture d'épisode très dure, et comme je me doute que vous n'allez pas regarder Torka Aldrig Tårar Utan Handskar dans l'immédiat (même si apparemment d'aucuns bossent sur des sous-titres...), j'ai donc pris sur moi de vous mettre l'extrait en ligne : cliquez sur l'imagette et le lien cherra. Je précise que c'est une séquence dépourvue de dialogues, donc vous pouvez vous passer des sous-titres pour le moment.

TorkaAldrigTårarUtanHandskarPour ceux qui n'aiment pas Uploaded, miroir sur RapidShare.

On peut dire que cette séquence d'ouverture est une véritable profession de foi quant au ton de la série : non, rien ne nous sera épargné.

Je vous rassure, tout l'épisode ne ressemble pas à ça (ni au final de Corky), toutefois. Car le véritable inconvénient de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, c'est que cette séquence est suivie de flashbacks, car non, non même en Suède, vous n'éviterez pas les flashbacks. Car de cette situation dramatique, nous allons vouloir connaître les origines. Comment en est-on arrivés là ?
Eh bien, laissez-moi vous présenter deux garçons, Benjamin et Rasmus. Ils ont grandi dans les années 70 et les voilà, jeunes adultes, au début des années 80. Tous deux se cherchent, chacun à sa façon : Benjamin vit dans une famille stricte et rigoureuse, Rasmus, un peu moins. Benjamin découvre qu'il est homosexuel parce qu'on le lui révèle à un moment où il faisait tout pour ne pas y penser, Rasmus commence par aller vivre chez sa tante à Stockholm et essayer de fréquenter les lieux "gays" du moment. Benjamin est encore puceau, Rasmus apprend à jouer de son charme pour commencer à trouver des coups d'un soir. Et ils sont tous les deux là, dans la grande ville, et on sait qu'ils vont se rencontrer, et on devine. Mais ça prend du temps parce qu'on veut vous expliquer d'où il viennes et de comment ils en sont arrivés à accepter qui ils sont, dans une Suède qui a 30 ans de moins que celle que nous connaissons (un peu).

La maladie n'entre pas tout de suite dans leur vie. Ou si elle le fait, ils ne la voient pas (on aura à ce sujet une séquence qui tord le coeur, alors que Rasmus se donne à un type dont il ne s'effraye même pas qu'il ait des plaques sur le corps). Et c'est normal, c'est l'époque qui veut ça. J'ai lu que le premier Suédois à avoir succombé au SIDA était mort en 1983, la première personnalité suédoise à avoir admis avoir le SIDA l'avait fait en 1987 (rappelons que Rock Hudson est mort en 1985, et encore, les USA c'est loin), vous voyez le tableau.
Mais justement la série nous replonge dans le climat d'ignorance de l'époque, et le mot AIDS ne sera, sauf erreur de ma part, pas prononcé de tout l'épisode. Pas même dans la scène d'ouverture. C'est, à bien des égards, une période d'insouciance, et Torka Aldrig Tårar Utan Handskar va justement en profiter pour nous montrer qui sont les deux héros, comment ils se découvrent, se vivent, s'acceptent, l'un avec plus de mal que l'autre, avec ce que cela comporte de joies et de nervosité, mais jamais d'inquiétude. Ils sont jeunes et pensent avoir toute la vie devant eux, une vie dans laquelle ils cherchent leur équilibre...
C'est de cela dont il sera essentiellement question dans le premier épisode de la série. Le procédé a ses bons côtés, mais aussi ses lenteurs un peu bavardes, et j'avoue que même une adepte de la VOSTM (et une débutante en Suédois) comme moi a parfois dû faire une pause pour essayer de comprendre ce qui venait de se dire : les sous-titres seront vraiment les bienvenus.

Si la mini-série reprend la structure des romans de Jonas Gardell dont elle est l'adaptation, et apparemment c'est ce qui est prévu, le deuxième épisode devrait être autrement plus explicite sur le sujet de la maladie, et le troisième alors, n'en parlons pas. Pour le moment c'est difficile à définir, d'une part parce que la trilogie de romans n'est pas intégralement sortie (le premier opus est paru cet été, le second est prévu pour début 2013 et le troisième au printemps), et d'autre part, parce qu'elle n'est pas traduite. C'est d'ailleurs assez incroyable que SVT lui ait commandé à l'auteur une adaptation de sa propre trilogie alors que celle-ci n'est pas encore commercialisée en intégralité.

En tous cas il ne fait aucun doute que le sujet, bien que difficile, est bien traité. Même si on peut se dire que certaines choses sont un peu cliché (sauf que justement, si on se remet dans le contexte, elles ne l'étaient pas !), on reste dans une série dramatique puissante, réussie, et extrêmement touchante. Il faut aussi souligner la performance d'Adam Pålsson (Rasmus), qui est absolument fascinant, et mérite tous les Kristallen possibles et imaginables : rendez-vous est pris pour la prochaine cérémonie.

Mais, alors que deux de ses trois épisodes ont été diffusés à l'heure actuelle en Suède, je trouve que ce qui entoure la série est au moins aussi intéressant que la mini-série elle-même.
Songez donc : les scores d'audience des deux premiers épisodes sont presque aussi bons que ceux de l'autre succès suédois de 2012, je veux bien-sûr parler de 30° i Februari, puisque le premier épisode de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, diffusé le 8 octobre au soir, a réuni 1,24 million de spectateurs, et que l'épisode de ce lundi 15 n'a pas perdu grand monde, avec 1,21 million de fidèles. Ce qui signifie que ce premier épisodes n'a pas rebuté beaucoup de monde, a priori. Pour comparaison, le premier épisode de 30° grader i Februari avait démarré avec 1,45 million, finissant la saison pour 1,2 million également... mais avec un sujet bien plus mainstream. Rappelons que la Suède compte environ 9 millions d'habitants seulement !
Le plus surprenant, c'est donc que la série n'est pourtant pas à mettre devant toutes les paires d'yeux : on peut entre autres voir rien que dans ce pilote (certes brièvement, mais clairement) un penis en érection au cours de ce premier épisode, une scène de sexe (bon, planquée sous les couvertures), des séquences de racolage limite prostitution, plus bien-sûr la scène ci-dessus... et c'est du primetime ! Torka Aldrig Tårar Utan Handskar est diffusée le lundi à 21h !
Oui, en Suède, une série sur l'homosexualité peut faire aussi bien qu'un drama familial, sur une chaîne publique, et en primetime. Et toc. Je trouve que c'est une donnée très intéressante, qui présente un saisissant contraste avec les séries aux USA dont le thème est l'homosexualité, et qui, généralement, se contentent de raconter leurs histoires sur le câble, comme ça, discrètement, entre soi ; par exemple, il est difficile d'éviter la comparaison avec Angels in America, mais qui imagine Angels in America sur un network ? Certainement pas moi.
Avec tout ça, je suis d'ailleurs étonnée de n'avoir pas du tout vu la presse gay parler de ce phénomène (le site de Tetu, par exemple, ne sort aucun résultat ni pour le titre de la série, ni même pour l'écrivain et scénariste Jonas Gardell).

Cette mini-série, diffusée qui plus est à l'automne alors que généralement, les mini-séries de SVT sont diffusées au coeur de l'hiver (c'était par exemple le cas d'une autre série historique l'an dernier, Hinsehäxan), était un absolu pari. De A à Z. Et au final, malgré ses légers défauts, elle s'avère être immense.

La fiction scandinave a encore frappé, et c'est un méchant crochet du droit dans la mâchoire, avec ça.

7 octobre 2012

Sans conséquence

Est-ce que je vous ai déjà dit que whisperintherain et moi nous étions lancé un défi, cette saison ? Oui, je l'ai déjà évoqué ? Ah, bon, au temps pour moi. C'est que, ça donne tellement peu de reviews dans la rubrique Review vers le futur, que j'en oublierais presque qu'on le fait, ce challenge !
Aujourd'hui, je me suis motivée pour tenter une série que je n'avais même pas trouvé le temps de cagouler jusque là, non parce qu'elle me semblait repoussante (je ne la connaissais pas assez pour ça) mais tout simplement parce qu'elle était passée sous mon radar. Je savais pourtant qu'on y trouvait Kyle MacLachlan mais j'ai passé tout l'été à l'oublier aussi vite que je le lisais ! Bon, maintenant que je m'y suis mise, prêts pour la review de Made in Jersey ?

MadeInJersey

C'est sûr de sûr ? Il n'y a pas d'erreur ? Made in Jersey est une série diffusée par CBS, pas The CW ? Nan mais je dis ça, on sait pas, il y a peut-être eu méprise, les chaînes concernées n'ont peut-être pas remarqué, ça vaut la peine de poser la question, juste pour vérifier. Non ? Ah. Bon. Si vous le dites.

Avec son héroïne passionnée, idéaliste, et à la crinière vaporeuse, Made in Jersey aurait été un bon petit legal drama pour adolescentes. A la différence qu'un legal drama pour adolescentes, apparemment ça ne se fait pas (mais après tout, il y a bien un "romantic whodunit" maintenant, alors tout est possible). Probablement que les adolescentes font mieux de continuer de toutes rêver qu'elles deviendront des pop stars, ah non, on va pas les encourager à se captiver pour le métier d'avocate, ça fait pas vendre des CD.
Il n'empêche. Rarement ces dernières années CBS aura autant tenté de produire un drama aussi accessible au jeune public. Ou, selon les points de vue, un peu trop simplet pour son public âgé habituel. Vous savez ? Celui qui regarde The Good Wife et qui attend quelque chose de solide d'une série judiciaire... Non, Made in Jersey n'est clairement pas pour ce public-là.

Je dis souvent que le seul impératif pour un legal drama, c'est l'intelligence. C'est un genre où on ne peut pas s'autoriser la bêtise ou la flemme ; il n'est pas nécessaire d'opter pour la gravité à la The Practice pour faire une bonne série d'avocats, une série comme Suits en est régulièrement la preuve, mais enfin, il faut un minimum avoir les reins et la plume solide pour s'aventurer sur ce terrain.
A ce critère, Made in Jersey parvient à répondre... in extremis. Avec quelques répliques plutôt bien senties, la série parvient à se hisser de justesse au-dessus de la moyenne. Ca n'arrive pas dans toutes les scènes, mais quand ça se produit, ça n'est pas désagréable : le pilote a une répartie décente. Mais en-dehors de quelques lignes de dialogues bien troussées et énergiques, le pilote se paye quand même le luxe d'une intrigue extrêmement prévisible, et d'une scène au tribunal un peu pauvre en matière d'argumentation ou d'interrogatoire de témoin. Dans cet épisode inaugural (et je ne m'avance pas trop en prédisant que ce sera le cas de la série), il ne s'agit certainement pas de tordre des concepts de loi, des notions abstraites, ni même le langage, pour parvenir à ses fins, mais simplement de réussir à placer des éléments de preuve lors du procès, pour réussir à obtenir un verdict favorable. En matière de démonstration d'intelligence aigue, on peut donc toujours se brosser, et Made in Jersey ne sera pas l'objet d'acrobaties verbales époustouflantes, c'est clair. David E. Kelley m'a trop gâtée, aussi, voilà la vérité.
De toute façon, peu de séries légales, en-dehors de la franchise de Dick Wolf, se permettent à l'heure actuelle de faire un exercice périlleux en matière de plaidoirie, ou d'exploiter un conflit moral ; comme les flics, les avocats sont plus souvent un moyen qu'autre chose. Dans Made in Jersey, l'héroïne défend une pauvre fille victime de tout : les circonstances, les avocats qui ne croient pas en elle... sa mère est même frappée par une maladie incurable ! Dans cette situation, l'avocate n'a pas à se poser de question sur la nature de son travail : celui-ci consiste uniquement à faire éclater la vérité, pas à admettre la complexité du système. Et la vérité, ce sont les preuves. Alors elle cherche des preuves. Et, comme c'est un procedural, elle les trouve en moins de 45 minutes. Ce sont les règles du jeu.
Mais, vous savez quoi ? C'est un défaut que j'avais trouvé au pilote de The Good Wife... Eh oui ! J'avais failli ne pas continuer la série à cause de cette première intrigue pendant laquelle Alicia et Kalinda, de façon fort pratique, trouvent tous les éléments dont elles ont besoin au moment où elles en ont besoin, et où ce sont les preuves qui sauvent le client, pas les compétences devant la cour (elle est marrante à relire, d'ailleurs, cette review). C'est exactement ce qui se produit dans le pilote de Made in Jersey, où, comme souvent dans des séries légales modernes, l'avocate fait en réalité un travail d'enquête et parvient à trouver les preuves qui disculperont le client (ou inculperont quelqu'un d'autre). Comment en vouloir à Made in Jersey de pêcher par le même acte de paresse que l'intrigue juridique du pilote de The Good Wife ? Parfois, on a de bonnes surprises, la preuve.

Mais je cherche à berner qui ? Made in Jersey n'a pas le potentiel pour offrir de grosses surprises. Ce n'est même pas dans ses ambitions !
Tout simplement parce que, là où The Good Wife avait l'intrigue personnelle d'Alicia Florrick, rejointe par une intrigue politico-médiatique, Made in Jersey n'a que des clichés sur les femmes du New Jersey (certes partiellement démonté par l'héroïne à un moment du pilote), et une famille nombreuse donc chaleureuse, à montrer comme contraste avec le froid New York, et c'est forcément un peu léger. Bon, à la rigueur, il y a peut-être cette histoire d'étoile en strass qui pique vaguement la curiosité, et encore.

En réalité, Made in Jersey n'est pas une série ratée. C'est un petit legal drama sans conséquence qu'on va regarder comme ça, quand on a envie de se mater un truc pas trop chiant mais qu'on n'est pas désespéré au point de regarder The Neiggbors. Et au bout de quelques épisodes, ou une saison (si elle vit aussi longtemps), on aura arrêté de la regarder : non parce qu'elle déplait, mais tout simplement parce que d'une semaine à l'autre, d'une saison sur l'autre, on l'aura oubliée.
Quand on se trouve devant Made in Jersey, on n'est pas vraiment mécontent : le personnage est vif, pas trop irritant, inspire pas mal de choses positives de par son tempérament dynamique, et la plupart des personnages ne sont pas antipathiques, ni même totalement unidimensionnels. Mais il n'y a à ce stade pas grand'chose qu'on puisse dire de Made in Jersey qui la fasse entrer dans le panthéon personnel d'un téléphage, de la même façon que, par exemple, Fairly Legal n'est pas mauvaise quand on la regarde, mais on ne s'y attache pas vraiment. Objectivement plutôt irréprochable, mais inconséquente.

On peut sans honte la regarder le temps qu'elle sera diffusée... encore faudra-t-il y penser. Les plus motivés d'entre nous se mettront un post-it, peut-être.
Non, vraiment, on ne peut rien reprocher à Made in Jersey : impossible de garder cette série en tête suffisamment longtemps pour ça.

PS : en fait c'est quoi l'histoire avec Stephanie March, elle a raté son entrée au Barreau et elle s'est dit qu'interpréter des juristes à l'écran compenserait ?

Challenge20122013

18 octobre 2012

Des tweets et du poulet

C'est une affaire entendue : whisperintherain et moi faisons le possible pour remporter le pari de cette saison, regarder et reviewer chaque pilote. Une mission qui a ses hauts et ses bas, on a pu le voir ensemble depuis deux mois et quelques que nous avons commencé, mais qui apporte aussi d'excellentes surprises (comme en témoigne mon planning téléphagique personnel, colonne "Canada"). Mais certains jours, il convient de se faire rappeler à l'ordre. C'est le cas de l'ami Toeman, qui m'a relancée au sujet de la mise à jour du Pilot Watch (je sais, je sais, je suis en-dessous de tout !) qui date d'il y a un bon mois, et qui ne prend pas en compte des dates pourtant mentionnées dans mes posts ou dans mes commentaires. Exemple : . Alors gloire en soit rendue, aujourd'hui, à Toeman, car si j'ai vu le pilote de The Strange Calls rapidement après sa diffusion, c'est en grande partie grâce à lui (il m'a même dit où le trouver). Et il l'a reviewé à la vitesse de l'éclair par-dessus le marché !
Voilà, lisez-moi ça, et puis moi pendant ce temps, je retourne me fouetter pour n'avoir pas encore écrit la review de Puberty Blues alors que la première saison est finie, ou de House Husbands alors que la saison touche à sa fin dimanche. Bad, bad lady !

TheStrangeCalls

The Strange Calls, mise en chantier pour la chaîne publique ABC2, est en effet un petit... ovni. La série fantastique est en effet conçue pour être multiplateforme, prenant avantage des réseaux sociaux et créant un univers sur le net qui offre un complément vis-à-vis des épisodes diffusés ; qui plus est, même si seulement 6 épisodes sont prévus pour la télévision, des webisodes sont apparemment également prévus.

Alors, au fait, ça parle de quoi ? Eh bien d'une petite bourgade bien tranquille, appelée Coolum, dans laquelle l'officier Banks (incarné par Toby Truslove, héros d'Outland un peu plus tôt cette année, qui a donc remplacé l'univers de la SF par le fantastique) est muté à son corps défendant à l'initiative de son père, haut gradé. Banks sera en charge, désormais, de la permanence nocturne de la police locale, dont les bureaux sont installés dans une vieille caravane (accessoirement c'est aussi là qu'il va être hébergé). Coolum a toutes les apparences du trou paumé, ce qui est difficile à avaler pour notre héros, mais quand vient la nuit, des évènements étranges s'y produisent. C'est en tous cas ce qui lui affirme un vieil homme qui s'est autoproclamé gardien des nuits de la ville, et qui a décidé d'emblée que Toby allait le suivre dans les passionnantes aventures qu'il vit en se lançant sur la piste des appels étranges reçus à la permanence.

Le pilote rappelle la structure et le ton de séries comme Eerie, Indiana, à la différence près que The Strange Calls ne cible pas uniquement le jeune public. Les évènements qui se déroulent à Coolum sont bizarres, cocasses, limite ridicules, mais totalement assumés en tant que tels.
C'est grâce aux deux personnages principaux que le pilote de The Strange Calls conserve en fait sa crédibilité. D'une part, on a Toby, qui outre le fait qu'il débarque à Coolum, a aussi une vie personnelle compliquée (sa copine n'est même pas venue lui faire ses adieux avant son départ pour sa nouvelle affectation, c'est son père qui l'a muté...), et qui endosse le costume de sceptique de la série. Il est plongé dans ce monde débile, et il le sait, que c'est absurde. Et il le dit. Cela évite du coup au spectateur de le faire, et ses excès (comme sa petite colère en cours d'épisode) permettent même de mettre cela sur le compte de son tempérament grognon, quand bien même on puisse comprendre que son nouveau poste ne l'enchante guère. Mais surtout, c'est le vieux Gregor qui donne à The Strange Calls toute sa saveur. Au terme du seul pilote, difficile de déterminer si ce vieux filou est réellement convaincu qu'il se passe des choses incroyables à Coolum... ou si tout simplement, il est en quête d'aventure et d'excitation. Ce vieil homme survolté (qui prétend avoir 47 ans, alors qu'il en fait 80 selon ce pisse-froid de Toby, et 65 selon moi qui suis nulle pour deviner l'âge des gens) est tout simplement ravi d'avoir un jeu ET un compagnon de jeu, les mystères de la vie nocturne de Coolum n'étant visiblement qu'un prétexte pour lui.
Et du coup, comme lui non plus ne prend pas vraiment tout cela au sérieux (point ici de dynamique Mulder et Scully), The Strange Calls ne se fait pas passer pour ce qu'elle n'est pas, et on s'amuse pendant une petite demi-heure des étrangetés de Coolum.

Alors, et côté interactivité, me direz-vous ? Eh bien, The Strange Calls se défend très bien.
D'abord parce qu'il y a un véritable parti-pris : celui de faire en sorte que ce qui se passe sur internet semble être le fait de Gregor. Ainsi, le site supposé officiel de la série est en fait son site personnel : la page "About" parle de lui, pas de la série, on y trouve un vlog qui est en fait une façon de regrouper les webisodes, et ainsi de suite.
Mais surtout, c'est le compte Twitter de Gregor qui réussit particulièrement bien cette entreprise, parce que l'utilisation de Twitter est totalement intégrée DANS l'épisode ! A plusieurs reprises, on le verra ainsi prendre des photos, soulignées par l'utilisation d'un petit effet sonore renforçant encore l'absurdité du moment... lesquelles sont postées pendant la diffusion sur le compte Twitter (les doutes de Gregor quant à l'orthographe d'un mot sont mentionnés à un passage de l'épisode ; je ne vous mets pas de lien, c'est spoiler) ; ou encore, dans les scènes où le personnage de Gregor n'apparait pas, on peut le voir interroger ses followers :

Evidemment, pour le public australien, cette interactivité joue beaucoup mieux son rôle que lorsque nous, pauvre téléphages français, devons attendre de cagouler l'épisode puis le regarder, probablement en soirée, en tous cas certainement pas un mardi à 21h30 heure locale ! Reste que cette initiative est fort bien employée, et que la réactivité du compte Twitter est impeccable : il ne s'agit pas juste de tweeter un message à l'heure dite, Gregor nous répond, nous follow, bref, il existe !
La dimension supplémentaire de ce compte Twitter est aussi que, le reste du temps, entre deux épisodes donc, Gregor solliloque sur diverses bizarreries qui piquent sa curiosité, permettant ainsi d'approfondir le personnage, ou en tous cas, d'aller plus loin dans la connaissance de ses centres d'intérêt ou son humour, sur lequel repose énormément la série, après tout.

Alors, si du point de vue de l'histoire à proprement parler, The Strange Calls n'a pas inventé la poule la poudre, et que son étrange intrigue fantastico-policière ne donne pas nécessairement dans un registre propre à provoquer le moindre frisson (et pourtant, je suis une grande peureuse), quand on regarde globalement ce qui se passe autour de la série, on finit par avoir un petit évènement bien de saison même si Halloween, en Australie, ça tombe... au printemps, divertissant et bien troussé.
The Strange Calls ne sera pas la série de l'année, donc, mais on s'en fiche : ça ne durera que 6 épisodes !

Allez hop, un pilote australien de fait. Plus que Puberty Blues, House Husbands, Jack Irish et... ouh, j'ai la tête qui tourne.


Challenge20122013

10 octobre 2012

Les tables de loi d'Ainsi Soient-Ils

Avec quelques camarades journalistes, plus tôt cet automne, j'étais présente à la rencontre organisée avec l'équipe de la série Ainsi Soient-Ils. Autour d'une table, les créateurs Bruno Nahon, David Elkaïm, Vincent Poymiro et Rodolphe Tissot, ainsi que les acteurs Samuel Jouy, Julien Bouanich et Clément Manuel, prêts à parler avec passion, et longuement, de la nouvelle série française dont j'ai déjà pu vous entretenir.

On aura l'occasion de discuter encore de la série tous ensemble ; vous le savez, j'essaye de passer plus de temps sur les séries françaises, et la perspective de n'avoir aucun flic dans Ainsi Soient-Ils, mais au contraire d'avoir affaire à un vrai drama, ne pouvait que m'aider à m'y atteler. Outre le pilote, sur lequel j'ai déjà écrit voilà quelques semaines, je vous proposerai à l'issue de la diffusion une review de la première saison (puisqu'une deuxième est d'ores et déjà commandée, et même en cours de production), alors, aujourd'hui, je vous propose de nous attarder ensemble sur quelques propos de l'équipe de la série. Bon, alors, euh, je ne vous ai pas retranscrit les 2h de la rencontre, mais promis, vous allez en avoir pour votre argent !

Voici donc 10 thématiques que j'ai sélectionnées à propos des coulisses d'Ainsi Soient-Ils, à savoir absolument sur la série qui débute en ce jeudi soir sur arte.

AinsiSoientIls-1

Bruno Nahon :
"C'est un projet d'une sincérité maximale, pour autant qu'on puisse être sincère quand on fait ce métier. Il n'y a aucun calcul de notre part, ni dans l'envie de séduire, ni dans l'envie de faire quelque chose en rapport avec la fiction française, etc., on a juste voulu faire quelque chose qu'on avait envie de faire, on avait ce désir, et on n'a pas dérivé, [on a tenu] jusqu'au bout. [...]
On a fait quelque chose que nous on sentait, parce que [le sujet] recouvrait des notions intimes et politiques très fortes, et au moment où on l'a imaginé, à contre-courant. Parce que, au moment où on l'a imaginé, c'était (pour moi) en 2007, à l'été 2007, alors ça fait partie d'un plus long cheminement mais c'est là où j'ai reçu un coup de fil de la chaîne, qui m'a dit 'on a envie de développer une série que tu nous a proposée sur l'Eglise, sur de jeunes prêtes, sur de jeunes séminaristes. En 2007. J'insiste parce qu'en 2007 il n'y a pas Des hommes et des Dieux. Il n'y a pas Habemus Papam. Et on a été très heureux que ces films, ces magnifiques oeuvres, différentes de la nôtre, arrivent quelques années après, parce qu'on s'est sentis moins seuls dans notre trajet. Parce qu'à un moment, une chaîne peut développer un projet, et puis son désir peut s'émousser ou la peur peut submerger.
Et la peur c'est quoi ? C'est : 'qui va regarder une série sur des séminaristes ?'. Cette peur-là, c'était la principale avec laquelle on a du, non pas lutter, mais composer tout au long de l'écriture. Qui va venir voir des mecs qui veulent faire un boulot que personne ne voit aujourd'hui ? Il n'y en a plus du tout, ils sont pauvres, l'Eglise c'est gris, ya plus personne dans les églises, etc. On peut pas collectionner plus de points négatifs, on les a tous, là ! Et pour nous c'était ça, le challenge, pour nous c'était dire que c'est justement dans des endroits comme ça que, si on y regarde bien et intimement, et à la loupe, et pas du point de vue du discours. Les occasions de céder justement à ces peurs tout au long du développement et de l'écriture sont nombreuses. Et là, il faut la force de conviction de ne pas dériver de son projet, de son programme, de ce qu'on s'est dit, de ce qu'on voulait, de son désir, surtout, de son désir initial, qui était de raconter la trajectoire de personnages. C'était ça qui a nous a menés depuis le début."

AinsiSoientIls-2

Bruno Nahon :
"Qui sont les meilleurs comédiens pour jouer les rôles qu'on a écrits ? Eh bah ce sont eux cinq, peu importe ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont pas fait. Eux cinq. [...] Le casting, c'est de ne pas céder à ces sirènes là, qui disent 'mais il faut des gens connus'. Non. Dans une série, on fait connaître des gens. Toutes les séries qu'on aime le font. Il y a des exceptions, mais les Six Feet Under, les The Wire, les Breaking Bad, les Mad Men, font naître des acteurs. Ca, c'est faire une série, c'est pas prendre des gens du cinéma forcément très connus et les mettre."

AinsiSoientIls-3

Bruno Nahon :
"[Il y avait] des pressions sur : aborder tous les thèmes de l'Eglise. C'est-à-dire : on a la collection de tout ce qui a dans la presse, de tous les scandales, et de comment nous on va les traiter, les intégrer. D'abord, nous ce qu'on veut, c'est raconter leur histoire à eux, pas raconter l'Eglise, c'est leur fiction à eux.
Et on doit surprendre le spectateur. Si on écrit ce qu'il veut, ou ce qu'on pense qu'il désire, on ne le surprend pas et on se surprend pas nous-mêmes, or c'est toujours un travail de se prendre soi-même par surprise, l'écriture. Toujours. Si on commence à faire la collection de tous les grands sujets importants, sur lesquels nous, nous n'avons aucun doute sur notre positionnement, évidemment... mais il fallait trouver une façon de le twister, une façon connexe d'essayer, peut-être par l'humour, de le traiter. Tous les sujets sont traités. Sauf que des fois c'est traité en une ligne de dialogue. Et ça je trouve que le travail de Davidet Vincent au scénario a été brillant à ce niveau-là : c'est-à-dire intégrer les grands sujets, mais en faire justement des sujets. Encore une fois, on raconte leur histoire à eux. [...] Il y a des documentaires formidables sur ces sujets, sur ces grandes choses qui agitent les débats, sur le mariage, l'avortement, la pédophilie... des grands films de fiction ont été faits là-dessus. Nous, on voulait juste raconter notre séminaire des Capucins, reliés à la Conférence des Evêques de France, elle-même reliée au Vatican."

AinsiSoientIls-4

Vincent Poymiro :
"On a rencontré [des membres de l'Eglise], d'abord Bruno et moi, et puis ensuite avec David, et après il ya eu d'autres travaux de documentation sur la préparation du tournage. Sur l'immersion, on a eu des contacts, des témoins, et on a rencontré un certain nombre de personnalités qui sont dans l'Eglise, et qui nous ont parlé, aussi bien à la Conférence des Evêques de France que dans un couvent, des prêtres de terrain, on a fait un énorme travail de documentation. Mais sur l'immersion au séminaire...
Bruno Nahon :
"Il y a quelqu'un, en fait, il y a quelqu'un qui nous a conseillés, qui a fait le séminaire pendant 5 ans, 7 ans..."
David Elkaïm :
"6 ans."
Bruno Nahon :
"Voilà... qui a ensuite été... donc il fait 6 ans de séminaire, un séminaire proche."
Vincent Poymiro :
"Alors, on a inventé un séminaire qui n'existe pas, qui se trouve à Paris, un séminaire universitaire, interdiocésain..."
Bruno Nahon :
"Voilà : il existe à Paris un séminaire, plutôt progressite, c'est pas le même, mais on s'en est inspirés."
Vincent Poymiro :
"C'est un grand travail de documentation, nous après on fait nos choix, je vais citer Céline : 'le bâton dans l'eau il est tordu, donc si je veux qu'il apparaisse droit, il faut que je le torde avant de le mettre dans l'eau'. La fiction, c'estç a aussi : on fait des choix, on a envie de représenter quelque chose, on part d'une réalité, la garantie de notre honnêteté c'est qu'on cherche à comprendre, après la fiction implique que, pour que ça ressemble à quelque chose, qu'on torde un peu le bâton."
Bruno Nahon :
"Mais il fallait de la justesse dans ce qu'on raconte : à tous les niveaux, dans l'enseignement, dans les gestes, etc., donc on a eu à différents niveaux, différents conseillers. Notre conseiller principal, c'est quelqu'un qui a fait le séminaire pendant 6 ans, qui a ensuite été dans un diocèse en Province, et qui a tenu 6 mois. [...]
David Elkaïm :
"...Sans ressentiment contre l'institution. C'est son parcours à lui. Donc il n'avait pas de comptes à régler, et c'était aussi important de trouver la bonne personne, qui n'était pas là pour justifier une sorte d'échec de vie par la critique d'une institution."
Rodolphe Tissot :
"Pour la mise en images, puisque là c'était surtout sur le travail d'écriture, donc la personne dont on a parlé qu'avaient rencontré Vincent, David et Bruno, a continué [à participer] en préparation, pas sur des choses narratives, sur des choses concrètes pour moi, comment cette scène peut se passer, sur des vraisemblances dans la vie au séminaire... Comme on voulait absolument être le plus vraisemblables et réels possible, même si comme disait tout-à-l'heure Vincent, des fois on est obligés de tordre un peu la réalité, mais on avait quand même à coeur d'être le plus irréprochables possible là-dessus, mais si on faisait de la fiction. En préparation, c'était pas évident de visiter un séminaire, on avait plutôt des refus, mais on a quand même pu passer une journée au séminaire d'Issy-les-Moulineaux. Ca a été un moment assez important dans la préparation de voir leur salle de cours, leur foyer..."

AinsiSoientIls-5

Vincent Poymiro :
"Il vont tous beaucoup souffrir... C'est le principe de la fiction : les gens heureux n'ont pas d'histoire. C'est écrit dans Tolstoi. Pour raconter le monde, il faut bien un conflit."
David Elkaïm :
"Par contre, il y a des moments d'humanité, et moi c'est ce qui me passionne aussi dans ce métier : c'est d'aller trouver des moments d'humanité, en fait. [...]Ce que je trouve assez formidable, c'est que c'est un monde d'hommes, et on voit des hommes pris de doutes, de souffrances, d'angoisses, il y en a qui pleurent... Donc tout ça, ça m'intéresse aussi. En général, dans les séries policières, on montre des hommes qui ne pleurent pas, qui ne flanchent pas, qui n'ont pas de doutes."

AinsiSoientIls-6

Samuel Jouy :
"On se met pas dans la peau d'un séminariste, on se met dans la peau d'un être humain, chaque personnage. Moi, je ne l'ai pas vu comme un séminariste, je l'ai vu comme un homme qui a eu une révélation après avoir eu un parcours chaotique, et qui d'un seul coup décide de s'engager. Mais c'est vrai que je ne l'ai jamais vu trop sous l'étiquette du séminariste. Pour moi, c'était José, avec son passé, son avenir, ses ambitions... A cet instant quand la série commence, son ambition c'est de rentrer dans un séminaire dont on lui ferme les portes, comme de se confronter à des personnes qui ne viennent pas du même milieu que lui, comment gérer sa violence, voilà, pour moi c'était ça, je ne me disais pas : c'est un séminariste.
J'ai été élevé dans un milieu très religieux, mais tout ce qui était de visiter des séminaires et tout, ça ne m'a pas traversé une seule seconde. J'y ai pensé quand on a fait les conférences de presse, parce qu'à chaque fois on nous disait : 'est-ce que vous avez visité des séminaires ?', et je me disais : ah oui, c'est vrai tiens, pourquoi pas. Mais moi, c'était vraiment par rapport à la foi... Il avait quelque chose, tout de suite, dés les premières scènes que j'ai eues, d'ardent, et je crois que c'est autour de ça que j'ai travaillé. Pas dans la vraisemblance dans les attitudes. Parce que, en plus, je suis allé beaucoup à l'église, alors ça, ça ne m'attirait pas. Ce qui m'attirait, c'était sa quête.
Ce que j'ai beaucoup aimé dans le travail de Vincent et David, c'est que, en général, nous les acteurs, quand on nous donne des rôles, les personnages sont toujours tendus vers un objectif qui est souvent, neuf fois sur dix, d'avoir : avoir de l'argent, avoir une place dans la société, avoir une femme... Et là, c'est la première fois que j'avais un rôle où le mec, ce qui l'intéressait, c'était être. Et ça, c'est une nuance infime, mais ça change tout dans l'approche."

AinsiSoientIls-7

Vincent Poymiro :
"Pour faire exister dans la fiction toutes les positions, il faut se styliser. Pour avoir une fiction qui reflète ce que moi je pense, ce qui est le rôle de la fiction, c'est-à-dire justement des complexités humaines. Il n'y a pas que les personnages entre eux, on voit bien que le père Fromenger est contrasté, le père Bosco son bras droit est ultra contrasté et déchiré, monseigneur Gandz, au Vatican, celui qui a la canne, est un personnage contrasté aussi, le Pape lui-même est un personnage contrasté, parce qu'on s'intéresse à son inconscient, il faut regarder la deuxième partie de la saison... Même si c'est toujours pareil, c'est stylisé.
Alors voilà, effectivement, à un endroit on a mis un personnage, auquel effectivement, on ne s'est pas intéressés à l'intériorité, on aurait pu s'approcher un peu plus près et voir la complexité contrastée de monseigneur Roman, bon, il se trouve qu'en fonction narrative, à un endroit, on a un personnage dont on s'est amusés à le charger..."
Bruno Nahon :
"C'est politique. C'est plus un regard politique sur ce personnage, cette dimension-là."
Vincent Poymiro :
"Ce que ça coûte parfois aussi, comment le pouvoir transforme les gens. Il se trouve que voilà, on a aussi accentué ça pour des raisons de lignes narratives générales. Je pense pas qu'on soit totalement, absolument dans la science-fiction absolue, sur l'exercice du pouvoir."
Bruno Nahon :
"C'est comme la série Boss, que moi je vois en ce moment, ya le maire de Chicago, qui est une crapule vraiment quelqu'un de profondément sombre... j'ai l'impression que dés qu'on parle de l'Eglise, on a d'autres façons de poser un jugement sur les personnages, or quand on fait ça, ou quand on fait une série politique, on représente souvent des personnages politiques outrés, et on a du plaisir à ça. Mais quand on fait l'Eglise c'est un peu différent, et c'est dommage."
Vincent Poymiro :
"C'est juste aussi une question romanesque. Nous on avait aussi à coeur de faire une série romanesque. Et c'est vrai que dans le romanesque, de temps en temps, certains personnages sont plus outrés que d'autres. On en avait besoin mais il ne s'agissait pas pour nous en tous cas de dire : à la tête de l'Eglise de France, il n'y a que des gens qui pensent à leur petit pouvoir... absolument pas. Pour nous trois, ça dit bien qu'on n'est pas dans la réalité. On est dans la vraisemblance, pas dans la réalité. On est dans une série romanesque."

AinsiSoientIls-8

David Elkaïm :
"Quand on entre au séminaire pour 6 années, on doit faire le deuil de quelque chose qu'on met derrière. D'où cette relation aux familles, il faut couper le cordon, pour Raphaël c'est évident, pour Yann aussi, d'une certaine manière, donc tous ces personnages-là ont un cordon à couper, qui malgré eux, ou parce qu'il n'est pas totalement coupé, ressurgit au cours de la saison, mais ce n'est pas une histoire de peur, je pense qu'il y avait une volonté, chez Vincent et chez moi, de traiter ça. Comment est-ce qu'on coupe ce qu'on va quitter, en fait ? Donc les familles, les amis, les amours..."

AinsiSoientIls-9

Rodolphe Tissot :
"C'est un personnage assez complexe, dont on peut-être, on peut le dire, on n'a peut-être pas réussi à 100% ce qu'on voulait en théorie faire avec elle. Parce qu'il y a beaucoup de personnages, c'est un personnage secondaire, à un moment elle a un peu souffert d'être un personnage secondaire. Alors c'est vrai qu'il y a d'une part la vraisemblance d'une femme au séminaire, donc ça, tous nos conseillers nous ont dit que c'est possible. C'est rare, mais c'est possible. Généralement elles sont plusieurs. C'est une femme qui a 35-40 ans, qui est plutôt jolie, mais on n'est pas non plus dans l'outrance de 'on va prendre une bombe sexuelle pour faire soeur Antonietta'. Sur la vraisemblance, on est un peu limite parce qu'elle aurait pas du être toute seule, il y aurait dû y avoir deux-trois soeurs, et après ça m'embêtait d'avoir deux soeurs figurantes qu'on allait voir passer dans le fond sans savoir ce qu'elles font, donc on a un peu stylisé en disant qu'elle est toute seule." [...]
Bruno Nahon :
"Même si on a pas optimisé le personnage, si on n'a pas eu le temps et l'oxygène nécessaire pour la faire exister, c'est vrai, on n'a pas réussi totalement là-dessus, mais elle est un accès intime à Fromenger."

AinsiSoientIls-Generique

Bruno Nahon :
"D'abord, ce sont des gens qui ont jamais fait de générique. Mais comme nous, on n'a jamais fait de série, on n'a jamais fait 8x52 ! Moi j'avais jamais produit 8x52, toi t'avais jamais écrit 8x52, toi... t'avais déjà réalisé un téléfilm puis une carrière en tant que premier assistant sur des séries du service public [...] mais ce que je veux dire, c'est que c'est aussi ça qui était chouette, et on l'a fait au bout, jusqu'au générique. On va prendre des mecs qui ont jamais fait de générique de série.
Rodolphe Tissot :
"...Mais qui avaient très très envie de le faire, c'était ça, qui étaient... puisqu'on a même fait un casting. On a rencontré 4-5 personnes qui faisaient des génériques, et les seuls qui avaient trop envie de le faire, qui réfléchissaient, qui venaient avec des idées, c'étaient eux, ceux qui l'ont finalement fait. Après il y avait le cahier des charges, avec l'envie de base sur laquelle on est tous partis, et c'était de faire quelque chose de beau, d'esthétique, de sobre, et qui parle de l'Eglise en même temps quelque chose d'un peu moderne dedans, il y a sur certains plans quelque chose d'un peu moderne et contemporain qui vient titiller une image sur l'Eglise qui est à la base de plus vieux. Donc il y a toujours cette confrontation entre le monde de l'Eglise, qui a une image comme ça, belle mais... c'est des endroits magnifiques mais qui ramènent toujours des images un peu vieilles, et mettre un peu de modernité là-dedans, quelque chose d'un peu mystérieux. Ca fait rentrer le monde contemporain dans l'Eglise en fiction. C'était ça le but de la série, et il fallait trouver une idée visuelle qui puisse amener ça dans le générique."


On reviendra à des posts plus subjectifs sur la série par la suite, promis. En tous cas, demain soir, profitez-en bien, moi je serai au boulot quand ça commencera...
Mais dés que vous aurez vu le pilote, n'hésitez pas à venir en causer ici !

21 septembre 2012

Incitation au célibat

Pendant que whisperintherain fourbit ses armes sur le pilote de Ben & Kate, je poursuis mon exploration de la rentrée québécoise, un peu aidée par le fait que le deuxième épisode de Tu m'aimes-tu ? est un véritable ravissement, au même titre que le premier. Outre Les Bobos, une autre comédie dont on avait déjà eu l'occasion de parler, cet automne, est Adam et Eve, une série au pitch original...

AdametEve

Je crois que le but de Claude Meunier, scénariste d'Adam et Eve, c'est de réduire le nombre de divorces chaque année.
En diminuant le nombre de mariages.

Si vous venez de vous mettre en couple, il n'y a pas plus affreux que regarder qu'Adam et Eve ; c'est un coup à se séparer tout de suite. A quoi bon ? La façon dont est écrite le couple mis en scène dans cette comédie a de quoi vous écoeurer à vie des relations amoureuses : au début, c'est la passion, ensuite, l'envie de se séparer, et puis finalement on reste ensemble sans trop savoir pourquoi, probablement pour ne pas vivre ses vieux jours tout seul. Voilà, les 50 prochaines années de votre vie sont écrites, vous pouvez rentrer chez vous, il n'y a plus rien à voir.
Bon moi je m'en fiche, ce premier épisode n'a rien dit que je ne soupçonnais déjà, mais franchement, pour ceux qui croient encore que la vie à deux peut être une belle aventure, ça doit être déprimant.

Pour rappel, Adam et Eve, c'est l'histoire d'un même couple à différents âges de la vie : lors de leur recontre, alors qu'ils ont 25 ans ; alors qu'ils sont mariés depuis un bon moment, à 45 ans ; et puis, quand ils sont âgés, à 80 ans. On suit donc, à travers de petites seynettes, différentes anecdotes sur leur vie, à la nuance près que, par commodité scénaristique (entre autres), elle se déroule toujours en 2012. Ca évite d'avoir à remettre les choses dans un contexte historique ou social, et de vraiment se focaliser sur ce couple, et juste lui. Qui plus est, le couple est incarné, à ces trois âges, par les mêmes acteurs, Pierre-François Legendre et Sophie Cadieux, qui vont donc se grimer pour paraitre un peu plus jeunes ou beaucoup plus vieux.
En fait, c'est en apprenant ce dernier point que j'aurais dû commencer à me méfier. Quand des acteurs se font passer pour vieux, à plus forte raison dans une comédie, le résultat est rarement probant. Et ça ne loupe pas ici, où le 3e âge est caricaturé à l'extrême et, du coup, ressemble à un mauvais sketch des Vamps. Les Vamps ! C'est vous dire si on a un problème. Mais même quand ils sont plus jeunes, les personnages sonnent terriblement faux, tout simplement parce que les acteurs (et en particulier Sophie Cadieux) surjouent énormément. Impossible, du coup, d'essayer d'apprécier le contenu des dialogues, quand ils sont récités avec pareils tics.

Mais même quand on se penche dessus, le résultat n'est pas brillant. Non que les textes d'Adam et Eve soient mauvais, mais ils semblent n'avoir qu'un objectif, faire de la relation amoureuse entre Adam et Eve une sorte de bombe à retardement, dont le tic tac nous rappelle que l'échec n'est pas loin. Non seulement des scènes de la vie de tous les jours le soulignent, mais l'épisode en remet encore une couche avec le recours à une thérapie de couple, consultée par les héros à au moins deux époques de leur vie, et qui nous rappelle combien tout est voué à se faner.
Le fait que les personnages aient décidé (on ne sait pas encore comment, ce sera probablement l'affaire des épisodes suivants) de ne finalement pas se séparer alors qu'ils sont en pleine crise à 45 ans, reste incrompréhensible pour le spectateur, tant on peut voir les personnages peu attachés l'un à l'autre une fois vieux. On ne ressent pas vraiment de tendresse, ce qui aurait été le minimum. L'impression d'assister à une déconfiture inéluctable est vraiment constante. A ce tarif-là, c'est même moins déprimant de regarder Fred de Tu m'aimes-tu ? pleurer pendant tout un épisode, que de voir le couple d'Adam et Eve rester ensemble.
Si vous préférez conserver un minimum de foi en ce qui concerne votre futur amoureux, épargnez-vous tout simplement le visionnage d'Adam et Eve. Surtout que, par le choix-même de leurs noms, les personnages s'imposent comme des absolus de la vie de couple ; ils sont là pour montrer que c'est la règle, pas pour se poser en exceptions ou, au moins, en héros dont le destin va légèrement varier de cette courbe prévisible.

Du coup, l'humour de ce premier épisode est bien mis à mal par une intention qui ne se réalise pas : suivre ce couple à trois âges différents est, évidemment, une façon d'opérer des comparaisons (c'est la raison pour laquelle la série rappelle tant Scènes de ménage), mais ce que ces comparaisons disent de la vie de couple empêche de vraiment sourire. Ca, et le fait que l'interprétation n'est pas top.

Mais au juste, je ne sais pas trop ce que le pitch d'Adam et Eve aurait pu accomplir, en fait. Comme c'est une comédie, c'était finalement assez inévitable de se trouver face à un couple dont la relation amoureuse s'érode avec le temps, car c'est là-dessus que repose le ressort comique. Evidemment ça aurait été moins cliché que cette érosion ne se produise pas, mais dans ce cas, que dire ? Pour un drama, ça aurait pu fonctionner, il y aurait eu un côté chronique, attachant, pour comparer la vie de ces deux personnes à plusieurs années d'intervalle. Mais pour une comédie, il n'y avait pas 712 possibilités.
Le problème vient aussi du fait que ce premier épisode choisit justement "la passion" comme sujet. Peut-être qu'en ayant choisi un autre angle, la série semblerait moins défaitiste. L'éducation des enfants, par exemple, aurait été un axe moins défaitiste. Mais il semble que la série ait réellement pour objet de regarder ce couple se détricoter, et tenter d'en rire. Je ne vois pas comment ça peut marcher, mais admettons.

Peut-être aussi que je suis trop cynique pour apprécier la tentative d'humour d'Adam & Eve. La série a 13 épisodes au total pour prouver qu'elle a quelque chose à dire. Mais ce quelque chose sera-t-il drôle, original ou attendrissant ? De mon point de vue, il y a peu de chances, mais rien n'est impossible. Pour ma part, au rayon comédies québécoises, cette saison, je me contenterai probablement des Bobos.

La bonne nouvelle en revanche, c'est qu'à l'instar d'Un Gars, Une Fille, le format est facilement franchisable. Tout n'est donc pas perdu pour Claude Meunier...

Challenge20122013

22 septembre 2012

I drink to that

Pourquoi n'avais-je pas regardé plus d'une saison de Cheers, déjà ? Je ne me souviens absolument pas de ce qui m'avait arrêtée. Mais cet été, quand j'ai émergé après avoir été privée de connexion à internet pendant près d'un mois, j'ai eu une sorte de mini coup de coeur pour Sullivan & Son.

Le pilote de la série était incroyablement chaleureux, et ses personnages étaient formidablement bien exposés. Il y avait des trésors dedans, comme si la série tentait d'ajouter de bonnes idées à son pitch de départ pour éviter, justement, la comparaison avec Cheers. Et ça fonctionnait incroyablement bien : le héros avocat qui change de vie pour aller reprendre le bar de son père à Pittsburgh, le couple mixte formé par son irlandais de père et sa coréenne de mère, la petite romance avec son béguin de toujours... Plein d'idées qui permettaient d'aller plus loin que la vie au pub, en somme, même si les personnages hauts en couleur qui le fréquentent peuvent, sur le papier, suffire.
Alors, Sullivan & Son, en dépit du fait que ce soit diffusé une série de TBS et que rien n'est, d'ordinaire, very funny sur TBS, est devenu mon sitcom de l'été. Entre autres parce qu'il n'y a pas beaucoup de sitcoms l'été.

SullivanandSon-Spitting

Car il faut bien l'admettre : tout cela ne vole pas bien haut. Le principe est celui d'avoir une bande de personnages et de les retrouver faire les zouaves chaque semaine, accoundés au bar, et pas vraiment d'avoir de l'humour de haut vol. Comme je l'ai dit, c'est une série de TBS, et à l'impossible nul n'est tenu. Mais ça fonctionne quand on s'attache aux personnages, et c'est le cas ici.

Mais reprenons depuis le début : Sullivan & Son commence alors que Steve, un avocat d'affaires travaillant à Wall Street, revient à Pittsburgh fêter l'anniversaire de son père, Jack, un Irlandais typique. Ce dernier tient, avec son épouse coréenne, un pub traditionnel très apprécié dans le coin, qui bien-sûr regorge d'habitués qu'on connait depuis toujours.
Parmi eux, Hank, un vieux ronchon raciste mais pas mauvais bougre dans le fond (on va y revenir), Carol, une mère célibataire dans la cinquantaine et connue pour être une vraie croqueuse d'hommes, Owen, le fils de Carol, le benêt du coin, Melanie, un beau brin de fille aujourd'hui devenue ambulancière, et quelques autres plus mineurs, comme Ahmed et Roy, des amis d'enfance de Steve. Notre héros a également une petite soeur, Susan, qui le jalouse depuis toujours et n'est pas franchement enchantée de le voir.
Steve réalise, en voyant à quel point son père est aimé par ceux qui fréquentent le bar, que sa vie techniquement réussie à New York ne le satisfait pas. Alors, quand pendant la soirée, son père annonce qu'il veut vendre le bar pour prendre sa retraite, Steve décide de le lui racheter, mettant au désespoir sa mère qui était si fière de sa carrière d'avocat.

L'épisode avait donc tout pour plaire, puisque cette fête d'anniversaire était idéale pour montrer l'ambiance dans le pub, et souligner les rapports chaleureux des personnages entre eux. Qui plus est, le passage pendant lequel plusieurs personnages portent un toast en l'honneur de Jack permettait d'en mettre plusieurs en lumière, comme Hank ou Carol. Ces personnages, s'ils ne sortent pas vraiment des sentiers battus et restent parfaitement dans leur cliché, n'en sont pas moins efficaces.

Le pilote était donc bon. Hélas, toutes ses promesses n'ont pas été tenues.
Par exemple, l'un des arguments avancés pour que Steve reprenne le bar de son père, c'est qu'il pouvait continuer à être un avocat en se mettant au service des habitués. Ce ne sera pas un outil très utilisé dans les épisodes suivants, où Steve n'interviendra que de façon mineure, ou, quand ce sera un axe important d'un épisode, ce sera traité de façon pas drôle du tout, comme dans l'épisode où il représente Steve. Donc déjà, voilà un angle qui sera vite oublié. De la même façon, la romance avec Melanie va être presque totalement éclipsée. C'est pas que je courre après les romances, comprenons-nous, mais c'est quand même dommage de laisser tomber cet aspect.
En fait, alors que Steve était au centre du pilote, avec son changement de vie et toute cette sorte de choses, il devient un personnage secondaire, et même si j'en apprécie plusieurs, et si certaines dynamiques qui en ressortent sont assez sympa, ça reste très regrettable que le héros d'une série (et le comédien de stand-up qui a inspiré son pitch, soit dit en passant) soit ainsi relégué en arrière-plan, ponctuant certaines scènes et étant simple témoin de la plupart des autres (avec un personnage très "clown blanc" qui, cela étant, fonctionne plutôt bien au milieu des autres gugusses).

Une grande partie de l'humour de Sullivan & Son repose sur des stéréotypes raciaux ; Steve, qui a du sang irlandais et du sang coréen, donc, va ainsi souvent être renvoyé à son appartenance à l'un ou à l'autre ("Mom, all my life I've been a perfect Korean kid. What if I'm really just... Irish ?"). De la même façon, sa mère est une Coréenne froide, sévère et exigeante, composant ainsi le portrait d'une Tiger Mom assez classique ; à l'inverse, Jack est le type le plus jovial et facile à vivre du monde.
Le fait que le personnage de Hank soit un raciste est, dans ce contexte, plutôt amusant : il fréquente un bar tenu par un couple mixte, il y retrouve chaque jour des personnages d'éthnies variées (Roy est black, Ahmed est... je vous fais pas un dessin), et pourtant, pour "les autres", les étrangers qu'il ne connait pas, il a des termes très cassants et caricaturaux à l'extrême.
Ce n'est probablement pas très politiquement correct, mais ça m'a fait rire de voir tous ces clichés être tournés en ridicule dans le pilote (et les épisodes suivant) par les premiers concernés. De la même façon que son statut de femme facile est totalement assumé par Carol, les personnages ne s'excusent pas d'être ce qu'ils sont, et personne ne sermonne vraiment Hank pour ses sorties racistes (son toast du pilote est truffé de propos de ce genre, mais tout le monde en rigole). Peu importe, dans le fond : sa façon de penser ne l'empêche pas d'être un type sympa au quotidien. Alors il peut bien penser ce qu'il veut, personne n'est blessé et, au contraire, on le prend comme une sorte d'attraction, "aha, notre Hank va encore sortir un truc sur les Mexicains". J'ai beau jeu de ne pas me choquer, puisque je suis blanche (comme le dirait Hank, "technically, Italians are white people too"), mais je trouve que cela permet de relativiser, de se dire qu'un propos raciste, s'il n'est pas pris au sérieux, ne fait de mal à personne, que ce sont les actes qui comptent. C'est d'ailleurs un peu ce qui ressortira du procès de Hank.

SullivanandSon

Mais parmi les vraies réussites de Sullivan & Son, il y a deux éléments qui ne déçoivent jamais.
D'abord, le couple Carol/Owen. Autant Christine Ebersole ne fait que confirmer qu'elle est géniale, autant pour moi, Owen Benjamin est un petit nouveau totalement inconnu ; mais ensemble ils font des étincelles. Ils sont aussi hilarants qu'ils peuvent être attendrissants. C'est un tandem qui fonctionne très bien, et qui apporte très souvent de vrais passages drôles, du genre à me faire m'esclaffer tant il peut être absurde que le fils encourage sa mère à avoir des aventures d'un soir ou que tous les deux forment un duo musical ambigu. C'est là encore parfois de mauvais goût, mais ça fonctionne.
Et puis, l'autre grande réussite, c'est justement le rôle de la mère de Steve, Ok Cha, qui capitalise à elle seule 80% des meilleures répliques de la série. Non seulement l'actrice, Jodi Long, est absolument parfaite (et incarne son personnage avec suffisamment de doigté pour ne pas le rendre totalement prévisible), mais en plus le personnage est systématiquement hilarant. C'est l'avantage des personnages sarcastiques, ils ont souvent le beau rôle, comme Niles le maître d'hôtel l'a appris à une génération de téléphages. Encore faut-il qu'ils soient bien écrits, et c'est ici le cas, sans conteste. Impossible de ne pas jubiler devant certaines de ses répliques.

Pour finir, cette première saison de Sullivan & Son aura vu défiler pas mal de guests venus de l'univers des sitcoms, comme Billy Gardell (Mike & Molly), John Michael Higgins (Happily Divorced), Ted McGinley (Mariés, Deux Enfants), ou encore Chris d'Elia (Whitney), sûrement le plus tordant de tous les guests... voire peut-être de tous les épisodes. Et il s'avère que, dans un sitcom, les guests, eh bah... j'aime ça, voilà. Ca fonctionne et ils sont ici toujours très bien utilisés (à l'exception peut-être de Gardell... qui de toute façon n'est pas un grand génie de l'humour), et ne sont pas juste là pour montrer leur tête et faire un peu de promo (parce que soyons honnêtes, ça pourrait y ressembler) mais bien pour enrichir l'épisode et participer à l'ambiance de la série. On n'est pas dans le pur name-dropping, en somme, même s'il est certain qu'à un moment je m'attendais à ce que quelqu'un de The Big Bang Theory finisse par passer une tête.

Alors, même si Sullivan & Son n'est pas la plus grande série de tout l'univers, ou même de l'année, ou de l'été d'ailleurs, elle est quand même la plus sympathique de la chaîne (certes, la compétition n'est pas féroce...), et elle a ses bons moments. Même si la première saison était un peu inégale, et si Steve Byrne s'efface un peu trop souvent au profit du reste du cast. La deuxième saison, prévue pour le courant de l'année 2013, devrait lui  donner une opportunité de corriger tout ça.
Et même si elle ne le fait pas, après tout, vous savez quoi ? Je m'en fiche. J'aime bien cette petite bande, et à raison de 10 épisodes par saison, c'est un engagement qui ne mange pas de pain.

18 septembre 2012

Haute infidélité

Aujourd'hui, pour changer, je vous propose de parler non pas de pilotes récents ou prochains, mais d'une série légèrement plus ancienne, plus précisément diffusée à la rentrée 2011 aux Pays-Bas. Cette série, c'est Overspel ("trahison"), qu'on a eu l'occasion de brièvement évoquer dans le cadre du Festival de la Fiction TV de La Rochelle, et dont j'avais découvert l'existence à cette occasion. J'avais au départ prévu une review du pilote en VOSTM, mais Livia a attiré mon attention sur la présence de sous-titres anglais sur le DVD et... bon, bah, vous devinez la suite.
Au passage, je suis extrêmement déçue que les séries néerlandaises dont je connaissais l'existence (comme vous le savez, je suis pas encore très au point sur le sujet) et qui m'intéressaient, parmi lesquelles Feuten, Dubbelleven, Lijn 32 (qui d'ailleurs semble nommée pour le Prix Europa) ou encore Penoza que je n'ai vue qu'en VOSTM, ne comportent pas de sous-titres.
L'accès aux séries néerlandaises pour les non-néerlandophones est donc pour le moment un peu compliqué, mais le succès de Penoza (via notamment son adaptation Red Widow) et d'Overspel vont peut-être donner un coup de pied dans la fourmilière...

Mais je m'égare : revenons donc à notre pilote d'Overspel, premier épisode sur douze d'une série oscillant entre le thriller et... la romance. Et, oui, pour répondre par anticipation à votre question, j'ai quand même tenu tout le long de l'épisode. Installez-vous, que je vous explique.

Overspel-promo

Overspel s'ouvre, comme beaucoup de thrillers, avec une scène mystérieuse correspondant visiblement à la surveillance, via tables d'écoute, d'appels téléphoniques, par le bureau du procureur (non, "openbaar ministerie" ne signifie absolument pas ministère en open bar). Et là-dessus, sans avoir entendu une seule parole clairement, ni sur l'enregistrement, ni de la part de l'enquêteur qui n'ouvrira pas la bouche pendant cette scène, débute le générique (ne me lancez pas sur le générique, je l'abhorre). Voilà qui a de quoi laisser le spectateur sur sa faim.
Oh, il a des soupçons, évidemment : quel genre d'enquête peut bien nécessiter des tables d'écoutes ? Il n'y a pas 712 possibilités, en réalité : la mafia ou des cols blancs sont au centre de l'enquête du bureau du procureur. Mais si le spectateur veut se piquer d'intérêt pour cet angle de la série, il sera pendant le pilote abandonné à ses propres conjectures. L'épisode mettra pas mal de temps, en fait, avant de simplement concrétiser cette partie de son intrigue : la série ne veut pas poser un grand scandale puis noyer son héroïne dedans, mais en fait procéder dans l'autre sens, à savoir nous présenter d'abord l'héroïne, et ensuite seulement approfondir la question du scandale. Une idée qui en vaut un autre, et qui permet en tous cas d'éviter les clichés. Toujours est-il que pour l'exposition de ce scandale, il faudra être patient, alors ne parlons même pas encore de faire avancer cette trame : le pilote ne s'en chargera pas.

Notre héroïne, donc, est une jeune femme du nom d'Iris, jolie, mariée, un enfant, photographe dont la carrière décolle, bref tout pour plaire. Mais très vite, on découvre que si sur le papier, la vie d'Iris est parfaite, en revanche, dans les faits, on a affaire à une femme très mal assurée ; en fait, Iris semble au bord de la crise de nerfs.
Là encore c'est quelque chose qu'Overspel ne va pas tout de suite définir clairement, bien qu'on ressente la sensation de nervosité dés la première apparition d'Iris à l'écran. A ce moment-là, elle est en train de prendre une douche avec son mari pendant que leur fils attend l'arrivée de la nounou qui doit le garder pendant que ses parents seront sortis, et déjà, on sent qu'Iris n'est pas à son aise ; mais est-ce parce que justement son fils est dans la pièce d'à côté pendant que son mari la prend sous la douche ? Est-ce parce que la relation sexuelle avec son époux ne la satisfait pas ? Est-ce parce qu'elle anticipe l'évènement de la soirée ? Ce sera laissé à votre appréciation. Ca se trouve, toutes les réponses sont exactes. Iris passera le reste de la soirée dans un état de tension intense, alors que c'est "sa" soirée : ses photos sont exposées, et elle est couverte de louanges. Mais visiblement il y a quelque chose qui ne passe pas.
A première vue, sachant qu'on va avoir affaire à un thriller, ce personnage névrosé, qui semble tout vivre comme une aggression, pourrait vriller les nerfs au spectateurs, à plus forte raison parce que l'intrigue n'a pas encore réellement commencé. Mais l'exposition d'Overspel est si bien articulée qu'au lieu d'être déjà sous tension "pour rien", comme on pourrait le craindre, en nous mettant au diapason avec l'héroïne, l'épisode nous invite plutôt à découvrir un personnage dont la fébrilité est un trait de caractère. La vie d'Iris est pour l'instant très simple, mais on sait déjà une chose sur elle : elle ne gère pas très bien un certain nombre de choses, sur un plan émotionnel. C'est finalement très important, et cela évite l'impression de suivre encore et toujours la même histoire dans laquelle une femme à la vie parfaite voit un jour son monde se troubler parce qu'elle est plongée dans une affaire louche. La vie d'Iris n'est pas parfaite. Non parce que quelque chose manque, en apparence, à son bonheur, mais parce tout simplement, le personnage est un peu névrosé, et cela rejaillira, finalement, sur tout ce qu'elle fera par la suite.
Dans une excellente scène plus tard, bien plus tard dans l'épisode, Iris finira par poser des mots sur ce qui la trouble, et ces mots disent tout simplement qu'elle l'ignore. Elle sait qu'elle est nerveuse, elle devine qu'elle est agoraphobe, mais quel est, dans le fond, son problème ? Elle l'ignore. Je suis d'ailleurs assez contente d'avoir vu cette scène, entre autres, avec des sous-titres, car sans connaissance du néerlandais, elle m'était apparue comme un peu brumeuse la première fois que je l'avais vue ; j'ai eu la sensation de mieux saisir le personnage, et j'ai apprécié qu'on nous délivre ainsi une héroïne qui, sans avoir un grand drame dans sa vie, n'est pas lisse. Bien joué de ce côté-là pour Overspel.

Mais bien-sûr, les choses vont encore se corser quand Iris rencontre un avocat à l'occasion de ce vernissage ; Willem, c'est son nom, est séduisant, a une présence calme et rassurante, et surtout il la dévore des yeux. Accessoirement, il est lui aussi marié (nous le savons, mais Iris l'ignore pour le moment), et même si elle se sent vraisemblablement attirée par lui, elle semble prendre très rapidement conscience du problème que cela va poser. En mettant à plat, très rapidement, les problématiques sur la liaison potentielle entre Iris et Willem, Overspel fait là encore preuve de beaucoup de tact. En fait, ce sera l'objet principal de ce premier épisode : la rencontre, bien-sûr, je l'ai dit, mais aussi l'attente, sont au coeur du pilote. On a l'impression de sentir Iris se consummer dés que son téléphone sonne, parce qu'elle sait que cet homme qui l'attire tant a son numéro ; on peut la voir être rongée par l'hésitation et le remords, et quand même attendre avec impatience qu'il l'appelle. C'est très fort, ce que nous communique Iris, et c'est totalement intégré dans son personnage nerveux et anxieux, ce qui là encore, est brillant.
Iris et Willem concrétiseront-ils ? J'aimerais faire durer le suspense, mais le titre-même de la série vous a déjà spoilés, et en fait c'est son pitch-même : oui, Iris va se laisser séduire, et même si l'épisode ne les verra pas conclure, on sent bien que le point de non-retour a été atteint par Iris du moment où elle a accepté que son numéro de téléphone soit transmis à cet homme.

Le problème, c'est donc que Willem est, outre marié, un peu avocat. Et que, oh oui, petit détail, le mari d'Iris travaille au bureau du procureur sur une grosse affaire.
Ce qui nous conduit donc à notre fameux scandale. Car dans le pilote d'Overspel, nous faisons aussi la connaissance de personnages qui, techniquement, ne sont pas liés à Iris ou Willem, mais dont on sent bien que leurs problèmes sont en lien direct avec ce qui se trame. Ces personnages sont Huub Couwenberg, un industriel puissant, son fils Björn, un peu servile, et Louis Karelse, un partenaire de longue date de Huub qui vient de rouler ce dernier dans la farine, à hauteur de 1,5 million d'euros, excusez du peu, en créant une société-fantôme qui a facturé à Huub des services purement imaginaires. Furieux de le découvrir, Huub décide de confronter Louis à la vérité, mais celui-ci s'obstine à lui mentir, ce qui humilie Huub. Son fils Björn décide donc d'aller parler entre quatre z'yeux à Louis...
Pendant ce temps, le bureau du procureur, on a eu vent d'écoutes téléphoniques laissant penser que, dans le cadre d'une affaire en cours, une société-fantôme aurait facuté des services purement imaginaires... mais on n'en sait guère plus. Par contre on en sait suffisamment pour sentir que les choses vont vraiment devenir compliquées, tant sur le plan légal qu'émotionnel. Bon mais alors, au fait, en quoi ça la regarde, la petite Iris ? Eh bien, une petite allusion dans l'épisode nous permet de comprendre que l'épouse de son cher Willem... est la fille de Huub.

Au milieu des questions sur la trahison ("vais-je coucher avec Willem ?"... oui, Iris se pose des questions idiotes, mais elle ne sait pas, elle, que la série s'appelle Overspel !), se trame donc une affaire financière et juridique qui va exploser à la tronche de ses protagonistes, mêlant leur vie privée et leur vie publique, de toute évidence.
C'est le pari d'Overspel, mais c'est un pari que la série, au terme de ce pilote, semble en mesure de remporter avec finesse et élégance, parce qu'elle a su éviter plusieurs clichés, et qu'elle a décidé de s'intéresser presque totalement aux répercussions de cette affaire sur la psyché de ses personnages, et notamment de son héroïne. Le but du jeu n'est pas de suivre un thriller sur les affaires financières douteuses des puissants, ou de s'intéresser à l'enquête du bureau du procureur, mais d'utiliser au contraire ces éléments pour aboutir à un drama sur une femme dans la tourmente, prise dans quelque chose qui lui échappe parce qu'elle a cédé à une pulsion, un désir. Et de voir ensuite comment elle va réagir sur un plan moral, quand elle va découvrir que non seulement son infidélité est un problème en soi, mais qu'elle a de graves répercussions sur la vie professionnelle de son mari...
On est donc un pied dans le thriller, deux pieds dans le drama (oui, j'ai téléphagiquement trois pieds), et la proportion a le mérite d'une certaine originalité. On verra bien où le concept nous mènera...

Overspel

L'aventure d'Overspel n'est d'ailleurs pas finie. Outre la possibilité d'un remake aux USA, la série a apparemment un sequel en préparation, comptant cette fois 10 épisodes, qui a été tourné au printemps dernier ; j'ai trouvé peu de détails pour le moment sur l'intrigue à proprement parler : s'agira-t-il d'une seconde saison à part entière, ou d'un projet plus indépendant ? L'avenir le dira.
En attendant, la première saison d'Overspel s'annonce passionnante...

Finissons sur la traditionnelle "review de fournisseur" que je vous propose quand j'ai acheté un DVD dans un pays étranger.
C'est Livia qui m'avait recommandé bol, et je ne regrette rien. Déjà, il faut noter qu'actuellement, la première saison d'Overspel est en promotion : 16,99€ au lieu de 29,99€ ; vu que ça représente une économie de 43%, ce n'est pas négligeable. Donc si vous voulez faire l'acquisition de la série, c'est plutôt le bon moment. En comptant les frais de port, l'envoi de ce DVD m'a coûté au total 31,34€ ce qui, d'après mes critères, est une excellente opération. Et puis, il y a les délais, et ce n'est pas négligeable ; j'ai commandé mon DVD le dimanche 9 au soir, le 10 j'avais un message m'indiquant qu'il était dans l'avion, résultat, samedi 15 septembre, le paquet était dans ma boîte aux lettres. Vous allez dire que je suis médisante, mais même Amazon ne me garantit pas forcément ce genre de délais ! Livia vous le confirmera, puisqu'elle a effectué sa commande à quelques minutes d'intervalle avec la mienne : ça a pris juste un peu plus de temps pour elle (paquet arrivé hier, si je ne m'abuse), mais l'envoi a tout de même été très rapide et on reste quand même dans de très bons délais.
Deux avertissements cependant : d'une part, les adresses. Au moment du remplissage, bol impose que l'adresse soit rédigée à la néerlandaise (soit "rue principale 25" au lieu de "25, rue principale") ce qui peut être un peu déstabilisant pour votre facteur ; si vous avez une adresse un peu compliquée (genre avec un lieu-dit, mettons) et que le QI de votre facteur habituel vous inquiète, je recommande par mesure de sécurité de vous le faire envoyer ailleurs, ça vous évitera de vous ronger les sangs. Et puis la seconde chose c'est que, même si le paquet m'est arrivé en bon état, l'emballage m'a semblé vraiment minimal : une enveloppe en carton, sans bulles, de format A4 donc trop grande, bref, j'ai trouvé que j'avais eu du... bol qu'il n'y ait pas eu de dégâts.
Reste que pour ce prix-là, l'acquisition de la première saison d'Overspel sur le site de bol a été une expérience positive, que je vous recommande donc si le coeur vous en dit... Après, évidemment, vous en faites ce que vous voulez, mais au moins, vous savez comment procéder !
24 mai 2010

Give it some time

Expérience vécue par de nombreux téléphages, et plus particulièrement par les pilotovores : après avoir vu un pilote, dites devant le fan de n'importe quelle série que vous ne l'avez pas aimé, et vous avez une chance sur deux d'entendre en retour que, je cite, "ça s'améliore ensuite". Par ensuite, ce même fan peut aussi bien entendre un épisode de plus... que toute une saison : "ça s'améliore ensuite... pendant la saison 4 !" est en fait souvent le sous-entendu.
Il y a évidemment un certain prosélytisme dans cette réponse, mais pas seulement.

Que quelque chose soit bien clair : c'est absolument contre mes principes de regarder une série en espérant qu'à un moment, ça va bien finir par s'améliorer. Je sais que ça en fait hurler certains, mais ça se passe pendant le pilote, les enfants, c'est là qu'il faut être bon, pas dans deux mois, et encore moins dans quatre ans, d'accord ? Dés le pilote.

Je ne dis pas que le pilote doit être absolument parfait, parce que d'une part, la perfection n'est pas de ce monde, et d'autre part si le pilote était parfait on n'aurait pas envie de revenir la semaine suivante puisque tout aurait été dit dés le pilote, mais il faut que le premier épisode soit suffisamment convaincant. Qu'il inspire une certaine confiance et qu'on se dise que, bon, ok, ya peut-être encore ci ou ça à travailler, mais dans l'ensemble c'était bon et j'ai aimé. Je cherche dans un pilote la même chose que je cherche chez un homme : c'est peut-être pas parfait dans l'absolu, mais l'essentiel c'est que ça me plaise (et qu'au minimum, ça dure plus de 20 minutes). L'idée c'est que je sente du potentiel, pas que ce soit un chef d'œuvre dés le départ. Je suis une téléphage raisonnable, dans ma folie.
Mais enfin, quoi, si je ne suis pas convaincue au premier épisode que j'ai une raison de rester, je ne vois pas pourquoi je me forcerais à regarder en espérant que ça s'arrange ! J'ai autre chose à faire ! D'autres pilotes à découvrir !

C'est donc très rare quand je regarde une série qui ne m'a pas convaincue au-delà de son pilote. Dans ces cas-là, c'est parce que je suis mitigée, ou que vraiment je me demande si j'ai pas loupé un truc. C'est un peu comme mes retentatives téléphagiques, quand je regarde un pilote une seconde fois quelques années après l'avoir découvert, en me disant qu'étant dans un autre état d'esprit, je verrai peut-être quelque chose qui m'a échappé la première fois et que d'autres semblent voir. Eh, ça a marché pour quelques unes, après tout... une minorité, mais quand même.

Une fois arrivée au bout de la saison 4 de 30 Rock cette nuit (je m'inquiète maintenant de ce sur quoi je vais réussir à faire une obsession alors que je dois à présent me désintoxiquer ET de Saturday Night Live, ET de 30 Rock...), je me suis dit que ce cas de figure était quand même super rare. De carrément allergique, je suis devenue (certes à la faveur d'un état de santé médiocre) plutôt enthousiaste vis-à-vis de la série (mot-clé : plutôt). Mais il faut dire que pour 30 Rock, j'ai carrément persisté.

Peut-on aimer n'importe quelle série si on lui donne du temps ?

Je crois que c'est justement la raison pour laquelle je refuse de donner trop de temps à une série pour me plaire. C'est la raison pour laquelle c'est quitte ou double avec moi (ça, et le fait que si on me donne le choix entre un pilote dont j'ignore tout, et le deuxième épisode d'une série qui ne m'a pas tout de suite convaincue de son potentiel, je préfèrerai toujours l'inconnu...).
Au cinéma, on ne se lie pas sur le long terme, mais à la télévision c'est tout le principe et, bien consciente de cette particularité de ma chère passion, je pense que je me méfie spontanément des gens qui veulent laisser du temps à une série pour qu'elle plaise à un spectateur qu'au départ elle a laissé froid. C'est comme un piège. J'ai l'impression qu'on cherche à m'habituer aux personnages, peut-être même à me les faire aimer, et une fois que j'en serai arrivée là je ne pourrai plus dire du mal de la réalisation, du scénario ou quoi que ce soit d'autre ; je trouverai des excuses à la série parce que l'affectif prendra le dessus. Alors, instinctivement, j'ai envie de répondre que oui, on peut aimer n'importe quelle série si on lui donne du temps.

Est-ce que l'étrange expérience 30 Rock vérifie cette crainte, ou la nuance ? Est-ce que le fait d'insister, encore et encore, au prétexte que je ressens une certaine pression extérieure par exemple, ou parce que je vomis tripes et boyaux depuis plusieurs jours, a joué dans le fait que plus je regardais d'épisodes, plus je voulais en voir ?

Je plaisante souvent sur le fait que la téléphagie est une forme d'addiction (et si je le nie, je dois reprendre le programme depuis le début, alors...), mais c'est quand même un peu ça, non ? Si on laisse du temps à une série... on est sûr de s'y accoutumer. C'est pour ainsi dire inévitable.

Pourtant il y a des séries que je n'aime vraiment pas ! Mais je me demande parfois si je leur ai laissé une vraie chance.
Si j'avais regardé tous les épisodes de Ma Famille d'abord dans l'ordre... euh, non, mauvais exemple. J'ai dû voir les deux premières saisons comme ça. Et je déteste la série. Mais je revenais. Mais c'était l'heure qui s'y prêtait. Mais je ne changeais pas de chaîne. Mais je n'aime pas regarder le journal télévisé. Mais j'aurais pu mettre une VHS. Euh, j'en étais où ?!
Oui, voilà : existe-t-il une série que j'aie regardé sur le long terme et que je n'ai pas aimée ? Est-ce que c'est possible ?
Bah, non, puisque j'arrête quand je ne suis pas convaincue ! Et il n'est pas né celui qui me fera regarder un deuxième épisode de Gossip Girl ou de True Blood, ah ça non, même pas la peine d'y penser ! Je ne vais certainement pas m'infliger ça !

Ça me semble un comportement assez effrayant que de dire "tiens, regardons plusieurs épisodes en espérant que ça s'arrange". Je déteste faire ça. Je me méfie de pareil comportement. Si on n'accroche pas, on n'accroche pas, inutile d'insister. D'un autre côté la télévision est justement conçue pour fonctionner sur le long terme. Mais si on n'en a pas envie, pourquoi se forcer ?
Voilà que je recommence à me contredire moi-même !

Non, vraiment c'est un dilemme.

Peut-être que dans le cas de 30 Rock, comme, peut-être, dans le cas d'autres séries que j'ai appris à aimer sur le long terme (il y a eu le cas Big Love, aussi, l'an dernier, et ça a encore mieux marché parce que là j'ai même acheté les DVD !), il y avait un autre facteur au moment du pilote. Un truc du genre auto-persuasion. Peut-être que la première fois, j'ai décidé à mon insu de ne retenir que le négatif. Je croyais ne pas aimer Tina Fey et je me retrouve à regarder 4 saisons d'une série dont elle ne quitte quasiment pas l'écran, ça remet des choses en perspective !

Nan mais, en fait, ça s'améliore ensuite.
...

Giveitsometime

3 mai 2010

Mon fantasme

Tant qu'à regarder un sitcom, autant regarder un vieux sitcom. C'est pas comme si les récents apportaient quoi que ce soit au genre de toutes façons. Donc me voilà installée devant Fired Up, principalement parce que l'équation cagoule disponible + Mark Feuerstein suffit à me convaincre, surtout en ce moment où je suis pas dans mon assiette, malade, et je vous passe les détails, bref, complètement influençable. Je serais tombée sur une cagoule de Conrad Bloom, c'était le même tarif. D'ailleurs j'ai un épisode de Conrad Bloom à la maison, même si ce n'est pas le pilote. Pourquoi je parle de ça, moi ? Parce que Royal Pains reprend dans pile un mois ? Ah, tiens.

Bref me voilà devant le pilote de Fired Up et je me dis que, quand même, c'est pas gagné. Je déteste Leah Remini. Oh je suis persuadée que c'est une fille charmante au demeurant, et peut-être qu'elle donne toujours aux mendiants dans la rue alors que moi je regarde ailleurs l'air de rien, et qu' un jour elle a sauvé un chiot qui allait se faire renverser, mais je n'y peux rien, je déteste Leah Remini. Chaque fois que je riais devant Un Gars du Queens (c'est-à-dire rarement) c'était grâce au personnage de Doug, jamais grâce à Carrie. C'est vous dire.
Quant à Sharon Lawrence, c'est une bonne femme qui me fait peur. Je pense qu'elle boit le sang de petits bébés humains et qu'elle dort dans un frigo. Elle a la même gueule dans Fired Up que dans Drop Dead Diva où je me rappelle l'avoir vue cet été. Douze ans entre les deux, hein. Elle est peut-être pas une trop mauvaise actrice, mais qu'est-ce qu'elle me fait flipper !

Bref, Fired Up, cagoulée pour de mauvaises raisons et regardée avec appréhension pour toutes les autres raisons, relevait à la fois de l'expérience de l'extrême (je hurle de rage à cause de Remini en premier, ou j'attends d'avoir hurlé d'horreur à cause de Lawrence ?), et du petit passe-temps sans conséquence (d'façons, Royal Pains reprend dans pile un mois).

L'idée de Fired Up, c'est de prendre deux personnages que tout oppose, ce qui est un classique en termes de comédie, et de les forcer à se regarder dans les yeux pendant environ une demi-heure. Ici, d'une part, on a Gwendolyn, la patronne spécialisée en communication qui ne pense qu'à elle, et d'autre part, on a Terry, l'assistante qui a les pieds sur terre.

Tout commence quand un beau matin, Gwendolyn arrive au travail, et une chose horrible vient de lui arriver : au salon de beauté, on ne lui a pas donné sa pédicure habituelle, qui a été expulsée du pays. C'est terrible parce que la nouvelle pédicure n'a rien fait comme il fallait et a même eu le culot de lui infliger une petite coupure au pied. Certaines personnes ont de vrais problèmes, c'est tragique.
Terry arrive à en placer une et explique qu'elle vient de se faire virer, mais cela ne relativise pas vraiment les problèmes de sa patronne qui démontre ainsi, en un dialogue court mais rapide, combien elle peut être focalisée sur son nombril. Finalement Gwendolyn découvre qu'elle s'est également faite virer, ceci expliquant cela, et les voilà toutes les deux à faire leurs adieux, prêtes à partir chacune de leur côté après trois ans de collaboration. Six. Peu importe.

Terry vit avec son frère (Mesdames, voici enfin Mark, profitez-en, il est juste de passage, on le verra à peine), dans un loft qui a probablement été racheté à Batman et dont le loyer doit être plus cher que tous les appartements des Friends réunis.

FiredUp
Une horloge ! Une p*tain d'horloge ! Je VEUX ce loft.

Toujours est-il que le frérot travaille dans un bar en bas de l'immeuble (par définition, tout sitcom se doit d'avoir un café, un bar ou un restaurant sur la liste de ses décors réguliers, n'est-ce pas ?), et que voilà Terry sur le carreau, qui doit trouver un autre job et ne dégote rien de mieux que de vendre de la viande discount par téléphone (rassurez-moi, ce métier n'existe que dans les séries, n'est-ce pas ?). Inutile de dire que même si sa patronne était une égocentrique qui la réduisait en esclavage, elle a quand même du mal à s'adapter. D'ailleurs Gwendolyn aussi puisque peu de temps après, voilà cette snob en train de débarquer dans la vie de son ancienne assistante, complètement sur la paille, avec l'idée de monter sa propre société mais incapable de faire la moindre chose valable sans Terry pour l'y aider.

Eh oui, les deux femmes vont, c'était inéluctable, devoir tout de même se remettre à travailler ensemble, Terry parvenant à faire comprendre à Gwendolyn que cette dernière est incapable de faire quoi que ce soit par elle même (ou qu'elle s'y refuse : "Vous pouvez faire de la frappe ?"/"Oui."/"...Vraiment ?!"/"Eh bien, est-ce que je le peux et est-ce que je le ferais sont deux questions très différentes..."), et Gwendolyn ayant le pouvoir de sauver Terry de la vente de viande par téléphone (non, sérieusement ? Quelqu'un parmi vous a déjà vendu de la viande par téléphone ?!), et qu'en plus elle est vraiment douée dans son domaine.

Évidemment c'est un peu cliché tout ça. Mais je sais pas, j'aime bien l'idée qu'une fois de plus, le patron (ici une patronne, on s'en fout) ne puisse rien accomplir sans son assistante, je sais pas d'où me vient ce fantasme (de plusieurs années d'expérience dans l'assistanat de direction peut-être, je pense à certaines personnes qui ne peuvent même pas écrire leurs cartes d'anniversaires eux-mêmes, yes I'm looking at you, Blue), mais en tous cas l'idée me plait bien.

Alors au final, j'ai beaucoup aimé certains angles de ce pilote. D'autres relèvent de la vaste blague (et pas dans le sens où un sitcom voudrait faire des blagues), comme la plupart des répliques du patron du bar qui, cinquantenaire célibataire, allez je suis dans un bon jour, disons quarantenaire, se met immédiatement à courtiser Gwendolyn et se prend des vestes splendides sans avoir rien d'intelligent à répliquer (ce qui fait que chaque veste est plus que méritée).

Mais contre toute attente, le tandem Remini/Lawrence fonctionne très bien, les vannes fusent, le choc des deux cultures ne semble pas aussi plaqué que dans d'autres séries du même type qu'on a connues, qu'on connaît et qu'on connaîtra sur le même principe des deux opposés qui vont devoir cohabiter. Comme les meilleurs sitcoms, Fired Up repose d'une part sur cette alchimie, et d'autre part sur un grand sens du rythme. Ce qui est étonnant pour une série qui n'a pas duré très longtemps. Je vais pas dire que c'est un bijou méconnu, mais enfin, je me suis bien marrée, il faut le dire, et en prime j'aime bien le concept de départ, et j'aime le loft. Alors banco.
Ou alors, c'est la faute de mes médicaments. Ce qui n'est pas à exclure non plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fired Up de SeriesLive.

5 mars 2010

Ha ! Ha ! Famille nombreuse

Voilà deux posts que j'ironise et que je persiffle, mais en fait, je vous assure, j'ai bien aimé Parenthood.
Vous en aviez douté ? C'est bien mal me connaître ! Car enfin, c'est pas comme si, avec Brothers & Sisters (et bien que je me sois un peu calmée depuis ma période de fringale l'an dernier) ou Oishii Gohan, je ne vous avais pas expliqué en long et en large combien j'aimais les familles nombreuses, avec des ramifications et des pièces rapportées à n'en plus finir, qu'on pouvait suivre sur plusieurs années.
Je vous l'accorde, à ce stade il est prématuré (limite optimiste) de penser qu'on pourra suivre les Braverman sur plusieurs années.

Parenthood_Title2

Alors mettons fin immédiatement au suspense : non, Parenthood n'apporte rien de nouveau au genre. A la base, quand on lance le remake d'un film qui a déjà connu un remake télé, le principe n'est pas l'originalité, de toutes façons.
Mais Parenthood accomplit avec intelligence sa mission : parler d'une famille "normale". Si jamais la normalité a un quelconque rapport avec la famille du moins. Mais ce qui la différencie des séries qui risquaient de lui donner un trop fort goût de redite, c'est qu'il ne s'agit pas d'une famille un peu dérangée dans le genre de The Middle, ni moderne à tout crin comme peut l'être Modern Family. On ne cherche pas à nous présenter une famille qui a quelque chose qui sorte de l'ordinaire. C'est tout le principe. Les Braverman, c'est votre famille, c'est la mienne... les bons jours disons... on ne veut pas vous en mettre plein les yeux avec un couple gay ou avec des personnages absolument hauts en couleur, on n'a rien à démontrer, pas de société à dépeindre ou de cause à défendre. Regardez les familles autour de vous dans la vie : elles ont plus de chances de ressembler aux Braverman qu'à la plupart des familles de fiction. Et c'est de ça que la série veut partir, comme le faisait le film, pour parler de quelque chose de plus universel.

Alors justement, du film, que reste-t-il ?
Quelques éléments de l'histoire, d'abord. En fait le pilote est jalonné de passages qui sont clairement inspirés des moments-clé du film : le match de baseball, l'un des enfants qui revient vivre auprès des parents, l'un des enfants qui n'arrive pas à entrer dans la vie adulte mais se découvre un fils caché, la rencontre avec le personnel de l'école d'un gamin, le petit ami de l'adolescente un peu trop remuante, la mère divorcée qui recommence à fréquenter, le garçon qui voudrait vivre avec son père mais ne le peut pas, et évidemment, le spectacle de l'école.
Mais la série a aussi décidé de prendre tous ces éléments, et de n'en traiter aucun comme dans le film. Le match de baseball ne tourne pas au happy end. Le retard de Max n'est pas bénin. L'adolescente rentre dans le rang et ne cherche pas à revoir son petit ami. Le spectacle de l'école se déroule sans accroc.

C'est là qu'il est, le manifeste de Parenthood : on a bien vu le film, et on y a repéré plein de choses dont on a envie de parler. Mais on n'en parlera pas comme le film, c'est une autre génération, elle ne vit pas ces passages plus ou moins obligés de la même façon. Et c'est un choix que je respecte car sur pas mal de choses, les idées sont bonnes. Le rendez-vous de Sarah était une perle dans son genre. J'ai absolument adoré sa déception, sa colère et son émotion (dans cet ordre), c'était bien vu, ça exprimait plein de choses ; la frustration était présente mais montrée complètement différemment par rapport au film et ses remarques sur le vibromasseur.

Malheureusement, le gros bémol est que la série se prend épouvantablement au sérieux. Et là, avoir vu le film n'aide pas à faire passer la pilule du tout, car ce dernier, sans être une comédie tout du long, savait ménager des pauses pleines de fantaisie. Le film ose des passages totalement délirants, à l'instar du père qui imagine son fils au moment de la remise des diplômes à l'université, ou évidemment, de la métaphore du grand huit. Parenthood, en optant pour le réalisme à temps complet, ne s'autorise aucune respiration. Les scènes les plus légères gagnent essentiellement sur le plan du rythme, pas de l'humour (comme les quatre frères et sœurs qui s'empoignent dans la maison d'Adam, scène entre parenthèses très connotée Brothers & Sisters, ou encore quand Amber donne des conseils vestimentaires à sa mère). Et c'est très très fatiguant de voir tout ce petit monde accélérer la diction, tenter de faire dans la légèreté, mais n'être jamais drôle.
C'est sans doute là que Parenthood pèche le plus. Et c'est ce qui me refroidit un peu.

Mais bon, dans l'ensemble, le pilote de Parenthood est décent, voire correct, allons même jusqu'à le qualifier d'honnête.
Tous ces qualificatifs, ça me réchauffe le cœur, pas vous ?

Eh oui mais c'est la saison qui veut ça ; la téléphagie ne s'est pas encore relevée tout-à-fait de sa petite crise et on continue de trouver que ce qui est pas mal est suffisant, comparé à ce qui est pénible. Alors je vais laisser à Parenthood une chance de se détendre un peu, et puis on verra bien. Avec ce pilote, je n'ai pas l'impression qu'on ait trouvé la série du siècle. Mais des pilotes qui donnent cette impression, il n'y en a pas eu beaucoup cette année, de toutes façons...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Parenthood de SeriesLive.

3 janvier 2010

Diapositives de mes vacances

Ces dix derniers jours, comme pas mal de monde, j'ai pu prendre quelques congés, et alors que je vais reprendre le travail mardi, j'ai voulu faire un petit bilan de ma téléphagie pendant ce temps libre, et je vous ai même ramené des photos...

Il faut reconnaître qu'il s'est passé quelque chose d'étrange pendant cette période : j'ai regardé des films. Pas UN film, ça, ce serait encore dans le domaine du plausible, non, PLUSIEURS ! Pour quelqu'un qui n'arrive pas à tenir assise pour tout un film d'1h30 d'ordinaire, c'est quand même incroyable.
Ça a commencé assez bêtement quand mon ordinateur est mort (RIP), et que j'ai dû procéder à des installations et des réinstallations et des tas de choses barbares sur mon nouveau PC. J'ai lancé un film qui trainait par là, pour patienter le temps d'une installation dont la durée était prévue pour environ deux heures. Et c'est comme ça que j'ai regardé Garden State.

GardenState

Et puis, une fois l'ordinateur fonctionnel, je ne me suis pas arrêtée là. Puisque j'étais lancée... alors il y a eu Là-Haut (deux fois), Madagascar, puis Wall-E.

WallE

Et là j'ai bifurqué et, de l'animation, je suis passée à la science-fiction avec The Island.

TheIsland

Pendant que I, Robot arrivait, j'ai fait un détour par V for Vendetta, et aujourd'hui, il y a donc eu I, Robot et Bicentennial Man. Pas mal, en 6 jours, pour quelqu'un qui ne regarde pas de films d'ordinaire !

IRobot

Hm, je me demande sur lequel de ces films je pourrais faire un post Comme au cinéma...

Ah, je me suis aussi revu A Chorus Line, évidemment, pour la, je ne sais pas, 15e ou 16e fois depuis que je l'ai découvert fin novembre ?

Line

Que tout le monde se rassure, je n'ai pas négligé les séries pour autant, puisque j'ai profité de cette période pour me faire une intégrale de la première saison de Rescue Me (je me suis offert la saison 2, d'ailleurs, donc l'incendie est loin d'être éteint).

RescueHim

Quelques pilotes japonais, comme celui de Team Batista no Eikou.

TeamBatistanoEikou

Une remise à niveau sur la saison 1 de Southland.

Southland

Pas mal épisodes de Scrubs mais dans un beau désordre (la diffusion sur M6 plus quelques épisodes de mon coffret saison 1 flambant neuf, merci père Noël).

Scrubs

Sans compter la suite de Men of a Certain Age et de Better Off Ted, évidemment.

BetterOffTed

...Si-si, j'ai eu le temps de réveillonner et tout, aussi improbable que ça puisse paraitre.
Je tiens donc une forme phénoménale en ce moment, et je suis motivée pour varier un peu plus mon régime téléphagique, en incorporant quelques films à mon alimentation. D'ailleurs comptez sur moi pour me ruer dans les salles obscures pour Nine qui cumule les caractéristiques alléchantes à mes yeux en ce moment : film, comédie musicale...

Nine

Comme vous le voyez, j'ai passé d'excellentes vacances, et 2010 commence fort !!!
Alors, et vous, qu'est-ce que vous avez vu récemment... télé et ciné confondus ?

11 décembre 2009

[DL] NCIS: Los Angeles

J'ai essayé de rattraper tout mon retard. Avec les meilleures intentions du monde, j'ai envie de dire. Intégrale de Glee en quelques jours (histoire de me remettre dans le bain pour les inédits), intégrale de Better Off Ted en une journée (la saison 2 a commencé et j'avais presque tout oublié de la saison 1... et je devrais avoir honte de moi, j'adore toujours autant cette série), pilote de White Collar sur lequel j'avais fait l'impasse (on peut éventuellement en reparler à l'occasion), pilote de Men of a Certain Age dont je vous ai chanté les louages l'autre jour... Ok, je suis bonne élève, je m'applique, vraiment je fais de mon mieux pour ne rien laisser de côté.

NCISLosAngeles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais NCIS: Los Angeles... je suis désolée, c'est au-dessus de mes forces. Quand je vois le générique, j'ai presque plus envie de regarder... le NCIS original. C'est dire si ça me désespère.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche NCIS: Los Angeles de SeriesLive.

1 décembre 2009

Ain't got no guns

Je vous jure que j'ai rien prémédité. Bon, disons que ça devait être dans un coin de ma tête, et que c'est ressorti de façon inconsciente. Bref, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Treat Williams, et il s'avère qu'il a l'un des premiers rôles dans la comédie musicale dont il va être question aujourd'hui !

C'est quoi le nom du film ? Hair
C'est plutôt quel genre ? Musical chevelu
Qui on connaît là-dedans ? John Savage (Dark Angel, Carnivàle), Treat Williams (Everwood), Beverly d'Angelo (Rude Awakening pour moi, Entourage pour vous)... ha, ça c'est du beau générique !
Ça date de quand ? 1979
En résumé, de quoi ça parle ? De cheveux. Non, bon, d'accord, de hippies... pff, comme si c'était pas la même chose.

Hair___1 Hair___2 Hair___3 Hair___4 Hair___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Claude Bukowski vient d'être appelé pour faire son "tour" au Vietnam. Il fait escale quelques heures à New York, où se passe le recrutement, mais alors qu'il pensait suivre un chemin tout tracé jusqu'au front, il va faire la rencontre d'une bande de hippies, ainsi que de la belle et riche Sheila, et se retrouver embarqué dans des aventures que ce petit provincial n'avait pas imaginé expérimenter.
Et ça finit comment ? Pas à Manchester, England.

Pourquoi c'est bien ? Les chansons de Hair sont à l'image de leur époque : étranges, pleines de vie et d'entrain. Ce sont véritablement des chansons intemporelles (je mets au défi qui que ce soit de chanter les airs de Mozart ou Roméo et Juliette dans 20 ou 30 ans), à l'instar de "Good Morning Starshine", "Hair", et évidemment le cultissime "Let the Sunshine in". Je n'ai pas vécu cette époque (une source de consternation permanente dans ma vie, d'ailleurs) mais devant Hair, tout le monde a l'impression d'avoir été hippie ! Il suffit de voir comment les premières chansons se succèdent : "Aquarius", "Sodomy", "Donna"... oui, il y a une chanson qui s'appelle "Sodomy"... tout cela est fait avec un esprit qui me semble conforme à celui de l'époque, brouillon, joyeux... En un mot : enfumé. Car je soupçonne Milos Forman d'avoir passé de longues heures à rouler des plantes pour préparer son film, mais bref. Outre, donc, d'excellentes chansons et un univers entrainant, Hair, c'est une petite bande de gredins bien sympathiques à suivre et à aimer, et croyez-moi il ne peut en être autrement, entre l'adorable Jeannie, le charismatique Berger, ou encore Woof le petit bonhomme étrange... chacun a peut-être un peu trop fumé mais ils sont tous très attachants. A la façon de Claude, nous aussi on a envie de se laisser emporter par le tourbillon un peu bordélique de leurs vies... Hair est un film qui donne du baume au coeur, voilà la vérité.
Pourquoi c'est pas bien ? J'ai une super anecdote pour illustrer la réponse à cette question, vous allez voir. Lorsque je faisais mes études, j'étais noyée dans une classe de gonzesses qui passaient leur vie à parler de leurs histoires de cœur et de cul (et elles ne se confondaient pas toujours). Je ne plaisante pas : c'était leur seul sujet de conversation. Avec moults détails à l'appui. Flash forward : la veille des vacances de Noël. Comme il est de tradition de ne rien glander ce jour-là, notre prof d'anglais nous suggère de ramener un film de langue anglophone, à regarder en becquetant des friandises, et je ramène donc ma VHS de Hair (oui j'ai fait mes études au 20e siècle, pourquoi ?) et là, elle me dit en me fixant droit dans les yeux avec inquiétude "on regarde ça, tu es sûre ?". J'étais sûre. On a regardé. Ou plutôt on a regardé les 10 premières minutes. Au moment où Woof a entonné "Sodomy... Fellatio... Cunnilingus... Pederasty", il y a eu levée de boucliers dans les rangs, les poules ont commencé à caqueter avec indignation ; horreur et abomination, que tout cela est vulgaire. On a coupé la VHS et on a regardé Las Vegas Parano. Ce qui revenait quasiment au même, mais sans les mots "sodomy" et "fellatio" dedans. Encore que, ce serait à vérifier. Donc voilà le fin mot de l'histoire : ce film est à interdire d'urgence aux coincés du cul, aux psycho-rigides, et surtout, surtout, aux hypocrites.

Ah, les joies du cinéma ! Je me demande si les scènes d'hallucination ont été jouées avec la Méthode de l'Actors Studio ou si ce sont des rôles de totale composition. J'imagine bien les répétitions, quand même...
La réplique qui tue : Bien que Hair, a contrario des deux derniers films abordés dans ces colonnes, comporte des dialogues, j'ai choisi comme réplique qui tue un extrait de la chanson-titre, "Hair" donc, qui est la suivante : "Oh say, can you see my eyes if you can... then my hair's too short !"
La scène qui tue : Le premier numéro musical du film, c'est "Aquarius", une chanson que personnellement j'aime depuis le premier jour. C'est aussi avec ce titre que se fait l'incursion de Claude dans le monde hippie, un monde qui, au fin fond de son Oklahoma natal, lui était totalement inconnu. Mouvements éthérés et libres, musique et danse partout, malice, esprit de groupe... le ton est donné immédiatement sur l'esprit du film, pas de chichi de réalisateur ou si peu, on a l'impression que la caméra regarde dans tous les sens tout ce qui se passe sans chercher à en tirer trop de sens, juste à apprécier le moment... un peu comme si elle était déjà un peu dans les vapes, elle aussi. Si vous aimez ce premier passage musical, je pense que vous aimerez tous les autres qui, bien que chacun à sa façon, ont ce point commun d'être comme flottants. Tout en offrant, je le répète, des airs inoubliables. Et je dis pas ça parce que je suis Verseau.

Hair___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
J'affirme et maintiens que Hair est un bon film, et un bon film musical en plus. Excellentes chansons, ambiance impeccable... et puis de toutes façons, on n'aura pas mieux.
Bilan : Bah non on n'aura pas mieux, parce que quand on regarde ce film, qui a très gentillement 30 ans déjà, il apparait que si on voulait le refaire maintenant, oui, on pourrait probablement avoir plus de moyens, oui, on pourrait probablement faire une mise en scène plus poussée, oui, on pourrait... mais non, parce qu'on perdrait définitivement l'esprit du film, on ne pourrait pas en faire quelque chose d'aussi en prise avec l'univers hippie. Déjà là, avec autour d'une décennie de retard, on était pile dans les limites imposées par le temps et les époques. Au 21e siècle, il serait impossible de faire Hair sans en travestir l'esprit. Alors du coup, il y a quelques faiblesses, il y a des temps morts (personnellement je n'ai jamais vu l'intérêt de la scène de baignade), et certaines séquences musicales sont là pour l'amour de la musique mais n'ont pas leur place dans la narration. Ok, je l'avoue, c'est clair. Mais que celui qui regarde le final avec les yeux secs ose me dire que le film est raté. C'est simplement impossible.
Hair est un grand film, qui encore une fois parle de grands thèmes. Pendant 1h30, il permet d'entretenir l'illusion d'avoir connu cette période... sans bad trip.

15 novembre 2009

Un épisode vous manque, et votre canapé est dépeuplé

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de dorama que je vais vous entretenir. Cachez votre déception.
Il faut dire que le post de mercredi sur My Tele is Rich m'a un peu foutu le cafard (j'en profite pour glisser un lien vers ce blog encore jeune, mais déjà nécessaire). Non pour la crise de foi en elle-même, mais pour la mention faite à Flash Forward, abandonnée dés son automnale nouveauté.

Depuis l'apparition du pilote dans ces colonnes, je n'ai eu de cesse d'aller dire à qui voulait l'entendre que Flash Forward, ce n'est pas aussi décevant (pour ceux qui en attendaient quelque chose) qu'on veut bien le dire. Qu'il faut donner une chance à cette série, surtout qu'on est certains qu'elle a tout le temps qu'elle veut pour aller jusqu'au bout de son concept.

Pourtant, à la vérité, je n'ai regardé que 3 épisodes de Flash Forward, et je ne me presse pas tellement pour en regarder d'autres. Je les cagoule, mais je n'y touche pas.
Et ma fringale nippone n'a que très peu de rapport avec cet état de fait, ne désignons pas les faux coupables.

Le post de My Tele is Rich sus-cité m'a fait prendre conscience, moi aussi, que cela m'arrivait avec de plus en plus de séries : ne pas poursuivre l'aventure. Alors que, soyons clairs, je le pourrais. Mais il y a toujours un petit grain de sable qui grippe la machine pour une raison bête. Quelques exemples :
- Flash Forward : je faisais partie des enthousiastes, après le pilote. On aurait presque pu penser que c'était la série que j'avais le moins détestée en cette rentrée, entre ma passion pour Joe Fiennes, les quelques personnages vraiment touchants, les petites énigmes posées par les flash forwards... Et pourtant, un jour, j'ai cagoulé le 4e épisode, je l'ai rangé dans le bon dossier, et je n'y ai plus jamais retouché. Pire, il a été très vite rejoint par l'épisode suivant. Je ne suis même pas fâchée, ni rien ! C'est juste comme ça.
- Sons of Anarchy : c'est à n'y rien comprendre, avec cette série. Lorsque le pilote était sorti il y a des mois de ça, j'étais ravie (sans trop savoir pourquoi). Je me léchais les babines en me disant que j'allais adorer. J'avais découpé le générique avec empressement (voir les tags), m'en était régalée, et me réjouissais de me bloquer un moment pour attaquer le pilote. Puis, plus rien. Mais rien de rien. Pendant des mois. Quand enfin M6 m'a prise par la peau du... cou pour m'y mettre, effectivement, le pilote, et les épisodes suivants, m'ont plu. Mais absentez-vous un vendredi soir, et tout bascule. Je n'ai pas cherché à rattraper mon retard (j'ai du mal à cagouler quelque chose que j'ai commencé à suivre à la télé, j'avoue), et je ne pense pas m'y remettre. Désormais tous mes espoirs sont dans le DVD...
- Dexter : de pire en pire, ces exemples. C'en est déprimant. J'étais super enthousiaste sur Dexter au début. Encore une rencontre donc ce blog a été témoin. Et puis plus rien. Pour une raison des plus mauvaises (hélas), j'avais arrêté. Mais, aha ! Je me suis procurée le DVD en import belge, et j'étais repartie de plus belle. Patatras, voilà que se déclare mon aversion pour les coffrets qu'on finit sans avoir une autre saison à dévorer, et j'ai arrêté, à quelques mètres de la ligne d'arrivée de la saison 1. Au début ça m'agaçait. J'en parlais. Aujourd'hui plus du tout. La saison 2 ? Oui, oh, un jour, ça viendra forcément.

Telephanarchy

Ce ne sont que trois des nombreux exemples d'abandons malheureux que j'ai expérimentés ces trois ou peut-être quatre dernières saisons. Il y a évidemment une constellation de raisons à cela : ma passion pour les pilotes, mon envie de découvertes incessantes, mes fringales ponctuelles (deux saisons de The Tudors ici, une intégrale de Reba par-là...), ma tendresse envers les séries plus vieilles que moi (faut vraiment que je me bloque un moment pour vous parler de That Girl), et évidemment, mon engagement chaque fois plus intense sur la voie du dorama asiatique (parce que si vous croyez que je ne regarde que ce dont je vous parle ici...!).
Mais il y a aussi des raisons plus étranges. Dés qu'un petit quelque chose dse passe (ne pas être le vendredi devant la télé, ne pas avoir le DVD, cagouler l'épisode avec 48h de retard sur sa publication), l'envie s'est envolée.

C'est assez effrayant. Et le post de My Tele is Rich a réveillé ces inquiétude. Je n'ai, au fond, rien contre ces séries. Vraiment rien. Mais c'est comme si leur heure était passée. C'est en fait le plus triste de l'histoire : je les aime bien, mais elles ne me manquent pas. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la téléphagie...

16 octobre 2009

[DL] Wonderland

J'annonce la couleur : ce weekend, mon programme, c'est essentiellement Wonderland. En tous cas le pilote, j'aviserai ensuite (comme si souvent). Pourquoi Wonderland ? Je suis tombée au gré de mes clics sur un classement de séries qui hélas ont été trop courtes, et, tout en m'étranglant de colère de ne pas y trouver Pushing Daisies (alors bon, soit, il y avait Wonderfalls, admettons), mais ça se trouve le classement était antérieur à la série (yaurait intérêt), bref, sans chercher la moindre idée de pilote à regarder, je suis tombée sur le titre, Wonderland. Et je me suis dit : est-il possible ? Non seulement je n'ai pas vu cette série, mais le titre ne me dit rien ?

J'ai fouillé ma mémoire, encore et encore. Wonderfalls. Mais non. Wasteland. M'enfin ! Wonder Woman. Pas trop fort, quelqu'un pourrait vouloir en faire un remake. Wonderbra. Ah non, ça c'est ce que je n'ai pas besoin de porter. Rien à faire, j'ignore tout de Wonderland.
Vous vous doutez donc de ce qu'ils s'est passé ensuite.

Wonderland
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Donc me voilà, à quelques heures de cagoules de ça, un soir cette semaine, en train de me dire : bon, je lance le pilote, on verra bien. Et là je tombe sur Peter Berg (un ami d'enfance : il était dans Chicago Hope), créateur de la série, qui explique que Wonderland est une série sur la psychiatrie, et qu'il y a une scène particulièrement traumatisante où rien n'a été adouci ni rendu plus glamour.
Je fais une pause intérieure, et je me dis : "bon, déjà, l'interview du créateur avant même de lancer le pilote, ya un truc qu'est pas comme d'habitude, là. Mais alors, la psychiatrie... un truc traumatisant qu'on n'a pas cherché à atténuer... Je pense qu'il faut reconsidérer ta démarche, chère lady". Donc j'ai tout plié, découpant le (bon) générique au passage, et j'ai remis mes devoirs à ce weekend, je sens que ça va être un vrai délice/supplice de m'envoyer le pilote avec la boîte de macarons de chez Gosselin (Ladurée c'est trop loin).

Voilà, juste pour vous dire que si vous me voyez trainer ma misère demain sur ce blog (ou sur le vôtre, ou sur Twitter...), la larme à l'œil et le cœur en cendres, bah tout va bien, c'est normal, c'est juste que le pilote de Wonderland aura tenu ses alléchantes promesses. Que voulez-vous, on ne se refait pas.
En tous cas, le générique tient toutes les siennes à mon goût.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Wonderland de SeriesLive.

3 août 2009

Je Souhaite

Hasard du calendrier ? Je ne crois pas. Toujours est-il que Defying Gravity commence alors que nous venons de célébrer l'anniversaire du premier pas sur la lune. Et malgré tout ce que j'en entends depuis quelques jours, j'ai bien l'intention de me faire le pilote (comme si la question se posait !). Mais assez curieusement, est-ce là aussi le fruit du hasard ? Cet été a commencé au Japon la série Futatsu no Spica, qui parle, elle aussi, de conquête de l'espace.
Vous vous doutez bien qu'en de telles circonstances, je n'ai pas le choix. Je remets donc au goût du jour la semaine thématique ! Et pendant que ce soir je me délecte de Defying Gravity, je vous offre une première série où le personnage principal est un astronaute, dans un post La preuve par trois dédié à I Dream of Jeannie, plus connue chez nous (oh, à peine plus) comme Jinny de mes rêves.

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Au long de ce pilote, vous penserez plusieurs fois à Ma Sorcière Bien-Aimée ; il est vrai qu'à plusieurs reprises, et c'est assez normal, l'une est la réponse au succès de l'autre (c'est un peu, comment vous dire ? Comme si une chaîne remportait du succès avec des cop shows et que toutes les autres chaînes se mettent à faire des cop shows aussi... on est d'accord que ça reste purement théorique). Et à plusieurs reprises, les circonstances ne se cacheront pas d'être similaires : un homme sérieux et bien sous tous rapports fait la rencontre d'une jeune femme étrange, détenant de curieux pouvoirs, difficiles à expliquer aux simples mortels qui peuplent l'entourage dudit personnage masculin... La chose est entendue, ça va vous rappeler quelque chose. Mais plusieurs différences permettent à la série de développer sa propre identité, notamment de par la personnalité des deux héroïnes : Samantha Stevens est intelligente, pragmatique, et un brin têtue, alors que Jeannie a, si, si, il faut le dire, de l'eau entre les oreilles et le mental d'un enfant de 5 ans, ne se souciant pas des conséquences de ses actes.

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Mais dans son genre, notre pauvre humain ne se défend pas si mal. S'il partage avec Jean-Piètre Stevens un talent indéniable pour la panique dés lors que le surnaturel se pointe, il se montre aussi plus affirmatif. Une autre différence est que le monsieur a une fiancée, laquelle ne fera cependant pas long feu face à un génie omnipotent et amoureux. Bien que techniquement, Tony ne soit que son maître, Jeannie se montre incroyablement entreprenante, et beaucoup moins coincée que Samantha Stevens, d'ailleurs. Elle est beaucoup moins politiquement correcte que son aînée, et n'en fait qu'à sa tête. D'ailleurs autant Samantha Stevens cherchait à rendre service à son petit mari en camouflant autant que possible les manifestations de magie dans la maison, autant Jeannie n'a rien, mais alors rien à faire des apparences, et représente elle-même un "danger", alors que c'était plutôt l'entourage de Samantha qui mettait la famille Stevens dans le pétrin. Une dynamique peut-être plus intéressante, finalement.

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A l'instar de ce bon vieux Alfred, Tony ne manque pas d'avoir un supérieur hiérarchique, sauf que celui-ci exerce des fonctions, excusez-du peu, auprès de la NASA. C'est sans doute le point le plus contrasté entre I Dream of Jeannie et Ma Sorcière Bien-Aimée, d'ailleurs : si la fantaisie de la famille Stevens passait relativement inaperçue dans l'univers de la publicité (car oui, Jean-Pierre Stevens était un Mad Men !!!), en revanche, les choses vont être plus difficiles à expliquer dans l'univers cartésien de la conquête spatiale. Il est vrai qu'il semble assez étrange que Tony soit astronaute, mais qu'il rencontre Jeannie sur Terre (il aurait été assez cohérent qu'elle soit extra-terrestre, mais dans les années 60, les extraterrestres, c'était Star Trek, alors on n'a pas forcément loupé grand'chose). Beaucoup d'intrigues se dérouleront à la NASA, exploitant la profession originale de Tony, on y trouvera notamment un collègue qui, apprenant l'existence de Jeannie, voudra en devenir le maître, un psychiatre convaincu que Tony a soit pété un câble, soit caché quelque chose à la NASA, bref, on tire bien mieux partie du cadre initial que prévu, quand Jean-Pierre Stevens se contente de vendre des boîtes de soupe.

Deux notes pour finir :
- oui, c'est bien JR
- s'il doit y avoir un revival de I Dream of Jeannie un jour, Christina Applegate doit absolument reprendre le rôle de Jeannie

Finalement, si sur le papier et ailleurs, les deux séries se ressemblent beaucoup, on a vraiment passé le réalisme par pertes et profits, le personnage masculin exerce une profession rarissime, le génie de 2000 ans tombé fou amoureux de son maître est complètement azimuté, bref, on est dans la fantaisie la plus totale, là où les Stevens passaient leur temps à essayer d'avoir l'air de bons vieux banlieusards. Et au bout du compte, je trouve que c'est plus sympa d'avoir la tête dans les étoiles !
D'ailleurs c'est bien pour ça que je commence ma semaine avec une comédie, parce qu'hélas, être astronaute, ça n'est pas toujours aussi marrant, mais ça, ce sera au prochain post La preuve par trois qu'on le verra.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche I Dream of Jeannie de SeriesLive.
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6 février 2009

[DL] Into the West

Qu'est-ce qui peut bien pousser les gens à dire "ah tiens, toi qui es téléphage, tu as forcément vu... Non ? Ah bon, bah tiens, voilà ma cagoule". Ça m'arrive un peu trop souvent ces derniers temps, et en plus ça m'arrive sur des séries où de toutes façons, si je n'ai pas regardé, c'est que j'ai mes raisons. Cette fois, c'est ma mère qui m'a fourgué des devoirs avec Into the West. On est d'accord, c'est toujours mieux que Le Rebelle ou Walker, Texas Ranger... enfin, je n'ai pas encore regardé mais ce serait difficile de faire pire. Mais reste que, bon, zêtes gentils les gens, mais ya que 24h dans une journée et j'ai encore deux saisons de Titus à regarder, moi, et c'est sans parler de Big Love...

IntotheWest
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Non et puis soyons sincères deux secondes : c'est typiquement le genre de trucs pour lesquels j'y vais à reculons. Même si là, bon, le générique n'est pas mal gaulé, il faut quand même bien avouer que c'est toujours le même problème que pour Rome, par exemple. J'ai l'impression que la prod avait envie de se vanter : "vous avez vu, ça fait vrai, hein, ça fait vrai vous trouvez pas, nous on trouve que ça fait vrai, ça fait vraiment authentique, voilà c'est vraiment le mot : authentique, ah non c'est bien franchement, on est contents de nous, là". Et rien que ça, ça me les brise...
Connaissant ma mère, ya une interro de 10 pages comprenant un QCM et une rédaction qui m'attend, en plus. Obligée d'y passer.
J'ai pas enviiiiiiie...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous voulez une cagoule, peut-être ?) : la fiche Into the West de SeriesLive.

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