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ladytelephagy
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6 avril 2012

Remontées acides

Ce soir dans le SeriesLive Show, nous consacrons toute une rubrique à une série méconnue, Starved, diffusée par FX pendant l'été 2005. C'est une série dont je pense énormément de bien et dont j'ai déjà pu vous entretenir à l'occasion, mais puisque je me suis enfilé une intégrale afin de me rafraîchir la mémoire en vue de l'émission, je me suis dit que c'était une occasion en or de vous faire un petit bilan de la saison/série, après vous avoir parlé de son pilote voilà il y a quelques années.
Etant donné que depuis le décès de MegaUpload, les posts La preuve par trois ne fournissent plus de lien de cagoulage pour les épisodes traités,  maintenant c'est un peu l'horreur pour partager des épisodes sur le long terme ; je me vois donc contrainte de vous indiquer que l'intégrale de cette série est disponible sur Youtube. Chaque épisode est découpé en trois parties, en plus. Beurk, mais à défaut de mieux... En tous cas vous avez quelques heures pour aller vous faire une idée, et mieux comprendre de quoi on cause ce soir dans l'émission.

Starving

C'est sûr, Starved est une comédie bien particulière, puisqu'elle s'intéresse à quatre personnages qui ont des troubles alimentaires ; il y a Sam, qui cumule l'anorexie et l'hyperphagie, Dan, "simplement" hyperphage mais qui a atteint un stade d'obésité morbide, Adam, un boulimique, et Billie, qui est à la fois anorexique et boulimique. Que de charmants portraits, reconnaissons-le.
Ils assistent ensemble à des réunions des Belt Tighteners, un groupe de parole spécialisé dans les troubles alimentaires. Sauf que ces groupes ne sont pas basés sur l'écoute et l'entraide, comme peuvent l'être les Addicted Anonymous, mais au contraire reposent sur le blâme, et la dissuasion par l'aggression verbale.

La série étant créée par Eric Schaeffer, c'est évidemment lui qui interprète le rôle principal de Sam, un homme qui parvient à n'être jamais vraiment sympathique mais dont la manifestation des troubles est éminemment intéressante. En effet, il est également célibataire, et ses névroses alimentaires débordent énormément sur la façon dont il vit ses relations amoureuses ainsi que ses obsessions sexuelles. C'est certainement le personnage le plus fascinant de la série à cause de cela : il démontre bien la façon dont la nourriture et le sexe sont très liés dans nos imaginaires, et quand on entretient un rapport malsain à l'un, on a tendance à ne pas vivre le reste de façon bien plus saine.

Sam, en dépit du fait que ce soit un type assez insupportable et imbuvable (le terme "petit connard" peut éventuellement venir à l'esprit du spectateur...), est assez touchant parce qu'il cherche désespérément à vivre sainement, et que dans ce but, il adopte très vite les idées qu'on lui souffle.
Le problème c'est évidemment qu'il cherche une "formule magique" pour se sortir de ses troubles, au lieu de faire un travail plus difficile et plus lent, par exemple en suivant une thérapie (et pas juste aller se flageller chez les Belt Tighteners !) ou en intégrant un programme dans un institut médicalisé, pourrait-on imaginer. Donc en cherchant la solution qui va d'un coup de baguette magique tout résoudre, il devient une sorte d'éponge pour toutes les idées qui passent. Et il se destine aussi à l'échec car ce côté girouette ne peut jamais vraiment lui réussir. Par exemple, Dan lui recommande de faire des lavements ? Pouf, il fait des lavements ; c'est alors l'occasion de faire un transfert sur l'assistante médicale qui les lui procure, de façon à obtenir des lavements le soir après leur dîner ensemble (ah oui, Sam est un grand romantique). Mais quand ça ne marche pas comme il veut, il passe immédiatement à autre chose. Il va ainsi sortir avec une végétalienne et adopter son mode de vie extrême, simplement parce qu'elle lui a assuré qu'un brownie vegan n'avait presque pas de calories. Quand il prend du poids et qu'elle lui dit que, "presque pas", ce n'est pas "pas du tout" de calories, alors tout d'un coup on sent que son attachement pour elle s'est envolé.
Ainsi, tout s'imbrique toujours, avec lui... Et ne dure jamais vraiment longtemps parce qu'il ne lutte pas efficacement contre son trouble.

Sam prenant beaucoup de place dans la série, et l'unique saison de celle-ci étant très courte, on se prend à rêver des choses que les 7 épisodes de la série n'auront pas le temps d'explorer pendant la première saison.

Ainsi, Billie, chanteuse de son état, cache à son meilleur ami Sam que ses parents sont deux hommes, et évite depuis des années et des années de les lui présenter ; ses rapports avec l'un de ses deux pères sont de surcroît très houleux. Elle est elle-même plus ou moins bisexuelle (elle dit que "ses fans la préfèrent gay" mais couche aussi bien avec des hommes, sans en avoir l'air très heureuse, que des femmes), et l'un de ses pères prétend que son homosexualité n'est qu'une phase pour elle. Sa réponse consiste en général à boire (quelle émotion pour la fan de Rude Awakening que je suis d'assister au développement de cette intrigue...!), en plus de ses autres troubles alimentaires qui la poussent à peser absolument tout ce qu'elle mange, ce qui est supposé lui permettre de garder le contrôle de son besoin de se faire vomir (mais ce n'est pas beaucoup plus sain, reconnaissons-le). Bien qu'on ait le temps de prendre la mesure de tout ce qui préoccupe Billie, la résolution de ses problèmes avec son père, ainsi que la question de sa sexualité et de son alcoolisme, auraient à elles seules mérité une seconde saison.
Une histoire plutôt développée est celle de Dan, qui tout obèse qu'il soit n'en a pas moins une femme superbe à la maison qui ne demande qu'à lui faire un bébé. Lui, il aurait en fait dû rester célibataire, tant sa seule envie dans la vie est de rester au calme à manger devant des matches. Son état de santé est tel qu'un simple régime ne fonctionne pas (on verra d'ailleurs qu'en essayant de passer à un régime tout liquide, il va finir par mixer de la junk food...) et il a besoin de la pose d'un anneau gastrique, mais l'opération a plusieurs fois été reportée parce qu'il ne peut s'empêcher de tout gâcher en mangeant juste avant l'opération. Le déroulement de cette histoire semble osciller en permanence entre l'envie de progresser et le retour à la case départ, illustrant bien ce qui se passe dans la tête de Dan, mais on aurait aimé savoir ce qui se passe ensuite, quand son corps finit par ne plus pouvoir continuer ce petit jeu.
Le plus regrettable est probablement le problème d'Adam. Ses manifestations sont spectaculaires, à plus forte raison parce qu'en plus de vomir littéralement face caméra, elles entrainent un comportement auto-destructeur dans d'autres domaines de sa vie, notamment au travail. Mais même avec des explications vers la fin de la saison, le cas d'Adam restera assez superficiel, ce qui est dommage car, Adam étant quelqu'un de très secret et refermé sur lui-même, on n'a pas beaucoup d'occasions d'entrer dans sa tête autrement qu'avec des intrigues explicitées comme on les a pour les autres.
De mon point de vue, Starved avait encore beaucoup d'histoires à raconter, donc, en dépit du fait que bien des choses aient eu le temps d'être évoquées pendant sa brève existence, fait assez rare pour une série de ce format.

Mais la série a bien d'autres qualités. En décidant de choisir uniquement des adultes pour parler de troubles alimentaires, Starved parvient à dépasser l'écueil du cliché télévisuel sur les troubles alimentaires, et les rendent universels. On est à la fois dans l'outrance et dans l'absence de caricature, ce qui permet de ne pas se sentir excessivement concerné, tout en se remettant en question sur certaines de nos propres attitudes vis-à-vis de la nourriture. Est-ce vraiment sain ? Y a-t-il qui que ce soit qui ait un rapport totalement sain à la nourriture, de nos jours, après tout ? Comme le souligne Billie dans une démonstration, les dés sont pipés : les tailles des vêtements sont faussées, les médias déforment notre vision, et nous perdons tout sens des réalités. Et ce n'est pas faux, à bien y réfléchir.
Là où la série réussit son entreprise, c'est qu'elle rappelle ces facteurs extérieurs mais ne s'en sert jamais pour décharger les protagonistes de leur responsabilité dans leurs problèmes ; ils sont malades, c'est à eux de guérir ou au moins d'apprendre à ne pas être dominés par leur maladie, même si cette maladie est la résultante de facteurs extérieurs. Il y a un côté moins victimiste que la plupart des fictions traitant de ces sujets (et qui sont, en général, plutôt des unitaires de Lifetime, d'ailleurs).

La série ménage des moments légers et d'autres réellement dramatiques, usant du slapstick et du grotesque en plusieurs occasions, mais imposant aussi des passages (et notamment des fins d'épisodes) très oppressantes. A ce titre, Starved penche plutôt du coté dramédie que de la comédie pure et dure, mais quand elle tente l'humour, elle est dans une telle surenchère qu'on dépasse ce que la plupart des dramédies s'autorisent en la matière. Surtout qu'on parle du rapport que les personnages entretiennent à leur corps et leurs fonctions vitales, un sujet qui implique évidemment des choses assez graphiques et explicites...

Pour finir, certaines séries se déroulant à New York se contentent de prendre la ville comme elles auraient pris n'importe quel autre décor. Starved fait partie de ces fictions qui n'ont pas choisi New York : elle est éminemment New Yorkaise, c'est dans son ADN. L'atmosphère unique de la ville est palpable. Et cela sans en rajouter dans les prises de vue... Cela se manifeste aussi avec les quelques guests de la série, comme Darrell Hammond (tout droit issu de Saturday Night Live) ou Robyn Cohen (future créature de Gravity). On verra aussi Jenny Slate (une recrue très temporaire du Saturday Night Live) brièvement dans un rôle totalement muet dans le dernier épisode.
De par tous ces facteurs subtils, il semble impossible à la série de se dérouler ailleurs que New York ou, si ç'avait été le cas, la série en aurait totalement été changée. Cela ajoute probablement à son humour car le côté bobo que partagent de nombreux New Yorkais, la passion des habitants de Manhattan pour les modes ridicules (Carrie Bradshaw et ses copines nous l'ont prouvé à plusieurs reprises) et les possibilités de la ville jouent un rôle considérable dans les différentes options de "traitement" des protagonistes. Rien que les Belt Tighteners ont quelque chose de profondément New Yorkais.

Avant et pendant sa diffusion, Starved a... comment dire ? Partagé la critique. Il y a des sujets dont on a parfois du mal à rire, à plus forte raison dans une Amérique où l'obésité est une telle plaie, je suppose. Et je peux le comprendre. Mais à travers son humour pas très propre sur lui, Starved est aussi une série incroyablement honnête sur son sujet, comme pouvait l'être Huge, quelque part.
Starved est de toute évidence fondée sur un travail autobiographique, Schaeffer ayant lui aussi dû lutter contre des troubles alimentaires ; la série fait définitivement partie de ces petites séries qui resteront méconnues pour le grand public, mais qui apportent quand même énormément au téléphage, car elle ne fait pas de concession et s'autorise une sincérité totale, même quand c'est pas très ragoûtant. C'est le cas de plusieurs autres comédies ou dramédies qui ont pu me charmer par le passé, à l'instar de Rude Awakening (qui sera également citée dans le SeriesLive Show de ce soir !!!) ou Titus, vous le savez. Une série me plait rarement autant que lorsqu'elle veut rire de choses pas drôles... et Starved accomplit parfaitement sa mission sous cet angle.
Ce n'est pas le genre à vous donner, hm, l'eau à la bouche, mais c'est une vraie curiosité. A déguster uniquement en-dehors des repas, toutefois.

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7 mars 2012

No wonder

BlackMarch

Rappelez-vous, c'était jeudi dernier, j'entamais un marathon Wonderfalls, nous étions alors jeunes et innocents, c'était le bon temps. Ma dernière intégrale pour la série remontait, selon toute vraisemblance, au moment où les épisodes non-diffusés se sont montrés, hm, disponibles, et depuis je n'en avais vu que quelques uns en dilettante. Autant dire que mes souvenirs étaient flous.

Et je les aimais bien comme ça, mes souvenirs. Je sais pas, ça avait quelque chose de presque romantique de penser à cette série que j'avais bien aimée et qui reposait là, quelque part, dans les limbes où reposent les séries jadis aimées et disparues si vite, trop vite. Se lancer dans une intégrale était, sans aucun doute possible, une initiative charmante, sympathique et tout ce qu'on veut, mais c'est un peu comme rouvrir une plaie parfaitement cicatrisée : ça relève quand même un peu du masochisme. Cette intégrale Wonderfalls m'aura rappelé à quel point j'aime l'univers de Bryan Fuller. Et à quel point celui-ci est fragile face aux questions d'audiences et de renouvellements. C'est ma faute, je n'avais qu'à tomber sous le charme de l'esprit de Jerry Bruckheimer après tout.

NoWonderWhytheWonderfalls
Malgré mon enthousiasme et ma tendresse pendant ce visionnage, je suis obligée de reconnaître que j'ai vu en Wonderfalls des défauts que je n'avais pas remarqués plus tôt, ou pas mémorisés peut-être. Il faut préciser cependant qu'assez peu d'histoires m'étaient restées en tête, au profit d'une simple sélection de scènes un peu plus marquantes que les autres.

D'abord, ce qui était assez dérangeant avec ce marathon Wonderfalls était l'impression d'avoir affaire à une série à la chronologie épouvantablement floue. Je passe sur le fait que mes épisodes, sur ma cagoule personnelle, n'étaient pas numérotés dans l'ordre apparemment officiel (tel que trouvé sur IMDb par exemple), puisque je me suis bien vite aperçue de la bévue et ai suivi ce guide à la place de ma numérotation. Mais même comme ça, l'enchaînement ne faisait pas beaucoup sens. On ressent de façon assez nette la dispersion des intrigues : alors que le pilote mettait en avant la façon dont Jaye allait se rapprocher de sa soeur Sharon, cette proximité allait vite être tenue pour acquise, avant de se tourner vers une complicité un peu plaquée au premier abord, mais beaucoup plus détaillée, avec son frère Aaron. Lequel se prend de passion pour les extravagances de Jaye sans vraiment bénéficier d'une storyline très stable, puisqu'à intervalles réguliers, ses interrogations métaphysiques et/ou sur la santé mentale de sa frangine sont balayées par les intrigues amoureuses de celle-ci. N'allez pas croire pour autant que cette intrigue aura toutes les faveurs des scénaristes puisque par exemple l'avant-dernier épisode, dans la réserve indienne, en fait totalement abstraction.
Cette inconstance est certainement, en partie, due au flou qui semble ou a semblé entourer pendant longtemps l'ordre officiel des épisodes, mais quand même les résumés des épisodes précédents et les références internes dessinent une chronologie de fait, il faut bien avouer dans ce cas que le problème ne vient pas simplement de l'ordre de visionnage. Contrairement à d'autres séries, Wonderfalls ne semble pas parvenir à avancer sur tous les fronts à la fois de façon régulière, et du coup c'est un peu inconfortable de voir une intrigue supposément capitale être reléguée plus ou moins temporairement.
J'ai peine à croire ce que je vais dire, mais dans ce cas il fallait peut-être se limiter à un formula show.

Il y a ainsi beaucoup à dire de la vie sexuelle de Sharon qui, même si on imagine que c'est en grande partie grâce aux exécutifs de la FOX, rompt avec sa petite amie, avant d'être mystérieusement en couple avec elle à nouveau quelques épisodes plus tard, et dont la vie amoureuse sombrera dans le chaos avant et après cela. De la même façon, difficile de comprendre comment le vol de la statuette de singe peut passer à l'as pendant autant d'épisodes avant d'être mystérieusement ramenée sur le tapis afin de consacrer un épisode au psy. Que n'a-t-elle pas été restituée entre temps par la mère de Jaye qui prétendait que le psy refusait de la recevoir tant que l'objet ne lui avait pas été rendu ? Sans parler de la femme de ménage qui surgit de nulle part dans le 5e épisode, soi-disant alors qu'elle a quasiment élevé les enfants de la famille Tyler, et qui n'a même pas la bonne grâce de réapparaitre ensuite...
A n'en pas douter, voilà des errances qui ont coûté cher à la série autant qu'elles ont probablement dû participer à sa quête pour la survie. Dans le cadre d'un marathon de moins d'une semaine, on recolle facilement les morceaux, le cerveau fait vite la gymnastique nécessaire pour réorganiser les choses à peu près chronologiquement ; pour les épisodes initialement diffusés (une minorité, il est vrai) à une semaine d'écart, c'était forcément un problème d'une toute autre ampleur.

Au milieu de ce chaos, on se prend, ou reprend, d'affection pour la plupart des personnages, même si Jaye quitte bien vite ses habits de grande sarcastique pour devenir une héroïne plus classique, notamment au cours de son intrigue amoureuse avec Eric. Son entourage est en tous cas solide, à commercer par Mahandra, parfaite en meilleure amie qui ramène les pieds sur terre mais n'existe pas qu'au travers de l'héroïne, de Sharon, grande soeur hilarante grâce au don inné de Katie Finneran pour la comédie (on ne le croirait pas aujourd'hui en la voyant se compromettre dans I hate my teenage daughter...), Aaron, le petit frère qui fouine partout mais qui n'est pas agaçant grâce à son air un peu dans la lune, inoffensif, et les parents, qui bien qu'en retrait, forment toujours un très bon tandem, efficace à merveille lorsqu'il s'agit de souligner l'absurde d'une situation.

Et l'absurde, Fuller s'y connait. Certains savent extraire l'humour de l'absurde, Fuller en tire de la magie. C'est d'ailleurs incroyable de voir à quel point Wonderfalls est le chaînon manquant entre Dead Like Me, déprimante et consacrée à un travail d'introspection jamais tout-à-fait noir (justement grâce à l'absurde), et Pushing Daisies, avec son grain de folie entièrement assumé et son univers définitivement fantasque. Ca commence à être particulièrement visible, et ce n'est probablement pas une coincidence, dans l'épisode au cours duquel Jaye tente de se porter au secours d'une nonne. On y retrouve l'envie de déconner comme la quête intérieure, qui sont des constantes dans l'univers de Fuller à ce jour (m'étonnerait un peu que Hannibal nage dans ces eaux-là ; Mockingbird Lane, si elle voit le jour, a par contre plus de chances d'être un nouveau maillon de cette chaîne), avec une véritable oscillation entre un propos ouvertement interrogateur sur la spiritualité (tendance introspective de Dead Like Me, donc) et situations rocambolesques laissant s'échapper une part indiscutable de tendresse véritable (plutôt du domaine de Pushing Daisies). Même quand c'est le bordel dans sa storyline, une série Fuller a toujours beaucoup de coeur et d'affection pour ses personnages, et c'est ce qui la sauve ; le petit truc en plus, c'est probablement qu'elle arrive à partager cette inclination avec les personnages les plus passagers, sans jamais les pousser à se prendre totalement au sérieux. C'est pour ça que ces séries marchent même quand elles sont un peu moins solides narrativement que d'autres.

Autre évolution naturelle, la réalisation elle aussi se déride avec la progression de la saison, et ça fait un bien fou. Là où au départ, le pilote de Wonderfalls s'entêtait à préserver le status quo entre les questions sur la santé mentale de son héroïne et les aspects fantastiques, la série s'autorise progressivement à se laisser gentillement interner à mesure que les intrigues se succèdent. Avec une inventivité sans cesse renouvelée, elle joue sur son principe, ses gimmicks, ses animations et ses personnages d'un jour, pour pimenter toujours un peu plus son univers. Et ça nous donne d'ailleurs droit à une palette de guests pas piquée des hannetons. Rappelons ainsi (je l'avais moi-même oublié) que l'épatante Rue McClanahan viendra par exemple y incarner une star de Niagara Falls sur le retour. D'ailleurs il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont la série tire admirablement partie de son contexte, de la richesse de son origine géographique, mais sans (et c'est ironique) donner dans la carte postale.

Cette intégrale Wonderfalls m'aura rappelé à quel point j'aime l'univers de Bryan Fuller ; sa loufoquerie sans clowneries, ses intrigues improbables, et pourtant toujours autant touchantes que perspicaces sur les tracas humains, et ses personnages attachants même si pas toujours très complexes. Ce n'est pas forcément la série que je considèrerai comme une perle, et en cela, l'émerveillement s'est parfois avéré limité, mais c'était quand même une semaine drôlement chouette dans le Fullerverse.

Chic alors, ça tombe bien, maintenant c'est une intégrale Pushing Daisies qui est au programme !!!
Dites-donc, je me tâte, je vous fais de la review au quotidien ou...?

5 septembre 2013

8 raisons de regarder The Slap

Parce qu'une fois de temps en temps, quelques bons dramas australiens nous parviennent sur arte (elle nous avait déjà comblés avec la première saison d'East West 101), ce soir sera l'une de ces occasions de se rappeler qu'il n'y a pas que la Scandinavie dans la vie avec The Slap, alias La Gifle sous nos lattitudes, qui débute à 20h50.

Cette diffusion est pour moi l'occasion de vous annoncer que j'en profiterai pour publier en temps voulu les 2 dernières reviews épisode-par-épisode de The Slap, qui étaient restées à l'état infâmant de brouillon depuis que j'avais regardé la série lors de sa diffusion australienne (une claque pour... lady !). Les 6 premières reviews sont cependant déjà en ligne depuis un bail, donc n'hésitez pas à remonter le tag pour y jeter un oeil.
Mais surtout, cette diffusion est pour moi l'occasion de vous dire qu'il FAUT regarder The Slap ce soir... après tout, House of Cards peut se binge-watcher une autre fois, The Slap, not so much.

Et si vous vous demandez encore si c'est vraiment nécessaire de regarder The Slap (et que vous n'avez pas encore été jeter un oeil à la première de mes reviews sur la série), eh bien voici mes 8 raisons de le faire. Urgemment, en fait.

TheSlap_Diffusion_Hector

The Slap, c'est au premier regard une narration rare ; bien que la série soit profondément feuilletonnante, sa structure, directement calquée sur celle du roman original, lorgne plutôt du côté de l'anthologie, en associant à chaque épisode un personnage bien spécifique. C'est ainsi l'occasion de véritablement rentrer dans l'univers, la psychologie et le quotidien du personnage en question, de vivre les évènements à travers son regard, sans aucune forme de biais... mais grâce à l'éclairage des épisodes précédents qui introduisaient à d'autres points de vue.

Car c'est bien cela, l'essence de The Slap : montrer une diversité de points de vue et d'opinions ; The Kaleidoscope aurait été un titre tout-à-fait valide pour notre histoire, mais c'était à la fois moins facile à prononcer et moins... frappant.

The Slap nous invite donc à passer une journée avec un personnage, à tenter de comprendre non seulement sa réaction vis-à-vis de la fameuse gifle, mais aussi, voire surtout, de nous faire pénétrer son monde, avec ce que cela inclut de valeurs et de vécu. Car il ne s'agit pas simplement d'exposer l'opinion de chacun sur la gifle : cette dernière n'est qu'un évènement déclencheur. Chaque épisode a la lourde responsabilité d'essayer de nous faire saisir l'essence d'une personne en moins d'une heure ; dés, son visage aura déjà été déformé par la perception des autres.

TheSlap_Diffusion_Anouk

Des portraits sincères d'hommes et de femmes. The Slap ne reculant jamais devant la perspective de décrire la complexité des gens, et donc du monde (à moins que ce ne soit l'inverse), chaque personnage (et en particulier les 8 qui sont mis en avant pendant la série) bénéficie d'une écriture honnête qui permet de revenir sur les rapports hommes-femmes, mais aussi, sur les rôles genrés de chacun dans la société.

Ainsi, Manolis et sa femme Koula vivent selon un modèle traditionnel dans lequel l'homme et la femme jouent un rôle bien précis (dont généralement ils se plaignent ensuite tout en n'aspirant pas vraiment au changement), Harry incarne un certain idéal de virilité, Anouk est résolument une féministe bien qu'enfermée dans certains paradoxes, et ainsi de suite. Ces positions ne sont pas souvent le résultat d'un choix conscient, mais elles aboutissent à des interrogations intimes et des contradictions que The Slap détaille à la perfection, car aucune évidence n'est tolérée dans The Slap.

Qu'il s'agisse de sexe (il va s'agir de sexe à de nombreuses reprises, d'ailleurs) ou de relations platoniques, les interactions se détaillent dans une palette magnifique de nuances. A travers les rapports hommes-femmes, c'est aussi le fonctionnement de la cellule familiale que The Slap interroge, car évidemment les choix éducatifs sont au coeur de la problématique de la gifle.

TheSlap_Diffusion_Harry

Une mini-série qui se suffit à elle-même : il n'est pas nécessaire d'avoir lu The Slap pour apprécier la série The Slap. C'est évidemment un plus : du fait de la narration particulière, le lecteur aura un avantage certain sur le spectateur, car il aura pu entrer bien plus en détail dans le psychisme des personnages. Le choix fait par la série a d'ailleurs été de ne pas opter pour la voix-off comme matière première pour dépeindre les protagonistes ; peut-être que la série aurait été l'un des rares cas où ç'aurait été sûrement une bonne chose d'utiliser un peu plus ce procédé cependant. Ce choix osé nous prive d'un certain nombre de détails apportant plus de nuances encore aux personnalités en présence, mais pour autant, la série est parfaitement autosuffisante.

The Slap est tout-à-fait appréciable sans avoir lu le roman qui lui a donné naissance, bien que celui-ci, un véritable phénomène littéraire, gagne à être connu. Si vous n'avez encore jamais lu de roman australien (comment, pas même avec la diffusion de Puberty Blues ?!), The Slap gagnerait à être le premier. Quoique ça rendra sûrement très décevante la lecture du second...!

TheSlap_Diffusion_Connie

Matthew Saville.
Ce nom ne vous dit rien mais si vous avez vu Please Like Me, et surtout Cloudstreet, vous allez sûrement vite comprendre : Saville est le réalisateur de génie qui se cache derrière la camera de ces deux séries. En réalisant deux épisodes de The Slap, il parvient à insuffler sa touche particulière, une sensibilité qui doit énormément au sens du détail, à une photographie mettant en valeur les 5 sens avec luminosité.

Si les autres réalisateurs de la série ne déméritent pas, il n'aurait vraiment pas été un mal que Saville dirige tous les épisodes (et celui de Richie, en particulier), tant son doigté aurait énormément apporté aux portraits. Les épisodes réalisés par Saville comptent parmi les plus grandes réussites de la mini-série, en particulier celui de Connie qui est dans la droite ligne de ce que le réalisateur a accompli par le passé. Une véritable petite merveille comme on aime à en voir à la télévision.

TheSlap_Diffusion_Rosie

Un cast absolument parfait ! Si la carrière internationale de certains acteurs de la série attirera sûrement l'oeil du téléphage averti plus que la trajectoire anonyme d'autres membres de l'équipe (ou au moins, la diffusion de séries "cultes" sur nos écrans ; hello Alex Dimitriades !), il n'y a pas une seule fausse note dans la distribution de The Slap.

En particulier, Melissa George, qui incarne un rôle central dans l'intrigue, est en très grande forme, il faut bien le reconnaître. Il ne fait aucun doute qu'en tous cas, elle est celle qui colle au plus près du personnage tel qu'écrit dans le roman ; elle possède totalement Rosie, jusque dans le moindre bruissement d'émotion. Hormis, sûrement, dans In Treatment, l'actrice n'aura jamais été éblouissante à la télévision. C'est le genre de choses qui arrive quand on a un matériau d'origine impeccable, et une actrice qu'on parvient à diriger tout en sachant lui lâcher la bride sur le cou.

Mais je le répète, pas un acteur de The Slap n'est pris à défaut ; les rôles secondaires non plus, qu'il ne faut pas oublier de mentionner et qui sont d'autant plus nombreux qu'à mesure que le fil de la série se déroule, des visages vont venir compléter la constellation de points de vue sur la gifle, ou plus largement la crise que traverse le microcosme du barbecue.

TheSlap_Diffusion_Manolis

Un questionnement de la société cosmopolitaine : The Slap démarre lors d'un barbecue qui réunit des convives de toutes origines. Parce qu'ils sont réunis lors de ce barbecue, il est permis de penser que ces gens se connaissent et vivent la diversité comme une évidence. Mais c'est justement l'une des choses que la claque va remettre en question.

Car derrière la vie sociale multiéthnique que mènent en apparence les personnages, il va devenir plus que palpable que leurs différences de culture et de valeurs n'en sont pas gommées pour autant ; à vrai dire, la gifle va exacerber ces mêmes différences. The Slap interroge la façon dont la société peut composer avec les contradictions. Sans aller jusqu'à apporter une réponse définitive aux questions de mixité culturelle (ou plus simplement sociale, d'ailleurs), la série évite tout angélisme : oui, ce barbecue est organisé dans le jardin d'un couple interracial, oui, différents styles de vie trinquent les uns avec les autres, mais dans le fond, nous ne sommes pas compatibles sur tout. Mais puisque la grande leçon de The Slap est que personne n'a fondamentalement tort ou raison, le mieux est d'apprendre à reconnaître nos différences, plutôt que de prétendre qu'elles n'existent pas au nom du mieux vivre ensemble.
En cela, The Slap est d'une acuité précieuse, et ce, en France comme en Australie.

TheSlap_Diffusion_Aisha

Une invitation à l'ouverture. Tout comme le roman original, bien que dans une moindre mesure, The Slap fourmille de références culturelles, d'invitations à sortir du microcosme de la "société du barbecue". Car cette petite communauté ne vit pas repliée sur elle-même, et c'est ce qui permet de la prendre au sérieux.

A la question : "ces gens ne sont-ils pas tous en train de se rendre fous pour un acte mineur ?", la série répond qu'il existe une foule de réponses, par le prisme de la culture des uns et des autres, mais aussi à travers leur vécu. Ce vécu évolue avec les rencontres et les voyages, en se confrontant au monde. The Slap nous invite justement à nous confronter aux nuances de la société en nous montrant des personnages qui eux-mêmes le font. Le parcours de plusieurs d'entre eux sera à ce titre assez symbolique de la façon dont un point de vue sur un problème peut évoluer, si ce n'est changer, en portant son regard sur des choses nouvelles.

TheSlap_Diffusion_Richie

L'émotion n'est pas absente. Si The Slap est, évidemment, une mini-série poussant à la réflexion sur nos choix, nos modes de vie et nos opinions, elle n'en reste pas moins une oeuvre de fiction capable d'atteindre le spectateur. Certains épisodes, il est vrai, s'avèrent plus émouvants que d'autres ; difficile de rester de marbre, par exemple, devant ce qui ronge Richie.

Nous ne passons vraiment qu'une heure avec chaque personnage, mais ce temps est plus que suffisant pour nous glisser à leurs côtés et vivre avec eux leurs doutes, leurs souffrances et leurs moments de grâce. Ce sera mon message final : oui, The Slap est fascinante, intelligente et unique dans sa façon d'aborder une problématique sociale pour radiographier toute la société. Mais c'est aussi, voire avant tout, une série dramatique puissante. Une expérience à vivre, en somme. Ou huit.


Alors, The Slap, à voir ce soir sur arte : que ce soit dit et répété.

TheSlap_arte

9 juin 2013

Aveu d'impuissance

Le #pilotmarathon touche progressivement à sa fin, et il est clair maintenant que je n'aurai pas de temps pour tous les pilotes que je voulais voir aujourd'hui. Et j'avais pourtant fait du tri. Mais je soupçonnais que The Fosters me mettrait du baume au coeur, et ai préservé sa place dans mon planning. Résultat ? Eh bah résultat, c'était une bonne idée... enfin, peut-être pas pour vous qui allez devoir lire cette review à présent.

TheFosters

Depuis ce matin que le #pilotmarathon a commencé, j'ai plaisanté, j'ai décortiqué, j'ai râlé... mais je n'avais pas encore pleuré. Grâce à The Fosters, c'est désormais chose faite, et à vrai dire je ne sais pas si la série méritait tant que ça que je m'épanche. The Fosters n'a pas vraiment les atouts d'une grande. Mais voilà, c'est une série familiale sur la famille.

Depuis quelques mois, c'est quelque chose de douloureux pour moi. Je ne voulais pas en parler, et pour tout dire, je ne voulais pas en parler avec moi-même. Pendant un temps, ça m'a même détournée des séries, je ne pouvais plus rien regarder, avec ou sans histoires de famille. Approcher une série a, pendant plusieurs semaines, été absolument impossible. Et alors qu'aujourd'hui je regarde tant de pilotes, je sais aussi que j'en laisse passer énormément depuis le printemps, où les choses n'ont vraiment pas été faciles pour moi. La reprise avec l'univers des séries a été très difficile.
Très lente aussi. Pendant un moment j'ai vaguement tenté de reprendre les séries que j'avais mises en pause, les marathons que j'avais commencés, mais la vérité c'est que même ça, c'était au-dessus de mes forces. Je me suis réfugiée, avec énergie, dans des marathons Brothers & Sisters et The Cosby Show, pourtant. Paradoxalement, les thèmes qui m'avaient détournés de la télévision, qui me faisaient mal, me permettaient d'y revenir quelques mois plus tard.
C'est laborieux, encore. Il y a des jours où je regarde plusieurs épisodes du Cosby Show avec une irrationnelle jalousie. Mais j'en regarde tout de même plusieurs. Parce que la famille fait partie de ces thèmes, pour moi, qui sont à la fois pénibles et incontournables. Une famille, on en a tous une ; quand bien même elle ne fait pas forcément partie de notre vie, et de la même façon, les séries familiales, même quand je voudrais ne pas en voir, je suis attirée par elles.
En ce moment, Brothers & Sisters m'offre une famille de papier glacé, soapesque mais délurée, dont les dispute quasi-systématiques se font toujours en dérapage contrôlé. Et à côté de ça, la tendresse, la patience, l'intelligence de The Cosby Show, c'est mon family porn à moi, comme d'autres raffolent de food porn.

Je suis une victime facile pour une série centrée sur une famille. Les familles dysfonctionnelles me fascinent : ne dit-on pas que chaque famille malheureuse l'est à sa façon ?
Mais je suis encore plus une cible facile à atteindre quand la série porte sur une famille aimante. Je me fiche que les personnages suintent de bons sentiments ; j'ai quand même regardé, au plus fort de ma dépression il y a quelques années, les 5 premières saisons de 7 à la Maison exactement pour cette raison. C'est ma science-fiction à moi. Je me repais dans ses scénarios improbables. Dans ces scènes qui, il y a encore peu, me semblaient impossibles. Plus inimaginable que des phasers aux yeux de l'adolescente que j'ai été ? Un dîner pendant lequel personne ne pleure. Il m'arrive encore parfois, même plus de 15 ans après, d'être surprise par la façon dont un parent de télévision réagit sans violence (voir aussi : la batte de baseball), et pourtant, je suis plutôt fonctionnelle, comme adulte, aujourd'hui. Même en sachant qu'il y a des tas de familles plus équilibrées que la mienne de par le monde, j'ai toujours cette fascination pour les fois où les parents vont se comporter gentillement. Et je me gave de ces images, régulièrement. Je suis fâchée avec elles, mais j'en ai un tel besoin. Ca compense pour les cauchemars et les flashbacks ; un peu. Quelques minutes.

Alors devant la douceur de The Fosters, je plie une fois une plus. Je peux me vanter d'être quelqu'un d'un peu exigeant téléphagiquement, de temps à autres ; mais devant une série sur une famille pleine de bonnes intentions comme The Fosters, tout esprit critique s'envole.
The Fosters a le charme supplémentaire d'avoir pensé à m'inclure, comme l'avait fait The OC il y a quelques années (qu'est-ce que j'avais aimé les premiers épisodes de The OC, avant qu'elle ne me lâche et se détourne progressivement des troubles de Ryan pour s'orienter vers ses affaires de coeur). Un personnage qui ne connait pas les dîners où on ne pleure pas se trouve dans ce décor un peu trop joli, un peu trop beau pour y croire. Je ne sais pas comment ce personnage est perçu par la plupart des gens qui regardent ces séries ; pour moi, c'est la plus sûre façon d'entrer dans la série et de m'y glisser comme sous un duvet chaud, l'exact même procédé qui fait que le Dr Carter nous fait entrer aux Urgences. Mon avatar dans un monde impossible. Et quand ce personnage se craquèle, laisse échapper une larme ou simplement une petite émotion qui dit qu'il est touché par cette famille qui l'accueille et lui montre qu'on n'a pas toujours à avoir peur de la maison, je ne sais pas résister. Je ne sais pas non plus garder les joue sèches.

Je n'ai aucune force pour avoir du recul devant une série comme The Fosters. J'ai envie de dire que je l'apprécie alors qu'honnêtement, je ne sais pas si elle le mérite, avec son intrigue en coton et ses personnages super gentils. Mais je m'en fiche !
Est-ce que je regarde toujours la télévision pour de bonnes raisons ? Sans doute pas. Je la regarde pour plein de raisons, et l'une d'entre elles, l'une des premières d'entre elles, c'est que je cherche dans mes séries une catharsis. A la fois appuyer sur la plaie qui n'en finit pas de me faire savoir qu'elle ne veut pas cicatriser, et soulager un peu la douleur ; temporairement, artisanalement.

De vous à moi, je crois que je sais très bien que The Fosters n'est pas une grande série, n'est même pas spécialement une bonne série. Mais elle a fonctionné sur moi parce qu'elle m'a saisie par mon talon d'Achille.
Et je suis supposée vous en écrire une critique ?

Challenge20122013

21 février 2013

God complex

Tenir un blog a de multiples avantages ; l'un d'entre eux est qu'il sert ultérieurement d'aide-mémoire pour les séries qu'on a regardées mais qui n'ont pas marqué le téléphage.

...Evidemment, cette technique a ses défauts, la principale étant qu'il faut encore écrire le post après avoir vu la série en question. Quand même. Or, pour plein de séries, je ne le fais pas ; Seed est un excellent exemple, quoique récent. Monroe en est un autre. Je me rappelle avoir vu les deux premiers épisodes, puis m'être lassée, mais je n'ai pas écrit à ce sujet ; le temps a passé et désormais je suis incapable de me souvenir pourquoi la série m'a lassée, beau boulot. Même à raison d'un post par jour on arrive à ce résultat, c'est désespérant.
Alors qu'arte diffuse la première saison de Monroe ce soir et jeudi prochain, je me suis dit que c'était une bonne opportunité pour, cette fois, laisser une trace de mon visionnage, for future reference. Mais comme je serai occupée quand commencera la diffusion (le #SmashEnsemble se réunit, et je ne changerais pour rien au monde), il a fallu ruser et j'ai donc revisionné le pilote de mon côté. Ceci est donc, une bonne fois pour toutes, mon post sur le premier épisode de Monroe. Nan mais.

Monroe-Aureole

Il faut dire que Monroe n'est pas la série la plus originale qu'on puisse imaginer : on y suit Gabriel Monroe, un neurochirurgien particulièrement arrogant, (et pourtant, l'arrogance fait partie de la fiche de poste d'un chirurgien !) dont on va suivre dans le pilote deux opérations ainsi qu'un petit bout de vie privée. L'idée directrice de ce pilote est de nous montrer un personnage d'une confidence pour le moins débordante en des capacités sans défauts, puis de nous faire toucher les limites de sa toute-puissance.
Difficile, et pourtant un peu capilotracté, de ne pas rapprocher Monroe de Dr House. La comparaison est injuste, je vous l'accorde, mais il émane de Monroe (toujours envoûtant James Nesbitt ; faudrait que je me refasse Jekyll un de ces quatre) un tel charisme, une telle énergie, et aussi, quelque chose de sombre bien que de difficilement palpable, qu'on en revient toujours à l'associer un peu à l'éclopé de service. Il faut dire que le Dr Monroe a la fâcheuse manie d'avoir une repartie irréprochable, un grand sens de la formule, et une certaine désinvolture vis-à-vis des cas rencontrés, qui évoquent pas mal son cousin "américain", même si, dans ce premier épisode, Gabriel est très loin des excès de Gregory, et n'atteint pas les mêmes abimes.

Cette assurance, cette arrogance dont Gabriel Monroe fait preuve aurait même de quoi agacer. A une époque où un héros de série se doit d'être un anti-héros profondément faillible voire détestable, il est même assez destabilisant de voir 95% de l'épisode dédié à nous démontrer combien le chirurgien est talentueux ; il traine par exemple dans son sillage une paire d'internes devant lesquels de toute évidence il est ravi de faire étalage de son expérience, son savoir-faire et sa verve, joue le paon paternaliste devant une patiente pour laquelle immédiatement il se prend d'affection, donne des conseils au mari de celle-ci, et ainsi de suite. C'est très irritant. Mais en même temps, très divertissant ! On ne peut pas vraiment lui en vouloir, parce qu'effectivement, il est bon, le bougre. Et puis drôle. Et franchement sympa.
Je me souviens vaguement que lors de mon premier visionnage, je trouvais ça finalement assez rafraîchissant d'avoir une série qui ne tente pas de nous démontrer par a+b que le personnage cache une âme noire sous des dehors sympathiques ; une impression d'ailleurs renforcée par le rythme entraînant de l'épisode, sa réalisation truffée de filtres et de lense flares, et sa petite musique comme sortie tout droit d'un dorama. Sérieusement, si la musique de Monroe ne vous casse pas les pieds, vous êtes prêts pour une série japonaise grand public. Mais lors de mon revisionnage, c'était le contraire ; il faut dire que Monday Mornings et, dans une moindre mesure, Brain, sont passées par là, et que, comparativement, Gabriel Monroe semble manquer de profondeur ou, au moins, d'aspérités. Il ne remet jamais en doute ni sa pratique, ni ses rapports avec ses collègues ou subordonnés, ni évidemment sa relation avec sa famille proche.

C'est là que va se produire la rupture, précisément. Le pimpant Dr Monroe va manquer à ses obligations de père, on découvre qu'il a aussi manqué à ses obligations de mari, et que jusque là, il ne s'en était pas vraiment formalisé. En fait, à mesure qu'on en apprend plus sur le background de son couple, on découvre que le Dr Monroe est aussi arrogant dans sa vie privée qu'il l'est dans sa vie professionnelle, ce qui à la réflexion ne devrait pas nous étonner autant, mais ça le fait quand même ! Difficile de déterminer, sur la seule base du pilote, si Gabriel Monroe est très résilient, ou si tout simplement c'est un inconséquent devant l'Eternel ; en tous cas, il a présumé que sa femme était elle aussi passée à autre chose, et il a eu tort.
Quand vient le moment pour lui de faire face aux conséquences d'actions datant d'il y a plusieurs années, on découvre avec surprise qu'il continue de faire la bravache. Alors d'un côté, certes, c'est bien que l'homme s'efface derrière le médecin, et qu'en parfait professionnel, il ne laisse pas sa situation personelle l'empêcher de faire parfaitement (bien-sûr, parfaitement) son travail voire même un peu plus. Mais là encore, il manque la faillibilité totalement humaine qui fait quand même tout l'intérêt d'une série médicale.
En-dehors d'une scène de cloture ponctuant l'épisode sur une note moins guillerette, rien, donc, n'indiquera que Monroe a été touché par la déconvenue personnelle qu'il a rencontrée dans l'épisode.

Paradoxalement, ça devrait agacer énormément, être décourageant... et pourtant non. Peut-être qu'avec un autre acteur, on n'aurait pas cette impression, mais Nesbitt parvient à éviter de rendre ce personnage sur lequel les drames glissent pour nous laisser imaginer qu'il y aura quelque chose à voir plus tard, qu'à un moment, Monroe va se fissurer. A tort ou à raison, c'est un autre débat.

On pourrait imaginer que, dans le fond, ce n'est pas l'objet de Monroe que de s'intéresser aux failles du personnage. J'ai comme un doute : les petites affaires des internes se cantonnent, au stade du pilote, à de petites anecdotes négligeamment glissées dans des scènes de façon à inciter Gabriel Monroe à être plus piquant, plus drôle, plus charismatique. Si jamais c'était possible. On sent que l'un de ces personnages pourrait donner quelque chose de bien, mais difficile de miser sur cette intuition. Les bisbilles de Monroe avec la chirurgienne cardiaque qui est la seule à ne pas lui vouer un culte restent badines, même si on soupçonne qu'elles pourraient conduire à une relation moins monochrome. Quant au meilleur ami de Monroe, il est d'une transparence assez affligeante.
L'attention du spectateur est-elle dirigée vers les actes de chirurgie et les cas rencontrés ? Pas beaucoup plus. La facilité déconcertante avec laquelle Monroe (en dépit de son speech en début d'épisode sur les risques encourrus) accomplira ses deux opérations démontre bien que là encore, la série ne voit pas d'enjeux. En fait, la neurochirurgie, c'est tellement simple, que notre super-médecin prendra même le temps de jouer l'assistante sociale et/ou le confident pour ses patients !
Non, clairement, Monroe ne s'appelle pas ainsi par facilité, mais bel et bien parce que son objet est le Dr Monroe, à prendre ou à laisser.

J'avoue n'avoir pas un souvenir très clair du deuxième épisode (ça date), mais évidemment, la session de rattrapage est toute trouvée avec la diffusion en France, et du coup je ne me fais pas de soucis, je vais rapidement me rafraîchir la mémoire.
Donc : Monroe, trois épisodes, ce soir sur arte... si je ne me lasse pas avant.

Monroe-Promo

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21 janvier 2013

Les années 90 ont appelé, elles veulent qu'on leur rende Banshee

En ce mois de janvier, pour le moment, l'Amérique ne nous a donné qu'assez peu de pilotes enthousiasmants. Attendez, je m'avance peut-être un peu, laissez-moi consulter les derniers posts mis en ligne... Legit, Second Generation Wayans ? Non, c'est bien ce que je disais.
Mais whisperintherain et moi-même n'allons pas nous laisser abattre (...pas vrai, whisper ?), et voici aujourd'hui une nouvelle review de pilote, vaillamment écrite en bravant le froid, la neige, et l'ennui.

Banshee

Comme dans les parages, on essaye de ne pas être sexiste, je ne vous dirai pas que Banshee est une série sévèrement burnée. Mais il ne fait nul doute qu'elle a été pensée comme ça, en tous cas. Le public de Cinemax n'étant apparemment pas d'une grande finesse, il fallait apparemment que quelqu'un, Alan Ball pour ne pas le citer, se dévoue pour leur traduire Justified ou même Longmire pour mal-comprenants.

Pas de méprise : Banshee n'est pas une odieuse merde. Au contraire, il y a deux-trois relatives bonnes idées, tout bien considéré. Mais clairement, l'innovation n'était pas dans son cahier des charges. Par contre, les charges de C4, si.

Tout commence avec la sortie de prison d'un mec qui ressemble à s'y méprendre à l'enfant illégitime de Chris Pine et Scott Speedman. Visiblement avare de ses mots, il fonce ni une ni deux dans le salon d'un... est-il supposé être un ami ? Est-il supposé être travesti ? Est-il supposé avoir du goût ? Ce n'est pas clair. Notre homme n'a en tous cas qu'une idée en tête : trouver une adresse, qu'apparemment l'autre essaye de lui cacher. Et bien que notre ami travesti de bon goût (ou pas, d'ailleurs, vu qu'il s'appelle Joe) tente de l'en décourager, c'est sans effet sur notre héros qui décide donc de prendre la route et rejoindre ladite adresse, qui, apprend-on, est celle d'une femme. Mais à peine se met-il en chemin qu'il est suivi par deux hommes étranges qui tentent de l'en décourager à leur tour, sauf que eux, c'est en lui tirant dessus. S'en suit une course-poursuite au centre-ville avec explosion de bus et tout le tralala. Heureusement, notre héros en réchappe et taille donc la route.
L'air de rien ça doit bien faire 10 minutes qu'on regarde Banshee, et on ne sait rien du personnage principal, surtout qu'il n'a ouvert la bouche que deux fois (le reste du temps, son visage est plus qu'impassible, et il s'exprime en martyrisant du matériel informatique ou en volant une moto). Si quelqu'un a dit son nom à voix haute, je ne l'ai pas entendu. Et surtout, on n'a pas la moindre idée sur la personne qu'il veut trouver, ni pourquoi, ni du coup pourquoi on veut l'en empêcher, ni même pour quoi il vient de faire de la prison.

Inutile de préciser qu'à ce stade, on comprend qu'on est là pour les explosions et les yeux fixes de Chris Speedman, et ça s'arrête là. Autant se faire une raison.

FAUX ! C'est quand Scott Pine arrive dans le bled paumé de Banshee en Pennsylvanie, en plein pays Amish, que les choses commencent à devenir intéressantes. Et pas que parce qu'on est en pays Amish (mais ça joue).
Après avoir tenté de retrouver la femme qu'il cherchait avec tant d'énergie au début du pilote, dont on comprend qu'il l'a aimée et qu'accessoirement il lui a laissé une petite fortune en diamants qu'ils ont volés ensemble (ah, c'est bien, ça répond à une question du pilote, déjà), sauf qu'elle ne les a pas et que, oh oui, il y a un détail aussi, elle s'est mariée pendant qu'il était en prison et a eu deux enfants.
Retour à la case départ, donc, pour notre ténébreux héros apathique, qui va donc noyer sa déception dans un bon whisky, comme un vrai homme. Mince, c'est vrai, on avait dit pas de sexisme. C'est dans le bar pouilleux du coin qu'il va rencontrer un vieux Afro-Américain, dont l'interprète ne doit son emploi qu'au fait que Morgan Freeman n'était pas tellement dans la bonne fourchette de prix de Cinemax.
C'est donc là que les choses se précisent car deux vilains méchants font irruption dans le troquet pour en racketter le patron, au nez et à la barbe de Scott Pineman et d'un autre client présent sur les lieux, le futur shérif de Banshee (mais il commence seulement lundi). S'en suit une nouvelle scène de baston où Chris Speedine se comporte en héros (même s'il le fait sans cligner une seule fois des yeux, parce qu'on lui a dit qu'il les avait beaux comme des pectoraux), et du coup, voilà notre brave type en train d'enterrer secrètement le cadavre du futur shérif... quand le téléphone du défunt sonne : c'est juste pour vérifier si tout va bien et s'il est prêt à prendre son poste ! Toujours sans ciller (c'était visiblement dans son contrat), notre ancien détenu va donc accepter d'endosser le rôle du shérif, prenant l'identité de Lucas Hood. OH MON DIEU CA Y EST IL A UN NOM ! Bon c'est pas le sien, mais ça aide quand même pour les reviews.

Grâce à ce léger mouvement de scénario qui prend un peu par surprise ceux qui piquaient du nez en pensant qu'il n'y aurait que des scènes d'action, Banshee sauve légèrement la face. Lucas Hood va donc devoir se faire passer pour un homme de loi, évidemment il prend ses fonctions dans la ville où vit son ex et les enfants que soi-disant elle a eu bien après qu'il ait été en prison (mais bien-sûr !) et où elle vit avec son mari, tout en mettant à profit ses compétences et connexions avec un monde pas très recommandable (dont Joe le tranvesti, qui a un collier qui envoie du bois, je vous laisse découvrir ça, mais qui surtout est capable de lui faire toutes sortes de faux-papiers pour qu'il devienne officiellement le vrai Lucas Hood). Tout cela en gardant à l'oeil le Tony Soprano local, un homme détestable qui s'appelle Proctor et qui tient en respect toute la ville de Banshee avec quelques hommes de main peu recommandables, tout en étant le plus affable possible avec chacun. La seule personne qui à ce stade connait le secret de Lucas Hood est ce bon vieux succédané de Morgan Freeman, qui ne va pas le trahir parce qu'il a aussi fait de la prison avant et qu'il comprend. Et par-dessus le marché, il est cherché par la mafia bulgare.
Si avec tout ça, Banshee vire au bête procedural, franchement, je plaque tout et je pars faire du fromage de chèvre dans le Larzac...! Forcément le Larzac.

Bon, clairement, Banshee n'a pas inventé l'eau chaude. J'aurais presque envie de dire qu'elle ressemble bigrement à une série des années 90, genre Le Rebelle, ce que tendent à confirmer les scènes de baston, l'épaisseur du personnage principal, et les choix esthétiques de Joe. Mais grâce à l'emprunt d'une fausse identité par son héros, les questions autour de son ex (qui, ah oui je vous ai pas dit, est mariée au procureur du coin ; joie) et potentiellement de sa marmaille, et les rapports avec Proctor, Banshee promet un peu plus qu'un format répétitif qui pue du script.

Pour être sincère, dans ce cocktail, finalement c'est Lucas Hood qui se retrouve être le plus ennuyeux de tout l'épisode ; il est creux, ne semble pas avoir de background si ce n'est qu'il sort de prison, n'exprime aucune forme d'émotion (c'est son ex, pourtant mariée et heureuse en ménage, qui pense encore à leurs étreintes passées ; ah oui parce qu'évidemment il y a quand même une scène vaguement sexy, il faut justifier d'être sur le câble), et si encore il avait de l'humour, ça passerait, mais comme "Lucas Hood" doit avoir prononcé un grand maximum de 200 mots dans tout le pilote, ça semble difficile à apprécier pour le moment. Je comprends bien que pour le viril public de Cinemax, il est supposé représenter le point d'entrée, le héros universel auquel on peut s'identifier (on est humble comme ça quand on regarde Cinemax !), et donc moins il a de caractéristiques trop particulières, mieux c'est. Mais même un personnage universel et passe-partout peut avoir, vous savez, ce petit truc qui s'appelle de la personnalité. Bon déjà il a des yeux clairs et de beaux pectoraux poilus, on peut pas tout avoir dans la vie.

Mais pour ceux de ma génération qui ont grandi devant les séries d'action pas trop compliquées qui envahissaient les écrans à une époque (et le public de Cinemax est pile dans la bonne tranche d'âge), nul doute que Banshee remplit parfaitement sa mission d'être pas trop prise de tête, pas trop intelligente, pas trop raffinée. Qu'importe le grain, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Il s'agit avant tout de passer une heure à gratter les co-... pardon, se gratter les attributs génitaux de votre choix, en regardant un truc qui bouge, qui fait du bruit, et avec un petit téton qui frétille ici et là éventuellement.

Cependant, de vous à moi, et cette dernière phrase est à prendre sur le ton de la confession, avec toute l'indulgence que ça implique... je commence un peu à me demander si Alan Ball n'a pas sous-traité l'écriture de Six Feet Under.

Challenge20122013

3 janvier 2013

Long story short

Premier revisionnage de l'année.
Pas forcément le mieux inspiré, mais avec tout ce que j'entends sur la série ces derniers temps, je me suis dit qu'il serait quand même une bonne idée de retenter son pilote, histoire de.

Alors, How I met your mother, comme ça on a vécu quelques saisons de trop ? (re)Voyons ça.

HowImet

Ah, eh bien, je confirme. Neuf saisons de trop.

Quand je regarde le pilote de How I met your mother, je ne suis pas seulement surprise que la série ait duré aussi longtemps, je suis surprise que le pilote ait eu le feu vert et ait passé l'épreuve de la commande.

L'idée de départ n'est évidemment pas mauvaise (du high concept pour un sitcom, il fallait y penser) et n'est pas en cause. Au contraire. Et d'ailleurs, dés cette introduction, on sent que les scénaristes ont une idée très claire sur le fait qu'ils vont balader longtemps les spectateurs (et les enfants) avec des tours et détours factices ; ça faisait partie des choses que je voulais vérifier, à vrai dire. A la limite, je préfère ça à une série qui prétend pouvoir tout finir rapidement mais qui, devant la perspective d'un renouvellement, décide soudain de prendre un itinéraire bis pour faire trainer les choses (genre Revenge), ici, les délais pour connaître le fin mot sont clairement annoncés : "it's a long story". Evidemment, le concept de How I met your mother appelle toutes sortes de retournements de situation afin de ne pas dévoiler la fameuse "mother" trop rapidement, et l'équipe de How I met your mother fait de son mieux avec les outils qu'elle a pour raconter sa petite histoire aussi longtemps que possible (nul doute qu'un concept similaire aurait été traité bien différemment par d'autres, genre Bill Lawrence, mais avec des si...).

Alors où est le soucis dans ce pilote, qu'au bout de trois visionnages je n'arrive toujours pas à trouver ne serait-ce qu'un petit peu sympathique ?
Je pourrais vous dire que les textes ne sont pas drôles, mais le plus fou, c'est que ce n'est même pas vraiment ce qui est en faute ici. Evidemment, pas mal de gags sont faciles, mais il s'agit d'un sitcom en multi-camera et toutes les séries ne peuvent pas avoir les tirades incisives de Roseanne ou facétieuses des Craquantes, non plus. A l'impossible nul n'est tenu. Donc du point de vue strictement écrit, ce n'est pas la panacée, mais ça reste tolérable.

Par contre, j'ai un énorme problème avec le cast. A un tel point que je ne sais pas qui pointer du doigt en premier. Trop de choix tue le choix.

Allez, optons pour celui qui devrait être le plus au top : Josh Radnor. Aussi bien sur le plan physique qu'humoristique, ce type m'évoque systématiquement Jimmy Fallon, a.k.a. le type qui se donne trop de mal. Et qui échoue. Il faudrait peut-être que je le voie dans autre chose, mais il n'arrive pas à convaincre. Suivant sur la liste : Neil Patrick Harris ; sa réputation de scene stealer dans la série a peut-être un fond de vérité, mais sûrement pas dans le pilote où il est pourtant limité à quelques gimmicks répétitifs ("suit up !"), chose dont il a l'air parfaitement conscient. On ne peut pas lui reprocher de ne pas se donner du mal. Rien à redire en revanche pour Cobie Smulders : son personnage est transparent et certainement pas conçu, à ce stade, pour avoir une once d'humour, donc jouer la jolie fille est nécessairement dans ses cordes.
Et en on arrive aux deux pires de la bande. Alysson Hannigan, qui mérite d'être renvoyée dans ses films potaches et d'y rester jusqu'à la fin de temps (mais je l'ai dans le nez depuis un truc que j'ai lu hier, aussi, j'avoue), le dispute à Jason Siegel, pour le titre de Membre Du Cast Qui A L'Air De Lire Ses Répliques Sur Un Prompteur Et De Découvrir Son Texte En Temps Réel. C'est un long titre, et il se mérite, ce qui explique qu'il y ait tant de compétition ; et de ce point de vue là, tous deux se donnent à fond.
Il est clair que c'est une maladie dont sont régulièrement frappés les comédiens de sitcom ; je suppose que les délais de tournage font ça, entre autre choses. Avec tout le respect que je dois à Partners, dont je vous ai pourtant bien rebattu les oreilles depuis l'automne, il y avait dans le cast quelques criminels de ce genre aussi. Il faut des comédiens exceptionnels pour ne pas au moins tomber dans ce piège une fois, et des comédiens exceptionnels, eh bien, How I met your mother n'en a pas. Au stade de son pilote en tous cas, elle en a un à peu près décent, un qui essaye très fort, une qui pour l'instant n'a pas matière à lever le petit doigt, et deux franchement médiocres.

Ce qui explique d'autant plus mal, je vous le disais, que ce pilote ait convaincu qui que ce soit d'être commandé. D'un autre côté je vous accorde que c'est la même chaîne qui a commandé après avoir vu le pilote de Two and a Half Men deux ans plus tôt.

J'espère souvent de mes revisionnages qu'ils me permettront de voir l'épisode revu (généralement un pilote) sous un oeil nouveau. Ca s'est déjà produit, je pense par exemple à Friday Night Lights. Du coup, j'entame généralement ces retentatives avec un esprit aussi objectif que possible, parce que c'est tout l'intérêt de l'exercice. Mais dans le cas de How I met your mother, impossible de changer d'avis ne serait-ce d'un iota à son sujet. Il y a des séries dont je ne partage pas l'enthousiasme, mais pour lesquelles je peux comprendre qu'on s'enflamme. How I met your mother n'en fait définitivement pas partie. C'est comme ça. Autant que je m'y fasse !
Ce sera ma dernière retentative du pilote de How I met your mother, parce que même en matière de revisionnages, il y a un moment où il faut savoir dire : "three strikes and you're out".

21 mars 2011

I just can't get enough

Dans The SeriesLive Show, encore vendredi dernier, nous nous plaignions de la diffusion prévue pour Empreintes criminelles (punaise, encore un tag de série française sur ce blog, on m'aurait dit ça ya quelques années...), à savoir deux soirées de trois épisodes chacune. Et ce n'est pas nouveau, ni prêt de s'arrêter, au regard de la diffusion de The Good Wife, de Glee, de... allez, je vous laisse compléter la liste en commentaires (ce sera marrant de voir combien de titres vous pourrez citer, tiens).

A cet égard, ma position a toujours été claire : une position à la Coffe. C'est de la merde, ces diffusions ! Les séries sont conçues pour être consommées à un rythme hebdomadaire, leur construction repose dessus, leur narration repose dessus, bref c'est fait pour, et si à l'origine une série est créée sous un format hebdomadaire, c'est normal d'en suivre le procédé une fois en France ! Qu'est-ce que c'est que ces manies de prendre un format qui fonctionne et le modifier ensuite comme s'il nous appartenait d'en décider ?
Voilà, vous pouvez ajouter vos propres arguments sur le "respect de l'oeuvre initiale" et le "cadre de diffusion destructuré en France", où le spectateur n'a "jamais été éduqué à avoir des exigences", vous connaissez les thèmes par coeur, hein, je vous laisse faire.
Alors bien-sûr, bien-sûr, il y a le mode "marathon" que les téléphages connaissent bien, qui est introduit avec, notamment, l'usage du coffret DVD. Mais c'est pas pareil, on est tous d'accord. D'ailleurs dans une majorité des cas, le marathon, c'est pour les séries qu'on connait déjà. Ou pas, je vous l'accorde, mais j'ai dit "majorité", pas "exclusivité".

Je vais être sincère avec vous : il y a des séries pour lesquelles un seul épisode inédit par semaine, ça fait quand même peu. Il y a de nombreuses, très nombreuses fois où, mon épisode fini, j'ai eu mon content, je suis satisfaite, je me retourne de l'autre côté et je m'endors.
ET PUIS... trois jours plus tard, quand j'ai eu fini de réciter les meilleures répliques, re-regarder les passages clé, parler de combien l'épisode était génial à mon entourage qui prend un air intéressé parce que sinon ça dure encore plus longtemps... eh bien, là, vient le manque. Et je m'en enverrais bien un ptit deuxième derrière la cravate, voyez. Le petit frère. Mais voilà, d'inédit point, pis au bout d'un moment les épisodes précédents on finit par les connaître par coeur. Donc attendre une semaine, c'est de la torture. Ils faisaient ça à Guantanamo, il parait. Bref, le rythme hebdo trouve ses vraies limites quand on apprécie vraiment, sincèrement et entièrement une série.

Alors d'accord, c'est conçu pour, on ne reviendra pas dessus. Mais, c'est juste une suggestion, hein... est-ce qu'on peut envisager de les concevoir autrement ? Sur un rythme différent ?

Prenons l'exemple des séries sud-coréennes. Ce qui est génial c'est que, quoi que vous attendiez de la télé, il y a toujours un pays du monde pour vous le donner (ça pourrait être mon slogan !).
Pour ceux qui ne suivent pas, dans le fond, je rappelle qu'en Corée du Sud, le prime time sur les grandes chaînes, c'est deux heures d'une même série chaque semaine. Mais attention ! Le truc, c'est pas que les Sud-Coréens s'enfournent deux heures d'affilée, noooon, ce sont deux heures réparties sur deux soirées d'une même semaine. Donc pour faire plus clair : pour une série qu'on nommera XYZ, le 1x01 est diffusé le lundi à 21h55, le 1x02 est diffusé le mardi à 21h55, et la semaine suivante on continue sur le même mode. Résultat des courses : on ne baisse pas la qualité de la série comme il faudrait le faire pour une série quotidienne (ne serait-ce que sur un plan budgétaire), mais on n'a pas à attendre TOUTE une semaine. Deux épisodes par semaine, ça c'est bien, là d'accord.

Deux épisodes, mais pas d'affilée, parce qu'il faut avoir le temps de savourer, pas juste se goinfrer bêtement d'inédits pendant toute une soirée, comme quand vous allez chez Flunch et que les légumes, y compris les frites, sont à volonté, et que pour une raison qui vous échappe, vous ne vous arrêterez pas de vous reservir des frites tant qu'il y en aura dans les plats. Non ? Que moi ?

Des séries pour lesquelles j'apprécierais un double rendez-vous hebdomadaire ? Là comme ça, en ce moment (mais dans 15 jours ça pourra avoir changé), Harry's Law, Fairly Legal (même si les deux derniers épisodes étaient un peu moins chouettes), Better With You, Outsourced... Oui en fait, essentiellement des comédies ou des dramédies. Donc des séries pour lesquelles ce serait ptet même plus facile à faire.
L'appel est lancé.

TwiceaWekk

11 novembre 2010

Grandeur nature

TailleReelle

Voilà un peu plus d'un mois, j'ai fait un achat qui n'avait l'air de rien mais qui a révolutionné ma pratique téléphagique. Une fois de plus, ce genre de choses n'arrive pas de façon programmée.

Dans le magasin, ce jour-là, je comparais les prix et le BlackBerry qui ne m'obligeait pas à hypothéquer un rein n'était pas vraiment le plus récent de tous. Le vendeur me dit "non, sur celui-là vous ne recevrez pas la télé". C'est drôle. Je me souviens avoir été déçue. Je n'avais pas idée de ce que mon BlackBerry sans télé allait faire pour ma téléphagie. Ce n'est qu'après un peu d'utilisation que j'ai percuté : nul n'est besoin d'avoir la télé pour téléphager. Et c'est là que j'ai commencé ma nouvelle expérience.
Jusque là, mes trajets étaient divisés en deux activités : soit lire (et j'ai pas donné ma part au chien cet été quand il y avait tant de documentation à compiler), soit écrire (le post du jour s'écrivait en général à l'aller, avec relecture et peaufinage au retour, parfois même préparation du suivant). Mais depuis, j'ai commencé à mettre des épisodes sur mon BlackBerry et j'ai découvert que je pouvais tirer bien plus, bien, bien plus de ces trois heures quotidiennes.

Alors, si vous le voulez bien, je voudrais dresser un petit bilan de ce qui a changé...

1 - Les séries que je regarde

Instinctivement, j'ai très vite compris que je ne regarderais jamais Mad Men dans le train. Le choix des séries qui atterrissent sur le BlackBerry se fait d'après un paramètre : à quel point ai-je besoin de me concentrer sur l'épisode ? En gros, sont éligibles toutes les comédies, et tout ce qui me semble ne pas trop solliciter le cerveau. Parce que comme ça, ce n'est pas grave s'il y a du bruit dans le train, ou s'il y a une sonnerie de fermeture de portes toutes les 10 minutes. Bien-sûr, j'ai fait des exceptions, et ça a causé quelques aventures (j'y reviendrai), mais ces séries-là sont les premières à atterrir sur le BlackBerry. Et finalement, elles sont mécaniquement devenues celles que je regarde avec le plus de régularité.

2 - Ma pratique du sous-titre
Corollaire du précédent. Car l'écran que vous voyez ci-dessus... c'est du grandeur nature. Inutile de vous dire que les sous-titres, j'ai oublié, et désormais les séries non-anglophones ne se visionnent qu'à la maison. Ça provoque un clivage de fait (qui ne me plait pas toujours quand j'aurais bien envie de regarder certaines séries sans remettre à dans un ou deux jours ; et puis, rien que par principe) entre les séries diffusées dans une langue que je parle, et les autres, car les secondes dépendent de ma disponibilité devant mon écran chez moi, tandis que les autres peuvent se regarder n'importe où ailleurs (train bien-sûr, mais aussi salle d'attente, pause déjeuner...).

3 - Le nombre de séries vues par semaine
Faites le calcul vous-mêmes : quand la semaine compte 5 jours travaillés, je culmine à 15h de transports. Autant de temps passé à téléphager tout en ayant un boulot, même pour moi c'est inédit. Mais c'est une aubaine. Je pense qu'au final, je n'ai jamais suivi autant de séries en parallèle que depuis que j'ai le BlackBerry.

Il y a cependant un critère qui n'entre pas en ligne de compte, jamais : mon attachement à une série, à ses personnages, mon état émotionnel, bref, ce que j'ai envie de regrouper sous le terme générique de "mon ressenti potentiel". C'est pourtant pas faute de faire quelques expériences, hm, intéressantes à cause de ça : mentionnons l'épisode-clé de The Big C, grâce auquel je me suis mise à pleurer dans le train (oui-oui), ou l'épisode Tooth & Claw de Doctor Who où j'ai fait un bond de deux mètres sur mon siège deux secondes après la capture ci-dessus. Sans parler des yeux humides devant Raising Hope ici et du fou-rire pendant Outsourced.
J'ai peut-être l'air ridicule. Mais je préfère mille fois ça aux zombies (mot que je n'arrive plus à employer innocemment après deux épisodes de The Walking Dead... oh non, ceux-là, je ne vais pas les regarder dans le train, aucun risque !) qui regardent des trucs à côté de moi et qui restent le visage impassible, exactement comme s'ils observaient la petite aiguille d'une horloge. Je me rappelle de ce type qui regardait des épisodes de la 1e saison de Scrubs à côté de moi, il y a quelques mois. Il s'en est enfilé deux pendant le trajet (preuve qu'il ne détestait pas la séries), mais ne souriait même pas un peu, rien. Inexpressif. Intouché.
Alors quitte à passer pour un drôle d'énergumène, autant que je sois celui qui fronce les sourcils puis hoche la tête puis lance un petit rire discret, autant que je profite un max, autant que je ne brade pas le visionnage simplement parce qu'il y a des gens qui se blindent par peur de ce que penseront des inconnus dans le train.
Si dans un train vous croisez une jeune femme (habillée en violet) qui rigole toute seule devant son BlackBerry, ce sera moi, et je m'en fiche.

Eh oui, je découvre les joies de l'écran portable après tout le monde ou presque ! Mais peu importe. C'est un incroyablement bon investissement. J'ai l'impression que tant que j'habiterai à 1h30 de mon boulot, je n'aurai jamais plus de retard sur mon programme séries.
Ce qui est une impression erronée, on est d'accord.

22 septembre 2010

Fat guy, not skinny wife

Le sitcom. L'art de prendre une idée la plus simple possible et d'en rire le plus longtemps possible. Surtout un sitcom de Chuck Lorre...

J'ai de moins en moins d'atomes crochus avec le sitcom. La comédie en single camera lui a ravi mon cœur voilà longtemps. Il y a quelques mois, j'ai pourtant eu une petite fringale (intégrale de Lucky Louie, Will & Grace et des Craquantes, première saison du Mary Tyler Moore Show...), dont on aurait pu penser qu'elle me réconcilierait avec le sitcom. Eh bien du tout.
Ou peut-être que je suis surtout fâchée avec Chuck Lorre, depuis qu'il nous a flanqué The Big Bang Theory dans les pattes.

Pourtant, Mike & Molly s'annonce comme une petite comédie bien différente de l'humour "masculin" de Lorre dans lequel j'ai du mal à me retrouver (moi qui aime l'univers viril de Men of a Certain Age, pourtant... non, visiblement mon contentieux est avec Lorre). Peut-être ce qu'il y a de plus proche, au stade du pilote, de la comédie romantique à l'asiatique, cette nouvelle série nous montre comment un couple a priori peu destiné au romantisme télévisuel va lentement se former.

C'est d'ailleurs tout l'enjeu : Mike comme Molly ne sont pas des personnages qui d'ordinaire auraient fait l'objet d'une comédie romantique. N'importe où ailleurs (et les emplois précédents des acteurs en attestent), ils seraient les faire-valoir, les bons gros copains qui servent de caution humoristique. Tu es gros, ton histoire d'amour ne peut être complexe, elle doit forcément toucher à l'absurde niaiserie qui sied à ton rang d'obèse.

Ce qui unit Mike et Molly, c'est que tous deux souffrent de blessures d'amour-propre, mais sont dotés d'un sens de l'humour qui appelle la tendresse, et qui y réagit, également. C'est très touchant de les voir tous les deux faire leur monologue devant le groupe des OA, avec à la fois un regard lucide sur leurs souffrances, et en même temps une façon de se mettre en scène visant à dédramatiser leur surpoids. C'était touchant et c'est ce qui les a touchés l'un chez l'autre, en fait. On sent immédiatement dans les yeux de Molly combien elle est charmée que ce mélange d'humour et de tristesse soit si franc dans le discours de Mike. Il faudra attendre plus tard dans l'épisode pur qu'elle ait l'opportunité de lui en faire une démonstration similaire (bien que le charme de Melissa McCarthy fasse son oeuvre bien en amont de façon à nous la rendre instantanément sympathique).
Et très franchement, j'étais tout autant charmée. Car cet humour est le mien. Je ne l'emploie peut-être pas sur mon poids, mais sur mes (autres) fêlures et mes (nombreux) problèmes existentiels, si ; et en cela, les deux personnages de Mike & Molly respirent la sincérité. Ils ne sont pas juste gros, ils dépassent vite leur carrure pour installer deux personnalités pétillantes et remuantes. La mise en place de ces deux personnages est bonne, là-dessus, ya pas à dire.

Mais comment faire, maintenant ? Comment raconter cette romance sans épuiser les clichés sur les gros-qui-au-fond-sont-comme-tout-le-monde ? Le problème de Mike & Molly, c'est, sans jeu de mot, son format (et Chuck Lorre), car de la même façon que les blagues éculées sur les geeks de The Big Bang Theory sont usantes alors que le concept pourrait être marrant, l'histoire d'amour entre nos deux rondouillards pourrait être touchante quand elle semble vouée à la répétition à l'envi de plaisanteries sans avenir.

Mike & Molly en dramédie ? Quand vous voulez. Je trouve les personnages principaux suffisamment attachants pour ça (et ce serait facile de transformer les irritants personnages secondaires pour en faire de meilleurs atouts, notamment dans la famille de Molly). Mais en sitcom, non, je passe mon chemin. Surtout avec Chuck Lorre aux commandes.
Mais si j'en crois la Vanity Card de ce premier épisode, lui-même ne parie pas un pet de lapin sur la longévité de sa série. C'est pas plus mal : après avoir vu Melissa à l'oeuvre dans le film The Nines, je suis en mesure de dire qu'il ne la mérite pas.

MikeMolly

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mike & Molly de SeriesLive.

3 octobre 2010

Ah, si seulement il existait un moyen de les regrouper...

Comme vous avez, bien évidemment, tous lu le bilan de la saison estivale japonaise, notre post CuriosityLive de ce dimanche n'en fera tout naturellement aucune mention. Vous pensez bien que c'est pas le genre de la maison de chercher à vous faire lire des trucs ! Non, vraiment, je ne vous parlerai pas de cet article Dorama Panorama aujourd'hui, j'ai pitié de vous. De toute façon, puisque vous l'avez déjà lu, à quoi bon ? Aucune mention. Pas la plus petite référence. Rien du tout. C'est pas parce que vous y trouverez les audiences intégrales des séries de prime time des grandes chaînes nationales que je vais forcément vous recommander une nouvelle fois de le lire, d'ailleurs. Ni parce qu'il présente les séries à l'antenne pendant la saison, et vous donne des liens vers la fiche chacune d'entre elles. Diable ! Je m'en voudrais de vous le faire remarquer une nouvelle fois. Il ne manquerait plus que je me montre insistante, en plus ! Non, ce serait du vice.

Voici donc ce qui s'est dit d'autre sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Lundi
Spirited_MEA
Spirited, une série qui joue les revenants
Le romantisme n'est toujours pas mort, il revient même pour une deuxième saison.

GegegenoNyoubou_MEA
NHK dit adieu à l'un de ses meilleurs asadora
La série quotidienne Gegege no Nyoubou a peut-être un nom pas banal, mais ses audiences inspirent le respect !
 
ABC1
ABC1 commande une série sur les aborigènes
Sur les aborigènes, par les aborigènes, avec les aborigènes...
Mardi
ShawnDoyle_1
Echec et mat pour Showcase au printemps
Sa pièce maîtresse : un nouveau genre d'enquêteur... qui ne se rend pas sur la scène du crime.
Mercredi
World
En bref : l'actu des télés du monde
Vous ne voyez souvent la télévision que d'une petite partie de la planète. Et pourtant, elle tourne !
Jeudi
Domangja_MEA
Domangja, un fugitif déjà poursuivi par les spectateurs
Il n'est pas toujours aisé pour une série de s'imposer dés son lancement... mais certaines ont la vie plus facile que d'autres.
Vendredi
COPSLAC_MEA
Rush VS Cops L.A.C. : quelle série policière pour les Australiens ?
En Australie, il suffit d'un million de spectateurs pour faire le bonheur d'un network... mais gare aux séries qui n'y parviennent pas.

Comme toujours, si vous ou l'un de vos amis téléphages venait à commenter une de ces news après avoir cliqué sur ces liens... non, en fait ça serait une bonne chose !
(pour nos amis mal-comprenants et/ou skybloggeurs : lâche ton com !)

27 septembre 2010

Excès de vitesse

Alors ça, c'est un flagrant délit ou je ne m'y connais pas. Ah non, vous n'allez pas y couper mon bon Monsieur, je vais être obligée de vous mettre à l'amende. Et hop : excès de vitesse, et n'insistez pas sans quoi j'ajoute insulte à l'intelligence du spectateur dans la foulée.
The Whole Truth... c'est parce que Speed, c'était déjà pris, comme titre ?

TheWholeTruth

Ça parle vite, la musique est forte, on enfile les scènes à toute allure, ça bouge dans tous les sens, la caméra donne le tournis... le problème c'est que The Whole Truth est une série judiciaire, et qu'on s'attend à ce que le contenu soit plus important que les effets de style. Mais voilà : c'est Bruckheimer qui est au volant et pour une raison qui m'échappe, tout ce qu'il touche doit obéir à un strict cahier des charges stipulant qu'une série ne doit jamais, au grand jamais, entrer dans le détail. Toujours dans le superficiel, toujours à la va-vite.

Pour les idées, on repassera, il n'y en a pas. Pour l'émotion il y a le strict minimum : grand bazar d'émotions où l'épouse du prévenu a le cancer (mais non la présence de Maura Tierney dans cette série ne rend pas la chose de mauvais goût, mais non), où un jeune assistant du procureur fait ses débuts, où une avocate ambitieuse tente de s'imposer dans le procès, où les avocats des deux parties flirtent gentillement... mais où personne n'a le temps de développer quoi que ce soit. On est dans une série Bruckheimer après tout, il faut que ça pète, il faut que ça claque, il faut qu'en permanence il y ait du mouvement, et si au passage on doit brader le cœur-même du genre auquel on s'est attelé, c'est pas grave !

Je voue un quasi-culte aux séries judiciaires. Je les préfère, et de loin, aux séries policières ; c'est l'un des rares genres capables de me réconcilier avec le policier, d'ailleurs (les Law & Order en témoignent). Et vous savez pourquoi ? Parce qu'une série qui se déroule dans un tribunal pour tout ou partie de son intrigue a l'obligation d'être intelligente. Elle ne peut pas faire autrement. Quel que soit son angle d'approche, elle y est contrainte de par le genre auquel elle se frotte. Ça peut être une comédie romantique (Ally McBeal l'était), ça peut être une radiographie d'un pays (Boston Justice l'était), ça peut être une plongée dans les entrailles du doute humain (The Practice l'était), ça peut être un drame où la loi est à la fois un poids et une porte de sortie (c'est ce qu'est The Good Wife), mais l'intelligence est comprise dans le package, on ne peut faire sans. C'est à prendre ou à laisser. On ne peut pas faire semblant de s'appuyer sur un aspect légal pour faire de l'entertainment tout bête, pas sans y laisser sa crédibilité au vestiaire.

The Whole Truth veut vous mettre en haleine : vous ne savez pas quelle est la vérité avant la toute dernière scène. C'est apparemment ça, son accroche. La série veut vous montrer les deux côtés d'un procès, les deux faces d'une même affaire, l'accusation et la défense, et veut vous laisser dans le suspense par son rythme effréné, ses revirements inévitables de situation, ses torrents de paroles débitées plus vite que dans un épisode de Gilmore Girls passé en vitesse accélérée. C'est son truc.

Mais pourquoi le fait-elle ?
C'est ça le problème.

C'est qu'elle ne le fait que pour retenir votre attention jusqu'à la fin de l'épisode. Elle ne vous invite pas à vous faire votre propre opinion : les choses vont trop vite, l'information est trop parcellaire, personne ne prend le temps de la réflexion, et personne ne vous le laisse. Ce n'est pas le but. On ne vous demande pas de connaître la vérité toute entière, on vous promet juste qu'elle se trouvera à la fin de l'épisode, et si on ne vous balance pas cette scène tout de suite, et si on ne vous amène pas à vous faire un avis par vous-même non plus, c'est simplement pour que rien en fasse entrave et ne vienne se mettre entre vous, et les pauses publicités qui vous séparent de la conclusion, pour que vous ayez l'esprit aux aguets, mais certainement pas affuté, certainement pas critique. Ne contestez pas ! Le scénario tient à pas grand'chose, et on ne vous demande pas de le trouver cohérent, juste de vous laisser scotcher jusqu'au bout, laissez-vous faire, installez-vous tranquillement dans le fauteuil du passager, c'est si agréable de sentir le moteur ronfler et la vitesse vous plaquer progressivement contre le dossier !

Parodie de série de Justice ! The Whole Truth n'est qu'un amas de mots et d'images en tous sens, et n'apporte rien ni sur la vérité des affaires traitées, ni sur leur éventuelle portée symbolique... mais qu'est-ce que je raconte ? S'attend-on vraiment à ce que cette série fasse plus que raconter un procès vite fait bien fait ? On ne vous demande même pas de vous identifier à la victime ou à l'accusé, au procureur ou à l'avocat, au riche ou au pauvre, à l'homme ou à la femme. On veut juste que vous cessiez de vouloir conduire pendant 45 minutes, et que vous ayez une brutale envie d'aller acheter un soda dés qu'on sera arrivés !

Allez, c'est bon, prenez votre prune et circulez, ya rien à voir. Des comme vous j'en vois toute la journée, et ça m'énerve toujours autant. Des séries qui croient que, parce qu'elles ont le droit de rouler, elles peuvent tout se permettre. Allez, fichez-moi le camps. J'ai de vrais pilotes à aller regarder. Et que je ne vous y reprenne pas.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Whole Truth de SeriesLive.

24 août 2010

Gardez votre calme et tout se passera bien

Le truc que je ne fais jamais : un post pour faire le bilan de ce que je fais en ce moment. Mais là, bon, faut que je me pose et que je prenne un peu de recul, quand même. Eh, après tout, la rubrique s'appelle 3615 My (So-Called) Life, non ?

LockieLeonard

La bonne nouvelle, c'est que l'article de la semaine progresse bien. Cette semaine, c'est même un plaisir parce que l'histoire télévisuelle du pays se prête à des trucs franchement sympa, il faut juste trouver l'équilibre pour ne pas oublier aussi de donner des infos intéressantes sur le contexte. Mais dans l'ensemble, c'est l'éclate.
La mauvaise nouvelle par contre, c'est que j'ai l'impression de fatiguer un peu. Voilà deux mois que je tiens ce rythme à raison d'un article par semaine, et il est vrai que je me le suis imposé moi-même et que personne ne m'a rien demandé, mais le défi est intéressant et, sérieusement, c'est très excitant à faire, comme marathon de découverte. En tant que pilotovore curieuse, c'est l'éclate absolue. Mais je n'ai pas non plus beaucoup soufflé et j'ai peur que ça commence à se ressentir. L'article sur l'Argentine, il y a 10 jours, montrait déjà des signes de relâchement, et je ne voudrais pas que ces articles soient bâclés ou soient ennuyeux à lire.
Il faut dire que non seulement je brasse des centaines de pages de lecture (ça pourrait être plus encore si ma FNUC parvenait à commander les livres que je lui demande...), mais je découvre aussi un maximum de pilotes, histoire de savoir de quoi je parle, et je grignote des extraits çà et là sur le Mal (dont je ne me suis jamais tant servie). La tâche chaque semaine est titanesque, et le temps manque un peu quand en plus on a eu un coup de cœur la semaine précédente, Capitu dans ce cas précis, et qu'on a un peu envie de continuer ce qu'on a commencé ; ou qu'on a des pilotes qui débarquent et réclament une place dans l'emploi du temps, comme c'est le cas de The Big C.
Et je n'ai toujours pas fait de place dans mon planning pour Jeonwoo et Nae Yeojachinguneun Gumiho !
Et puis, ma méthode n'est pas forcément parfaite. Connaissant mon planning pour les semaines à venir, je lance aussi des cagoules pour les pays que je sais visiter bientôt, histoire d'avoir le temps de récupérer les épisodes. Ce qui fait que parfois, mue par la curiosité, je les regarde un peu en avance.
D'ailleurs, en corollaire de ce problème, il y a le fait que certains épisodes n'arrivent pas suffisamment vite : j'ai enfin fini de cagouler les pilotes de Packed to the Rafters et Lockie Leonard, alors que j'ai passé l'Australie il y a une éternité (ou en tous cas ça y ressemble).
Il y a aussi ce fichu coffret Wallander qui est maintenant dans ma telephage-o-thèque et que je n'ai pas encore ouvert, c'est épouvantablement frustrant.
Cet été, j'avais aussi des projets téléphagiques, déjà plusieurs fois repoussés, et sans compter la saison américaine qui arrive (plein de pilotes, plein de posts To be continued...), et puis le bilan de la saison japonaise et la nouvelle saison automnale qui suivra...

Pffiu.

...Vous savez le pire ? Ça me panique, mais j'adore ça.
On croit toujours qu'on ne pourra pas être un téléphage plus dingue qu'on ne l'est déjà, et finalement...

26 janvier 2012

Now it's personal

AktaManniskor

Quand j'ai appris l'existence future d'Äkta Människor, je ne vous cache pas que ma réaction a été plutôt extatique. Pour moi qui suis très modérément intéressée par les séries policières en général, et qui espère toujours pouvoir parler de projets sortant du cliché "Scandinavie = policier", c'était vraiment une aubaine. Sans compter qu'un peu de science-fiction, ça fait toujours du bien, et qu'après des séries comme Falling Skies l'an dernier, ou de séries à l'atmosphère de pseudo-mystère fantastique genre Alcatraz en ce début d'année, j'avais besoin de trouver une série qui ait de l'ambition dans le domaine.

A vrai dire, peu intéressée par la mini-série Hinsehäxan (un biopic se déroulant dans les années 60 dont j'ai parcouru les premières minutes en avance rapide au début du mois, et que même sans la barrière de la langue, il faudrait me payer pour regarder), j'avais fait d'Äkta Människor mon premier projet perso de série suédoise à suivre en "sortie d'usine", comme le dirait ce bon Nakayomi.
Jusque là, pour les séries scandinaves, je procédais de la façon suivante : d'abord, je lisais consciencieusement tout ce que je pouvais à leur sujet, ensuite, je cagoulais le pilote, je jetais un oeil et, si j'étais intéressée, j'attendais le DVD en import (c'est par exemple le sort de Koselig Med Peis, et, avec une pratique légèrement différente vu que j'avais vu le pilote dans un cinéma dans le cadre de Scénaristes en Séries, pour Borgen). L'idée directrice, c'est que je ne cherchais même pas vraiment de sous-titres en anglais, comme je le fais quand une série asiatique m'intéresse par exemple. L'idée était exclusivement de me tourner vers le DVD avec sous-titres (ils n'en ont pas toujours) si je percevais du potentiel dans l'épisode, et pas du tout de partir du principe que chaque semaine, j'allais essayer de suivre la diffusion. Äkta Människor, c'était donc une affaire entendue, serait mon premier essai dans le genre ; après des semaines à fouiller absolument partout pour voir s'il existe déjà des teams s'occupant de traduction Suédois>Anglais (arrivant à la conclusion que non, ça ne se produit que dans l'autre sens... mais c'est déjà quelque chose), après des semaines à demander un peu partout si quelqu'un avait l'intention de faire ces sous-titres à titre exceptionnel, notamment sur Twitter, j'ai compris que la bataille était perdue et que l'accessibilité des séries scandinaves au tout-venant anglophone, comme cela peut être le cas pour l'Asie notamment, n'est pas pour ce mois-ci.

Il en fallait naturellement plus pour me décourager de quand même visionner le pilote. Mon niveau en Suédois est loin d'être idéal, mais il est supérieur à mon niveau en Turc et ça m'a pas arrêtée !

Et le problème, c'est que, là, vu comme ça, et surtout entendu comme ça, eh bien le pilote d'Äkta Människor, il a l'air d'être bon.

Mais reprenons par le début : Äkta Människor ("de vrais personnes") se déroule dans un monde où la technologie est si avancée qu'elle nous a donné accès à de véritable robots humanoïdes, les Hubots. Ils sont fabriqués en série, et sont configurés pour avoir une gamme d'utilisations s'adaptant à toutes les demandes humaines : travail manuel, tâches domestiques (dont garde d'enfants), tâches dangereuses évidemment... mais aussi prostitution. Le problème c'est que, comme toujours lorsqu'on parle de robots humanoïdes, tout le monde ne les accueille pas nécessairement les bras grands ouverts, certaines personnes se méfiant de leur intervention dans la vie quotidienne ou craignant qu'ils ne puissent, à la longue, être dangereux. D'un autre côté, les Hubots eux-mêmes commencent à avoir des vélléités d'indépendance...

Dans ce contexte où, finalement, l'histoire est assez classique et où le pitch ne couvre rien qui n'ait déjà été évoqué par Asimov, pourquoi ce pilote semble-t-il bon ? Eh bien d'abord parce que dés ce premier épisode, des axes si différents sont exploités qu'on sent tout de suite que l'idée est de couvrir un maximum de thèmes abordés par la question de la robotique. On a d'une part des Hubots "rebelles", vivant en marge de la société et formant une petite communauté tentant de trouver l'indépendance ; leur périple est finalement assez mineur et donne plutôt l'occasion de voir ce que les Hubots "ressentent" réellement, plutôt que la promesse d'une révolution à proprement parler, même si on peut se demander à quel point ils sont capables de se montrer violents pour assurer leur indépendance. A l'inverse, un petit vieux vivant seul découvre qu'il est très attaché à son Hubot lorsque celui-ci tombe en panne et doit être détruit. Le fils de ce même vieillard, un père de famille, décide d'acheter (contre l'avis de son avocate d'épouse) sa première Hubot domestique, vis-à-vis de laquelle ses sentiments sont vite troubles. Cette Hubot est elle-même une créature qui, après avoir rejoint le groupe des rebelles, a été abimée et récupérée par le marché noir ; elle a donc été réintroduite dans le circuit domestique par le plus grand des hasards. Cette même Hubot est aujourd'hui activement cherchée par un autre membre de la résistance qui semble épris d'elle. Enfin, un autre personnage est un ouvrier qui a l'impression d'être progressivement remplacé par les Hubots, notamment dans son usine où la présence humaine est réduite au minimum, mais aussi chez lui où sa femme préfère la compagnie du Hubot domestique, et qui progressivement voit son hostilité envers ces créatures devenir plus violente.

On pourrait penser qu'avec tout ça, il y a tant à dire que le pilote ne fait que survoler son propos. Mais à travers un grand talent pour les silences et une réalisation très efficace, les scènes successives parviennent à montrer avec beaucoup de subtilité les motivations des personnages, leurs sentiments réels, souvent différents de ceux affichés ; on dépasse rapidement la seule exposition pour entrer réellement dans des zones troubles.

Mais le plus impressionnant reste le travail accompli autour de l'esthétisme de la série. Bien que se déroulant à notre époque, ou un futur très immédiat, le monde incroyablement impeccablement propre et parfaitement idyllique d'Äkta Människor nous présente aussi une société aux couleurs pastels, aux espaces vastes lumineux, rappelant des univers utopiques du genre The Stepford Wives, décoré par Ikea (le cliché s'applique, je vous jure). Le travail qui est fait pour que tout ce qui a trait de près ou de loin aux Hubots ait l'air lisse et inoffensif est splendide ; mais dés qu'on est "dehors", qu'on s'éloigne des centres urbains où les Hubots domestiques sont configurés pour préserver l'illusion d'harmonie, l'image redevient réaliste et abandonne ses couleurs acidulées. Le monde d'Äkta Människor est, en vérité, trop aseptisé pour être honnête, et l'esthétisme de la série est parfaitement imaginé pour nous rappeler cette réalité.

L'ami Ricoré, Hubot-version L'atroce SAV des Hubots Configurer ou ne pas configurer le sexbot, telle est la question Visite chez le concessionnaire Le meilleur ami de l'homme ? Les rebelles

Donc maintenant je veux vraiment des sous-titres. En fait vous savez quoi, je suis à ça de lancer ma propre fansub où je recruterais des gens qui parlent Suédois et à qui j'offrirais de faire le timing et tout en échange d'une petite traduction. Nan en fait j'en sais rien, je ne pense pas que je sois à même de fonder une team de fansub spécialisée dans les séries scandinaves, mais bordel, c'est rageant.
Alors du coup, oui, bon, d'accord, je vais attendre les DVD en priant pour qu'ils aient des sous-titres anglais, ou bien j'attendrai que la série soit diffusée aux States, admettons, je vais devoir me résigner... pour le moment.
Mais tu ne perds rien pour attendre, internet : maintenant c'est personnel. Cette histoire de sous-titres, c'est pas fini. On en reparlera.

4 août 2011

Be gentle, I'm a virgin

En général, à partir du mois de mai, ma politique sur les projets a tendance à se renforcer. Cette politique est la suivante : les annonces ne passeront pas par moi. Je ne veux rien savoir. Pas un résumé, pas un trailer, rien, j'attends le pilote.
Que c'est beau, ces idées toutes arrêtées ! Que c'est noble, ces grands principes !

Et puis, intervient le principe de réalité. Par exemple quand, l'été aidant (ou plutôt empirant), je commence à "devoir" faire des news US sur SeriesLive en l'absence d'autres rédacteurs disponibles/motivés/s'élagant le poil dans la main (rayez la mention inutile). Et là je suis bien obligée de fourrer mon nez dans les projets, y compris les séries qui commencent à l'automne et dont je préférerais me garder la surprise jusqu'au moment de découvrir le pilote.

J'aime bien lancer un pilote sans savoir de quoi ça parle. Je vous l'accorde, parfois ça réserve des surprises moins bonnes que d'autres (on l'a vu avec Against the Wall), mais globalement c'est un procédé qui me correspond mieux, et depuis deux ou trois saisons que j'aborde une nouvelle saison américaine de la sorte, on peut dire que je suis satisfaite du système. C'est la raison pour laquelle je vous prépare souvent de modestes résumés des séries nippones à venir sur une saison donnée, sans faire la même chose pour les USA. Bon pis, ya suffisamment de monde qui le fait sur les USA, z'avez pas besoin de moi en plus, hein.

Or, donc, cet été, il s'avère que j'en vois passer, des projets. Evidemment ça dépend de l'actu, et du contenu de cette actu (si ce sont des posters promotionnels, je ne risque pas grand'chose si ce n'est découvrir le thème de la série, genre avec The Secret Circle, par exemple, je peux déjà vous dire que le visionnage du pilote ne va pas être triste, vu que ados + sorcières, c'est plutôt un tue l'amour qu'autre chose pour moi). Mais reste que pour CERTAINS projets, j'ai quand même quelques petites notions qui progressivement commencent à entrer dans ma caboche ; et le problème, c'est que quand on écrit une news, on en intègre infiniment vite le contenu. Je fais mon possible pour me débarrasser d'un maximum de souvenirs, éviter les videos de promo quand c'est possible et tout et tout, m'enfin, on peut pas totalement échapper à tout ça une fois qu'on commence à écrire des news dessus.

Aussi, je ne vous ferai pas plus de tour d'horizon de la saison cette année que je n'en ai fait les années précédentes. Mais je voulais quand même dire un mot sur quelques remarques que je me suis faites avec le peu d'information que je lis et les choses que je vois passer sur Twitter (vu que Twitter se fiche bien de ma politique de pré-rentrée et me bombarde d'informations). Il n'y a pas exactement de séries que j'attends : ce concept m'est, pour les raisons expliquées ci-dessus, devenu étranger : si on en sait peu sur un projet, on peut l'aborder avec le moins possible d'a priori ; c'est d'ailleurs bien le but de la chose. Mais il se dessine malgré moi un vague croquis des séries qui me semblent intéressantes, parce que profondément différentes.

AmericanHorrorStory
Ainsi, American Horror Story me semble original. Le problème c'est que je m'en serais tenue à ça, je n'aurais aucune idée préconçue et ç'aurait été parfait ; mais depuis que je sais qu'on y trouve Dylan McDermott et Connie Britton, j'ai des attentes côté cast, et depuis que je sais que Ryan Murphy est à la barre, je suis dubitative (on se souviendra que je jette mentalement des fleurs à la moindre mention de Pretty Handsome, mais conspue Glee depuis le 4 ou 5e épisode de la deuxième saison). Rien que pour ça je sens que le visionnage du pilote sera sensible, outre le fait que je ne raffole pas du concept de se faire peur à la télévision (ou au cinéma, d'ailleurs).
De la même façon, Once Upon a Time aurait été tentant si maintenant je n'en connaissais pas l'histoire qui me semble bateau et digne d'un téléfilm de SyFy réalisé par un quelconque membre de la famille Halmi. En l'état, et sauf si je parviens à m'extraire les extraits de la mémoire par je-ne-sais-quel miracle, je vais probablement regarder le pilote à reculons alors que c'est quand même vachement plus original qu'encore une série policière supplémentaire.
J'ai aussi entendu parler de 2 Broke Girls, par exemple, et j'aurais au contraire voulu me sentir moins enthousiaste alors que j'en sais peu sur la série, mais que le peu que j'en sais me plaît.
Au bout du compte, ça se produit quand même pour pas mal de séries. Et c'est bien ce qui m'ennuie.

J'aimerais trouver, en fait, la façon d'atteindre une réelle objectivité au moment de lancer un pilote qui m'est inédit. Je regarde tellement de pilotes que c'est souvent impossible : pour les séries étrangères, il faut surveiller les news pour savoir que la série sort, parce qu'on ne risque pas d'être noyés sous les infos, et donc on ne parvient pas à être "vierge" de tout présupposé en lançant le premier épisode. Sans compter que, de par mes attributions sur SeriesLive, il m'est impossible d'ignorer volontairement une série australienne ou japonaise qui s'apprête à débuter. Toute l'année, je regarde des pilotes, mais on ne cagoule jamais un pilote réellement par hasard : il y a les séries anciennes, dont on a nécessairement entendu parler, les séries méconnues mais sur lesquelles on va se renseigner pendant que ça cagoule, ne serait-ce que pour s'assurer qu'on va bien tomber sur une série et pas une émission quelconque, et ainsi de suite. Sans compter les pilotes que j'ai déjà vus, il y a quelques mois ou une décennie, que je retente avec, forcément, une idée derrière la tête.
Alors, ce laboratoire de l'objectivité, je ne peux le mener que sur les séries américaines de la rentrée prochaine, parce que je peux plus facilement gérer les flux d'informations à leur sujet (je sais où regarder, et donc où ne pas regarder). Mais ça reste encore insuffisant.

Et je continue d'entamer chaque année des séries tout en ayant un biais, et ça me dérange. Je voudrais bien leur laisser une chance de remplir leur office uniquement par elles-mêmes, à toutes ces nouveautés. Dans une ère de communication instantanée, de promo à outrance et de buzz permanent, je sais que ça relève de la gageure. Mais ce serait un défi intéressant à réussir au moins une fois. Mais comment ?

17 septembre 2011

How does that make you feel ?

Même quand aucun pilote n'a été diffusé dans les 12 dernières heures, j'arrive encore à trouver des sujets de conversation, et pas uniquement parce que je repousse les posts sur Whitney et Free Agents (US), puisque sauf erreur de ma part ce sont les deux pilotes déjà sortis que je n'ai pas encore traités ici. C'est que, la rentrée, ça ne se passe pas seulement aux USA, après tout ! Et au Canada, une très sympathique dramédie vient de faire ses débuts, alors avant de m'attaquer à Whitney... je veux dire, au post sur Whitney, mon clavier a fourché... je vais faire un détour par nos amis de CBC.

Il y au un truc qui en comédie, est hyper risqué, c'est la thérapie (et l'échec qualitatif, à mes yeux en tous cas, de Web Therapy ou Head Case en est la preuve, sans compter qu'en dehors du cast de la série, encore que, je dois être la seule à me souvenir du pilote de The Trouble with Normal). Parce que c'est limite trop facile de rire de gens étiquetés dés le départ comme "fous" d'une part, et parce que, dés qu'on touche à un truc un chouilla sensible, bah on n'a plus envie d'en rire, aussi. Pourtant Michael: Tuesdays and Thursdays y parvient avec beaucoup de talent, sans doute parce que c'est une dramédie et donc qu'elle s'autorise des moments moins tournés vers l'hilarité.

MichaelTuesdaysandThursdays

Si la scène d'intro nous montre une jolie séance de thérapie à la fois drôle et touchante, le générique nous met toutefois immédiatement au parfum : la série est focalisée sur le point de vue du psy. Cela nous permet de voir toutes les sances, le mardi et le jeudi donc ; et puis on voit aussi tout le reste, et notamment la raison pour laquelle il travaille pendant 15 ans avec Michael un homme atteint d'une névrose effectivement bien ancrée. Car notre psy, David, ambitionne d'écrire un "self-help book" en se basant sur les méthodes qu'il expérimente sur Michael, et qui relèvent autant de la parole que d'exercices pratiques sur le terrain (ce qui d'ailleurs nous donne une très jolie scène). Sauf que naturellement, Michael n'est pas au courant, lui essaye simplement d'avancer et de gérer une névrose qui s'avère parfois quasiment handicapante.

Patient et composé devant Michael, David nous révèle également, hors-séance, des fragilités qui nous seraient invisibles sinon. Et là on est dans une méthode assez intéressante, qui n'est pas sans rappeler celle employée par In Treatment : le faire parler à un tiers. Ce tiers, ce ne sera pas son propre thérapeute mais son éditrice, une femme qui elle aussi n'est pas complètement nette (mais en fait, tout le monde dans l'univers de Michael: Tuesdays and Thursdays est un peu barré et d'ailleurs ça fait bien plaisir qu'il n'y ait pas de personnage pour se poser en repère de la "normalité") qui veut absolument qu'il lui parle de lui, de choses persos, et soyons honnêtes on n'est pas très surpris de voir la réaction de David au bout de plusieurs tentatives de son éditrice pour le faire causer.

Comme la directrice de la maison d'édition l'indique à David (celui-ci essayant de tourner son livre en un journal de son expérience avec Michael, ce qui n'est pas le deal de départ) : il ne vaut que grâce aux étrangetés de Michael. C'est vrai narrativement aussi car c'est dans les scènes avec Michael qu'il y a le plus d'intérêt, de par les échanges, souvent rapides et assez bien sentis, Michael n'étant pas du tout contrôlé par son psy, auquel il rabattra le caquet à un moment avec plus d'assurance qu'on ne l'aurait cru capable de produire.
Pourtant, le voir patauger gentillement dans sa vie perso (rien qui fasse de lui un cas pour la science) permet à David de devenir plus appréciable pour le spectateur. En chroniquant ainsi ses préoccupations, assez terre-à-terre finalement, on lui ajoute une dimension nécessaire et en même temps on relativise les échanges avec Michael. Je crois que c'est la première fois devant une série avec un psy que je me dis sincèrement que le psy devrait aussi expérimenter certains de ses conseils sur lui-même !

Ce qui est intéressant, enfin, dans Michael: Tuesdays and Thursdays, c'est la relation qui se développe entre les deux hommes, et qui en fait ne date pas du pilote : David vient parfois aider Michael quand l'une de ses névroses l'empêche d'avancer dans la vie, se comportant alors plus comme un ami. Mais David a aussi besoin du regard de Michael, et s'attache à lui un peu comme à un enfant. J'avoue que j'imagine déjà ce que ça donnera quand ces deux-là devront cesser les séances (après tout, au départ, David avait proposé à Michael de travailler avec lui 15 ans, et là on y est). L'air de rien, dans la vie de David, la seule constante actuellement, c'est la venue de Michael deux fois par semaine. Il est en train de lui apprendre à être indépendant mais je ne sais pas à quel point lui peut se passer de son "patient", plutôt son protégé.
Michael commence d'ailleurs à se demander combien de temps durera cette thérapie, signe en général que l'oiseau n'est pas loin de quitter le nid. Ce sera une déchirure à la fois touchante et avec un grand potentiel humoristique, en tous cas gauche, maladroit et embarrassant, ce qui est le style d'humour choisi par la série.

Personnellement, Michael: Tuesdays and Thursdays est une comédie qu'effectivement j'apprécierais bien de voir le mardi ET le jeudi ; mais il faudra se contenter d'un épisode par semaine...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... euh... nan mais j'ai pas fini mon déménagement je vous ferai dire.

3 août 2011

United States of Canada

Par un curieux concours de circonstances, je parlais de séries canadiennes aujourd'hui au boulot, alors que les nominations pour les Gemini Awards étaient publiées (...plus tôt que l'an dernier, alors je jure que c'était pas prémédité !).

A mon interlocuteur, un telambda qui a lâché l'air de rien dans la conversation ya pas deux jours qu'il a l'intégrale de la série Oz à la maison (c'est pas banal, pour un type qui regarde des séries en dilettante !), je soutenais qu'il y avait de très bonnes séries canadiennes. Il se peut que le nom de The Yard ait été prononcé à un moment ou un autre dans la conversation... d'ailleurs pendant que j'y pense, votez ! Et mon interlocuteur d'esquisser un petit mouvement d'épaule, un peu le même que je me souviens l'avoir vu faire quand je me suis réjouie de l'arrivée de mon DVD de Capitu, genre "mais elle en a de drôles d'idées quand même !", pour me signaler que s'il y avait de bonnes séries canadiennes, ça se saurait. Et pis de toute façon ça passe pas à la télé américaine, alors...
Et pour contrer ça, je commence à avoir la technique.

Flashpoint
C'est le moment où je ressors mes chiffres et j'explique que, l'été, Flashpoint ou Rookie Blue font plus qu'une rediff d'une série américaine.
C'est le moment où j'explique que plein de séries sont des co-productions avec le Canada.
Et puis c'est le moment où je sors une liste de séries canadiennes, pour tout ou partie. Et pour ça vous allez pas me croire, mais ya un truc super pratique qui s'appelle la page Canada de Séries du Monde.

En général (et c'est là que je trouve qe les chaînes françaises font très mal leur travail), les séries québécoises, à l'exception du Coeur a ses Raisons, c'est le néant. Ca me fait enrager mais c'est comme ça, et je vais pas changer le monde pendant que je change la bonbonne d'eau devant le bureau.

Par contre, si toutes n'éveillent pas nécessairement d'ardents souvenirs téléphagiques (mais qui peut se vanter de connaître TOUTES les séries américaines, hein ?) du côté de l'anglophone on a droit en général à une suite d'exclamations surprises et vaguement embarrassées. Sur l'air de : "ah ouais ? celle-là ? ah bon ? j'aurais pas cru tiens... oh et ça je connais ! bah ça alors...", comme si la nationalité canadienne était la garantie de plonger dans l'underground. Soyez pas surpris comme ça, les gens, je suis pas en train de vous parler de séries australiennes quand même. Là je veux bien admettre qu'on est souvent dans le flou et qu'on n'en a qu'une sélection très partielle (en cas de doute, n'hésitez pas à relire l'article de présentation du pays).

Mais apparemment, il y a à une barrière mentale difficile à franchir. Parce que Canadien équivaut nécessairement à miteux. Alors on est d'accord, ya pas forcément les mêmes budgets derrière, mais il y a de bonnes choses, au Canada. Comme The Ya-... comme plein de séries. La plupart du temps, des séries que vous teniez pour américaines ne le sont pas.

Ca devrait apprendre quelque chose aux spectateurs sur les préjugés qu'ils ont sur certaines séries du monde... mais parfois le bloquage est tenace. Ce n'est pas du racisme, on est d'accord, mais ça traduit une drôle d'idée qu'on peut se faire de la planète, vous ne trouvez pas ? Quand je pense que j'avais ce genre de mentalité il n'y a pas si longtemps, et que je l'ai encore pour certains pays (majoritairement européens, genre Allemagne, Italie...), ça me remet les idées en place. Je fais ce que je peux pour faire évoluer les mentalités autour de moi... mais la mienne n'est pas encore au top.

Cela dit je cherche toujours de solides séries allemandes, et très franchement, sortie du policier et de l'action (genre Alerte Cobra), je ne trouve pas grand'chose (et quand je le trouve en tant qu'info, j'ai du mal à le trouver en tant que pilote).
Est-ce que ça signifie qu'il n'y a pas de fumée sans feu, ou que je n'ai pas encore assez gratté ? Je crois qu'après avoir découvert tant de contrées enrichissantes, je vais sérieusement approfondir mes recherches sur nos voisins... mais soyons sincères, quand il y a déjà tant de bonnes choses au Canada, en Australie, au Japon et ailleurs, c'est difficile de soutenir la comparaison.
C'est peut-être ça, le coeur du problème ?

1 août 2011

Food for the soul

Aujourd'hui, j'avais pas envie de vous faire un post long, ni de vous parler d'un pilote (j'avoue que ça m'a un peu agacée que pendant toute la journée, le pilote d'Against the Wall n'ait toujours pas fini de cagouler), mais plutôt de partager quelques anecdotes amusantes. Du coup, je fonde beaucoup d'espoir dans les commentaires ce soir, parce que j'espère que ce post plus décontracté appellera de votre part des anecdotes sympathiques (vu que les posts précédents ont paru vous rebuter).

Il m'est peut-être arrivé de mentionner une curieuse manie qui est la mienne : je fais des obsession alimentaires. Pendant des semaines, parfois même jusqu'à plusieurs mois, je peux manger la même chose tous les jours sans me lasser, et à vrai dire, sans avoir envie de quoi que ce soit d'autre, au point que je doive me forcer à avaler autre chose, du bout des lèvres. C'est assez cool quand ça me le fait pour de la laitue iceberg, par exemple. Ca l'est moins quand je suis incapable de manger autre chose que du flan à la pistache. Mais tout finit par passer. Ce ne sont que des cycles.
Quel rapport avec les séries ? Attendez.

Restaurant
Quand j'ai regardé l'intégrale d'Oishii Gohan pour la première fois, je me suis mise à manger beaucoup, beaucoup de riz. Et de poisson. C'est cliché mais c'est vrai. Pis ça me donnait encore plus envie de riz et de poisson, cette série, alors le temps de l'intégrale, j'ai pas laissé ma part au chien...
Mais ça n'a pas commencé pendant ces quelques semaines d'août. C'est simplement un exemple, car j'ai remarqué qu'en fait, mes obsession alimentaires avaient tendance à s'aligner sur mes obsessions téléphagiques.

Et c'est ainsi que certains aliments sont à jamais liés à certaines séries, pour moi. Les coquillettes qui refroidissent, par exemple, ce soit les soirées passées avec ma mère et ma soeur à regarder la télé avant que mon père ne rentre. Inutile de préciser que je ne mange plus de coquillettes aujourd'hui, même sous la menace. C'est devenu bien trop indissociable. Coquilletttes = Notre Belle Famille. De la sensation de nouille froide et flasque à l'impression de se faire bourrer le mou par une comédie débile, il n'y a plus très loin (et sachez que le mot nouille me fait le même effet que le mot "moist" à la mère de George dans Dead Like Me, c'est vous dire).

Là où ça devient marrant, c'est quand je recommence une série que je regardais ou que j'avais tenté plusieurs mois ou années plus tôt. Par exemple, au moment de Roseanne, j'étais dans une période pâtes (sauf coquillettes). Ensuite, j'ai bifurqué vers une période blanc de poulet et lait de soja (deux aliments en même temps, c'est la fête, ça ne m'arrive pas souvent). Et alors que j'étais en pleine période blanc de poulet, vlan ! Je re-visionne Friday Night Lights, et me voilà alimentairement transportée des années en arrière.
Mon obsession alimentaire la toute première fois que j'ai tenté Friday Night Lights, c'était le taboulé.
Eh bien croyez-le si vous le voulez, mais c'est précisément mon obsession alimentaire depuis une semaine. Je ne m'en suis rendue compte qu'en regardant mes notes de l'époque (puisque je tiens une trace des mes phases alimentaires).

C'est fou quand même, non ?

Ah et au fait, dans un prochain post Dorama Chick, on parlera de Koukousei Restaurant, qui m'avait échappé la saison dernière et dont j'ai récupéré le pilote. Bah oui, comme je vous l'ai dit, je me force à manger d'autres choses. C'est important, l'équilibre alimentaire.

11 janvier 2010

Hit the wall, Jack

Imaginez une série qui soit précédée de sa réputation, en des termes peu flatteurs. Genre :
- il y a un lapin en peluche qui parle dedans
- c'est un mauvais remake de Mariés, Deux Enfants
- elle a été classée par TV Guide comme la 30e plus mauvaise série de tous les temps
Après ça, étonnez-vous que ma curiosité ait été piquée...

Unhappily

Pourtant le pilote d'Unhappily Ever After n'est pas si mauvais. Au point que c'est quasiment une déception. Bon, si, effectivement, les deux premiers points ont tendance à se vérifier. D'ailleurs pour commencer, le décor est exactement le même. On pourrait se dire que c'est parce que ça a été tourné dans le même décor, mais non, non pas du tout, parce que Mariés, Deux Enfants était toujours en cours de diffusion à l'époque où Unhappily Ever After a été lancée ! C'est donc un acte délibéré !
Outre le décor, il y a la famille : le fils sans succès auprès des nanas, la fille totalement superficielle... et évidemment les vannes entre époux.

Non, entre ex-époux. Et c'est là ce qu'on trouvera de plus original, d'ailleurs. A contrario de ce bon vieux Al qui a signé pour l'éternité avec Peg, Jack et Jennie ont divorcé. Ou plutôt, Jennie a viré Jack de la maison familiale. L'ambiance dans la famille étant ce qu'elle est, les enfants ne sont pas spécialement traumatisés.
"Hey papa, où tu étais ?
- Ta mère m'a foutu dehors il y a deux semaines.
- Sans déc' ? Eh bah... à plus.
- Salut papa !
- Salut mon bébé... euh, tu savais que j'étais parti, n'est-ce pas ?
- Papa, je suis tellement égocentrique que je ne m'étais même pas rendue compte que tu es là maintenant."
Vous voyez le tableau.

Comme vous le voyez, la dynamique familiale ne fait que confirmer les soupçons de paternité avec la série de la FOX. Et les quelques références à connotation sexuelle (en général assez négatives, genre : "si je t'avais pris quelque chose, je te l'aurais rendu !"/"comme ma virginité ?"/"vois ça avec un autre ma belle") ainsi qu'aux moyens financiers limités du paternel sont de taille à effectivement laisser persister l'impression.

Mais c'est la lecture de Wikipédia qui m'a convaincue pour l'histoire de la 30e série la plus mauvaise de l'histoire de la télévision... Je résume, accrochez-vous...
Le principe, c'est que la mère, Jennie, était sur le point de commencer une nouvelle vie suite à son divorce, mais au bout de quelques épisodes la série a été réécrite pour que le père, Jack, désormais quasiment à la rue (dans un appartement qui ressemble plus à un taudis qu'à la garçonnière de Gary Unmarried), commence à développer une schizophrénie qui lui fait imaginer que Mr Floppy, le lapin en peluche que son fils lui a donné, parle. C'est pas fini. La mère de Jennie, qui apparait dés le pilote ainsi qu'au générique, finit la première saison en mourant et en étant brûlée au fond du jardin (je crois que ça veut dire que l'actrice n'avait pas l'intention de revenir. Encore que, ça veut rien dire, attendez). Il en reste. Au bout de trois saisons, réorientation de la série pour mettre en valeur Nikki Cox, qui interprète la fille et qui commençait à avoir la côte. De plus en plus d'épisodes se déroulent au lycée puis à la fac, et les scénaristes tuent Jennie devenue inintéressante, mais les audiences chutent et Jennie est ressuscitée quasiment par décret ! Après son retour, elle devient lesbienne et s'enfuit avec une femme, et là comme l'actrice avait vraiment claqué la porte, on n'en a plus reparlé. On est presque arrivés. Du coup, Nikki Cox reprend la vedette avant de signer pour une autre série (Nikki), ce qui provoque l'arrêt de la série. Dans un final qu'on ne peut qu'imaginer époustouflant, Jack se débarrasse de Mr Floppy qui meurt, avant de se raviser et ressusciter le lapin en peluche (décidément, c'est une manie).
Sans déconneeeeeeeeeeer ?!

Quand on sait tout ça sur Unhappily Ever After, on comprend difficilement que la série ait survécu pour 100 épisodes. De nos jours, la plupart des chaînes arrêteraient les frais bien avant que l'humiliation ne soit aussi complète et totale. On se demande comment il est possible de faire pire.

J'ajoute qu'on trouve pas mal de têtes connues au générique de la série : Geoff Pierson (que je connais depuis Une Maman Formidable et dont je suis incapable de dire du mal), Nikki Cox donc (faisant ce qu'elle sait faire de mieux : être rousse et aguicher), mais aussi Justin Berfield (pré-Malcolm, dans un rôle quasiment à la Dewey d'ailleurs). Et puis, je soupçonne aussi que Debra Messing ait été figurante dans le pilote, cachée sous cette perruque blonde.

DebraUnhappily_1 DebraUnhappily_2

Mais on n'en aura probablement jamais la confirmation...

Reste que d'une certaine façon, j'ai reçu une grande leçon de télévision avec cet épisode, confirmant le dicton célèbre qui dit, notamment quand on regarde un sitcom navrant : "tu crois que ça pourrait être pire, dis-toi qu'il y a forcément une série où ça l'a déjà été". Hm ? Vous dites ? Cet adage n'existe pas ? Maintenant, sa nécessité est prouvée.

Et pour ceux qui manquent de culture... SeriesLive n'a pas osé en faire de fiche, dites donc.

2 septembre 2009

CBS n'a qu'à bien se tenir

L'autre jour, je vous parlais de BOSS dont il ne fait aucun doute qu'elle pioche des idées dans la réalisation des fictions policières américaines du moment. Aujourd'hui je vais vous parler d'une autre série policière japonaise, mais alors elle, c'est pas de la pioche, c'est un emprunt sur 10 ans avec un énorme taux d'intérêt. Je vais vous poster le générique plus tard pour vous donner une idée de l'ampleur des "dégâts", mais avant toute chose, je vais quand même un peu rétablir la justice : j'aime Grissom, mais il est loin d'être aussi fun que Tsukumo, le personnage principal de MR. BRAIN.

D'ailleurs il y a pas mal de choses très japonaises dans MR. BRAIN, une preuve de plus que lorsqu'on donne quelque chose d'occidental à une production nippone, elle le mâche consciencieusement avant de le recracher à sa sauce ; c'est aussi pour ça que j'aime les Japonais, ils arrivent à faire les mélanges que la fiction française ne parvient pas à faire, et trouvent un équilibre entre exception culturelle et mimétisme, ils sont magiques ces Japonais, ils n'inventent rien, mais ils parviennent à tout traduire dans leur culture, quelle leçon formidable.

Bref, MR. BRAIN, c'est drôle. Un drôle beaucoup plus mis en avant que dans BOSS d'ailleurs, dont je vantais l'humour subtil dans le post évoqué plus haut, grâce à des petites scènes complètement décalées comme celles-ci :

MRBRAIN_romantic
La scène d'intro, ou comment tout a commencé comme une comédie romantique, mais non.
(cliquer pour cagouler)

MRBRAIN_lol
J'ai explosé de rire en voyant ça... et après je me suis sentie moins bête. Tout bénef !
(faudra regarder l'épisode pour la voir, celle-là)

Imaginez ça au milieu d'un épisode des Experts, franchement... Je suis pas sûre que même le clownesque NCIS oserait.

Mais MR. BRAIN n'est pas une comédie, au contraire : son heure et demie de pilote (ouais, quand même) laisse bien comprendre qu'on est dans la série policière avec tout le package : enquête, analyses scientifiques, et tentatives de confondre le suspect. Mais son personnage est largement plus loufoque (on va y revenir) et son univers pseudo-scientifique est largement moins terre-à-terre que celui des Experts, toujours mornes comme c'est pas possible, et faisant semblant de vivre dans un univers réaliste ("ah, mon analyse ADN est prête en 2h, super, je vais pouvoir rentrer border ma fille"). Dans cette série, on en rajoute dans le high tech, on colle des scientifiques dans tous les sens, etc...

Quant au personnage principal, interprété par un pilier de la fiction japonaise, j'ai nommé Takuya Kimura (hiii, je ne suis plus vierge, j'ai enfin regardé ma première fiction avec Kimutaku !), il est largement plus haut en couleurs que l'ensemble des personnages de la franchise des Experts qui se réuniraient sous une palette de filtres.
Imaginez le truc : il y a 5 ans, il était host (= gigolo qui couche pas) et il a eu un accident et a subi des dommages au cerveau. Sauf qu'au lieu d'en clamser ou de devenir un légume, en fait il s'est mis à utiliser une autre partie de son cerveau, et c'est de là qu'est née sa fascination pour le cerveau humain, dont il a fait sa spécialité, spécialité dans laquelle il est devenu expert. V'suivez ? Il a entièrement changé de personnalité, n'aime plus rien de ce qu'il aimait avant, et il a perdu l'aptitude à réagir de façon "socialement correcte", mais à part ça c'est un génie, quoi.

Contrairement à des Monk et compagnie, cette différence ne fait pas qu'il "est bien atteint mais quand même doué", juste qu'il est doué et pas facile à supporter pour tout le monde, parce qu'il pense "out of the box". C'est assez cool d'avoir un personnage comme ça, finalement assez libéré, sans qu'on cherche à lui inventer une faille quelconque qui le rendrait pitoyable. Non, il est juste différent, pas spécialement attendrissant comme une pauvre chose, un loser patenté, un geek asocial... il est juste différent et ça fonctionne à fond. Ça explique aussi les réactions qu'il suscite, soit fascination, soit extrême irritation. En cela son personnage, bien que finalement assez peu approfondi au cours de l'épisode (seulement l'intro et l'outro de l'épisode lui sont dédiées), est parfaitement bien décrit par les multiples petites bizarreries qu'il fait et qui rendent les autres absolument fous.

Pour ce qui est de l'aspect policier, qui comme vous l'imaginez n'est vraiment pas ce qui m'a captivée, l'enquête, bien qu'un tantinet longuette, était plutôt bien pensée. Ce qui est d'ailleurs assez amusant c'est que notre Tsukumo travaille dans un grand laboratoire de police, avec un service pour chaque chose (ADN ici, analyse d'images là, empreintes par là), et que tout ce petit monde a plein d'ordinateurs et de fioles et de trucs incroyables, et que Tsukumo, eh bien il travaille avec juste son cerveau (et une jolie table tactile pour éduquer ceux qui viennent le voir dans son bureau). Tout en jouant à fond la carte du high tech, MR. BRAIN a donc une particularité incroyable, celle de ne pas se reposer sur l'étude des preuves matérielles, et ce mélange fait un bien fou quand on est en overdose d'experts en tous genres.

MR. BRAIN a donc le talent de mélanger des éléments propres aux séries policières qui fonctionnent aux USA (et qui s'exportent bien dans les autres pays) et une solide dose d'anticonformisme pour rester divertissant sans avoir un sérieux goût de redite. Le bémol, c'est que l'enquête du pilote, en plus de trainer en longueur comme je l'ai dit, n'est pas très originale, et que pour bien faire il aurait fallu innover aussi dans cette direction. Mais si vous cherchez une alternative aux Experts Vegas, Experts Miami, Experts New York... bah tentez les Experts Tokyo, on se fend bien la poire et ça change du pain quotidien.
Personnellement, si je devais recommander une série japonaise de cette année à quelqu'un qui jusqu'alors ne carburait qu'à l'import US, je recommanderais MR. BRAIN, l'immersion est facile et c'est suffisamment hybride pour plaire même à des néophytes en matière de dorama.

Allez, si j'ai un peu piqué votre curiosité, montrez-le en commentaire, et ce soir vous aurez gagné le générique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche MR. BRAIN de SeriesLive.

19 novembre 2009

La Une est à vous

Parfois, on se dit qu'après bientôt trois ans à tenir un blog avec plusieurs centaines de posts à son actif, on va avoir du mal à trouver des sujets de conversation. Et puis parfois, les sujets s'imposent d'eux-mêmes. En l'occurrence, je me suis mise à repenser à la façon dont j'étais tombée en téléphagie (ça ne fait pas mal) et j'ai réalisé qu'il y avait encore plein d'anecdotes dont je n'avais pas parlé. Alors qu'en fait, je suis sûre qu'elles sont arrivées à beaucoup d'entre nous. Rien ne rapproche plus deux téléphages que lorsqu'ils découvrent qu'ils ne regardaient pas la même série, mais qu'ils y sont venus de la même façon, d'ailleurs.

Je ne vais donc pas revenir une fois de plus sur ce que, étant lecteurs réguliers de ce blog, vous savez déjà : comment j'ai commencé à regarder des séries avec V, L'Enfer du Devoir et La Belle et la Bête, quand j'étais petite, avec ma mère à mes côtés pour m'aider à prendre du recul ; comment on regardait les séries de midi et de 20h sur M6 quand mon père n'était pas là ; comment SPACE 2063 et Invasion Planète Terre m'ont servi de déclic ; comment avec la découverte de Band of Brothers est venue l'investigation de la Toile... Suivez les tags si vous avez loupé ces histoires-là, au pire.

Non, je voulais partager des souvenirs quasiment prétéléphagiques avec vous. Datant de l'époque où je vivais dans un monde où il n'y avait que deux façons de voir une série : en cachette de mon père pendant que celui-ci était au travail, ou avec lui. Et dans ce dernier cas, c'était lui qui décidait quoi et quand.

Pendant longtemps, mon père n'a regardé que 3 types de programmes à la télé : les informations sur TFHein, Reportages sur TFHein, le Grand Prix de F1 sur TFHein. Il est éventuellement possible que ces programmes aient un vague point commun.

En fait, le weekend, mon père allumait la télé pour le 13H, et ne l'éteignait pas ensuite : le samedi, Reportages, le dimanche, le Grand Prix (sauf évidemment quand les voitures vrombrissaient dés 7h du matin, là il finissait sa matinée devant le 13H). Zut alors, maintenant que j'y pense, mon père a toujours été son propre genre de téléphage, en fait. Sacrée surprise ! Quand on met les éléments bout à bout, on se rend compte que les choses ne sont pas ce qu'elles veulent bien laisser croire qu'elles sont ! Mon père a toujours fait celui qui n'aime pas la télé, mais je m'aperçois qu'il y a passait pas mal de temps en fait.

Mais il n'y avait pas forcément un Grand Prix tous les dimanches, non plus. Et il était communément admis, avant que chacun ne parte s'acquitter de ses corvées, qu'après le 13H, les parents laissaient la télé allumée le temps d'un épisode. C'était un accord tacite : on pouvait regarder la télé avec eux, ou pas, mais il y avait une série et une seule, c'était ce moment-là ou jamais. A l'époque où on nous forçait à regarder le journal télévisé, la question de rester pour la série ne se posait d'ailleurs même pas, et celle-ci était toujours accueillie avec un certain soulagement. Ce n'étaient pas des séries qui me plaisaient vraiment mais enfin, c'était mieux que rien du tout.

Alors pendant des années, Starsky & Hutch, Le Rebelle, Rick Hunter, ou Walker Texas Ranger ont été les seules séries du weekend. Faut de mieux...

StarskyHutch

Quand j'entends le générique de l'une ou l'autre de ces séries, j'ai tout de suite l'odeur du café noir de mon père qui remonte à la surface, le souvenir du café qu'il prenait en grignottant un biscuit sec et sans saveur (parce que dans ma famille, quand on se détend, on ne le fait pas complètement, on entretient une part de frustration systématique), et si quelqu'un me lance le générique de Walker Texas Ranger, mettons, j'ai l'impression que le bruit de la cafetière est intégré dans la piste sonore.
Ensuite, l'épisode fini (toujours de la même façon d'ailleurs), mon père se levait, allait éteindre la télé, et cela sonnait le glas de la détente du jour. Chacun se devait d'aller qui faire la vaisselle, qui balayer les escaliers, qui passer la serpillière, qui sortir ses outils pour bricoler.

Vers 18h00 environ, le temps des corvées était fini, et c'était alors d'une autre façon que se posait la question de la télévision. Heure traditionnellement réservée aux bains des enfants (ma soeur et moi, donc), l'idée était d'essayer de grapiller quelques minutes de télévision pendant que l'autre était dans le bain. Soit on se débrouillait pour passer la première, on faisait au plus vite, et on essayait de se mettre devant la télé pour une heure quasi-pleine avant le dîner, soit au contraire, on commençait par allumer la télé et on trainait le plus possible avant d'aller à la salle de bains. Inutile de dire que quand les deux soeurs avaient choisi chacune une technique, ça provoquait quelques frictions ! Ma mère passait un dernier coup de serpillière, et le dimanche soir sera toujours pour moi lié à l'odeur du produit d'entretien bon marché, vaguement citroné, qui embaume pendant qu'on se colle devant la télé en attendant que papa revienne du garage, du jardin, ou l'endroit de la maison où il avait bricolé tout l'après-midi. Et dés qu'on entendait la porte de la cave ou le bruit de l'échelle qu'on replie, vite, vite ! On éteignait la télé et on était toutes les trois, soit une femme avec son balais trempé et les deux gamines en peignoir bariolé, quasiment au garde à vous, l'air de rien, et on enchaînait sur l'installation du dîner.

Un weekend de télé, c'était toujours synonyme de petites fenêtres de possibilités dont il fallait se saisir au plus vite, de TFHein, et d'odeurs domestiques.

Plus tard, bien plus tard, nous avons bataillé pour avoir une petite télé dans la chambre de ma soeur, et nous avons gagné d'arrache-pied une nouvelle liberté téléphagique. Mais c'est une toute autre histoire...

18 juillet 2009

Les networks doivent-ils arrêter de diffuser des séries dramatiques ?

Mais nan, je ne pose pas la question sérieusement !
C'est juste une façon de parler... quoique ? Nan ! Ou bien ? Ah bah, tout d'un coup, j'hésite.

Et si j'hésite c'est parce que cette semaine, en survolant les nominations aux Emmys (je préfère la cérémonie elle-même à ce qui la précède), quelque chose m'a frappée : l'Emmy de la meilleure série dramatique a 5 chances sur 7 d'être décerné à une série du câble. Et tout-à-fait entre nous, j'ai aussi envie de dire qu'entre Mad Men et Lost, quelque part on ne joue pas vraiment dans la même catégorie. Toutes les deux dramatiques, bon, certes, mais l'excellence penche plus d'un côté de la balance que de l'autre.
Plus troublant encore, c'est quasiment l'opposé qui se produit côté comédies : l'Emmy de la meilleure série comique a 3 chances sur 7 seulement d'être remis à une série du câble.

C'est un peu logique, je trouve : il est plus facile de faire rire plein de monde avec la même blague (surtout quand, comme dans 30 Rock, on n'est pas allés la chercher bien loin), que d'émouvoir ou intriguer tout le monde avec une même intrigue. L'un et l'autre n'ont pas le même pouvoir universel. Donc pour un network dont le principal soucis, surtout en ce moment, est de fédérer du monde sans trop se compliquer la vie, la comédie reste la solution la moins casse-tête.

Du coup, je me suis surprise à rêver, imaginant ce que serait un monde où l'on rirait sur les networks, et pleurerait sur le câble...

Les networks tenteraient d'une part de réanimer le genre moribond du sitcom, en réinvestissant la prise de vue en multi-caméra, d'ailleurs moins chère. On les verrait lancer de plus en plus de dramédies, aussi ; d'abord alignées sur un format de 20 minutes comme Jake in Progress, puis même sur un format de 45 minutes, amené à occuper les cases prime time dédiés à des formats plus longs, un peu dans le genre de Desperate Housewives.
En face, les chaînes du câble, rarement capables de produire des séries comiques réellement efficaces d'ailleurs, opteraient pour la procédure inverse, apportant ainsi le plus grand soin à la niche dans laquelle ils se positionnent, et créant à l'intérieur-même de cette niche une autre niche pour chaque série dramatique. En s'adressant à une part bien précise de leur audience déjà spécialisée, ils seraient certains de mettre dans le mille et de ne pas décevoir leur public outre mesure, et donc de pérenniser leurs shows sur la base d'audiences correctes. Ils n'hésiteraient pas à progressivement emprunter des formats moins traditionnels, habituellement propres aux networks, tels le daytime ou le format de 20 minutes, mais en l'appliquant aux séries dramatiques, comme, disons, on imagine hein... In Treatment.

Hmmmm...
Bah je vais vous dire : on n'en est pas si loin.

Est-ce que pour sauver leur peau, les networks vont complètement abandonner les séries dramatiques ? Vu le niveau général, j'ai envie de leur souffler que oui. Mais bon, les networks sont encore les meilleurs pourvoyeurs de séries policières, et celles-ci ne sont pas (encore ?) passées à un format plus court. Quoique ce serait peut-être à tenter, quand on voit l'épaisseur d'une intrigue dans Les Experts Bangui...
Mais, si je ne nous prédis pas la disparition de la série dramatique des networks, force est quand même de constater que cette répartition des genres a quand même de fortes chances de s'accentuer avec de telles nominations aux Emmys.

Et puis, quand bien même, pourquoi pas ? Qu'aurait à craindre le spectateur d'un tel phénomène ? Si HBO, Showtime et AMC s'occupaient uniquement de séries dramatiques, moi ça me conviendrait tout-à-fait. Autant laisser ça à ceux qui savent.

JonHammTinaFey

29 janvier 2010

Du sang et des larmes

Pour rendre une fiction historique accessible, il vous faut :
- plein de beaux jeunes hommes
- 10kg de muscles à chaque bras
- des costumes bien tape-à-l'œil
- un budget décor d'une somme indécente
- surtout pas trop de tissus
- quelques visages connus au second plan

Après Rome et The Tudors, on n'arrête pas le progrès, voici que Starz lance Spartacus: Blood and Sand. Entre parenthèses voilà une chaîne qu'il faut vraiment surveiller du coin de l'œil, qui semble mettre les bouchées doubles depuis quelques temps, bien qu'avec des effets très variables.
Si vous pensiez que déjà The Tudors usait un peu de facilité pour appâter le chaland, vous n'avez sans doute rien vu. La promesse que fait Spartacus, c'est vraiment les jeux du cirque version télé : un réjouissement populaire le plus primal possible, avec des pectoraux où que le regard se pose, des jeunes gens qui transpirent très beaucoup, et des histoires de coucheries. Pour faire plus sérieux, on aura sans doute quelques références à l'histoire antique, enfin, tant que ça ne gêne pas trop aux entournures, bref, c'est très basique.

Je m'émouvais que certains genres soient moribonds à la télévision. Le péplum semble bomber le torse ces dernières années au contraire (sans doute pour suivre son vague revival au cinéma). Je ne sais pas encore si c'est une bonne nouvelle mais comme pour tout courant prenant de l'ampleur, on va assister aussi bien à la création de bonnes choses (Rome) que de plus triviales (Spartacus), et il faudra faire le tri. Mais si j'ajoute aussi la mini-série Empire, je trouve que le genre a quand même une présence régulière dans les grilles, même si c'est à court terme.

D'une façon plus générale, cela encourage les fictions historiques à sortir des stéréotypes guindés des décennies précédentes, pour s'essayer à plus de modernité dans le ton. Parfois ça donne un résultat un peu trop "tout public" au goût de certains, mais on sent que le genre fait des efforts. Ses auteurs se donnent du mal pour ne pas juste refaire un vieux truc avec des acteurs d'aujourd'hui. En fait, outre-Atlantique, on parvient à faire ce qu'Un Village Français n'a pas réussi à accomplir : revisiter une période dont on a l'impression que l'industrie audiovisuelle a fait le tour cent fois, avec un ton personnel.
Alors évidemment, il y a à prendre et à jeter, mais au moins on a quand même des opportunités, c'est plus que pour bien d'autres genres.

Personnellement, cette façon un peu fanservice d'envisager le péplum, ça ne me dit rien sur le papier. Évidemment, il faudra voir ce que ça donne. Mais une fois de plus, l'originalité vient du câble, alors que pourtant on ne peut pas dire que les moyens y soient pharaoniques. Enfin, romains, pour le coup. Et pourtant, tout ça a forcément un coût supérieur à la plupart des fictions lambda pouvant être tournées à peu près n'importe où et dans n'importe quelles fringues, pour commencer. Et puis, ne serait-ce qu'en huiles de massage pour faire saillir les muscles, ça doit coûter bonbon. Mais le câble ne s'en laisse pas compter, et nous propose du choix. Sur les networks, c'est steak frites ou salade. Sur le câble, le menu est complet (et le steak est  garanti pur muscle, donc).

Alors, j'ai vraiment essayé. Je voulais vraiment donner sa chance à Spartacus: Blood and Sand, je le jure. Hélas cent fois hélas, le post que vous êtes en train de lire ne concernera que les 12 premières minutes du pilote, conformément à l'adage téléphagique qui dit que la curiosité s'arrête là où commence le masochisme.
Spartacus: Blood and Sand m'a agacée. Pire, il m'a déçue, puisque j'avais essayé d'en attendre un petit quelque chose. Comme quoi, il faut toujours croire en son instinct.

Des 12 premières minutes de Spartacus, voilà donc la review...

Spartacucul

Tout commence par un combat dans une arène, auquel celui qui sera le héros de notre aventure assiste depuis les souterrains de l'arène. On sait que c'est le héros parce qu'il a l'air tout chafouin et tristoune. Il n'a donc de ce spectacle que la version audio, et sincèrement, il ne perd pas au change. Le combat qui fait rage est en effet un festival d'effets de ralenti, d'éclaboussures ajoutées numériquement, et de décors qui, de façon ostensible, n'existent pas.
Ah, quelqu'un a un nouvel ordinateur avec lequel jouer !

Dans ses catacombes, notre bonhomme nous fait une scène d'angoisse : il vient de réaliser qu'il joue dans un navet. On le comprend. On compatit.
Et ça va empirer très vite.

Flashback : notre pauvre ange de robuste douceur aux yeux bleus (syndrome The Listener, quasiment) se souvient des jours heureux, au pays, du temps béni où il déclarait la guerre aux barbares plus moches et plus sales que lui (c'est dire). A l'époque il pouvait se taper sa femme quand il le voulait, ah c'était le bon temps, surtout qu'elle était un peu la femme idéale : toujours partante pour le sexe, dotée d'un certain sens de l'initiative... mais pas trop de caractère non plus. Et une cuisse ferme comme tout - mais on y reviendra.

Notre barbare s'apprête donc à aller guerroyer, et je crois que le summum du cliché a été atteint lorsque, après qu'une nuit de folle passion ait été consommée en guise de torrides adieux (j'ai tiré cette phrase d'un Harlequin), il va trouver son épouse au petit matin sur une colline voisine, parce qu'elle est anxieuse à propos de la guerre.
Vu que d'une part, on a déjà vu le petit barbare aux yeux tendres dans l'arène (saloperie de flashback, serais-tu devenu l'ennemi juré de tous les pilotes qui se respectent ?!), et que d'autre part, on sait pertinemment que sinon il n'y a pas d'histoire, il semble assez évident que notre chevelu héros ne va pas rentrer au bercail de si tôt. Son destin est scellé lorsqu'il noue un ruban crasseux autour de la cuisse impeccablement photoshoppée de sa mie afin qu'elle garde toujours sur elle l'odeur de son rustre de mari (ô joie, rappelons qu'on est en 400 avant l'invention du savon).

Mais si cette scène est aussi atroce, ce n'est pas seulement en raison de sa mièvrerie over the top, mais aussi à cause du décor lui-même. Tourné sur fond vert (ou bleu, on s'en fout), il est la preuve insolent que, non, tout le monde ne peut pas accomplir des miracles avec un petit budget. Écoutez, c'est bien simple : le décor flotte. Je ne sais pas pour vous mais j'en avais le mal de mer. C'est extrêmement contrariant parce qu'au bout de quelques secondes de nausée, on ne voit plus que ça. Un problème qui, bien que récurrent dans les quelques minutes que j'ai regardées, est des plus criants dans cette scène.

Mes phalanges enfoncées dans la souris, j'ai réprimé l'envie de tout arrêter à ce moment.
Rétrospectivement, j'aurais sans doute mieux fait.

Arrive donc une scène de baston, diantre, c'est déjà la deuxième en moins de 10 minutes, avec plein de slow motion qui gicle de partout, un vrai carnage ! A la suite de quoi on se retrouve, tenez-vous bien, avec une troisième scène de baston, largement moins épique je vous l'accorde, où notre barbare aux yeux bleus défend l'honneur de sa femme (comme il a été mentionné plus tôt par ses soins que les femmes de son village se faisaient régulièrement violer, il ne doit pas en rester grand'chose, mais bon).

Et c'est là que la conclusion s'est imposée à moi. Spartacus: Blood and Sand a été écrite pendant la grève des scénaristes ; par des geeks, d'après ce que je me suis laissé dire.
J'ai donc arrêté les frais, stoppé le pilote, et fait quelque chose qui ne s'était pas produit depuis Tokyo DOGS : j'ai décidé de laisser tomber définitivement. Et puis j'ai lancé un épisode de Rescue Me, et tout de suite, ça allait mieux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (bof, culture, culture...) : la fiche Spartacus: Blood and Sand de SeriesLive.

16 janvier 2009

[GAME] Allô maman, ici acteur

Eh bien eh bien eh bien... on veut me donner du fil à retordre en vous y mettant à trois pour remporter mes fameux cookies à la myrtille. Encore raté, j'ai une solution simplissime dans ce genre de cas !

Cookie_NakaEskeScarlatiine

Félicitations, donc, à nos trois gagnants... c'était laborieux mais il fallait quand même du mérite pour trouver les noms de trois acteurs dont l'heure de gloire est probablement devant eux.

D'ailleurs ça m'a bien amusée, ce petit exercice. Que pensez-vous de se trouver un autre thème tordu, pour pimenter un peu le jeu ?

Le thème du jour est donc : mais qui sont ces acteurs ? Et pour quelles séries sont-ils connus ?

Pour la série, vous pouvez aussi bien suggérer une série dans laquelle ils avaient la bouille ci-dessous, ou une série dans laquelle on les a connus adultes, puisque tous les trois ont été acteurs dans leur enfance ET à l'âge adulte. C'est dire si vous avez du choix. Et puis, franchement, ils ne sont pas si difficiles, cette fois...

Round6_1 Round6_2 Round6_3
Raven-Symoné
(The Cosby Show /
Phénomène Raven)
Jason Bateman
(Family Ties /
Arrested Developpement)
Alyssa Milano
(Madame est Servie /
Charmed)

Et pendant que vous potassez ça, moi, je file voir la suite de Jekyll ! Bon courage à tous !

20 janvier 2010

La première camisole de l'année, ça se fête !

Aussi difficile que ce soit à croire, et je sais combien vous allez tomber des nues... la rubrique Tell Me You Google Me n'avait pas vu la lumière depuis janvier 2009. Et personne ne me dit rien ? Mais si on ne peut même plus compter sur son lectorat pour se faire tirer les oreilles, on ne peut plus compter sur rien !!!
M'bref.
Voilà donc le palmarès depuis le début de l'année...

- Dorama Powa !
Eh bah je vais vous dire, ça fait plaisir. Enfin en tous cas l'intention y est, et c'est déjà pas mal. Parmi les requêtes, on note (et j'irai jusqu'à dire que c'est proportionnel avec l'augmentation de posts dans ce sens ces derniers mois) pas mal de demandes portant sur des séries japonaises. Sauf que ça ne pouvait évidemment pas se faire sans casse...
city hall drama (ça commence à dater, mais soit)
futatsu no spica (c'est marrant, c'est avec cette série pourtant moyenne que tout a recommencé pour moi cet été)
Akakabu Kenji Kyoto-hen drama (je vois qu'il y en a qui sont renseignés)
-Ichi rittoru no namida (le signe moins a probablement un sens qui m'échappe)
real clothes drama spoiler (c'est pas pour l'épaisseur de l'intrigue que vous risquez grand'chose)
Majisuka Gakuen (les fans des AKB48 sortent du bois)
serie like Shimokita glory days (ah pardon, en fait je voulais le mettre dans le paragraphe suivant)

- The internet is for porn
...Enfin, c'est en tous cas ce que bien des internautes semblent croire. Les hormones démangent en toutes saisons, et la meilleure preuve en est le défilé de recherches suivantes :
sm femme offerte au chien (voilà, merci, maintenant il ne me reste plus qu'à me pendre)
teens voyeurs (on est à la limite de la légalité, là)
extrai de scene de nue integrale au cinema (c'est ça oui, faisons mine de croire que c'est pour se documenter sur le cinéma)
cougars suceuses (je me méfierais quand même des dents à votre place, les félins on ne peut jamais prédire ce qu'ils vont faire...)
déesse fait un strip-tease (désolée, le vigile à l'entrée du Mont Olympe trouve que vous n'avez pas suivi le dress code : toge et pouvoirs mythologiques de rigueur)
stop célibat (un nouveau panneau routier ?)
miley cirus nus. (déjà qu'il ne reste pas grand'chose à l'imagination...)

- Ils sont parmi nous, ils sont téléphages, et ils ont un plan
Là, enfin, ça fait sens. On parle séries. Je me sens plus en confiance. D'accord, ce ne sont pas forcément les séries pour lesquelles on trouve beaucoup de posts (mais plutôt quelques tags, glissés comme ça, dans la conversation), mais enfin, bon, quand même, il y a un net progrès.
quels series de vampire regarder ? (sans déc', c'est à moi que vous l'demandez ?)
M6 diffuse rome (il n'est pas interdit de rêver)
lincoln heights sitcom (moi aussi j'ai mis beaucoup de temps à comprendre ce qu'était un sitcom, l'héritage AB Prod sans doute)
regarder vampire diaries (non, non)
maison superbe galactica caprica (ah oui, je vois tout-à-fait de laquelle vous parlez, et si vous connaissez un agent immobilier...)
est-ce que albert ingalls est mort de sa leucémie (le doute subsiste, à vous d'en décider selon votre degré de sadisme)
la serie ou un homme peut faire revenir les morts (hélas, l'homme ne peut pas faire revenir la série d'entre les morts)
qui a composé le générique de the mentalist (oh, de l'humour, j'aime !!!)

- On ne sait toujours pas si on habite dans la même dimension...
Nan, mais vraiment. L'idée même de faire ce genre de requêtes apparait comme tirée d'une série de science-fiction, pour moi. Quels sont les êtres qui ont ce genre de préoccupations, et qui cherchent sur Google la réponse à leurs questions les plus tordues ? Pire encore, pourquoi les moteurs de recherche les dirigent-ils sur moi, ces aliens ?!
surcils ideal homme (ce n'est pas l'épaisseur des sourcils qui compte etc...)
Je veux parler icarly (parler français serait pas mal pour commencer)
you gougle (infirmièèèèèèère !!!)
filme beite maloone (on lui dira, on lui dira)
je vous avouerai (le suspense de cette requête est in-sou-te-na-bleuh)
un homme dit je vais finir par tomber amoureux (j'aime bien la façon que cette formulation a de sonner comme une menace)
jeu virtuelle de deviner a lequel je pense (double challenge parce qu'il faut aussi comprendre l'intitulé)

Eh beh punaise, quand on voit ce qu'on voit, et qu'on lit ce qu'on lit, on se dit qu'on aurait pu être mentalement bien plus atteint.

Allez, pour la route, le Top Cagoule de la première quinzaine de janvier, avec les requêtes portant sur le téléch-... ahem, l'achat légal de DVD. Mais si.
- La Famille Green
- Hero Corp
- Wolf Lake
- The War Next Door
La plupart font quand même plaisir, je trouve. Et pour The War Next Door, sachez que je suis totalement d'accord, l'absence de... DVD pour cette série relève du crime contre l'humanité.

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