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ladytelephagy
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11 décembre 2012

A fleur de peau

Contrairement à ce que semblent penser les Américains, les séries israéliennes ne valent pas que pour leur ambiance de thriller. On compte aussi de solides dramas et dramédies, avec un talent rare pour capturer des émotions vraies.
Par le passé, sur ce blog, quelques unes de ces séries ont été évoquées, parmi lesquelles Srugim, par exemple (un petit bijou que je vous recommande une nouvelle fois, en passant), ou d'autre beaux morceaux de bravoure comme Kathmandu, ou Nevelot. J'ai aussi eu l'occasion de jeter un oeil à un bout de pilote de Shvita (les plaisirs du streaming m'empêchant d'en voir le bout), et vraiment, on passe à côté d'une somme de séries incroyables de par le manque actuel de sous-titres (heureusement, vous pouvez consulter les posts évoquant ces séries en allant faire un tour parmi les tags). Un jour, peut-être...
...Peut-être pas si lointain pour certaines de ces séries, d'ailleurs.

Mais pour aujourd'hui, il faudra se contenter de VOSTM, mes amis. Pour autant, je crois la série du jour capable de parler de choses suffisamment universelles pour que la barrière de la langue ne pose problème que dans une infime minorité de scènes de son pilote, et je compte bien sur vous pour ne pas vous laisser rebuter pour si peu.
Oforia, puisque c'est son nom, a démarré le 30 novembre dernier sur la chaîne câblée HOT3, et il s'agit d'une série sur l'adolescence, mais dont on n'est pas bien sûr en la voyant qu'elle s'adresse tout-à-fait aux adolescents...

Oforia-Logo

Oh, il ne fait nul doute, lorsqu'on aborde Oforia, que son créateur Ron Leshem (journaliste et écrivain de son état) a vu Skins. C'est une évidence tant Skins a transformé la façon dont on aborde les séries sur les adolescents à la télévision, tentant de dépeindre de leur intimité comme leurs excès, si ce n'est même d'employer les seconds pour approcher la première. Et c'est aussi une évidence sur la forme, même si on doit plutôt celle-ci à la réalistrice Dafna Levin.
Mais comme beaucoup de grandes séries inspirées, Oforia nait des vagabondages de l'esprit de son créateur, à partir de ce que Skins a éveillé en lui ; il n'est pas question de simplement adapter officieusement ses méthodes ou son esprit : les problématiques abordées par Oforia dépassent la simple chronique. Oforia veut aller plus loin. Comme ses personnages, d'ailleurs.
Il faudra juste me pardonner si je n'ai pas retenu leurs noms, parce que, euh, en VOSTM et avec uniquement des sources en hébreu, j'atteins mes limites, je le confesse.

Ils ont une moyenne d'âge de 17 ans. Ils ne sont pas tous amis, loin de là. Certains ne se connaissent pas.
Ce qui les caractérise tous ? Le détachement. Les personnages d'Oforia vivent dans l'un de ces curieux mondes dans lesquels les adultes n'existent pas, au point qu'on serait en droit de se demander s'il n'y a pas un scénario à la Jeremiah là-dessous. Ce n'est pas un défaut, cependant ; l'absence absolument totale d'adultes ne se vit pas comme un travers de la série, mais simplement comme une partie de son propos. Livrés à eux-mêmes, les protagonistes n'ont donc rien qui les retient de plonger dans les excès.
Et c'est justement cet extrême détachement et la facilité des excès qui fait de ces personnages ce qu'ils sont.

Deux d'entre eux vivent ensemble ; l'un est un ancien enfant obèse devenu beau gosse avec l'âge, qui a décroché un rôle dans une telenovela adolescente et en tire un immense orgueil. Malheureusement pour lui, son orgueil est aussi profondément atteint par son manque de maturité sexuelle (il se soupçonne à vrai dire d'être impuissant, alors que ce n'est pas le désir qui manque) ; il vit avec son frère aîné de quelques années, un véritable jouisseur qui accumule les coups d'un soir et se préoccupe de l'éducation de son frangin comme des chemises qu'il ne prend pas le temps d'enfiler entre deux conquêtes.
Avec eux vit également l'un de leurs amis ; lui aussi a 17 ans, il est maigrichon et a un physique légèrement ingrat, mais il est aussi le petit chimiste de la bande, et prépare de nombreuses drogues dans un laboratoire qu'il a entièrement constitué dans la cuisine de la maison, en s'inspirant de videos trouvées sur internet ; une scène épique le mettra face à un gamin qui ne doit pas avoir plus de 12 ans, qui lui sert de revendeur, et auquel il dévoile sa panoplie : poppers, amphétamines, héroïne... les tiroirs débordent de substances non seulement prohibées, mais surtout, rarement propres à garder les pieds sur terre. Sauf que lui, la drogue, il la fabrique à la maison, mais il n'en consomme pas ; au contraire, il est plutôt raisonnable comme garçon, il ne boit même pas de bière et baisse les yeux lorsqu'il voit une fille impudique.
Il y a aussi cette fille. Elle est grosse, n'ayons pas peur des mots. Elle le sait. Tout le monde le sait. Elle va sur Chatroulette et personne ne prend même le temps de lui dire bonjour. Alors avoir une vie sexuelle, vous pensez. Sauf qu'elle a craqué sur un type, un inconnu (on va comprendre que c'est le fameux jouisseur), et qu'elle s'est mis en tête de coucher avec ce beau gosse ; sauf que voilà, elle n'a aucune expérience, et il le sait. Fort heureusement, elle a un meilleur ami gay qui vient d'emménager avec un couple de mecs trentenaires, et se tourne vers lui en dernier recours...
L'autre fille de la série est jolie, il n'y a aucun doute. Mais elle plane totalement. Son regard ne se fixe plus sur grand'chose, ou quand il le fait, c'est de façon blasée. Elle passe ses journées dans la petite piscine hors-sol sur le toit de son immeuble, aborbée dans la contemplation du ciel. Les garçons la rencontrent alors qu'ils viennent lui vendre de la drogue toute chaude sortie du four. Et pendant qu'ils trempent de longues heures dans la piscine, ils découvrent progressivement les marques à son poignet. Et elle s'en fiche, vraiment. Elle les aime, ces lignes sur son bras gauche, dans le fond ; ils racontent son histoire.
Et puis il y a ces deux garçons. Deux frères, sûrement. Ils sont partis pour l'Amérique du Sud. Ils cherchent quelqu'un. Une femme. Ils connaissent quelques mots d'Espagnol, mais clairement ils sont perdus. On n'est pas sûrs qu'ils puissent trouver.

A vrai dire, qu'ils n'aient pas de nom à ce stade pour moi est presque mieux que si j'étais capable de les nommer parfaitement. Ils sont ces personnages, et ils ne sont personne en particulier. Ils sont tout le monde.
En effet, pour la première fois depuis longtemps, et alors que je n'ai mais alors, aucun point commun avec ses personnages, j'ai regardé Oforia en ayant des bouffées de souvenirs remontant brutalement. Des bruissements, de vagues impressions, sont revenues par vagues, et pour moi dont les souvenirs sont essentiellement photographiques, retrouver l'espace d'une seconde une sensation, un sentiment, un état d'esprit, était à mon sens la preuve d'une vraie réussite de la part de l'épisode.

Oforia-Cast

Mais je vous l'ai dit, Oforia n'est pas qu'une simple chronique à la manière de Skins (d'ailleurs, les souvenirs que j'ai gardés du pilote de Skins sont ceux d'un épisode qui s'offrait aussi des moments de beauté et de poésie, et bien malin ou pervers celui qui en dénichera dans le premier épisode d'Oforia).
Oforia est l'histoire d'une pendule arrêtée. Pour ces quelques adolescents, on le comprend par une rapide scène à la fin du pilote, quelque chose s'est passé. Et ce quelque chose les a poussés dans une fuite. Dans Oforia, tout le monde cherche à s'échapper : de sa virginité, de son mal-être, mais surtout de soi-même. La série ne veut pas juste raconter les troubles d'adolescents parmi tant d'autres, elle veut expliquer pourquoi cela sont cassés, par quelque chose qu'ils tentent par tous les moyens d'occulter. Et si ce n'était pour cette scène... ils y parviendraient presque.

Le sentiment diffus et perturbant que tout cela distille n'est pas de l'ordre du thriller, pas du tout. Mais offre quelque chose d'infiniment plus feuilletonnant que le simple déroulé de la vie de ces personnages que quelque chose a figé et pourtant projetés ailleurs. Il s'agit d'explorer les manifestations de cette échappée, de comprendre les divers symptômes, sans vraiment saisir la cause. Quel est le mal qui ronge ces héros ? Pourquoi cette séquence de quelques secondes suffit-elle à rendre l'ensemble si étouffant ?

Pour le savoir (et, je l'admets, mise sur le trailer des épisodes suivants, diffusé à la fin du pilote), une fois n'est pas coutume quand je rédige un post sur le pilote, j'ai regardé le deuxième épisode, diffusée vendredi dernier. Il y a encore l'une de ces scènes, fugace, elle aussi. Mais juste un peu moins. Et suffisamment pour nous faire comprendre qu'Oforia ne prétend pas faire le portrait de jeunes, mais de ces jeunes.
Oforia, en dépit de sa capacité à parler de quelque chose dans lequel, je pense, on parviendra tous à reconnaître au moins un petit quelque chose, n'est pas une voix d'une génération ; c'est un drama intense qui a décidé de prendre les choses à rebours. De ne pas nous dire : "attention, là il y a eu un évènement terrible, et on va essayer de comprendre son incidence sur les personnages" mais qui au contraire nous donne à observer le fil de la vie de ces protagonistes, et de nous laisser l'occasion de deviner qu'il y a eu cassure. On en saura plus, les trailers de fin d'épisodes sont formels, sur ce qui s'est passé.
Quelques recherches sous Google permettent même d'en savoir un peu plus grâce à une bande-annonce sous-titrée en anglais, mais l'oeuvre d'Oforia n'est pas d'en faire le centre de son intrigue. C'est à un point tel qu'on dirait qu'elle refuse de se transformer en thriller, quand bien même elle en aurait tous les ingrédients.

Le plus fort, c'est qu'Oforia parvient à montrer toutes sortes de comportements ayant largement dépassé le stade de "borderline", sans jamais les juger. Du chimiste introverti à la petite grosse qui se rêve en fille facile, de l'accidentée de la vie au bogoss du quartier, la série nous apprend à les embrasser. On sait qu'ils sont cassés, irréparables sans doute, comme de jolis jouets neufs qu'on a maltraités dés le matin de Noël ; on les aime quand même. On souhaiterait juste comprendre (et pas simplement découvrir) pourquoi.

L'émotion permanente, mais pas exagérée, d'Oforia, son ton à la fois quasi-documentaire et profondément élégant, son choix trivial de montrer ses personnages dans toute leur nudité et leurs besoins naturels, et pourtant de les sublimer, sa façon de panacher les thèmes difficiles en parvenant à ne pas verser dans un pathos inutile, ses personnages pléthoriques et l'ombre qui planne, angoissante et pourtant diffuse, sur le background commun de ces héros, font d'elle un véritable coup de poing.

En fait, ça fait deux-trois heures que je tourne autour du pot, et que je me dis que, puisque j'ai réussi à trouver une bonne source pour dégoter les épisodes (pour cela, je vais vous donner l'astuce, il suffit d'un combo SuperDown + Download Helper, et je suis une téléphage comblée), je suis à ça de suivre une série israélienne sans sous-titres pendant l'intégralité de sa diffusion. Ce qui dans mon cas serait une première. Je ne suis pas obligée de prendre une décision ce soir, évidemment, je suis sans doute encore trop sonnée par la claque, mais... wow ! Oforia. Voilà une série qui n'a pas volé son nom.

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13 novembre 2012

Du lard et du cochon

Hana no Zubora Meshi faisait partie des séries que je surveillais si peu en cette saison, que je n'avais même pas percuté qu'elle démarrait le mois dernier ! Mais bon, euh, ça y est, je suis rentrée dans le rang, j'ai fait mes petites lectures et tout, je suis parée.
A la lecture du pitch, j'ai en fait eu le temps de me demander si c'était du lard ou du cochon. Jugez plutôt : Hana no Zubora Meshi raconte les tribulations d'une femme au foyer brouillonne (limite souillonne) qui ne fait pas le ménage ! Et quand son mari rentre à la maison, eh bien, c'est la pagaille.
Euh, alors, comment vous dire ? Déjà que je me soupçonne de devenir féministe ces derniers mois, mais là je vois pas comment ça va s'arranger ! Ohé, le Japon ? Les années 50 ont appelé, elles veulent qu'on leur rende leur sujet de série.

Les choses sont légèrement plus compliquées que cela, pourtant. Comme souvent.
Le pilote de Hana no Zubora Meshi commence avec une petite séquence animée reprennant le point de départ du fameux conte sur Momotarou. La légende veut en effet qu'une vieille femme lavant son linge aperçoive une énorme pêche flotter ; en l'attrapant, elle découvre qu'un petit garçon est à l'intérieur, et, avec son vieil homme de mari, elle l'appelle Momotarou. Mais ce petit garçon est un peu paresseux, et en grandissant, il développe un don sans pareil pour des actions radicales afin de s'éviter tout effort, aussi un seigneur, histoire de lui apprendre à se bouger le derrière, l'envoie affronter des démons. En chemin, il rencontre des animaux qui deviendront ses amis, il vainc les démons, et hop, une légende est née.
Mais dans notre version, la vieille femme n'a pas fait sa lessive depuis très longtemps, car c'est une flemmarde. Elle finit cependant par aller à la rivière, et quand elle voit la pêche flotter, elle n'a pas envie de tendre la main pour l'attraper. En dépit des cris surexcités de son mari qui lui explique que si elle n'attrape pas le fruit géant, l'histoire ne peut continuer, eh bien, la pêche continue de s'éloigner, et point de Momotarou.
Que voilà une idée sympathique pour parler de la flemmardise, qui est le thème central de Hana no Zubora Meshi ! Et qui reprend avec ironie un conte lui aussi supposé parler de flemmardise, d'ailleurs. Bien joué pour cette scène d'ouverture originale, donc. Mais je n'étais toujours pas convaincue.

Plus classique, la scène suivante nous présente notre héroïne, Hana, notre fameuse femme au foyer qui ne glande rien, alors qu'elle est au téléphone avec son mari, qui travaille au loin et la laisse donc longtemps toute seule à la maison. Ce qui explique l'état de l'appartement ! C'est là que la série tombe exactement dans le travers prévu, et tente de nous intéresser aux tribulations de la pauvre épouse qui fait rien que de ne rien faire, et qui vit comme un cochon dans sa porcherie. Ce furent quelques affligeantes minutes de télévision, je ne vous le cache pas. Je sais que la société nippone (j'ai dit nippone ? je voulais dire asiatique en général) est assez sexiste, mais là, wow ! Vraiment ça mériterait presque des applaudissements si je n'avais pas déjà les majeurs occupés. Et pourtant, tout en se vautrant dans son exposition insupportable sur le fond, Hana no Zubora Meshi se montre plutôt taquine sur la forme, avec quelques minis idées de réalisation intéressantes et, plus généralement, un sens du montage assez dynamique et frais.
C'est que, aha ! Hana no Zubora Meshi n'a pas encore dit son dernier mot, bien décidée à lutter avec toutes les armes qui sont à sa disposition pour me convaincre. Et vous savez quoi ? C'est une qualité que j'admire dans un pilote.

HananoZuboraMeshi

Car une fois l'exposition achevée, l'épisode repart dans une série de petits délires franchement sympathiques. Par exemple, Hana est une souillon, mais voudrait réussir à faire quand même un peu de ménage chez elle ? Eh bien la série se transforme en évènement sportif, dans lequel un présentateur et un expert observent sa prestation et donnent des éclaircissements techniques sur la façon dont se passe le combat Hana VS crasse. Et c'est proprement (hm...) hilarant, en plus d'être assez bien vu ! Le ton rappelle l'absurdité placide des séries Yuusha Yoshihiko, et la façon dont cette séquence est commentée est d'un humour indubitable.

Mais on n'a finalement pas encore atteint le coeur de notre sujet. Car Hana no Zubora Meshi est l'adaptation d'un manga (or moi, les manga...), et que ce manga est du même auteur que, tenez-vous bien... la série culinaire Kodoku no Gourmet ! En fait j'ai même cru comprendre que les héros des deux manga étaient en réalité mariés.
C'est donc le dernier tiers du pilote qui va parler de bouffe. Ce qui signifie qu'à partir de là, forcément, on ne va pas se raconter des histoires, j'étais fichue, hein ; on se rappellera que j'idolâtre méchamment Shinya Shokudou entre autres parce qu'il y est question de nourriture, par exemple, c'est à peine mieux pour Pasta, et ça a quand même bien joué pour Oishii Gohan.

Tout le concept de Hana no Zubora Meshi est en fait d'expliquer pourquoi cette femme au foyer qui a tout le temps du monde pour cuisiner de savoureux petits plats compliqués se retrouve en réalité, par accès de flemmardise, à bricoler des trucs vite fait dans sa cuisine. Vite fait, mais bien fait.
Dans le présent épisode, comme Hana n'a évidemment pas été faire les courses, et qu'on est dimanche (mais à ce stade, il y a de fortes suspicions pour que ce soit la même chose le reste de la semaine), elle tente donc de se bricoler un repas avec les fonds de placard. Et ça donne... ça.

HananoZuboraMeshi-1 HananoZuboraMeshi-2

Fracture simultanée de l'oeil et de la mâchoire. Brutal.

Pendant que la miss s'empiffrait de l'équivalent de son poids en toasts garnis (en s'en foutant partout comme une petite truie qu'elle est, ça doit être un sous-genre de food porn je pense, d'ailleurs), il m'a fallu voir les choses en face : cette vacherie de série a peut-être un pitch méchamment sexiste (ça on ne me l'ôtera pas de l'idée), mais en attendant, elle sait mettre l'eau à la bouche.

Pourtant sa formule est, à ce stade, diablement originale : il n'y a, en gros, pas d'histoire ! L'action du pilote se déroule intégralement à l'intérieur de l'appartement en désordre de Hana (avec quelques séquences originales et/fantasmées, comme on le disait, pour aérer un peu l'action), il y a un seul personnage (les rares autres visages de passage étant eux aussi imaginaires), et le but du jeu, c'est juste de voir l'héroïne cuisiner un truc étrange et hautement calorique (dans la version manga, Hana est d'ailleurs beaucoup plus potelée), puis de la regarder se baffrer pendant que mentalement on liste ce qui reste dans NOTRE placard.
Et c'est pile au moment où vous remarquez qu'il reste encore quelques minutes d'épisode que le pire est à venir, avec un segment totalement hors-histoire (...dans une série qui n'en a pas, donc) dans lequel l'acteur qui interprétait l'expert dans la fausse séquence sportive mentionnée ci-dessus commence à donner les détails d'une recette de cuisine pour nous aussi faire des toasts couverts de vice et de fromage. Je ne serais pas surprise d'apprendre qu'il y a un partenariat avec Weight Watchers là-dessous.

Totalement inutile d'un point de vue dramatique, Hana no Zubora Meshi se révèle au final être une comédie rafraîchissante, avec de bonnes idées de réalisation n'ayant en réalité qu'un seul but, totalement assumé : vous donner faim, et vous pousser à cuisiner un truc calorique au possible au beau milieu de la nuit, puisque la série est diffusée à 00h55 en plein milieu de la semaine. Du vice, je vous dis !

Loin d'être à même d'entrer dans la légende comme d'autres séries culinaires capables d'exploiter leur ambitions gastronomiques à des fins dramatiques et poétiques (Shinya Shokudou en étant un sublime exemple), la série donne, à tous les niveaux, dans le guilty pleasure. Mais à la limite, pourquoi pas, à partir du moment où on sait qu'on va crever la dalle au bout de 10 minutes d'épisode. Mon conseil : faites vos courses avant de regarder, et faites-vous péter la panse de mauvaise bouffe et de mauvaise téléphagie. Personne ne vous jugera.
Sauf si un présentateur sportif et un expert observent secrètement ce qui se passe dans votre salon.

23 octobre 2012

Le rire est ailleurs

A chacun ses méthodes. Lorsqu'il s'agit de vous parler d'un pilote, j'aime le faire aussi rapidement que possible après visionnage, et à la condition de n'avoir pas encore vu les épisodes suivants. Généralement, ça veut dire que si je n'ai pas pris le temps de vous parler d'un pilote que j'ai déjà vu, je n'ai donc pas vu la suite. C'est le cas par exemple pour Puberty Blues, que je tente de reviewer depuis quelques semaines maintenant, et dont je n'ai pas encore vu le deuxième épisode pour cette raison. Ma logique derrière cette règle personnelle (libre à chacun d'en penser qu'elle est absurde, évidemment) est que cela me permet de vous parler du pilote et juste lui, de ce que la série promet, de ce que la première impression produit. Je me réserve ensuite la possibilité d'écrire sur les épisodes suivants et/ou un bilan de saison, selon l'humeur et les choses à en dire, mais ce rituel des pilotes "nus" me semble précieux, à plus forte raison parce que je parle d'énormément de pilotes variés, souvent pour vous les faire découvrir s'ils sont exotiques, et que je ne pense pas que je parlerais correctement de la découverte potentielle que représentent certains épisodes si j'avais déjà en tête les développements qui suivent.
Le problème est que toute règle a ses exceptions. Dans le cas de The Neighbors, je partais sur la série avec un point de vue négatif, le pilote m'a laissée circonspecte, et j'ai fini par suivre les épisodes suivants sans avoir parlé du pilote dans ces colonnes, pour essayer de clarifier ma position à son sujet. Ce qui serait tout-à-fait acceptable, après tout (un cas de conscience similaire m'avait été posé par Girls, à un degré différent), s'il n'y avait pas le défi avec whisperintherain, consistant à reviewer chaque pilote. Même ceux pour lesquels on ne sait pas trop ce qu'on va dire.
Aujourd'hui est donc une exception : je vais vous parler d'un pilote que j'ai non seulement vu dés sa diffusion, il y a bien des lunes, mais pour lequel j'ai déjà suivi plusieurs épisodes. Mais, on l'a dit, j'aime bien réussir mes défis...

TheNeighbors

Le concept de The Neighbors augurait du pire comme du pire : des créatures étranges, qu'on confronte à notre bon mode de vie américain, et qui sont supposées nous faire rire avec un choc civilisationnel à peu de frais... Des idées comme ça, on en avait déjà vu quelques unes, et ça avait donné des horreurs du genre de Cavemen. C'est précisément avec cette idée bien arrêtée que j'avais lancé le pilote de The Neighbors, convaincue que le concept était mauvais jusqu'à la racine et qu'il ne pouvait rien en sortir de bon. A cela encore fallait-il ajouter le handicap Jami Gertz (si vous n'avez jamais vu Une Famille Presque Parfaite, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'horreur), et, osons le dire parce qu'on y est tous quand même un peu réceptifs, aucun autre nom, derrière ou devant la camera, qui ne donne vraiment confiance.
Au temps pour mes espoirs de neutralité, envoyée ici au tapis.

Dans le fond, je crois que je m'étais convaincue à un moment, et allez savoir comment puisque je ne regarde aucun trailer, que The Neighbors serait une sorte de comédie grossière, maladroitement filmée en single camera mais reposant sur les réflexes des pires sitcoms en multi-camera, reprenant les clichés sur la vie d'une famille de banlieue, comme une façon nouvelle de filmer, je sais pas moi, disons According to Jim (si vous n'avez jamais vu According to Jim, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'abomination).
Les premières images m'ont en réalité à peine détrompée. L'arrivée de ces étranges voisins sur Terre semblait caricaturale, et les blagues n'étaient pas très fines. L'arrivée de la famille humaine dans leur petit quartier résidentiel (sur un court de golf) ne répondait pas tellement plus à mes interrogations.

Pourtant, quelques choix ont commencé à me mettre dans de meilleures dispositions, progressivement. Le fait, d'abord, que l'identité secrète des voisins de l'étrange ne soit pas connue que des spectateurs, mais au contraire, rapidement dévoilée aux protagonistes humains. Voilà qui aurait, sans nul doute, été à l'origine de nombreux scénarios pénibles sur la nature réelle qui manque in extremis d'être découverte une semaine sur deux, ou, au contraire, les démonstrations d'ingéniosité des extraterrestres pour ruser et berner leurs voisins trop bêtes pour voir ce qui est sous leurs yeux. L'épisode inaugural tentera quelques plaisanteries sur le mode "ils doivent être Européens", mais la résolution rapide du mystère des origines du quartier coupera court à ces blagues éculées, par exemple.
Avantage corollaire, les humains ne sont donc, dans The Neighbors, pas des imbéciles : certes, la situation les effraie initialement, et à juste titre, leur faisant perdre temporairement leurs moyens, mais ils ne font pas complètement honte à leur espèce et font montre de facultés d'adaptations louables.

Les excentricités de ces voisins venus d'ailleurs sont parfois peu originales, je le maintiens, mais ce n'est pas lourd non plus et c'est ce qui présente des avantages certains.
Ainsi, ce qui va devenir un effet récurrent est souvent efficace : la communauté d'extraterrestres habitant l'enclave a tendance à être très soudée, et à se regrouper pour toutes sortes d'activités des plus anodines, comme dans ce pilote, venir souhaiter la bienvenue aux nouveaux-arrivants. Certains passages du pilote de The Neighbors ont presque des airs de Suburgatory (si vous n'avez pas vu Suburgatory, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de la déception), dans la façon de mettre en place un univers à la fois résolument familier et un décalage loufoque tentant de passer pour une norme locale.

Finalement, l'épisode s'oriente vers une comédie mettant en scène deux couples, deux façons de fonctionner, qui vont sympathiser malgré tout, et que l'un de ces couples manque de sacrifier son dernier-né afin de pouvoir contacter la planète-mère n'est finalement qu'un à-côté. Rapidement, les hommes plaisantent entre eux, les femmes entre elles, dépassant leurs différences, se confrontant au regard de l'autre ; ça ne donne pas nécessairement des histoires foudroyantes, mais au moins les dialogues valent le coup, le ton souvent peu expressif ou lunaire des voisins accentuant l'absurde de certaines conversations.
The Neighbors n'est pas la catastrophe annoncée. Au stade du pilote, toutefois, ce n'est pas non plus une grande réussite. Sans être l'abomination que je craignais, la série manque d'énergie, et à plusieurs reprises, elle prouve aussi que son cast manque régulièrement de charisme, notamment chez les humains où personne ne se donne beaucoup de mal (porter le rôle de repère de la normalité n'aide évidemment pas ce phénomène). Il manque à The Neighbors quelque chose, une étincelle, qui provoque l'hilarité, et donc le coup de foudre ; on en est même très loin.
Difficile pour The Neighbors d'offrir quelque chose du niveau par exemple de Raising Hope, référence absolue des séries à l'humour increvable de ces dernières années (si vous n'avez pas vu Raising Hope, il faut vous y mettre).

Fort heureusement, avec le recul, et puisqu'une fois n'est pas coutume j'en ai au moment de rédiger cette review de pilote, il faut admettre que The Neighbors a quelques tours dans sa manche par la suite, y compris, ponctuellement, dans le domaine de l'émotion, et j'étais la première surprise. Sans être non plus extra-touchante (pardon), la série parvient à donner corps à des personnages pas tout-à-fait unidimensionnels et sympathiques. Quelques bonnes idées attendent les spectateurs patients par la suite, rattrapant des intrigues souvent peu motivantes sur le papier, mais relativement bien troussées (je pense par exemple à l'épisode dans lequel des amis du couple viennent les visiter dans leur nouveau voisinnage), montrant que, même s'il manque quelque chose à The Neighbors, ses auteurs tentent des choses et, parfois, les réussissent vraiment. Ce n'est pas la norme dans les épisodes diffusés jusqu'à présent, où beaucoup de scènes se regardent d'un air blasé, mais quand ça se produit, ça fait plaisir.

Clairement, The Neighbors n'est pas mon coup de coeur de la saison, loin s'en faut. Mais je crois que ce qui m'avait laissée certes rassurée, mais pas complètement convaincue à l'issue du pilote, en fin de compte : on s'y fait. On admet qu'on ne se tordra pas de rire. On admet aussi que ne pas se tordre de rire devant une comédie ne signifie pas qu'elle est nulle. The Neighbors ne nous prend pas pour des spectateurs auxquels il faudrait bourrer le mou avec des ingrédients, des gags et des personnages ridicules, et c'est toujours ça de pris. Après, je ne sais pas s'il faut vraiment laisser du temps à cette série, qui confirme dans ses épisodes suivants les mêmes mollesses, les même maladresses, que dans son pilote ; si ce dernier ne vous rebute pas après visionnage, sachez qu'il y a peu de chances pour que vous développiez une profonde aversion pour la série dans les épisodes qui suivent. En revanche, si vous êtes en quête d'un moment de drôlerie absolue, et que le pilote ne vous décroche pas même un rictus fatigué, changez de crèmerie.
Mais ça se trouve, sur Zabvron, les spectateurs sont pliés en quatre, on sait pas.

Challenge20122013

5 octobre 2012

Par élimination

Devinez qui s'est lancé un défi avec whisperintherain sur les pilotes de la saison ? ...Bah, comment vous avez su ? Place cette fois à un pilote sorti sur la toile quelques jours avant son lancement sur NBC, avec Chicago Fire.
Vous trouverez, évidemment, au bas de ce post, un lien vers le blog de whisper, qui sera complété sitôt que ce dernier aura publié sa review. L'occasion de comparer nos points de vue...

ChicagoFire

1996. C'est en 1996 que FOX avait lancé L.A. Firefighters, une série s'intéressant à des... pompiers de Los Angeles (on voit ceux qui suivent). On ne va pas se mentir : j'ai dû faire des recherches, je ne me souvenais plus du titre. En fait je ne me souvenais plus de grand'chose. Simplement, la série avait ensuite été diffusée par TFHein et c'est alors que je l'avais vue. Enfin, "série", c'est vite dit, vu le nombre d'épisodes tournés, mais je me souviens clairement de Christine Elise en pompier.
Pourquoi j'ai mémorisé Christine Elise ? Bah dans les années 90, tout le monde connaissait Christine Elise parce qu'elle se tapait Jason Priestley, voilà tout, c'est aussi simple que ça. Mais je trouvais que le rôle allait bien à cette nana aux airs de gros dur. Dans le milieu viril des pompiers, elle faisait illusion (un personnage qu'on retrouverait quelques années plus tard sous le nom d'Alex Taylor, à bien y réfléchir). Impossible de me souvenir de la teneur des épisodes, par contre je me revois, en train de grignoter devant un épisode ou deux. J'ai l'impression que c'était pendant les vacances d'été mais je n'en suis même pas certaine. Vraiment, il ne m'en est resté que Christine Elise, et peut-être un autre personnage féminin, plus vaguement.
En réalité, L.A. Firefighters n'apportait pas grand'chose sur la table, et son annulation prématurée était plutôt une évidence vu le peu d'empreinte que son contenu a laissé sur moi (et certainement la poignée d'autres personnes qui l'ont regardée à l'époque).

Il faut dire qu'à ce moment-là, j'étais prête à regarder tout et n'importe quoi pourvu de simplement pouvoir me mettre devant une série ou deux. J'ai regardé Pacific Blue assez assidument à peu près à la même période, par exemple, mais c'est un autre sujet, pour la confession honteuse d'un autre jour. Cela dit, ces séries répondaient un peu à la même intention : offrir du mouvement et du bruit, du spectacle et de l'action, pendant trois quarts d'heure, sans vraiment chercher la complication, ou approfondir cette histoire de "scénario" dont il se disait qu'on en trouvait dans d'autres séries.
Dans les années 90, on avait énormément de séries de ce genre, pas franchement futées, et TFHein se faisait un plaisir de les diffuser. A côté, les Experts, c'est du HBO ; vous vous rendez pas compte de ce que c'était que de regarder TFHein dans les années 90, la jeunesse téléphagique d'aujourd'hui ne connait pas sa chance.

A bien y réfléchir, des séries s'intéressant à une brigade de pompiers, il n'y en a pas eu des centaines, de toute façon. Autant les flics, ça ya pas de problème (quoique, la mode de suivre un commissariat entier n'a pas vraiment survécu à la fin des années 90 non plus... le cuisant échec de NYC 22 en est la preuve), autant les pompiers...
Mais c'est vrai que dans la dynamique d'alors, une série dramatique sur les pompiers, ça ne se concevait pas. Une série dramatique sur la police, oui, c'était envisageable. Mais sur les pompiers, ça impliquait nécessairement une série d'action. Il faudrait attendre Rescue Me pour innover dans le domaine.

2001. Ca par contre, pas de problème, je m'en souviens très clairement. Le pilote de New York 911 compte parmi mes plus intenses souvenirs de téléphagie. Mais vous allez me dire : dans New York 911, certes, on voyait des pompiers (surtout au début) mais aussi des ambulanciers et des flics, encore eux. Finalement la série mangeait à tous les râteliers. C'est peut-être justement pour ça : parce que rester centré sur les pompiers semble toujours être voué à ne présenter que des séries d'action. J'ai progressivement abandonné la série (c'est cruel à dire mais plus il y avait de poulet, plus je faisais une allergie) mais il me semble même qu'à un moment on avait aussi droit à des médecin du service des urgences.
Toujours est-il que l'ambiance dans une caserne de pompiers, j'avais eu le temps de connaitre : New York 911 était truffée de scènes de la vie quotidienne, dans une bonne ambiance de groupe où on regardait des matches ensemble et où on dînait entre deux interventions dans la cuisine de la caserne. C'était une ambiance de fraternité, un peu virile mais pas à l'excès, tout-à-fait ce que j'aime sur la façon dont tant de séries nous montrent les amitiés masculines. Il y avait des moments de friction mais, avant tout, c'étaient des conséquences de la vie en commun, en permanence les uns sur les autres, et c'était quelque chose de fort, cet esprit de cohésion, c'était vibrant.

Mais la plus grande qualité de New York 911, c'était sa capacité à nous faire trembler devant le danger. Beaucoup de séries mettent leurs protagonistes en danger de mort, mais la plupart du temps, les spectateurs sont plus que conscients que ce risque est cosmétique, et que les héros sont à peu de choses près invincibles (sinon il n'y a pas de série). Mais New York 911 capturait quelque chose de rare, le sentiment de risque. C'est justement ce qui m'avait rivée à mon écran devant ce fameux pilote, l'impression terrible de sentir la montée d'adrénaline, inhérente au "genre" comme on l'a dit, mais aussi de prendre le pouls de personnages qui risquent vraiment leur vie pour avoir transporté une civière ou éteint un feu. Et qui, à travers les risques physiques qu'ils encouraient au quotidien dans leur travail, couraient aussi un risque de blessure psychologique, de traumatisme. Leur vision du monde s'en trouvait altérée. Un personnage de New York 911, et à plus forte raison un pompier, n'était jamais un naïf. Mais malgré les séquelles d'interventions parfois réellement terrifiantes, ces mêmes personnages étaient capables de tout de même déconner dans la cuisine de la caserne. Rien n'était anodin, mais rien n'était jamais totalement insurmontable. Ce qui m'avait touché avec New York 911, dés le pilote, était le même genre de raisons qui font que j'aime les séries sur les flics en uniforme ou les militaires : un fragile équilibre entre la peur et l'assurance, la capacité de s'adapter à une vie passée dans la gestion des errances des autres, et une certaine gravité masquée sous un esprit de corps.

Une série sur une caserne de pompiers, quand c'est bien fait, ça fait vibrer. Sinon ça ressemble simplement à une campagne de recrutement, un peu dans le genre de Paramedicos en ce moment au Mexique.

Hm, je n'ai pas beaucoup parlé de Chicago Fire dans cette review. Mais est-ce réellement nécessaire, quand tout est déjà dit...?

Challenge20122013

24 septembre 2012

Ex-bad girls

Eh bah je sais pas pour vous mais avoir inclu la rentrée québécoise dans notre défi, je trouve que c'est une incroyable bouffée d'air frais. Déjà parce que ça fait du bien de voir de bonnes séries francophones (je suis sûre que ça m'aide, pour me mettre aux séries françaises, l'air de rien), et ensuite parce que c'est l'occasion de suivre des formats plus longs que les mini-séries comme Malenfant ou Apparences. whisperintherain devrait bientôt me rejoindre, et vous trouverez alors, comme il se doit, des liens vers ses reviews, mais dans l'intervalle, je vous propose de parler d'un téléroman : Unité 9.

Unite9

"Ce qu'on est, ça a rien à voir avec ce qu'on a fait"
(Shandy - Unité 9 - 1x01)

En Australie, le développement de la série Wentworth (spin-off de Prisoner) avance lentement mais sûrement. Au Mexique, depuis hier, la saison 3 de Capadocia a commencé à être diffusée. Alors il semble dans l'air du temps que Radio-Canada diffuse, elle aussi, une série sur le monde carcéral féminin, Unité 9.
Pourtant, derrière les apparences, Unité 9 est une série bien différente de ce qu'on se figure être l'ordinaire d'une série sur les femmes en prison.

L'épisode commence de façon un peu brumeuse, alors qu'une femme du nom de Marie Lamontagne comparait devant le juge pour entendre sa sentence. Le procès a déjà eu lieu et le spectateur n'en a qu'une vague connaissance. On affronte, en fait, une grande partie de ce passage devant la cour, du point de vue des proches de Marie : sa fille Léa, 18 ans et, on l'imagine, fortement ébranlée par tout cela ; Lucie, la soeur de l'accusée et qui tient une brasserie ; et Adrien, le grand-père paternel de Léa et Sébastien. Qui est Sébastien ? Le grand absent de cette épreuve, qui n'a pas souhaité se présenter à l'audience pour voir sa mère recevoir sa condamnation ; on apprendra à le connaître, vraisemblablement, dans de prochains épisodes. Léa, Lucie et Adrien tentent comme ils peuvent d'affronter le verdict qui attend Marie, chacun gérant son impuissance comme il le peut.
Au milieu de tout ça, difficile de savoir de quoi est accusée Marie. Lentement, l'épisode dévoilera une partie de l'affaire : elle a tenté de tuer son père, pour l'heure toujours aux soins intensifs. Comment ? Pourquoi ? L'épisode nous laissera sur notre faim de ce côté-là.

L'impuissance n'est pas l'apanage de la famille de Marie : l'accusée elle-même se voit plongée dans un système dont elle ignore tout. Cette femme à la quarantaine bien avancée (à moins que ce soit le poids des évènements qui lui ajoute des années) semble inoffensive, et pourtant, la voilà. Complètement abattue, et visiblement rongée par le remords autant que par la peur, elle a la chance de se trouver en cellule, en attendant son verdict, avec une dénommée Shandy, une femme autrement plus habituée qu'elle aux rouages de la Justice, et qui lui donne de précieux conseils pour tenir le coup. Shandy, prostituée de son état, n'est pas vraiment contrite (mais elle sait faire semblant devant le juge... enfin, du moins le suppose-t-on), mais ce n'est pas non plus une femme d'une dureté excessive. Elle sent bien ce qui agite Marie et a décidé de l'épauler, à sa façon. Lorsque Marie apprend qu'elle a écopé de 7 années de prison ferme (une "chance" vu les circonstances), Shandy et elle sont transférées dans la même prison : Lietteville.

Cette prison, depuis le début de l'épisode, ne nous est pas inconnue. Le pilote, avec talent, nous a rapidement plongés dans l'ambiance en s'attardant sur le sort d'Elise, une femme qui a passé près d'un quart de siècle en prison, et qui est sur le point de fêter son anniversaire. Avec un peu de chance, si elle passe l'épreuve de la commission de libération sous caution, ce sera le dernier qu'elle passera à Lietteville. D'autres détenues préparent donc son anniversaire, dans la joie, la bonne humeur, et le vol de cierges. C'est ce dernier point (l'ambiance entre détenues, pas les cierges) qui fait toute la différence dans Unité 9.

Finies, les geôles crades et surpeuplées, où la violence règne en maître. Dans Unité 9, on se penche vers un quartier spécifique de la prison fictive de Lietteville, où les détenues vivent dans un petit bâtiment en préfabriqué, avec des chambres séparées et un lieu de vie commun, et où il faut vivre en groupe. Ca a ses bons et ses mauvais côtés. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas là pour s'attaquer physiquement comme des bêtes. Balayes tout ce que Bad Girls ou Capadocia vous disent de la terrifiante nature des femmes livrées à elles-mêmes en prison : à Lietteville, on est vraiment là pour la réhabilitation, pas juste pour la privation de liberté et encore moins pour la punition.
Le contexte d'Unité 9 est en cela très fort qu'il parle d'une véritable prison du XXIe siècle. Les espaces sont propres, les gardiennes restent humaines, on ne traite pas les prisonnières comme du bétail. Cela ne veut pas dire que c'est le club Med : la surveillance (rappelée par les caméras omniprésentes), les fouilles régulières, les règles rigoureuses, sont toujours en vigueur. Mais on tente de ne pas fabriquer des récidivistes, de toute évidence. Et c'est quelque chose que je n'avais encore jamais vu dans une série télévisée carcérale, finalement, cette volonté de montrer que même dans un monde imparfait, où aucune prisonnière n'est parfaite, aucune surveillante n'est parfaite, aucun administrateur n'est parfait... on n'est pas là pour entrer dans la caricature.

Unité 9 fait un formidable travail de réalisme, finalement, grâce à ces éléments. Il ne s'agit pas de fouiller la noirceur de l'âme humaine, on n'est pas à Em City ; la série s'ingénie à montrer ce que l'expérience de la prison est, en réalité, pour différents profils, dont celui de Marie, qui nous réserve quelques surprises en fin d'épisode. Dans la construction du lien entre Shandy et Marie, dans la façon de montrer une vie commune dans l'unité 9 (où l'on fait mine de ne pas savoir que Marie va atterrir, puisque l'épisode inaugural ne l'explicitera pas), dans la volonté de montrer la prison comme un système et non comme une métaphore, le pilote d'Unité 9 apporte énormément à un genre qu'on aurait pu estimer connaître sur le bout des doigts. Pas d'angélisme, mais la volonté de ne pas se reposer sur les clichés. C'est d'autant plus vrai que la scénariste d'Unité 9, Danielle Trottier (scénariste du téléroman La promesse qui s'est fini pendant la saison passée) a passé plusieurs années à recueillir des témoignages de prisonnières, afin de comprendre quelle était leur expérience de la prison.
Ce que veut saisir Unité 9, c'est une transition, pas l'habituelle histoire de la pauvre femme jetée (si possible injustement) derrière les barreaux et qui va devoir apprendre à se défendre contre les pires horreurs. D'ailleurs, dans l'unité 9, il n'y en a même pas, des barreaux ! La promesse, si vous m'excusez ce jeu de mot, d'Unité 9, c'est une fiction sur ce que pourrait apporter la prison, et pas juste sur ce qu'elle stimule de pire chez les différentes parties concernées. Sans perdre de vue les répercussions sur l'entourage resté hors des murs...

A la fois intéressant et émouvant, ce pilote sait éviter énormément de stéréotypes. Le mérite en revient également à la distribution, qui sait trouver le ton juste (je pense notamment aux interprètes de Shandy, d'Elise ou encore de Jeanne) pour rendre cette expérience humaine. Du coup, me voilà à commencer mon premier téléroman québécois ! Bon, il va falloir que je me bouge, la série a commencé le 11 septembre dernier, donc j'ai quelques épisodes à rattraper...

Challenge20122013

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29 juin 2012

Thérapie par le rire

Ce post aurait aussi pu s'intituler : pourquoi j'ai comme l'impression que je vais regarder Anger Management cet été, et comment je le vis presque bien.

AngerManagement

Parfois il y a des pilotes qu'on regarde en étant plutôt certain du sort qu'on réservera à la série... même en étant totalement ouverte en les commençant.
Dans le cas d'un procedural par exemple, je ne vais que très, très rarement me risquer à aller au-delà du pilote, car même s'il est bon, je sais que la formule va vite m'écoeurer. Et les rares fois où le pilote est effectivement bon et où je me dis que je vais faire une exception et quand même continuer, eh bien ça ne loupe pas, deux à trois épisodes plus tard, je décroche. Le procedural, j'en ai trop soupé. Même un bon n'est plus capable de me tenir très longtemps. J'ai plus la patience.

Anger Management n'a donc jamais été sur mon planning de l'été, si tant est que j'aie un planning, et j'ai regardé le pilote par curiosité plus qu'autre chose, histoire de jauger la bête. Et puis finalement, eh bah, on dirait bien que je suis partie pour regarder un peu...

Et pourtant je me fiche de Charlie Sheen comme de ma première télécommande. Autant son père est un demi-dieu, autant lui, franchement, il m'indiffère énormément. L'affaire qui a entouré son éviction de Two and a Half Men, par exemple, ne m'a pas émue, ni fait rire (même pas de façon moqueuse). D'un autre côté je n'ai jamais dépassé le pilote de cette série-là non plus, et tout bien réfléchi, je n'ai même jamais trouvé la force de regarder le pilote en entier.
En fait à mes yeux, le gros argument de la série, c'était Brett Butler. Allons, mais si, vous la connaissez Brett Butler, ne serait-ce que parce que ça fait des années que je vous parle d'Une Maman Formidable. D'ailleurs, qu'elle ait rejoint la série avait quelque chose d'éminemment symbolique puisqu'elle-même a une réputation de terreur des plateaux. Mais en même temps, comment en vouloir à cette femme si drôle ? Moi j'ai jamais pu. Et j'embrasserais le sol foulé par ses pieds si j'habitais pas si loin (mais c'est parce que je lis son autobiographie en moyenne une fois par an, peut-être). Bref, je pensais que Brett Butler serait MA raison de regarder ce pilote jusqu'au bout, ce qui dans ma tête était déjà une belle performance.

Car n'oublions pas qu'Anger Management est la tentative de FX de s'offrir un sitcom à moindre frais pour la plus longue période possible : à l'instar des séries de Tyler Perry comme House of Payne, Meet the Browns et For Better or Worse, l'idée est de prendre la température avec 10 premiers épisodes avant d'en commander après plusieurs dizaines. Qualitativement, on a déjà discuté des implications fâcheuses de ce genre de procédé (du genre à faire passer les comédies de TV Land pour des chefs d'oeuvre d'humour), et savoir qu'en plus un mec aussi peu captivant à mes yeux que Charlie Sheen allait être au centre de la série n'était pas spécialement fait pour me motiver. Qui veut se cogner pas loin de 100 épisodes avec ce type ? Heu, bon, les 13 millions de spectateurs qui étaient devant la centième de Two and a Half Men, il faut croire... mais vous voyez ce que je veux dire.

Et pourtant, Anger Management n'est pas SI mauvais. Pas tant que ça. Le démarrage du pilote est insoutenable de banalité, ça c'est vrai. Et c'est vrai aussi que les seconds rôles du groupe de parole dont le personnage de Charlie Sheen (qui, comme par hasard, s'appelle lui aussi Charlie) est le psy ne sont pas du tout intéressants. Fort heureusement, contrairement à ce que cette première partie de l'épisode va vous faire croire, la série ne s'intéresse pas du tout à eux !
Ils font quasiment de la figuration, et c'est d'ailleurs très bien comme ça, surtout quand, après la situation professionnelle du héros, le pilote se préoccupe de montrer sa situation personnelle. Là non plus ce n'est pas captivant, mais on s'occupe, notamment grâce à une apparition relativement réussie de Brian Austin Green qui fait très bien le gros connard.
C'est en fait que notre thérapeute, qui rappelons-le est spécialisé dans la gestion de la colère, pique lui-même une colère, que les choses s'excitent un peu. Déjà parce que cela met en lumière une relation avec son ex-femme qui n'est pas mal du tout (d'ailleurs c'est l'un deux personnages qui a les meilleures répliques dans cet épisode). Ensuite parce que la réaction en chaîne est intéressante à observer. Enfin parce qu'elle conduit à une très bonne scène de fin.

Car il est temps pour moi de faire mon coming out : j'ai ri devant la scène finale du pilote d'Anger Management. On me l'aurait dit 20 minutes plus tôt (et même 10 minutes plus tôt), je n'y aurais pas cru. Mais j'aime énormément le renversement qui a lieu pendant cette scène, qui doit beaucoup au scénario bien-sûr, pas si prévisible que je l'aurais pensé, et surtout à la présence de Selma Blair, qui fait vraiment des étincelles.

En plus, d'une façon générale, le pilote d'Anger Management n'est vraiment pas un épisode claustro : en montrant aussi bien la thérapie de groupe que Charlie organise à son domicile, que la chambre de sa fille, sa cuisine, la maison de son ex-femme, le bar, le groupe de thérapie en prison, et le cabinet de sa propre thérapeute, cet épisode prouve qu'il a de nombreux centres d'intérêt. C'est tellement souvent dans une série que les choses se passent toujours dans le même living, avec une ou deux scène dans une autre pièce ou au boulot si on a de la chance... ça fait un bien fou de voyager autant pendant ce pilote et de se dire que la série ne va pas sans arrêt tourner autour de la même structure. Il y a plein de choses à faire, le personnage a vraiment l'air d'évoluer dans un vrai monde, et pas juste d'être limité par la superficie du studio, vraiment ça fait du bien. Je regarde bien volontiers Happily Divorced, par exemple, mais franchement, c'est très fermé comme série de ce point de vue (quand une scène se passe dans la serre où Fran conduit son activité de fleuriste, une fois tous les cinq épisodes en moyenne, on a l'impression de voir du pays !).
Ca parait ridicule mais de voir tous ces contextes dans lesquels Charlie évolue, ça m'a donné une sorte d'espoir, ça m'a paru prometteur pour plein d'intrigues différentes. Pardon mais, tant qu'à signer pour 100 épisodes, autant être sûr qu'on sera à l'aise.

Enfin j'en sais rien. Je dis ça mais peut-être que le soulagement de ne pas avoir eu à subir un pilote totalement insupportable (juste très inégal) me pousse à penser que je vais suivre la série, et en fait je décrocherai peut-être au bout de deux ou trois épisodes. On verra. Mais si je devais choisir entre Anger Management et Whitney... non, bon j'avoue, c'est de la triche, trop facile.
En tous cas, ce premier épisode n'a pas été le total désastre annoncé, et pour une comédie dont je ne trouve pas l'acteur principal drôle ni sympathique, on pourrait presque parler de performance.

12 juillet 2012

Tiédeur blanche

Si ma fringale de pilotes est insatiable, il est un fait curieux : les pilotes britanniques peuvent attendre des semaines, des mois, dans ma réserve, avant que je les touche. Même quand ils m'intéressent, rien à faire, ça prend toujours des plombes. Je ne me l'explique pas moi-même.
Récemment, le seul pilote britannique que j'ai daigné regarder est celui de Hit & Miss ; et encore, je suis le reste de la saison au ralenti. M'attendent aussi, entre autres, Dead Boss et Sinbad.

Aujourd'hui, je viens à peine de commencer White Heat (et encore, uniquement parce que mon PC semble mort et qu'en désespoir de cause, j'ai tiré au sort mon épisode de ce soir parmi ce que j'avais a portée de main) (accessoirement les posts vont être un peu aléatoires pendant quelques temps).
J'avais plutôt entendu du bien de White Heat, peut-être via Livia, et il me semble aussi par le biais de Skyefleur aussi.

WhiteHeat

Une partie de cette réputation est justifiée : la série possède une excellente réalisation (elle m'évoque par moments celle de Cloudstreet, mais par moments seulement), la photographie est infiniment soignée, le sens du détail est visible.
Le problème c'est que, sortie de là, la série ne semble pas avoir grand'chose à dire, quand bien même elle le dit avec élégance.

En choisissant de se situer en partie (en MAJEURE partie, en fait) dans les années 60, White Heat n'avait de toute façon pas fait le choix de l'originalité, c'est un contexte largement à la mode. Ici, toutefois, l'idée n'est pas de se la jouer pseudo-Mad Men puisqu'on serait plutôt dans une variation autour de l'univers de Fresh Meat, le contexte historique en prime.
Mais c'est précisément là que ça me pose problème : les étudiants qui se découvrent mutuellement en même temps qu'ils se découvrent eux-même, ce n'est pas tellement plus original. En fait, le procédé de flashback utilisé, même s'il a le mérite de ne pas être plaqué là par simple effet de style mais bien pour souligner une émotion, n'apporte rien à notre affaire si ce n'est la révélation qu'on connaît déjà tout ça par coeur. Peut-être que cela vient du fait que, en voyant le début du pilote, j'ai d'abord pensé qu'il y aurait un petit côté thriller, et qu'on se poserait plus de questions sur les circonstances du décès d'un des colocataires dans le présent. Mais en avançant dans le pilote, j'ai bien compris que ce n'était pas le propos, et on a basculé dans un drama soapesque certes bien mis en images, mais quand même assez plan-plan. Les axes plus politisés m'ont donné l'impression d'assister a une version britannique de The '60s ; comme j'ai eu l'occasion de le dire, j'aimais bien cette mini-série, mais ça n'autorise pas une autre série à donner dans la redite.

Du coup, et en dépit de ses qualités, le pilote de White Heat m'a déçue, par manque d'ambition scénaristique. C'est même encore plus grave dans son cas, par rapport à d'autres séries peu imaginatives, parce qu'elle avait un bon réalisateur et un très bon cast (tous âges confondus). Ça donne envie d'être plus sévère, et c'est normal.

Alors, quand j'aurai de nouveau un PC fonctionnel qui reconnaît au moins un port USB (et donc une souris) ET une connexion internet (les deux ont sauté le même jour, mais, fait curieux, pas du tout au même moment de la journée), je vous avoue que je ne pense pas poursuivre White Heat. D'un autre côté, c'est pas comme si je manquais de pilotes britanniques à tester...

30 mars 2012

Au Nord, il y a du nouveau

BlackMarch

Il y a encore deux ans, j'ignorais tout de la télévision scandinave. Et aujourd'hui, regardez-moi, à piaffer d'impatience depuis une semaine en attendant les nominations aux Gullruten. La vie d'un téléphage n'est-elle pas une chose formidable ?

Alors ça y est, la cérémonie télévisuelle de l'année en Norvège est bel et bien sur les rails, puisque les nominations ont été annoncées. L'occasion en général pour moi, comme c'est le cas avec la plupart des prix internationaux dont j'ai appris l'existence ainsi que des divers programmes de festival, de faire mon marché parmi les séries qui ont échappé à ma vigilance, et de sélectionner les fictions sur lesquelles je vais porter mon attention.

Gullruten

Voici donc la liste des nominations relatives aux séries, sachant que dans ma grande bonté je vous épargne les émissions de télé-réalité, les documentaires et autres joyeusetés.

- Meilleur drama :

BuzzAldrin    Buzz Aldrin – Hvor ble du av i alt mylderet ?
(NRK)
Cette mini-série en 4 épisodes adaptée du roman éponyme a été diffusée à la toute fin de l'année 2011, et met en scène un trentenaire dont le héros est le deuxième homme à avoir marché sur la Lune, Buzz Aldrin ; il estime qu'on n'a pas forcément envie d'être premier en tout. Cela va le mener dans les îles Færoe, dans un décor quasi-lunaire où il va rencontrer d'autres gens comme lui.
DAG    DAG (saison 2)
(TV2)
Les déboires d'un psy qui aide les gens à régler leurs problèmes mais qui pense que la seule façon d'être heureux dans la vie, c'est de vivre seul. A noter que c'est la deuxième année de nomination consécutive.
Lilyhammer    Lilyhammer
(NRK/Netflix)
Est-ce que je vous fais l'affront de vous présenter Lilyhammer ? La série a achevé sa diffusion en Norvège il y a à peine une quinzaine de jours, mais concourt déjà dans la catégorie principale du meilleur drama. Ca n'étonnera pas grand'monde...
Taxi-NO    Taxi
(NRK)
Dans ce thriller diffusé fin 2011, un avocat d'origine pakistanaise mène une vie personnelle compliquée (il cache notamment à sa famille qu'il vit avec une Suédoise) et se retrouve en plus impliqué dans les magouilles d'une compagnie de taxi qui va bientôt se mettre après sa peau...

- Meilleur programme humoristique :

Dans cette catégorie, les Gullruten mélangent aussi bien les émissions de divertissement que les séries. Ainsi, le talk show Brille (NRK), le journal parodique Nytt på Nytt (déjà nommée l'an dernier) l'émission de sketches Nårje (TV2) et la comédie Helt Perfekt (TV Norge), qui fonctionne un peu sur le principe de Curb your Enthusiasm.

Autre fait intéressant, les Gullruten ne font pas de distinction entre le drame et la comédie dans les catégories des acteurs.

- Meilleure actrice :

* Agnes Kittelsen (DAG - saison 2)
* Ine Jansen (Helt Perfekt)
* Kaia Varjord (Taxi)
* Tuva Novotny (DAG - saison 2)

- Meilleur acteur :

* Adil Khan (Taxi)
* Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 2)
* Fridtjov Såheim (Lilyhammer)
* Pål Sverre Valheim Hagen (Buzz Aldrin)

Et je tiens à dire : faut arrêter avec DAG ! Chaque année la moitié du cast est nommée, c'est insupportable.
Alors d'accord, j'adore Anders Baasmo Christiansen parce que, bah, Koselig Med Peis voyez-vous (l'an dernier il était d'ailleurs nommé pour les DEUX rôles), et un jour je finirai bien par voir 183 Dagar et où Tuva Novotny tient le rôle principal (c'est pas pour son petit rôle dans Possession que je peux vraiment juger de son talent...), mais en attendant c'est vraiment la série la moins attirante au monde. J'ai l'impression que c'est la seule comédie norvégienne dont j'arrive à entendre parler, alors qu'elle a l'air antipathique au possible. Ca me tente tellement peu que j'ai même jamais essayé de la regarder en VOSTM ; et de toute façon les DVD n'ont pas l'air d'avoir de sous-titres (mais c'est vraiment pas le genre de série pour laquelle je vais payer d'abord et tester ensuite !). Vraiment c'est assez insupportable l'omniprésence de cette série alors qu'elle n'a pas grand'chose pour elle ; peut-être qu'au contraire je devrais voir ma curiosité amplifiée ("ça alors, ça a l'air pourri et les Norvégiens en raffolent ?"), mais pas du tout.

Ces nominations ne sont toutefois pas complètement mauvaises, puisque je vous avoue que j'avais zappé l'existence de Buzz Aldrin et que maintenant, je sais ce que je vais faire dimanche à 00h01, à l'issue du Black March, voyez-vous. Le concept a beaucoup de potentiel et j'aime l'idée de ce type qui veut être le second plutôt que le premier. En plus la série est courte.

Oh et, j'en profite pour souligner que le DVD de Lilyhammer est sorti en Norvège ce mercredi, et qu'il contient les sous-titres anglais. A la base je pensais vous faire un bilan de saison mais je me suis arrêtée au bout de trois épisodes et n'ai jamais eu envie de reprendre, donc bon, vu que je ne mentionnerai sans doute plus beaucoup Lilyhammer à partir de là (sauf renouvellement ou truc de ce genre), autant vous le mentionner maintenant.
Mais si ça vous a plu, le DVD est commandable sur NordicDVD (le Blu-Ray aussi d'ailleurs) c'est là que j'ai acheté Koselig Med Peis et ça s'est bien passé ; par contre, carte bancaire impérative, pas de possibilité d'utiliser PayPal. C'est un petit site à taille humaine, mais le SAV est très réactif (j'avais des questions sur la commande, les échanges ont été très sympas et n'ont pas trainé). J'avais des doutes au début parce qu'on a tendance à être plus rassurés par des grosses machines, mais vraiment, n'ayez pas peur, ça fonctionne bien, les délais annoncés sont suivis d'effets, le coffret est arrivé bien emballé, vraiment, rien à redire.

Les résultats des Gullruten seront annoncés pendant la cérémonie du 12 mai prochain, donc on reparlera probablement très vite des récompenses ; d'ici-là, j'espère que j'aurai vu Buzz Aldrin... D'ailleurs je vois que NordicDVD l'a dans son catalogue avec des sous-titres anglais. Hm, intéressant...

3 mars 2012

We are the 80s

BlackMarch

C'est bien souvent pour des raisons assez fallacieuses (genre : pas de vraie source d'information sur le long terme) qu'on ne vous parle pas beaucoup de télévision russe. C'est un tort que je m'en vais aujourd'hui réparer, et profitez-en bien, on ne sait pas quand sera la prochaine fois.

Pour que des news nous parviennent au sujet de la fiction russe, il faut qu'il se soit VRAIMENT passé quelque chose. Des séries russes, il y en a, pourtant, comme vous le prouvera rapidement un clic dans les tags de ce post, se référant à Kak ia Vstretil Vashu Mamu, Interny, Maia Prekrasnaia Niania, Shkola... ou plus anciennement Vyzyvaem Ogon na Sebya. Je vous l'accorde au vu du nombre de tags que je peux vous suggérer, je ne parle pas de télévision russe souvent non plus. C'est un tort. Faudra que je tente un post sur le pilote de Tcherkizona un jour, tiens.
Le problème c'est donc que pour le moment, c'est pas facile-facile de mettre le grappin sur des infos les concernant, ces séries, même si elles existent, preuve en est faite. La Russie est un peu comme les pays arabes avec ses fictions : pas très motivée quand il s'agit de sortir de son cercle linguistique. Et entre nous soit dit, puisqu'on est en petit comité, le matériel promotionnel des séries russes est souvent très moche et pas très attractif (il parait que dans la plupart des pays occidentaux, le jaune est considéré comme une couleur cheap, eh bien en Russie apparemment non, à commencer par la chaîne STS). Et je le prouve.

Vosmidesiatye
Aujourd'hui on donc va parler de Vosmidesiatye (soit, donc, Восьмидесятые si vous savez déchiffrer le Russe ou que vous voulez vous y mettre, un titre de série à la fois ; eh, faut bien commencer quelque part), une dramédie qui, comme son nom l'indique, se déroule dans les années 80. Si je vous le dis.

Et si j'ai entendu parler de Vosmidesiatye, lancée le 30 janvier dernier sur STS (qui a diffusé ses 12 épisodes d'une demi-heure en quotidienne, à 19h30), c'est parce qu'elle a fait des audiences assez spectaculaires en prime time où elle a atteint des scores record le soir du pilote, du genre 23% de parts de marché en général, et 20% sur la cible ô combien privilégiée des 14-44 ans. La série a permis à STS de prendre la pôle position dans cette case horaire aussi bien sur la région de Moscou qu'au niveau national, et c'est apparemment un exploit parce que mes sources soulignent toutes ce fait (pour ce que j'y connais en audiences russes, hein, je vais pas m'amuser à contester...). Avec Dnievnik Doctora Zaitsevoi, une comédie romantique en milieu médical, la série a ainsi permis à STS d'améliorer sensiblement ses audiences de ce début d'année, notamment sur la tranche des 16-54 où la chaîne est passée 2e (il semblerait que la chaîne occupait la 4e place sur la même période en 2011).

Bon tout ça c'est bien gentil mais ça ne nous dit pas grand'chose de l'intérêt de Vosmidesiatye, à plus forte raison parce que Dnievnik Doctora Zaitsevoi se ramasse des remarques lapidaires sur l'une des rares sources anglophones que j'ai trouvée à son sujet, et que, de toute façon, c'est bien connu, les audiences ça ne nous dit rien sur la qualité intrinsèque d'une série. J'ai donc pris sur moi de cagouler le pilote de Vosmidesiatye, que je me suis ensuite mis sous le coude en attendant le Black March, et, eh bien, on est en mars.

Sur fond de bande-son très typique des années 80, limite stéréotypée, Vosmidesiatye suit Vania Smirnoff, un jeune étudiant qui, en 1986, quitte le foyer de ses très modestes parents, et commence à prendre son indépendance en s'installant dans le dortoir de son université. Outre le temps qu'il passe avec son copain Sergei et son nouveau camarade de chambre Boris, il y découvre aussi l'amour, ou du moins essaye, avec la très jolie (ce sur quoi je suis assez d'accord) Inga, une jeune femme un rien prétentieuse, mais pas méchante, venue d'un milieu aisé et qui a connu la vie à l'Ouest.
Evidemment ses sentiments ne sont pas partagés, sinon ce serait trop facile. Cela devrait se compliquer, à en croire le site officiel de la série, quand une dénommée Katia va débarquer dans la série, mais dans le pilote, pas de Katia en vue.
A la différence socio-culturelle, il faut ajouter que Vania est l'un de ces personnages qui cumulent maladresse et poisse. Dans le pilote, cela s'illustre par exemple alors que la fac entière se retrouve pour célébrer l'installation dans les dortoirs de l'université, et que notre Vania se retrouve coincé dans un ascenseur avec la gardienne de l'immeuble (aisément) quincagénaire, pendant que ce dragueur de Sergei approche Inga. On est pas dans la comédie grossière à laquelle on pourrait s'attendre dans pareille situation caricaturale, mais on ne peut pas dire que les troubles de Vania soient hilarants ou touchants non plus. Cela dit, la conclusion de la scène mettant en parallèle Vania tentant de sortir de l'ascenseur avec l'aide de la gardienne, et Sergei approchant Inga m'a fait sourire un instant.

Peut-être qu'en réalité, l'intérêt de Vosmidesiatye tient dans le fait que la famille Smirnoff ne se résume pas à Vania. On passe ainsi du temps avec ses parents, qui, tout en essayant de prendre leurs distances avec leur fils aîné qui le leur réclame de façon un peu violente (limite crise d'adolescence en retard), continuent leur petite vie avec leur plus jeune fils Misha, âgé d'environ 5 ou 6 ans. Ca n'a rien d'épatant en soi, entre le dîner avec Kolia (l'oncle de Vania) ou les aventures pour déménager les affaires de l'étudiant, mais ils sont assez touchants quand même, ces deux-là, et surtout, ils ont un côté ordinaire qui permet de se mettre plus facilement dans la peau d'un Russe des années 80.

Difficile de nier dans tout ça que Vosmidesiatye vaut principalement pour son côté nostalgique plutôt que par ses intrigues ; mais sa nostalgie, la série la tire de quelque chose de relativement réaliste, et c'est une plutôt bonne nouvelle. Le plus grand mérite de la dramédie est probablement d'essayer d'associer son propos un peu simpliste et idéalisé sur les années 80, auquel on s'attendait forcément un peu, avec une envie de ne pas non plus en rajouter dans les stéréotypes tels qu'une série américaine se plairait sans doute à les montrer, à grand renfort de couleurs flashys, ou de tenues et de coiffures impossibles. Il faut dire qu'évidemment, la situation des deux pays à ce moment-là n'est pas la même, mais enfin, idéalisme nostalgique pour idéalisme nostalgique, ça aurait quand même pu être pire.
Le choix de montrer des personnages en général pas très riches permet ainsi de rappeler des détails qui, à coup sûr, feront sourire les Russes qui, comme Sergei, ont eux aussi utilisé de l'eau sucrée pour remplacer le gel pour les cheveux, par exemple.

En cela Vosmidesiatye accomplit quand même bien sa mission de voyage dans le temps, et ça se sent au niveau de la photographie.

Pas facile d'avoir un peu d'intimité à la maison On est d'accord, donc : Inga est mignonne Sergei, charmant copain au demeurant, mais ptet un peu trop justement Vue de l'ascenseur Papa et Maman Smirnoff

Alors au final, Vosmidesiatye n'est pas une immense réussite qui va vous convaincre que la télévision russe regorge de merveilles (pourtant il y en a, forcément il y en a !), mais c'est quand même une petite série honnête, un divertissement familial pas abrutissant même s'il ne promet rien, au vu de son pilote, de révolutionnaire.
Suffisamment sympatique en tous cas pour faire des audiences extraordinaires, après tout, et finalement peut-être que, si ça ne nous dit rien sur les qualités d'une série en termes de narration, d'interprétation ou de production, ça signifie quand même un peu quelque chose.

4 septembre 2013

[DL] Zuidflank

Cap sur la Belgique ce soir, avec une série qui vient de commencer sur vtm, la chaîne belge flamande, avec Zuidflank, une série qui se déroule dans un vignoble. Deux familles s'y déchirent depuis des années, et les choses empirent quand le patriarche de l'une d'elle décède, ravivant les rancoeurs.

Pour nous raconter la genèse de cette guerre viticole, le pilote va d'ailleurs commencer en 2008 (et s'y dérouler presque intégralement), ainsi que nous offrir des flashbacks en 1998. C'est plutôt osé, car pas une seule fois l'intrigue de ce premier épisode ne va nous montrer la dynamique de ces familles en 2013, produisant un cliffhanger de facto à la fin de l'épisode. Ca nous évite, de surcroît, de passer par le pénible cliché du flashback qui intervient au bout de quelques minutes de pilote, un gadget devenu monnaie courante ces dernières années. La narration s'en trouve plus fluide, pour autant que je puisse juger ; preuve que vraiment, quand on veut, on peut.

Alors certes, le générique de Zuidflank, n'est pas d'une folle originalité. Il n'y a pas de concept révolutionnaire, ou de mise en images inventive. La musique elle-même ne s'aventure pas tellement. Pour autant, ce générique de Zuidflank m'en évoque un autre, tout aussi simple mais très réussi, celui de Downton Abbey. Outre leur rythme, ces deux génériques très rousseauistes ont en outre en commun d'évoquer une certaine passion pour le travail bien fait.
Du moins c'est mon avis, mais je vous laisse me dire ce que vous en pensez :

Zuidflank
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

A noter qu'il n'est pas nécessaire d'être le pays du Bourgogne et du Beaujolais pour s'intéresser au mode de la vigne : l'idée d'une série dramatique se déroulant dans ce contexte a fait plusieurs émules de par le monde. Ces dernières années, on a également pu en trouver par exemple en Espagne, avec Gran Reserva (adaptée en Colombie sous le nom Familia de Reserva) et son prequel Gran Reserva: El Origen ; au Japon, avec Kami no Shizuku ; ou encore en Afrique du Sud, avec Known Gods.
Du coup j'en profite pour vous demander : la série française Le sang de la vigne, ça vaut quoi ?

17 mai 2013

80s kids will know

Lorsque Reed between the Lines avait occupé mon automne, il y a de cela maintenant un an et demi (...cette deuxième saison se fait attendre, c'est interminable), j'avais esquissé un début de marathon The Cosby Show. Esquissé seulement : ça avait duré une petite douzaine d'épisodes, et je m'étais lassée.
Ce n'était simplement pas le bon moment ; c'est le danger quand on pense pallier au manque d'une série en regardant une autre qu'on croit proche.

En ce moment, c'est différent : je suis en plein marathon Brothers & Sisters ; ce qui signifie que, si les thèmes peuvent être voisins, The Cosby Show ne pâtit d'aucune forme de concurrence déloyale de la part du drama d'ABC. Du coup, j'ai fini l'intégralité de la première saison, dont voici un petit bilan en attendant, peut-être, un bilan plus général de la série. Parce que j'ai quand même Brothers & Sisters à finir, nan mais ho.

Et je dois dire que cette première saison m'a mise à genoux. J'avais pourtant, comme de nombreux spectateurs de ma génération, vu de nombreux épisodes de la série à l'occasion de ses multiples diffusions sur M6, en alternance avec Madame est Servie généralement, et pourtant, je ne les avais pas regardés. A l'époque je n'étais pas téléphage, faut-il préciser : je consommais de la télévision dans une fringale peu regardante, parce que chez moi, le meuble télé était sous clé, que mon père estimait que l'écran ne devait être allumé que pour le journal et les grands prix de Formule 1, et que tout ce qui pouvait être récupérer en-dehors de ce contrôle strict était bon à prendre, sans chercher à distinguer des critères de qualité, ou même vraiment faire attention à ce qui se regardait. Attraper des images par poignées, goulument, et les enfourner sans prendre le temps ni de mâcher ni de faire fonctionner les papilles. Vite, avant d'être prise sur le fait. Je ne dis pas que je ne riais pas, ça s'est sûrement produit, je ne dis pas non plus qu'il ne m'en est rien resté, car j'ai des souvenirs, quoique flous, de plusieurs épisodes ; c'est surtout que The Cosby Show a fait partie des séries que je regardais sans les laisser me marquer.
Pendant tout ces années où pourtant j'étais postée devant les épisodes à 20h, guettant le bruit de la porte du garage d'une oreille, je n'ai pas vraiment apprécié sa série à sa juste valeur.
Combien je le regrette et m'en réjouis à la fois aujourd'hui ! Je le regrette parce que j'étais clairement passée à côté de merveilles.

Mais je m'en réjouis car ce (re)visionnage est l'occasion de découvrir les trésors recelés par ce sitcom, à tort considéré, comme beaucoup de séries dont nous avons été nourris à l'époque, comme totalement anecdotique. Dans le Grand Livre de l'Histoire des Séries que nous avons tous un peu en tête, nous nous souvenons du Cosby Show pour avoir été la première comédie mettant en scène une famille afro-américaine à rencontrer un tel succès aux USA. Si naturellement il n'est pas inutile de se souvenir de cette donnée lorsqu'on parle de la visibilité des minorités à la télévision américaine et de leur évolution (bien que le Cosby Show soit loin d'être le premier "sitcom black" de l'histoire américaine - Beulah, en 1950, fut la pionnière du "genre", et Bill Cosby lui-même n'en était pas à son coup d'essai), elle ne doit pas être le seul critère sur lequel nous appuyer pour en parler. Et la seule nostalgie ne suffit pas.

TheCosbyShow_Season1

Car finalement, dans cette première saison au moins (on verra par la suite ?), il est plutôt anecdotique que les Huxtable soient afro-américains. En-dehors de quelques détails (certaines oeuvres accrochées sur leurs murs, la couleur peu représentée à la télévision d'une poupée de Rudy, etc.), rien ne distingue cette famille de celles que nous avons vues, beaucoup plus souvent, sur nos écrans. C'est sûrement en cela que la série est finalement si fine, dans son choix de normaliser ce qui restait pourtant plus une exception qu'autre chose à la télévision (même alors que Beulah précédait Heathcliff de 34 années).

Mais ce qui rend The Cosby Show proprement brillante, n'ayons pas peur des mots, c'est que c'est un sitcom avec une vraie thèse (contrairement à ce que beaucoup de comédies aujourd'hui voudraient vous faire croire, il ne s'agit pas d'un oxymore). Comme une poignée de créateurs de séries, Bill Cosby a quelque chose à dire, à communiquer, à partager ; il a un univers dans lequel il veut faire entrer les spectateurs afin de leur donner son point de vue sur le monde, à son échelle. Pas d'univers fantasmagorique à la Whedon ici ; Bill Cosby vit dans un monde au contraire très réaliste où il veut parler des rapports au sein du cercle familial. Dans l'espoir de les assainir, sans aucun doute : il ne faut évidemment pas oublier que c'est DOCTEUR Bill Cosby, s'il-vous-plaît, diplômé en sciences de l'éducation, qui a donné naissance à la série (chose que le générique rappelle au bon souvenir du spectateur étourdi). Et de la même façon qu'un Kelley va employer son expérience professionnelle pour donner son point de vue (et ses questions) sur la société, Cosby va faire de même avec la cellule familiale. Ah d'accord, elle a comparé Cosby à Kelley, on sait donc désormais que toute forme d'objectivité sera absente de ce post.
Regarder le Cosby Show n'est pourtant en aucune façon une leçon sur les valeurs familiales. En tant que grande consommatrice de fictions familiales depuis que j'ai su crocheter la serrure du meuble télé, et pour avoir vu l'intégralité oui, l'intégralité des 5 premières saisons de 7 à la Maison, je suis en mesure de vous assurer qu'il y a une énorme différence. Cosby écrit avec sa série le même manuel d'optimisme et d'humanisme que Gene Roddenberry avec Star Trek. Ah ouais, donc maintenant on en est à comparer Bill Cosby au Great Bird of the Galaxy, carrément.

A travers le Cosby Show, on devine quelles sont les convictions profondes de Bill Cosby ; la plus prégnante est le respect des enfants.
Cosby, par le truchement de Heathcliff Huxtable, met un point d'honneur à ne jamais les regarder de haut, il leur parle toujours avec clarté et honnêteté, et ne prend jamais leur intelligence à défaut. En somme, il traite chaque enfant, quel que soit son âge, comme un égal, tout en adaptant son discours à leur compréhension du monde, en bon pédagogue.
Un détail m'a particulièrement impressionnée. Il arrivera à deux reprises, pendant cette première saison, que Heathcliff, la mine accablée par la dernière bêtise inventée par un de ses rejetons, s'empare d'une batte de baseball avant de toucher deux mots à sa progéniture. C'est généralement le moment de toute série où je réprime difficilement un frisson, je l'admets. Mais la batte de baseball n'effleurera pas le plus petit popotin, pas même pour plaisanter : on ne lève pas la main sur les enfants, chez les Huxtable. Jamais. Se saisir de cette batte est plutôt une façon pour Bill Cosby de dire : "je pourrais régler les choses comme ça, et imposer mon autorité par la force et donc la peur" ; chaque fois, Heathcliff posera la batte aussi vite qu'il la prise et entamera une vraie discussion. Cette batte de baseball, c'est en fait la matérialisation de ce que Cliff expliquera à son fils dans un épisode : "dans le temps, quand le père voulait que le fils fasse quelque chose, il l'ordonnait et le fils s'exécutait. Mais on n'est plus dans le temps", racontera-t-il en substance (les histoires-fleuves de Heathcliff Huxtable ayant fait sa réputation...). Ce qui m'a impressionnée ? Les enfants n'ont pas de mouvement de recul, ils ne cillent pas, ils ne regardent même pas la batte quand il l'attrape ; il est acquis que cette batte n'a aucune existence dans leur rapport à leur père. Son utilisation n'est jamais qu'anecdotique.
L'un des meilleurs exemples au long de cette première saison (et, si mes souvenirs sont justes, des suivantes) de la volonté de Cliff de parler à ses enfants comme à des êtres sensés et de toujours privilégier ce mode, sera sa relation à Théo, unique fils de la maisonnée, un peu irresponsable mais pas mauvais bougre. Le Dr Huxtable passe un temps considérable à essayer à la fois de lui inculquer le sens des responsabilités et de préserver leur camaraderie. Ce sera sensible dans le pilote, comme j'ai pu le souligner par le passé, mais aussi dans l'épisode où Clair découvre un joint dans un livre de classe de Théo ; au lieu de virer à la prêche, l'épisode va au contraire prendre un tour surprenant quand les parents croient Théo sur parole (lequel affirme "c'est pas à moi", défense plutôt classique du genre), et que Théo insiste pour prouver son innocence afin de préserver l'estime de ses parents, qu'il n'avait pourtant jamais perdue. Dans la façon que Cliff et Clair ont d'adresser le problème, il est net d'emblée que personne ne va "engueuler" Théo. Il n'est pas question de le sermoner. Il ne vient à l'idée de personne de commencer par punir et poser les questions après (on n'est pas chez les Kyle de Ma Famille d'abord, ici !). On se parle, chez les Huxtable.
Mais le plus merveilleux dans cette famille, c'est que se parler n'est pas réservé aux situations "de crise". On prend aussi les décisions en commun comme dans une démocratie où chaque vote compte (c'est ce qui se passe quand Sondra veut passer l'été en France avec des amies), ou tout simplement on débat de sujets divers, pour le plaisir d'échanger des idées (à l'instar des questionnements soulevés sur le remariage par un ami du couple Huxtable qui a trouvé une nouvelle compagne de plusieurs décennies sa cadette). Il n'est pas rare que les enfants se sentent, dans ce contexte, autorisés à contester les décisions ou le comportement de leurs parents, comme quand Cliff découvre que Denise a un nouveau petit-ami qu'elle ne veut pas lui présenter car ses réactions sont souvent épidermiques, et que Vanessa comme Denise adressent à leur paternel des remontrances à ce sujet.
Cette croyance que les générations peuvent communiquer s'élargit au-delà de la relation parent-enfant ; dans un épisode, les parents d'Heathcliff viennent dîner, l'occasion de comparer les générations entre elles alors que Théo vient de se faire percer l'oreille en cachette de ses parents juste pour impressionner une fille. On en concluera d'ailleurs que si les modes opératoires changent, dans le fond, les adolescents restent les mêmes génération après génération, et les parents aussi. La fin de l'épisode, dans un joyeux brouhaha, montrera des personnes âgées partager avec leurs enfants et leurs petits-enfants leurs souvenirs de jeunesse sans fard ni faux-semblant (attention spoiler : grand-père Huxtable s'était fait tatouer sur le torse le nom de sa promise à l'époque du lycée !). Bill Cosby ne croit vraisemblablement pas au "white lie", considérant qu'il ne sert à rien de faire croire à une image immaculée des générations précédentes, et tenant en plus haute estime la franchise que l'espoir de servir de modèle parfait. Un autre épisode montrera au contraire Cliff Huxtable s'amuser avec plusieurs camarades de Rudy pendant de longues scènes ; mais je vais y revenir.

Outre la position de Bill Cosby sur les rapports intergénérationnels, The Cosby Show est aussi une ode au partage des responsabilités domestiques et familiales, au point qu'on se demande pourquoi cela pose encore problème aujourd'hui si en 1984, le sujet est posé comme une évidence par la série.
On le sait, les Huxtable travaillent tous les deux : Heathcliff est gynécologue et obstétricien, Clair est avocate. Le premier travaille dans un cabinet aménagé au sous-sol de la maison, mais peut être appelé au beau milieu de la nuit, ou d'un évènement important, pour accoucher une patiente à l'hôpital ; la seconde ne compte pas ses heures de travail, et peut parfois enchaîner les heures supplémentaires en soirée. La résultante de ces deux vies très occupées, c'est que, paradoxalement, Cliff est plus facilement à la maison que Clair pour s'occuper des enfants, et considère tout-à-fait normal de les prendre en charge, parfois à la grande surprise de Clair. Celle-ci opposera une ou deux fois de la résistance, généralement parce qu'elle voudrait tout de même pouvoir s'occuper des enfants elle-même (comme dans l'épisode où Rudy tombe malade et que Clair a une réunion très importante qu'elle ne peut déplacer alors qu'elle ne souhaite que cajoler la petite), ou, parfois, parce qu'elle pense que son mari va être dépassé (il lui prouvera le contraire ; sauf dans la mesure où les enfants n'apprécient pas la cuisine de leur père !). Heathcliff et Clair sont donc à pied d'égalité dans la maisonnée, en partie parce que les circonstances s'y prêtent, et en partie parce que le Dr Huxtable éprouve un plaisir visible à passer du temps avec ses nombreux rejetons.
Quant à leur relation de couple, elle fait partie des choses les plus vibrantes de cette première saison. Quand on les voit ensemble, on ne se demande absolument pas comment Heathcliff et Clair ont pu avoir 5 enfants (alors que la question est légitime dans le cas des Camden de 7 à la Maison, pour prendre l'exemple le plus frigorifiant de couple télévisuel de parents supposés s'aimer). C'est bien simple, ils sont toujours l'un sur l'autre ! Ils s'aiment visiblement comme au premier jour (ils se sont pourtant connus au lycée, comme l'expliquera Heathcliff dans un épisode où il se souvient avoir choisi sa fac uniquement sur la base du choix de Clair), et cet amour ne se vit pas en cachette dans la chambre à coucher, bien que celle-ci soit évidemment le théâtre idéal pour leurs interactions. Dans le salon, la cuisine, PARTOUT ! Les Huxtable s'embrassent, se taquinent, s'entrelacent, s'allument, se suçottent les lobes d'oreille... ils sont inséparables, et très tactiles.
Leurs échanges ne se limitent pourtant pas à leurs nombreuses preuves d'amour physique : on se raconte sa journée (comme Heathcliff qui rentre à 3h du matin et raconte à son épouse à demi-endormie : "on dit qu'un bébé naît en moyenne toutes les 9 secondes, cette nuit, ils avaient choisi mon hôpital pour le faire"), on partage ses préoccupations, des plus profondes aux plus futiles ("si je meurs et que tu rencontres une femme qui me ressemble trait pour trait, est-ce que tu gardes ma photo ?"), ou évidemment, on discute des enfants. Le rapport d'égal à égal est valable dans tous les domaines.
D'ailleurs, preuve que Cosby est là avant tout pour parler d'un univers et non d'un couple, le Dr Huxtable aura l'occasion plusieurs fois d'expliquer ces principes à ces propres patients. Au mari d'une parturiente qui insiste pour se comporter comme chef de la maison (ce qui ennuie bien la future maman), il expliquera : "l'époque où on était le chef, sérieusement, ça date d'il y a 30 ans ! L'homme à l'ancienne, c'est fini ! Une relation, c'est bien plus que d'être le chef. Vous n'êtes pas le chef, elle ne sera pas le chef". Evidemment, comme on parle d'une comédie, la tirade se conclut sur : "le bébé sera le chef !"... mais le message est clair. Et il sera répété, de façon plus subtile et cette fois sur le ton de l'évidence, tout au long de cette première saison. On est en 1984, rendez-vous compte ; pourquoi a-t-on encore des débats sur le sexisme en 2013 alors que Bill Cosby avait classé tout ça il y a belle lurette ?

Il faut avouer que même si Cliff est, de toute évidence, au centre de la série, Clair est un personnage, pardon pour le jeu de mots, parfaitement lumineux. Phylicia Rashad a d'ailleurs l'air de passer de bons moments sur le plateau, éclatant de rire spontanément lorsque Bill Cosby fait le pitre, et apportant sa classe naturelle à son jeu d'actrice qui n'endosse jamais tout-à-fait dans le rôle du clown blanc. Clair est la voix de la raison... souvent. Pas tout le temps. Clair est bon public pour Cliff... jusqu'au moment où c'est elle qui va nous épater, nous prendre par surprise.
Personne ne s'enferme dans une caricature, dans le Cosby Show.

TheCosbyShow-Season1b

Quand j'avais 5 ans, ma mère m'avait laissé voir Rencontres du troisième type ; il est de notoriété dans ma famille qu'à l'issue de film, je me suis précipitée vers l'écran en répétant que je voulais rentrer dans la télé, et partir rejoindre les personnages (eh oui, déjà alors). J'ai ressenti cette émotion, que je n'avais plus connue depuis un quart de siècle, devant cette première saison du Cosby Show. Et quand je vous disais, plus tôt, que le premier volet de mon intégrale m'avait mise à genoux, ce n'est pas une image : je suis littéralement tombée devant mon écran, les joues en larmes, devant certaines scènes absolument magiques. MA-GIQUES. J'assume mes adjectifs.
Et pas juste parce que les Huxtable forment une famille géniale, ce que je me suis ingéniée à expliquer jusqu'à présent, mais aussi parce que la série offre des moments... eh bien, je l'ai dit, magiques.

Il suffit, pour se convaincre de l'énergie de certaines idées du Cosby Show, de voir les épisodes-ovnis comme Jitterbug Break (1x16) ou Slumber Party (1x22), à la narration fantaisiste.
Le premier raconte comment la famille Huxtable se prépare à passer un vendredi ou samedi soir ; les parents s'apprêtent pour sortir avec un couple d'amis pour aller danser, la babysitter annule sa venue et Denise est chargée de la remplacer, qui invite donc les amis avec lesquels elle devait sortir à venir à la maison. Denise, dont on apprend qu'elle pratique le breakdance avec une boombox dans la rue (hello, années 80). L'épisode commence donc de façon assez classique, mais son dernier quart d'heure sera en réalité entièrement dédié à faire danser les personnages dans le salon, ce salon que nous connaissons tous où les meubles ont été poussés par Denise, ses amis et Théo, et où chacun s'en donne à coeur joie sur du hip-hop, puis du jazz quand arrivent les amis des parents, des danseurs émérites qui prouvent qu'ils ont encore quelques tours dans leur manche, puis finalement, quand les deux générations se mettent à danser ensemble dans la joie et la bonne humeur. L'épisode ne veut a priori envoyer aucun message : chaque personnage prendra la suite d'évènements comme un bon moment dont il faut profiter, le bonheur du moment dans une maison qui n'en manque pas. Son but est simplement de finir sur une célébration de l'envie de danser. Le scénario de départ n'a été qu'une excuse pour profiter de ce moment magique du quotidien des Huxtable. "C'est pour ça que j'aime venir ici", soufflera leur ami dont la voix est couverte par la musique, "on ne sait jamais comment la soirée va finir".
Dans le second de ces deux épisodes, Rudy s'ennuie copieusement, et Heathcliff lui suggère (après lui avoir proposé d'être son camarade de jeu, et de s'être gentillement fait rappeler "tu es mon papa, pas mon copain" par la petite) d'inviter des amis à dormir. Huit enfants de cinq ans vont donc être lâchés dans la maison (huit !), alors que Clair est, une fois de plus, retenue à l'extérieur (une conférence, cette fois) et que Cliff doit donc gérer tout seul la petite tribu, même s'il embarque finalement Théo et Denise pour lui prêter main forte. L'épisode n'a pas de conclusion à proprement parler : où Cosby veut-il en venir en parlant de la pauvre Rudy qui se sent seule ? Nulle part, la pauvre n'aura pas plus de trois lignes de dialogues à partir du moment où ses camarades arrivent à la maison. L'épisode va en fait consister en une enfilade de scènes pendant lesquelles le Dr Bill Cosby va simplement interagir avec les enfants : leur parler (encore), jouer avec eux, les taquiner, et ainsi de suite. Reconnaissant que les petits bouts sont bruyants, il aura juste le temps de lancer un pari avec son propre père (de passage) afin d'essayer de réussir à faire taire les gamins pendant une minute. Et c'est tout. Juste ça : Bill Cosby et huit enfants joyeux. Les scènes sont longues, mais on s'en fiche. Ca respire la vie !

Contrairement à la plupart des séries de son époque (puis des années 90) à vocation familiale, The Cosby Show n'a donc, vous l'aurez compris, aucune ambition moralisatrice, et ne s'embarrasse pas de conclusions. La narration de nombreux épisodes de cette première saison n'aura pas conclusion claire, sans même aller jusqu'aux exemples que je viens de citer ; ce sont simplement des tranches de vie, légèrement plus comiques que celles que vous et moi avons pu connaître pendant notre propre vie familiale, mais qui ne sortent jamais de ce registre.
Même quand l'avant-dernier épisode de la saison s'aventure au centre communautaire du quartier (posant ainsi comme une nouvelle évidence que Cliff et Clair participent à la vie de quartier sur leur temps libre, of course), on évitera pourtant tous les écueils du genre. L'épisode, qui devait être un backdoor pilot, mettra en retrait les Huxtable pour souligner plutôt le quotidien de Tony, responsable du centre, et de sa petite-amie, conseillère et psy travaillant avec lui. L'épisode, qui porte le titre de Mr. Quiet, montre alors Tony qui fait la connaissance d'un petit garçon très secret, lequel vient de se faire battre par un groupe d'enfants, et refuse de parler à qui que ce soit de ce qui est arrivé. Va-t-on essayer de comprendre pourquoi on s'en est pris à lui et ainsi aborder, je ne sais pas, le problème du racisme ou des violences ? Va-t-on découvrir que le garçon, que Tony n'a jamais vu au centre communautaire, est un SDF à prendre en charge ? Pas du tout. Le seul "enjeu" de l'épisode est que Tony tente de se lier à l'enfant et de lui faire simplement dire son prénom, et l'épisode se concluera quand le petit rentre chez sa mère après avoir non seulement parlé à Tony, mais aussi dévoilé son surnom "pour les amis". Voilà, c'est tout. Pas de mission. Une tranche de vie qu'on ne prend pas pour prétexte à moraliser la discussion.
The Cosby Show, regardable par toute la famille, ne donne pas dans l'éducation des enfants, de toute façon, mais plutôt des parents. Si la série poursuit un but, c'est à la rigueur d'apprendre à ces derniers à parler aux plus jeunes, pas à aborder les problèmes rencontrés par ceux-ci pour les aider à grandir. La télévision de Bill Cosby n'éduque pas les enfants à la place des parents. Personne ne doit éduquer les enfants à la place des parents, voilà ce que croit Bill Cosby, et c'est pour ça qu'il faut apprendre aux parents à être pédagogues. A observer. A écouter. A parler. A interagir avec les plus jeunes, de façon simple mais sincère. Mais ça, vous l'aviez compris depuis le début de la lecture de ce post...

Avec son rythme souvent à contre-temps, et ses multiples tentatives d'expérimenter des structures narratives atypiques pour ne pas dire, parfois, inexistantes, la première saison du Cosby Show vaut largement le coup d'oeil. D'autant qu'au-delà de ça, ses gags sont tout simplement intemporels...

TheCosbyShow-Season1c

Pour conclure, je dirais : il faut signer où pour se faire adopter par les Huxtable ? Avec tout ça, mais aussi les coiffures de l'impossible, les pulls pas croyables, et les musiques d'un autre temps, j'ai eu l'impression de replonger dans l'enfance que je n'ai jamais eue, c'était un vrai délice.
...Et dire que ça, c'était pour une seule saison ! Bon, il est un peu acquis ce marathon, maintenant, non ?

8 mars 2013

La cause des femmes

Il y a quelques jours, Sullivan a partagé cet article d'Ecrans ; plus que l'article lui-même, c'est une citation de celui-ci dans le tweet de Sullivan qui m'a marquée : "En France, au niveau de l’industrie de la fiction, on est entre le Sri Lanka et la Biélorussie".

En tant qu'amatrice de séries de tous les pays, la phrase m'a interpelée. Sur le principe, c'est à peine exagéré : oui, notre industrie télévisuelle n'a rien d'une industrie en réalité, et de nombreux pays ont développé des systèmes bien plus performants que le nôtre pour avoir un véritable roulement en matière de fiction. Mais surtout, le classement est intéressant parce qu'il n'est pas très loin de la vérité... même si, de mon point de vue, nous serions plutôt après la Pologne.
Pourquoi la Pologne ? Parce que les productions polonaises ressemblent à s'y méprendre à des séries de TFHein, à moins que ce ne soit l'inverse. Sur le plan du budget, de la réalisation, et généralement de l'exigence, on est vraiment dans cette famille-là.

Dernier exemple en date : Na Krawędzi, qui a débuté la semaine dernière sur Polsat. Il s'agit, évidemment, d'une série policière/sociale, comme TFHein rêve d'en faire et complote probablement d'en sortir un remake dés que possible à l'heure où nous parlons. L'héroïne de cette série s'appelle Marta Sajno, une éditrice qui a trouvé le sujet et qui, après avoir vécu au Canada, revient en Pologne avec sa fille Anna, pour régler des affaires. Sauf qu'elle va se retrouver au coeur d'une enquête policière conduite entre autres par l'enquêtrice Tamara Madejska, touchant au milieu de la prostitution... L'occasion pour Marta de s'impliquer sur un sujet qui lui est cher : les violences faites aux femmes.

NaKrawedzi

Avec pareille combo, on s'attendrait à ce que Na Krawędzi soit une série, disons, moderne, et peut-être même féministe. Vous savez, girl power, tout ça.
C'est oublier un peu vite qu'on est en Pologne.
Car, outre le fait qu'en Pologne, le féminisme a été enterré dans la joie et l'allégresse dans la même fosse que le communisme, il s'avère que dans ce pays, on ne célèbre pas exactement le girl power dans la fiction. Et la priorité n'est pas au changement des représentations, non plus.

Il y a bien-sûr le problème bien à part des soaps et telenovelas nationaux, qui évidemment font la part belle à un grand nombre de clichés sexistes, que le célèbre conservatisme polonais n'aide pas. C'est ce qui a permis à un soap tel que Majka de prospérer, par exemple, à partir d'un pitch pourtant ridicule au possible, celui d'une jeune femme vierge qui entre à l'hôpital pour une opération, mais se retrouve par erreur inséminée avec le bébé d'un couple qui faisait un traitement de fertilité (oui, vierge et enceinte, le personnage de rêve pour une société profondément catholique). L'héroïne est enceinte d'un inconnu dont elle va tomber amoureuse a posteriori... mais, ouf, l'honneur est sauf, elle n'a pas fauté !
Le fait que les chaînes polonaises fassent leur marché parmi les pitches les plus rétrogrades de la télévision sud-américaine pour leurs idées de telenovelas n'arrange évidemment rien (et fait souvent passer, par comparaison, ces mêmes telenovelas hispaniques mièvres et/ou simplistes pour des séries avant-gardistes de HBO).

Mais même du côté des séries dramatiques hebdomadaires, on ne peut pas dire que les personnages féminins soient particulièrement impressionnants.
Oh, pas de mégarde : la télévision polonaise regorge d'héroïnes ! Simplement elles ont une fonction essentiellement ornementale et/ou maternelle.

Prenez Prawo Agaty, sur TVN, c'est un cas d'école... et accessoirement un grand succès : la série a été lancée en mars 2012, elle aborde d'ores et déjà sa 3e saison. Dans cette série légale, Agata, une femme qui était juriste pour une compagnie d'assurances, perd son emploi ; or elle est mère célibataire, et elle a besoin de gagner sa vie (sous-entendu : si elle était mariée, perdre son emploi serait totalement anodin financièrement). Avec une amie qu'elle a connue à la fac, elle monte donc son propre cabinet d'avocats, mais elle n'a jamais pratiqué le droit civil jusqu'à présent ! Elle aurait aussi pu ne pas ouvrir un cabinet se spécialisant dans le droit civil, mais bon. La série chronique donc ses nombreuses difficultés à plaider des affaires généralement à vocation sociale. Chaque semaine, à charge pour Agata à la fois de devenir une meilleure avocate, et d'aider des familles dans la détresse.
Loin de nous offrir un The Good Wife (faudrait ptet voir à pas déconner), la série serait plutôt un Ally McBeal sous perfusion de tranquilisants, lorgnant en fait énormément vers Joséphine, ange gardien. Ne vous retournez pas, mais je crois que des gens de TFHein nous écoutent et prennent des notes ; faites semblant de rien. Il y a évidemment un fond de romance (Agata est une célibataire, et ce crime ne peut rester impuni), mais surtout beaucoup d'occasions pour notre héroïne de faire des démonstrations de compassion, d'écoute, et de toutes sortes de qualités du même tonneau supposément très féminines. Alors évidemment, Prawo Agaty nous montre en apparence une femme indépendante (même si, croisons les doigts, ça ne va pas durer !) qui porte de jolis tailleurs au-dessus du genou, ça va, on n'est pas des animaux moyenâgeux, quand même ! ...Mais enfin, les clichés sont quand même là et bien là. Et accessoirement, Agata est présentée de façon tellement inoffensive, que sa beauté a plutôt pour vocation d'attirer le public mâle que d'inspirer le public féminin.

NaKrawedzi-logo

Eh bien dans Na Krawędzi, c'est un peu la même.
Marta est une très belle femme blonde qui a du succès dans les affaires, conduit d'une main de fer un magazine féminin, et qui a une fille dont tout semble indiquer qu'elle a réussi à bien l'élever, Anna étant en deuxième année de droit (ANNA, APPRENDS LE DROIT CIVIL !!!). Ca fait plaisir, un personnage fort, me direz-vous ! Tenez-vous bien, il y en a deux. Car l'épisode commence alors que Marta a découvert un cadavre dans le jardin (c'était donc un mardi au pays des séries), sur lequel une équipe de policiers va enquêter, dont Tamara Madejska, une femme célibataire qui a du caractère (ça se voit parce qu'elle porte un blouson en cuir et elle fait du judo). Les deux femmes semblent partager quelque chose que l'épisode prend bien garde à ne pas expliciter trop vite, même si son accompagnement musical très lourd vend un peu la mèche.
Vous l'aurez deviné, les deux femmes se connaissent parce qu'avant de partir pour le Canada faire fortune, Tamara avait été chargée d'une affaire qui concernait directement Marta, et qui explique pourquoi cette dernière est si motivée en matière de violences faites aux femmes. C'est un lourd secret qu'évidemment elle a caché à sa fille Anna, laquelle n'a pas connu son père (clin d'oeil appuyé, clin d'oeil appuyé)...

Vous le comprenez, gros changement dans la dynamique sur le fond : quand s'expliquent les tenants et aboutissants de Na Krawędzi, on comprend que son héroïne est en réalité une victime avant tout, que cela dirige ses actions (monter un journal féminin, éduquer sa fille seule, etc...), et non une femme à poigne. En la faisant s'investir pour la cause des femmes maltraitées (prostitution dans cet épisode, mais aussi violences domestiques à travers une fondation qu'elle a créée, et viol dans une scène tardive du pilote), la série modifie le sens de sa prise de responsabilité pour en faire une femme qui, une fois de plus, agit par compassion et solidarité. Bizarrement, c'est quand s'opère ce changement symbolique dans la représentation de Marta que l'enquêtrice Tamara est reléguée au second plan, une dynamique permise par le fait qu'une équipe de flics mixte est sur le coup. Les hommes peuvent ainsi prendre le relai, nous sommes sauvées !

Mais attendez. Il y a pire.
Dans un épisode qui va fustiger la prostitution, nous allons avoir la chance de faire connaissance avec Anna, qui, osons le dire, n'a qu'une vocation purement décorative dans cet épisode. Le personnage n'a clairement été placé là que pour monter le background de Marta, mais bon, maintenant qu'il est là, ce perso, il faut bien qu'il se rende utile. Qu'est-ce qu'on pourrait donc bien en faire ?
Charmante petite personne forcément jolie, Anna va donc passer son temps à sourire et faire des oeillades à tout le monde, évidemment en mini-jupe autant que possible, et va même finir une scène en topless (ok, là j'avoue, ma théorie fumeuse sur la société conservatrice polonaise s'effondre, j'ai pas d'explication). Certes, on ne la verra que de dos, mais enfin, bon, ça se voit un peu que c'est gratuit.
Et ça se voit d'autant mieux que dans Na Krawędzi, aucune scène ne dure plus de 2 minutes (montre en main, j'ai vérifié !), alors que la camera va s'apesantir lourdement sur Anna dans sa piscine, scène qui de surcroît n'a pas l'ombre d'une signification pour l'histoire. En gros, Anna parle à sa mère, laquelle se dépêche d'aller bosser, là-dessus, paf, une minute sur Anna qui se désape et va faire du quasi skinny-dipping. Pas l'ombre d'un petit prétexte si ce n'est "ah tiens, la conversation est finie, allons mater la gamine pendant une minute". Non, on ne va même pas faire semblant d'avoir une raison, à quoi bon.

Le résultat obtenu par cet ensemble de procédés fait de Na Krawędzi une série totalement contre-productive. Sans aller jusqu'à espérer une série ayant le courage d'un Uçurum, voire même si on était en veine, un Matrioshka, j'espérais un peu mieux d'un tel pitch.
Là où on s'attendrait à avoir un thriller intéressant et original (d'autant que la série a choisi une intrigue feuilletonnante, et non un format procédural, ce qui est une bonne idée à la base), on se retrouve au contraire avec une série usant de tous les stratagèmes pour renvoyer les femmes dans leurs rôles télévisuels typiques : des femmes blessées, des justicières impossibles à aimer, et de jolies bimbos pas trop frileuses.
Mais tout ça au nom de la dénonciation des violences faites aux femmes !

Je pense que les spectatrices polonaises sont en droit de dire : I need feminism because I watch television. Enfin, elles le diraient sûrement en polonais, mais vous saisissez l'idée.
Du coup, il faudrait que je me refasse une série de TFHein, histoire de voir si, à défaut de l'être sur la fiction, on est un peu mieux lôtis que la Pologne du côté des stéréotypes sexistes.

11 février 2013

Zygomatiques au repos

Depuis quelques jours que je suis malade ("quelques jours ? Une éternité !", vous dira mon entourage essentiellement constitué de mauvaises langues infoutues de préparer une soupe de poulet potable), je redécouvre l'avantage de regarder des comédies. Alors que j'en avais mis un très grand nombre entre parenthèses, notamment en décembre pour faire de la place à mon marathon Scrubs, j'ai repris le visionnage de plusieurs séries, parmi lesquelles Les Bobos, The Neighbors ou encore New Girl que pourtant je ne pensais pas reprendre avant cet été. Les faits sont là : quand on est malade, c'est vachement plus sympa de regarder une comédie. Ou dix. Mais sitôt mon retard rattrapé sur ces séries, je me suis aperçue qu'un nouveau problème se posait : je commençais à être à court de formats d'une demi-heure ! C'est là que le défi avec whisperintherain intervient...

TheSpa

The Spa se déroule dans un complexe de beauté et de bien-être... oui, ou un spa, si vous appelez ça comme ça... et a priori le concept est bon. Il est tellement bon que, soyons sincères, il a déjà été en grande partie utilisé dans Vénus et Apollon, dont je me rappelle avoir vu des bribes d'épisodes (chaque bribe aperçue étant en général suivie d'un réflexe pavlovien de zapping : à l'époque, les séries françaises et moi, on n'avait pas encore signé la trève de 2012...). Et de par la variété de clients qui peuvent passer la porte, de par la raison d'être de ces entreprises, de par les interactions entre les différents membres du personnel, je peux comprendre le potentiel d'une série, et a fortiori d'une comédie, se déroulant dans ce contexte. Le problème, c'est que le résultat ne ressemble absolument pas à ce que je m'imagine. Et à vrai dire, le problème, c'est que ça ne ressemble à rien du tout.
Le premier épisode de The Spa, diffusé la semaine dernière, suit donc la directrice du... spa, oui si vous voulez, alors qu'elle passe une mauvaise journée et qu'elle doit gérer le personnel extravagant de l'établissement, de la pauvre assistante complètement stupide au professeur d'aérobic en fauteuil roulant. Evidemment rien ne se passe jamais comme il faudrait, la pauvre femme est entourée d'incompétents, et ainsi de suite.

Le soucis, c'est qu'en définitive, il ne se passe rien. Evidemment je n'attendais pas de The Spa qu'elle nous propose des intrigues de la profondeur insondable d'un drama, mais au minimum, je m'attendais à une histoire. Je sais, je suis d'une confondante naïveté. Mais au terme de son épisode inaugural, il apparait plutôt que The Spa fonctionne comme une série à sketches, où les séquences n'ont aucune sorte de continuité, se contentant de sortir une blague puis de passer à la suivante en oubliant la plupart de ce qui vient de se dire.
Mais ce qui est le plus déconcertant dans tout ça, c'est que plusieurs des gags n'ont strictement aucun rapport avec le contexte ! La scène qui m'a semblé être la plus longue portait par exemple sur le vieil homme chargé de la réparation, un type qui se balade en short ultra-moulant toute la journée et à qui la patronne fait remarquer que c'est vraiment indécent, vu le gabarit de son engin, de porter un short taillé aussi serré, et qu'il y a encore eu des plaintes. En quoi cette scène a-t-elle quoi que ce soit à voir avec le contexte du spa ? Ca pourrait se passer absolument n'importe où ! Et ça dure vraiment, vraiment longtemps, c'est insupportable. Alors non seulement ça ne fait pas rire, non seulement c'est pas très fin comme genre d'humour, mais en plus c'est interchangeable avec n'importe quelle autre série pas drôle et pas fine !

En toute honnêteté, je crois qu'il y a des formes d'humour qui me resteront étrangères ; l'humour britannique fait partie de ces choses-là (et, par ricochets, l'humour scandinave, qui lui est assez proche pour ce que j'ai pu voir). Il y a des comédies venues de Grande-Bretagne qui fonctionnent sur moi, c'est sûr, mais c'est une minorité, clairement ; et quand je me retrouve devant une comédie comme The Spa, je le ressens de façon encore plus évidente. Ca me rappelle mon embarras devant Benidorm par exemple (bon, ici d'autant plus à raison que c'est le même créateur), et comment cet humour n'est définitivement pas le mien.

Le seul intérêt de The Spa, ce sont les couleurs de ses décors : ça m'a rappelé qu'Äkta Människor sortait en DVD ce mois-ci en Australie. Eh, dans le genre associations d'idées, ya pire, quand même.

Challenge20122013

7 janvier 2013

Il faut que jeunesse se passe

Lentement mais sûrement (c'est un défi annuel, donc pas la peine de se bousculer dés la première semaine), j'avance dans mon défi du Secret Diary of a Cinephile.
Aujourd'hui, c'était le tour de Moonrise Kingdom, un film à la fois tendre et désabusé, qui pour une raison folle, collait parfaitement à mon humeur du jour, alors que la seule raison pour laquelle je l'ai regardé, c'est parce que Timekeeper me l'avait chaudement recommandé (je n'avais même pas lu de résumé !). Quand un cinéphile averti vous dit que c'était le film de toute son année 2012, on ne discute pas !

Le visionnage étant passé, je dois dire que pour ce soir, outre mon "enthousiasme blasé" pour ce film étrange (j'essaye d'assortir au ton du film), j'ai surtout une question : quelle est l'explication de notre fascination pour les enfants qui se comportent en adultes ?

MoonriseKingdom

Films, séries, littérature... la fiction déborde à ras bords de personnages jeunes mais se comportant avec la maturité des adultes... le sous-entendu étant souvent, d'ailleurs, qu'ils en ont plus que les adultes (lesquels ont perdu soit la tête, soit leurs illusions).

Le pire c'est que bien souvent, plus l'enfant est jeune, plus il est intelligent et mûr. Rappelez-vous du bagoût de personnages comme Olivia dans le Cosby Show ou Punky Brewster dans la série du même nom ? Le phénomène à la télévision concerne énormement de personnages de moins de 10 ans, parfois même moins de 5, capables de river le clou aux plus âgés, dotés d'une grande culture (rappelez-vous de Franklin dans Ma famille d'abord... oh mon Dieu je n'ai pas encore réussi à éliminer tous mes souvenirs de Ma famille d'abord, à l'aide !), bref, n'ayant rien à nous envier, bien au contraire. On parlait de ce genre de personnage avec Spy il n'y a pas si longtemps. Ces personnages conservent immanquablement une part de naïveté adorable qui fait d'eux, instantanément, des créatures charmantes, au lieu d'être des monstres MENSAïesques.
Et si vous croyez que le phénomène est circonscrit aux séries à vocation comique, détrompez-vous : n'est-ce pas aussi sa maturité qui est l'atout principal de Rory Gilmore ? C'est ce qui lui permet de comprendre et parfois consoler sa mère, et permet de tisser ce lien incroyable entre les deux Gilmore Girls, qui est à la base de la série...
La maturité de ces enfants qui ont grandi [trop] vite est également au coeur de multiples intrigues à fendre le coeur, comme dans Mother (le mythe de l'enfant mature est particulièrement vivace, d'ailleurs, dans nombre de fictions asiatiques ; d'ailleurs le fait que désormais on attribue des rôles d'adultes incarnés par des enfants, comme dans Kodomo Keisatsu ou Kodomo Keisha, est assez parlant).

Evidemment, plein d'autres exemples peuvent être trouvés, dans toutes sortes de médias. Mais je me rappelle m'être déjà fait la réflexion pendant la lecture du livre X-Men and Philosophy : chaque fois qu'un personnage est d'une grande maturité ET capable d'immenses pouvoirs, il s'agit de quelqu'un de jeune (une jeune femme, même) à l'instar de Rogue et surtout Layla Miller. De qui dépend le monde ? Quand même vachement d'elles, comme en témoignent les histoires capitales de la franchise où elles tiennent un rôle essentiel...

Pourquoi tant de fictions aiment-elles donc jouer avec l'idée qu'il existe des êtres ayant, en quelque sorte, le meilleur des deux mondes : la connaissance du monde adulte, et l'innocence de l'enfance. Il y a une part d'identification, je suppose : on incite le spectateur ou lecteur à imaginer être lui aussi un être intelligent, mais encore pas tout-à-fait creux et vide comme la plupart des adultes endurcis apparaissent l'être dans beaucoup de médias. Il y a également le problème du jeunisme, qui est vendeur. Mais au-delà de ça, je pense qu'il y a une vraie fascination, et une partie de son mystère me reste insondable.
Moonrise Kingdom aurait pu être écrite avec pour héros des adultes un peu détachés et blasés mais qui s'aiment d'un amour vrai. Choisir de le faire avec des enfants (et de peupler le film entier avec des enfants s'exprimant de façon monocorde, et des adultes hystériques ou à tout le moins expressifs) n'est pas, pardon pour le jeu de mots, innocent.

Juste une suggestion, mais... et si on laissait les gosses être des gosses ? C'est évidemment un procédé qui fonctionne sur le coup, mais je sais pas, à bien y réfléchir, ça me fait un peu de peine.

14 juillet 2011

La plus grande pauvreté

J'ai des dizaines de choses à faire : finir Mesudarim, regarder Koselig Med Peis (cette fois avec sous-titres), m'envoyer l'intégrale de Jack & Bobby que je me promets depuis l'été dernier, sans compter quelques pilotes que j'ai dans ma besace (j'ai toujours des pilotes dans ma besace...) et les posts que je dois écrire sur Cloudstreet, Game of Thrones...
Non, je ne manque pas d'occupations.

Cependant, je suis atteinte de ce curieux mal qui m'arrive souvent après une intégrale (ou deux, comme l'an dernier avec Les Craquantes et Will & Grace) : je n'ai envie de rien.
Si, de Roseanne.
Mais bon, on a vu comment ça a tourné sur la fin, hein.

RoseanneEmpty
Et pourtant, que la série ait été un plaisir de chaque instant ou qu'elle ait eu ses (très) mauvais moments, il y a toujours cette période, à l'issue d'une intégrale, pendant laquelle on n'a goût à rien parce qu'il faut se déshabituer des réflexes acquis pendant quelques semaines : lancer le DVD et s'envoyer un petit épisode pendant le dîner.
D'accord, qui suis-je en train d'essayer de berner ? Deux épisodes.
Ok, ça va, trois, vous êtes de la police ou quoi ?

Toujours est-il que même en étant parfaitement consciente qu'il n'existe aucune force suffisamment puissante de par le monde pour me contraindre à regarder une nouvelle fois un épisode de la 9e saison de Roseanne, et que certains d'entre eux m'ont téléphagiquement traumatisée à jamais (je vous remets pas les liens vers les twitpics, hein, j'ai pitié, elles étaient déjà dans le post précédent et c'est un acte de barbarie suffisant), eh bien malgré tout, la série me manque.
Le processus est, j'imagine, naturel. Pour autant, même pleinement consciente en toute objectivité de l'ironie de la chose, difficile de penser à autre chose en ce moment.

Alors, même si j'aimerais qu'aujourd'hui mon post vous parle d'un pilote génial, vous rappelle une série méconnue, ou vous commente une news sur la cérémonie télévisuelle qui est la plus chère à mon coeur... aujourd'hui, mon post peut juste vous dire que Roseanne me manque.
Au juste, je ne suis pas bien sûre du pourquoi. Mais toute la journée, j'ai expérimenté le comment.

21 octobre 2011

Le but et le moyen

"Bon bah c'est une série de Showtime, quoi".
C'est le genre de chose que j'ai la sensation d'entendre de plus en plus souvent. Avant, on faisait déjà des généralités sur une chaîne : CBS et ses séries policières sorties d'une chaîne de montage, la CW et ses merdes dédiées aux ados volontaires pour se faire trépaner, ABC et son goût pour les annulations absurdes...
Et ça donnait déjà des réflexions du genre "je ne voyais pas du tout cette série sur cette chaîne", alors que, bah écoutez les petits, justement, elle y est, c'est donc bien que si.

Mais j'ai l'impression que de plus en plus, on inverse cette façon de penser en décrétant qu'une chaîne ne peut jamais faire que la même chose.
Ainsi, pendant The SeriesLive Show, au cours de la saison passée, ai-je pu entendre régulièrement une petite phrase qui n'avait l'air de rien, mais qui sur le long terme m'a paru agaçante ; par exemple à l'occasion de laquelle l'un de mes camarades avançait que The Walking Dead n'avait rien d'une série de AMC. Ecoutez, si une série sur la survie (hautement improbable) en milieu zombie n'est pas à sa place sur AMC, je ne refuse pas qu'on me dise sur quelle chaîne et nulle part ailleurs elle s'imposait comme une évidence. Évidemment, HBO, FX et Spike (en supprimant le budget sport) auraient pu le faire en toute légitimité, mais je ne vois pas en quoi AMC est moins autorisée à passer ce genre de commande. Après tout la politique de fictions de la chaîne a l'âge de Mad Men (occultons Remember WENN et The Lot que, osons le dire, personne n'a vues), et on ne peut même pas dire que Le Prisonnier (New Gen) soit du même tonneau que Breaking Bad, ni Breaking Bad de Rubicon. Ajoutez à ça The Killing qui est, en plus, un remake de séries étrangère, et non une création originale (voyait-on AMC donner dans le remake ?), et vous avez tout compris. Rien ne fait spécialement sens. Il n'y a pas un ton unique. Il n'y a pas une volonté unique. L'idée est d'aller chercher la qualité sous toutes ses formes, qu'elle emprunte un ton grand public (The Walking Dead) ou s'adresse à une audience plus restreinte (Mad Men).
Et entre parenthèses, parfois ça marche, et ça donne une vraie série de qualité qui enthousiasme la critique, et parfois ça ne marche pas, dans le sens où la série laisse les observateurs circonspects et/ou reste trop confidentielle.

On pourrait le faire de beaucoup de chaînes, d'ailleurs. Car si sur HBO, le mot d'ordre est également censé être la qualité, rappelons qu'elle revêt des formes très variées (euphémisme), de Boardwalk Empire à True Blood en passant par Entourage, Bored to Death et East Bound and Down (notez bien que je n'entre même pas sur le terrain de mon avis personnel sur ces séries ; mais si vous y tenez, il y a les tags).

Bien-sûr, il y a des points communs, et je ne nierai pas que pour Showtime, il est facile de généraliser à partir du fait que les séries sont souvent centrées sur un personnage féminin (d'ailleurs SNL ne s'est pas gêné l'an dernier pour le signaler, oubliant de façon fort pratique ce bon Dexter dans sa démonstration), mais ça ne fait pas tout. Et le ton ? Et le sujet ? Bien que j'aime ces deux séries, jamais il ne me viendrait à l'idée de comparer Nurse Jackie à The Big C, par exemple. A contrario, il vient à l'idée de tout le monde comparer Enlightened à The Big C. Oups, pas la même chaîne.

Alors on étiquette. Showtime ne peut faire que des séries de gonzesses (oups Dexter), HBO ne peut faire que des séries de qualité (oups True Blood), CBS ne peut faire que des séries policières (oups The Good Wife)... "Ouais nan mais là lady, c'est facile, moi aussi je peux le faire et trouver une exception, n'empêche, c'est quand même vrai en général".

Eh bien non, pas en général, si on y réfléchit. Peut-être que dans le fond ça souligne surtout une chose : la perception que nous, nous avons de l'identité d'une chaîne.
Par exemple, j'en parlais dans les commentaires cet aprem avec Tony sur un autre post, mais pour moi, ABC est le network des annulations scarifiantes. Pourtant j'ai été peinée, il y a quelques mois encore, par des extinctions sur d'autres chaînes, à l'instar d'Outsourced sur NBC, mais il reste assez criant pour moi qu'ABC a annulé des séries comme Pushing Daisies (obviously), Samantha Who, Better Off Ted... Pour d'autres que moi, ces annulations seront passées plus en douceur, là où d'autres auront marqué, faisant d'une autre chaîne l'ennemi à abattre.
Alors du coup cette perception varie d'un spectateur à une autre.

HomelandisDashow
Et c'est pour ça que toujours un peu irritant quand j'entends l'un de mes comparses du SeriesLive Show attaquer Showtime au pied de biche de façon systématique, parce que j'ai l'impression que cette généralisation empêche d'aborder toute nouveauté avec un oeil neuf. Il n'y a pas que du bon sur Showtime, et je ne regarde certainement pas toutes les séries de Showtime, mais je trouve étrange qu'on veuille juger une série à l'aune de la chaîne sur laquelle elle est diffusée. Je n'ai même pas envie de défendre Showtime, ou ABC, ou NBC, ou CBS, ou AMC, ou que sais-je. Je ne vois pas plus l'intérêt de les "sauver" en bloc que des les dénigrer systématiquement.
Je trouverais simplement plus juste qu'on juge une série sur ce qui est diffusé, et non sur qui la diffuse.

Voilà, c'était le coup de gueule du jour, mais avouez : ça faisait longtemps.

3 décembre 2010

Refaire / Défaire

On se plaint des remakes américains... mais, mes pauvres petits, c'est rien, ça. C'est une partie de plaisir, même ! Quand les Américains se piquent de refaire Skins, Being Human (brrrr...), ou commencent à lorgner vers Misfits... mais je dis allez-y. Mais c'est pas grave. Ya pire dans la vie !

Imaginez des Espagnols en train de lancer un remake des Craquantes, par exemple.
Ah, là ça rigole plus. Bah vous avez raison : il faudrait une loi pour interdire le remake de sitcom américain. Là, on est dans la criminalité internationale, là d'accord. Et je comprends mieux pourquoi ça faisait des semaines que j'avais cagoulé le pilote de Las Chicas de Oro sans y toucher. Ça s'appelle l'instinct de conservation. Mais puisque j'en étais à mettre la fiche à jour (j'ai pas fini mais ça commence à avoir de la gueule, si vous voulez y jeter un œil), je me suis dit que, bon, piske j'avais le pilote, hein ?

LasChicasdeOro

Le problème, c'est le "respect" de la série originale. Parce que justement, Las Chicas de Oro est un vrai remake, genre qui a récupéré les scripts des épisodes d'origine et fait un petit gloubiboulga avec les passages qui semblent les plus à propos, genre qui a casté puis relooké les actrices pour qu'elles soient la copie conforme de leurs aînées américaines (à l'exception de Doroti à qui il manque 20 bons centimètres, au bas mot), genre qui a reconstitué les décors presque fidèlement quitte à conserver le goût des années 80 pour les couleurs, genre qui place des rires enregistrés à intervalles réguliers parce que "ça fait sitcom américain". Tout y est, sauf... le cœur.
Je me rappelle mon effroi devant Maia Prekrasnaia Niania, il y a quelques mois. Je ne l'avais pas uniquement mis sur le compte de mon sentimentalisme et mon affection profonde vis-à-vis d'Une Nounou d'Enfer (ne riez pas, le Dieu de la Téléphagie seul sera mon juge !!!). Et étaient à blâmer exactement les mêmes travers.

Car dans le fond, remake ne veut pas dire copie carbone. Et si effectivement on retrouve tous les ingrédients des séries d'origine, le script, le look des personnages et tout... bah, le lien ne se crée pas. Alors je ne dis pas, ça divertit probablement sur le moment (surtout si on a la chance de comprendre l'intégralité des dialogues, je le conçois), et Maia Prekrasnaia Niania a été un beau succès de plusieurs saisons, et Las Chicas de Oro était regardée encore lundi soir dernier par 13,5% des spectateurs espagnols, ce n'est pas exactement un bide. Mais dans le fond, une fois ces séries achevées, ce qui restera dans les mémoires, c'est la série d'origine. Parce qu'elle est très exactement cela dans l'esprit des spectateurs, et surtout, de la production du remake : l'origine. Quoi que fassent les personnages à partir de là, ils ne sont jamais qu'une bouture repiquée.

Sérieusement, est-ce que les productions Russes ou Espagnoles (et je cite ces coupables uniquement parce que j'ai plus de place dans les tags, mais il y en a d'autres et parfois pas bien loin, n'est-ce pas Maguy ?) ne pourraient pas faire l'effort de créer leurs sitcoms pas drôles toutes seules, comme des grandes ? Bien-sûr que ça doit être plus simple à vendre à une chaîne, surtout quand le cahier des charges déjà prêt économise sur plein de choses, dont le travail de développement, mais sincèrement, c'est pas du boulot. C'est vraiment du produit de consommation pur, sans aucune ambition. L'émotion est totalement absente du résultat, même quand nos petites vieilles discutent de leurs expériences sur leur coin de canapé ; c'est déjà bien d'avoir gardé cette partie et pas juste les passages humoristiques, hein. Et on ne fait pas avancer la télévision de son pays en allant pomper celle des autres, pas de façon aussi littérale en tous cas.

Un remake pour défaire ce qui faisait le charme d'une série... c'est triste, franchement. Je suis sûre que par rapport, les remakes des séries dramatiques, même quand ils déçoivent, ne sont pas aussi révoltants.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Las Chicas de Oro de SeriesLive.

1 février 2012

Une vie après la mort

C'est un fait, je regarde assez peu de séries diffusées en Amérique du Sud. La raison est simple : je ne cause pas un mot d'Espagnol (et c'est pas mieux pour le Portugais, dans le cas du Brésil).
Alors une fois de temps en temps, je fais un effort, mais quand on sait que les sous-titres sont rares pour ne pas dire inexistants (un jour ça va finir que je vais la lancer, cette team de subs internationale pour tous les pays mal-aimés !), on se doute bien que ça ne dépassera pas le stade de l'expérimentation du pilote, si je le trouve (et croyez-moi je cherche toujours le pilote de Los Héroes del Norte).

C'est dommage mais fort heureusement, il existe des gens qui ont été mieux avisés que moi au moment de choisir leurs options pendant leur scolarité.

Dans ce contexte, j'avais envie de vous parler d'une initiative intéressante : une série venue d'Amérique latine qui débutera sur la chaîne Moviecity en mars prochain. La chaîne Moviecity est diffusée dans de nombreux pays sur son continent, ce qui lui donne une belle opportunité de commander des productions internationales. Ce n'est pas tout-à-fait une co-prod au sens strict, mais chaque pays envoie ici une actrice principale, là un second rôle, là encore un réalisateur, et tout ça se tourne ensuite (dans le cas présent, c'est en Colombie, grâce à la société de production colombienne Fox Telecolombia), avant la diffusion dans plusieurs pays.
C'est très finaud parce que comme ça, plein de pays y trouvent leur compte (même si en réalité, la série est colombienne) et ça permet à la série de plaire à des spectateurs situés sur un peu tout le continent. Bref, quand on peut faire ce genre de choses, notamment grâce à un socle commun linguistique, pourquoi se priver, pas vrai ? Eh bien ça arrive très souvent en Amérique du Sud, et la série dont je m'apprête à vous parler ne fait pas exception.

Lynch
Cette série se nomme Lynch, et sa date de lancement vient d'être ajoutée au Pilot Watch.

Sur le papier, ce n'est pas une révolution (elle succède à Kdabra qui reposait exactement sur la même recette), mais pendant longtemps, ce type de productions était essentiellement de l'ordre des soaps et/ou des séries pour la jeunesse.
Et ici, on est dans une série dramatique de 13 épisodes. Un format bien éloigné du cliché de la telenovela. Du sérieux, quoi. Et ça, c'est relativement nouveau ou disons, c'est un marché qui se réveille depuis quelques années en Amérique du Sud, après avoir été souvent cantonné soit à des projets exceptionnels, soit à HBO Latino. D'ailleurs il faut voir la pagaille que c'est au Chili par exemple, où en ce moment, les séries de 2e partie de soirée font l'objet d'une véritable ruée vers l'or, là où il y a encore 10 ans, c'est au niveau des telenovelas que les chaînes se livraient une guerre farouche.

Mais outre son modèle de production, la série Lynch, c'est aussi sur le fond qu'elle attire l'attention. En tous cas la mienne ; vous me direz s'il en va de même pour vous.

Lynch, c'est donc le nom de la série, mais aussi celui du patron d'une entreprise de pompes funèbres, qu'il gère avec son épouse. Pourant, en réalité, derrière cette activité en apparence sans histoire, Lynch est au coeur d'un étrange trafic : il aide des gens à simuler leur mort et à disparaitre sans laisser de trace ! Sa clientèle peut ainsi espérer démarrer une nouvelle vie...

Même si je déteste le streaming, je ne résiste pas à l'envie de vous les premières images de la série disponibles actuellement, déposées sur Youtube par un fan de l'actrice principale, impatient. La présence de sous-titres en anglais (c'est suffisamment rare pour être souligné) est due au fait que ces images font en fait partie de la dernière video de promo de Fox Telecolombia (dispo en intégralité sur leur site, on y voit du coup des gens de Mental ou Burn Notice se dire bien contents d'être venus tourner en Colombie). Donc du coup, c'est court, mais c'est intéressant.

A vue de nez, Lynch cumule tout ce que j'aime dans une production étrangère : la capacité de partir de quelque chose qui rappelle curieusement une série américaine à succès (ici, difficile de ne pas penser à Six Feet Under... difficile aussi de ne pas envisager le côté typiquement formulaic des séries US qui s'exportent si bien), puis de s'approprier complètement l'histoire et le ton, pour en faire quelque chose d'original et d'abordable à la fois.
Résultat, Lynch a le potentiel pour être à la fois intéressante sur le fond, et pleine d'action et de suspense, bref, accessible.

Ajoutez à ça un duo d'acteurs principaux qui viennent l'un de Cuba, l'autre d'Uruguay, ainsi qu'un festival de guests venus du Mexique, du Pérou, d'Argentine... et on tient un truc qui en impose ! J'en profite pour mentionner qu'on retrouvera d'ailleurs María Fernanda Yépez dans l'un des épisodes ; vous connaissez peut-être cette actrice depuis le post consacré au générique de Mentes en Shock (personnellement je n'ai pas non plus perdu l'espoir de la découvrir un jour dans Rosario Tijeras) ; à cela rien d'étonnant me direz-vous, puisque Mentes en Shock est également une production de Fox Telecolombia ! Le monde est petit, à bien y regarder...

Personnellement c'est le genre de séries que j'aimerais bien pouvoir découvrir plus facilement, en tous cas.
Alors qu'est-ce qu'on décide ? En mars, Lynch, on essaye de lui mettre la main dessus ?

14 octobre 2010

The Telephsage Experiment : l'épilogue

Jour7_1

Mode lapin blanc : "en retard, en retard... je suis encore en retard !". A minuit UNE vous pouvez être sûrs que je tricotais toutes les cagoules possibles et imaginables. Comme on dit, j'ai pas laissé ma part au chien ! (d'façon j'ai pas d'chien)

Bien que très occupée, à quelques heures de mon départ pour Scénaristes en Séries, je ne vous cache pas que j'ai quand même fait un peu de place (notamment pendant les trajets) pour Raising Hope, Outstourced, The Good Wife, Better With You, Mike & Molly et The Big C. Ai-je besoin de préciser que ces séries figuraient justement sur ma liste d'urgences à rattraper ?
En fait et puis que le temps manquait, j'ai volontairement abandonné deux heures de sommeil pour m'envoyer quelques unes d'entre elles avant d'aller me coucher hier (nan mais tout va bien, je suis encore fonctionnelle avec 4h de sommeil...). Je suis atteinte et j'assume : toutes ces séries m'avaient manqué. Certaines plus que d'autres, c'est évident, on ne va pas se le cacher, mais quand même.

C'est assez incroyable d'ailleurs, l'effet que le manque a eu sur moi : alors que je fonctionne en général sur deux niveaux, un sur le suivi hebdomadaire et l'autre sur la monomaniaquerie ultime, le simple fait de savoir que je ne pourrais pas faire l'un m'a détournée de l'autre. Je n'ai dévoré aucune autre série avec assiduité pendant cette semaine, picorant ici et là, m'offrant des rediffs et des découvertes, mais jamais plus. On aurait pu penser que ça me libèrerait du temps pour une intégrale quelconque (ne serait-ce que Jack & Bobby que je veux me faire depuis, quoi ? des semaines ? des mois ?), mais pas du tout. Au lieu de me dégager du temps libre, l'absence de cagoulage m'a au contraire totalement mise en déroute.
Alors que soyons francs, on ne peut pas vraiment dire que je me sois prise en traitre et que j'aie lancé ce défi sans m'en avertir au préalable.

Parmi les tonnes de choses que j'avais cagoulées récemment, assez peu, en fin de compte, ont trouvé le chemin de mon écran (l'une des notables exceptions étant Doctor Who). Au lieu de mettre l'accent sur ce que j'avais déjà, le manque a mis l'accent sur ce que je voulais. Alors que là, étrangement, depuis que les affaires ont repris, je me surprends à repiocher allègrement dans ce que j'avais cagoulé juste avant que le défi ne commence... cherchez l'erreur.

J'en conclus donc que c'est une bonne chose de cagouler puisque ça nous évite de faire des stocks inutiles !
Bon, non, je me garderai bien d'émettre la moindre généralisation sur ce que cette expérience signifierait à grande échelle. Moi, ma consommation et mes obsessions, c'est un cas particulier, ça n'est pas universellement parlant. Quelqu'un qui par exemple ne suit pas "en sortie d'usine" autant de séries que moi ne réagirait sans doute pas de la même façon. Quelqu'un qui aurait peu de DVD non plus. On a tous notre façon de réagir. Notre rapport au cagoulage est différent, pour chacun d'entre nous. Certains cagoulent par flemmardise, d'autres par réelle passion ; et tout ce qu'il y a entre les deux, aussi. L'expérience était intéressante parce que j'ai testé mes propres limites (et ma volonté !), mais chacun réagirait différemment.
Pas d'inquiétude, je ne pousserai pas le vice jusqu'à vous encourager à faire la même chose.

Vous ne m'écouteriez pas de toute façon. C'est ce qui prouve que vous êtes aussi atteints que moi, d'ailleurs, amis téléphages.

26 septembre 2010

Une curieuse semaine

Ami téléphage, tu l'auras sans doute remarqué, il n'y a pas eu d'article ce dimanche, après le bilan de la semaine passée. Ne t'inquiète pas, ami téléphage, je prépare quelque chose pour ton plus grand bonheur, et satisfaire ta curiosité, mais ce n'est pas pour cette semaine.

Tu l'auras également vu, ami téléphage, depuis quelques temps, ton serviteur bosse sur SeriesLive pour t'offrir l'opportunité de satisfaire ta curiosité sus-mentionnée. Comme je te sais intéressé par ces sujets, mais pas nécessairement pourvu du réflexe d'aller vérifier quand je poste une news sur SeriesLive, je me suis dit que ça t'intéresserait peut-être d'avoir un petit récap des news de la semaine, histoire d'aller faire un tour, lire, et peut-être réagir si on a tous de la chance.
Bref, ami téléphage, permets que j'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique dont le succès, osons le dire, dépend de toi : CuriosityLive, du nom de... eh beh, ma foi, ça me semble assez transparent.

Voici donc ce qui s'est dit sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Lundi
LosHeroesdelNorte_MEA
Ce soir au Mexique : rires et chansons (pourries)
La chaîne musicale Bandamax lance dans quelques heures sa première série.
Mardi
WinnersLosers_MEA
Winners & Losers, le prochain drama de Seven Network
Le network australien offre de l'espoir à tous les lycéens qui aujourd'hui finissent dans la benne à ordures...
 
InternationalEmmyAwards
International Emmy Awards : et le présentateur est...
Les Emmys vous manquaient ? Séchez vos larmes, leur version internationale revient pour une 38e édition dans exactement deux mois.
Mercredi
TranchesdeVie_MEA
Ce soir au Canada : les francophones découvrent Tranches de vie
Une comédie à sketches sur le couple et la famille...
 
JaeWookKim_1
Le cast de Maerineun Oebakjjung est fin prêt
Il y a quelques jours, on cherchait l'homme parfait pour cette comédie romantique... Trouvé !
Jeudi
World
En bref : l'actu des télés du monde
Des séries qui commencent, qui se vendent, qui s'annoncent... ça bouge dans le monde cette semaine !
 
listener
The Listener, toujours à l'écoute même sans NBC
Ce n'est pas parce qu'une chaîne américaine n'en veut plus que The Listener va s'arrêter là...!
Vendredi
JeppangwangKimTakGoo_MEA
Audiences coréennes : comme des petits pains !
Mission accomplie : le fameux boulanger de Jeppangwang Kim Tak Goo a finalement réussi son pari qui consistait à capter l'attention de 50% des spectateurs coréens. Pour le reste... c'est par là que ça se passe.

Ojichanwa25Sai_MEA
Une chaîne japonaise tente la comédie en quotidienne
La comédie de 30 minutes n'est pas exactement le fort des chaînes japonaises, mais TBS fera un effort en novembre.
Samedi
MyPlace_MEA
ABC3 revient au pied du figuier de My Place
Quand l'adaptation d'un livre original décide d'aller encore plus loin...
Dimanche
RosedOr_2010
Rose d'Or : les récompenses de la 50e édition
C'était la 50e fois que la TSR organisait le festival de la Rose d'Or, destiné à récompenser la télévision internationale.

Est-il besoin de souligner à quel point tes réactions, ami téléphage, sont les bienvenues sur ces news...?
(traduction en langage skyblog : lâche ton com !)

2 décembre 2011

Séries créativement contrariées

Cet automne, je n'ai accroché ni sur Once Upon a Time, ni sur Grimm. Les deux m'ont paru manquer dramatiquement de profondeur : Once Upon a Time s'est contentée d'être une série de Robert Halmi prolongée sur toute l'année, et Grimm rajoute simplement du folklore à des intrigues policières dont la teneur ne me semble pas spécialement sortir des sentiers battus.
J'avais pourtant un véritable a priori positif vis-à-vis de ces séries, dans le sens où utiliser les contes de fée pour des séries modernes est, nécessairement, une bonne idée.
Mais j'ai sans doute trop regardé Pushing Daisies, qui reste le conte de fée morbide et merveilleux le plus abouti de la télévision à ce jour.

Ce soir, dans The SeriesLive Show, nous nous sommes attaqués aux séries de contes de fée, et j'ai même résisté à la tentation d'imposer un Into the Show sur Pushing Daisies. Que restait-il à évoquer ? Bien plus de séries que vous ne l'auriez sans doute imaginé au départ, car entre le lancement ce weekend de Neverland, et les vieilles séries inspirées par les contes et légendes, il y avait plus de choix qu'espéré.
En particulier, nous avons passé le Into the Show sur La Caverne de la Rose d'Or, qui à première vue n'est pas forcément une série de contes de fée stricto sensu mais qui en réalité a su incorporer de nombreux contes dans sa narration... Mais on vous en dit plus dans l'émission.

La Caverne de la Rose d'Or, hélas, fait partie de ces fictions qui, comme La Légende d'Aliséa (spéciale dédicace à ma frangine) et autres Desideria, m'ennuient profondément quand elles sont presque invariablement diffusées à Noël. Tout cela manque... de fantaisie. Les moyens financiers, le jeu des acteurs et les effets spéciaux sont moins en faute que l'obsession des scénarios à vouloir créer un conte de fée en copiant des recettes qui doivent une partie de leur charme aux siècles écoulés depuis leur écriture, et à leur pouvoir de métaphore et de paraphrase.
Alors, comment est-ce possible ? Comment suis-je incapable d'apprécier la plupart des fictions touchant de près ou de loin aux princes et princesses alors que le sujet, a priori, m'enchante ?

La réponse est simple. J'ai lu, il y a bien des années maintenant, des contes qui ont transformé à jamais mon regard sur ces récits, et plus rien ne sera jamais pareil. Je veux parler bien-sûr des contes de James Finn Garner, dans lesquels, avec un humour décapant, il remet "au goût du jour" des histoires qui manquaient dramatiquement de politiquement correct.

ContesPolitiquementCorrects
VOILA une série basée sur les contes de fée que je voudrais réellement voir adaptée à la télévision. Avec un vrai parti pris, du recul, le second degré qui manque dramatiquement aux deux séries de cet automne (en particulier Once Upon a Time qui, vu l'état de ses effets spéciaux, n'a pas, en réalité, le luxe de se prendre au sérieux comme elle le fait), du décalage, et énooooormément de créativité. Politiquement correct fait plus pour l'univers des contes de fée que Grimm et Once Upon a Time réunis... leur offrant à la fois une relecture drôle, mais aussi une véritable gourmandise, piochant dans les univers de ces contes énormément d'idées et de personnages, sans jamais oublier le côté terriblement sordide de certaines situations, ni déposséder les histoires de leur merveilleux.
J'ai même un peu envie d'envoyer un exemplaire de chaque recueil de nouvelles de Garner à Bryan Fuller (sait-on jamais, des fois qu'il s'ennuie).

Vous me trouvez cruelle avec Once Upon a Time (à laquelle j'ai pourtant donné une chance au-delà du pilote) et Grimm ? Si j'étais James Finn Garner, je ne dirais plus : "Once Upon a Time est une série sans la moindre once d'originalité, tout juste bonne à amuser les enfants pendant la soirée du réveillon, et les adultes s'ils ont abusé du champagne au point de ne pas saisir le ridicule de la situation"... Je dirais : "Once Upon a Time est une série créativement contrariée idéale pour des spectateurs étant d'une exigence intellectuelle modeste, et loin de nous l'idée de vouloir réfuter leur droit à l'être".
Mais je ne suis pas du tout James Finn Garner. Et je ne suis pas aussi complaisante qu'il peut l'être avec les sorcières à la "bonté défectueuse". Je regrette que ce soient ces deux séries qui aujourd'hui tentent de faire vivre les contes de fée à la télévision américaine avec aussi peu de panache et d'inventivité.

Fort heureusement, ce soir, nous vous parlerons aussi d'autres séries inspirées de contes et légendes, parmi lesquelles The Charmings qui, si un bon rire vaut un bon bifteck, vaut toutes les boucheries-charcuteries de France et de Navarre...

TheSeriesLiveShow-MEAThe SeriesLive Show - 2x03 : Rien que des histoires

Mais le conseil téléphagique du jour, finalement, c'est un peu de laisser tomber les séries, et de foncer lire les nouvelles de James Finn Garner...

27 octobre 2011

Just like the ones I used to know

Me sachant sur la fin de ma période faste remplie d'épisodes de The Good Wife, samedi, j'avais vite commencé à songer au plan B. Et comme il était évident qu'aucune série ne pourrait rivaliser avec elle, j'ai alors tout simplement opté pour la direction opposée.
Cela faisait quelques temps que je n'avais pas essayé de série sud-coréenne. Les dernières tentatives avaient été extrêmement infructueuses, et même, osons le dire, décourageantes ; à force j'avais simplement décidé de mettre un peu mes explorations coréennes de côté pour un moment.
Les circonstances semblaient donc parfaites pour remettre le pied à l'étrier.

Suite à ma requête sur Twitter, les suggestions ont donc afflué. Je n'avais qu'une seule exigence, mais elle était de taille : pas d'histoire d'amour, à aucun moment.
C'était le symbole de mon divorce avec la Corée du Sud : ces histoires d'amour qui viennent vous polluer n'importe quelle bonne base de départ pour que tout devienne, au choix, soit une comédie romantique, soit une romance dramatique, soit quelque chose entre les deux. La réconciliation était donc à ce prix.
COMA était hors-jeu pour la bonne raison que j'avais déjà vu le pilote, fait dans ma culotte et juré qu'on ne m'y reprendrait plus (à côté, American Horror Story c'est de la rigolade, soit dit en passant et pour ceux qui veulent essayer une mini-série d'horreur coréenne ; les tags sont donc vos amis si vous voulez en savoir plus puisque j'ai parlé dudit pilote voilà plusieurs mois).

Parmi ces suggestions, donc, on trouvait Gichalbirok (un jour faudra que je m'y mette mais j'en attends tellement queç a semble aussi voué à l'échec...), Sonyeo K, une mini-série de cet été, Namja Iyagi, encore une histoire de vengeance (pas vraiment ma tasse de thé non plus) mais primée, et Eolleong Ttungttang Heungsinso, qui à ma connaissance comporte pourtant des éléments de romance. Certaines séries revenant plus souvent que d'autres dans les idées qui m'étaient lancées.

C'est au final White Christmas qui a attiré mon attention. D'abord par son pitch, apparemment à rapprocher d'une sorte de Dix Petits Nègres, ce qui effectivement me garantissait un véritable dépaysement par rapport aux séries sud-coréennes que j'avais pu tester jusque là. Et puis par sa durée, 8 épisodes à peine, quelque chose d'accessible pour une réconciliation, puisque tel était mon but. Je n'imaginerais pas me lancer dans une série de 50 épisodes pour renouer avec la fiction sud-coréenne.
Alors hop ! C'était parti. Avec une certaines pression sur White Christmas, mais bon, il faut bien (re)commencer quelque part.

WhiteChristmas

En commençant avec une introduction lente et mystérieuse, White Christmas démarre à vrai dire plutôt bien, en posant intelligemment l'atmosphère angoissante de la série. Ses personnages, des étudiants d'un internat d'élite qui sont les seuls à rester au bahut pendant les vacances de Noël, étaient relativement bien introduits, également, même si certains se montrent à ce stade un peu en retrait dans le pilote (mais à n'en pas douter, ils auront tous leur moment).

L'atmosphère, c'est malheureusement tout ce qu'on va avoir pendant une grande partie du pilote. Car après une bonne introduction, l'épisode s'embourbe dans une interminable chasse au suspect, puisqu'on tente de comprendre qui a envoyé aux 7 protagonistes la même lettre mystérieuse de menaces.
Or, le héros qui a décidé de mener l'enquête est vraisemblablement complètement à la ramasse, parce que son premier réflexe, une fois que les jeunes résidents se sont réunis pour discuter des lettres, est de partir poser des questions à l'un d'entre eux, et s'engouffrer sans trop qu'on sache pourquoi sur la piste qu'il donne. Sauf que cette piste, c'est celle d'un monstre étrange, et le lycéen interrogé est visiblement un peu azimuté. Ses propos décousus vont, en dépit du bon sens, devenir le socle de l'investigation pendant une bonne partie de l'épisode. Pourquoi a-t-on pris ses propos au sérieux ? A première vue, uniquement pour apporter un côté surnaturel à l'intrigue ; ça parait illogique tant l'arrivée soudaine d'un homme extérieur au pensionnat est bien plus suspecte que quoi que ce soit d'autre.

Du coup, alors que je commençais à accrocher à White Christmas et son ambiance claustro, j'ai passé une bonne partie de l'épisode à sérieusement m'ennuyer. Ca n'avait plus ni queue ni tête, comme si on tentait de créer un suspense artificiel pour nous détourner de l'évidence.

En réalité, l'épisode ne redevient captivant que sur ses dernières minutes, lorsque certains de mes soupçons semblent se confirmer, et qu'une très belle scène dans la neige vient cloturer le pilote. Les choses redeviennent alors prometteuses.

Mais plus important encore, White Christmas a tenu sa plus vitale promesse : ne pas ajouter d'intrigue amoureuse à son étrange déroulement. Pour cette seule raison, je suis prête à lui passer bien des caprices, y compris son étrange obsession pour les déviations inutiles pour ralentir le récit et asseoir son ambiance fantastique. J'ai donc pour le moment l'intention de poursuivre White Christmas, et je suis contente d'avoir trouvé une bonne raison de ne pas me fâcher avec un drama coréen. Ca faisait longtemps...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... qui arrive bientôt.

15 septembre 2011

Félicitations ! C'est une comédie et elle pèse 175 Mo...

C'est quand Up All Night essaye le moins de me faire rire qu'elle y parvient. Pour être plus précise, les scènes avec Maya Rudolph sont presque systématiquement pas drôles à force d'essayer de l'être, et toutes les autres sont de l'or en barre.

Pas de malentendu : j'adore Maya Rudolph. Mais je commence un peu à la connaître et je sais qu'elle a deux modes : le dramatique, et le caricatural. Elle n'a rien entre les deux. Quand elle donne dans le dramatique, elle utilise sa sensibilité pour apporter de la nuance à son jeu, et elle se repose sur le script ; et quand elle donne dans le caricatural, elle utilise le texte pour faire des drôles de trucs avec sa voix, son phrasé, son corps, mais elle se désengage complètement de l'histoire.
Et comme dans Up All Night, son rôle n'est pas du tout de faire dans le sensible, on se retrouver avec ce personnage outrancier. Le problème, c'est que le ton d'Up All Night, tel que mis en place par le fabuleux tandem Applegate/Arnett (et très franchement, je ne les voyais pas ensemble dans une comédie, mais ils sont incroyablement compatibles), c'est d'être totalement dans l'humour pince sans rire et dans la mesure, donc ça jure épouvantablement.

La bonne nouvelle, c'est que pour le moment, on voit quand même peu Maya Rudolph, mais hélas l'intention de NBC n'est pas de la maintenir dans un rôle secondaire. En attendant de voir ce que son personnage va pouvoir inventer pour être un peu moins agaçant (et pour que l'actrice se calme aussi un peu), on peut pleinement profiter des excellentissimes scènes entre les parents, qui sont des perles. Moi qui ne porte pas spécialement Arnett dans mon coeur, je l'ai trouvé juste parfait, bien plus mesuré que dans ce que j'avais pu voir de lui précedemment (Arrested Development, 30 Rock, un ou deux films...), et la relation avec le personnage d'Applegate est vibrante d'énergie, de complicité et d'intimité.

Le couple qu'ils forment est sympathique parce qu'ils ne deviennent pas des parents ennuyeux, ceux qu'on trouve dans ces innombrables comédies sur la gentille petite vie de famille middle-class (je le sais pour regarder des épisodes de Rodney en ce moment entre deux cartons), et ce ne sont pas non plus des rigolos qui font comme s'ils ne venaient pas d'avoir un enfant ; en fait ils sont pris entre deux feux, et cherchent un équilibre qui dés le pilote est assez bien trouvé. Ni STFU Parents, ni trublions irresponsables (on a déjà Raising Hope si on veut une famille totalement dysfonctionnelle), ils nous font rire non pas parce qu'ils sont ennuyeux comme les centaines de parents de télévision qui ont défilé dans un grand nombre de comédies pendant ces 50 dernières années, ni parce qu'ils font les pitres, mais parce qu'ils veulent juste être bien dans cette nouvelle vie, trouver le juste milieu, se marrer et être responsables, en un mot, être eux-mêmes. Ils me plaisent bien.

Juste une fois, j'aimerais bien que ce genre de comédie (et j'ai le même sentiment avec Raising Hope) tiennent plus de deux ou trois saisons, comme c'est habituellement le cas, et qu'on voit cette famille évoluer avec les années, allant jusqu'à l'adolescence de l'enfant si possible. C'est vraiment le genre de choses qu'il est intéressant de voir sur le long terme, et plus touchant que juste pendant les premières années du bébé. J'espère qu'Up All Night tiendra jusque là, sans trop y croire.

Up All Night, c'est aussi une nouvelle série de la grande famille de SNL (Rudolph est une ancienne de l'émission, Arnett est le mari de Poehler, c'est produit par MONSIEUR Lorne Michaels, et écrit par une ex-scénariste de l'émission...), et c'est peut-être aussi ce qui explique que je m'y sente bien. Le rythme est un peu celui de l'émission à sketches, très peu de longueurs (seulement la dispute "MOI j'étais réveillé") et un côté occasionnellement parodique du monde de la télévision (j'adore le générique débile du show d'Ava) qui font que je suis en terrain connu, je suppose.

UpAllNight
Résultat : Up All Night, c'est bien parti pour être l'une de mes comédies de la saison. Ca tombe bien, avec l'annulation de Better With You et Outsourced, j'étais un peu en manque de trucs à regarder en allant au boulot.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Up All Night de SeriesLive.

29 juillet 2009

Cruel dilemme

J'hésite, j'hésite. J'hésite à me lancer dans une nouvelle série à visionner.
Parce que le risque, vous savez, quand on se lance en été, c'est qu'après quelques semaines, on se retrouve submergé de nouveautés à éplucher une à une, et qu'on abandonne en cours de route. Un peu comme avec les animaux de compagnie, en somme : sur le coup on craque sur un pilote, c'est facile, ça donne toujours envie un nouveau pilote à découvrir, et puis la série se prolonge et on voudrait bien pouvoir passer à autre chose, sauf qu'on s'est engagé et on passera pour le pire des malpropres si on laisse tout tomber en septembre.
Non mais, je dis ça, mais ça ne m'est jamais arrivé. L'an dernier, d'ailleurs, j'ai fini mon marathon Reba quasiment au moment de la rentrée, alors bon...

J'ai pourtant envie de nouveauté maintenant, et ce n'est pas négociable. J'ai envie de me trouver une série dont je pourrais avaler les épisodes par dizaines. Il y a notamment quelques séries dont je me dis qu'elles me tenteraient bien. J'avoue ne pas avoir encore une idée très précise de ce qui me ferait envie. J'hésite entre redonner sa chance à une série que j'aurais laissé tomber, et carrément me lancer dans quelque chose de nouveau. J'hésite entre quelque chose de très sombre (ou que j'anticipe comme tel) et juste quelque chose de divertissant pour quelques semaines. J'hésite entre une série que j'aurais en DVD et une série que je devrais intégralement cagouler. J'hésite entre un série dramatique et... une série dramatique. Ah euh, bon, bref.

Alors voilà ce que je vous propose : je vais vous donner les noms des 4 séries à propos desquelles j'hésite, et les raisons qui font que j'hésite, et à partir de là, vous, vous me donnez des raisons de regarder ou ne pas regarder chacune de ces séries. A partir de là, celle qui aura les meilleures raisons pour, et le moins de raisons contre, sera celle à propos de laquelle je vous ferai un post complet sur le pilote, puisque pour aucune d'entre elles ça n'a déjà été le cas. Pis ptet un post La preuve par trois si vraiment vous êtes très actifs.

Dilemme_Deadwood
Deadwood
J'ai fait une tentative il y a quelques jours : j'ai lancé le DVD. Avortée, parce que tout d'un coup, l'image s'est brouillée, les pixels se sont affolés, le son s'est coupé. C'est probablement mon lecteur DVD de salon qui aura le dernier mot sur cette affaire, ça s'est déjà vu. Je crois sincèrement que la série pourra me plaire une fois que j'aurai compris de quoi elle parle. Oui, de la ruée vers l'or, merci. Mais à part ça ? Quelle est sa "thèse" ? C'est encore à éclaircir au bout d'une trentaine de minutes, mais je n'exclus pas qu'une fois le pilote passé, je sois intriguée.

Dilemme_Lost
Lost
Depuis que dimanche, ma sœur m'a offert le jeu video, je dois avouer que j'ai déjà eu le temps de penser une fois ou deux que je redonnerais bien sa chance à la série. Je me rappelle très bien pourquoi j'avais arrêté de la suivre : déménagement suivi d'une coupure du net quelques mois après le début de sa diffusion US (cause immédiate), grosse lassitude d'avoir l'impression de me faire balader dans des mystères à répétition qui semblaient ne mener nulle part (cause profonde). Mais à la lecture des tags sur cette série, vous vous apercevrez qu'en réalité, je n'ai jamais cessé de me renseigner sur la série, au point d'en feuilleter tout un wiki et me passionner pour le projet Dharma (dont je pense sincèrement que si on en faisait tout un spin-off, je le dévorerais sans coup férir). C'est dire si en fait, Lost n'a pas grand'chose à faire pour me reconquérir.

Dilemme_TheWire
The Wire
J'avais vu le pilote de The Wire, en tous cas je crois m'en souvenir sur une VHS Jimmy Premium, ou peu importe comme la chaîne câblée appelait ses soirées pleines de pilotes à déguster (on y trouvait aussi, il me semble, Enterprise et The Shield... mais ça se trouve j'ai rêvé ça la nuit). Bref, sur le coup, j'ai pas accroché. Mais aujourd'hui il me semble confusément que je suis dans de meilleures dispositions pour aborder la série. J'ai envie de quelque chose de sombre, de réaliste, de couillu, et c'est comme ça qu'on m'a vendu la série, et c'est à peu près de ça dont je me souviens. Mais j'ai aussi lu des articles chez Critictoo qui m'ont refroidie...

Dilemme_Heroes
Heroes
Allez savoir d'où ça me vient, mais j'ai envie de me remettre à Heroes. C'est la troisième fois ce mois-ci que j'ai envie de retenter le coup (la dernière en date étant hier soir : je me suis couchée trop tôt, j'ai tout rallumé et j'ai cherché mon coffret. Au moment de mettre le DVD dans l'ordinateur, j'y ai aperçu mon jeu video d'Urgences, et bon...) et je pense que ça finira bien par se produire, surtout que si j'ai investi 20€ dans la première saison, c'est bien pour vérifier de mes yeux si ce que l'on rapporte sur cette série est vrai (soit : qu'elle a un intérêt biodégradable). Évidemment je me rappelle aussi que si j'ai lâché le truc, c'était pour des raisons assez idiotes (manque de temps entre autres), et pas parce que j'en ai été écœurée, ce qui fait que je suis pleinement consciente de ne pas être à l'abri d'une rechute. Je sens bien que je n'ai pas forcément gâché ma vie téléphagique en faisant passer d'autres séries en priorité mais, bon, je sais aussi que je n'ai pas (encore) de raison de fond de bouder durablement la série.

Voilà, maintenant, mon mois d'août est entre vos mains (surtout que je vais avoir quelques jours de vacances, donc un peu de temps prétendu libre), c'est vous qui décidez de la série comportant plusieurs saisons dans laquelle je vais me lancer, ou non.

Et tant qu'on en est à parler participation, je vous rappelle que vous avez jusqu'à vendredi soir pour choisir le post que vous souhaitez voir apparaitre dans ladytelephagy On Air...!

31 mai 2009

[GAME] Adieu je m'en vais

Eh oui, c'est terrible à dire, mais je quitte ce blog. Aujourd'hui vous ne me verrez pas de la journée, je m'en vais dans le dehors, là-bas, là où il n'y a pas de télé (ou alors s'il y en a une, on n'a pas le droit de l'utiliser...). Oui, je suis au supplice, chez mes parents, toute la journée. Je me nourris de New York Unité Spéciale au moment où ce post apparait, histoire de faire le plein avant une journée anti-téléphagique (gloire aux posts qu'on peut programmer à l'avance, mais je me répète).

Du coup, vous comprenez bien que j'aurai besoin de réconfort en rentrant ce soir. Pour ça, je compte sur vous. Voici donc un nouveau jeu des génériques pour que vous me montriez que vous tenez à ce blog, même quand je ne suis pas là... et pour que vous vous amusiez, aussi !

Le thème du jour est : "des génériques pleins de tendresse". Quand je les regarde, j'ai toujours un pincement au coeur, pour diverses raisons, en général tout simplement par affection, et parce que musicalement et parfois même visuellement, ils dégagent quelque chose de spécial. Une nostalgie, un attachement... vous voyez ?

1 - Une série rétro avec une ado blondinette qui fait ses expériences (mais qui n'est pas un spin-off) > American Dreams
2 - Une série dont j'ai vu le pilote fin janvier
3 - Une série dont je vais vous rebattre les oreilles cet été > Corky
4 - Une série où tout le monde connaît ton nom > Cheers
5 - Une série chamallow > Veronica Mars
6 - Une série rétro avec un ado brun qui fait ses expériences > Les Années Coup de Coeur
7 - Une série morte et bien morte > Six Feet Under
8 - Une série presque militaire > Major Dad
9 - Une série inconnue dans un bus > Joan of Arcadia
10 - Une série avec de l'aviron et des yeux vairon > Young Americans

Évidemment, c'est assez subjectif, mais vous commencez à bien me connaître maintenant ! Et puis au pire, si vous êtes nouveau dans le coin, n'hésitez pas à lire des posts plus anciens, ça vous aidera sûrement. Pis je pense que plusieurs sont faciles, en plus... Et, ah oui : toutes ces séries sont finies ; mais ça ne veut pas dire qu'elles sont forcément toutes vieilles...
J'ajoute que la 5e, une fois n'est pas coutume, figure déjà dans le flacon (c'est la seule de la liste), mais c'est une autre version que je veux vous proposer.

Allez ! Vous avez 24 heures : ce soir, quand je rentre, vous aurez trouvé tous ces génériques, et je les posterai tous ! Mais si, mais si. M'enfin, bien-sûr que si. D'ordinaire vous le faites en 48h, il n'y a pas de raison ! Et je suis certaine que vous pouvez le faire sans indice de ma part, en plus.

Et avant que j'oublie de vous nourir, voilà un cookie pour le jeu des Illustres Inconnus !
Le palmarès fait un peu girl power... dites les mecs, faut se remuer !
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