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ladytelephagy
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will and grace
28 novembre 2010

Dramédie : *****

Review

Certains pitches font galoper l'imagination. C'était le cas de Review with Myles Barlow, présentée comme une comédie satirique dans laquelle un homme présente une émission pour laquelle il effectue des reviews de... la vie. Un concept alléchant qui ouvrait bien des possibilités. En réalité, on est loin d'un concept fort : les reviews ne portent pas tant sur la vie que sur l'exagération de petits aspects anodins de la vie pour en faire un test forcément grinçant, parce que totalement à côté de la plaque.
Alors, si au final, le pilote de Review with Myles Barlow n'est pas nécessairement inoubliable, il est réussi, oui, mais à condition de ne pas s'imaginer qu'on va mettre la main sur une série révolutionnaire. Derrière le bon concept se cache une série finalement assez classique, dans son genre, descendant plus de la comédie à sketches que d'autre chose, ce n'est pas un ma, mais en tous cas ce n'est pas ce pour quoi je voulais m'embarquer.

J'attendais certainement quelque chose qui soit un peu émouvant. Quelque chose qui me donne un peu à réfléchir tout en riant, au minimum, disons. Cette série que j'avais commencé à imaginer pendant que je cagoulais existe peut-être, mais ce n'est pas Review with Myles Barlow. Peut-être que c'est un peu The Big C. Peut-être qu'elle n'existe pas et alors, si je peux me permettre, il est encore temps d'inventer, je sais pas moi, un personnage qui effectivement, au lieu de reviewer dans les domaines du cinéma, de la cuisine ou de l'art, rédige par exemple un blog (je sais combien les chaînes sont attachées à lier leurs séries au monde d'internet pour faire "hype") où il reviewe la vie et donne des notes à ses expériences drôles et moins drôles. Si un scénariste qui passe me lit, prenez l'idée, c'est cadeau, promettez-moi simplement d'en faire un truc bien.

Peut-être qu'il faut que j'arrête les dramédies. Elles déforment ma vision de la comédie, finalement.
Peut-être aussi que je pars du principe que toute série devrait être une dramédie. C'est un terme finalement assez récent que celui de dramédie, ou du moins, si contrairement à mon impression il ne l'est pas, il ne s'est vraiment développé à grande échelle que récemment, grâce au câble américain et notamment Showtime qui me semble être la chaîne à avoir réellement développé le genre, si genre il y a. Avant la dramédie, je connaissais déjà les comédies en single caméra, je pense que c'était une sorte de maillon manquant, et j'aimais déjà.
Ce qui me plaît, c'est de n'avoir pas à me contenter de rire, d'être émue aussi.

Oh, on me dira que toutes les comédies, du moins les meilleures, ont toujours incorporé une saine dose d'émotions à leurs intrigues, et que ça ne date ni des violentes disputes des dernières saisons de Will & Grace, ni de la romance homardesque entre Ross et Rachel dans Friends, ni des flashbacks nostalgiques voire carrément déchirants des Craquantes. Même la première saison du Mary Tyler Moore Show contenait quelques perles de mélancolie, et encore, je cite ces exemples uniquement parce que je n'ai pas vu d'épisode d'I Love Lucy depuis environ 10 ans, ça se trouve l'ambivalence est là depuis le premier jour.
Mais la vérité c'est que les comédies remplissent tout de même plutôt leur rôle de comédie la plupart du temps, et assez peu sont capables de trouver le bon équilibre. Loin de moi l'idée de leur reprocher d'être drôles, simplement, et c'est l'explication derrière mon allergie aux sitcoms récents dans leur grande majorité, elles trouvent trop souvent inutile de s'aventurer dans l'exploration du rire doux-amer.
D'où mon adoration pour la dramédie. C'est une comédie qui a réussi, à mes yeux.

De la même façon, une série dramatique trop sérieuse a tendance à me gonfler. Là encore, l'excès n'est pas forcément une force. S'il n'y a ni respiration dans l'ambiance parfois lourde de certaines séries, s'il n'y a pas un personnage un peu plus sympathique que les autres, j'ai tendance à regarder l'épisode, admettre gravement qu'on a là une bonne série dramatique, et tourner poliment les talons pour aller voir ailleurs. On n'est pas obligés de se prendre perpétuellement au sérieux pour faire un bon drame. Ce devrait être même interdit. Là encore, c'est un peu facile d'incorporer un personnage drôle pour être drôle, et de tomber à côté. Le drôle pour être drôle devrait être banni des drames comme des comédies. Il y a un équilibre à trouver.

Mais du coup, peut-être qu'en recherchant systématiquement des choses tristes qui font rire quand même, et des choses drôles qui rendent un peu triste, je finis par modifier mes attentes quand arrive une série que je ne connais pas et que je m'apprête à l'aborder sur la seule base d'un pitch. J'exige plus de mes séries que ça.
Une sorte de déformation para-professionnelle, je suppose.

J'aurais voulu, bon, peut-être pas pleurer devant Review with Myles Barlow. Mais en tous cas ne pas avoir l'impression qu'on attendait juste de moi de rire. Ce n'est pas exiger assez de moi en tant que spectateur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Review with Myles Barlow de SeriesLive.

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22 septembre 2010

Fat guy, not skinny wife

Le sitcom. L'art de prendre une idée la plus simple possible et d'en rire le plus longtemps possible. Surtout un sitcom de Chuck Lorre...

J'ai de moins en moins d'atomes crochus avec le sitcom. La comédie en single camera lui a ravi mon cœur voilà longtemps. Il y a quelques mois, j'ai pourtant eu une petite fringale (intégrale de Lucky Louie, Will & Grace et des Craquantes, première saison du Mary Tyler Moore Show...), dont on aurait pu penser qu'elle me réconcilierait avec le sitcom. Eh bien du tout.
Ou peut-être que je suis surtout fâchée avec Chuck Lorre, depuis qu'il nous a flanqué The Big Bang Theory dans les pattes.

Pourtant, Mike & Molly s'annonce comme une petite comédie bien différente de l'humour "masculin" de Lorre dans lequel j'ai du mal à me retrouver (moi qui aime l'univers viril de Men of a Certain Age, pourtant... non, visiblement mon contentieux est avec Lorre). Peut-être ce qu'il y a de plus proche, au stade du pilote, de la comédie romantique à l'asiatique, cette nouvelle série nous montre comment un couple a priori peu destiné au romantisme télévisuel va lentement se former.

C'est d'ailleurs tout l'enjeu : Mike comme Molly ne sont pas des personnages qui d'ordinaire auraient fait l'objet d'une comédie romantique. N'importe où ailleurs (et les emplois précédents des acteurs en attestent), ils seraient les faire-valoir, les bons gros copains qui servent de caution humoristique. Tu es gros, ton histoire d'amour ne peut être complexe, elle doit forcément toucher à l'absurde niaiserie qui sied à ton rang d'obèse.

Ce qui unit Mike et Molly, c'est que tous deux souffrent de blessures d'amour-propre, mais sont dotés d'un sens de l'humour qui appelle la tendresse, et qui y réagit, également. C'est très touchant de les voir tous les deux faire leur monologue devant le groupe des OA, avec à la fois un regard lucide sur leurs souffrances, et en même temps une façon de se mettre en scène visant à dédramatiser leur surpoids. C'était touchant et c'est ce qui les a touchés l'un chez l'autre, en fait. On sent immédiatement dans les yeux de Molly combien elle est charmée que ce mélange d'humour et de tristesse soit si franc dans le discours de Mike. Il faudra attendre plus tard dans l'épisode pur qu'elle ait l'opportunité de lui en faire une démonstration similaire (bien que le charme de Melissa McCarthy fasse son oeuvre bien en amont de façon à nous la rendre instantanément sympathique).
Et très franchement, j'étais tout autant charmée. Car cet humour est le mien. Je ne l'emploie peut-être pas sur mon poids, mais sur mes (autres) fêlures et mes (nombreux) problèmes existentiels, si ; et en cela, les deux personnages de Mike & Molly respirent la sincérité. Ils ne sont pas juste gros, ils dépassent vite leur carrure pour installer deux personnalités pétillantes et remuantes. La mise en place de ces deux personnages est bonne, là-dessus, ya pas à dire.

Mais comment faire, maintenant ? Comment raconter cette romance sans épuiser les clichés sur les gros-qui-au-fond-sont-comme-tout-le-monde ? Le problème de Mike & Molly, c'est, sans jeu de mot, son format (et Chuck Lorre), car de la même façon que les blagues éculées sur les geeks de The Big Bang Theory sont usantes alors que le concept pourrait être marrant, l'histoire d'amour entre nos deux rondouillards pourrait être touchante quand elle semble vouée à la répétition à l'envi de plaisanteries sans avenir.

Mike & Molly en dramédie ? Quand vous voulez. Je trouve les personnages principaux suffisamment attachants pour ça (et ce serait facile de transformer les irritants personnages secondaires pour en faire de meilleurs atouts, notamment dans la famille de Molly). Mais en sitcom, non, je passe mon chemin. Surtout avec Chuck Lorre aux commandes.
Mais si j'en crois la Vanity Card de ce premier épisode, lui-même ne parie pas un pet de lapin sur la longévité de sa série. C'est pas plus mal : après avoir vu Melissa à l'oeuvre dans le film The Nines, je suis en mesure de dire qu'il ne la mérite pas.

MikeMolly

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mike & Molly de SeriesLive.

15 août 2010

You'll miss me when I'm gone

Si vous avez bonne mémoire, ou que vous avez pris l'habitude de cliquer un peu partout, en vous aidant des catégories et des tags, pour fouiner un peu dans ce qui s'est dit précédemment, vous savez que la mort des personnes célèbres (ou célèbres à mes yeux) exerce sur moi une fascination quelque peu malsaine. C'est ce qui me pousse à poster régulièrement des messages morbides dans la catégorie Point Unpleasant.

Parfois, ça va même plus loin : je me demande comment je réagirai quand telle ou telle personnalité de la télévision sera partie.

Cet été j'ai relu mon bouquin sur Saturday Night Live (oui, seulement 650 pages, je m'ennuyais à me contenter d'écrire un article par semaine pour SeriesLive et m'envoyer l'intégrale de Will & Grace), et j'ai été frappée de voir que cette attitude morbide était partagée. Ça ne m'avait pas frappée à la première lecture, probablement parce que j'étais trop occupée à digérer toutes les autres infos, mais soudain j'ai repéré toutes ces petites mentions du type "qui s'occupera de SNL quand Lorne ne sera plus là ?" ou encore "SNL mourra probablement avec Lorne Michaels, il est le show". Je peux vous confirmer que contrairement à toutes mes croyances, j'espère dorénavant avec ardeur en la vie éternelle.

Il y a des gens, comme ça... quand on réalise qu'ils ne seront plus, ça fait un choc. On se demande un peu à quoi le monde ressemblerait sans eux. Le monde télévisuel, ça va de soi.
Et, alors que globalement je suis attachée à relativement peu d'acteurs, soudain cette perspective est effrayante. Qu'ils soient actifs ou pas actuellement, ces gens me semblent indispensables. Ils font partie de l'écosystème, ils sont intouchables. Ils devraient avoir une dérogation, quelque chose.
Je peux admettre être mortelle, je peux admettre que mes proches le soient (même si franchement ya pas le feu), autant, certaines personnes ne peuvent juste pas se le permettre. Tout justement parce que j'ai besoin de ce qu'elles peuvent m'apporter quand le reste flanche (et il flanchera).

J'ai besoin de Lorne Michaels, j'ai besoin de Dick Wolf, j'ai besoin de... La liste est longue.
Et elle prend parfois un tour surprenant quand je regarde une série et que je me dis : "quand je pense que cet acteur-là est décédé, c'est tellement bizarre de le voir... ça me fera drôle quand tel autre l'aura rejoint". Ce sont peut-être les effets pervers d'un semestre difficile, mais je me retrouve de plus en plus souvent à penser ce genre de choses.

Et le plus terrifiant, c'est que la plupart des noms de cette liste, je ne réaliserai qu'ils n'y figurent que lorsqu'il sera trop tard.

LorneMichaels

31 juillet 2010

Mème pas mal

On l'a tous vu passer, ce mème de 30 jours sur les séries télé. Pendant longtemps, je confesse l'avoir vu comme un moyen un peu facile de poster quotidiennement sans trop se fouler. Mais dans une blogosphère dominée par la review sur un modèle binaire (soit épisode par épisode, soit sous forme de bilan de saison), finalement, ça n'avait rien de curieux.

Mais au risque de passer une fois de plus pour une arrogante, je vais être sincère avec vous : j'ai l'impression que depuis que je suis passée moi-même à un rythme quotidien, je n'ai plus à craindre de donner l'impression de faire du remplissage. Je n'ai pas à me dire qu'on peut trouver que cette histoire de mème de 30 jours est une solution de facilité. J'ai beaucoup de défauts, mais celui d'opter pour la facilité, certainement pas.

Alors je me suis détendue. J'ai regardé ce mème d'un œil nouveau. D'un œil qui dit que, oui, dans le fond, il est sympa ce petit concept. Qu'il s'accorde à merveille avec le principe égocentrique d'un blog.
Mais aussi qu'il oblige à faire des choix.

On me demande parfois quelle est la série que je préfère. Hier soir on m'en demandait 5, et j'avais un mal fou à sélectionner. Je réfléchissais, les noms tournaient dans ma tête, et je me disais : "je l'adore cette série, mais est-elle ma préférée ?", tentant de décortiquer ce que je pense de ce que je ressens...

Je n'ai pas de préférée, j'en ai juste auxquelles je me suis liées, en général parce qu'entre mon appréciation de la qualité et une certaine affection entretenue avec les années, le mélange est savamment dosé pour que la série me colle à la peau. Mais préférer une série ? Non, pas vraiment. Pas une, pas cinq, mais vingt-cinq, cinquante séries. Demandez-moi des recommandations et j'en aurai plein à vous faire. Demandez-moi ce que je regarde en ce moment et j'aurai dix titres à vous proposer, qui changeront chaque semaine, chaque jour.
Hier à m'émerveiller sur Naznaczony la mystérieuse, demain à déballer mon coffret Wallander et vous avouer que je n'avais plus apprécié une série policière depuis longtemps. En oubliant qu'il y avait Southland il y a encore quelques semaines. En attendant que mon coup de cœur sur Capadocia revienne comme il est venu, à la faveur d'un trou dans mon emploi du temps téléphagique.

Ce mème est donc une expérience de l'inconnu pour moi : citer une réponse, et une seule.

Je ne suis pas satisfaite pour toutes. Mais j'ai tenté de m'y astreindre, et en cela, l'expérience était finalement intéressante. Les réponses me surprennent moi-même à un certain moment, parce que dans le fond, elles sont toutes incomplètes, mais en m'obligeant à choisir, je dis certainement quelque chose sur mon état d'esprit du moment.
La semaine dernière, Will & Grace aurait été dans au moins une réponse. Il y a deux mois, Les Craquantes. Il y a un an, Better Off Ted ? Il y a trois ans, Drive, peut-être.

Quand j'étais adolescente, je gardais dans mon journal intime une carte postale recensant des questions du questionnaire de Proust. Chaque année, sans rien préméditer, il me prenait l'envie soudaine de sortir la carte et répondre à chaque question. Ensuite, je comparais avec les années précédentes. Certaines réponses restaient les mêmes. D'autres changeaient plus ou moins subtilement. J'ai perdu mon journal intime de cette époque il y a quelques années lors d'un déménagement, mais je suis sûre que si je refaisais cet exact questionnaire aujourd'hui, il serait le même, et il serait différent, à nouveau.
C'est sans doute aussi en cela que l'exercice est intéressant. Il marque 30 jours de téléphagie, et 30 jours en téléphagie ça passe rudement vite, et en est la photographie. Dans quelques mois, à 20, 50 ou 100 pilotes de là, il en sera autrement.

Alors, toute insatisfaite que je sois avec certaines questions (sans compter celles que je ne me suis jamais posées, comme celle du 21e jour, j'ai tenté le coup.

Et puis, ça ne veut pas dire que pendant le mois d'août, je me sente exonérée de continuer à poster. Oh, bien-sûr, j'aurai la tentation, les jours où je suis crevée ou démotivée (comme c'est déjà arrivé de nombreuses fois depuis le passage en quotidienne), de me dire "oh, d'façons ya un post pour le mème, pourquoi m'en faire ?", mais je sais aussi qu'il va se passer bien trop de choses pour que je m'en tienne à ces posts. Tiens, de toute façon, demain, il va se passer des trucs...

Donc voilà, à partir de demain 20h00 pétantes, le mème des 30 jours commence, il a même sa catégorie rien qu'à lui. N'hésitez pas à y réagir, y poser des questions, voire me conspuer si vous trouvez que je n'ai pas joué le jeu... et c'est parfois arrivé !

29 juillet 2010

Russian roulette

Quand je sors d'une période de fringale, je suis prête à donner sa chance à n'importe quelle série ou à peu près (ferme exception soit faite des vampires). Chaque fois c'est pareil. Il me faut une nouvelle obsession. Et les plus inattendues sont les bienvenues : aujourd'hui, accro à un sitcom, demain, pourquoi pas fan de western ou addict à la science-fiction ?

RussianRoulette

Parce que là, justement, je sors d'une double intégrale Will & Grace et Les Craquantes (quoique, pour être sincère, Les Craquantes, il m'en reste quelques épisodes avant d'être vraiment à la fin) (l'affaire de deux jours, trois tout au plus) (je me demande combien de gens de ma génération ont vu cette série en intégralité, quand même), et je commence à chercher ce que je vais regarder après.

Non, si, bon, oui, effectivement. J'ai un planning auquel je pourrais me conformer. Sans déconner, vous m'avez déjà vue suivre un planning ? Beh non ! Parce que je fonctionne au coup de cœur. J'ai, concrètement, un certain nombre de tâches de fond, plus ou moins abouties, plus ou moins achevées, comme par exemple regarder V ou Royal Pains, mais je n'en suis pas au point de me dire, quand un épisode sort, qu'il faut que je l'aie vu dans les 24h. Ce sont deux choses totalement différentes, et regarder Huge semaine après semaine avec beaucoup de satisfaction ne suffit pas.
Les séries que je suis sont en général toutes autres que les séries sur lesquelles j'exerce ma tendance à la monomaniaquerie. Pour une raison en fait évidente : comment exercer cette tendance à la monomaniaquerie au rythme d'un épisode par semaine ?

D'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'on trouve un certain nombre de séries dans mes cartons, qui attendent une saison ou deux avant que je ne leur fasse un sort. C'est par exemple le cas de Brothers & Sisters pour laquelle j'attends au moins début 2011 pour m'y remettre, plus vraisemblablement la toute fin de la prochaine saison. Voilà bien le genre de série qui m'ennuie sur le long terme ; mais à fortes doses sur une courte période de temps, c'est absolument l'extase.

Le problème c'est qu'actuellement, ça pourrait donc tomber sur n'importe qui. Là, demain mettons, si je mets le pilote de Saving Grace, Roseanne, Eureka ou NCIS, j'ai de grandes chances de ne pas en décoller avant la fin de série ou, au moins, le dernier épisode disponible.
...Vous aurez évidemment relevé l'intrus dans cette liste, je ne suis quand même pas non plus totalement aux abois, au point de regarder un navet.

Donc j'ai un peu l'impression de jouer à la roulette russe, là. Parce qu'en tant que pilotovore, des pilotes, j'en vois, naturellement. Et c'est un peu flippant.
Heureusement, j'ai aussi plein de nouveautés à voir, ce qui limite les dommages (prochain post doramatique sur Mioka, d'ailleurs...), mais enfin, force est de constater qu'actuellement, je suis en manque de coup de coeur et que ça peut tomber sur absolument la première série venue, sans distinction de genre ou d'ancienneté ; à l'exception, on l'a dit, des vampires et des navets.

Quelque part ça ouvre de formidables perspectives : dans une semaine de ça, si ça se trouve, je serai en train de regarder une série dont j'ignore tout. Ou bien en train de me faire l'intégrale d'une série dont tout le monde parle et à qui j'ai finalement donné sa chance après un revisionnage (genre Supernatural). Ou bien de m'empiffrer d'épisodes d'une série que j'ai toujours snobée et qui tombe à pic, dans un instant de faiblesse.

Donc en gros, si là, vous voulez me fourguer une série que je n'aurais, sans ça, jamais regardée, c'est maintenant. Si vous avez une série que vous voulez absolument me faire voir, c'est le moment de se placer. Envoyez vos cagoules, vos liens, même simplement un lien vers la fiche de SeriesLive ou la page de Wikipedia, si vous voulez me faire regarder quelque chose avec attention, c'est le moment.
Au prochain coup de cœur, il sera trop tard, je serai à nouveau monomaniaque et n'y jetterai un œil que très indifférent...!

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26 juillet 2010

Unforgettable

Lorsque TFHein a commencé à diffuser Will & Grace, j'étais devant chaque semaine, le samedi, et j'adorais ça. Je venais de quitter la maison de mes parents, et Will & Grace semblait être exactement pour moi : de grands enfants dans un monde adulte.
D'ailleurs quand il est sorti, j'ai tout de suite acheté le coffret VHS de la saison 1... enfin, oui, disons plutôt la première partie de la saison 1. C'était une époque où la pratique était pour ainsi dire systématique.
Mais ensuite, tout s'est gâté : TFHein n'a plus diffusé la suite avec la même régularité. Des samedis de déprogrammation, puis de rediffusion, puis plus rien du tout. Les coffrets VHS de la deuxième partie de la saison 1 sont devenus introuvables et je ne m'étais pas encore équipée en DVD...

J'ai perdu Will & Grace de vue. Ils ne m'ont même pas vraiment manqué, pour être honnête, parce que, comme Robin Williams dans Hook, j'avais tout oublié et grandi. Je me suis progressivement éloignée des sitcoms, aussi.

Il y a eu un bref retour au Pays Imaginaire quand Canal+ a diffusé (ou rediffusé, je l'ignore) la dernière saison, vers 7 ou 8h du matin en quotidienne. Et j'ai le souvenir très clair d'avoir regardé l'épisode final, bien qu'ayant loupé au bas mot trois ou quatre saisons, avec des larmes dans les yeux, à genoux devant la télé, recueillie dans le deuil d'une série que j'aurais pu aimer si elle n'avait pas disparu de mon radar si tôt, et qu'il était triste de ne retrouver qu'au moment des adieux. C'était un de ces instants où non seulement une série s'achève, mais une époque avec elle, aussi, au moins pour moi disons. J'ai compris que j'avais beaucoup raté.

Mais même à ce moment-là, et même plus tard en revoyant le pilote, je n'ai pas voulu rouvrir la fenêtre et m'envoler. J'ai laissé tomber.
Lorsqu'il y a quelques semaines, j'ai revu le pilote sur un coup de tête, je ne pensais d'ailleurs pas que ça irait plus loin. C'était juste un pilote. Vous me connaissez, moi, avec les pilotes... Mais quand très exactement le lendemain, l'un de vous m'a demandé ce que je pensais de Will & Grace, non seulement ça m'a obligée à repenser sérieusement à mon rapport à cette série, mais surtout je l'ai interprété comme un signe du Dieu de la Téléphagie et j'ai continué.

Et nous voilà au bout du voyage. Huit saisons plus tard.

Will & Grace est une comédie pétillante aux dialogues vivants, rythmés, et aux blagues à la fois subtilement intelligentes et bourrées de popculture accessible à tous. Une comédie à la fois performante et futée.

Mais surtout, c'est l'une des rares de son espèce. Bien qu'on y parle continuellement de sexe, ou au moins qu'on le sous-entende, la série repose sur quatre personnages parmi lesquels il n'y a pas la moindre possibilité de tension sexuelle. Elle en est absolument exclue. On adore l'histoire d'amour platonique entre Will et Grace, mais on sait qu'elle n'ira jamais plus loin (et il ne viendrait même pas à l'esprit de shipper). Jack et Karen sont dans une relation tactile mais qui existe en-dehors de toute sexualité. C'est son paradoxe : Will & Grace montre des personnages tellement à l'aise avec leur corps qu'ils n'ont rien à prouver et ne mélangent pas les genres. Jamais. Les interactions des quatre personnages entre eux sont à un autre niveau, on est prévenus, on n'y reviendra pas.

Toutes fusionnelles et/ou versatiles que soient les relations entre ces deux paires de couples (hétéro/gay, homme/femme), elles n'iront jamais nous faire le coup du "vont-ils-ne-vont-ils-pas".

Avec son humour complètement débridé, ses personnages exubérants et son parti pris, Will & Grace se ressent comme libératrice.
Nos quatre amis vivent dans un monde où l'amitié prévaut quoi qu'il arrive, par delà les orientations sexuelles, les histoires amoureuses, et même, comme le montre le final, le temps. On est dans le Pays Imaginaire : les amis c'est le plus important pour rire comme pour pleurer, le reste on s'en fiche. On croit à l'âme sœur et aux rigolades pour toujours. La plaisanterie a un parfum d'éternité.

Alors, oui, ce furent quelques semaines de réconciliation avec une série que j'ai bêtement oubliée, mais qui est toujours restée dans un coin de ma tête. Dans le fond, Will & Grace était inoubliable, il ne fallait juste pas compter sur TFHein pour me le rappeler.
...Je les avais pas perdues mes billes !

WillandGrace_BowingOutGracefully

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Will & Grace de SeriesLive.

19 juillet 2010

Let's get something straight

Ayant quelque chose à fêter (rapport au fait que j'ai un nouveau job et que j'ai bien négocié mon coup... si j'avais un brin insisté, j'aurais peut-être pu en tirer plus, mais enfin, bon, non, c'est bien déjà) je me suis ruée baladée par hasard dans les couloirs de la FNUC. Je n'avais sincèrement aucune idée précise en tête, je voulais juste marquer le coup.
Étrangement, mes pas m'ont conduite dans le rayon séries. C'est bizarre la vie des fois...
Je vous la refais.

"Tralalala, je me balade par hasard à la FNUC, oh ! Le rayon séries ! Qu'est-ce que je pourrais éventuellement, si j'avais mon chéquier sur moi, acheter pour fêter les négociations que je viens de mener avec succès ? Oh, la 3e saison de Dexter en import belge... Oh, quel énorme rayon Farscape... *gasp* C'est quoi ce gros truc Farscape ?!"

Ni une ni deux, je commence à embarquer ledit coffret constitué de plusieurs coffrets regroupés dans le même emballage. Je pense que là, je peux difficilement faire mieux ! Ah, lady, tu me gâtes, merci merci, tu n'aurais pas dû... Vraiment, c'est trop !
Nan mais je le garde, hein, je veux juste être polie.

A dix pas des caisses (où déjà, à ma simple vue, les hôtesses s'affolent, désespérant de trouver un sac suffisamment grand pour mes folles dépenses... du calme les filles, j'ai qu'un seul article aujourd'hui), je baisse le nez sur ce que j'ai dans les mains. J'ai pris l'habitude (je l'ai promis pendant les séances de thérapie communes des AA, les Appeurs Anonymes) de regarder ce que je vais acheter une dernière fois avant de signer mon chèque, pour éviter tout achat impulsif supérieur à 100 euros (baby steps !).

Et là, mes yeux s'arrêtent... sur la deuxième étiquette. J'avais vu celle du prix, c'était pas le problème. Je n'avais pas vu l'autre. En bas. Dans le coin.

Combien

Bah mince alors. Cette étiquette prix-là... avec ce nombre de saisons-là ? Ya pas comme une erreur ?

[soupir]

Je vois ce que c'est. Il va falloir qu'on reprenne les bases. J'ai donc convoqué le patron de la FNUC séance tenante pour lui faire mon laïus habituel sur le petit problème que j'ai avec les gens qui essayent de me traire sans mon consentement. Avec, c'est différent, bien-sûr.

On dit que les prix des DVD de séries se sont quand même bien calmés par rapport à une époque. Que quand on y repense, avant, toutes les séries sortaient systématiquement une saison en deux coffrets ou plus, une pratique aujourd'hui devenue marginale, du moins la proportion s'est-elle largement inversée. Qu'avec internet, la concurrence fait que les grandes enseignes mettent un peu d'eau dans leur vin (même si mes coffrets Dead Like Me à moins de 10€ pièce, ça, la FNUC elle sait pas encore faire).
J'aimerais néanmoins rappeler qu'il y a un moment, je veux bien être pro-FNUC et tout, mais faudrait voir à pas me prendre pour la dernière des connes.

UNE seule saison à plus de 90€, c'est du grand délire.

Il y a bien-sûr une question de prix psychologique dans ce problème. Moi, je fais un gros blocage quand on me demande de payer pour une saison ce que j'estime être le prix de plusieurs (ici au moins deux minimum, idéalement trois ou plus). Dans ces cas-là, je vois rouge. Je m'étrangle de rage. Parfois j'étrangle un employé (mais ça n'est arrivé qu'une fois et depuis je ne suis pas retournée sur les lieux du crime à la FNUC Saint-Lazare).

C'est comme quand je commence à flirter avec l'idée (cyclique) de m'acheter les DVD de Will & Grace. Revoir la série depuis quelques semaines n'aide évidemment pas.
Mais chaque fois que je jette un œil, qu'est-ce que je vois ? 54€ la saison ? On parle d'une comédie de 25 minutes qui est plus chère à la saison que n'importe quelle série dramatique. Et qui compte 8 saisons. Moi je suis désolée, je dis non.

Comme je disais au directeur de la FNUC où j'étais : vous voulez tellement mon pognon qu'à ce stade j'ai même plus envie d'en débourser de bonne grâce. Je suis pro-FNUC, j'aime bien cette franchise de magasins, je m'y sens bien (curieusement, je suis jamais vraiment à l'aise dans un Vergin Megasture), et j'aime bien dépenser un peu plus dans cet endroit de temps en temps, alors que je pourrais probablement faire des affaires ailleurs (je suis aussi cliente chez CDiscount après tout, je pourrais entièrement m'y fournir), mais à un moment, ma bonne volonté s'arrête là où mon cerveau se met en marche. Faut pas pousser, quoi.

Donc naturellement, j'ai reposé le coffret d'UNE saison à plus de 90€, et je suis rentrée bredouille. Déçue de n'avoir pas pu me faire plaisir.
Ce jour-là, ni moi ni la FNUC n'avons profité l'un de l'autre. Dommage.

PS : bonne chance pour écouler ce coffret à ce prix-là, bouffons.

18 juillet 2010

So little time, so much to do

Cette semaine, je n'étais pas en vacances, et pourtant je n'ai pas travaillé. Ce sont les joies de la vie en cabinet ministériel : quand un ministre saute, il faut se trouver un nouveau boulot. Et encore, ça, finalement, c'était facile, et en fait en une semaine, ç'aura été plié. C'était la minute ladymnistration.
Mais du coup, je me suis retrouvée avec une semaine relativement libre sur les bras (si l'on soustrait les entretiens et les quelques sorties qui étaient prévues), et c'était peut-être le plus gros défi : savoir comment j'allais téléphagiquement l'occuper.

Il fallait me voir lorsque je suis rentrée de mon dernier jour de boulot, à la fin de la semaine dernière : j'avais pleeeeein de projets. Un peu comme une gamine à qui on annonce qu'elle pourra passer une semaine dans un parc d'attraction : "et je vais enfin me refaire l'intégrale de Jack & Bobby que je voulais me faire, et je vais revoir The Starter Wife, et je vais finir Will & Grace, et je vais regarder un film ou deux, et je vais trier mes génériques, et je vais faire plein de fiches, et je vais rédiger les trois articles que j'ai en projet pour SeriesLive, et je vais ranger mes classeurs sur la documentation téléphagique que j'ai entassés depuis plusieurs semaines, et je vais essayer de glisser une petite intégrale de The No. 1 Ladies' Detective Agency, et je vais finir la saison de V que j'ai un peu snobbée, et puis ya plein de pilotes qui vont tomber...!"
Ah, elle était enthousiaste, la lady, ya pas à dire. Elle avait un planning dans la tête, ça allait être tout-à-fait idéal, des vacances avant les vacances, le pied total.

Hier, j'essayais au moins de ranger mes génériques (le problème c'est qu'à chaque fois qu'un disque dur me plante, je les recagoule sans forcément bien les nommer), et je suis tombée sur le générique de Mad Men. "Aaaargh", me suis-je étranglée, "yavait ça aussi : j'ai acheté le coffret de la saison 1 et il est toujours sous blister !".

No1

Bilan.
Eh bah, bilan, bien-sûr, j'ai rien fait de tout ça. Si, j'ai fait quelques fiches sur SeriesLive, je suis relativement à jour dans mes pilotes occidentaux (mais en Asie je suis à la bourre), et puis j'ai attaqué l'avant-dernière saison de Will & Grace... mais à part ça ? Les classeurs de documentation téléphagique jonchent mon bureau, je n'ai eu le temps que pour un article sur SeriesLive, et je ne parle même pas des séries que je voulais regarder, je comprends pas comment je me suis débrouillée mais j'ai pas du tout touché à la moindre d'entre elles.
Tout ça c'est la faute de la crémaillère de ma sœur ce weekend, c'est des heures que j'aurais pu mettre à profit et en fait rien du tout.

Non, bon, ne blâmons pas les faux coupables. La vérité c'est qu'évidemment, ce programme était bien trop gros pour tenir en une semaine. Mais j'étais tellement contente de cette période de temps libre imprévue, et j'ai l'impression d'en avoir si peu profité ! Admettons-le, faire des fiches de séries étrangères prend un temps fou, parce qu'il s'avère (je sais, c'est choquant au plus haut point) que je ne parle ni espagnol, ni hindi, ni hébreu, ni... bah, estonien. Alors forcément ça prend un temps fou de croiser les informations, les traductions automatiques, les quelques sources anglophones... rien que trouver les noms de certains acteurs peut prendre une demi-heure ! Je ne suis pas vraiment étonnée.
Juste déçue.

Aaaargh ! Si peu de temps, et tellement à faire ! La téléphagie est une frustration sans nom.
Ce serait cool si je pouvais me faire virer de mon nouveau boulot, aussi. Ça me laisserait du temps...

15 juillet 2010

Je serai là pour toi dans 15 ans

FriendsForever

Ça fait deux jours que je regarde Friends entre midi, sur NRJ12 (finalement, ne pas avoir de boulot, ça a du bon...), et à chaque fois qu'un épisode commence, je me dis "ah mais oui, il est culte cet épisode !!!". Je sais, le mot "culte" est tellement galvaudé qu'il est devenu tabou, mais bon, parfois, on a encore de mauvais réflexes.

Bref, toujours est-il que ça me frappe de constater que, quand je tombe sur un épisode de Friends, j'ai tendance à me faire cette réflexion très souvent (ça ne date d'ailleurs pas de ces deux derniers jours, je me souviens m'être fait cette réflexion par le passé déjà). Ça signifierait donc que j'ai déjà vu tous les épisodes de Friends sur lesquels je tombe ?

D'ailleurs, est-ce que j'ai vu tous les épisodes de Friends ? Pas sûr. Mais c'est difficile à dire, vu que, comme pour beaucoup des séries très populaires dans les années 90, j'ai loupé le coche pendant longtemps, et que, du fait du blocus sur la télé qui était en vigueur chez mes parents, j'ai vu les premières saisons très irrégulièrement car en contrebande. Après c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de rediffusions (à peu près une rediff sur chaque chaîne française, non ?), mais comment être sûre que j'ai comblé tous les trous ?

Évidemment je pourrais m'envoyer une intégrale de Friends, je suppose, d'autant que je suis en pleine période de sitcoms et que, si 10 saisons pourraient m'effrayer en temps normal, là, je viens de commencer la 7e de Will & Grace et on peut donc dire que je n'en suis plus à ça près. Et puis sincèrement, cette impression de connaître tous les épisodes de Friends donnerait à cette intégrale un sérieux goût de déjà vu, pour le coup beaucoup plus négatif.

N'empêche que ce qui me frappe, c'est à quel point la série a finalement laissé son empreinte sur moi, alors que, si comme tout le monde, j'ai ri devant Friends, je n'ai en revanche jamais été absolument fan, et que je n'ai jamais compté la série parmi mes favoris. Tous les épisodes possèdent au moins une scène dont on a l'impression qu'elle est absolument inoubliable. C'est peut-être ça, une série indispensable à la culture de tout téléphage.
Finalement, peut-être que le terme de "culte" n'est pas complètement galvaudé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (wow, quand même) : la fiche Friends de SeriesLive.
Ça alors, un post Zappeur, Zappeur n'aies pas peur, ça c'est pas courant...

7 juillet 2010

Juste pour rire ?

Les 6 premiers mois de l'année n'ont pas été drôles. Pas en-dehors de l'écran, en tous cas. Problèmes au travail, décès, maladie... Si vous ne le savez qu'à demi-mot, vous n'avez cependant pas pu ne pas vous en apercevoir, parce que mes visionnages et donc mes posts l'ont reflété.
Après le décès de freescully, c'est là que ça a été le plus difficile pour moi, personnellement et, du coup, téléphagiquement. Je n'avais plus envie de rien, plus foi en rien, il n'y avait plus de souffle téléphagique en moi pour me pousser vers quelque chose, ni pour exprimer mon ressenti ni pour m'en éloigner même temporairement. C'est certainement là que j'ai eu la plus grosse crise de foi téléphagique de toute ma vie, quand la téléphagie n'a pas réussi, pour la première fois, à m'apporter quelque chose (on reviendra sur les autres prochainement, d'ailleurs, parce que Livia a soulevé des choses très intéressantes récemment à ce sujet).

Et puis, aussi impossible que ça puisse paraître quand on voit tout en noir, les choses ont lentement repris leur cours. D'abord par une période pendant laquelle je regardais, consciemment ou non, uniquement des choses tragiques, dramatiques, déprimantes, tout ce qu'on veut.
Ensuite, il y a eu la période sitcoms. J'en suis toujours là.

Pêle-mêle, sont arrivées (ou revenues) sur mon écran des séries comme Lucky Louie, Les Craquantes, 30 Rock, Rude Awakening, The Mary Tyler Moore Show, Will & Grace... sans compter toute une tripotée de pilotes, tentés ou retentés pour voir, pour essayer de trouver un truc qui me fasse rire ; plus une grosse phase SNL qui risque bien de reprendre à la rentrée, plus j'en vois et plus je veux en voir. Au train où vont les choses, je vais avoir fini mes séries en cours fin juillet (sauf The Mary Tyler Moore Show qui semble prendre des plombes à cagouler et que du coup j'ai pris l'habitude de regarder à raison "seulement" de deux épisodes par semaine environ).

A l'occasion de ce périple aux frontières de la série comique (toutes n'étaient pas forcément des sitcoms purs et durs), je me suis posé des questions sur ce qui, fondamentalement, a motivé ces visionnages : l'humour est-il intemporel ? Peut-on encore rire lorsqu'on nous a trop répété qu'une série est drôle ? Peut-on rire de quelque chose qu'on ne trouvait pas drôle avant ? Peut-on rire de ce qu'on ne trouve plus drôle ? La triste réalité gâche-t-elle le plaisir de rire ?

En voilà une autre : devant une série humoristique, doit-on vraiment rire tout le temps ?

Techniquement, revenons sur les bases. Un sitcom (pour situation comedy) est censé être drôle. C'est sa raison d'être et je crois qu'on va tous tomber d'accord là-dessus sans trop pinailler. Et il suffit de voir le nombre de comiques de stand-up (puisqu'on parlait de stand-up il n'y a pas si longtemps) ou les habitués de l'improvisations qui obtiennent un rôle principal ou secondaire dans des sitcoms pour comprendre de quoi le genre se nourrit, si besoin était d'aller aussi loin.
Je suis sincèrement admirative de beaucoup de ces acteurs et scénaristes, capables d'être drôles pour vivre. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.

Mais je me demande si mon problème avec beaucoup de comédies actuelles, et plus particulièrement les sitcoms (et qui avant ces derniers mois ne semblait pas trouver de remède), ce n'est pas la pression qu'on ressent à "devoir" rire. Bien-sûr personne ne me pointe un flingue sur la tempe pendant les épisodes, et en fait, personne ne vérifie que j'ai bien ri à tel ou tel gag, soyons francs. Mais je ressens tout de même une obligation, due aux rires enregistrés (ou pas), de réagir d'une façon codifiée à de nombreuses répliques et mimiques. Il ne m'arrivera rien si je ne ris pas, pourtant, je soupire en me disant que j'aurais dû rire. Et que je ne l'ai pas fait.

A bien y regarder, les comédies qui fonctionnent avec moi sont toujours celles qui offrent plus que du rire facile, qui me permettent de me lier aux personnages. Par rire facile, j'entends en fait : "on rit, et on n'a que ça à faire". Des séries comme Ma Famille d'abord (qui reste pour moi le symbole de ce qu'un sitcom peut faire de pire), ça ne marche jamais avec moi. Parce que, au fond, qui sont ces gens ? Existent-ils pour autre chose que se balancer des blagues à longueur de temps ?
Je suis finalement beaucoup plus exigeante pour les comédies que pour les séries dramatiques en terme de character development. Si le personnage n'est qu'une façade plaquée dont je dois rire, ça ne me suffit pas, il faut que je discerne quelque chose d'un peu plus dense derrière.

Et du coup, pour cela, le personnage ne peut pas être drôle en permanence. Parmi mes épisodes préférés dans la plupart des comédies que j'aime, que trouve-t-on ? Les épisodes les plus tristes. Ce n'est pas un hasard, c'est bien parce que je refuse de croire qu'il y a des personnages qui peuvent rire en permanence, et que moi-même, je ne le peux pas même avec la meilleure volonté du monde.
J'aime quand une comédie se permet des incursions dans le dramatique. C'est bien plus courageux qu'une série dramatique s'essayant à l'humour (j'ai envie de dire que c'est aussi bien plus optionnel, alors qu'une série dramatique ne peut pas se permettre de se passer de respirations plus légères).

Vous voulez un exemple ? Je vous ai pas mal parlé de Will & Grace récemment, et même moins récemment avec le pilote... J'attaque en ce moment la saison 4. Dans cet épisode, Grace vient de se faire plaquer par son petit ami, alors qu'elle venait de réaliser qu'elle voulait passer sa vie avec lui. Elle déprime au point de ne plus quitter le lit, et rapidement, ses trois amis tentent de la remuer et l'en faire sortir (Karen en arrive même à lui faire une déclaration enflammée). Elle a failli reprendre du poil de la bête mais elle tombe sur un message sur le répondeur qui lui permet de comprendre que son ex s'est déjà trouvé quelqu'un d'autre, et Grace redescend donc au plus bas. Elle ne se nourrit plus, ne se lave plus, se passe des diapositives à n'en plus finir...
Voilà la conclusion :

BedBathBeyond

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Mais je suis ravie d'avoir le choix.

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