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urgences
5 juin 2009

Baron de la drague

"Mark ! Eh, mon pote, comment va ? Mais ça fait une éternité ! Depuis quand ? Naaaan, Conrad Bloom, déjà ? Je le crois pas, on s'est forcément vus depuis... mais si, rappelle-toi, Sex & the City ! T'étais nul au pieu mais t'étais mignon comme tout. Alors, mais qu'est-ce que tu deviens ? Héros d'une nouvelle série médicale ? Cool ! Eh, avant que j'oublie, j'adore tes pattes d'oie, elles s'améliorent d'année en année. Ok, on s'appelle et on se fait une bouffe ? Génial, à bientôt alors..."

Si vous allez sortir ce soir et que vous vouliez savoir ce que je pense de Royal Pains avant de partir, c'est en essence tout ce que vous avez besoin de savoir. Si comme moi vous êtes exténués par votre boulot et que vous ne bougez pas de votre sofa avant demain, alors voilà la revue de détail...

Outre les charmantes retrouvailles avec ce bon vieux Mark Feuerstein, qui fait partie de ces gars qu'on suit du coin de l'oeil sans qu'ils ne nous manquent vraiment lorsqu'ils sortent de notre champs de vision, jusqu'à ce qu'on les retrouve par hasard et avec joie, Royal Pains, l'une des nouveautés de l'été, est une non-surprise amusante.
Non-surprise parce que, non, la série n'a rien inventé. Le coup de recycler à la fois le concept de Privileged en l'adaptant à la disparition fort opportune d'Urgences (qui laisse un vide dans les séries médicales que beaucoup vont tenter de combler dans les mois à venir) sans toutefois chercher à remplacer la défunte série en copiant sa recette trait pour trait, ce n'était pas très original mais ça a le mérite d'être finaud, et surtout suffisant en la saison. Mais amusante tout de même : on peut donc considérer l'objectif atteint.

Les premiers souffles de vie de Royal Pains sont pourtant irréguliers. Après une embolie scénaristique où le valeureux médecin tente un sauvetage en milieu improbable (ici un terrain de basket... il y en aura d'autres ensuite), volant au secours du patient le moins riche quitte à sous-évaluer le risque du patient le plus riche et VIP, j'ai bien cru que je ne tiendrais pas le coup, mais j'ai eu raison d'attendre. L'acte suivant s'ouvrait sur une très drôle séquence en appartement, avec un Mark plus téléphage que nature, qui orientait plus la série sur un ton qu'elle avait snobé les premières minutes : la comédie. Stats instables pendant un long moment. Le doigt sur le bouton d'arrêt, je songeais sérieusement à l'euthanasie de ce pilote dont j'entendais tant de bien depuis ce matin.

Et puis les choses se sont progressivement débloquées. Les scènes médicales ont commencé à être moins lourdes de clichés. Les personnages ont pris leur envol. Mark a probablement avalé quelques déconstipants, aussi. Le sexe faible a fait preuve d'une persuasion indéniable, et notamment la délicieuse Divya qui DOIT absolument prendre plus d'ampleur. Les décors ont parachevé le boulot. On pouvait extuber officiellement après 25 minutes bancales, Royal Pains était alors hors de danger. Deux pupilles vertes m'avaient aidée à patienter, j'avoue...

La variété de cas rencontrés, la technique MacGyver (assumée ensuite) de Mark/Hank, les personnages secondaires épatants d'énergie, la prod soignée, tout cela permet de passer un bon moment, puis de commencer à franchement rire, et même avoir une larmouchette à l'œil lorsque Mark/Hank réalise devant l'océan qu'il va s'établir ici et commencer une nouvelle vie (les histoires de nouveau départ ça me fait toujours ça, si vous n'aviez pas encore compris l'objet principal de ma passion pour Life), bref, à adopter Royal Pains, qui n'a peut-être pas forcément quelque chose de royal mais n'a rien de douloureux en tous cas.

Je souscris donc plus ou moins à la tendance générale : Royal Pains est une très honorable série d'été, un divertissement pas abrutissant à la fois léger et bien troussé, qui n'évite pas les poncifs du genre sans s'y embourber, bref, quelque chose qui se laisse regarder même s'il n'y a pas de quoi devenir accro à la série comme à de la morphine. Si j'en loupe un épisode, je ne pense pas en mourir et sans doute même pas ressentir d'effet de manque, mais c'est suffisamment agréable pour que je ne me plaigne pas de cette nouvelle addition à mon palmarès.
Et de 100.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Royal Pains de SeriesLive.

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16 mai 2009

Le virus Jackie se propage mieux que prévu

Vous vous rappelez combien j'étais pessimiste quant à Nurse Jackie ? Vous vous souvenez que le cast ne m'alléchait pas du tout ? Bon bah oubliez tout, je suis au contraire hyper enthousiaste maintenant que j'ai vu le preair.

Pendant tout l'épisode, je n'avais de cesse de me répéter que le personnage de Jackie avait l'immense mérite d'être moins caricatural que les habituels personnages de son espèce, House en tête pour des raisons évidentes. Oui elle est sèche, oui elle est cynique, oui c'est une droguée (sublimissime scène d'ouverture entre parenthèses, c'était plus brillant que ne le laissait présager le trailer), oui elle est carrément blasée, oui elle peut paraître désobligeante en de multiples situations... mais tout cela est compensé (et non brandi pour camoufler, la nuance est de taille) par une humanité profonde. Du coup, le personnage n'est pas complètement dans la catégorie "antipathique mais à plaindre", il a un bon pied dans la catégorie "Charlie Crews", c'est-à-dire ni foncièrement bon, ni foncièrement mauvais, ni cherchant à être l'un ou l'autre, juste à se poser les bonnes questions pour trouver son équilibre en dépit des choses qui ne se passent pas forcément bien, ou que le personnage ne fait pas forcément bien.

J'ai trouvé aussi très originale la façon dont été décrite la vie à l'hôpital. Déjà, on n'a pas droit (ou très peu) aux couloirs blancs froids et sans personnalité de la plupart des séries du genre, et ce cadre change beaucoup de choses ; les scènes dans le couloir, ou dans la chapelle, prennent un tout autre relief dans pareille ambiance. Et puis surtout, on ne cherche pas à faire du Urgences-like, et vu que le deuil n'est pas fini, ce n'est pas plus mal. Il ne s'agit pas ici de jouer sur l'adrénaline, et à peine plus sur les cas en eux-mêmes. Ce qui est important, c'est la façon dont ils seront traités non pas sur un plan médical mais sur un plan humain. L'empathie est mise au cœur de la série et c'est un changement vraiment bienvenu.

En optant pour un cast réduit, la série se permet aussi de n'avoir que très peu d'interventions, relativement peu de scènes d'action, et de montrer que tout ce petit monde est une équipe qui a une dynamique très intéressante. A ce titre, la relation qu'a Jackie avec l'infirmier Mohammed, ou celle avec Eleanor, le médecin british au flegme plus vrai que nature, sont des indicateurs de la bonne santé quant à l'effiacité des dialogues. Qui, il me faut le souligner quitte à avoir l'air de jeter des fleurs en tous sens, sont très fins et souvent pétillants.

Ah, une autre qualité encore (oui, encore) : la vie privée de Jackie. Ce qui est intéressant c'est qu'on pénètre son monde alors qu'elle-même ne le remet pas tellement en question. Elle sait qui elle est, ce qu'elle veut et ce qu'elle fait, et c'est très libérateur de voir ce personnage qui accumule les, disons, choix contestables, mais sans culpabiliser et sans que le reste du cast ne cherche à le culpabiliser non plus. Il n'y a pas de place pour le doute chez Jackie, elle sait quand elle fait quelque chose de mal et l'assume, elle se rend bien compte aussi quand elle essaye de faire quelque chose de bien (et alors, le moyen lui importe peu), et c'est finalement une position très brave que de ne pas nous présenter l'éternel repenti. J'ajouterais que du coup, n'avoir pour ma part aucune affinité avec Edie Falco, bah ça m'a pas gênée, parce qu'on ne nous demande pas de la prendre en affection, et encore moins en pitié. L'idée c'est juste de délayer la couleur jusqu'à obtenir un camaïeu aussi précis que possible de sa personnalité, avec ses travers, et on ne vous obligera pas à l'aimer malgré eux, et ses qualités, et on ne vous demandera pas de l'encenser juste parce qu'il y en a. C'est finalement en ça que le personnage de Jackie est profondément humain et facile à suivre, sans attachement superflu mais sans la distance courante chez les personnages mal-aimables, tordus ou machiavéliques.

A partir de là, je ne vous cache pas que, comme Nurse Jackie est une série donnant un souffle nouveau et arrivant à point nommé sur le métier d'infirmière, avec de nombreuses nuances de gris, et une écriture solide et drôle à la fois, je ne vois pas ce que HawthoRNe pourra bien ajouter. Je sens que le timing était très mal choisi pour la seconde série, vu que la première a toutes les cartes en main pour accomplir très intelligemment cette mission, et ce en ayant pris de l'avance.

J'ai fini le preair, je l'ai mis sur une pelote de laine, et j'ai tout de suite été m'ajouter aux amateurs de la série sur la fiche Nurse Jackie.
D'ailleurs, à propos :

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nurse Jackie de SeriesLive.

5 mai 2009

Quand il reviendra, le temps des surprises...

Ça vous dit, un petit coup de stabilo bleu ? Je me suis dit que j'allais jeter un oeil à ce que l'été nous prépare. Vous me connaissez, moi, dés qu'il est question de pilotes...
Voyons donc ce qui a été prévu pour nous gâter cet été !!! Nan mais, parce que là, vous vous moquez, j'ai l'air de m'y prendre exagérément tôt, mais songez que l'été, c'est dans même pas deux mois, quand même. Hein. Bon. Donc il est amplement temps de faire le nécessaire pour préparer l'arrivée de ces nouveautés. D'autant que certaines chaînes commencent à parler de programmation d'été dés la fin mai, alors bon...

Stabilo bleu : prêt. Mauvais esprit : prêt. Biais envers Dylan McDermott : prêt. On peut y aller !

- Showtime
Dans la famille "personnalité barrée avec de gros problèmes psy à régler", je demande... l'infirmière ! On a déjà abordé le sujet, Nurse Jackie vient pour vous faire une piquouse dés le 8 juin, et attention, ça risque de faire mal. Personnellement je ne suis pas emballée par le cast, mais surtout ce qui m'énerve c'est qu'en-dehors du personnage mal-aimable en milieu hospitalier (toute ressemblance avec le personnage d'une autre série serait purement fortuite), pour le moment, il ne me semble pas y avoir grand'chose pour démarquer la série des multiples autres qui l'ont précédées dans la catégorie "personnages décadents auxquels on va s'attacher quand même parce que ça fait de la peine". Mais si, je suis enthousiaste ; pourquoi, ça ne se voit pas ?

- NBC :
On n'attend plus grand'chose de la part de NBC depuis un sacré bout de temps. Eh bah moi je dis, on sait pas, on pourrait être surpris. Par exemple, imaginons que The Philantropist soit aussi prometteur que le pitch veut bien le dire, eh bah on tiendrait ce qui pourrait être l'une des meilleures nouveautés de l'année (c'est-à-dire aussi qu'on part pas de très haut, en 2009 pour le moment, c'est un peu craignos dans la majorité des cas, il faut bien le reconnaître). Vérification possible à partir du 24 juin, si ABC ne rachète pas la série dans l'intervalle, évidemment...

- ABC
On cherche les problèmes, chez ABC. Pour une fois qu'ils diffusent des trucs qu'ils n'ont pas piqués aux voisins pourtant, ça partait d'une bonne intention... A commencer par la mini-série Impact, avec qui on a rendez-vous le 21 mai, qui n'annonce rien de bon (et pour cause, c'est encore une fois la fin du monde ! encore des météorites tueuses ! cette fois elles s'attaquent à la Lune ! mais attention aux effets secondaires sur notre planète ! pourquoi je ponctue comme ça ?! j'ai dû trop regarder la bande-annonce à la Armageddon), et surtout pas niveau casting où on a vraiment l'impression que ces 4 heures vont être très longues et très pénibles... De toutes façons ne vous en faites pas, un peu de patience et TF1 diffusera ça par un samedi après-midi pluvieux.

- FOX
Ce qui est bien avec la FOX, c'est que quand on n'a pas le temps pour ses nouveautés, on sait qu'on peut s'en passer sans avoir trop à y perdre. La preuve par l'exemple cet été avec Mental, un drama médical qui débarque dés le 26 mai (je vous avais dit que l'été approchait !) et qui fleure bon le concept original, ici un repompage de House sans la canne, mais aussi sans la variété de maladies potentielles, puisqu'on va plutôt lorgner du côté psychiatrique de la profession, histoire de varier un peu les (dé)plaisirs. Vous me voyez agiter mes fanions "wow, c'est original" ? Non ? Normal, c'est pas le cas. Franchement, la FOX cet été, une fois de plus, on saura s'en passer.
Au mieux, il y aura la preview de Glee le 19 mai (histoire de se laisser le temps de réviser sa copie ?) pour ceux qui attendent un peu de sang frais, et c'est vrai que pour une fois l'idée de départ est un peu originale, mais méfiance, les séries exploitant leur côté musical ne finissent pas toutes avec la qualité d'un Cop Rock, surtout à l'ère d'Hannah Montana et autres Camp Rockeries (ne pas confondre, merci). Mais même si ça vous plaît, il faudra alors attendre l'automne pour la suite, alors bon...

- TNT
D'une part, on a droit au retour de la vengeance pour Dylan McDermott dans Dark Blue, à compter du 15 juin. C'est marrant comme le titre de la série est assorti à l'image publique de Dylan suite à son rôle dans The Practice : un mec sombre avec de beaux yeux bleus. Du sur-mesure ? Espérons que la série ait un peu plus à offrir que ça, même si pour le moment, on n'a qu'assez peu d'espoir : on va avoir droit à des flics. Vous me voyez déjà grogner, mais non, il faut quand même admettre que le pitch offre un peu plus que ça, puisqu'il s'agit de flics spécialisés en travail en sous-marin. Et ça c'est bien quand même. C'est quasiment original. C'est intéressant. J'ai dit "Dylan McDermott", donc on sait déjà que je vais regarder.
Et puis d'autre part, dans la veine de The Closer et Saving Grace (de son propre aveu), TNT tente de se créer une marque de fabrique avec des personnages féminins qui en ont, avec HawthoRNe, qui commence le 16 juin, et qui sera drama médical  (comment ça Urgences c'est fini, ha boooon ? bah on essaye pas de récupérer les spectateurs désoeuvrés, c'est promis) tournant autour de Jada Pinkett Smith, qui sera chef des infirmières et qui tiendra tête à un hôpital plein à craquer de médecins se prenant pour Dieu et d'administrateurs obtus. On a déjà hâte... heureusement, l'incontournable Cloris Leachman devrait y apparaitre, c'est toujours bon à prendre. Mais si elle n'est pas là dés le pilote, je risque d'être très, très difficile à convaincre.

Comment ça, je suis négative ? Nan mais vous avez vu ce qu'on nous fourgue cet été ? Bon bah moi je m'en fiche, en juin j'aurai mon DVD de Life, et plein de rediffs perso à me faire, sans compter Dieu sait combien de découvertes qui peuvent se faire dans l'intervalle, alors franchement, pas besoin d'inédits.
Vu que quasiment tout sent, au mieux la variation sur un thème connu, au pire la redite de ce qu'on a vu et revu et rerevu cent fois, franchement, l'été, on va pouvoir faire l'impasse dessus.

Les pilotes de cet été ? Pfff, ça va même pas un peu me manquer !!!
Nan mais, bon, on en reparle dans quelques semaines, on sait pas...

5 avril 2009

Chronique d'une mort annoncée

Ça fait quelques jours que je lis les réactions suite au décès d'Urgences.
Pour être tout-à-fait franche avec vous, je ne suis pas certaine de savoir qu'en penser.

Urgences, comme vous le savez si vous êtes un habitué (ou si vous savez cliquer sur un tag), ça n'a jamais été une série qui a révolutionné mon univers, pour une bête question de timing. C'est sans doute une histoire téléphagique qui était vouée à ne pas se faire à la base, et mes tentatives tardives n'ont pas vraiment pu changer la donne. Quand je tombais dessus, bon, bah je regardais, je ne suis pas une mauvaise bête, mais je ne surveillais pas les saisons, je n'attendais pas la suite, je ne m'attachais pas à la grande majorité des personnages. D'ailleurs, qu'il y ait eu un tel turn-over de personnages ne m'a pas dérangée du tout, parce que comme je regardais de loin, quand il y avait un personnage qui partait ou mourrait, et/ou qu'un autre arrivait, ça me faisait du mouvement, c'était sympa. Et puis je finissais toujours par avoir un nouveau personnage "préféré" (comme au départ avec Carol, puis j'avais dévié sur Carter, etc... et ces derniers temps c'était Neela) alors l'un dans l'autre je retombais toujours sur mes pieds. Jamais vraiment déçue, jamais vraiment accro, en somme.
Je n'étais pas tellement investie dans cette série, donc mon comportement était finalement plutôt normal dans ces circonstances. Je savais reconnaître un bon épisode quand j'en voyais un mais, et finalement c'est peut-être bien la seule série pour laquelle j'ai eu ce comportement non-téléphagique, ça ne m'incitait pas spécialement à vouloir en voir plus. Quand on me connaît, on sait à quel point c'est assez exceptionnel...

Alors quand les fans d'Urgences veulent dire leur ressenti sur la façon dont s'est finie la série (et comme la plupart s'y est pris bien avant moi, je leur cède bien volontiers le passage pour s'exprimer à ce sujet), à la base, je ne me sens pas vraiment le droit de réagir.

Quand certains disaient qu'il était grand temps que ça s'arrête, j'avais envie de leur dire que je n'imagine pas la télé sans Urgences, mais je ne m'en sentais pas le droit. Pourtant c'est vrai, j'ai du mal à m'imaginer être entrée dans une ère où Urgences n'existera plus en toile de fonds des grilles de programmes et des news.
Quand certains disaient que de toutes façons ce n'était plus aussi bien qu'avant, j'avais envie de leur dire que c'était normal qu'Urgences ait tenté des changements et des évolutions parce que la survie est à ce prix, mais que c'est pas toujours facile pour le public de rester pendant aussi longtemps devant un programme qui n'évolue pas toujours dans le même sens que lui, mais je ne m'en sentais pas le droit, parce que j'étais en fait assez incapable de discerner si oui ou non les saisons antérieures étaient réellement de qualité supérieure. Pourtant je n'ai jamais regretté de regarder ce que j'ai vu des saisons récentes.
Quand certains disaient que les changements de personnages avaient complètement dénaturé la série, j'avais envie de leur dire que personnellement, je m'imaginais mal passer 10 à 15 ans de ma vie avec les éternels échanges entre Carol et Doug, et qu'à un moment, un personnage comme Mark, ou même comme John, on en a fait le tour. Mais je ne m'en sentais pas le droit parce que je n'étais pas attachée à ces personnages comme l'étaient les vrais fans de la série.

Voilà pourtant tout ce que j'aurais voulu dire quand la série était encore en vie.

Mais le plus difficile à appréhender pour moi, c'est finalement la façon dont la série s'est finie. Il y a les séries qui se finissent abruptement, et c'est douloureux ; et je parle d'expérience récente avec Pushing Daisies qui me fait toujours comme une hache plantée dans le coeur quand j'y pense. Il y a les séries qui se finissent, et dont on peut comprendre que c'est le cours des choses même si une annulation est rarement une bonne nouvelle (non, il y a une exception : le jour où Smallville est annulée, le champagne est pour moi), mais comme on nous a préparés depuis quelques semaines, que les choses se concluent avec intelligence et que l'adieu n'est pas trop médiatisé, on finit par savoir faire son deuil et accepter que c'est le cours des choses : des séries naissent chaque année (et en tant que pilotovore je suis la première à m'en réjouir, et j'aime ces bonnes nouvelles-là), et puis chaque année il y en a qui partent, et il faut savoir admettre qu'il faut que le second cas se produise pour accueillir le premier avec ce qu'il faut de joie et d'émerveillement.

Seulement pour Urgences, ça fait des années que l'ombre plane. Des années qu'à la Oliver Twist, on nous dit : "j'en voudrais encore, monsieur NBC, s'il vous plaît". Des années que tant de fans eux-mêmes disent "nan, cette fois il faut que ce soit la dernière".
Et depuis qu'on sait que c'est la der des der, mais même avant, on parlait de cette fin, sur tous les tons, sur tous les modes, mais on en parlait, et depuis septembre on nous prédisait qui reviendrait, qui ne reviendrait pas, et on a fait monter la sauce...

Et nous y voilà. C'est fait. Ca y est.

Après tant d'années à ne pas oser en dire quelque chose, parce que je ne pensais pas avoir de légitimité à ce sujet, après tant d'années à regarder quand même, même si sporadiquement, après tant d'années à savoir que la fin arrivait, et à la voir se préparer comme un cancéreux met ses papiers en ordre, moi, je dois vous le dire, je me sens toute bizarre.
Un peu vide, un peu triste, un peu perplexe, un peu soulagée.

Il y a des tas de gens très doctes au sujet de cette série pour être capables de dire plein de choses suite à cet évènement : commenter les audiences, réagir au contenu de ce final, dresser un bilan de la série ou simplement faire leurs adieux...
Mais moi je sais pas quoi dire.

J'ai même pas vraiment envie de savoir comment ils ont fini la série, en plus. Je sais juste que c'est fini et quelque part c'est tellement symbolique que ça me prend là, juste là, vous voyez, et ça se serre, et je n'ai même pas de raison valable, je n'étais pas fan, ni rien, mais voilà, Urgences... si, il faut le dire : Urgences c'est fini.

Très franchement, je ne sais pas si je peux envisager vraiment que ça se soit produit cette semaine, et en fait, que ça se soit produit tout court. Je ne comprends pas vraiment ce que ça signifie. En tant que téléphage, c'est comme si je n'avais jamais connu le monde de la télé sans Urgences. Mais on y est, en tous cas.

Urgences n'est plus.

Et pour ceux... non, je ne pense pas qu'on puisse ne pas connaître Urgences. Mais voilà quand même la fiche Urgences de SeriesLive.

15 janvier 2009

Inconsolable

Depuis que mon petit millier de génériques video est tombé au combat, il y en a tant à retrouver... et heureusement, j'en avais posté quelques uns, ce qui a fait votre bonheur puis le mien. Mais ça ne ne fait pas tout.

Il y en a notamment un que, hélas, je pense ne jamais retrouver : celui d'InconceivableQuestion 4 (ce n'est malheureusement pas le seul, mais poussez pas derrière)
J'avais beaucoup aimé ce générique, bien que n'ayant jamais vu la série. C'était un générique très doux, et très bien troussé, retraçant les différentes étapes nécessaires à la conception d'un bébé (logique vu le thème de la série) avec beaucoup de bon goût, toujours dans les arrondis et les couleurs douces, sans trop expliciter.
Et pour moi qui aime les génériques un peu originaux, c'était un vrai bonheur !

Surtout que beaucoup de séries médicales se contentent de montrer le casting en bleu de travail en train de cavaler dans les couloirs... Quoi, vous voulez des preuves ? Pensez Urgences, pensez Chicago Hope, pensez Presidio Med.
Euh, pardon, laissez-moi reformuler.

Pensez Urgences :
Urgences
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Pensez Chicago Hope :
ChicagoHope
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Pensez Presidio Med :
PresidioMed
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Trois génériques que j'adore, pour des raisons d'ailleurs différentes (Presidio Med, c'est la musique, Chicago Hope, c'est parce qu'il me rappelle l'un de mes premiers émois téléphagiques, Urgences, bah c'est Urgences quoi...), mais qui, il faut le reconnaître, n'ont pas inventé le fil à couper le beurre !

Pour Inconceivable, c'est d'autant plus tragique que personne ou presque ne connaît cette série, que seuls deux épisodes ont été diffusés outre-Atlantique il y a plusieurs années, et qu'eux-mêmes sont introuvables. Sans compter que j'avais ce générique depuis un bout de temps et je suis incapable de me rappeler où je l'avais déniché.
Par conséquent, je vais devoir me faire une raison, et admettre qu'Inconceivable était vraiment maudite jusqu'au bout.

Ce que le Dieu du Générique donne, il peut le reprendre à tout moment...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Inconceivable de SeriesLive.

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19 décembre 2008

[GAME] 3x3 eyes

Attention Mesdames et Messieurs, dans un instant, ça va continuer ! Aujourd'hui, 3e session de notre jeu d'illustres inconnus... A mon sens, ils sont un peu plus illustres que les précédents, mais bon, dans ce genre de jeu, tout est une question de références !

Round3_1 Round3_2 Round3_3
Peter Berg
(Chicago Hope)
Maria Bello
(Urgences)
Eric Christian Olsen
(Tru Calling /
La Famille Green)

Le thème de jour pourrait être "bouak, pas du tout consommables..."
Comme les fois précédentes, je vous donnerai des indices si jamais vous veniez à manquer cruellement de culture, mais essayez de voir si vous ne pouvez pas trouver, sans moi, les noms de chacun de ces 3 acteurs, ainsi qu'au moins une série où chacun a joué... Hm, d'ailleurs, ça me fait penser qu'il faudra que je ressorte une certaine VHS pour vous parler de l'un d'entre eux. C'est presqu'indigne de moi de ne pas encore l'avoir fait.

Oh et, avant que j'oublie, voici un cookie amplement mérité : deux réponses d'un coup, dés le premier commentaire !

cookie_freescully

10 octobre 2008

Deux homards

Contrairement à bon nombre de filles déçues par la gent masculine, je n'ai jamais fantasmé sur le fait d'avoir un meilleur ami gay. Un ami est un ami, quelles que soient ses pratiques sexuelles (au début, j'avais pas prévu de le formuler comme ça, mais après j'ai commencé à concevoir que peut-être parmi vous se cachent des mineurs, et peut-être même des mineurs n'ayant pas encore une idée précise de leurs pratiques sexuelles à venir...).

Mais il faut quand même bien reconnaître que la perspective d'une relation à la Will & Grace est quand même drôlement alléchante. Et encore, peut-être est-elle encore trop ambiguë pour être parfaite.

Enfin bref, tout ça pour dire : attention, ya un second pilote en rubrique La preuve par trois aujourd'hui !!! Eh oui, trois captures, trois scènes, trois commentaires !

Will et Grace sont, définivement, ce que Phoebe Buffay appellerait des "homards" (on va voir ceux qui suivent).
C'est-à-dire deux êtres voués à passer leur vie à se tenir par la pince... c'est mignon, parfois trop fusionnel, mais définitivement le point fort principal de la série, le liant qui fait réellement la différence, qui, tout justement, a fait la différence pour Friends. La preuve en images, comme on dit.

WillandGrace_1
En guise de scène d'ouverture, ce dialogue téléphonique si intime qui nous plonge immédiatement dans la totalité de la relation entre les deux personnages principaux. C'est imparable, on a droit à tout : la tendresse, les blagues, les allusions sexuelles, et même deux répliques sur Urgences !!! ("Eriq LaSalle vient de sourire"/"Vraiment ?!"/"Non.") Parce qu'en plus ils sont téléphages ? Ce serait trop beau. Non, disons simplement que ces deux-là ont en plus des références popculture qui sont un véritable rafraîchissement, en plus de tout le reste. Bref cette introduction est d'une efficacité renversante, sans être artificielle, d'ailleurs dés le pilote, les deux interprètes sont d'un naturel assez incroyable dans leur relation, qui semble tout de suite très vraie. La scène où Will et Grace jouent avec leurs amis est évidemment éloquente à ce sujet.
PS : le coin télé chez Will est un paradis pour téléphage. Confortable, élégant, presque confidentiel, aussi... en un mot comme en cent, parfait. Comme je le disais récemment (en fait c'est ce qui m'a amenée à revoir le pilote), l'appart de Will est de toutes façons superbe.

WillandGrace_2
Will & Grace, c'est aussi... Karen. Si ces deux-là n'étaient pas le centre de toutes les attentions scénaristiques les plus intéressantes, définivitement, elle serait l'héroïne de la série. Quand j'ai vu le pilote pour la première fois, en VO, je suis aussi complètement mais complètement tombée amoureuse de sa voix. Ladite voix plus le look à la fois classique et sexy... tout-à-fait mon genre. J'aurais presqu'envie d'être lesbienne pour des nanas comme ça ! En plus, le personnage est excellent, exubérant et pince sans rire à la fois, tout en humour grainçant. Tout le monde trouve Jack hilarant, bah pas moi, moi c'est Karen et juste Karen. Jack lui sert juste à lancer des gags quand les deux homards font bande à part.

WillandGrace_3
Ya un truc quand même, qui m'agace prodigieusement, c'est quand les acteurs ont l'air de se marrer plus que nous. C'est exactement pour ça que je suis allergique à That 70s Show par exemple : je déteste voir les acteurs se marrer avant la fin de leur blague. Ce doit être super si on est sur le tournage, dans le public, d'avoir ce petit plus, cette connivence, mais quand on est devant l'écran, on n'a pas envie de ça. Or c'est un gros problème dans cette série, qui se produit très souvent notamment quand Debra Messing est dans le coin. Parfois c'est même un tue l'amour. Mais bon, on ne peut pas lui en vouloir de trouver la série drôle, juste lui en vouloir de ne pas nous laisser le découvrir en temps voulu.

Vous l'aurez compris, c'est un excellent pilote, même si Debra Messing est... disons, l'actrice qu'elle est, ça ne gâche pas le plaisir de voir ce couple hors du commun évoluer avec brio. On sent tout de suite très bien la relation entre nos deux héros, et Jack reste distrayant tandis qu'on se repait du charisme de Karen, bref un épisode idéal pour ouvrir la série, qui nous laisse complètement prendre la mesure de ce qui nous attend.
Ah vous auriez dû me voir, complètement en larmes, quand la série s'est finie. C'était pas joli à voir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (et je sais qu'il y en a, mais je ne les forcerai pas à se dénoncer !) : la fiche Will & Grace de SeriesLive.
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22 juin 2007

Quota, toi, tu veux ma photo ???

C'est, sur un forum, une remarque a priori anodine (ou en tous cas certainement rédigée comme telle) qui m'a fait m'interroger : où se place, dans les séries, la limite entre la représentation de le diversité et le simple et pur quota politiquement correct ?
Parce qu'évidemment, sur le principe, avoir des quotas plus ou moins officiels, personne ne trouvera ça mauvais. A moins d'avoir des convictions racistes, évidemment, tout le monde est à fond pour le principe du quota. Sur l'air de "au moins tout le monde a sa place à la télé".
[insérez ici un hochement de tête désabusé]
Certainement, oui.

Pour moi, tout a commencé avec l'affaire Grey's Anatomy de cette année, que j'affuble personnellement du sobriquet : "la seule affaire à rebondissements de la saison", à savoir quand Isaiah Washington a laissé échapper un vilain mot hors du cercle privé, et que la presse s'est emparée de la chose, conduisant à une suite de comportements tous plus absurdes les uns que les autres de tous côtés, et étendant stérilement l'affaire sur plusieurs mois. Le cast de la série, je le confirme maintenant après avoir vu une bonne partie de la saison 3, n'avait effectivement rien de mieux à raconter sur ce qui se passe dans Grey's Anatomy cette année, alors en s'y mettant à plusieurs, ils ont fait en sorte que cette connerie revienne régulièrement sur le tapis. Formidable, merveilleux. La conclusion de cette affaire qui évidemment n'en a été qu'une que pour ceux qui n'avaient rien d'autre à penser, comme on s'y attendait, c'est que Washington a fini par se faire vir... hm, non, son contrat n'a pas été reconduit. Ahem.
Et à l'annonce de cette absence de réengagement, je lis sur un forum "j'espère qu'il sera remplacé par un autre personnage de couleur".
. . .
Attendez, là, quoi ? Un personnage de couleur ? Ah bon mais pourquoi ?
Et pourquoi ne pas plutôt le remplacer par un autre personnage intéressant ? Un autre personnage complexe ? Un autre personnage ayant des interactions avec le meilleur personnage/acteur de la série (à savoir Christina) ? Un autre personnage baisable ? Un autre personnage avec des failles ?
Non, je sais pas, c'est juste des idées, comme ça...

Quelle est cette préoccupation de vouloir avoir des quotas, et surtout à ce point ? Comment cela peut-il être un réflexe chez un télespectateur de penser d'abord à la couleur du personnage plutôt qu'à son background, son statut, son caractère ? Est-ce que l'un sous-tend les autres ?
...Et est-ce que je trouve cette réaction étrange parce que je suis blanche ? Parce que dés qu'on parle de couleur, plane très vite au-dessus de nos têtes le spectre du racisme, et qu'on en vient toujours plus ou moins à se poser la question...

Disons-le, c'est vrai que les quotas à la télévision américaine ont fait un travail épatant pour les minorités. On aurait beaucoup à apprendre des dernières décennies télévisuelles outre-Atlantique, en la matière. Intégrer des personnages de couleur, c'est comme intégrer des femmes, c'est nécessaire pour la diversité des personnages, la diversité de leurs possibilités, et puis pour l'identification, évidemment. Et d'ailleurs, pour la gent féminine, là aussi ya eu travail progressif pour en arriver là où nous en sommes aujourd'hui ; les nanas dans les séries, ça n'a pas toujours été des Veronica Mars ou des Carrie Bradshaw ! On a eu un bon paquet de faire-valoir pathétiques et même de séries exclusivement bourrées de testostérone... parfois à dessein, souvent par pur machisme. Bref, les quotas, ça a du bon, ça fait trois ou quatre décennies que ça fait avancer les choses, au moins à la télé et peut-être même parfois par-delà.

C'est devenu une règle et maintenant on est étonnés devant certains castings blancs comme neige... rappelez-vous lorsque Friends était accusé d'être trop blanc ! On entendait même des rumeurs selon lesquelles un septième larron serait adjoint à l'équipe pour rattraper la bévue ! Aujourd'hui, les minorités s'invitent, s'installent, et la plupart d'entre nous trouvent ça normal.
D'ailleurs le dernier quota à la mode, après les gonzesses, les blacks, les latinos... ce sont les gays. J'ai hâte de voir quel sera le prochain : le troisième âge ? C'est vrai, ils sont sous-représentés à la télé, et leur pouvoir d'achat grandit à eux aussi...

Sauf que le problème, de nos jours, ce ne sont pas les quotas, c'est l'utilisation qui en est faite. L'immense majorité des séries qui a un black... a un black. Il est noir il est là vous êtes contents ? Euh oui, enfin, je crois, mais... et après ?
Combien de saisons avant que le quota de couleur de Stargate SG-1 commence à prendre corps et aie quelque chose d'intéressant à apporter à la série ? Je veux dire, oui, si, bien-sûr, la montagne de muscles a été notre eye candy dans la série depuis le premier jour, mais c'est pas l'apprentissage du texte qui a tué Christopher Judge pendant longtemps !!! Le matin avant d'aller tourner, quelques exercices de flexion et d'extension du muscle au-dessus du sourcil, et hop, en piste ! Pas chiant la vie d'acteur !
Et la plupart des séries en sont encore là : les personnages de couleur sont là pour le vénéré quota, mais ils sont souvent plats. Ce ne sont que des alibis, en somme. Et c'est triste. Et on en vient à se demander si tout ça a réellement une raison d'être si c'est pour en arriver là. Au final, ces quotas... est-ce qu'ils servent vraiment à quelque chose ? Sont-ils vraiment satisfaisants ?

Et puis franchement, si dans Grey's Anatomy, Burke était remplacé par un personnage également de couleur, on la verrait venir, la suite, gros comme le nez au milieu du visage, ce serait courru d'avance. C'est le mariage de Miranda qui prendrait un coup dans l'aile. Nan parce que tout le monde aura remarqué que dans Grey's Anatomy comme dans un million de séries ayant plusieurs personnages de couleur : tout se fait entre eux !!! Il y avait deux persos de couleur célibataires dans Grey's Anatomy, pouf ! Ils finissent ensemble ! Obligé ! C'est quand même dingue ça, non ? Et tout le monde est logé à la même enseigne, quel que soit le contexte de la série, dans une immense majorité.
Dans les soaps, ils ne se fatiguent même pas à essayer de maquiller la chose ; tenez, prenons Les Feux de l'Amour (à propos desquels la mémoire m'est rafraîchie plus régulièrement du fait de mon homme qui est fan) : les persos blacks ont leurs scènes entre eux, se marient entre eux, font des bébés (blacks) entre eux, bref sont quasiment dans leur monde à eux. Donc yen a, mais pas à côté des blancs. Bravo le quota, bel effort ! Tout ça pour ça ?

Et puis à force, les quotas, ça fait chier, voilà. A force, les quotas, c'est tellement gros que les casts sont sans surprise, sans intérêt, sans saveur. Ce qui devrait retranscrire la diversité des populations, est devenu une simplification des personnages. Je suis tombée sur Criminal Minds hier soir, et comme les CSI, entre autres (qui font partie des castings les plus ennuyeux du monde), comme un grand nombre de séries reposant sur un cast nombreux : ya la nana, ya le perso de couleur, ya le mec mature plus expérimenté que les autres... C'est toujours pareil. Tout fonctionne par archétype, selon les archétypes de télespectateurs dont on aimerait bien qu'ils envisagent de regarder la série. C'est rasoir.

Pourtant, je suis une femme mais rien ne m'empêche d'encenser une série avec uniquement des mâles, et pas nécessairement parce que je vais les reluquer (même si ça aide, nécessairement) ! Prenez Oz, les nanas, bon d'accord yen a, m'enfin, faut les chercher quand même un peu, et ce ne sont pas elles qui occupent le gros du temps d'antenne ! Pourtant, vous me voyez me plaindre que cette série est trop virile ? Que nenni... Je regarde avec plaisir quelques séries japonaises, je ne suis pourtant pas asiatique (la fin d'un mythe ?). Vous m'entendez me plaindre qu'il n'y a pas de blanche dans ces séries ? Que nenni...

Est-ce qu'une série sans personnage de couleur dégoûte les télespectateurs de couleur ? N'y a-t-il que les blancs qui ont aimé Sex & the City ? Pas d'après ce que je sais...! Et je crois savoir (hélas) que pas mal de monde, pas nécessairement de couleur, apprécie l'humour de Ma famille d'abord, pourtant, là c'est l'inverse, ya que des blacks ! Le télespectateur est-il simplet au point de ne pas pouvoir éprouver de sympathie pour un personnage par lui-même, et d'avoir besoin absolument d'identification ?
Et je pose aussi la question dans l'autre sens : les personnes de couleur se retrouvent-elles réellement dans LE personnage de couleur de la série qu'ils regardent ? Imaginons que je sois un homme noir, je regarde Urgences, est-ce que je me sens automatiquement des affinités avec le Dr Pratt ? Etre un gay ne fait pas de moi quelqu'un qui a le même caractère que Will, je peux même complètement détester Grace et la trouver irritante et gamine, sans pour autant être aussi... flamboyant que Just Jack ! Où s'arrête ce raisonnement débile qui fait assimiler la couleur de peau à une personnalité permettant l'identification ?
Je suis une femme blanche, et pourtant, je ne me reconnais pas dans chaque personnage féminin interprété par une actrice blanche. La preuve avec Desperate Housewives... oui mais là on arguera que la couleur des cheveux influe !
Si je suis WASP, que j'ai la trentaine et que je vis à Miami, suis-je voué à m'identifier à Dexter...? C'est pas un peu dangereux comme système avec des séries pareilles ?

Mais en fait, les quotas, ils n'ont rien à avoir avec la diversité, ce ne sont que des facilités. Des stéréotypes prêts à l'emploi. Et puis comme ça, merde hein, la construction des personnages c'est quand même vachement simplifié. Pourquoi donner une personnalité à la blondinette de service puisqu'il n'y a qu'une blondinette de service au milieu du vétéran, de l'intello et de la caution de couleur de la série ? Etre blondinette de service, c'est déjà bien ! Voilà, ce sera ça de moins à concevoir au moment de créer la série ! Une bonne chose de faite...

Au final, est-ce qu'en tant que télespectatrice, j'ai envie d'une série qui véhicule cette valeur selon laquelle le paraître implique un être, et que l'un découle de l'autre comme une évidence ? Est-ce que j'ai envie d'adhérer à cette clameur reprise de toutes parts selon laquelle un environnement normal, ou peut-être devrais-je plutôt dire : normé, impliquerait d'avoir dans mon entourage : un vieux de la vieille, un intello, un black et une nana ? Est-ce que j'approuve cette tendance à vouloir compter autour de moi les têtes de pipes et les catégoriser si facilement ?
Et si, moi, à mon travail par exemple, j'ai trois collègues de couleur, dont deux nanas, dont une mère au foyer et une qui est la plus ancienne et sage du service, et que dans tout ça je ne suis pas blonde... ne court-on pas le risque que je ne me reconnaisse pas dans les séries qui me montreront d'autres schémas ?
Qui fera la série qui me ressemble ?

Y a-t-il un personnage qui me ressemble vraiment ?

26 février 2007

Ode to the beach

Vous allez me dire que ça s'appelle vraiment se faire du mal. Que j'ai un fichu culot de taxer Sci-Fi de sadisme (voir note antérieure) lorsque mon comportement de téléphage tient du masochisme avéré. Soit. Mais chacun pratique son vice comme il lui plaît, après tout !

J'aime bien chialer devant une bonne série. Traitez-moi de midinette ! J'assume ! Une fois de temps en temps, j'ai bien le droit de me comporter en nana... Et j'assume plus encore le fait de rechercher avec minutie les épisodes les plus chialants, de m'en faire une petite liste mentale et de la parcourir avec fébrilité à l'occasion pour choisir l'un des titres, dans le seul but de verser quelques larmes. J'ai mes raisons ; et l'une d'entre elles est que pleurer devant la télé, ça fait du bien (ça permet de se lâcher sans se donner l'impression qu'on se lamente sur son sort, bref c'est une attitude qui relève non seulement de la psychiatrie, mais aussi de l'orgueil le plus vaniteux qui soit, et je continue d'assumer, et toc !).

Donc hier, je me fais un bon thé, j'allume la télé, et je lance une vieille VHS dépoussiérée pour l'occasion, une qui fait partie de la liste mais qui n'est pas celle que je choisis le plus souvent, je me love entre deux coussins, je remonte la couverture jusque sous le menton et je me prépare pour mon auto-flagellation. Au menu : On the beach.
La mort de Mark Greene, quoi.

Préambule : Urgences n'est pas une de mes séries préférées. Je l'aime, pour de multiples raisons (qui a dit Noah Wyle ?), mais j'ai hélas loupé le coche aux moments clés qui auraient pu faire de moi une accro. Lorsque la France s'est mise à l'heure d'Urgences, j'habitais encore chez mes parents et la télé après 21h, chez eux, c'était mission impossible. Pas la série avec Jim Phelps, est-ce que je l'ai mis en gras ? Non, je vous parle bel et bien d'austérité sur la télé, osons même le dire, d'un embargo sur le magnéto, menant, on s'en doute, à de la contrebande sur la télécommande (mais j'en parlerai une autre fois). Bref à cette époque-là, et surtout en veille de semaine, c'était pas la peine d'y penser. Les premières saisons d'Urgences faisaient un électrochoc sur le PAF (je me rappelle avoir lu des articles, et en même temps c'est pas étonnant, rares étaient les séries en prime à l'époque), et moi c'est tout juste si j'étais pas mise sous sédatifs.
Quelques années plus tard, ma soeur a tenté d'acheter les coffret VHS (j'en ris encore, mais ç'aurait été encore plus drôle si elle avait continué la collection maintenant qu'on a dépassé la douzaine) et on s'est fait les saisons qu'elle a pu acheter (de mémoire, la 3 et la 4). Ce n'est qu'une fois que j'ai acquis mon indépendance de téléphage que j'ai réussi à acheter la VHS du pilote et enfin comprendre où et comment tout avait commencé. Mais à ce moment-là, on était dans les 9 mois de l'année où France2 ne diffusait pas la série, donc : encore raté. Pendant plusieurs mois, je n'ai vu des épisodes que très sporadiquement, au hasard d'une vieille VHS dénichée dans des archives, par exemple. Le soufflet est retombé...

Au final, j'ai pris la série assez tard. Elle n'était déjà plus ce qu'elle avait été, pour peu que je puisse comparer avec les saisons que j'avais vues et ce que j'en lisais. Mais parce qu'il y avait des personnages intéressants (qui a dit John Carter ?), j'ai tenu bon. Parfois, lorsque vraiment la série me semblait s'écarter du droit chemin, je commettais le sacrilège de ne l'écouter qu'en fond sonore en faisant autre chose (ah, ya pas des tonnes de séries qui ont subi cet affront !), mais globalement on peut dire que j'étais là. Je n'avais pas d'affection particulière pour les personnages, ce qui m'intéressait ce n'était pas trop leurs histoires perso, je venais parce que l'équilibre entre action et scenario était bon, que certains arcs avaient des couilles, et que, l'un dans l'autre, yavait No... hm, de bons acteurs.

Pourtant, même en n'ayant que peu d'attaches avec le personnage de Mark Greene, même en n'étant pas spécialement une indéboulonnable fan de la série, l'épisode On the beach est une merveille. Pas pour rien que cet épisode a été nommé aux Emmys quand même ! D'ailleurs je dois dire que comme j'ai vu la retransmission des Emmys avant l'épisode, ça m'avait fait longuement fantasmer, cette vision d'Elisabeth marchant sur la plage... il y avait déjà quelque chose de touchant dans cette scène.

Il y a une technique savamment étudiée pour pleurer comme il faut devant un épisode. Pas de bruit parasite, pas de co-télespectateur à mes côtés, ambiance feutrée et, si possible, ne pas connaître l'épisode par coeur. Pour ma part, j'avais oublié une grande partie des scènes de confrontation entre Rachel et son père, alors qu'ils ne sont encore que tous les deux à Hawaii, avant qu'Elisabeth ne les rejoigne avec la petite. Elles sont pourtant merveilleuses.

Mark a cet espèce de sursaut d'essayer de laisser un testament oral à sa fille, une sorte de pulsion de vie même s'il sent la mort avancer, il a envie de tout transmettre, comme pour répondre aux questions que sa fille ne se pose pas encore, parce qu'il sait qu'il ne sera plus là pour y répondre ensuite. Tout le monde dans cet épisode a une vision très claire de la mort qui approche, à grands pas, et le télespectateur n'est pas pris en traître puisqu'on lui avait annoncé la mort de Mark lors de l'épisode précédent. Alors c'est comme si tout le monde profitait du temps qu'il reste. C'est une sensation vraiment étrange que d'avoir ce compteur qui dit "dans 45 mn, ce sera fini", et on sait que personne n'y échappera, et personne ne cherche à y échapper. Même pas Rachel, qui est tout-à-fait lucide, même si, en adolescente, elle réagit à sa façon, brouillonne.

Elisabeth est magnifique. Elle n'est pas là tout le long, mais chacune de ses réactions sont parfaites. Je n'ai jamais trop aimé ce personnage frigide, et jamais pensé qu'elle et Mark allaient bien ensemble, mais soudain, Elisabeth est animée d'une sorte de noblesse. Toujours un peu dure, elle tente de pleurer le moins possible et de porter la situation sur ses épaules, mais il y a un juste équilibre avec sa souffrance, aussi. Elle s'ouvre. Elle communique avec Rachel. Son regard lorsqu'elle et Mark sont sur le front de mer et parlent des lettres qu'il veut laisser à ses filles, est touchant au-delà du possible. Son autre regard, lorsque Rachel demande si elle pourra voir sa petite soeur, un peu surpris mais encore pris dans la douleur de l'enterrement de Mark, et légèrement résigné, est aussi formidable. Et pendant l'agonie de Mark, cette façon de tenter de se raccrocher à la médecine sans l'infliger, sans insister, et présider au bon déroulement de la vie dans la maison en ayant l'air d'avoir apprivoisé l'éléphant dans la pièce, c'est vraiment puissant.

Mark ? Mark, lui, comme toujours, est humble. Et dépit de cela, on a l'impression que pour la première fois il parle vraiment de lui. Pourtant je me rappelle de plein de choses avec lui, notamment lorsque sa mère est morte, ou quand il a assumé son père, mais c'est comme si le personnage s'était libéré de quelque chose. Mais toujours avec une extrême humilité.
Puis on vit ses dernières heures, mais parfois on a l'impression qu'il est déjà parti. Il s'efface un peu. Physiquement on le voit diminuer, et contrairement à la plupart des héros télévisés dans son cas, il ne se bat pas. Il n'a pas l'audace de prétendre qu'il cherchera à faire patienter la mort. Il prend ses médicaments, il se bande l'oeil, il reste assis longtemps, et il attend. Ou il profite. Ou les deux. Il tire les enseignements sur la mort que sa vie de médecin lui a appris. C'est simplement beau. Il est au calme, il veut que ça finisse comme ça. Par deux fois Elisabeth lui proposera de l'emmener faire des examens : il répond juste "non merci", simplement, avec une sorte de sourire qui signifie clairement qu'il refuse du mourir où il a vécu. Il veut partir en douceur.

La façon dont Elisabeth découvre que Mark est mort termine de nous achever. La camera est à deux ou trois mètres du lit, elle arrive, une tasse dans la main, près du lit, et voit qu'il y a quelque chose, le touche... elle s'assied au bord du lit, pose sa tasse par terre, prend son poul et comprend que c'est fini. Et ça suffit. Plus, c'était de la surenchère.

La seule scène que je n'aurais pas placée dans cet épisode, c'est l'enterrement. Cette sorte de retour au monde "normal", avec la panoplie d'acteurs venus faire leurs adieux à la dépouille, la famille endeuillée (Rachel qui ne pleure pas ; elle avait promis), c'est dommage. Je l'aurais mise au début de l'épisode suivant. Qu'on reste sur cette vision de la camera qui regarde Elisabeth auprès de Mark, et qui les laisse là, avec le berceau à côté et la mer à leurs pieds.

Mais l'un dans l'autre, On the beach est un épisode formidable. D'une sensibilité dont la série ne fait pas toujours preuve avec autant de finesse.
Redécouvrir cet épisode plusieurs années plus tard, avec moi aussi quelques années de plus au compteur et certaines expériences derrière moi, fait sans doute que je ne l'ai pas regardé avec le même oeil que la dernière fois. Tant mieux, peut-être. Mais il est aussi une preuve qu'un bon épisode se suffit à lui-même, et que les émotions que transmettent les séries ne tiennent pas simplement au fait de l'affection qu'on donne sur le long terme à un show, mais bien à ses qualités d'écritures, à l'opportunité qu'on leur donne de s'affiner et s'affirmer avec les saisons.
Je vais me faire pleurer avec mes conneries, moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (c'est grave quand même, à ce point-là !) : la fiche Urgences de SeriesLive.

13 février 2007

En quelques mots

Comme tout bon blogger qui se respecte, je fais occasionnellement un tour dans mes statistiques (= euphémisme). Les mots clés sont évidemment l'aspect le plus drôle de la question. Petit tour d'horizon, pour meubler, et aussi parce que j'avais terriblement besoin de partager mes fous rires...

- Les vilains cagouleurs :
Au menu des petits malins qui tentent de pallier à l'absence de DVD ou de budget pour le DVD, on trouve des adeptes de divers moyens de téléchargement, dont voici les cibles les plus prisées par mes visiteurs : Sex & the City, La Belle et la Bête (qui êut cru), Hannah Montana, New York Unité Spéciale...

- Les génériquophiles :
La rubrique Médicament générique est plutôt populaire, le croiriez-vous ? Mais le plus étonnant c'est la quinzaine d'amoureux du générique d'Angela's Eyes (pourtant, ya plus follichon...). On trouve aussi des fans de Boomtown (c'est bien ça, bon petit, envoie-moi ton adresse, je t'envoie le coffret DVD*), South of Nowhere, Urgences (mais comment mon blog apparait-il dans les réponses pour cette série que je ne pense pas avoir déjà évoquée !?).

- Les stalkers en herbe :
Alors eux, ils ont une obsession, c'est un acteur, en particulier, et ils n'en démordront pas. Avec une seule requête, bizarrement, ce n'est pas Nick' Lea qui arrive en tête du classment mais bien la recherche "informations personnelles sur Adrian Pasdar". Si j'en avais je garderais ça jalousement pour moi, désolée ! D'ailleurs si quelqu'un veut le numéro de téléphone perso de Jay Mohr, je l'ai mais je ne le dirai pas non plus. Et toc. Sinon apparemment il y a au moins un fan de Christopher Titus, et quelqu'un qui veut voir Christopher Meloni, si possible peu vêtu (eh bah prends un ticket !). J'ai aussi un imposant "I HATE BRENT SPINNER" qui me fait un peu peur... Je ne m'inquiète pas trop par contre pour "raven symone de cette année 2007", normalement ya pas de raison qu'elle ne passe pas l'année.

- Les documentalistes :
Ils se renseignent, c'est mignon ! Du coup on a plein de gens qui s'inquiètent du sort de SeriesLive (rha, mais ils ont prévenu vendredi soir que c'était juste un changement de serveur... ah hem, ah bon, ça s'est vu que je les aime bien ?) et qui tombent chez moi (c'était pas prévu pour à la base mais bon, on va pas se plaindre). Je salue aussi la recherche sur "tbs collection printemps ete 2007". Collection ça fait plus joli que saison, ça c'est bien vrai.

- Les inquiets :
Alors eux, rien à voir avec la choucroute. Tomber sur ce blog a dû leur faire un choc vu la nature de leurs interrogations profondes : "copier hollywood boulevard" (ah ouais, pas facile), "invasion extraterrestre" (zinquiétez pas, si ça arrive on est parés, c'est Karen Sisco qui gère), ou mon préféré : "reconnaître un psychopathe envers les femmes" (ouhloulou !). C'est vrai ça peut toujours servir.

- Mes petits préférés :
Ils ont gagné toute mon amitié virtuelle. Le petit génie qui a tapé "définition de téléphage" a gagné l'intégrale de Rude Awakening en DVD VF* ainsi que, naturellement, celui qui est arrivé avec "rude awakening jimmy publics". Ne me remerciez pas. Enfin, coup de chapeau à "super hiro", voilà quelqu'un qui parle la même langue que moi.

Mais que vous soyiez arrivé ici par hasard ou pas, grâce à une recherche bizarre, ou parce que vous cherchez le blog de quelqu'un qui sait lever le coude (pour tenir la télécommande, s'entend), sachez une chose : vous êtes quand même les bienvenus.
Et ça, c'était ma dédicace spéciale à "démagogie explication". Merci à tous et bonne soirée !


*Envoi assuré dés le 29 de ce mois-ci.

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