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ladytelephagy
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une nounou d'enfer
16 septembre 2008

Télé guidée...

C'est dur à admettre, mais même avec tous les moyens qui sont à ma disposition et la ferme volonté de vouloir donner leur chance à un maximum de séries, nouvelles et moins récentes, j'arrive quand même à me débrouiller pour passer au travers d'un certain nombre d'entre elles. C'est d'autant plus énervant que depuis quatre ou cinq saisons, je m'attache à essayer de tout voir. Alors quand je m'aperçois que j'ai loupé une série sympathique de 2007, mon sang se met à bouillir de rage envers moi-même.
Je suis une téléphage acharnée, ça s'est vu ?

Ainsi donc, merci à Ben pour avoir attiré mon attention sur Miss/Guided, que vraiment, j'ai laissée passer entre les mailles du filet. Quand on pense que j'ai trouvé le moyen de perdre mon temps devant des East Bound and Down et consorts, ça me rend dingue...

En apparence, Miss/Guided n'est pas un show révolutionnaire. Pensée comme une comédie en single caméra prenant pour décor le lycée d'une petite ville tranquille, elle ne paie pas de mine. Son héroïne, Becky, est une petite blonde frêle, une sorte de Jennifer Finnigan en plus moche, mal assurée, nerveuse et un peu coincée pour couronner le tout. C'est vrai qu'en même temps, on partait de loin, puisqu'elle avait fait partie des vilains petits canards quand elle était elle-même lycéenne. Globalement il y a quand même eu du progrès. Bref, peu d'arguments sur le papier.
C'est parce qu'il ne faut pas se fier à ce qu'il y a sur le papier !

Le principal point fort de Miss/Guided, c'est son utilisation des apartés. Dans la plupart des séries (je pense par exemple à Once and Again ou, pour rester dans le registre des comédies, à Malcolm), ces apartés serviraient à donner la possibilité aux personnages de dire leur vérité, d'une certaine façon. Ici, ça sert surtout à leur permettre de se montrer tels qu'ils ne sont pas, à se mentir. Tout le monde se raconte des histoires, là-dedans ! Il y a Bruce, totalement imbu de sa personne, qui pense que c'est ce qui lui donne une sorte d'autorité naturelle... il y a le beau Tim qui pense qu'on lui a proposé le boulot de prof d'espagnol par choix alors qu'on avait proposé au type de la maintenance au préalable... et évidemment il y a Becky, notre blondinette héroîne, certaine d'avoir le contrôle total de son existence. Eh bien, pas vraiment, et le contraste entre ce qui se passe, et le discours des personnages, est absolument délicieux. C'est un peu comme s'ils étaient en représentation pendant ces apartés : au lieu de se confier, ils tentent de donner une image reluisante de leur existence ; un peu comme s'il s'agissait d'une interview pour un reportage.
La seule qui semble être la même dans les deux circonstances, c'est Lisa, la nouvelle prof bien carossée.

Becky fait un peu penser à Ally McBeal. En mieux. Sans rire ! Déjà, elle se nourrit, elle. Et ensuite, elle n'est pathétique qu'en apparence. On développe bien plus facilement de la tendresse pour elle que pour l'avocate rachitique. Elle est nerveuse et peu sûre d'elle, mais elle y travaille d'arrache-pied, tout en assumant sa différence. Elle se raconte peut-être des histoires sur sa vie d'adulte, mais dans le fond, elle sait très bien ce qu'elle veut et les progrès qu'elle a encore à accomplir.
C'est vers la fin du pilote que, grâce au personnage de Tim dont on pensait depuis le début qu'il n'était qu'une belle gueule inaccessible, on prend la mesure du charme de la blondinette. Toute gauche et fragile soit-elle... elle est, d'une certaine façon, totalement pure. Et vraie. Et honnête. Et positive.

D'une certaine façon, tout l'attrait de Becky réside justement dans le fait qu'elle ne voit pas ses propres qualités, mais qu'elle fait de gros efforts pour se perfectionner et se voir comme quelqu'un qui n'est pas dans l'échec. Elle ne se croit pas arrivée, mais elle espère voir le bout du tunnel. C'est ce qui la rend touchante, et ce qui fait qu'elle inspire une pointe d'admiration, même dans ses scènes les moins glorieuses.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines d'Une Maman Formidable, Reba et Une Nounou d'Enfer, eh bien on est en plein dans le sujet. Il y a d'autres séries que je pourrais citer aussi, comme Rude Awakening. Qu'on-elles en commun, ces séries qui comptent parmi mes préférées ? (en même temps je vous l'accorde, j'en ai au moins 25, des séries préférées, mais côté comédies elles sont dans le Top5 en tous cas).
D'abord, leur personnage central est une femme. La trentaine passée, voire même pour certaines, flirtant avec la quarantaine (ou 29 ans en années Fran). Dans mon cas, on ne peut donc pas tellement parler d'identification que de projection.
Chacune, du fait de son parcours, se trouve au début de la série à une étape charnière, découlant d'une à plusieurs échecs, et c'est aussi ça qui me plaît : des personnages marqués par leurs erreurs, se trouvant dans une situation où il faut aller de l'avant.

Prenez Fran : elle a perdu 3 ans de sa vie avec un mec médiocre parce qu'elle subissait l'influence de sa marieuse de mère. En choisissant de quitter son boulot avec Danny, et se lancer dans un nouveau job au sein d'un milieu social plus élevé, en cherchant à tout prix le grand amour, sans transiger sur son sindépendance ni sa personnalité, elle s'efforce de s'améliorer. Lorsque Danny revient lui demander de l'épouser, déjà, à la fin de la première saison, elle peut constater le chemin parcouru.
C'est encore plus évident pour Reba qui soit se remettre de son divorce et qui devient progressivement moins bornée, moins autoritaire, qui cesse de se focaliser sur l'échec de son mariage ou ses enfants, et commence une carrière... pour finir par devenir la meilleure amie de celle qui lui a ravi son mari !
Quant à Grace, l'ex-alcoolique qui cherche à s'accomplir même si être une mère célibataire n'est pas de tout repos, elle veut tout à la fois : la famille, le travail, les amis, les amours, la stimulation intellectuelle (elle se cultive, va pour la première fois à l'opéra...) ; elle est en quête d'elle-même et d'un équilibre.
Et puis, dois-je vraiment aborder une fois de plus le cas Billie ? La belle a une addiction à combattre, une mère castratrice dont se libérer, sa vie professionnelle et sentimentale à remettre sur des rails, et pour couronner le tout, elle est en lutte permanente avec cette facette d'elle-même qui couche à droite et à gauche, et multiplie les tentatives d'autodestruction...

En fait, le rire naît précisément de là : de ce que ces femmes vont faire pour s'améliorer elles-mêmes, et donc pour améliorer leur existence. Avec ce que ça comportera, inévitablement, sur la route, de maladresse, d'échec, d'épuisement. Ce qui est justement drôle c'est que même quand la situation directe est surréaliste, le personnage et ses aspirations sont bien ancrées dans le réel, légitimes, et humains.
La confrontation de ces deux éléments, dos a dos, fait que les dialogues et les quiproquos sont drôles. Les autres types de personnages de séries humoristiques, ceux de type toonesque, ne jouent pas du tout sur le même registre ; ici, clairement, les gags fonctionnent parce qu'on investit les personnages, parce qu'ils semblent vrais.
Du coup, ceux qui ne ressentiront pas d'atomes crochus avec Fran, Reba, Grace ou Billie ne sauront pas vraiment rire avec elles.

D'aucuns diront que c'est ma préférence pour les séries dramatiques qui parle finalement à travers ces arguments, et ils auront peut-être raison, après tout... Mais bon, chacun vit sa téléphagie comme il lui plaît !

Si je m'apprête effectivement à continuer à suivre les aventures de Becky (le cagoulage se fait en tous cas dans ce sens pour le moment) pour ces mêmes arguments que ceux qui m'ont séduite dans les séries sus-citées, je dois dire que l'investissement est moindre parce que je sais que la série est courte. Ca me retient un peu, je dois dire. Comment s'installer confortablement auprès d'un personnage si on sait qu'on devra le quitter avant de pouvoir juger de lui sur le long terme ?
J'avoue qu'une série dramatique courte (genre une saison ou moins), ça ne me dérange pas tellement, mais une série comique courte ? Je suis moins sûre.

Donc finalement, au lieu de remercier Ben pour cette découverte, je vais peut-être plutôt lui en vouloir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, attention attention, attachez vos ceintures : les fiches Une Nounou d'Enfer, Reba, Une Maman Formidable, Rude Awakening et, bien-sûr, Miss/Guided de SeriesLive.

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25 août 2008

The lady in red

Ce soir c'était le pilote d'Une Nounou d'Enfer.
Encore.
Et encore.
Et ceci en sachant que j'ai le pilote déjà en VHS.
Deux fois.
Et que j'ai évidemment acheté le DVD.
Et que je connais par cœur l'épisode de bout en bout.

Eh bah j'ai quand même trouvé ça drôle.

Je suis une incurable fan, je crois. Mais quelque part c'est réconfortant de retrouver des personnages qu'on aime tant, avec des situations si drôles...
Evidemment, des inédits me feraient plaisir aussi, mais vu que ça n'existe pas, je n'ai aucun mal à me contenter des rediffusions, fussent-elles celles de M6 ou les miennes, régulièrement.

Je ne vous raconte pas à quel point je me suis roulée par terre, ce soir. Certaines choses ne changent jamais... Même si je continue de tomber amoureuse de certains sitcoms avec les années (j'ai prévu des posts à ce sujet pour cette semaine, d'ailleurs), Une Nounou d'Enfer reste un indémodable, toujours efficace. Toujours plein de tendresse, de références, d'humour léger mais pas simplet.
Je ne m'en lasserai tout simplement jamais.

Oich.

11 août 2008

Newly Edition

J'ai passé tout un week end avec Sam...
Pas Samantha Jones...
Pas Samantha Micelli...!
Pas Samantha Oups !!!
Ohlala, mais vous n'y êtes pas du tout ! J'ai passé le week end avec Samantha Newly ! De Samantha Who?, si vous préférez. J'avais déjà tout englouti quelques mois plus tôt (je sais plus si on a abordé ce sujet ? rafraîchissez-moi la mémoire...), et puis là ça m'a repris, et c'est toujours aussi drôle. Oui, même si les histoires avec Todd sont un peu irritantes (virez-moi ce clown !), c'est drôle.

Et pourquoi c'est drôle ? Parce que nom d'un chien, Christina Appelgate est la comédienne par excellence pour ce genre de rôles, avec des dizaines de mimiques, d'expressions, un regard captivant, une diction parfaite, et surtout un excellent sens du rythme, bref tout ce qui fait que ce qui est écrit pour être drôle l'est vraiment.
Vraiment, au point que... j'habite au 5e étage, vous voyez ? Bah le gardien qui bosse au rez-de-chaussée me dit qu'il m'a entendu rire ce week end.
Drôle comme ça.

En général, je suis plutôt bonne cliente avec ce genre de séries, c'est vrai. Je suis moyennement adepte des sitcoms en plateau (disons que je souris sur le moment mais que je reste très rarement en adoration devant... Une Nounou d'Enfer étant bien évidemment l'exception qui confirme la règle), mais je suis une adoratrice des séries comiques en single camera. Mettez-moi devant un Malcolm vu dix fois, et je ris quand même. Je ne sais pas résister. Physiquement, je ne peux pas. Un épisode d'Action! est au programme ? Je suis acquise à la cause. Je revois le pilote de Manhattan, AZ et je suis pliée en deux. C'est comme ça.

Du coup maintenant, j'ai encore plus envie d'être à la rentrée. Enfin, en octobre (que le temps va être long d'ici là)...
Je ne sais pas trop comment on peut tenir plusieurs saisons avec une amnésie (après tout, plus le temps passe plus il y a de nouveaux souvenirs, on ne peut pas passer 3 ou 4 saisons à déterrer de vieilles histoires), mais pour le moment ça fonctionne bien, ça fonctionne même très bien.
Et puis il reste encore quelques flous qu'il serait bon d'éclaircir. Par exemple, c'est peut-être moi hein, mais je n'ai toujours pas compris ce qui a fait que Samantha n'a plus adressé la parole à ses parents pendant deux ans (enfin, si, quand on voit la mère qu'elle a, ça se conçoit : mais quel a été l'évènement déclencheur ?).

Enfin bref, si en ce mois d'août vous manquez de raisons de vous marrer (par exemple parce qu'il pleut quasiment un jour sur deux, ou que vous êtes un juilletiste, ou encore parce que vous avez reçu la liste des fournitures scolaires pour la rentrée, ou que sais-je), allez-y de ma part, un bon Samantha Who? vaut un bon bifteck, et ça, sans le choléstérol.
Quoique, à force de les voir manger dans chaque épisode, j'ai pris dix kilos rien que samedi, moi...

Et pour ceux qui manquent désespérément de culture : la fiche Samantha Who? de SeriesLive.

11 août 2008

VICTORY !

8 août 2008

Rediffusion

C'est l'été, et donc c'est aussi la période des rediffusions. Comme à chaque fois qu'il y a des vacances, et donc qu'il y a du temps qu'on pourrait passer devant la télé, la moitié des programmes font pitié. Ça doit répondre à une certaine logique, mais laquelle ?
Estime-t-on qu'on est trop occupés à bronzer pour regarder la télé ?
Estime-t-on qu'en été, on a moins besoin de décompresser devant la télé ?

Enfin bref, toujours est-il qu'étrangement, je suis d'instinct plongée moi aussi dans une période de rediffs. Mes rediffs.
C'est ce qui explique certainement qu'il y a pas si longtemps, je regardais Les Routes du Paradis ou Notre Belle Famille de mon plein gré. DE MON PLEIN GRE !!!
C'est ce qui explique mon attirance pour le coffret DVD d'Action!, que je vais finir par connaître sur le bout des doigts.
C'est ce qui explique aussi que, moitié pour tester mon aptitude à regarder une série sur la guerre, moitié par plaisir, j'ai revu le pilote de Band of Brothers.
C'est ce qui explique que je me suis enfilé toute la seconde saison de NERDZ... alors que je l'ai déjà regardée intégralement il y a deux ou trois semaines !
C'est ce qui explique que mes projets téléphagiques pour ce weekend incluent une rétrospective Samantha Who? (je veux être au top pour la rentrée ; la semaine prochaine ce devrait être Pushing Daisies).

Et vous, vous rediffusez quoi ?

C'est quand même fou, non ? On a des séries qui nous prennent déjà quelque chose comme 18h de notre temps (j'exagère pas, c'est ce que j'ai calculé pour une saison de 24 épisodes de 45 mn ; une seule série, vous vous rendez compte ? combien vous suivez de séries chaque saison, hm ?) et on trouve le moyen de quand même regarder des rediffs, ou d'acheter des DVD, ou de ressortir des perles de notre telephage-o-theque !!! Alors que, franchement, de vous à moi, vous êtes sûrs qu'on n'aurait pas mieux à faire ? Je sais pas moi, des trucs comme... regarder des séries qu'on ne connaît pas encore (qui a dit "éteindre la télé et sortir ?", mais quel genre de téléphage de basse fosse êtes-vous ?)...

C'est vrai que les rediffs, ça a parfois du bon. On redécouvre une série qu'on n'avait plus vue depuis un bail, on aperçoit des détails et subtilités qui nous avaient échappé les premières fois, on prend du recul sur ce qu'on voit, on réalisé que nos goûts ont évolué... et ainsi de suite.

Mais admettez tout de même qu'il faut qu'il y ait quelque chose de déviant chez nous pour qu'on regarde, encore et encore, des épisodes qu'on connaît déjà... Déviant, certes, mais qui peut lutter contre la joie de voir sa série préférée sortir en DVD ? En tous cas, pas moi...

D'ailleurs, message personnel : à quand la 3e saison d'Une Nounou d'Enfer ?! D'accord, j'ai tous les épisodes en VHS (certains même, deux fois... ahem), je connais tous les épisodes par coeur... mais merde ! N'y a-t-il plus d'éditeur DVD prêt à profiter de ma téléphagique faiblesse ? Il pue, mon argent ? Après faudra pas venir se plaindre que les gens cagoulent, hein...

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7 juillet 2008

Attention, c'est du lourd !

Mouais... c'était pas mal. Ya eu quelques commentaires, effectivement. Mais c'est pas encore ça, hein. J'ai pourtant du mal à croire que 90% de mon lectorat ne sache pas écrire, mais passons.
Chose promise, chose due, donc : voici un post sur Roseanne. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un mais deux épisodes qui m'ont servi pour me (re)faire une opinion sur la série. Ouais, rien que ça, et je ne regrette rien, et si c'était à refaire, je le ferais, parfaitement !

De Roseanne, dont j'ai quelques vagues réminiscences, je n'ai gardé qu'un souvenir finalement plutôt vague : le générique (version partie de poker, donc... le plus fou, c'est qu'en deux épisodes, j'ai déjà vu deux génériques différents !), le décor, dont j'avais plutôt bien mémorisé la configuration (allez savoir pourquoi), et bien-sûr le couple formé par Roseanne Barr et John Goodman.

Alors déjà, non, hein, stop, je vous arrête tout de suite : non, je ne m'en souvenais pas parce qu'ils étaient gros. Nan mais merci, quoi, ya quand même un peu plus à retenir de ces personnages ! En plus c'est même pas comme s'ils se revendiquaient de la Size Acceptance.
Moi, ce qui me frappait chez eux, et me frappe encore, c'était leur naturel.

Je vous rappelle quand même, l'air de rien, qu'il n'y a pas si longtemps, les sitcoms, sur M6, c'était plutôt le Cosby Show et Madame est Servie, quand même. Alors, bon, d'accord, c'était drôle (aurions-nous eu la délicieuse Une Nounou d'Enfer s'il n'y avait pas eu Madame est Servie ? Même moi j'en doute), mais on ne peut pas dire qu'il y avait un fort facteur d'identification. On avait plutôt le choix entre un personnage à gimmicks comme Cliff Huxtable, et de l'autre côté, une situation plus qu'incongrue (c'était même le but du jeu).
Alors que dans Roseanne, et c'est d'ailleurs ce que les différents génériques illustrent si bien, on est dans "la vraie vie". Pas de pitch improbable (pas de pitch du tout...), pas de personnages caricaturaux, non juste une famille. Au quotidien. Le vrai quotidien.
On a tous dans notre fratrie (ou, si vous êtes enfant unique, parmi les proches cousins) un frère et/ou une soeur qui ressemble à l'un des enfants Conner ! Becky la bêcheuse, Darlene l'impertinent garçon manqué, ou le petit dernier dont personne ne retient jamais le nom parce qu'il a encore le nez enfoui dans les jupes de sa mère !
Les enfants sont turbulents, bruyants, ingérables... ils nous ressemblent. Il y a des bêtises dans chaque épisode, ils répondent à leurs parents, ils mentent... c'est pas comme Sam qui était toujours toute mignonne et polie !

Et puis, bien-sûr, il y a le couple Roseanne/Dan. Evidemment, les meilleures répliques sont pour eux ! Enfin, bon, laissez-moi préciser : si Roseanne Barr n'a pas un jeu aussi riche que John Goodman (mais qui peut rivaliser avec John Goodman ?), du moins a-t-elle droit aux phrases les plus drôles. Mais en même temps, hein, c'est qui le patron ici ?

Comme je vous le disais, il n'y a pas vraiment de pitch : à l'instar d'un grand nombre de sitcoms, l'intérêt c'est d'avoir des personnages, les situations viendront ensuite.
Pour vous la faire courte, Roseanne travaille à l'usine, tandis que Dan... il est entre deux emplois, dirons-nous. Et ça aussi, ça semble absolument génial : Roseanne n'est pas une femme au foyer, sans toutefois avoir un métier de folie à la Clare Huxtable ou Angela Bower. Avocate, publiciste... et pourquoi pas chirurgienne, aussi ?!
C'est donc elle le soutien de famille, d'autant que Dan, bon, c'est pas un mauvais bougre, mais c'est un peu une feignasse, quand même (qui a dit "grosse feignasse" ? on avait dit qu'on parlait pas du physique !). Et ça, ça lui permet d'être à la fois dans la position de la mère de famille qui fait tourner sa maison (pas comme Angela qui se reposait sur Toni) tout en revendiquant une certaine dose de girl power !!! Il faut la voir, dans le pilote, tenir un discours ultra-sexiste (du sexisme anti-mâle, j'entends) pour comprendre que le personnage de Roseanne... bah, il en a dans le pantalon.

Entre Roseanne et Dan, on sent aussi une sincère complicité (étonnant, d'ailleurs, de constater à quel point elle est patente dés le pilote), de celle que partagent deux personnes qui, après, quoi ? 15 ans de mariage ? Par là... Eh bien, c'est la complicité de deux personnes qui s'apprécient toujours mais qui n'ont pas besoin d'en faire des tonnes. Mais si, vous en connaissez plein, dans les séries, des couples de fictions qui ont 10, 20, parfois 30 ans de mariage, et qui sont écrits et/ou joués comme si c'était leur premier jour ! Ou pire : qui ne le jouent pas du tout (sur l'air de "bah c'est marié dans le script qu'on est mariés, de toutes façons, alors à quoi bon ?"). Ils se charrient mutuellement, se lancent des piques, mais ça n'a rien de méchant ; on n'est pas dans le registre "je t'aime, moi non plus pétasse" de Al Bundy par exemple. Non, il en ressort une impression de tendresse véritable, comme deux personnes qui partagent réellement leur quotidien ensemble, sans que la série cherche à le fantasmer dans un sens ou dans l'autre. C'est un couple dans lequel il n'est pas tant question d'Amour avec un grand A, mais d'humour, et c'est déjà bien quand on traverse plus d'une décennie de galères avec quelqu'un.

Et il en faut, de l'humour, parce que les galères, elles ne se privent pas pour arriver. Et quand on élève trois enfants avec presque pas d'argent, il vaut mieux savoir en rire. L'air de rien, on est dans la seconde partie des années 80, et on ne le repère pas seulement à la toison permanentée de l'héroïne, mais aussi à ce que cela sous-entend d'une certaine morosité économique (la série date de 88, une période de récession avait été entamée l'année précédente, si mes souvenirs de collégienne sont exacts). Et c'est encore pire pour une famille d'extraction modeste, on s'en doute. Donc, la vie n'est pas simple, on compte les sous... et d'ailleurs dans le second épisode, c'est visiblement le nerf de la guerre. On y voit Dan ramener la somme providentielle de 500$, ce qui forcément réjouit tout le monde ; devant l'enthousiasme de ses enfants, Roseanne, explique qu'il y a d'abord des factures à payer, mais que, promis, avec l'argent qu'il restera, ils feront construire une piscine... Et d'argent bien-sûr, il ne va rien rester (ou alors si mais je ne vous explique pas tous les tours de passe-passe que Roseanne opère pour en arriver là !). Dans cette maison pas absolument propre, un peu chaotique, chaque dollar compte, même si parfois on aurait bien envie de se faire plaisir aussi...

En fait, je m'aperçois que les similitudes avec une série que j'adore, plus vieille de 5 ans, Une Maman Formidable (ok, son titre français est particulièrement inepte), sont très nombreuses : Grace a également un mari bon à rien (mais elle, dans le pilote, elle s'en débarrasse), elle a trois enfants intenables, un job dans une usine (où elle n'a pas la chance d'avoir autant de collègues féminines que Roseanne, et fait donc face au sexisme ambiant)... D'ailleurs ça me fait penser que je voulais vous faire un post sur cette série, je me demande bien quel épisode de ma telephage-o-theque je vais choisir pour ça...? On verra. Ca dépendra aussi de vous.

Enfin, bref. Regarder Roseanne m'a aussi rappelé tout un tas de choses. Roseanne, en fait, c'est un peu mon enfance, moi qui avais 6 ans en 1988, je reconnais bien là les horribles pulls en tricot, les permanentes improbables et même les contingences financières de la famille Conner.
A une époque où les revivals font fureur, je m'étonne que personne n'ait eu l'idée de nous rappeler cette décennie dont nous avons miraculeusement réchappé, nous, les enfants des années 80. C'est vrai que quand on voit d'où on est partis, on se dit qu'on en a fait, du chemin...

 

Allez, tous avec moi : femme des années 80...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

28 juillet 2007

Du rouge à lèvres sur ton col...

Mon petit doigt me dit que la rubrique Review vers le futur ne va pas chômer pendant un bon moment encore... Aujourd'hui, Lipstick Jungle, la série que si tu lui donnes moins de 20mn pour faire ses preuves, c'est pas gagné !

En dépit du fait que :
a/ j'exècre Kim Raver (mais elle finit quand même par trouver des séries que j'ai envie d'essayer, t'as de la chance d'avoir un bon agent, toi...)
b/ l'intro est saoulante au possible
c/ je n'ai aucune patience en ce qui concerne les pilotes
d/ Brooke Shields a un défaut de prononciation (genre "mon appareil dentaire se décroche") qui s'aggrave avec l'âge
e/ je ne partais pas du principe que Lipstick Jungle avait la faculté de me surprendre, agréablement ou même désagréablement !
...Eh bien j'ai quand même été jusqu'au bout du pilote. Et alors là, je le dis : je suis en progrès. Vraiment, on sent que j'ai fait un travail sur moi-même, un examen de conscience, bref, que je me force à essayer de donner leur chance aux séries qui pourtant manquent de m'endormir de prime abord. L'initiative est louable et j'attends vos applaudissements.

Bon trève de bavardages, encore une fois je ne m'attendais pas à un miracle avec cette série, et effectivement il n'y en a pas eu. A l'occasion il faudra certainement que je termine le post en brouillon depuis trois mois sur "nos attentes vis-à-vis des nouvelles séries et comment elles façonnent notre façon de découvrir de nouveaux titres", mais en l'absence, je dirais qu'effectivement, partir avec un a priori ne m'a pas aidée, mais n'a quand même pas trop aggravé mon cas.

Première remarque : OH MY GOD elles ne sont que trois. Alors, attendez... ça voudrait dire que les femmes ne se déplacent pas que quatre par quatre ? Ca m'en bouche un coin. Ces dernières années, c'est pourtant ce qu'on nous avait fait croire. Mais non, non-non, elles sont bien trois héroïnes au lieu de quatre. C'est sans doute l'innovation majeure du show mais qu'importe...
Car pour le reste, même si c'est moins léger que ce à quoi je m'attendais (je suis certaine que Cashmere Mafia saura faire le nécessaire de ce côté cependant), je n'ai pas vraiment été surprise.

Oui, il y a quelques bonnes scènes (ça me coûte de le dire mais la meilleure c'est Kim Raver qui l'a eue... dans le taxi, pour ceux qui ont vu). Oui, les personnages sont attachants ; un peu caricaturaux mais attachants : il y a l'asiat' de service (c'est marrant Cashmere Mafia aussi a la sienne ! bon d'accord j'arrête avec les comparaisons de séries dont je n'ai vu que le trailer... m'enfin quand même), calquée sur Carrie Bradshaw (ainsi que son intrigue amoureuse avec un muffle richissime...), mais alors, trait pour trait, ensuite il y a la business woman un peu psychorigide qui se rend compte un beau soir que son mari ne la voit plus (c'est ça d'épouser un British, idiote ! si Une Nounou d'Enfer nous apprend quelque chose, hormi le fait que plus les cheveux sont crépés, plus ça contrebalance l'épaisseur des hanches, c'est bien que les British font des maris durs à décoincer), et enfin la nana qui pensait vivre à BisounoursVille, mais qui réalise qu'elle ne peut plus tout avoir : le job génial et prenant, les enfants, le mari... (et pour elle, l'intrigue se flaire dés les premières scènes).

Les quelques bonnes scènes sont donc noyées dans un océan de scènes conventionnelles, et le pire c'est que ça ne décolle qu'au bout de 20 longues minutes assez moyennes.
Et puis alors moi, j'ai surtout une question, et là j'exige une réponse : pourquoi toutes ces nanas vont toujours manger ensemble pour discuter de leurs soucis ? Hein ? Je suis une nana moi aussi, et pourtant vous ne me voyez pas au resto dés que j'ai un pet de travers ! Qu'est-ce que c'est que cette manie ? C'est fou ça quand même... L'héritage du sexandthecitisme, ça, à tous les coups...

On ne sent pas non plus spécialement d'attachement entre les personnages... c'est assez regrettable. Bon d'accord, c'est facile à dire avec le recul et j'ai peut-être besoin de revoir la 1e saison, mais on ne doutait pas un seul instant de la forte amitié des filles de Sex & the City (avec des hauts et des bas). Ici c'est une amitié qui ne transpire pas à l'écran, s'il y en a vraiment une. D'abord parce que même si elles racontent leur vie aux deux autres, chacune des trois héroïnes garde son petit monde à elle sans vraiment vouloir y impliquer les autres, mentionnons comme exemple Kim Raver qui ne dit même pas ce qu'elle a fait à son mari, ou encore Brooke Shields qui crache le morceau sur ses problèmes de couple au bout de plusieurs jours... En plus il manque une grande dose de légèreté aux dialogues, ça manque de second degré... limite si ça se prend pas trop au sérieux. Ce qui est dommage car avec un peu d'humour, ça passerait souvent mieux.

Vous l'avez compris, Lipstick Jungle ne fera pas partie de mon palmarès de l'année. C'est pas chiant à regarder, plutôt bien ficelé, quelques scènes sont dignes d'intérêt... mais disons ce qui est, il n'y a là rien de mémorable, rien d'accrocheur, rien de nouveau. C'est du recyclage, en juste un peu plus sérieux. Je ne prêche pas pour la dramédie à tout prix, attention... au contraire. On peut choisir de faire une véritable série dramatique sur les calamités que vivent des pauvres femmes riches de New York après tout... mais à condition de s'en donner les moyens scénaristiques. Or Lipstick Jungle navigue dans les eaux de la neutralité et se mouille le moins possible, ni dans l'humour, ni dans le drame, et ça, c'est dommage. Alors après, comment voulez-vous éviter les comparaisons dans un sens ou dans l'autre ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lipstck Jungle de SeriesLive.

11 juin 2007

[DL] The Starter Wife

Je me sentais coupable de ne vous mettre que huit secondes de générique pour Traveler alors voici celui, déjà plus imaginatif, de The Starter Wife, dont la structure devrait toutefois vous en rappeler (au moins) un autre. Ou bien au minimum, la dernière image de Molly sortant de l'eau devrait vous évoquer un petit quelque chose...

TheStarterWife_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Bizarrement, en plus du générique pour lequel l'inspiration est la plus évidente, j'ai aussi pensé à celui d'Une Nounou d'Enfer en le voyant. La présence de Peter Marc Jacobson, probablement ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (j'en ai parlé il y a quelques heures à peine, vous étiez où ?!) : la fiche The Starter Wife de SeriesLive.

11 avril 2007

Fous ta cagoule !

Il n'est pas à prendre avec des pincettes, en ce moment, mon homme. L'embargo sur Battlestar n'est toujours pas levé, non plus que celui sur A la Maison Blanche. On avait commencé à progresser sur Babylon 5 mais je sais pas ce qui s'est passé, on a déterré un coffret des Experts et du coup on l'impression d'avoir délaissé Babylon 5 aussi, alors il regarde plutôt South Park et ça me désole, bref c'est un peu la panique.

Du coup ce week end pascal, alors que nous allions en courses (5 bons kilomètres de marche à pieds, puis retour, je peux vous jurer que c'étaient des courses qui se sont faites mériter), nous tombons en extase devant... la saison 1 de Oz avec la quelle je bassine tout le monde depuis que je sais sa sortie imminente. Moi, interdite, en pâmoison ; lui, confiant, qui me dit "je te l'offre". Or en ce moment personne n'a de sous, donc je me suis vue forcée...
...j'arrive toujours pas à croire que je l'aie fait...
J'ai donc refusé la proposition en question. Et là j'ai fait une des pires choses de ma vie de téléphage : j'ai dénigré la première saison de Oz. "Mais ya même pas dix épisodes, c'est cher pour pas grand'chose, on revient dans six mois ça sera à quinze euros même pas, en plus franchement elle est passée sur M6 cette saison, je l'ai en intégralité en VHS, comme si j'avais besoin de m'acheter ça maintenant tout de suite".

Si le Dieu de la télé est miséricordieux, il y aura peut-être une espoir de rédemption pour moi.

Lassé par mes arguments plus qu'il n'était convaincu (parce que lui n'a vu que le pilote et avait bien envie de voir la suite), il remet le coffret à sa place sur mes recommandations ("mais si vas-y repose-le avec l'autre, bouhouhou, là côté du coffret de Profit qui me fait de l'oeil, bouhouhou") et on repart comme si de rien n'était.
Mais une fois nos courses faites et notre marathon achevé, impossible de ne pas revenir sur l'incident. Il me demande avec insistance pourquoi, si on ne peut acheter ce DVD, on ne le cagoulerait pas purement et simplement. Après tout, c'est vrai, quelques posts plus tôt je faisais moi-même l'apologie d'une certaine consommation, comment dire ? à la carte... de la production téléphagique.

Il met le doigt sur quelque chose.

Ce n'est pas tant l'existence du DVD qui m'empêche de cagouler une série. Je ne me dis pas "puisque le DVD existe, j'ai qu'à économiser/vendre à rein/faire un prêt Cofidis pour me le procurer", en me flagellant à chaque cagoulage illégal. Ce ne sont pas des considérations de ce genre qui me préoccupent, mais simplement l'idée insoutenable de cagouler une série que j'aime profondément.
Je peux cagouler des séries complètement inédites en France, en "sortie d'usine" comme dirait un certain Miyo de ma connaissance, je peux cagouler aussi certaines qui ont été diffusées mais que j'ai ratées. Pas systématiquement mais je suis obligée de reconnaître que ça m'est arrivé.

Mais qu'il s'agisse d'Oz, Battlestar Galactica, A la Maison Blanche, NY SVU ou Une Nounou d'Enfer (QUI A RI ? Dénoncez-vous sur le champs), par exemple, bref, de séries que je juge d'exception, et là ça m'est physiquement impossible. J'insiste : physiquement.
Il existe un monde parallèle dans lequel il est plus simple de voir les séries que j'aime, du moins une partie d'entre elles, sans avoir à dépenser mes rares sous, ni attendre la Saint Glinglin que sorte la saison 3 (une saison par an, une p***** de s******** de m**** de saison par an ! un sitcom qui a plus de 10 ans !). Mais je n'ai pas envie de vivre dans un monde où je ne possède pas la série dans le format optimum, dans un coffret kitschissime ou au contraire sublissime, avec un livret ridicule que, si je ne sors pas de son package dés le premier jour, je vais irrémédiablement tordre et abimer avec les visionnages. C'est du pur sentimentalisme, peut-être un peu de matérialisme en sus, je ne doute pas un seul instant que personne ne compte sur mes 40 euros pour vivre et éventuellement produire sa série suivante, c'est juste parce que ces séries-là sont mes cultes à moi et qu'elles sont à ce titre intouchables.

Je me prive ainsi de certaines séries que j'aurais suivies avec plaisir si je n'avais pas dû m'en priver, et je suis consciente. Mais ce sont là les limites du cagoulage pour lady.

Cela vient peut-être aussi de l'affection toute particulière que j'ai pour les VHS (et dont je parlerai plus amplement dans un post qui est pour l'instant réduit à la triste condition de brouillon) et dont j'aime tant le côté tactile et chaleureux, que seul le coffret peut me rappeler (même si un froid DVD à l'éclat narquois n'a vraiment pas le même sens pour moi, le coffret, lui, prolonge un peu cette sensation).

Peut-être que quand les chasseurs de cagouleurs auront compris qu'en chacun de nous, il y a la limite sentimentale qui sépare ce qui n'est qu'usage courant, entretien de la machine à téléphager, en somme, et ce qui a vraiment de la valeur, alors peut-être aurons-nous une base solide sur laquelle établir les règles qui satisfassent, sinon tout le monde, au moins une large portion de chacune des parties. En attendant, c'est à chacun d'établir la ligne à ne pas croiser, et laissez-moi vous dire qu'on vit à une époque où hélas, on a plus de raison d'effacer les lignes que de les revoir au plus serré.

Et pendant ce temps, je me maudis d'avoir été raisonnable, et mon homme se rabat sur South Park. La vie est moche, voilà la vérité.

25 mars 2007

Super naturel

Où est passée cette sacrée fichue recommandation du CSA demandant aux chaînes de télé de franciser le nom de ses séries étrangères ? Il y a deux ans environ, on ne parlait plus que de ça. Tout le monde frissonnait à l'idée d'un "Perdus", d'un "L'anatomie de Grey" (les Espagnols, par exemple, n'y ont pas coupé) ou d'un "Ménagères désespérées". Et on se disait tous "putain, ce truc, c'est vraiment débile, ils nous font chier avec des conneries alors que pendant ce temps certaines diffusions sont toujours aussi calamiteuses". Oui on était très vulgaires, mais il faut dire qu'on était fâchés.

Vous vous rendez compte ? D'après ce qui se disait à ce moment-là, seuls les noms propres et noms de lieux ne seraient pas touchés par la francisation des titres de séries. On était à deux doigts de subir l'affront fait aux séries d'animation japonaise. Certains d'entre nous en étaient déjà à imaginer des prénoms de personnages francisés également. C'était la panique.

Et puis en fait, en ce moment, je n'en finis pas de me laisser encore surprendre par la programmation en France de Desperate Housewives (dont la seule prononciation est l'une des rares justifications de la francisation des noms de séries), LOST (sous-titré Les Disparus mais personne ne l'appelle jamais comme ça, évidemment), Grey's Anatomy, Commander in Chief ou encore Supernatural, plus près de nous. Il me plaît à penser que ça énervait les chaînes autant que nous.

Il faut dire qu'à l'heure où les séries sont célèbres avant même d'arriver sur notre territoire national, sous des appellations anglophones faisant 15 fois le tour du net avant que les chaînes ne pensent à leur prêter attention, il est un bien meilleur calcul de préserver cette appellation d'origine (et trajectoire) contrôlée plutôt que de la rebaptiser et recommencer la promo à zéro.

Mais alors, quid de ladite recommandation ? A-t-elle été mise à la corbeille par le CSA ? Nenni, elle est toujours , mes amis, là et bien là, les chaînes télé doivent franciser leurs noms de programmes... mais l'alinéa IV de la chose nous explique simplement que "trois dérogations sont toutefois prévues par la loi : les titres d'émissions dont ces sociétés ont acquis les droits de diffusion et dont la conception leur échappe ; les titres constitués d'un terme étranger dont il n'existe aucun équivalent en français ; les titres qui ont été déposés à titre de marque avant le 7 août 1994". Concrètement. Ouais, donc en fait, on fait ce qu'on veut niveau séries. Et donc tout le monde a tremblé pour rien, TF1 a sous-titré le titre de LOST pour le plaisir ou quasiment, etc...

Mais en y réfléchissant, pourquoi sommes-nous si accrochés à ces titres, pour la plupart d'entre nous ? Qu'une chaîne tente de préserver le travail de communication déjà effectué outre-Atlantique (et ailleurs) autour de cette série, ça se comprend, mais quelles sont nos raisons, à nous téléphages, pour espérer que les titres seront traduits seulement si des vies doivent en dépendre ?

Est-ce parce que sur les sites, les forums et les blogs, nous parlons actuellement de Dirt, The Riches et autres Ugly Betty (et non pas d'Ordure, Les Richards et Betty la Laideron) et que nous n'avons pas envie de changer nos habitudes ? Ca se tient.
Est-ce parce que nous nous voulons puristes en appelant une série par son nom original ? Après tout, pourquoi traiter les séries différemment, par exemple, d'une "oeuvre" musicale ? Personne ne songerait à appeler la chanson de Nelly Furtado "Mangeuse d'homme", ni parler du premier album des ridicules Tokyo Hotel en le nommant "Crie (aussi fort que tu peux)". Ca se tient.
Est-ce par sentimentalisme, parce que nous nous sommes appropriés la série (et son univers) sous ce nom ? Ca se tient.

Par curiosité, pour la beauté de l'étude scientifique rigoureuse pourrait-on dire, j'ai fait une enquête sur 1 téléphage, et je me suis sondée pour savoir comment j'appelais les séries que je regarde. Et je penche pour la 3e possibilité (bien que je persiste à penser que les deux premières sont toutes aussi valables) :
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion française, je l'appelle par son titre local (ex : New York Unité Spéciale, Les Experts...). Même en apprenant rapidement le nom original, je ne change pas mes habitudes.
- exception à la règle ci-dessus : lorsque vraiment j'ai développé un certain niveau d'addiction et/ou d'affection (ex : Fran pour Une Nounou d'Enfer, Corky pour Corky, un enfant pas comme les autres
...).
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion américaine, je l'appelle par son titre original (ex : bah, il suffit de voir ce blog !). Même lorsque je finis par regarder la série en France (car il est rare que je m'en empêche) je ne m'adapte pas au nom choisi par la chaîne en France.
C'est ainsi que je finis par mélanger les titres originaux aux titres adoptés par le diffuseur français dans mes posts divers et variés, comme l'un d'entre vous ne s'est pas gêné pour me le faire remarquer. Comme vous, non ?

Les chaînes françaises (qui décidement sont meilleures en marketing qu'en diffusion) l'ont bien compris et ne suivent donc pas la directive, ou alors seulement si vraiment, elles ont un peu trop châtouillé le CSA ce mois-ci et que ce n'est pas le moment de s'attirer un blâme pour une connerie pareille, ma foi, si ça peut aider à faire passer les écarts sur d'autres sujets, on peut bien sacrifier un titre de série à l'occasion.

Du coup, même quand ce serait super facile de franciser un titre, on ne s'en donne plus la peine. Inutile de dire que la directive, le CSA peut s'en faire un sandwich et se la manger.

Où j'essaye d'en venir ?
Nulle part. C'était juste une petite réflexion, comme ça, le dimanche soir. Faut dire qu'il n'y a rien d'intéressant, côté séries, à cette heure-ci.

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