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ladytelephagy
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the slap
31 octobre 2011

[DL] Housos

Depuis quelques temps maintenant, je tente de vous donner envie d'aller tenter des séries venues d'ailleurs. On a fait le tour de plein de pays ensemble, et les posts Médicament générique vous donnent l'occasion d'en découvrir quelques images avec, je l'espère, pour conséquence d'aller jeter un oeil à la série elle-même, si le générique a piqué votre curiosité. Et j'ai développé, depuis l'été 2010, quand je me suis penchée sur le cas de ce pays, une grande affection pour les séries australiennes, dont je m'efforce de suivre l'actualité non seulement à cause de SeriesLive, mais par envie personnelle. Et je n'hésite pas à en remettre une couche sur des séries comme The Slap, par exemple. Vous ai-je déjà parlé de Spirited, d'East of Everything, de Crownies, de Winners & Losers, et de bien d'autres (ne serait-ce que Wilfred, tiens !) : oui, et pas qu'une fois. Et j'aimerais tellement que vous tentiez le coup.
De vous à moi, s'il y avait un classement des pays autres que les USA où j'aime le plus regarder ce qui se fait, l'Australie serait ex-aequo avec le Japon. Et le Danemark. Et-... nan mais vous voyez ce que je veux dire. Ca a été une révélation que de me pencher sur le cas de l'Australie. J'aimerais tellement partager ça avec vous. Ecrire des posts pour vous donner envie d'aller voir ce qui s'y passe, si vous ne l'aviez pas encore fait. Vraiment.

Aujourd'hui ne sera pas l'un de ces posts. Aujourd'hui sera plutôt un avertissement, une mise en garde, un signal d'alarme. Aujourd'hui sera un post dans lequel je vais limite vous recommander de fuir, voyez ? NE REGARDEZ PAS HOUSOS. C'est un conseil d'amie.
Evidemment les plus aventureux parmi vous iront quand même vérifier de quoi il s'agit, parce que je suis connue pour ma mauvaise foi dans les parages et que, rho quand même, ça ne peut pas être si terrible que ça. Si. Si ça l'est. Je vous le dis et le répète, fuyez Housos. Vous avez encaissé Angry Boys et vous pensez pouvoir n'importe quelle comédie ras-des-pâquerettes australienne ? Vous vous pensez à la hauteur ? Je vous arrête tout de suite, ce ne sont que des idées que vous vous faites. Pour l'amour du ciel, de la téléphagie et de tout ce qui est sacré en ce bas-monde, ne regardez pas Housos.

Housos
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Si le générique ne vous en dissuade pas, laissez-moi vous éclairer : vous trouvez que la réalisation de ce générique évoque une video Youtube faite avec trois euros six sous ? TOUT LE PILOTE EST COMME CA. Et c'est vraiment moche, en plus d'être idiot. Mais l'idiotie, des fois c'est drôle, pas vrai ? Eh bien pas toujours. Et Housos, en s'attaquant à ce qui semble être l'équivalent australien des Chtis, ne parvient pas à se hisser plus haut que le niveau de ses personnages. Ce n'est pas une question de référence culturelle qui nous est insaisissable, c'est que normalement, la comédie est supposée être drôle, voyez-vous, même quand les héros sont des white trash. Alors je vous en supplie, je vous en conjure, ne regardez pas Housos. A la limite, si vous y tenez vraiment, attaquez-vous à Bogan Pride. Mais pas Housos.
Déconnez pas. Je tiens à vous, l'air de rien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de... non, je peux pas dire le mot, j'ai trop honte : la fiche Housos de SeriesLive.
Note : le post de ce soir ainsi que celui de demain ont été programmés à l'avance, faites semblant de rien, je reviens pour un post de première fraîcheur mercredi et lirai vos commentaires à ce moment-là.

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30 octobre 2011

C'est LUI, le patron, voilà qui !

A chaque rentrée, les pilotes nous tombent par centaines dans les bras, ne demandant qu'à être regardés. De la plupart, je ne tire qu'un post, m'attardant sur la banalité de l'intrigue, le peu d'intérêt de ses personnages, l'indigence de ses dialogues ; ou, quand vraiment les choses se passent mal, je vous entretiens de l'abomination de tout ce qui le compose. Après quoi vous n'en entendez plus jamais parler, pas dans le coin en tous cas.
Il y a certaines séries qui s'en tirent mieux que d'autres : le pilote de celles-là m'a plu et je vous en reparle de bonne grâce, une fois, deux fois, parfois plus, à la tête du client, histoire d'enfoncer le clou et vous inciter, si vous ne l'aviez pas encore fait, à tenter la série à votre tour. Si on a de la chance, une saison plus tard, j'en fais un post To be continued... pour vous rappeler de vous y remettre pour une deuxième saison, des fois que vous ayiez oublié dans l'intervalle (bon, pas cette année, je déménageais au mois de septembre et j'ai été obligée de faire l'impasse sur ces posts qui me prennent plus de temps qu'il n'y parait).
Et puis parfois, vraiment rarement, il y a une série dont je n'arrive pas à vous parler facilement.

Ca n'a rien à voir avec Prime Suspect ou Charlie's Angels dont je me suis aperçue que j'avais oublié de vous parler (ça sent l'acte manqué). Je les ai évacuées très vite de mon système et n'y ai plus jamais repensé, sauf en faisant le point sur mon défi de la rentrée avec Scarlatiine (elle regarde tous les pilotes de la saison à condition que j'écrive un post sur chacun ; du coup vous allez pas y couper, ces deux pilotes vont inexorablement faire l'objet d'un post, j'aime remporter mes défis).
Ca a plutôt à voir avec le fait que d'une part, même à raison d'un post par jour, je n'arrive pas à écrire sur autant de choses que j'en regarde, et que d'autre part, j'ai été particulièrement occupée ces derniers jours (vous verrez bientôt par quoi).
Et puis surtout, pour bien parler de quelque chose qui vous a collé à votre siège, il faut du temps.

Je ne pouvais tout simplement pas balancer un post sur le pilote de Boss, comme ça, en rentrant du boulot, un soir, mine de rien, sur l'air de "ah tiens j'ai quoi de prévu aujourd'hui sur le blog ? Rien ? Oh bah je vais griffonner un truc vite fait sur Boss". Non.
Non, non, non et non, pas pour Boss. De la même façon que j'ai eu besoin de prendre le temps de parler de Homeland, j'ai attendu d'avoir un peu de temps pour Boss, avant de sortir son post de l'état de brouillon dans lequel il dormait depuis près de deux semaines. Ce qui implique que j'ai déjà vu le deuxième épisode quand je commence à vous en parler, mais tant pis. Au moins ça ne fait que confirmer mon sentiment initial vis-à-vis de la série.

Vous commencez, j'imagine, à comprendre l'ampleur de Boss pour moi en cette rentrée. Des bonnes séries, il y en a eu cet automne. Mais une baffe comme celle-là ? Même dans The Slap on n'en voit pas.

WhostheBoss
Alors pardonnez le langage, mais il faut que ça sorte, maintenant qu'on y est.
Putain mais quand ils ont vu le pilote, les exécutifs de Starz ont du avoir la trique de leur vie. Les mecs qui bougent pas de leur screening room pendant 20mn en attendant que ça passe, tellement ça a dû leur faire drôle de savoir qu'ils avaient payé pour un pilote de ce calibre et qu'ils allaient enfin entrer dans la cour des grands. Ah bah je vous le confirme les mecs, c'est autre chose que Spartacus !
Les Emmys vont être palpitants en 2012, il va y avori du monde pour s'attaquer au trône de Mad Men, parce que bordel, tu peux pas ignorer une série comme celle-là. Et rien que cette pensée a dû rallonger de 10mn le séjour dans la screening room des mecs de Starz, parce que ça doit faire un effet de malade de se dire que ça y est, on tient quelque chose de puissant.

Pour tout vous dire, si j'avais été un homme, il est probable que le visionnage du pilote de Boss m'aurait fait un effet similaire. J'ai fini le pilote sur les rotules, le souffle coupé, la tête bourdonnante. J'avais des trucs à faire, des mails plein la boîte de réception, des chats criant famine, mais j'étais incapable de me lever à la fin de l'épisode et reprendre ma vie comme si de rien n'était. Il m'a fallu quelques minutes, moi aussi, les doigts encastrés dans les accoudoirs de mon fauteuil, pour accuser le coup. Des pilotes qui font cet effet-là, on n'en voit pas tous les ans. Même pas une fois tous les deux ans.
Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, j'ai eu des coups de coeur en cette rentrée et j'aime toujours autant Homeland, Suburgatory par exemple, et quelques autres, chacun dans sa catégorie. Mais là, quand même, on parle du niveau au-dessus quand même, de l'orgasme téléphagique pur, de ce petit truc qui se libère dans votre cerveau et innonde votre cortex quand vous avez été bluffé et que vous vous avouez vaincu. Sur ce pilote-là, il sera impossible de dire du mal. La perspective-même de se montrer critique est irréaliste.

Mais je le reconnais, il y a un facteur supplémentaire par rapport à Homeland, pour rester sur notre exemple : l'effet de surprise. Homeland ne pouvait pas vraiment être mauvais une fois qu'on avait vu ce que le pilote de Hatufim faisait de son sujet ; il y avait des risques dûs à l'adaptation, des risques dûs aux axes et personnages nouveaux, et bien-sûr la grande inconnue des acteurs qui peuvent parfois tout changer ; c'est sûr, mais globalement on va être clairs, Homeland était obligé d'être au moins convaincant, peut-être même bon, d'office, d'emblée, sans même l'avoir vu c'était évident.
Dans ma liste des séries que je n'attendais pas spécialement, par contre, celle que j'attendais encore moins que les autres, c'était Boss. Kelsey Grammer, que j'ai en h.o.r.r.e.u.r depuis que j'ai posé les yeux sur Frasier ? L'insupportable Connie Nielsen ? Une ancienne de Beverly Hills ? Et deux acteurs ayant été liés de plus ou moins près à The Playboy Club ? Jamais je n'aurais parié un rond sur cette série... même avec ce pitch engageant (et pourtant j'ai une grand affection pour Troy Garrity).
Mais le sucker punch géant, quoi. Pas vu arriver, celui-là, vraiment pas.

Parce qu'au final, ces gens-là en qui je ne croyais pas nous offrent, tous, sans exception, une performance incroyable. Et par-dessus le marché, comme si ça ne suffisait pas, Boss est, certainement, en fait ça ne souffre pas la discussion, le drama le mieux réalisé de la saison, et de loin. C'est un point sur l'horizon pour les autres séries de l'automne.
Je sais pas comment vous dire. C'est juste immense.

C'est brillant, mais pas juste parce qu'il s'agit de politique et qu'une série sur la politique ne peut pas se permettre de ne pas être intelligente (c'est la même règle que celle qui s'applique aux séries légales). C'est brillant parce que rarement une série aura aussi bien dépeint l'humanité de ses personnages, mais une humanité si incroyablement camoufflée qu'elle s'offre à la fois avec une grande indécence et une grande sobriété. Chaque personnage est magnifique, et participe à un puzzle qui va bien au-delà de la simple série politique. Là où il a fallu toute une saison à A la Maison Blanche pour mettre en balance ses objectifs intellectuels et la dramatisation de ses personnages (merci Rosslyn), Boss vous fait ça avec brio en moins d'une heure et sans jamais perdre son équilibre. Et pendant l'heure suivante, on découvre qu'on n'en savait pas autant sur eux qu'on ne le pensait. C'est immense ce qui se passe avec l'écriture des personnages de Boss.

Avant d'être une série sur la politique, Boss est donc avant tout une série sur le rapport que les personnages ont à la politique, comment elle les abime, comment elle les transforme, comment elle les tient. Le couple du maire et son épouse offre un ballet macabre de deux personnes que le pouvoir politique a altérés quasiment jusque dans leur ADN. Leur entourage direct n'est que dissimulation, frustration, docilité feinte. La seule personne qui pourrait être "vraie" dans leur vie en a été éjectée avec la plus grande des violences.
Les intrigues strictement politiques sont d'un cynisme sans commune mesure. Que ce soit le gouverneur ou son opposant, le maire tire les ficelles depuis son bureau avec un plaisir à peine déguisé, mais avec une intelligence aigue et un sens de l'anticipation terrifiant. La partie d'échecs est comme jouée d'avance, et c'est ce qui fait que la maladie du maire arrive si fort à propos.
Cette maladie justement est dépeinte avec le même génie que, dans Homeland, peut l'être l'état psychiatrique de Carrie. Boss est prêt à accompagner le malade à tous les stades et s'attarde sur les manifestations pour le moment éparses de son état, pour l'instant si bégnines, encore si invisibles à l'oeil de ceux qui ne sont pas dans la confidence.
Enfin, pour toutes les séries sur la politique où les journalistes étaient asservis au pouvoir, pour toutes les séries où les journalistes étaient dépeints comme des pantins sans cervelle, Boss réclame vengeance. L'investigation du journaliste n'est pas celle de quelqu'un qui cherche juste le scoop, elle est animée d'idéaux sur la profession qui remettent les choses en place, mais qui restent réalistes.

Il n'y a rien dans Boss qui ne soit autre chose que la perfection incarnée pour un drama. La nuit, dans leurs rêves les plus fous, les showrunners rêvent qu'ils font aussi bien. Pas étonnant que chez Starz ont ait commandé une deuxième saison alors que la première n'avait même pas commencé.
Un tel bijou nous rembourse de chacune des minutes insupportables passées devant Whitney, The Secret Circle, ou Revenge. A la limite ça valait presque le coup de se cogner des épisodes pareils si c'était pour pouvoir mieux apprécier ceux de Boss.

Et vous savez le pire ? Pile quand je pensais avoir repris le contrôle, j'ai vu le deuxième épisode, et je me suis repris une mornifle. C'est qui le patron ? Je vais vous le dire, moi, qui c'est le patron, cette saison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boss de SeriesLive.
A ne pas confondre, évidemment, avec le dorama du même nom.

25 octobre 2011

Une claque pour... Harry

Retour à notre octalogie australienne ! Les reviews épisode par épisode continuent sur The Slap, et ce ne sera pas inutile vu que les évènements s'y précipitent. Nos yeux seront cette fois braqués sur Harry, celui par qui le scandale arrive puisqu'il est l'auteur de la fameuse giffle : un point de vue indispensable à notre histoire, et qui a le mérite d'arriver finalement assez tôt dans notre mini-série.

TheSlap-Harry
En ce qui me concerne, j'ai toujours regretté que Harry soit dépeint de façon si manichéenne : pour avoir frappé Hugo, c'est forcément qu'il a des pulsions de violence par ailleurs. Je pense que ç'aurait mieux participé au débat, puisque débat il y a, si par ailleurs Harry avait été un type totalement ordinaire.
Mais en tous cas ces pulsions sont très bien rendues dans l'épisode ; en fait, c'est certainement le mieux réalisé à ce jour, la voix-off était parfaitement à sa place, et les plans toujours parfaits. Quant à Alex Dimitriades, il était absolument impeccable ; ça faisait des années que je ne l'avais pas vu à l'oeuvre et je suis réellement impressionnée. On assistera d'ailleurs à une petite reunion entre acteurs de Hartley, coeurs à vif, mais je ne vous en dis pas plus.

Impossible de ne pas éprouver une certaine fascination malsaine pour Harry, qui est tellement à l'aise dans son rôle de mâle alpha, ou du moins est-ce ce qu'il voudrait penser. Harry avec sa femme splendide, son jeune garçon sage peut-être même un peu trop, sa maison immense, sa voiture de sport, son affaire qui roule, sa maîtresse parfaite, est effectivement le roi du monde, non ? On le suit dans les différents univers qui constituent son royaume et, chaque fois, il y est le maître incontesté.
Et c'est sans doute la raison pour laquelle il réagit si mal à l'affaire de la claque, car pour la première fois depuis ce qui semble être une éternité, il est remis en question. Par Gary, le père de Hugo, un peu ; mais surtout par Rosie... et sa vision des femmes, supposées être soumises (mais pas bêtement soumises, comme le montre sa relation avec Kelly dont il apprécie qu'elle sache aussi prendre les choses en main), en prend forcément en coup. Rosie ne tient pas son gamin, ni sa maison, ni elle-même ; pour Harry si attaché aux apparences, c'est quasiment un crime. On sent que ces deux-là ne s'entendront jamais, et quand Hector et Sandi incitent Harry à aller faire ses excuses pour que l'affaire puisse se tasser, on ne croit pas vraiment que les choses puissent s'arrêter là.
Plus que jamais les différences entre les personnages s'expriment. Je vous le disais quand j'ai commencé à parler de The Slap : ce qui est criant, c'est que ces personnes font toutes partie d'un même réseau de proches, mais en réalité, ce qui les sépare, c'est leur éducation, leur milieu socio-économique, leur vision du monde. Et entre Harry le roi du monde et Rosie la hippie blonde, il ne pourrait y avoir plus de différences. Ces deux-là sont voués à ne jamais se comprendre.

Les choses s'emballent, donc.
Rosie et Gary ont fait appel à la police et, plus tôt dans l'épisode, des inspecteurs commencent à visiter les témoins du barbecue pour recueillir leur témoignage, ce qui ne sent pas bon. Jusque là très confiant sur la tournure des choses, Harry commence à s'inquiéter et, pour ce personnage nerveux et violent, l'inquiétude ne fait rien de positif. Voilà donc Harry poussé dans ses retranchements, encore plus ulcéré par le fait que tout le monde ne se rallie pas à sa cause, en premier lieu son cousin Hector qui tente de temporiser (lui-même sous la pression d'Aisha), et qui heurte les valeurs de Harry pour qui la famille est supposée être un rempart contre l'extérieur. Harry est supposé mettre de l'eau dans son vin, mais en réalité il est trop ivre de rage contre tout le monde pour y parvenir. On n'imagine pas vraiment le mâle alpha allant s'exécuter de bon coeur devant cette femme qu'il méprise...
Pour toutes ces raisons, la confrontation avec Rosie sera un grand moment de l'épisode (qui cependant n'en comportera pas de médiocre). Si vous attendiez ce passage, vous ne serez pas déçu.

Derrière le personnage si incroyable de Rosie, qui a lui aussi quelque chose de malsain (mais on a pu le remarquer depuis le pilote), on a aussi l'occasion de voir se dessiner le personnage de Gary, et la façon dont il se sent obligé de suivre Rosie dans son délire de persécution, tout en désapprouvant sa véhémence.

Dans la collection "les petites différences qui comptent", cependant, cet épisode fait à nouveau des siennes. Par exemple, on trouve la discussion sur le clip de rap américain un peu transformée (une autre conséquence du choix de caster Sophie Okonedo) alors qu'elle était parlante sur la relation entre Harry et son fils Rocco ; de la même façon, la rencontre avec Anouk est pour autant que je me souvienne une nouveauté, qui semble être, comme l'était la semaine précédente la scène dans le bar, une façon qu'a trouvé la série d'interconnecter encore plus les personnages entre eux. Au lieu de former une sorte de chaîne, comme dans le livre, The Slap a choisi de faire former une immense toile à ses personnages. C'est un choix qui ne dénature pas l'histoire et dont la série peut jouer pour augmenter l'effet de fractionnement entre les points de vue de nos protagonistes, alors pourquoi pas ? Après tout, Anouk, nous l'avons vu la semaine précédente, ne désapprouve pas la giffle, et c'est intéressant de la voir réagir à la demande de harry de témoigner pour lui.
Le plus gênant, c'est ce qui arrive à Rocco dans cet épisode ; un peu comme le cancer de la mère d'Anouk, c'est l'occasion pour les scénaristes de s'inventer une petite mélodramatisation parallèle à la sève des personnages et à l'intrigue principale. Ce n'est pas aussi long que pour la déviation qu'avait empruntée Anouk mais je ne suis pas certaine de comprendre ce que ce passage apporte de plus.

Finalement, l'épisode se conclut à l'opposé du chapitre de Harry dans le livre. Et pourtant, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, simplement cela influera, nécessairement, sur le déroulement des autres chapitres et évidemment celui de Rosie.
En parlant de chapitres à venir, j'étais contente de retrouver Koula et Manolis, qui jusque là n'ont pas encore eu l'occasion de vraiment se manifester à leur plein potentiel, mais, fort heureusement, on n'a pas fini de les voir et c'est un des chapitres que j'avais le plus aimés, d'ailleurs. Ah Manolis, j'ai hâte de passer du temps en ta compagnie... Mais ne précipitons rien. En tous cas les liens de la famille grecque sont parfaitement retranscrits ; comme tant de familles méditerranéennes, on est à mi-chemin entre l'étouffement et la confiance la plus absolue dans l'opinion de la famille. C'est vraiment quelque chose qu'il ne fallait surtout pas changer et on garde bien l'esprit qui se dégageait du livre.
En attendant, dans le prochain épisode, ce n'est pas tant l'intrigue de la giffle qui devrait se développer (après tout ça a beaucoup été le cas cette fois-ci) que des intrigues personnelles, puisqu'on entrera dans la vie de Connie, notre petite adolescente. D'une autre façon, j'ai hâte aussi.

En tous cas, cet épisode "dans la tête du tueur" était absolument nécessaire au récit de l'incident. On sait bien pourquoi Harry a retourné une beigne à Hugo, mais le voir s'en justifier offre tout de même une dimension supplémentaire à cette histoire de claque. Après avoir vu comment Harry considère l'incident et traite son entourage, votre opinion vis-à-vis de la baffe a-t-elle changé, au fait ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

19 octobre 2011

Une claque pour... Anouk

Suite de nos aventures australiennes avec ma seconde review de The Slap. Je vous accueille pas en vous claquant la bise, hein, je crois que vu les circonstances ce serait malvenu.

Cette semaine, nous avons rendez-vous avec une femme, Anouk, dont très franchement l'existence se trouve à mille lieues de celle de Hector que nous avions découverte la semaine précédente.
Femme célibataire, sans enfant, travaillant comme scénariste sur un soap dont elle se tape l'un des acteurs principaux, c'est une femme indépendante, affranchie, et de vous à moi, un peu le genre de vie qui ne semble pas déplaisant de prime abord. Et c'est là l'objet du délit, en fait.

TheSlap-Anouk

L'épisode se perd dans pas mal de choses que, de deux choses l'une, soit j'ai mal comprises, soit j'ai déjà oubliées alors que je les ai lues ya genre un mois, un mois et demi.
Le coup du cancer de sa mère, et de tout ce qu'il y a autour surtout... wow, d'où venait cette scène pendant laquelle sa mère se pisse dessus avant de supplier qu'on l'euthanasie si ça devient plus dur ? J'ai dormi sur cette page-là ou quoi ?

Moi qui avait tellement apprécié Anouk dans la version papier, je me suis retrouvée avec un personnage qui semblait beaucoup moins blasé et léger que dans le livre. C'est un personnage qui ne se prend, à la base, pas la tête, qui se contente de prendre de la distance avec tout, y compris avec l'homme qui partage sa vie et qui est de toute évidence fou d'elle, or ici Anouk, bien que fière, indépendante et tout, est quand même pas mal plombée par tout ce qui concerne sa vie familiale.
Son côté (étrangement) maternel vis-à-vis de Connie et Ritchie était assez nouveau également pour moi, mais cela renforçait l'impression d'interconnexion des personnages, ce qui était déjà ça. J'ai d'ailleurs bien aimé la scène de la fête, qui me laisse bon espoir pour le chapitre final de la série ; dans le livre, ce chapitre m'avait énormément émue, notamment une scène (par sa qualité d'écriture qui retranscrivait une très belle ambiance), et je crois que ce ne devrait pas être impossible d'espérer la trouver joliment (même si infidèlement) traduite en images.

L'intrigue qui pour moi était capitale dans son chapitre n'était pas là, mais elle ne s'explicitera que très tard dans l'épisode. Et là encore, j'ai dû trop peindre mes murs et inhaler des trucs pas nets, parce que j'ai carrément rêvé le fait qu'Anouk partage ça avec Rosie et Aish.
Sans compter que cette intrigue, bien plus que le cancer de sa mère, avait du sens au sein de l'affaire de la claque. Bien-sûr l'éclairage de l'état de dépendance de sa mère n'est pas totalement anodin, mais on ne ressent pas franchement les causes de l'énervement d'Anouk dans l'affaire.
Si dans les faits, Anouk ne change pas de décision dans la version filmée (il n'aurait plus manqué que ça), reste que la conclusion est vraiment différente et tourne au mélodrame. Ce qui ne cadre tellement pas avec l'idée que je me faisais d'Anouk...
De ce côté-là on pourra vraiment dire qu'elle comme moi nous sommes pris une méchante baffe.

Ah tiens, justement. Ce qui reste identique au roman, en revanche, c'est la position d'Anouk vis-à-vis de la fameuse claque (même si cette position s'explique très différemment). C'est certainement le personnage qui exprime le mieux ma façon de concevoir l'incident à la base, d'ailleurs. Elle est très dure vis-à-vis de Rosie et de sa façon d'élever Hugo avec laxisme, alors qu'elle et Aisha sont des amies d'enfance (comme l'explicitera la jolie scène finale) et qu'on pourrait s'attendre à ce qu'elle aussi prenne instinctivement le parti de son amie. Mais non, elle condamne sans retenue Rosie, Gary, et les poursuites entamés par eux contre Harry.

C'est d'ailleurs comme ça qu'on prend la mesure du dérapage.
Les choses ne se sont pas arrêtées avec cette maudite journée barbecue. De vous à moi, dans la vraie vie, je me dirais qu'une fois que tout le monde a pris le temps de réfléchir posément, il serait naturel que les choses se tassent (de ce côté-là, je suis limite de l'école Manolis, mais on aura l'occasion d'en reparler). Or pas du tout.
L'incident continue d'agiter encore les parents du petit Hugo, surtout Rosie dont le vocabulaire est assez parlant sur la violence qu'elle a ressentie à travers la claque et qui est en permanence aux bords des larmes ; on apprend donc qu'ils ont décidé de porter plainte contre Harry (et Sandi son épouse, du coup). Anouk s'oppose tellement à cette réaction disproportionnée qu'elle annonce à Rosie son intention de témoigner en faveur de Harry... bien qu'en réalité elle n'ait rien vu, comme en atteste le visionnage du pilote et comme le souligne Aisha, qui elle est visiblement du côté de Rosie.

On sent donc les premiers vrais clivages se faire, ce qui n'est pas innocent au sein de ce trio si soudé avant l'incident. Ce ne seront pas les derniers, mais ici ils ont le mérite de bien poser les deux camps.
Car à partir de là, ça va être quand même beaucoup ça : deux camps qui ne se comprennent pas. D'où le slogan : et vous, de quel côté êtes-vous ? A vous de me le dire. Votre opinion a d'autant plus d'intérêt que vous n'avez pas, justement, lu le livre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

12 octobre 2011

Ne nous fâchons pas

DylantheRapist
Le pilote d'American Horror Story nous pose une difficile question, reprise ce matin sur Twitter par Florian et Tony, mais avant d'en parler, je voudrais qu'on procède dans l'ordre et la discipline. Alors, ceux qui n'ont pas encore vu le pilote, je vais leur demander de faire un clic de cote (par exemple vers la droite) et de lire un autre post (disons, celui sur The Slap, mettons, j'dis ça...), et ceux qui l'ont vu, faites pas les malins, parce que c'est pire : je vais vous demander d'etre raisonnables. Ah ça rigole moins, hein.
C'est fait ? Bien.

Parce que ces derniers mois, le meme débat, dans un autre contexte, a mené à des débordements parfois à la limite du supportable, la question que pose American Horror Story est sensible : Vivien s'est-elle faite violer ? La paternité de son foetus en dépend...

Derrière cette question il y en a deux :
- Vivien est-elle consentante ? Si elle ne l'est pas ça règle le problème !
- qui était dans la seyante combinaison de latex ?
Vu que Vivien prend son air coquin pour dire "ah tu veux remettre le couvert ?!", le consentement est clair. Mais c'est un consentement avec son mari, dont elle pense qu'il est dans le costume. Qu'arrive-t-il si ce n'est pas son mari dans la combinaison ? C'est là qu'on arrive en terrain miné.

Parce qu'en fait, tout dépend de la façon dont vous avez reçu et interprété la séquence. Personnellement, je suis convaincue qu'American Horror Story veut qu'on se pose la question mais pas forcément pour y apporter la réponse la plus évidente. Son climat est celui d'une maison terrifiante et qui semble hantée, mais l'est-elle ? Ce qui m'a plus dans le pilote, c'était au contraire d'avoir l'impression d'avoir affaire à mon type d'horreur préféré : celui qui n'est pas fantastique. Les monstres sont à l'intérieur. Pas de la maison. DES GENS.
Donc pour moi, il semble évident que c'est bien son mari dans la combinaison ; je pourrais reconnaitre les yeux de Dylan McDermott n'importe où. Si c'est lui, problème réglé : elle veut coucher avec, et elle couche avec. Ce n'est pas un viol.

Par contre, si vous faites partie de ceux, et je le conçois totalement, qui interprètent la présence du plan sur les cachets, ou le parallèle avec Dylan McDermott en train de faire du somnambulisme dans la cuisine, comme une preuve que Vivien n'est pas du tout en train de coucher avec son époux comme elle le pense, là vous avez raison, c'est un viol.

Et c'est là qu'on voit que le pilote est totalement ouvert à l'interprétation.

Pour moi, Vivien a certes pris des cachets, mais rien n'indique que son mari soit dans son état normal : il est quasiment en état second, en train de faire du somnambulisme dans la cuisine, et je ne fais pas plus confiance à ce qu'il voit que vous ne faites confiance à l'impression qu'a Vivien de faire l'amour avec son mari. Ca se trouve, tous les deux ont une illusion.
Il n'y a pas, à mes yeux, beaucoup de surnaturel dans ce pilote ; je ne pense meme pas qu'il y ait un esprit, un fantome, ni meme un désaxé qui a envie de se taper la maitresse de maison ni vu ni connu. Je ne pense pas que la maison leur veuille du mal, non plus. Je crois que la maison a juste une propriété surnaturelle : elle permet à ceux qui la visitent de voir se concrétiser quelque chose qu'ils avaient au fond d'eux. Ca peut etre le désir refoulé d'une relation sexuelle un brin déviante, ou une pulsion de mort exacerbée par la rencontre avec un tiers. Les monstres sont à l'intérieur...

Après, entièrement libre à vous d'en faire une interprétation différente. De penser, c'est votre droit le plus strict, que la maison envoie cet homme couvert de latex violer Vivien pendant que son mari subit les effets hypnotiques de la maison à cote de la gazinière. Pourquoi pas ? C'est aussi possible que ma version. A ce stade, votre opinion vaut autant que la mienne. Qui peut dire ce que cette série basée sur le mystère, le suspense et les énigmes nous réserve ? Murphy le sait-il seulement lui-meme ou veut-il d'abord jouer avec son concept ? Trop tot pour le dire, naturellement.

Dans un monde, celui d'internet, où la plupart des débats sont menés uniquement dans l'espoir de prouver que notre point de vue est le bon (ouvrez les commentaires de n'importe quel site d'information pour le vérifier...), je crois que ce que j'aime le plus, c'est quand les discussions se font avec, à l'esprit, la conviction que personne n'a raison, personne n'a tort, tout est une question de point de vue. Dans le cas des séries plus encore que dans n'importe quoi d'autre.
Le sujet est évidemment sensible, mais il se rapporte à notre conception du pilote tout entier.

Rréponse dans l'épisode de ce soir.
Nan, j'déconne, on va quand meme pas avoir des réponses dés le deuxième épisode ! De cela, et de cela seulement, nous pouvons etre certains...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche American Horror Story de SeriesLive.

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9 octobre 2011

Une claque pour... Hector

Hm, bon, alors, j'en ai parlé longuement avec moi-même et nous sommes tombés d'accord sur un fait : la construction de The Slap est si particulière, et mon engagement depuis de longs mois envers cette série si fort, que... j'arrive pas à croire que je vais le dire... j'ai décidé de tenter une review épisode par épisode de cette mini-série dans les 8 semaines à venir.

Ce n'est pas un exercice dans lequel je suis spécialement à l'aise, mais après avoir bien pesé le pour et le contre, j'ai vraiment envie d'en faire l'effort pour cette série : je vous le disais l'autre fois en postant le générique, il m'est assez difficile de dissocier l'oeuvre originale du résultat filmé, en particulier parce que j'ai fini le livre quelques heures avant le lancement de la série sur ABC1, et que j'étais donc très investie dans cette histoire ces dernières semaines. Qui plus est, c'est une histoire vraiment originale, par sa construction, donc, mais aussi par la galerie incroyable de portraits qui se dessine avec une terrible précision au fil des 8 chapitres, et enfin, aussi et surtout, par les réflexions qu'on se fait nécessairement vis-à-vis de l'histoire elle-même. Un roman captivant (et pourtant je ne lis plus de roman depuis plusieurs années) qui devait donner une série au moins aussi prenante.
Pendant les 8 prochaines semaines, c'est ce que je vous propose de vérifier avec moi.

Qui eut cru qu'une simple torgnole pourrait changer le destin d'autant de monde ? Personnellement, c'est avec la plus grandes des incrédulités que j'ai découvert, la première fois, le pitch de The Slap. Un type gifle un gamin qui n'est pas le sien. Hm, bon, ok, et puis ? Sérieusement, tout un livre là-dessus ? Mais... comment ?
C'est ça qui a motivé mon intérêt dans un premier temps. Je me suis demandé comment il pouvait y avoir de quoi faire plusieurs centaines de pages (430 dans mon édition, par exemple) à partir de cet évènement. Il est vrai que j'ai grandi dans une maison où on ne les comptait pas (les gifles, pas les pages ; quoique, l'un ne va pas souvent sans l'autre d'après mon expérience), et que ma vision des choses était forcément un peu faussée. Mais wow, c'était un pitch assez fascinant, quand même, à la fois par sa brièveté et par ce qu'il semblait provoquer.
Et quand je me suis intéressée plus en avant à cette fameuse gifle, j'ai découvert que The Slap avait suscité un débat. UN DEBAT. Personnellement même en lisant le livre je n'ai pas vu de débat. Au contraire, je trouve que ce que fait si admirablement The Slap, c'est en fait montrer que chacun a des raisons de penser comme il pense, parce que chaque personnage considère les évènements à travers le prisme de son éducation, sa culture, ses convictions politiques et son positionnement dans la société. Et en l'occurrence, personne n'a raison.
Ce que dit The Slap, ce n'est pas qu'il y a un débat entre ces gens-là ; c'est surtout que tout d'un coup ils réalisent qu'ils étaient connectés et qu'ils remettent en question pourquoi, vu qu'ils n'ont pas tant que ça en commun et qu'il y a un même évènement qu'ils ont tous vécu, mais qu'aucun n'a vécu de la même façon.

Et du coup ça rend le phénomène de The Slap vraiment impressionnant à mes yeux, parce que le livre lui-même est visiblement vécu de façons différentes par les gens, et pas juste ce dont il parle. Ca dépasse de loin l'objet du débat et ça en devient un. Que The Slap pousse les gens à prendre position pour ou contre cette gifle, ça me sidère, je ne saurais même pas être pour ou contre.
Au final, en voyant tout ce qui se passe autour de ce roman (et probablement autour de la série aussi), je réalise que moi aussi je me suis pris une claque monumentale, parce que non seulement l'écriture de Tsiolkas est incroyablement efficace et précise (ainsi qu'extrêmement dynamique, versatile, et alimentée par la popculture) ; non seulement il a bâti son livre comme je rêverais que tous les romans soient construits, avec un jeu de miroirs déformants entre les points de vue subjectifs qui, mis bout à bout, racontent quand même une histoire ; non seulement la série est alléchante parce que dotée d'un cast super sympa ; mais en plus, ça me fait même réfléchir sur d'autres choses que juste ces éléments-là. Le simple fait de découvrir que The Slap puisse faire débat, ça me pose plein de questions.

Donc voilà, en somme, pourquoi c'est difficile pour moi d'échapper à la tentation de parler de The Slap chaque semaine.

Je ne saurais trop vous encourager à participer dans les commentaires à ce(s) débat(s) que soulève la série, parce que c'est aussi à ça que sert un blog.
L'expérience de regarder une série est une chose mais, à plus forte raison dans le cas de celle-ci, la regarder "avec" vous (pas dans le sens où on partage un verre de jus d'orange pulpé, hélas, mais bien parce que nous venons ensuite nous réunir pour en parler ensemble), donne du sens aux débats. Globalement, moi, je sais à peu près ce que j'en pense, mais l'idée c'est de ne pas fonctionner en circuit fermé avec juste la version de mon chapitre. En gros, que nous ayons chacun notre chapitre, nous aussi, et pas juste que je vous dise combien cette série est ci ou ça, c'est ce qui donne de la valeur à ces posts sur The Slap. J'espère vous avoir convaincus de commenter un peu cette tentative de review épisode par épisode...

Donc on y va.

TheSlap-Hector
Respectant au plus près la structure si particulière du roman d'origine, The Slap débute par un épisode/chapitre consacré à Hector. C'est à l'occasion de son barbecue d'anniversaire que va avoir lieu la fameuse claque, et c'est aussi à travers ses névroses qu'on va pouvoir étudier une partie de son entourage, la principale étant son obsession pour la jeune Connie.

La difficulté de l'adaptation de The Slap, on le comprend très vite, tient dans la façon que Tsiolkas a de raconter son histoire : chaque chapitre correspond à une personne, mais n'est pas raconté à la première personne. La voix off semblait un incontournable mais hélas (oui, j'ai écrit hélas), ce ne sera pas le cas ou si peu. Et on va perdre une bonne partie des subtilités des portraits dans ce procédé qui ne va pas aussi expressément que dans le livre nous dire ce qui se trame dans la tête des personnages quand il font ci ou ça. La journée qui précède le barbecue semble ainsi moins oppressante dans The Slap que dans le livre. Le manque de tabac, par exemple, la frustration vis-à-vis des enfants, sont atténuées, et on perd une bonne partie de ces sensations à n'avoir qu'une vue extérieure de ce qui se passe chez Hector.

Et d'ailleurs, je n'imaginais pas du tout Hector comme ça. Déjà parce que je ne sais pas pourquoi, mais Hector et Harry étaient pour moi intervertis pendant la lecture : je pensais que Dimitriades jouerait Hector, et non Harry. Et du coup ça collait beaucoup plus à l'idée que je m'en faisais, un bel homme, sûr de lui, un peu dur et pas à l'aise avec les gosses, mais définitivement un mec à l'aise dans sa vie, de quoi faire tomber les filles, genre Connie. LaPaglia, je sais pas si c'est parce qu'il culmine à 1m50 les bras levés sur une chaise haute et qu'il marche voûté, mais il est au contraire un animal nerveux, qui me semblait plus correspondre au portrait de Harry. De la même façon, caster Sophie Okonedo a conduit à des changements dans l'esthétique du couple Aisha/Hector, d'ailleurs ; cela devrait impacter le ton du chapitre d'Aisha, je pense. On verra bien quand on y sera.

Tout au long de l'épisode, on sent bien que la tension monte autour du petit Hugo, qui (j'espère pour les parents que c'est un rôle de composition) est absolument insupportable. La gifle est un peu inexorable, tant les regards convergent vers le petit garçon intenable et bruyant de façon croissante dans l'épisode. La vraie question, c'est quasiment QUI va gifler Hugo, quand la frustration culmine, parce qu'il ne fait aucun pli qu'à un moment ce petit est voué à s'en ramasser une, et il y a assez peu de chances que ça vienne de ses parents. On ne sent d'ailleurs pas beaucoup la désapprobation monter dans l'entourage de Hector autour de la façon dont le couple Rosie/Gary fonctionne et élève le petit, même si Melissa George rend un portrait incroyablement fidèle à la représentation qui est faite de Rosie dans le roman. C'est encore une fois le problème de l'absence de narrateur, qui aurait été très utile dans une série dont la brièveté des épisodes doit être compensée d'une façon ou d'une autre, arrativement.
L'altercation qui suit la gifle est pourtant extrêmement bien rendue. En fait chacun va très vite se positionner vis-à-vis de tout ça, il y a assez peu de réactions immédiates dans cette scène qui soient contredites par la suite dans le livre. J'avais oublié, par contre (ou peut-être ne s'y trouvait-il pas), l'acte incroyablement tendre et conciliant d'Adam envers Hector une fois la scène passée. Après l'hystérie collective suscitée par la gifle, c'était une très touchante conclusion à la journée barbecue.

Côté perso, Hector est obsédé par Connie, sauf que, oups, il est marié. On va très vite s'apercevoir que cette obsession est en fait avant tout celle de Connie pour Hector, transmise par un baiser (ah, tiens... bon), et depuis, le quarantenaire a du mal à oublier qu'il y a de plus verts pâturages pas si loin. Tout l'épisode va suivre la façon dont Hector tente à la fois de pouvoir y penser tranquillement, et comment il essaye d'en divertir son esprit par culpabilité. Le décor de la maison de Hector et Aish est d'ailleurs incroyablement bien conçu pour que le chassé-croisé soit bien rendu.
Hector a été obligé, en fin de compte, de choisir entre Connie, la petite adolescente au charme naissant, et Aisha, l'épouse qui règne en maîtresse-femme sur sa maison. De ce côté-là, la tension est parfaitement bien transcrite, jusqu'au point culminant de son petit dilemme de quarantenaire en pleine crise

Mais si les histoires de Hector forment une histoire plutôt bien suivie au long de The Slap, le plus important est que la gifle a été donnée et les rouages enclenchés. Hector désapprouve-t-il ou pas ? Dans cet épisode on le saura assez peu.
Fort heureusement, le débat va avoir lieu dans le prochain épisode, celui d'Anouk, l'une des meilleures amies d'Aisha (l'autre étant Rosie...). On se donne donc rendez-vous la semaine prochaine pour faire le point.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

7 octobre 2011

[DL] The Slap

Il n'a pas pu vous échapper que The Slap débutait (enfin !) hier sur ABC1, rapport au fait que j'ai abondamment répercuté l'info sur SeriesLive et sur Twitter, et qu'à un moment faudrait voir à suivre un peu dans le fond.

Pour ce soir, je ne vais pas tout de suite vous parler de l'épisode, j'essaye encore de faire la part des choses entre l'inexorable déception qui vient chaque fois qu'on lit le livre d'origine et qu'on ne retrouve pas exactement les petites choses qu'on a aimées, et la joie de voir que, dans l'ensemble, la série adapte quand même avec beaucoup de fidélité des tas de choses quand même, et rend assez bien le premier chapitre (mais je ne dirais pas que c'est le chapitre au rendu le plus difficile, et j'attends ceux de Manolis et surtout Rosie). Je suis par contre attentive à ce que j'ai entendu pendant le trailer du prochain épisode, car j'ai bien l'impression qu'un des thèmes a sauté l'air de rien, et ça, çe me rendrait pas contente DU TOUT. Mais on n'y est pas et, pour ce qui concerne ce seul pilote, mon avis devrait être, je pense, assez positif, une fois l'émotion de la comparaison passée. C'est le danger quand on lit l'oeuvre originale.
Alors en attendant mon post, qui viendra probablement ce weekend si tout va bien, je vais simplement vous proposer le générique.

TheSlap
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Soyons clairs : ce n'est pas le générique de l'année de par sa complexité. Mais, alors que le pilote s'ouvrait sur ces images, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il reprenait quand même pas mal d'éléments de la série : l'éclatement des protagonistes, des points de vue, et cette musique à la fois terrible et qui m'évoque (peut-être à tort) la Grèce, un élément très présent dans le livre. Tout ça autour d'une assiette qui se brise, rapport au fait que c'est pendant un barbecue qu'a lieu le point de départ de l'éclatement en question. C'est incroyablement bien trouvé, derrière une apparente simplicité.

Donc voilà, considérez que c'est une mise en bouche... et un rappel à l'ordre pour tous ceux qui ont dit que ça pourrait les intéresser (que ce soit par l'histoire, ou la présence de Melissa George, Alex Dimitriades, Johnattan LaPaglia... peu importe, il n'y a pas de mauvaise raison), qui trouveront le temps en attendant mon post de regarder eux-mêmes le pilote de The Slap.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

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