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ladytelephagy
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the slap
6 février 2012

Tu seras un parrain, mon fils

TheStraits

Les Soprano n'a jamais été ma tasse de thé. Il faut croire que le sang italien ne coule pas assez abondamment dans mes veines pour m'intéresser aux histoires de mafia en général, d'ailleurs.

C'est peut-être ce qui explique ma réaction assez froide face au pilote de The Straits, une série australienne qui se déroule dans les Torres Strait Islands, là où l'Australie fricote avec la Papouasie Nouvelle-Guinée. Le décor est donc exotique par définition, et les promos bleus et turquoises étaient là pour nous le rappeler, mais en-dehors de ce contexte baigné par le soleil, on est dans une histoire de famille mafieuse assez typique. Disons qu'en définitive, on a surtout changé d'accent.

Harry Montebello est un parrain comme tant d'autres de par le monde, qui gère un business qui est à cheval sur deux marchés : les armes et la drogue. La famille Montebello est respectée dans les environs, mais voilà, comme c'est souvent le cas avec l'âge, Harry commence à réfléchir à ce qu'il va laisser derrière lui, et surtout, à qui. Avec son épouse Kitty, il a eu quatre enfants : Marou est leur premier enfant, mais le couple a ensuite adopté Noel qui est en réalité plus âgé. Ensuite viennent Sissi, leur unique fille, et le petit dernier, Gary.

Le problème c'est qu'en réalité, il n'y a pas vraiment de lutte de pouvoir au sein de la famille. La tradition indiquerait que le business revient à Marou, qui est le fils aîné naturel ; mais d'une part, Marou n'est pas du tout attiré par ce plan de carrière, et puis surtout, il est bien trop gentil (a-t-on idée !). Sissi, elle, a fait des études, c'est la tête de la famille, mais elle n'est pas vraiment une meneuse, même si elle serait idéale comme comptable. Gary, lui, est le jeune chien fou, l'inconséquent qui vit de conneries, de drogue et de coups de tête. Qui est-ce qu'il reste ? Noel. Après tout, il est le plus vieux des fils, non ? Sauf que Noel n'est pas un "vrai" Montebello, et surtout c'est une tête de pioche, une brute épaisse qui n'en fait qu'à sa tête, et il est incapable de se maîtriser ou d'obéir à une quelconque règle. Pas vraiment le genre de gars à qui on a envie de laisser une lucrative affaire comme le business illégal des Montebello !
Du coup, le père Harry, il a un mal fou à passer les rênes. Oh, ne vous y trompez pas : Noel a TRES envie de devenir calife à la place du calife. Mais il n'est pas prêt du tout. Et tout en se gardant ses trois autres enfants sous le coude, on sait jamais, eh bien Harry va tenter de mater son fils Noel, de le dresser pour en faire un "bon" parrain.

Il y a donc à la fois des éléments très classiques, et d'autres plutôt originaux, dans la structure de The Straits. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui aiment le genre, j'imagine, car ainsi, certaines caractéristiques étant conservées, et d'autres prenant une certaine liberté avec les habituels canons de la série sur la famille mafieuse. Ajoutez à cela un cadre un peu trop paradisiaque pour être honnête et vous obtenez un cocktail loin d'être désagréable.
Avec une recette oscillant aussi bien entre créativité et conservatisme, pas étonnant que, le soir de son lancement sur ABC1 jeudi dernier, la série The Straits ait fait parler d'elle au point de devenir un trending topic instantané (et unanimement extatique) en Australie !

Alors qu'est-ce qui cloche ? Pourquoi j'ai attendu la fin de la première partie du pilote pour accrocher, et pourquoi seulement 599 000 spectateurs ont été comptabilisés devant ce même pilote, dans une case où d'ordinaire on en compte plus de 900 000 ? Pourquoi se retrouve-t-on dans la situation où peu de monde a regardé la série, mais ceux qui l'ont regardée ont eu envie de la commenter positivement et abondamment pendant la soirée... sans que, pourtant, en 1h45 de diffusion, ce chiffre n'ait réussi à progresser ?

Certes, il y a l'aspect promotionnel : The Straits n'a pas vraiment fait l'objet d'une campagne comme celle de The Slap (il faut dire que le succès du roman d'origine aidait), produite par la même compagnie, pas d'affiches placardées partout, de posters sur les bus... Il y a aussi le fait que le jeudi, ABC1 a un mal fou à trouver de quoi rivaliser avec l'émission de télé réalité My Kitchen Rules (qui en plus, démarrait plus tôt) et que, la chaîne publique ne proposant pas de publicité, les deux premiers épisodes ont été diffusés sans la moindre pause, et on peut comprendre que ça ne soit pas encourageant pour prendre en cours de route. Il y a, enfin, quelque chose de plus particulier à la série : The Straits est très particulier, de par sa situation géographique et la culture de ses protagonistes ; c'est un peu comme espérer qu'une série se déroulant en Corse, avec un peu de patois corse et des références aux traditions corses, captive toute la France (ce qui est bien c'est que le thème de la mafia s'appliquerait tout-à-fait à mon exemple).

Mais surtout, il y a le fait que The Straits est quand même, malgré ses qualités, une série loin d'être irréprochable, n'effleurant même pas en rêve la perfection.

Son pilote commence avec une suite de scènes qui, si elles ne sont pas ratées, sont prévisibles, et réalisées sans grande imagination. La plupart de ses personnages mettent un temps fou à devenir ne serait-ce qu'un tantinet attachants et humains, restant longtemps très unidimensionnels. Et puis, la direction d'acteur semble aller à vau-l'eau (c'est particulièrement visible quand les scènes sont supposées être choquantes, d'ailleurs), or c'est quelque chose qui devient vite vital dans un ensemble show où les acteurs doivent essayer de tendre vers un même but, un même esprit, une même image. Il y a clairement des maillons faibles dans ce cast, d'ailleurs (bien que je n'aie rien au demeurant contre le regard vert d'Aaron Fa'aoso, fort regardable au demeurant, mais qui a tendance à se borner à cela).

The Straits a donc des défauts. Ils s'atténuent avec les minutes, mais clairement, la série autant que sa programmation révèlent des maladresses qui mises bout à bout, peuvent devenir de véritables handicaps.
Peut-être que quelqu'un ayant aimé Les Soprano trouvera certains de ces handicaps tolérables ; peut-être qu'au contraire, l'excellence (présumée) de la fameuse série de HBO ne portera que plus préjudice à la série australienne. En tous cas, ça m'étonnerait qu'au terme de ses 10 épisodes, The Straits obtienne une saison 2. Tentez donc le coup tant qu'il est encore temps...

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6 janvier 2012

Band of Sisters

Quand il s'agit de s'évader hors des USA, mais de rester dans le cadre de la fiction anglophone, nombreux sont les téléphages qui optent en premier lieu pour la Grande-Bretagne. Bien qu'y était venue tard (principalement pour cause d'allergie à l'accent), je ne saurais le leur reprocher car on y trouve d'excellentes séries. Pour ma part je vous ai souvent entretenus de séries australiennes. Je suis notamment bien consciente de vous devoir deux posts de The Slap, et j'ai même eu envie de me refaire une "intégrale" de Cloudstreet. A l'occasion, on a pu évoquer des séries néo-zélandaises également (hélas, j'ai toutes les peines du monde à cagouler le deuxième épisode de The Cult).
Un pays qui, par contre, semble condamné à être sous-représenté ici (et malheureusement quasiment partout ailleurs) est le Canada. Il faut dire que beaucoup de séries canadiennes destinées au grand public semblent recycler des recettes toutes faites, de Lost Girl à Combat Hospital, en passant par les policières King ou Endgame, très peu des séries récentes que j'ai testées ces derniers mois m'ont convaincue. Des séries plutôt de niche, comme Todd and the Book of Pure Evil, ou évidemment The Yard, un peu plus, par exemple. Mais globalement, je suis statistiquement peu charmée par les séries canadiennes.

Alors quand je découvre Bomb Girls, je suis doublement ravie. D'abord parce que c'est une bonne série, et ça fait toujours plaisir de découvrir une bonne série. Et ensuite parce que c'est une bonne série canadienne, et ça fait encore plus plaisir de découvrir une bonne série canadienne.

BombGirls

Bomb Girls s'intéresse donc à ces femmes qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, ont pris le chemin des usines, notamment d'armement, tandis que les hommes partaient, vous l'avez deviné, sur le front. Des femmes qui n'avaient jamais connu que la vie au foyer commençaient alors à travailler, à gagner leur propre argent, à porter des pantalons, à gérer leur vie amoureuse comme bon leur semblait... Eh oui, Bomb Girls est une vraie série sur la libération de la femme, rien à voir avec les mijaurées américaines du début de saison qui ont fait mine d'aborder le sujet pour ensuite s'en écarter.

D'ailleurs, la réplique-phare du pilote de PanAm pourrait tout aussi bien s'appliquer aux personnages féminins de Bomb Girls :

"They don't know that they're a new breed of women".

A la différence que même les hommes autour d'elles n'en ont pas conscience. En fait, les hommes dans Bomb Girls font bien sentir à nos héroïnes que tout cela ne durera que ce que vivent les bombes, et qu'ensuite, ce sera un retour à la normale, qu'elles reprendront leur place.
Rétrospectivement, ça pourrait faire sourire, puisque ce que ces femmes vont changer, plus jamais on ne pourra le leur retirer, mais quand on vient de se coltiner Work It, croyez-moi, ça arrache plutôt une moue de dédain, voir un geste de recul devant la violence verbale décomplexée de certains personnages. Et pourquoi, après tout, ces personnages masculins se cacheraient-ils d'avoir une opinion arrêtée de la place de la femme dans la société ? Ils n'ont rien connu d'autre.

La panoplie de personnages de Bomb Girls reste relativement classique : on a l'oie blanche, Kate, qui échappe aux maltraitances de son père, un prêcheur tyrannique, et a besoin de ce travail à l'usine pour maintenir son indépendannce ; il y a à l'inverse Gladys, fille d'un fabricant d'armes riche qui l'a fiancé à un jeune Américain tout aussi riche, et qui intègre l'usine à l'un des rares posts administratifs ; il y a Betty, la forte tête indépendante et bosseuse qui forme les nouvelles arrivantes ; et enfin, il y a Lorna, la matriarche qui veille sur les ouvrières tout en gagnant la croûte de sa maisonnée et en attendant le retour de ses deux fils au pays. Collègues, amies, soeurs, ou peut-être autre chose encore, ces femmes travaillent à la fois pour leur pays, pour ceux qui sont au loin, et pour elles-mêmes.

Les profils n'ont rien de follement original, et les intrigues sont relativement attendues vu le contexte, mais les protagonistes sont variées juste ce qu'il faut pour que l'expérience de chacune offre un regard différent sur les étapes importantes franchies par ces femmes. D'autant que, pour atténuer le stéréotype, les actrices les campent avec beaucoup de conviction qui les rendent instantanément sympathiques.
Il me parait difficile de nier qu'il n'y a rien d'extraordinairement novateur dans Bomb Girls. Mais peu de séries ont su, jusqu'à présent, ce pencher sur l'arrière, cette facette de la Seconde Guerre Mondiale qui a pourtant eu tout autant d'impact que ce qui se passait au front. Bomb Girls offre de très jolis portraits, des intrigues bien menées, une bonne dose d'émotion et une photographie de l'époque qui nous transporte immédiatement.

La réalisation, bien que parfois légèrement trop propre, parachève l'excellent travail. Bomb Girls est une série qui a l'ambition de faire du bon boulot, en s'en donnant les moyens, mais sans en faire trop. Son bon goût la sauve du pathos ou de la simple reconstitution pour lui permettre de systématiquement parvenir à son objectif : raconter avec beaucoup de justesse et un peu d'émotion comment des femmes ont pris leurs vies en main. Juste avant d'aller arracher les cojones de ces Messieurs, donc.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bomb Girls de SeriesLive. Pour le moment un peu sommaire, je vous l'accorde.

26 décembre 2011

[#Ozmarathon] 2x03, les grands hommes

Après un weekend de relâche (le prochain promet d'ailleurs d'être du même genre), revoilà notre Ozmarathon avec un nouvel épisode de la 2e saison. L'occasion de voir apparaitre des visages féminins, pour changer (mais après tout, derrière chaque grand homme...), mais pas seulement.

Ozmarathon-2x03

Avec ce nouvel épisode, c'est plus l'impression que la saison a trouvé son rythme de croisière qui domine, plutôt que la sensation, pourtant récurrente jusque là, de se prendre des baffes à répétition. Mais vous savez quoi ? On ne peut pas toujours se prendre des morniffles dans la gueule. Oh bordel ça me rappelle que j'ai jamais posté mes dernières reviews de The Slap !

On commence, comme c'est désormais la tradition, par l'intrigue la plus faible de l'épisode, autour de la fille de Glynn. Dans l'épisode précédent, elle servait avant tout de prétexte à noircir un peu le portrait jusque là trop parfait de notre directeur, ainsi qu'à faire passer, une fois de plus, Alvarez pour un pauvre chiot (un domaine dans lequel, il faut le reconnaître, il excelle). Ici, la continuité de l'intrigue n'est nourrie que par une idée : ramener sur le devant de la scène la relation compliquée entre ce même Alvarez et le père Mukada. En clair, on n'en a pas grand'chose à faire que la fille de Glynn ait été violée, le sujet n'est ramené sur la table que pour que Miguel soit protégé par Ray Mukada, dans une scène qui propose un cruel négatif à celle de l'émeute, quand Alvarez n'avait pas bougé le petit doigt pour l'écclésiastique. Voilà, c'est tout. Pour le reste, la petite vendetta de Glynn est sans conséquence, sa confrontation avec le fiston Schibetta est toujours aussi vide de toute substance, se contentant de rappeler que Glynn a une dette envers les Italiens (ce n'est pourtant pas dans les habitudes d'Oz de faire trainer ce genre de mystère bien longtemps), et même la scène finale à l'hôpital n'avait rien d'émouvant. Mais on ne me verra jamais me plaindre de la présence d'Alvarez à l'écran, alors soit.

Une intrigue relativement intéressante, mais pas forcément épatante, est celle d'Augustus Hill. Lui aussi est de ces prisonniers dont les intrigues les montrent toujours comme des coeurs qui saignent, et on aimerait bien que Hill soit un peu plus badass, surtout quand il sait être si charismatique dans ses attributions de narrateur (même si évidemment on peut arguer que ce n'est pas vraiment Augustus Hill qui commente les épisodes). Le voilà donc avec un maigrichon espoir de libération, et il s'en remet pour cela à Kareem Saïd.
Ah, Kareem, à nouveau en très grande forme à ce que je vois. Il a fait profil bas juste assez longtemps pour avoir l'impression de s'être racheté une conduite, et le revoilà de nouveau avec sa folie des grandeurs. Cette fois il veut utiliser le système judiciaire pour le détruire ; comme c'est une bien grande tâche, il utilise l'affaire de Hill pour sa petite vendetta contre la Justice, mais il ne remporte pas le succès escompté. Surprise, là où on pensait que l'intrigue se rapporterait essentiellement à ses éternelles prêches contre la société et sa machine à broyer du Noir, il s'avère que Kareem va être trahi par la seule chose dont on ne l'entend jamais parler : sa vie privée. Le sagouin se tapait quand même Melina Kanakaredes.

Pour nous rappeler les bonnes résolutions de McManus, on a ensuite droit à la rapide réintroduction de Diane Wittlesey en milieu sauvage. Il lui file un vent magistral (elle s'était pourtant faite toute jolie pour lui), preuve qu'il a toujours ses burnes avec lui. Après ce petit intermède, finalement plus amusant qu'autre chose, on revient à sa mission, plus sérieuse, de vouloir travailler sur la réinsertion de ses petits protégés.
C'est l'occasion, sans doute pour la première fois de la série, de nous montrer Kenny Wangler comme autre chose qu'un suiveur sans saveur ; on se prend réellement d'affection pour le petit bonhomme, guettant ses progrès en lecture, espérant secrètement qu'il se tienne à ses nouveaux engagements, priant pour qu'il ne cède pas aux pressions de cette brute épaisse (et jalouse) d'Adebisi. Quand vient la confrontation entre wangler et McManus, la tension est à son comble, chargée d'une forte implication émotionnelle tant de la part de McManus, que du spectateur. On en est presque rendus à supplier, de notre côté de l'écran, que Kenny fasse le bon choix. Vas-y Kenny, ne foire pas tout, pas maintenant...

Et puis il y a O'Reily. Ce ne sera une surprise pour personne que de m'entendre dire que j'ai adoré tout ce qui se rapportait à lui. Déjà parce que sa si romantique histoire d'amour avec sa femme a quelque chose d'incroyablement authentique. On l'a déjà entendu se vanter que personne ne toucherait à son derrière en prison, on comprend maintenant, à demi-mot, que c'est moitié pour éviter le viol, moitié pour éviter de tromper sa femme à nouveau. Il y a quelque chose de terriblement Bonnie & Clyde dans la relation que les deux époux ont ensemble, à la fois brutal, réaliste, et passionné, qui impressionne. Moi aussi, si j'étais en prison et que j'avais un truc comme ça qui m'attende dehors, je pilerais probablement du verre pour survivre. Certes, depuis qu'il doit se soucier de son cancer du sein, Ryan ne se préoccupe plus trop d'être dans les petits papiers des rois de la prison (normal, il ne quitte plus le quartier médical), mais ça reste effroyablement fidèle au personnage tel qu'on le connait.
Accessoirement, on a droit à un joli rapprochement avec le Dr Nate, ce qui est toujours ça de pris. L'occasion d'ailleurs d'une série de scènes effroyables, dénonçant en filigrane la gestion des frais de santé des prisonniers, et mettant le Dr Nathan dans une épouvantable situation vis-à-vis d'O'Reily qu'elle soutient du mieux qu'elle peut. A l'instar du ptit père Mukada pour Alvarez, ou de Sister Pete pour Beecher, il semblerait qu'O'Reily ait trouvé son ange rédempteur dans le médecin de la prison.
Je n'ai pas pu m'empêcher, enfin, d'exploser de joie en retrouvant Cyril. Comme de plus en plus souvent, Ryan était très touchant, mais je dois avouer que j'ai toujours trouvé Cyril adorable, il est, un peu comme l'était Groves, le genre de personnage un peu retardé mais surtout très enfantin, qui offre de belles scènes dans un contexte carcéral comme celui d'Oz. Vivement qu'on te revoie, petit frère, j'adore la moindre des choses dont je me souviens à ton propos.

Bon. Je sais que normalement, on dit que le meilleur vient à la fin, mais avec Vern, on se fait brutalement chier. Evidemment la série ne peut pas éviter de mentionner les conséquences de ses actions précédentes, et notamment ce, oh, tout petit détail, quand il a voulu engager Wittlesey pour assassiner Beecher, ce genre de broutilles. Mais les conséquences sont tellement peu intéressantes que ça ne méritait certainement pas de nous occuper une si grande partie de l'épisode. Même Beecher est un peu en boucle, d'ailleurs. Vivement que cela évolue, comme ça ne manquera pas de le faire.

AH MAIS SI ! Je sais pourquoi le meilleur vient à la fin ! Shirley Bellinger fait son apparition à la toute fin de l'épisode. Un grand moment de froid dans le dos, cette petite chose en chaussures et chaussettes blanches qui a tué son enfant, et atterrit dans le couloir de la mort. J'ai d'excellents souvenirs de Kathryn Erbe dans ce rôle (bien plus que dans tous les L&O: Criminal Intent réunis) et je suis ravie de la retrouver enfin.

Hélas pour le speech d'Augustus Hill, ce n'était pas forcément l'épisode le plus mémorable à ce jour, mais plus j'y repense, plus il tient de merveilleuses promesses que les suivants se feront une joie de tenir. LA SUITE !

7 décembre 2011

Me and my shadow

Après deux semaines de fièvre, de mal de gorge, de toux, de maux de crâne, de courbatures, dans cet ordre PUIS dans le désordre, je suis obligée d'admettre que mes capacités de concentration sont devenues carrément aléatoires. Aussi, c'est avec un certain soulagement que j'ai reporté la plupart des mes autres activités (y compris les posts sur The Slap, plusieurs fois reportés déjà) à l'occasion de la diffusion de Neverland.
J'ai pratiqué le visionnage en deux fois, lundi et aujourd'hui, et je ne sais pas si ça signifie que mon état était préoccupant en début de semaine, mais j'ai trouvé le second épisode largement inférieur au premier.

Après l'image, j'aime autant vous prévenir, il va être difficile d'échapper aux spoilers, mais en même temps, comment faire autrement quand on parle d'une mini-série qui n'a duré que deux épisodes ?

Neverland-1

Pendant cette première partie, l'effet cheap typique de ces productions (le pénible Alice en était un frappant exemple) restait discret, essentiellement parce que le (long) passage historique permettait de limiter les dégâts : il y avait ainsi l'opportunité d'avoir des costumes et un monde éloigné du réel, ce qui est le but recherché par les séries Hallmark, sans avoir besoin de recourir excessivement au fantastique. C'était donc bien joué et, même si sur Neverland, les décors semblaient faits de polystyrène et de carton même quand ils avaient en réalité été imaginés par ordinateur, on continuait de bien le vivre parce qu'on était dans de bonnes conditions. Les Indiens étaient sympathiques, l'intrigue avait un bon rythme et les choses se passaient bien.

Et elles se passaient bien en raison d'une autre amélioration visible des pratiques Hallmark : une véritable intégration dans la tradition de science-fiction de SyFy, car oui, à une lointaine époque, SyFy donnait dans la SF, la vraie. Le premier chapitre de la mini-série avait réussi à faire de Neverland une véritable planète. Dans mon imaginaire et celui, je pense, de la plupart d'entre nous, Neverland était juste "un endroit", au mieux "un monde" ; un peu comme dans L'Histoire Sans Fin, sa nature fantastique lui permettant de n'avoir pas à se justifier de ses caractéristiques géographiques ou physiques. Neverland n'est pas un pays, ce n'est pas un point sur une carte, on y accède essentiellement en volant, mais ce n'est pas un astre ; il y a une raison à cela, Neverland est imaginée à l'origine comme l'équivalent d'un paradis pour les enfants, et personne n'irait demander de situer le paradis sur un mappemonde ou une carte du ciel. Neverland EST, c'est tout.
Neverland devient dans la mini-série du même nom une planète à la fois au centre et aux extrêmités de l'univers, et pourtant ça semble incroyablement cohérent avec l'univers de Barrie, et cohérent avec les exigences qu'on peut avoir envers SyFy. C'était un passage intéressant qui ouvrait la porte à une lecture intéressante de l'histoire de Peter Pan. Sans compter que l'utopie du Professeur Truc était intéressante, et une jolie métaphore sur la nécessité de cultiver son âme d'enfant pour faire évoluer l'humanité...

Si l'on cherchait un divertissement intéressant, merveilleux et sans complication, Neverland accomplissait sa mission avec brio lors de son premier épisode, donc.

On aimerait pouvoir en dire autant du second.
Déjà, l'utopie du Professeur Bidule est entièrement balayée, ce qui pose la question de savoir pourquoi l'angle avait été introduit dans le premier épisode. Mais ce n'est pas le pire, car le pire est à chercher dans les effets spéciaux. En fait, du moment où Peter apprend à voler, on comprend que la partie est perdue de ce côté, si tant est qu'elle ait vraiment été jouée ; on verra clairement les câbles qui lient le jeune acteur à au moins une reprise, et l'effet est si mal géré en général (le pauvre garçon se balance devant les acteurs auxquels il donne la réplique d'un air mal assuré) qu'on n'y croit pas un seul instant. Peut-être que je suis devenue une grande personne, et que c'est moi qui ne sais plus rêver, mais j'ai besoin d'un peu plus que ça dans une série fantastique, et arrivée en 2011, j'estime que nous avons atteint le niveau technologique permettant d'éviter les grues et les poulies, pour un résultat plus soigné.

A cela il faut ajouter les questions sur les relations entre Peter et son mentor James Hook, qui de plutôt touchantes dans la première partie deviennent une excuse pour pleurnicher et crier à tous bouts de champs ; c'est tellement hystérique que ça pourrait être un téléfilm français (oh la méchante) ! Sans compter que Hook passe son temps à vouloir sauver Peter, mais aussi à vouloir sauter la chef des pirates, mais quand même à vouloir sauver Peter, et on finit par avoir peur qu'il ne se trompe d'une lettre à un moment. Ma phrase ne fonctionnerait hélas pas si j'écrivais ce post en anglais.

Au bout d'environ 30 à 40 minutes, je ne regardais plus que d'un oeil et me concentrais plus sur le pain d'épices que sur l'intrigue. Peter passe son temps à être blessé et/ou frappé, mais l'animal semble increvable. Il va sans cesse à la confrontation avec Hook mais cela se fait sans panache. Aaya prend un air désolé/triste/inquiet/fatigué à intervalles réguliers. Les enfants perdus n'ont visiblement pas reçu une copie du scénario. Et il y a une araignée géante qui en fait est un scorpion. Normal.

Ce que l'on attend vraiment d'un prequel, ce sont les raisons qui font que les personnages sont tels qu'ils sont au moment de débuter l'histoire qu'on connait déjà. Neverland aurait pu arriver à quelque chose dans ce domaine, tout en offrant un univers complémentaire à l'oeuvre de Barrie de par son côté SF, si la mini-série avait suivi les pistes du premier épisode.
Mais le second n'est en fait qu'une longue salle d'attente pour nous conduire à l'affrontement final dans lequel, évidemment, Hook va perdre la main, et Peter va rester un enfant insouciant. Les tourments et les péripéties se montrent alors totalement cosmétiques, n'ajoutant rien qu'on n'ait déjà compris de longue date, et ne proposant rien de plus que l'affrontement final pour arriver à la situation que nous connaissons tous : Hook avec un crochet, Peter Pan sans son ombre, les Enfants Perdus vivant mille aventures à Neverland, etc...
La conclusion apportée sera d'ailleurs, comble du comble, assez brutale, presqu'un cliffhanger. De la part d'une fiction parfaitement écrite et conduite, cela aurait pu être intéressant (sous-entendant qu'il est temps pour l'histoire originale de prendre le relai), mais venant d'une mini-série déjà fort pourvue en défauts, cela n'aide pas à sortir du visionnage avec un avis positif.

Afin d'enfoncer un dernier clou dans le cercueil de Neverland, je me dois de parler des personnages féminins. Certes, la direction d'acteurs manque quelque peu de rigueur en général, mais concernant les personnages féminins c'est véritablement la cata. Q'orianka Kilcher, toute ravissante qu'elle soit, a une diction épouvantable et n'est pas aidée par le fait que son jeu ne lui permettrait d'obtenir que deux noms d'Indien : Face-de-Totem-Imperturbable et Douloureuse-Crise-de-Cystite. Ne parlons pas de l'inexpressive Clochette, campée par une jeune beauté constipée passée à la bombe de peinture argentée, pour passer à la pire coupable de toutes : Anna Friel. Ne croyez pas un instant que j'éprouve une quelconque affection pour elle : j'aimais bien Chuck, c'est un fait, mais c'est une actrice épouvantablement antipathique dont il émane quelque chose de mal dégrossi, limite vulgaire, en dépit de ses tentatives plus ou moins subtiles de passer pour une créature sensuelle et/ou mignonne selon les occasions (Neverland n'a été que l'occasion de la première possibilité, et encore). J'ai accueilli la mort de son personnage comme un soulagement parce qu'elle était irritante au possible. D'accord, les rôles féminins ne sont pas spécialement bien écrits (les rôles masculins le sont à peine plus), mais il y a un facteur aggravant dans le choix des interprètes et leur direction.
Cela dit, l'oeuvre de Barrie n'a jamais été idéale pour les personnages féminins, on peut donc dire qu'en cela Neverland s'est montrée fidèle à l'original !

Nan mais vous savez ce que je vais retenir de Neverland ? Le premier épisode. On va dire que ça s'arrêtait là. En fait, plus important encore, maintenant j'ai vraiment envie de revoir Hook. Deux décennies plus tard, voilà une oeuvre qui n'a pas vieilli. Bangerang !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Neverland de SeriesLive.

11 novembre 2011

Est-ce que tu t'entends parler ?

Il m'arrive, totalement par accident, de recommander des séries aux téléphages les plus curieux. Vous me connaissez, je ne le fais pas exprès.

Mais parfois, je m'aperçois de la façon que j'ai de présenter les choses, notamment sur Twitter où les caractères sont limités. Et il faut quand même avouer que ce qui semble un pitch intéressant, original ou un peu fou au premier abord... eh bien, peut parfois un peu faire peur.

Ainsi, pour Death Valley, j'ai tenu un discours assez incompréhensible du genre de "il y a des vampires, des zombies et des loup-garous, ça me fait peur mais c'est cool !", et sur Threesome, un pitch qui peut faire peur, "trois amis couchent ensemble et la fille tombe enceinte". Imaginez un peu l'effet sur quelqu'un qui ne s'y attend pas...

DeathValley-cast
Alors forcément, ça fait réfléchir. Quand l'un de mes collègues, le lundi matin, me demande ce que j'ai regardé et que je lui dis, en quelques mots pendant que je diffuse la revue de presse, que c'était "une série norvégienne sur un mec qui revient dans son patelin natal" ou que je me suis envoyé l'intégrale d'une série "où la femme d'un politicien est trompée par lui et reprend son métier d'avocate", ça fait pas envie, forcément. (Reconnaitrez-vous les séries en question ?) Peut-être que je suis nulle pour résumer une série ; peut-être aussi que l'exercice de recommandation demande un peu plus qu'un simple résumé du pitch et qu'on ne peut pas faire ça en quelques mots.

Mais du coup je me demande si ce n'est pas aussi ça, parfois, qui fait que j'échoue à vous donner envie de regarder certaines séries que j'ai appréciées. Evidemment, on ne peut pas dire que je me limite dans le nombre de caractères sur ce blog, et d'ailleurs, dans le podcast de SeriesLive non plus on ne peut pas dire que je sois silencieuse, mais peut-être que c'est la façon de tourner les choses qui ne facilite pas la contagion.
Peut-être aussi qu'il faudrait que je résume plus. Je me suis aperçue à travers mes reviews de The Slap que je résume en fait assez peu les intrigues et que, pour une fois que je faisais des reviews épisode par épisode, je décrivais des passages entiers et ça m'était en fait très peu familier, comme procédure. J'ai plutôt tendance à parler de mes impressions que de ce qui se passe ; c'est bien dans le sens où ça vous évite les spoilers, mais d'un autre côté, peut-être qu'en réalité les posts vous sont un peu imperméables parce qu'ils ne prennent du sens qu'une fois qu'on a vu l'épisode aussi, or pourquoi regarderiez-vous un épisode sur la base seule de mes impressions quand son résumé vous est si opaque ?

Pas facile de trouver un équilibre, et c'est pour ça que les fiches de SeriesLive sont d'un grand soutien. Parce que dans ce contexte purement objectif, je suis obligée de me poser pour essayer de résumer l'histoire le plus clairement possible au lieu de la mêler à mes impressions vis-à-vis de la série.
Depuis la création de ce blog, j'ai toujours lié mes posts aux fiches de SeriesLive, principalement parce que je fréquente et contribue "activement" à ce site depuis... fin 2004, ça ne nous rajeunit pas. Ces derniers temps, je voyais les news comme un moyen d'attirer votre attention sur les séries, en dépit du fait (et ça se confirme quand je fais des bourdes comme ce soir) que je ne suis pas une newsmakeuse dans l'âme. Ptet que finalement, c'est sûr les fiches que je devrais reporter le gros de mon attention...

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10 novembre 2011

Une claque pour... Manolis

La semaine est décidément placée sous le signe de The Slap. Si j'avais pris un peu de retard sur l'épisode de Connie, c'était principalement à cause du weekend prolongé, décalant ainsi la publication du post ; mais impossible ensuite de patienter pour celui, central, de Rosie. Et inhumain de me demander de laisser passer quelques jours pour celui de Manolis, que j'attendais tant. Voilà comment on se retrouve avec trois reviews de The Slap en une semaine !

Parce que Manolis, je peux bien vous le dire, je l'aime, voilà.

TheSlap-Manolis

Pourtant c'est un peu l'épisode de tous les défis. Par exemple, pour la première fois, un épisode reprend ostensiblement là où avait cessé le précédent, initiant une chronologie plus rigide à laquelle la série ne nous avais pas habitués.

On retrouve donc Manolis assistant en silence au procès Rosie VS le monde que l'on avait vu la semaine dernière (mais dont on a parlé voilà deux jours, c'est donc encore tout frais pour vous, petits veinards), et en dépit de son silence, on sent parfaitement sur ce quoi il approuve et ce qu'il réprouve. En particulier, la première chose qui est immédiatement palpable, c'est son agacement envers son épouse Koula, dont les très brèves apparitions avaient eu le temps de déjà nous irriter, et nous, on n'est pas mariés avec...
La famille retourne ensuite dans la maison de Manolis et Koula pour en quelque sorte débriefer le procès. On entre alors dans l'intimité de ce couple de vieux qui se chamaille en permanence, majoritairement parce que Koula est la personnification de la mégère et que Manolis prend sur lui pour que ça se borne à des chamailleries.
Et là, second coup dur : contrairement aux autres épisodes qui ne s'étaient jamais permis ça, un dialogue complet se déroule sans Manolis. Même si les épisodes n'ont jamais été totalement subjectifs, c'est quand même drôlement nouveau. cela se reproduira une autre fois pendant l'épisode et c'est un procédé qui me laisse quand même perplexe, même si Manolis intervient à chaque fois.
C'est en tous cas une occasion formidable d'entrer dans l'intimité de cette famille qui est si typiquement méditerrannéenne, qui voue un culte démesuré aux liens familiaux au détriment du bonheur de chacun (vidant la famille de tout son sens, si vous me demandez), où la notion d'honneur dépasse toute autre valeur même dans les choses les plus insignifiantes ("tu te rends compte, ils ont dû nous chercher dans l'annuaire ?!", gromellera Koula qui vient d'être conviée aux obsèques de leur vieil ami), et où chaque dispute est toujours tragi-comique, jamais vraiment l'un, jamais vraiment l'autre. Ce qu'illustrera parfaitement l'échange avec Elisavet.
On a d'ailleurs l'occasion de s'apercevoir combien Sandi est bien intégrée dans cette famille, en dépit de sa blondeur et ses origines australiennes (horreur). Aisha, en revanche, n'a jamais réussi à devenir l'une des leurs, et probablement n'a-t-elle jamais essayé.
En tant que descendante d'Italiens, j'ai totalement reconnu chacun des détails de cette vie familiale, du frigo toujours rempli de choses dégueulassement trop bonnes que Koula propose à tout le monde sauf Manolis aux guilt trips qui font appel aux liens familiaux à tout bout de champs, en passant par les draps brodés de fleurs ridicules dans lesquels ont maintient les apparences même quand plus personne ne regarde.

L'intrigue principale du chapitre de Manolis, c'était la mort de son meilleur ami... de quand il était jeune. Fait vraiment étrange, Koula puis Manolis battent le rappel des troupes de façon à ce que les enfants et petits-enfants assistent également aux funérailles ; une façon de souligner les tensions qui ont lieu au sein de la famille, notamment du côté d'Aisha, certes, mais un procédé vraiment étrange qui déforme l'importance de cet acte.
Heureusement, l'essentiel des réflexions superbes de Manolis sur la vieillesse, la vie, la mort, et même l'amour, reste en essence identique, mais on aura beaucoup moins de temps que prévu pour l'accompagner dans l'incontournable réflexion qui suit le décès d'un proche (même si on n'a pas vu ce dernier depuis plusieurs décennies).
On les retrouvera aussi dans les scènes dont l'absence m'aurait vraiment fâchée, lorsque Manolis va retrouver un autre ami de longue date qui n'a pas pu assister aux obsèques parce qu'il est lui-même mourant. De très jolis dialogues, et un Manolis qui s'éville pour la première fois depuis longtemps...

Juste quand on commençait à s'habituer aux rites orthodoxes (que, avouons-le, on voit très rarement à la télévision) et à l'ambiance forcément étrange d'un ensemble de grecs se retrouvant à la fois pour pleurer et rire devant des montagnes d'assiettes remplies de nourriture, que déjà, The Slap décide de tout chambouler, délaissant le matériau d'origine pour donner un prétexte à Manolis pour fuir la fête, qui a tourné au vinaigre pour lui et l'ancien prétendant de Koula, également présent.
Personnellement, cette soirée passée chez la veuve avait compté parmi mes trois souvenirs les plus forts du roman (ironiquement, les deux autres se trouvent dans les chapitres des adolescents, soit Connie et Richie), où l'écriture était incroyablement tendre et honnête, délaissant les références à la popculture ou les effets de style pour prendre vraiment le temps de humer l'air de ces scènes douces-amères. Ca a été un peu difficile de devoir en faire mon deuil tant je les attendais, mais il est vrai qu'elles étaient particulièrement difficiles à adapter à peu près pour les mêmes raisons, ainsi que pour le côté introspectif et contemplatif des pensées de Manolis. Il aurait fallu faire énormément appel au narrateur, et cela aurait eu un effet terrible. Donc bon, je comprends le choix, mais il est dur d'admettre que je ne verrai jamais les images de cette scène que derrière mes yeux...

Au lieu de ça, The Slap prend donc un itinéraire bis et décide de suivre Manolis et Hector ayant une conversation à coeur ouvert, quelque chose de bien rare dans une famille méditerrannéenne, surtout sans crier. Devant la téléspectatrice médusée que j'étais, Hector va confesser à son père, bien qu'à demi-mots, ce qui le ronge : l'affaire avec Connie. Et ça le ronge d'autant plus que la série a décidé d'ajouter une sombre histoire de SMS qui ne nous mènera pas franchement très loin, normalement, sans quoi toute la fin de la série pourrait s'en trouver transformée. Mais The Slap a besoin d'un fil rouge, maintenant que l'affaire de la giffle est derrière nous.

L'est-elle vraiment, d'ailleurs ? Pas vraiment. Le procès est passé, Harry n'a plus à s'inquiéter, mais la torgnole est encore dans tous les esprits, d'Elisavet et Koula qui s'accrochent sur la légitimité qu'on peut avoir à retourner une petite mandale de rien du tout à un mioche qui ne marche pas droit (intéressant d'avoir le point de vue d'Elisavet à la fois en tant que mère et qu'éducatrice, pour la première fois les arguments anti-claque sont réfléchis et basés sur autre chose que l'émotionnel ou le légal, même si Koula les ignore) à Manolis qui voudrait bien qu'Aish mette cette histoire de beigne derrière elle et qu'elle pardonne à Harry. Sauf que ce n'est pas cette "simple" baffe qu'elle ne parvient pas à pardonner.

L'épisode mettra donc en lumière les conflits à travers la cellule familiale étendue que Manolis doit superviser un peu malgré lui. Et dans les situations désespérées, alors qu'il se désespère de devoir toujours supporter l'insupportable Koula, il va se redécouvrir une certaine forme d'affection pour elle, et c'est joli à regarder. En dépit de son agacement, qui prend des allures de crise d'angoisse dans les moments les plus extrêments, il est lié à elle quoi qu'il arrive et partage quelque chose de vrai avec elle, c'est à la fois tristement réaliste et tendrement idéal, cette relation de petits vieux.

Sorte de dramatis personae de The Slap (pardon, c'est du latin), l'épisode de Manolis, c'est tout ça, le parfum entêtant de la nostalgie et les odeurs concrètes de la cuisine de Koula, la famille qui se fragmente et qui ne parvient jamais vraiment à se désunir totalement, un instant qui pourrait aussi bien être une introduction qu'une conclusion à la série, mais qui au lieu de cela nous offre une très belle parenthèse avant d'aborder le chapitre difficile d'Aisha. Personnage difficile à saisir pour la majeure partie de son entourage s'il en est, il est grand temps qu'en effet on donne la parole à cette femme de tête, surtout vu ce qui se passe avec Hector. Je suis comme vous, je me demande comment ça va tourner.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (pourquoi vous lisez pas les posts, vous voulez me faire honte ?) : la fiche The Slap de SeriesLive.

8 novembre 2011

Une claque pour... Rosie

Et la plus violente de toutes. The Slap atteint avec son 5e épisode son point culminant dans son intrigue principale. Et pour ce faire, la série s'est trouvé l'une des actrices australiennes les plus connues des télespectateurs internationaux : Melissa George. Que des raisons de découvrir cet épisode prometteur, donc.

TheSlap-Rosie
L'affaire se referme sur Rosie comme le ferait un piège. Elle ne peut plus faire marche arrière, mais on sent que par moments, elle le voudrait. L'épisode va donc commencer par montrer à la fois la façon qu'elle a d'entretenir sa colère et de repousser ses doutes. Quand elle en parle, obsessivement, à son entourage, qui essaye-t-elle vraiment de convaincre ? Elle a l'air d'être la seule à être dupe, comme en témoigne le silencieux mais si parlant échange de regards qu'elle a avec Gary lorsqu'elle lui annonce, d'un ton faussement détaché, que ça doit tomber un vendredi vers, hm, voyons, 10h ? Et qu'il ne semble avoir qu'une envie, c'est lui dire qu'elle le prend vraiment pour un con. Mais il ne lui dit pas. Parce que même si ces deux-là sont dans une relation houleuse, Gary ne dit pas à Rosie de laisser tomber ; la seule fois où il le fait, il est trop tard, bien trop tard.
Rosie fait donc la tournée de son entourage et tente de galvaniser les troupes, mais à l'exception d'une personne, cela restera sans grand effet. Même Aisha et Anouk ont une raison de faire machine arrière, et on sent que Rosie n'en pense pas moins.

Et puis, vient le procès en lui-même. Et on sait, on le sent parce qu'on a vécu le stress de Rosie, que tout va se jouer là, et plus jamais ensuite. Tout le monde n'est-il pas pressé que ça se finisse ? Même Rosie, soyons sincères. Elle étouffe dans le petit enfer qu'elle s'est bâti.
Le procès repose en essence sur le témoignage de Hector, dont une fois de plus on sent bien l'hésitation, le tiraillement, la crainte de causer du tort, et sur celui de Rosie. Rosie qui, comble de l'horreur, voit non pas la giffle être discutée, mais bien sa façon d'éduquer Hugo, et, pire encore, son mode de vie. Parce qu'on vit le procès à travers ses yeux, et qu'on la voit ne pas trouver de soutien dans les yeux de Gary qui la désavoue pour la première fois ouvertement (hélas pas la dernière), on a l'impression que c'est elle qui devient l'accusée.

Le pire, c'est que ce mode de vie, on a appris pendant la première partie de l'épisode qu'elle n'en voulait plus. Elle ne se l'avouera pas et encore moins à Gary, mais elle n'en veut plus, si elle l'avait jamais voulu. Elle vit dans une espèce de cabane aux murs bariolés, aux meubles dépareillés et vraisemblablement sale et mal entretenu, où elle cultive elle-même des plantes et où tout semble à l'abandon. C'est la vie de bohème, mais ça n'a rien de romantique. Et à côté de ça, il y a la jolie maison qu'elle visite avec un couple d'amis, qui la fait tant rêver. Dans tout ça, son couple avec Gary est terriblement boiteux, tellement dysfonctionnel, tellement douloureux, qu'on ne doute pas un seul instant des raisons qui font que Rosie se consacre autant, aussi démesurément, aussi follement, à son fils et à la cause qu'elle a entretenue pour lui. C'est la seule chose qu'elle ait de valable. Elle sait qu'elle est en train de le pourrir, ce petit, comme l'indique sa confession à Bilal en fin d'épisode, mais que peut-elle y faire ? Rosie est avant tout impuissante.

C'est aussi ce qui invalide un peu le débat sur la claque ; l'une des raisons pour lesquelles je n'en ai jamais vu, à vrai dire.
On nous a présenté dés le début une Rosie un peu dérangée, ne serait-ce qu'à cause de cette histoire de têtée ; excessive, idéaliste, obsessionnelle. Il n'en va pas autrement dans la série que dans le livre. Incidemment, c'est le premier épisode dans lequel on ne trouve pas de scène de sexe. Et devant un tel portrait, on ne peut pas prendre son désir de justice au sérieux. On aura tout le temps d'en discuter, je suppose, avec le chapitre de Manolis, mais l'avis de l'auteur, Christos Tsiolkas est déjà forgé. Il veut tenter de laisser à chacun des personnages la possibilités de s'exprimer sur cette affaire, permettre à chacun de dire "sa vérité", mais il a déjà décidé de la sienne dans sa façon de dépeindre les personnages ; il veut simplement profiter de l'incident pour détailler les destins si différents qui se croisent dans le microcosmos qu'il a ainsi créé, mais il n'a pas l'intention, à aucun moment, de condamner fermement la giffle. Le mieux qu'il arrive à faire, c'est de ne pas totalement en faire l'apologie, avec les excès du personnage de Harry, mais il ne pourra pas réussir à donner une raison sensée à Rosie de mener son combat. Et The Slap est, en cela, très fidèle à l'original.
De sorte que, quand le verdict tombe, en réalité chacun finit par y trouver son compte, comme il l'aurait fait au début, comme il l'aurait fait sans procès. Chacun vivait dans son monde, ses valeurs et sa conception des choses avant, le barbecue et la baffe n'ont rien remis en cause de ce point de vue ; ce sont les dynamiques entre les personnages qui en souffrent, pas la conviction intime de chacun.
Et Rosie, sans ciller, va tirer sa propre conclusion de l'épisode malheureux qui se clot par le procès qu'elle a tant attendu...

Dans cet épisode, nous aurons la chance de voir certains personnages qui, dans le livre, n'étaient que peu voire pas du tout présents dans ce chapitre. Shamira, qui témoigne en sa faveur alors que les deux femmes ne se connaissent presque pas, aura l'opportunité de se dévoiler un peu, ainsi que son mari Bilal, un homme au regard sévère mais toujours prêt à tendre la main ; lequel nous donnera une fin d'épisode très forte, comme on pouvait s'y attendre en lisant The Slap, car cette scène est, dans la moindre de ses subtilités, fidèle au roman. Il y a aussi cette petite scène avec Manolis qui soit m'avait échappée, soit a été inventée, mais qui était très forte en dépit de sa brièveté, et qui d'ailleurs nous rappelle, avec la scène incluant une fois de plus la mère d'Anouk, combien Rosie peut être proche des générations plus jeunes, ou plus âgées, mais pas la sienne. C'est encore plus patent maintenant que Rosie prend de la distance vis-à-vis d'Aish et Anouk (à moins que ce ne soit l'inverse, ou plus vraisemblablement un peu des deux).
Cette apparition de Manolis servira d'ailleurs de jolie transition puisque c'est (enfin) ce bon vieux Manolis que nous suivrons au prochain épisode. Je ne vous cache pas que son chapitre avait été mon préféré, parce que je l'avais trouvé profondément tendre, nostalgique, poétique, et surtout, il avait été une occasion de prendre du recul sur les évènements de la giffle, quelque chose dont on aura bien besoin maintenant que le volet judiciaire est passé...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

6 novembre 2011

Une claque pour... Connie

Après un weekend de pause, on retourne en Australie en ce dimanche pour retrouver nos protagonistes de The Slap, la mini-série dont, hélas, avec ce quatrième post, je vous annonce que nous avons déjà vu la moitié. Le temps passe vite, n'est-ce pas ?

Cette fois, nous allons adopter un regard totalement différent sur la fameuse affaire de la giffle, puisque nous accompagnons Connie, une jeune fille de 17 ans. Rappelons que dans le premier épisode, elle n'a pas vu la giffle parce qu'elle était trop occupée à flirter avec le maître de maison, Hector, un homme marié... Et puis, ce n'est pas encore tout-à-fait une adulte, et contrairement aux protagonistes précédents qui étaient tous mis, d'une façon ou d'une autre, face à la parentalité, Connie vit tout de même dans un autre monde que les personnages que nous avions suivi jusque là. Alors, où The Slap va-t-il nous mener avec ce personnage ?

TheSlap-Connie
Ah, 17 ans, c'est le bel âge, n'est-ce pas ? Nous regrettons tous de ne plus avoir 17 ans, l'époque où la vie était si simple... En fait non, pas tous, loin de là. Parce que 17 ans c'était aussi l'époque où les choses semblaient si compliquées, si douloureuses parfois, même. On va donc entrer dans l'univers à la fois simple, compliqué et douloureux de notre adolescente, Connie. Charmante petite créature qui jusque là semblait totalement inoffensive, reconnaissons-le.

Et si, dans son genre, Connie a une forme d'innocence certaine, elle est aussi dirigée par ses pulsions et peut causer beaucoup de tort. Aussi la verra-t-on dans cet épisode allumer méchamment Hector (lequel ne fera cependant pas grand'chose pour se défender dans un premier temps) et même manigancer pour se retrouver seule avec lui un soir, en l'absence d'Aish.
Son rapport au couple Hector/Aisha est d'ailleurs bien transcrit : elle les adore l'un comme l'autre. Elle n'éprouve aucune haine pour Aisha bien qu'elle souhaite avoir Hector pour elle seule, elle voudrait vivre dans un monde où elle pourrait avoir ce qu'elle veut (l'amour de Hector, notamment) sans blesser personne et surtout pas Aisha qu'elle admire et avec qui elle se sent en confiance. Cette contradiction se sent bien, même si elle est moins soulignée que dans le livre, mais en tous cas, on peut dire sans se tromper que Connie ne déteste personne.

Personne ? Pas tout-à-fait : elle éprouve un certain mépris pour Harry. Et l'air de rien, c'est la première fois que The Slap nous emmène pour suivre un personnage qui réprouve la giffle. Jusque là, Hector n'a pas vraiment pris position (pris entre son sens de la famille et son devoir envers Aisha), Anouk approuvait le geste (mais à nouveau, par égard pour Aisha et Rosie, a refusé de témoigner), et Harry n'a montré aucun regret (même quand il est allé s'excuser sur recommandation de Hector et Sandi). Du coup pour la première fois, on entend des arguments anti-giffle sans aucune forme de nuance, même s'ils ne sont guère développés ; il faut dire que Connie les exprime face à Rosie et qu'elle ne risque pas de trouver contradiction. Connie a donc pris son parti, et d'ailleurs en babysittant le petit Hugo, elle montre bien de quel côté elle se trouve. L'air de rien, dans l'histoire de la série, c'est une vraie nouveauté.
Mais la giffle tiendra un rôle assez secondaire, comme on pouvait l'anticiper, dans cet épisode.

Au lieu de ça, on est en train d'assister un accident sans rien pouvoir faire pour l'empêcher. Il se trame quelque chose de bien plus grave que la giffle et quand on s'en rend compte, il est trop tard. La déclaration de Connie à Richie a de quoi nous coller au siège, surtout vu le naturel avec lequel la petite débite son mensonge. Et pendant que les adultes s'écharpent à cause d'une baffe, une véritable tornade est en train de naître là où personne ne le soupçonnait, tant Connie est serviable, bosseuse, charmante et toujours de bonne nature.
Et pourtant... on a tout vu, Connie, on a tout vu dans une scène d'ailleurs remarquable où tu ne cessais de sourire et de repenser à ce qui s'était passé ! Comment peux-tu mentir de la sorte vu ce qui est en jeu ? Elle ne se rend pas compte, parce qu'elle a 17 ans. Elle vit dans son monde. Même pas sûr qu'elle veuille vraiment faire du mal à quelqu'un, d'ailleurs, elle a juste voulu éviter de justifier ses larmes, c'est un petit mensonge idiot. Mais qui peut faire beaucoup de mal.

A l'instar du précédent qui déjà se distinguait par son talent pour la contemplation, cet épisode est magnifiquement réalisé, c'est une véritable merveille. Plus encore que dans l'épisode de Harry, on retrouve bien la patte qui faisait la puissance de Cloudstreet, ce qui a du sens puisque c'est le même réalisateur qui en est à l'origine, Matthew Saville. Je vous donne son nom pour que vous puissiez vous le faire tatouer à même la peau et ne plus jamais l'oublier, j'ai moi-même déjà pris rendez-vous. Avec des réalisateurs comme ceux-là, les dialogues deviennent absolument inutiles. Le mérite n'en revient pas exclusivement à Saville, cependant, car la ravissante Sophie Lowe incarne une adolescente magnifique, fragile, complexe, intense, le genre qu'on rêve tous de voir à la télévision, le genre qui devrait peupler les teen shows.

Ce quatrième épisode est aussi le plus fidèle au roman original à ce jour, bien qu'il s'octroie quelques libertés comme avaient pu le faire les précédents. Absolument tous les fondamentaux sont présents, tout ce qui faisait l'essence-même de Connie. Evidemment c'est un peu dommage de n'en savoir pas plus sur son histoire familiale, mais il est évident que la longue explication de son parcours, de qui étaient ses parents, et surtout son père, à travers les lettres, n'avait pas sa place dans un épisode de 56mn déjà extrêmement rempli. Si votre curiosité a été, ne serait-ce qu'un peu, piquée par l'étrange papa de Connie qui lui a appris à mettre de l'eye liner et qui n'avait rien contre les substances illicites (c'est, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, ce que veut dire Tasha lorsqu'elle encourage Connie à manger quelque chose avant de partir faire la fête), n'hésitez pas à lire The Slap, si ce n'est pour le reste, faites-le au moins pour la si jolie histoire du papa de Connie, extrêmement touchante.

Mais pas tout de suite. Pour le moment, nous allons nous intéresser au chapitre que beaucoup d'entre vous, j'en suis sûre, attendaient, pour bien des raisons... celui de Rosie.
C'est le point culminant de notre histoire de claque qui se prépare.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

5 novembre 2011

[DL] Boss

C'est une véritable performance : j'ai tenu près de 3 semaines avant de vous confier mon amour pour le générique de Boss, bien qu'il ne soit pas très difficile de deviner que je l'apprécie vu que je l'ai brièvement mentionné cette semaine.
Ce qui m'a d'abord séduite, c'est la chanson. Mais en réalité le générique de Boss est vraiment un tout saisissant, partagé entre la douceur de la voix et les images lentes et froides d'une part, et la violence de la révolte sociale qui semble prête à gronder à travers les paroles, de toute évidence, et les poings levés ou les pancartes. On en tire la terrible impression d'une ville au bord du précipice, c'est extrêmement puissant. J'ignore si c'est la symbolique voulue mais c'est en tous cas ce que ça m'évoque.

Boss
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dites, vous avez remarqué que le troisième épisode est réalisé par Mario Van Peebles ? Le héros de Sonny Spoon ? Le mec qui a foutu le bazar dans la saison 3 de Rude Awakening ? Rien que pour ça j'ai envie de vous abandonner et filer regarder l'épisode. Non, pas rien que pour ça, de toute évidence, mais quand même... bonne soirée. Surtout que demain, avec une news audiences sur SeriesLive et la suite des reviews The Slap, on ne va pas s'ennuyer...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boss de SeriesLive.

4 novembre 2011

Time and again

S'il est communément admis, bien qu'avec plus ou moins de mal selon les interlocuteurs parfois bornés, que tout le monde ne perçoit pas une même série de la même façon (ce qui rend instantanément l'usage des commentaires d'un blog plus passionnant), on sous-estime un peu d'autres sensations à géométrie variable en téléphagie.
La perception du temps en est une. Pas simplement parce que nous nous nourrissons uniquement d'images qui sont la photographie d'instants appartenant forcément au passé, mais simplement parce que, de par notre passion, nous modifions juste un peu la façon dont nous pensons notre rapport au temps.

AlaRecherche


Le degré de distortion temporelle que nous expérimentons tous, c'est celui qui apparait quand on découvre un épisode pour la première fois (mais vous pouvez l'avoir ressenti avec un film, un clip ou une publicité, également).
Lorsqu'on découvre les images pour la première fois, on a tendance à avoir l'impression que la video est plus longue, alors que si on la regarde une seconde fois peu de temps après, on trouve qu'elle passe plus vite. Mais il est vrai que je n'ai jamais fait le test avec un épisode de Derrick... Il y a probablement un phénomène cognitif derrière tout cela, d'ailleurs, venant du fait, je présume, que nous analysons avec plus d'intérêt une scène que nous découvrons pour la première fois, alors que si nous la connaissons déjà, notre cerveau s'économise sûrement la peine de l'étudier en détail (c'est probablement la même raison que celle qui fait que lorsque vous relisez une dissertation ou un post pour la 10e fois, vous ne voyez plus les fautes d'oretographe).
Cette perception faussée du temps n'a toutefois pas de conséquence grave, au contraire, c'est un petit arrangement avec le réel pour mieux profiter d'une intrigue donnée.

Cependant, il y a plus vicieux : la façon dont nous concevons le temps à cause des diffusions. Et c'est là que notre cerveau finit par nous jouer des tours.
Déjà, rien que les minutes précédant la diffusion d'un épisodes semblent tordues : elles sont à la fois plus lentes en raison de la publicité qui nous fait attendre, et en même temps, rien n'est jamais prêt : on n'est pas encore en face de l'écran, le téléphone a sonné ou on nous a appelé dans une autre pièce, on a oublié le jus d'orange pulpé à la cuisine, on a froid aux pieds et le plaid est au lavage, le chien réclame ses croquettes, enfin ya toujours quelque chose, quoi, et du coup c'est la précipitation de peur de manquer l'épisode, comme si le temps s'était accéléré juste pour nous narguer.
Outre l'effet de ralentissement du temps évoqué ci-dessus, on rappellera également que pendant l'épisode, le monde est supposé se mettre en pause, et ne reprendre la marche de son (à peu près) bon fonctionnement que 45 minutes plus tard.

Mais le plus fou, c'est que notre perception de la semaine dans sa totalité peut se trouver affectée par les diffusions. Même quand on ne les suit pas à la télé, d'ailleurs, on n'est pas totalement affranchis de l'emprise du temps : le simple fait de suivre la diffusion US nous asservit tout de même au calendrier, puisque vous n'avez pas le choix et êtes obligés d'attendre que l'épisode suivant soit diffusé. Mais ce calendrier est détendu comme un pull trop porté : aux coudes, par exemple, il est plus lâche ; et ainsi on se retrouve dans la situation absurde où la semaine revêt un caractère totalement déformé.
A titre personnel, par exemple, ma semaine commence très fort avec l'attente des séries du dimanche (PanAm, Homeland, The Walking Dead parce que ça va pas bien dans ma tête, The Good Wife que j'ai reprise, peut-être bientôt Hell on Wheels ?), suivie d'un lundi tout aussi fort en émotions (avec Enlightened, Threesome même s'il n'y en a plus pour long, Death Valley, et 2 Broke Girls). Ces deux jours sont des jours où les épisodes semblent se précipiter, où il n'y a jamais assez de temps pour rien. Et puis, vient la suite de la semaine. Un vaste désert d'ennui où les seules oasis sont Suburgatory, Reed between the Lines (avec, Dieu merci, DEUX épisodes), et maintenant Boss. Ces 5 jours-là, les jours ne passent pas, c'est interminable, je me rabats sur des vieux pilotes, des intégrales, du rattrapage, et le temps passe incroyablement plus lentement, c'en est désespérant. Pour le weekend, je me réserve en général également The Slap, histoire de meubler. Et la semaine suivante, ça recommence (enfin presque, tenant compte des fins de saisons et des hiatus, d'ailleurs Threesome va incroyablement me manquer).

Mais là où la distortion est flagrante, et où on sent bien toute la subjectivité de la chose, c'est que ma semaine ne ressemble qu'à ma semaine, selon la sélection de séries que je regarde. Un téléphage ne regardant que des comédies verrait probablement la semaine avec un regard totalement différent. En fait, personne n'a la même sensation de la semaine qui passe, car personne n'a exactement le même programme hebdomadaire que moi. Nous passons le même temps à respirer pendant ces 7 jours, et pourtant, aucun de nous ne vit la durée de cette semaine de la même façon.

Et ainsi, chaque téléphage forge lui-même son temps sur mesure, souvent sans même y penser. Tout cela... simplement parce que nous regardons des séries. N'y a-t-il pas là quelque chose de prodigieux ?

Alors j'avais juste envie, curieuse comme je suis, de vous demander : à quoi ressemble votre semaine téléphagique ?

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