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single ladies
9 août 2011

Le freak, c'est chick

En 11 épisodes de champagne, de soirées dans l'espace VIP, de robes chatoyantes et de papotages au boulot, les gonzesses de Single Ladies auront offert un constat bien triste de ce que veulent les femmes. Elles veulent : se marier à tout prix (Val), se trouver un mec riche qui subviendra à tous leurs besoins et surtout au reste (Keisha), et se libérer sexuellement et professionnellement sans que le petit mari n'en prenne trop longtemps ombrage (April). Bref, elles veulent tout, sans rien en échange, sans rien avoir à donner, juste parce qu'elles estiment qu'elles le méritent bien. Si les nanas ne vous exaspèrent pas déjà, un visionnage de Single Ladies devrait donc rapidement pouvoir arranger ça.
Mais, pire encore, Single Ladies offre un constat tragique de la façon dont les hommes ont tendance à réagir à tout cela. Et ils ont tendance à ne pas le vivre avec la classe espérée : ils s'enfuient (Quinn), ils mentent (Malcolm), ils font du mal à dessein (Darryl).
Charmante galerie de personnages en vérité.

Mais après tout, Single Ladies n'a jamais eu pour vocation de rendre ses personnages sympas. En fait, elle n'essaye même pas, et c'est certainement l'un de ses traits les plus saisissants. Elle préfère compter sur l'identification pour faire pardonner les défauts. Ainsi, Val est la fille qui veut absolument se marier et ne cherche un homme que dans ce but, dans lequel les désespérées du mariage se retrouveront si facilement. Keisha est une calculatrice vénale, une voleuse et même une pétasse de première, mais elle a le sens de la petite phrase, elle a du tempérament, et surtout elle est toujours là pour aider quand on a besoin d'elle. April est au quotidien douce, raisonnable et conciliante, ça permet d'oublier qu'elle pensait pouvoir se taper le maire sans qu'il n'y ait de conséquence sur son mariage ou sa vie publique, et que pendant tout ce temps elle a menti à son mari (certes étouffant) et même ses amies comme une arracheuse de dents ; une fois libérée de son mari, elle devient une emmerdeuse patentée au boulot où elle a décrété qu'elle allait avoir une promotion quoi qu'il arrive.

Du coup, obsédées par le mariage, l'argent et la réussite, elle sembleraient finalement bien exécrables vues de l'extérieur. On n'aura pas beaucoup l'occasion de les découvrir sous ce jour puisqu'un maximum de scènes les font interagir les unes avec les autres, leur permettant de se renvoyer mutuellement l'image de filles sympas, drôles, spirituelles, intelligentes et même fragiles. Comme une vraie bande de gonzesses, elles ont l'impressionnante faculté de se poser comme victimes même quand ce sont elles qui foutent la merde dans leur propre vie.

Single Ladies décomplexe ses spectatrices. Les travers, les exigences et les excès des filles deviennent acceptables grâce à l'ambiance de camaraderie détendue des personnages. Là où Sex & the City (incontournable référence du genre, et en fait mère de toutes les séries chick) offrait une chronique oscillant avec à peu près élégance entre loufoquerie, tendresse et romance sexy, Single Ladies se prend au sérieux en permanence et légitime les actions de ses héroïnes (et donc de ses spectatrices) en les faisant passer pour de pauvres Cendrillons qui ont chacune un plan pour assurer leur avenir grâce aux hommes : l'une en se trouvant un mari enchaîné à vie, l'autre en se trouvant un mécène au portefeuille en corne d'abondance, la dernière en progressant dans son métier en jouant les harpies sur quiconque ne lui offre pas sa promotion dans la seconde. Qu'au passage elles semblent se comporter comme des enfants et/ou des garces n'a aucune espèce d'importance. La fin justifie les moyens.
Comme si elles devaient trouver un plan pour se défendre, comme si leur existence terriblement compliquée impliquait l'élaboration de mécanismes sociaux de défense (en fait, d'attaque), les héroïnes de Single Ladies envisagent leurs relations aux hommes comme des garanties à verrouiller pour sécuriser leur avenir émotionnel, financier ou professionnel.

Et si le message terriblement sexiste de Single Ladies passe si bien, c'est donc grâce à son univers bling bling. Car comble de l'ironie dans un univers où les héroïnes agissent comme si leur sécurité était en jeu, l'argent n'est jamais un problème, seulement une question. Les appartements sont chics et chichement décorés, les dîners sont hors de prix et toujours en bonne compagnie, les robes sont pléthoriques et parfaitement accessoirisées. C'est que ces dames ont leur standing, voyez-vous, et qu'un homme incapable de les traiter comme des reines ne mérite, au mieux, que d'être considéré comme un jouet sexuel. Il faut voir la mine ravie de Val quand l'une de ses conquêtes (avec qui elle n'a encore jamais concrétisé) la baigne et la met au lit comme une petite princesse, des générations de féministes se retournent dans leur tombe. L'homme, une fois qu'on lui a mis le grappin dessus, a intérêt à obéir au plus futile et infantile des caprices.

Conçue pour un public féminin, urbain, et élevé dans une certaine culture des rapports hommes/femmes (admirez l'euphémisme), Single Ladies véhicule des images sexistes, limite avilissantes (pour tout le monde), mais avec un alibi glamour inattaquable, et à l'aide de répliques over the top hilarantes (plus ou moins exprès). Regardée avec de la distance, la série est amusante, et sans conséquence.
Mais je me méfierais comme de la gale d'une nana dont ce serait l'une des séries préférées (comme on peut en lire d'édifiantes preuves sur Twitter les soirs de diffusion). Fort heureusement, ce genre de bestioles a peu de chances d'être croisée parmi les téléphages francophones, puisque je doute que nous ayons été bien nombreuses à suivre la première saison.

Le plus triste, c'est que je regarderai probablement quand même la seconde, car nulle part ailleurs on ne trouve de sorties aussi tragi-comiques que celles de Keisha...

SingleLadies-Keisha-1SingleLadies-Keisha-2SingleLadies-Keisha-3

Et pour celles qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.
Bonus : on n'aura ptet pas à se payer Val l'an prochain !

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20 juillet 2011

The X Word

C'est en cagoulant mes épisodes de Noah's Arc que je suis tombée sur Exes & Ohs. Encore une série dont personne ne s'est dépêché de parler, et pourtant il s'agit d'une co-prod entre Showcase au Canada et LOGO aux USA, et dont la 2e saison vient de démarrer. Mais faut pas compter sur mes sources habituelles sur le Canada pour m'en parler, apparemment. Vous comprendrez que je fasse un peu la tête de devoir à un hasard total de découvrir une série pourtant pas spécialement confidentielle.

On ne peut pourtant pas vraiment dire que je sois spécialement friande de séries lesbiennes. Déjà niveau séries gay, sortie du pilote de Queer As Folk qui est un absolu classique pour moi (comment ça lequel ? Mais le britannique, évidemment), je n'en regarde pas souvent, d'où d'ailleurs le statut très exceptionnel de Noah's Arc ce weekend (c'était vraiment circonstanciel plutôt qu'autre chose), et pourtant j'aime les hommes. Mais alors des lesbiennes...
Mais enfin, zut à la fin, un pilote reste un pilote et j'aime pas me priver. Vous me connaissez.

Il faut aussi que je vous raconte quelque chose sur une expérience téléphagique traumatisante : le soir où j'ai découvert The L Word. Je n'en parle pas souvent parce que j'ai fait plusieurs années de thérapie pour réussir à occulter ce souvenir. J'avais attaqué le pilote sans idée préconçue, simplement en sachant que les réactions positives avaient été nombreuses. Mais l'étalage de vulgarité avait eu vite raison de moi. Ai-je regardé ce premier épisode jusqu'au bout ? Je le crois mais n'en suis pas sûre. C'était vraiment à la limite de l'écoeurement... Le monde dégageait une aura malsaine ce soir-là, et désormais dans ma tête, The L Word est associée à la folie de ce monde décadent. M'en souviendrai toute ma vie de cette soirée-là ; je l'ai finie, recroquevillée dans un coin de mon lit, en me disant qu'il y a des soirs où le monde est moche.
Alors les séries de lesbiennes, allez savoir pourquoi, mais depuis lors, ça m'attirait encore moins. Déjà c'est pas mon univers mais si c'est pour le retranscrire avec un mauvais goût prononcé, franchement je m'épargne le voyage.

ExesandOhs
Dans ce contexte, Exes & Ohs (parce que XOXO, fallait y penser) se révèle être en fait une gentille comédie rafraîchissante. Certes, après avoir passé ces dernières semaines devant du Single Ladies ou du Noah's Arc, bien que sporadiquement, mes standards avaient quand même bien baissé, mais d'un autre côté je n'attends pas vraiment de révélation ébouriffante dans ce registre amoureux qui généralement a plutôt tendance à me rebuter (la seule romance que je trouve réellement transcendante est celle de Pushing Daisies, et ça tient plus à la réalisation et aux inventions autour de l'interdiction de se toucher, qu'aux enjeux amoureux eux-mêmes et notamment le triangle avec Olive).

Alors Exes & Ohs, dans cette pluie de références, ça se situe où ? En fait, ça m'a fait penser à une version lesbienne de 30 Rock. Dans le sens où, mentalement et physiquement, Jennifer, l'héroïne de Exes & Ohs ressemble déjà énormément à Liz Lemon, et en plus on a une comédie qui s'ingénie à placer cette héroïne dans des situations embarrassantes (mais pas humiliantes) qui la rendent juste ce qu'il faut de pathétique et de sympathique aux yeux du spectateurs.
A cela s'ajoute une galerie de portraits pas lourdingue, puisque les copines de Jennifer sont relativement en retrait (ce qui permet de ne pas avoir trop le temps de se plaindre de leur côté un peu stéréotypé), mais tout de même divertissante et diversifiée.
Et puis surtout, LA bonne idée de la série, c'est le personnage de Sam, qui plus est parfaitement castée en la personne de la ravissante Marnie Alton, une raison à elle seule de devenir lesbienne, fraîche, drôle, ravissante, ah zut je l'ai déjà dit, pétillante, pleine d'énergie et de naturel. Et ravissante.
Jennifer et Sam forment un parfait binôme, un duo à la fois dynamique (les éternels opposés) mais pas trop déséquilibré (si sur le papier, Jennifer serait plutôt genre Charlotte York, et Sam... Samantha Jones, dans les faits ça donne quelque chose de moins radical), et du coup leurs échanges fonctionnent bien.

Exes & Ohs prend aussi le parti pris de ne pas trop se préoccuper de sexe : il ne s'agit pas vraiment d'en parler, et pas plus d'en montrer. Un peu comme Noah's Arc, l'idée est avant tout de parler romance, et le reste viendra ou pas. Il faudrait regarder les épisodes suivants pour s'en assurer (pour le moment, je ne suis pas sûre de le faire, mais j'avoue l'envisager), mais a priori c'est pas une priorité de la série (en fait, MOINS que Noah's Arc qui aimait quand même bien en rajouter dans le eye candy pour gays en manque de gros muscles huilés, d'abdos en acier forgé et de fessiers rebondis ; ici il n'y a pas un nichon qui dépasse, rien). On peut trouver ça niais mais, vu mon expérience avec The L Word, j'étais pas déçue. Et puis pourquoi parler de lesbiennes devrait-il forcément conduire à voir des lesbiennes s'exhiber ?
Voyez, c'est à ça qu'on voit que ce blog est tenu par une femme hétérosexuelle à presque 100%, c'est que pour les mecs ça m'a pas dérangée (bien que les montagnes musculeuses de Noah's Arc ne soient pas mon genre), alors que les lesbiennes pas trop démonstratives d'Exes & Ohs étaient pile ce que je voulais en voir. Ce serait intéressant de savoir ce qu'une femme lesbienne en penserait, ce qu'un homme hétéro en penserait, etc...

Mais enfin, bon, les personnages de Jennifer et Sam dégagent un fort potentiel de sympathie, l'intrigue de ce premier épisode était pas trop mal, et on sent qu'il y a une volonté derrière (clairement affichée par le titre du court-métrage dont la série est inspirée) de parler des règles du jeu en matière de relations sentimentales dans le monde lesbien, puisqu'apparemment le fonctionnement diffère. Et j'avoue que j'étais pas mécontente de tomber sur Heather Matarazzo, quittée il y a quelques jours à peine puisqu'elle était dans les tous derniers épisodes de Roseanne (décidément le monde est petit en ce moment !) dans un rôle qui lui sied parfaitement, même s'il faisait partie de ceux qui étaient peu développés.
Donc bilan positif pour ce pilote, pas de quoi changer la face du monde, mais un bon petit moment. Et puis la première saison ne compte que six épisodes, alors franchement, je pense que la décision va être vite prise. Enfin, j'ai d'autres chats à fouetter, et je pense qu'à un moment je vais avoir besoin d'avoir quelque chose de plus solide à me mettre sous la dent, quand ma convalescence de mon intégrale de Roseanne, justement, sera finie, mais bon. Franchement, je me ferai plus facilement six épisodes de Exes & Ohs que de The L Word.

Faites-moi penser à vous filer le générique à l'occasion, il n'est pas extraordinaire lui non plus, mais il a un petit quelque chose de sympathique qui rend les personnages tout de suite très agréables. Faut que je vous en reparle.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Exes & Ohs de SeriesLive.

17 juillet 2011

Total ellipse of the heart (Part. 2)

En période de décompression téléphagique, c'est la même chose qu'après une relation amoureuse intense : il y a toujours un effet "rebound". Dans le cas (le mien) qui nous préoccupe (beaucoup), mon ex serait donc Roseanne, et mon rebound guy... Noah's Arc. Question 5
Ne me demandez pas, je ne sais pas d'où ça me vient. J'avais déterré les cagoules suite à mes posts sur Single Ladies (ça devient effrayant le nombre d'occurrences de ce tag sur ce blog...) et avais revu le pilote, dans le cadre d'un mini-cycle de séries blacks. Je persiste à penser que c'est une sous-culture américaine qui gagne à être approfondie, et je persiste à dire que j'ai pls de mal avec les comédies que les dramédies. Je cherche toujours mon pilote de Soul Food, d'ailleurs.
Bref.

NoahsArc
Donc voilà, j'ai passé le weekend (outre les deux excellentissimes épisodes de The Yard qui sont sortis après le pilote, outre le pilote de Crownies, outre le revisionnage de plusieurs scènes-clé de Game of Thrones, outre le pilote que je comptais vous proposer ce soir pis finalement ce sera la semaine prochaine, outre le pilote de Exes & Ohs, outre, outre, outre) devant Noah's Arc, et je dois dire que, quand on n'attend rien d'une série, celle-ci n'est pas si dégueulasse que ça. Étrangement on s'attache à certains personnages avec le temps (principalement Noah, qui en fait, malgré ses drôles de lèvres supersoniques, finit par être mignon comme un chaton ; un chaton avec de drôles de lèvres supersoniques, mais quand même), les intrigues sont indigentes mais maintenant que je regarde Single Ladies j'ai plus le droit de me plaindre de ce côté un peu Harlequin. Les mecs sont pas beaux, tout en muscles et dans des fringues pas possibles, donc je peux même pas dire que c'est parce que je me rince l'oeil. Non, c'est vraiment une pure série de transition.
Pourtant, une ou deux fois, j'ai versé une vague larmouchette (rapport au fait que Noah a des moues de chaton... avec de drôles de lèvres supersoniques, mais quand même), et il faut quand même reconnaître que la façon qu'a la série de traiter du HIV est plutôt courageuse (c'est pas le final de Corky mais ça se regarde, quoi).
C'est fou comme, quand on baisse un peu ses standards, on peut apprécier vaguement une série qu'on avait sévèrement flinguée il y a quelques années.

Mais c'est pas vraiment de Noah's Arc dont je voulais parler, mais de ce qui s'est passé au début de l'avant-dernier épisode de la saison 2. Du coup si jamais vous comptiez regarder la série, on sait pas ça peut arriver, genre si vous êtes en manque de Roseanne, je préconise de sauter ce paragraphe. Dans l'épisode précédent, Noah s'est fait attaquer dans une station-service, et méchamment abîmer because juste parce qu'il est gay (là encore, pas forcément le sujet que je pensais voir exploré en détail par une série dont le ton est de la gamme de Sex & the City), la scène clôturant l'épisode nous montrant Noah évanoui par terre. Et donc, l'épisode suivant, qui est l'avant-dernier épisode de la série, reprend... eh bien, à l'hôpital. Fin des spoilers mais restez sur vos gardes parce que je vais me servir de cette exemple dans ma démonstration.

Je vais reprendre ma diatribe anti-ellipse, parce que vraiment les ellipses m'énervent. Mais ici, ce n'est pas parce que je pense que l'ellipse rend la scène ridicule, ni lui confère un côté cliché. C'est parce que, dans notre cas, l'ellipse vient de gâcher un beau moment de téléphagie.

Est-ce que dramatiquement, ce n'était pas plus intéressant de se demander comment la suite se passait pour Noah ? Le mec est à terre, comment va-t-il s'en sortir ? Il appelle de l'aide ? Quelqu'un vient à son secours ? Combien de temps est-il resté comme ça (bon ça n'a pas besoin d'être en temps réel non plus, évidemment) ?

Même en ayant passé mon weekend avec Noah, Wade, Ricky et les autres, je me rends bien compte que le drame qui fait frémir, ce n'est pas vraiment la priorité de la série. On parle d'une dramédie avant tout. Mais si une dramédie veut explorer une intrigue sombre comme celle-ci, j'attends qu'elle le fasse avec un minimum de dramatisation.

Mais quand j'y réfléchis, combien j'ai vu de séries nous faire le coup de plonger le personnage dans une terrible situation, et après pouf, il est entouré par ses proches, à l'hôpital, ou à la maison, ou qu'importe, et on aborde directement la phase où le personnage va essayer de dépasser cette expérience traumatique. Moi je veux bien mais on ne m'a même pas vraiment montré à quel point elle était traumatique. Parce que le vrai traumatisme, on ne m'ôtera pas de l'idée qu'il n'a pas eu lieu pendant, mais bien après, quand l'adrénaline et les tentatives pour échapper au pire sont derrière. Pas pendant l'agression ou l'accident. Mais les secondes qui suivent, quand la douleur débarque et qu'on comprend ce qu'il vient de se passer. Et qu'il faut maintenant se tirer de là. Là on a un personnage qui agonise par terre, je voudrais savoir ce qui se passe dans sa tête ! Comment il fait pour se retrouver dans un endroit où il est en sécurité ?

Donc je n'aime toujours pas les ellipses (certaines sont nécessaires évidemment, mais je n'en démordrai pas, beaucoup n'ont pas autant d'intérêt que les scénaristes le croient), et cette fois j'ai une nouvelle raison de m'en plaindre.

Bon, sur ce je vous laisse, le dernier épisode m'attend. J'ai pas encore décidé si j'allais cagouler le film. J'espère que dans tous les cas, le Dieu de la Téléphagie me pardonnera ce weekend de péchés contre le bon goût téléphagique, et me guidera vers une série un peu plus solide rapidement. Je voulais me refaire le pilote de Friday Night Lights depuis plusieurs mois, c'est peut-être justement le moment ? Sinon évidemment j'ai plein d'autres trucs sur ma liste, comme finir l'intégrale de Gilmore Girls, m'envoyer enfin celle de Jack & Bobby, et tout et tout, mais vous savez ce que c'est, dans ces cas-là, on n'a envie de rien.

16 juillet 2011

La question à 10 000 $

Loin de moi l'idée de prétendre que Falling Skies est une série épatante. Pour tout vous dire, si je devais choisir entre arrêter Single Ladies et arrêter Falling Skies, je choisirais probablement de continuer Single Ladies, c'est vous dire.

Mais force est de constater que la série pose quand même des bases intéressantes pour qui a envie, comme c'est souvent le cas avec ce genre de séries de SF, de se perdre en conjectures et d'imaginer mille hypothèses. Et si c'est pour découvrir plus tard que les scénaristes de la série avaient moins d'imagination que moi, eh bien, soit : je prends le risque. J'aurai quand même eu le plaisir de laisser mon cerveau vagabonder dans l'univers de la série le temps que ça aura duré. En compagnie de Noah Wyle qui plus est...

Alors, pour le geste sportif, et si vous n'êtes pas totalement négatifs envers la série (allez, quoi, vous avez bien toléré plusieurs épisodes de V, ou de Flash Forward, ou de The Event... d'accord, peut-être quand même pas The Event), venez vous amuser avec moi, j'ai une question à vous poser pour ouvrir la voie aux théories les plus barrées.

Comment on été construits les Mechs ?

Alors je rappelle qu'un Mech, c'est une merveille de technologie qui obeit aux ondes qu'envoient les Skitters. Bon pour rappel, nous, la reconnaissance vocale, on maîtrise pas complètement-complètement, hein. Et les Skitters, eux, ils déplacent des machines de guerre quasiment par la pensée. Donc un Mech, c'est beau, c'est chromé, c'est plein de loupiotes et de machins, c'est ça :

FallingSkies-Mech
Maintenant, j'aimerais attirer votre attention sur un petit détail anatomique des Skitters. Je parle pas simplement des 6 pattes arrière des Skitters (alors que les Mechs sont juchés sur deux pieds), qui ont été évoquées dans la série elle-même et qui ont leur importance, je suppose, sinon ça n'aurait pas été si longuement explicité. Mais je voudrais attirer votre attention sur leurs mains. Certes, les Skitters ont un pouce préhensile (l'un d'entre eux va même s'en servir pour tenter d'étrangler Tom, avant de se faire capturer), mais les deux autres doigts, bah déjà ne sont que deux, et ensuite ont une différence de longueur assez flagrante. Donc on va me faire avaler qu'un bidule dont les mains qui ressemblent à ça, peut construire un Mech ?

FallingSkies-SkitterFinger

Dernière petite remarque alimentant ma question : vous avez vu la gueule de leurs vaisseaux ? Ça ressemble plus à un gros tas de ferraille assemblé grossièrement qu'un truc carrossé, lustré, et plein de jolies lumières bleues.

KeepOnFalling

Si jamais la piste de réponse à cette question est que les Skitters n'ont pas construit les Mechs, ça devient intéressant...

Donc voilà, soit c'est le genre de choses qui feront de la série un bijou sur le long terme parce que la série aura une mythologie palpitante et complexe... soit ce sera ridicule, et dans dix ans on en aura encore des crampes aux joues à force de rire.
Votre théorie sur les Mechs ?

10 juillet 2011

Get (almost) real

Il faudra certainement plusieurs heures, peut-être des jours de réflexion, avant de réussir à comprendre ce qui peut me fasciner chez LisaRaye McCoy/Keisha dans Single Ladies, mais les faits sont là, et ils sont têtus, les bougres.

En cherchant à me documenter à son propos, j'ai découvert qu'elle avait sa propre émission de télé réalité (mais qui de nos jours n'a pas la sienne ?) depuis un an et demi, intitulée si sobrement et poétiquement : LisaRaye: The Real McCoy. Il y en aurait donc des fausses ? Nenni, c'est juste que vous allez ainsi apprendre à connaitre sa VRAIE personnalité, ô joie ; désolée pour le suspense, mais c'est la même que celle de Keisha dans Single Ladies.

C'est donc la deuxième fois que je vais vous parler de télé réalité, alors qu'après l'expérience Jersey Shore (suivez les tags si vous êtes téméraires), j'avais promis qu'on ne m'y reprendrait plus, mais on va faire comme si on n'avait rien vu.

TheRealLR
Parce qu'en fait il y a des sous-genres dans la télé réalité. Enfin, je vous dis ça, vous êtes certainement au courant, mais comme je suis vieille et pas du tout dans le coup (la meilleure preuve c'est que j'utilise cette expression), pour moi c'est une découverte. Donc :

- il y a les trucs trash, sur la jeunesse débauchée (mais c'est trop lol, alors c'est pas grave) de telle communauté, ou tel coin pathétique de la planète (trois coins pathétiques dans le cas de Jersey Shore puisque pour faire plus exotique, la bande était récemment envoyée en Italie pour essayer de voir s'il existe des MST strictement européennes à rapporter en souvenir aux copains restés au pays, qui seront, à coup sûr, épatés), ou tout simplement d'une tranche d'âge, pourquoi se compliquer la vie. L'idée est de partir d'un cast nombreux pour que, si 90% de la fine équipe ne fait rien pour divertir le public, il reste toujours quelques cas au sein du cast pour toujours faire un truc débile, vulgaire et/ou ridicule (en fait, je voulais dire "et", je ne sais pas d'où sort ce "ou"). On tente de nous faire croire qu'on va voir là quelque chose de vrai, presque un commentaire social sur la population concernée, mais en fait ils en rajoutent tous des tonnes et n'ont rien de naturel. Un impératif, et un seul : il faut que ça nique.
Ca, je connaissais déjà, c'est par là qu'on a tous commencé, avec Loft Story, et je vous avoue qu'instinctivement, quand je parle de télé réalité, c'est à ça que je pense ; et je n'en pense pas que du bien, loin de là.

- il y a également la version à peu près artistique : les émissions de télé réalité héritières des radio et télécrochets. En général c'est assez inoffensif pour ce que j'en ai vu, seulement voilà, moi ç'a m'a toujours fait puissamment chier de voir des gens se faire humilier par un jury en espérant qu'il y en aura un qui sache moins mal chanter/danser/jongler/faire le beau que les autres. C'est comme mon problème avec The Comeback : l'humiliation ne me fait pas rire, ni vraie, ni imitée. Et j'avoue mal comprendre cette obsession de vouloir devenir chanteur/danseur/singe savant/toutou (on en parlé à l'occasion de Victorious, là encore ça se passe dans les tags).

- il y a aussi les jeux, genre Koh Lanta, et je vous avoue qu'à mes yeux, c'est un peu plus haut encore sur l'échelle de valeur de la télé réalité, parce que certes, les candidats se mettent souvent dans des situations impossibles pour pas grand'chose, mais c'est toujours mieux que s'humilier totalement, il y a un certain goût de l'effort derrière, comme par exemple dans Pekin Express, où on est tous conscients que la prise de risque est en réalité totalement sous contrôle, mais où les mecs tentent de faire quelque chose de constructif pour gagner quelque chose. Ils font mieux illusion que les autres, dirons-nous.

- il y a, enfin, la télé réalité people. Ce sont des produits directement adressés aux gonzesses, et qui leur proposent de suivre une célébrité de leur choix (et il est pléthorique) et tenter de compatir à ses petits malheurs, genre valise égarée (I kid you not). Contrairement à ce qu'on a vu dans la version trash classique, on se base ici non pas sur un groupe diversifié, mais sur une personnalité qui doit assurer le show seule à tout prix, si bien qu'on est dans le total culte de la personnalité, tous les personnages secondaires étant forcément à la botte de la célébrité, aussi méconnue soit-elle. C'était un genre qu'en fait je n'avais jamais approché.

Une précision intéressante, c'est que ces genres peuvent se mélanger entre eux. Exemple : on a vu avec Star Academy que l'à peu près artistique pouvait entrer en collision avec le trash, ou qu'un jeu comme L'île de la tentation pouvait être trash, ou encore, le trash avec le people dans La ferme chais plus quoi. En fait on peut tout faire en version trash et c'est ce qui donne si mauvaise réputation à la télé réalité, en général. Beaucoup de trash font en revanche semblant d'être des jeux.

Je sais, je sais : pour vous, rien de nouveau. Mais personnellement je me suis soigneusement tenue à l'écart de la télé réalité depuis Loft Story.
Oh, n'allez pas croire : j'ai regardé Loft Story. Et à l'époque j'en disais du bien. J'enregistrais les épisodes en prime (pas la quotidienne, quand même), et je disais en rigolant que c'était comme regarder une série, puisque l'un était aussi scripté que l'autre. Mais quand la première saison de Loft Story s'est achevée, j'ai tourné la page de la télé réalité et n'y suis plus revenue. Pour moi, c'était une expérience qui n'était pas supposée se renouveler : on avait essayé quelque chose de nouveau à la télé, on avait vu les réactions, vu les conséquences, pesé le pour et le contre, vu à peu près tout ce que ça pouvait donner comme divertissement. Il était temps de tourner la page après cette saison. Mais les audiences en ont décidé autrement. Moi par contre, je ne voyais pas l'intérêt d'aller plus loin et n'ai dés lors offert que mon mépris à ces émissions qui semblaient toujours plus débilitantes. Je n'aime pas avoir l'impression d'être prise pour une conne, et encore moins le prouver en regardant un truc débile juste pour en dire du mal. No offense, guys, c'est juste comme ça que je le ressens.

Une fois de temps en temps je me dis que je devrais peut-être regarder une télé réalité récente pour voir où on en est, mais déjà ma télé est débranchée depuis un bail, et d'autre part ya vraiment rien qui m'attire si je m'en réfère aux pitches. Ou ce qui tient lieu de.

J'ai eu l'autre jour une conversation intéressante avec Tony qui me soutenait que c'était une question de génération, et que ma génération avait aimé les sitcoms, la suivante aimait la télé réalité, et le fait que je n'aime pas était juste dû à mon grand âge (il l'a tourné plus diplomatiquement que ça, je vous rassure). Je ne suis pas convaincue de ça. On trouve des quantités de gens plus âgés que moi qui dévorent de la télé réalité (aux dernières nouvelles, mes parents en regardent... j'attends comme une délivrance le jour où on me confirmera que j'ai bien été adoptée).
Je crois que la différence tient plus dans le niveau d'exigence téléphagique, outre le fait que chacun a son échelle personnelle en la matière, et qu'avec surprise, j'ai découvert que Tony abhorait le sitcom dont les rires du public lui semblent faux (le comble de l'ironie quand on regarde de la télé réalité en la savourant pour sa fausseté, justement). Je ne critique pas l'échelle des valeurs de Tony, je dis juste qu'elle me surprend.
En tous cas je tiens à préciser que les sitcoms, j'y suis venue sur le tard hormis pour Une Nounou d'Enfer (et suis restée assez difficile en la matière), donc je ne pense pas qu'il y ait un effet générationnel.

Enfin bon. Donc, j'avoue, je n'avais jamais donné dans le people, alors que j'avais vu des extraits des autres genres à l'occasion (ma soeur, Dieu lui pardonne, pratiquant régulièrement le "je regarde mais pour me moquer, cela dit t'avise pas de critiquer". Hm-hum).
J'ai donc tenté LisaRaye: The Real McCoy, et je vous avoue que... bah c'est pathétique aussi, mais différemment, et surtout c'est pas trash, ce qui est déjà ça (mais on a vu que le trash pouvait se combiner avec tout alors je suppose que si on est en manque, on doit pouvoir se trouver une célébrité qui nous en donne pour notre pognon quand même).

Du coup, je me sens éduquée, même si ça ne m'a pas spécialement plu. Pour la première fois, à cette occasion, je me suis forcée à me poser et arrêter de simplement vitupérer contre un genre télévisuel qui me répugne, et je crois pouvoir dire que désormais, il y a des types de télé réalité dont je dirai moins de mal que d'autres.
Du moment qu'on ne me force pas à les regarder.

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5 juillet 2011

Là où il y a de la gêne...

Puisqu'on en est aux confidences, j'ai toujours eu du mal avec le concept de guilty pleasure, c'est incompréhensible pour moi. Parce que de deux choses l'une : soit on pense que la série est une merde, et on arrête, soit en fait elle a des avantages, même peu nombreux, et la traiter de guilty pleasure est une façon de se couvrir aux yeux du reste de la communauté téléphagique, ou de soi-même si on a vraiment des problèmes d'estime de soi, mais démontre une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle.

Aussi, quand je vous dis que je regarde Singles Ladies, il ne me vient pas naturellement l'idée d'y accoler le terme de "guilty pleasure", parce que mon plaisir n'est pas coupable, il est juste inférieur à d'autres que je peux ressentir devant des séries qui me rendent véritablement accro. Le jour où Single Ladies ne m'apportera plus cette fenêtre glamour sur le monde black d'Atlanta, je partirai sans me retourner, on aura passé du bon temps ensemble mais on n'avait pas d'attache, rien ne nous retient. Je ne suis pas obligée de regarder une série, alors si je la regarde, je lui dois (ainsi qu'à moi-même, en fait) d'admettre que c'est parce qu'elle a des bons côtés, même si ceux-ci ne flattent pas forcément mon ego. Mais on parle de quelqu'un qui idolâtre Une Nounou d'Enfer ou Reba depuis des années, alors mon ego...

SingleLadies-Bandeau

Ainsi, j'ai été faible, j'ai re-regardé le pilote de The No. 1 Ladies' Detective Agency suite à une conversation sur Twitter, et j'ai eu un véritable orgasme téléphagique devant la beauté, l'optimisme et l'énergie qui s'en dégagent. Alors à côté de ça, évidemment, je sais que tout est relatif, et que je n'apprécie pas Single Ladies pour être la meilleure série au monde, ce n'est pas parce que je regarde une série que forcément je pense qu'elle a les atouts pour me faire grimper aux rideaux, mais pour ses modestes (et rares) qualités, énoncées précédemment et que vous découvrirez en suivant les tags (mais qu'on peut résumer en un nom : LisaRaye McCoy).
Et surtout j'admets que quand je la regarde, je baisse le niveau de mes exigences, mais pour autant, je ne regarde pas uniquement pour me moquer en la qualifiant plus tard, devant les copines qui me racontent leurs nuits torrides devant Game of Thrones, de guilty pleasure. Il n'y a aucune forme de culpabilité dans ma démarche, et je peux aussi avoir du Game of Thrones tout une nuit si je veux. Et je ne laisse pas ma part au chien, vous pouvez me croire, j'ai dû voir l'épisode de la couronne d'or une dizaine de fois.

On se rappelle tous la première fois qu'on a eu du plaisir devant une série, on se rappelle tous du premier orgasme téléphagique.
Pour moi, la toute première fois, c'était devant Chicago Hope, mes pieds se sont dérobés sous moi, je me suis assise sur la table basse du salon, agripée à l'ignoble napperon en dentelle de mes parents, le nez à 20cm à peine de l'écran cathodique, le souffle court et les yeux humides, et j'ai compris que ce qui s'était cassé en moi à la mort d'Alan Birch était le début de quelque chose. Ce n'était qu'un prélude à la sensation incomparable du premier orgasme téléphagique, des années plus tard, quand je me suis littéralement retrouvée à bout de souffle devant le pilote de New York 911 et son injection brute d'arénaline (que j'ai cherché ensuite à retrouver dans les épisodes suivants et n'ai jamais vraiment su ressentir à nouveau).

Mais quand il n'y a pas d'orgasme téléphagique, quand le plaisir est si faible qu'il nous rappelle un bisou d'amoureux de maternelle, pour autant, devons-nous nous arroger le droit de diminuer la série ? Nous boudons un plaisir moindre et simple par péché d'orgueil, voilà tout.

On sait tous qu'il y a une palette de nuances incroyables dans le plaisir, qui va du bon petit épisode honnête, à la saison qui transcende votre existence et ne vous fait plus rien regarder comme avant (d'ailleurs c'est décidé, dés que j'ai fini Roseanne, je me commande le DVD et me refais une intégrale de SPACE 2063 ; rien que de mentionner la série dans un de mes tweets récemment, j'ai eu un coup de nostalgie terrible). Il y a de la place pour tout et je ne suis pas sûre de vouloir vivre dans un monde où je ne me délecterais que du second cas.

SpaceAboveandBeyond-Bandeau

Alors je ne comprends pas l'emploi du terme guilty pleasure.

Surtout qu'entre nous, tout dépend des circonstances. J'ai pris l'habitude de regarder Single Ladies avec un petit cocktail de ma confection fleurant bon la fraise, et j'apprécie la série pour l'impression qu'elle me donne, une fois par semaine, de me comporter selon mon genre, à m'irradier l'oeil de dorures, de clinquant, de jolies robes, et de nanas parfaitement bien roulées (hm, c'est ptet pas entièrement selon mon genre, à la réflexion). Je ne vais pas la dénigrer pour ça. Le jour où j'ai honte, j'arrête, voilà tout.

Alors si quelqu'un arrive à m'expliquer l'intérêt d'un guilty pleasure, c'est-à-dire un truc dont on pense sincèrement qu'il est nul, mais qu'on regarde quand même, je veux bien qu'on m'explique. C'est comme tirer un mauvais coup pour pouvoir s'en plaindre après alors qu'on n'avait qu'à rentrer avec un type plus doué ou un lapin à 6 vitesses : je ne comprendrai jamais.

30 juin 2011

Jetlag

Finalement, et même si je ne renie absolument pas mes raisons pourries de regarder Single Ladies, je crois que le côté "ça brille et c'est joli" n'est pas la seule chose qui m'attire dans cette série.

Le problème, c'est que, à l'instar de l'épisode de Roseanne que je regardais l'autre jour, on n'a pas souvent cette discussion avec soi-même où on essaye de reconnaître qu'on a, dans le fond, un peu, des préjugés. Et moi, lady, qui regarde des séries d'à peu près tous les pays pourvu de mettre la main dessus, je suis une raciste.
Parce que dans le fond, j'ai longtemps évité les séries avec, de, et pour les Afro-américains.

SingleLadies-1
Ce n'est qu'à moitié vrai, bien-sûr. J'avais regardé le pilote de Soul Food voilà bien longtemps (et même fait la fiche), j'avais vu de nombreuses comédies d'UPN et consorts... mais voilà, je les avais regardées et aussitôt mises de côté.
Sauf que c'était avant. Avant que je n'accepte de faire tomber les frontières ; quand j'ai admis que les fictions autres qu'Américaines pouvaient être dignes de mon attention (et ce alors que j'en regardais depuis des années, mais il faut voir le temps que ça m'a pris de l'accepter), et que j'ai ouvert ce petit truc dans ma tête qui faisait obstacle à la découverte franche et sans retenue de fictions "différentes". Ainsi, je me défaussais systématiquement des séries afro-américaines parce qu'elles ne répondaient pas aux critères mainstream de la série qu'il est honorable et gratifiant de regarder.

Et pourtant, quand je repense aujourd'hui au pilote de Soul Food, je me dis que je retenterais bien le coup. Parce que j'ai fait le chemin qui me permet d'accepter un peu mieux les séries différentes.

Aujourd'hui, notamment après des expériences comme House of Payne, Are we there yet ou Let's stay together, je sais que j'ai toujours du mal avec les comédies Afro-américaines ; elles me font, au mieux, sourire, jamais rire. Il y a peut-être un mécanisme d'identification qui est sous-jacent en comédie et qui est peut-être moins actif avec les séries dramatiques, je ne sais pas.

Mais devant Single Ladies, et c'est quelque chose que j'avais, finalement, perçu un peu avec Let's stay together, on sent qu'on a affaire à une sous-culture américaine, un truc qui n'est pas aussi mainstream que le reste, et il faut se l'avouer, ça demande une certaine plasticité téléphagique, une petite gymnastique, que je n'avais pas il y a encore deux ans, mettons, et que j'ai progressivement acquise.

Ce n'est pas qu'une question de normes télévisuelles dans l'écriture, le jeu, la mise en scène ou encore la musique. Evidemment, il y a des différences, mais je suis convaincue qu'on les dépasse assez facilement quand elles s'appliquent à des fictions "classiques". Mais ajoutez-y des particularités culturelles, et tout de suite, il y a un obstacle que tout le monde n'est pas prêt à franchir, et que je m'aperçois n'avoir franchi que récemment.
Les relations hommes/femmes sont différentes. Le rapport à la sexualité, mais aussi à la famille, est différent. Pas du tout au tout, et c'est là le piège. Mais juste assez pour qu'on manque légèrement de repère. Et c'est aussi ce qui explique qu'il ait pu être plus facile de regarder une série japonaise qu'une série afro-américaine pour moi, pendant si longtemps, c'est qu'au moins on sait qu'il est normal d'être dépaysé et décontenancé par les différences quand il s'agit du Japon, tandis que, quand il s'agit d'Atlanta, ça tombe moins sous le sens. Encore cette fameuse erreur assez française qui consiste à considérer les USA comme un seul pays et non un patchwork d'identités, comme si regarder une série américaine signifiait qu'on tombait toujours dans la même culture ; regarder Les Ahem! du Bonheur et Oz devrait pourtant nous apprendre quelques leçons, mais non, pas nécessairement.

SingleLadies-2
Donc voilà, je crois que ce qui m'intéresse aussi, dans Single Ladies, ce sont les propos qui me semblent sexistes mais qui sont considérés comme parfaitement acceptables par les personnages, les dialogues qui me semblent incongrus (par exemple Val demandant à son rendez-vous eurasien s'il est déjà sorti avec des femmes de couleur) et qui trouvent un sens dans le fond, toutes ces choses que je ne voyais que comme des défauts et que je vois comme des particularités à présent.

Ca ne rend pas Single Ladies meilleur. Du tout. Certains dialogues sont toujours authentiquement absurdes, ridicules, sirupeux et tout et tout. Il y a toujours une forte propension à nous faire du Zane's Sex Chronicles sans le sexe. Il y a toujours trop de clinquant et de belles robes.

Mais je crois aussi que j'accuse mieux le choc culturel, et c'est ce qui me rend curieuse vis-à-vis de la série.
Et du coup hier j'ai tenté All of Us, pour vérifier ma théorie : ouais, j'ai encore du mal avec les comédies. Par contre, de moins en moins avec le jeu des acteurs, étrangement. Donc si quelqu'un a un BON drama à destination du public afro-américain à me recommander, j'irais bien explorer un peu la question.

Une fois de plus, regardant des séries de la planète entière m'a appris à regarder les séries américaines différemment. Le nombre de richesses que mes voyages téléphagiques m'apportent, c'est fou.
Et pourtant, en écrivant cet article, je me demande si ce n'est pas maintenant que je tiens des propos racistes. Le voyage n'est jamais vraiment fini.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.

29 juin 2011

[DL] Single Ladies

Régulièrement, j'essaye de vous parler de bonnes séries que vous n'avez pas vues, et qui pourtant en valent le coup.
Aujourd'hui n'est pas l'un de ces jours.

Pourquoi j'ai continué de regarder Single Ladies ? Pour des raisons simples, et énoncées précédemment, que c'est kitchissime, nunuche au possible... mais ça brille et c'est joli. J'ai jamais prétendu ne pas être une nana, hein. Et en toute franchise, j'adore le personnage de Keisha, quand je ne me moque pas de celui de Val. Donc voilà, ça va très vite à cerner, hein.

SingleLadies
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais il s'avère que justement, à peu près tout ça (sans le charme explosif de Keisha... mon Dieu, son interprète a plus de 40 ans, je le crois volontiers de Stacey Dash, talée comme une vieille pomme botoxée, mais pour LisaRaye McCoy ça m'a fait comme un choc quand même) se retrouve dans le générique, et que j'étais d'humeur à vous l'uploader, surtout que ça fait deux mois, eh oui deux mois, que je ne vous avais offert aucun générique. Je voudrais pas me rouiller, vous comprenez.

Donc en gros, si vous n'aimez pas les trucs de gonzesses avec des dialogues téléphonés de bout en bout (c'est beau comme du Harlequin) et des situations rococo à souhait, mais avec de belles femmes surlookées de façon glamour, passez votre chemin, sinon, tentez Single Ladies, c'est vraiment pas ça qui va vous préoccuper pendant des heures.
Single Ladies, ça brille et c'est joli, et je vous avoue que je suis pas habituée à me régaler de trucs comme ça, mais voilà, les faits sont têtus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.

25 juin 2011

Presque

Tant de pilotes à évoquer, et si peu de temps pour le faire... Alors tragiquement, je me dis que je vais commencer par ceux sur lesquels j'ai le moins de compliments à formuler, et j'en arrive au point où je vous parle de Single Ladies plutôt que de Love Bites. Oui, tragique, le terme n'est pas exagéré.
Du coup, me voilà aujourd'hui à vous parler du pilote d'Almost Heroes, alors que ça fait presque un mois qu'il a été diffusé. On s'en sort pas.

AlmostHeroes
Et je n'ai même pas que du bien à en dire...
C'est que, avec son univers de geeks et de losers, Almost Heroes semble arriver après la bataille. Les amateurs de comics et de science-fiction, on a l'impression d'en avoir fait le tour à présent. Bien-sûr, il y a de bonnes idées (la scène entièrement jouée par des figurines en est une), mais l'épisode a toutes les peines du monde à ne pas donner l'impression de courir après une pseudo-mode qui appartient déjà au passé.

Ca manque terriblement d'originalité, pour une série qui débarque après tout le monde. On aurait voulu un regard original sur la question (que la série australienne Outland, si elle finit par être diffusée, pourra peut-être nous procurer, d'ailleurs), un angle, quelque chose, mais on en est toujours au même stade, celui où le geek n'est pas méchant, mais un peu idiot, il n'a jamais su grandir mais il est attendrissant, etc... Mais on l'a vue cent fois cette histoire ! D'accord, peut-être pas cent fois. Mais une bonne douzaine ! En tous cas c'est l'impression qu'on a et, si Almost Heroes voulait bien se donner la peine, on pourrait avoir un peu de fraîcheur dans l'éternel thème du geek-loser qui n'a rien fait de sa vie mais que le spectateur observe tout de même avec bienveillance.

Il y aurait aussi du mal à dire des personnages secondaires : le méchant patron du magasin de sport (parce que le sport, c'est pour les méchants, évidemment), la jolie gérante un peu "out of his league" dont bien-sûr le héros va gentillement s'enticher, la petite grosse qui voudrait impressionner le garçon de ses rêves mais qui continuera d'être la bonne copine, etc... Sérieusement ? On va vraiment avoir droit à la totale ?

Et puis, vient le moment où je me mets, mais alors vraiment, en colère. Comme vous le savez peut-être, je suis en pleine intégrale de Roseanne en ce moment (saison 6), et les histoires d'argent, j'en vois défiler pas mal depuis que je me suis mise sur la série. Et ça me tue de voir qu'une comédie comme Almost Heroes est incapable de gérer ces questions qu'elle a pourtant soulevées elle-même : il manque 8000 dollars ? Pas de problème, on n'a qu'à, faut qu'on, il suffit de, et pouf ! 8000 dollars réglés en bonne et due forme avant la fin de l'épisode ! Comment est-on supposés s'intéresser aux déboires des personnages quand les scénaristes eux-mêmes les traitent par-dessus la jambe ? C'est honteux.

Au final, de comédie correcte et presque divertissante sur le début, on passe rapidement à une grosse impression de foutage de gueule. Almost Heroes se donne du mal pour ne pas en foutre une rame.
C'est la définition de loser, je crois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Almost Heroes de SeriesLive.

8 juin 2011

Put a ring on it

Il y a plein de pilotes dont je voudrais vous parler, mais il y a aussi plein de choses que je voudrais faire, parmi lesquelles manger, boire, et last but certainly not least, dormir. Aussi je commence par le post qui me demandera le moins de réflexion, partant du principe que si le visionnage lui-même n'a pas été trop exigeant, ya pas de raison que la rédaction soit différente. Pour le reste, on verra vendredi et/ou ce weekend.

Car oui, je vais vous parler de Single Ladies, la série que tout le monde attend... euh, non. Mais bon, si on s'arrêtait à ça sur ce blog, ça se saurait.

SingleLadies
Single Ladies, c'est tout ce qu'une série pour les femmes doit avoir : des femmes superbes, une ville au rythme trépidant, des vêtements et des bijoux dans tous les sens, du champagne et des cocktails, des appartements décorés avec goût, de la musique en permanence, et des histoires de cul. Les gonzesses raffolent de cette recette ; jurisprudence Sex & the City.

Alors qu'est-ce qui fait que Single Ladies n'arrivera jamais à la cheville de son auguste aînée ? Le soin apporté à la production. A chaque étape de la production. Les acteurs sont en grande partie incapables (et quand ils sont décents, à l'image de DB Woodside, les autres défauts de la série viennent quand même gâcher le boulot), et la pire est certainement Stacey Dash qui joue comme une Sarah Jessica Parker sous produits dopants, ce qui vous donne une idée du désastre. Côté style, c'est too much en permanence, les décors sont rococos au possible (un adjectif qu'on pensait ne plus avoir à utiliser depuis des décennies et qui apparait comme le seul capable de décrire la profusion de dorures), les scènes de fesses sont systématiquement des coïtus interruptus qui s'expliquent par le fait qu'aucune scène ne dure plus de 2mn, et même au niveau de l'alcool, le jeu consiste à compter le nombre de fois où les filles boivent la même coupe de champagne dans des décors différents (l'accessoiriste avait trouvé des SUPERS coupes design, mais yavait le budget que pour en acheter 4 pour toute la série).
Et ça c'est même pas le pire. Le pire, ce sont les scénarios.

En 1h22 de pilote, et là yaura du spoiler pour ceux qui voudraient quand même regarder, le personnage principal a le temps de se faire plaquer par son mec depuis 5 ans qui veut pas l'épouser, coucher avec le premier venu, tomber enceinte, ne pas savoir qui est le père, ne plus être enceinte ("ah ah ah les 5 tests de grossesse étaient erronnés, quel hasard quand même !". Vé. Ri. Di. Que.), et je vous parle que de l'héroïne. Les scènes étant courtes (mais le pilote long, mais long !), il n'y a pas de place pour la subtilité, et les retournements de situation semblent toujours tomber du cul d'une poule, genre les scénaristes ont joué l'histoire aux dés.

En fait non, je retire ce que j'ai dit. Le pire, ce sont les dialogues.
Parce que, si dans tout ça, les dialogues avaient été décents, on aurait presque pu pardonner le reste ; ça arrive à une foule d'autres séries d'ailleurs. Mais là c'est pas sérieux, comme affaire. Les dialogues sont artificiellement plaqués pour meubler les scènes et les faire avancer le plus vite possible, et vidés de toute substance (et récités par une bande de nuls), ça en devient risible tellement c'est exagéré. On se croirait dans une parodie par moments. Dans d'autres, ça relève du soap. Et puis une fois de temps en temps, avec la musique pourrie dans le fond, ça fait même film érotique de M6.

Ah oui, ça me fait penser que je me suis trompée. Le pire, c'est la musique.
On en a plein la tête en permanence, des morceaux plaqués violemment dans une scène et systématiquement au même niveau sonore que les conversations, une espèce de R'n'B/soupe issu des pires albums des années 90 qu'on espérait un peu voir disparaitre, ou au moins dont on pouvait se dire qu'on n'aurait pu à l'entendre même si quelques inconscients se livraient encore à leur écoute. Mais comme Single Ladies est une série de blacks (la preuve, ça se passe à Atlanta), il faut les filles avec des bonnes grosses cuisses (seule Dash fait figure de crevette), des mecs musclés de partout sauf du cerveau, et bien-sûr dur R'n'B parce que TOUS LES BLACKS aiment le R'n'B, c'est bien connu.

Et pourtant, dans cet océan honteux de mauvaise, très mauvaise télévision, il s'avère que j'ai pris un certain plaisir à regarder Single Ladies, et que j'en ai été la première surprise. En fait au départ, j'étais résolue à m'arrêter à peu près au milieu (1h22 de pilote, quand même, faut tenir), et puis au fil des heures, j'ai eu envie de continuer, pas parce que je voulais absolument savoir si l'une allait réussir à mettre la main sur son Mr Big ou si l'autre allait survivre à sa terrible rupture, mais surtout parce qu'en fait, pour la première fois pour moi qui ai tendance à ne pas aimer cette expression ni ce qu'elle désigne, j'ai trouvé un très plaisant guilty pleasure.
Ya aucune prise de risque téléphagique. Ya aucun intérêt téléphagique, en fait. C'est mal écrit, mal joué, mal réalisé (faut faire quelque chose avec ces lumières, hein, d'un plan à l'autre l'éclairage change !). Mais on s'en fout parce que ya des robes de folie, des femmes superbes, de très belles coupes de champagne et des mecs qui semblent sortir d'un catalogue. Et Stacey Dash peut remuer dans tout les sens son petit visage trop maquillé, et déclamer ses lignes avec l'air convaincue de la nana qui se rappelle plus trop si on est mardi ou mercredi, au final ça n'a pas d'importance parce que c'est juste "joli". Ou en tous cas quelque chose qui s'en approche.

Ca remue, ça brille, et très franchement, avec mon nouveau boulot, je suis trop fatiguée pour avoir la force de regarder des séries de la trempe de Game of Thrones plus d'une fois par semaine, alors c'est parfait, ça m'occupe. Je suis pas encore sûre de continuer Single Ladies, mais étrangement, la perspective ne me rebute pas.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.

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