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ladytelephagy
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sex and the city
8 juin 2011

Put a ring on it

Il y a plein de pilotes dont je voudrais vous parler, mais il y a aussi plein de choses que je voudrais faire, parmi lesquelles manger, boire, et last but certainly not least, dormir. Aussi je commence par le post qui me demandera le moins de réflexion, partant du principe que si le visionnage lui-même n'a pas été trop exigeant, ya pas de raison que la rédaction soit différente. Pour le reste, on verra vendredi et/ou ce weekend.

Car oui, je vais vous parler de Single Ladies, la série que tout le monde attend... euh, non. Mais bon, si on s'arrêtait à ça sur ce blog, ça se saurait.

SingleLadies
Single Ladies, c'est tout ce qu'une série pour les femmes doit avoir : des femmes superbes, une ville au rythme trépidant, des vêtements et des bijoux dans tous les sens, du champagne et des cocktails, des appartements décorés avec goût, de la musique en permanence, et des histoires de cul. Les gonzesses raffolent de cette recette ; jurisprudence Sex & the City.

Alors qu'est-ce qui fait que Single Ladies n'arrivera jamais à la cheville de son auguste aînée ? Le soin apporté à la production. A chaque étape de la production. Les acteurs sont en grande partie incapables (et quand ils sont décents, à l'image de DB Woodside, les autres défauts de la série viennent quand même gâcher le boulot), et la pire est certainement Stacey Dash qui joue comme une Sarah Jessica Parker sous produits dopants, ce qui vous donne une idée du désastre. Côté style, c'est too much en permanence, les décors sont rococos au possible (un adjectif qu'on pensait ne plus avoir à utiliser depuis des décennies et qui apparait comme le seul capable de décrire la profusion de dorures), les scènes de fesses sont systématiquement des coïtus interruptus qui s'expliquent par le fait qu'aucune scène ne dure plus de 2mn, et même au niveau de l'alcool, le jeu consiste à compter le nombre de fois où les filles boivent la même coupe de champagne dans des décors différents (l'accessoiriste avait trouvé des SUPERS coupes design, mais yavait le budget que pour en acheter 4 pour toute la série).
Et ça c'est même pas le pire. Le pire, ce sont les scénarios.

En 1h22 de pilote, et là yaura du spoiler pour ceux qui voudraient quand même regarder, le personnage principal a le temps de se faire plaquer par son mec depuis 5 ans qui veut pas l'épouser, coucher avec le premier venu, tomber enceinte, ne pas savoir qui est le père, ne plus être enceinte ("ah ah ah les 5 tests de grossesse étaient erronnés, quel hasard quand même !". Vé. Ri. Di. Que.), et je vous parle que de l'héroïne. Les scènes étant courtes (mais le pilote long, mais long !), il n'y a pas de place pour la subtilité, et les retournements de situation semblent toujours tomber du cul d'une poule, genre les scénaristes ont joué l'histoire aux dés.

En fait non, je retire ce que j'ai dit. Le pire, ce sont les dialogues.
Parce que, si dans tout ça, les dialogues avaient été décents, on aurait presque pu pardonner le reste ; ça arrive à une foule d'autres séries d'ailleurs. Mais là c'est pas sérieux, comme affaire. Les dialogues sont artificiellement plaqués pour meubler les scènes et les faire avancer le plus vite possible, et vidés de toute substance (et récités par une bande de nuls), ça en devient risible tellement c'est exagéré. On se croirait dans une parodie par moments. Dans d'autres, ça relève du soap. Et puis une fois de temps en temps, avec la musique pourrie dans le fond, ça fait même film érotique de M6.

Ah oui, ça me fait penser que je me suis trompée. Le pire, c'est la musique.
On en a plein la tête en permanence, des morceaux plaqués violemment dans une scène et systématiquement au même niveau sonore que les conversations, une espèce de R'n'B/soupe issu des pires albums des années 90 qu'on espérait un peu voir disparaitre, ou au moins dont on pouvait se dire qu'on n'aurait pu à l'entendre même si quelques inconscients se livraient encore à leur écoute. Mais comme Single Ladies est une série de blacks (la preuve, ça se passe à Atlanta), il faut les filles avec des bonnes grosses cuisses (seule Dash fait figure de crevette), des mecs musclés de partout sauf du cerveau, et bien-sûr dur R'n'B parce que TOUS LES BLACKS aiment le R'n'B, c'est bien connu.

Et pourtant, dans cet océan honteux de mauvaise, très mauvaise télévision, il s'avère que j'ai pris un certain plaisir à regarder Single Ladies, et que j'en ai été la première surprise. En fait au départ, j'étais résolue à m'arrêter à peu près au milieu (1h22 de pilote, quand même, faut tenir), et puis au fil des heures, j'ai eu envie de continuer, pas parce que je voulais absolument savoir si l'une allait réussir à mettre la main sur son Mr Big ou si l'autre allait survivre à sa terrible rupture, mais surtout parce qu'en fait, pour la première fois pour moi qui ai tendance à ne pas aimer cette expression ni ce qu'elle désigne, j'ai trouvé un très plaisant guilty pleasure.
Ya aucune prise de risque téléphagique. Ya aucun intérêt téléphagique, en fait. C'est mal écrit, mal joué, mal réalisé (faut faire quelque chose avec ces lumières, hein, d'un plan à l'autre l'éclairage change !). Mais on s'en fout parce que ya des robes de folie, des femmes superbes, de très belles coupes de champagne et des mecs qui semblent sortir d'un catalogue. Et Stacey Dash peut remuer dans tout les sens son petit visage trop maquillé, et déclamer ses lignes avec l'air convaincue de la nana qui se rappelle plus trop si on est mardi ou mercredi, au final ça n'a pas d'importance parce que c'est juste "joli". Ou en tous cas quelque chose qui s'en approche.

Ca remue, ça brille, et très franchement, avec mon nouveau boulot, je suis trop fatiguée pour avoir la force de regarder des séries de la trempe de Game of Thrones plus d'une fois par semaine, alors c'est parfait, ça m'occupe. Je suis pas encore sûre de continuer Single Ladies, mais étrangement, la perspective ne me rebute pas.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.

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20 avril 2011

[DL] S.O.S.: Sexo y otros Secretos

Si le début du pilote m'a endormie, au point que je n'en tenterai jamais la fin, j'ai bien accroché sur le générique de S.O.S.: Sexo y otros Secretos, tout simplement parce qu'il est à la fois simple et super girly. Vous prenez une craie, un tableau noir, et vous laissez une illustratrice de publicités pour des cosmétiques dessiner des fleurs dans tous les sens... et hop, vous avez un résultat en phase avec la série, sans tomber dans les clichés habituels. Bonus : on joue sur les couleurs pour bien montrer que le rose c'est pour les filles à la vanille. Voilà, c'est aussi simple que ça de faire un générique sympa, bien que pas inoubliable.

SOSSexoyotrossecretos
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Parce que finalement, pourquoi faire un générique dément quand la série n'a rien d'épatant, et a juste pour vocation de jouer sur les tendances Sex & the City ou Desperate Housewives de ces dernières années ? Je trouve qu'au moins, on n'est pas abusés sur la marchandise, et ça renforce mon estime pour le générique. C'est honnête, et en même temps c'est pas bâclé.
Sans compter que très franchement, la musique rentre très bien dans la tête (pour en sortir c'est une autre histoire). Considérez-vous avertis...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche S.O.S.: Sexo y otros Secretos de SeriesLive.

7 mai 2010

Intemporelle amitié

Tout ça, c'est bien évidemment la faute de SNL (depuis quelques mois, SNL est à blâmer pour beaucoup de choses, il est vrai). Demain soir, Betty White sera l'invitée vedette de Saturday Night Live et je dois dire que j'ai eu, en l'apprenant il y a quelques semaines, une grande bouffée de "chouette-génial-mais-pourquoi".
Mais si ! C'est cette bouffée d'enthousiasme qui fait plop tout d'un coup dans votre tête, et dans la seconde qui suit, vous vous demandez ce qui a bien pu la causer. En l'occurrence, Betty White est-elle quelqu'un de drôle que j'aimerais voir dans des sketches de SNL ? Spontanément, j'ai envie de dire oui, mais, pourquoi, au juste ? N'est-on pas devenu un peu sentimental avec cette brave dame, si bien qu'on lui attribue des mérites dont on a envie de croire qu'elles les a toujours possédés ?

Parce que, vous voyez, les gens qu'on a l'impression d'avoir toujours vus à la télévision, depuis qu'on est petits, eh bien, ça se trouve, on les trouvait drôles juste parce qu'on était petits et impressionnables ! Et puis, c'était il y a des années et des années, comment être sûrs et certains que nos souvenirs ne nous jouent pas des tours, c'est possible aussi. Je veux dire, ça fait des années et des années que je dis que j'aime Une Nounou d'Enfer et si Fran Drescher venait à être invitée à présenter SNL (arrêtez tout, là, le doute m'assaille : est-ce qu'il existe quelque part un épisode où Fran Drescher présente SNL ? Non ? Je suis déçue et rassurée à la fois ; on peut reprendre) et s'avérait ne pas être drôle, ça remettrait l'ordre de l'univers en question, un peu, quand même, et je préfèrerais que l'univers me prévienne avant de faire ce genre de trucs.

Et c'est avec cet étrange cheminement de pensées que je me suis dit : allez hop, on regarde Les Craquantes/The Golden Girls. Pour être sûre que Betty White est quelqu'un de drôle et que l'épisode de SNL ne va pas me décevoir.

Et c'est comme ça que j'en suis arrivée à en voir déjà deux saisons. Donc déjà, ça confirme que Betty White est drôle. Mais pas seulement.

Ça faisait des mois et des mois que je n'avais pas vu un épisode de cette série, après avoir regardé le pilote peu après le départ d'Estelle Getty. Mes archives indiquent que je devrais peut-être plutôt compter en années. Ah ouais, quand même.
J'avais revu le pilote et j'avais un peu ri, mais je me souvenais de plus franches rigolades que ça, alors j'en étais restée là, au pilote, c'était déjà bien. Mais là, j'ai enfilé un épisode, puis un second, un troisième, et avant même de pouvoir dire ouf, j'entamais déjà la deuxième saison, et pendant que je vous parle, j'aime autant vous dire que la troisième est en cours de cagoulage à titre préventif : je regarde le season finale de la saison 2 demain.

Les Craquantes n'est pas seulement une série drôle. C'est une série délicieusement en phase avec son époque... et la nôtre.
Vous savez, entre Les Craquantes, Roseanne et quelques autres comédies un peu datées que j'aime bien m'envoyer derrière la cravate de temps à autres, je me dis que, sérieusement, quand est-ce qu'on a loupé le virage ? Je veux dire que des comédies, j'en regarde pas mal, essentiellement des pilotes pour les sitcoms, et pour les single camera, j'ai des stats corrects sur le long terme, sincèrement, j'en vois des comédies... mais des comédies capables de ça ? Je n'en vois plus.

Je regarde Les Craquantes avec l'impression désagréable qu'aujourd'hui on cherche à me faire rire avec ce qui est déjà drôle. Je crois que c'est aussi pour ça que je n'accroche pas avec les sitcoms d'aujourd'hui, et que ceux que je regarde sont vus plus en désespoir de cause que par conviction ou attachement. C'est incroyable le nombre de thèmes abordés par Les Craquantes où je me dis : sans déconner, ils vont parler de ça, là, maintenant ? Dans les années 80, on parlait de ça sur un network ? Je ne suis même pas certaines que des comédies du câble parlent de ça. J'exagère, mais à peine.
Et non seulement on va aborder des sujets un peu délicats, mais on va les faire aborder par des "vieilles" dames ? Mais les comédies d'aujourd'hui sont tellement conformistes, en comparaison !

Un exemple tout bête. Je vous le sous-titre vite fait et à l'oreille (donc ça vaut ce que ça vaut), d'accord ?

CarteVermeilleandtheCity

C'est un peu comme voir Sex & the City 2 en avant-première, non ?

Et c'est sans compter les thèmes autres que la sexualité, abordés pendant un épisode ou simplement effleurés au détour d'un dialogue, des thèmes pour lesquels on a l'impression qu'il y a encore beaucoup à dire et que ce n'est pas nécessairement le rôle d'une série dramatique d'en parler, que c'est dommage.

Sincèrement, j'ai eu beau regarder bien des épisodes dans mon adolescence, j'ai eu l'impression avec ces deux saisons de redécouvrir une série que j'avais, avec le temps, fini par considérer comme inoffensive. Or c'est tout le contraire, Les Craquantes en a plus dans le pantalon que 90% des sitcoms d'aujourd'hui.

Alors pour répondre à la question que vous ne vous posez pas, oui, le SNL de demain, avec (entre autres) Betty White, je veux, que je vais le regarder ! Je veux !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Craquantes de SeriesLive.

6 avril 2010

BFF

En regardant Harold & Maude il y a quelques jours (vous ne trouverez pas ce film dans le pourtant toujours actif Secret Diary of a Cinephile parce que je l'avais déjà vu), je me faisais la réflexion que, dans les fictions, il était quand même assez rare que deux personnages n'ayant pas grand'chose en commun soient amis.
Ou plutôt : c'est devenu assez rare.

J'ai souvenir de quantité de séries reposant sur le concept de "personnages-que-tout-oppose-mais-qui-sont-quand-même-amis", Amicalement Votre étant l'exemple qui tombe sous le sens, et son générique servant même de tutorial aux scénaristes qui ne sauraient s'y prendre. Mais avec le temps, il y en a eu de moins en moins, des séries comme ça, après que tant de séries des décennies 80 et 90 aient tant misé sur ce thème.
Nan mais de toutes façons je ne pensais même pas vraiment au buddies, mais vraiment à des amitiés fortes et profondes, où l'on fait plus que vivre des aventures côte à côte ; des amitiés où l'on se livre, où l'on partage, où l'on parle autant que l'on écoute, où l'on se blesse aussi parfois. La différence entre le bon copain et l'ami, quoi !

Parmi les amitiés sincères qui me viennent à l'esprit, Carrie et Miranda dans Sex & the City, par exemple. Oh, bien-sûr, elles n'ont pas le même tempérament, ça va de soi. Mais ce sont toutes les deux des new-yorkaises du même âge, célibataires, au niveau de vie élevé, et sortant très régulièrement dans des bars et des clubs. Leur style de vie est finalement exactement le même si on omet la période post-naissance de Brady. Avant ça, sur l'essentiel les concernant, c'est-à-dire les choses superficielles puisque ce sont deux femmes superficielles, elles ont tout en commun.

BFF

Ou alors, prenez Jackie et Eleanor dans Nurse Jackie. Là c'est l'inverse : elles ont un style de vie certes différent, mais outre leur tranche d'âge et le fait qu'elles travaillent au même endroit (ce qui n'est quand même pas rien comme point commun), elles partagent de toute évidence exactement la même vision des choses, et notamment les mêmes valeurs morales. On peut dire qu'elles se sont trouvées, ces deux-là ! On n'imaginerait pas Jackie se confiant avec la même aisance à Zoey qu'au Dr O'Hara, ça tombe sous le sens, et la meilleure preuve c'est que ce n'est pas le cas. D'ailleurs son amitié avec Momo et maintenant Thor ne fonctionne pas sur le même mode, Momo ayant appris assez tard la situation amoureuse de Jackie. Sur l'essentiel les concernant, c'est-à-dire plutôt les valeurs morales et le besoin de n'être pas jugées, elles ont tout en commun.

Des gens qui ont donc beaucoup plus en commun qu'ils n'ont de différences.

Pourtant, si vous me permettez un instant de babillage personnel, dans ma vraie vie, celle que j'ai quand je ne relis pas un post après avoir travaillé jusqu'à 21h30, pourtant donc, mes amis véritables sont très, très différents de moi. L'un des amis auxquels je sais pouvoir tout dire est beaucoup plus jeune que moi, ne travaille pas encore, est loin d'avoir la même mentalité et a un style de vie franchement éloigné du mien. Une autre a, pour le coup, quelques décennies de plus que moi et si, professionnellement, nous avons des choses en commun, sur la mentalité, les valeurs morales et le style de vie, c'est le jour et la nuit. Et je crois bien que je les compte parmi mes amis justement grâce à ça.
Je ne voudrais pas d'une autre moi-même pour amie. C'est de la triche ! Je sais déjà ce que je pense, je n'ai pas besoin d'une autre moi-même pour me donner raison en permanence !

Ce que je veux dire, c'est que j'ai l'impression d'un resserrement de la cellule privée chez les personnages de séries. Comme si avant, tout le monde pouvait être ami avec tout le monde et se livrer à des gens n'ayant rien en commun, par exemple parce qu'on prend sa mousse tous les soirs dans le même bar (je pense par exemple à Cheers), et qu'en revanche aujourd'hui, on ne montrait que des personnages qui restent entre soi.

L'autre est progressivement éliminé de l'horizon personnel. Ou alors c'est un ami de façade, comme Christan Troy et Sean McNamara dans Nip/Tuck, qui sont partenaires au travail mais qui, concrètement, dans la vie, n'ont d'amis que le nom. C'est bien simple, ces deux mecs passent le plus clair de leur temps en opposition (souvent violente), que ce soit sur la gestion de leur cabinet médical ou sur le plan de la vie privée (pour les deux saisons que j'ai regardées en tous cas, ptet qu'ensuite ils font enfin la paix). Il y a toujours quelque chose qui les sépare, qui casse leur soi-disant lien d'amitié dont on ne voit jamais la couleur : la femme de l'un, le fils de l'autre, la maîtresse des deux... Ces deux types sont-ils amis ? Uniquement pour les besoins du scénario, pour augmenter l'enjeu de leurs querelles, mais dans les fais, pas vraiment...

Ah et en parlant de mecs, pourquoi les Men of a Certain Age ne peuvent-ils partager leur ressenti qu'entre eux ? Je les adore, mais sérieusement, à quoi ça rime ce petit clan ? Bien-sûr il y a le fait qu'ils se connaissent depuis toujours. Mais cela traduit aussi une démarche bien curieuse de se refermer sur ce qu'on connait déjà... sur ce qu'on a toujours connu. C'est peut-être rassurant mais ce n'est franchement pas un comportement très ouvert à l'autre. Ils ont des problèmes de cinquantenaires ? Et alors, les femmes aussi. Il y a des femmes qui aiment la randonnées, aussi, d'ailleurs. Pourquoi dans Men of a Certain Age, les femmes sont-elles l'autre, pourquoi n'ont-ils pas une vieille amie de lycée qui aurait ses propres problèmes au lieu d'en être la source ?

On se retrouve entre soi, on cherche l'approbation de ses pairs, surtout pas trop de remise en question ! On ne va quand même pas se mettre à tester sa tolérance à la différence, non plus ?

Je comprends bien que chaque personnage d'une série correspond à une partie du public qu'il vise, et qu'on ne cherche pas à faire du TFHein qui plairait à toutes les générations. Mais entre nous soit dit, Sex & the City n'aurait pas connu une telle popularité si seules les new-yorkaises de 35 ans avaient regardé la série...

Des gens très différents existent, et trouvent le moyen d'être amis. Des gens très différents existent, et trouvent le moyen d'aimer la même série.
Et des fois, ils font les deux en même temps, et regardent une même série entre amis. Alors ?

5 avril 2010

Le guide du routard téléphagique

Pour une fois, on va parler d'Opération COLLECTION, mais pas de DVD. Me regardez pas comme ça, oui, ça m'arrive de ne pas parler de DVD. Nan mais, allez, dites aussi que je suis obsédée par le rayon séries TV de la FNUC !
...
Je vois ce que vous voulez dire.
Bref, non, aujourd'hui je vais vous parler de bouquins.

Books
Puisque je vais parler de bouquins et de séries, j'ai eu envie de rappeler Mousou Shimai à votre bon souvenir...

Je faisais du rangement et je suis retombée sur de vieux guides. Ça m'a rappelé plein de choses. Pour commencer, le fait qu'à une époque, j'en achetais. Et puis, aussi, le fait qu'à une époque j'avais commencé à en écrire un.
Mes fouilles effectuées, voici donc les guides sur lesquels j'ai remis la main. On ne rit pas s'il vous plait, sinon je vous oblige à donner la liste des guides que VOUS avez achetés. Ha, on fait moins le malin...

Guide_AllyMcBeal
  Ally McBeal
Guide_Farscape
  Farscape
Guide_Friends
  Friends
Guide_SexandtheCity
  Sex & the City

Il y a aussi ceux que j'ai lus mais qui appartenaient à ma frangine :

Guide_Buffy
  Buffy contre   
les vampires
Guide_XFiles
  X-Files

Sans avoir recours au carbone 14, je pense que vous pouvez deviner très facilement de quelle époque il était question un peu plus haut... Par contre je précise que je ne sais plus lequel c'était pour X-Files, parce que des guides, il y en a eu trois douzaines, et que, par définition, les bouquins qui appartiennent à ma sœur, je ne les ai pas chez moi pour faire les vérifications qui s'imposeraient.

Alors, bon, il faut bien le dire, le guide officiel (ou non-officiel, parce que dans le fond on s'en fiche, franchement), c'est typiquement le produit dérivé que vous voulez absolument acheter, absolument dévorer, absolument relire, tant que la série est vivante. Du jour où elle est annulée (parfois même avant), il perd tout intérêt. Or, la plupart des guides sortent alors que la série est encore en cours, ce qui les rend rapidement obsolètes (outre le fait qu'il est impossible à un guide paraissant au cours de la saison 3 de couvrir une saison 5 dont on ne sait même pas encore qu'elle existe).

A ce facteur vient s'ajouter une autre contingence qui me bloquait beaucoup : l'accès à toute cette belle littérature. Je vous parle d'un temps où il ne sonnait pas comme une évidence de commander sur internet (rapport au fait que déjà, tout le monde n'avait pas internet ; je suis entrée dans l'ère numérique avec le début du siècle seulement), et où il fallait donc attendre, d'une part, qu'un guide soit traduit, et d'autre part qu'il atteigne les rayons des magasins les plus accessibles. Inutile de préciser qu'à cette époque-là, on avait plus de chances de trouver un guide X-Files ou Buffy que Les Soprano. Mettons. D'ailleurs si j'ai fait main basse sur celui de Farscape, c'est plus tard, grâce à la boutique Album (et il n'est pas en français ; rapport ou coïncidence ?).

Donc, quel est l'avenir d'un guide sur une série donnée plusieurs années après l'achat ? Je vais être sincère, il n'en a pas des masses. Même par sentimentalisme (mais il s'avère que je ne suis qu'assez peu sentimentale sur les séries pour lesquelles j'avais trouvé des guides).
Pire encore, aujourd'hui, pas loin d'une décennie après, internet a supplanté en grande partie les guides au format papier.

C'est que, pour commencer, le guide des épisodes, est dorénavant disponible en temps réel, et constamment remis à jour, sur une bonne louche de sites internet de nationalités diverses. Déjà, ça, ya plus besoin.
La présentation des personnages, la petite bio des acteurs et/ou du créateur, ça aussi, ça a fait long feu. De vous à moi, je suis quasiment certaine de n'avoir jamais lu la présentation des personnages, sur aucun de mes guides. Faut être logique : si on connaît la série, cette partie ne relève pas du moindre intérêt. Si c'est pour lire que Mulder est un agent du FBI qui a vu sa sœur être enlevée par des extra-terrestres, j'ai un peu l'impression d'être prise pour une buse !

Ce qui reste, une fois qu'internet a prouvé qu'il proposait une alternative plus intéressante pour le lecteur à tout ça, c'est l'analyse.
Or, ces guides n'offrent qu'une analyse très, très succincte, dans le meilleur des cas, voire pas d'analyse du tout. Il faut dire que pour pratiquer une analyse en profondeur sur un épisode de Friends, il faut quand même se lever tôt. Loin de moi l'idée de prétendre qu'il n'y a pas de fond dans Friends, je pense qu'on peut même pousser jusqu'à dire que les personnages sont au contraire suffisamment denses pour permettre un certain nombre de choses, mais enfin, ya pas non plus de quoi se faire des nœuds avec la cervelle, quand même.

Les citations, qu'on trouve à divers degrés (une phrase ponctuellement, ou au contraire, énormément de petites phrases), recouvrent encore un certain intérêt, mais à la condition qu'on lise le guide dans la même langue que celle dans laquelle on a découvert la série. Il n'existe pas, à ma connaissance, de base de données sur des citations de séries suffisamment large pour que cet accessoire soit devenu inutile, par exemple.

Si vous avez du bol, le guide propose aussi une petite visite de la fabrication des épisodes (c'est plus facile pour les séries fantastiques, qui ont recours aux effets spéciaux et/ou aux maquillages divers), qui peut à la limite donner un petit plus produit à ces guides. Mais bon, on ne peut pas dire que ce soit Byzance non plus.

Non je ne vends pas mes guides. J'ai pas encore fini mon post. Vous allez voir qu'en fait il y a du bon à tirer de ces guides plus ou moins officiels. Ou plutôt de certains d'entre eux. D'ailleurs ça se fait encore, preuve que ça doit bien encore avoir de l'intérêt.

Permettez que je reprenne ma documentation, histoire de parler concrètement.
Vous prenez le guide de Farscape. C'est informatif, complet, c'est très bien. Bon, depuis, on a vu la fin de la série, et puis aussi The Peacekeeper Wars parce que le DVD se trouve plus facilement que les saisons elles-mêmes (ah ben non, on avait dit qu'on parlerait pas de DVD !), franchement, à un certain point, on n'en a plus rien à faire de ce qui se dit dans les 3/4 du bouquin. Bikoz tout ce que j'ai dit plus haut.
Vous prenez maintenant le guide Friends. C'est bourré d'anecdotes, synthétique, c'est très bien. On a beau avoir vu ces épisodes cent fois (au moins 5 fois par chaîne du PAF, grosso modo), ça fonctionne toujours parce que le guide est écrit avec humour, on retrouve des petits dialogues, des petits détails amusants, ça se lit sans faim.
La différence tient peut-être aussi au genre, mais pas seulement. La différence, c'est que certains guides peuvent survivre parce qu'ils proposent un équilibre entre la forme et le fond, et font ainsi perdurer un univers. Ne pas trouver d'humour, ou trop peu, dans un guide Farscape est quand même sacrément rédhibitoire. Limite illogique.

Tout-à-l'heure, j'ai évoqué le fait que moi aussi je voulais écrire un guide... c'était sur Une Nounou d'Enfer. Ça m'avait pris un temps de folie. J'avais dû couvrir quelque chose comme la moitié de la première saison, parce que j'écrivais à la fois des transcripts des épisodes en VF, et à la fois le guide lui-même. C'était pas forcément la meilleure méthode mais enfin bon. Le choix de la série était assez évident : j'avais vu tous les épisodes plusieurs fois, grâce aux multiples rediffusions, suivies des enregistrements sur VHS. Aujourd'hui encore, même s'il n'y a pas nécessairement de quoi se vanter, je suis plus facilement capable de vous déclamer des répliques de la série que du Prévert.
Et puis un beau matin, j'ai réalisé qu'à part passer 2 heures par jour sur un tel projet, ça ne servirait à rien, d'autant on ne fait pas publier le guide d'une série qui s'est achevée depuis trois ou quatre ans, en admettant que la publication soit envisageable, à plus forte raison en France. Tout ce que j'écrivais, je le savais déjà, c'était pas la peine de me tuer à la tâche pour écrire un guide qui n'aurait que moi comme lectrice.

Pourtant, cycliquement, l'idée refait son chemin, je suis bien obligée de le reconnaître.
Encore récemment, je me disais que je me lancerais bien dans un guide Pushing Daisies. Mais là encore, à quelle fin ? Internet a peut-être changé ça aussi, on se dit qu'on pourrait plus facilement être lu. Mais au final, quel est l'intérêt d'un guide aujourd'hui ? Le problème reste entier.

Le guide d'une série, ça reste quand même le truc auquel on pense par sentimentalisme, mais qui n'est pas vraiment vital. Avec les guides d'épisodes, les sites de fans et un moteur de recherche, on trouve déjà très largement des informations sur une série donnée.
Pourtant, je ne sais pas, ça me rend toute nostalgique de penser à tout ça...

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12 janvier 2010

L'art de la guerre

"Tu veux savoir ce qui s'passe (et c'est arrivé à toutes les femmes, à pratiquement chacune d'entre nous) : on commence à sortir avec vous, vous nous dites qu'on est fantastique, et fabuleuse, on pense que c'est sérieux, vous nous laissez penser que c'est sérieux, alors on y croit, on dit à tout l'monde "oui, c'est vraiment sérieux" ! Et après... après les coups d'fil se font plus rares. Vous savez c'que c'est d'être assise là à attendre que le téléphone sonne ? Vous n'vous douchez plus, pour ne pas être en plein orgasme si le téléphone sonne, vous n'mangez plus, vous n'pouvez pas avoir la bouche pleine en décrochant le téléphone, vous décrochez le combiné de temps à autres, pour être sûre qu'il fonctionne bien, après vous l'reposez, et après, quand vous recommencez, c'est là qu'il appelle et que ça sonne occupé ! Et vous faites ça... des semaines, jusqu'au jour où finalement... vous sentez si mauvais... et vous êtes si maigre, que vous comprenez... que vous avez été plaquée... Et vous n'savez pas du tout pourquoi, vous, vous pensiez que c'était sérieux ! Et des années après, cinq, dix, vingt ans, vous y pensez toujours en vous demandant POURQUOI... il ne vous a pas rappelée, et si c'est vraiment à cause de vous qu'il ne vous a jamais rappelée, et vous n'le saurez jamais, non ça jamais ! Sur leur lit de mort, vous croyez qu'les femmes s'apprêtent à mourir en paix, mais non ! Elles sont raccordées de partout à des dizaines de tubes en se demandant c'qu'elles ont fait, et pourquoi vous n'avez pas rappelé, voilà c'qui s'passe sale pourri !"
Trois hommes sur le green, une série méconnue qui a pourtant su offrir quelques perles...

J'ai toujours ce dialogue dans un coin de ma tête au moment d'une rupture. Pas parce que ça se passe forcément comme ça (quoique, hein les filles, ça nous est vraiment arrivé à toutes au moins une fois...), mais parce qu'il semblerait parfois que les places respectives de l'homme et de la femme soient codifiées à l'extrême dans la plupart des séries, notamment en cas d'interaction.
C'est Sex & the City qui, sans être la première série à le faire, ni forcément la meilleure pour le faire, a popularisé les interrogations explicites sur le rôle que chacun joue dans chaque relation. Et il est étrange de constater que c'est toujours le même. Non, pas pas étrange : communément admis.

TheSexes

Quand j'avais une quinzaine d'années, je ne sortais pas (mon éducation étant ce qu'elle était), et j'essayais de me projeter dans l'avenir et d'imaginer ce qu'était l'âge adulte, et plus particulièrement ce qu'était la vie amoureuse d'un adulte. Je me tournais vers la télé pour trouver des idées, pour imaginer ce qu'était la vie des autres, "dehors", et je voyais des personnages comme ceux de Friends ou Ally McBeal, et les choses étaient également très codifiées sitôt qu'on parlait de relations amoureuses.
Il y avait la première sortie, avec un premier baiser sur le perron si le dîner s'était bien passé, il y avait la seconde, plus mitigée souvent, parce que porteuse de méfiance et d'espoir, et puis, surtout, il y avait la troisième, et c'était là qu'on savait si les choses prenaient tel ou tel chemin. Au bout d'une période de temps convenable, on présentait l'autre à ses amis et/ou à ses parents, on allait rencontrer les siens, et on pouvait admettre que les choses étaient "sérieuses".

Tout un tas de codes que finalement, étant une adolescente impressionnable et (par la force des choses) réservée, j'avais intégrés au prétexte que, si la série trouve son public, c'est qu'elle a nécessairement une certaine résonance sur le mode de vie de ses spectateurs. Ce n'est quand même pas de la science-fiction. Les "dates" existent.
Et pourtant, de vous à moi, ma vie amoureuse ne s'est jamais déroulée comme cela. Je ne me suis jamais demandé s'il allait m'appeler, ou si je passais pour une fille trop collante si je l'appelais en premier, ou si cela faisait trois soirs et qu'il s'attendait donc à quelque chose, ou si au second soir je ne passais pas pour une fille facile, ou rien de ce genre. Et si je reconnais bien volontiers que ma vie amoureuse s'est montrée assez atypique, dans son genre, je refuse néanmoins de croire que je sois la seule à ne pas me reconnaître dans ce système guindé où il y a des règles du jeu soit à respecter, soit à transgresser.

Mais la télévision continue de les populariser. Il y a quelques semaines, on m'a convaincue de regarder un épisode de How I met your mother (et je me suis laissée convaincre à cause de Joanna Garcia) et il s'est avéré que les choses n'avaient pas vraiment changé depuis un peu plus de 10 ans que j'avais commencé à les observer à la télévision. On tient pour acquis qu'il faut faire certaines choses après une rupture, ou pour trouver quelqu'un, ou pour approcher quelqu'un... Alors qu'il y a autant de façons que de couples !

Bien-sûr, poser l'existence de tels codes permet de les transgresser, notamment à des fins comiques (il ne vous aura pas échappé que la plupart des séries citées sont des comédies ou, au pire, des comédies dramatiques), mais globalement, est-ce que ces codes ne finissent pas par transpirer sur la société ? Est-ce qu'on ne rencontre des prétendants potentiels que dans les bars ? Bien-sûr que non. Mais c'est quand même comme ça qu'on nous fait croire que la plupart des rencontres se font. Et cette règle des trois rendez-vous, sérieusement, vous la gardez toujours en tête au commencement d'une relation ? Moi pas, je me laisse porter, parfois ça prend beaucoup plus de temps, parfois moins, ça dépend de plein de facteurs qui dépassent largement la frigidité des règles édictées par ces fictions (et les autres).

D'ailleurs les scénaristes ont-ils inventé ces fameux codes de la relation amoureuse ? Je n'en suis pas sûre. J'ai l'impression que ça vient d'un autre média, de la presse (féminine par exemple). A mes yeux la meilleure preuve, ce sont les séries dirigées vers un public masculin, et là on se rend compte que la gamme des expériences, des possibilités de rencontre, des possibilités d'évolution de la relation, est bien plus diversifiée. Un exemple récent serait Men of a Certain Age, disons.
Les séries comme une version moderne du conte de fées qui emprisonne la population féminine dans une vision étriquée des relations homme/femme ? Je ne suis pas loin de le penser.

De toutes les valeurs véhiculées par les séries télé, la rigidité du fonctionnement des relations amoureuses est celle qui, en ce moment, me frappe et m'irrite le plus.

9 décembre 2009

Inspiration

Sortie des flics et des médecins, la télévision américaine, ces derniers temps, c'était bien souvent des remakes de Sex & the City (avec encore moins de sexe, network oblige). Lipstick Jungle, Cashmere Mafia, In the Motherhood ou plus récemment Eastwick, on en a bouffé, de la gonzesse vieillissante en troupeau. Rares ont été les séries à s'essayer à un équivalent masculin, alors qu'ironiquement, c'est peut-être ce qui m'intéresserait le plus. A part Big Shots (qui n'a pas été aussi big qu'attendu, malgré un cast alléchant), c'était même plutôt le désert.

Heureusement, voici venu Men of a Certain Age qui, malgré un départ assez mou (générique bidon, premières scènes confondantes de banalité), parvient à mettr le doigt sur, précisément, ce qu'on peut attendre d'une série sur les malheurs de célibataires ayant passé la trentaine.

Men of a Certain Age, c'est une série à laquelle rien n'était acquis : un pitch assez fade ("c'est l'histoire de trois mecs qui ont passé la quarantaine"), la présence de Ray Romano (ou devrais-je dire, l'omniprésence), le casting assez inégal (de l'appétissant mais cabotin Scott Bakula au souvent apathique mais talentueux Andre Braugher)... sans compter qu'il était difficile de savoir si ce serait du lard ou du cochon, tant les variations entre la comédie pure et le drame sombre étaient possibles à partir de ce simple postulat de départ.

Mais de tous ces éléments un peu décourageants, ou disons, déconcertants, s'avèrent être exploités avec intelligence. A partir de son pitch classique, Men of a Certain Age s'autorise à la fois une radiographie appliquée de la mid-life crisis, un peu désemparée et impuissante, et une comédie pince sans rire avec des personnages qui parviennent lentement mais sûrement à attirer la sympathie, voire la tendresse.

Contrairement à beaucoup de séries mettant en scène un groupe d'amis, la relation entre ces hommes d'un certain âge n'apparait pas comme plaquée. Les liens sont à la fois forts et distendus (la conversation dans la voiture, au début de l'épisode, entre Joe et Owen à propos de Terry, est assez révélatrice à cet égard). Ils partagent une certaine complicité mais ne sont pas sans cesse collés les uns aux autres, comme le feraient des bonnes femmes (il suffit de reprendre les exemples cités au début de ce post, pour constater que tout ce petit monde passe en général sa vie à appeler les copines toutes les dix minutes pour raconter ses petits malheurs... tragiques portraits de femmes adultes restées bloquées dans une mentalité de lycéennes). Chacun sa merde, et on garde les potes pour les moments de détente. C'est bien les gars, j'aime ce genre de mentalité.

Arrivé à un certain point du pilote, alors qu'on a l'impression que chacun a touché le fond en matière de médiocrité (souvent professionnelle), les trois bonshommes donnent un coup de talon et nous offrent chacun une superbe scène où, finalement, ils se reprennent en main. Men of a Certain Age n'est donc pas la triste, pathétique et lamentable histoire de trois pauvres types dont les plus belles années sont derrière eux et qui sont sur le retour, mais bien trois parcours qui se réorientent comme ils peuvent, sans pied de nez magistral à la vie, mais pas sans une certaine fierté non plus. Tous les trois se laissaient aller, et tous les trois reprennent le contrôle, à leur façon. Ça ne passe pas par des miracles dans leur vie de tous les jours, juste un changement de mentalité.
Je n'ai pas encore 30 ans et je suis une fille, mais j'ai trouvé, quelque part, qu'à travers ses 3 personnages et son intrigue entre réalisme et loufoquerie, Men of a Certain Age avait la classe, et donnait, en fait, de l'inspiration.
Être un mec de plus de 40 ans ? Où est-ce qu'on signe ?
I'm changing, arranging...

MenofaCertainAge

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Men of a Certain Age de SeriesLive.

3 novembre 2009

Yuuki Amami n'a pas le droit de pleurer

Dorama, frontière de l'infini vers laquelle voyage le blog ladytelephagy. Plus je m'enfonce dans les méandres de cet univers, plus je constate que les Japonais, plus encore que les Américains, ont une fascination sans borne pour la femme célibataire. Après vous avoir parlé de Koushounin, Ohitorisama, Katagoshi no Koibito, Kimi wa Pet et consorts (on va pas se refaire une liste), je m'aperçois que jamais les séries japonaises n'ont l'air d'avoir fait le tour du sujet. Visiblement il y a un public de femmes célibataires au Japon dont je ne soupçonnais pas l'ampleur...

Alors quand j'ai donné sa chance au pilote d'Around 40, je n'en attendais pas grand'chose, partant du principe que ce n'étaient pas trois quasi-quarantenaires qui allaient m'apprendre ce que les tonnes de quasi-quarantenaires auraient éventuellement oublié de dire avant.
GRAVE ERREUR.

Around 40 prend l'éternel postulat de la nana qu'il est quand même temps de marier une bonne fois pour toutes (sinon ses ovaires vont se dessécher...), et qui franchement, n'y met pas beaucoup du sien. Mais ce qui fait toute la différence, c'est le traitement. Et la présence de Yuuki Amami. Yuuki Amami qui est, il faut le dire, est le symbole vivant de la femme qui en impose. C'est mon idole (avec Miki Maya. Non attendez, Miki Maya, je veux juste l'épouser).

Bref, Around 40 se révèle beaucoup plus nuancé que la plupart des autres fictions avec des célibataires, le scénario du pilote ayant juste ce qu'il faut de... de tout. D'intelligence, de comédie, de subtilité, de complicité... A côté de ça, les filles de Sex & the City ont l'air de pauvres greluches superficielles avec de l'eau entre les oreilles (comment ça je pouvais m'épargner la mention "à côté de ça" ?).

Yuukiquirit

J'ai été touchée par l'honnêteté du portrait : une femme avec ses moments de solitude heureuse, et de solitude douloureuse, une femme qui pense qu'elle a encore le temps, et qui constate qu'on ne lui en laisse pas beaucoup, une femme qui recherche l'approbation de ses amies, qui recherche un équilibre intérieur... bref, une femme d'aujourd'hui. Tiraillée entre son envie de modernité féministe et son envie de confort social.

Il y avait ce joli dialogue, par exemple, entre l'héroïne (qui venait d'expérimenter l'un des inconvénients de la solitude) et sa belle-mère :
- Papa... il veut que je me marie, n'est-ce pas ? Il voudrait tenir mon enfant dans ses bras, pas vrai ?
- N'y a-t-il pas quelque chose qu'il veuille plus encore ?
- Quelque chose de plus ?
- Que tu sois heureuse.
J'aime bien cette oscillation qu'effectue l'héroïne (et dans une moindre mesure, ses deux amies) entre ce qu'elle veut et ce qu'on attend d'elle. Elle finit par être surprise par l'un comme par l'autre. Elle pense qu'elle est bien seule... jusqu'au moment où la solitude pèse. Elle pense que tout le monde veut la voir mariée... et finalement son père n'a pas envie de l'y pousser. C'est une façon très honnête de montrer ce qui se passe dans la tête d'une femme à qui on monte le bourrichon sur le mariage depuis des décennies, et qui ne sait plus trop ce qui au juste serait l'idéal.

Et puis, le drame. Alors qu'on pensait qu'en dépit de la pression, le personnage allait tenir bon, brandir son étendard de femme célibataire bravement, et poursuivre sa route à son rythme et à son goût... Voilà Yuuki Amami qui craque, et qui s'effondre sur un banc. Je ne sais pas comment vous décrire la trahison et la tristesse de cet instant. Déjà parce que je n'ai pas vu le personnage, j'ai vu Yuuki Amami pleurer. Or Yuuki Amami, elle est sans doute trop typecastée dans mon esprit, mais elle est inébranlable. C'est un roseau, pas un chêne. Et là j'ai vu Amami, mon Amami, celle que j'ai adorée dans BOSS, Enka no Joou (on en reparle très vite), Joou no Kyoushitsu... un roc ! J'ai vu Amami craquer. De chez craquer. Et je me suis mise à pleurer aussi, parce que si Yuuki Amami pleure, c'est vraiment qu'on est foutues.

Yuukiquipleure

Bon, ne me regardez pas comme ça. Je me suis remise, depuis. C'était dimanche, j'ai eu le temps d'en faire mon deuil. Mais après cette petite expérience, et en ayant en tête la fin du pilote, mais aussi toutes les séries de célibataires que j'ai vues ces derniers temps, japonaises comme occidentales...
...je me demande juste si le féminisme n'a pas définitivement perdu la bataille de la télévision, quand même.

Si ça ne tenait qu'à moi, de toutes façons, Yuuki Amami n'aurait pas le droit de pleurer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Around 40 de SeriesLive.

27 septembre 2009

Charmée

Je n'irai pas aussi loin que freescully qui proclamait il y a quelques jours avoir trouvé avec Eastwick son guilty pleasure de la saison (même si je ne lis pas les posts avant d'avoir moi-même vu les épisodes, je me tiens quand même au courant, faut pas croire), mais il est vrai que je perçois une nette amélioration, depuis le visionnage de Brothers ce matin, dans mon dimanche pilotovore.

Eastwick, donc. Charmante petite bourgade qui a semblé hurler "Stars Hollow" dans mon oreille pendant tout l'épisode, mais qu'importe. Une petite série qui à l'instar de son décor, se montre suffisamment colorée pour qu'on ne bâille pas aux corneilles (c'est vrai qu'en plus, pour les sorcières, l'oiseau de référence serait plutôt le corbeau), et qui offre ce qu'il faut de divertissement, pas plus.

Les similitudes avec Charmed sont assez patentes : trois nanas, chacune avec une personnalité bien à elle (ça se voit parce qu'elles ont pas la même couleur de cheveux), la forte tête toujours sûre d'elle (interprétée par la toujours si virile Rebecca Romjin), la petite chose toute sage qui ne pipe pas jusqu'à ce qu'elle en ait ras-le-bol (Jaime Ray Newman, une rouquine que je ne connaissais pas encore), et le petit bout de femme un peu versatile, gaffeur, et alibi humoristique de la série (pétillante mais pas très discrète Lindsay Price, qui nous la fait à l'envers comme si on avait oublié Cashmere Mafia... à moins que ce n'ait été Lipstick Jungle ? Je les confondrai toujours). Toutes les trois font leurs vies chacune de leur côté, mais évidemment la magie s'en mêle et les voilà copines comme cochon, à s'organiser des dîners papotages à n'en plus finir (le syndrome Cashmere Mafia/Lipstick Jungle/Sex & the City a encore frappé, il faut arrêter avec les dîners de gonzesses, c'est ultra vu et revu même si les dîners à la maison, ça change des restos), et à s'appeler au téléphone pour un oui ou pour un non, comme de parfaites chicks des temps modernes.

L'aspect magie reste cependant un élément plus en retrait que dans Charmed, puisqu'il ne s'agit pas (encore) ici d'affronter un grand méchant, mais juste d'utiliser la magie pour améliorer égoïstement leurs petites existences de midinette de banlieue, ce qui a aussi son charme contrairement à ce que ma formulation pourrait laisser croire. L'atmosphère est bien rendue, on nage dans une série qui est parfaite pour une soirée chamallow avec les copines à Halloween !
Comédie romantique, jeunes femmes qui prennent le contrôle de leurs vies, un peu de mystère, quelques scènes sympas (quand le mari de Kat se prend la foudre), tous les éléments sont réunis pour qu'on se marre gentillement (le temps de se faire un masque de beauté par exemple, comme ça on reste dans le ton).

J'ai quand même des réclamations de détail envers ce pilote (Sara Rue, trop en retrait, Matt Dallas, trop habillé surtout qu'il risque de débarrasser le plancher bientôt alors autant en profiter...) mais concrètement, il remplit très bien son office. Le but du jeu, on le sent, n'a jamais été de marquer l'histoire de la télévision, mais le temps que dure cette gentillette comédie pour jeunes femmes, on passe tout de même un bon moment. Bien réalisé, bien interprété (Lindsay Price minaude à mort, c'est un délice), Eastwick a les atouts pour être une petite chose légère qu'on regardera le temps qu'elle durera, et qu'on oubliera ensuite. Ce n'est parfois pas plus compliqué que ça.
En fait, j'ai même envie de dire que freescully ne peut pas avoir trouvé son guilty pleasure en Eastwick, puisque la série n'est pas mauvaise en soi (or la définition du guilty pleasure, c'est regarder un truc nul en sachant qu'il est nul). Elle n'est juste vraiment pas pour tout le monde. Mais avoir un vagin aide, je suppose.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Eastwick de SeriesLive.

28 juillet 2009

Ah ! Célibat, célibat, célibat !

On va se livrer à une petite expérience, vous voulez bien ?
Pour cela, j'ai besoin que les célibataires parmi vous se rangent devant moi à gauche, et ceux dont le cœur n'est plus à prendre, devant moi à droite. Bien en rang les uns à côté des autres, sur deux lignes parallèles, d'accord ? Bien. Maintenant, les célibataires, vous allez vous baisser, ramasser des cailloux et les lancer sur ceux qui sont maqués. Vous avez vu ce qui vient de se passer ? Nous venons de prouver qu'il est possible de faire l'exact inverse de ce qui se passe dans les séries.
Car si le machisme en a quasiment disparu, si le racisme en a quasiment disparu, si l'homophobie en a quasiment disparu... le célibatophobisme y est encore omniprésent.

C'est bien simple, il ne se passe pas un épisode sans que tout personnage célibataire soit implicitement poussé à modifier sa condition. En fait, un célibataire heureux, dans les séries, ça n'existe tout simplement pas. C'est limite honteux.
Il lui faudra donc absolument chercher l'âme sœur, ou pire, sa moitié, puisqu'un célibataire est forcément incomplet. Et je ne parle pas que de la tribu de gonzesses de Sex & the City ou des esseulés d'Ally McBeal. Noooon, ces célibataires-là sont tellement clichés, dans leur recherche obstinée de l'amour, de vraies têtes chercheuses à rencart, que ça ne prouverait rien de tout de m'attaquer à eux. Penchons-nous plutôt sur les cas les plus critiques !

Dans Les Experts Caracas, Grissom tombe sous le charme de Lady Heather et de Sara, parce que sinon, un type qui partage sa vie entre mots croisés et insectes, ça fait trop pitié au spectateur. Le personnage masculin d'une série se doit de prouver sa virilité ! Non mais. Dans Monk, le coeur d'Adrian n'est plus à prendre, puisqu'il aime toujours son épouse, mais cela n'empêchera pas les scénaristes de lui filer dans les pattes des love interests potentiels à plusieurs reprises ; bah oui, les veufs aussi ça fait pitié. Pire ! Même dans A la Maison Blanche, il faut qu'il y ait des histoires d'amuuur et de coucheries, alors que tout le monde y bosse 24/7 (syndrome workaholic dont on parlait hier), parce qu'ils n'ont pas le temps de changer de chemise, mais ils ont le temps de s'offrir des aventures ! Les exemples sont nombreux, et tous conduisent inéluctablement à la même conclusion : à la télé, le célibataire est persona non grata.

Et quand il est nouvellement célibataire, il faut qu'il ait des circonstances atténuantes (veuf, largué par son conjoint). Comme ça ça fait plein d'histoires, un fond de commerce quasi-inépuisable d'histoires plus ou moins romanesques. Quand on ajoute à ça les cohortes de célibataires en sursit, on comprend qu'il est très, très rare de trouver un personnage célibataire et content de l'être.

D'ailleurs, pour bien montrer que le célibat, c'est la lose, la plupart des personnages dépeints comme des cœurs solitaires n'ont en général pas d'ami, c'est tout l'un ou tout l'autre ! Je ne sais pas s'il faut en conclure que, s'il avait des amis, le personnage se taperait l'un d'entre eux par facilité, ou si quelqu'un qui n'a pas de vie amoureuse est forcément asocial. J'ignore à ce sujet ce qui est le plus insultant, mais Friends tend à confirmer la première théorie, et House la seconde. On est cernés.
On veut nous pousser à nous maquer, comme si le célibat c'était la solitude, et qu'il soit urgent de se débarrasser de ce fardeau. On compte pourtant 101 millions d'américains non-mariés (source), que font donc les lobbys "pro-célibat heureux" ?

Eh bien moi je dis : ça suffit ! Ca va bien maintenant, ces conneries ! Qu'est-ce que c'est que cet ostracisme à la noix ? C'est quand même fou, ça : même quand ils ont cent fois mieux à faire, même quand la série est censée ne se préoccuper que de leur vie professionnelle, il faut que les personnages de séries se sentent obligés de ne pas rester seuls. Vu que quand ils le sont, ils ne peuvent pas être heureux de toutes façons. STOP ! Assez ! On veut des célibataires mais pas des gens seuls, on veut des célibataires bien dans leur peau. Ca existe pourtant dans la vraie vie, non ?
Si. Et j'en suis le radieux exemple. En fait c'est ptet bien parce que j'en ai assez que le reste de l'univers complote pour me flanquer d'un soupirant, que j'aimerais trouver dans les séries un peu de tranquilité...

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