Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
ladytelephagy
Publicité
saturday night live
25 septembre 2011

Passer de FNL à The Good Wife, puis à ça, quelle déchéance...

HartofDixie

Rarement une photo de promo aura-t-elle aussi bien représenté une série que celle de Hart of Dixie. C'est exactement la position dans laquelle j'ai regardé l'épisode, affligée et obligée de soutenir ma tête pour ne pas m'endormir, et j'avais une grande envie de faire mes valises. Même le slogan est assez révélateur de ce que j'ai pensé du pilote...

Bon, je crois que c'est assez clair, je vais tirer à boulets rouges sur cette pénible série. Principale coupable : Rachel Bilson. Je n'ai vu The OC qu'en VF mais je commence à penser énormément de bien de la comédienne de doublage qui a réussi à insuffler un semblant de personnalité dans la façon dont la pauvre fille récite platement ses répliques. En fait ptet même que j'aurais dû attendre la VF de Hart of Dixie, pour bien faire.
On devrait tout de suite être du côté de Zoe, vis-à-vis de sa mère, vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas d'elle... au contraire, on est d'accord avec tout ce petit monde, elle est insupportable et nous non plus, on ne veut pas d'elle. Le personnage est supposé être snob ? Il est surtout méprisant, et notre jeune docteur semble un peu s'en foutre de tout. Elle est venue parce que, bon, elle pouvait pas faire mieux, mais Bilson n'y croit pas elle-même et incarne son personnage de façon à nous faire sentir que même elle est là contre son gré. J'ai rarement vu quelqu'un mettre autant d'application à repousser les spectateurs autant que les personnages. C'est un miracle qu'il n'y ait personne pour lui retourner une baffe.

Ah, si seulement il n'y avait que le talent troublant de Rachel Bilson pour rendre une héroïne supposée craquante complètement antipathique... Or, non, les scénaristes en font autant avec leurs intrigues. Cette histoire de triangle amoureux, par exemple. Genre la nana est là depuis moins de 24h mais elle craque déjà pour un type qui BIEN-SUR est fiancé, mais elle trouve le moyen de flirter avec un autre gars après s'être mise minable avec un carton de vin blanc. Et devinez pourquoi son papa ne lui parlait pas et pourquoi sa maman veut à tout prix la décourager de devenir médecin ? Et pourquoi on lui a légué la moitié d'un cabinet médical ? On dirait que les scénariste ont une check-list de clichés et qu'ils s'embourbent dans les stéréotypes les uns après les autres, n'ayant pas le coeur de trouver leurs propres histoires.
Et quand il y a un truc vaguement original (une intrigue médicale, en plus), c'est fait sans la moindre émotion. Et là-dessus arrive Bilson qui a l'air de vouloir exprimer l'envie d'être partout ailleurs sauf ici. T'en fais pas ma grande, de mon côté de l'écran c'était la même.

Un pilote désagréable au possible, poussif, sans intérêt, sans émotion, sans rien d'autre que l'impression que même quand j'essaye de regarder une série de la CW sans a priori négatif, il faut absolument que celui-ci se charge de me convaincre que tout ce qui vient de cette chaîne est détestable, pour une raison ou une autre. Le SEUL truc qui ne m'a pas déplu dans Hart of Dixie, c'est la musique, et encore, je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle m'a plu parce que c'est cliché et plaqué. C'est insupportable. Ya rien à sauver.
Dire que j'ai reporté mon visionnage du premier SNL de la saison pour ça.

Ah, et c'est quoi ce prénom ? LEMON ?!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais je n'irais pas jusqu'à le leur reprocher dans ce cas précis) : la fiche Hart of Dixie de SeriesLive.

Publicité
24 septembre 2011

Live from...

Ca fait quelques temps que je ne vous avais pas embêtés avec ça, pas vrai ? Ce soir, SNL revient et je vous avoue que c'est à la fois une joie et une petite angoisse. Il faut dire que le cast n'aura connu aucun changement majeur cette année : Bobby Moynihan est devenu un castmember à part entière, mais à part ça les featured players sont les mêmes (le sang frais fait pourtant beaucoup de bien), il n'y a pas eu de gros départ parmi les comédiens réguliers, et même le host de ce season premiere donne dans le business as usual puisque c'est Alec Baldwin qui démarre la saison. Je ne me plains pas de sa présence, mais vu que la saison 36 n'a pas fait partie des meilleures, c'est quand même dommage de rester sur ce genre d'acquis.

Au moins, on joue la sécurité pour ce lancement de saison et ça devrait être un plaisir de retrouver la bande de SNL, c'est ce qu'il faut se dire (j'espère qu'avec la semaine de finalisation de mon déménagement je pourrai le regarder sans trop devoir attendre).

Comparativement je suis beaucoup plus méfiante quant à la venue de Melissa McCarthy. Je sais bien qu'elle a été bookée avant son Emmy (officiellement ?), et qu'il y a eu le succès Bridesmaids, mais croyez-en quelqu'un qui a regardé toute la première saison de Mike & Molly, et qui ne sait toujours pas pourquoi : elle est loin d'être hilarante, d'avoir ce truc qui déchire qu'un host doit avoir pour tenir toute l'émission sur ses épaules, surtout quand le cast a tendance si facilement à se reposer sur l'invité en question, on a pu voir l'an dernier combien ça leur arrivait facilement. J'ai donc tendance à penser que ça relève quand même plus de la promo facile que de l'envie de trouver des gens vraiment drôles pour présenter l'émission.

Oui, je commence cette nouvelle saison de Saturday Night Live avec un petit a priori, qui en fait est un héritage de l'an dernier quand je n'avais même pas regardé l'émission avec Ed Helms (mais le fait qu'il ait été invité à présenter l'émission est révélatrice maintenant que le season premiere de The Office est passé).

En attendant, je regarde quelques uns des sketches que je me suis découpés, pendant mes voyages en train. Reconnaissons-le, il n'y en a pas beaucoup issus des émissions de la saison 36 ; beaucoup d'émissions finalement assez tièdes, pas mauvaises, juste un peu trop scolaires.
Allez, il faut se dire que la 37 sera mieux.

Dans un accès de passéisme qui pourtant ne me ressemble pas, j'avoue craquer sur les extraits des vieilles émissions, comme celui-ci. Faute de temps, c'est pas sous-titré, désolée.

SNL-SexEd

15 septembre 2011

Félicitations ! C'est une comédie et elle pèse 175 Mo...

C'est quand Up All Night essaye le moins de me faire rire qu'elle y parvient. Pour être plus précise, les scènes avec Maya Rudolph sont presque systématiquement pas drôles à force d'essayer de l'être, et toutes les autres sont de l'or en barre.

Pas de malentendu : j'adore Maya Rudolph. Mais je commence un peu à la connaître et je sais qu'elle a deux modes : le dramatique, et le caricatural. Elle n'a rien entre les deux. Quand elle donne dans le dramatique, elle utilise sa sensibilité pour apporter de la nuance à son jeu, et elle se repose sur le script ; et quand elle donne dans le caricatural, elle utilise le texte pour faire des drôles de trucs avec sa voix, son phrasé, son corps, mais elle se désengage complètement de l'histoire.
Et comme dans Up All Night, son rôle n'est pas du tout de faire dans le sensible, on se retrouver avec ce personnage outrancier. Le problème, c'est que le ton d'Up All Night, tel que mis en place par le fabuleux tandem Applegate/Arnett (et très franchement, je ne les voyais pas ensemble dans une comédie, mais ils sont incroyablement compatibles), c'est d'être totalement dans l'humour pince sans rire et dans la mesure, donc ça jure épouvantablement.

La bonne nouvelle, c'est que pour le moment, on voit quand même peu Maya Rudolph, mais hélas l'intention de NBC n'est pas de la maintenir dans un rôle secondaire. En attendant de voir ce que son personnage va pouvoir inventer pour être un peu moins agaçant (et pour que l'actrice se calme aussi un peu), on peut pleinement profiter des excellentissimes scènes entre les parents, qui sont des perles. Moi qui ne porte pas spécialement Arnett dans mon coeur, je l'ai trouvé juste parfait, bien plus mesuré que dans ce que j'avais pu voir de lui précedemment (Arrested Development, 30 Rock, un ou deux films...), et la relation avec le personnage d'Applegate est vibrante d'énergie, de complicité et d'intimité.

Le couple qu'ils forment est sympathique parce qu'ils ne deviennent pas des parents ennuyeux, ceux qu'on trouve dans ces innombrables comédies sur la gentille petite vie de famille middle-class (je le sais pour regarder des épisodes de Rodney en ce moment entre deux cartons), et ce ne sont pas non plus des rigolos qui font comme s'ils ne venaient pas d'avoir un enfant ; en fait ils sont pris entre deux feux, et cherchent un équilibre qui dés le pilote est assez bien trouvé. Ni STFU Parents, ni trublions irresponsables (on a déjà Raising Hope si on veut une famille totalement dysfonctionnelle), ils nous font rire non pas parce qu'ils sont ennuyeux comme les centaines de parents de télévision qui ont défilé dans un grand nombre de comédies pendant ces 50 dernières années, ni parce qu'ils font les pitres, mais parce qu'ils veulent juste être bien dans cette nouvelle vie, trouver le juste milieu, se marrer et être responsables, en un mot, être eux-mêmes. Ils me plaisent bien.

Juste une fois, j'aimerais bien que ce genre de comédie (et j'ai le même sentiment avec Raising Hope) tiennent plus de deux ou trois saisons, comme c'est habituellement le cas, et qu'on voit cette famille évoluer avec les années, allant jusqu'à l'adolescence de l'enfant si possible. C'est vraiment le genre de choses qu'il est intéressant de voir sur le long terme, et plus touchant que juste pendant les premières années du bébé. J'espère qu'Up All Night tiendra jusque là, sans trop y croire.

Up All Night, c'est aussi une nouvelle série de la grande famille de SNL (Rudolph est une ancienne de l'émission, Arnett est le mari de Poehler, c'est produit par MONSIEUR Lorne Michaels, et écrit par une ex-scénariste de l'émission...), et c'est peut-être aussi ce qui explique que je m'y sente bien. Le rythme est un peu celui de l'émission à sketches, très peu de longueurs (seulement la dispute "MOI j'étais réveillé") et un côté occasionnellement parodique du monde de la télévision (j'adore le générique débile du show d'Ava) qui font que je suis en terrain connu, je suppose.

UpAllNight
Résultat : Up All Night, c'est bien parti pour être l'une de mes comédies de la saison. Ca tombe bien, avec l'annulation de Better With You et Outsourced, j'étais un peu en manque de trucs à regarder en allant au boulot.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Up All Night de SeriesLive.

19 février 2011

Where young people go to retire

Chose promise, chose due, voici un nouveau post consacré à Portlandia, et je vous avoue, de vous à moi, que je n'en suis pas totalement mécontente. Déjà parce que ça fait du bien d'être motivée pour poster (ne serait-ce qu'un peu), ensuite parce que je me suis vraiment donné du mal sur ce coup.

C'est-à-dire que, déjà, je suis partie du constat que le dernier post La preuve par trois datait de novembre 2010 (il s'agissait du pilote de la série australienne The Circuit, et si vous l'avez loupé, il n'est pas encore trop tard pour bien faire et aller cliquer sur le petit icône magique). Et ensuite, j'ai réalisé, en les cherchant pour l'un de mes collègues, qu'il n'existait pas de sous-titres français pour la série Portlandia. Alors j'ai pris un peu de temps et je m'en suis chargée moi-même. Voilà, vous savez tout. Donc ce post La preuve par trois, ce n'est pas juste l'occasion de vous parler du pilote de Portlandia, ce n'est pas juste une façon de vous encourager à le découvrir, c'est carrément une offre clé en main, comme ça, vous n'avez plus d'excuse pour ne pas l'avoir vu.

Portlandia_1
Parce que Portlandia est certainement la série la plus originale du moment, osons le dire. Sa formule fait d'elle un ovni : il ne s'agit ni d'un formula show, ni d'une série feuilletonnante, c'est quelque chose qui n'a rien à voir mais qui emprunte pourtant ponctuellement au feuilleton (on verra comment ensuite). Et ça se sent dés la scène d'ouverture de ce pilote, qui nous plonge directement dans la genèse de la série (pourquoi se déroule-t-elle à Portland, et qu'est-ce que cette ville a de si particulier ?), avec une histoire qui nous permet de mettre le pied à l'étrier, et nous embarque dans un univers complètement barré, avec des personnages absurdes, des situations banales qui virent au n'importe quoi, et de la musique. Ce sont les éléments de base de la série et il se retrouvent tous, parfaitement condensés, dans cette première scène d'exposition.
Et pourtant, la structure-même de la série fait que, aussi parfaitement écrite puisse-t-elle être, avec deux personnages attachants qui débarquent à Portland pour des raisons un peu ridicules... elle s'arrêtera là. Avec son côté anthologique, Portlandia nous présente systématiquement des personnages qu'on n'est jamais sûrs de revoir, et des histoires dont on n'est jamais certains de connaître la suite. C'est l'héritage des comédies à sketch, qui tombe sous le sens vu la présence de Fred Armisen à la barre (co-auteur et un des deux acteurs principaux), qu'on peut voir depuis plusieurs années dans Saturday Night Live. Et pour expliquer l'importance de la musique dans la série, eh bien là encore, quand on sait que Fred est musicien, mais aussi que Carrie, sa partenaire dans cet exercice, est elle-même musicienne, tout s'explique. Rien que pour ça, sans même parler de ses origines sur internet, Portlandia est une série à part, qui arrive avec sa propre personnalité, ses propres références, sans chercher à faire quelque chose qu'on aurait déjà vu ailleurs (ou alors je veux bien qu'on me cite des noms). Attendez-vous à basculer dans l'inconnu et à n'y trouver aucun de vos repères habituels en termes de fiction.

Portlandia_2
Ainsi, le pilote de Portlandia se lance dans une étrange tentative de nous présenter plusieurs personnages (tous interprétés par Fred et Carrie). On trouvera donc Jason et Ronnie, qui habitent Los Angeles et tombent sous le charme de Portland au tout début du pilote, Peter et Nance, qui voulaient simplement manger du poulet bio, Fred et Carrie, en prise avec une boucle technologique, les deux propriétaires (pour l'instant anonymes) d'une librairie féministe, et Stewart et Susan, qui font partie de la ligue de cache-cache pour adultes de Portland. Seul un couple de ces personnages aura droit à plusieurs scènes en fil rouge, et il s'agit de Peter et Nance. Ils personnifient parfaitement tout ce que critique Portlandia : ce sont des bobos qui intellectualisent des choses ridicules à l'excès, comme ici leur volonté de manger bio à tout prix, au risque d'abandonner le restaurant au beau milieu de leur commande pour aller vérifier sur place si la ferme qui a élevé le poulet qu'ils s'apprêtent à commander est bien "éthique". Et ça s'emballe, naturellement.
C'est là que les choses sont feuilletonnantes ou à peu près pour Portlandia, quand on suit une histoire plutôt qu'une autre. Et l'ironie du sort c'est que dans les épisodes suivants, on ne verra plus Pete et Nance, mais qu'un autre couple de personnages, par contre, réapparaitra, et que Stewart sera cité par un personnage que jusque là nous ne connaissons pas, etc... En créant un monde dense de la sorte (alors que pourtant totalement absurde), Portlandia parvient à fabriquer pièce par pièce, à travers une suite de scènes en apparence indépendantes, quelque chose d'incroyablement cohérent, alors qu'il n'y a même pas d'histoire. C'est fascinant de voir tout ce que la série parvient à faire simplement avec des portraits, finalement.

Portlandia_3
Pour finir, et après je vous laisse goûter les plaisirs de Portlandia tous seuls comme des grands, voici une série qui ne se prive pas de se moquer de son propre public. C'est facile d'écrire des répliques mordantes sur un "ennemi" commun, genre un redneck complètement abruti avec le spectateur, hilare, pourra se dire qu'il n'a rien en commun. Des séries comme My name is Earl n'ont pas grand mérite à faire rire, car elles ne font pas rire de soi-même. Mais le public premier de Portlandia, et c'est là que c'est brillant, ce sont ses cibles, en fait. Mieux encore : ses auteurs sont dans sa cible. Critique du hipster qui voudrait se croire meilleur que les autres, plus cultivé, plus éco-responsable, plus capable de penser et s'amuser en électron libre, et qui au final finit par rentrer dans un nouveau moule qui souligne le ridicule de l'opinion qu'il a de lui-même, la série Portlandia est aussi, et c'est important, diffusée sur une chaîne... indépendante (IFC, dont on a déjà pu parler à l'occasion de Bollywood Hero). Donc en fait, si Fred Armisen et Carrie Brownstein y ont leur série, c'est parce qu'ils collent à l'identité de la chaîne, et qu'ils écrivent pour plaire à un public qui s'est installé devant cette chaîne précisément parce qu'il pense être différent, et n'être pas concerné par le "mainstream". La boucle est ainsi bouclée !
Et pourtant, ces personnages se font écorcher vif, à l'image de ce dialogue (prolongé pour notre plus grand plaisir pendant le générique de fin, pour un "encore" délicieux) entre Stewart, chef de l'équipe des Sherlock Holmies qui disputent un match de la Ligue de cache-cache pour adultes de Portland, et une vieille dame, et qui démontre combien cette volonté de penser "hors du moule" s'exprime de façon ridicule. Dans la première scène, on affirmait que Portland était "la ville où les jeunes prennent leur retraite", mais en réalité, c'est plutôt le Pays Imaginaire, peuplé de jeunes qui ne veulent pas grandir mais veulent se sentir importants. Et Portlandia ne leur fera pas de cadeau.

Alors oui, c'est différent de la plupart des choses que vous avez vues jusqu'à présent à la télévision, et non, ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'est justement pour ça qu'il faut tenter Portlandia. Parce que vous découvrirez une perle totalement différente de vos comédies habituelles, et franchement, ça fait du bien de découvrir une série qui s'aventure hors des sentiers battus.
Sans compter que si vous aimez, vous aurez l'impression de faire partie d'une élite capable de rire des choses que le commun des mortels ne saurait apprécier... et là vous saurez que vous êtes parfaitement à votre place devant cette série. Ça tombe bien, elle a été renouvelée en début de semaine pour revenir avec 10 épisodes supplémentaires l'an prochain.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Portlandia de SeriesLive.
Favicon

28 octobre 2010

Mere piya...

Il y a quelques temps, je faisais une news pour SeriesLive ; un acte aujourd'hui devenu en apparence anodin, je suppose. Ce n'était pourtant pas une news comme les autres puisqu'il s'agissait d'annoncer l'arrivée prochaine d'une série produite par Lorne Michaels (SNL), conçue par Fred Armisen (SNL) et où Kyle MacLachlan est amené à apparaitre régulièrement. A part à napper le tout de milkshake à la fraise, il n'y avait rien à ajouter, tout était dit pour attirer mon attention. On fera le bilan en 2011 si quelqu'un à la bonne idée de mettre la cagoule à disposition quelque part où je peux la trouver.
Ce jour-là, j'avais fait mes devoirs et découvert que la chaîne IFC n'en était pas à son coup d'essai, et qu'une mini-série du nom de Bollywood Hero avait vu le jour environ un an plus tôt. A la lecture du pitch, je m'étais dit qu'il faudrait y jeter un œil à l'occasion. Et puis j'étais retournée à ma trépidante série d'articles hebdomadaires.

Il y a quelques jours, je ne sais plus comment ni pourquoi, j'ai repensé à Bollywood Hero. Et si vous aviez l'impression que j'étais mal lunée cette semaine, et que j'avais été négative envers toutes les séries traitées, eh bien ça pourrait bien être la faute de Bollywood Hero dont le pilote est tout simplement mon coup de cœur du moment. Oui, une série avec Chris Kattan. On me l'aurait dit ya quelques semaines de ça, je ne l'aurais pas cru non plus, je vous rassure.

BollywoodHero

Voilà tout-à-fait le genre de série dont personne ne vous parle alors que c'est d'une part vraiment original, et d'autre part très, très sympa : dans Bollywood Hero, Chris Kattan (dans son propre rôle) sent bien que sa carrière tourne en rond, voire pire. Un ultime rôle débile et mineur dans une série cheap lui donne l'impulsion nécessaire à accepter la proposition d'un jeune réalisateur indien venu à Los Angeles afin de recruter une célébrité américaine pour son prochain film. Voilà Chris qui s'envole pour l'autre bout du monde, convaincu d'avoir décroché le rôle principal d'un long métrage qui va tout changer...

Le problème c'est que d'une part, Monty, le réalisateur, est un débutant, héritier d'un grand cinéaste indien qui n'a laissé que sa légende derrière lui, et d'autre part la productrice est la sœur de Monty, Priya, une femme au caractère bien trempé qui a vite compris que Chris Kattan (1m68, chétif, une tronche de traviole et essentiellement célèbre pour son personnage de Mango...) n'est pas exactement l'acteur dont on rêve pour un rôle d'enjeu masculin dans un film bollywoodien, où en plus il faut chanter et danser. Mais Chris s'accroche au projet. Alors qu'il était parti sur un coup de tête, il a envie de s'impliquer. Et le voilà en train d'essayer de devenir le rôle masculin dont tous les films bollywoodiens pourraient rêver. Pas gagné quand on a réussi à braquer la star féminine du film et que celle-ci refuse de tourner avec lui.

La partie qui se déroule à Los Angeles est assez classique pour une fiction se déroulant à Hollywood : Chris erre l'air malheureux dans les lieux typiques du gratin, accompagné de Maya Rudolph (elle aussi dans son propre rôle), et se confrontant à Keanu Reeves (jouant une version snob et orgueilleuse de lui-m... hm, dans son propre rôle aussi). La frustration monte de part et d'autre de l'écran parce qu'on sait très bien que l'essentiel du film n'est pas là, mais sans réel agacement, plus parce que la mise en place n'est pas très originale. On tolère néanmoins ces longueurs en découvrant Chris sous un jour très humain, parfois un peu colérique mais visiblement blessé par la trajectoire qu'a effectuée sa carrière.
Mais c'est évidemment le voyage en Inde qui fait tout l'intérêt de Bollywood Hero. N'espérez d'ailleurs pas une image idyllique de l'Inde : Chris découvre d'abord les rues peuplées et pauvres avant de découvrir les superbes studios et les grandes maisons de style. En fait, les décors de l'Inde sont un très bon reflet de ce que Kattan diffuse également : un bon équilibre entre l'image qu'on s'en ferait a priori, et une autre moins spectaculaire mais plus intime. Kattan s'ouvre, se laisse aller à une certaine vulnérabilité, et l'Inde fait la même chose en toile de fond.

On n'est bien-sûr pas dans le constat social, ce n'est pas le propos. Mais alors qu'on pourrait s'attendre à ce que Bollywood Hero ne soit qu'une comédie prenant pour prétexte l'univers des film indiens pour déconner à fond, on découvre au contraire, au fur et à mesure, une sorte de Lost in Translation indien sur fond de cinéma. Certaines scènes donnent vraiment l'oeil humide, à l'instar du passage de total désœuvrement de Chris qui vient de se faire virer du film par Priya, et dont la carte de crédit a été bloquée. Expulsé de son hôtel, errant dans les rues populaires de la ville, on le sent complètement abattu...
Et c'est là, au bout de, je ne sais pas, moi, 30 minutes peut-être ? Qu'intervient la toute première chanson de l'épisode. On ne l'attendait plus. On avait fait une croix dessus. Et c'est une excellente surprise parce qu'elle n'est pas tape à l'œil, s'intègre bien dans le passage, et n'est pas trop longue. Le deuxième grand moment musical viendra à la toute fin de l'épisode, soit une autre demi-heure plus tard, et sera beaucoup plus proche de ce qu'on attend d'un film bollywoodien, mais là aussi parfaitement liée à l'histoire.

On se retrouve avec une fiction qui ne cherche pas à vous faire croire que vous regardez un film bollywoodien, mais capable de reprendre les éléments de ce type de films avec beaucoup d'enthousiasme, et en se concentrant sur son histoire et son personnage central. Il en ressort quelque chose d'authentique, comme dirigé par la passion avant tout et non par l'envie de surfer sur une vague qui effectivement peut sembler légèrement opportuniste maintenant que Slumdog Millionnaire a ouvert la voie. Toute l'équipe et, à ma plus grande surprise, Chris Kattan le premier, est confondante de sincérité, sans mettre le divertissement de côté. On rit, on larmouche un peu, et à intervalles réguliers (mais espacés) on a une folle envie de danser. Tout ça avec une histoire sympathique même si légèrement cliché.

BollywoodHero_Cap_1 BollywoodHero_Cap_2 BollywoodHero_Cap_3

Moi qui n'avais pas beaucoup d'intérêt pour Chris Kattan, je le découvre sous un angle qui me le rend très sympathique. Son interaction avec le reste du cast transpire l'honnêteté, sa scène d'entrainement à la danse avec Beeji est drôle mais donne l'impression d'une vraie rencontre, il ne cherche pas à être comique (alors que ce serait facile pour lui), et globalement on a vraiment l'impression qu'il y a une vraie histoire en Kattan et l'Inde (n'oublions pas qu'il est l'un des créateurs de la série ainsi que le producteur exécutif). Ça fait donc vraiment plaisir à voir.

Dans ces conditions, vous imaginez bien qu'à l'heure où nous parlons, je suis déjà en train de cagouler la suite... il me reste seulement deux épisodes à découvrir, c'est presque de la torture. En attendant je n'ai pas manqué de me découper les deux passages musicaux principaux, et vous imaginez sans peine qu'ils sont en train de tourner en boucle en ce moment-même, me connaissant...
Bon, et vous savez quoi ? La télévision indies (et hindi, pour le coup), ça vaut vraiment le coup de tenter. Vivement Portlandia, tiens.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bollywood Hero de SeriesLive.

Publicité
18 septembre 2010

[Day 18] Mais je confesse un manque de recul

MemeSNL_18

17 septembre 2010

[Day 17] A pleurer de rire

MemeSNL_17

16 septembre 2010

[Day 16] Si quelqu'un a l'épisode entier...?

MemeSNL_16

15 septembre 2010

[Day 15] Parce que draguer CE public coûte trop cher...

MemeSNL_15

14 septembre 2010

[Day 14] It doesn't matter if you're black or white (but you have to be funny)

MemeSNL_14

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>
ladytelephagy
Publicité
Archives
Publicité