A la tienne
Aujourd'hui, pas de post sur les séries non plus.
Juste une pensée pour l'adieu qu'il faudra faire aujourd'hui...

Aujourd'hui, pas de post sur les séries non plus.
Juste une pensée pour l'adieu qu'il faudra faire aujourd'hui...

"Je suis un alcoolique. Je ne prends pas qu'un seul verre. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse prendre qu'un seul verre, je ne comprends pas qu'on puisse laisser un demi-verre de vin sur la table, je ne comprends pas qu'on puisse dire "merci, ça suffit"... Comment peut-on se lasser d'une telle sensation ? Comment ne pas avoir envie de la ressentir plus longtemps ? Moi mon esprit ne fonctionne pas comme ça."
(Leo McGarry, A la Maison Blanche - 3x10 : Bartlet pour l'Amérique)
Bon, je vais être franche avec vous, je viens tout juste de découvrir l'existence des PRISM Awards, via la news du site Le plus en séries. Et encore, même là c'est un hasard, puisque je ne lis jamais ce site d'ordinaire (vu que je ne pratique pas les sites qui ne proposent que des news). Pourtant, le sujet me captive, mais enfin force est de constater que ce n'est pas l'award le plus discuté sur les sites et blogs consacrés aux séries. En tous cas, c'est comme ça que j'ai appris qu'il y avait d'autres personnes que moi qui trouvaient qu'on ne parlait jamais assez de personnages au comportement addictif. Vous voulez qu'on recompte le nombre de fois où je vous ai parlé de Rude Awakening ? Voilà, CQFD.

Pour ceux qui, comme moi pour le coup, manquent cruellement de culture, voilà un bref topo : les PRISM Awards sont remis aux œuvres traitant de la consommation abusive de substances comme l'alcool, les drogues, le tabac, les médicaments... Ce qui, en gros, constitue le cast de ma série idéale, si vous voulez. Il n'y a pas que les séries qui peuvent être récompensées, mais comme je suis téléphage avant tout (bien que je fasse des expériences), je vais faire comme si.
Donc comme toujours dans ces cas-là, j'ai fait un peu de lecture, histoire de rattraper mon retard, et je dois reconnaître que bien des séries récompensées font déjà depuis longtemps partie de mon tableau de chasse. Alors je vous ai préparé un petit florilège de mes vainqueurs préférés...
1997 - Winner
Une Maman Formidable - 4x12 : Un Noël mouvementé
Je ne pense pas avoir vu cet épisode mais il faut quand même dire que la série n'a jamais reculé devant les thématiques sur la boisson. Rappelons qu'à la base, l'héroïne Grace est une ancienne alcoolique, qui a cessé de boire quand elle s'est séparée de son ex-mari, qui la battait sous l'effet de la boisson. Oui, c'est un sitcom, pourquoi cette question ?
2001 - PRISM Commandation
Rude Awakening - 3x02 : Putain de soirée
L'absence de cette série dans le palmarès des PRISM Awards aurait été un scandale. Et pour avoir vu cet épisode, plusieurs fois qui plus est, je peux vous garantir que ça méritait franchement de gagner un trophée. Voir Billie s'engueuler avec son miroir dans la salle de bains, alors qu'un type l'attend dans la chambre pour s'envoyer en l'air afin de pouvoir gagner sa dope, franchement, tout le monde n'aurait pas osé. Faudrait que je me le revoie, cet épisode, puisqu'on en parle.
Titus - 2x19 : L'intruse
C'est pas forcément le meilleur épisode de la série. Et je pense qu'il y en a d'autres qui valent au moins autant sur cette thématique que ce petit épisode avec une ado mal embouchée. Je pense notamment à l'épisode d'intervention, au cours duquel la famille Titus tente d'aider le patriarche... à se remettre à boire. L'effet de cynisme fonctionnait bien mieux.
2002 - Winner
The Division - 1x22 : Dérive
Je n'ai pas encore abordé cette série ici (il faut dire que sa réputation discrète et ses diffusions rares n'aident pas), mais il y a bien des choses que j'avais aimée dans The Division, et notamment le personnage de Jinny, alcoolique notoire qui mettait régulièrement sa carrière voire sa vie en péril à cause de son addiction. Le personnage était un peu une Billie Frank sans l'humour, très touchante mais en même temps beaucoup moins facile à prendre en affection, ce qui est quand même vrai de la plupart des alcooliques, disons-le.
2005 - Meilleur arc - Winner
Jack & Bobby - La rentrée / Le discours de minuit / Frères ennemis
Ah bah, en voilà une autre de série méconnue et hélas trop peu traitée y compris dans ces colonnes. En plus, ça irait vite de se la refaire, cette série, je vais y repenser sérieusement, tiens. Il faut dire que tout un axe tournait autour du fait que la mère de Jack et Bobby avait du mal à se passer de son herbe, chose que même son fils adolescent ne vivait pas aussi bien qu'on le croit. Ce n'était pas tant la qualité d'écriture de cet axe que la prestation de Christine Lahti qui impressionnait beaucoup. Non mais vraiment, plus j'y pense plus je me dis que je vais ptet me refaire une cure de Jack & Bobby.
Le Protecteur - Hallucinations / Amende honorable
Avant The Mentalist, il y avait Le Protecteur. L'acteur principal était tout aussi bon à baffer, mais au moins ça s'expliquait par le scénario, puisque Nick Fallin était pris la main dans le sac de dope dés le pilote, et ce petit avocat riche se trouvait à prendre en charge des affaires pro bono pour le service de l'enfance de la ville. Je me souviens avoir dévoré cette série sur TF1, et avoir eu plusieurs fois des envies de meurtre à cause de ce crétin de Nick, complètement apathique. Mais le fait est que du coup, son addiction était un acte fondateur de la série et de nombreuses intrigues personnelles.
2006 - Meilleur arc - Winner
Reba - Help Wanted / Hello, my name is Cheyenne / Where there's smoke / Best lil'l haunted house in Texas
Outre plusieurs mentions, la série a remporté en 2006 une victoire méritée. L'axe de l'alcoolisme est d'autant plus impressionnant que Reba est un sitcom familial qui très souvent (même si pas toujours) se cantonne au politiquement correct, avec des intrigues classiques et un dénouement où tout est bien qui finit bien. Et là, Cheyenne qui devient alcoolique, vlan. C'est du lourd. Et si au début, la série a réagi par l'humour, au final le traitement a bien mérité cette récompense.
2008 - Meilleur arc - Nomination
Rescue Me - Coups de blues / Les héros du 11 Septembre / Amende honorable / Dieux et fantômes / Un match, une vie
Il est difficile de parler d'alcoolisme sans mentionner Rescue Me ! Je n'ai pas encore vu ces épisodes (mais maintenant que j'ai le DVD ça ne devrait plus tarder) mais je ne doute pas, s'ils sont dans la même veine que ce que j'ai déjà vu, qu'ils retranscrivent des problématiques sur l'alcoolisme de façon très honnête.
2009 - Meilleure performance dans un drama - Winner
The Cleaner - Benjamin Bratt
Sincèrement, je suis déçue. The Cleaner, bien qu'ayant parfois reculé devant l'obstacle, a quand même le mérite d'avoir fondé une série toute entière sur le principe de l'addiction et de la façon dont on peut s'en libérer. Ou tout du moins essayer. L'effort est colossal, même si légèrement opportuniste venant d'une chaîne qui diffuse en parallèle de la real tv sur le même sujet. En tous cas ça méritait plus qu'un simple coup de chapeau à Bratt. Pour 2010, The Cleaner n'est nommé que pour un épisode (cf. Le plus en séries). C'est pas normal non plus...

Vous aurez noté que pour une ou deux récompenses attribuées ("winner"), les PRISM Awards soulignent aussi d'autres efforts ("PRISM commandation"), moindres mais notables tout de même, et régulièrement on trouve des séries comme Les Anges du Bonheur ou Promised Land dans ces citations, ce qui n'étonnera que ceux qui n'ont pas encore lu mon plaidoyer pour réhabiliter ces deux séries, dont pour une fois on va se rappeler l'existence. Urgences a également été de nombreuses fois cité par les PRISM Awards, à raison puisqu'entre les patients et les intrigues de Carter ou Abby, on peut dire que la série a su explorer cette thématique plusieurs fois, avec le talent qui était le sien.
Récemment, j'ai eu envie de redonner sa chance à Saving Grace qui m'avait déçue, mais bon, le temps passe et parfois on change d'avis, ou simplement on est plus réceptif. Vais ptet m'occuper de revoir ce pilote quand j'aurai fini ma rétrospective Jack & Bobby...?
Mais globalement, les séries qui abordent plus spécifiquement ces problèmes d'addiction sont souvent en bonne place parmi mes préférences. En fait, je crois que si je suis sensible à ce sujet, c'est essentiellement parce que je m'y retrouve ; d'une addict des séries aux addicts de séries, il n'y a pas loin, après tout...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (comme moi avant de me pencher sur le sujet) : la liste des gagnants des PRISM Awards.
Je vous jure que j'ai rien prémédité. Bon, disons que ça devait être dans un coin de ma tête, et que c'est ressorti de façon inconsciente. Bref, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Treat Williams, et il s'avère qu'il a l'un des premiers rôles dans la comédie musicale dont il va être question aujourd'hui !
C'est quoi le nom du film ? Hair
C'est plutôt quel genre ? Musical chevelu
Qui on connaît là-dedans ?
John Savage (Dark Angel, Carnivàle), Treat Williams (Everwood), Beverly d'Angelo (Rude Awakening pour moi, Entourage pour vous)... ha, ça c'est du beau générique !
Ça date de quand ? 1979
En résumé, de quoi ça parle ? De cheveux. Non, bon, d'accord, de hippies... pff, comme si c'était pas la même chose.

En moins résumé, de quoi ça parle ?
Claude Bukowski vient d'être appelé pour faire son "tour" au Vietnam. Il fait escale quelques heures à New York, où se passe le recrutement, mais alors qu'il pensait suivre un chemin tout tracé jusqu'au front, il va faire la rencontre d'une bande de hippies, ainsi que de la belle et riche Sheila, et se retrouver embarqué dans des aventures que ce petit provincial n'avait pas imaginé expérimenter.
Et ça finit comment ? Pas à Manchester, England.
Pourquoi c'est bien ? Les chansons de Hair sont à l'image de leur époque : étranges, pleines de vie et d'entrain. Ce sont véritablement des chansons intemporelles (je mets au défi qui que ce soit de chanter les airs de Mozart ou Roméo et Juliette dans 20 ou 30 ans), à l'instar de "Good Morning Starshine", "Hair", et évidemment le cultissime "Let the Sunshine in". Je n'ai pas vécu cette époque (une source de consternation permanente dans ma vie, d'ailleurs) mais devant Hair, tout le monde a l'impression d'avoir été hippie ! Il suffit de voir comment les premières chansons se succèdent : "Aquarius", "Sodomy", "Donna"... oui, il y a une chanson qui s'appelle "Sodomy"... tout cela est fait avec un esprit qui me semble conforme à celui de l'époque, brouillon, joyeux... En un mot : enfumé. Car je soupçonne Milos Forman d'avoir passé de longues heures à rouler des plantes pour préparer son film, mais bref. Outre, donc, d'excellentes chansons et un univers entrainant, Hair, c'est une petite bande de gredins bien sympathiques à suivre et à aimer, et croyez-moi il ne peut en être autrement, entre l'adorable Jeannie, le charismatique Berger, ou encore Woof le petit bonhomme étrange... chacun a peut-être un peu trop fumé mais ils sont tous très attachants. A la façon de Claude, nous aussi on a envie de se laisser emporter par le tourbillon un peu bordélique de leurs vies... Hair est un film qui donne du baume au coeur, voilà la vérité.
Pourquoi c'est pas bien ? J'ai une super anecdote pour illustrer la réponse à cette question, vous allez voir. Lorsque je faisais mes études, j'étais noyée dans une classe de gonzesses qui passaient leur vie à parler de leurs histoires de cœur et de cul (et elles ne se confondaient pas toujours). Je ne plaisante pas : c'était leur seul sujet de conversation. Avec moults détails à l'appui. Flash forward : la veille des vacances de Noël. Comme il est de tradition de ne rien glander ce jour-là, notre prof d'anglais nous suggère de ramener un film de langue anglophone, à regarder en becquetant des friandises, et je ramène donc ma VHS de Hair (oui j'ai fait mes études au 20e siècle, pourquoi ?) et là, elle me dit en me fixant droit dans les yeux avec inquiétude "on regarde ça, tu es sûre ?". J'étais sûre. On a regardé. Ou plutôt on a regardé les 10 premières minutes. Au moment où Woof a entonné "Sodomy... Fellatio... Cunnilingus... Pederasty", il y a eu levée de boucliers dans les rangs, les poules ont commencé à caqueter avec indignation ; horreur et abomination, que tout cela est vulgaire. On a coupé la VHS et on a regardé Las Vegas Parano. Ce qui revenait quasiment au même, mais sans les mots "sodomy" et "fellatio" dedans. Encore que, ce serait à vérifier. Donc voilà le fin mot de l'histoire : ce film est à interdire d'urgence aux coincés du cul, aux psycho-rigides, et surtout, surtout, aux hypocrites.
Ah, les joies du cinéma ! Je me demande si les scènes d'hallucination ont été jouées avec la Méthode de l'Actors Studio ou si ce sont des rôles de totale composition. J'imagine bien les répétitions, quand même...
La réplique qui tue : Bien que Hair, a contrario des deux derniers films abordés dans ces colonnes, comporte des dialogues, j'ai choisi comme réplique qui tue un extrait de la chanson-titre, "Hair" donc, qui est la suivante : "Oh say, can you see my eyes if you can... then my hair's too short !"
La scène qui tue : Le premier numéro musical du film, c'est "Aquarius", une chanson que personnellement j'aime depuis le premier jour. C'est aussi avec ce titre que se fait l'incursion de Claude dans le monde hippie, un monde qui, au fin fond de son Oklahoma natal, lui était totalement inconnu. Mouvements éthérés et libres, musique et danse partout, malice, esprit de groupe... le ton est donné immédiatement sur l'esprit du film, pas de chichi de réalisateur ou si peu, on a l'impression que la caméra regarde dans tous les sens tout ce qui se passe sans chercher à en tirer trop de sens, juste à apprécier le moment... un peu comme si elle était déjà un peu dans les vapes, elle aussi. Si vous aimez ce premier passage musical, je pense que vous aimerez tous les autres qui, bien que chacun à sa façon, ont ce point commun d'être comme flottants. Tout en offrant, je le répète, des airs inoubliables. Et je dis pas ça parce que je suis Verseau.
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J'affirme et maintiens que Hair est un bon film, et un bon film musical en plus. Excellentes chansons, ambiance impeccable... et puis de toutes façons, on n'aura pas mieux.
Bilan : Bah non on n'aura pas mieux, parce que quand on regarde ce film, qui a très gentillement 30 ans déjà, il apparait que si on voulait le refaire maintenant, oui, on pourrait probablement avoir plus de moyens, oui, on pourrait probablement faire une mise en scène plus poussée, oui, on pourrait... mais non, parce qu'on perdrait définitivement l'esprit du film, on ne pourrait pas en faire quelque chose d'aussi en prise avec l'univers hippie. Déjà là, avec autour d'une décennie de retard, on était pile dans les limites imposées par le temps et les époques. Au 21e siècle, il serait impossible de faire Hair sans en travestir l'esprit. Alors du coup, il y a quelques faiblesses, il y a des temps morts (personnellement je n'ai jamais vu l'intérêt de la scène de baignade), et certaines séquences musicales sont là pour l'amour de la musique mais n'ont pas leur place dans la narration. Ok, je l'avoue, c'est clair. Mais que celui qui regarde le final avec les yeux secs ose me dire que le film est raté. C'est simplement impossible.
Hair est un grand film, qui encore une fois parle de grands thèmes. Pendant 1h30, il permet d'entretenir l'illusion d'avoir connu cette période... sans bad trip.
Comment ça s'est passé, déjà ? Je ne me souviens plus trop. Toujours est-il que je me suis mis en tête de fouiller dans mes archives pour voir quels étaient mes posts en brouillon. La vache ! Tout ça ? Mais comment est-il possible ?!
En plus c'est vraiment un crève-cœur : il y a là-dedans des posts qui sont totalement finalisés ! Ils étaient prêts, ils ne sont jamais sortis. C'est bizarre quand même. Je me demande bien ce que j'avais en tête... Il y en a un qui date de 2008 ! C'est du gros délire. Complètement n'imp, comme dit ma frangine.
Alors, bon, j'aime pas laisser perdre, vous voyez. J'ai donc convenu avec moi-même qu'il était temps de les sortir. Que ça ne servait à rien de les garder pour moi toute seule. Que franchement, ils n'avaient pas la moindre raison de rester en brouillon, et d'être effacés encore moins.
Mais tout a un prix, les amis. C'est la crise, v'savez bien. Donc ces posts, il faudra les gagner. Comment ? Oh rien de bien méchant, mais bon au moins ça nous change des jeux habituels (inconnus, génériques, etc...). Alors écoutez bien comme ça va se passer...

Et si vous êtes sages, après, je vous ferai écouter mon son...
J'ai dissimulé des items sur ce blog. Vous les reconnaîtrez facilement : ce sont des cagoules. Chaque cagoule est placée dans un post choisi au hasard par mes soins, et quand vous cliquez dessus, vous obtenez le nom d'un tag du blog, qui vous permettra de trouver la cagoule suivante. Et au total, il y a 10 cagoules. Le premier d'entre vous qui me ramène le résultat de la cagoule n°10 aura le droit de choisir parmi les posts en brouillons, dont je vais dans un instant vous donner les thèmes.
N'essayez pas de cliquer sur des tags au hasard : j'ai mentionné autour de 650 séries sur ce blog, croyez-moi, cette technique ne fonctionnera pas à moins de tous les faire ! Et n'allez pas vous imaginer qu'en lisant les tags les plus populaires (Rude Awakening, Pushing Daisies...) vous allez couper à travers champs. Non, ça ne marche pas comme ça !
Voici à présent l'indice qui vous permettra de trouver le premier tag, et donc la première cagoule. Pour la suite, débrouillez-vous tous seuls !
La première cagoule se trouve sur le tag d'une série canadienne diffusée sur France2...
A présent, à vos souris, trouvez ce tag, vous trouverez la cagoule n°1, et à partir de là tout va s'enchaîner, vous verrez !
Le premier à me rapporter le mot de la 10e cagoule pourra donc choisir le post collector de son choix, parmi les thèmes suivants :
- un point très unpleasant sur l'industrie télévisuelle
- un générique que je n'ai encore jamais posté
- une opération de contagion sur un individu inattendu
- une réflexion à partir de deux dorama mais pouvant s'étendre à bien des séries
- un post à vocation cinématographique
- un post sur un dorama nullissime
- une réaction à chaud sur l'annonce d'une nouveauté arrivant prochainement sur le câble
- une envie de renouveau au moment où les chaînes annonçaient leurs grilles 2009-2010
- une preuve par trois que c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe
Samedi 28, je retire toutes les cagoules du jeu ; donc à votre place, je me presserais, quand même ! (et comme je bosse tout le weekend, si vous avez des questions, j'y répondrai dimanche soir)
Un regard en arrière alors que la nouvelle saison démarre : qu'aura été pour moi la saison 2008-2009 ? Le mot-clé a résolument été : "adieux".
Alors que je m'enflammais sincèrement pour des séries qui, pour la première fois depuis des années, au-delà du simple divertissement, avaient su me toucher profondément, j'ai dû subir leurs annulations successives. Pushing Daisies, Life... Ce n'est pas tant le déchirement sur le moment qui permet de prendre la mesure de l'attachement, que la persistance dans le temps de la douleur.
Mais ces séries ont-elles pour autant fait leur entrée au Panthéon de mes préférées ?
Ce qui qualifie une série préférée pour le titre en question est souvent flou. Sur le moment, bien-sûr, on adore, mais c'est le temps qui décide réellement de ce statut. Les indices relevés sur le vif ne sont pas suffisants pour conclure.
Quand une série est annulée, c'est souvent dans un brouhaha de glapissements d'horreur ("naaaan ! j'adorais cette série, c'était la meilleure de tout l'univers !"), mais combien de ces téléphagiques orphelins ressentiront un manque à quelques saisons de là ? Il semble parfois même que sur certains, l'annonce de l'annulation ait des vertus érogènes, et qu'une série annulée dans la fleur de l'âge devienne de facto une série préférée. Combien sont-ils sur les forums à trainer leur misère... jusqu'à ce qu'une nouvelle série reprenne le titre à la rentrée suivante et que tout soit oublié ?
Toutes les séries que j'ai regardées assidûment n'ont pas nécessairement mérite le titre de "séries préférées", puisqu'on en parle. et parfois, je n'ai pas pu être assidue, mais ça ne m'a pas empêché de sentir très précisément que la série, sans hésitation possible, en était. Je n'ai vu qu'un épisode de la saison 1 de Rude Awakening, plusieurs de la saison 2 et presque toute la saison 3, mais l'intégrale n'est pas utile pour pouvoir proclamer que la série compte parmi mes préférées. D'un autre côté, j'ai vu tout Ally McBeal, et pour autant ce n'est pas du tout son cas. A chacun sa place et d'ailleurs même Reba ne fait qu'approcher le podium sans y poser le moindre orteil.
Alors, bilan ? Environ 6 mois plus tard, je sais confusément que Life, qui avait percuté mon âme de plein fouet par son personnage principal, a désormais les caractéristiques d'une série que je vais regretter... encore un peu. J'ai plaisir à regarder mes DVD saison 1, mais je finirai par en faire mon deuil, et probablement que dans quelques années, au train où vont les choses, quand on me demandera mes séries préférées, je ne la citerai pas.
Et puis, pas loin d'un an plus tard, je sais que Pushing Daisies a d'ores et déjà atteint le statut rarissime de "série préférée". Le simple fait de tomber par hasard sur une photo d'Anna Friel lors d'une recherche Google qui n'a rien à voir, et d'alors ressentir un douloureux pincement au cœur, est de ces signes qui ne trompent pas. Je lis une news sur une grille de rentrée, et en voyant que la série va être diffusée sur telle chaîne de la TNT, une larme roule sur ma pommette, et je sais qu'on m'a enlevé une série qui résolument signifie beaucoup.
Je n'ai pas besoin de faire un gros effort de mémoire pour faire remonter le flot de souvenirs typiquement téléphagiques liés à Pushing Daisies : l'attente du nouvel épisode, le ressenti devant les trouvailles musicales ou graphiques, le cœur qui s'envole de ravissement, la densité soudaine de l'air autour de moi lorsque je rangeais mon épisode en sachant qu'une nouvelle semaine me séparait du suivant... ces choses un peu sentimentales qu'on ne ressent pas devant toutes les séries, et qui ne s'expliquent pas.
Avec les adieux viennent forcément les questions : et ensuite ?
Remplacer ? Forcément impossible. Parfois on essaye quand même, mais ce n'est jamais de cette façon qu'on commence une nouvelle histoire téléphagique. Là aussi, c'est le temps qui décide. On sait, en tous cas, qu'il n'y aura pas de réincarnation possible. Aucune de mes séries préférées n'a jamais pu me donner l'impression que je l'avais trouvée dans une autre plus tard. Ce qui est perdu l'est pour toujours. Mais c'est vrai aussi qu'il n'est pire aveugle que celui qui refuse de voir.
En fait, plus j'y pense et plus 2008-2009, sur un plan téléphagique, aura été pour moi une saison de deuil. Du coup je redoute que 2009-2010 ne soit qu'une saison de rebond. Il faut attendre que se fasse la guérison, lentement.
La période des pilotes commence, on verra après tout, mais je sens bien qu'il est trop tôt.
C'est pour ça aussi qu'après l'arrêt de Pushing Daisies, je n'ai plus su faire durer mes coups de cœur. Mon coeur de téléphage est antidérapant pour un moment encore, rien n'accroche vraiment. Ca a aussi ses bons côtés ; je ne me fixe pas et donc découvre à tour de bras ; il n'y a de la place pour rien alors il y a de la place pour un peu de tout. Mais dans le fond, je suis une téléphage attristée.

J'imagine qu'on a tous une histoire de ce genre, d'une annulation pas comme les autres, qui fait parfois dire que rien ne sera plus jamais comme avant et qui ébranle notre téléphagie dans son ensemble. On sait qu'on n'est pas vraiment fâché, mais quelque chose s'est tout de même abimé. C'est ça aussi, une passion. Il faut admettre que ça fait partie de la vie téléphagique que de tomber amoureux puis de devoir rompre brutalement avec une série. Oui, c'est le temps qui résoudra tout...
Mais vivement la cicatrisation, quand même.
Et pour ceux qui manquent cruellement de magie : la fiche Pushing Daisies de SeriesLive.
En excavant certaines de mes vieilles VHS pour en extraire les génériques que vous avez vus ces derniers jours (et encore, il m'en reste d'autre à vous proposer !), j'ai repensé aux séries que je regardais, il y a des années. Et à voir vos commentaires, je réalise qu'il n'est pas forcément évident que nous les ayons en commun. J'étais pourtant partie du principe que, du moins pour une majorité, elles avaient été vues par la plupart des téléphages français.
Pourquoi "français" ? Parce que, ce que Jesse, La Famille Green et Brooklyn South, entre autres, ont en commun, c'est d'avoir été diffusées sur des chaînes hertziennes et à des heures d'écoute très fréquentables (a contrario par exemple de Millennium, mettons). Comparativement, les réactions sur The War Next Door, Leaving L.A. ou Rude Awakening me semblent plus cohérente : tout le monde n'a pas eu accès à Jimmy ou Série Club.
C'est vrai qu'il y a 10 ans, nous n'étions pas tous téléphages. Que la priorité n'était pas nécessairement d'écumer les programmes télé. Et comme personnellement, je vivais ma consommation télé sous embargo, je peux aussi comprendre que vouloir ne soit pas toujours pouvoir.
Mais ça m'interpelle quand même un peu. Attendre la TNT pour découvrir Jesse, alors qu'une chaîne hertzienne publique diffusait la série dans le même type de tranche horaire que Friends... ce n'est pas un reproche, hein, mais c'est quand même un peu bizarre pour moi.
A peu près à la même époque, il y avait Ally McBeal, Charmed, Buffy, et ceux-là, tout le monde les avus, étrangement. Mes souvenirs de cette époque ne sont pas flous au point d'avoir oublié combien la presse spécialisée ET généraliste nous bourrait le mou avec une poignée de quelques séries, devenues, un peu artificiellement, complètement incontourables. Pour avoir reçu le prix de "la squatteuse du rayon magazine" en 2000, 2001 et 2003 (je me suis laissée surprendre en 2002), je ne me rappelle que trop bien les 712 millions de couvertures avec Sarah Michelle Gellar, dans toutes les tenues et les positions imaginables (plus quelques autres). Je comprends bien qu'avec un tel matraquage médiatique, même le dernier des clampins au fin fond du Gers regardait la série.
Mais si je conçois qu'on cède parfois à la pression médiatique et qu'on regarde une série précisément parce qu'on sent que si on ne le fait, on se mettra à vivre hors du monde, j'avoue avoir du mal avec l'idée que des séries moins médiatisées, mais pourtant très accessibles, soient quasiment méconnues, même pour ceux qui disent aimer les séries. D'autant qu'à l'époque, "la chaîne des séries" avait justement su galvaniser les foules à propos de ce format.
Aujourd'hui, j'ai tendance à mieux comprendre les écarts de références qui existent dans la communauté téléphagique, cela dit.
Avec l'omniprésence d'internet dans nos modes de consommation, nous pouvons choisir nos "classiques" beaucoup plus librement que lorsque nous étions dépendants uniquement de la télévision. Plus rien ne vous empêche de regarder l'intégrale de Three's company (et je ne vous encouragerai jamais assez à y jeter au moins un œil), et de considérer que cette série est une référence pour vous. Avec internet, les profils téléphagiques peuvent se diversifier et, pour ce que j'en vois, c'est progressivement le cas en effet. Si des LOST, des Desperate Housewives et autres House tiennent encore le haut des pavés médiatiques, nous nous autorisons de plus en plus à leur échapper, et ainsi nous construisons notre culture téléphagique personnelle, la nôtre, et rien que la nôtre. Le réseau des connexions entre téléphages devient plus complexe, et c'est tant mieux. On va trouver de moins en moins de téléphages qui auront vu exactement les mêmes séries.
De par le cagoulage (gloire, gloire !) et le streaming (honte, honte !), nous pouvons décider de regarder des séries qui autrement nous seraient inaccessibles, et ainsi nous cultiver à la carte. C'est juste magique, je ne le dirai jamais assez.
Mais j'avoue que pour moi, il reste très mystérieux que nous ayons attendu la prolifération d'internet pour nous construire nos propres références téléphagiques, et étendre notre culture à des titres moins médiatisés.
Heureusement qu'internet est là pour éduquer le téléphage.
Ce n'est pas sans frisson que j'écris le titre de ce post. Nous y voilà enfin. Le générique de Rude Awakening. Depuis le temps. Ou plutôt, attendez, mieux que ça encore : les génériques de Rude Awakening.

Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si
le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me
prévenir !
Les deux premières saisons ont droit à un générique plutôt enjoué. Les thématiques sont présentes, aucun doute (Billie lève le coude, Billie s'envoie en l'air avec n'importe qui...) mais sont vite atténuées par des grimaces, des grandes gesticulations, et les pectoraux de Dave, ça aide toujours un peu. Personnellement je ne suis pas ultra-fan des onomatopées. Principalement parce qu'elles ne me semblent pas apporter grand'chose. Mais finalement l'opération est réussie, dans le sens où on sent que Rude Awakening plaisante avec des sujets un peu décalés, et c'est finalement l'essentiel. Quelque part, je dois avoir un épisode de la première saison, où normalement si mes souvenirs sont exacts, on voit aussi la meilleure amie de Billie, Jackie. Je fouille, je vous tiens au courant.

Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si
le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me
prévenir !
La troisième saison fait un choix radicalement différent. Le ton de la série a changé (ou plutôt, évolué) puisque Billie combat avec beaucoup plus de ténacité son alcoolisme, et tente de construire une relation solide et sérieuse avec Sonny Spoon. La chanson suit le cheminement : de la mélancolie, de la colère émanent de ce générique. On trouve encore à l'image des pitreries, mais on sent que l'univers a changé. Il ne s'agit plus de simplement subir les ravages de l'alcoolisme mais bien d'affronter les coups durs.
Deux génériques pour le prix d'un, non-non, ne me remerciez pas. Ça me fait plaisir. Ô combien.
Et pour ceux dont l'inculture crasse me donne envie d'un scotch : la fiche Rude Awakening de SeriesLive.
Le dernier jeu des génériques remonte à... pfffiulala, au moins. C'est d'autant plus dommage pour vous que dans l'intervalle, j'ai mis la main sur ma machine à ripper, que je domine presque totalement à présent (hélas pour Scarlatiine, seulement presque...) et donc que je peux fournir plein de génériques totalement introuvables par ailleurs. Tiens, d'ailleurs, vous savez quoi ? Moi je pars bosser dans quelques heures, et vous qui êtes probablement en vacances, vous allez trouver les 10 séries dont j'ai rippé le générique ces derniers jours. Oui, on va faire ça !
Et ensuite, comme d'hab, je vous uploade tout ce que vous aurez trouvé, qu'est-ce que vous dites de ça ?!
1- Une série méconnue de David E. Kelley > Snoops
2- Une série avec un agent secret et un super génie du mal > The War Next Door
3 - Une série où on voit les jeunes années de Lex Luthor et ses amis à Metropolis > Zoe, Duncan, Jack & Jane
4 - Une série où la famille a un nom très courant, mais pour une fois la fille ne s'appelle pas Rachel > La Famille Green
5 - Une série de Bochco avec une actrice de la série n°4 dedans > Total Security
6 - Une série avec des uniformes comme j'aime > Brooklyn South
7 - Une série qui présente de curieuse similitudes avec Berverly Hills > Grosse Pointe
8 - Une série avec Samantha Newly > Jesse
9 - Une série sur la mort, ou peut-être plutôt la vie > Leaving L.A.
10 - Une série qui aura toujours ma priorité même quand je suis bourrée> Rude Awakening
Vous verrez que dans la plupart de ces génériques se cachent d'ailleurs de nombreux visages que vous connaissez, c'est assez amusant de voir ça ! Mais ça se comprend puisque certaines de ces VHS ont dans les 10 ans... Ce qui est déjà un indice en soi.
Allez, tout ça c'est collector, donc si vous voulez faire le plein d'inédits, vous savez quoi faire : tout deviner dans les 24h qui viennent ! Vous avez déjà prouvé par le passé que vous étiez très capables, je ne m'inquiète pas pour vous.
Ah, je suis contente de pouvoir vous proposer tout ça !!!
Je ne sais plus pourquoi mais je me suis mise à repenser à l'un de mes ex. Non je me suis pas trompée de blog. Après que nous ayons rompu, je me suis aperçue qu'il avait souscrit à un service de petite amie virtuelle, qui lui envoyait régulièrement des mails indigents du genre "ah j'ai passé une bonne journée aujourd'hui, j'ai hâte qu'on se voie", rien de polisson.
Comment j'ai eu accès à ces mails relève désormais de la prescription. Non, je vous le dirai pas... vous êtes de la police ou quoi ?
Bref j'y repensais, sans jugement aucun d'ailleurs (est-ce ma faute si je suis trop humaine pour les hommes que je fréquente ? Raisonnablement non), et je me suis dit : je me demande s'il est encore abonné à ce truc. Sans doute pas. Je le lui souhaite. Enfin, avec les mecs, on sait jamais. Mais même s'il l'était encore, ça m'a rappelé à quel point certains d'entre nous entretiennent tout de même des relations imaginaires.
Arrêtez de vous moquer. Je parle aussi de nous, téléphages.
Cette relation imaginaire avec des séries, je ne vais pas avancer bêtement qu'elle existe entre le spectateur et la série qu'il suit. Au contraire, cette relation-là est bien réelle. Pas comparable avec d'autres relations évidemment (pour ceux qui se rappellent encore comment on peut avoir des relations avec quelqu'un d'autre que le monsieur qui nous livre des pizzas pour nos soirées télé), mais elle existe et j'en ai déjà parlé de nombreuses fois (dont ici). Bien crétin celui qui irait faire mine d'avancer que, boh, la télé, ça n'engendre pas un lien affectif. Ou alors ce serait quelqu'un qui tond la pelouse en même temps qu'il regarde Damages (je me fais pas des amis en appuyant là où ça fait mal). La tendresse qu'on a envers les personnages, notre assiduité d'une semaine à l'autre, et pour les bloggueurs téléphages parmi nous, la ferveur que nous mettons à disserter sur le sujet en long, en large, en review et en travers, en sont des indices assez nets.
Non, je parle de la relation imaginaire avec les séries qui ne sont plus. Nous les avons tant investies que nous continuons de nous en préoccuper alors même qu'il ne s'y passe, par essence, plus rien. Je ne le critique pas, pour le pratiquer moi-même, mais je dois dire que je connais très peu de domaines d'intérêt où cette inclination est si prononcée.
Scarlatiine parle par exemple de La petite maison dans la prairie, et à travers cette série, de tout ce qui nous a marqué à jamais dans nos coeurs de téléphages. Comment se fait-il que 10, 15, ou même 20 ans après, nous continuons d'avoir une relation avec ces séries qui nous ont marqués ? Cela fait par exemple des siècles qu'il n'y a plus d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (depuis l'arrêt de Living with Fran, diront les mauvaises langues), et pourtant j'ai trouvé le moyen d'avoir des choses à en dire à 24 reprises depuis l'ouverture de ce blog, alors qu'évidemment la série était finie depuis des lustres avant même que je n'ouvre ladytelephagy ! La faute aux rediffusions ? Pas seulement ! Ou alors on m'explique les 26 occurrences de Rude Awakening...
La série vit toujours en nous.
Même sans aller jusqu'à la fanfiction (quoique les Buffyistes soient parmi les coutumiers de la chose), nous repensons aux personnages, aux bons moments passés, bref nous la nourrissons de notre imaginaire. Nous avons réellement construit des souvenirs avec ces séries... comme s'il s'agissait d'amis imaginaires. Sans même parler des extrêmistes qui tombent dans le culte de la personnalité (chais pas moi, imaginez quelqu'un qui regarde tout ce que fait Kyle MacLachlan même quand c'est pourri ; et ça l'a longtemps été), il est assez perturbant de voir que nous continuons d'investir des séries tombées au combat.
Un peu plus tôt ce matin, tao tweetait sur Everwood. Voilà bien un exemple flagrant de série avec laquelle les spectateurs ont continué d'entretenir une relation tendre. Et moi, avec mon deuil de Pushing Daisies qui me mine le coeur ? Pas mieux.
Je trouve ça absolument sidérant, finalement. Certes, tant qu'on reste dans une certaine mesure, ce n'est pas inquiétant. Mais ça pose sérieusement question tout de même sur le principe même de la série, qui s'insinue dans notre quotidien et espère tentaculairement s'accrocher à tout ce qui dépasse pour qu'on ne cesse jamais de la regarder. Une fois l'annulation passée, ainsi que des années voire des décennies, nous sommes toujours sous le charme.
L'addiction à une série se soigne-t-elle un jour ?
Une partie de moi espère que non. L'autre partie pourrait rationaliser un peu, mais elle est trop occupée à écouter la première chanter After You've Gone, chanson utilisée dans un épisode de Rude Awakening que je n'ai pas vu depuis deux ou trois ans, et que je fredonne depuis ce matin. Vous en tirerez les conclusions que vous voudrez...
Quand Fabien m'a dit qu'il pensait que First Contact était un bon film de la franchise Star Trek, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander, pour savoir que faire de cette information, à quel moment il avait découvert le film dans la chronologie de sa découverte de ladite franchise. Car en ce qui me concerne, First Contact est le tout premier élément de Star Trek que j'aie découvert, comme la première pièce d'un légo géant que je n'ai jamais fini de construire, et je soupçonne que cette première place chronologique lui assure également une première place affective à vie. Quelles que soient les briques de légo qui ont suivi, et qui suivront je pense, ma préférence lui reviendra toujours.
Si je me permets de m'avancer sur le futur, c'est aussi parce que, hein, je me connais. Je sais bien quel genre de téléphage je suis !
Et à l'instar des séries qui nous inoculent le virus de la téléphagie, et que nous ne parvenons jamais à renier (souvent sans même essayer), l'épisode par lequel on commence une série tient à jamais une place particulière. Oh, il n'a pas besoin d'être le meilleur ! Il est juste le préféré.
Je ne sais pas si ça m'est propre, mais c'est en tous cas un comportement assez marqué chez moi. Plusieurs exemples me viennent à l'esprit pour confirmer ce verdict.
Dés les premiers émois de ce blog, par exemple, je vous parlais d'un épisode de Rude Awakening. C'est à la fois le premier que j'ai vu mais aussi le plus ancien que j'ai pu me procurer. Sa structure, il est vrai, est assez particulière, puisqu'à la faveur d'un anniversaire, Billie fait un bilan de sa vie (un exercice qui est toujours très pratique pour qui prend une série en cours de route, il faut bien le reconnaître), mais pour moi, il a valeur de pilote. Si un jour... j'ai dit "un jour"... si un jour je finis par mettre ENFIN la main sur le pilote de cette série (hélas, rien n'est moins sûr ; quel camouflet, quand même !), je pense qu'il ne détrônera jamais cet épisode. Et puis il faut dire qu'en plus je l'ai regardé si souvent, celui-là...!
Dans le même genre, il y a eu l'expérience Titus. J'ai là aussi évoqué très tôt l'un des deux épisodes de la série que je connaissais (quasiment par cœur, en plus), et quand j'ai finalement vu le pilote, eh bien deviné ce qui s'est passé ? Voilà, ça n'a pas raté : bien qu'ayant beaucoup aimé, et bien que continuant ensuite de suivre la série avec délice, Papa est mort reste mon épisode préféré.
Ainsi, le premier épisode vu a toujours une place à part dans mon cœur, et ce, que la série soit feuilletonnante ou non, d'ailleurs.
Alors, de la même façon que parfois on se remet en question sur ses séries favorites, plus par hygiène intellectuelle qu'autre chose, histoire de se prouver qu'on est encore capable de recul sur sa propre consommation téléphagique, je me demande où est l'oeuf, et où est la poule, dans mon cas particulier de téléphage pilotovore.
Est-ce que j'aime plus spécifiquement les pilotes parce qu'ils apportent des éléments précis (construction des personnages, présentation de l'intrigue, introduction des problématiques...), ou est-ce juste par rigueur, pour commencer les choses par le commencement, de façon à ne pas risquer par la suite de penser que le pilote n'est pas si bien que ça ? Mouais, sans doute un peu des deux, dans le fond. Le plaisir de la découverte serait-il le même si je débutais une série par autre chose que le pilote ? Désolée, je ne peux répondre à cette question, ma religion de pilotovore me l'interdit.
Combien de fois est-ce arrivé ? Parce que j'avais découvert la série par le biais d'un épisode ultérieur, je finissais souvent par me dire que le pilote était imparfait, inachevé, bancal, lent, inefficace... Je crois que j'aurai toujours un doute, dans le fond : l'est-il vraiment, souffre-t-il simplement de la comparaison avec les épisodes suivants, ou est-ce carrément mon affection quasi-systématique pour le premier épisode vu qui entre alors en ligne de compte ?
Notez bien cependant que ça ne m'empêche aucunement d'adorer les séries frappées par ce sort mystérieux, comme en témoigne la 3e saison de Titus que je termine d'engloutir (par contre j'en ai marre d'envoyer des résumés d'épisodes qui ne sont jamais validés, entre nous soit dit, je fais grève de ce côté-là en ce moment).
Après tout, quelle est l'objectif premier d'un pilote (et par extension du premier épisode vu) ? Ce n'est pas tant de construire un cadre narratif, ni de décrire les personnages avec précision. Il s'agit avant tout de commencer au plus tôt à tisser des liens affectifs avec le spectateur. Et si le premier épisode accomplit ce miracle, le spectateur en question finira son visionnage avec la pensée suivante "j'ai hâte de voir ce que ça va donner quand ils maîtriseront tout ça et auront le temps de développer". A partir de là, l'affaire est dans le sac. Mais, qu'il manque à sa mission, et la fidélisation du spectateur, pourtant primordiale en télévision, ne tient plus qu'à un fil. Le reste n'est que secondaire de ce point de vue ; les écarts de conduite seront facilement pardonnés par le spectateur si on le tient par l'organe le plus important : le cœur !
Dans la vie de tous les jours (vous savez, celle qu'on a quand on éteint la télé... non-non, c'est pas une légende, il parait que ça se fait parfois), on plaisante souvent sur l'importance de la première impression, mais en y réfléchissant, la télévision est le secteur audiovisuel où elle a le plus d'importance. Vous n'avez pas aimé le début du film ? Pas grave. Non seulement vous êtes enchaîné jusqu'à la fin (ne serait-ce que parce que, vu le prix des places, vous allez rester jusqu'au bout !), mais au pire personne ne vous force à revenir voir le même film la semaine suivante, ni à aller voir son épisode suivant l'année d'après. Mais pour une série, la fidélisation, c'est la clé ! Et la première impression laisse sur le spectateur une empreinte profonde et indélébile.
La meilleure preuve, c'est peut-être à vous de la donner : combien de fois avez-vous changé d'avis sur une série qui vous avait fait très mauvaise impression au départ ?