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ladytelephagy
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pushing daisies
16 juillet 2011

Winter is so far away

GameofThrones-Bilan

Des séries, j'en vois défiler quelques unes sur mon écran. Deux ou trois par an (je parle en centaines, ça va de soi). Donc quand je suis prête à dire que l'une d'entre elles s'apprête à entrer dans mon Panthéon personnel, genre là où on trouve déjà Pushing Daisies et SPACE 2063, ça a du sens, quand même. Il y a les séries qu'on aime mais qui font partie du roulement, et qui disparaitront du podium avec le temps... et celles qui demeurent des classiques à jamais. Pas sûre que dans 10 ans je vous reparle de Nurse Jackie par exemple. C'est une bonne série mais elle n'a rien de ces titres qui vous provoquent une révolution téléphagique, qui vous remuent les tripes, qui font basculer votre univers.
Game of Thrones, si.

C'était à la fois un délice et une torture que d'attendre une semaine entre chaque épisode. Et c'est rare pour moi, ce genre de choses. Quand, lorsqu'on regarde une poignée de pilotes par semaine, qu'on a quelques intégrales en route à des rythmes variables, et pas mal de série en cours de suivi hebdomadaire, une série provoque une telle sensation d'excitation et de manque à la fois, c'est là encore un signe qui ne trompe pas.

Pourtant qui aurait pu le prédire, quelques semaines plus tôt encore, alors que je présente une forte allergie au genre, et que dés le départ il était net pour moi que regarder la série n'impliquerait jamais au grand jamais de me farcir la lecture des bouquins. Je partais avec des handicaps marqués, qui d'ailleurs ont eu des effets négatifs prévisibles pendant le visionnage du pilote, et pourtant, me voici conquise à l'issue des 10 épisodes. Au point de trouver que 10 épisodes seulement, c'est du sadisme.

D'abord, parce Game of Thrones brille par une galerie de personnages absolument impeccable. Il n'y a pas un personnage qui ne soit parfaitement dépeint, du plus présent au plus secondaire. Parfois on a l'impression que le cast est trop large pour l'histoire qu'il y a à raconter (certains personnages ne semblant être là que pour peupler un univers qu'il faut montrer comme dense et divers, à l'image de gens comme Septa, Hodor, Ros, Doreah, etc...), mais il n'empêche que chaque personnage est conçu, et interprété, avec tant de soin, de détails et d'application, qu'on se voit mal ne pas tous les apprécier pour ce qu'ils apportent, ce qu'ils présentent, ce qu'ils dévoilent. Par exemple sur la fin on apprend le secret du vieux Pycelle, alors qu'on ne savait même pas qu'il en avait un, et au juste difficile de dire si cette révélation aura un impact sur la suite ou si ça fait juste partie de l'excellente écriture des personnages pour leur donner tout le relief possible. Ce relief fait qu'aucun n'est parfait (la famille Stark ayant, en grande majorité, un don incroyable pour être d'une connerie sans précédent, drapée qu'elle est dans la fierté qu'elle tire de sa supériorité morale), et pourtant tous ou presque ont des raisons de capter notre attention et notre affection.
On peut trouver qu'il faille une mémoire encyclopédique pour retenir tous les noms, mais on ne peut pas retirer à Game of Thrones qu'elle en fait un emploi impeccable même quand ça n'a pas d'utilité pour les intrigues, ou pas directement.

L'intrigue en elle-même, justement, est un poème à elle seule. A l'issue des 10 épisodes, on ressort avec l'impression d'avoir assisté à une saison d'exposition (ce qui explique le sentiment de flou que j'avais ressenti au moment du pilote). Game of Thrones est une immense fresque dont la genèse prend naissance des années avant son premier épisode, et pourtant son but est de nous préparer aux évènements à venir, pas de nous expliquer ce qui s'est passé, et pas de nous offrir une histoire pour lequel le passé soit éclairant, non plus. La fuite des Targaryen n'est ni la conséquence directe, ni même la cause directe, des évènements qui attendent les protagonistes qui en sont les héros, par exemple.
En fait toute la première saison est destinée à nous donner un immense sentiment de rouage de l'histoire : ce n'est ni là que ça commence, ni là que ça finit, c'est une époque de troubles dans une histoire qui n'a connu que des troubles, quelle que soit l'époque. Game of Thrones accomplit ce qu'aucune série réellement historique n'a jamais réussi à créer à mes yeux : l'impression d'un cycle parmi tant d'autres dans l'histoire d'un continent, d'un peuple, d'un royaume, où chaque élément s'explique historiquement et expliquera quelque chose d'autre historiquement, mais peut se prendre comme une histoire à part entière. L'ironie du sort, c'est que c'est de la fantasy qui me donne l'impression pour la première fois de suivre dans une série l'Histoire avec un grand H. On a l'impression d'un cours magistral d'Histoire qui tente de nous donner à la fois les faits et leur conséquence indirecte, pour nous préparer aux explications sur la période qu'on va vraiment étudier. Je ne sais pas vraiment comment l'exprimer, c'est comme si la première saison avait cette incroyable capacité à tout placer dans un contexte, en ayant la conscience aigue que tout aura une conséquence.

Et pourtant, pendant les épisodes, il n'y a aucun temps mort, aucune impression de lenteur, d'exposition longue et bavarde, d'explication pour nous permettre de comprendre les enjeux au détriment de ceux-ci, comme on pourrait le craindre vu ce que je viens de dire. Au contraire la série se déroule au pas de charge ! J'ai rarement vu une série dans laquelle il se passe tant de choses en 10 heures, il y a de quoi faire rougir 90% des séries dramatiques dont les intrigues trainent laborieusement en longueur !
Par je ne sais quel miracle, Game of Thrones parvient à avoir toujours la bonne dose d'action, d'humour, de revirement de situation, d'explications, de questions sans réponses, de réponses sans questions, et de character development, en un temps absolument record ! C'est plus de l'écriture, c'est de l'orfèvrerie.

Alors on pourrait se dire que dans tout ça, n'importe quel téléphage serait déjà comblé. Et pourtant, non. Les spectacteurs masculins ont eu avec cette saison un aperçu de ce à quoi peut ressembler un orgasme multiple : quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Et on n'a aucune envie de s'en plaindre.
Parce que non contente de présenter des personnages impeccablement dépeints, non contente d'avoir des intrigues savamment dosées, non contente d'avoir un rythme haletant et pourtant toujours attentif à ne perdre personne en route, Game of Thrones, c'est aussi des costumes et des décors éblouissants (et pourtant Dieu sait que je suis pas du genre à craquer là-dessus), une réalisation léchée, une BO à tomber par terre...

A partir de là, le seul reproche qu'on peut formuler envers Game of Thrones, c'est celui qui déjà pointait son nez quand je vous parlais du pilote : il n'est pas concevable, voire même criminel, qu'on puisse regarder cette série et être laissé en plan entre deux épisodes, à plus forte raison entre deux saisons !
Si vous n'avez pas encore tenté Game of Thrones, mon conseil sera donc de ne pas vous y mettre. D'attendre son annulation, dans 10 ans si Dieu le veut, et à ce moment-là, de vous bloquer 15 jours de vacances et vous faire une intégrale. Ne vous mettez pas au supplice : attendez avant de vous lancer.
Parce qu'une fois que vous aurez commencé Game of Thrones... you watch or you die.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Game of Thrones de SeriesLive.

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3 juillet 2011

Toutes griffes dehors

Parfois, les arguments qu'on m'oppose contre les dorama nippons, c'est l'excentricité de leur pitch : le fils du roi des démons qui débarque dans notre monde avec ses copains, une petite famille qui vit avec un chien qui parle, ou un jeune homme dont le sexe libère des billes de couleur... je reconnais qu'il y a des bizarreries qui de premier abord (voire plus) semblent trop allumées pour le spectateur occidental.
Toutefois, je vais vous dire pourquoi ces arguments n'ont aucune valeur à mes yeux pour dénigrer la production japonaise : parce qu'à côté de ça, aux States, il y a des pitches tout aussi ridicules.

La preuve par l'exemple avec The Nine Lives of Chloe King.

ClawyChloe
Je vous résume le concept : une adolescente apprend qu'elle est en réalité un chat. Vous m'avez bien lue : UN CHAT. Absolument. Un putain de chat. Avec les griffes, le sens de l'équilibre, l'ouïe fine, un chat quoi. Bon alors, pas entièrement parce que sinon ça coûterait cher en effet spéciaux, donc un chat humanoïde, une race un peu à part de... nan mais, un chat quand même.
Et donc, une adolescente. Pour ne rien arranger. Alors déjà un chat c'est retors à la base, mais en plus un chat adolescent...

L'an dernier, Huge nous avait redonné confiance en ABC Family. Mais là ? Là, non. Tout espoir est dissipé.
Comme si
les questionnements merdiques de l'adolescence ne suffisaient pas ("hiiiii j'ai rencontré un mec trop choupi et je l'ai embrassé !"), on a une héroïne qui est... un chat. Je m'en remets pas vraiment, je vous l'avoue. Pourtant des chats j'en ai deux, j'ai rien contre les félidés à la base. Mais une héroïne qui est un chat, et puis quoi encore ?

Donc quand il ne s'agit pas pour son personnage central de tomber en pâmoison devant tout ce qui porte un pantalon ou presque, The Nine Lives of Chloe King nous dévoile une structure qui ressemble à s'y méprendre à celle de Lost Girl, en cela qu'il s'agit avant tout d'avoir l'air badass tout en déclamant plein de petites piques à peu près marrantes. Et si l'interprète a effectivement l'air plus avenante que l'autre renfrognée de succube, ne vous y trompez pas : l'idée est la même.
D'ailleurs, on va vite apprendre, par exemple dans ce paragraphe plein de spoilers, que si Chloe King embrasse un humain, elle peut lui abimer méchamment la santé, un peu comme quand Bo ne peut toucher personne sinon elle aspire de l'énergie. Et on est à mille lieues de tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à Pushing Daisies, non, le concept, c'est juste d'isoler le personnage par un artifice quelconque qui va le handicaper, parce que comme c'est une adolescente, les garçons c'est forcément sa kryptonite, et que si on la prive de ça à 16 ans, malheur de malheur, elle sera triste et malheureuse comme les pierres (mais par contre la série sera diffusable sur ABC Family, eh, on n'a rien sans rien). C'est parce que comme ça, Chloe sera seule face aux embrouillaminis qui l'attendent entre les gentils chats (oui, ya pas qu'elle) et les méchants qui veulent les exterminer (sont-ce des chiens ou simplement la fourrière, on ne sait pas encore trop).
C'est le sens de la dramatisation dans The Nine Lives of Chloe King, vous voyez le niveau.

Mais contrairement à Lost Girl qui nous présente une héroïne qui sait déjà se servir de ses pouvoirs, Chloe, elle, les découvre dans le pilote. C'est fascinant cette propension qu'ont les superpouvoirs à toujours se déclarer à une date anniversaire, puisqu'on en parle, m'enfin.

Donc en prime on a des scènes lourdingues sur "oh mon Dieu mais comment elle a fait ça ?!", qui émaillent tout le pilote comme si on était demeurés et qu'on n'avait pas compris dés le pseudo-générique (au bout d'1mn30, donc, quand le titre "the NINE LIVES of Chloe King" et la pupille féline sont apparus à l'écran) quelle pouvait bien être la nature de Chloe.
PS : eh les gars, ya des trucs qui s'appellent des synopsis, et, hormis les cas désespérés comme moi qui regardent TOUS les pilotes, il y a des chances que, si quelqu'un s'aventure devant celui-là, il en connaisse déjà le pitch, arrêtez de nous prendre pour des teubés.
Donc ça donne une pléiade de scènes du genre : Chloe peut entendre de la musique qu'on n'entend pas (c'est un truc à niquer le business d'Apple ça), Chloe peut marcher en équilibre sur le dossier d'un banc (in yo face, le Cirque du Soleil !), Chloe peut même... COURIR ! Elle découvre ça à 16 ans avant de réaliser qu'elle peut passer par-dessus... tenez-vous bien... une caisse en bois ! SI ! Ca vous en bouche un coin, hein ? Pis faut voir avec quelle tête d'illuminée. Qu'est-ce qu'il y a, elle a séché les cours d'EPS jusque là ou quoi ?

The Nine Lives of Chloe King, on l'a dit, se préoccupe d'une adolescente, et pour cette raison on a droit à la panoplie complète de toute comédie adolescente qui se respecte (mais tient le QI de son public en faible estime), genre, disons, allez, n'importe quelle série Disney. Donc on a la gentille maman (mais qui est un peu cachottière parce qu'on va pas se priver de quelques scènes de conflit ultérieures), la copine faire-valoir exubérante qu'il faut mettre au déca, le copain faire-valoir qui sert de caution comique/ridicule pour que l'héroïne ait l'air cool, et même l'enjeu-masculin-qu'on-sait-qu'elle-peut-pas-avoir-mais-qu'elle-passera-quand-même-toute-la-saison-a-essayer-d'avoir-des-fois-que-l'amour-soit-plus-fort-que-tout, la totale, je vous dis. Remplacez Chloe King par Tori Vega et c'est la même.

Alors à votre avis, The Nine Lives of Chloe King, j'ai aimé, ou pas ? Suspense, angoisse, mystère...
Je sais oh, je sais bien, je ne suis pas dans la cible, c'est normal que ça me plaise pas. Mais quand même, c'est trop demander que de vouloir un peu plus que ça ? Enfin bon, au moins, maintenant, vous savez : vous n'avez plus d'excuse pour faire de généralisations stupides. C'est déjà ça de gagné.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Nine Lives of Chloe King de SeriesLive.

25 mars 2011

[DL] Den Som Dræber

On dirait que la motivation revient, progressivement. Ca n'aura jamais pris que deux mois, et encore, ça pourrait être mieux. Mais il s'avère que du coup, la semaine a été plutôt fructueuse. Alors, de quoi vous parler aujourd'hui ? Du pilote de Prozac, que j'ai finalement décidé de regarder après des mois d'hésitation, de Mad Dogs, que j'ai goulument avalée en quelques jours, du très bon démarrage de Winners & Losers, d'ailleurs il faudra surveiller les audiences la semaine prochaine, de l'intégrale Outsourced du weekend dernier, du pilote d’Endgame auquel je me suis attaquée alors que le deuxième épisode était déjà diffusé (pas bien), ou encore, accrochez-vous à vos bretelles, du coffret Borgen que j'ai finalement reçu pour mon anniversaire ce mercredi... Non mon anniversaire n'était pas du tout ce mercredi, mais vous commencez à connaître mes parents : quand il s'agit de cadeaux d'anniversaire, rien n'est jamais simple ; pour mémoire, rappelons les péripéties autour de la 1e saison de Pushing Daisies... Tout ça sans évoquer le décevant 10e épisode de Harry's Law, définitivement la série la plus inégale du moment (mais un coup de cœur tout de même), parce que je vais pas vous en parler tout le temps, non plus, même si ce n’est pas l’envie qui manque.

Déjà que vous avez eu fort à faire en lecture cette semaine, et vous n'avez même pas eu le temps de lire les trois pavés qui ont été postés, la preuve : zavez pas commenté. Ahem.

Donc, du coup, j'ai choisi la solution de facilité : j'ai décidé de vous parler d'une série que je n'ai PAS vue cette semaine. Il faut dire que je guette désespérément les sous-titres de Den Som Dræber, nouvelle série danoise lancée sur TV2, et que comme ça je peux en profiter pour vous demander gentillement si vous les avez vus passer. Hop, ni vu ni connu j't'embrouille, ça fait d'une pierre deux coups.

DenSomDraeber
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

D'autant que je me suis rendue compte que, jusqu'à présent, chaque fois ou presque que je vous avais parlé de série scandinave, j'avais soigneusement évité les séries policières. Deux explications à cela : d'abord tout simplement par goût personnel, puisque je ne suis pas attirée par les séries policières quel que soit leur pays d'origine (on va pas revenir dessus, hein, suffit de chercher n'importe quel post ou presque de ce blog mentionnant NCIS...). Et ensuite parce que, voulant dépasser le cliché de la série scandinave qui ne fournirait que des trucs policiers déprimants et/ou glaçants, j'avais jusque là préféré vous parler d'autres types de séries... oubliant du coup un pan tout entier de la fiction scandinave !

Bon, l'erreur est donc réparée, d'autant que le générique de Den Som Dræber a quelque chose d'à la fois déprimant et/ou glaçant, mais aussi de rythmé et efficace, qui encore une fois dépasse le cliché du générique pendant lequel on se dit qu'on aurait encore le temps de se pendre avant que l'épisode ne reprenne, ça irait plus vite. Et je sais pas pour vous, mais je trouve qu'on sent bien le côté glauque de la chasse au tueur en série (puisque c'est de cela qu'il s'agit) grâce à la fugacité de certaines images dérangeantes.

En tous cas la série a su rencontrer son public avec tous ces éléments, puisque son pilote, diffusé le 13 mars dernier, a attiré un peu plus de 1,47 millions de spectateurs, ce qui est la plus grosse audience pour le lancement d'une série sur TV2 depuis (d'après mes sources) trois ans. Et apparemment les critiques sont à l'avenant, ça a l'air d'être du solide.
Comme ça en plus, vous voilà éduqués sur l'actu danoise, c'est vraiment tout bénéf ce post.

Voilà donc j'ai quand même fini par vous produire un pavé, mais bon, c'est vendredi, et le vendredi c'est permis. Comme le mardi, mais dans la plus pure tradition de ladytelephagy.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Den Som Dræber de SeriesLive.

29 janvier 2011

Appels en absence

Bonjour, je suis absente pour le moment, en train de me régaler de Pushing Daisies et autres Showgirls avec des amis (Lee Pace + Kyle MacLachlan = win !) afin de célébrer dignement mon anniversaire.
Tant mieux parce que je ne suis pas motivée pour grand'chose d'autre. 

Prise dans mon tourbillon enchanteur de bons acteurs dans de bonnes séries, et d'acteurs décents dans des films indécents, je ne sais pas quand je reviens, mais vous pouvez laisser un message après le bip sonore.

25 janvier 2011

Une minute pour vous dire

Il y a des séries qui marquent à un tel point qu'on est presque surpris de ne pas en parler tous les jours. Des séries qui font battre votre cœur plus sûrement que le sang dans vos artères. Des séries dont le simple nom suffit à émouvoir.
Des années après, la seule évocation de Pushing Daisies me rend à la fois guillerette, nostalgique, rêveuse et terriblement amère.

Alors, puisque ce soir, NRJ12 a décidé de diffuser la série pour mon anniversaire, et qu'en plus cela a permis à Pushing Daisies de devenir un trending topic sur Twitter (preuve que, quand même, hein...), je me suis dit que j'allais faire un effort, sortir de mon humeur téléphagique maussade de ces derniers jours, et vous offrir une petite liste de 5 choses que jamais, non, jamais je ne vous ai dites sur Pushing Daisies. Pas même après tout ce temps à vous en parler si régulièrement avec des trémolos dans la voix.

ThingsImissaboutyou

5 - Je juge les gens (entre autres) à l'aune de ce qu'ils pensent de la série.

4 - Le fond d'écran de mon ordinateur ET de mon portable sont issus de la série. Je n'en ai pas changé depuis l'annulation.

3 - J'ai le générique au format video dans mon BlackBerry. Les deux versions. Oui, de 10 secondes chacune.

2 - J'ai plusieurs extraits de la série en permanence dans mon portable, au format audio. Dont la scène entière dans laquelle Olive fait deviner à Ned le secret de Lily Charles...

1 - Je n'ai jamais vu le tout dernier épisode de la série : pas le cœur.

Il y a des séries comme ça...

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26 décembre 2010

Fight de Noël

L'après-Noël. L'heure du bilan, qu'on l'admette ou non.
A quel point cette année mes parents se sont-ils moqués de moi ?

On se souviendra par exemple de la déception qui avait suivi Noël 2008 lorsque mes parents n'avaient pas voulu m'offrir la 1e saison de Pushing Daisies en dépit d'une campagne pourtant soutenue. L'obstination s'était poursuivie l'année suivante avec mon anniversaire, lorsque la mascarade a pris des proportions épiques. Mes parents sont donc, c'est un fait établi, particulièrement mauvais avec les cadeaux. Ils se font une règle d'essayer de rendre l'échange de cadeau aussi désagréable et frustrant que possible.
Cette année ils avaient battu tous leurs records en ayant le culot de m'annoncer qu'il refusaient que sur ma liste figurent DVD, CD ou livres. Retenez bien cette instruction, elle aura son importance pour la suite de ce post.

Pas de DVD, CD ou livre ? Est-ce qu'on s'est déjà rencontrés ? On se connaît ou...? Je ne veux pas dire que je ne veux que ce genre de choses, mais le simple fait d'interdire leur présence sur une liste de Noël donne un goût sacrément amer dans la bouche : si un cadeau de Noël ne sert pas à faire plaisir aux gens qu'on est censés aimer, alors à quoi bon ? Aussi avais-je indiqué de façon très sèche : RIEN. Je ne veux rien. Si vous voulez à ce point éviter de me faire plaisir, alors économisez-vous quelques euros, ne m'achetez rien.
"Les gens qui veulent me faire plaisir n'ont pas besoin de liste, et ceux qui ne veulent pas me faire plaisir n'ont pas besoin de m'offrir quelque chose", avais-je en substance indiqué dans un SMS cassant.

Mais pour mes parents, ne rien offrir était un aveu d'échec. Il ne serait pas dit qu'ils seraient ceux qui n'offriraient rien. Mais cette fois, ils étaient seuls sur ce coup, pas de liste sur laquelle s'appuyer... le bras de fer pouvait commencer.

Alors, voici comment les choses ont fini hier soir :
- de ma sœur et mon beau-frère, une énorme boîte de pain d'épices au chocolat et la saison 3 des Tudors
Verdict : sans faute. Et sans liste.
- de mes parents... suspense... un livre !
Mais attention, pas n'importe quel livre ! Un livre qui ferait plaisir à tout le monde par les temps qui courent... sauf moi.

WolfsbaneandMistletoe

Et non contents de m'offrir le truc le plus bateau au monde, ils m'ont offert un truc qui parle de dents.
J'attire tout particulièrement votre attention sur le petit sticker qui prouve combien ils me connaissent bien :

Sookie

Voyant bien qu'ils avaient largement perdu la partie à Noël, ma mère m'a demandé une liste pour mon anniversaire... et j'ai le droit d'y inclure des DVD, CD et livres, vraiment, ce que je veux...
Ça va saigner : j'ai commandé ceci. Et. C'est. Tout.

Bilan du retour de la vengeance dans très exactement un mois !

23 décembre 2010

Dreaming I was dreaming

Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais. Rester dans le monde bizarre et enivrant des rêves irréalisables mais pourtant tellement réalistes.
Ce matin était l'un de ces matins. J'aurais fait n'importe quoi pour rester dans mon rêve.

Cette nuit, j'ai rêvé que je regardais des épisodes de Doctor Who inédits.

Mais attention, pas n'importe quels épisodes inédits. Des inédits de la première saison. Un jour, quelqu'un postait une info sur Twitter selon laquelle des épisodes avaient été tournés mais jugés, pour une raison x ou y, inaptes à être diffusés. Et puis, de la même façon que je suis désormais capable de dénicher le pilote de Hatufim sur un forum israélien, j'avais réussi à mettre la main dessus, parce que j'ai depuis cet été +5 en compétence "cagoulage de l'impossible". Et quand mon téléphone a sonné, j'étais en train de paisiblement regarder ces épisodes inédits, un milkshake à la fraise à la main.

Ça ne vous le fait jamais, ça ? Espérer le cœur battant que vous allez dénicher des inédits... d'une saison depuis longtemps achevée ? Ou d'une série achevée ?
Vous avez beau savoir que ça n'arrivera pas, vous avez quand même cette sorte d'espoir qu'un jour, votre vœu sera exaucé. Vous n'en êtes même pas à essayer d'imaginer ce qui s'y passerait, ce n'est pas comme quand on commence à caresser le projet d'une fan fiction, non, c'est vraiment un trésor perdu qui soudain remonterait à la surface. Un vrai inédit, qui pourrait vous surprendre tout en ayant le confort de porter sur une saison/série pourtant achevée. Soudain, sur mon écran, des épisodes de Nine. Pas une 6e saison où on trouverait une excuse pour faire revenir le personnage (ce qui semble hautement improbable dans ce cas précis, mais éventuellement faisable pour d'autres séries), pas d'épisode à flashback, non, juste des inédits de l'ancienne saison. Puisqu'on doit faire avec Eleven, maintenant, bon bah admettons (même si je milite activement pour un passage à Twelve...), mais qu'on m'offre le luxe de n'avoir pas fait le tour de Nine.

Je crois que c'est pour cette raison, paradoxalement peut-être, que je n'ai jamais fini la 3e saison de Brothers & Sisters, étrangement. Je m'étais toujours dit que j'attendrais la fin 2010 et/ou le début 2011 pour me remettre à la série. Parce que quand je me suis enfilé 2 saisons et demies, à l'époque, j'étais tellement enchantée que je voulais que ce sentiment dure toujours, cette période où j'adorais la série. Je pressentais bien que si je continuais à la dévorer à ce rythme, je tomberais sur un os : diffusion interrompue (pour cause de hiatus), épisodes diffusés hebdomadairement (ce qui gênait ma consommation marathon en une semaine par saison), etc... Et là, je vois arriver 2011 et je commence déjà à me faire une joie. Oh, je vais pas reprendre la série où je l'ai laissée, bien-sûr, non, je vais me refaire les deux premières saisons, puis attaquer la troisième, et découvrir des inédits à la pelle, goulûment, comme s'ils avaient été cachés pendant tout ce temps et que je mettais enfin la main dessus. Et là, je suis partie pour une nouvelle orgie. L'idée me plaît, c'est vraiment séduisant de voir se rapprocher la date dans le calendrier et de savoir que je vais m'en envoyer des tonnes derrière la cravate. Ça va être un délice. Pas d'attente, pas de privation, juste le plaisir de me lâcher et de trouver des inédits bien que les choses aient avancé.
En tous cas je m'en fais une fête et j'aimerais pouvoir me dire que je vais dénicher de "vieux inédits" pour d'autres séries que celle-ci. Fêter des retrouvailles avec une série/saison dont je sais qu'elle n'a plus cours, mais qui est logée exactement où je le souhaite sur la courbe de croissance de mon histoire avec la série.

Il n'y a pas d'inédit de la première saison de Doctor Who. Il n'y a pas d'inédit de Pushing Daisies. Il n'y a pas d'inédit de Life. Il n'y a pas d'inédit d'Une Nounou d'Enfer (même pas de Living with Fran... et il est trop tôt pour Happily Divorced).
Il y a des matins où on n'a pas envie de se réveiller. Des matins où on est si bien à rêver, qu'on veut ne plus se reconnecter avec le réel, plus jamais.

ThePartingofWays

19 décembre 2010

Plein les yeux

La fiction télévisée est un média d'auteur.
Je ne me rappelle plus trop bien où j'ai entendu cette phrase ou une variante. Après quelques minutes de réflexion (difficile de faire des comparaisons quand, comme moi, on n'a vraiment découvert le cinéma que très tard), j'en étais venue à la conclusion que c'était très vrai. Après tout, le travail sur le long terme est essentiellement porté par les scénarios, il faut à la fois être capable de porter une histoire sur dix, quinze, vingt heures par an, et développer les personnages avec constance, créer une mythologie solide et savoir piocher dedans régulièrement... La télévision est un média d'auteur, oui, d'accord. Et pour qui aime les histoires, personnages, les mythologies et les fictions qui s'auto-référencent en permanence, ça semblait être une bonne nouvelle.

Souvent, je vais jouer sur Whatthemovie, un excellent site qui a beaucoup fait à la fois pour meubler de tristes heures vaines au travail, et pour m'inciter à poursuivre mes tentatives cinématographiques. Je ne connais pas grand'chose en réalisation, si ce n'est du point de vue du spectateur, mais je suis souvent fascinée par les plans, les couleurs, les effets si originaux qu'on peut trouver dans tant de films. Bien-sûr il y a une question de budget, et bien-sûr sur un site dont le principe repose sur des captures, cette sensation ne peut être qu'exacerbée, mais dans l'ensemble, le cinéma ose bien plus de choses sur le plan de la réalisation. Le cinéma serait un média de réalisateur.

Mais c'est vrai qu'en échange, j'ai souvent l'impression d'une grande linéarité des intrigues (même quand elles sont intéressantes), et le développement des personnages n'a qu'1h30 à 2h pour se faire ce qui est nécessairement limité. Sauf dans le cas des franchises mais, autant j'aime les séries, autant les franchises cinématographiques me font-elles plutôt l'effet d'un repoussoir, alors bon.
D'ailleurs au cinéma, j'ai appris récemment d'un Screen Addict de ma connaissance qu'en général, on dit "un film de" suivi du nom du réalisateur, et rarement voire pas du tout du scénariste. Ce qui de mon point de vue de téléphage est d'une injustice sans nom.

Pour le cinéma, je ne sais pas si c'est possible. Mais je regrette en tous cas que ce soit si rare à la télévision de changer la donne. Pourquoi la télévision ne pourrait-elle pas être, un peu plus souvent, un média de réalisateur. Bien-sûr il y a des exemples, et bien-sûr ce ne sont pas les séries les plus grand public qui peuvent se le permettre (ou bien je confonds l'oeuf et la poule), car il existe au paradis de la téléphagie des perles comme Capitu, Afinal, o Que Querem as Mulheres ?, ou Pushing Daisies, et dans une certaine mesure Mousou Shimai, pour ne citer que les premiers noms qui me viennent à l'esprit. Mais, alors que j'ai vu cet après-midi et pour la première fois West Side Story sur grand écran, et alors qu'Autant en emporte le vent compte parmi mes films favoris depuis le CE2 (et pas vraiment pour l'histoire entre Scarlett et Rhett), je comprends pourquoi il arrive encore qu'on dise que la télévision est inférieure au cinéma... parce qu'elle ne rivalise pas sur le même plan et bien souvent ne souhaite pas s'y essayer. Pourtant, en tant que téléphage, j'aimerais que ce défi soit relevé plus souvent.
Une vraie recherche esthétique, un parti-pris, une audace, sont rarissimes à la télévision.

Dans un monde de réalisation scolaire, à la chaîne, tournée à la va-vite et sans grande imagination, dans un monde où par essence on veut toucher le plus large public possible et happer son attention sur des semaines et des mois, dans un monde où certains genres exigent certainement ce genre de codes simplistes pour faire passer le message, à l'instar du sitcom... je ressens quand même, après avoir vu peut-être pour la vingtième fois cet immense film, un certain manque. J'aimerais vraiment que la télévision s'essaye à plus d'audace dans ses plans.

Et vous savez quoi ? Ce ne sont même pas des excuses recevables.
Je me souviens, lorsque nous avons vu le pilote de la série originale de Hawaii Five-O, avoir été épatée par certains plans, qui étaient parfois totalement là pour le plaisir de l'exercice (par exemple ce plan pendant lequel un personnage fouille une chambre vide et la caméra décide de le suivre brièvement en contre-plongée, comme ça, juste pour voir). De vous à moi et avec tout le respect que je dois à cet excellent pilote, Hawaii Five-O n'est pas spécialement une série artistique. Mais c'est comme si la plupart des séries avaient cessé d'essayer.

Je ne veux pas de l'esbroufe. Je ne veux pas des filtres à gogo, surtout pas. Je veux voir des réalisateurs avec des corones qui tentent des trucs, avec les couleurs, les ombres, les lumières, en dépassant ce qui est facile d'accès pour tenter des plans aussi incroyables que ceux de West Side Story ou d'Autant en emporte le vent, et leur jeu incroyable sur les couleurs, les ombres, les lumières. Je veux qu'on me régale avec des expérimentations, qu'on ne tienne rien pour acquis, qu'on fasse des tests, et que parfois ça foire, mais que ça ose ! Est-ce trop demander ?

Corones

15 décembre 2010

Tout un cinéma

C'est l'angoisse. Si j'en crois mon planning (voir le Pilot Watch ci-contre), aujourd'hui a été diffusé en Corée du Sud le tout dernier pilote de l'année, celui de President. Ça me met à l'envers. Le prochain pilote (qui sera d'ailleurs également coréen) est pour le 1er janvier 2011. Permettez que je me répète, pour m'assurer que tout le monde a bien compris la portée de ce que je viens de dire : les pilotes, pour 2010, c'est fini.

Alors bon, délais de sous-titrage aidant, je n'ai pas vu mon dernier pilote de l'année. Plutôt crever !!! Mais n'empêche que là, j'ai un méchant coup de blues. Pas de pilote. Vivre dans un monde sans pilote pendant 15 jours, sérieusement, ça me déprime.

Et si j'ai du mal à le vivre, c'est parce que je n'ai rien sur le feu. Je veux dire que je suis à jour de mes visionnages hebdos pour les séries que je suis, et que côté intégrales, bah, j'ai fini tout ce que j'étais en train de m'envoyer derrière la cravate, comme Party Animals par exemple. Bien-sûr j'ai un épisode de la seconde saison de The Circuit qui cagoule (honteux qu'elle n'ait pas gagné aux AFI Awards, cette série, d'ailleurs), mais j'en ai encore pour un jour ou deux, à vue de nez et si tout se passe bien. Donc là, bah... c'est le néant. Rien.
Je m'emmerde, en fait, pour tout vous dire.

On va pas revenir sur le fait que c'est votre faute, parce qu'on a épuisé le sujet avant-hier. Mais c'est quand même votre faute pour ne m'avoir pas recommandé jusqu'à présent de série suffisamment longue pour me faire, chais pas moi, une ou deux semaines, c'est pas trop demander, quand même ?!

Arrivée à ce stade, je vous avoue que j'ai les fils qui se touchent. A un tel point que, quand quelqu'un a mentionné devant moi, l'autre jour, une intégrale d'Urgences, j'ai presque été tentée. C'est vous dire l'ampleur du court-circuit.

Nan pis franchement, Noël est pourri. Mes parents m'ont spécifiquement indiqué qu'ils refusaient que je mette des DVD, CD ou livres sur ma liste de Noël. J'ai comme l'impression que je n'aurai pas le DVD de Borgen, du coup. C'est pas que je comptais dessus mais un peu quand même (je l'ai jouée cette année comme je l'avais jouée il y a deux ans avec la première saison de Pushing Daisies, la subtilité en moins pour que ça marche... eh bah ça marche toujours pas). Ça veut dire que même les inédits de Borgen sont hors de question cet hiver. C'est l'angoisse.

Le problème c'est que j'ai pas trop d'idée de truc à commencer. En fait je suis un peu démotivée.

CommeauCinema

Et du coup, j'ai repris mon Secret Diary of a Cinephile dont l'activité était au ralenti depuis quelques temps. J'avais vu des films, mais essentiellement tirés de ma videothèque (A Chorus Line, Soldier's Girl...), ou même pas de film du tout, notamment cet été où je crois que j'ai dû en voir deux à tout casser, vu que mon énergie a été un peu consacrée à autre chose.
Avec un peu de bol, ça va ptet me motiver pour un post Comme au cinéma, d'ailleurs. Ya eu quelques films sympas ces derniers temps, mais le temps libre vient à manquer pour ces posts qui demandent pas mal de boulot supplémentaire.
Naturellement je commence aussi à songer au bilan de cette expérience d'un an.

Ouais, c'est pas la grande forme aujourd'hui. Heureusement dans une heure, je vais aller voir ce que vous avez choisi comme cadeau de Noël, et je suis sûre que ça va me remonter le moral.
Ça va me remonter le moral, hein, dites ?

16 novembre 2010

Dangereuse empathie

A quel point ce que nous regardons a une influence sur nous ?
On parlait il y a peu des émotions qu'on ressent devant les séries qu'on regarde. Et c'est nécessaire de laisser l'empathie fonctionner pour profiter pleinement de ce qu'on regarde. Je reprends l'exemple de ma sœur rei : rien ne rentre, rien ne sort. Blindage maximal. Pourtant, cette émotion que nous avons devant une scène, si nous la goutons avec plaisir pendant quelques minutes, surtout quand l'épisode a été un temps fort, ne peut-elle pas aussi nous mettre dans une forme de danger ?

Je prends l'exemple de la peur, parce que c'est certainement ce à quoi je suis la plus sensible... et je tiens à remercier entre autres The Walking Dead pour ça.

Quand une scène se finit, je peux sentir tous les muscles de mon cou complètement contractés dans une boule dure à la base de ma nuque, mes dents serrées, mes orteils recroquevillés... et ça me prend une infinie minute à tout désentrelacer calmement. Si des dents sont impliquées dans l'affaire, en général je me suis de surcroit ruée sur la première source de lumière venue et je serre la chose la plus pelucheuse à portée de main (parfois un oreiller, parfois un chat) en essayant de ne pas hurler. Osons le dire, je n'en mène pas large pendant plusieurs minutes. Je me souviens avoir été dans un piteux état longtemps après la fin de Jekyll (dents), avoir été à l'envers pendant une semaine après Dead Set et The Walking Dead (dents), avoir fait des cauchemars longtemps après COMA (...ah ? pas de dents ?). J'ai donc bien emmené ces émotions au-delà de la sphère du visionnage.

BlinkEmpathie

Si ça marche pour la peur, ça le fait sans doute pour d'autres choses mois évidentes.
Après avoir vu quelque chose de particulièrement beau, être de bonne humeur voir exagérément positive (merci Pushing Daisies... avouez, ça faisait longtemps), par exemple, semble un effet plutôt désirable...

Mais au final, il faut sans doute apprendre à dresser la barrière qui permet à la série de ne pas trop entrer en collision avec nos émotions. Le tout-émotif n'est pas non plus une bonne solution. Si vous pleurez la mort d'un personnage trop longtemps, ça devient inquiétant.
C'est ce que des psys sont en train de dire à propos de Packed to the Rafters, d'ailleurs, dont un personnage est décédé il y a deux semaines, et qui semble provoquer un vrai travail de deuil auprès de nombreux spectateurs australiens. Preuve si besoin était que la télévision touche vraiment à quelque chose d'intime en nous, et que ça peut être effrayant sous un certain angle et/ou à un certain degré.

Pour autant, et justement parce que nos vies ne sont pas remplies d'autant d'émotions à forte amplitude, nous recherchons ces émotions fortes, et espérons des évènements-clé d'une série qu'ils nous donneront satisfaction. C'est quand nous ne ressentons pas de frisson durable que nous sommes déçus. Quand nous sommes atteints par les émotions de l'histoire, quand, finalement, nous sommes vulnérables, nous en redemandons. C'est à ça qu'on nous distingue des télambdas, dans le fond.
Et parfois, ça fait peur, justement...

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