Quand on pense "série turque", on devrait toujours penser Muhtesem Yüzyil, LA série qui fait un carton dans 712 pays du monde quand elle est en petite forme.
En tous cas, la crise du générique rend peut-être les productions américaines décevantes depuis quelques années, mais ce jeu des génériques nous aura rappelé combien d'autres pays savent encore faire du bon boulot dans ce domaine : on est loin du générique balancé avec la va-vite, ici, puisque celui de Muhtesem Yüzyil dure quasiment 2 minutes complètes !
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !
Le point fort du générique de cette saga historique, c'est clairement son thème, épique à souhait. Evidemment, ce n'est pas le genre de musique, entre autres de par sa longueur, qui va forcément vous marquer durablement et que vous allez vous mettre à siffloter sous la douche, mais sur le moment elle fonctionne parce qu'elle souligne parfaitement l'ambiance de la série, et vous donne envie de plonger dans son univers.
Là où le générique de MuhtesemYüzyil fournit assez peu d'efforts en contrepartie, c'est en termes d'images, qui sont soit des photos promotionnelles des personnages (pendant la première demi-minute uniquement) soit des extraits tous bêtes de la série. J'ai toujours un problème avec les séries qui font ça, mais là où MuhtesemYüzyil joue bien son coup, c'est en utilisant un petit effet pour ne pas juste plaquer ces images telles quelles, mais leur donner un petit filtre, auquel s'ajoute l'effet "triptique" qui finalement anoblit un peu le procédé, et la thématique des flammes qui sert de transition entre certains passages.
Clairement, le générique ici présent gagne des points pour l'effort, même si conceptuellement ce n'est pas une révolution. Preuve qu'on peut faire du bon boulot sans pour autant se casser la tête, et même dans des conditions assez simples, fournir un résultat qui permette l'immersion.
Il ne vous aura pas échappé que la fête de la Musique, comme chaque année, commence... eh bien, dans une minute, littéralement. Pour me mettre au diapason, j'ai donc décidé de ressortir de mes cartons un nouveau jeu des génériques, un jeu que je ne vous ai pas proposé encore en 2012, alors qu'il s'agit probablement de l'une des plus anciennes traditions de ce blog. N'ayez crainte, cependant : notre partie de chasse islandaise est et reste disponible, au cas où, plutôt que des génériques, vous préfériez vous mettre en quête d'un pilote de série scandinave (il en faut pour tous les goûts).
Comme du coup, ça fait un petit bout de temps qu'on n'a pas joué à un jeu des génériques, laissez-moi procéder à un rappel bienvenu des règles du jeu, histoire de mettre tout le monde sur un pied d'égalité.
Dans ce post, je vais vous faire deviner 10 séries ; si vous trouvez le titre de l'une (ou plus) de ces séries, et que vous le suggérez en commentaires (sans oublier de préciser le numéro de la devinette), j'uploade le générique qui correspond. Cependant, il est bon de noter que le générique des séries que je vous propose de reconnaitre n'a jamais été uploadé par le passé sur ce blog ; du coup, avant de répondre, une recherche intensive parmi les génériques déjà proposés dans ces colonnes peut vous permettre d'éliminer certaines possibilités (accessoirement, pour ceux dont le lien est mort, vous pouvez en profiter pour réclamer leur remise en ligne). Les séries concernées peuvent être d'absolument toutes les nationalités ; je ne préciserai donc pas le pays d'origine des séries concernées, mais me connaissant, attendez-vous à ce qu'elles ne viennent pas tous des USA... En outre, vous pouvez proposer absolument autant de réponses que vous le voulez, et même vous aider entre vous, puisque c'est un jeu où les visiteurs du blog ne jouent pas les uns contre les autres, mais essayent au contraire de déverrouiller le plus de génériques possible.
Puisque je n'avais pas envie de nous imposer un thème trop particulier, mais que je voulais quand même réduire la fenêtre des possibilités pour ne pas vous rendre la tâche trop ardue, j'ai décidé que le point commun à toutes les séries du jeu des génériques ici présent serait qu'elles ont toutes été évoquées sur ce blog en mai ou en juin 2012. Pour vérifier ce genre de choses, vous pouvez donc soit lire l'équivalent de près de 2 mois de posts... soit utiliser les tags si vous avez une série spécifique en tête et que vous voulez vérifier si elle est éligible. Attention : cela ne veut pas dire que ce sont des séries auxquelles j'ai consacré tout une review ; parfois, elles ont pu être simplement citées en passant. Mais en tous cas ça signifie qu'elles apparaissent impérativement dans les tags d'au moins un post publié au cours de ces deux derniers mois. Comme ça, même si la réponse ne vous apparait pas de façon évidente, un peu de recherche peut vous permettre d'avancer tout de même dans le jeu, j'ai pitié de vous !
Nous cherchons donc... 1 - Une série dont le héros est un peu dans la lune > Buzz Aldrin 2 - Une série qui a du chien > Hounds 3 - Une série où tout le monde s'entasse dans une maison > The Clinic 4 - Une série qui ne fait rien pour arranger la réputation des avocats > Réttur 5 - Une série dans laquelle la plage est une affaire très sérieuse > Preamar 6 - Une série où un anneau a énormément d'importance, mais ce n'est pas inspiré par Tolkien > Obroutchalnoie Kolcho 7 - Une série qui doit son nom à une coiffure > Bunheads 8 - Une série sur lesquels les fansubbers bulgares se sont rués > Muhtesem Yüzyil 9 - Une série qui se déroule dans un pays en guerre > Kaboul Kitchen 10 - Une série adolescente fantastique logée dans un internat > Het Huis Anubis
Attention, la réponse la plus évidente n'est pas toujours la bonne ! BONUS ! Si vous mettez moins de 24h à trouver ces 10 séries, j'ajoute un 11e générique juste pour vous faire plaisir, en guise de récompense ! A vous de voir si vous arrivez à découvrir les 10 réponses nécessaires pour le débloquer... > Coacherna
Prêts ? Feu... partez !!!
EDIT : bravo à tous, challenge remporté pour cette fois, mais je reviendrai avec 10 autres génériques bientôt pour vous remettre au défi !
Il y a quelques jours, j'avais peu de temps pour un long world tour (enfin, ça va quand même, vous aviez de la lecture), et je vous avais promis, juré, craché que je reviendrais pour un complément avec tout ce que j'avais mis de côté. Vous vous doutez bien que dans l'intervalle, les news n'ont pas cessé de tomber pour si peu (je vous jure, des fois, la planète n'est pas très arrangeante), alors attendez-vous aujourd'hui à un GROS world tour. En fait, prévoyez des snacks...
- ARGENTINE : et où il est ton papa ? Cette nuit démarre El Donante, une nouvelle série qui, à l'instar de Perfidia et Volver a nacer, dont on a déjà pu parler, a décroché son billet pour la gloire grâce au désormais célèbre Concurso Series de Ficción Federales en 2011. Il s'agit d'une comédie ayant pour héros Bruno, un homme dans la cinquantaine qui a très bien réussi dans la vie, mais qui, quand il était jeune, arrondissait ses fins de mois en faisant des dons du sperme. 20 ans plus tard, alors que la femme qu'il aime meurt d'un cancer sans qu'ils aient pu avoir d'enfant ensemble, il traverse une crise et commence à se demander ce qu'il est arrivé à ces dons. C'est le moment que choisit une jeune femme pour frapper à sa porte : elle est sa fille. En fait, son sperme a été utilisé 144 fois pendant les deux dernières décennies ! Avec sa fille, Bruno va donc se mettre à la recherche des 144 enfants qu'il a eu. Une histoire plutôt barrée qui va s'étendre sur 13 épisodes...
- CANADA : les upfronts, il y a du rab', je vous le mets ? Est-ce qu'on a pensé à vous dire que ce mois de mai était placé sous le signe des upfronts ? Oui, mais des upfronts canadiens ? Aha ! C'est bien ce que je pensais. Alors allons-y : du côté des fictions de CBC, outre l'acquisition de Murdoch Mysteries, la chaîne a confirmé la commande de Cracked, avec David Sutcliffe (le papa de Rory Gilmore !) et Stefanie von Pfetten, un procedural situé dans l'univers dérangeant d'une unité spécialisée dans les crimes à composante psychiatrique. Le pilote de Cracked, commandé en mai 2011, ne date pas d'hier, et la série ne fera pas son apparition avant janvier 2013 dans les grilles de la chaîne. A cela vient également s'ajouter Titanic: Blood and Steel, avec Chris Noth et Neve Campbell, la fiction sur le naufrage du Titanic qui manquait à la télévision. Pour ce qui concerne les séries faisant leur retour sur les écrans de CBC pendant la saison 2012-2013, on compte Arctic Air et Republic of Doyle.
- CANADA francophone cette fois : bad girls Chez nos amis les Québécois aussi, on se passionne pour les séries carcérales. Danielle Trottier, scénariste de La Promesse, travaille actuellement sur un téléroman pour Radio-Canada, se déroulant dans une prison pour femmes ; ce projet, basé sur 5 années de visite régulières dans un centre pénitentiare, a pour objectif d'être le plus réaliste possible, tout en essayant de sortir des sentiers battus en la matière. "On a beaucoup traité de la criminalité au féminin comme du divertissement. Mais ce n'en est pas", explique la scénariste. "J'ai rencontré des personnes intelligentes, sensibles, extrêmement généreuses, en processus de changement". Un changement qui sera observé et expérimenté par une enseignante (interprétée par Guylaine Tremblay, Les Rescapés) qui, emprisonnée après un crime familial grave, partagera le quotidien de ces femmes. La série, intitulé Unité 9, devrait être diffusée le mardi à 20h à l'automne (l'ancienne case d'Apparences), et jouit pour le moment d'une commande de 25 épisodes.
- JAPON : si tu tends l'oreille Cet été, renouez avec les étranges investigations d'Iryuu Sousa ! Le dorama policier revient en effet sur les écrans nippons au mois de juillet, après un peu plus d'une année d'absence (la série avait été diffusée au printemps 2011). Iryuu Sousa mettait en scène un enquêteur, incarné par Takaya Kamikawa, qui travaillait sur la base de ce qui lui disaient les objets laissés derrières elles par les victimes. Sauf que cette année, le héros de la série est relégué à un poste dans une petite ville au lieu de travailler dans une grande métropole... En raison de ce changement d'horizon, les acteurs Yuki Saitou, Norito Yashima et Yuuji Miyake rejoignent la série.
- JAPON toujours : walking down the street C'est, vous le savez, l'une des cases horaires les plus prisée de la saison nippone : le lundi à 21h, chez Fuji TV, c'est sacré. Bon, peut-être moins qu'avant, mais quand même. Ce créneau, actuellement occupé par la série Kagi no Kakatta Heya, sera occupé cet été par une série répondant au nom de Rich Man, Poor Woman, ce qui donne bien le ton. Parait-il inspirée par le film Pretty Woman (et en gros, reposant sur le principe de 712 séries asiatiques depuis), cette comédie romantique mettra Shun Oguri dans la peau d'un milliardaire ayant fait fortune dans l'informatique, mais détestable, asocial et incapable de gérer sa société, et d'une charmante jeune femme, incarnée par Satomi Ishihara, aux débouchés professionnels bien sombres mais qui va pouvoir lui permettre de, hm, redresser la barre. Prévoir des engueulades... La série fera son arrivée dans les grilles nippones avec la nouvelle saison, qui démarre donc, vous l'aurez compris, au mois de juillet.
- AUSTRALIE : la onzième plaie Si vous avez bien suivi mes conseils, vous n'avez aucune idée de ce qu'est Housos. C'est tout le mal que je vous souhaite. Son créateur et interprète principal, qui ne trouvera visiblement pas de repos tant qu'il n'aura pas ruiné tous mes efforts pour vous inciter à regarder des séries australiennes, travaille actuellement sur un long métrage basé sur la série, en cours de tournage à Sydney. La logique derrière tout ça, c'est que comme SBS ne se décidait pas assez vite à renouveler la série pour une seconde saison (c'est dommage pourtant, c'est si agréable de se mettre tous les habitants de HLM à dos), Paul Fenech a carrément décidé de se lancer dans un film tout seul comme un grand. A l'instar de tous ses projets précédents (comme la comédie Swift & Shift Couriers), Fenech porte à la fois la casquette d'auteur, producteur, réalisateur, et acteur principal sur des projets dont il gère le financement également en solo. Sortie prévue en novembre, mais que ça ne vous incite pas à tenter la série dans l'intervalle. Ou alors considérez-vous prévenus.
- AFRIQUE DU SUD : tu seras un homme (mais pas encore tout de suite) C'est marrant, on parlait d'adolescence à la télévision il y a peu, eh bien justement SABC1 a décidé de renouveler la série Skeem Saam. Diffusée en octobre dernier, la série suivait le parcours de 3 adolescents sur le point de devenir adultes. La première saison avait été suivie en moyenne par 5 millions de spectateurs, et apparemment ça a l'air d'être une bonne audience pour la chaîne publique (ce qui, dans un pays qui compte 50 millions d'habitants, me pose des questions). A noter que si le cast ne change pas, il va y avoir un peu de mouvement en coulisses puisque l'un des producteurs quitte le navire. Winnie Serite, également créateur de Skeem Saam, est donc désormais le seul aux commandes de la série.
- ESPAGNE : camping purgatoire Mercredi dernier, Antena3 diffusait l'épisode final de la 1e saison de sa comédie Con el culo al aire, lancée le 1er février dernier. Après avoir fait un démarrage épatant (4 millions de spectateurs devant le pilote, et 21,9% de parts de marché), la comédie de camping avait ensuite un peu réduit la voilure, pour s'achever devant 2,8 millions de fidèles. En fin de compte, sur l'ensemble de ses 13 épisodes, la comédie aura réuni en moyenne 3,1 million de spectateurs, ce qui n'est pas si mal, même si la série n'est pas le hit escompté. Face à ce final, c'était le retour de la série médicale Hospital Central (qualifiée d'Urgences espagnole) qui occupait la grille de Telecinco pour une 20e saison ; le season premiere a été regardé par 2,2 millions d'Espagnols, soit 400 000 environ de moins qu'à la fin de la saison précédente. Il faut noter toutefois que pendant la 19e saison avait connu un démarrage poussif, avant de gagner des spectateurs progressivement en cours de saison. Tout n'est donc pas perdu. Pour revenir à la comédie Con el culo al aire, elle est d'ores et déjà renouvelée pour une deuxième saison.
- POLOGNE : pente savonneuse En janvier dernier, la chaîne polonaise TVP1 mettait fin à une tradition : son soap Plebanię, qui après 12 années d'antenne et très exactement 1829 épisodes, a tiré sa révérence. Pour prendre la relève, la chaîne misait sur un tout nouveau soap intitulé Galeria, dont elle avait commandé 94 épisodes (pour commencer !) inspirés du soap italien Centro Vetrine (qui, lui, est en place depuis 2001). L'idée était de renouveler l'image de la chaîne, et par renouveler, vous aurez compris rajeunir. Mais on dirait bien que Galeria n'a hérité de la longévité d'aucune des deux séries mentionnées, puisque TVP1 projette déjà de lui trouver un remplacement dés l'automne prochain, décidant d'abdiquer devant les audiences en berne. Actuellement développé sous le titre Mały Londyn ("little London"), ce soap devrait commencer à mettre des épisodes en boîte le mois prochain.
- TURQUIE : on n'est pas là pour faire tapisserie Lundi, la chaîne Kanal D lance une nouvelle série du nom de Sultan. Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit pas de profiter du succès international de Muhtesem Yüzyil pour lancer une énième série en costumes ; Sultan est le nom de son héroïne, une femme à qui son prince charmant, Şeyhmus, a promis qu'il l'épouserait. Alors elle attend. Et elle attend. Et pendant ce temps ce saligaud de Şeyhmus part vivre en France, se marie, a des enfants... et Sultan attend. Jusqu'au jour où elle n'attend plus. Visiblement, la demoiselle n'est pas commode, puisque ceci est la bande-annonce qui passe sur à peu près TOUTES les pages du site officiel de Kanal D, où on peut s'assurer que Sultan met en scène une femme au caractère bien trempé. A noter que la série est supposée montrer également la vie de Şeyhmus en France dans les années 90, ainsi que la fin de l'attente de Sultan, 15 ans après, donc cela devrait donner une série assez étrange...
- SUEDE : 26 ans de deuil Nan mais admettez-le : secrètement, vous aviez envie de lire des trucs sur la Scandinavie. Vous avez même sauté le paragraphe précédent pour aller plus vite. Vous pouvez me le dire, à moi. Bon, eh bien vous n'aurez pas fait tout cela pour rien puisque j'ai l'honneur de vous annoncer une nouvelle série suédoise. Le réalisateur danois Kristoffer Nyholm (déjà derrière la camera pour les deux premières saisons de Forbrydelsen, et Nikolaj og Julie...) travaille en effet sur un projet de série historique retraçant l'assassinat du Premier ministre suédois Olof Palme, en 1986, dont les circonstances sont encore à ce jour assez confuses. Etant donné le flou qui entoure cette double tentative de meurtre (l'épouse du Premier ministre en a réchappé), la série sera essentiellement basée sur les travaux du criminologue Leif GW Persson. C'est SVT qui produit la série, et si ma traduction ne me trahit pas, les résultats de cette production pourraient être visibles dés la période de Noël cette année. Par contre, on n'a pas encore de titre, c'est malin.
- DANEMARK : méfiance, méfiance Qu'est-ce qu'on se marre chez Kanal 5 ! La chaîne danoise à souscription a décidé de se lancer dans l'aventure des fictions originales (jusque là son truc, c'était surtout les séries américaines) avec la série fantastique Heartless. Mais attention ! Comme il ne s'agit pas de se lancer à l'aveugle, genre en commandant une série et après de voir si elle marche, la chaîne fait appel à son public pour agir comme un "focus group" et donner un retour sur le pilote de 12mn qui a été tourné. Il suffit donc pour les spectateurs danois de se rendre sur le site officiel de la série et, à la condition qu'ils aient plus de 15 ans, de visionner le pilote et de voter. Etant donné que j'ai commencé à flipper dés que j'ai vu la page d'accueil, je vous laisse le soin d'aller voir ça par vous-mêmes, hein. Vous me raconterez.
- PAYS-BAS : you don't have to put on the red light Avez-vous vu la série wisterialanienne Jardins secrets (Gooische Vrouwen en VO) ? Moi non plus, mais on n'a pas d'excuse, pour une fois qu'une série néerlandaise était diffusée en France... Alors prenons un air docte et parlons de l'actrice Susan Visser, qui y a interprété pendant 4 ans (et un film) le rôle d'Anouk, et qui se dirige à présent vers un nouveau projet du nom d'Achter het Raam ("derrière la fenêtre"). La série, adaptée de l'autobiographie de Patricia Perquin, suit le parcours d'une femme qui, couverte de dettes suite à son obsession pour le shopping, suit des conseils d'amis et se tourne vers la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Le projet, annoncé à la radio, n'a pour le moment pas officiellement de diffuseur...
- PAYS-BAS c'est la fête : plaqué or Ah, chouette alors, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de remakes de sitcoms américains ! Non ? Ah, zut. Eh bien souffrez quand même qu'on y passe une minute, parce qu'il s'agit d'un remake... des Craquantes ! Faut croire que Las Chicas de Oro n'a servi de leçon à personne puisque RTL4 se lance dans l'aventure avec un remake néerlandais, donc. La distribution de cette nouvelle mouture est presqu'au complet (Beppie Melissen, Loes Luca et Cecile Heuer ont déjà signé, Pleuni Touw aurait été approchée), il devrait donc y avoir une nouvelle calamité à surveiller sur les écrans néerlandais. Le ridicule ne tue pas, la preuve, les Golden Girls sont immortelles !
- EUROPE : pas trop déçus ? On finit avec notre dossier The Spiral... vous savez ? La série qui devrait être diffusée simulatanément dans 712 pays d'Europe. Je vois que ça vous revient. Eh bien VARA, la chaîne publique qui diffusera la série aux Pays-Bas, vient d'annoncer le lancement de la diffusion pour le dimanche 2 septembre 2012, en primetime. Vu que le principe est de diffuser les 5 épisodes simultanément, on aurait pu en conclure que la diffusion sur arte se ferait au même moment, mais la chaîne française m'a indiqué que la série n'était pas prévue dans son planning pour l'année 2012. C'est très décevant, évidemment, mais enfin, même si c'est plus tard, on aura quand même la chance de voir la série. C'est ce qu'il faut se dire.
J'en oublie, certainement, mais j'en oublie toujours un peu. Pas grave ! Ce sera l'affaire d'un prochain world tour dans quelques jours, quand vous vous serez remis de l'annonce pour The Spiral. Et euh, alors, Heartless, ça vaut le coup que je clique sur le site officiel, ou pas ?
Pour la troisième fois, la télévision turque a remis les Antalya (du nom de la ville qui accueille la récompense), et comme à chaque fois qu'une cérémonie de ce type se profile, je sors mes petits calepins et je relève des noms. Mais avant de vous en donner les résultats, au cours desquels vous allez découvrir que l'air de rien, à force de fréquenter ce blog, vous avez commencé à retenir quelques noms, parlons un peu de la cérémonie elle-même puisqu'il y a de fortes chances pour que vous en ayez ignoré l'existence jusqu'à présent.
A ma connaissance, les Antalya sont la première cérémonie de récompenses dédiée à la télévision turque, ce qui rend d'autant plus étonnant l'apparition tardive de ce prix. En effet, vous l'aurez calculé par vous-même, elle a été lancée au printemps 2010 ! Si vous vous en souvenez, je vous ai parlé il y a peu de boom des productions turques ces dernières années, on est donc dans une logique similaire, quoique tardive. C'est la municipalité d'Antalya qui en est l'instigatrice avec le concours de l'Antalya Foundation for Culture and Art, mais contrairement à ce que la récurrence du nom de la ville pourrait laisser penser, les Antalya sont bel et bien consacrés à la fiction de télévision turque nationale, et non aux récompenses locales (phénomène qu'on peut connaitre dans d'autres pays pour saluer des fictions régionales ; comme peuvent l'être les Rosie Awards au Canada par exemple). Peuvent donc être gratifiées de ce prix même des séries n'ayant rien à voir avec la ville d'Antalya, et c'est heureux.
Originalité supplémentaire des Antalya : les résultats ont été dévoilés en deux temps. D'abord, une cérémonie de présentation pour les nominations, vendredi 20 avril au soir ; les nominations étaient connues depuis plusieurs semaines mais apparemment ce n'est pas ce qui allait arrêter les organisateurs ; on peut imaginer que cela permet de faire le tour des prétendants aux divers titres. Je n'ai pas les détails, cependant je devine qu'il doit probablement y avoir des projections pendant cette première soirée ; mais comme elle n'est pas télévisée et qu'il s'avère que je ne parle pas turc, on en restera à la supposition. Les prix, eux, ont été finalement remis hier soir au cours une grande soirée plus classique, retransmise par la chaîne TV8 (une chaîne dont il faut noter qu'elle est également plutôt récente puisqu'elle a vu le jour en 2005). Et les Américains trouvent les Emmy Awards trop longs...
Alors ces résultats, quels sont-ils ?
Eh bien le grand vainqueur de la soirée d'hier a été la comédie Yalan Dünya, qui se l'est un peu jouée Modern Family : meilleur acteur dans une comédie, meilleur acteur secondaire dans une comédie, meilleure actrice secondaire dans une comédie, meilleure réalisation dans une comédie et, oh, j'allais oublier, meilleure comédie. Ce sitcom, qui n'a commencé qu'en janvier dernier, n'a même pas encore fini la diffusion de sa première saison les vendredis soir à 20h. On y découvre un quartier cossu dans lequel vivent des familles de nouveaux riches ou de célébrités, mais d'un point de vue absurde (j'ai lu, sans aller le vérifier je le confesse, qu'un épisode montrait même une invasion de zombies... comment vous dire ?). Il est amusant de noter que la série a accueilli Pamela Anderson en guest, dans son propre rôle. De vous à moi, le sitcom était typiquement le genre de séries que, sans sous-titres, on ne peut pas du tout apprécier, j'ai regardé une ou deux minutes de ce truc et suis passée à autre chose, mais ça se trouve c'est effectivement très drôle ; simplement reconnaissons-le, quand on ne comprend pas les dialogues, ça rappelle un peu les remakes de sitcoms US faits par les Russes.
Dans la catégorie des comédies, Yalan Dünya a ainsi battu à plate couture les séries 1 Erkek 1 Kadın (la version turque d'Un Gars, Une Fille), Leyla ile Mecnun, parodie de comédies romantiques (et qui a reçu hier le prix du meilleur scénario comique), le sitcom Seksenler, et Yahşi Cazibe, un sitcom sur les mariages arrangés.
Seules trois séries sont nommées dans la catégorie jeunesse, Dinle Sevgili, Pis Yedili et Elde Var Hayat ; c'est cette dernière qui l'a emporté. Elde Var Hayat raconte la vie d'un professeur de mathématiques peu conventionnel qui résoud, au sens comme au figuré, les problèmes de ses élèves, tout en élevant seul son fils unique.
La série historique Muhtesem Yüzyil, déjà distinguée l'an dernier et succès international de la télévision turque, comptait parmi les séries au long cours nommées cette année et a obtenu le titre sans grand effort. Par contre, la série figurait également parmi les nominations de la catégorie du meilleur scénario dramatique, avec la série policière Behzat Ç., dont on a déjà pu parler, le remake turc de Desperate Housewives intitulé Umutsuz Ev Kadınları, Hayat Devam Ediyor, qui suit les différents membres d'une famille nombreuse vivant dans une partie rurale et traditionnelle de la Turquie, et Öyle Bir Geçer Zaman Ki. A la surprise générale, c'est cette dernière, une série dramatique familiale située dans les années 60 comptant à l'heure actuelle deux saisons, qui a remporté le titre.
Le meilleur à la fin : de toute évidence, la catégorie meilleure série dramatique a attiré mon attention et vous intéressera sans doute le plus. Etaient nommées cette année Adını Feriha Koydum, une série actuellement dans sa deuxième saison qui suit la fille d'une concierge qui décroche une bourse pour aller étudier à l'université avec les "riches" ; la série policière Behzat Ç., la série dramatique Hayat Devam Ediyor, la série historique Öyle Bir Geçer Zaman Ki, et Umutsuz Ev Kadınları. En dépit de son caractère apparemment polémique, c'est Hayat Devam Ediyor qui a emporté le prix.
J'ai pris la liberté de cagouler les pilotes de Hayat Devam Ediyor afin de mieux comprendre le débat qui semble entourer la série, nous aurons donc l'occasion d'en rediscuter. Mais ce que je vous propose, c'est tout simplement de me dire quelle est la série turque de ce palmarès à propos de laquelle vous avez envie d'en savoir plus, et c'est avec plaisir (sitcoms mis à part) que je vous proposerai une review, puisque j'ai aussi dans un coin le pilote de Behzat Ç, d'Umutsuz Ev Kadınları ou d'Öyle Bir Geçer Zaman Ki, par exemple. Deal ?
Ah, internet ! Monde fabuleux où se croisent les esprits les plus tordus et les goûts les plus uniques ! Et quelle meilleure preuve à fournir des richesses d'internet que d'aller fouiner dans les mots-clés menant à celui-ci ? Il est vrai que je ne pense jamais à faire de post Tell Me You Google Me, essentiellement parce qu'il y a des tas d'autres choses sur lesquelles écrire la plupart du temps. Et pourtant, chaque fois que je vois des mots-clés amusants, je sauvegarde tout ça "pour plus tard", alors imaginez un peu : ma collection de perles est plus que volumineuse !
Je vais donc m'efforcer de vous en proposer une sélection en triant les requêtes par catégories, et vous allez le voir, en comparaison avec la plupart de mes visiteurs accidentels, vous n'avez aucun problème psychologique...
- Les pervers TEEN D'ANTAN JOLIES NUES CANALBLOG Et pis ça a l'air urgent, sans vouloir vous commander. scandale à l'amirauté scène strip-tease Ce qui me fait penser : personne n'a eu l'idée d'en faire un remake, de celle-là ? petits pois et connotation sexuelle C'est Maître Eolas qui serait intéressé. serie comme shimokita glory days Je crois que la requête parle d'elle-même, mais en cas de doute, suivez les tags au bas de ce post. ned bigby porn Otez-moi un doute... Ned Bigby, sans aucun doute possible, est un personnage adolescent d'une série pour la jeunesse ? Ya aucun moyen pour que je confonde avec quelqu'un d'autre, on est d'accord ? Juste pour savoir si je vomis tout de suite ou pas. actrices japonaises nues Je suis pas experte (déjà habillées, elles ne m'attirent pas plus que ça), mais j'ai comme l'intuition qu'il n'y a rien à grailler dessus. american horror story latex ou trouver Ah ok, d'accord, merci, en plus des zombies et des vampires, maintenant je vais avoir du nouveau matériel pour mes cauchemars. douche garcon ado nu en public D'accord, c'est écoeurant de faire une telle recherche. Mais voyez par vous-mêmes, la personne a été bien punie. alice garvey l'incendie Parce que la perversion n'est forcément sexuelle... les séquences sexy de ma famille d'abord Et pendant ce temps je réserve une place pour le prochain vol orbital. Je refuse de continuer à vivre sur cette planète. film de danse nomie De danse, oui... maqturbation the tudors Oui, c'est pour, vous savez, étudier l'Histoire. make it or break it justaucorps Oh, encore plus subtil, bien jouééé !
- Les de-quoi-je-me-mêle lee pace is gay Parce que connaître l'orientation sexuelle d'un acteur que vous ne rencontrerez jamais, ou alors pas plus de 2mn dans le meilleur des cas (dédicace quelconque), est forcément une information capitale. frederic hosteing vie privee // frederic hosteing celibataire Allez, il faut se dire que c'est le prix de la célébrité... kathryn morris operation // amanda tapping bisexuelle Ca me change de tous les mots-clés en rapport avec leur poids (ou absence de). acteur ma famille d'abord mort Le plus triste dans cette affaire, c'est sans doute que Damon Wayans est toujours en vie. lucy hale obese Je crois qu'on s'est tous fait la réfléxion. NOT. quelle est le numero de hannah montana Han non ! Trop conne ! Je l'ai laissé dans mon autre veste. sourcils simon astier Et maintenant on est tous en train de visualiser les sourcils de la famille Astier et de les comparer mentalement, pas vrai ?
- Les curieux la chartreuse de parme rai uno synopsis Uniquement celui de la version de Rai Uno, hein, parce que le bouquin du même nom n'a évidemment rien à voir. serie muhtesem yuzyil en francais // Muhtesem Yüzyil sous titres français Franchement, si vous trouvez, faites tourner. 2 ème partie du Muhteşem Yüzyıl en arabe Ce n'est que mon avis, évidemment, mais ce serait pas plus simple d'utiliser des termes en arabe pour cette recherche ? the lost room saison 2 J'ai toujours de la peine pour les gens qui découvrent plus de 5 ans trop tard qu'une série n'aura pas de suite. C'est un peu comme apprendre que la petite souris n'existe pas quand vous finissez de passer un diplôme de dentiste... space 2063 suite Voilà voilà. space 2063 spoiler Voilà quelqu'un qui sait vivre dangereusement. regarder coronation street en france Mais c'est hyper faci-... euh, attendez : légalement ? Ah non alors j'ai rien dit. meet the browns qu'en pensez vous Pas des masses de bien, pour être sincère. ncis série gros navet Dans mes bras, mon frère ! majisuka gakuen saison 2 deception Techniquement, si on a vu la première, plus rien ne peut décevoir, mais après c'est sans doute mon biais téléphagique qui m'incite à dire ça, rapport au fait que je juge les séries plutôt sur leur scénario que sur la longueur des jupettes des idols. dvd se deshabituer C'est très très difficile et il est recommandé d'utiliser un patch dans un premier temps. deadwood est violent NoooooooOOOOOooooon ?! Vraiment ? Hm. M'charries, là. jersey shore serie pitoyable Je conteste l'appellation-même de "série", mais sur le reste je ne peux qu'approuver. series de la trempe de game of thrones Ca va être très, très difficile d'en trouver, reconnaissons-le. citations serie anges du bonheur Parce que quand je pense à une série dont les dialogues valent la peine d'être mémorisés, immédiatement, je pense aux Ahem du Bonheur. quand va ton revoire hidden palms S'il y a un Dieu de la Téléphagie, JAMAIS. je n'aime pas sonny with a chance Dans un premier temps, instinctivement, si vous êtes comme moi, vous avez envie de vous réjouir de cette requête. Ensuite vous vous demandez à quoi ça sert de faire une recherche Google avec ces termes si vous n'aimez vraiment pas la série... et c'est là que vous en arrivez à la conclusion qu'il s'agit en fait probablement d'un fan qui cherche les gens qui n'aiment pas Sonny with a Chance pour défendre leur série fétiche sur leur site/blog/forum/whatever. Et soudain, le monde semble encore un peu plus pathétique qu'à la requête précédente. blog sur coeurs rebelles J'en profite pour reposer la question : qu'est-ce qui pousse des gens à chercher (ou écrire, d'ailleurs) des blogs entiers sur des séries qui ont disparu des écrans voilà des années ? Le mystère reste entier depuis la dernière fois. quel est le nom de punky brewster ...Henri IV ?
Le weekend dernier, on a pu causer un peu de l'un des parents pauvres de la télévision internationale, au moins du point de vue de son accessibilité en France : la Russie. Dans le même esprit, j'avais envie de vous parler aujourd'hui d'un des pays qui attise ma curiosité en dépit du fait d'être assez difficile d'accès à l'heure actuelle. Ce pays, c'est la Turquie. Allez hop, un peu de pédagogie au préable.
Comparée à d'autres pays, la télévision turque est relativement jeune, et ce qui lui arrive aujourd'hui est donc d'autant plus impressionnant. Songez que la première chaîne du pays est née en 1968 (c'était TRT, une chaîne publique), et que la première chaîne privée date de 1989 ! Et malgré cette genèse tardive, la fiction turque est en plein boom depuis une dizaine d'années environ, et ça ne va certainement pas en se calmant vu le succès de ces fictions à l'étranger. La première série turque à avoir été vendue hors de son pays natal s'appelait Deli Yürek, une série mêlant de l'action, du drame et même un peu de politique, et se déroulant dans un contexte mafieux ; elle a duré 4 saisons de 1998 à 2001 et a même donné naissance à un film "spin-off". C'est grâce à son succès que la fiction turque a attiré l'attention de toujours plus de pays étrangers.
Depuis 2001, environ 80 séries turques se sont vendues dans plus de 40 pays du monde, certaines collectant, certes, plus de miles que d'autres. En 2011, ce business a rapporté 60 millions de dollars, à raison d'un prix allant jusqu'à 15 000 dollars par épisode. C'est dire si ça va BIEN.
On savait depuis quelques années que les soaps turcs fonctionnaient très bien, notamment dans les pays de langue arabe, avec la success story de Gümüş (alias Noor dans sa version arabe). Ce soap a fait un tabac de la Croatie à l'Arabie saoudite, alors que pourtant, la série y montre des choses pas franchement acceptées dans les pays de culture musulmane, comme boire du vin ou avoir des relations sexuelles avant le mariage ; l'un des personnages a même eu recours à un avortement. Malgré cela, 85 millions de personnes dans le monde ont vu ce soap !
Aujourd'hui, les séries hebdomadaires sont également très en forme. Outre le fait que ce sont ces séries qui aujourd'hui capitalisent les meilleures audiences sur leur chaîne d'origine, ce sont aussi celles qui se vendent le mieux (il y a un rapport de cause à conséquence, vous l'aurez compris). Ce qui est une bonne nouvelle, c'est qu'elles peuvent rivaliser avec les productions occidentales en termes de qualité de production ou de budget (au niveau format c'est plus compliqué, les séries turques ont souvent des épisodes de 90mn qui font régulièrement l'objet de redécoupages en 2x45mn une fois à l'étranger ; notons qu'en France ça ne poserait pas forcément problème, cela dit). Alors forcément ça attire l'oeil ! Evidemment, qui dit plus de ventes à l'étranger implique aussi un cercle vertueux sur le territoire national, puisque ça fait sans cesse plus d'argent qu'on peut investir dans la production suivante. Et plus il y a de pays différents culturellement pour acheter des séries turques, plus celles-ci tentent de rendre leur contenu plus accessible à des publics étrangers divers ; à l'heure actuelle, les séries turques sont définitivement ancrées dans la culture de leur pays, elles sont également regardables dans des pays de culture musulmane, mais elles sont aussi faciles d'accès pour plein de pays comme la Grèce et les Balkans (on estime par exemple qu'un spectateur sur deux en Bulgarie regarde une série turque), et ça c'est un immense point fort pour nous, spectateurs occidentaux, lorsqu'on les aborde ! Ca veut dire qu'on ne va pas se retrouver devant un trop grand fossé culturel, parce que les productions turques prennent cela en compte.
On a déjà pu parler d'Ezel, par exemple ; à l'époque de Séries du Monde, j'ai ainsi eu l'occasion de vous dire qu'elle s'était vendue un peu partout dans les pays voisins de la Turquie (je me souviens notamment d'une news portant sur un petit soucis en Grèce), et que sa diffusion hors des frontières turques avait eu l'opportunité de s'intensifier encore lors du dernier Ramadan. Depuis, la série a même été diffusée sur K+, une chaîne du groupe Canal+ au Vietnam, et des remakes ont été mis en branle dans plusieurs pays dont, apparemment, la Belgique. Des négociations seraient en cours pour une diffusion aux Etats-Unis, et même dans des pays d'Afrique noire, ce qui est assez inédit. Mais surtout, il me faut évidemment re-mentionner Muhtesem Yüzyil. La série historique qui est un véritable carton aussi bien dans son pays d'origine qu'à l'étranger (45 pays acquéreurs à elle seule à ce jour) ; j'avais d'ailleurs pu vous dire à quel point ce succès n'était pas injustifié l'an dernier, lorsque j'ai évoqué le pilote. Muhtesem Yüzyil est actuellement le fer de lance de la fiction turque : dans son pays, l'Ottomania est vrai un phénomène (même si la série a apporté sa dose de controverses), et à l'international elle fait systématiquement un carton. Et quand les pays ne l'achètent pas, ce sont les internautes qui en font un phénomène : ainsi en Bulgarie, je lisais le mois dernier que des fansubbers proposant des sous-titres le lendemain de sa diffusion en Turquie ont réussi à créer un buzz immense autour de la série, et maintenant les chaînes bulgares s'entretuent pour en acquérir les droits. Une jolie histoire à la Äkta Människor (moins les chaînes qui s'entretuent, quoi). Un succès que Bir Zamanlar Osmanli: Kiyam, qui débute lundi, va tenter de reproduire, d'ailleurs. On parle de séries venues d'un pays où, jusqu'à il y a 15 ans environ, c'était majoritairement la telenovela sud-américaine qui dominait les grilles en matière de fiction, quand même... Joli parcours que celui de la télévision turque, je le disais.
Cycliquement j'essaye moi-même de me pencher sur quelques séries turques. C'est à la fois facile, puisqu'avec les bons outils, on découvre très facilement des endroits où s'en mettre plein le disque dur, et compliqué car les sous-titres ne sont pas légion. Fort heureusement, si on reste sur Muhtesem Yüzyil comme exemple, le streaming peut ponctuellement se révéler intéressant, à condition d'aimer le streaming (comme vous le savez, ce n'est pas mon cas) et d'accepter d'avoir très peu de choix.
L'une des séries sur lesquelles je gardais un oeil, en ce début d'année, était Uçurum, diffusée par la chaîne privée ATV. Si Uçurum avait attiré mon attention (elle figurait dans le Pilot Watch), c'était sur deux critères : d'une part, un pitch attirant (et accessible à une pauvre Occidentale telle que moi, comme SON, lancée le mois précédent), et d'autre part, une foison de photos de promo alléchantes, comme celle-ci. Il faut d'ailleurs préciser que de ce côté-là, les Turcs sont très très bons. Ils soignent leurs photos de promo (chose que ne font pas, par exemple, les Russes, on l'a dit la semaine dernière, mais même les Japonais, qui pourtant devraient être rôdés vu le nombre de séries qu'ils produisent chaque année...), et maîtrisent parfaitement la grammaire de la promotion qu'on peut connaître chez les séries de network américaines par exemple, avec ce qu'il faut de trailers notamment.
Uçurum, qui d'après une sélection de traducteurs automatiques et dictionnaires peut signifier aussi bien "précipice", "abysse", que "écart", est une série au contexte très urbain qui repose sur le principe suivant : dans une grande ville, la vie peut basculer à tout moment. C'est le cas d'Eva, une Moldave qui vient à Istambul dans l'espoir de pouvoir travailler dans la mégalopole turque. Elle est suivie par sa petite soeur, Felicia. Toutes les deux tombent alors dans un réseau de prostitution mené par un certain Yaman ; Eva échappe à ce triste sort de justesse, et trouve refuge dans un taxi. Hélas, sa soeur Felicia ne s'en sort pas aussi bien... C'est ainsi qu'Eva rencontre Adem, un homme qui vient d'accomplir son service militaire et qui commence à travailler comme chauffeur de taxi, travaillant uniquement de nuit. En venant en aide à Eva, vite traquée par le gang de Yaman, la vie d'Adem va ainsi elle aussi basculer.
L'épisode commence dans la confusion la plus totale : une jeune femme à la main ensanglantée reprend péniblement son calme auprès d'un homme agonisant dont on comprend qu'elle vient de le poignarder, et s'enfuit aussi vite que possible, réussissant à trouver refuge dans un taxi dont le conducteur va devoir prendre une décision très vite.
Comment en est-on arrivé là ? Allez hop, flashback, cette fois au ralenti (ce qui offre un incroyable et efficace contraste avec le chaos de la scène d'introduction), alors que, trois mois plus tôt, ces trois protagonistes mènent leur vie sans se soucier de rien, comme en marche vers leur destin. C'est une idée qui n'a l'air de rien mais qui fonctionne très bien. Ainsi, la jeune femme s'apprête à fêter l'obtention de son diplôme de médecin, le chauffeur de taxi (pas encore pourvu de barbe) est un militaire en passe d'être décoré, et l'homme poignardé, encore en relatif état d'intégrité physique, est en réalité un mafieux dans ce qui ressemble déjà à un mauvais jour. On va donc lentement revenir sur la façon dont les évènements se sont mis en place, et c'est l'occasion de pénétrer le réseau de prostitution, que Yaman dirige avec l'aide d'une femme, et sous les ordres d'une sorte de parrain. L'effet de compte à rebours avant ce moment crucial qui a ouvert l'épisode va être rappelé plusieurs fois au cours de l'épisode par le biais non pas d'un bête compteur, de cliffhangers ou d'autres outils auxquels on pourrait s'attendre pour nous rappeler qu'il y a un gros truc qui nous attend, mais avec l'aide d'un split screen montrant à intervalles réguliers la progression des personnages dans leurs univers respectifs, et pour le moment distincts.
Si Eva est une bien jolie créature et qu'on s'intéresse forcément un peu à son histoire (surtout quand, comme moi, on a déjà regardé Matrioshka ou Blue Natali), celle-ci n'a pas grand'chose d'original. Quant au salopard de Yaman, on n'a pas tellement envie de le plaindre dans ses tracas (car il en a). C'est Adem qui s'avère être un personnage particulièrement touchant. Pendant son service militaire, son meilleur ami s'est pris une balle (ouais, le service militaire turc, c'est pas la JAPD, hein, on est pas là pour déconner) ; Adem s'est d'abord porté à son secours mais lorsqu'ils ont failli être repérés par l'ennemi, son ami a fait une crise de panique, et en voulant le faire taire, Adem l'a étouffé... Depuis, il est littéralement suivi par son fantôme, qui apparait même à l'arrière de son taxi. C'est de toute évidence une torture pour notre héros que de vivre avec son lourd secret, et il sera à deux doigts de se suicider pendant l'épisode. Cela nous offrira d'ailleurs une scène assez émouvante.
Certaines séquences de ce pilote, par ailleurs relativement conventionnel pendant sa première heure (souvenez-vous : épisodes de 90mn), sont extrêmement impressionnantes de par leur forme très aboutie. Ainsi, pour montrer que le temps a passé après une scène se déroulant dans le dortoir des prostituées prises au piège par le réseau de Yaman, on a une séquence particulièrement élégante. De même, quand Adem conduit des personnes très différentes dans la nuit d'Istambul, difficile de ne pas être touché par la succession de portaits et de situations qui se succèdent à l'arrière de son véhicule.
Mais surtout le pilote d'Uçurum accomplit quelque chose qu'il n'est pas exagéré d'appeler une PUTAIN DE PROUESSE en nous surprenant totalement à la fin de l'épisode ; par contre si vous voulez finir ce paragraphe vous allez être spoilé : on reprend la fameuse scène qui l'avait ouverte, mais en version longue, et on a cette fois des séquences supplémentaires qui ajoutent encore à la gravité de la situation. Au lieu d'avoir simplement Eva qui poignarde Yaman et se rue dans le taxi d'Adem en sortant de l'hôtel où elle était retenue, on a droit à une pénible séquence pendant laquelle Yaman tente de violer Eva, où celle-ci le poignarde dans l'oeil (chose qu'on ne savait pas), où elle cherche de l'aide dans les couloirs, tombe sur une chambre où sa soeur est sur le point d'être violée, est contrainte de l'abandonner là quand l'un des violeurs pointe une arme sur elle, sort dans la rue, et fait irruption dans le taxi d'Adem alors que celui-ci caresse de nouveau l'idée du suicide ; en parallèle, Yaman s'effondre dans le couloir de l'hôtel, le visage en sang et sous les cris d'horreur de la femme qui gère le réseau de prostitution avec lui. Et du coup, alors qu'on pensait ne revenir à cette scène que pour l'adrénaline, on se retrouve avec une dramatisation incroyablement plus forte qu'attendu. On croyait connaître la scène depuis le début de l'épisode, et pour tout vous dire y revenir semblait un peu cliché ; en fin de compte, on se retrouve avec quelque chose qui lance réellement le côté dramatique de la série. C'est un vrai bon moment de télévision qu'on n'avait pas vu venir du tout. Et d'ailleurs l'épisode va s'arrêter là, au lieu d'employer cette décharge d'adrénaline pour nous montrer comment l'équipe de Yaman va se lancer à la poursuite d'Eva, par exemple (ce à quoi on aurait pu s'attendre).
Alors, dans ce paragraphe, il n'y aura plus de spoilers. Mais il y aura de l'amertume : celle de ne pas pouvoir regarder autant de séries turques que je le voudrais, parce que je les regarde toujours en VOSTM. Je serais prête à poursuivre Uçurum, dans le cas contraire. Et c'est une preuve supplémentaire, après Muhtesem Yüzyil que je n'avais pas détestée (et pourtant, moi, les séries en costume...), que la fiction turque a de bonnes choses à nous apporter. Pour le moment, pas facile-facile d'y accéder mais, bon, on sait pas, si des fansubbers bulgares y arrivent, je vois pas pourquoi il seraient les seuls... Un jour peut-être, qui sait ?
Depuis quelques minutes, si je n'ai rien oublié, vous pouvez lire sur SeriesLive un nouvel article dans la rubrique Séries du Monde, dédié aux séries du Ramadan. Car vous êtes devenus doctes en termes de séries de la planète, et il ne vous aura pas échappé, l'an dernier lorsque nous avons exploré l'Egypte au cours de notre périple estival, que le Ramadan, c'est aussi une institution télévisuelle. Mais depuis l'été dernier, il s'est aussi passé deux ou trois petites choses dans plusieurs pays arabes, et les séries du Ramadan s'en sont vues bouleversées.
Dans ce contexte c'est presque dommage que ce soit la première année pour un article de ce genre sur SeriesLive, parce qu'on n'a pas vraiment de point de comparaison (cela dit je lance l'hypothèse que les vrais changements, on les verra l'an prochain, vu que plein de séries n'ont pas pu être prêtes à temps pour le Ramadan 2011, de nombreux tournages ayant été mis en pause voire indéfiniment suspendus depuis le fameux "printemps arabe", qui n'a de printemps que le nom d'ailleurs).
Je dis presque, parce que de vous à moi, cet article, c'est un sacerdoce. Ca fait l'air de rien depuis au moins début juin que je suis dessus. C'est une calamité. Rapport au fait que les séries arabes, 90% du temps, les infos dessus sont en arabe. Bon après ça dépend des pays, pour le Maroc par exemple ça n'a pas été aussi difficile que pour la Syrie. Mais nom d'un chien, c'est un sacré cauchemar pour moi qui n'y connais rien. Alors autant je veux bien gonfler le torse et faire ma mariole avec les articles nippons (oui d'ailleurs pardon mais le bilan de la saison du printemps, là, il a pris un peu de retard), ou coréens, ou quoi ou qu'est-ce, et sur pas mal de pays j'assimile plutôt vite les données, le fonctionnement, tout ça... Autant les pays arabes, désolée de me répéter mais c'est devenu ma grosse angoisse. Pas de possibilité de croiser les sources, pour commencer. Et puis le parcours du combattant que c'est, une fois qu'on a le titre d'une série, de trouver des infos dessus, je vous raconte même pas. Il faut quand même garder à l'esprit que comme toutes les langues n'utilisant pas de caractères latins, la romanisation peut grandement varier, et du coup il peut y avoir trois, quatre, j'ai même vu cinq orthographes pour un même titre. Quand on n'est déjà pas expert sur le sujet, il faut bien admettre que ça n'aide pas.
Alors pourquoi m'être fait chier ? Pour pouvoir venir me plaindre après ? Aussi. Mais surtout parce que ce qui se passe dans ces pays-là est fascinant. On peut difficilement voir ce genre de choses, il faut le reconnaitre, de par l'interconnexion des pays entre eux, télévisuellement parlant, voir comment moins de séries d'un côté conduit à plus de séries de l'autre, c'est fascinant. Et puis parce que derrière l'histoire télévisuelle il y a l'Histoire qui se dessine et c'est toujours captivant. C'est quand même aussi à ça que sert la curiosité téléphagique, ce serait dommage de passer à côté.
Pour ce que j'en ai vu (extraits divers, bandes-annonce...), les productions arabes rivalisent rarement avec celles d'autres contrées du point de vue de la production, probablement parce qu'il y a une question de budget derrière, entre autres (le fait que ces productions énormes se tournent en un temps record, au point que je peux lire que certains acteurs ne jouent "que" dans deux ou trois saisons cette année, doit aussi jouer). Pour commencer il n'y a pas la même qualité d'image ; j'ai cependant pu la voir dans Muhtesem Yüzyil ou Lahazat Harega, donc ça doit exister quand même. Mais sur la forme, donc, peu de séries vont suffoquer le spectateur occidental sous une vague d'innovation bluffante. Par contre, du point de vue des pitches et des thèmes, c'est quand même drôlement solide. Il y a des sujets drôlement courageux que je ne suis pas certaine d'avoir déjà vus dans d'autres régions du globe. Bien que la censure soit très active, ou l'ait été jusque récemment, pour certains pays, il y a une volonté affichée de montrer la société comme elle est et de ne pas se raconter d'histoires. Alors après, tout n'est pas que drame social, il y a de nombreuses comédies, des biopics épiques et souvent admiratifs, sur une chanteuse des un petit-fils de prophète, je ne dis pas. Mais il faut quand même reconnaître qu'il y a des concepts qui m'ont arraché un sifflement admiratif, comme Saâ Fi Aljhim. Et puis franchement, ça nous change des comédies romantiques (et pour cause, la période s'y prête mal).
Je l'ai déjà dit, et je le dirai encore, mais un truc qui serait vraiment chouette, ce serait que les spectateurs arabes soient plus enclins à partager leur univers télévisuel. Chais pas les mecs, des sites, des blogs, quelque chose, mais gardez pas tout ça pour vous ! Même si vous ne regardez la plupart de ces séries qu'un mois par an, je suis sûre qu'on trouverait à s'entendre sur certaines de ces séries. Partager un épisode, c'est toujours du partage. Et je dis pas ça parce que je cherche les sous-titres pour le pilote d'Ezel (hors-streaming), juré. Presque pas.
Enfin bref, pour revenir à notre article avant que vous n'alliez le lire, ce dont je ne doute pas, je voulais simplement dire que les séries arabes, vraiment, je suis pas à l'aise, je touche mes limites quand je les aborde, surtout dans le cadre d'un article (pour les news j'ai surtout un problème de sources). L'an prochain, je recrute pour m'aider quelqu'un qui pratique l'arabe et/ou qui regarde des séries pendant le Ramadan, pour faire du meilleur boulot. L'appel est lancé, n'hésitez pas à faire passer à vos connaissances... parce que même avant, je suis ouverte aux suggestions.
Alors celles-là, je les avais pas vues venir. De toutes les séries pour lesquelles je pensais avoir des requêtes un jour... celles-ci étaient certainement les dernières. En fait elles n'auraient même pas figuré sur ma liste si j'avais eu l'idée d'écrire une liste de séries pour lesquelles un jour... vous me suivez. Nan vraiment, je suis sur l'arrière-train, là.
Des séries japonaises, coréennes... et quand il y a des requêtes sur Borgen, ou Forbrydelsen... là, oui. Je peux comprendre. Mais des séries égyptiennes et turques ? Venant de toute évidence de téléphages francophones ? Wow.
Donc du coup, si vous regardez des séries turques ou égyptiennes, et que vous atterrissez ici, eh bah surtout, déclarez-vous ! Laissez un mot en commentaires pour qu'on puisse essayer d'en parler un peu plus. Enfin... vous, vous m'en parlerez, et puis moi je me chargerai d'aller faire les fiches et les news et les articles et les machins. D'ailleurs si vous savez où je peux avoir des infos, aussi bien sur les séries elles-mêmes que sur leur actu, pareil hein, n'hésitez pas, laissez un ptit quelque chose. Entre téléphages curieux, 'faut qu'on se serre les coudes.
Chais pas pourquoi je dis ça pour les séries égyptiennes et turques, d'ailleurs. C'est valable pour n'importe quel pays. Faites tourner les quelques pistes que vous avez !
Pour la peine, j'ai créé la fiche de la série Deniz Yildizi (alors comme on a un bug, bon, ya pas encore les personnages, mais ça va venir et en attendant je vous ai mis une photo). Non, c'était pas encore fait, mais là maintenant ça y est.
Pis je prends toutes vos suggestions, en fait, pour enrichir la base de données Séries du Monde de SeriesLive avec des fictions du Moyen-Orient.
Bientôt trois semaines d'existence pour la rubrique Séries du Monde, et les choses prennent leur rythme. Comprenez que je commence à avoir le rythme. Mettre à jour les grilles, les audiences, faire des news, ajouter des fiches... je trouve un cycle pour chaque chose. Du coup, je peux aller chercher dans ma liste les séries qu'il me reste à ficher, et cette liste fait plusieurs pages d'un cahier. Progressivement, je peux prendre le temps de les cocher... et me voilà à ficher, chose rare, une série turque qui a démarré au début de l'année, et que j'ai dénichée sur les bons conseils du Wikipedia anglophone, pourtant avare d'ordinaire en séries récentes du Moyen-Orient.
Cette série, c'est Muhtesem Yüzyil, et en faisant la fiche, je me suis demandé ce qui m'empêchait d'aller cagouler l'épisode et y jeter un oeil. Je ne comprends pas que ce ne soit toujours pas un réflexe. Alors me voilà, au beau milieu de la nuit, en train de parcourir les sites turcs (il y a une première à tout) pour trouver le fichier de mes rêves, et vous savez quoi, ce n'était même pas vraiment difficile à trouver, ce qui devrait me servir de leçon. Après la douloureuse expérience d'Ayrilik cet été, ça faisait vraiment du bien de regarder Muhtesem Yüzyil. J'avais besoin d'être réconciliée, en fait, avec les fictions de ce pays.
Pas vraiment une fresque historique, Muhtesem Yüzyil, mais ça m'arrangeait parce que j'ai regardé sans sous-titres (mais où sont les sous-titres des séries du Moyen-Orient ? Je cherche encore). Ne comprenant que les passages en russe (enfin non, ptet pas du russe, mais en tous cas c'était assez proche pour que je pige un peu les dialogues), j'ai été ravie d'assister à ce qui m'a semblé être la version turque des Tudors. Oui messieurs-dames, no less.
Un beau jour de 1520, Süleyman apprend qu'il vient d'hériter de la couronne de l'Empire Ottoman. Il a 26 ans (d'accord, il en fait 40, mais officiellement il en a 26) et il devient l'homme le plus puissant de la région à son époque. Ceci fait il va donc s'installer au palais impérial avec sa mère et toute sa suite (dont son meilleur ami qui deviendra son Grand Vizir), et en profite pour faire venir sa concubine Mahidevran et leur fils. Tout cela est charmant. Mais il y a un "mais". Car le jour-même du couronnement de Süleyman Ier, un navire rempli d'esclaves débarque, avec à son bord, une sublime créature du nom d'Aleksandra, une chrétienne dont les parents ainsi que le mari et la fille ont été méchamment trucidés avant qu'elle ne soit enlevée, non sans une certaine idée derrière la tête... Car, étant sublime, elle est immédiatement sélectionnée pour faire partie du harem de notre Empereur.
Eh oui, c'est un malin, notre Empereur. Loin de se faire chier comme Henry (un contemporain, d'ailleurs) à révolutionner l'Etat pour pouvoir divorcer, il a tout simplement un harem. Certes l'idée n'est pas de lui et s'explique culturellement, mais c'est ce qui va largement lui simplifier l'existence. Manque de chance, Mahidevran est d'une sensibilité plus occidentale, dirons-nous. Et elle pensait qu'avoir engendré un rejeton (de sexe masculin, qui plus est) allait lui garantir l'accession au trône. C'est sans compter sur Aleksandra qui, après avoir joué les rebelles pendant une saine période de temps, est résolue à s'approcher de l'Empereur. Mettant ses nombreux atouts en avant (moi-même, je n'ai pas été insensible à la crinière rousse et aux grands yeux verts), elle est prête à tout pour devenir l'épouse de l'Empereur, chose pourtant impensable pour une esclave.
En entrant plutôt dans la couche de l'Empereur Süleyman Ier que dans son bureau, Muhtesem Yüzyil affiche donc sa proximité avec les thématiques de The Tudors, auquel le spectateur occidental ne pourra pas ne pas penser. Mais la série a le bon goût (qui s'explique, là encore, probablement par sa cible) de ne pas en rajouter dans le sulfureux, sans pour autant jouer les prudes. C'est finalement plus sensuel qu'autre chose, comme résultat, notamment vers la fin du pilote quand Aleksandra fait ses premiers pas au harem avant de finalement rencontrer l'Empereur. Il y a pourtant un peu de politique, car certains conseillers de Süleyman complottent dans leur coin, et qu'une partie, certes courte, mais intéressante, de l'intrigue, nous parle des rapports de l'Empire Ottoman avec la chrétienté (un passage que je n'ai pas compris s'est déroulé au Vatican, par exemple, d'ailleurs tourné en italien et doublé en turc, procédé intéressant). C'est donc une histoire équilibrée qu'on a ici, ni totalement consacrée aux coucheries et complots à la cour, ni trop sérieuse comme souvent c'est ma crainte lorsqu'il s'agit de séries historiques. Les acteurs sont solides, pour ce que j'ai pu en voir ; notre Süleyman est un peu monolithique mais ça fait un peu partie de la fonction, quelque part, et puis quelque chose me dit qu'il ne restera pas longtemps insensible à Aleksandra (je triche, j'ai lu un peu plus que ce que l'épisode ne disait).
Côté production, si on sent bien qu'il n'y a pas les moyens de The Tudors, pour reprendre mon exemple, le résultat est TRES honnête. Costumes superbes, décors incroyables, et effets spéciaux presque irréprochables mais suffisamment rares pour ne pas entacher le résultat final... Muhtesem Yüzyil est une bonne surprise en ce qui me concerne. Si j'étais masochiste, j'irais regarder la suite, mais sans sous-titres faut rien exagérer ; cela dit, entre une certaine dose d'exotisme et des thèmes familiers parce qu'universels, j'aurais presque été tentée de poursuivre. Mais en tous cas, expérience positive à l'appui, je vais certainement continuer à fouiller par-là...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Muhtesem Yüzyil de SeriesLive. Si parmi vous il y a des téléphages turcs qui se cachent, je refuse pas qu'on m'indique quelques autres titres.