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ladytelephagy
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mad men
21 octobre 2011

Le but et le moyen

"Bon bah c'est une série de Showtime, quoi".
C'est le genre de chose que j'ai la sensation d'entendre de plus en plus souvent. Avant, on faisait déjà des généralités sur une chaîne : CBS et ses séries policières sorties d'une chaîne de montage, la CW et ses merdes dédiées aux ados volontaires pour se faire trépaner, ABC et son goût pour les annulations absurdes...
Et ça donnait déjà des réflexions du genre "je ne voyais pas du tout cette série sur cette chaîne", alors que, bah écoutez les petits, justement, elle y est, c'est donc bien que si.

Mais j'ai l'impression que de plus en plus, on inverse cette façon de penser en décrétant qu'une chaîne ne peut jamais faire que la même chose.
Ainsi, pendant The SeriesLive Show, au cours de la saison passée, ai-je pu entendre régulièrement une petite phrase qui n'avait l'air de rien, mais qui sur le long terme m'a paru agaçante ; par exemple à l'occasion de laquelle l'un de mes camarades avançait que The Walking Dead n'avait rien d'une série de AMC. Ecoutez, si une série sur la survie (hautement improbable) en milieu zombie n'est pas à sa place sur AMC, je ne refuse pas qu'on me dise sur quelle chaîne et nulle part ailleurs elle s'imposait comme une évidence. Évidemment, HBO, FX et Spike (en supprimant le budget sport) auraient pu le faire en toute légitimité, mais je ne vois pas en quoi AMC est moins autorisée à passer ce genre de commande. Après tout la politique de fictions de la chaîne a l'âge de Mad Men (occultons Remember WENN et The Lot que, osons le dire, personne n'a vues), et on ne peut même pas dire que Le Prisonnier (New Gen) soit du même tonneau que Breaking Bad, ni Breaking Bad de Rubicon. Ajoutez à ça The Killing qui est, en plus, un remake de séries étrangère, et non une création originale (voyait-on AMC donner dans le remake ?), et vous avez tout compris. Rien ne fait spécialement sens. Il n'y a pas un ton unique. Il n'y a pas une volonté unique. L'idée est d'aller chercher la qualité sous toutes ses formes, qu'elle emprunte un ton grand public (The Walking Dead) ou s'adresse à une audience plus restreinte (Mad Men).
Et entre parenthèses, parfois ça marche, et ça donne une vraie série de qualité qui enthousiasme la critique, et parfois ça ne marche pas, dans le sens où la série laisse les observateurs circonspects et/ou reste trop confidentielle.

On pourrait le faire de beaucoup de chaînes, d'ailleurs. Car si sur HBO, le mot d'ordre est également censé être la qualité, rappelons qu'elle revêt des formes très variées (euphémisme), de Boardwalk Empire à True Blood en passant par Entourage, Bored to Death et East Bound and Down (notez bien que je n'entre même pas sur le terrain de mon avis personnel sur ces séries ; mais si vous y tenez, il y a les tags).

Bien-sûr, il y a des points communs, et je ne nierai pas que pour Showtime, il est facile de généraliser à partir du fait que les séries sont souvent centrées sur un personnage féminin (d'ailleurs SNL ne s'est pas gêné l'an dernier pour le signaler, oubliant de façon fort pratique ce bon Dexter dans sa démonstration), mais ça ne fait pas tout. Et le ton ? Et le sujet ? Bien que j'aime ces deux séries, jamais il ne me viendrait à l'idée de comparer Nurse Jackie à The Big C, par exemple. A contrario, il vient à l'idée de tout le monde comparer Enlightened à The Big C. Oups, pas la même chaîne.

Alors on étiquette. Showtime ne peut faire que des séries de gonzesses (oups Dexter), HBO ne peut faire que des séries de qualité (oups True Blood), CBS ne peut faire que des séries policières (oups The Good Wife)... "Ouais nan mais là lady, c'est facile, moi aussi je peux le faire et trouver une exception, n'empêche, c'est quand même vrai en général".

Eh bien non, pas en général, si on y réfléchit. Peut-être que dans le fond ça souligne surtout une chose : la perception que nous, nous avons de l'identité d'une chaîne.
Par exemple, j'en parlais dans les commentaires cet aprem avec Tony sur un autre post, mais pour moi, ABC est le network des annulations scarifiantes. Pourtant j'ai été peinée, il y a quelques mois encore, par des extinctions sur d'autres chaînes, à l'instar d'Outsourced sur NBC, mais il reste assez criant pour moi qu'ABC a annulé des séries comme Pushing Daisies (obviously), Samantha Who, Better Off Ted... Pour d'autres que moi, ces annulations seront passées plus en douceur, là où d'autres auront marqué, faisant d'une autre chaîne l'ennemi à abattre.
Alors du coup cette perception varie d'un spectateur à une autre.

HomelandisDashow
Et c'est pour ça que toujours un peu irritant quand j'entends l'un de mes comparses du SeriesLive Show attaquer Showtime au pied de biche de façon systématique, parce que j'ai l'impression que cette généralisation empêche d'aborder toute nouveauté avec un oeil neuf. Il n'y a pas que du bon sur Showtime, et je ne regarde certainement pas toutes les séries de Showtime, mais je trouve étrange qu'on veuille juger une série à l'aune de la chaîne sur laquelle elle est diffusée. Je n'ai même pas envie de défendre Showtime, ou ABC, ou NBC, ou CBS, ou AMC, ou que sais-je. Je ne vois pas plus l'intérêt de les "sauver" en bloc que des les dénigrer systématiquement.
Je trouverais simplement plus juste qu'on juge une série sur ce qui est diffusé, et non sur qui la diffuse.

Voilà, c'était le coup de gueule du jour, mais avouez : ça faisait longtemps.

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21 septembre 2011

Crème glacée et pudding

Ce n'est pas moi qui prétendrai que l'unviers de Playboy n'exerce pas une certaine fascination sur les esprits. Et d'ailleurs ça ne me gène pas de le reconnaître : il y a une dizaine d'années de ça, j'avais découvert le téléfilm A Tale of Two Bunnies et je l'avais adoré. On y voyait deux Bunnies débutantes commencer leur formation, l'une avec succès, l'autre en tombant dans les pires excès. C'était pas le scénario le plus incroyable du monde, et, loin de là, le cast non plus (qui sait qui est Marina Black ? Voilà merci), mais j'aimais bien le contexte historique, le décor du club, l'univers de Playboy en général, en tous cas tel que dépeint dans le téléfilm qui lui aussi choisissait une époque similaire. Donc c'était cool, voilà.
Et ce n'est pas moi qui prétendrai que, 10 ans après, la fascination sur l'univers de Playboy ne fonctionne plus.

Aisu

On en était donc là et, des séries que j'attendais à peu près (genre : ah oui elle a été commandée, non ?), The Playboy Club était l'une de celles que j'attendais le plus, si ça signifie quelque chose.
Je n'attendais pas du Mad Men : pour avoir du Mad Men, je pense qu'à ce stade on est tous conscients qu'il faut regarder Mad Men. The Hour l'a prouvé (avec brio) cet été ; on peut s'inspirer de la série à succès et pour autant, tout de même su trouver son univers. J'ai hâte de voir si Erobreren aura également appris la leçon.
The Playboy Club, à sa façon, et contrairement à ce que la plupart des mauvaises langues vous diront, a aussi tiré les enseignements du succès de Mad Men sans en être une pâle copie. Il y a inspiration, c'est indéniable, et plus forte sans aucun doute que dans The Hour, mais Playboy recouvre un tel folklore, fait appel à une telle part de notre imaginaire, plus encore dans sa prime jeunesse (aujourd'hui ça ne fait probablement plus rêver que les chirurgiens esthétiques), qu'on ne peut pas juste se limiter à cela quand on aborde la série. Oui, il est certain que NBC a commandé la série à cause de Mad Men, et le pilote tourné en conséquence. Mais le pilote ne se borne pas à copier son aîné.

Alors après, je ne vais pas prétendre qu'il s'agit de ZE pilote de la rentrée. Déjà parce que pour rivaliser avec la qualité de Homeland, il faut se lever tôt. Et ensuite parce que je ne suis pas totalement stupide (non, pas totalement), et que je vois bien les limites de la série.
Mais plus le pilote avançait, plus je me suis dit que, quand même, je ne voyais pas ce qu'on pouvait lui reprocher. On peut tout-à-fait ne pas l'apprécier, surtout si on aime déjà Mad Men et qu'on a l'obsession que semblent avoir beaucoup de demander aussi bien que Mad Men sinon rien (et si déjà on arrêtait de comparer, on pourrait se détendre un peu et apprécier un peu mieux le pilote), mais on ne peut pas dire que c'est une merde, pas si on a vu Whitney, par exemple. Ou The Secret Circle. Ou... vous m'avez comprise.

Evidemment c'est un peu cliché, mais Playboy EST un cliché : on vend du cliché, quand même, à la base ! Et bien-sûr, cette histoire d'homicide est un peu cousue de fil blanc parce qu'on sent que c'est un prétexte pour lier la nouvelle Bunny au séduisant héros. Et alors ? Vous croyez qu'une intrigue de Grey's Anatomy, où dés le début on a droit à un "comme par hasard...!", était moins téléphonée ? Mais on s'attachait aux personnages, au contexte, aux histoires (ou pas) (ou plus, dans mon cas ; j'ai pas été très loin).

On est avant tout là pour visiter les coulisses du club, assister à la genèse de Playboy, les premières fêtes dans le Manoir Playboy, les costumes, l'ambiance musicale de l'époque. On veut juste tâter les oreilles et les petites queues soyeuses plutôt que de regarder éberlués des lèvres et des nichons démesurés sur du papier glacé qui n'a plus rien de frippon. On veut revivre la légende. On veut avancer avec les Bunnies, parce qu'outre le petit derrière qui frétille, c'étaient de jolies histoires de femmes, là où Mad Men est quand même plus un univers d'hommes (ce qui n'empêche pas les beaux portraits de femmes, bien-sûr).
Les histoires de mafia, l'apprentissage des Bunnies, les fêtes folles, les clients qui tentent d'être discrets, les inévitables coucheries, les jalousies, les secrets... c'est bien aussi. Il n'y a rien de honteux. Il n'y a rien de piteux. Il n'y a rien de génial, ah ça on est d'accord, mais ce n'est pas plus crétin que les centaines de séries policières photocopiées qui débarquent chaque année sur les écrans (mon programme ce soir : tenter Unforgettable).

C'est un milieu original, que dis-je original, unique. Je ne vois pas pourquoi j'en demanderais plus à une série qui peut, si on le lui permet, me fournir du divertissement sympathique et rétro sans faire honte au monde de la télévision, simplement parce qu'elle a pensé que pour voir le jour, il fallait surfer sur la vague d'une série encensée par la critique. On a eu pléiade de séries policières qui l'ont fait pendant la décennie précédente et on ne leur en a pas tenu rigueur pour si peu. Je trouve vraiment exagéré le lynchage auquel j'assiste depuis quelques jours ; ou alors je lis pas les bonnes reviews.

Non, The Playboy Club n'est pas le meilleur pilote de la rentrée, loin s'en faut. Mais ce n'est pas le pire non plus, là encore loin s'en faut. Je regarderai le temps que ça durera, dussè-je être la seule.

Et pour ceux qui manquent cruellement de cul-ture : la fiche The Playboy Club de SeriesLive.

26 juillet 2011

Le fruit n'est pas tombé loin de l'arbre

Vous avez remarqué à quel point les séries du passé sont forcément taxées d'être GENTILLES ? (ô insulte suprême dans un monde de téléphages cyniques attendant toujours plus de noirceur et de sérieux de leurs fictions)
C'est à la suite d'une discussion avec plusieurs d'entre vous sur Twitter que j'y ai repensé. Non que ce soit forcément dit avec mépris par mes interlocuteurs. Mais force est de constater que cela permet de se défausser systématiquement de ces séries, au prétexte qu'elles sont les reliques de temps immémoriaux (en années-internet) pendant lesquels il était courant qu'une série ait un regard positif sur le monde, les relations ou encore, simplement, la narration. Le happy end nous écoeure tous aujourd'hui, me dis-je parfois dans un excès de pessimisme (prouvant par là que je n'ai pas tort).

Pourtant, quand je ne m'escrime pas à vous faire regarder The Yard (clin d'oeil, clin d'oeil) ou, pire, des séries même pas anglophones, il me plaît d'essayer de défendre l'indéfendable : des séries datant d'il y a plusieurs décennies. Une tâche dont je ne suis, certes, pas la plus éminente ambassadrice, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a et, ma foi, j'ai l'amour de Three's company et Maude chevillé au corps, c'est déjà pas si mal. Pis plus près de nous, je me repasse encore des dialogues des Craquantes ou Roseanne, et je suis toute aussi ravie.
D'accord, ce sont plus souvent des comédies. C'est aussi parce que, entre vous et moi, c'est quand même plus agréable à regardé que la plupart des comédies d'aujourd'hui.

Mais les décennies passées n'ont pas été que rires et bouffonnades. Et c'est ça qui est intéressant, bien qu'un peu triste. C'est qu'on ne se rappelle que des séries drôles, et souvent familiales, et que ça permet de prendre un petit air condescendant en disant "ah, mais ça, c'étaient des séries comme on en faisait avant, c'était GENTIL, quoi". Vlan dans les dents.

Il ne vous aura pas échappé (ou si c'est le cas, prenez un air assuré et allez lire ce post discrètement quand j'aurai le dos tourné) que je ne mange pas de ce pain-là. Je revendique haut et fort mon attachement aux séries de jadis, peut-être moins fort qu'aux séries nippones ou australiennes, certes, mais quand même, et j'ai toujours une liste de séries à tester à l'occasion (tenez, la prochaine, c'est Voyage to the Bottom of the Sea, quand j'aurai du temps, et si je m'en tiens à mon planning... ah ah ah, je me fais rire toute seule dites donc).

La conversation du jour tournait autour de la classification de La Croisière s'amuse : selon SeriesLive, il s'agissait d'un soap. Mais comment la classer ? Comme un drame ? Certainement pas. Une comédie ? C'état un peu dérangeant quand même. Bon résultat, non seulement j'ai rien changé à la fiche, mais j'ai joué ma timorée sur la fiche de Das Traumschiff qui était la raison pour laquelle je consultais celle de La Croisière s'amuse.
Au cours de la conversation sur ce thème, donc, l'exemple de L'Île Fantastique est venu sur le tapis. Le soucis c'est que, si effectivement les séries sont comparables dans leur formule (notamment le fait que plusieurs histoires se croisent, permettant à plusieurs scénariste de travailler dans un même épisode), sur le ton elles n'avaient pas grand'chose en commun. Lorsque j'ai regardé le premier épisode de L'Île Fantastique voilà quelques semaines, l'histoire n'avait pas grand'chose en commun avec un épisode de La Croisière s'amuse, ou disons, en partie seulement. Car si d'un côté, on y trouvait deux jeunes femmes souhaitant vivre l'existence de la jet set (et qui du coup, c'est fatal, rencontraient chacune un homme qui permettait de se poser des questions sur la classe sociale de façon assez explicite, donc avec quand même dans l'idée de réfléchir et pas juste raconter une romance), l'autre partie était consacrée à un fantasme bien particulier : un magicien qui voulait accomplir "l'évasion ultime" se retrouvait envoyé dans une prison dont on ne réchappe pas. Envoyé ainsi dans le passé (et pas juste dans une illusion du passé, comme on pourrait s'y attendre, donc avec une forte composante fantastique qu'on a aussi tendance à oublier), il se trouvait réellement prisonnier, et il pouvait réellement mourir. A lui de voir si le défi en valait la peine... La leçon, loin d'être bienveillante, est alors réellement cruelle, et pas juste une gentille petite fable moralisatrice. Le personnage est réellement mis en danger, et même si on ne se fait pas de soucis pour lui, on a une vraie teneur dramatique, et pas juste une petite cabriole scénaristique. A côté, même les gars de Mission: Impossible étaient plus prudents sur les conséquences de leurs petites mises en scène. Et eux, ils travaillent pour le gouvernement.

RosyMemories_FantasyIsland
Outre cet exemple frais dans ma mémoire, on va exceptionnellement faire l'effort de se rappeler de mon plaidoyer pour réhabiliter (un peu) les Ahem! du Bonheur, qui, même si ses méthodes étaient, je vous l'accorde, celles d'une production peu raffinée en général, et pas téléphagiquement exigeante en particulier, avait tout de même quelques qualités dramatiques qu'on a eu vite fait d'oublier, quand on ne les a pas tout simplement ignorées.

Parce que c'est si facile de faire des généralités. C'est si facile d'avoir une mémoire partielle. C'est si facile de mettre des séries dans des cases.

Et je n'adresse pas ce reproche à qui que ce soit en particulier. Je suis consciente d'être moi-même, encore, parfois, d'un certain snobisme, alors que pourtant, en toute humilité, on ne peut pas dire que je ne fasse pas d'efforts pour regarder des séries contre lesquelles j'avais un fort préjugé il y a quelques années à peine encore. Genre Awkward., par exemple. Ou tout simplement, comme une série non-américaine. Parce que les habitués de ce blog le savent, il y a encore quatre ans, à l'ouverture de ce blog, j'étais du genre à considérer que hors la fiction US, point de salut, bien que regardant déjà des séries nippones. On a tous le droit de grandir, hein, je ne fais pas exception.

Mais enfin voilà, je trouve que ça en dit long sur nous en tant que communauté de téléphages, de voir que systématiquement, on a tendance à amoindrir l'impact dramatique des séries d'antan. J'ai regardé Roseanne il y a encore pas si longtemps avec la conviction qu'on avait changé d'époque et que celle-ci s'inscrivait dans la sienne ; alors évidemment, loin de moi l'idée de prétendre qu'on fait aujourd'hui les séries de la même façon qu'hier, et inversement.

Pourtant, de la même façon que, quand on parle de séries estivales en se disant que c'est le genre de série sans importance qu'on regarde et qu'on oublie aussi vite, on met soigneusement de côté le fait que Mad Men a, au départ, débuté comme une série estivale, eh bien de la même façon, on pense aux séries des décennies passées comme si elles avaient toutes uniquement proposé des Madame est Servie, et qu'il n'y avait pas eu de Prisonnier, pour ne citer que le meilleur des contre-exemples.
L'équipe du SeriesLive Show a d'ailleurs fait l'expérience d'une excellente bonne surprise quand, au début de notre première saison, nous avons découvert le pilote de Hawaii, Police d'Etat, et que la réalisation comme l'histoire allaient plus loin que le stéréotype qu'il nous en était resté.

Peut-être qu'on devrait regarder de "vieilles" séries plus souvent.
Ca nous rappellerait que les séries d'aujourd'hui que nous tenons en si haute estime... ont de qui tenir.

23 juillet 2011

Initiation

Quand une collègue saisonnière, ayant eu vent de votre passion pour les séries, se tourne vers vous et vous demande : "Et sinon, c'est bien Mad Men ?", alors qu'une seconde avant elle ne jurait que par Grey's Anatomy et One Tree Hill, vous vous sentez l'âme d'un vieux sage dans un quelconque film de kung fu.
Et quand un stagiaire, ayant éprouvé vos connaissances en la matière, vous demande ce qu'il pourrait regarder en l'absence d'épisodes de Chuck cet été, vous ressentez soudain une immense responsabilité, mais une grande fierté.
Ils ne sont pas là pour longtemps, mais pendant les jours ou semaines qu'il leur reste à passer auprès de vous, vous avez l'opportunité d'ouvrir des portes, et ils sont venus à vous exactement pour ça, et qu'ils s'en remettent à vous, qu'ils sont prêts à écouter, qu'ils sont intellectuellement ouverts et disponibles et que tout peut arriver. On peut alors les emmener plus loin.

En fait ça fait longtemps que je n'ai plus eu l'occasion de mener des opérations de contagion dans mon entourage proche. Comme si j'avais décrété, je ne sais pas trop à quel moment, que j'avais suffisamment d'horizons à ouvrir à ceux qui me lisent, sans que ceux qui me voient ne deviennent eux aussi la cible de mes assauts répétés sur l'air de "The Yard c'est trop bien il faut regarder" et "youpichouette j'ai reçu le DVD de Koselig Med Peis". Je ne sais pas du tout d'où ça me vient, non plus.

Et c'est finalement avec tendresse que je réponds à leurs questions et que je pose les miennes. J'écoute les réponses qui me permettront de conseiller au mieux quelques titres, mais pas seulement. Je lis sur leurs visages les choses qu'ils découvrent. Leurs yeux s'écarquillent parce que je mentionne des choses dont ils ignoraient l'existence, la lèvre en suspens, ils réfléchissent rapidement pour mesurer si tel concept leur plairait ou pas, et insèrent des questions plus générales, grâce auxquelles je peux glisser des séries que je ne leur conseille pas forcément mais qu'il peut être intéressant de connaître. Dans ce contexte, mentionner une série australienne ou danoise n'a rien d'incongru, on n'est pas dans le genre de discussion où soudain votre interlocuteur doute de votre santé mentale puisque chacun sait qu'il n'y a des séries qu'aux Etats-Unis. Je ne recommande pas ces séries à des gens qui n'en sont pas au stade où ça peut les attirer, mais je les mentionne parce qu'elles existent et qu'elles font partie du panorama, et parlent d'un sujet similaire, ou présentent au contraire un univers totalement inédit. Je ne cherche pas à leur faire regarder ces séries-là absolument, mais je me dis que si j'en parle, ça leur ouvre quelque chose tout de même. Que je ne vais pas faire comme si je voulais me mettre "à leur niveau" et livrer une information parcellaire, diluée, simplifiée.

Et puis il y a ce moment. La poignée de secondes pendant laquelle mes propos sont jugés, à la fois sur la base de leur sérieux, de leur variété, et de leur adéquation avec la demande initiale. Et soudain je lis que la personne a vraiment été convaincue de regarder A la Maison Blanche, après avoir entendu les comparaisons avec Party Animals et Borgen et Yes Minister et CHANGE. Et je me dis que je viens d'ouvrir un petit verrou téléphagique. Je n'ai pas changé la face du monde.
Mais je viens de semer une graine que je ne verrai jamais germer, mais qui donnera peut-être, oh bien-sûr seulement peut-être, un solide téléphage. Je trouve que c'est une jolie promesse d'avenir.

Heritage
One day, all this will be yours...

26 juin 2011

L'été meurtrier

Il ne fait pas bon être diffusée en été : toute série qui démarre à l'arrivée des beaux jours se voit systématiquement accusée d'être forcément d'une exigence inférieure. Si elle débutait à l'automne, on parlerait de ses qualités et ses défauts, mais puisqu'elle débute en été, alors ce facteur est forcément plus pris en compte que n'importe quel autre. Séries estivales, telle est votre malédiction : une série lancée en été est forcément soupçonnée de l'être parce qu'elle est indigne d'un lancement automnal (et très confortablement on oublie alors de préciser que Mad Men a été lancée par un bel été) ; au Japon, il n'y a pas de saison meilleure qu'une autre par définition, une série est commandée pour ce qu'elle est et pas pour sa date de diffusion ; en Amérique du Nord, si.

Ainsi donc, Combat Hospital démarre avec ce genre de boulet que seuls quelques Emmys font oublier. Si la série n'est pas excellente, elle sera forcément tout juste bonne à être diffusée l'été, il n'y a pas de place pour la demi-mesure.

CombatHospital
Les noms sont immédiatement lancés, avec une certaine nonchalance, souvent feinte, qui consiste à avoir l'air d'être experts. Dans le cas de Combat Hospital, ces noms sont forcément M*A*S*H et China Beach. Je vais être honnête avec vous : même si en général j'aime beaucoup (pas toujours, certes) les séries de guerre, je n'ai jamais voulu tenter M*A*S*H, peut-être à cause de sa réputation, certainement parce que l'angle de l'humour me semble incongru. Quant au pilote de China Beach, je m'y suis frottée quelque part pendant le 2e semestre 2010 et je n'arrive pas à me souvenir avec précision de la totalité, il ne m'en est resté que deux ou trois scènes, même pas forcément épatantes. Telle est mon expertise en comparaison, de pilote à pilote, dans le cas qui nous préoccupe. Je ne sais pas si je suis passée à côté de quelque chose de fondamental avec M*A*S*H, mais China Beach ne m'a, vous le voyez, laissé aucune impression impérissable. Alors je n'attendais pas de miracle de la part de Combat Hospital.

Il ne me semble pas non plus que l'héritage d'Urgences ait été balayé d'un revers de la main. D'autres séries médicales ont bien plus méprisé l'apport de cette série au genre, parmi lesquelles Trauma, Three Rivers ou Miami Medical, bien plus insultantes envers le spectateur que Combat Hospital.

Le rythme est bon, ni trop agité ni trop saccadé, les personnages attirent notre attention (pas tellement l'héroïne, le Dr Gordon, mais les Dr Treng et Marks) sans en rajouter des tartines dans le background sirupeux souvent à l'ordre du jour (le syndrome du background artificiel exposé dés le pilote sera exploré dans un prochain post, d'ailleurs), et pour finir quelques intéressantes problématiques sont effleurées, propres à l'environnement de la série.
Qu'attendre de plus de ce pilote ?

Exactement. Au juste j'aimerais vraiment qu'on me dise ce qu'il y a à attendre de plus de la part du pilote d'une série médicale. Je n'ai à vrai dire jamais vu une série médicale démarrer autrement (à moins de considérer Dr House comme autre chose qu'une série d'enquêtes médicales, et encore) qu'en présentant les particularités du contexte choisi, l'équipe de soignants et des cas médicaux. Le pilote d'Urgences n'a rien fait d'autre.

Mais Combat Hospital a démarré en été. Je soupçonne que ce soit, en fait, la seule raison pour laquelle je n'ai pas lu une seule critique positive à ce jour à son sujet.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Combat Hospital de SeriesLive.

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11 novembre 2010

Grandeur nature

TailleReelle

Voilà un peu plus d'un mois, j'ai fait un achat qui n'avait l'air de rien mais qui a révolutionné ma pratique téléphagique. Une fois de plus, ce genre de choses n'arrive pas de façon programmée.

Dans le magasin, ce jour-là, je comparais les prix et le BlackBerry qui ne m'obligeait pas à hypothéquer un rein n'était pas vraiment le plus récent de tous. Le vendeur me dit "non, sur celui-là vous ne recevrez pas la télé". C'est drôle. Je me souviens avoir été déçue. Je n'avais pas idée de ce que mon BlackBerry sans télé allait faire pour ma téléphagie. Ce n'est qu'après un peu d'utilisation que j'ai percuté : nul n'est besoin d'avoir la télé pour téléphager. Et c'est là que j'ai commencé ma nouvelle expérience.
Jusque là, mes trajets étaient divisés en deux activités : soit lire (et j'ai pas donné ma part au chien cet été quand il y avait tant de documentation à compiler), soit écrire (le post du jour s'écrivait en général à l'aller, avec relecture et peaufinage au retour, parfois même préparation du suivant). Mais depuis, j'ai commencé à mettre des épisodes sur mon BlackBerry et j'ai découvert que je pouvais tirer bien plus, bien, bien plus de ces trois heures quotidiennes.

Alors, si vous le voulez bien, je voudrais dresser un petit bilan de ce qui a changé...

1 - Les séries que je regarde

Instinctivement, j'ai très vite compris que je ne regarderais jamais Mad Men dans le train. Le choix des séries qui atterrissent sur le BlackBerry se fait d'après un paramètre : à quel point ai-je besoin de me concentrer sur l'épisode ? En gros, sont éligibles toutes les comédies, et tout ce qui me semble ne pas trop solliciter le cerveau. Parce que comme ça, ce n'est pas grave s'il y a du bruit dans le train, ou s'il y a une sonnerie de fermeture de portes toutes les 10 minutes. Bien-sûr, j'ai fait des exceptions, et ça a causé quelques aventures (j'y reviendrai), mais ces séries-là sont les premières à atterrir sur le BlackBerry. Et finalement, elles sont mécaniquement devenues celles que je regarde avec le plus de régularité.

2 - Ma pratique du sous-titre
Corollaire du précédent. Car l'écran que vous voyez ci-dessus... c'est du grandeur nature. Inutile de vous dire que les sous-titres, j'ai oublié, et désormais les séries non-anglophones ne se visionnent qu'à la maison. Ça provoque un clivage de fait (qui ne me plait pas toujours quand j'aurais bien envie de regarder certaines séries sans remettre à dans un ou deux jours ; et puis, rien que par principe) entre les séries diffusées dans une langue que je parle, et les autres, car les secondes dépendent de ma disponibilité devant mon écran chez moi, tandis que les autres peuvent se regarder n'importe où ailleurs (train bien-sûr, mais aussi salle d'attente, pause déjeuner...).

3 - Le nombre de séries vues par semaine
Faites le calcul vous-mêmes : quand la semaine compte 5 jours travaillés, je culmine à 15h de transports. Autant de temps passé à téléphager tout en ayant un boulot, même pour moi c'est inédit. Mais c'est une aubaine. Je pense qu'au final, je n'ai jamais suivi autant de séries en parallèle que depuis que j'ai le BlackBerry.

Il y a cependant un critère qui n'entre pas en ligne de compte, jamais : mon attachement à une série, à ses personnages, mon état émotionnel, bref, ce que j'ai envie de regrouper sous le terme générique de "mon ressenti potentiel". C'est pourtant pas faute de faire quelques expériences, hm, intéressantes à cause de ça : mentionnons l'épisode-clé de The Big C, grâce auquel je me suis mise à pleurer dans le train (oui-oui), ou l'épisode Tooth & Claw de Doctor Who où j'ai fait un bond de deux mètres sur mon siège deux secondes après la capture ci-dessus. Sans parler des yeux humides devant Raising Hope ici et du fou-rire pendant Outsourced.
J'ai peut-être l'air ridicule. Mais je préfère mille fois ça aux zombies (mot que je n'arrive plus à employer innocemment après deux épisodes de The Walking Dead... oh non, ceux-là, je ne vais pas les regarder dans le train, aucun risque !) qui regardent des trucs à côté de moi et qui restent le visage impassible, exactement comme s'ils observaient la petite aiguille d'une horloge. Je me rappelle de ce type qui regardait des épisodes de la 1e saison de Scrubs à côté de moi, il y a quelques mois. Il s'en est enfilé deux pendant le trajet (preuve qu'il ne détestait pas la séries), mais ne souriait même pas un peu, rien. Inexpressif. Intouché.
Alors quitte à passer pour un drôle d'énergumène, autant que je sois celui qui fronce les sourcils puis hoche la tête puis lance un petit rire discret, autant que je profite un max, autant que je ne brade pas le visionnage simplement parce qu'il y a des gens qui se blindent par peur de ce que penseront des inconnus dans le train.
Si dans un train vous croisez une jeune femme (habillée en violet) qui rigole toute seule devant son BlackBerry, ce sera moi, et je m'en fiche.

Eh oui, je découvre les joies de l'écran portable après tout le monde ou presque ! Mais peu importe. C'est un incroyablement bon investissement. J'ai l'impression que tant que j'habiterai à 1h30 de mon boulot, je n'aurai jamais plus de retard sur mon programme séries.
Ce qui est une impression erronée, on est d'accord.

26 octobre 2010

Un bluff historique

C'est malheureusement toujours un peu comme ça : le buzz augmente sur une série, j'en entends beaucoup de bien lorsqu'elle sort, les reviews positives se bousculent, et, dans la crainte d'être déçue, je reporte le visionnage du pilote aux calendes grecques. Résultat des courses : quand je m'y mets, je suis déjà archi-convaincue que ça ne va pas être si bien que ça, rapport au fait que tout le monde répète depuis plusieurs semaines que c'est bien.
Chais pas si vous suivez l'truc...
Voilà donc la raison pour laquelle je dis et je redis : arrêtez avec votre promo, votre bouche-à-oreilles, vos posts et tweets dithyrambiques, arrêtez, ça ne marche pas si bien que vous le pensez. Pas avec moi en tous cas. En fait, vous obtenez même l'effet inverse de celui recherché. Vraiment, arrêtez.

Donc quand j'ai fini par me lancer Boardwalk Empire, j'en étais une fois de plus là, consciente que tout le monde trouvait que c'était énorme, et splendide, et incroyable, et Dieu sait quoi d'autre, et consciente aussi que lire tout ça, et entendre parler de la série depuis des mois comme une espèce de bruit de fond, comme un acouphène téléphagique, ça n'allait pas vraiment m'aider à être dans de bonnes dispositions, sachant ma vision forcément influencée par tout ça. Certains jours je voudrais juste être coupée du monde pour découvrir de nouvelles séries.

Mais ceci n'est pas un post sur Boardwalk Empire. Pas vraiment. Il viendra plus tard... s'il vient d'ailleurs. Non, je voudrais ici pointer du doigt ce que je pense être la raison de tout ce fol enthousiasme devant la série et son univers qu'on me présente depuis des lustres comme incroyablement superbe, ou superbement incroyable c'est au choix. Loin d'être doté d'une réalisation originale, Boardwalk Empire a surtout une énorme avantage, et c'est celui-ci :

BluffHistorique

Désormais, le monde téléphagique est changé. Désormais, si une série se pique d'aller se dérouler dans le passé, avec des chapeaux et des belles robes, des femmes bien maquillées et surtout, ah surtout, n'oublions pas les vieilles voitures et les cigarettes, ça y est, elle est marquée du sceau de la réussite.
C'est l'héritage Mad Men.

Ce n'est pas vraiment que nous sommes nostalgiques d'une époque révolue. Pas vraiment. Voulons-nous vraiment d'une société machiste ? Quelques irréductibles zemmouriens, sans doute, mais guère plus. Ce n'est pas de la nostalgie. C'est juste que nous ressentons un grand confort à retourner dans des époques révolues qui s'offriraient à nous dans un luxe de détails parfaitement maîtrisés, des grands évènements historiques à la moindre coupe de cheveux. Nous voulons nous replonger dans une époque qui nous semble, certes, glamour sous un certain angle, grâce au soin infini porté par les stylistes à l'apparence de chaque protagoniste savamment looké, parce qu'elle nous semble rassurante. L'époque est clairement définie par des codes qui lui donnent ses limites, et actuellement, notre époque nous semble tellement floue et insaisissable que nous avons terriblement besoin de connaître les limites du monde.
Le reste n'est que folklore. Nous voulons simplement un monde facile à aborder, et dans lequel nous retrouverions tous les signaux qui nous disent que ce monde est tel qu'il est, sans grande nuance, sans zone grise. Nous voulons nos séries en noir et blanc.

Quand j'étais adolescente, je me suis prise de passion pour la Prohibition. Appelez-ça un transfert si vous voulez. Soudain c'était le monde le plus séduisant possible dans lequel trainer mes rêveries et mon imagination, et je vous fais grâce de toutes les histoires que j'ai alors inventées de façon plus ou moins abouties sur cet univers qui me permettait, oh ironie, d'échapper à ma propre Prohibition.
Mais il y a eu Mad Men. Et il y a maintenant Boardwalk Empire. Et désormais j'ai l'impression que si une série est capable de donner l'impression d'être exacte historiquement (et peu importe qu'elle ne le soit pas), alors elle trouvera son public, elle trouvera le moyen de combler les spectateurs en leur donnant les clés d'un monde ni trop lointain ni trop proche qui les accueillera une heure par semaine.

Faites une série historique, fendez-vous de tous les détails possibles et imaginables pour lui donner un air authentique (réalité historique ou décorateurs et stylistes de génie, vous avez le choix des armes), et vous obtiendrez la promo, le bouche-à-oreilles, les posts et tweets dithyrambiques.

Je suis, définitivement, irrémédiablement, fâchée avec la fiction historique à cet égard. Je n'arrive tout simplement pas à apprécier une série historique simplement parce qu'elle est historique, il me faut bien plus. Peut-être parce que j'aime regarder ce qui se passe dans la zone grise. C'est plus... grisant.

12 octobre 2010

The Telephsage Experiment : la corne d'abondance

Jour6

Ah ! Je ne manque pas d'occupations, aujourd'hui. Mais étrangement j'ai redécouvert de vieux DVD qui prenaient la poussière dans un coin. Je remercie notamment la personne qui, par ses mentions continuelles de la série sur Twitter, m'a rappelé à quel point il était nécessaire de regarder A la Maison Blanche. Franchement, merci, ça tombe parfaitement bien.
Je me suis aussi envoyé un épisode de la saison 1 de Mad Men, et ça fait du bien d'avancer un peu, enfin.

Pourquoi je prends jamais le temps de faire ça ? Pourquoi je marche par fringale ? C'est bien aussi de prendre le temps de se pencher sur un DVD délaissé. C'est bien aussi de reprendre le visionnage d'une série malencontreusement interrompu par une rentrée galopante. C'est bien aussi de se poser devant le lecteur DVD au lieu de lancer directement une cagoule. Pourquoi je fais pas ça plus souvent ?
Alors évidemment, je le fais parce que je suis pas mal de séries qui sont diffusées où vous savez et que je cagoule comme vous savez... ça joue. Je veux dire, entre un "nouveau" Mad Men et un nouveau The Good Wife, comment vous expliquer ? Le choix est fait.

Mais ça me fait aussi comprendre que j'ai pris quelques étranges habitudes. En dépit de mon adoration pour les coffrets DVD, je ne les traite pas très très bien, à bien y réfléchir. Je veux dire qu'en général, je ne les achète plus que dans deux contextes : il faut que j'aime la série, et là j'en achète le coffret soit parce que je veux m'enfiler une intégrale, soit parce que je veux garder la série à dispo d'un caprice téléphagique soudain qui ne souffrirait pas le délai de quelques heures que nécessiterait un cagoulage. Il y a donc toute une zone qui n'est pas couverte par ma pratique du DVD ces derniers temps (en excluant, c'est évident, le problème de la non-commercialisation de nombreux titres) ; d'une part, les séries que je regarde "juste comme ça" n'ont aucune chance, et d'autre part, s'il n'y a pas le temps pour une intégrale, je n'y touche tout simplement pas. Cas d'école : pas le temps pour une intégrale des deux saisons de Pushing Daisies, je ne touche donc pas aux coffrets (j'ai pourtant été prise d'une envie dévorante la semaine dernière, mais ce serait de la folie douce).
Je n'aurai certainement jamais 30 Rock en DVD et pourtant elle est sur ma liste de ce que je rattraperai dans quelques jours quand j'aurai le temps, donc ça montre bien que dans mon système de consommation actuel, il y a des séries qui sont dans une espèce de no man's land.

Mais en-dehors de cette mise en lumière de mes pratiques téléphagiques vis-à-vis du DVD, la journée a été satisfaisante. J'ai même trouvé le temps de regarder un très vieux pilote, et il était délectable, on en reparle d'ailleurs très vite, qui dormait dans un coin depuis plusieurs jours (cf. post d'hier). Franchement c'est un peu la version téléphagique des vacances.
J'aurais presque de la peine de me dire que demain est le dernier jour, tiens.

Je déconne. J'aimerais quand même bien voir Raising Hope et The Good Wife, et Outsourced me manque un peu aussi, et presque The Defenders. Sans compter le Caprica de la semaine. Nan là, euh, je veux bien être gentille et tout, mais je veux mon cagoulage.

Mais bon, ce n'est qu'une expérience d'une semaine, après tout, ça va aller. Ça commence quand même un peu à durer.

24 septembre 2010

What is (the fuss about) The Event ?

Bon, voilà, ça y est, je l'ai vu votre pilote de The Event, vous êtes contents maintenant ? Votre matraquage ("what is The Event ?", eh bah euh, une série pourquoi ?) dés que j'allais sur un quelconque site d'information téléphagique anglophone, ça commençait à me gonfler. Si vous vouliez en rajouter dans la promo pour vendre votre série dans 200 pays, c'est gagné. Si vous vouliez en rajouter dans la promo pour faire monter artificiellement l'attente des spectateurs, c'est gagné.
Par contre, si vous vouliez en rajouter dans la promo parce que votre produit valait le coup, vous vous êtes plantés.

Quand on crée de la demande, il faut que derrière, l'offre suive. Or The Event est pénible de bout en bout. Sa narration décousue, destinée à artificiellement créer un effet de compte à rebours totalement inutile, qui laisse présager d'une suite de mises en haleine factices assez usante. Épisode un : compte à rebours avant un micro-évènement. Épisode deux : compte à rebours avant le micro-évènement suivant. Et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les spectateurs soient morts d'une crise d'apoplexie à force d'attendre qu'il se passe le vrai Event. Une recette qui symbolise, en gros, l'accomplissement de saisons et de saisons et de saisons de thèses conspirationnistes et autres mystères insolubles, genre X-Files, Lost, ou plus récemment Flash Forward et Persons Unknown. On notera à la lecture de cette liste que le genre est casse-gueule, c'est un peu la consécration ou le néant qui attend The Event avec une technique pareille.
Je penche pour le néant.

Tout ça donne l'impression de brasser du vide. De mon point de vue, attention aux spoilers dans les deux prochains paragraphes, les scénaristes semblent avoir procédé comme suit :

Phase 1 - L'histoire : dans le pilote, un jeune homme voit sa future épouse disparaitre mystérieusement, tandis que le père de celui-ci, attaqué par un groupe mystérieux, est contraint à un détournement d'avion (il est pilote de ligne) afin de percuter la maison de vacances du Président des USA, lequel est sur le point de donner une conférence de presse importante sur la libération de prisonniers mystérieux, sur conseil d'une mystérieuse scientifique. Un mystérieux agent tente d'arrêter le jeune homme pour de mystérieuses raisons.

Phase 2 - On reprend les mêmes, on mélange, et on recommence : alors en fait le jeune homme monte dans l'avion et l'agent tente de l'arrêter. Mais ça rate et le jeune homme est soulagé, l'avion décolle. On retourne dans le passé pour voir le jeune homme demander la main de sa belle à son beau-père. Les amoureux partent en vacances pour qu'il puisse faire sa demande dans un lieu paradisiaque. Retour dans l'avion, après le décollage, le jeune homme brandit une arme et veut entrer dans le cockpit, un marshall embarqué à bord tente de l'intercepter. Retour en arrière, on voit le Président fêter l'anniversaire de son fils dans sa maison de vacances en Floride, mais ses conseillers demandent une réunion. Retour en arrière, le Président a eu connaissance d'un rapport sur une prison où 97 personnes sont détenues illégalement, il veut la faire ouvrir. Retour dans l'avion, le jeune homme explique qu'en fait il veut sauver la vie des passagers et que le pilote ne doit pas crasher l'avion... Oh puis attend on va remettre un coup sur la demande en mariage, et puis là on va découvrir que finalement la scène dans l'avion n'était pas finie... Bref on passe son temps à revenir d'avant en arrière avec un petit chrono pour vous dire quand on recule mais jamais quand on avance, ce qui rend l'expérience désagréable plus qu'excitante (ce que je suppose être le but initial de la production).

TheEvent

Si je comprends parfaitement le but de l'exercice, la méthode a de quoi émousser la patience de plus d'un téléphage consciencieux : pour faire trainer les choses, on joue avec la chronologie. C'est peut-être spectaculaire dans une certaine mesure, mais c'est quand même drôlement irritant.

Vous l'aurez compris, la machine The Event n'aura pas pris sur moi, et le fait que j'ai eu du mal à échapper à sa promo (alors même que j'évite les news et trailers de tous poils depuis le printemps) n'a pas aidé, au contraire. Il va donc se passer un gros évènement qui va totalement m'échapper. C'est pas grave, je le prends avec philosophie : contrairement à ma difficulté à prendre du temps pour regarder Mad Men qui me donne d'amers regrets, je sais ce que je rate en arrêtant de regarder The Event dés maintenant, et je le fais sans le moindre petit pincement au cœur. Je l'ai dit, cette saison, je vais être sélective sur les séries au long cours ; c'est pas pour m'embarquer dans un festival de poudre aux yeux et perdre mon temps à essayer d'excuser l'absence de fond par l'excès de forme.
Désolée, Bill, j'étais pourtant contente de te retrouver.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Event de SeriesLive.

13 septembre 2010

Confession intime

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