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ladytelephagy
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ma famille d'abord
12 janvier 2009

Histoires de générations

En son temps, j'avais bien aimé American Dreams, et il m'est arrivé de rire devant That 70's Show. Il ya quelques mois je vous parlais aussi de Swingtown qui est appréciable. Mais de la même façon que je suis tombée amoureuse de Three's company, je garde une préférence pour les retours dans le passé involontaires, ces voyages qu'on fait parce qu'on regarde une vieille série, et non parce qu'on nous emmène dans un passé forcément idéalisé.
Family Ties m'a permis ce voyage et je l'ai goûté avec la même joie que je goûte d'autres vieilleries d'un autre temps : avec le plaisir de se dire qu'il y a plusieurs décennies, la série était d'actualité.

Dans les grandes lignes, disons que Family Ties est à la fois un sitcom familial typique (querelles entre enfants et conflit gentillet avec les parents sont à l'origine de la plupart des dialogues), mais que la vraie originalité de ce show, c'est sa coloration politique, ou plutôt son arc-en-ciel politique. Les parents sont des hippies sur le retour, avec de bonnes vlaeurs démocrates, progressistes, et se voulant ouverts à la diversité, alors qu'en parallèle, leurs fils Alex est un républicain engagé et fier de l'être, avide de reconnaissance sociale et désireux d'arborer un certain niveau de vie.
Note : SeriesLive nous dit que c'est également le cas de Mallory, mais cet aspect ne m'est pas apparu comme flagrant dans le pilote. Au contraire, elle semble plutôt neutre voire apolitique, a contrario de son frère Alex, comme on l'a dit, mais aussi de la petite soeur Jennifer qui m'a tout l'air d'être une révolutionnaire en culottes courtes, comme papa et maman mais avec un caractère un peu teigneux en prime.

La bonne idée c'est donc évidemment de confronter cette palette d'opinions les unes aux autres, dans un bel esprit de melting pot comme on n'oserait même pas espérer d'en voir dans une fiction française aujourd'hui (c'était un tâcle gratuit, je le reconnais), chacun devant cohabiter avec les convictions des autres.
C'est d'autant plus intelligent que les parents ne se sont pas vu octroyer le rôle de conservateur aux dents longues : comme ce sont eux les plus cools, leur défi est à la fois de faire preuve de fermeté auprès de leurs enfants (notamment les ados), mais aussi, d'être des personnages très ouverts et tolérants en toute circonstance. Donc plutôt que d'avoir les parents typiques dont l'argumentation se cantonnerait à "tu ne sortiras pas, un point c'est tout, monte dans ta chambre", on a ici des personnages qui souhaitent laisser un espace de parole et d'opinion à leurs enfants, tout en essayant de leur transmettre quelque chose. C'est ce genre de choix (ainsi qu'un très bon casting) qui font de Family Ties une série qui va au-delà des poncifs de sitcoms familiaux.

Du coup, on l'aura compris, c'est la discussion qui règne en maître dans les rapports parents/enfants, loin des âneries autoritaires, voire arbitraires, à la Ma Famille d'Abord, cet archétype du sitcom familial raté et pitoyable.

Contrairement à ce que je craignais, les références vieilles de presque deux décennies n'ont pas été trop nombreuses ni insurmontables. Du coup, Family Ties est une série quasiment intemporelle, et je suis sûre qu'elle toucherait n'importe quelle génération.

Oh Seigneur, je vais devoir regarder la suite maintenant. Pourquoi y a-t-il tant de séries intéressante et seulement 24h dans une journée ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Family Ties de SeriesLive.

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5 novembre 2008

ONE OK ROCK

On ne le dira jamais assez (surtout à moi qui n'ai aucune patience), mais la persistance est un bienfait. Un nouvel exemple vient de se présenter à moi et je me suis dit que j'allais partager l'expérience avec vous ! Voici donc un post La preuve par trois, et si vous êtes nouveau dans le coin et/ou que vous n'avez toujours pas compris le concept, vous cliquez sur ma bafouille dans la colonne d'à côté, et vous m'envoyez un mail !

J'avais découvert Rita Rocks il y a quelques semaines près d'une fabrique de cagoules qui proposait le pilote, mais le format de la chose ne m'arrangeait pas, et vu la gueule du truc, j'ai laissé tomber au bout de quelques minutes.
Et puis là, l'épisode est sorti sur divers autres endroits de cagoulage, dans un format plus sympathique, je me suis dit que j'allais faire main basse sur le générique (puisque je découpe toujours les génériques des séries que je cagoule) et... bah une chose en entraînant une autre, j'ai revu l'épisode et en fait, il fallait lui donner plus de temps.
Il fallait en effet prendre le temps de passer par chaque étape...

RitaRocks___1
ETAPE 1 :
Je crois que ce bon vieux Jay Mohr a dû faire cette exacte grimace dans Gary Unmarried, non ? Oh, c'est bien son genre en tous cas ! Nan, sans rire, ça fait beaucoup penser à Gary Unmarried, cette affaire : gérer à la fois les enfants, le conjoint... pour Gary il y a évidemment l'ex-conjoint en sus, et son nouveau mec, m'enfin vous saisissez l'idée. C'est le même concept banal de prendre quelqu'un, on va dire, dans la trentaine (je suis gentille aujourd'hui, vous avez vu ?), dans sa petite vie pépère de banlieue, dans sa petite maison, machin... Rha non, c'est d'un téléphoné ! On ne compte plus les sitcoms de ce genre, et à vrai dire je soupçonne que ce soit tout justement leur faute si on a tellement de mal à rire devant les sitcoms depuis quelques temps. Allez quoi, trouvez-nous un pitch plus original ! Vous êtes des scénaristes ou quoi ?

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ETAPE 2 :
Mais achevez-moi, b*rdel, achevez-moi ! Comment cette actrice a pu être embauchée ? Déjà, le simple fait de venir de Ma Famille d'abord, c'est rédhibitoire à mort, ce sitcom cumulant précisément tout ce qu'il faut faire pour ne pas me faire rire, mais alors, en plus, elle en fait des tonnes ! Ce qui ne serait, bon, disons, éventuellement, pas problématique, pas trop, si en face elle n'avait pas Nicole Sullivan, qui déjà, n'est pas exactement dans la sobriété en général (voir Hot Properties pour le vérifier). Là ça fait surenchère et j'ai envie de distribuer des baffes. Qu'on ne vienne pas s'étonner que j'aie lâché l'affaire à peu près à ce moment-là.
...
Ce qui est dommage parce que, justement, c'est là qu'il se dit un truc bien. C'est là que le personnage de Rita prend sa vraie consistance, et qu'on a en plus droit à un dialogue plutôt sympathique sur l'épanouissement personnel, le fait d'avoir des hobbies dans la vie, d'avoir plusieurs facettes, tout ça... enfin bref ça donnait un peu de substance quoi. Mais la forme (comprenez : Tisha Campbell-Martin) est tellement irritante qu'il faut vraiment redoubler d'efforts pour suivre cette scène en intégralité. Eh bien, s'y résoudre courageusement, ça mène à...

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ETAPE 3 :
Comment dire, WOW ? Une dynamique assez sympathique s'est mise en place en quelques minutes, relativement improbable (notamment avec le voisin et le copain de la fille de Rita), et donne lieu à une scène d'une énergie assez incroyable ! Et là j'ai carrément craqué. Je me suis dit que finalement, ce n'était que le début, et que Rita Rocks avait peut-être quelque chose dans le vente après tout. Ils vont peut-être réussir à trouver quelque chose à dire, ces petits gars. Et à chanter ce qui ne sera pas un mal ! Faut-il s'attendre à ce genre de boeuf à chaque épisode ? Subitement j'ai eu envie de le vérifier !

Laisser du temps, c'est ça la clé ! Tenez, c'est comme Richard Ruccolo... il y a quelques années, dans Un toit pour trois, il était juste sympa. Là il est carrément consommable. LE TEMPS, vous dis-je !
Bon, finalement, ptet que j'ai trouvé une nouvelle comédie à surveiller cette saison... Et j'ai un peu envie de vous encourager à lui donner sa chance aussi. Vous me promettez d'essayer ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rita Rocks de SeriesLive.
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8 octobre 2008

La mauvaise raison

Il y a plusieurs raisons pour arrêter de regarder une série.
Parce qu'on n'arrive plus à s'y intéresser. Parce qu'un acteur qu'on appréciait est parti. Parce que c'était devenu n'importe quoi. Parce qu'on a trouvé mieux. Parce que nos goûts ont changé.
Mais arrêter de suivre une série à cause d'un mec, c'est vraiment une mauvaise raison.

Je vous explique : dans un passé pas si lointain qu'il n'y parait, j'avais un mec. Je vous en parlais souvent dans le cadre de mes plans machiavéliques de contagion téléphagique, si vous vous souvenez. C'était un mec d'appartement, et on pouvait donc passer pas mal de temps à regarder des séries, et c'est aussi pour ça que je l'avais choisi à l'animalerie, d'ailleurs. Et puis, les choses ont commencé à dérailler : il y a certaines séries qu'on a mises entre parenthèses, parce que, bon, "pas ce soir chérie, j'ai mal à la tête" (du coup on s'envoyait en l'air, c'était très fatiguant). Et puis un jour, pour résumer, il a fini à la SPA (je crois que le prochain, je ne le prendrai qu'une fois qu'il aura été sevré), et je dois dire que les séries que j'avais laissées tomber à cause de lui, bah je les avais totalement oubliées... Je me suis trouvée à regarder d'autres choses, et ça se passait très bien.

Et puis comme vous le savez, en ce moment, j'ai des fringales (ça vaut mieux que les fraises). Alors j'ai envie de dévorer des séries par packs de douze, après tout c'est mon droit le plus strict n'est-ce pas ? Et soudain me revient à l'esprit le fait que, à une époque lointaine (une saison minimum), j'aimais ces séries, et je suis loin d'avoir tout vu !
Mais où avais-je la tête ? J'ai laissé tomber des séries géniales juste pour un mec ?!

Ô, Dieu de la Téléphagie, je ne suis pas digne, je suis insignifiante, c'est ma faute, c'est ma très grande faute, mériterai-je jamais Ton pardon ?! Les foudres divines vont s'abattre sur moi, ça c'est sûr ! Je suis condamnée, mes jours sont comptés, je suis vouée à la damnation éternelle, faite de rediffusions de Ma Famille d'abord, et de 712e saison de la Star Ac !

A moins que... il n'est peut-être pas trop tard. Peut-être que je peux encore m'amender. Trouver la rédemption.
Alors dans les semaines à venir, il se pourrait bien que je revienne à des séries que j'avais adorées et laissées de côté pour une mauvaise raison, comme Dexter,  Boston Justice, Mad Men, ou Heroes... euh, non, ptet pas Heroes. Faut pas pousser. Enfin on verra.

Et alors peut-être que je sauverai mon âme...

3 octobre 2008

La rechute

Comme vous le savez, mercredi dernier, j'ai remis la main sur mes épisodes de Brothers & Sisters, et j'ai réalisé que je pouvais maintenant voir la fin de la saison que j'avais bêtement laissée en plan. J'ai donc repris le pilote, repris tous les épisodes que j'avais vus, cagoulé comme une sauvage les épisodes de la première saison que je n'avais pas pu encore voir...
Et j'ai tout englouti, tous les épisodes, quasiment sans mâcher : le matin avant d'aller au boulot, le soir en rentrant, le weekend entre deux préparations de podcast... TOUT. LE. TEMPS.

Mardi après-midi, je me suis trouvée bêtement à considérer mon chez moi informatique, assise devant l'ordinateur, les épaules basses et le visage circonspect, tiraillée entre l'épuisement et la faim.
J'ai alors été bien obligée de constater que :
- j'avais fini la 1e saison en moins d'une semaine
- j'avais entamé la seconde dans la foulée
- j'avais épuisé mes possibilités d'espace disponible
- j'en voulais encore
Rendons-nous à l'évidence : j'ai boulotté 25 épisodes de cette série en moins d'une semaine, je ne suis toujours pas rassasiée, et je suis de nouveau dans cette situation où je dois sacrifier mon appétit pour de bêtes raisons techniques. Plus rageant ? Il n'y a simplement pas. L'histoire se répète, dramatiquement.

Evidemment, le plus simple serait d'aller racheter des fournitures pour faire de la place, mais je commence à voir les choses sous un autre angle.
Non, là, il va falloir sévir, de toute évidence. Parce que, si je regarde au-delà de cette dernière semaine de frénésie, que vois-je ?

Je vois que j'ai cagoulé toute la première saison de The Big Bang Theory (je ris pourtant, en moyenne, un épisode sur deux), et que je continue même à regarder la saison suivante pour des raisons que je ne suis pas certaine de saisir.
Je vois que j'ai cagoulé 3 saisons de Reba en 2 mois environ ; alors d'accord, la 6e était plus courte, mais quand même.
Je vois que je donne sa chance à The Mentalist pour encore un épisode ou deux, et, misère, peut-être même plus selon la tournure que ça prendra.
Je vois que j'ai l'air bien partie pour suivre Privileged cette saison.
Je vois que la tournée des nouveautés n'est pas encore finie.
Je vois que Samantha Who? reprend la semaine prochaine.
Je vois qu'il y a aussi Pushing Daisies, Dirty Sexy Money...
Je vois que sur Brothers & Sisters, je suis loin d'être tirée d'affaire !
Je vois que je ne suis, surtout, pas à l'abri que ma fringale se porte ensuite sur une autre série dont je pourrais me piquer de voir des saisons antérieures. Pour être totalement honnête, j'ai déjà fait du répérage et j'ai deux-trois petites choses en ligne de mire, de toutes façons.

Bon, on va être clairs, ce ne sont pas quelques CD qui tiendront le choc, de toute évidence. On dirait bien qu'en cet automne, je suis plus gourmande que pour le précédent ; que ma téléphagie se redéclare de façon vivace.
Je vais donc devoir, bel et bien, m'acheter une nouvelle pelote de laine dure pour ma cagoule. Il faudra bien ça.

C'est que, voyez-vous, ce n'est pas pour rien que l'opération COLLECTION se nomme ainsi : je suis strictement incapable de laisser perdre quoi que ce soit. C'est une complication téléphagique qui arrive, parfois... je ne comprends pas ceux qui régurgitent ce qu'ils ont avalé avec tant d'enthousiasme.

Tout ça a commencé vers 2001, je pense, au plus fort de ma maladie. J'étais une jeune téléphage influençable, et je suis tombée sous le charme d'un certain nombre de séries. Je les aimais tellement que je voulais pouvoir regarder, encore et encore, les épisodes. Jusque là c'est cohérent.

Ce qui a commencé à l'être de moins en moins, c'est quand j'ai commencé à enregistrer le reste. Tooooout le reste. J'allumais la télé, et systématiquement, j'allumais le magnétoscope aussi (oui, c'était encore une ère où la VHS était fréquentable). J'enregistrais tout ce que je regardais (j'aimerais pouvoir prétendre que la réciproque était vraie). Je sortais de chez moi, je programmais 5 enregistrements. Je revenais, j'enregistrais encore.

Etonnez-vous après ça que je capitalise près de 800 VHS à la maison (et je ne m'aventure même pas à compter les DVD que j'ai achetés depuis que je suis passée dans le monde moderne).

Je suis extrêmement sentimentale avec mes enregistrements. Il m'est physiquement impossible d'effacer quoi que ce soit. Même, et c'est là qu'on touche à la psychiatrie, quand je n'ai pas aimé. Je n'ose même pas vous dire le nombre d'épisodes du JAG, ou des Ahem! du Bonheur, ou même... de 7 à la Maison, que j'ai. Et que je ne peux pas, non je ne peux pas, effacer.

De toutes façons, les enregistrements étant faits de façon quasi-industrielle (4 à 5h de programmes chaque jour), il peut très bien y avoir, sur une même cassette, un épisode de Charmed, puis un Buffy, puis deux A la Maison Blanche, puis un Ma Famille d'Abord, et ainsi de suite, ce qui rend l'effacement pour ainsi dire impossible, sous peine d'estropier l'épisode suivant.

Ah oui, il y a ça, aussi : quand il me manquait 5 ou 10 secondes d'un épisode (ne parlons même pas d'une minute), et qu'il repassait... je le réenregistrais. Idem quand la qualité de l'image ou du son ne me semblait pas optimales. Pareil lorsque la chaîne avait la bonne idée d'aposer un logo (genre Téléthon, Sidaction ou Dieu sait quoi d'autre). Donc il y a des épisodes que, oui-oui, j'ai en double. Et je n'efface pas celui de moins bonne qualité, pour les raisons énoncées plus haut. Je ne peux pas. Vraiment pas.

C'est comme ça qu'on en arrive à avoir certains épisodes d'Une Nounou d'Enfer en double, en triple exemplaire. De la folie douce. Et par là-dessus, j'ai acheté les DVD, jamais effacé une seule VHS.

Ah je l'ai faite tourner, l'industrie de la VHS, en mon temps, croyez-moi ! Pendant des années, j'ai acheté chacune de ces VHS (ouais, bon, d'accord, il m'est arrivé d'en récupérer chez des amis qui s'en débarrassaient, aussi), j'ai acheté en tout et pour tout cinq magnétoscopes différents (ça s'use vite ces machins-là, et le samedi, la Trilo était face à New York SVU, j'étais bien obligée d'en avoir au moins deux ; quelle tristesse, aujourd'hui ils sont tous tombés au combat). A la FNUC, c'est bien simple, j'achetais mes VHS vierges de 240mn par packs de 10 !

Je ne connaissais pas encore le cagoulage... Je passais beaucoup de temps, toujours à la FNUC, mais aussi dans d'autres grandes surfaces culturelles, chez les magasins de videos, à Gibert Jeune, à acheter des VHS, en neuf aussi bien qu'en occasion (comme ce coffret assez incroyable de T. and T. que j'avais dégoté, le pilote en plus !), ah je l'ai fait tourner le commerce !

Il m'arrivait qu'on m'appelle par mon prénom chez Gibert ; une fois à la FNUC, on m'a proposé un caddie pour faire mes courses... ah je les ai fait vivre, tous ces gredins !

Et je vous épargne aussi ma frénésie de DVD quand j'ai fait l'acquisition de la bête.

J'ai tout gardé, jamais rien revendu, ni effacé, ni jeté.

Alors c'est pas côté cagoulage que je vais changer ma démarche. Je les ai, je les garde, mes épisodes, et précieusement ! Et vu que mon pouvoir d'achat (a contrario de tout le monde) a augmenté depuis que je ne suis plus au chomdu, et que je vais jusqu'à acheter des DVD qui ne plaisent pas vraiment (comme récemment avec Damages) simplement parce que je suis passée dans une FNUC et que j'avais mon chéquier (avec le DVD de Roseanne, ça faisait un chiffre rond en plus !), j'aurais tendance à penser que je suis quitte avec l'industrie des anti-cagoulages.
Après tout, ma rechute leur profite autant qu'à moi.

Je me dis juste qu'à un moment, il faudra envisager d'acheter l'appartement de ma voisine, pour le stockage. 15m² de séries télé, c'est pas le rêve ?!

27 août 2008

Lady Madonna

Il y a quelques années (j'étais alors une téléphage bien moins raisonnable qu'aujourd'hui), je passais une à deux heures, chaque semaine, à éplucher mon cher Télé Z, et à surligner les programmes que j'allais regarder (chose que j'ai déjà évoquée, je pense). C'est en tous cas ce qui m'a permis, à l'époque, d'éviter l'odieuse frustration de louper les pilotes des nouvelles séries, frustration ô combien démultipliée par ma condition de pilotovore. Ainsi ai-je pu découvrir Une Maman Formidable dés le début, lors de sa diffusion sur France 3 en semaine vers 11h. Et s'il manque les 20 premières secondes du pilote sur ma VHS, c'est uniquement parce que mon magnétoscope de l'époque souffrait de surmenage.

Je suis tombée sous le charme de cette série dans l'instant, dés que Grace a comparé son ex-mari Jimmy à un singe, à un bébé, à Hitler puis au Diable, tout cela simplement en montrant une photo de mariage sur laquelle elle changeait la tête de Jimmy. C'était ça, la scène d'ouverture d'Une Maman Formidable, et c'est comme ça que j'ai compris comment les traducteurs en étaient arrivés à l'idée de ce titre pour la VF (pour "vraiment formidable", évidemment !).

En matière de sitcoms, comme vous le savez peut-être, j'ai tendance à être bon public sur le moment, mais à oublier très vite ce que j'ai vu ensuite. Pour qu'un sitcom me marque durablement, il faut vraiment que quelque chose se très spécial s'en dégage. C'était le cas ici.

Grace Kelly (oui, comme Grace Kelly, mais sans les Oscars et dans un palais beaucoup plus petit) n'est pas juste drôle : elle est grinçante. Son humour noir, qu'elle assène en pince-sans-rire, fait mal en même temps qu'il fait rire. C'est vrai qu'en tant qu'ex-alcoolique, ex-femme battue, mère divorcée de trois enfants et désormais ouvrière dans une raffinerie, elle n'a pas eu que des raisons de rigoler dans la vie ; et les cadeaux qu'elle n'a pas reçus, elle ne nous les fera pas non plus. Aucun sujet n'est trop sérieux pour Grace, il n'y a aucun tabou : toute vérité est bonne à dire, pourvu d'y mettre les formes et de le dire avec le mot pour rire.

Heureusement, pour que le spectateur ne soit pas pris d'une violente pulsion de suicide, un personnage rétablit l'équilibre : il s'agit de Nadine, la meilleure amie et voisine. D'une candeur à toute épreuve, toujours indéfectiblement positive, mais jamais complètement à côté de la plaque, Nadine en est à son 4e mariage, mais idéaliste comme une adolescente. Et surtout, elle est d'un soutien sans faille pour Grace, elle et son mari Wade aidant souvent à garder les enfants lorsque nécessaire. Nadine et Grace fonctionnent comme un couple bien huilé, l'une compensant les travers de l'autre. Le binôme fonctionne à la perfection et donne lieu à des dialogues savoureux. Evidemment, Grace a le plus beau rôle, la série porte quand même son nom, après tout (du moins dans la VO : Grace Under Fire), mais l'une sans l'autre, elles n'offrent que des scènes sympas, quand leurs scènes ensemble sont réellement drôles, fines, et souvent touchantes de vérité à la fois.

Contrairement à beaucoup de sitcoms en milieu familial, il ne s'agit pas ici de mariner dans les bons sentiments. Si Grace doit effectivement élever ses trois enfants seuls (Quentin, Libby, et le bébé Patrick), la série ne s'attache pas particulièrement à montrer combien Grace est une bonne mère. La série joue au contraire à fond la carte de la famille dysfonctionnelle, et évite le piège de la pédagogie gentillette ("tu dois faire ci parce que"/"tu ne dois pas faire ça parce que") arrosée de quelques gags, comme on en trouve tant (je pense au très pénible Ma Famille d'abord, ou au simpliste La Guerre à la Maison, par exemple), non il s'agit ici plutôt de montrer comment Grace affronte la situation avec son regard tout particulier. Quitte à parfois ne pas donner une éducation conventionnelle aux enfants... Ainsi n'hésitera-t-elle pas à dire ouvertement à ses enfants quand ils lui tapent sur les nerfs, ou bien emploie-t-elle des méthodes  toutes personnelles pour les discipliner et éviter qu'ils ne fassent les mêmes erreurs qui l'ont conduite à mal tourner à un moment de sa vie.
Il y a par exemple un épisode où Libby (d'habitude un adorable petit angelot toujours sage) se pique de voler une gourmandise dans la pharmacie de Russell, et où Grace lui fait la leçon sans passer par les poncifs moralisateurs du genre.

- Elisabeth, j'ai trouvé ça dans la poche de ta chemise, aujourd'hui.
- Je te jure que j'ai rien fait de mal.
- Oh. [Grace hausse les épaules puis sort de la chambre, pour revenir avec un calepin] Libby, tu me déçois beaucoup tu sais.
- Oh Maman, je suis toujours gentille ! Quentin, il...
- Ah, je t'interdis de mêler ton frère à cette histoire ! Ecoute, il y a longtemps, quand vous étiez tous petits, j'ai écrit un tas de beaux discours sur les bêtises que les enfants font des fois, comme ça, quand vous les feriez, je n'aurais qu'à lire dans le calepin et être la plus cool des mamans, d'accord ?
- D'accord !
- Allez, c'est parti... "Si jamais tu oses !!!" ah non ça c'est pour le meurtrer, attends... Voyons-voir : V-Viol-Violence... ça y est on va y arriver, voilà : VOL A L'ETALAGE. Ahem. "Je ne vais pas crier ni hurler, comme ma mère l'a fait pour moi. Je comprends pourquoi tu as volé, tu testais tes limites, chérie, tu t'es dit que ce serait excitant de voir si tu réussissais sans te faire piquer. Mais de voler c'est vilain ! C'est vilain, parce que..." Oh, Libby... c'est archinul ! En vérité je suis très fière que tu aies volé !
- C'est vrai ?!
- Oui, tu sais, chaque fois que je vais dans sa pharmacie, je dépense 15 ou même 20$, et ce que tu as piqué aujourd'hui ça coûte 50c, j'ai économisé un peu d'argent grâce à toi, merci !
- Bah... de rien, maman !
- Tu sais ce que tu as fait de mal ?
- Je pensais le savoir...
- Je vais te le dire : tu as visé trop petit ! Alors la prochaine fois, je te donnerai une liste, et j'irai discuter avec Russell pour le distraire pendant que toi, tu rempliras tes poches avec tout ce que tu voudras ! Et comme ça, maman sera très heureuse et fera des économies !
- Mais si je me fais coincer ?
- Ah, on lui dira que c'était une blague, c'est tout ! Bien-sûr ça ne marchera pas longtemps, parce qu'on volera dans toute la ville...
- Ah bon ?
- Oui ! On commencera doucement... genre vêtements, nourriture, et puis on passera à la vitesse supérieure : les stéréos, les voitures, on deviendra très célèbres, on vivra à 100 à l'heure, on passera à l'émission des grands criminels !!! Qui est-ce qui pourrait jouer ton rôle ?
- Je veux pas aller à l'émission des criminels et qu'on joue mon rôle !
- C'est vrai ? Qu'est-ce que j'aurais aimé que Julia Roberts joue mon rôle...
- Non, maman ! Je veux plus voler quoi que ce soit, ne me force plus à voler, je t'en supplie maman !
- Oh zut, et moi qui comptais sur toutes ces provisions à l'oeil...
- Mais c'est maaaaal !
- Aaaaah voui ? ...Oh mais il faut que je te punisse alors, privée de télé pendant un mois !
- Eh !!! Tu m'as roulée, maman !
[Grace recommence à lire son calepin]
- "Tu me remercieras plus tard."

En fait, Grace croit avant tout à l'apprentissage par l'expérience. Elle-même multiplie les expériences au long de la série, cherchant à la fois à progresser dans sa vie professionnelle, mais aussi à s'épanouir intellectuellement, ou encore à rencontrer des hommes avec qui elle pourrait envisager de refaire sa vie.

Sur ce point, il est d'ailleurs sympathique de noter que Grace, en bonne fille du Sud ("Nadine, chez moi en Alabama, il n'y a pas beaucoup de filles de 16 ans qu'on n'a... qu'on n'a pas embrassées", glisse-t-elle dés le pilote d'un air entendu et à mots couverts devant Patrick), n'a pas froid aux yeux, et va de rencontre en rencontre sans s'effaroucher, parfois les choses durent, parfois non, et elle ne s'en formalise pas outre mesure. Ce qui lui vaudra plus tard dans la série, lorsqu'elle s'installera à demeure, des réactions courroucées de la part de sa belle-mère, Jean :

Jean - Le sexe sans le mariage va à l'encontre de Dieu, et des hommes !!!
Grace - ...Ou de ceux qui en sont privés.

Ce personnage très libre, à l'humour très fin et, en dépit de son extraction très modeste, très cultivé, est un véritable bonheur. D'autant qu'elle ne se prend pas un instant au sérieux et n'hésite pas à porter sur son histoire ou sa condition un regard plein d'autodérision...

Et c'est justement ça qui m'inspire dans Une Maman Formidable : que la route soit longue et cahotante, parfois même douloureuse (comme Grace qui a eu un premier enfant quand elle était adolescente, qu'elle a fait adopter, et qui le voit réapparaitre dans sa vie), mais qu'on l'aborde en remontant à la fois les manches et les commissures des lèvres.

Comble du bonheur, j'ai appris récemment que la première saison sortirait en DVD zone 1 à l'automne ! Je vais ptet finir par le trouver, ce générique !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Une Maman Formidable de SeriesLive.

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18 juillet 2008

L'impératif progressiste

Sujet que déjà, je voulais aborder il y a des lustres lors que j'ai abordé la série Les Ahem! du Bonheur (je ne voudrais pas encourager Google à m'amener des gens à propos de cette série !). Pourquoi donc le faire aujourd'hui ? Vous allez vite comprendre que c'est en lien direct avec une série dont je vous ai parlé récemment, ainsi que plusieurs réactions lues çà et là.
Lorsque j'ai lancé cette rubrique Série de valeurs, qu'est-ce que je vous ai dit ? Qu'elle servirait, entre autres, à se demander si on peut regarder une série sans se reconnaître dans les valeurs qu'elle véhicule. Aujourd'hui, je reviens là-dessus, parce que la question s'est posée de façon très frappante avec l'arrivée de The Secret Life of the American Teenager ; mais ce post n'est pas rédigé que pour cette seule série, cela dit.

Quand une série part d'un postulat à connotation vaguement politique, par exemple, nombreux sont les téléspectateurs, surtout français, à n'attendre d'elle qu'un point de vue le moins possible conservateur. J'ai failli dire "de gauche", la bonne blague, la gauche aux Etats-Unis, ça n'existe quasiment pas (et en France à peine plus ces derniers temps...). Mais spontanément, le spectateur français a tendance à être pro-démocrate, et donc progressiste. Et il attend que les séries venues des Etats-Unis le soient aussi, et s'offusque lorsque ce n'est pas le cas.

Pourquoi ?
Pourquoi sitôt qu'un série a le malheur de représenter la frange républicaine de la population (c'est vrai, ils n'ont jamais eu que le dernier mot aux deux dernières présidentielles, après tout, pourquoi auraient-ils une télévision qui s'adresse à eux ?), crie-t-on à la bienpensance ?

Déjà, distinguons deux situations : quand le postulat d'une série s'adresse au public de droite conservatrice, quand il s'adresse au public de droite conservatrice chrétienne.
Si c'est "juste" la droite, le spectateur français encaisse à peu près sans trop ruer dans les brancards. Disons qu'on peut être de droite et ne pas forcément mériter le bûcher. On critique, mais on tolère. Mais adressez-vous à la droite chrétienne, et vous allez voir ce que vous allez prendre ! Le téléphage français fondra sur vous comme un hibou sur une souris imprudente.

Du coup, on a un peu l'impression qu'à entendre ledit public téléphage français, une série se doit d'être la plus modérée possible sur un certain nombre de sujets de société pour avoir ses chances en France. Et surtout qu'elle doit, soit prôner l'athéisme, soit si elle parle de religion, souligner son excessivité (puisqu'évidemment, tout pratiquant est forcément excessif).

Petit Frenchies, what's wrong with you ?!
Vous êtes pour la diversité.... à condition qu'on en exclue les positions d'une partie de la population ? Un personnage est contre l'avortement, et boom, la série est immédiatement taxée de "bienpensante", ou, insulte suprême, de "moralisatrice" ! Encore une fois à confondre laïcité et athéisme, pas vrai ?

Mais d'abord qui vous oblige à appliquer la prise de position d'un personnage de séries ? Pourquoi le prenez-vous comme une critique de votre mode de vie ? On ne peut pas simplement dire que ce personnage a ses propres opinions, qui n'ont ni plus ni moins de valeur que d'autres, et à cet égard, il a le droit de les exprimer dans une série ? Ca ne semble pas acceptable parce que...? Ca vous semble offensant parce que...?
Vous regardez des séries américaines, mais vous refusez d'y voir toutes les sortes d'américains : les conservateurs chrétiens n'ont droit qu'à votre mépris. C'est d'autant plus vrai que dés qu'une série s'adresse directement à eux, elle est souvent qualifiée de naïve ou de prêcheuse, au choix, alors que, qui est naïf ? Celui qui croît à des valeurs chrétiennes, ou celui qui pense qu'une série sur la même longueur d'ondes que la frange la plus conservatrice du public américain ne peut avoir aucune vertu par elle-même ? La série est immédiatement disqualifiée, traitée parfois d'évangéliste, alors que ça ne nous vient pas à l'esprit de dire qu'une série parlant de la vie sexuellement libérée de célibataires cherche à pervertir ceux qui veulent rester vierge jusqu'au mariage, par exemple ! Pourquoi ça ne marcherait que dans un sens ? Pourquoi les séries s'éloignant d'un certain carcan moral sont-elles considérées comme "normales", au détriment des autres qui dissimuleraient forcément une sorte de perversité : soit prosélyte, soit appliquant une vue déformée du monde
Petit Frenchies, êtes-vous aussi arrogants que vos voisins le disent, pour proclamer la supériorité de votre mode de vie ? (lui-même pas aussi uniforme qu'il vous plaît de le penser)

D'abord, expliquez-moi pourquoi on fait des séries féministes (applaudies pour l'image qu'elles donnent des femmes), des séries pour des communautés ethniques (dont on salue la faculté à faire progresser les mentalités), des séries pour communauté sexuelles (qui sont contentes de s'y reconnaître)...? C'est bien qu'on y trouve de l'intérêt, et d'ailleurs, même sans être dans son public cible ! Ou alors affirmez-moi qu'aucun hétérosexuel ne regard The L Word, et qu'aucun blanc ne rit devant Ma Famille d'Abord, et je me tais.
Et maintenant dites-moi pourquoi on ne pourrait pas faire la même chose pour des communautés religieuses, en présentant un ou plusieurs personnages ayant des convictions conservatrices sur la vie, la mort, le sexe, la famille... tout en ayant de l'intérêt pour qui ne partagerait pas ces valeurs ? Hein ? Dites ? Expliquez ? "Ce n'est pas qu'on ne peut pas, c'est que ça ne s'est jamais produit". Aaaaah bon ? Pourtant l'athée convaincue que je suis a su dénicher des épisodes respectables de la série Les Ahem! du Bonheur, il y a quelques temps de ça. On y parlait même (une série de network, s'adressant à cette bonne vieille ménagère, et peut-être même sa smala) de la situation politique en Chine, et de torture. Combien de séries connaissez-vous qui ont abordé le sujet, qui plus est autrement que de façon abstraite ?

Je m'interroge réellement sur les raisons qui font qu'on peut s'autoriser à discréditer systématiquement ce type de séries. Je ne dis pas que j'ai la réponse, juste mes opinions. Ca se trouve il y a de très bonnes explications à pareils comportements, simplement je n'en vois aucune. Ca ne rend pas une série moins bonne (ni meilleure) de piocher dans la culture chrétienne pour ses valeurs ou ses intrigues !
Mon opinion serait peut-être qu'il faudrait parfois songer à s'ôter les œillères qu'on porte. Evidemment, personne ne vous force à vous identifier à une série "bienpensante" à tout crin, mais au moins ai-je envie de vous demander, à l'avenir, de tout de même donner une chance sincère à ces séries. Pourquoi partir du principe qu'elles ne peuvent illustrer qu'un point de vue ? Et quand bien même, pourquoi partir du principe que ce point de vue est mauvais, même si ce n'est pas le vôtre ? Pourquoi décider de réduire votre univers sous prétexte que ces séries-mêmes seraient réductrices ? C'est un peu étrange comme comportement... On ne peut pas partir du principe que toutes les opinions sont valables et méritent qu'on leur donne les laisse s'exprimer dans diverses séries ?

8 juillet 2008

Et puis, pourquoi s'arrêter là ?

Je n'avais prêté qu'un oeil distrait aux mots-clés qui vous conduisent à ce blog, ces derniers temps, mais force est de constater qu'il y en a qui cherchent à se faire remarquer...

- "personnage parfait"+livre+vice+vie
Qu'on parle de personnages parfaits, de vies et de vices ici, oui, mais tant qu'il restera un souffle de vie en moi, de livre, JAMAIS !

- ladytelephagy gossip girl
Je constate qu'il y a des gens qui me détestent et qui veulent rire de mes malheurs...

- que sont devenue les acteurs de la serie ma famille d'abord aujourd'hui
Où qu'ils soient, ils y sont mieux que devant une caméra.

- lost-room moitié traduit
Heu, quelqu'un m'explique ?

Et puis, mon préféré...
- comment avoir les memes sourcils que sherilyn fenn?
Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, faites-vous aussi une mouche près de l'oeil et puis ensuite, essayez d'avoir le même petit nez (merci Dr Weinstock), etc...

Vous êtes impayables...!   

22 juin 2007

Quota, toi, tu veux ma photo ???

C'est, sur un forum, une remarque a priori anodine (ou en tous cas certainement rédigée comme telle) qui m'a fait m'interroger : où se place, dans les séries, la limite entre la représentation de le diversité et le simple et pur quota politiquement correct ?
Parce qu'évidemment, sur le principe, avoir des quotas plus ou moins officiels, personne ne trouvera ça mauvais. A moins d'avoir des convictions racistes, évidemment, tout le monde est à fond pour le principe du quota. Sur l'air de "au moins tout le monde a sa place à la télé".
[insérez ici un hochement de tête désabusé]
Certainement, oui.

Pour moi, tout a commencé avec l'affaire Grey's Anatomy de cette année, que j'affuble personnellement du sobriquet : "la seule affaire à rebondissements de la saison", à savoir quand Isaiah Washington a laissé échapper un vilain mot hors du cercle privé, et que la presse s'est emparée de la chose, conduisant à une suite de comportements tous plus absurdes les uns que les autres de tous côtés, et étendant stérilement l'affaire sur plusieurs mois. Le cast de la série, je le confirme maintenant après avoir vu une bonne partie de la saison 3, n'avait effectivement rien de mieux à raconter sur ce qui se passe dans Grey's Anatomy cette année, alors en s'y mettant à plusieurs, ils ont fait en sorte que cette connerie revienne régulièrement sur le tapis. Formidable, merveilleux. La conclusion de cette affaire qui évidemment n'en a été qu'une que pour ceux qui n'avaient rien d'autre à penser, comme on s'y attendait, c'est que Washington a fini par se faire vir... hm, non, son contrat n'a pas été reconduit. Ahem.
Et à l'annonce de cette absence de réengagement, je lis sur un forum "j'espère qu'il sera remplacé par un autre personnage de couleur".
. . .
Attendez, là, quoi ? Un personnage de couleur ? Ah bon mais pourquoi ?
Et pourquoi ne pas plutôt le remplacer par un autre personnage intéressant ? Un autre personnage complexe ? Un autre personnage ayant des interactions avec le meilleur personnage/acteur de la série (à savoir Christina) ? Un autre personnage baisable ? Un autre personnage avec des failles ?
Non, je sais pas, c'est juste des idées, comme ça...

Quelle est cette préoccupation de vouloir avoir des quotas, et surtout à ce point ? Comment cela peut-il être un réflexe chez un télespectateur de penser d'abord à la couleur du personnage plutôt qu'à son background, son statut, son caractère ? Est-ce que l'un sous-tend les autres ?
...Et est-ce que je trouve cette réaction étrange parce que je suis blanche ? Parce que dés qu'on parle de couleur, plane très vite au-dessus de nos têtes le spectre du racisme, et qu'on en vient toujours plus ou moins à se poser la question...

Disons-le, c'est vrai que les quotas à la télévision américaine ont fait un travail épatant pour les minorités. On aurait beaucoup à apprendre des dernières décennies télévisuelles outre-Atlantique, en la matière. Intégrer des personnages de couleur, c'est comme intégrer des femmes, c'est nécessaire pour la diversité des personnages, la diversité de leurs possibilités, et puis pour l'identification, évidemment. Et d'ailleurs, pour la gent féminine, là aussi ya eu travail progressif pour en arriver là où nous en sommes aujourd'hui ; les nanas dans les séries, ça n'a pas toujours été des Veronica Mars ou des Carrie Bradshaw ! On a eu un bon paquet de faire-valoir pathétiques et même de séries exclusivement bourrées de testostérone... parfois à dessein, souvent par pur machisme. Bref, les quotas, ça a du bon, ça fait trois ou quatre décennies que ça fait avancer les choses, au moins à la télé et peut-être même parfois par-delà.

C'est devenu une règle et maintenant on est étonnés devant certains castings blancs comme neige... rappelez-vous lorsque Friends était accusé d'être trop blanc ! On entendait même des rumeurs selon lesquelles un septième larron serait adjoint à l'équipe pour rattraper la bévue ! Aujourd'hui, les minorités s'invitent, s'installent, et la plupart d'entre nous trouvent ça normal.
D'ailleurs le dernier quota à la mode, après les gonzesses, les blacks, les latinos... ce sont les gays. J'ai hâte de voir quel sera le prochain : le troisième âge ? C'est vrai, ils sont sous-représentés à la télé, et leur pouvoir d'achat grandit à eux aussi...

Sauf que le problème, de nos jours, ce ne sont pas les quotas, c'est l'utilisation qui en est faite. L'immense majorité des séries qui a un black... a un black. Il est noir il est là vous êtes contents ? Euh oui, enfin, je crois, mais... et après ?
Combien de saisons avant que le quota de couleur de Stargate SG-1 commence à prendre corps et aie quelque chose d'intéressant à apporter à la série ? Je veux dire, oui, si, bien-sûr, la montagne de muscles a été notre eye candy dans la série depuis le premier jour, mais c'est pas l'apprentissage du texte qui a tué Christopher Judge pendant longtemps !!! Le matin avant d'aller tourner, quelques exercices de flexion et d'extension du muscle au-dessus du sourcil, et hop, en piste ! Pas chiant la vie d'acteur !
Et la plupart des séries en sont encore là : les personnages de couleur sont là pour le vénéré quota, mais ils sont souvent plats. Ce ne sont que des alibis, en somme. Et c'est triste. Et on en vient à se demander si tout ça a réellement une raison d'être si c'est pour en arriver là. Au final, ces quotas... est-ce qu'ils servent vraiment à quelque chose ? Sont-ils vraiment satisfaisants ?

Et puis franchement, si dans Grey's Anatomy, Burke était remplacé par un personnage également de couleur, on la verrait venir, la suite, gros comme le nez au milieu du visage, ce serait courru d'avance. C'est le mariage de Miranda qui prendrait un coup dans l'aile. Nan parce que tout le monde aura remarqué que dans Grey's Anatomy comme dans un million de séries ayant plusieurs personnages de couleur : tout se fait entre eux !!! Il y avait deux persos de couleur célibataires dans Grey's Anatomy, pouf ! Ils finissent ensemble ! Obligé ! C'est quand même dingue ça, non ? Et tout le monde est logé à la même enseigne, quel que soit le contexte de la série, dans une immense majorité.
Dans les soaps, ils ne se fatiguent même pas à essayer de maquiller la chose ; tenez, prenons Les Feux de l'Amour (à propos desquels la mémoire m'est rafraîchie plus régulièrement du fait de mon homme qui est fan) : les persos blacks ont leurs scènes entre eux, se marient entre eux, font des bébés (blacks) entre eux, bref sont quasiment dans leur monde à eux. Donc yen a, mais pas à côté des blancs. Bravo le quota, bel effort ! Tout ça pour ça ?

Et puis à force, les quotas, ça fait chier, voilà. A force, les quotas, c'est tellement gros que les casts sont sans surprise, sans intérêt, sans saveur. Ce qui devrait retranscrire la diversité des populations, est devenu une simplification des personnages. Je suis tombée sur Criminal Minds hier soir, et comme les CSI, entre autres (qui font partie des castings les plus ennuyeux du monde), comme un grand nombre de séries reposant sur un cast nombreux : ya la nana, ya le perso de couleur, ya le mec mature plus expérimenté que les autres... C'est toujours pareil. Tout fonctionne par archétype, selon les archétypes de télespectateurs dont on aimerait bien qu'ils envisagent de regarder la série. C'est rasoir.

Pourtant, je suis une femme mais rien ne m'empêche d'encenser une série avec uniquement des mâles, et pas nécessairement parce que je vais les reluquer (même si ça aide, nécessairement) ! Prenez Oz, les nanas, bon d'accord yen a, m'enfin, faut les chercher quand même un peu, et ce ne sont pas elles qui occupent le gros du temps d'antenne ! Pourtant, vous me voyez me plaindre que cette série est trop virile ? Que nenni... Je regarde avec plaisir quelques séries japonaises, je ne suis pourtant pas asiatique (la fin d'un mythe ?). Vous m'entendez me plaindre qu'il n'y a pas de blanche dans ces séries ? Que nenni...

Est-ce qu'une série sans personnage de couleur dégoûte les télespectateurs de couleur ? N'y a-t-il que les blancs qui ont aimé Sex & the City ? Pas d'après ce que je sais...! Et je crois savoir (hélas) que pas mal de monde, pas nécessairement de couleur, apprécie l'humour de Ma famille d'abord, pourtant, là c'est l'inverse, ya que des blacks ! Le télespectateur est-il simplet au point de ne pas pouvoir éprouver de sympathie pour un personnage par lui-même, et d'avoir besoin absolument d'identification ?
Et je pose aussi la question dans l'autre sens : les personnes de couleur se retrouvent-elles réellement dans LE personnage de couleur de la série qu'ils regardent ? Imaginons que je sois un homme noir, je regarde Urgences, est-ce que je me sens automatiquement des affinités avec le Dr Pratt ? Etre un gay ne fait pas de moi quelqu'un qui a le même caractère que Will, je peux même complètement détester Grace et la trouver irritante et gamine, sans pour autant être aussi... flamboyant que Just Jack ! Où s'arrête ce raisonnement débile qui fait assimiler la couleur de peau à une personnalité permettant l'identification ?
Je suis une femme blanche, et pourtant, je ne me reconnais pas dans chaque personnage féminin interprété par une actrice blanche. La preuve avec Desperate Housewives... oui mais là on arguera que la couleur des cheveux influe !
Si je suis WASP, que j'ai la trentaine et que je vis à Miami, suis-je voué à m'identifier à Dexter...? C'est pas un peu dangereux comme système avec des séries pareilles ?

Mais en fait, les quotas, ils n'ont rien à avoir avec la diversité, ce ne sont que des facilités. Des stéréotypes prêts à l'emploi. Et puis comme ça, merde hein, la construction des personnages c'est quand même vachement simplifié. Pourquoi donner une personnalité à la blondinette de service puisqu'il n'y a qu'une blondinette de service au milieu du vétéran, de l'intello et de la caution de couleur de la série ? Etre blondinette de service, c'est déjà bien ! Voilà, ce sera ça de moins à concevoir au moment de créer la série ! Une bonne chose de faite...

Au final, est-ce qu'en tant que télespectatrice, j'ai envie d'une série qui véhicule cette valeur selon laquelle le paraître implique un être, et que l'un découle de l'autre comme une évidence ? Est-ce que j'ai envie d'adhérer à cette clameur reprise de toutes parts selon laquelle un environnement normal, ou peut-être devrais-je plutôt dire : normé, impliquerait d'avoir dans mon entourage : un vieux de la vieille, un intello, un black et une nana ? Est-ce que j'approuve cette tendance à vouloir compter autour de moi les têtes de pipes et les catégoriser si facilement ?
Et si, moi, à mon travail par exemple, j'ai trois collègues de couleur, dont deux nanas, dont une mère au foyer et une qui est la plus ancienne et sage du service, et que dans tout ça je ne suis pas blonde... ne court-on pas le risque que je ne me reconnaisse pas dans les séries qui me montreront d'autres schémas ?
Qui fera la série qui me ressemble ?

Y a-t-il un personnage qui me ressemble vraiment ?

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