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ladytelephagy
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in treatment
27 avril 2010

Miroir sans tain

Deux jours. Il s'était passé deux jours quand j'ai décidé de faire une descente à la FNUC. Je n'avais aucun DVD en vue. Je n'avais même envie de rien. L'idée c'était juste de faire une descente à la FNUC et de me balader dans le rayon DVD séries une demi-heure ou une heure, et ressortir de là apaisée (et forcément moins riche, parce que même quand j'y vais sans rien vouloir acheter, je finis quand même dans la file d'attente de la caisse avec les bras chargés, ne me demandez pas pourquoi). Au moins, me décharger de tout ça pendant une demi-heure ou une heure. Mon rail de DVD pour tenir le coup.

On est des téléphages, je ne vais donc pas vous raconter de conneries : on a tous une liste. Une liste des séries dont on achètera le DVD la prochaine fois que ; la prochaine fois qu'on va à la FNUC, la prochaine fois qu'on a des sous, la prochaine fois qu'il y a une promo sur internet... La prochaine fois que. C'est la liste de DVD qui est agraffée derrière la liste de DVD "urgents", ceux qu'on achète le jour de la sortie ou presque, et qui très franchement, n'est pas vraiment une liste couchée sur papier parce qu'on sait très bien quelles sont les séries sur la liste principale.

Et donc sur ma liste à moi, depuis quelques mois, il y a In Treatment. In Treatment, j'en ai vu le pilote deux fois déjà, une fois de mon plein gré et une autre parce que l'un d'entre vous m'avait recommandé de lui donner une seconde chance ; et les deux fois j'étais incroyablement mal à l'aise par l'ambiance et le côté trop réaliste de la séance que représente ce premier épisode.
Pourtant je ne suis pas non plus la dernière des idiotes et j'ai bien remarqué que, In Treatment, quand on met de côté l'état nauséeux que je ressens systématiquement devant le pilote, c'est une bonne série. Bien écrite. Bien interprétée. Bien filmée. Et donc In Treatment était sur ma liste la prochaine fois que. Sauf que depuis des semaines que je fréquente la FNUC la plus proche et quelques autres, à chaque fois, je tombais sur le coffret de la deuxième partie de la première saison. Et s'il y a bien une chose que je me refuse à faire, c'est acheter un quelconque 2e coffret avant d'avoir même pu acheter le premier. C'est une règle d'hygiène de vie téléphagique, c'est comme ça.

Mais là, ce jour-là, alors que j'étais l'âme en peine dans les rayons de la FNUC en train de me chercher un dérivatif suffisamment puissant pour me faire oublier, une demi-heure ou une heure, l'insupportable, soudain, qu'est-ce que je vois ? Le coffret In Treatment, première saison, première partie. C'était un signe divin. Un coup de coude du Dieu de la téléphagie pour me dire "vas-y, c'est ça qu'il te faut, ça va aider, au moins un peu".
Quelques jours plus tard, l'un de vous me conseillait la série pour m'aider à traverser cette passe difficile, et cette personne ne pouvait pas être mieux inspirée. Sans doute un second coup de coude du Dieu de la téléphagie.

InTreatment

Qui plus est, une semaine passée dans In Treatment, ça vaut 2h30 dans la vie réelle. Une équivalence qui permet de disparaitre hors du temps sans trop en perdre. Tout bénef.

Et après avoir passé 5 heures presque d'affilée dans le monde du Dr Weston, je dois dire que finalement l'antidote au mal être intérieur a fait son effet, au moins un peu. Envolée, l'impression constante de malaise. Sans doute parce qu'il n'était plus dans le pouvoir d'une quelconque série de me mettre dans un état plus désastreux que celui dans lequel je me trouvais après le départ de freescully.
Je me suis contentée d'apprécier la façon dont chaque personnage vient et se confie à Paul tout en se heurtant à sa façon de pratiquer, qui, de l'aveu même du psy, n'est pas toujours au top. C'est rassurant qu'il en soit conscient, même si on aimerait qu'il le reconnaisse devant ses patients plutôt que de chercher à maintenir les apparences du professionnel toujours maître de lui-même...

Arrivée à ce stade de mon visionnage, je suis un peu déçue par le fait que je n'ai réussi à me lier affectivement à aucun patient, ni à Paul lui-même. J'aurais aimé, je pense, réussir à me mettre dans la peau de l'un d'entre eux, mais les personnages tels qui m'apparaissent au bout de deux semaines me semblent trop éloignés de moi, ça me demanderait un trop grand effort. Pourtant je pense que ce pourrait être l'un des avantages de In Treatment : offrir la possibilité d'exorciser quelque chose de vrai via ces thérapies imaginaires. Toujours ma passion pour la catharsis par la douleur dont j'ai beaucoup parlé, plus ou moins directement, ces derniers temps ; avec Gravity notamment.

Mais d'un autre côté, me soucier des problèmes des uns et des autres joue parfaitement son rôle de distraction intelligente pour mon coeur abimé. La série s'attache à décortiquer des choses douloureuses, même si elles ne le sont pas pour moi (et que parfois, je m'en désintéresse totalement, comme par exemple les intrigues d'Alex le pilote de l'Air Force), et ça me permet de baigner dans un univers sombre et complexe sans que cet univers sombre et complexe n'ait de rapport avec le mien. Je suis assise sur le sofa de Paul, à l'écart, et je regarde tout ce petit monde se débattre avec des choses qui ne me touchent pas, mais je me réjouis qu'ils le fassent, par une sorte de plaisir sadique où les personnages souffriraient à ma place pendant une demi-heure. Ou une heure. Ou cinq heures.

Alors In Treatment et moi, ce ne sera jamais le grand amour, mais j'ai pu y trouver une série qui me divertit sans chercher à me faire sourire, et ça, en ce moment, ça n'a pas de prix.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche In Treatment de SeriesLive.

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26 avril 2010

Plus légère après Gravity

Il est un fait communément admis que j'ai un goût particulier (euphémisme) en matière de célébrités masculines. Oh, je peux faire genre "je suis pas si tordue que ça" et vous dire que Christopher Meloni est ZE man, la définition de la virilité et tout le bazar, et ce sera vrai, et une fois passé le fait qu'il n'a qu'une vingtaine d'années de plus que moi, vous me trouverez à peu près raisonnable. Mais il y a aussi les fois où je vais vous confesser de but en blanc que l'un des amours de ma vie, c'est Eric Schaeffer. Que j'aime cet homme d'amour depuis des années et des années, bien qu'en étant consciente de faire partie d'une minorité de gens qui le connaissent, et plus encore, qui l'apprécient.
Tout a commencé avec Century City, bien qu'il n'y ait été qu'acteur et n'ait pas tellement apporté sa griffe aux épisodes... et déjà combien sommes-nous à avoir vu Century City ? Mais alors, quand il a créé Starved ? Oh mais merde alors, ce type est un Dieu ! Et combien sommes-nous à avoir regardé ET Century City, ET Starved ?

Alors quand aujourd'hui, agrippée à mon clavier tandis que je suis en larmes et en joie tout à la fois, je m'apprête à vous parler de ma nouvelle série préférée, Gravity, quelque part, je pense que vous avez tout compris sur la raison qui m'a poussée à regarder le pilote de cette nouvelle série. Ou plutôt... non, vous n'avez pas encore toutes les informations en main. Au départ, les raisons étaient les suivantes :
- il va y avoir un pilote. Bon, ça c'est normal, c'est la raison qui me fait regarder tout et n'importe quoi. Je veux dire que si un jour une série parvenait à accomplir la prouesse d'être diffusée sans avoir de premier épisode introduisant l'intrigue et les personnages, ce serait le seul cas où je n'aurais pas spontanément envie de la voir. Et encore, parce que lancer une série sans qu'elle n'ait de pilote, c'est une expérimentation qui pique ma curiosité. Non, sérieusement, le simple fait d'avoir un pilote rend n'importe quelle série éligible, c'est tout. Je suis pilotovore, on n'y peut rien.
- Eric Schaffer. Il parait que plein de gens ne l'aiment pas. Pour ceux qui savent de qui il s'agit. Moi franchement, je vais vous dire, je m'en fous. J'ai lu ce papier d'une nana qui est sortie avec lui une fois ou deux, qui le décrit à mi-chemin entre le pauvre type et le parfait petit enfoiré New-Yorkais, bah : même pas peur. Eric, je t'aime. Je t'aime parce que quelqu'un qui porte en lui une série comme Starved, c'est un mec que je ne peux qu'aimer. Et que tu aies rejoint le projet Gravity, c'est une preuve de plus que je t'aime. D'amour. Je m'en fiche de ce que disent tes ex. Elles n'ont rien compris. Un mec qui a Starved ou Gravity dans la tête, il faut pouvoir assurer en face, c'est tout, et c'est pas la première pétasse qui est équipée pour assumer une relation avec un type comme toi. Toutes les femmes ne sont pas à la hauteur. Moi, Eric, je le suis. Passe me voir à l'occasion, tu verras ! (PS : moi au moins, je ne te quitterai pas pour Conan O'Brien... enfin... on en rediscutera si ça se présente, disons)
- une série sur le suicide. Sur le suicide, quoi ! Là il en faut dans le pantalon, là franchement c'est de la télévision. Le suicide, merde ! Des gens qui veulent mourir, mais que par définition on peut pas faire mourir, parce qu'on les paye pour être là toute une saison ! Voilà bien un thème qui fait appel à la souche téléphagique en moi, la raison pour laquelle je continue de regarder des séries après en avoir vu pourtant des tonnes. Oh je peux aller tuer le temps devant un Caprica ou un Geomsa Princess, mais dans la vraie vie, ce que je veux, ce que je veux vraiment, c'est une série qui me chope les entrailles et me les extirpe douloureusement, sans chercher à me ménager, sans chercher à me dire "oh ma petite chérie, tu es sûre, tu préfèrerais pas une série où les enquêteurs ils pensent rien qu'à relever des empreintes et interroger des maris jaloux, tu es sûre, parce que ça je sais faire, hein, ça c'est pas dangereux pour toi", non, moi je veux des séries qui me parlent à moi de choses difficiles et douloureuses, et qu'on ne me prenne pas pour une demeurée ou, au mieux, une poupée de porcelaine. Je veux des séries qui abordent des sujets sur lesquels on ne peut pas reculer, une fois que tu t'es embarqué dedans, tu es obligé d'être honnête et de ne pas toujours faire dans le très propre. Des thèmes où il n'y a pas de zone de confort possible, voilà ce que j'attends de mes séries depuis toujours, depuis Rude Awakening, et l'équation Eric Scaheffer + suicide, c'était une garantie que j'allais en avoir pour mon argent.

Donc l'attente de Suicide for Dummies, de Failure to Fly et finalement de Gravity me rendait toute extatique.

Gravity

Et puis.
Et puis, il y a 19 jours, il s'est passé quelque chose. J'arrive d'ailleurs toujours pas à croire que ça ne fait que 19 jours, comme je n'arrivais pas à croire que ça n'en faisait que 12 ou que 5. La douleur est encore là comme si je l'avais appris hier. Un suicide ; dans la vraie vie, si je puis dire. Et après avoir passé plusieurs jours à me déconnecter de ma téléphagie, à n'y voir plus rien qui trouve du sens (merci pour vos conseils, j'ai d'ailleurs commencé la première saison de In Treatment, on en reparle bientôt), j'ai progressivement réalisé que j'étais dans une zone d'attente. Et que c'était Gravity la clé.
J'ai approché ma propre mort, deux fois. L'une plus sérieusement que l'autre, en toute sincérité. Mais j'avais perdu ce contact morbide avec le suicide, et j'avais besoin de Gravity pour "comprendre" ou en tous cas lancer la compréhension. Juste pour poser les questions qu'une bonne série sur un sujet grave pose immanquablement. Et moi-même, je me suis enfermée depuis 19 jours dans un cercle morbide où j'essayais de me mettre dans sa peau, et Gravity m'a servi à me libérer de ça parce que des personnages en parlent à ma place.

Le pilote de Gravity n'évite pas quelques clichés, mais je pense qu'une bonne partie sont conçus pour faire partie de son charme, de la même façon d'ailleurs que Starved n'était pas exempte de maladresses ponctuelles qui ne desservaient pas un instant la série.
Pour d'autres passages, avant même d'avoir lu que mener la série à l'écran avait pris 3 années, je peux sentir qu'il y a eu des concessions qui rendent le propos un tantinet plus mesuré que prévu. Gravity voulait parler du désir de mort et du désir de vie, qui existent en chacun mais qui, selon le moment, ne nous apparaissent pas toujours dans les mêmes proportions. Sa bande-annonce aux airs de feelgood movie, c'était une de ces concessions. Comme le personnage du flic qui m'apparait comme un ajout pour rentrer dans un certain moule télévisuel permettant à la série de voir le jour.

Mais quand on dépasse ces clichés et cette intrigue pseudo-policière (qui au final n'en sera peut-être même pas une...), on trouve dans Gravity toute l'honnêteté qu'on était en droit d'attendre sur le sujet.

C'était une telle épreuve et un tel soulagement de regarder Gravity. Loin de mes conneries de fantasmes sur Eric Schaeffer ou de mes tendances pilotovores, loin de toutes les raisons plus ou moins bonnes pour lesquelles on regarde une série au départ, Gravity, c'est juste la raison pour laquelle je regarde des séries, et c'est juste celle dont j'ai besoin maintenant.
Merci.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gravity de SeriesLive.

1 mars 2010

Ne riez pas, ça pourrait vous arriver

Je suis une téléphage appliquée, MOI. J'ai bien fait tous mes devoirs, MOI. J'ai regardé le film Parenthood, MOI.
Je devrais avoir droit à un bon point ou une image, non ?

C'est quoi le nom du film ? Parenthood
C'est plutôt quel genre ? Film d'horreur
Qui on connaît là-dedans ? Steve Martin, Dianne West(Law & Order, In Treatment...), Mary Steenburgen (Joan of Arcadia), et bien d'autres, sans compter que derrière la caméra ya un peu Ron Howard quoi (Happy Days).
Ça date de quand ? 1989, c'est presque dommage de lancer la série en 2010 tiens !
En résumé, de quoi ça parle ? Des innombrables et intarissables joies de la vie de parent.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Dans la famille Buckman, je voudrais le parent stressé... euh, c'est forcément bonne pioche. Les enfants de la famille Buckman ont tous des enfants à présent, et dans les quatre foyers qui constituent cette petite tribu, élever des gamins n'est jamais simple...
Et ça finit comment ? Comme dans la plus réussie des propagandes natalistes.

Pourquoi c'est bien ? Ces derniers temps (vous le savez peut-être si vous suivez les tribulations de mon Secret Diary of a Cinephile), j'ai regardé plusieurs films des années 80 ; ce weekend encore, je vous parlais de My Girl (qui date de 91 mais bon, ça va, quoi, on a compris) et son esprit incroyablement sincère et touchant, sans fioriture ou presque. Dans Parenthood, on est dans la même configuration, avec beaucoup de tendresse, un regard lucide mais pas forcément négatif, et, en plus,beaucoup d'humour. On réagit en permanence aux petites touches d'humour (Steve Martin est très en forme, en plus) comme aux petits coups au cœur.
Pourquoi c'est pas bien ? Je l'ai dit et le répèterai jusqu'à mort s'ensuive, je n'ai qu'un intérêt très limité pour les bébés. Vous me donnez le choix entre avoir un bébé ou un vampire à la maison, c'est bien simple : j'hésite. C'est à ce point. Alors franchement, le final... non, ça va quoi, faut arrêter.

Ah, les joies du cinéma ! Je vous jure que Keanu Reaves a DEUX expressions dans ce film. Si vous ne le regardez pas pour la série Parenthood, si vous ne le regardez pas pour Steve Martin, si vous ne le regardez pas pour votre culture générale... regardez-le pour ce fait incroyable et, à ma connaissance, totalement unique.
La réplique qui tue : L'une des perles de sagesse du film (qui mine de rien en recèle quelques unes) vient certainement du personnage dont on attendait le moins de fulgurances. Mais c'est le genre de sortie qui ne peut que ravir mon coeur : "you need a license to buy a dog, to drive a car - hell, you even need a license to catch a fish. But they'll let any butt-reaming asshole be a father". On est bien d'accord.
La scène qui tue :
J'étais pliée de rire pendant cette scène. De toutes façons, beaucoup de très bonnes scènes ont lieu dans ce foyer mais je voulais avant tout vous montrer celle-là. La fille d'Helen, Julie, a fait des photos coquines dans l'intimité avec son petit copain Todd... mais comme vous allez le voir, elles ne tombent pas dans les mains qu'il faudrait.

Parenthood___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Une de ces fois magiques où divertissement rime avec intelligence. Oui je sais ça rime pas, mais justement là si. Mais je suis sûre que ça aura plus d'impact quand je serai moi aussi devenue l'esclave de ma progéniture.
Bilan : Avec My Girl, je sortais les violons et je vous racontais combien, ah, des films comme ça, on n'en fait plus. Je suis en train de vous préparer la même chanson sur The Breakfast Club qui est un peu ZE film du mois de février pour moi. Eh bien en attendant, je vais vous le dire de Parenthood, même si ça n'est pas un coup de cœur, c'est quand même la vibrante révélation (ou en tous cas, l'indispensable aide-mémoire) que, ah mon Dieu, des films comme ça, on n'en fait plus.
Mais je me demande sincèrement si du coup, une série comme ça, on peut la faire, aujourd'hui. En tous cas je ne m'attends pas à trouver dans le pilote que je regarderai, si le Dieu de la Téléphagie est avec moi, demain soir, la même ambiance un peu naïve... non, naïve c'est pas le mot... un peu innocente... non, innocente non plus... enfin bref, je pense que l'esprit de la série ne peut pas être le même, c'est impossible, on parle d'une génération différente, d'un climat où la fiction repose sur le fait que les gens sont plus blasés qu'ils ne l'étaient, alors qu'ils ont strictement les mêmes soucis, si on y pense.
Cela dit je ne demande qu'à avoir tort, et que NBC me le prouve sans tarder. Mais enfin je n'y crois pas trop.
J'ai aussi l'impression persistante que ce sera difficile pour Parenthood de parler de la famille comme Parenthood en parle, mais en plus moderne, pour la bonne raison que justement Modern Family me semble l'avoir pris de vitesse. Modern Family dont je n'ai vu que le pilote, certes, et donc mon avis vaut ce qu'il vaut, mais enfin, Modern Family est dans la même dynamique, avec juste l'effet de style typiquement XXIe siècle qu'est le mockumentary. La niche de Parenthood se trouve là, dans la capacité à essayer de rester dans le "vrai", dans le "je vais pas vous raconter des cracks, ça va pas toujours être marrant", dans le "de vous à moi, sincèrement", que Modern Family ne peut pas saisir en permanence du fait de son statut de comédie. Mais dans ce cas il faut aussi éviter l'écueil inverse, le trop sérieux. Et tout ça sans oublier que Brothers & Sisters est aussi passé par là, et qu'il s'en est dit, des choses sur les familles, depuis 1989...
Au regard de ce film réussi (et qui finalement n'a pas tellement vieilli que ça), j'ai quelques appréhensions pour Parenthood, mais si le pilote est, disons, moitié moins bon que le film, il y a de l'espoir.
Mais plus j'approfondis le dossier, plus je suis quand même hyper méfiante. Ça, plus mon théorème... c'est pas joué d'avance, on va dire.

3 octobre 2009

arte fact

Pour moi, la chaîne de l'année 2009 a clairement été arte. Les plus alertes d'entre vous se souviennent déjà de ma surprise devant Jekyll, plus tôt cette année. Avec aujourd'hui la diffusion de The Tudors, la même expérience de rendez-vous attendu toute une semaine à l'avance se reproduit pour mon plus grand délice. Non que The Tudors soit une merveille parmi les merveilles, car comme je l'ai dit dans les posts précédents sur cette série, elle est loin d'être parfaite. Suivez les tags pour plus de détails.

Mais à vrai dire, ce qui fait les défauts de The Tudors donne à mes yeux une grande valeur à cette programmation par la chaîne européenne. Tout comme Jekyll, cette série donne l'impression à la fois d'un soucis de qualité de d'élégance dans le choix de la programmation, sans être forcément trop pompeux. Tout comme la violence parfois exagérée de certaines scènes de Jekyll (je pense notamment au final plein d'overkill), les scènes de sexe de The Tudors ont le mérite (ainsi que les romances et autres complaisances scénaristiques) de rendre la série accessible, et de lui éviter de ne cibler qu'une cible d'élite mais bien d'atteindre une popularité dépassant largement le cadre des amateurs d'Histoire. Comme le soulignait tao dans un tweet, ça se traduit par des audiences pas dégueulasses, ce qui est forcément incitatif pour la chaîne.

Alors, je n'ai pas pu m'empêcher de songer à une petite liste de productions qu'il serait intéressant de voir sur la chaîne, s'il lui venait la bonne idée de poursuivre sa politique série. Il y a un créneau à prendre, malmené par la concurrence hertzienne, et à mon avis les séries suivantes s'inscrivent dans le même type de programmation, et ne semblent pas intéresser les autres chaînes françaises. Il y a quelque chose à jouer, je pense.

- Carnivàle :

C'est la première qui me vient à l'esprit, et je trouve qu'elle tombe sous le sens. Un mélange d'Histoire et de mystère, un univers cryptique... Et puis, deux saisons, ça reste aussi assez raisonnable pour une chaîne qui craindrait de s'engager sur le long terme.

- Cop Rock :
Là encore, investissement en temps très raisonnable pour cette série d'une malheureuse saison... mais si fondamentalement différente de ce que l'on a pu trouver sur le hertzien jusque là ? Sans compter qu'on ne peut décemment compter que sur une chaîne anticonformiste comme arte pour programmer une série approchant de la vingtaine.

- The No. 1 Ladies Detective Agency :
Alors là, ce serait juste superbe. Comment en remontrer à la concurrence sur la diversité télévisuelle sans lui faire ombrage ? En choisissant une fiction radicalement différente, par ses origines et son ton. Tout en n'oubliant pas que le genre policier continue de faire des audiences convaincantes, ce qui ne peut nuire.

- Huff :
Quand on est le toujours un peu décalé arte, on ne peut que se prendre de passion pour la psychanalyse. Et pendant que la diffusion d'In Treatment via le réseau Orange, et sa sortie en DVD, fait l'actu, une rediffusion d'une série sur la même thématique peut aussi être une bonne idée commercialement parlant.

Evidemment, ces vœux pieux ne sont pas si faciles à réaliser. arte fait face à une difficulté double : chaque série doit pouvoir être diffusée à la fois en Allemagne et en France. Mais un développement de la politique série, qui jusque là semble probante, en s'engageant dans une identité propre, se ferait à mon avis très bien avec ce genre de titres.

Et vous, quelle séries verriez-vous sur arte ?

18 juillet 2009

Les networks doivent-ils arrêter de diffuser des séries dramatiques ?

Mais nan, je ne pose pas la question sérieusement !
C'est juste une façon de parler... quoique ? Nan ! Ou bien ? Ah bah, tout d'un coup, j'hésite.

Et si j'hésite c'est parce que cette semaine, en survolant les nominations aux Emmys (je préfère la cérémonie elle-même à ce qui la précède), quelque chose m'a frappée : l'Emmy de la meilleure série dramatique a 5 chances sur 7 d'être décerné à une série du câble. Et tout-à-fait entre nous, j'ai aussi envie de dire qu'entre Mad Men et Lost, quelque part on ne joue pas vraiment dans la même catégorie. Toutes les deux dramatiques, bon, certes, mais l'excellence penche plus d'un côté de la balance que de l'autre.
Plus troublant encore, c'est quasiment l'opposé qui se produit côté comédies : l'Emmy de la meilleure série comique a 3 chances sur 7 seulement d'être remis à une série du câble.

C'est un peu logique, je trouve : il est plus facile de faire rire plein de monde avec la même blague (surtout quand, comme dans 30 Rock, on n'est pas allés la chercher bien loin), que d'émouvoir ou intriguer tout le monde avec une même intrigue. L'un et l'autre n'ont pas le même pouvoir universel. Donc pour un network dont le principal soucis, surtout en ce moment, est de fédérer du monde sans trop se compliquer la vie, la comédie reste la solution la moins casse-tête.

Du coup, je me suis surprise à rêver, imaginant ce que serait un monde où l'on rirait sur les networks, et pleurerait sur le câble...

Les networks tenteraient d'une part de réanimer le genre moribond du sitcom, en réinvestissant la prise de vue en multi-caméra, d'ailleurs moins chère. On les verrait lancer de plus en plus de dramédies, aussi ; d'abord alignées sur un format de 20 minutes comme Jake in Progress, puis même sur un format de 45 minutes, amené à occuper les cases prime time dédiés à des formats plus longs, un peu dans le genre de Desperate Housewives.
En face, les chaînes du câble, rarement capables de produire des séries comiques réellement efficaces d'ailleurs, opteraient pour la procédure inverse, apportant ainsi le plus grand soin à la niche dans laquelle ils se positionnent, et créant à l'intérieur-même de cette niche une autre niche pour chaque série dramatique. En s'adressant à une part bien précise de leur audience déjà spécialisée, ils seraient certains de mettre dans le mille et de ne pas décevoir leur public outre mesure, et donc de pérenniser leurs shows sur la base d'audiences correctes. Ils n'hésiteraient pas à progressivement emprunter des formats moins traditionnels, habituellement propres aux networks, tels le daytime ou le format de 20 minutes, mais en l'appliquant aux séries dramatiques, comme, disons, on imagine hein... In Treatment.

Hmmmm...
Bah je vais vous dire : on n'en est pas si loin.

Est-ce que pour sauver leur peau, les networks vont complètement abandonner les séries dramatiques ? Vu le niveau général, j'ai envie de leur souffler que oui. Mais bon, les networks sont encore les meilleurs pourvoyeurs de séries policières, et celles-ci ne sont pas (encore ?) passées à un format plus court. Quoique ce serait peut-être à tenter, quand on voit l'épaisseur d'une intrigue dans Les Experts Bangui...
Mais, si je ne nous prédis pas la disparition de la série dramatique des networks, force est quand même de constater que cette répartition des genres a quand même de fortes chances de s'accentuer avec de telles nominations aux Emmys.

Et puis, quand bien même, pourquoi pas ? Qu'aurait à craindre le spectateur d'un tel phénomène ? Si HBO, Showtime et AMC s'occupaient uniquement de séries dramatiques, moi ça me conviendrait tout-à-fait. Autant laisser ça à ceux qui savent.

JonHammTinaFey

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13 avril 2009

Prozac dans la figure

On me l'a chaudement recommandée, à maintes reprises. Mais je continue d'avoir du mal. Pas parce qu'on m'a forcé la main, je vous rassure.
Il y a quelques temps de ça, je vous ai présenté Huff (sans beaucoup de succès, certes, donc je ne sais pas si vous avez pu découvrir la série), principalement parce que j'essayais de me préparer mentalement à retenter le coup avec In Treatment, en partie parce que je peux concevoir son potentiel, et en partie parce que je l'ai promis à un grand timide parmi vous.
J'avais pourtant déjà regardé le pilote d'In Treatment, probablement dés sa sortie, en tous cas très tôt, mais le gros problème, c'est qu'il me met épouvantablement mal à l'aise. Il n'y a pas d'autres termes : mal à l'aise. C'est viscéral.

Alors, histoire de ne pas perdre la main, voilà, encore, un post La preuve par trois... on va essayer, eh bien, d'analyser ça, la série s'y prête particulièrement, non ?

InTreatment___1
Est-ce la faute de l'irritante Melissa George si j'ai du mal avec ce pilote ? C'est vrai que je n'ai pas de sympathie pour cette actrice (et l'animosité remonte à Voleurs de Charme, c'est dire), mais ça va bien au-delà. En vrai, je n'ai rien contre le personnage de Melissa George. Juste contre l'actrice. Son personnage est finalement assez intéressant : on sent tout de suite qu'elle est complexe, qu'elle est torturée, bref c'est un peu ce que j'aurais envie de qualifier de "bonne cliente" pour une série pareille. Suivre la thérapie d'une nana qui s'invente des problèmes là où il n'est pas nécessaire qu'il y en ait, juste parce qu'elle est complexe, ça peut être intéressant. Et c'est quand même beaucoup moins courru d'avance qu'une patiente qui viendrait parce qu'elle est battue, ou parce qu'elle boit, ou un truc aussi caricatural. Non, là, on tient un bon personnage. Mais rien à faire.

InTreatment___2
Le psy est... comment vous dire ? Un psy. Ah ça, ya pas plus ressemblant. Tout y est. Impassible, patient, pragmatique. Comme tous ceux de son espèce, il mesure ses paroles (tant en quantité qu'en qualité), il observe son interlocutrice avec un regard pénétrant en espérant capturer quelque chose dans le non-dit, et surtout, il évoque une épouvantable frigidité émotionnelle. Certes, c'est la profession qui veut ça, mais c'est d'un énervant ! C'est énervant en vrai, et c'est donc d'autant plus énervant quand un psy de fiction sacrifie à pareil stéréotype. Une fois, juste une fois, je voudrais qu'on me montre un psy qui soit plus vivant. Un psy qui n'ait pas l'air d'un simple réceptacle, mais qui investisse un peu plus le dialogue. Juste pour voir ce que ça fait. Parce que dans le genre caricature, ça se pose là, et je crois que c'est en fait ça aussi qui me met, je le répète à nouveau, désolée mais j'ai pas d'autre mot, mal à l'aise : ça fait peut-être bien trop vrai. Je ne sais pas pour le problème du transfert, mais c'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup rebutée chez les psys, cette faculté à être si... professionnels. Alors que leur interlocuteur ne l'est pas du tout, lui, par définition. Comment arrivent-ils à s'investir si peu (sans aller, évidemment, aussi loin que le voudrait ici la patiente) dans le dialogue, alors qu'ils voient la personne depuis si longtemps (ici un an), et comment peuvent-ils, ô frustration suprême, être si prompts à renvoyer le patient chez lui à l'heure dite, en n'ayant à lui offrir qu'un "nous en parlerons la semaine prochaine", vraiment ça me dépasse. En ce sens, ce personnage tellement ancré dans la réalité est même plus dérangeant que tout ce qui va se dire pendant la séance. Il lui manque un côté réellement fictif, dans ce pilote, une distanciation avec le réel. Pour être sincère avec vous, je n'ai jamais vu de psy homme, mais j'ai quand même réussi à tout reconnaître en lui, et je crois que ça m'a terrifiée, en fait.

InTreatment___3
Parce qu'il est là le problème : on rentre, plus que par n'importe quel autre procédé narratif, dans l'intimité d'un personnage (ici la patiente interprétée par Melissa George ; ah oui au fait, j'ai pas du tout retenu son nom, encore une fois), et on a l'impression d'être plongé dans une vraie thérapie. C'est ça qui est terrifiant. On ne retrouve pas d'élément de fiction suffisamment fort pour vous garder à distance. Je n'ai rien, rien en commun avec cette patiente, mais j'ai quand même réussi à entrer dans son univers et le fait que tout soit si... authentique ? Le fait que tout soit si authentique est définitivement un problème à mes yeux. Peut-être que ça irait mieux avec un autre patient, mais je dois dire qu'après avoir vu le pilote en tout et pour tout trois fois, en étant dans un état d'esprit différent à chaque fois, rien à faire, cette façon de me mettre la tête dans l'âme de quelqu'un en me tenant la nuque, ça me fait suffoquer. Je trouve cette ambiance embarrassante, et même au-delà : terriblement usante pour les nerfs. Je me sens épouvantablement voyeuriste parce que je n'arrive pas à me dire que c'est un faux psy. Je vois bien que ce sont des acteurs parce que je les connais, et je vois bien que le personnage de la patiente est fictif parce que dés le pilote elle sort tout un tas de trucs d'un coup, comme on ne peut le faire que dans une introduction, mais rien à faire, je ne me sens pas à ma place. C'est trop vrai pour moi.

In Treatment, c'est typiquement le genre de série qui vous force à regarder autant l'écran que vous-même, et je crois que c'est ça le soucis. Et ça, je crains que ce ne soit finalement le cas avec n'importe quel patient, en fait, c'est ça qui m'empêche de poursuivre, malgré mes multiples tentatives.
Le problème n'est pas qu'il y ait une unité de temps et de lieu, le problème n'est pas que ça manque d'action, ou de rythme, le problème n'est pas que ce soit bavard ou au contraire qu'il y ait beaucoup de silences, le problème n'est pas l'abondance de plans serrés ; non, rien de tout ça, le vrai problème c'est que la série est très, très fine dans sa façon de retranscrire une analyse, et que du coup, vous vous surprenez à faire cette analyse avec le patient alors que ce n'est clairement pas la vôtre ! Alors vous vous posez tout un tas de questions, vous vous demandez pourquoi ça vous pose un si grand problème alors que ce n'est qu'une fiction, ça vous ramène à plein de questions qui n'ont rien à voir, et vous êtes mal à l'aise comme vous l'avez rarement été, et vous finissez par avoir envie de tout gerber d'un coup.

Gerber parce que la série est perspicace, on aura vraiment tout vu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche In Treatment de SeriesLive.
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6 février 2009

Analyze this

J'avais promis à un grand timide de ma connaissance de donner une seconde chance à In Treatment, dont j'avais regardé le pilote il y a quelques temps mais qui m'avait mise mal à l'aise. C'est en voulant retenter ce pilote que je suis tombée sur Huff, et je me suis souvenue que je voulais vous faire découvrir la série...

Huff___1
Là par où le drame arrive. Huff mène une vie parfaite, avec sa gentille femme, son beau cabinet où il reçoit ses clients, son meilleur ami avec qui il déjeune dans des endroits sympas... Evidemment, aucune série digne de ce nom ne laisserait ça durer trop longtemps. On n'est pas chez les Camden, ici, nom d'un chien ! Huff se reprochera de n'avoir pas pu empêcher les évènements, mais pour ma part, j'avoue n'avoir rien vu arriver. Effet garanti. Enfin, plus maintenant, puisque je vous l'ai dit. Et zut.
Mais de toutes façons, cet évènement fondateur de la série ne tient pas tant par son effet de surprise que par ses implications sur le mental de Huff...

Huff___2
Un psy dépressif, nan mais sérieux... Franchement, la télévision n'est-elle pas un monde merveilleux ? On y trouve des psy dépressifs, des enquêteurs aveugles, et même bientôt des infirmières malades ! Mais d'une certaine façon, je trouve que ça fait d'autant plus de bien que ce soit ce genre de type qui déconne un peu. Je veux dire que quand un croque-mort parle à des macchabées, on se dit que vu son métier, c'est normal qu'il ait une araignée au plafond (de toutes façons c'est soit ça, soit les émanations de formol), quand un prêtre se met à faire un brin de causette à Jésus, on se dit que de toutes façons, croire ça ou autre chose, ce type avait déjà un pied dans le surnaturel... mais quand un esprit rigoureux commence à pencher du côté où il va tomber, c'est forcément un régal. D'ailleurs dans quelle mesure Huff est-il en train de lâcher la rampe ? N'a-t-il pas lui aussi des hallucinations ? On n'en est pas sûrs, en fait.

Huff___3
C'est quand on pense qu'on a déjà eu l'occasion de connaître en long, en large et en travers les problèmes qui jalonnent la vie de Huff qu'on découvre qu'il y en avait encore en réserve. Cette scène finale est poignante, d'abord parce que la relation que Huff a avec son frère est touchante, mais aussi parce qu'on comprend que notre pauvre psy ne trouvera décidément d'oreille compréhensive nulle part. Il est tout seul dans cette galère. Il faudra qu'il trouve le moyen de gérer tout ça. Le soucis, c'est que de toute évidence, son monde est plutôt habitué à ce que ce soit lui qui indique aux autres comment régler leurs problèmes...

Evidemment, j'aurais voulu en mettre plus, mais ce ne serait pas un post La preuve par trois s'il y avait plus de trois captures. Je passe donc sous silence la rencontre avec le compositeur hongrois, le fils de Huff qui vient lui remonter le moral (on aura tout vu), ou encore la sublime altercation entre sa femme et sa mère (et moi je dis qu'il y a de l'Oedipe à régler). Vous voyez ? J'ai rien dit.

Voilà, considérez-vous éduqués sur cette série, si ce n'était encore fait. Ma mission ici est finie, je repars cape au vent vers ma première saison de Big Love !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Huff de SeriesLive.
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