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ladytelephagy
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gilmore girls
26 mai 2012

[DL] Dance Academy

Pour être tout-à-fait sincère avec vous, depuis que je vous en ai parlé, j'ai revu le pilote de Bunheads deux fois : hier matin, et ce soir. Et je vous confirme que j'adore toujours autant cet épisode. C'est exactement ce que le docteur avait prescrit, si je puis dire. Si pendant ce long weekend de Memorial Day vous manquez d'inédits, aller choper le preair et régalez-vous, vraiment, si vous ne l'avez pas encore fait, je vous le recommande. Enfin vous faites ce que vous voulez, hein. Mais c'est pas comme si les pilotes excellentissimes nous pleuvaient dessus en ce moment. C'est une période creuse, alors il faut vraiment saisir la moindre opportunité de se faire plaisir. Je me permets d'insister encore mais, hein, bon. Quand même. Allez c'est bon, j'arrête.

En tous cas Bunheads m'a rappelé une autre série sur la danse : Dance Academy. L'occasion pour moi de ressortir ma casquette d'amatrice de l'Australie puisque la série est en effet une co-production avec la chaîne allemande ZDF, jamais dernière lorsqu'il s'agit de participer à l'élaboration de séries pour la jeunesse.
Alors oui, le mot est lâché : "série pour la jeunesse". Je sais bien qu'on n'est pas entraînés à apprécier les séries, surtout quand elles sont regardables par des préados sans que leurs parents ne ressentent le besoin de les enfermer dans une tour jusqu'à leur 21 ans. Mais l'Australie (entre autres) regorge de séries pour la jeunesse vraiment épatantes, et j'ai déjà eu l'occasion de vous parler notamment de My Place et Lockie Leonard, par exemple. Eh bien à l'instar de ces deux-là, Dance Academy a vraiment su s'attirer d'excellentes critiques, et une multitudes de nominations et récompenses, venant de professionnels adultes (un Australian Directors Guild Award pour un épisode sa première saison) comme du public adolescent (un Kidscreen Award l'an dernier). En avril dernier, Dance Academy a achevé sa seconde saison dans la joie et l'allegresse alors que le développement de la saison 3 était déjà mis en chantier, et la série est diffusée dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis...ou la France, sur Canal+ Family.

Mais pardon : mon intention n'était pas de vous offrir un cours magistral sur la série, mais bien de vous montrer le générique de cette série, alors voilà !

DanceAcademy
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Cela étant, le générique de Dance Academy est tout ce que je ne souhaite pas à celui de Bunheads de nous offrir quand, cela ne fait aucun doute dans mon esprit, il apparaitra (parce que je ne doute pas un seul instant que cette petite série pleine de fraîcheur ne nous fasse pas le plaisir d'avoir un truc plus long que 10 secondes).

Il y a d'une part le problème des images en elles-mêmes. C'est cliché, mais on n'y échappe probablement pas. Vient ensuite le problème de l'habillage, supposé faire jeune alors que, bon, ça va, on a bien vu qu'il ne s'agissait pas que de ballet (= ringard) et que ça sert à rien d'en rajouter.
Mais le problème majeur de ce générique, c'est sa chanson totalement impersonnelle. Si vous avez vu la série (personnellement je me suis contentée du pilote, ce qui explique pourquoi j'ai le générique sous la main), vous savez que Dance Academy est quand même bien plus qu'un vague Fame revu et corrigé. Il y a énormément de sensibilité dans cette série ; pas une sensibilité à la Angela, 15 ans avec des états d'âme en pagaille, mais plutôt une émotion sincère autour de la danse, l'envie de danser, la grâce que représente cet art, etc... Des éléments qu'on ne retrouve pas un instant dans le thème musical de la série, qui de grâce est totalement dépourvu.

De mon point de vue, le générique de Dance Academy est un échec parce qu'il manque de devenir un symbole de l'identité de la série. Donc voilà, tout le mal que je souhaite à Bunheads, c'est de ne pas avoir ce genre de générique. Même si celui de Gilmore Girls n'était pas extraordinaire d'un point de vue visuel, son thème musical et les émotions qu'il portait faisaient que le générique est devenu un porte-drapeau efficace de la série ; j'espère que c'est une leçon qui n'aura pas été oubliée par Amy Sherman-Palladino...
Voilà, j'arrête avec Bunheads, on en reparlera quand la diffusion aura officiellement commencé, mais restez dans le coin : demain, je vous donnerai une occasion de découvrir le premier épisode de Réttur... avec sous-titres, bien-sûr !

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24 mai 2012

You can go home again

Dans vos rêves les plus fous, vous imaginez parfois que Gilmore Girls n'est pas finie. Ou que peut-être on lui a donné un spin-off, ou un prequel. Et que le petit monde de Stars Hollow continue d'exister quelque part où l'on guette les premiers flocons de neige.
Accrochez-vous : ce rêve est réalité. Il s'appelle Bunheads.

Bunheads a décidé de vous ramener exactement à l'endroit où vous vous trouviez en reardant le pilote de Gilmore Girls. C'est comme redécouvrir cette série-là et à la fois, y faire la connaissance d'un univers différent. En général, on a envie de faire preuve de sarcasme quand une série en rappelle autant une autre qui a connu un fort succès, notamment auprès des téléphages de bon goût. Mais impossible de faire preuve d'animosité, ne serait-ce qu'une seconde, envers Bunheads.

Bunheads-Barre

D'entrée de jeu, avec son intro hilarante, son personnage féminin à la fois si décontracté et pourtant si mal assuré, et ses dialogues géniaux (ce sera une constante), Bunheads marque des points. Mais contrairement à beaucoup de pilotes qui misent beaucoup sur leur première scène et ensuite laissent la pression retomber, l'épisode inaugural de Bunheads ne va pas vous lâcher, et à un rythme délirant, va vous embarquer d'abord dans le monde de la danseuse Michelle (une Lorelai Gilmore qui n'a même pas réussi à avoir une jolie petite fille pour sortir sa vie de la médiocrité), puis dans l'univers insensé et pourtant familier de Paradise, une charmante petite ville où tout le monde se connait...
La plus grande force de cet épisode, c'est qu'il présente à chaque stade de son évolution des personnages immédiatement attachants, intelligents, et jamais caricaturaux. C'est ce qui fait toute la force de cette série, son ton, son traitement, le souhait de vraiment ne pas offrir une série banale et sans saveur, comme aurait pu le laisser craindre son pitch.

Michelle va ainsi épouser un homme qu'elle n'aime pas, le suivre dans la petite bourgade de Paradise, sur un coup de tête alcoolisé (et sans que personne ne songe une seule fois à en faire une intrigue sirupeuse), et y découvrir sa belle-mère, Fanny (qui en toute sincérité pourrait aussi bien être Miss Patty, mais à laquelle Emily Gilmore aurait prêté ses traits), une prof de danse aux allures sévères mais qui va, sans attendre la fin du pilote, lui donner une chance de se faire sa place dans la famille, parce qu'on n'est pas ici pour jouer la belle-doche de conte de fées stéréotypée.
Ajoutez à cela quatre jeunes recrues de l'école de danse qui prennent un goût différent à leur art grâce à l'arrivée de Michelle, et vous avez un épisode d'une fraîcheur inouïe, enlevé, drôle et définitivement parfait pour égayer votre été... sans avoir un seul instant l'impression de brader la qualité parce que c'est de saison.

Avec Bunheads, le thème de la danse, qui pourrait paraître tellement gnan-gnan ou destiné uniquement aux préadolescentes rêvant de tutus et accrochant des posters de chevaux dans leur chambre, devient l'occasion de se lancer dans des séquences pleines de vie et de bonne humeur. Pas de leçon, mais de vrais moments feelgood, au meilleur sens du terme. J'avais peur de me désintéresser du thème, de lever au moins une fois les yeux au ciel, ou au moins de les détourner pour me faire les ongles quand les gamines occuperaient l'écran, bref de vivre au moins une fois pendant cet épisode l'expérience qu'a été pour moi le pilote de Make it or Break it... mais pas du tout.
A ma grande surprise, cela apporte une dimension nouvelle aux éléments que nous connaissons bien, et permet à Bunheads d'avoir sa propre personnalité, tout en étant marquée par les mêmes qualités que Gilmore Girls.

Du coup je n'ai aucun doute sur le fait que cette série ne peut pas me déplaire en cours de route. Je suis partante pour une saison complète, sans aucune hésitation, les yeux fermés. Je n'attendais pas spécialement Bunheads, elle est devenue en très exactement 45mn la plus sympathique promesse de l'été. D'ailleurs je crois que ça doit s'entendre au ton de ce post !
Et par la même occasion, c'est la première fois depuis l'annulation de Huge que je trouve que ça vaut le coup de regarder ce qui se fait sur ABC Family. C'est forcément une erreur, ils pensaient acheter une autre série, non ? Mais qu'est-ce qui leur est arrivé ?!

11 mars 2012

[#Piemarathon] 1x04, pigeon

BlackMarch

On revient dans ce nouvel épisode à un mystère plus "normal" dans son déroulement (victime, puis passage à la morgue, puis découverte du criminel...), mais original dans son dénouement, tout en poursuivant l'exploration des problèmes de couple de Ned et Chuck. Tout ça pendant qu'Olive compte sur un pigeon pour séparer les tourtereaux...

Piemarathon_1x04_Title
Pauvre, pauvre Olive, qui est passé à peu de choses d'arriver à ses fins dans cet épisode, et qui est trahie par son petit coeur. Au lieu que son plan, échafaudé afin de mettre Chuck face à son secret, ne réussisse, voilà qu'elle s'aperçoit qu'elle a passé un peu trop de temps avec les Darling Mermaid Darlings et qu'elle s'est prise d'affection pour elles... Qui peut la blâmer ? La petite chose n'a jamais personne à qui parler si ce n'est un chien, d'ordinaire, alors pour une fois que des gens se lient avec elle, Olive n'allait quand même pas tout gâcher. C'est ainsi qu'en une fraction de seconde, Olive prend la décision de laisser Chuck garder son secret, et entre dans la confidence.

Et tant mieux. La jalousie d'Olive, si elle se conçoit, ne pouvait pas la maintenir trop longtemps dans une situation de "méchante" dont les plans allaient constamment mettre en péril le bonheur de Ned et Chuck. C'est par une jolie pirouette que la blondinette entre en connivence avec eux, sans pour autant cesser de couler des regards enamourés à son Piemaker.

C'est réellement l'épisode le plus triste à ce jour (considering). Aussi bien pour Olive, qui doit mettre de côté sa poursuite impossible de l'éviction de Chuck (même si on peut débattre de l'efficacité de son plan : ce n'est pas parce que Chuck serait dans la panade vis-à-vis de ses tantes qu'elle disparaîtrait du Piehole, ou que Ned l'aimerait moins) que pour les tantes de l'ex-défunte.
D'ailleurs plus on passe du temps avec ces dernières, plus on trouve leur tandem aussi cafardeux que bizarre ; certes, elles ont leurs névroses qui les rendent excentriques, mais on prend vraiment la mesure de leur peine. Qu'il s'agisse de voir Lilian pleurer ou Lily faire la tête, on sent que les deux femmes sont réellement affectées. On pourrait dire en somme qu'elles sont atteintes aussi bien mentalement qu'émotionnellement.

Piemarathon_1x04
Du côté du Piemaker et de la fille appelée Chuck, il y a de l'eau dans le gaz. La dangerosité du contact entre ces deux-là étant bien établie dans les épisodes précédents, on s'attaque aux côtés les moins romantiques de cette interdiction de se toucher quand Chuck est attrapée au vol par un homme qui, lui, peut se servir de ses mains. La jalousie du Piemaker n'est pas bien jolie à voir, ses manifestations devenant même plutôt mesquines au cours de l'épisode (m'est avis que Ned est aussi rancunier que jaloux), mais elle se comprend, parce qu'il réalise que la situation va quand même poser problème sur le long terme ; implicitement, Pushing Daisies nous rappelle que ses héros ne sont pas faits de bois et que la romance a ses limites : tout ça c'est bien gentil mais euh, hein, on se comprend.
Comparativement, le début de l'épisode, dans lequel Digby, chien fidèle (et particulièrement intelligent), va retrouver son jeune maître, est moins triste ; et pourtant je mets au défi quiconque de rester de marbre devant le passage où tous les deux se retrouvent, joyeux, avant de réaliser qu'ils ne pourront jamais se toucher non plus. Ned trouve immédiatement une branche (plus tard il aura un outil plus perfectionné) pour pallier à ce petit inconvénient, mais Digby aime son maître sans trop regretter le manque de contact. Ce n'est pas le cas de Chuck qui ressent le besoin qu'on lui prenne la main. Elle s'imagine que c'est la main du Piemaker, mais la vérité c'est qu'elle ne peut pas se passer de contact... Quand on y pense, c'est pire vu que Ned fait son possible depuis des années pour éviter le contact avec tout le monde depuis des années. Ca ne fait que 4 épisodes qu'elle est morte et elle s'amuse déjà à tenir la main du premier venu !

Bien-sûr, la romance de conte de fée n'est jamais totalement absente de Pushing Daisies : une histoire d'amour se met en place entre deux des protagonistes secondaires de l'épisode, racontant une autre histoire d'amour en filigrane, et d'ailleurs en fin de compte, le Piemaker et la fille morte finissent par danser romantiquement enlacés sur le toit du Piehole. Mais en dépit des apparences, Ned et Chuck viennent quand même de se prendre un méchant revers dans leur relation ; ils vont y survivre, mais en même temps, plus que de craindre la mort de Chuck, ils craignent ici la séparation et c'est pire, bien pire.

Assez peu d'humour, donc, dans cet épisode (qui n'en est cependant pas totalement dépourvu), et un Emerson également un peu en retrait, mais c'est normal vu la place prise ici par Olive et les tantes.
On a pourtant droit à une scène absolument tordante (bien qu'un peu longue) lorsqu'un pigeon vient s'écraser contre une vitre du Piehole et qu'il est ressuscité par Ned (à son corps défendant). Le Piemaker et Emerson guettent avec anxiété qui sera alors la proie de remplacement du destin, et entre la terreur d'Emerson (sa couardise n'est pas son trait de caractère le plus attrayant !) et la tristesse de Ned qui est certain qu'un écureuil qui passait par là va vraiment y passer, il y a de quoi se plier de rire. Ce sera franchement la seule scène aussi légère de l'épisode : il y a des bonnes répliques, comme toujours (les dialogues sont émaillés de perles absolues), mais ça reste plus ponctuel.

C'est vraiment agréable, cette façon dont les épisodes changent de ton, je ne me souvenais plus de cette amplitude (curieusement, je n'avais retenu que la partie la plus légère de ces intrigues). J'apprécie les moments comiques, qui admettons-le ont la chance de reposer sur des dialogues d'orfèvrerie débités avec une rapidité n'ayant rien à envier à Gilmore Girls, mais le côté émotionnel n'est pas absent. Peut-être que les fois précédentes, j'avais été un peu éblouie par la forme de la série pour m'en apercevoir, ou peut-être que sitôt le marathon terminé je vais oublier ces avantages-là (me repasser en boucle la BO de la série cycliquement n'aide probablement pas à en fixer une image fidèle non plus), mais ça fait bien plaisir. Vite, la suite !

1 octobre 2011

The bitter taste of freedom

LorelaiEmilyMontage : Top 5 Emily/Lorelai fight scenes

Certains jours, il m'est juste impossible d'écrire pour ce blog.
Ce sont les jours où justement, cela me ferait le plus grand bien de soit me plonger dans des fictions qui s'efforcent de me changer les idées, soit de me plonger dans des fictions où je trouverais une certaine résonnance. Mais peut-être que si je n'arrive pas à écrire aujourd'hui pour ce blog, c'est entre autres parce que s'est réveillée en moi la conscience aigue, consciencieusement enfouie sous des centaines d'heures de visionnages variés, qu'il n'y a pas de série où trouver une totale résonnance. C'est sans doute pour cela que je ne m'identifie jamais totalement.
Et c'est sans doute pour cela qu'il n'y a pas vraiment de post ici ce soir, et que je vous prie d'accepter mes excuses pour l'étrange post d'aujourd'hui. Mais étrangement, j'avais besoin de dire que je n'arrive à rien dire.

17 juillet 2011

Total ellipse of the heart (Part. 2)

En période de décompression téléphagique, c'est la même chose qu'après une relation amoureuse intense : il y a toujours un effet "rebound". Dans le cas (le mien) qui nous préoccupe (beaucoup), mon ex serait donc Roseanne, et mon rebound guy... Noah's Arc. Question 5
Ne me demandez pas, je ne sais pas d'où ça me vient. J'avais déterré les cagoules suite à mes posts sur Single Ladies (ça devient effrayant le nombre d'occurrences de ce tag sur ce blog...) et avais revu le pilote, dans le cadre d'un mini-cycle de séries blacks. Je persiste à penser que c'est une sous-culture américaine qui gagne à être approfondie, et je persiste à dire que j'ai pls de mal avec les comédies que les dramédies. Je cherche toujours mon pilote de Soul Food, d'ailleurs.
Bref.

NoahsArc
Donc voilà, j'ai passé le weekend (outre les deux excellentissimes épisodes de The Yard qui sont sortis après le pilote, outre le pilote de Crownies, outre le revisionnage de plusieurs scènes-clé de Game of Thrones, outre le pilote que je comptais vous proposer ce soir pis finalement ce sera la semaine prochaine, outre le pilote de Exes & Ohs, outre, outre, outre) devant Noah's Arc, et je dois dire que, quand on n'attend rien d'une série, celle-ci n'est pas si dégueulasse que ça. Étrangement on s'attache à certains personnages avec le temps (principalement Noah, qui en fait, malgré ses drôles de lèvres supersoniques, finit par être mignon comme un chaton ; un chaton avec de drôles de lèvres supersoniques, mais quand même), les intrigues sont indigentes mais maintenant que je regarde Single Ladies j'ai plus le droit de me plaindre de ce côté un peu Harlequin. Les mecs sont pas beaux, tout en muscles et dans des fringues pas possibles, donc je peux même pas dire que c'est parce que je me rince l'oeil. Non, c'est vraiment une pure série de transition.
Pourtant, une ou deux fois, j'ai versé une vague larmouchette (rapport au fait que Noah a des moues de chaton... avec de drôles de lèvres supersoniques, mais quand même), et il faut quand même reconnaître que la façon qu'a la série de traiter du HIV est plutôt courageuse (c'est pas le final de Corky mais ça se regarde, quoi).
C'est fou comme, quand on baisse un peu ses standards, on peut apprécier vaguement une série qu'on avait sévèrement flinguée il y a quelques années.

Mais c'est pas vraiment de Noah's Arc dont je voulais parler, mais de ce qui s'est passé au début de l'avant-dernier épisode de la saison 2. Du coup si jamais vous comptiez regarder la série, on sait pas ça peut arriver, genre si vous êtes en manque de Roseanne, je préconise de sauter ce paragraphe. Dans l'épisode précédent, Noah s'est fait attaquer dans une station-service, et méchamment abîmer because juste parce qu'il est gay (là encore, pas forcément le sujet que je pensais voir exploré en détail par une série dont le ton est de la gamme de Sex & the City), la scène clôturant l'épisode nous montrant Noah évanoui par terre. Et donc, l'épisode suivant, qui est l'avant-dernier épisode de la série, reprend... eh bien, à l'hôpital. Fin des spoilers mais restez sur vos gardes parce que je vais me servir de cette exemple dans ma démonstration.

Je vais reprendre ma diatribe anti-ellipse, parce que vraiment les ellipses m'énervent. Mais ici, ce n'est pas parce que je pense que l'ellipse rend la scène ridicule, ni lui confère un côté cliché. C'est parce que, dans notre cas, l'ellipse vient de gâcher un beau moment de téléphagie.

Est-ce que dramatiquement, ce n'était pas plus intéressant de se demander comment la suite se passait pour Noah ? Le mec est à terre, comment va-t-il s'en sortir ? Il appelle de l'aide ? Quelqu'un vient à son secours ? Combien de temps est-il resté comme ça (bon ça n'a pas besoin d'être en temps réel non plus, évidemment) ?

Même en ayant passé mon weekend avec Noah, Wade, Ricky et les autres, je me rends bien compte que le drame qui fait frémir, ce n'est pas vraiment la priorité de la série. On parle d'une dramédie avant tout. Mais si une dramédie veut explorer une intrigue sombre comme celle-ci, j'attends qu'elle le fasse avec un minimum de dramatisation.

Mais quand j'y réfléchis, combien j'ai vu de séries nous faire le coup de plonger le personnage dans une terrible situation, et après pouf, il est entouré par ses proches, à l'hôpital, ou à la maison, ou qu'importe, et on aborde directement la phase où le personnage va essayer de dépasser cette expérience traumatique. Moi je veux bien mais on ne m'a même pas vraiment montré à quel point elle était traumatique. Parce que le vrai traumatisme, on ne m'ôtera pas de l'idée qu'il n'a pas eu lieu pendant, mais bien après, quand l'adrénaline et les tentatives pour échapper au pire sont derrière. Pas pendant l'agression ou l'accident. Mais les secondes qui suivent, quand la douleur débarque et qu'on comprend ce qu'il vient de se passer. Et qu'il faut maintenant se tirer de là. Là on a un personnage qui agonise par terre, je voudrais savoir ce qui se passe dans sa tête ! Comment il fait pour se retrouver dans un endroit où il est en sécurité ?

Donc je n'aime toujours pas les ellipses (certaines sont nécessaires évidemment, mais je n'en démordrai pas, beaucoup n'ont pas autant d'intérêt que les scénaristes le croient), et cette fois j'ai une nouvelle raison de m'en plaindre.

Bon, sur ce je vous laisse, le dernier épisode m'attend. J'ai pas encore décidé si j'allais cagouler le film. J'espère que dans tous les cas, le Dieu de la Téléphagie me pardonnera ce weekend de péchés contre le bon goût téléphagique, et me guidera vers une série un peu plus solide rapidement. Je voulais me refaire le pilote de Friday Night Lights depuis plusieurs mois, c'est peut-être justement le moment ? Sinon évidemment j'ai plein d'autres trucs sur ma liste, comme finir l'intégrale de Gilmore Girls, m'envoyer enfin celle de Jack & Bobby, et tout et tout, mais vous savez ce que c'est, dans ces cas-là, on n'a envie de rien.

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11 juin 2011

Opération mise à jour

Et encore : à mon avis, il en manque, mais la moitié est déjà dans des cartons. J'ai donc enfin mis à jour la rubrique Diagnostic COLLECTION, et je vous avoue que les chiffres sont clairs : je suis totalement timbrée. Après l'ajout d'une vingtaine d'items, on compte à présent 99 coffrets dans cette rubrique, et je le répète, il en manque probablement. C'est ma faute, j'avais qu'à le faire au fur et à mesure. D'ailleurs je ne suis qu'à moitié étonnée de ne pas avoir mis la main sur la saison 3 des Tudors, que dans le doute je n'ai pas fichée. Mais à mon avis on a atteint la centaine un peu plus tôt ce mois-ci.

JesuisleHenriVIIIduDVD

Je sais, je sais. Au juste, je sais pas si je dois en être fière ou être atterrée.

Bon, quelques observations :
- on sent bien que, de la même façon que je suis capable de regarder le pilote d'une série, de l'apprécier et de ne jamais poursuivre, tout ça sans me heurter le moins du monde, il y a un sentiment d'inachevé qui se détache de certaines séries présentes dans cette indexation. Pour ma défense, j'ai vraiment une mémoire de merde et il me faut des mois et des mois à aller et venir à la FNUC pour réaliser que je n'ai toujours pas pris le coffret de la saison 3 de Gilmore Girls.
- cela dit, dans le même ordre d'idée, je voudrais bien savoir avec qui il faut coucher pour avoir la suite de certaines séries, dont Une Nounou d'Enfer, un exemple totalement au pif mais qui me révolte. L'éditeur aurait-il découvert que lancer les coffrets d'une série multi-rediffusée n'était pas rentable ? Eh bah je m'en fous, fallait y penser avant, moi je veux quand même la suite. J'ai pas à payer les pots cassés, au contraire tout ce que je veux c'est me payer les trois dernières saisons. Qu'après on vienne pas se plaindre du téléchargement parce que ça va bien, hein.
- surtout que plus j'ai de budget (et plus je remarque des affaires), plus j'achète des coffrets non parce que j'aime les séries mais parce que je veux étoffer ma collection avec des séries pour lesquelles je pars du principe que je les regarderai plus tard (et yen a quelques autres sur ma liste, d'ailleurs). Ce qui prouve bien que nous autres, téléphages, les vrais, les purs et durs, au nom de la culture téléphagique et de notre passion pour les séries dans leur ensemble, et pas juste par fandom pour un titre en particulier, on est capables de dépenser à hauteur de ce qu'on est capables de cagouler. Désolée pour ce paragraphe militant m'enfin si les cinéphiles et les mélomanes sont moitié comme nous, franchement, ya pas de soucis à se faire pour l'industrie de l'entertainement.
- sur un ton plus triste : toujours pas de coffret Koselig Med Peis dans cette liste ; ça me navre, mais comme la carte bancaire que j'avais empruntée n'a pas fonctionné au moment de la commande, il faut que je trouve une bonne âme dans mon entourage pour m'avancer l'argent et relancer la commande auprès du site norvégien. Un de mes collègues m'avait dit oui mais il est depuis parti en congés, donc patience (l'un de mes ex aussi avait accepté mais fallait lui envoyer un chèque par la Poste, c'était plus fastidieux). C'est un peu chiant, mais ensuite on pourra vérifier ce que vaut le site en question. C'aurait quand même été plus simple si NRK avait livré en France, mais on refera pas le monde, hein.
- en parlant de carte bancaire... j'ai découvert un truc, je sais pas si vous connaissez, ça s'appelle PCS et c'est Mastercard qui fait ça. En gros, c'est une carte bancaire rechargeable, comme les cartes téléphoniques (mais à l'ère du portable, qui utilise encore des cartes téléphoniques ?), sans engagement, sans donner votre nom et, j'ajoute, sans même nécessité d'être majeur (c'est ptet écrit quelque part dans la notice mais très franchement, son intérêt c'est aussi que les parents puissent la confier pour un montant limité à leur progéniture). Disons que c'est comme Moneo mais en mieux, parce qu'au moins les commerçants l'acceptent :P Donc maintenant que je suis armée d'une simili-carte bancaire (puisque par conviction personnelle, je n'en prends pas auprès de ma banque), je peux vous dire que les achats, ça va swinguer ! Ca m'évite de demander à mon entourage de passer commande à ma place (hélas, comme elle est non-nominative, elle ne fonctionne pas sur le site norvégien évoqué plus haut, qui exige un nom de détenteur), et je peux enfin commander sur les sites qui n'acceptent ni Paypal ni les chèques, donc en import. D'ailleurs Capitu est déjà dans l'avion à l'heure où nous parlons, et la prochaine étape, c'est SPACE 2063 (alleluia). Le post sur ma découverte d'Amazon ? J'aime autant vous dire que ce n'était qu'une preview. Donc ça va y aller, dans les prochains mois, à mesure que je m'habituerai à l'emploi de cette nouvelle carte. Fort à parier que, même si elle pose quelques limites (et finalement c'est ptet bien mieux comme ça !), elle va énormément élargir mon horizon et donc ma collection. Stay tuned.
- du coup ça m'ouvre aussi plein de possibilités pour les séries du Monde. Parce que ça c'est quand même la grande nouveauté de cette collection, depuis quelques mois (le bal ayant été ouvert par Borgen, bien qu'il se soit agit d'un cadeau), et avec la facilitation de l'import, forcément, ma collection va s'enrichir de titre étrangers que jusque là j'essayais d'ignorer pour ne pas me faire du mal. En fait, j'avais demandé Borgen comme cadeau parce que c'était trop compliqué de l'acheter moi-même mais à présent plus rien ne s'opposera, ou si peu, à ce que je procède par moi-même pour ce genre d'acquisitions compliquées. Ce qui veut dire que des "tests" comme celui de Mesudarim, où je vous dirai ce que je pense du prestataire et naturellement aussi de la série, pourraient bien avoir lieu à l'avenir. Ptet dans leur propre rubrique, à voir. Enfin disons que concrètement (et 10 ans après tout le monde, j'en suis consciente), là je suis en train de revoir ma façon d'envisager l'achat. Jusque là, l'achat en import, c'était uniquement dans les rayons de la FNUC, là on commence à causer sérieusement, et les conséquences seront certainement très enrichissantes. Au figuré, hein, l'enrichissement...

Quiquenveut
Pour finir, et après je vous laisse partir fouiller là-dedans (n'hésitez pas à réagir sur ces anecdotes si le coeur vous en dit), il apparait qu'il y a ou aura des doublons dans cette collection. On peut le voir avec Boston Justice : maintenant, je n'ai plus usage des deux premières saisons. De la même façon, je prévois de m'acheter l'intégrale de Roseanne en import et donc de me débarrasser des éditions françaises. Et d'ailleurs c'est le coffret des 3 premières saisons de Roseanne qui m'a inspiré une petite réflexion sur la façon de m'en débarrasser. J'ai payé ces trois saisons à 70€ et des poussières le coffret, et il semble illusoire d'espérer en tirer un prix décent aujourd'hui (surtout maintenant qu'on sait qu'il n'y aura jamais la suite en France, et que les coffrets individuels se trouvent à présent pour une quinzaine d'euros pièce, faites le calcul ; je suis même tombée sur la saison 1 à 12€99 dans ma librairie pas plus tard que la semaine dernière).
Et puis, je ne manque pas d'argent. Cette collection en témoigne pour moi, je suis dépensière en matière de DVD (et d'ailleurs c'était ça le message quand j'ai ouvert cette rubrique, montrer que toute cagouleuse acharnée que je sois, je ne suis pas une mauvaise bête et que quand je peux acheter, je le fais, encore faut-il que les DVD soient à ma portée).
Alors je pense que je vais tout simplement vous proposer de me les échanger avec un truc qui ne vous sert plus non plus et qui pourrait me plaire, ou bien même les donner si ça intéresse quelqu'un, et vous n'aurez qu'à me dédommager pour les frais de port. Ca me semble moins prise de tête et comme ce sont quand même deux bonnes séries, je me dis que je fais une bonne action, en particulier pour Roseanne qui gagne à être vue, et comme chacun sait, pallier au manque cruel de culture, c'est un truc que j'aime bien faire.
Donc voilà, je termine mon intégrale de Roseanne d'abord (je suis encore dans la saison 3), et après viendront les vacances et un déménagement (si Dieu le veut), pas nécessairement dans cet ordre d'ailleurs, donc en septembre on fera un point sur tout ça, et j'organiserai sérieusement les envois adéquats. Dans l'intervalle, vous pouvez commencer à réfléchir à ce qui vous semble ne plus vous faire usage, si vous avez envie de troquer...

Allez, je vous fiche la paix, la rubrique est à vous maintenant.

3 juin 2011

Time machine

Comme en ce moment je suis le nez jusque là dans les cartons (hélas pour l'instant je ne sais pas où ils iront, mais bon, au moins ils seront prêts pour quand je pourrai enfin décamper), j'avais besoin de pouvoir regarder quelque chose qui puisse se suivre sans sous-titres. En attendant que mes coffrets de Gilmore Girls m'arrivent, exit donc Mesudarim, et évidemment hors de question s'envoyer du dorama derrière la cravate, j'ai donc opté pour une série qui réponde à ce critère de langue, mais aussi qui me fournisse de nombreuses heures de divertissement, puisque mes 800 VHS et mes Dieu-seul-sait-combien DVD ne se mettront pas en boîte en une heure, et qu'il y a aussi tout le reste à trier. Mais pourquoi garde-t-on toutes ces fiches de paie, bordel ?!

Bref tout ça pour dire que je me suis lancée dans une intégrale de Roseanne, ou disons intégrale de ce que j'ai vu que j'ai jamais que les 4 premières saisons, youpi chouette j'ai plus qu'à acheter la suite en import et d'ailleurs je vais ptet m'y mettre, rapport aux posts précédents, bref.
Intégrale de Roseanne, donc.

RoseanneFamily
Jusque là, Roseanne, c'était au coup par coup. Un épisode ici, un épisode là... histoire de rire un peu mais pas franchement avec l'idée de se faire une intégrale, juste d'apprécier les nombreuses perles qui émaillent cette série si finement drôle et toujours d'actualité (on a déjà eu l'occasion d'en parler plusieurs fois, donc vraiment, suivez les tags, c'est pour votre bien, ya même un pilote qui s'y balade).
Vraiment, le concept d'intégrale, ça change tout. Regarder (ou, je le confesse, écouter) les épisodes à la suite, et découvrir les auto-références que je n'avais jamais captées avant, pas forcément appuyées mais non moins appréciables... On a beau savoir que ce sont deux démarches totalement différentes, là je me prends de plein fouet les effets de l'intégrale, où l'ont sent certains sujets comme étant plus sensibles que quand on a vu les épisodes à plusieurs jours, voire semaines, d'intervalle.

Et du coup, au lieu de simplement profiter gentillement de l'épisode, je me plonge dans le charme anachronique de la série et je n'avais pas vraiment réalisé jusque là à quel point ça pouvait être quelque chose de si efficace pour retourner dans les années 80.
Alors attention, à partir de là, ceux qui sont nés dans les années 90 vont être un peu désorientés, mais je vais vous parler d'un temps que les moins de 20 ans, tout ça tout ça.

Il se dégage de Roseanne une atmosphère qui me ramène en enfance. Et pourtant ma famille n'avait rien à voir avec les Conner, mais on sent que c'est, déjà, le témoignage d'une autre époque. L'état d'esprit est foncièrement différent. On retrouve l'atmosphère moins parano, moins hygiéniste aussi. On réalise qu'il y a eu depuis des évènements qui ont changé notre société.
De toute évidence, il y a les vêtements, les coiffures, les accessoires, les jouets, tout ce qui semble totalement s'inscrire dans cette époque révolue. Bien-sûr. Mais c'est tellement bien plus. Je respire totalement l'air des années 80. Et c'est d'autant plus troublant qu'elles n'ont pas du tout ressemblé aux soirées ciné et aux dîners bruyants de la série. C'est vraiment l'empreinte d'une époque plus que le portrait factuel des "moeurs" de cette décennie.

C'est le genre d'expérience, entre la trouble nostalgie et le plaisir téléphagique pur, qui me rappelle pourquoi j'ai tant de mal avec les séries historiques. Comment une série tournée aujourd'hui pourrait-elle saisir tout cela ? Ce serait forcément avec une profusion exagérée d'accessoires et de couleurs et de jeans troués et de gros blousons, non en fait j'en sais rien mais ça ressemblerait forcément à de la caricature, comme le font les séries supposées se dérouler dans les années 70 et qui en fait sont "trop" dans les années 70, il fallait juste se calmer sur la reconstitution et essayer de saisir l'air du temps.
C'est le genre d'expérience qui, par association d'idées, me rappelle pourquoi j'ai du mal à me mettre devant Life on Mars, par exemple.

Parce que Roseanne est bien plus qu'un sitcom, c'est une série dans laquelle tout de suite on sent une grande authenticité et où on n'a pas l'impression d'être là juste pour quelques gags ou répliques bien senties. C'est peut-être la raréfaction des séries dont les personnages travaillent en milieu ouvrier (Une Maman Formidable en était une autre, et j'aimerais bien que les DVD finissent par sortir d'ailleurs) ; aujourd'hui quand on veut montrer des travailleurs pauvres, on ne montre plus que des vendeurs, comme l'a tenté Working Class (que je regretterai un peu mais qui est loin de toucher la même corde sensible, reconnaissons-le). Peut-être que la société a trop changé pour qu'on ait des personnages qui travaillent de leurs mains (pour autant que je réfléchisse, seuls les Chance de Raising Hope sont dans ce cas aujourd'hui)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

30 avril 2011

N'oubliez jamais

GilmoreGirls
Il y a les dialogues rythmés, bourrés de références et pétillants. Il y a les personnages attachants et les petites situations badines autour des histoires amoureuses de chacun.
Et j'apprécie à leur juste valeur ces petits ingrédients qui forment une grande partie du charme de Gilmore Girls.

Mais soyons honnêtes une minute, voulez-vous ?

La vraie raison pour laquelle je suis fascinée par mon revisionnage de Gilmore Girls, depuis dimanche dernier, c'est la force de sa description des histoires de famille. Et moi, vous le savez, dans le fond, les histoires de famille, je ne vis que pour ça ; une fascination maladive qui a trait à ma propre histoire, comme on s'en doute.

Rory a 16 ans. Ca fait donc 16 ans que sa mère Lorelai, alors une adolescente, est tombée enceinte et s'est enfuie de la maison familiale avec son bébé sous le bras. Et si, pendant les premières années de Rory, il y a eu un silence radio forcément blessant, dont on nécessairement beaucoup souffert Emily et Richard, en tous cas et de leur propre aveu dans le pilote, les deux parties se sont vues ces dernières années pour Noël, et apparemment quelques autres fêtes. On pourrait penser qu'après tant de temps, et alors qu'ils se sont revus fréquemment ces dernières années (au moins 5 ans, puisque Emily a offert un portemanteau à Lorelai voilà 5 ans pour Noël), les membres de cette famille auraient un peu cicatrisé.

Eh bien croyez-le ou non mais pas du tout. Emily est blessée au dernier degré lorsqu'elle découvre où Lorelai et Rory vivaient après qu'elles soient parties de la maison, Richard est toujours mortifié par le déshonneur que ça a été pour sa fille de tomber enceinte à 16 ans (le contexte social huppé n'aidant pas), et Lorelai elle-même voudrait pouvoir dire sa vérité mais n'est jamais entendue.
16 ans plus tard, cette famille souffre toujours de la même plaie béante.

Naturellement il y a une part de dramatisation propre à toute fiction : Gilmore Girls a choisi de se dérouler alors que la fille a l'âge qu'avait sa mère quand elle l'a eue, pour souligner à la fois leur exceptionnelle relation et les peurs de Lorelai qui voudrait que sa fille ne fasse pas les mêmes choix qu'elle. Il est donc, sous un certain angle, plus "pratique" que ces vieilles histoires remontent à la surface maintenant. Ca s'explique narrativement.
Mais la façon dont ces souffrances s'expriment a quelque chose de très vrai.

On ne guérit jamais de ce genre de blessures. On vit avec, on les surmonte, on les accepte pour pouvoir vivre ensemble, mais jamais on n'en guérit vraiment. Et j'apprécie de Gilmore Girls qu'elle ne prétende pas le contraire, que la série n'essaye même pas de minimiser en prétendant que ça se calme, et que ce qui semblait être pour Emily et Richard une immense erreur est restée une erreur dans leur esprit, même si d'un autre côté aujourd'hui ils adorent Rory et sont prêts à tant pour elle. Ils sont ses grands parents et ne remettent pas cela en question, mais ils n'ont jamais réussi à accepter ce que Lorelai a fait. Lorelai qui n'avait que 16 ans, qui a fait des choix (peut-être les premiers, finalement) avec lesquels on a le droit de ne pas être d'accord, qui ont beaucoup à voir avec son tempérament, mais qui ne se sont pas avérés mauvais ; la vérité c'est que je ne vois pas comment ses parents pourraient en venir à cette conclusion, ils ont trop souffert pour ça.

Il y a les dialogues rythmés, bourrés de références et pétillants. Il y a les personnages attachants et les petites situations badines autour des histoires amoureuses de chacun. Mais Gilmore Girls est aussi un drame profondément sincère sur ce que ça signifie que d'avoir une famille quand il s'est passé un grand chamboulement : on n'en guérit jamais tout-à-fait. Et la famille, on ne peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans.
Allez hop, deuxième saison. Avec un peu de bol, elle me fera un peu plus qu'une semaine...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gilmore Girls de SeriesLive.

27 septembre 2010

Excès de vitesse

Alors ça, c'est un flagrant délit ou je ne m'y connais pas. Ah non, vous n'allez pas y couper mon bon Monsieur, je vais être obligée de vous mettre à l'amende. Et hop : excès de vitesse, et n'insistez pas sans quoi j'ajoute insulte à l'intelligence du spectateur dans la foulée.
The Whole Truth... c'est parce que Speed, c'était déjà pris, comme titre ?

TheWholeTruth

Ça parle vite, la musique est forte, on enfile les scènes à toute allure, ça bouge dans tous les sens, la caméra donne le tournis... le problème c'est que The Whole Truth est une série judiciaire, et qu'on s'attend à ce que le contenu soit plus important que les effets de style. Mais voilà : c'est Bruckheimer qui est au volant et pour une raison qui m'échappe, tout ce qu'il touche doit obéir à un strict cahier des charges stipulant qu'une série ne doit jamais, au grand jamais, entrer dans le détail. Toujours dans le superficiel, toujours à la va-vite.

Pour les idées, on repassera, il n'y en a pas. Pour l'émotion il y a le strict minimum : grand bazar d'émotions où l'épouse du prévenu a le cancer (mais non la présence de Maura Tierney dans cette série ne rend pas la chose de mauvais goût, mais non), où un jeune assistant du procureur fait ses débuts, où une avocate ambitieuse tente de s'imposer dans le procès, où les avocats des deux parties flirtent gentillement... mais où personne n'a le temps de développer quoi que ce soit. On est dans une série Bruckheimer après tout, il faut que ça pète, il faut que ça claque, il faut qu'en permanence il y ait du mouvement, et si au passage on doit brader le cœur-même du genre auquel on s'est attelé, c'est pas grave !

Je voue un quasi-culte aux séries judiciaires. Je les préfère, et de loin, aux séries policières ; c'est l'un des rares genres capables de me réconcilier avec le policier, d'ailleurs (les Law & Order en témoignent). Et vous savez pourquoi ? Parce qu'une série qui se déroule dans un tribunal pour tout ou partie de son intrigue a l'obligation d'être intelligente. Elle ne peut pas faire autrement. Quel que soit son angle d'approche, elle y est contrainte de par le genre auquel elle se frotte. Ça peut être une comédie romantique (Ally McBeal l'était), ça peut être une radiographie d'un pays (Boston Justice l'était), ça peut être une plongée dans les entrailles du doute humain (The Practice l'était), ça peut être un drame où la loi est à la fois un poids et une porte de sortie (c'est ce qu'est The Good Wife), mais l'intelligence est comprise dans le package, on ne peut faire sans. C'est à prendre ou à laisser. On ne peut pas faire semblant de s'appuyer sur un aspect légal pour faire de l'entertainment tout bête, pas sans y laisser sa crédibilité au vestiaire.

The Whole Truth veut vous mettre en haleine : vous ne savez pas quelle est la vérité avant la toute dernière scène. C'est apparemment ça, son accroche. La série veut vous montrer les deux côtés d'un procès, les deux faces d'une même affaire, l'accusation et la défense, et veut vous laisser dans le suspense par son rythme effréné, ses revirements inévitables de situation, ses torrents de paroles débitées plus vite que dans un épisode de Gilmore Girls passé en vitesse accélérée. C'est son truc.

Mais pourquoi le fait-elle ?
C'est ça le problème.

C'est qu'elle ne le fait que pour retenir votre attention jusqu'à la fin de l'épisode. Elle ne vous invite pas à vous faire votre propre opinion : les choses vont trop vite, l'information est trop parcellaire, personne ne prend le temps de la réflexion, et personne ne vous le laisse. Ce n'est pas le but. On ne vous demande pas de connaître la vérité toute entière, on vous promet juste qu'elle se trouvera à la fin de l'épisode, et si on ne vous balance pas cette scène tout de suite, et si on ne vous amène pas à vous faire un avis par vous-même non plus, c'est simplement pour que rien en fasse entrave et ne vienne se mettre entre vous, et les pauses publicités qui vous séparent de la conclusion, pour que vous ayez l'esprit aux aguets, mais certainement pas affuté, certainement pas critique. Ne contestez pas ! Le scénario tient à pas grand'chose, et on ne vous demande pas de le trouver cohérent, juste de vous laisser scotcher jusqu'au bout, laissez-vous faire, installez-vous tranquillement dans le fauteuil du passager, c'est si agréable de sentir le moteur ronfler et la vitesse vous plaquer progressivement contre le dossier !

Parodie de série de Justice ! The Whole Truth n'est qu'un amas de mots et d'images en tous sens, et n'apporte rien ni sur la vérité des affaires traitées, ni sur leur éventuelle portée symbolique... mais qu'est-ce que je raconte ? S'attend-on vraiment à ce que cette série fasse plus que raconter un procès vite fait bien fait ? On ne vous demande même pas de vous identifier à la victime ou à l'accusé, au procureur ou à l'avocat, au riche ou au pauvre, à l'homme ou à la femme. On veut juste que vous cessiez de vouloir conduire pendant 45 minutes, et que vous ayez une brutale envie d'aller acheter un soda dés qu'on sera arrivés !

Allez, c'est bon, prenez votre prune et circulez, ya rien à voir. Des comme vous j'en vois toute la journée, et ça m'énerve toujours autant. Des séries qui croient que, parce qu'elles ont le droit de rouler, elles peuvent tout se permettre. Allez, fichez-moi le camps. J'ai de vrais pilotes à aller regarder. Et que je ne vous y reprenne pas.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Whole Truth de SeriesLive.

19 avril 2010

[GAME] tvHarmony

Si comme moi, vous adorez les génériques, au point de les cagouler régulièrement (comme, par exemple, disons, eh bien, au pif... sur ce blog même) et/ou d'en découper dans les épisodes des nouvelles séries que vous regardez... eh bien peut-être aussi que, comme moi, vous aimez à vous en faire une petite playlist, l'air de rien.
Moi, je fais ça avec les videos, parce que j'aime bien en avoir autant pour les yeux que pour les oreilles ; mais c'est votre droit le plus strict de vous contenter des versions audio pour le faire.

Mais avec le post d'hier sur le générique de Justified, j'ai repensé à ces playlists. Celui de Justified, pour reprendre l'exemple, est parfait dans une playlist où on trouverait aussi True Blood (je l'ai mentionné hier) mais aussi Sons of Anarchy. Peut-être éventuellement K-Ville. Je regrette beaucoup de n'avoir pas le générique de la série Les deux font la loi en video, déjà parce que c'est un des génériques que j'aime le plus au monde depuis toute petite, et ensuite parce qu'il irait très bien avec aussi.

Alors je vais vous proposer un petit jeu de génériques qui change du pain quotidien (qui n'est pas si quotidien, c'est vrai que j'ai un peu délaissé les jeux ces derniers temps).

Je vous propose des génériques (qui, de façon très pratique, sont déjà disponibles sur ce blog, pour le bonheur ET de vos yeux, ET de vos oreilles), à vous de me dire avec quels autres génériques ils iraient bien dans une playlist téléphagique. Une sorte d'agence matrimoniale pour génériques, si vous voulez.
Et pour ce qui concerne les âmes sœurs des génériques que vous allez suggérer, vous pouvez vraiment proposer de tout, aussi bien des génériques présents dans le flacon que d'autres qui n'y seraient pas [encore]. L'idée c'est d'essayer de constituer des mini-playlists de génériques qui iraient bien ensemble, à votre avis, principalement sur un plan musical, ou éventuellement au sens plus large de l'ambiance générale qui s'en dégage.

Voilà donc les génériques solitaires qui attendent que vous leur trouviez d'autres génériques de leur espèce. A votre bon cœur...

Generiques_BOSS_250   BOSS
Tendance : un générique énergique, un peu rock, avec une voix féminine qui ne s'embarrasse pas forcément de lyrics...
Si la version longue vous intéresse, vous pouvez regarder par là, ya une cagoule qui traine au milieu des bugs.
Generiques_GirlmoreGirls_250   Gilmore Girls
Tendance : ambiance douce et tendre, duo de voix féminines, lyrics bon enfant...
Generiques_SixFeetUnder_250   Six Feet Under
Tendance : ambiance morbide (forcément) mais pas dénuée de rythme, titre entièrement instrumental...

Allez, à vous de leur trouver quelques compagnons dans une playlist de génériques ! Vous pouvez aussi compléter celle que j'ai mentionnée plus haut sur Justified.

Les génériques que vous mentionnerez, et qui n'apparaissent pas dans le flacon actuellement peuvent ou peuvent ne pas y apparaitre, suite à votre participation à ce jeu. Qui peut vraiment dire ?

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