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ladytelephagy
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cloudstreet
15 avril 2012

Fées du Logie

Il est un peu plus de minuit trente à Melbourne et le gratin de la télévision australienne est probablement en train de se mettre minable au champagne à l'heure qu'il est. Le moment est donc venu de revenir sur les résultat de la 54e cérémonie des Logies, les récompenses de la télévision australienne qui se sont tenues ce soir (heure locale, ça va de soi).
Les Logies ont la particularité d'être remises sur la base des votes des lecteurs de TV Week, un procédé qui permet de récompenser les programmes essentiellement sur la base de leur popularité, a contrario des AFI Awards qui dépendent d'un vote professionnel. L'occasion est donc rêvée de voir ce qui plait vraiment aux Australiens.
Outre les prix dont je fais volontairement abstraction, tels que les émissions sportives, musicales ou informatives, voici donc les récompenses remises aux acteurs de fictions et à ces fictions elles-mêmes, dont vous avez pu entendre parler dans ces colonnes. Du coup, quand une série ne vous parle pas, n'hésitez pas à aller glisser un oeil dans les tags au bas de ce post. Prêts ? Allez, on y va.

LogieAwards

Asher Keddie a remporté le TV Week Silver Logie de l'actrice la plus populaire ; il faut dire qu'en étant nommée pour deux personnages (dans Offspring et dans Paper Giants), elle partait grande favorite. Elle bat ainsi, entre autres, Jessica Marais, mais celle-ci pourra tenter de se rattraper avec un Emmy puisqu'elle est maintenant au générique de Magic City. Pour l'équivalent masculin, c'est Hugh Sheridan qui a décroché la statuette, pour son rôle dans Packed to the Rafters.

Du côté des révélations (alias Most popular new talent), c'est Steve Peacocke, un acteur arrivé l'an dernier dans le soap Home and Away qui a décroché le titre masculin. Plus intéressant, le versant féminin a été remis à Melissa Bergland pour son rôle dans la dramédie Winners & Losers (dont on attend d'ailleurs la date de retour).

On monte d'un cran avec le TV Week Silver Logie du meilleur acteur. Alors là, il y avait du lourd : Alex Dimitriades, de The Slap, était en lice face à Don Hany pour East West 101 ou Geoff Morrell de Cloudstreet, mais c'est finalement Rob Carlton qui a remporté la récompense pour son interprétation dans Paper Giants ; oh oui, il va beaucoup manquer à Howzat!. La récompense de la meilleure actrice était aussi l'occasion d'un choc des titans : Asher Keddie, encore (pour Paper Giants), mais aussi Kat Stewart pour Offspring ou encore Essie Davis pour The Slap. C'est effectivement une actrice de The Slap qui l'a emporté, mais sans nul doute encore plus méritante que la belle Essie : Melissa George a reçu la statuette ; les dernières fois que ç'avait été le cas, c'était pour son rôle dans Home and Away dans les années 90...

Home and Away Offspring Packed to the Rafters Underbelly: Razor Winners & Losers

Last but not least, le prix du drama le plus populaire se jouait entre 5 séries : Home and Away, Offspring, Packed to the Rafters, Underbelly: Razor, et Winners and Losers. C'était un tout petit peu prévisible, mais le trophée a été décerné à Packed to the Rafters, certainement l'un des plus grands succès publics de la télévision australienne actuellement.

Et même si je parle rarement de programmes pour la jeunesse, laissez-moi souligner que la deuxième saison de la série My Place a reçu un prix également, l'emportant notamment face à Lockie Leonard.
Parmi les grands moments de la soirée, on notera qu'une promo du film dérivé de Kath & Kim a été diffusée en présence des deux interprètes qui sont venues présenter une catégorie sur scène ; pour le moment ça ne confirme ni n'infirme la rumeur qu'on évoquait précédemment, mais ce n'est peut-être pas idiot de le garder dans un coin de tête.

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6 janvier 2012

Band of Sisters

Quand il s'agit de s'évader hors des USA, mais de rester dans le cadre de la fiction anglophone, nombreux sont les téléphages qui optent en premier lieu pour la Grande-Bretagne. Bien qu'y était venue tard (principalement pour cause d'allergie à l'accent), je ne saurais le leur reprocher car on y trouve d'excellentes séries. Pour ma part je vous ai souvent entretenus de séries australiennes. Je suis notamment bien consciente de vous devoir deux posts de The Slap, et j'ai même eu envie de me refaire une "intégrale" de Cloudstreet. A l'occasion, on a pu évoquer des séries néo-zélandaises également (hélas, j'ai toutes les peines du monde à cagouler le deuxième épisode de The Cult).
Un pays qui, par contre, semble condamné à être sous-représenté ici (et malheureusement quasiment partout ailleurs) est le Canada. Il faut dire que beaucoup de séries canadiennes destinées au grand public semblent recycler des recettes toutes faites, de Lost Girl à Combat Hospital, en passant par les policières King ou Endgame, très peu des séries récentes que j'ai testées ces derniers mois m'ont convaincue. Des séries plutôt de niche, comme Todd and the Book of Pure Evil, ou évidemment The Yard, un peu plus, par exemple. Mais globalement, je suis statistiquement peu charmée par les séries canadiennes.

Alors quand je découvre Bomb Girls, je suis doublement ravie. D'abord parce que c'est une bonne série, et ça fait toujours plaisir de découvrir une bonne série. Et ensuite parce que c'est une bonne série canadienne, et ça fait encore plus plaisir de découvrir une bonne série canadienne.

BombGirls

Bomb Girls s'intéresse donc à ces femmes qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, ont pris le chemin des usines, notamment d'armement, tandis que les hommes partaient, vous l'avez deviné, sur le front. Des femmes qui n'avaient jamais connu que la vie au foyer commençaient alors à travailler, à gagner leur propre argent, à porter des pantalons, à gérer leur vie amoureuse comme bon leur semblait... Eh oui, Bomb Girls est une vraie série sur la libération de la femme, rien à voir avec les mijaurées américaines du début de saison qui ont fait mine d'aborder le sujet pour ensuite s'en écarter.

D'ailleurs, la réplique-phare du pilote de PanAm pourrait tout aussi bien s'appliquer aux personnages féminins de Bomb Girls :

"They don't know that they're a new breed of women".

A la différence que même les hommes autour d'elles n'en ont pas conscience. En fait, les hommes dans Bomb Girls font bien sentir à nos héroïnes que tout cela ne durera que ce que vivent les bombes, et qu'ensuite, ce sera un retour à la normale, qu'elles reprendront leur place.
Rétrospectivement, ça pourrait faire sourire, puisque ce que ces femmes vont changer, plus jamais on ne pourra le leur retirer, mais quand on vient de se coltiner Work It, croyez-moi, ça arrache plutôt une moue de dédain, voir un geste de recul devant la violence verbale décomplexée de certains personnages. Et pourquoi, après tout, ces personnages masculins se cacheraient-ils d'avoir une opinion arrêtée de la place de la femme dans la société ? Ils n'ont rien connu d'autre.

La panoplie de personnages de Bomb Girls reste relativement classique : on a l'oie blanche, Kate, qui échappe aux maltraitances de son père, un prêcheur tyrannique, et a besoin de ce travail à l'usine pour maintenir son indépendannce ; il y a à l'inverse Gladys, fille d'un fabricant d'armes riche qui l'a fiancé à un jeune Américain tout aussi riche, et qui intègre l'usine à l'un des rares posts administratifs ; il y a Betty, la forte tête indépendante et bosseuse qui forme les nouvelles arrivantes ; et enfin, il y a Lorna, la matriarche qui veille sur les ouvrières tout en gagnant la croûte de sa maisonnée et en attendant le retour de ses deux fils au pays. Collègues, amies, soeurs, ou peut-être autre chose encore, ces femmes travaillent à la fois pour leur pays, pour ceux qui sont au loin, et pour elles-mêmes.

Les profils n'ont rien de follement original, et les intrigues sont relativement attendues vu le contexte, mais les protagonistes sont variées juste ce qu'il faut pour que l'expérience de chacune offre un regard différent sur les étapes importantes franchies par ces femmes. D'autant que, pour atténuer le stéréotype, les actrices les campent avec beaucoup de conviction qui les rendent instantanément sympathiques.
Il me parait difficile de nier qu'il n'y a rien d'extraordinairement novateur dans Bomb Girls. Mais peu de séries ont su, jusqu'à présent, ce pencher sur l'arrière, cette facette de la Seconde Guerre Mondiale qui a pourtant eu tout autant d'impact que ce qui se passait au front. Bomb Girls offre de très jolis portraits, des intrigues bien menées, une bonne dose d'émotion et une photographie de l'époque qui nous transporte immédiatement.

La réalisation, bien que parfois légèrement trop propre, parachève l'excellent travail. Bomb Girls est une série qui a l'ambition de faire du bon boulot, en s'en donnant les moyens, mais sans en faire trop. Son bon goût la sauve du pathos ou de la simple reconstitution pour lui permettre de systématiquement parvenir à son objectif : raconter avec beaucoup de justesse et un peu d'émotion comment des femmes ont pris leurs vies en main. Juste avant d'aller arracher les cojones de ces Messieurs, donc.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bomb Girls de SeriesLive. Pour le moment un peu sommaire, je vous l'accorde.

6 novembre 2011

Une claque pour... Connie

Après un weekend de pause, on retourne en Australie en ce dimanche pour retrouver nos protagonistes de The Slap, la mini-série dont, hélas, avec ce quatrième post, je vous annonce que nous avons déjà vu la moitié. Le temps passe vite, n'est-ce pas ?

Cette fois, nous allons adopter un regard totalement différent sur la fameuse affaire de la giffle, puisque nous accompagnons Connie, une jeune fille de 17 ans. Rappelons que dans le premier épisode, elle n'a pas vu la giffle parce qu'elle était trop occupée à flirter avec le maître de maison, Hector, un homme marié... Et puis, ce n'est pas encore tout-à-fait une adulte, et contrairement aux protagonistes précédents qui étaient tous mis, d'une façon ou d'une autre, face à la parentalité, Connie vit tout de même dans un autre monde que les personnages que nous avions suivi jusque là. Alors, où The Slap va-t-il nous mener avec ce personnage ?

TheSlap-Connie
Ah, 17 ans, c'est le bel âge, n'est-ce pas ? Nous regrettons tous de ne plus avoir 17 ans, l'époque où la vie était si simple... En fait non, pas tous, loin de là. Parce que 17 ans c'était aussi l'époque où les choses semblaient si compliquées, si douloureuses parfois, même. On va donc entrer dans l'univers à la fois simple, compliqué et douloureux de notre adolescente, Connie. Charmante petite créature qui jusque là semblait totalement inoffensive, reconnaissons-le.

Et si, dans son genre, Connie a une forme d'innocence certaine, elle est aussi dirigée par ses pulsions et peut causer beaucoup de tort. Aussi la verra-t-on dans cet épisode allumer méchamment Hector (lequel ne fera cependant pas grand'chose pour se défender dans un premier temps) et même manigancer pour se retrouver seule avec lui un soir, en l'absence d'Aish.
Son rapport au couple Hector/Aisha est d'ailleurs bien transcrit : elle les adore l'un comme l'autre. Elle n'éprouve aucune haine pour Aisha bien qu'elle souhaite avoir Hector pour elle seule, elle voudrait vivre dans un monde où elle pourrait avoir ce qu'elle veut (l'amour de Hector, notamment) sans blesser personne et surtout pas Aisha qu'elle admire et avec qui elle se sent en confiance. Cette contradiction se sent bien, même si elle est moins soulignée que dans le livre, mais en tous cas, on peut dire sans se tromper que Connie ne déteste personne.

Personne ? Pas tout-à-fait : elle éprouve un certain mépris pour Harry. Et l'air de rien, c'est la première fois que The Slap nous emmène pour suivre un personnage qui réprouve la giffle. Jusque là, Hector n'a pas vraiment pris position (pris entre son sens de la famille et son devoir envers Aisha), Anouk approuvait le geste (mais à nouveau, par égard pour Aisha et Rosie, a refusé de témoigner), et Harry n'a montré aucun regret (même quand il est allé s'excuser sur recommandation de Hector et Sandi). Du coup pour la première fois, on entend des arguments anti-giffle sans aucune forme de nuance, même s'ils ne sont guère développés ; il faut dire que Connie les exprime face à Rosie et qu'elle ne risque pas de trouver contradiction. Connie a donc pris son parti, et d'ailleurs en babysittant le petit Hugo, elle montre bien de quel côté elle se trouve. L'air de rien, dans l'histoire de la série, c'est une vraie nouveauté.
Mais la giffle tiendra un rôle assez secondaire, comme on pouvait l'anticiper, dans cet épisode.

Au lieu de ça, on est en train d'assister un accident sans rien pouvoir faire pour l'empêcher. Il se trame quelque chose de bien plus grave que la giffle et quand on s'en rend compte, il est trop tard. La déclaration de Connie à Richie a de quoi nous coller au siège, surtout vu le naturel avec lequel la petite débite son mensonge. Et pendant que les adultes s'écharpent à cause d'une baffe, une véritable tornade est en train de naître là où personne ne le soupçonnait, tant Connie est serviable, bosseuse, charmante et toujours de bonne nature.
Et pourtant... on a tout vu, Connie, on a tout vu dans une scène d'ailleurs remarquable où tu ne cessais de sourire et de repenser à ce qui s'était passé ! Comment peux-tu mentir de la sorte vu ce qui est en jeu ? Elle ne se rend pas compte, parce qu'elle a 17 ans. Elle vit dans son monde. Même pas sûr qu'elle veuille vraiment faire du mal à quelqu'un, d'ailleurs, elle a juste voulu éviter de justifier ses larmes, c'est un petit mensonge idiot. Mais qui peut faire beaucoup de mal.

A l'instar du précédent qui déjà se distinguait par son talent pour la contemplation, cet épisode est magnifiquement réalisé, c'est une véritable merveille. Plus encore que dans l'épisode de Harry, on retrouve bien la patte qui faisait la puissance de Cloudstreet, ce qui a du sens puisque c'est le même réalisateur qui en est à l'origine, Matthew Saville. Je vous donne son nom pour que vous puissiez vous le faire tatouer à même la peau et ne plus jamais l'oublier, j'ai moi-même déjà pris rendez-vous. Avec des réalisateurs comme ceux-là, les dialogues deviennent absolument inutiles. Le mérite n'en revient pas exclusivement à Saville, cependant, car la ravissante Sophie Lowe incarne une adolescente magnifique, fragile, complexe, intense, le genre qu'on rêve tous de voir à la télévision, le genre qui devrait peupler les teen shows.

Ce quatrième épisode est aussi le plus fidèle au roman original à ce jour, bien qu'il s'octroie quelques libertés comme avaient pu le faire les précédents. Absolument tous les fondamentaux sont présents, tout ce qui faisait l'essence-même de Connie. Evidemment c'est un peu dommage de n'en savoir pas plus sur son histoire familiale, mais il est évident que la longue explication de son parcours, de qui étaient ses parents, et surtout son père, à travers les lettres, n'avait pas sa place dans un épisode de 56mn déjà extrêmement rempli. Si votre curiosité a été, ne serait-ce qu'un peu, piquée par l'étrange papa de Connie qui lui a appris à mettre de l'eye liner et qui n'avait rien contre les substances illicites (c'est, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, ce que veut dire Tasha lorsqu'elle encourage Connie à manger quelque chose avant de partir faire la fête), n'hésitez pas à lire The Slap, si ce n'est pour le reste, faites-le au moins pour la si jolie histoire du papa de Connie, extrêmement touchante.

Mais pas tout de suite. Pour le moment, nous allons nous intéresser au chapitre que beaucoup d'entre vous, j'en suis sûre, attendaient, pour bien des raisons... celui de Rosie.
C'est le point culminant de notre histoire de claque qui se prépare.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

16 juillet 2011

En petite vertu de la loi

Crownies

"When I first came here, you advised me to have a glass of champagne every night, so I could have a glass after a case without it looking like a celebration. Because prosecuting isn't about winning or losing, you said, we're not representing the victim, we're not obliged to feel for the victim or feel we have to give our best for them, but we do, David. We do."
(Janet King, Crownies - 1x01)

Si comme moi, vous êtes coutumier des legal dramas, Crownies ne vous surprendra pas vraiment. Je comprends pourquoi ABC1 en a commandé directement 22 épisodes : ça se mange sans faim ! Le produit est parfaitement calibré, la formule a été testée et approuvée par le passé, il n'y a, à vrai dire, pas tellement d'enjeu (et du coup je m'explique mal les audiences très tièdes de son lancement).
Mais on ne regarde pas toujours une série pour son originalité. En fait, il y a des tonnes de séries qu'on regarde tout en sachant qu'elle empruntent des sentiers balisés, et pour autant on ne les trouve pas moins agréables. C'est le cas de Crownies, qui rappellera de nombreuses séries du même genre, parmi lesquelles The Deep End, à la différence notable qu'on a ici affaire à des procureurs et non des avocats travaillant en cabinet.

La structure est donc la même : un groupe de jeunes (et bien-sûr beaux) procureurs se lance dans le métier, et en apprend les avantages et les inconvénients au fil de leurs expériences. Fort heureusement, le poncif du "j'arrive dans mon nouveau boulot" nous a été épargné, et nos jeunes sont déjà bien intégrés dans les bureaux du procureur lorsque commence le pilote, qui suit la journée précédant le pot de Noël du bureau (je vous avoue que même en travaillant dans le public, jamais je n'ai vu un pot de Noël à thème comme celui-là ; je commence à me dire que j'aurais dû passer les concours de la magistrature, plutôt). Se mêlent donc des préoccupations décontractées, des répliques amusantes et des taquineries entre collègues du même âge, et les véritables cas légaux auxquels nos jeunes (et nos moins jeunes) sont confrontés.

De ce côté-là, on est un peu dans la demi-teinte. La répartition est très irrégulière dans le premier épisode, bien que s'arrange avec le deuxième (c'étaient en effet deux épisodes qui étaient proposés pour la soirée de lancement ; en l'absence d'une séparation nette entre le deux, je vais donc traiter dans ce post des deux épisodes).

Ainsi, c'est surtout la belle rousse Erin qui est au centre des attentions scénaristiques avec deux affaires similaires que son mentor l'encourage à ne pas mener au procès. Mais la rouquine a encore un petit coeur qui bat sous sa peau de porcelaine (ai-je mentionné que la créature en question est un ravissement pour l'oeil ?) et elle persiste malgré tout. Le côté idéaliste de la jeune femme est assez classique mais donne une touche humaine aux intrigues, ce qui fait plaisir vu le ton badin de beaucoup d'autres axes du pilote.
Les autres affaires sont assez rapidement survolées, entre Ben qui se voit confié un dossier très important et top secret, mais dont le contenu sera vite balayé par le scandale entourant le trajet du dossier lui-même (en fait, c'est l'axe que va emprunter, à ce qu'il semble, une bonne partie de la saison, l'occasion de donner aussi de bonnes scènes au personnage de Janet, cf. citation ci-dessus), Lina qui bosse sur une affaire touchante mais qui touche à sa fin (la plaidoirie a eu lieu avant le début du pilote, on est en attente d'un verdict), et Tatum dont je ne suis pas certaine d'avoir compris à quoi elle sert sinon être blonde et ravissante.
Par contre, si l'on en sait peu sur le déroulement des dossiers de Richard dans un premier temps, on a droit à une suite de petites scènes très touchantes mettant en exergue la difficulté que c'est pour lui de devoir faire de la paperasse sur des affaires glauquissimes. On ne le verra pas les traiter, les plaider, les régler ni quoi que ce soit, on n'est même pas sûrs qu'il fasse autre chose que remplir des cases (le passage devant un juge se fera, par contre, pour le 2e épisode, avec un dossier n'ayant rien à voir, et ce sera un epic fail de toute beauté), par contre l'accumulation de dossiers ignobles est très bien rendue. Richard, épuisé, supplie qu'on lui donne autre chose que des crimes sexuels, n'importe quoi. "De la drogue, pourquoi pas ? J'adore la drogue !" s'exclame-t-il en espérant en finir avec les plaintes pour viol et inceste. Le pilote lui donne assez peu de scènes, ce qui souligne son tempérament doux, effacé et raisonnable, mais ces petites touches sont un plus considérable pour présenter à la fois le personnage et les réalités de la profession.

Alors après, je ne vous le cache pas, il y a un peu de fesses. Et encore, moins que ce que le trailer laissait présager. C'est vraiment le côté le moins agréable de la série, qui donne l'impression que les histoires de coucheries devaient être explicitées un peu plus souvent qu'à leur tour pour plaire au public (je ne serais pas étonnée si c'était en fait le truc qui avait refroidi le public, pas forcément habitué à ça dans une série légale). Non que ces scènes soient épouvantablement explicites (même s'il y a un peu de racolage dans la façon de profiter de la plastique impeccable de Tatum, et dans une moindre mesure Erin et Lena), mais enfin, voilà, ça fait un peu remplissage grossier pour faire jeune et hype et attirant.
Je n'en ai pas vu l'intérêt, même dans le cadre du fameux axe tournant autour du dossier qui ne doit pas sortir du bureau du procureur (et qui bien-sûr va se retrouver dans la presse). Je me fiche un peu de qui couche avec qui, surtout dans le cas de Lena où vraiment j'ai pas compris du tout l'intérêt de la scène. Et si untel couche avec unetelle, la drague est tellement évidente en amont (cf. Ben, Julie et le bonobo ; regardez, vous comprendrez) que c'était pas la peine de montrer après que ces deux-là avaient concrétisé tant c'était évident. C'est en ça que la gratuité a tendance à titiller les nerfs ; j'espère qu'on se passera de ces scènes à l'avenir maintenant qu'on a compris les dynamiques (notamment du côté de Tatum où on n'a vraiment pas besoin qu'on nous mette le nez dessus pour percevoir ce qui se passe), mais j'ai comme un doute.
Je vous rassure, ça ne baise pas non plus dans tous les coins, mais ça manque de subtilité, voilà tout.

Dans la légèreté ambiante de la série (l'omniprésence de Tatum, alors que concrètement je n'ai aucun souvenir de l'avoir vue bosser dans aucun des deux épisodes, et l'arrogance permanente de Ben, y contribuent fortement), le drame est donc exploré avec prudence. Et après tout ce n'est pas plus mal : il ne s'agit pas de jouer les montagnes russes. Bien que j'aime beaucoup quand une série légale nous offre des moments bouleversants dans une affaire, je dois reconnaître qu'il est plus équilibré de ne pas partir dans du drame trop sombre vu la tonalité générale des autres scènes. D'un autre côté il n'y a pas de gag à proprement parler non plus, pas de gros délire, pas de bizarrerie incroyable ; c'est vraiment de la dramédie pure, parfaitement à mi-chemin. On apprécie ou pas, mais il n'empêche, c'est plaisant d'avoir su trouver le ton juste.

Certains personnages sont donc plus appréciables que d'autres, plus approfondis que d'autres, plus agréables visuellement que d'autres (plusieurs des acteurs sont des anciens, même de façon fugace, du soap Home and Away ; alors après c'est vrai aussi que l'interprète de Ben était dans Cloudstreet, ça n'augure en rien de leur talent, mais enfin les moches courent pas les couloirs du bureau du procureur, quoi)...
Rien de révolutionnaire dans la série Crownies, c'est certain. Mais un légal drama agréable, porté par un cast sympathique et une écriture qui n'a pas à rougir, ça fait toujours plaisir.

Je ne sais pas encore si je tiendrai la longueur (j'ai tendance à avoir de plus en plus du mal avec l'âge), et donc j'ignore si je regarderai Crownies au rythme de sa diffusion ; récemment j'ai eu un peu de mal à continuer Winners & Losers pour cette raison. Je préfère mes séries australiennes avec une douzaine d'épisodes, que voulez-vous ? Mais ça ne retire rien à son plaisant mérite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Crownies de SeriesLive.

14 juillet 2011

La plus grande pauvreté

J'ai des dizaines de choses à faire : finir Mesudarim, regarder Koselig Med Peis (cette fois avec sous-titres), m'envoyer l'intégrale de Jack & Bobby que je me promets depuis l'été dernier, sans compter quelques pilotes que j'ai dans ma besace (j'ai toujours des pilotes dans ma besace...) et les posts que je dois écrire sur Cloudstreet, Game of Thrones...
Non, je ne manque pas d'occupations.

Cependant, je suis atteinte de ce curieux mal qui m'arrive souvent après une intégrale (ou deux, comme l'an dernier avec Les Craquantes et Will & Grace) : je n'ai envie de rien.
Si, de Roseanne.
Mais bon, on a vu comment ça a tourné sur la fin, hein.

RoseanneEmpty
Et pourtant, que la série ait été un plaisir de chaque instant ou qu'elle ait eu ses (très) mauvais moments, il y a toujours cette période, à l'issue d'une intégrale, pendant laquelle on n'a goût à rien parce qu'il faut se déshabituer des réflexes acquis pendant quelques semaines : lancer le DVD et s'envoyer un petit épisode pendant le dîner.
D'accord, qui suis-je en train d'essayer de berner ? Deux épisodes.
Ok, ça va, trois, vous êtes de la police ou quoi ?

Toujours est-il que même en étant parfaitement consciente qu'il n'existe aucune force suffisamment puissante de par le monde pour me contraindre à regarder une nouvelle fois un épisode de la 9e saison de Roseanne, et que certains d'entre eux m'ont téléphagiquement traumatisée à jamais (je vous remets pas les liens vers les twitpics, hein, j'ai pitié, elles étaient déjà dans le post précédent et c'est un acte de barbarie suffisant), eh bien malgré tout, la série me manque.
Le processus est, j'imagine, naturel. Pour autant, même pleinement consciente en toute objectivité de l'ironie de la chose, difficile de penser à autre chose en ce moment.

Alors, même si j'aimerais qu'aujourd'hui mon post vous parle d'un pilote génial, vous rappelle une série méconnue, ou vous commente une news sur la cérémonie télévisuelle qui est la plus chère à mon coeur... aujourd'hui, mon post peut juste vous dire que Roseanne me manque.
Au juste, je ne suis pas bien sûre du pourquoi. Mais toute la journée, j'ai expérimenté le comment.

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13 juillet 2011

Le poing levé

Tout a commencé il y a un peu moins d'un mois et demi, sept semaines, en fait. Nous voici arrivés 222 épisodes plus tard, et j'ai fini mon intégrale de Roseanne. Ce fut toute une épopée qui a notamment comporté un achat de l'intégrale, des semaines de délice, et une dernière semaine où j'ai bien souvent été à la torture, mais j'y reviens en temps utile.

Et avant de vous faire un petit post de bilan (je sais bien, je n'ai jamais le réflexe d'en faire et il faudrait que je prenne le temps de vous reparler de Cloudstreet, par exemple, ou de mon revisionnage de The No. 1 Ladies' Detective Agency, mais je n'ai simplement pas pris le pli...), je voudrais revenir sur cette expérience incroyable qui consiste à assister à la fin d'une série. En ces temps d'annulations souvent intempestives (même quand on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour les éviter), on a tendance à oublier. Et puis, suivre une série sur plusieurs années, et s'envoyer l'intégrale en quelques semaines, ça transforme aussi le regard qu'on a ce sur final. Bref, on a parfois tendance à oublier ce que c'est que de voir grandir une série et la voir se préparer à disparaître, et à le faire en quelques heures.
Pour tout vous dire je suis encore ébranlée. Des personnages qu'on avait appris à aimer, qui s'en vont sans espoir de retour, ce n'est pas un spectacle dont on sort avec le sourire.

Conner-1

Pourtant comme je l'ai dit, ces 7 semaines ont été des véritables montagnes russes. C'est le danger des intégrales : le visionnage condensé fait qu'on voit mieux la plupart des choses. Parfois c'en sont de bonnes, on repère des références, des petits rappels, des marques de continuité qui nous auraient échappé si on avait laissé passer une semaine entre deux épisodes. Et puis parfois, il s'agit de mauvaises choses, et ça rend les choses douloureuses à regarder.

Il y a 7 semaines et 9 saisons de ça, Roseanne (re)commençait comme un sitcom honteusement drôle. Pas de famille dysfonctionnelle ici, mais un personnage central et un parti-pris atypiques, et des revendications à la pelle. Parce que la mission première de la série n'a jamais été de simplement faire rire, mais de faire rire pour faire passer la pilule d'une masse de prises de position assumées et pas forcément bien vues, Roseanne se devait d'avoir d'excellents dialogues, et elle a longtemps brillé par leur verve sans fioriture. La série met en scène des personnages qui sont peut-être pauvres, peut-être pas très éduqués, peut-être pas sortables... mais définitivement intelligents (sauf Mark). Jamais ses personnages ne sont pris à défaut de ce côté, leur répartie ne les diminue jamais, les saillies ne sont pas là pour les tourner en ridicule. C'est donc un univers où il n'existe pas de gag à proprement parler, mais plutôt des vannes constantes et échangées allègrement par tout le monde. Et avec tout le respect que je dois à de nombreux sitcoms qui pourtant m'ont fait rire, c'est une qualité qu'on trouve rarement dans ce genre où le rire vient avant tout du ridicule.

Mais outre le fait qu'elle ne prend pas ses personnages pour des imbéciles, la série a aussi décidé de choisir ses sujets avec intelligence, décidant par là de ne pas prendre ses spectateurs pour des imbéciles. C'est l'angle social dont se prévaut tant la série.
Les premières saisons (ça s'atténue fortement lorsque Roseanne et Jackie tentent de monter leur propre affaire) sont consacrées à des intrigues vues peu ou pas du tout ailleurs, et quand elles ont un pitch de départ similaire, elles ne sont jamais traitées selon les canons du genre et surprennent toujours. La série ne nous emmène pas où tant d'autres sont allées : ainsi, quand Roseanne quitte son travaille à l'usine, elle paye le prix de sa démission et ne trouve pas de travail tout de suite. Les cordons de la bourse familiale se resserrent et elle passe plusieurs épisodes à vivoter d'un boulot de vendeuse d'abonnements par téléphone. Ainsi, chaque décision quant à l'avenir de la petite famille ne se décide pas pour nous faire rire ou provoquer un changement, mais avec toujours un oeil sur le point d'horizon, et les étapes réalistes qui se produiront forcément si un changement intervient. Le plus souvent, dans les premières saisons, ces changements sont de l'ordre professionnel et n'interviennent ni par hasard, ni de façon miraculeusement résolue. S'imprime vite un schéma, qui je pense doit être moins évident pendant un visionnage hebdomadaire, de format feuilletonnant subtil.

Ce qui est fascinant c'est aussi la façon dont ces choix sont conduits. La famille Conner ne prend jamais de décision mûrement réfléchie, ou presque, et ne se dit pas qu'il faudrait peut-être se montrer raisonnable et/ou essayer de faire quelque chose pour redresser la barre (comme on a vu plusieurs fois le faire les familles de séries comme Malcolm). Ce sont des impulsifs, ils payent le prix de leur choix, et la série ne leur trouve pas d'excuse autre que "c'était comme ça qu'on le sentait". Impossible de voir Roseanne traiter son job, en apparence parfait, dans un salon de coiffure, sans se dire que la pauvre femme a perdu la tête. Mais à aucun moment la série ne cherchera à lui donner à se justifier. Les choix de Conner, quels qu'ils soient, leur appartiennent entièrement, comme s'ils n'avaient que faire de ce que le spectateur en pensera, drapé dans son assurance de savoir ce qui est le mieux pour les personnages, ou comment il faudrait se conduire pour arranger les choses. Les Conner sont pauvres et parfois semblent tout faire pour le rester, mais c'est parce que dans le fond, ce sont des indépendants, et il y a certaines choses qu'ils ne feront jamais juste pour pouvoir payer les factures.

Derrière cette apparente désinvolture repose donc une grande part de volonté de rester libre des carcans sociaux. Les nombreuses démonstrations de Roseanne pour prouver que c'est elle qui porte la culotte, et qu'elle n'est pas une femme soumise, en sont une autre manifestation.

Au-delà du constat social, ou plutôt de la déclaration de guerre contre l'ordre social, Roseanne est aussi une série qui parle du rapport parent/enfant avec une sincérité désarmante, et la volonté là encore de ne pas donner de leçon. Parce que les parents eux-mêmes en sont bien incapables. Ils ne veulent pas tenir leurs enfants, ils ne veulent même pas leur inculquer quoi que ce soit, ils les laissent vivre même si après, pour parvenir à ce qu'elle veut, cette manipulatrice de Roseanne finir par tenter de tordre leur volonté. Mais les Conner ne peuvent jamais vraiment contrôleur leurs enfants et, sur le long terme, cela se prouvera de nombreuses fois.

J'ai dit que Roseanne était un personnage manipulateur : ce n'est pas là son pire défaut. Bruyante, désagréable, constamment en quête du contrôle total (qu'elle n'exercera jamais vraiment parce qu'elle est trop électron libre pour se contraindre elle-même à exercer longtemps son pouvoir de coercition sur la famille et les amis), cette femme qui est, comme le titre de la série l'indique clairement, au centre de tout, est aussi le personnage le plus détestable du lot, celui qu'on a envie de baffer par moments, celui qui semble toujours manquer de coeur ou de finesse pour apprécier ce qu'elle a. Ajoutez à cela que Roseanne Barr (or whatever) n'est pas la meilleure des actrices, et de loin ; fort heureusement, John Goodman est un homme de grand talent qui sauve chaque scène et porte Barr autant de fois que nécessaire.
C'était en tous cas assez osé de réussir à rendre le personnage si antipathique et en même temps de le rendre incontournable, jamais totalement haïssable parce que, admettons-le, il a aussi quelques unes des meilleures répliques.

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La réputation de Roseanne la précède : il est de notoriété publique (téléphagiquement publique, disons) que sa fin est une erreur de la nature. Après bien des rires et des épisodes engloutis avec gloutonnerie, je suis arrivée dimanche à la saison 9. On m'avait dit que c'étaient les trois dernières qui étaient moins bonnes, et la 7 comme la 8 se montrant appréciables (même si franchement moins abouties), je partais avec une relativement bon a priori sur la question.

C'était sans compter sur notre ennemi à tous, téléphages de bon goût : le saut de requin. Tremblez ! Roseanne effectue un jump the shark de toute beauté, exécuté avec autant de souplesse qu'une baleine et autant de doigté qu'un manchot. Et tout ça, en nous regardant droit dans les yeux avec défi, l'air de dire que c'est comme ça et puis c'est tout, à prendre ou à laisser.
Plusieurs fois je vous avoue que l'envie ne m'en a pas manqué ! Tout laisser, peu importe la loyauté qu'on ressent instinctivement envers une série qu'on a suivie assidûment et à fortes doses pendant 8 saisons dévorées en une courte période de temps.

Insupportable, le premier quart de la saison va détruire tout ce que la série avait mis en place avec tant d'intelligence, d'audace et de bonne humeur incisive. La saison tombe totalement à plat. Les cosplay quasi-permanent est insultant. Le défilé complètement gratuit des guests est insupportable. Les intrigues tiennent sur du papier à cigarette (un cas d'école : l'épisode dans le train). Ne sont à sauver que quelques épisodes (déjà initiés dans des saisons précédentes, maintenant plaqués sans le moindre remords sur une intrigue moribonde) qui servent d'hommages aux grandes comédies de la télévision américaine, comme Gilligan's Island, That Girl, I Dream of Jeanie, et bien d'autres (on retrouve la même volonté dans Une Nounou d'Enfer, qui n'a jamais renié ses influences).

C'est une abomination, et il n'y a pour cela qu'une personne à blâmer : John Goodman. Chaque fois que Dan disparaît pendant la saison, c'est une torture que de voir les intrigues se déverser dans le tout à l'égoût. Chaque fois que Goodman accepte de se coltiner Roseanne Barr, certes l'alchimie est diminuée entre eux (rarement vu une série où les tensions se ressentent autant à l'écran), mais les intrigues reprennent des couleurs.

Tout ça pour s'achever sur une fin de saison encore radicalement différente, totalement sentimentale, avec des gags plats mais beaucoup d'émotion tirée d'une intrigue qui prend une tournure incroyablement dramatique. Impossible alors de rester de marbre même si on s'étonne un peu, dans le fond, de s'être autant éloigné de la comédie (mais avec le talent des meilleurs tear-jearkers). S'ajoutent à cela de nombreuses mais très fines touches du type "bouclage de boucle", comme autant de rappels des premières saisons et/ou des gimmicks de la série, qui complètent parfaitement l'effet recherché lorsqu'on aborde la saison finale d'une série qu'on connaît sur le bout des doigts.

Hélas, Roseanne se clôt sur un dernier affront, la scène finale du dernier épisode nous inflige encore quelques blessures en balayant d'un revers de la main (comme une vengeance de la créatrice de la série) les éléments auxquels on s'était le plus attachés.

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Pleine de surprises, bonnes comme mauvaises, Roseanne est une série qui change radicalement la face du sitcom. On peut ne pas en aimer les recettes, on peut en déplorer l'évolution finale, on peut adresser des reproches et beaucoup seront fondés.
Mais on ne peut lui enlever le caractère proprement révolutionnaire de son ton et de son propos dans ses premières saisons, et la galerie de personnages épatante qu'elle développe (la série se montre très fidèle à nombre d'entre eux, qui n'apparaissent ni ne disparaissent jamais vraiment de façon soudaine dans la vie des Conner, et s'applique à nous montrer comme normale la réapparition de certains d'entre eux, témoignant d'une forme de tendresse à laquelle j'ai rarement assisté dans une série).

Même fâchée, même en larmes, je finis ces 7 semaines de visionnage avec la conviction d'avoir assisté à une des plus grandes comédies de l'histoire de la télévision. Au moins au début.

Pour vous en assurer, je vous invite donc à ne pas hésiter à tenter le pilote de la série, qui devrait compter parmi les épisodes vus de tout téléphage qui se respecte. Tout le monde ici sait comment tirer le meilleur d'un post La preuve par trois, dites ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

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