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ladytelephagy
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capadocia
20 décembre 2011

[#Ozmarathon] 1x08, you animals

Tout ceux qui suivent notre Ozmarathon, une fois parvenus au final de la première saison, passeront probablement par un stade similaire à un état de choc ; le contraire semble impossible.

A l'heure où je tape ces mots, j'ai une méchante envie de vomir, par exemple ; seuls Oz et le roman Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants sont capables de déclencher pareille réaction physique à une "simple" oeuvre de fiction.
Alors je ne sais pas. Là tout de suite, tandis que je tente de respirer calmement et que je sens bien que j'ai les nerfs en pagaille, j'ai l'impression que je me suis sérieusement ramollie, que je l'ai vécu plus mal que la fois précédente, et la fois d'avant, et même la toute première fois. Je suis peut-être fatiguée. Je suis peut-être plus sensible que d'habitude. Ou bien peut-être que chaque fois que je regarde le final de la première saison de Oz, j'ai envie d'agripper tout ce qui bouge en hurlant de terreur, mais que je l'oublie en me disant que j'avais probablement mieux pris la fois d'avant. Là, je suis dans tous mes états, ce qui est précisément ce que j'étais venue chercher dans ce marathon si on y pense, on ne revient pas à Oz sans une petite pointe de masochisme, mais ce qui n'est tout de même pas la configuration idéale pour écrire une review.
Défi relevé.

Mais il est impossible pour moi, ce soir, après pareil visionnage, de vous sortir un compte-rendu circonstancié de mes impressions personnage par personnage, axe par axe, chapitre par chapitre. Je suis, à l'image d'Em City, bien trop en état de siège pour pouvoir penser posément de la sorte...

Ozmarathon-1x08

On y est donc. On le savait depuis le pilote que la tension montait. On a senti chaque petite barrière tomber, une à une, c'était prégnant, quasiment à chaque épisode un peu plus. La colère était palpable et les digues se rompaient une à une. Tout était en place pour l'apocalyspe. Les signaux ont été nombreux, les avertissements, les prophéties auto-réalisatrices, les mises en garde, et pourtant Em City sombre, implacablement. Le désespoir est total.

Et il est total parce qu'en retirant, une à une, les petites poussières d'humanité dans les prisons de verre d'Em City, en aspirant leur âme un peu plus à chaque interdiction, l'administration a fait de ses prisonniers des animaux. Alors, les animaux ont agi comme tel.
A bien y réfléchir, il y a des quantités de choses que nous avons vues se dérouler pendant la saison, que nous avons tenues pour acquises, si ce n'est normales. Tenez, par exemple, plusieurs personnages ont été jetés en isolation, et pas un de nous, dans nos commentaires au cours de ce marathon, n'a relevé la dégradation que cela représentait pour eux d'être non pas enfermés seuls, mais d'être enfermés seuls ET NUS. Comme des animaux. Et à chaque petite humiliation, c'est l'animal qui se révèle, et c'est normal, que pourrait-il en ressortir d'autre ? Beecher en est la preuve vivante, atroce, la révélation que la prison prend des criminels, et les transforme en bêtes. Alvarez soulignera indirectement ces dégradations permanentes en tendant un seau aux ex-gardiens devenus otages. Ils ont tous été rabaissés au stade d'animal, on ne peut attendre d'eux qu'ils se comportent totalement en êtres humains.

Ce n'est pas vraiment la faute d'Em City. Ce n'est pas la faute d'Oz. C'est la faute du système. Si notre idéaliste McManus avait pu partir sur une île et créer sa prison de rêve, loin des médias, loin de la hiérarchie, loin de l'opinion publique, et des interactions entre cette trinité du chaos, peut-être, je dis bien peut-être que son expérience aurait eu une chance. A condition d'écouter les prisonniers qui lui parlaient vraiment, à condition de laisser sa queue à l'entrée, à condition de ne pas être un petit employé frustré. Oui, dans d'autres conditions, peut-être.
Mais la messe était dite dés le début, du moment où il a eu à répondre devant un politicien de ses décisions, du moment où les journalistes ont commencé à camper devant la prison, et implicitement quand le reste des citoyens, les "bons" citoyens, a commencé à regarder ce cirque.

Alors, le final de la première saison, bien plus que l'épisode précédent qui en portait pourtant le titre, c'est véritablement la ferme des animaux, sans ferme à exploiter. C'est sa majesté des mouches, sans l'ombre d'un palmier. C'est la préhistoire, mais entre quatre murs dont deux de verre. Quelles que soient les exigences des prisonniers, ils n'échapperont jamais à cette vérité : ils sont des animaux parqués dans Em City. Ils ont peut-être pris possession de l'espace, mais il est confiné. Ils n'ont peut-être plus de surveillants, mais ils n'ont pas la liberté. Et surtout, ils y sont ensemble.

Certains personnages s'accrochent désespérément à leur humanité, du moins ce qu'il en reste. Ce sont ceux pour lesquels on se fait le plus de soucis : Rebadow, Hill, Alvarez... Plus que jamais, la moindre hésitation, le moindre scrupule, peuvent les mener à leur perte.
La prison n'appartient pas à ceux qui préservent leur âme, pendant l'émeute. Elle n'appartient pas non plus aux animaux : les animaux ne possèdent rien, après tout. Elle appartient aux rares prisonniers d'Em City qui ont la faculté de garder la tête froide. Et on sait très bien de qui il s'agit : Kareem Saïd, Ryan O'Reily, peut-être Scott Ross. Vern Schillinger, aussi, dans un bon jour, sauf que celui-ci est sous le coup d'une terrible révélation personnelle : il a besoin de sa libération sous parole pour sauver ses fils de la drogue. Il ne reste donc bel et bien que Saïd et O'Reily, vaguement Ross bien qu'il ne se soit jamais imposé jusque là comme autre chose qu'un conspirateur, et ils vont tenter d'organiser le chaos et gérer les égarements du reste du bétail, les bêtes déchaînées qui piétineront tout même si ça doit les conduire à leur perte, tel le colosse Adebisi dont l'addiction est l'argile. Leurs tentatives de se concerter en bonne intelligence sont vouées à l'échec d'emblée. Leur révolte est le fruit de la colère mais ses conséquences n'ont, pour la même raison, pas totalement été mesurées. Les émeutiers n'ont aucune carte dans leur jeu...

Dans l'épisode, l'émeute ne dure en elle-même qu'une dizaine de minutes avant de passer à ses conséquences. Mais dés cet instant où tout bascule, il est très clair que plus rien ne sera jamais comme avant, que chacun prend le risque de mourir tant que de tuer (certains avec les mains plus propres que d'autres, cependant, pas vrai Saïd ?), et qu'il n'y a pas de retour possible.
Et aussi sûrement que l'émeute était prévisible, que dis-je, était prévue, dés le pilote, son issue est tristement écrite d'avance. Comme le parfait petit connard qu'il est, Devlin ne pense qu'à son image dans les médias, à la posture qu'il doit tenir sans même préter attention aux demandes des prisonniers, à la réaction marquante et pro-active qu'il doit absolument lancer dés que possible. Et il donne l'assaut.

Il donne l'assaut.
Je ne sais pas si vous mesurez bien la portée de cet acte avant de le voir se dérouler sous vos yeux. Moi-même je l'ai déjà vu plusieurs fois et je ne m'y suis toujours pas faite.

Le sort de chacun reste une inconnue à la fin de ce final sinistre. Ce n'est qu'en saison 2 que nous saurons l'ampleur de la boucherie.
Le plus fou, c'est qu'il me tarderait presque d'y être. Et de me remettre à Capadocia, accessoirement.

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16 juin 2011

Everything you always wanted to know

Tout le monde s'y met, c'est le concept d'une chaîne, voilà donc mon tour pour les Kreativ Blogger Awards, le truc dont on ne sait pas trop d'où il vient ni d'où il tient son nom, mais c'est pas une raison pour être impolie et bouder, pas vrai ?
Merci donc à Lorna qui m'a taggée.

Kreativ
Pour ceux qui n'ont pas déjà lu vingt fois les règles du jeu, un petit récapitulatif ; quand vous recevez ce tag, vous devez :
1. remercier la personne qui vous a donné ce prix
2. mettre le logo sur votre blog
3. mettre le lien vers la personne qui vous l’a envoyé
4. dévoiler 7 choses sur vous
5. nommer 7 blogs qui devront faire comme vous
6. mettre le lien des 7 blogs
7. prévenir les personnes concernées

Voilà alors ça part mal, j'ai pas procédé dans l'ordre vu que j'ai mis le lien avant de mettre le logo ; et allez ça commence, c'est déjà n'importe quoi !
Bon. Je vous avoue en plus que vu le blindage de ma page Formspring, je ne sais pas si je vais trouver 7 choses que vous ne savez pas sur moi, mais on va tenter. A vos risques et périls, hein. De quoi ? Ces 7 choses doivent être de l'ordre du téléphagique ? J'vais voir ce que je peux faire, mais je vous promets rien. Alors...

1 / J'ai régulièrement l'envie de migrer ce blog sous Wordpress, pour à la fois pouvoir sauvegarder les textes (car on va être clair, tout perdre me ferait franchement flipper et je pense que ce jour-là, si ça devait arriver, je plaquerais vraiment tout), et pour pouvoir aussi faire des choses qu'actuellement je ne peux pas faire, ou moins bien. Les albums qui servent pour la rubrique Cagoulage, par exemple. Ou bien pour rendre le Pilot Watch plus agréable à la mise à jour comme à l'utilisation. Mais aussi des articles "de fond" voire des tutos pour mieux utiliser ce blog parce qu'il y a encore des tas de requêtes genre "ladytelephagy [nom de la série]" alors qu'il suffit d'utiliser les tags, moi je n'utilise que ça pour faire mes liens ! Le problème c'est que je ne me fais pas confiance pour gérer ça toute seule et du coup je n'ai de cesse de reporter. J'ai déjà installé Wordpress plusieurs fois sur divers hébergements, à titre de test pour telephagy ou pour Teruki Paradise, donc voilà, et je sais même qu'il existe un module pour importer depuis Canalblog, mais seule, je crains de me lancer là-dedans et qu'au final, le mieux soit l'ennemi du bien. Alors voilà. Je reste sur Canalblog. Et souvent ça me frustre.

2 / Je suis épouvantablement fidèle sur internet. Ca me demande un effort intellectuel intense de faire la démarche d'aller, mettons, cliquer sur Allociné. Ce n'est pas que je trouve que SeriesLive est le meilleur site de la planète, mais c'est mon alma mater et, même quand quelque chose m'y déplait, je pars du principe que ça peut être changé (à force de beaucoup d'insistance, certes) et que changer de crèmerie ne résoud rien. Je suis arrivée sur ce site fin 2004, il y a eu les périodes où j'étais dans l'équipe (presque dés mon arrivée) et où je n'y étais pas (quand je me suis concentrée sur le défunt Teruki Paradise), mais ça a toujours été le site que je consulte quoi qu'il arrive et je pense que ça ne changera jamais, quoi qu'il arrive. Je dis souvent pour déconner qu'un lien vers SeriesLive par post, sur ce blog, c'est contractuel, mais en réalité même quand je ne faisais plus partie de l'équipe, que j'avais peu de temps à consacrer à ce site voire pas du tout, et même, pendant quelques mois, quand j'étais fâchée avec l'équipe dirigeante, je continuais à lier. Là en ce moment je suis en train de réfléchir à une meilleure façon de présenter les récap du Monde du dimanche, mais dés que j'aurai trouvé une formule qui me plaise plus que l'actuelle, vous pouvez être sûrs que la promo va reprendre de plus belle. C'est un site bien, et je fais mon possible pour qu'il se porte le mieux possible, et si je suis la première à reconnaitre qu'il n'est pas parfait et que certaines choses demandent des corrections ou du travail, vraiment, c'est un site incontournable pour moi.

3 / Je n'ai jamais été shipper. C'est vraiment une notion abstraite pour moi parce que concrètement, la romance dans les séries, je m'en suis toujours remarquablement bien passée, et suis infiniment plus sensible aux histoires d'amitié et/ou aux histoires qui finissent mal, deux types d'intrigues qui se mêlent tout de même rarement à la romance. Et accessoirement c'est aussi ce qui explique que je sois plus imperméable à la fiction coréenne qui, bien souvent, tourne essentiellement autour de ça. Parfois j'ai l'impression de complètement passer au travers des préoccupations de téléphagiques de beaucoup d'entre vous et ça me fait de la peine, parce que c'est vraiment une émotion qui m'est inconnue. De la même façon, je n'ai pas un tempérament de fan. Pas par rapport à des personnes en tous cas, sauf évidemment quelques rares exceptions genre Fran Drescher (un nom qu'évidemment vous relirez très bientôt dans ces colonnes). Il y a des gens qui portent des T-shirts Joss Whedon, moi je vois pas trop pour quoi faire. Les rencontres avec les célébrités m'attirent rarement, et m'émeuvent peu quand elles se produisent, que ce soit dans le cadre de mes attributions sur SeriesLive (je pensais vraiment avoir au moins une petite faiblesse dans les jambes quand j'ai rencontré Alexandre Astier, en fait j'étais plus nerveuse à l'idée de rater l'interview, qu'à l'idée de parler à quelqu'un que j'estime beaucoup, allez comprendre) ou dans le cadre de mon boulot où les personnalités ne sont pas rares non plus. J'étais contente de causer à la belle Kandyse McClure l'an dernier, vraiment, mais j'étais pas hystérique ni rien, et là encore c'était presque décevant. J'ai mes têtes, c'est sûr. Mais j'arrive pas à être fan. Si, j'arrive à être réellement hardcore fan de certains personnages, et faire des fixations monomaniaques sur des séries. Mais sur des gens, vraiment rarement. Et pour Fran Drescher, ça vire pas franchement à l'hystérie, c'est plus de l'admiration inconditionnelle. Vraiment, j'ai l'impression de passer à côté d'un truc.

4 / J'ai l'immense vice de ne jamais rien effacer. Ni ce que j'enregistrais, du temps de la VHS, ni ce que je cagoule aujourd'hui que cette pratique a remplacé l'enregistrement des programmes télé. Mes bras m'en remercieront, d'ailleurs, le jour du déménagement. Mais parfois, je le fais. Parfois, quand la place vient à manquer, je commets cet acte qui pourtant me répugne au plus profond de mon être (ne serait-ce que parce que c'est comme ça qu'on perd des épisodes qu'il devient impossible de retrouver), aussi j'ai une espèce d'algorythme mental qui me fait calculer le rapport intérêt/rareté de chaque épisode que je m'apprête à supprimer. La logique voudrait que je grave tout ça mais sérieusement, je ne connais rien de plus usant. Il faudrait un jour que je me bloque un aprem pour graver des séries mais pardon de le dire, ça me fait chier. Alors ça traine et j'en viens à supprimer le pilote de Capadocia. Un jour je vais m'en mordre les doigts.

5 / Au fur et à mesure que j'achète des DVD, il y a des cagoules que j'avais gravées qu'il ne devient plus nécessaire de conserver. Pourtant là encore, impossible de le jeter, ça me fait trop mal au coeur. Je garde donc tous ces doublons en me disant que si je les donne à quelqu'un, c'est encore pire aux yeux de HADOPI (ne parlons même pas de recevoir un dédommagement), mais qu'en même temps c'est vraiment trop con. Le seul truc qui pourrait résoudre mon problème, c'est si un jour ces rondelles disparaissaient par magie de mon bureau. Je ne poserai pas de question, je me dirai simplement que ces cagoules sont parties vers un monde meilleur où elles contribuent à l'éducation des téléphages les plus démunis.

6 / En ce moment, quasiment un jour sur deux, je reçois dans ma boîte aux lettres des commandes relatives à l'univers des séries (je vous raconte pas quel aura été mon budget séries ces dernières semaines, c'est indécent). La dernière en date n'était pourtant pas un coffret DVD mais un petit ouvrage de François Jost intitulé "De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ?". Je recommande parce que c'est pas cher (4€), très court (62 pages), et que les éditions du CNRS livrent par la Poste. Il y a des erreurs factuelles ("la même année", Profiler, The Inside et Medium, vraiment, ya pas comme un intrus ?) et l'analyse semble parfois pousser un peu loin certaines choses, mais l'un dans l'autre c'est pas mal du tout et au moins ça change un peu des autres bouquins francophones sur les séries, qui finissent toujours par vouloir réhabiliter le genre plus que l'étudier.

7 / Ca fait 10 ans que je veux apprendre le Suédois ; ça, vous le saviez déjà. Ce que je n'ai pas encore dit c'est qu'au début du mois, je me suis commandé ma toute première méthode pour m'y mettre, lentement mais sûrement. Et ça m'attriste beaucoup parce qu'évidemment, vous le devinez, je vais être obligée de regarder des séries suédoises pour m'améliorer... Quand j'avais cagoulé Himmelblå il y a quelques temps (que j'ai pas reviewé parce qu'on va le dire sincèrement, je l'avais vu à cause des retours qui semblaient bons et de la nomination aux Gullruten, et que j'ai fini par découvrir une version norvégienne de Ruri no Shima, et qu'en plus c'est Koselig Med Peis qui a gagné), j'avais eu le plaisir de découvrir que le fichier comportait des hardsubs sous-titrés en norvégien ; j'espère pouvoir en trouver aussi pour des séries suédoises. C'est un changement vraiment important pour moi parce que c'est un pas que je n'ai jamais franchi auparavant pour les séries étrangères... Une drôle d'aventure s'annonce.


Bon, pour le dernier point... Je vous avoue qu'à part La Sorcière (que je n'ai encore jamais vue répondre à un tag), Shoone (s'il me lit), et Scarlatiine (qui a dit que sur son blog elle parlerait parfois séries, donc tentons), tous les blogs que je lis de près ou de loin ont déjà répondu à ce tag ou s'apprêtent à le faire. Du coup, si vous voulez, prenez donc, et dites que c'est de ma part !

30 septembre 2010

Qu'est-ce qu'on attend ?

Il parait que M6 a mis en place une nouvelle offre VOD, qui me semblerait intéressante si elle ne proposait pas que de la nouveauté US. C'est très bien pour les autres mais ça ne fonctionne pas pour mes propres attentes : si je dois signer pour de la VOD, c'est à la condition, soit que j'aie accès à des séries datant d'il y a quelques années et n'étant plus diffusées (une proposition qui, en prime, allègerait les rediffusions sur la chaîne elle-même) offrant un certain côté "rareté", soit que j'aie accès à des séries de nationalités plus diverses. Si c'était possible, l'un ou l'autre, je serais partante, sinon, non. C'est comme ça. Le jour où quelqu'un se décidera à inclure dans son offre VOD de vieux épisodes de séries qu'on a loupées il y a 5 ou 10 ans, en plus du reste, là ça me semblera intéressant. Le jour où parmi les blockbusters (ou futurs blockbusters), on trouvera des épisodes de, je sais pas moi, on va dire Capadocia, là on pourra discuter, et même à la limite, je ne discuterai pas. Mais en attendant cette offre ne me concerne pas.

Toujours est-il qu'à présent, il est possible pour les petits spectateurs français qui ont 10 malheureux euros en poche chaque mois (parce que je reconnais que financièrement ça vaut le coup), il y a une possibilité de regarder The Good Wife en VOST, ce qui ne peut pas faire de mal.

Florrick

J'y repensais ce matin en me brossant les dents (une association d'idées avec le miroir de la salle de bains, certainement), en me disant : mais, attendez... M6 a les droits pour The Good Wife. Oui, je suis pas trop les acquisitions de chaque chaîne, je suis bien obligée de le reconnaître. Donc M6 a les droits de The Good Wife, elle propose la deuxième saison en VOST... bien, mais la première ? Sans fausse hypocrisie, reconnaissons que la plupart d'entre nous connait The Good Wife par la cagoule. Mais quand même, ce serait sans doute mieux pour M6 de fidéliser son public en diffusant la première saison, un jour, non ?

L'avantage de passer le nez dans les grilles des chaînes étrangères, c'est qu'il y a pas 10 jours, je regardais justement dans quels pays certaines séries étaient diffusées. Quand l'Australie ou le Canada diffusent en quasi-simultané avec les USA, je ne me formalise pas : ce sont des pays anglophones, après tout ; même chose pour l'Afrique du Sud où je ne me suis pas étonnée de voir des articles et pubs sur The Event tout l'été.
Quand je vois que de nombreux autres pays sont tout aussi réactifs... là ça commence à me chatouiller.

Alors puisqu'on parle de The Good Wife, permettez que je fasse un petit récapitulatif de la question. Gardant à l'esprit que la série a commencé à être diffusée sur CBS le 22 septembre 2009, voilà comment la série s'est propagée :
- Canada (anglophone) : 22 septembre 2009
- Amérique latine (espagnol) : 9 novembre 2009
- Brésil : 30 novembre 2009
- Singapour : Janvier 2010
- Thaïlande : Janvier 2010
- Pays-Bas : 1er janvier 2010
- Espagne : 7 janvier 2010
- Arabie Saoudite : 19 janvier 2010
- Pologne : 20 janvier 2010
- Turquie : 22 janvier 2010
- Hongrie : 24 janvier 2010
- Grande-Bretagne : 25 janvier 2010
- Afrique du Sud : Février 2010
- Australie : Février 2010
- Nouvelle-Zélande : Février 2010
- Italie : 3 mars 2010
- Norvège : 10 mars 2010
- Irlande : 15 mars 2010
- Allemagne : 31 mars 2010
- Suède : 13 avril 2010
- Hong Kong : 22 avril 2010
- Finlande : 31 mai 2010
- Philippines : 8 juillet 2010
- Slovaquie : 22 août 2010
- Canada (francophone) : 1er septembre 2010
- Taiwan : 1er septembre 2010
- Portugal : 14 septembre 2010
- Japon : 5 octobre 2010

Ma question : on va s'y mettre quand, en vrai ? "Prochainement", comme d'hab ?
Vous ne saviez même pas qu'il y avait une offre série dans les Philippines, et maintenant vous vous apercevez que les mecs, ils ont vu The Good Wife avant nous, ça vous met pas les boules ? Moi, un peu. Et je cagoule, pourtant.

Ce n'est pas un cas particulier, croyez-moi : le nombre de fois où je vois des nouveautés entamées plusieurs mois, parfois un an avant la France, dans des pays que vous suspecteriez a priori de n'y être que modérément ouverts à la culture téléphagique si vous n'aviez pas pris l'habitude de soupçonner qu'il y a des trucs sur les télévisions étrangères (pour reprendre l'exemple de The Good Wife, en Turquie, c'est intéressant, j'aimerais lire des avis de la presse et/ou du public pour voir), ça me fait souvent pester. Sur les grilles japonaises (essentiellement câble), ça me fait fulminer à intervalles réguliers, d'ailleurs ; par contre je reconnais qu'au Japon, les séries arrivent vite mais les saisons arrivent souvent lentement, ce qui fait qu'une série arrive au Japon avant qu'elle n'arrive chez nous, mais sa diffusion est ensuite plus étendue (je crois tout simplement que le système de saison n'est pas adapté au mode de consommation télévisuelle japonais, mais j'ai pas encore creusé la question au point de vous le soutenir mordicus).

Alors M6 me fait quand même doucement rigoler avec son offre. C'est parfait pour Blue Bloods, par exemple (ah oui, faut qu'on en parle de cette série... je suis loin d'avoir fait le tour des pilotes que j'ai vus, on dirait), mais pour The Good Wife c'est un aveu d'échec, à mes yeux.

29 août 2010

On a stick

Fin de l'été, et aussi fin des pays ensoleillés pour notre tour du monde téléphagique... Cette semaine, avec le Mexique, on fait également nos adieux à la telenovela, qu'on aura eu l'occasion d'explorer en long, en large, et en travers.

Mexique_JalapenoTV
Sombres héros : la télévision mexicaine pour les nuls

C'est intéressant de voir comment la télévision mexicaine s'est formée autour autour d'une dynastie (de quoi vous faire regarder vos parents de travers pour n'avoir pas eu la bonne idée d'en faire autant...) qui a dominé l'industrie télévisée depuis sa création, et se transmet la présidence de la chaîne principale du pays depuis maintenant 4 générations.

A chaque pays, sa destinée unique. Il y a ceux qui vivent de la diversité, et ceux qui ont du mal à s'y mettre. Ceux dont l'histoire est pleine de tendresse, et ceux qui sont plutôt dans la gestion pure et dure. Ceux où l'État ne peut pas s'empêcher d'y mettre son nez, et ceux où le gouvernement s'en fout un peu, du moment qu'on ne vient pas le contester. Ceux qui ne jurent que par le public, et ceux qui se reposent sur les chaînes commerciales...

J'aurais aimé vous dire que cette semaine a été l'occasion de me remettre à Capadocia, mais hélas le temps a manqué (mes amis, je ne sais plus quoi faire, non seulement je n'ai pas le temps de vous parler de tout ce que je regarde, mais en plus je n'ai pas le temps de tout regarder, c'est vous dire à quel point vous n'avez pas idée de tout ce que j'ai pu cagouler ces derniers temps !). J'aurais aimé vous dire que je me suis envoyé des telenovelas pour me mettre au jus (pour ma défense, j'ai vu un épisode de Rubi et demi, lorsque ça a été diffusé sur M6). J'aurais aimé vous dire que j'ai eu le cran de regarder un ou plusieurs épisodes des deux anthologies fantastiques que j'ai fichées.
Hélas, non. La fiction mexicaine, comme la fiction argentine, souffre d'un énorme déficit en reconnaissance dans nos contrées.

Cependant, je ne perds pas tout-à-fait espoir, parce que je me dis que je n'ai simplement pas cherché au bon endroit. Réfléchissons un instant : géographiquement et démographiquement, il y a de fortes chances pour que les fictions mexicaines intéressent du monde aux États-Unis. Il doit donc y avoir un moyen de trouver des fichiers (et en meilleure qualité que pour Los Simuladores, où franchement la video était facilement téléchargeable, mais tellement moche que j'en avais les yeux qui pleuraient).

Rendez-vous un peu raté avec la fiction mexicaine en ce qui me concerne... mais la semaine prochaine, on change d'horizon, et tout de suite, ça va aller mieux.

31 juillet 2010

Mème pas mal

On l'a tous vu passer, ce mème de 30 jours sur les séries télé. Pendant longtemps, je confesse l'avoir vu comme un moyen un peu facile de poster quotidiennement sans trop se fouler. Mais dans une blogosphère dominée par la review sur un modèle binaire (soit épisode par épisode, soit sous forme de bilan de saison), finalement, ça n'avait rien de curieux.

Mais au risque de passer une fois de plus pour une arrogante, je vais être sincère avec vous : j'ai l'impression que depuis que je suis passée moi-même à un rythme quotidien, je n'ai plus à craindre de donner l'impression de faire du remplissage. Je n'ai pas à me dire qu'on peut trouver que cette histoire de mème de 30 jours est une solution de facilité. J'ai beaucoup de défauts, mais celui d'opter pour la facilité, certainement pas.

Alors je me suis détendue. J'ai regardé ce mème d'un œil nouveau. D'un œil qui dit que, oui, dans le fond, il est sympa ce petit concept. Qu'il s'accorde à merveille avec le principe égocentrique d'un blog.
Mais aussi qu'il oblige à faire des choix.

On me demande parfois quelle est la série que je préfère. Hier soir on m'en demandait 5, et j'avais un mal fou à sélectionner. Je réfléchissais, les noms tournaient dans ma tête, et je me disais : "je l'adore cette série, mais est-elle ma préférée ?", tentant de décortiquer ce que je pense de ce que je ressens...

Je n'ai pas de préférée, j'en ai juste auxquelles je me suis liées, en général parce qu'entre mon appréciation de la qualité et une certaine affection entretenue avec les années, le mélange est savamment dosé pour que la série me colle à la peau. Mais préférer une série ? Non, pas vraiment. Pas une, pas cinq, mais vingt-cinq, cinquante séries. Demandez-moi des recommandations et j'en aurai plein à vous faire. Demandez-moi ce que je regarde en ce moment et j'aurai dix titres à vous proposer, qui changeront chaque semaine, chaque jour.
Hier à m'émerveiller sur Naznaczony la mystérieuse, demain à déballer mon coffret Wallander et vous avouer que je n'avais plus apprécié une série policière depuis longtemps. En oubliant qu'il y avait Southland il y a encore quelques semaines. En attendant que mon coup de cœur sur Capadocia revienne comme il est venu, à la faveur d'un trou dans mon emploi du temps téléphagique.

Ce mème est donc une expérience de l'inconnu pour moi : citer une réponse, et une seule.

Je ne suis pas satisfaite pour toutes. Mais j'ai tenté de m'y astreindre, et en cela, l'expérience était finalement intéressante. Les réponses me surprennent moi-même à un certain moment, parce que dans le fond, elles sont toutes incomplètes, mais en m'obligeant à choisir, je dis certainement quelque chose sur mon état d'esprit du moment.
La semaine dernière, Will & Grace aurait été dans au moins une réponse. Il y a deux mois, Les Craquantes. Il y a un an, Better Off Ted ? Il y a trois ans, Drive, peut-être.

Quand j'étais adolescente, je gardais dans mon journal intime une carte postale recensant des questions du questionnaire de Proust. Chaque année, sans rien préméditer, il me prenait l'envie soudaine de sortir la carte et répondre à chaque question. Ensuite, je comparais avec les années précédentes. Certaines réponses restaient les mêmes. D'autres changeaient plus ou moins subtilement. J'ai perdu mon journal intime de cette époque il y a quelques années lors d'un déménagement, mais je suis sûre que si je refaisais cet exact questionnaire aujourd'hui, il serait le même, et il serait différent, à nouveau.
C'est sans doute aussi en cela que l'exercice est intéressant. Il marque 30 jours de téléphagie, et 30 jours en téléphagie ça passe rudement vite, et en est la photographie. Dans quelques mois, à 20, 50 ou 100 pilotes de là, il en sera autrement.

Alors, toute insatisfaite que je sois avec certaines questions (sans compter celles que je ne me suis jamais posées, comme celle du 21e jour, j'ai tenté le coup.

Et puis, ça ne veut pas dire que pendant le mois d'août, je me sente exonérée de continuer à poster. Oh, bien-sûr, j'aurai la tentation, les jours où je suis crevée ou démotivée (comme c'est déjà arrivé de nombreuses fois depuis le passage en quotidienne), de me dire "oh, d'façons ya un post pour le mème, pourquoi m'en faire ?", mais je sais aussi qu'il va se passer bien trop de choses pour que je m'en tienne à ces posts. Tiens, de toute façon, demain, il va se passer des trucs...

Donc voilà, à partir de demain 20h00 pétantes, le mème des 30 jours commence, il a même sa catégorie rien qu'à lui. N'hésitez pas à y réagir, y poser des questions, voire me conspuer si vous trouvez que je n'ai pas joué le jeu... et c'est parfois arrivé !

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23 juillet 2010

Bluffée, mais pas trop... juste ce qu'il faut

Pourquoi regarder des séries d'autres contrées ? Pour vivre une expérience comme celle-ci, par exemple.
Pour être surprise.

Au bout d'un moment (et je crois que finalement, c'est de ça que j'ai pas mal parlé cette semaine avec mes posts sur la science-fiction), à force de regarder les séries venant d'un même univers, on finit par en maîtriser les codes et avoir du mal à se laisser surprendre. Ça ne vaut d'ailleurs pas que pour la SF, loin de là.
Le weekend dernier, j'ai revu le pilote de Fringe, et poussé le vice jusqu'à tenter l'épisode diffusé ensuite. Pour quelqu'un qui déteste farouchement Fringe, c'était une performance qui nécessitait une bonne dose de patience, une large part d'insomnie, et dix ongles à venir avec application pendant les scènes trop chiantes. Et il y en a eu. Mais globalement, le problème ce n'était pas les scènes en elles-mêmes, c'était l'odieuse impression permanente de déjà vu, et si la fin du deuxième épisode (soit après plus de deux heures de visionnage), j'ai commencé à me dire que ça prenait enfin tournure, globalement, ça restait très largement dans les clous.

C'est donc là qu'intervient la fiction "étrangère", c'est-à-dire toutes les fictions qu'on connait mal ou pas du tout. Évidemment, quand je vous parle du Japon, de l'Inde ou plus récemment d'Israël (je pense que je vais regarder Hatufim sans sous-titres tellement la scène d'ouverture fait envie), c'est un peu facile de parler d'exotisme télévisuel. A culture fondamentalement différentes, codes fondamentalement différents.
Mais ce soir, en rentrant de mon nouveau boulot, j'avais l'esprit trop morose pour finir la saison 8 de Will & Grace (ça va sans doute attendre quelques jours, d'ailleurs, avant de m'envoyer ces 8 ultimes épisodes, pour atténuer le choc de la séparation, après un marathon de moins de deux mois), et je n'avais pas envie de me marrer. La journée avait été frustrante et usante, et j'avais besoin d'exorciser ça avant de me mettre à rire. C'est là que comme par hasard, j'ai réalisé qu'une cagoule lancée la semaine dernière était intégralement tricotée sur mon chez moi informatique, et, me rappelant vaguement du thème de la série pour en avoir fait la fiche, je me suis dit "et pourquoi pas ?".

Et pourquoi pas regarder une série polonaise ? C'était l'idée qui semblait la plus adéquate, parce que, même si on tente de s'en défendre, on imagine tout de suite une série polonaise comme froide, pas très colorée, et en plus le thème tendait à valider cette théorie. Cette série a été récompensée lors du dernier Roma Fiction Fest (c'est comme ça que m'est venue l'idée de la cagouler), et comble du comble, j'ai même réussi à dégoter des sous-titres en anglais, il faut croire que j'avais le cul bordé de nouilles ce jour-là.

Bref, banco. Me voilà donc à regarder Naznaczony, dont je sais juste qu'il y sera question du Bien et du Mal, d'un peu de surnaturel, et d'un homme en apparence irréprochable. Et que la série est censée avoir une bonne réalisation et une bonne B.O., vu les récompenses.

Naznaczony

Je vous le dis tout net : arrivée à la fin de l'épisode, j'en sais à peine plus. Limite, les résumés que j'ai lus (pourtant en anglais, c'est pas comme si j'avais dû traduire du polonais !), je suis même pas certaines qu'ils soient exacts. Gloire à ma curiosité qui va donc me pousser à regarder la suite pour pouvoir s'assurer que j'ai pas raconté des conneries sur la fiche.

C'est flou à un tel point que je doute. Mais ni les sous-titres, ni le scénario ne sont à blâmer pour ce flou, et c'est ça qui fait que le pilote de Naznaczony a été une expérience positive à mes yeux. Le flou fait que mon cerveau de spectatrice imbibée de codes de l'Ouest passait son temps à dire "ah ouais, d'accord, il va se passer ça", et pas du tout. Et, non pas qu'il ne se soit rien passé, mais arrivée au bout des 42 minutes que dure le pilote, je n'avais aucune idée de la façon dont les choses allaient se poursuivre.

On sent bien un certain nombre d'éléments, et que l'intrigue sait où elle va. Mais la construction du truc fait qu'on ne devine pas la structure de l'histoire à l'avance. Il y a effectivement un passage un peu cliché, mais à vrai dire, je ne serai convaincue de sa qualité de cliché qu'une fois que j'aurais vu la suite. Je ne suis même pas certaine que ce truc un peu gros ne soit pas voulu.

Il ne s'agit pas de dire que, ô merveille, toutes les séries polonaises sont merveilleusement intrigantes et originales. Pas plus et pas moins que celles de n'importe quel autre pays, ça va de soi. Mais globalement, on est quand même encore assez convaincus qu'un certain nombre de pays ne sont capables que de fourguer de vieilles merdes abominables et des copies plus ou moins assumées de séries américaines... et voir Naznaczony relativise pas mal tout ça. On sent que dans la façon de penser le récit, il y a quelque chose qui dit "je n'ai pas été formaté par une vision américanisée de la fiction", et c'est très libérateur pour le spectateur, tout ça. Évidemment, c'est difficile de ne pas penser à certaines séries américaines au cours d'une ou deux scènes du pilote, mais chaque fois qu'on croit qu'on sait où ça va, eh bien pas du tout. Je suis très rarement surprise à ce point par la structure de l'intrigue quand je regarde une série américaine.

Et puis, quand même, un mot de la réalisation et de la musique, pour évoquer les récompenses obtenues. La musique est omniprésente, mais à la façon d'un film, où j'ai souvent (pour ne pas dire toujours, parce qu'il doit bien y avoir eu quelques exceptions) l'impression que la musique surjoue légèrement. Ici c'est le cas aussi, mais sans parvenir au niveau de ridicule d'autres productions médiocres (tous pays confondus). On a juste une occupation permanente de l'espace sonore qui fait qu'on devient extrêmement attentif aux thèmes musicaux employés (et leur gamme est relativement large), ainsi qu'aux effets sonores ; et il y en a un, en particulier, que je trouve très efficace et qui est très, très bien trouvé, et très, très bien employé, comme on peut le voir sur la fin du pilote. On nous conditionne sans en avoir l'air à guetter cet effet sonore, c'est franchement bien joué. Il sert en tous cas admirablement à poser l'un des personnages.
Ah, et la réalisation alors. Eh bah punaise. C'est beau. C'est beau, mais c'est pas ultra esthétique, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a juste des angles, des jeux de lumière, qui se glissent dans une scène ici, une autre là, pendant que beaucoup sont juste "propres", voire "austères", et le contraste rend incroyablement bien. La scène sur le port, pendant la tempête, propose des petits effets pour faire des éclairs, et tout, sous la pluie, c'est joli comme tout, mais c'est classique. Et tout d'un coup, paf ! Un plan extraordinaire d'une ou deux secondes à peine, lorsque Tadeusz tombe par terre et lève le nez... merde alors, c'était un coup de génie. Parce que dans le plan suivant, tout est normal à nouveau, les éclairs, la pluie, et c'est tout. C'était très plaisant de voir que la forme jonglait avec notre perception pour souligner certaines caractéristiques de l'un des personnages. Plutôt que de foutre des filtres partout, en faire des tonnes dans les effets incroyables, ou au contraire avoir l'air cheap et coincé, Naznaczony a trouvé un juste milieu qui sonne exactement comme ça : juste. Mais futé.
On n'a pas cherché à m'en mettre plein les yeux, mais on n'a pas lésiné sur la qualité. J'apprécie.

Donc moi vous comprenez bien que vu l'état de flou dans lequel le pilote m'a laissée, avec en plus une bonne réalisation et une histoire intrigante, je pense que je ne vais pas laisser ce crime impuni et que je vais continuer sur ma lancée. C'est dommage, après Will & Grace je m'étais fixé de finir la saison de Capadocia, bon, ce n'est que partie remise.

Mais que voulez-vous ? Ça a toujours été comme ça avec moi. Un coup de cœur chasse l'autre...

...Un coup de cœur pour une série polonaise. Si on m'avait dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Naznaczony de SeriesLive. Ptet que j'y apporterai des corrections quand j'aurai avancé dans mon visionnage, du coup.

30 juin 2010

Prison ferme

Franchement, j'ai hésité. Avant de parler plus en avant de Capadocia, fallait-il attendre que j'en aie vu un peu plus ? Après tout, ça se fait, sur certains blogs téléphagiques.
Et puis, comme cette semaine, je vais plutôt finir la 3e saison de Will & Grace et la 5e des Craquantes (oui le temps passe vite, mais c'est parce que le cagoulage du Mary Tyler Moore Show a un peu ralenti alors, ça s'équilibre, quoi...), parce que je suis de particulièrement bonne humeur en ce moment (sauf quelques petites ratées çà et là), donc autant ne pas remettre ça aux calendes grecques, pas vrai ?

Ok, alors. Pour ceux qui n'ont pas cliqué la dernière fois, bien que manquant cruellement de culture, laissez-moi d'abord vous résumer grosso-modo ce dont parle le pilote de ma toute première série mexicaine. Voilà donc le pitch (tiens, comment on dit pitch en espagnol ?).

Imaginez une prison pour femmes. Murs délabrés, cellules surpeuplées, trafics de drogues, le bazar habituel... Imaginez maintenant que des groupes d'intérêt privés aient l'intention de faire du business grâce à cette manne de main d'œuvre corvéable à merci. Problème : tant que la prison existe sous sa forme actuelle, c'est-à-dire gérée par l'État, impossible de faire entrer l'argent dans les caisses, il faut donc que la prison telle qu'elle existe pour le moment soit fermée, au profit de l'établissement pénitentiaire/l'usine que lesdits groupes d'intérêt viennent de faire construire. La technique employée est effroyablement simple : provoquer une émeute qui prouvera inefficacité du système actuel. L'un des lobbyistes va donc, avec le concours d'une gardienne de la prison, mettre le feu aux poudres, à la suite de quoi, la nouvelle prison pourra ouvrir. Fermer. Enfin, vous saisissez l'idée.

Capadocia

Le pilote de Capadocia est l'épitome de l'épisode d'exposition. Au point que seules les 10 dernières secondes se passent dans la nouvelle prison expérimentale. Et pourtant, pas l'ombre d'une lenteur, pas le moindre temps mort. Une heure d'émotions fortes non-stop, en fait.

Si les comparaisons avec Oz semblent s'imposer d'elles-mêmes, à plus forte raison parce que Capadocia est une série HBO Latino, elles sont toutefois limitées, si on s'en tient au seul pilote. Capadocia parle autant de politique en-dehors de la prison que de ce qui se passe entre les murs, quand Oz était quand même bien claustro.

En fait, Capadocia dresse le portrait de deux univers de violence, alors que, dans un monde idéal, la violence devrait justement en être absente.

D'une part, l'extrême violence des femmes, qui s'exprime tout au long de l'épisode, mais avec plus de force, évidemment, pendant l'émeute. Dans la société mexicaine (comme dans beaucoup d'autres...), la femme est censée être l'épouse aimante, la mère attentive. Capadocia nous rappelle que la violence physique et la haine ne sont pas l'apanage des hommes. Il n'y a pas d'un côté la brute sanguinaire et de l'autre la docile bobonne. La brutalité, voire la bestialité, n'est pas réservée au monde masculin, et n'importe laquelle d'entre nous peut potentiellement basculer. Ce constat est terrible, mais il a aussi, quelque part, quelque chose de féministe : dans le fond, homme ou femme, nous n'en sommes tous pas moins humains, c'est-à-dire imparfaits et victimes de nos pulsions.

D'autre part, le seconde univers est dominé par la cupidité des hommes d'affaires. Un monde que l'on imagine, dans l'idéal du moins, raffiné, sophistiqué. En fait, sous les sourires, les politesses, les cocktails et les brunchs de travail, se cache une autre sorte d'ignominie. Capadocia oppose ces deux mondes de vice, et on se pose la question : qui est le vrai criminel, ici ? Celles qui sont victimes d'une société qui ne leur pardonne rien et les pousse dans leurs retranchements, ou ceux qui, sans jamais se salir les mains, sont prêts aux pires bassesses par pur intérêt ?

Des femmes cruelles entre elles dans un monde dominé par des hommes sans scrupules.
Triste constant que celui de Capadocia.

Seuls deux personnages, au vu du pilote, semblent faire exception à leurs mondes respectifs : l'avocate spécialisée dans les droits de l'Homme, idéaliste mais déterminée dans sa lutte, est profondément pacifiste. Elle veut régler les problèmes sans violence, et de l'intérieur du système. Et puis, il y a le gouverneur de Mexico, un homme politique intègre qui refuse les pots de vin, et souhaite, apparemment avec sincérité, que l'État soit plus juste dans sa gestion du problème pénitentiaire.
Incidemment, tous les deux ont été mariés l'un avec l'autre, et je ne serais pas surprise que ce lien qui semble aujourd'hui dissous (avec leur divorce) les rapproche à l'avenir, au moins sur un plan idéologique.

La violence de Capadocia n'est pas que visuelle, bien que l'horreur soit à son comble pendant l'émeute. Elle est essentiellement psychologique, et c'est celle de toute une société. Le constat pessimiste de ce pilote est sans appel, et on ne se fait aucune illusion sur ce que sera la vie de ces femmes dans la toute nouvelle prison.

Par-dessus le marché (parce que bon, pourquoi se contenter d'être bon quand on peut atteindre l'excellence ?), Capadocia propose aussi une galerie de portraits qu'on devine complexes, et dont le pilote donne une idée générale assez nette mais ouverte à l'évolution.

Pour moi, les deux personnages les plus marquants sont la Negra et Bambi.
Gardienne au regard sévère et pas forcément très franc, la Negra est l'allumette qui met le feu aux poudres. Un personnages dont on comprend qu'elle possède un don d'observation très aiguisé, et une excellente compréhension de ce qui se joue dans la tête de chacune de ses prisonnières. Ce n'est pas une brute, ce n'est pas une crapule, c'est juste, à sa façon, une autre victime du système. Sa réaction face à l'émeute est douloureuse et forte à la fois, pas étonnant que ce soit elle qui ouvre le pilote ; nul doute qu'entre culpabilité, sens du devoir et cupidité, son évolution aura quelque chose de complexe et d'authentique.
Mon autre sifflet d'admiration ira à Bambi, une petite carcasse frêle au regard fuyant, qui abrite l'esprit d'un démon. Pendant tout le pilote, ce personnage est impressionnant, principalement grâce à l'interprétation qui en est faite. Entre servilité et désir de revanche, intelligence aigüe et instinct animal, sang-froid glacial et panique découse, Bambi est un personnage superbe dont on ne demande qu'à voir l'évolution. Quelle facette de sa personnalité l'emportera ? Y a-t-il un espoir de rédemption pour elle, ou ne peut-elle que descendre plus profond vers la racine du mal ? Son œil est capable de capter la plus délicate des beautés, sa main de produire la plus terrifiante des horreurs. Elle veut s'en sortir, mais elle veut aussi posséder la Colombienne... Ce qui se joue avec Bambi, c'est un peu une allégorie de la condition féminine en prison.

Les personnages, l'intrigue, les thèmes... tous les ingrédients sont présents pour que Capadocia soit une série captivante. La réalisation est en plus parfaitement maîtrisée, de bout en bout.
J'ai déjà cagoulé la suite et, croyez-moi, je vais en user. Dussé-je aller ensuite en prison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capadocia de SeriesLive.
Oh, une série mexicaine sur SeriesLive, je me demande s'il va bientôt y en avoir d'autres...

25 juin 2010

[DL] Capadocia

C'était vraiment une semaine épatante. Si j'étais pas si crevée, je vous raconterais tout ce soir, mais ce sera l'affaire d'un autre jour (blâmez la SNCF qui laisse les motrices de ses trains brûler et bloquer la circulation de toute une partie du RER...).
Du coup, en attendant de mieux vous parler de ce qui reste quand même le temps fort de la semaine dans le coin, la découverte d'une série mexicaine, voici son générique. Capadocia est une série carcérale de HBO Latino, et rien qu'en sachant ça vous avez tout compris. Si les comparaisons sont inévitables avec Oz, la série est néanmoins très différente sur bien des aspects, et ça se voit en fait dés le générique.

Capadocia
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

L'ajout de chœurs, vers la fin, est juste parfait. D'ailleurs on retrouve cette emploi dramatique de la musique dans le pilote. Il y a quelque chose de très musical dans l'ensemble, en dépit du thème. Et, ce que Capadocia propose aussi, c'est une galerie de portraits, et ça on le sent tout de suite. En plus d'être une bonne série (enfin, dés que j'ai vu le deuxième épisode, je vous le confirme), Capadocia a aussi un excellent générique. Et ça, je dois l'admettre, ça m'encourage drôlement à poursuivre l'aventure mexicaine. On en reparle très vite. C'est bien simple : je m'évanouis, je me réveille, et je vous rédige ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capadocia de SeriesLive. On y trouve vraiment des fictions de partout, sur ce site...!

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