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ladytelephagy
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aishiteru ~kaiyou~
22 juin 2009

Le mieux est l'ennemi du bien

Je vous ai déjà parlé de ma déconvenue du moment en matière de télévision japonaise, qui consistait à dépérir en attendant qu'une bonne âme ait l'idée de sous-titrer en anglais Aishiteru ~Kaiyou~. En l'absence de pareil miracle, mon attention se reporte (à grand'peine) sur d'autres nouveautés du printemps. Aujourd'hui, je me suis donc prise par la main, et j'ai donné sa chance à Yakou no Kaidan.

L'impression générale qui ressort de cette série est avant tout la dispersion. A force de vouloir en rajouter dans le scabreux, le pilote finit par partir dans tous les sens et c'est particulièrement désagréable de se rendre compte, au bout d'environ 45mn, que vous n'avez aucune idée du thème de la série.

S'agit-il d'une critique de l'ambition ? C'est vrai que le personnage principal de Yakou no Kaidan est rongé par une ambition malsaine. Il souhaite en effet réussir dans le milieu de l'esthétisme, et n'hésite pas à jouer les gigolos auprès de vieilles peaux pour cela pour se faire subventionner son propre salon de beauté (j'ai eu une pensée pour Christian Troy). Michio Sayama souffle le chaud et le froid sur son actuelle bienfaitrice, et se montre manipulateur à chaque instant, jusque dans sa façon de la toucher. A elle seule, cette idée assez perverse était largement suffisante pour donner de l'intérêt à la série, et pourtant...

S'agit-il d'une enquête policière ? Le pilote s'ouvre sur la reconstitution d'un meurtre ayant eu lieu 5 ans plus tôt. Le meurtre est brutal et l'accusé principal est maintenant décédé, mais l'enquêteur responsable a des doutes et soupçonne qu'un autre homme est à l'origine du meurtre en question. Il a juste mis beaucoup de temps avant de comprendre les circonstances exactes du meurtre. Maintenant, il va tenter de démasquer celui qu'il pense être à l'origine de cet acte impardonnable, en demandant à sa fille d'approcher le suspect, qui s'avère être Michio, pour le tenir à l'oeil sans éveiller sa méfiance. Ce second axe est effleuré à grand'peine à mesure que l'épisode avance, et surtout on ne comprend pas très bien pourquoi il se superpose au premier, et pourtant...

S'agit-il d'une histoire de rédemption ? Michio semble jouer au chat et à la souris avec sa propre nature. Gigolo, tueur, amant, artiste, il est un peu tout cela à la fois mais se laisse porter par ses pulsions au lieu de les dominer pour qu'elles servent ses ambitions. Pourtant, son âme est visiblement torturée par ses actes, et la rencontre avec Sachiko Edamura, qui allie à la fois une certaine perversité elle-même, une reconnaissance sociale marquée, et en plus une beauté sophistiquée, ne semble que raviver ces blessures. Il met en danger son ambition dévorante, sa relation avec sa protectrice, son travail, et surtout son secret, en décidant de la fréquenter. Espère-t-il devenir meilleur, ou au moins être lui-même sans avoir à manigancer pour cela ? Le doute subsiste.

Le problème de ces trois axes est avant tout qu'au lieu d'ajouter de la profondeur, ils n'ajoutent que du flou. La complexité du personnage central de Michio ne nécessitait absolument pas cette surenchère de trames scénaristiques, qui s'emmêlent au lieu de parvenir à se donner du sens les unes aux autres. Pourquoi tuer (et s'en vanter auprès de sa mécène) si Michio souhaite évoluer dans les hautes sphères de la société ? A quoi a bien pu lui servir le premier meurtre ? Pourquoi passer autant de temps à exécuter des travaux d'approche minutieux avec Sachiko si c'est pour finir l'épisode de la sorte ?
Au lieu d'être intrigantes, les contradictions de l'épisode sont hautement irritantes.

A trop vouloir en faire, on finit par ne plus réussir à accomplir grand'chose. Pour un cas d'école, tentez Yakou no Kaidan.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Yakou no Kaidan de SeriesLive.

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20 mai 2009

C'est pas que je ne veux point, c'est que je ne peux point

Depuis quelques semaines, je guette une nouvelle série, arrivée sur les écrans de NTV ce printemps, et intitulée Aishiteru ~Kaiyou~ (qu'on pourrait traduire par Amour et pardon, par exemple, voire même mieux si on avait le talent qui me manque pour inventer des titres).
Pourquoi cette série-là plutôt qu'une autre ? Tout simplement pour le choix de son sujet : un petit garçon de 10 ans en a tué un autre de 7, et les familles des deux enfants vont devoir vivre avec ce drame. Vous êtes déjà en train de m'imaginer me frotter les mains ? Normal, ça veut juste dire que vous commencez à cerner mes goûts.

Le problème, c'est que cette série, même avec toute la bonne volonté du monde, je ne peux pas la regarder. Pourquoi ? Eh bien pour une bête question de sous-titres, puisque je ne parle pas japonais (ou alors comme une vache espagnole, ce qui est d'autant plus contrariant que je n'ai jamais étudié l'espagnol de ma vie). C'est là que je prends la mesure de ce que ce doit être pour les téléspectateurs non-anglophones que d'attendre désespérément qu'une bonne âme fournisse les sous-titres d'une série méconnue venue des States ou autre. Je ne me rends pas compte de ma chance parfois.

Ce genre de circonstances me fait réaliser aussi combien il est difficile et peu encouragé d'être curieux culturellement parlant. Vous voulez regarder des séries ? Ne vous contentez surtout que ce qui est diffusé et/ou distribué dans vos contrées. Tant pis pour vous si la série qui a piqué votre curiosité, ou le genre que vous préférez, n'a pas les honneurs des attentions françaises. Pire encore, sitôt qu'on sort des pays habituellement fournisseurs de fictions (USA, et dans une moindre mesure Canada, Royaume-Uni, Allemagne, et encore plus loin derrière l'Italie), circulez, ya rien à voir. Vous avez décidé de donner leur chance, ne serait-ce qu'une fois, aux séries issues de pays africains, arabes, slaves ou asiatiques, tant pis pour vous. On ne vous donnera pas la moindre aide en ce domaine. Vous mourrez idiot s'il le faut.

Il existe des moyens de trouver des dorama (pas tous hélas) sous-titrés à partir du japonais, du coréen... j'ai de gros doutes en ce qui concerne d'autres nations. Pourtant chaque pays ou presque a sa production nationale, mais rien à faire, vous ne parviendrez pas à mettre la main dessus, ou alors en n'en comprenant pas un mot (voir aussi : Arslaan). Voilà qui me met absolument hors de moi. Hors de ce qui est considéré comme rentable par les diffuseurs ou les distributeurs, point de salut. Et point de légalité non plus...

Je sais bien que la découverte de séries congolaises, danoises ou russes n'intéresse qu'une partie extrêmement marginale de la population, y compris de la population téléphagique. C'est tout aussi vrai pour le cinéma, la musique ou la littérature. Mais pour ceux qui n'ont pas les moyens commerciaux, il n'y a ni les moyens légaux ni mêmes les moyens illégaux, de faire des découvertes, d'élargir leurs horizons, de tâter un peu ce qui se passer ailleurs, prendre le pouls culturel de la planète, avec ce que cela pourrait apporter de captivant comme de pitoyable, ya pas de raison, mais au moins on se ferait une idée.

On ne peut évidemment pas reprocher aux teams de fansub de ne pas traduire TOUTES les séries nippones/coréennes/peu importe de la création. Si je prends l'exemple du Japon, cette ambition serait de toutes façons invivable puisque les séries sont conçues pour être courtes et remplacées environ à chaque trimestre par une nouveauté, les prolongations sur plusieurs saisons tenant plus de l'exception que de la règle.
Mais dans ce cas que reste-t-il ? Quelle est l'alternative de ceux qui n'ont pas une vision simpliste de la culture, qui ne veulent pas juste se contenter de ce qu'on leur jette comme de la viande à des chiens affamés, et qui sont curieux ? Rien. Il ne reste rien.
Sinon l'investissement dans de la littérature Assimil.

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