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ladytelephagy
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a la maison blanche
7 septembre 2010

Télé éducative

Aujourd'hui, un post de pure science-fiction. Non, ce n'est pas la suite de mes interrogations lasses sur les pitches de SF (qui d'ailleurs ont largement été atténuées par la découverte de District 9 sur les recommandations éclairées de Livia), mais un post qui en lui-même, relève de l'imaginaire.

Il y a eu une naissance, récemment, dans mon entourage. Fait peu courant parce que, globalement, on est en froid avec la plupart des membres de notre famille, mais surtout parce que, même en cherchant bien parmi ceux à qui on ne cause plus, on doit être 5, à tout casser, à être dans la tranche d'âge où on pourrait faire des enfants. Dont ma sœur, moyennement motivée, et ma cousine, pas tellement plus convaincue mais bon, elle vient de se marier, on en reparlera dans quelques temps ; du côté des garçons j'ai pas de nouvelles mais apparemment ce n'est pas à l'ordre du jour. Quant à moi, j'ai clairement fait savoir qu'il valait mieux porter ses espoirs sur autre chose, qu'au mieux je veux bien produire quelques textes chaque semaine, mais que c'est tout ce qu'on fera sortir de moi (et à l'approche des trente ans, mes parents commencent à réaliser que je ne déconne pas et que les chances que je change d'avis s'amenuisent). Donc, la natalité, dans ma famille, c'est pas ça qu'est ça. Obligée de me tourner vers les proches en-dehors du cercle familial.

Cette naissance a donc déclenché quelques interrogations de ma part, dont le tout naturel : "et tu vas lui faire regarder quoi, à ton gosse ?". Ce qui, nous en conviendront tous, est une question des plus évidentes lorsque l'enfant paraît. Devant l'absence de réponse de mon interlocutrice (dévoilant par là que son projet éducatif n'est pas encore bien clair), je me suis donc mise à imaginer ce que moi, je ferais voir à mon gamin, si par le plus grand des malheurs il m'en venait un.
Malheur qui, si je puis me permettre, serait probablement réciproque chez ledit bambin : "maman c'est quand qu'on mange ?"/"chut, laisse-moi finir ma saison".

Baby

En tant que téléphage, la télévision fait partie intégrante de l'arsenal que je déploierais pour éduquer un gamin. C'est tellement évident que je ne devrais même pas avoir besoin de le préciser.

Je ne dis pas qu'il serait question pour moi de me servir de la télé comme d'une nourrice, au contraire. Je ne vois pas l'intérêt de mettre un chérubin qui ne sait pas encore parler devant une télé qui blablate à longueur de temps, pour commencer. On ne regarde pas la télévision parce que ça bouge et ça fait du bruit, on la regarde parce qu'elle raconte quelque chose, de réel ou de fictif (souvent un peu des deux), et pour cela il faut que la parole soit déjà présente, ça semble logique. Certes, je ne suis pas très au fait de ce que disent les spécialistes sur la capacité de compréhension d'un bébé avant et après qu'il possède le don (ou la malédiction, ça dépend du point de vue) de parole, ça se trouve un bébé est tout-à-fait capable de piger ce qui se dit dans un programme pour jeunes enfants, je n'en sais rien, je m'en fiche. Là, tout de suite, un expert débarquerait pour me dire qu'un enfant de 6 mois peut suivre sans problème un épisode d'A la Maison Blanche, c'est le même tarif. Si le gamin ne peut pas parler, je ne vois pas pourquoi il regarderait la télé.
Évidemment, je ne le parquerais pas dans son berceau pendant que je regarde moi-même la télé, il serait éventuellement envisageable que quand je la regarde, il soit dans les parages, donc il pourrait l'entr'apercevoir, mais je ne lui ferais pas spécialement regarder.
Ce serait plutôt une façon réaliste de lui faire comprendre que dans les décennies à venir, s'il me cherche, il sait où me trouver : cherche l'écran, tu trouveras maman.

Ainsi donc, être capable de communiquer avec le gamin semble, de façon instinctive, logique. S'il ne peut pas discuter de ce qu'il voit, ça n'a pas le moindre intérêt. Ensuite, effectivement, viendraient les années les plus horripilantes, quand le gamin peut parler mais n'a rien à dire et finit par faire du bruit. Je vous avoue que ces 3, 4, ou peut-être 5 années-là sont une des grandes raisons qui m'incitent à ne pas faire d'enfant (ça, et les 15 suivantes ; en gros, je suis tout-à-fait prête à avoir un enfant s'il m'est livré majeur, par exemple). Il y a probablement des choses à faire regarder à un enfant qui est en maternelle, mais pour ma part je n'en vois aucune actuellement.

En fait, je commence à avoir une idée précise des séries que je ferais regarder à un enfant vers l'âge de 6 ou 8 ans, mettons.
Instinctivement, j'ai envie de dire que beaucoup des séries que j'ai vues dans ma propre jeunesse lui seraient recommandées. Punky Brewster, par exemple, très bien. Ricky ou la Belle Vie, très bien aussi. Des séries mignonnes, tous publics (enfin, je me suis pas fait d'intégrale mais d'après mes souvenirs et les pilotes revus récemment, je pense quand même que je ne m'avance pas trop), mais pas abrutissantes. Je ne vais pas me donner la peine de donner naissance à un gamin si c'est uniquement pour qu'il aille grossir les flots de décérébrés qu'on trouve déjà en quantités un peu partout. Non, si je dois avoir un mioche, autant ne pas le trépaner. Car ces séries ont quand même le mérite de n'être pas totalement des séries de Bisounours : une orpheline qui vit dans la rue, un petit garçon qui n'a pas de maman... bon, on ne va pas se le cacher, ce que je vais donner à manger téléphagiquement à mon gamin imaginaire, c'est pas quelque chose d'idéalisé.
Hélas, je n'arrive pas à penser à un exemple de série récente qui s'inscrive dans cette démarche. Des idées ?

Mais surtout, c'est ensuite que les choses se jouent. Jusque là c'est facile : le mioche vit en circuit quasi-fermé, il n'a pas de raison de sortir du cadre scolaire ou familial sans encadrement, il est culturellement contrôlable. Mais vient l'âge honni de la pré-adolescence, et là, tout bascule. Les forces qui sont en jeu sont énormes. Il faut lutter contre la société toute entière.
Le défi ? Éloigner mon rejeton des tentations des séries Disney.

En garde, héritières hélas inévitables de Hannah Montana, remakes honteux de Phénomène Raven, surenchères de niaiseries chantées à la Sonny with a Chance ! Ce n'est pas parce que tout le monde les regarde qu'il faut que le fruit de mes entrailles en fasse autant. Et si tout le monde se jette du haut d'un pont, est-ce qu-... Hm. Passons. Non, c'est un combat à la vie à la mort pour le salut de l'âme de la Bête pré-adolescente qui vit dans la chambre dans laquelle je ne peux plus entrer. Oh, c'est sûr, je vais me faire haïr pour ça, mais de toute façon je vais me faire haïr, alors autant que ce soit pour la bonne cause.
Et avec les années, le défi va augmenter. Alors qu'inexorablement, je vais devoir laisser l'Animal sortir de la maison de plus en plus souvent, pour des motifs qui me sembleront ridicules tels qu'aller faire du lèche-vitrines, se retrouver pour jouer au foot, ou même, jusqu'où ira la débauche, des pyjama parties (et encore, Dieu nous préserve des goûters d'anniversaires, mais enfin tu l'as pas déjà fêté l'année dernière ?!), je vais perdre le peu de contrôle que j'avais sur la consommation téléphagique de la Bête, c'est sûr.

C'est pour ça qu'il faut prendre les devants avant même les 10 ans. C'est ce que préconisent tous les spécialistes de la téléphagie. Statistiquement, c'est à ce moment-là ou jamais. Il me faudra alors regarder le plus possible de bonnes séries avec mon gamin, des séries récentes, évidemment, on ne veut pas l'effrayer ce petit, mais des classiques, aussi : 10 ans, La Belle et la Bête. 11 ans, Une Nounou d'Enfer. 12 ans, V. 13 ans, Oishii Gohan.14 ans, Pushing Daisies. 15 ans, Angela, 15 ans. 16 ans, A la Maison Blanche, Boston Public, Mousou Shimai, Roseanne, Better Off Ted... Je n'aurai jamais assez de temps !
Et ne pas juste lui faire regarder, non, regarder avec lui, et discuter, discuter, discuter, et expliquer, expliquer, expliquer...

Ça m'épuise juste d'en parler.
C'était déjà tellement difficile de m'éduquer moi-même téléphagiquement ! Regardez : bientôt 30 ans, et j'en suis à peine à aborder l'Asie, l'Afrique, l'Amérique du Sud... Non, il y a trop de boulot. La tâche est énorme.
Rien que pour ça, papa, maman, désolée, mais je ne ferai jamais d'enfant.

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12 août 2010

[Day 12] Encore revu récemment, tiens...

MemeDay_12

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche A la Maison Blanche de SeriesLive.

8 août 2010

[Day 8] Surtout les membres de cabinet

MemeDay_8

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche A la Maison Blanche de SeriesLive.

3 juillet 2010

Tois-toi et mange

Être téléphage, c'est être consommateur. Consommer du programme télé (bien souvent importée), consommer de l'information (visiteurs réguliers de sites et blogs, abonnés aux magazines spécialisés, éplucheurs de programmes télé, fans de Morandini, vous m'avez comprise), consommer du DVD, etc... On est des consommateurs, dans notre genre, avec un certain pouvoir d'achat, et qui permettons de faire gonfler les revenus de ceux qui nous pourvoient. Mais alors, ce qu'on peut se foutre de notre gueule, c'est royal.

Si on traitait les consommateurs de, disons, au hasard, viande bovine, comme on nous traite, la vache folle serait aussi courante que la grippe. Ok je caricature. Mais à peine. Un téléphage français n'a aucune façon saine à sa disposition de consommer son produit. J'explique.

Aux États-Unis, à part dans des cas assez ponctuels de diffusion erratique (nombre insuffisant d'épisodes, audiences catastrophiques, et annulation, étant les plus gros problèmes), le téléphage local sait quand, et où, et comment, consommer sa série. Il sait qu'à partir du moment où une chaîne s'est engagée à diffuser une série, elle ira au bout dans la mesure du possible, à part bien-sûr en cas de problème évoqué plus haut. Que la série ne bougera pas de case horaire pour atterrir à une heure indue. Que cette même série ne se verra que rarement tronquée, tronçonnée, censurée au dernier moment.
Je ne dis pas que ces choses n'arrivent jamais, je dis simplement qu'elles restent dans la limite du raisonnable et sont des évènements qui ne tiennent pas de la pratique systématique. Le consommateur américain, je vous prie de le croire, lorsqu'il a un soucis, il râle auprès de la chaîne, et il arrive souvent que la chaîne s'adapte. Exemple : n'importe quelle série sauvée des eaux, à l'instar de Roswell. Et pourquoi la chaîne elle s'adapte ? Pourquoi elle essaye de satisfaire son consommateur ? Parce qu'elle est bien au courant qu'elle n'est pas seule au monde et qu'il ne tient qu'à un mouvement subreptice du pouce pour que le consommateur aille consommer ailleurs. La loi de la concurrence. Et comme la chaîne, elle a investi des sous et des moyens humains dans la production d'un show, elle est pas folle, elle surveille.

C'est pire encore en Asie où, grosso-modo, le spectateur est traité en prince. Au Japon, c'est bien simple, même si une série devait faire des audiences négatives, il est ultra-rare qu'elle soit annulée. En fait, une série connait toujours une fin au Japon. Voilà qui fait rêver ! Quant à la Corée du Sud, si elle a développé une plus grande tendance à raccourcir ou prolonger ses séries, c'est toujours en avertissant la production (qui bien souvent est une équipe de la chaîne) histoire d'adapter les épisodes en plus ou en moins. Le résultat de pareilles variations n'est pas idéal, mais en tous cas, il indique qu'il y a effort pour essayer de contenter le spectateur. Il faut dire que dans ces deux pays, quand une chaîne reçoit 200 réclamations, elle estime que toute la population est outrée au dernier degré, et la notion d'irréprochabilité est toute-puissante. Quand une chaîne fait le moindre petit faux-pas, elle se répand en excuses auprès de ses spectateurs. Avec auto-flagellation et toute la panoplie.

Prenons maintenant le cas qui nous préoccupe : le consommateur français. Au-delà de toute considération sur le respect de l'œuvre (les chaînes n'en ont cure de toutes façons), comment traite-t-on le téléspectateur français ? Comme un malpropre. C'est lui qui est à l'écoute de la chaîne et qui est sommé de s'adapter. Une chaîne achète des droits de diffusion pour une série ? Il faut parfois s'armer de plusieurs années de patience avant de la voir poindre son nez. Et quand elle arrive, c'est dans un créneau horaire incohérent, et c'est au téléspectateur de se rendre libre. Et lorsqu'une série a les honneurs du prime, elle est charcutée comme un jambon pour rester tous publics. Et même dans ce cas, il n'est pas dit que les épisodes passent dans l'ordre, pire, on assiste à des aberrations du genre "un inédit suivi d'une rediff" (spécialité made in TF1 que M6 s'est depuis approprié), dans des créneaux d'une durée double !

Certaines séries sont indifféremment diffusées de façon quotidienne, ou hebdomadaire, parfois une fois l'un une fois l'autre selon les trous qui sont à combler dans la grille. Lors des rediffusions, qui ne suivent aucun schéma prédéfini, on peut parfois ne jamais revoir certains épisodes (je pense à l'épisode de Noël animé d'Une Nounou d'Enfer, diffusé environ une fois sur dix), ou même certaines saisons ! Il n'est pas rare qu'une série soit purement et simplement déprogrammée, sans explication, parfois sans même prévenir à la fin du dernier épisode diffusé. C'est la surprise la semaine suivante. Ou le jour suivant. Parfois les deux (le final de la saison 3 de Grey's Anatomy ?). Les séries qui arrivent à maintenir une certaine régularité sont traites jusqu'à la dernière goutte, et le consommateur a alors droit à 3 épisodes en enfilade, dont il se goinfre goulûment parce qu'on ne sait jamais quand sera la prochaine fois. Les chaînes créent une confusion folle en mélangeant les inédits et les rediffs, en ne prévenant que rarement lorsqu'un épisode a déjà été diffusé tout en lui faisant occuper la case horaire d'un inédit... C'est n'importe quoi !

Mais ça, vous le savez déjà.

Alors quoi ? Alors, eh bien le consommateur français ne sait pas consommer sa série. C'est vrai, mettez-vous à la place du téléspectateur lambda, non-atteint de téléphagie j'entends, qui est confronté à cette situation. Comment peut-il décemment devenir un consommateur averti ? Il est complètement manipulé par la chaîne, subit complètement ses décisions et ses envies, en bref, il est infantilisé. Ça tiendrait presque du lavage de cerveau, pour un peu. Il regarde ce qu'on lui donne, bien content qu'on lui donne déjà quelque chose. Et tant pis si les rediffs de NCIS font plus d'audience que des inédits de Threshold (et je prends à dessein deux séries que je méprise pour qu'on ne puisse pas dire que c'est une revendication partisane, parce que je préfère l'une à l'autre !), on s'en fout ! Du moment qu'ils regardent ce qu'on leur donne !

Actuellement, chaque série se consomme différemment. Le téléspectateur français n'a pas d'habitude avec sa série, ce qui est le comble de la téléphagie. L'une sera diffusée chaque automne à raison de deux à trois épisodes (Urgences), l'autre sera diffusée chaque été à raison de deux épisodes (LOST) mais pas toujours à la même heure, certaines seront mitraillées à raison de deux saisons en quelques semaines voire même encore plus hâtées sur la fin (Grey's Anatomy), d'autres sont presque cachées à des heures ridicules alors que complètement tous publics (A la Maison Blanche) puis interrompues sans raison apparente (Six Feet Under), s'insèrent là-dedans des rediffusions qui, s'intercalant avec les inédits, créent des confusions dans la timeline (NCIS, Stargate...), certaines sont multi-rediffusées sans justification d'audience ni de popularité (Le Caméléon, The Sentinel), certaines ne le sont pour ainsi dire jamais (L'Enfer du Devoir, V...) ou alors uniquement sur une chaîne du câble ou de la TNT, certains sitcoms sont récitables par cœur comme du Prévert (Une Nounou d'Enfer), d'autres sont enterrés sans raison (Roseanne, Papa bricole), certaines séries très accessibles et bien écrites sont camouflées à des heures hallucinantes (Scrubs), certaines sont rediffusées inlassablement dans l'ignorance la plus totale (Le Justicier de l'ombre)... A chaque série sa façon d'être consommée. Et on ne sait jamais ce qui viendra après.
A chaque série ses façons d'être consommées, selon l'âge du vent et le sens du capitaine.

Mais vous le savez, ces programmes ne sont pas du tout conçus pour être diffusés de la sorte ! A la base, une série est hebdomadaire, tout frustrant que ça semble être ! Bombarder le télespectateur pendant quelques semaines, et ensuite le laisser en plan pendant les trois quarts de l'année, est une aberration ! C'est anti-commercial, mais comme en attendant, ledit téléspectateur n'a pas le recul qui lui permettrait de dire "bah je vais pas regarder autre chose juste parce qu'une autre série occupe le créneau habituel", alors c'est pas grave, ça continue. Aux States, la série est rediffusée en syndication si elle franchit la barre des 100 épisodes, en France, ça ne veut rien dire ! Young Americans s'est fait rediffuser plusieurs fois, et avec plusieurs années d'intervalle, mais pas Space 2063 qui n'a connu la rediffusion que dans les deux ans qui avaient suivi son statut d'inédit (une saison chacun pourtant). C'est aberrant ! On nous maintient éternellement en position d'attente, de soumission. Quoi que fasse la chaîne, on prend ce qui vient. Les séries se font et se défont, et les chaînes l'ont bien compris, qui désormais se contentent de faire de la pub et brandir le panneau de la réussite outre-Atlantique, pour nous faire regarder indifféremment tous les genres de programmes.

Nos cerveaux bouillonnent (le coca, peut-être ?) et reçoivent tout ce qu'on leur jette en pâture, sans avoir jamais le temps de l'analyser, de le remettre en question. La stratégie des chaînes consiste à créer le besoin, et nous sommes trop occupés à être submergés par ce besoin pour être des téléspectateurs avertis. C'est incroyable !

Que dirait-on de toute autre industrie se comportant de la sorte ? Que dirait-on d'une entreprise de yaourt qui déciderait de mettre des yaourts au citron sur le marché, puis de les retirer, mettre de la framboise dans certains magasins mais pas dans d'autres, puis remettre une palette de citron pour la retirer si ça ne se vend pas, faire subir plusieurs années de vanille pour finalement faire mettre dans le fond des rayons de la fraise ? Ne trouverait-on pas que le choix du consommateur serait bafoué ? Ne penserait-on pas que l'entreprise ne le respecte pas et le trait purement et simplement ? Mais qu'une chaîne fasse ça, et ça laisse tout le monde indifférent. Et voilà comment on fabrique des bœufs et non des téléspectateurs capables de faire monter les enchères, et inciter à se diversifier, et s'améliorer, et s'affiner. Quand une chaîne sans considération pour son consommateur fait presque la totalité des audiences record d'une année, comment faire fonctionner la loi du marché avec le rôle de la concurrence ? Que peut bien signifier la menace de ne pas regarder une chaine si elle ne se comporte pas correctement avec ses spectateurs ? Rien !

Taistoietmange

10 mai 2010

La route est droite, mais la pente est forte

On a tous entendu ces petites phrases, mais rien à faire, on ne s'y fait simplement pas.
- "Les Américains ça doit leur faire drôle, une série aussi intelligente !"
- "Nan mais attends, une série américaine ; moi je m'attendais à pire !"
- "J'aime bien cette série... même si elle est américaine."

Ces phrases, vous les aurez reconnues, ce sont celles que sortent les apprentis-téléphages en pleine épiphanie, ces débutants qui découvrent que les termes "les séries américaines" recouvre plus que Dallas, la dernière série dont les médias aient suffisamment parlé pour qu'ils y jettent un œil, et dont ils avaient tiré une leçon assez médiocre sur les capacités télévisuelles de l'Amérique, ce pays notoirement crétin vu de notre côté de l'Atlantique où tout est si beau, si intelligent, si culturellement exceptionnel.

Une fois de plus, aujourd'hui, j'ai entendu ces phrases et quelques autres, clichés typiquement français sur "les séries américaines", dans ce que l'expression a de plus péjoratif.
Il parait que Dr House finit ce soir, et l'apprentie-téléphage à qui on doit cette sortie imprégnée de stéréotypes, s'attristait de la disparition de cette série de son écran. Surtout que, je cite, "c'est pas souvent qu'une série américaine se montre aussi intelligente, ils ne doivent rien comprendre, les Américains".

On leur dit ? On leur dit que pendant 7 ans, ces Américains en question ont regardé une série sur un network parlant de leur Maison Blanche, des compromis et de la politique politicienne, quand nous n'en avons pas eu plus d'une saison sur notre Élysée (et sur un tout autre registre) ? On leur dit également que sur le câble, actuellement, il y a des Mad Men, des Big Love, des Breaking Bad, des... Non, on leur dit que la liste est trop longue ? Que les séries intelligentes, venant des Américains, ce n'est pas l'exception surmontant les pires obstacles, mais une frange fournie de leur production télévisuelle ?

Bien-sûr, quand on a l'habitude des Experts Stuttgart, des Experts Leipzig et des Experts Hannover, ou pire, qu'on regarde Bones ou NCIS, ça doit faire un choc. Mais si vous êtes impressionné par Dr House, accrochez-vous, ça va secouer quand vous allez découvrir d'autres séries. "Des séries américaines".

Route

C'est là aussi que je mesure l'ampleur de la tâche qui m'attend quand j'essaye de parler de fiction asiatique. Rien n'est acquis en matière de télévision américaine, finalement, à propos de laquelle les préjugés restent nombreux. Les Américains sont donc des benêts, incapables de faire des séries de qualité (et d'ailleurs j'aimerais qu'on me cite des séries françaises qui soutiennent la comparaison, juste une fois, dans ce type de conversations). Mais alors, les Japonais ? Ces crétins qui ne savent faire que des émissions où on mange des trucs improbables et où on se casse la figure ? Et les Coréens ? Ah bon les Coréens ont la télé ?

De cliché en cliché, la vision qu'ont beaucoup de gens de la télévision n'a pas progressé, finalement. Le "phénomène des séries télé" n'a été un progrès que pour un microcosme qui s'est cru parvenu à un certain seuil de légitimité culturelle. Mais le grand public n'a toujours qu'une vision étriquée de l'objet de notre passion...

Alors même quand certains jours, on a envie de fermer la boutique parce que les commentaires, les retours ou les statistiques ne suivent pas, on se dit qu'il y a encore tant à faire pour essayer de faire entrevoir les horizons que nous avons sous les yeux au quotidien, qu'on reprend le clavier et on s'y remet.

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24 février 2010

Ma came

"Je suis un alcoolique. Je ne prends pas qu'un seul verre. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse prendre qu'un seul verre, je ne comprends pas qu'on puisse laisser un demi-verre de vin sur la table, je ne comprends pas qu'on puisse dire "merci, ça suffit"... Comment peut-on se lasser d'une telle sensation ? Comment ne pas avoir envie de la ressentir plus longtemps ? Moi mon esprit ne fonctionne pas comme ça."
(Leo McGarry, A la Maison Blanche - 3x10 : Bartlet pour l'Amérique)

Bon, je vais être franche avec vous, je viens tout juste de découvrir l'existence des PRISM Awards, via la news du site Le plus en séries. Et encore, même là c'est un hasard, puisque je ne lis jamais ce site d'ordinaire (vu que je ne pratique pas les sites qui ne proposent que des news). Pourtant, le sujet me captive, mais enfin force est de constater que ce n'est pas l'award le plus discuté sur les sites et blogs consacrés aux séries. En tous cas, c'est comme ça que j'ai appris qu'il y avait d'autres personnes que moi qui trouvaient qu'on ne parlait jamais assez de personnages au comportement addictif. Vous voulez qu'on recompte le nombre de fois où je vous ai parlé de Rude Awakening ? Voilà, CQFD.

RudeAwakening

Pour ceux qui, comme moi pour le coup, manquent cruellement de culture, voilà un bref topo : les PRISM Awards sont remis aux œuvres traitant de la consommation abusive de substances comme l'alcool, les drogues, le tabac, les médicaments... Ce qui, en gros, constitue le cast de ma série idéale, si vous voulez. Il n'y a pas que les séries qui peuvent être récompensées, mais comme je suis téléphage avant tout (bien que je fasse des expériences), je vais faire comme si.

Donc comme toujours dans ces cas-là, j'ai fait un peu de lecture, histoire de rattraper mon retard, et je dois reconnaître que bien des séries récompensées font déjà depuis longtemps partie de mon tableau de chasse. Alors je vous ai préparé un petit florilège de mes vainqueurs préférés...

1997 - Winner
Une Maman Formidable - 4x12 : Un Noël mouvementé
Je ne pense pas avoir vu cet épisode mais il faut quand même dire que la série n'a jamais reculé devant les thématiques sur la boisson. Rappelons qu'à la base, l'héroïne Grace est une ancienne alcoolique, qui a cessé de boire quand elle s'est séparée de son ex-mari, qui la battait sous l'effet de la boisson. Oui, c'est un sitcom, pourquoi cette question ?

2001 - PRISM Commandation
Rude Awakening - 3x02 : Putain de soirée
L'absence de cette série dans le palmarès des PRISM Awards aurait été un scandale. Et pour avoir vu cet épisode, plusieurs fois qui plus est, je peux vous garantir que ça méritait franchement de gagner un trophée. Voir Billie s'engueuler avec son miroir dans la salle de bains, alors qu'un type l'attend dans la chambre pour s'envoyer en l'air afin de pouvoir gagner sa dope, franchement, tout le monde n'aurait pas osé. Faudrait que je me le revoie, cet épisode, puisqu'on en parle.
Titus - 2x19 : L'intruse
C'est pas forcément le meilleur épisode de la série. Et je pense qu'il y en a d'autres qui valent au moins autant sur cette thématique que ce petit épisode avec une ado mal embouchée. Je pense notamment à l'épisode d'intervention, au cours duquel la famille Titus tente d'aider le patriarche... à se remettre à boire. L'effet de cynisme fonctionnait bien mieux.

2002 - Winner
The Division - 1x22 : Dérive
Je n'ai pas encore abordé cette série ici (il faut dire que sa réputation discrète et ses diffusions rares n'aident pas), mais il y a bien des choses que j'avais aimée dans The Division, et notamment le personnage de Jinny, alcoolique notoire qui mettait régulièrement sa carrière voire sa vie en péril à cause de son addiction. Le personnage était un peu une Billie Frank sans l'humour, très touchante mais en même temps beaucoup moins facile à prendre en affection, ce qui est quand même vrai de la plupart des alcooliques, disons-le.

2005 - Meilleur arc - Winner
Jack & Bobby - La rentrée / Le discours de minuit / Frères ennemis
Ah bah, en voilà une autre de série méconnue et hélas trop peu traitée y compris dans ces colonnes. En plus, ça irait vite de se la refaire, cette série, je vais y repenser sérieusement, tiens. Il faut dire que tout un axe tournait autour du fait que la mère de Jack et Bobby avait du mal à se passer de son herbe, chose que même son fils adolescent ne vivait pas aussi bien qu'on le croit. Ce n'était pas tant la qualité d'écriture de cet axe que la prestation de Christine Lahti qui impressionnait beaucoup. Non mais vraiment, plus j'y pense plus je me dis que je vais ptet me refaire une cure de Jack & Bobby.
Le Protecteur - Hallucinations / Amende honorable
Avant The Mentalist, il y avait Le Protecteur. L'acteur principal était tout aussi bon à baffer, mais au moins ça s'expliquait par le scénario, puisque Nick Fallin était pris la main dans le sac de dope dés le pilote, et ce petit avocat riche se trouvait à prendre en charge des affaires pro bono pour le service de l'enfance de la ville. Je me souviens avoir dévoré cette série sur TF1, et avoir eu plusieurs fois des envies de meurtre à cause de ce crétin de Nick, complètement apathique. Mais le fait est que du coup, son addiction était un acte fondateur de la série et de nombreuses intrigues personnelles.

2006 - Meilleur arc - Winner
Reba - Help Wanted / Hello, my name is Cheyenne / Where there's smoke / Best lil'l haunted house in Texas
Outre plusieurs mentions, la série a remporté en 2006 une victoire méritée. L'axe de l'alcoolisme est d'autant plus impressionnant que Reba est un sitcom familial qui très souvent (même si pas toujours) se cantonne au politiquement correct, avec des intrigues classiques et un dénouement où tout est bien qui finit bien. Et là, Cheyenne qui devient alcoolique, vlan. C'est du lourd. Et si au début, la série a réagi par l'humour, au final le traitement a bien mérité cette récompense.

2008 - Meilleur arc - Nomination
Rescue Me - Coups de blues / Les héros du 11 Septembre / Amende honorable / Dieux et fantômes / Un match, une vie
Il est difficile de parler d'alcoolisme sans mentionner Rescue Me ! Je n'ai pas encore vu ces épisodes (mais maintenant que j'ai le DVD ça ne devrait plus tarder) mais je ne doute pas, s'ils sont dans la même veine que ce que j'ai déjà vu, qu'ils retranscrivent des problématiques sur l'alcoolisme de façon très honnête.

2009 - Meilleure performance dans un drama - Winner
The Cleaner - Benjamin Bratt
Sincèrement, je suis déçue. The Cleaner, bien qu'ayant parfois reculé devant l'obstacle, a quand même le mérite d'avoir fondé une série toute entière sur le principe de l'addiction et de la façon dont on peut s'en libérer. Ou tout du moins essayer. L'effort est colossal, même si légèrement opportuniste venant d'une chaîne qui diffuse en parallèle de la real tv sur le même sujet. En tous cas ça méritait plus qu'un simple coup de chapeau à Bratt. Pour 2010, The Cleaner n'est nommé que pour un épisode (cf. Le plus en séries). C'est pas normal non plus...

TheCleaner

Vous aurez noté que pour une ou deux récompenses attribuées ("winner"), les PRISM Awards soulignent aussi d'autres efforts ("PRISM commandation"), moindres mais notables tout de même, et régulièrement on trouve des séries comme Les Anges du Bonheur ou Promised Land dans ces citations, ce qui n'étonnera que ceux qui n'ont pas encore lu mon plaidoyer pour réhabiliter ces deux séries, dont pour une fois on va se rappeler l'existence. Urgences a également été de nombreuses fois cité par les PRISM Awards, à raison puisqu'entre les patients et les intrigues de Carter ou Abby, on peut dire que la série a su explorer cette thématique plusieurs fois, avec le talent qui était le sien.
Récemment, j'ai eu envie de redonner sa chance à Saving Grace qui m'avait déçue, mais bon, le temps passe et parfois on change d'avis, ou simplement on est plus réceptif. Vais ptet m'occuper de revoir ce pilote quand j'aurai fini ma rétrospective Jack & Bobby...?

Mais globalement, les séries qui abordent plus spécifiquement ces problèmes d'addiction sont souvent en bonne place parmi mes préférences. En fait, je crois que si je suis sensible à ce sujet, c'est essentiellement parce que je m'y retrouve ; d'une addict des séries aux addicts de séries, il n'y a pas loin, après tout...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (comme moi avant de me pencher sur le sujet) : la liste des gagnants des PRISM Awards.

28 janvier 2010

Plaisant mensonge

C'était un bien plaisant mensonge, comme il en existe beaucoup. J'avais très envie d'y croire.

Il y a un an et demi maintenant, j'ai passé un concours pour entrer dans la fonction publique. Je n'avais d'yeux que pour la sécurité de l'emploi. Le reste m'importait peu. Je n'avais pas de plan de carrière, d'ailleurs. Je voulais juste réussir le concours afin de continuer à travailler après mon CDD de l'époque. C'est dire si je n'avais aucune intention d'entrer en politique.

Et pourtant, c'est ce qui s'est produit. J'ai passé le concours avec un succès suffisamment net pour que j'aie le choix de mon affectation. Alors j'ai pensé à entrer dans un cabinet ministériel, parce que je me disais que ce serait un sacré challenge. Ce serait l'endroit idéal pour travailler dur, constamment dans l'urgence, et être entourée de personnes intelligentes au-delà de toutes mes espérances. Travailler dans un contexte stimulant, même quand on n'exerce pas la profession dont on aurait rêvé, ça parait assez parfait, quand même !

Avec le recul (vous allez voir où je voulais en venir...), je réalise que le modèle de cabinet que j'avais dans la tête, c'était celui d'A la Maison Blanche. Et moi, l'assistante, j'allais pouvoir y incarner Donna. Non, attendez, pas Donna. Trop de promiscuité avec le patron. Trop étourdie. Disons plutôt Ginger. Oui, voilà : je serais Ginger ! Ce serait formidable d'être Ginger ! J'avais hâte d'être Ginger.

TheWhiteLie

Quelques mois plus tard, j'ai pris mes fonctions. Et ma vie n'avait rien de commun avec celle de Ginger. Ni avec celle de Donna, ou de Bonnie. J'avais intégré le service de presse du ministre, et je n'étais pas Carol non plus, d'ailleurs. Mes patrons n'avaient rien de Toby, Sam, Josh ou CJ. Et aucun ministre que j'ai rencontré n'avait quoi que ce soit en commun avec Bartlet.

Reality check : travailler dans un cabinet ministériel ne ressemble pas à A la Maison Blanche. Loin de là. Après avoir, en un peu plus d'un an (remaniement gouvernemental aidant), testé le travail au sein de deux cabinets ministériels (de taille, d'importance médiatique, et de fonctionnement différents), je pense pouvoir affirmer que ça n'a même rien à voir.

Et c'est ainsi que j'ai pratiqué ce qui restera probablement comme l'étude comparée téléphagique la plus pénible de mon existence.
Voici donc ce que j'ai appris :
Règle n°1 : les conseillers d'un ministre ne sont pas suprêmement intelligents. Évidemment ils ne sont pas franchement stupides, mais enfin, leur intelligence de flirte pas avec les cimes pour autant. Du plus politique au plus technique, aucun de ces postes ne requiert l'intelligence fine d'un Toby, par exemple (n'évoquons même pas Leo ou le Président). Si un conseiller a nécessairement un certain bagage éducatif (mais ils varient énormément de l'un à l'autre), au quotidien ça reste complètement invisible à l'œil nu.
Règle n°2 : dans un cabinet ministériel, conseillers ne travaillent pas très dur. La première des raisons en est qu'ils ne travaillent pour ainsi dire pas. 90% de leur temps est consacré aux contacts à l'intérieur et à l'extérieur du cabinet. De toutes façons un conseiller ne produit rien, ça c'est l'affaire des assistantes (à l'exception de la rédaction des discours, quand même). Les rapports, les notes, et même dans une certaine mesure, les textes de loi, ne sont pas rédigés par eux. Dans le meilleur des cas, ils synthétisent des documents venant de directions ou d'organismes techniques spécialisés. Mais très souvent aussi, le secrétariat a une bibliographie (composée d'ouvrages techniques, de notes administratives antérieures, de rapports téléchargés sur internet...) soigneusement truffée de post-it et de marques à recopier et compiler, dans un document que le conseiller appellera ultérieurement sa note, son rapport, ou sa thèse lorsqu'il apposera son nom dessus. On imagine le stress que cela engendre.
Règle n°3 : on ne travaille pas vraiment dans l'urgence, quand on est conseiller dans un cabinet ministériel. Il y a évidemment quelques coups de bourre de temps à autres, mais ça relève plus de l'exception que d'autre chose. Pas de stimulation due aux deadlines, pas d'adrénaline, rien. Les conseillers ont un rapport au temps très particulier qui explique cet état de fait : au moment où parait au Journal Officiel leur nomination à leur nouveau poste, ils sont déjà en train de se demander à quoi ressemblera le prochain. Et quand je dis "à quoi il ressemblera", je veux en fait dire "offrira-t-il plus de prestige ainsi que la paie qui va avec". Avec un remaniement tous les quatre printemps ou presque, le conseiller a la conviction qu'il ne passera pas plus de 6 mois à 1 ans à son poste s'il mène bien sa barque (et si son ministre de tutelle ne déplait pas au prince). Ce qui explique que son temps soit employé à entretenir ses contacts et non à travailler d'arrache-pied.

Telle est, mes amis, d'après mes observations, la dure réalité d'un cabinet.
Oh, vous allez me dire : oui, mais tu n'as pas vu le cabinet du Président ! Eh bien allez-y, allez donc voir, vous viendrez me raconter...

Je n'ai jamais imaginé qu'il pouvait exister un Président comme Bartlet. Il n'est pas réaliste en cela qu'il est trop idéal pour exister réellement. Je n'en ai jamais douté. De la même façon que je n'ai jamais pensé qu'un Josh insolent puisse vraiment exercer son talent pour le sarcasme sans mettre un peu d'eau dans son vin, ou qu'un Toby ne serait pas toléré dans les cercles politiques avides de courbettes.
Mais regarder A la Maison Blanche pendant des années m'avait tout de même laissé espérer qu'on pouvait travailler selon un certain idéal de travail acharné, de volonté de bien faire, et d'intérêt pour le sujet.

Les conseillers de Bartlet s'intéressaient au fond de leur dossier, au sens qu'il était possible de leur donner. Mauvaise nouvelle, je n'ai pas assisté à cela ne serait-ce qu'une seule fois. Et plus le temps passe, plus je pense à cette série, et ça me fait mal au coeur qu'on m'ait menti à ce point-là.

C'était un bien plaisant mensonge. J'avais oublié que c'est là la définition d'une fiction.

23 janvier 2010

Let the memory live again

L'an dernier, pour mon anniversaire, je vous avais offert le pilote de Ricky ou la Belle Vie, série qui était née la même année que moi. Cette année, dans le même ordre d'idée, j'avais espéré parler de Cagney & Lacey. Mais voilà : impossible de mettre la main sur le pilote. Pas une cagoule qui traine, rien. Le désert.

Bah je vais pas me laisser arrêter pour si peu. Je vais le faire de mémoire.
Sauf qu'en dépit de l'immense tendresse que j'éprouve pour cette série, je ne me souviens plus de grand'chose. Aussi, quoi de mieux, alors que je m'apprête à prendre un an de plus, que de vous proposer un post sur la mémoire du téléphage ?

CagneyLacey

Pour regarder plus de films ces dernières semaines, je n'ai que plus encore la conviction que la mémoire joue un rôle essentiel dans la téléphagie.
Quand un film est relativement intelligent (partons sur ce postulat de base, voulez-vous ?), il construit son intrigue sur la base de petits éléments qui prennent du sens au fur et à mesurte, de sorte que, lorsqu'arrive la conclusion du film, la façon dont se finit l'histoire ait du sens. C'est vrai aussi bien d'une histoire d'amuuuur ("en fait il l'a toujours aimée !") que d'un thriller ("ah mais c'est pour ça qu'il arrivait aussi vite sur les lieux du crime !"). Mais en faisant cela, le film ne joue que sur la mémoire immédiate. Dans deux heures, vous n'aurez plus besoin de vous rappeler si le tueur au masque était apparu alors que le meilleur copain était sorti de la pièce.
Et même dans le cas d'un film à suites, la plupart du temps, la réutilisations de gimmicks, ou le rappel de quelques éléments de l'intrigue par des allusions voire un flashback, suffisent amplement à rafraîchir la mémoire pour obtenir le minimum syndical. D'ailleurs, pour ce que j'en ai observé, la plupart des films comptant plusieurs volets tiennent en fait plus de la franchise que de la suite, et peuvent être vus de façon indépendante sans que cela ne bloque la compréhension. Box office oblige, j'ai envie de dire.

Avec la série, c'est évidemment différent, donc. Le principe étant qu'on va revenir entre 10 et 25 fois par an, disons, sur les écrans. La mémoire du spectateur a alors un rôle essentiel à jouer. L'exemple le plus évident étant celui du personnage mineur qu'on a totalement oublié et qui réapparait subitement pour révéler un point capital de l'intrigue. D'où le soin infini porté à la construction d'un axe ou d'un personnage dans toute série un peu sérieuse sur ses intentions.
En fait, j'ai même envie de dire que, dans le fond, écrire une série télévisée, c'est apprendre à appuyer sur les interrupteurs de la mémoire du téléphage.

Tout le jeu consiste à savoir distiller des éléments et à les réutiliser ensuite. Même pas forcément sur plusieurs épisodes, d'ailleurs. Les comédies, qui se dispensent plutôt bien d'arcs couvrant plusieurs semaines, exploitent ce procédé à l'intérieur d'un même épisode, par exemple ; cela leur permet de trouver de bonnes chutes pour un gag, ou de jouer sur le comique de répétition. Or, le comique de répétition, comment fonctionne-t-il ? Il fait de l'effet au spectateur parce que celui-ci a mémorisé le fait que telle réplique, ou tel geste, a déjà eu lieu. Un geste souvent anodin la première fois qu'il est exécuté (à plus forte raison si la série n'est pas tournée en public ni ponctuée de rires enregistrés), mais qui a été écrit et montré de telle façon qu'un marqueur invisible l'a pointé du doigt pour qu'à l'occurrence suivante, le spectateur s'en souvienne et réagisse.

C'est tout un art de jouer avec la mémoire des gens à la télévision. Parce qu'on n'est jamais sûr de ce que le spectateur a vu : il peut être en train de manger, de discuter, d'envoyer un texto, de lire ses mails, de passer un coup de balai...
La subtilité d'écriture d'une série repose en définitive sur deux choses dans un tel contexte : la capacité à inciter le spectateur à ne pas faire autre chose, et la façon de poser les marqueurs sans avoir l'air d'insister lourdement. Avec ces deux qualités, un scénariste peut emmener un spectateur n'importe où.

Pour autant, le téléspectateur ne peut pas tout mémoriser. Il a beau avoir relevé plus ou moins consciemment tous les marqueurs sur le moment, il passe aussi tout le reste de la semaine à penser à autre chose. Et même, à regarder d'autres séries, avec leurs propres marqueurs. Même le téléphage le plus absorbé ne peut se souvenir de tout. Et celui qui le prétend est soit un menteur, soit un asocial qui passe son temps à apprendre ses épisodes comme on apprenait des poèmes de Prévert à l'école primaire.
Il y a donc, nécessairement, une part d'oubli dans le visionnage d'une série.

D'ailleurs, faites l'expérience. Prenez l'une de vos séries préférées, et faites-vous l'intégrale d'une saison. Quelle que soit la série choisie, vous allez à un moment ou à un autre, au milieu des exclamations de ravissement ("ah, attends, j'adore cette scène... là, après ça"), finir par vous exclamer : "tiens, je ne me rappelais plus de ça". Une scène, une réplique, un gag... J'ai beau avoir vu Une Nounou d'Enfer une bonne douzaine de fois en intégralité (et je remercie M6 sans qui tout cela n'aurait jamais été possible), pourtant, il y a invariablement une réplique qui me surprend alors même que je récitais l'épisode par cœur.
Ainsi, même si la mémoire est un ingrédient fondamental de la téléphagie, l'oubli en fait partie aussi. Et c'est une excellente nouvelle pour l'industrie du DVD.

Nous ne sommes qu'humains, après tout. Et nous ne pouvons pas nous souvenir de tout ce que nous voyons.

On en a d'ailleurs régulièrement l'illusion ! Si vous êtes un peu comme moi, la moitié du temps, vous êtes infichus de dire ce que vous avez mangé mardi soir dernier, mais vous pouvez réciter l'intégralité des dialogues d'une scène issue d'une série donnée !
(votre entourage, souvent ignorant en matière de téléphagie, prétend alors, à tort, que vous avez la mémoire des choses inutiles. Mais peut-on qualifier un dialogue d'A la Maison Blanche d'inutile ?! Décemment non)

C'est la raison pour laquelle j'ai tellement de mal à faire ce post, qui pourtant me tenait à cœur, sur Cagney & Lacey. De mémoire, en tous cas. Les bribes de ce que j'en ai retenu, autour d'une vingtaine d'années après en avoir vu des épisodes, sont insuffisantes. Je n'étais pas la téléphage que je suis aujourd'hui, pour commencer, mais j'étais aussi moins sensible aux marqueurs parce que je ne donnais pas forcément la même attention à ce que je regardais. Qui plus est, je n'ai pas eu la chance de me rafraîchir la mémoire et, au cours de ces années de téléphagie intensive où j'aurais été complètement à même d'enregistrer un maximum de données, de voir ne serait-ce qu'un seul épisode de la série.
Pourtant, ces mêmes bribes semblent encore suffisantes pour avoir, chevillée au cœur, cette tendresse envers la série.
C'était certainement le marqueur le plus efficace, en fin de compte.

28 septembre 2009

Pilote automatique

Sacrée journée que celle d'hier ! Huit pilotes en moins de 24h (avec les posts qui font bien comme vous pouvez le voir dans la colonne de droite), ça fait un bien fou ! Je devrais faire ça plus souvent. Finalement, ce n'est pas une si mauvaise idée que de regarder tous les pilotes de la semaine passée en une seule journée... bon, quand je dis "tous", on se comprend. Tant que faire se peut, quoi. Par exemple à mon grand regret, je n'ai pas eu le temps pour Flash Forward (et plus j'attends, plus je crains d'être déçue, alors que si je m'étais lancée sans attendre...). Mais quand même, l'expérience sera à renouveler dans un futur que j'espère proche.

Pour une pilotovore telle que moi, ce genre de journée, c'est évidemment le pied. Mais d'ailleurs, saviez-vous qu'en plus de dévorer des pilotes de série le matin au petit déjeuner (dans un bol de lait), il m'arrive fréquemment d'en revoir certains, juste pour le plaisir ? Car il y a quelques années, j'ai découvert qu'un pilote a la particularité d'être non seulement une délectable initiation à un nouvel univers de fiction, mais aussi, ensuite, d'être un épisode savoureux à regarder avec du recul, une fois qu'on a vu tout ou partie de la série.

Alors du coup, je me suis amusée à faire un top des pilotes que j'ai regardés volontairement le plus de fois. J'insiste sur le volontairement, parce que je ne compte pas ceux sur lesquels je suis tombée par hasard. Non, ceux que j'ai fait exprès de regarder, encore et encore, à l'aide de rediffusions, de DVD ou autres... Et évidemment, je parle de pilotes seuls, et pas de pilotes vus dans le cadre d'une intégrale.

1 - Une Nounou d'Enfer - 8 fois
Oh, au moins. Les rediffusions de Hem6 aident bien, c'est sûr, mais à chaque fois je me remets devant de bonne grâce (et avant le coffret DVD, j'enregistrais chaque fois que je regardais). Pourtant, a contrario de la plupart des autres épisodes, la première saison et plus encore le pilote ont énormément vieilli. Mais ce serait contre nature que de refuser ces retrouvailles.

2 - SPACE 2063 - 4 fois
Je sais, le nombre est étonnamment bas. Il faut dire que le pilote est tout de même double, ce qui décourage un peu. Qui plus est, avec cette série, mon régal est aussi de prendre pour cible de mes rediffusions plutôt un épisode ultérieur, genre Reste chez les morts, ou Très chère Terre. Ou Qui pilote les oiseaux. Ou Poussière d'étoiles. Ou... oh, il y a tellement, des épisodes préférés, dans cette série. Une bonne vingtaine, je dirais.

3 - A la Maison Blanche - 4 fois
En plus de regarder la série avec attention, je m'en suis aussi servie pour mes expériences de contagion intensive sur deux personnes. Et comme je suis un agent bactériologique consciencieux, j'ai regardé ce pilote avec elles. D'ailleurs cycliquement, je me dis que je me referais bien une intégrale, et puis le temps manque... mais il est très possible qu'à la faveur d'un peu de temps libre, ce pilote monte dans le classement.

4 - Battlestar Galactica - 3 fois
Si la toute première fois, un acte complètement non-prémédité, est un très grand souvenir de téléphagie, les deux suivantes, placées sous le signe de la contagion, ont été marquantes également. Il est assez excitant de regarder un tel pilote avec quelqu'un qui le découvre, et l'animation se fait alors aussi bien à l'écran que sur le visage du cobaye.

5 - Oz - 3 fois
Je lis sur votre visage l'expression qu'ont les lecteurs qui se disent "ouais, et quoi de neuf sinon ?". C'est vrai que pour le moment ce petit classement n'étonnera pas grand monde ; les vraies surprises viendront plus tard dans le classement. Il n'est en effet pas très étonnant qu'on trouve l'un de mes classiques après... quatre autres de mes classiques.

6 - Pushing Daisies - 3 fois
Shocker ! L'auriez-vous imaginé ? Je suis même étonnée que ce chiffre soit si modeste. Mais dans quelques années, il y a fort à parier que ce pilote aura grimpé, peut-être même allant jusqu'à atteindre la deuxième place de ce classement. Après tout, n'oublions pas que la blessure est encore fraîche.

7 - Le Cœur a ses Raisons - 3 fois
Eh oui ! C'est assez étonnant de trouver cette série ici, quand j'en parle peu par ailleurs. Mais quand je l'ai découverte, il y a eu pour cette série quelques semaines d'ivresse pendant lesquelles je me suis enfilé les deux premières saisons. Une de ces périodes de fringale mono-obsessionnelle dont je me suis fait une spécialité, et qui devient même dangereuse pour mon entourage, qui se voit harcelé : "tu devrais regarder ce pilote, tu devrais regarder ce pilote, tu devrais regarder ce pilote !". Jusqu'à ce que, de guerre lasse, ils regardent effectivement ce pilote avec moi, ce qui a invariablement pour effet d'aboutir à la conclusion suivante : "ouais, bon, c'est pas mal... mais pas autant que tu me l'avais laissé pensé". Fallait pas insister.

8 - Reba - 3 fois
Même syndrome, mêmes conséquences. Après avoir vu le pilote (et ce qui a suivi) deux fois à environ un an et demi d'intervalle, j'ai entrepris de faire découvrir le pilote à ma soeur qui, c'est le moins qu'on puisse dire, s'est montré assez tiède au sortir du visionnage. C'est vrai que l'accent texan, je le reconnais, c'est pas à la portée de tout le monde. Moi-même au début j'avais du mal d'ailleurs. Mais bon, ça n'a pas trop bien marché. A part pour moi qui, du coup, ai regardé le pilote une troisième fois.

9 - Pretty Handsome - 2 fois
Ah, là on commence à discuter ! Pour un pilote qui a, grosso-modo, un an, la performance est pas mal dans le genre. Rétrospectivement, il m'apparait comme évident que cette série aurait figuré en bonne place dans mon classement perso si elle avait été achetée. Ah, imaginer que pendant une saison, j'aurais pu me délecter de Pushing Daisies et de Pretty Handsome en même temps, ça me donne des frissons... Avec ces deux mamelles téléphagiques, j'aurais été une téléphage repue.

10 - True Blood - 2 fois
Comme quoi il n'y a vraiment pas que les séries que j'adore qui ont les honneurs de rediffusions de pilote. En l'occurrence, c'est vrai que je comptabilise le preair du pilote comme 1 fois, et le pilote définitif comme une 2e fois, ce qui nuance quelque peu le propos, mais quand même. Je veux dire que, franchement : qui s'attendait à ce qu'on trouve une série avec des vampires dans le top des épisodes que je regarde le plus souvent, et de mon plein gré ? N'est-ce pas. Bon, une troisième fois, cela dit, ça n'arrivera pas. Courageuse mais pas téméraire.

Je me demande si je suis la seule à faire ça, regarder des pilotes (sans forcément embrayer derrière sur tout une saison, a fortiori toute une série) que j'ai déjà vus. Si ça vous est arrivé, ça m'amuserait de voir à quoi ressemble votre palmarès : est-ce que ça reflète vos goûts ?

11 août 2009

Mademoiselle est servie

Dans quelques semaines se tiendront mes réjouissances télévisuelles préférées, les Emmys. Qui dit Emmys, dit d'une part qu'on est en septembre et donc que les pilotes pleuvent, et d'autre part qu'une nouvelle cérémonie va se dérouler, et comme vous le savez j'en suis friande.
Il n'aura pas échappé à la sagacité des plus attentifs d'entre vous qu'actuellement, nous sommes en août. Et qui dit août dit peu de pilotes, et pas de cérémonie de remise de prix. La déprime totale, quoi. Mais heureusement, avec un peu de curiosité, on arrive à tout dans la vie, et me voilà donc à éplucher la liste des Television Drama Academy Awards, l'équivalent des Emmys au Japon.

Je dis "équivalent", mais ce n'est pas tout-à-fait vrai. Les Emmys sont la grand-messe annuelle de la télévision américaine, tandis que les TDAA sont remis... quatre fois par an. Vous avez bien lu. En même temps c'est logique, parce que si vous vous en souvenez, je vous ai déjà expliqué qu'il y a quatre saisons télévisuelles par an au Japon, les séries n'excédant pas la douzaine d'épisodes, et ne se prolongeant presque jamais au-delà d'une saison, on arrive à... je vois que ça mouline, je vais vous épargner des calculs : trois mois de diffusion par série. Il y a donc les séries d'été, d'automne, d'hiver et de printemps. Donc vu l'afflux de séries à chaque saison, la cérémonie annuelle, ça ne le faisait pas trop, et puis finalement, c'est cohérent d'organiser une remise de récompenses par saison, non ? Les Television Drama Academy Awards sont donc organisés quatre fois l'an, ce qui fait qu'en 15 ans d'existence, il y a déjà eu 61 cérémonies. Quand un téléphage s'ennuie, il peut toujours se pencher sur les résultats de ces awards, ça l'occupe ! C'est précisément ce que j'ai fait ce weekend, en fait : j'ai consulté la liste des cérémonies passées. Et de la même façon que, quand viennent les Emmys, on se dit "ah bon, eux ils ont eu 712 récompenses ? Je vais ptet jeter un œil, quand même", eh bien j'ai été faire mon marché.

Que l'été dernier, Last Friends ait rafflé à son tour 712 récompenses, comme une espèce de A la Maison Blanche nippon ("et l'awards de la série qui a tous les awards pour la 5e année consécutive est..."), je ne suis pas surprise, et si vous n'avez pas encore vu Last Friends, ne lambinez pas sur ce post, vous avez une dérogation pour en arrêter la lecture et filer vous cultiver. Qu'au printemps, ce soit Mei-chan no Shitsuji, ça m'a laissée un peu plus perplexe. Mais bon, tant qu'on a pas vu, on n'a pas le droit de râler. Pour m'assurer que je pouvais continuer à râler, j'ai donc vu.
J'en ai d'ailleurs encore la rétine irritée.

Mei-chan no Shitsuji (le majordome de Mei), c'est l'histoire d'une ado qui se découvre subitement un héritage incroyable et qui se voit envoyée en pension complète dans la plus prestigieuse des écoles pour filles blindées de thune du Japon. Dans cet internat, chaque étudiante a un majordome intégralement à son service, qui lui sert aussi d'homme de compagnie, de garde du corps, et plus si affinités, et Mei ne fait pas exception à la règle, elle a effectivement un majordome, qui n'a pas oublié d'être hyper charmant, toujours poli, et puis relativement mignon du moins pour les critères en vigueur sur l'Archipel. Ce serait bête de gâcher.
Sauf que comme Mei a été éduquée dans un milieu qu'on pourrait qualifier de modeste (je vous épargne les détails), elle n'est pas trop dans son élément et les autres étudiantes ne vont pas se priver pour le lui faire sentir.

Et tout ça avec des effets visuels à couper le souffle. Principalement parce que vous mourir étouffé semble être un doux apaisement.

MeichannoShitsuji_1 MeichannoShitsuji_2 MeichannoShitsuji_3 MeichannoShitsuji_4

Lumières, roses dans tous les sens, et cet horrible effet de halo qui fait saigner des yeux. L'abomination est totale. Si après avoir regardé des saisons des Experts Funafuti, vous n'êtes pas encore aveugle, ça ne devrait plus trop tarder.

A l'époque où je m'intéressais un peu au monde de l'animation, je lisais pas mal de choses sur Utena, et je dois dire que Mei-chan no Shitsuji présente des similarités confondantes avec cette série sur le papier : pensionnat de jeunes filles ultra-riches, pseudo-complots ourdis dans l'ombre, fleurs dans tous les coins, et love story impossible... Je n'ai jamais vu Utena mais j'ai l'impression que c'est tout comme à présent.

Je réprime donc à grand'peine un soupir, et tourne vite fait la page Mei-chan no Shitsuji. Inutile de s'attarder.
Donc au prochain épisode, on se demandera combien ça coûte d'acheter l'award de meilleure série...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mei-chan no Shitsuji de SeriesLive.

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