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ladytelephagy
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7 a la maison
15 juillet 2009

Au vert

Roulements de tambour... attention, attention, voici l'un des premiers épisodes que je vais vous offrir en inédit total. Et croyez-moi j'ai cherché.

Pendant longtemps, j'ai cru que l'épisode que je vais vous présenter était un pilote. Il s'est avéré plus tard, documentation à l'appui, que ce n'était pas le cas, mais n'ayant pas ledit pilote sous la main, et ne l'ayant en fait jamais eu, je me suis dit que s'il avait été assez bon pour faire illusion sur moi quelques années, il n'y avait pas de raison qu'il ne soit pas assez bon pour vous au moins le temps d'un post.
Voici donc, en qualité chancelante (désolée pour les petits accrocs, j'en suis encore au stade expérimental et je n'ai pas encore trouvé comment éviter ça), mais en intégralité, un épisode de La Famille Green en rubrique La preuve par trois. J'ai toujours rêvé d'écrire ça.
Et comme en plus, ça vient de ma VHS enregistrée sur France 2, inutile de vous dire que c'est de la VF et donc qu'il n'y a pas la moindre excuse...

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L'épisode Obsession est en fin de compte idéal pour découvrir les protagonistes : Elisabeth, la grand'mère maternelle, Mitch et Mary, les parents, Meghan, Cameron et Kenny les trois adolescents. On comprend d'ailleurs assez bien la façon dont les choses se sont huilées pour que ces trois générations vivent sous le même toit : le mari d'Elisabeth est décédé (et c'est encore assez frais), les parents se sont mariés jeunes et l'aînée Meghan est arrivée quasi-simultanément ; enfin, les trois enfants ont une amplitude de deux ans d'écart entre le premier et le dernier, ce qui est assez différent de la plupart des séries où on essaye d'avoir un peu de tout histoire de faire mine de varier les intrigues. Ici, c'est le tempérament de chacun des enfants qui va conditionner ces dernières, et non le fait que l'un a tel âge ou tel autre. Et cela permet aussi des scènes d'une grande spontanéité entre les enfants, mais je compte bien y revenir.
Le principe de l'aparté ne plaira pas nécessairement à tout le monde et je peux le comprendre. Mais il me semble difficile de nier qu'au moins, l'idée a vraiment été portée jusqu'au bout, au lieu de n'être qu'un accessoire narratif comme dans beaucoup d'autres séries où on cantonne l'aparté à une phrase ou deux par-ci par-là. Si les différents points de vue n'ont pas tous droit au même temps d'antenne, on peut au moins saluer l'effort qui consiste à laisser chacun exprimer son ressenti, et s'apercevoir ainsi des vraies dynamiques de la famille.

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Devant la plupart des séries qui se passent en famille, j'ai l'impression d'assister en général à une communication très verticale : des parents vers les enfants, ou des enfants vers les parents. Il est très rare que les enfants communiquent réellement entre eux. En général, quand ils le font, ça se limite souvent soit à des vannes, soit à des banalités. Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai eu l'impression devant 7 à la Maison de voir les enfants se croiser sans jamais se parler plus de deux secondes (ou alors c'était pour faire des choses dans le dos des parents), feignant une complicité à laquelle on ne croit pas une seconde. Ici, il ne s'agit pas pour Meghan, Cam et Kenny de se faire des câlinous à n'en plus finir, non plus que l'extrême inverse. Ils parviennent, dans une même séquence, à se parler sincèrement et se prendre la tête ; en gros, ils cohabitent du mieux qu'ils peuvent. C'est une dynamique assez typique des adolescents, et je trouve que le fait qu'ils soient assez proches en âge aide à cela. Chacun a les travers de cette tranche d'âge, mais ils sont aussi liés, sans laisser tomber leur individualité... ce phénomène est plutôt bien dépeint dans cet épisode.

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La Famille Green, c'est aussi beaucoup d'humour, et la joie d'assister à une série qui ne se prive pas de mettre en scène des instants plus originaux, tel le rêve de Meghan au tout début et à la toute fin de l'épisode (pour moi, ils auraient mérité qu'on y passe même un peu plus de temps), ou l'intermède au violoncelle (ah, le violoncelle...) où Kenny tombe amoureux de la jolie Rebecca, interprétée par Taryn Manning, et où en parallèle Cam s'amuse à jouer avec l'autorité de son prof. On a aussi de nombreux dialogues pétillants qui permettent de sourire et ainsi désamorcer certaines situations qui sans cela auraient pu paraitre tendues. Comme dans une vraie famille, il y a des moments plus légers, mais pas forcément où tout le monde se fait de grandes embrassades ravies, et des moments de frictions, où on n'en est pas non plus à se déclarer la guerre. La présence de cet humour fait qu'on garde les pieds sur terre, et c'est particulièrement appréciable.

En fait, La Famille Green est un peu différente d'une grande majorité des séries familiales, en cela qu'elle s'intéresse aux préoccupations de 6 personnages, étalés sur 3 générations. Lesdites préoccupations sont relativement courantes, mais pas traitées de façon artificielle. Ce n'est pas une "gentille famille", ou une "famille peu politiquement correcte", on ne parle ni des Camden ni des Bundy, ils sont juste normaux. Je trouve que c'est sans doute l'une des séries qui a su le mieux parler de la famille, sans doute parce qu'elle ne prend jamais position pour un personnage plutôt qu'un autre. Personne n'est tourné en dérision, personne n'est diminué (on n'est pas dans Ma Famille d'Abord), personne n'a raison, personne n'est parfait. Et c'est drôlement appréciable...
Contrairement à Angela, 15 ans qui, en dépit de ses qualités, donnait l'impression de tout prendre au tragique, La Famille Green parvient à donner une impression de réalisme que de nombreuses séries peuvent lui envier. Sans compter que c'est sans moralisation qu'elle opère son charme : de futurs épisodes traiteront de la sexualité, la mort, et tout un tas de choses sur le fait aussi bien de grandir que de vieillir, et où les parents, bon, agissent en parents, mais se montrent suffisamment ouverts sur pas mal de choses, et en premier lieu au dialogue. Chacun a sa place dans la famille, son mot à dire, sa personnalité à laisser s'épanouir. C'est très reposant d'éviter le mieux possible la caricature sans pour autant tomber dans l'abus de violons !
Ca donnerait presqu'envie de retourner à l'époque de l'adolescence ! J'ai dit "presque".

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche La Famille Green de SeriesLive.
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2 juillet 2009

Ouvre-moi ta porte

La raison d'être de cette catégorie a toujours été de me demander quelles valeurs les séries nous transmettaient par le biais de la fiction. La question sous-jacente, c'est ce qu'une série étrangère nous apporte sans le savoir sur une culture donnée. Un sujet qui m'a toujours intéressée : déjà lors de mon premier passage sur les forums de SeriesLive, j'avais créé un sujet sur les choses que nous avions ingérées via des fictions étrangères, et admises comme faisant partie de notre propre culture. De mémoire, on trouvait dans les réponses des comparaisons sur l'existence (ou non) de casiers en milieu scolaire dans plusieurs pays, ainsi qu'une interrogation similaire sur les bals de promo (et peut-être même une référence à Juliette, je t'aime mais je suis plus très sûre). J'ai quitté le lycée en 2000, et je n'avais connu ni l'un, ni l'autre de ces éléments de la vie lycéenne. A mon grand étonnement.

Parce qu'ils nous ressemblent physiquement, et parce que nous vivons dans un pays où l'on craint leur invasion culturelle en permanence, nous avons souvent l'impression de partager une même culture avec nos voisins d'outre-Atlantique. La fréquentation d'américains bien réels, et non fantasmés, nous permet de rendre conscience de notre erreur, mais tout le monde n'a pas cette chance. Du coup, lorsque nous sommes confrontés à un fossé culturel, au lieu d'en constater sagement l'existence , nous tentons de le traverser comme s'il n'existait pas. Et bien-sûr, nous chutons.
C'est à mon avis de ce type de malentendu que proviennent les remarques rageuses ou condescendantes à l'égard des séries et/ou épisodes un brin trop prosélytes à notre goût, comme 7 à la Maison ou plus près de nous, The Secret Life of the American Teenager. Nous avons tendance à oublier que la religion fait bien plus partie de leur culture que de la nôtre, et nous avons du mal à l'admettre, l'accepter, l'interpréter comme une marque d'exotisme. Les réactions épidermiques viennent de la déception : nous n'avons pas pu nous identifier à 100%. Ce devrait pourtant être évident.

Car la vérité vraie, c'est qu'avant tout, une fiction est écrite pour le territoire qui la voit naître. L'exportation ne tient qu'une place pécuniaire dans la démarche. Bien rares me semblent être les auteurs qui se disent "ah zut, ça va pas énerver les Français cette blague sur les gens qui ne se lavent jamais ?" ou "Je me demande si un Égyptien saisira ma référence à Waco".
Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. C'est quand même aussi ça qui fait l'intérêt d'une fiction made in ailleurs : plus qu'un divertissement, elles proposent entre autres de s'imaginer pendant 45 minutes assis sur un sofa de l'autre côté de l'océan. Une aventure forcément enrichissante.

Cette problématique apparait de façon plus flagrante avec des fictions non-occidentales.
Depuis quelques temps, je vous présente des séries nippones, par exemple. Et un peu plus souvent ces dernières semaines, merci d'avoir remarqué. Je sentais dans vos commentaires (mais je peux me tromper) à la fois de la curiosité et de l'appréhension. Et j'aurais tendance à trouver ces deux réactions toutes naturelles.
Alors, pour parvenir à faire 10km dans vos chaussures, j'ai regardé mon tout premier drama coréen il y a quelques jours : City Hall. Une série taiwannaise devrait arriver dans ces colonnes sous peu également, d'ailleurs. Je voulais en fait expérimenter ce qui m'a toujours semblé évident (certainement parce que j'ai commencée à être immergée tôt, à une époque où je n'avais ni l'idée ni les moyens d'aller vérifier le pays d'origine d'une série sur internet), à savoir aborder une autre culture par la popculture.

De la Corée, je ne sais rien ou quasiment. A contrario du Japon, je n'ai jamais spécialement tenté de m'instruire ni me documenter sur un aspect ou un autre du sujet. Et si, de temps à autres, j'écoute quelques chansons du cru, je ne vais jamais plus loin.
En-dehors de la langue en elle-même, je n'ai pourtant pas ressenti de jet lag. Ca ressemblait, en définitive, aux réactions de Scarlatiine devant sa toute première fiction japonaise : "ah, tiens, ils font comme ça, eux, ah bon, bien". Ce n'est donc pas si dur de regarder une communauté de personnages qui agissent selon des codes différents (c'est même souvent ce que s'escriment à faire les auteurs des séries de science-fiction, avec plus ou moins de succès ; une pensée d'ailleurs pour Alien Nation). Évidemment, il faut un peu de temps pour intégrer ces mêmes codes (plus qu'un pilote, de toute évidence), mais en-dehors de quelques variations, on se rend compte (et là, attention au choc) que ces personnages ne sont ni plus ni moins faciles à comprendre que n'importe quels autres.

Finalement, les codes et us sociaux sont purement cosmétiques. Il y a quelque chose d'universel dans ces fictions, qui fait qu'elles s'adressent aussi bien au spectateur local qu'à celui, éloigné mais curieux, qui leur donne leur chance. Il n'y a rien d'insurmontable.

Tout au plus, ce qui varie, de la fiction d'un pays à un autre, et croissant avec le nombre de kilomètres de distance, c'est plutôt la façon de faire des séries. Le ton, les moyens techniques et financiers, et le registre des acteurs, ont tendance à marquer beaucoup plus nettement le décalage horaire.
Au départ, une fiction japonaise donne l'apparence d'un travail un peu amateur. Or, plus on en regarde, plus on réalise que c'est surtout la marque d'un attachement aux détails, des choses du quotidien que bien des occidentaux ne goûtent même plus, des éléments relevant à la fois du détail et de l'évident.
Ces nuances sont peut-être les plus difficiles à affronter pour le néophyte. Mais elles sont du domaine du contenant, et non du contenu.

Pour moi, la meilleure preuve qu'on peut à la fois en apprendre sur une autre culture par la fiction, et s'y adapter sans problème, c'est par exemple le souvenir de mes camarades de Terminale qui voulaient organiser un bal de promo. Elles n'étaient même pas des téléphages nourries au sein nourricier de la fiction américaine. Mais de façon perméable, tout de même, elles en avaient intégré l'un des rites.

J'en arrive là où, en fait, j'ai toujours été : j'agite mon drapeau (violet) en faveur de la curiosité, et du droit d'y succomber sans encombre. J'ai regardé ma première fiction coréenne il y a moins d'une semaine, et j'admets avoir noté des différences qui ne me rendaient pas les situations parfaitement identifiables comme des références par rapport à mon propre vécu, mais désolée, ça ne m'a pas empêchée de regarder tout le pilote, et je n'en finis pas de me demander pourquoi, si moi, petite lady, je peux le faire, les patrons de chaîne ne pensent pas que d'autres pourraient le faire. Je suis pas plus ouverte sur le monde qu'un autre français. Vous savez, la France. Le pays de l'exception culturelle. Tellement exceptionnelle qu'on n'y a pas accès à celle des autres.

Pourtant, si des télespectateurs avaient la possibilité, comme je l'ai eue, de regarder une série venue de l'autre bout de la planète, en commençant à être immergés tôt, à une époque où ils n'auraient ni l'idée ni les moyens d'aller vérifier le pays d'origine d'une série sur internet...

Vous savez... mais si vous savez ! Il y a toujours un imbécile, au cours d'une conversation, pour soutenir votre regard avec dédain et s'exclamer : "de toutes façons, les séries américaines, c'est d'un con...", et vous serrez le poing, et vous serrez les dents. Au prochain coup, pensez à lui demander de quel pays il préfère ses séries. Il en découlera alors soit un remontage de bretells en règle, soit la conversation téléphagique la plus captivante de votre existence.

Pour info, depuis deux semaines que j'ai ce post en tête, je me suis lancée sur la piste de séries grecques, russes et égyptiennes, dans l'espoir de préparer ce post. Je n'ai jamais lu autant de sites en arabe, ni visité autant de sites basés dans l'Est. Et quelque part, ces fouilles, c'était déjà une aventure en soi. Mais quand je parvenais à en cagouler une, les sous-titres manquaient dramatiquement.
Quand je parvenais à en cagouler une...

Merci, donc, à toutes ces chaînes disponibles en France, et qui partagent ce point commun : aucune ne diffuse de série venant d'un autre continent que l'Europe ou les États-Unis. Merci, oui merci, de me forcer à stagner dans mon ignorance.

Tout ce que je demande, c'est qu'on m'ouvre la porte vers d'autres mondes.
N'est-ce pas là ce que tous nous voulons ?

27 janvier 2009

Sick Sad World

Quand quelqu'un est malade à en crever, en général, il se bourre de médicaments et de bouillon, puis il attend que ça passe. Quand un téléphage est malade à en crever, il se bourre de médicaments et de séries, puis il attend que ça passe. C'est physiologique, on fonctionne différemment.
Ma condition physique m'y contraignant, j'ai donc passé les derniers jours à comater méchamment devant la télé... Je ne comprenais pas tout, mais qui s'en soucie ?

Après avoir étudié le cas 30 Rock pendant une poignée d'épisodes (j'ai commencé à rire franchement à partir du 5e épisode ; allez, à la fin de la saison je pourrai peut-être sincèrement en penser du bien), et même à la suite d'un instant d'égarement devant une rediff de 7 à la Maison un peu avant le déjeuner, mon pharmacien m'a ravitaillée et, là, on a pu aborder les choses sérieuses.

Les choses sérieuses, c'étaient :
- le pilote de Friday Night Lights
- le pilote de Trust Me
- le pilote de Life
- deux épisodes de United States of Tara
- un revisionnage de Doctor Horrible’s Sing-Along Blog
-
et plus d'épisodes du Coeur a ses Raisons que la dignité ne me laisse l'avouer
Ok, je commence par vous parler de quoi ?

Qu'est-ce que c'est cool d'être malade, quand même...! Mais comment font les gens qui ont la grippe et qui ne sont pas téléphages ? Ca reste un mystère pour moi...

2 décembre 2008

La vie de notre belle famille d'abord

Régulièrement, la télévision nous envoie un message très clair : la famille, c'est bien. La famille c'est important. C'est bon pour ce que vous avez.
La famille, c'est même le plus important.
Oui, aujourd'hui, on va parler de valeurs familiales. Mais si ! Vous savez bien : les valeurs familiales ! Ce truc dont on vous parle chaque fois qu'on veut que vous appliquiez ces valeurs à autre chose que votre famille ! Les politiciens veulent que vous les pratiquiez vis-à-vis de l'Etat, les chefs d'entreprises veulent que vous les consacriez à votre travail... et la télé ?

Dans une immense majorité des cas, à la télévision, la famille, c'est sacré. Et c'est le centre d'un grand nombre d'attentions scénaristiques, selon le schéma suivant : la famille, c'est important, donc on en parle, donc c'est important.

Une proporition démesurée de séries s'y intéressent à un tel point, que ce seul postulat leur sert de pitch. Une famille. Point. Voilà, on avisera à partir de là.
Et je ne parle pas simplement des séries gentillettes type 7 à la Maison, non, c'est également vrai de tout un tas de sitcoms variant (à peine) autour de la thématique familiale : la famille avec trois enfants, la famille avec seulement deux enfants, la famille étrangement nombreuse, la famille avec plein d'adolescents, la famille où le père est en première ligne, la famille où c'est la mère, la famille recomposée, la famille avec un parent célibataire, la famille propre sur elle, la famille soi-disant atypique... Je continue ?
Bon, franchement, si avec ça vous n'avez pas fait de la famille votre priorité numéro 1, c'est que vous le faites exprès. On vous dit que c'est important, quoi, merde, à la fin !

Dans une immense majorité des cas, la famille, nous, on la regarde bien volontiers à la télévision. Et vous savez pourquoi ? Parce que c'est important, la famille. Vous, vous en avez une. Vous, là, aussi. Moi, pareil. Chacune est évidemment différente, chacun a une expérience de la leur différente des autres, mais on en a tous. C'est biologiquement obligé ! Et justement, la famille, c'est bien l'un des rares thèmes qui touchent nécessairement chaque spectateur de façon personnelle.
Si votre famille est heureuse, si elle est malheureuse, si elle est éclatée ou même inconnue, de toutes façons, vous en avez une. Vous imaginez ça ? A la télé, il y a forcément une famille comme la vôtre. Super, non ?

Et puis, il y a des familles pas comme la vôtre, aussi. Et c'est peut-être le plus important. Lequel d'entre nous n'a jamais regardé une série montrant une famille différente à un tel point, qu'elle nous fasse un peu rêver ? La famille idéale sans problème ici, la famille complètement barrée là... selon votre propre schéma, vous fantasmerez un peu sur cette famille si différente et, là aussi, il y en a forcément une pour vous. Ah, si ma famille avait autant d'humour que les Conner de Roseanne ! Ah, si ma famille était aussi joviale que les Brady du Brady Bunch ! Ah, si ma famille était aussi volcanique que les Walker de Brothers & Sisters ! Je continue ?
La télévision joue alors autant avec l'identification que l'imagination, et là encore, c'est une des rares thématiques qui le lui permette.

Il n'y a rien qui vous choque ? A force de boucher de la famille à toutes les sauces : la sauce entreprise familiale des Fisher de Six Feet Under, la sauce famille idyllique des Ingalls de La petite maison dans la prairie, la sauce famille déglinguée des Bundy de Mariés, Deux Enfants... Je continue ? Eh bien, à force, on commence vraiment à penser que la famille, c'est tellement important... qu'il vous en faut une.
Et là, au risque de passer pour une féministe enragée, je m'insurge : on n'est pas obligé de vouloir une famille.

Pourtant, toutes ces affaires de famille, où mènent-elles ? A agrandir la famille, à fonder une famille, à se créer une famille.
Les exemples se comptent à la pelle : le personnage le plus indépendant de Sex & the City, Miranda, est la première à fonder une famille. La plus volage d'Ally McBeal, Elaine, se découvre un désir d'enfant dans un épisode de Noël. Et quand les Desperate Housewives vieillissent, que font-elles ? Des bébés ! Même Gabrielle ! Je continue ?!
SEGA peut se rhabiller : la famille, c'est plus fort que toi ! Ne luttez pas, vous finirez par en avoir une, un jour, bien à vous, avec plein de petits bébés !

C'est là que je dis stop ! La famille, ce n'est pas le Saint Graal, enfin !!!
Mais si on en croit la télévision, la famille, ce n'est pas juste important. C'est obligé.

Comble de l'ironie, pour que j'en fonde une, il me faudrait éteindre la télé et sortir de chez moi.

3 octobre 2008

La rechute

Comme vous le savez, mercredi dernier, j'ai remis la main sur mes épisodes de Brothers & Sisters, et j'ai réalisé que je pouvais maintenant voir la fin de la saison que j'avais bêtement laissée en plan. J'ai donc repris le pilote, repris tous les épisodes que j'avais vus, cagoulé comme une sauvage les épisodes de la première saison que je n'avais pas pu encore voir...
Et j'ai tout englouti, tous les épisodes, quasiment sans mâcher : le matin avant d'aller au boulot, le soir en rentrant, le weekend entre deux préparations de podcast... TOUT. LE. TEMPS.

Mardi après-midi, je me suis trouvée bêtement à considérer mon chez moi informatique, assise devant l'ordinateur, les épaules basses et le visage circonspect, tiraillée entre l'épuisement et la faim.
J'ai alors été bien obligée de constater que :
- j'avais fini la 1e saison en moins d'une semaine
- j'avais entamé la seconde dans la foulée
- j'avais épuisé mes possibilités d'espace disponible
- j'en voulais encore
Rendons-nous à l'évidence : j'ai boulotté 25 épisodes de cette série en moins d'une semaine, je ne suis toujours pas rassasiée, et je suis de nouveau dans cette situation où je dois sacrifier mon appétit pour de bêtes raisons techniques. Plus rageant ? Il n'y a simplement pas. L'histoire se répète, dramatiquement.

Evidemment, le plus simple serait d'aller racheter des fournitures pour faire de la place, mais je commence à voir les choses sous un autre angle.
Non, là, il va falloir sévir, de toute évidence. Parce que, si je regarde au-delà de cette dernière semaine de frénésie, que vois-je ?

Je vois que j'ai cagoulé toute la première saison de The Big Bang Theory (je ris pourtant, en moyenne, un épisode sur deux), et que je continue même à regarder la saison suivante pour des raisons que je ne suis pas certaine de saisir.
Je vois que j'ai cagoulé 3 saisons de Reba en 2 mois environ ; alors d'accord, la 6e était plus courte, mais quand même.
Je vois que je donne sa chance à The Mentalist pour encore un épisode ou deux, et, misère, peut-être même plus selon la tournure que ça prendra.
Je vois que j'ai l'air bien partie pour suivre Privileged cette saison.
Je vois que la tournée des nouveautés n'est pas encore finie.
Je vois que Samantha Who? reprend la semaine prochaine.
Je vois qu'il y a aussi Pushing Daisies, Dirty Sexy Money...
Je vois que sur Brothers & Sisters, je suis loin d'être tirée d'affaire !
Je vois que je ne suis, surtout, pas à l'abri que ma fringale se porte ensuite sur une autre série dont je pourrais me piquer de voir des saisons antérieures. Pour être totalement honnête, j'ai déjà fait du répérage et j'ai deux-trois petites choses en ligne de mire, de toutes façons.

Bon, on va être clairs, ce ne sont pas quelques CD qui tiendront le choc, de toute évidence. On dirait bien qu'en cet automne, je suis plus gourmande que pour le précédent ; que ma téléphagie se redéclare de façon vivace.
Je vais donc devoir, bel et bien, m'acheter une nouvelle pelote de laine dure pour ma cagoule. Il faudra bien ça.

C'est que, voyez-vous, ce n'est pas pour rien que l'opération COLLECTION se nomme ainsi : je suis strictement incapable de laisser perdre quoi que ce soit. C'est une complication téléphagique qui arrive, parfois... je ne comprends pas ceux qui régurgitent ce qu'ils ont avalé avec tant d'enthousiasme.

Tout ça a commencé vers 2001, je pense, au plus fort de ma maladie. J'étais une jeune téléphage influençable, et je suis tombée sous le charme d'un certain nombre de séries. Je les aimais tellement que je voulais pouvoir regarder, encore et encore, les épisodes. Jusque là c'est cohérent.

Ce qui a commencé à l'être de moins en moins, c'est quand j'ai commencé à enregistrer le reste. Tooooout le reste. J'allumais la télé, et systématiquement, j'allumais le magnétoscope aussi (oui, c'était encore une ère où la VHS était fréquentable). J'enregistrais tout ce que je regardais (j'aimerais pouvoir prétendre que la réciproque était vraie). Je sortais de chez moi, je programmais 5 enregistrements. Je revenais, j'enregistrais encore.

Etonnez-vous après ça que je capitalise près de 800 VHS à la maison (et je ne m'aventure même pas à compter les DVD que j'ai achetés depuis que je suis passée dans le monde moderne).

Je suis extrêmement sentimentale avec mes enregistrements. Il m'est physiquement impossible d'effacer quoi que ce soit. Même, et c'est là qu'on touche à la psychiatrie, quand je n'ai pas aimé. Je n'ose même pas vous dire le nombre d'épisodes du JAG, ou des Ahem! du Bonheur, ou même... de 7 à la Maison, que j'ai. Et que je ne peux pas, non je ne peux pas, effacer.

De toutes façons, les enregistrements étant faits de façon quasi-industrielle (4 à 5h de programmes chaque jour), il peut très bien y avoir, sur une même cassette, un épisode de Charmed, puis un Buffy, puis deux A la Maison Blanche, puis un Ma Famille d'Abord, et ainsi de suite, ce qui rend l'effacement pour ainsi dire impossible, sous peine d'estropier l'épisode suivant.

Ah oui, il y a ça, aussi : quand il me manquait 5 ou 10 secondes d'un épisode (ne parlons même pas d'une minute), et qu'il repassait... je le réenregistrais. Idem quand la qualité de l'image ou du son ne me semblait pas optimales. Pareil lorsque la chaîne avait la bonne idée d'aposer un logo (genre Téléthon, Sidaction ou Dieu sait quoi d'autre). Donc il y a des épisodes que, oui-oui, j'ai en double. Et je n'efface pas celui de moins bonne qualité, pour les raisons énoncées plus haut. Je ne peux pas. Vraiment pas.

C'est comme ça qu'on en arrive à avoir certains épisodes d'Une Nounou d'Enfer en double, en triple exemplaire. De la folie douce. Et par là-dessus, j'ai acheté les DVD, jamais effacé une seule VHS.

Ah je l'ai faite tourner, l'industrie de la VHS, en mon temps, croyez-moi ! Pendant des années, j'ai acheté chacune de ces VHS (ouais, bon, d'accord, il m'est arrivé d'en récupérer chez des amis qui s'en débarrassaient, aussi), j'ai acheté en tout et pour tout cinq magnétoscopes différents (ça s'use vite ces machins-là, et le samedi, la Trilo était face à New York SVU, j'étais bien obligée d'en avoir au moins deux ; quelle tristesse, aujourd'hui ils sont tous tombés au combat). A la FNUC, c'est bien simple, j'achetais mes VHS vierges de 240mn par packs de 10 !

Je ne connaissais pas encore le cagoulage... Je passais beaucoup de temps, toujours à la FNUC, mais aussi dans d'autres grandes surfaces culturelles, chez les magasins de videos, à Gibert Jeune, à acheter des VHS, en neuf aussi bien qu'en occasion (comme ce coffret assez incroyable de T. and T. que j'avais dégoté, le pilote en plus !), ah je l'ai fait tourner le commerce !

Il m'arrivait qu'on m'appelle par mon prénom chez Gibert ; une fois à la FNUC, on m'a proposé un caddie pour faire mes courses... ah je les ai fait vivre, tous ces gredins !

Et je vous épargne aussi ma frénésie de DVD quand j'ai fait l'acquisition de la bête.

J'ai tout gardé, jamais rien revendu, ni effacé, ni jeté.

Alors c'est pas côté cagoulage que je vais changer ma démarche. Je les ai, je les garde, mes épisodes, et précieusement ! Et vu que mon pouvoir d'achat (a contrario de tout le monde) a augmenté depuis que je ne suis plus au chomdu, et que je vais jusqu'à acheter des DVD qui ne plaisent pas vraiment (comme récemment avec Damages) simplement parce que je suis passée dans une FNUC et que j'avais mon chéquier (avec le DVD de Roseanne, ça faisait un chiffre rond en plus !), j'aurais tendance à penser que je suis quitte avec l'industrie des anti-cagoulages.
Après tout, ma rechute leur profite autant qu'à moi.

Je me dis juste qu'à un moment, il faudra envisager d'acheter l'appartement de ma voisine, pour le stockage. 15m² de séries télé, c'est pas le rêve ?!

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28 septembre 2007

K.O.-Ville

Et là, je le sens, vous vous dites : "elle nous a annoncé un post ya 24h à peine, elle bosse sur le podcast, ce vendredi, le post, on peut encore se le carrer où on pense". Bah même pas. Zavez vu comment vous êtes, un peu ?
Ce soir, après la bonne humeur du podcast, j'opte pour le post déprimant avec K-Ville. Il en faut, mes amis. Il en faut.

Et sur cette série, il vaut mieux se poser la question dans les bons termes. Si vous vous demandez si K-Ville est une bonne série, vous prenez le sujet par le mauvais bout. Si vous vous demandez si K-Ville est intéressant, là encore il y a un défaut dans votre approche. Par contre, si votre préoccupation est de l'ordre de : est-il humainement tolérable de regarder K-Ville ? Dans ce cas, la réponse est : seulement si vous y êtes contraint par la force, mais c'est jouable.

En soi, la série n'est pas mauvaise, pourtant. Disons que sur le papier, ça pouvait revêtir un certain intérêt, déjà, et qu'une ou deux choses n'étaient pas trop horripilantes. Mais globalement, c'était sans compter sur le fait que K-Ville serait avant tout un mauvais cop show (pour quelqu'un qui a grand'peine à en trouver qui soient bons, c'est dire). Et ça, ce truc qui tue tout, surtout en ces périodes de vaches pas assez maigres côté uniformes.

Dans ce pilote, l'intrigue est effectivement liée de plein fouet à l'ouragan Katrina, avec un côté légèrement dénonciateur d'une réalité pas très jouasse, et qu'on anticipait forcément (s'il n'y avait pas eu un minimum de dénonciation, cette série n'aurait vraiment pas valu tripette), toutefois, rien de captivant en soi. Les coupables et les victimes sont désignés, chacun attend sa sentence... ce pilote ressemble un peu à l'ouverture de l'Antigone d'Anouilh, tout le monde attend que ça commence et chacun sait quel rôle il a à jouer, et il le jouera jusqu'au bout. Mais tout cela, sans être un classique de la tragédie, hélas.

Au milieu de tout cela, nous avons notre flicaille. C'est contractuel, il en faut dans toutes les séries maintenant. Avec au menu, Anthony Anderson ne cherchant pas à repousser ses limites (pourtant j'l'aime bien ce ptit gars ; ça me fait de la peine et ça me fait plaisir en même temps, de le voir dans ce premier rôle), et Cole Hauser qui lui non plus ne se défonce pas tellement... C'est triste comme un jour sans pain, quoi. Evidemment l'un est un vieux de la vieille et l'autre la bleusaille, le premier ayant perdu son partenaire le second doit gagner sa confiance, mais heureusement il est observateur et compétent, blah blah blah...

Heureusement et malheureusement, sur la fin de l'épisode, se trouve un petit twist sympathique... mais le drame c'est qu'on a déjà jeté l'éponge depuis longtemps quand arrive ce petit retournement de situation, et plus dramatique encore, on voit très mal comment va s'intégrer cette histoire dans les épisodes à venir.

Au final, on ressort de K-Ville avec une impression de malaise, pas très solides sur ses deux jambes, et la tête légèrement bourdonnante. Le style visuel est remuant, les dialogues proprement impardonnables de banalité, les scènes d'action en provenance directe des années 90 (voir 80), les quelques scènes presqu'intéressantes bâclées (notamment sur la famille Boulet... j'déconne pas c'est leur nom ET leur fonction), l'intérêt au ras des pâquerettes sur la minute de fin, en baignant dans une sordide ambiance à la 7 à la Maison où tous les voisins ont subitement décidé que la Nouvelle Orléans, c'est super sympa comme coin à habiter et où se faire des cadeaux, etc... Pourri jusqu'à la moëlle, donc.

Mais ce ne serait pas si dérangeant pour toute autre série de dire que c'est une série pénible. Car le problème, c'est que c'est K-Ville, une série qui parle d'un sujet grave, offrant des possibilités dramatiques (pour l'instant à peine effleurées dans deux flashbacks) de folie, et un sujet fort. Alors on s'en veut un peu de n'avoir pas réussi à aimer. On s'en veut de n'avoir pas trouvé les qualités. On s'en veut de ce rendez-vous raté. Pourtant, j'y suis pour rien moi, s'ils ont mis à côté !

Ce qui est énervant c'est que le sujet, même mal traité (et osons le dire : maltraité) reste dérangeant. C'est qu'on a envie, puissamment envie, qu'une série parle de ce qui s'est passé, de la façon dont les gens ont dû survivre, de la façon dont la ville tente de se reconstruire, de la façon dont tout n'est que désolation encore deux ans après. Et c'est génial d'avoir une série avec un tel potentiel sans qu'on ne soit dans l'anticipation, la SF ou le fantastique. Mais rien à faire, ça ne prend pas. Ils ne se sont pas donné les moyens dramatiques d'aller au fond des choses, à plus forte raison dans ce pilote où justement c'était l'occasion de nous prendre aux tripes. Mais ni les scénaristes ni les acteurs ne vont au bout.

Le sujet est fort, la série ne l'est pas du tout. Ca sent la précipitation et, quelque part, on se demande si cette série, qui aurait pu être une formidable aventure, n'aurait pas gagné à être plutôt la seconde à parler de Katrina, plutôt que la première, cédant le passage à une exploitation plus fine de la question.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche K-Ville de SeriesLive.

7 juin 2007

La démission du révérend Camden

D'accord, des guily pleasures où les larmes sont bradées et les rires sont bon marché, j'en ai des tas dans mes réserves, et j'en ai déjà abordés quelques uns ici, mais je n'avais pas encore osé lever le voile sur une de mes pêchés mignons : 7 à la Maison.

Pour ceux qui ne savent pas, 7 à la Maison est l'histoire de deux américains très moyens sûrs de leurs valeurs inébranlables ou presque, et qui décident d'élever un cheptel d'enfants très politiquement corrects qui assureront la survie de concepts aussi ineptes qu'archaïques. Ils commencent la série avec 5 enfants, mais comme les acteurs qui jouent les gosses, et qui grandissent, hélas, en ont vite marre de se faire bourrer le mou par leurs aînés, nos deux éleveurs conçoivent une nouvelle portée amenée à permettre aux mêmes intrigues de se reproduire avec quelques saisons d'intervalle. Le public de cette série-là ayant très peu de mémoire, ou la bonne grâce de faire semblant. Comme moi !

Bref, 7 à la Maison, c'est un peu une photographie d'un monde qui vit hors du monde mais qui essaye vraiment de faire ce qu'il peut pour croire, mais croire très fort, que vraiment, ils comprennent les problèmes de ce même monde, et qu'il y a de fortes chances pour que leur solution permette à chacun d'y vivre mieux. Alors que, répétons-le, ils ne connaissent pas le monde tel qu'il est, car le leur est infiniment aspetisé, et naturellement, stéréotypé à l'extrême. Parfois on se demande même si les scénaristes (un bien grand mot vu la teneur de certains épisodes, ne parlons même pas de bon nombre de dialogues) ne sont pas en train de se moquer de nous. Il m'est arrivé plusieurs fois de me dire "la vision à long terme de 7 à la Maison, c'est de démontrer que ces valeurs-là, elles ne tiennent pas dans la réalité telle qu'elle est, et au final ils vont céder". Mais force est de constater qu'avec les années, 7 à la Maison a tenu bon et n'a pas renié ses beaux principes, s'attachant, encore et toujours, à nous dire qu'avec une bonne dose de foi et en demandant conseil au révérend Camden, tout peut toujours s'arranger au plus près du politiquement correct.

Sauf que non.

Je n'avais pas regardé la série depuis quelques saisons, mais il y a trois semaines, je suis tombée sur la diffusion de TF1 qui, si j'en crois SeriesLive, est la saison 10. Que je regarde encore de temps à autres, parce que ça faisait un bail (je ne m'apesantirai pas sur les raisons qui font qu'une personne ayant tout de même un peu d'estime pour elle-même finisse par regarder assidûment les saisons 1 à 5 de cette série, ce serait revenir sur des années de thérapie qui m'ont permis d'occulter ce lourd passage de ma vie), et que quelque chose a attiré mon attention lorsque j'y ai glissé un oeil amusé il y a donc trois semaines environ.

Dans cet épisode, Ruthie était confrontée à une dure réalité (normal, c'est la structure régulière de cette série) : l'une de ses camarades ne mangeait pas à sa faim. Je vous épargne la scène en plan-séquence où plusieurs élèves du lycée de Ruthie expliquent sur un ton presque documentaire qu'eux non plus n'ont pas à manger et les conséquences que cela a sur leur vie d'ado (c'est dans ces cas-là qu'on regrette de n'avoir pas préparé de pop corn), je passe directement à la scène finale, que dis-je, le feu d'artifice final, où Ruthie, 16 ans et toujours le rôle de la gamine qui sait rien de la vie (rappelons quand même qu'à une époque elle allait dans une classe pour enfants très doués, mais bon, infantiliser c'est toujours de bon ton dans ce genre de séries bien-pensantes), demande à son père avec ses yeux de cockers (mais comme elle a 16 ans, c'est un cocker maquillé comme une voiture volée) : mais comment se fait-il qu'il y ait tant de gens qui aient faim alors que nous vivons dans un pays si riche ? Son révérend de père de lui expliquer : eh bien, oui, mais le monde est mal fait, ce n'est pas simple. Ruthie récidive : mais comment aider tous ces gens ? Papa révérend rétorque : eh bien, c'est difficile de les aider, tu comprends, parce qu'ils ont honte et qu'ils ne veulent pas que ça se sache et donc ils ne veulent pas qu'on les aide, alors tout ce qu'on peut faire c'est prier pour eux et espérer qu'un jour les choses soient plus faciles... (j'ai évité les guillemets car évidemment je ne me suis pas encombrée le cerveau avec les vraies répliques). Bref, frappée de stupeur, j'essaye d'assimiler ce que papa Camden vient d'expliquer à Ruthie : que les gens pauvres ne veulent pas qu'on les aide (bon alors je veux bien que l'assistanat aux States et en France ne soit pas du tout vu de la même façon m'enfin, ne pas vouloir être aidé, c'est pas pareil que d'avoir honte !), et que tout ce qu'on peut faire pour eux, tenez-vous bien, c'est prier ! Rien d'autre ! Peut-être un jour mais là, non, on reste tranquillement à la maison et on attend que les choses changent ! Je ne sais pas moi, que la faim dans le monde, ça n'existe plus. Voilà, c'est tout. C'est simple en définitive !

J'étais sciée. Le révérend Camden venait de déclarer forfait. Trop d'années dans son bureau mal éclairé avaient eu raison de son éternelle bonne volonté, sa croyance qu'on (enfin, surtout lui) peut toujours faire le bien, améliorer la vie des gens... C'était quand même pour cette même dose culottée d'espoir inébranlable que je regardais cette série ! Mais là non, le révérend Camden a rendu les armes. Mais bon, la journée avait été dure (vous avez peut-être remarqué que ces derniers temps, il ne se passe pas un épisode sans que la journée n'ait été dure ? Il vieillit ce pauvre homme) alors admettons.

Hier, je me cale les fesses devant un autre épisode, dans l'espoir de recevoir ma dose de pensées exagérément positives du jour. Hélas, encore une fois, chou blanc. Au menu du jour, un mari épouvantablement volage, un lycéen bientôt père indigne, et un enfant illégitime au bord du suicide.

Procédons par ordre : le mari épouvantablement volage, c'est le mari de Lucy (ne m'obligez pas à retenir aussi lesp rénoms des pièces rapportées), ex-flic devenu père au foyer après s'être traumatisé lui-même en se servant de son arme. Le gentil pôpa va aux réunions de mamans pendant que sa belle travaille à l'eglise avec son père (elle ambitionne en effet de devenir révérend elle aussi... c'est bizarre, papa Camden n'est jamais à l'eglise, il fait en moyenne deux offices par saison, ya déjà à peine du oublot pour un alors pour deux... mais admettons). Bien-sûr Lucy culpabilise comme une folle de ne pas passer plus de temps avec son bout de chou de fille (après tout sa propre mère à elle n'a jamais rien eu d'autre dans sa vie que ses gosses... je n'ai aucun souvenir qu'on lui ait expliqué un jour ou l'autre qu'il existait une alternative et qu'on pouvait être une bonne mère ET travailler). Et comme elle a un caractère de cochon, hypra-jaloux, depuis toujours, elle préfèrerait aussi ne pas être par monts et par vaux toute la journée et garder un oeil sur son mari. Mari qui, eh, c'est un Camden par alliance, aime bien aider son prochain, et là il a eu pitié d'une mère célibataire et donc ils promènent leurs enfants ensemble, et il lui prodigue quelques conseils parce que, bah, elle, elle travaille, donc elle ne sait pas s'y prendre avec son propre gosse. Mais Lucy est bien-entendu furibarde après son mari parce qu'il voit une femme célibataire, et qu'appremment, il compte remettre ça. Furieux, le mari claque la porte (à la Camden) et s'en va demander conseil chez beau-papa révérend, comme tout le monde en cas de panne de cerveau. Et alors là, ya même pas débat : en une phrase, le révérend résoud son problème : tu vas t'excuser auprès de ta femme. Ah bon mais révérend, ai-je envie de dire, qu'en est-il du respect de la vie de chaque époux ? Ces épisodes où vous encouragiez votre propre femme à reprendre ses études et voir du monde en dépit de votre propre jalousie car vous voyiez bien que sans ça elle allait péter un câble ? Non ? Pas un mot à ce sujet ? Ah, bon.

Deuxième étape, l'adolescent qui va être papa. J'ai certainement loupé toutes les étapes pendant lesquelles il a reçu la leçon sur "pas de sexe avant le mariage" (dommage parce que ce running gag là est vraiment leur meilleur), pour en arriver directement au moment où il ne veut rien avoir à faire avec la maman ni le futur-bébé, et où, côté Camden, personne ne lui fait la leçon, en fait la seule qu'il aura viendra de son propre père qui lui dit juste de se comporter comme un homme et faire un choix, ce à quoi l'adolescent en chaleur répond à son père qu'il a été élevé par sa mère et qu'en fait de lui faire la leçon sur être père, son interlocuteur peut toujours parler. Après quoi le pater en question déclare forfait et se tire chez les Camden, panne sèche de matière grise j'imagine. Révérend Camden père et fille s'escriment, en parallèle, à avoir un entretien avec les parents de la future-maman (faut suivre), mais en quelques répliques cinglantes, ils font savoir qu'ils ne veulent rien avoir à faire avec leur fille, ni l'éventuel rejeton de cette dernière. Et que quand il naîtra, pas la peine de les déranger, ils s'en foutent. Papa et fifille Camden laissent faire. Mais enfin quoi ? Pas de réplique sur "vous allez passer à côté de votre propre petit-fils" ? Pas une phrase pour marquer l'importance fondamentale de la famille dans la vie ? Pas même une tentative, même ratée...? Rien ? Ah, bon.

Troisème étape, le summum de la démission. Le révérend Camden apprend qu'il a été conçu hors-mariage. Ce qui lui fout sa journée en l'air, et on le comprend, apprendre ça à 50 ans et de poussières, c'est rude, surtout quand on croît fermement à la chasteté jusqu'au mariage et qu'on s'est crevé ces 10 dernières années/saisons à faire appliquer ce principe à la lettre à sa progéniture (avec un succès plutôt relatif pour certains...). Mais plutôt que de mettre cette expérience au service des intrigues qui l'entourent (sans même parler de remettre en question ses convictions, faut pas rêver), tout au plus aura-t-on droit à une légère petite phrase sur la fin, à notre pauvre adolescent après tout, ya des tas de gens de par le monde qui ont des enfants sans sem arier, et ils ont l'air de ne pas s'en sortir si mal que ça, et ça donne des gens pas si mauvais. Quoi ? C'est tout ? Pas de prêche dans le sens du mariage malgré tout, pas une petite pichenette en direction du bon ordre moral, du bien-être de l'enfant, rien ? Ah, bon.

Mais alors, c'est bien ça, tout concorde. Le révérend Camden a laissé tomber. Ce n'est pas la série qui s'est tirée du politiquement correct, c'est juste le révérend Camden qui se rend. Ce type était de tous les combats ! Ce gars était là pour remettre toute sa marmaille et celle des voisins dans le droit chemin ! Et là quoi ? Et là plus rien. Il n'a plus de jus le pauvre révérend Camden.
Le monde a gagné. Et c'est finalement une victoire bien amère...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 7 à la Maison de SeriesLive.

18 janvier 2007

Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de Brian ?

A priori tout lui réussit à ce garçon : il est gentil, charmant, serviable, plein de bonne foi et en plus il a un job plutôt cool. Franchement, ya pas de quoi se plaindre. Ok, il est est légèrement peu sûr de lui, mais à sa place, vous le seriez aussi si vous deviez en permanence avoir sous les yeux des couples qui ne rêvent que de vous maquer, alors que vous êtes célibataire et incapable de changer la donne durablement.

Et pourtant ya rien à en tirer de ce ptit gars. Brian est franchement le dernier des abrutis lorsque ça concerne les femmes. Il les choisit particulièrement mal, à croire qu'il le fait exprès ! D'abord, il sort avec la pire chieuse que la Terre ait porté, simplement parce qu'elle a la bonne grâce de se trouver là, ensuite il s'entiche de la petite amie de son meilleur pote. Faut vraiment être idiot. Non vraiment, en langage psy on parle d'actes manqués : tout pour éviter de tomber sur une fille avec qui ça pourrait marcher.

Voilà donc le pilote de What About Brian, en quelques mots. Bien qu'on se prenne d'affection pour le héros (ou c'est peut-être de la pitié ?) ce n'est pas facile d'accrocher sur le pitch on-ne-peut-plus léger de la série. Des mecs avec des problèmes de coeur, bon, franchement, chaque sitcom a le sien, et je vous épargne la revue de détail des séries dramatiques qui doit aussi regorger d'exemples. Bien-sûr, vous pourriez me répondre, c'est votre droit le plus légitime, que la série s'apprête à raconter comment Brian va devoir gérer le fait qu'il soit frappadingue de la copine promue fiancée de son meilleur pote, à plus forte raison après lui avoir fait une déclaration. Possible. Plus que problable. Mais vu comme Brian est instable et coeur d'artichaut, franchement, on s'en bat l'oeil. La petite esquive de la promise de son pote qui lui balance une blondinette dans les bras en fin de pilote, histoire de se dédouaner, n'a certainement gagné qu'un léger sursis. Ou pas. Il peut passer d'aventure en aventure (parce que, bon, sinon, on saurait quoi faire de Brian).
Mais en ce qui me concerne, il peut même se taper la femme de son autre meilleur ami (celle qui cherche à tout prix à avoir des relations extra-conjugales pour sortir son couple du marasme sexuel où il se trouve) sincèrement je n'en ai cure.

Reste un joli casting. Bon, d'accord ya Rosanna Arquette, mais je parlais surtout au sens décoratif du terme. Car ne nous y trompons pas, la grande force de What about Brian, c'est Brian : Barry Watson, dont on sait déjà que la tignasse cradingue et graisseuse fait fondre toutes les nanas, y compris les plus réservées (c'est au moins ça que 7 à la Maison nous aura appris : les prudes aiment les cheveux gras). Nous voilà donc en présence, une fois de plus, et pour résumer, d'une histoire proprette, d'un casting au cordeau, et jolis décors ensoleillés et...

Bon, on a fait le tour. Mais qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse, moi, de Brian ? J'aime que les cheveux courts !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche What about Brian de SeriesLive.

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