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ladytelephagy
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6 avril 2012

Remontées acides

Ce soir dans le SeriesLive Show, nous consacrons toute une rubrique à une série méconnue, Starved, diffusée par FX pendant l'été 2005. C'est une série dont je pense énormément de bien et dont j'ai déjà pu vous entretenir à l'occasion, mais puisque je me suis enfilé une intégrale afin de me rafraîchir la mémoire en vue de l'émission, je me suis dit que c'était une occasion en or de vous faire un petit bilan de la saison/série, après vous avoir parlé de son pilote voilà il y a quelques années.
Etant donné que depuis le décès de MegaUpload, les posts La preuve par trois ne fournissent plus de lien de cagoulage pour les épisodes traités,  maintenant c'est un peu l'horreur pour partager des épisodes sur le long terme ; je me vois donc contrainte de vous indiquer que l'intégrale de cette série est disponible sur Youtube. Chaque épisode est découpé en trois parties, en plus. Beurk, mais à défaut de mieux... En tous cas vous avez quelques heures pour aller vous faire une idée, et mieux comprendre de quoi on cause ce soir dans l'émission.

Starving

C'est sûr, Starved est une comédie bien particulière, puisqu'elle s'intéresse à quatre personnages qui ont des troubles alimentaires ; il y a Sam, qui cumule l'anorexie et l'hyperphagie, Dan, "simplement" hyperphage mais qui a atteint un stade d'obésité morbide, Adam, un boulimique, et Billie, qui est à la fois anorexique et boulimique. Que de charmants portraits, reconnaissons-le.
Ils assistent ensemble à des réunions des Belt Tighteners, un groupe de parole spécialisé dans les troubles alimentaires. Sauf que ces groupes ne sont pas basés sur l'écoute et l'entraide, comme peuvent l'être les Addicted Anonymous, mais au contraire reposent sur le blâme, et la dissuasion par l'aggression verbale.

La série étant créée par Eric Schaeffer, c'est évidemment lui qui interprète le rôle principal de Sam, un homme qui parvient à n'être jamais vraiment sympathique mais dont la manifestation des troubles est éminemment intéressante. En effet, il est également célibataire, et ses névroses alimentaires débordent énormément sur la façon dont il vit ses relations amoureuses ainsi que ses obsessions sexuelles. C'est certainement le personnage le plus fascinant de la série à cause de cela : il démontre bien la façon dont la nourriture et le sexe sont très liés dans nos imaginaires, et quand on entretient un rapport malsain à l'un, on a tendance à ne pas vivre le reste de façon bien plus saine.

Sam, en dépit du fait que ce soit un type assez insupportable et imbuvable (le terme "petit connard" peut éventuellement venir à l'esprit du spectateur...), est assez touchant parce qu'il cherche désespérément à vivre sainement, et que dans ce but, il adopte très vite les idées qu'on lui souffle.
Le problème c'est évidemment qu'il cherche une "formule magique" pour se sortir de ses troubles, au lieu de faire un travail plus difficile et plus lent, par exemple en suivant une thérapie (et pas juste aller se flageller chez les Belt Tighteners !) ou en intégrant un programme dans un institut médicalisé, pourrait-on imaginer. Donc en cherchant la solution qui va d'un coup de baguette magique tout résoudre, il devient une sorte d'éponge pour toutes les idées qui passent. Et il se destine aussi à l'échec car ce côté girouette ne peut jamais vraiment lui réussir. Par exemple, Dan lui recommande de faire des lavements ? Pouf, il fait des lavements ; c'est alors l'occasion de faire un transfert sur l'assistante médicale qui les lui procure, de façon à obtenir des lavements le soir après leur dîner ensemble (ah oui, Sam est un grand romantique). Mais quand ça ne marche pas comme il veut, il passe immédiatement à autre chose. Il va ainsi sortir avec une végétalienne et adopter son mode de vie extrême, simplement parce qu'elle lui a assuré qu'un brownie vegan n'avait presque pas de calories. Quand il prend du poids et qu'elle lui dit que, "presque pas", ce n'est pas "pas du tout" de calories, alors tout d'un coup on sent que son attachement pour elle s'est envolé.
Ainsi, tout s'imbrique toujours, avec lui... Et ne dure jamais vraiment longtemps parce qu'il ne lutte pas efficacement contre son trouble.

Sam prenant beaucoup de place dans la série, et l'unique saison de celle-ci étant très courte, on se prend à rêver des choses que les 7 épisodes de la série n'auront pas le temps d'explorer pendant la première saison.

Ainsi, Billie, chanteuse de son état, cache à son meilleur ami Sam que ses parents sont deux hommes, et évite depuis des années et des années de les lui présenter ; ses rapports avec l'un de ses deux pères sont de surcroît très houleux. Elle est elle-même plus ou moins bisexuelle (elle dit que "ses fans la préfèrent gay" mais couche aussi bien avec des hommes, sans en avoir l'air très heureuse, que des femmes), et l'un de ses pères prétend que son homosexualité n'est qu'une phase pour elle. Sa réponse consiste en général à boire (quelle émotion pour la fan de Rude Awakening que je suis d'assister au développement de cette intrigue...!), en plus de ses autres troubles alimentaires qui la poussent à peser absolument tout ce qu'elle mange, ce qui est supposé lui permettre de garder le contrôle de son besoin de se faire vomir (mais ce n'est pas beaucoup plus sain, reconnaissons-le). Bien qu'on ait le temps de prendre la mesure de tout ce qui préoccupe Billie, la résolution de ses problèmes avec son père, ainsi que la question de sa sexualité et de son alcoolisme, auraient à elles seules mérité une seconde saison.
Une histoire plutôt développée est celle de Dan, qui tout obèse qu'il soit n'en a pas moins une femme superbe à la maison qui ne demande qu'à lui faire un bébé. Lui, il aurait en fait dû rester célibataire, tant sa seule envie dans la vie est de rester au calme à manger devant des matches. Son état de santé est tel qu'un simple régime ne fonctionne pas (on verra d'ailleurs qu'en essayant de passer à un régime tout liquide, il va finir par mixer de la junk food...) et il a besoin de la pose d'un anneau gastrique, mais l'opération a plusieurs fois été reportée parce qu'il ne peut s'empêcher de tout gâcher en mangeant juste avant l'opération. Le déroulement de cette histoire semble osciller en permanence entre l'envie de progresser et le retour à la case départ, illustrant bien ce qui se passe dans la tête de Dan, mais on aurait aimé savoir ce qui se passe ensuite, quand son corps finit par ne plus pouvoir continuer ce petit jeu.
Le plus regrettable est probablement le problème d'Adam. Ses manifestations sont spectaculaires, à plus forte raison parce qu'en plus de vomir littéralement face caméra, elles entrainent un comportement auto-destructeur dans d'autres domaines de sa vie, notamment au travail. Mais même avec des explications vers la fin de la saison, le cas d'Adam restera assez superficiel, ce qui est dommage car, Adam étant quelqu'un de très secret et refermé sur lui-même, on n'a pas beaucoup d'occasions d'entrer dans sa tête autrement qu'avec des intrigues explicitées comme on les a pour les autres.
De mon point de vue, Starved avait encore beaucoup d'histoires à raconter, donc, en dépit du fait que bien des choses aient eu le temps d'être évoquées pendant sa brève existence, fait assez rare pour une série de ce format.

Mais la série a bien d'autres qualités. En décidant de choisir uniquement des adultes pour parler de troubles alimentaires, Starved parvient à dépasser l'écueil du cliché télévisuel sur les troubles alimentaires, et les rendent universels. On est à la fois dans l'outrance et dans l'absence de caricature, ce qui permet de ne pas se sentir excessivement concerné, tout en se remettant en question sur certaines de nos propres attitudes vis-à-vis de la nourriture. Est-ce vraiment sain ? Y a-t-il qui que ce soit qui ait un rapport totalement sain à la nourriture, de nos jours, après tout ? Comme le souligne Billie dans une démonstration, les dés sont pipés : les tailles des vêtements sont faussées, les médias déforment notre vision, et nous perdons tout sens des réalités. Et ce n'est pas faux, à bien y réfléchir.
Là où la série réussit son entreprise, c'est qu'elle rappelle ces facteurs extérieurs mais ne s'en sert jamais pour décharger les protagonistes de leur responsabilité dans leurs problèmes ; ils sont malades, c'est à eux de guérir ou au moins d'apprendre à ne pas être dominés par leur maladie, même si cette maladie est la résultante de facteurs extérieurs. Il y a un côté moins victimiste que la plupart des fictions traitant de ces sujets (et qui sont, en général, plutôt des unitaires de Lifetime, d'ailleurs).

La série ménage des moments légers et d'autres réellement dramatiques, usant du slapstick et du grotesque en plusieurs occasions, mais imposant aussi des passages (et notamment des fins d'épisodes) très oppressantes. A ce titre, Starved penche plutôt du coté dramédie que de la comédie pure et dure, mais quand elle tente l'humour, elle est dans une telle surenchère qu'on dépasse ce que la plupart des dramédies s'autorisent en la matière. Surtout qu'on parle du rapport que les personnages entretiennent à leur corps et leurs fonctions vitales, un sujet qui implique évidemment des choses assez graphiques et explicites...

Pour finir, certaines séries se déroulant à New York se contentent de prendre la ville comme elles auraient pris n'importe quel autre décor. Starved fait partie de ces fictions qui n'ont pas choisi New York : elle est éminemment New Yorkaise, c'est dans son ADN. L'atmosphère unique de la ville est palpable. Et cela sans en rajouter dans les prises de vue... Cela se manifeste aussi avec les quelques guests de la série, comme Darrell Hammond (tout droit issu de Saturday Night Live) ou Robyn Cohen (future créature de Gravity). On verra aussi Jenny Slate (une recrue très temporaire du Saturday Night Live) brièvement dans un rôle totalement muet dans le dernier épisode.
De par tous ces facteurs subtils, il semble impossible à la série de se dérouler ailleurs que New York ou, si ç'avait été le cas, la série en aurait totalement été changée. Cela ajoute probablement à son humour car le côté bobo que partagent de nombreux New Yorkais, la passion des habitants de Manhattan pour les modes ridicules (Carrie Bradshaw et ses copines nous l'ont prouvé à plusieurs reprises) et les possibilités de la ville jouent un rôle considérable dans les différentes options de "traitement" des protagonistes. Rien que les Belt Tighteners ont quelque chose de profondément New Yorkais.

Avant et pendant sa diffusion, Starved a... comment dire ? Partagé la critique. Il y a des sujets dont on a parfois du mal à rire, à plus forte raison dans une Amérique où l'obésité est une telle plaie, je suppose. Et je peux le comprendre. Mais à travers son humour pas très propre sur lui, Starved est aussi une série incroyablement honnête sur son sujet, comme pouvait l'être Huge, quelque part.
Starved est de toute évidence fondée sur un travail autobiographique, Schaeffer ayant lui aussi dû lutter contre des troubles alimentaires ; la série fait définitivement partie de ces petites séries qui resteront méconnues pour le grand public, mais qui apportent quand même énormément au téléphage, car elle ne fait pas de concession et s'autorise une sincérité totale, même quand c'est pas très ragoûtant. C'est le cas de plusieurs autres comédies ou dramédies qui ont pu me charmer par le passé, à l'instar de Rude Awakening (qui sera également citée dans le SeriesLive Show de ce soir !!!) ou Titus, vous le savez. Une série me plait rarement autant que lorsqu'elle veut rire de choses pas drôles... et Starved accomplit parfaitement sa mission sous cet angle.
Ce n'est pas le genre à vous donner, hm, l'eau à la bouche, mais c'est une vraie curiosité. A déguster uniquement en-dehors des repas, toutefois.

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31 mars 2012

[#Piemarathon] 2x04, lonely

BlackMarch
Comme toujours, le Piemarathon est l'occasion de constater la versatilité de Pushing Daisies. On passe d'un épisode d'austérité visuelle totale mais très drôle, à un épisode de surenchère visuelle permanente et particulièrement dramatique. Je sais pas comment c'est possible, mais j'arrive encore à me faire surprendre, même quand cet épisode compte parmi mes préférés justement parce que ce sont des ingrédients que j'adore dans la série. Mais à ce stade vous aurez compris qu'en fait, il n'y en a pas beaucoup qui me déplaise.
Ah, Pushing Daisies, cette histoire d'amour sans cesse renouvelée... c'est vraiment quelque chose, ce que j'ai avec cette série. Et je suis bien obligée d'admettre que, si ça peut paraitre répétitif de me voir faire des déclarations d'amour à la série depuis que je me suis lancée dans ce marathon, je suis quant à moi une téléphage comblée. Je retombe sous le charme de la série comme au premier jour, chaque revisionnage apportant son lot de sourires béats devant mon écran. C'est comme ça qu'on sait qu'on n'emploie pas le terme "culte" au hasard, voyez-vous. Enfin bon, retour à l'épisode.

L'heure est venue au retour à la normale au Piehole, alors que toute la petite bande est réunie ; enfin, plus ou moins, et c'est bien le problème. Selon le bon vieux proverbe qui dit que tout change et rien ne change, le retour d'Olive et le fait qu'il n'existe plus le moindre mystère autour de l'identité de la mère de Chuck n'empêchent pas qu'il faille s'ajuster à la situation. Par exemple, Olive et Chuck se mettent à cohabiter... et Ned se retrouve donc seul.

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Et c'est, paradoxalement, un excellent épisode pour Ned. Pas comme le précédent, qui lui permettait de se montrer drôle et loufoque, mais plutôt parce que le personnage continue sur sa lancée et poursuit son évolution. Pendant toute la première saison, Ned s'est montré sous le jour d'un solitaire meurtri qui, lorsque sa dulcinée est revenue dans sa vie, a tenté par tous les moyens de lui faire la plus grande place possible, de prendre sur lui et de céder à toutes ses demandes. Même quand il a pris à Chuck des velléités d'indépendance, le Piemaker a une fois de plus pris sur lui en souriant bêtement et en attendant que ça passe.
Pas cette fois. Après avoir fait sa face de cocker pendant une saine période de temps en regardant les filles s'installer ensemble dans la joie et l'allégresse (fut-elle un peu plaquée), Ned affronte sa solitude et s'interroge à son sujet, d'abord grâce au mystère du jour (qui implique une société d'amis à louer), et surtout grâce à une rencontre, Randy, un type un peu comme lui, un peu bizarre, et qui est plus lucide vis-à-vis de sa solitude. Cela va être l'occasion pour Ned de dire, probablement pour la toute première fois, "non" à Chuck lorsque celle-ci décidera de revenir vivre avec lui. Pour notre Piemaker, c'est un exploit que de s'affirmer de la sorte dans son couple. On sent qu'il est sur la bonne voie !

D'ailleurs Chuck ta oujours cette façon d'imposer sa volonté sans même demander ce que Ned en pense ! Si on suppose que Charlotte Charles est supposée être une petite amie de contes de fée, alors ça ne m'étonne pas que peu de garçons accrochent aux contes de fées, elle est INSUPPORTABLE par moments. Je veux dire, d'accord, elle a plein de charme, elle est pétillante et jolie comme un coeur et c'est une femme incroyablement positive... mais elle obtient tout en forçant la volonté des gens au pied de biche, quand on va au fond des choses. Et justement Olive va la mettre devant ses petits travers, alors que la cohabitation entre les deux gnomettes ne se passe pas aussi bien qu'elles se l'étaient imaginé. Cependant la relation entre les deux amies va finalement s'en trouver grandie, et on sent bien comment les choses évoluent de ce côté-là depuis la saison 1, depuis qu'elles ont commencé à sympathiser alors que c'était totalement improbable en raison des sentiments d'Olive pour Ned. Et finalement nous y voilà, les deux comparses, qui ont il faut le dire une dynamique excellente depuis bien longtemps, sont sous le même toit, et finissent par gérer leur amitié maladroite avec un certain succès, si on occulte les disputes qui peuvent avoir lieu dans des casiers.

Piemarathon_2x04

Mais le point fort de l'épisode, c'est bel et bien Emerson. Forts de l'expérience de l'épisode précédent, qui nous avait invités dans l'enfance d'Olive, cette fois c'est celle d'Emerson que nous avons la possibilité d'explorer. Et quelle enfance en effet. D'ailleurs je ne sais pas où ils ont été chercher "Emerson junior", mais il est aussi excellent que le modèle adulte.
Tout dans l'enfance d'Emerson surprend ; d'abord, d'un point de vue superficiel, le fait que sa maman soit blanche comme neige, d'abord, et qu'à aucun moment personne n'ait l'air de s'en étonner ou de l'expliquer. On ne peut que le remarquer et pourtant nul n'en pipe mot ; c'est une idée à la fois destabilisante et qui donne envie de soupirer gentillement en se disant que c'est très cohérent avec l'univers de Pushing Daisies, à bien y penser. Et puis surtout, pour un homme aussi grincheux, sarcastique et peu enclin aux rapports humain, Emerson a eu une enfance relativement chouette ; qui aurait imaginé qu'il soit si proche de sa mère ? Alors bien-sûr, les choses ne sont pas parfaites et l'épisode s'ingénie à nous expliquer d'une part qu'Emerson a mis le ver dans la pomme en décidant de cacher tout un pan de sa vie à sa mère, et que d'autre part celle-ci se comporte plus comme une amie et associée que comme une maman en général, mais clairement, on a avec les Cod la famille la plus soudée de la série.
Et puis quel brio dans ces scènes en commun entre Cod & Cod ! La façon dont il la reconnait à l'odeur, l'interrogatoire bien-sûr, et leurs conversations... même quand ils essayent de s'étranger mutuellement, on a l'impression d'une alchimie parfaite de bout en bout. En fait, c'est difficile de ne pas souhaiter que Maman Cod reste dans la série à temps complet vu la dynamique géniale que ces deux-là ont, et qui fait qu'Emerson se montre sous un jour différent aux Pieholers.

Mais cela permet, et c'est sans doute le plus important, de continuer à aborder la question de la fille d'Emerson. Au lieu de nous jeter bêtement des indices ou des petites infos pour avancer dans la recherche de la petite, la série évite complètement de traiter cette question comme un mystère, une intrigue porteuse de suspense. Je crois me rappeler que la première fois que j'avais vu ces épisodes, je n'avais même pas la curiosité de me dire "alors, va-t'il la retrouver ou pas ?", tant ça n'avait pas l'air d'être le but. C'est essentiellement un prétexte pour approfondir le personnage d'Emerson, ses souffrances, et surtout sa créativité. Les Cod sont des gens TRES créatifs ! Entre Calista qui lui tricote un holster et lui qui a quand même réussi à écrire tout un pop-up book du premier coup, l'épisode le souligne bien, sans parler évidemment des combines de Calista pour filer son propre fils.

Et du coup, prenant pour prétexte un décor ultra-coloré (les locaux de My Best Friend, Inc. sont un vrai festival acidulé) et une panoplie incroyable de bizarreries (vous imaginez le boulot que ça a représenté de mettre en scène la pièce secrète de Randy juste pour moins d'une à l'antenne ?), cet épisode est l'occasion de continuer d'approfondir ces personnages que nous aimons et de les voir évoluer. Un mélange qui, vous n'êtes pas sans le savoir, tient quasiment du sur-mesure. Encore !!!
Eh, psst, devinez quoi ? Le suivant... c'est mon préféré.

31 mars 2012

[#Piemarathon] 2x03, divin

BlackMarch
Le Piemarathon est de retour ! Ne vous laissez pas abuser par ses quelques jours d'absence, mais j'avais vraiment hâte d'avoir un peu de temps à y consacrer. D'autant que parmi tous mes épisodes préférés de la série (on l'a établi, ce chiffre est actuellement porté à 21 épisodes), celui-ci est probablement mon encore plus préféré, ex-aequo avec les autres. Je me comprends.

Pour tous ceux, et parfois j'en suis dans mes mauvais jours, qui pensent que Pushing Daisies m'a charmée uniquement en m'abusant avec ses jolies couleurs et qu'en réalité la série n'est rien d'autre qu'une romance (pouah !) teintée de procedural (horreur et ulcération), voilà exactement le genre d'épisode qui me rappelle que cela va bien au-delà. On ne va pas se mentir, cet épisode est probablement l'un des plus austères : pas vraiment de costumes géniaux (une fois qu'on a pouffé à l'idée de voir Emerson en soutane, tout est dit), des décors maussades (avec une réutilisation ostensible des décors du couvent, bien-sûr, mais aussi les égoûts "magicien d'Oz", par exemple), pas du tout de scène se rapportant à l'enfance de Ned (et celle d'Olive est très courte même si très instructive aussi) ; bref, l'excentricité visuelle est loin d'être le mot d'ordre. Et c'est du coup l'occasion de se rappeler tout ce qui fait le charme de la série à part ça.

Piemarathon_2x03_Title

Après nous avoir filé la frousse de notre vie en allant s'isoler au calme, devenant un personnage secondaire de ce début de saison, Olive revient donc en grande forme dans cet épisode où c'est elle qui ramène Emerson (et involontairement, Ned et Chuck) au couvent pour enquêter sur le suicide d'une nonne avec laquelle elle avait sympathisé. Même si en définitive notre petite blonde préférée nous fait assez peu son show, il faut quand même admettre qu'on est déjà, pour commencer, super contents de la retrouver, et qu'elle est quand même en bonne forme. Donc déja, d'une, retrouver Olive avec la petite bande du Piehole, c'est un plaisir.

L'autre grand avantage de cet épisode, c'est qu'il est quand même hilarant. En fait, il me rappelle que l'une des choses que j'aime le plus dans cette série (même si c'est plus facile d'emporter avec soi le souvenir des images et des bizarreries quand on ne peut décemment pas se mettre devant le DVD tous les mois), ce sont les dialogues. Mais le mérite ne leur revient pas complètement, puisqu'Emerson est une fois de plus au top : son fou-rire en découvrant Olive en habits (c'est très communicatif, du coup à chaque fois je dois mettre l'épisode en pause, puis je remets la lecture, Emerson se remet à rire, je remets en pause le temps de me calmer... ça peut prendre beaucoup de temps parce qu'après je remets la scène au début et c'est reparti pour un tour), son aplomb génial devant les autorités du couvent, et comme toujours, sa façon de s'adresser au Piemaker pour qu'il cesse son introspection au pire moment qui soit de l'enquête (ce qui est sa grande spécialité, reconnaissons-le).
Pourtant, une fois n'est pas coutume, c'est Ned lui-même qui va être au coeur de très bons moments d'humour ; d'ailleurs dés le début, la jalousie visible et irrationnelle de Ned est un bon exemple, mais au-delà de ça, il y a des scènes entières de l'épisode qui touchent au génie. Je suis par exemple systématiquement pliée en quatre lorsqu'ils rendent visite au cuistot et que Ned s'empiffre pendant qu'Emerson tente de cuisiner le témoin. Le genre de scène que je me découperais bien tant chaque expression du pâtissier est l'incarnation du terme "priceless". Et puis naturellement, il y a la séquence-clé de l'épisode, et probablement de la saison aussi, lorsqu'Olive lui dévoile finalement le secret de Lily Charles. Un passage que j'aime tant, que je suis capable de le réciter comme un psaume...

Piemarathon_2x03

C'est précisément le genre de moments, pourtant, qui donnent énormement d'émotion à cet épisode. Les origines de Chuck lui sont enfin révélées, et on sait combien cela a pu être difficile pour Olive de cracher le morceau, et pour Ned de s'en faire le messager (c'est d'ailleurs une façon à la fois terrible et finaude d'impliquer un maximum de monde dans la découverte de cette vérité, plutôt que de faire passer l'info directement d'Olive à Chuck). Tout le parcours de la fille morte, pendant l'épisode, est de toute façon très émouvant, et c'est rare venant de Chuck. Sa conversation avec Ned, qui en filigrane repose quand même en grande partie sur le fait qu'elle flirte avec l'idée de suicide (potentiellement assisté), est éminemment dramatique, et le Piemaker se prend d'ailleurs une fois de plus un méchant coup au coeur devant la révélation des idées de noires de sa bien-aimée.
Quant au pâtissier lui-même, il semblerait que la quête de Chuck pour ses origines finisse par lui donner enfin des idées. On sait depuis fort longtemps les problèmes émotionnels que son père a provoqués chez Ned, l'épisode de Halloween de la première saison était très parlant à ce sujet, mais Ned refusait justement d'explorer la question autant que possible. Cette fois, il aborde le sujet frontalement (dans une excellente scène de confessionnal qui se clot d'ailleurs de la plus hilarante des façons ; toujours cette balance admirable entre drame et comédie, Pushing Daisies, il se pourrait bien que je t'adore autant essentiellement pour cette raison), et admet qu'il devrait sans doute y consacrer plus d'énergie. C'est admirable (et ça ouvre la porte à un de mes épisodes préférés...) et c'est un sacré progrès de son côté.
Du coup, non seulement l'intrigue de Chuck a fait un bond, mais le character development avance donc également à grand pas dans cet épisode.

En plus de ces ingrédients et de la très, très sympathique intrigue autour de la mort de la chère soeur (qui n'en est pas une), on trouve encore le temps de nous faire une petite piqûre de rappel quant à l'intrigue d'Emerson. C'est vraiment génial la façon dont elle ne progresse pas mais est explicitée à intervalles suffisamment réguliers pour qu'on ait l'illusion d'une progression.

Avec un épisode... truffé d'aussi bons moments, pas étonnant qu'on tienne ici une merveille. Qui ouvre en plus plein de perspectives pour la suite de la saison. Aaaaaaah, mais c'est que je vous ai pas dit : le suivant, c'est mon préféré.

29 mars 2012

In mixed company

BlackMarch

La presse française vous l'aura sans doute dit bien avant moi, mais notre gloire nationale cinématographique du moment, Les Intouchables (car The Artist est complètement has been maintenant que les Américains l'ont récompensé...), connait un succès fulgurant en Europe (entre autres : il fonctionne aussi très bien en Corée du Sud). Cavalant en tête du box-office en Espagne, en Italie ou encore en Allemagne, le film continue de faire des recettes pas dégueulasses sur les écrans étrangers, à l'heure où le coffret DVD est en train de sortir chez nous. Comme on n'est pas sur un blog dédié au cinéma, ici (j'ai une réputation à tenir quand même), je vous invite tout simplement à aller lire les résultats des box-offices étrangers que reprend Variety sur sa page internationale. C'est d'ailleurs une petite gymnastique sympathique à faire de façon générale, une fois de temps en temps.
Vous y découvrirez ainsi que rien que sur le sol allemand, Les Intouchables a récolté l'équivalent de 65 millions de dollars de recettes...

Le 15 mars dernier, les Allemands ont pu aller découvrir au cinéma Türkisch für Anfänger, autrement dit "le Turc pour les débutants". Son succès est tel que ce film a réussi à faire descendre Les Intouchables à la troisième place du box-office allemand, et à prendre sa place en seconde position (dans la liste du box-office de Variety pour l'Allemagne, le film apparait sous l'appellation "No English Title Available" parce que Variety fait partie de ces endroits détestables où on traduit systématiquement les titres de fictions ; ça m'énerve au plus haut point, mais ce sera le combat d'un autre post). Jolie performance, donc.

Pourquoi je vous parle de Türkisch für Anfänger ? Parce que c'est le film qui fait suite à la série allemande Türkisch für Anfänger, diffusée de 2006 à 2008 par Das Erste, et que jusque là je ne m'étais jamais penchée sur son cas ; comme pour hélas beaucoup de séries allemandes, le pilote avait été cagoulé, mis en réserve, et finalement jamais regardé.
C'est hélas récurrent dans ma relation avec la fiction germanique, qui n'est jamais dans mes priorités ; je remets toujours à plus tard les découvertes de pilotes, me mettre devant un épisode me demande un effort proche de celui que je consacre à regarder une série française, et c'est un tort, je n'ai même pas de raison valable à offrir pour expliquer ce comportement, je ne peux même pas dire que j'aie été traumatisée par des séries allemandes par le passé (j'avais tenté Danni Lowinski, par exemple, et n'avais pas eu à le regretter). Alors c'est absurde, voilà, d'avoir attendu que le film cartonne sur les écrans allemands pour m'y mettre, d'autant que ça me ferait pratiquer un peu cette langue que j'ai quand même pratiquée pendant de longues et douloureuses années...

TurkishfurAnfanger-Movie
Türkisch für Anfänger
, le film

Afin de réparer cette erreur, je n'ai donc pas regardé le film, mais bien le pilote de la série. Et d'ailleurs, en faisant mes petites recherches, j'ai appris que la série avait été diffusée à plusieurs reprises en France, mais sous le titre de Family Mix (quelle idée). Comme je crois fermement qu'un titre traduit mérite la peine de mort (sauf dans le cas où on a pratiqué le titre traduit pendant sa tendre enfance, auquel cas la nostalgie prime ; toujours), je continuerai donc à ignorer ce titre "français", sachez simplement qu'il existe, pour culture perso.

Tant que j'en suis à essayer de parler culture perso, il est peut-être temps de s'intéresser à ce dont parle Türkisch für Anfänger. La série utilise le point de vue de Lena, une jeune adolescente, pour nous raconter comment elle et son frère doivent changer de vie lorsque leur mère leur annonce qu'elle est veut s'installer... avec un homme d'origine turque ; lequel a en plus deux enfants. Vont donc se cumuler deux handicaps pour ce nouveau départ : d'un côté, le fait qu'il n'est jamais facile, moins encore pour une ado, de se coltiner une famille recomposée, et de l'autre, le choc des cultures, d'autant plus intéressant que la communauté turque vivant en Allemagne est conséquente.

Pour Lena, la vie va donc totalement changer. Jusque là, la cellule familiale, c'était elle, son jeune frère Nils et leur mère Doris, une famille très banale quoi. Mais ce qui est intéressant, c'est que la famille Öztürk est constituée de trois personnages très différents qui évitent à des degrés différents la caricature.
Le père, Metin, est très bien "intégré", c'est en fait un homme comme un autre, un type même un peu coulant qui a limite l'air de s'excuser d'être amoureux de sa femme et d'être ravi de ce qu'elle est : une femme occidentale moderne (qui élevait jusque là deux enfants toute seule, et donc plutôt indépendante). Il y a le fils, Cem ; alors lui c'est une autre histoire, il roule un peu des mécaniques et est d'une sensibilité plus conservatrice vis-à-vis de la place de la femme. Il estime par exemple qu'une femme doit être au service de sa maisonnée, et est outré d'apprendre que sa belle-mère ne lui sert même pas le petit-déjeuner à table le matin (il ne va pas être déçu quand il va tester les talents culinaires de ladite belle-mère, d'ailleurs). Un cran encore différent est atteint avec Yagmur, la fille, qui est une Musulmane pratiquante, très fervente, mais aussi éminemment psycho-rigide ; la problématique de son personnage est autant dans sa rigueur froide que dans la pratique de sa religion, jusque là inconnue pour Lena.
Evidemment, il y a des clichés dans cette description de la famille Öztürk. J'ignore si Türkish für Anfänger est consciente de chacun ; parfois cela semble voulu, parfois moins.
Mais en tous cas, on a une palette de personnages qui évitent d'entrer dans un monde exagérément caricatural, disons, et on peut aussi attribuer une partie des défauts caricaturaux aux traits de caractère des personnages, plus qu'à leur culture ou religion. L'avantage, c'est donc qu'on a des Turcs allemands très différents, et qu'en plus ils ne se posent pas en symboles de toute une communauté. Ainsi, quand Yagmur prend la serveuse du resto chinois de haut et lui intime sèchement qu'en raison de sa religion, elle ne mangera pas dans une assiette qui ait été touchée par de la viande de porc (même dans une autre vie), on attribue son attitude hautaine bien plus à son caractère antipathique qu'à la religion musulmane en général (et puis, ça aide aussi qu'elle soit la seule de sa famille à être aussi inflexible sur le sujet). Bref l'équilibre est relativement trouvé, ce qui n'était pas gagné vu le sujet choisi, forcément un peu sensible.

TurkishfurAnfanger-SerieTürkisch für Anfänger, la série

Après ces considérations, que vaut donc le pilote de Türkisch für Anfänger d'un point de vue strictement téléphagique ? Eh bien... je m'attendais en toute honnêteté à un truc genre Ma vie à moi, je ne sais pas trop si vous vous en souvenez, France 2 diffusait ça dans KD2A il me semble, c'était sympathique mais pas non plus inoubliable. Eh bien je m'attendais à ça. Et j'ai été agréablement surprise, parce que déjà, dans Türkisch für Anfänger, Lena n'intervient presque pas en voix-off, et dans ces cas-là, c'est uniquement pour expliciter ce qu'elle pense et pas pour commenter l'action (comme ça peut être le cas dans Suburgatory ou Awkward., disons), ce qui en plus permet à tous les personnages d'avoir de bonnes répliques, et pas juste l'héroïne. La technique narrative choisie, c'est-à-dire Lena qui enregistre une video pour sa meilleure amie partie vivre aux USA, est très classique, mais pas lourdement employée, ce qui permet de reposer plus sur les échanges que les monologues. Et ces échanges étaient TRES drôles.
C'est vraiment le point fort de ce pilote : les dialogues sont vraiment bons. Les acteurs, pas toujours, et c'est dommage ; certaines répliques tombent parfois à plat parce qu'elles ne sont pas dites avec autant de finesse qu'il le faudrait, par exemple. Mais vraiment j'ai trouvé les dialogues pétillants, un vrai bon point. Fort heureusement, l'héroïne est plutôt bien incarnée, et je pense que les petits défauts d'interprétation face à elle ont de grandes chances de s'améliorer avec le temps.

Du coup, Türkisch für Anfänger apparait comme une petite comédie familiale assez sympathique. Je me suis un peu spoilée en faisant mes recherches sur la série, donc je ne jugerai pas de la façon dont l'intrigue évolue, mais globalement je trouve l'idée de départ comme sa réalisation louables.
Malheureusement, Türkisch für Anfänger s'est ramassé des critiques assez sévères, comme c'est le cas de beaucoup de films faisant suite à des séries. Apparemment, la fraîcheur des personnages et des échanges s'est perdue en route...

En tous cas, je dois dire quant à moi que j'ai toujours un faible pour les séries qui mélangent ainsi deux univers culturels ; ça rejoint un peu ce que j'aime autant chez Outsourced. Je trouve toujours profondément joyeux et positif de trouver le moyen de rire dans une ambiance bonne enfant de nos différences culturelles, de la façon dont elles se rencontrent, se mélangent et parfois, ne se mélangent pas, et que ces séries explorent tous les cas de figures.
Il y a des chances pour que ces séries aient tendance, c'est certain, à stéréotyper certaines choses ; je comprends les réactions parfois énervées des gens qui trouvent alors que la série perpétue un cliché (d'ailleurs les premiers épisodes sont disponibles avec des sous-titres anglais sur Youtuve et les commentaires sont plus outrés qu'autre chose, ce qui est intéressant parce que la série a quand même eu énormément de succès en son temps). Mais à terme il me semble que les effets sont plus bénéfiques qu'autre chose, si une série se pique de mélanger les gens à des fins humoristiques ou dramédiques.
C'est en tous cas pour moi toujours quelque chose de plaisant parce qu'au bout du compte, je me retrouve en train de regarder une série allemande qui parle aussi de culture turque, ou une série américaine parlant de culture indienne, ou Dieu sait quoi d'autre, et au final, cette invitation au voyage culturel via un autre voyage culturel ouvre des tonnes de portes et de possibilités.

Türkisch für Anfänger n'a pas forcément inventé l'eau chaude, mais en tous cas, elle a ce mérite, et son pilote m'a bien donné envie d'aller plus loin si jamais j'ai du temps à perdre. On est d'accord que ça n'arrivera pas, je n'ai jamais assez de temps pour tout ce qui tombe dans cette catégorie des séries que je regarderais une fois le reste fini, mais c'est l'intention qui compte !

23 mars 2012

[#Piemarathon] 2x02, clowneries

BlackMarch
On en est vraiment à un stade du Piemarathon où chaque épisode qui commence me donne envie de me frotter les mains avec un sourire extatique et de m'écrier : "chouette, c'est mon préféré !", le regard gourmand. Il est impossible que tous les épisodes en ce moment soient mes préférés de la série, par définition, mais c'est vraiment l'impression dominante du moment. Chouette chouette chouette, cette fois, direction le cirque !

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Pourtant, difficile de ne pas remarquer que l'épisode tire finalement assez peu des richesses de l'univers dans lequel il se déroule au niveau des costumes ou des décors ; on est loin de l'application tenace de l'épisode précédent à entretenir une thématique, y compris musicalement. Clairement, le deuxième épisode de cette saison n'a pas eu droit au même budget que le précédent, c'est incontestable. Mais là où stylistiquement, on est loin de se régaler autant que précédemment, on va être amplement servis par un mystère savoureux, et, surtout, bourré à craquer de passages proprement hilarants. Notamment quand il s'agit de réemployer l'éternel gag de la voiture des clowns.

Sans mentir, si Pushing Daisies me fait souvent sourire de toutes mes dents de par ses dialogues d'orfèvrerie, ou grâce à ses loufoqueries, cet épisode est certainement le seul à me faire littéralement exploser de rire devant mon écran. A. CHAQUE. FOIS. Vraiment c'est imparable. Et puis alors, tout le monde s'y met. Emerson, bien-sûr. Olive, un peu (mais elle est pas dans son assiette, la pauvre). Ned aussi, même si ce n'est pas forcément très fin (...Bryce Von Deenis ?). Chuck, même, chose plutôt rare pour être notée. Et puis bien-sûr le gag de la voiture des clowns, qui fonctionne plutôt bien sur moi. Vous connaissez probablement ce genre de choses, quand vous avez vu dix fois une séquence drôle, que vous savez qu'elle arrive, et que le rire n'est encore qu'un simple hoquet plein d'espoir qui attend que a plaisanterie s'accomplisse pour vérifier si ça vaut le coup de rigoler à pleine gorge, et que, oui, c'est vraiment drôle... eh bien j'étais comme ça avec le gag de la voiture des clowns. Bon Dieu, rien que d'en parler ça me fait pouffer. Une vraie gosse.
C'est dans ce genre de situations que je regrette de ne pas avoir gardé mes épisodes au format cagoule, parce que pour découper cette séquence à partir du DVD c'est toute une aventure, et que ça serait pourtant si bien d'avoir ce passage sous la main quand j'ai du mal à me mettre de bonne humeur le matin.

Piemarathon_2x02

Et en parlant de bon Dieu, la pauvre Olive est au supplice dans son couvent, mais reçoit la visite de tante Lily, qui se sent coupable. J'aime beaucoup la dynamique qui se met en place entre elles, alors que Lily tente de lui mentir pour lui faire croire que, ah ah, mais non, ya pas de secret à garder puisque c'était pas vrai, et qu'Olive, blasée, la met face à son mensonge d'un air résigné, c'est bon, c'est bon, je vais le garder ton secret, te fatigue pas. Et pour autant ça ne les empêche pas de passer un moment très touchant ensemble à table ensuite. Bon je vous avoue que je piaffe un peu d'impatience dans cette intrigue-là parce que l'épisode qui se déroule au couvent est mon, hm, préféré. Vous voyez le tableau. En tous cas, bon, tout ça c'est bien gentil mais la petite Olive, faudrait peut-être aller la récupérer... Non ? Pas encore. D'accord.

Emerson est en bonne forme dans cet épisode, aussi bien pour les côtés les plus comiques, sur lesquels on peut toujours lui faire confiance, mais aussi parce qu'on explore bien la cassure que représente l'éloignement d'avec sa fille, qu'on nous en dit un peu plus à ce sujet, et que le parallèle avec le mystère de l'épisode est conduit à la fois de façon à nous titiller un peu, et de façon à ne pas trop faire durer le suspense. C'est à vrai dire l'intrigue de son genre la mieux menée sur le long terme (bien plus que l'histoire avec le père de Ned qui s'est déjà évaporée, même si ce n'est que temporaire). Et pour synthétiser parfaitement cet épisode, je me dois de préciser que j'étais à la fois pliée de rire et terriblement touchée par la façon dont Emerson ordonne à sa cliente, à la fin de l'épisode, d'aimer sa fille telle qu'elle est (bwahahaaaaawwww, quelque chose comme ça). Parce qu'elle, elle l'a retrouvée, au moins, alors zut.

Bon sinon je vous confesse avoir un petit peu levé les yeux au ciel du côté des problèmes de couple du Piemaker et de la fille morte. Essentiellement parce que Ned est un peu paillasson, quand même, et que finalement Chuck n'en fait jamais qu'à sa tête sans trop se préoccuper des conséquences, et que du coup il doit faire le cocker ou la gueule pendant 10 minutes pour qu'elle s'y intéresse, ce qui a pour effet de permettre à Chuck de se faire passer pour la fille qui ne veut rien d'autre que s'épanouir et qui est retenue en arrière par son copain. Au moins, ils prennent les choses à bras le corps à la fin de l'épisode, et ça reprend de l'intérêt, leur petit jeu de rôle. Je les préfère comme ça plutôt qu'à se prendre le bec pour des pécadilles alors qu'on sait très bien qu'ils ne vont pas se séparer pour si peu. Allons, si la mort ne les sépare pas, c'est pas un déménagement sur le même pallier qui va avoir raison d'eux !

Un mot quand même pour la pauvre tante Vivian. C'était vraiment terrible ce passage pendant lequel Chuck est seule au Piehole et doit gérer sa visite. Passé le frisson du "oh mon Dieu elle va la voir", on sentait vraiment la solitude de Vivian ; au chagrin de la perte de Chuck s'ajoute maintenant la conscience floue d'être mise de côté par sa soeur une nouvelle fois. La pauvre femme va même remercier Chuck (évidemment restée muette) pour ses qualités d'écoute... C'est juste pas possible, ça. Pauvre, pauvre Vivian.

Bon, alors, ça y est ? On passe à mon épisode préféré ? Allez zou, direction le couvent !!!

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21 mars 2012

[#Piemarathon] 2x01, royal

BlackMarch
La première fois, la toute, toute première fois que je l'ai vu, cet épisode signifiait avant tout le retour d'une série qui avait bien manqué de ne pas survivre à la grève des scénaristes. Les retrouvailles étaient gaies, et revigorantes, mais moins à cause de la qualité de ce retour que du retour lui-même. Ce n'est qu'avec quelques visionnages de plus qu'aujourd'hui je peux dire que ce début de saison 2 compte parmi mes épisodes préférés. Oui, enfin, vous savez... avec tous les autres.

Plus esthétiquement thématique qu'aucun des épisodes l'ayant précédé, ce season premiere est placé sous le signe des abeilles et du jaune, alors que l'intrigue se déroule au sein de la société Betty's Bees™. Et de la musique aux décors, des costumes au maquillage, tout ou presque dans cet épisode nous emporte dans un univers rayé. C'est un enchantement.
Et c'est une phobique des abeilles qui vous le dit.

Avec du recul, je crois que si j'avais aimé la première saison, c'est ce lancement de la seconde qui m'a fait comprendre que j'étais éprise de l'univers de la série.

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Mais avant même de s'intéresser au mystère du jour, Pushing Daisies fait déjà une rudement poétique balade parmi les ruches dés le début de son épisode, alors que Chuck prend avec un calme étrangement serein la mort de ses chères abeilles domestiques. Eh oui, on prend la mort avec beaucoup plus de philosophie quand on a à portée de main un Piemaker corvéable à merci, capable de toutes les ressuciter, et ceci en dépit du fait qu'il n'ait pas tellement bien réagi aux piqûres qu'il avait pu recevoir précédemment. Vraiment une bonne pâte, ce pâtissier... Voilà donc un petit moment de connivence qui ne gâche rien, alors que la romance entre le Piemaker et la fille morte renait aussi sûrement que les abeilles que le froid avait terrassées...

Ned et Chuck repartent donc du bon pied, fermement décidés à faire fonctionner leur histoire pourtant si compliquée. Le ballet recommence, au propre comme au figuré puisqu'une très sympathique scène nous montre comment tous les deux gèrent leur vie dans un même appartement (préférant risquer la mort de la fille morte plutôt que l'éloignement, si on veut être cynique), mais très vite une nouvelle ombre va s'ajouter au charmant tableau.
Après s'être fait une place à coups de burin dans la vie de Ned, se montrant souvent un petit peu trop entreprenante pour lui, Chuck est prise de velléités d'indépendance. L'appartement d'Olive, fraîchement vidé, va devenir le théâtre de cette vie sans Ned ; un nouveau changement qu'elle lui impose et auquel, bon gré mal gré, le Piemaker va devoir s'adapter.

Piemarathon_2x01

Où est donc passée Olive Snook ? Eh bien, la petite créature a tout plaqué et pris congé dans un couvent, fortement encouragée, dirons-nous, par Lily Charles qui a tout intérêt à ce qu'Olive fasse voeu de silence. En fait tout le monde a intérêt à ce qu'Olive garde le silence, mais tante Lily est résolument la plus insistante à ce sujet (et chaque fois qu'elle explique pourquoi, elle enfonce encore plus Olive dans son marais de secrets).
Olive a vraiment dégusté jusqu'ici, la pauvre, et hélas pour elle on ne parle pas ici de tartes. Après avoir vu Chuck débarquer et lui ravir SON Ned d'un battement de cils, elle a fait preuve d'une bonne nature plusieurs fois, sympathisant avec Chuck, prenant part aux folles aventures du Piehole et devenant même l'alliée de la fille morte auprès de ses tantes éplorées. Et tout ça pour quoi ? Olive est confrontée aux inconvénients des inconvénients, puisque maintenant, elle garde les secrets de tout le monde... mais qui donc fait bord avec Olive ? Personne. Insérez ici les soupirs émus du public attendri. La voilà donc exilée dans un couvent (elle n'en a même pas vraiment choisi l'endroit ou les modalités) et on sent bien que la soupape est sur le point d'exploser. Je tente comme je peux de ne pas me régaler par avance de cette perspective. Pardon, mais c'est trop bon. Enfin, ce le sera ; patience.

Et tandis que l'enquête la plus colorée, la plus drôle, la plus référencée au Fullerverse (Diana Scarwid, l'agence Happy Time...), la plus cauchemardesque aussi (j'ai beau avoir vu cette scène plusieurs fois, je suis toujours incapable de retenir un cri d'horreur en voyant les abeilles se ruer sur Chuck), se déroule avec malice, cet épisode revient aussi au côté feuilletonnant de la série, alors qu'Emerson a achevé son pop-up book, et que le père de Ned semble sur le point de se rappeler à son bon souvenir...

20 mars 2012

[#Piemarathon] 1x09, cold

BlackMarch
Ah, Pushing Daisies...! Les couleurs ! Les musiques ! Les décors ! Les costumes ! Les chansons ! Les tartes ! Les animaux ! Les loufoqueries ! La romance ! ...La mort !
Et cet épisode va revenir aux fondamentaux. Au drame. Au déchirement. A tout ce qui fait que, au bout du compte, Pushing Daisies a ce charme incroyable sur moi : la balance entre les jolies choses, et les autres.

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Ned a donc déballé son sac à Chuck, qui l'a planté là sur le champs, décampant dans la nuit noire et enneigée, disparaissant aussi vite qu'elle était réapparue dans sa vie. Et le Piemaker est désespéré. Il est redevenu le Piemaker tout triste du début.

Vous vous souvenez ? Quand j'ai regardé le pilote et que j'ai dit que je me rappelais que Lee Pace minaudait plus que ça ? C'est exactement ça : le Ned de Lee Pace minaude plus en présence de Chuck, lorsqu'elle illumine la vie du pâtissier. Là on le retrouve avec cette grande ombre de sérieux et de douleur sourde, le visage glacé dans son atroce solitude. Pauvre "petite" chose qui ne peut rien à ce qui lui arrive sinon traîner sa misère de scène en scène en espérant que ça passe, ici chez les tantes de Charlotte, là en frappant chez Olive sa voisine...
Chuck de son côté n'est pas dans un état plus brillant. La pétillante (à un degré tel qu'elle en devient parfois, admettons-le, irritante) Anna Friel, elle aussi, est descendue d'un ton. On ne connaissait pas la Chuck d'Anna Friel sans Ned ; eh bien elle n'est pas très joyeuse, le regard dans le vague, perdue dans la contemplation de la ville depuis la fenêtre de l'appartement d'Olive ou le toit du Piehole. Sa voix a perdu toute étincelle, elle n'a plus un seul battement de cil, elle est... morte de douleur ?

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Fort heureusement, on peut toujours compter sur les mystères saugrenus de la série pour nous apporter notre dose de fantaisie, pas vrai ? Ouais, vite, ouvrons notre cadeau de Noël et découvrons ce qu'Emerson nous a dégoté pour cette fois ! Alors, dans quel univers incroyable allons-nous entrer ?
...Celui des assurances. Mouais, pour l'amusement on repassera : des agents en assurance qu'on retrouve congelés et planqués dans des bonshommes de neige, une enquête qui s'oriente vers un jeune adolescent malade à qui on refuse un coeur, une dame qui veut exaucer le dernier souhait de celui-ci...
Peut-on déprimer juste encore un peu plus ? Du noir, de la neige, de la glace, de la mort, encore, toujours, partout. Alors l'ambiance de l'épisode est pour le moins morne, ce n'est rien de le dire.

Et inutile de compter sur les gouttes magiques que Chuck distillait dans les tartes de ses tantes, parce que c'est tante Lily qui a tout pris. Avec un résultat qui va bouleverser la donne : droguée jusqu'au dernier degré, elle va, à son tour, faire une révélation de folie... mais on aura tout le temps de se préoccuper de ça en saison 2 (et avec quel brio), ne laissons pas cette nouvelle nous écarter de ce qui compte vraiment dans l'épisode.

De sa première à sa dernière scène, presque sans discontinuer, cet épisode final de la première saison aura été bien cafardeux. Je trouve ça osé. Et je trouve toujours ça aussi touchant. Ah punaise, j'ai du mal à trouver mes mots. C'est un épisode qui m'émeut toujours autant si ce n'est plus qu'avant.
Ce plan des Darling Mermaid Darlings fermant la porte du manoir Charles avec les deux enfants dans les bras, par exemple... Si les souvenirs de l'enfance de Ned, égrenés au cours de la saison comme ouverture d'épisode, n'ont jamais été très joyeux, celui-ci les bat tous, apportant la vraie scène d'émotion qui suit l'histoire que nous connaissons tous, qui nous a si souvent été rappelée, quand Ned et Chuck perdent leur parent le même soir : dans le pilote, c'était l'occasion de leur premier baiser, et en dépit de la séparation qu'ils avaient ensuite endurée, il y avait quelque chose de beau dans la façon que ces deux-là avaient de s'aimer ensuite à distance, chacun coiffé de son espoir. Mais pas cette fois. Cette fois, on prend vraiment la mesure du traumatisme, de la fracture entre Ned et Chuck. Elle ne se résoudra pas si facilement, et j'avoue que ça me plaît. Bien plus que les tracas autour des cup-pies, ce sont les problèmes que je veux voir le couple affronter, quelque part. Je suis sadique comme ça avec les personnages que j'aime, je suppose.

Et puis c'est également un très, très bon épisode pour Emerson, il faut le dire. Quand il laisse tomber les réponses cinglantes et cyniques, quand il cesse d'invectiver Ned, quand il arrête de vanner Chuck ou Olive, qu'il se lâche et qu'il laisse tomber une goutte, juste une goutte d'honnêteté, à peine une demi-larme et encore, eh bien je le trouve encore plus touchant. Il a toujours été là, à endurer les joutes verbales entre le Piemaker et la fille appelée Chuck, leurs regards enamourés ou leurs petits dilemmes parfois un peu ridicules, en roulant des yeux et en usant de sarcasme, et pour une fois il se livre juste un peu. Mais juste assez pour être tellement sympathique d'un coup...

C'est sans doute pour ça que c'est l'un de mes épisodes préférés de la série. Parce que derrière le papier-peint halluciné, les tenues vertes ou oranges, et les morts qu'on ressuscite, il y a toute cette souffrance qui ne se maquille pas. Mais qui se sublime. Pushing Daisies est une dramédie brillante parce que ses couleurs, ses jeux de mots, ses personnages excentriques sont la définition-même du divertissement, mais que leurs douleurs sont palpables, et n'ont rien, elles, de cosmétiques.
Que voulez-vous ? Rien ne me plait tant que rire et pleurer en même temps.

Allez, on passe à la saison 2.

18 mars 2012

[#Piemarathon] 1x08, taffy

BlackMarch
Le retour au Piehole se fait dans la joie et l'allégresse alors que l'un des (22) meilleurs épisodes de la série annonce l'arrivée de la fin de la première saison. Pour nous consoler, nous aurons droit à une structure inhabituelle pour cet épisode qui concluera sa première enquête avant même la fin de son premier tiers. Une façon originale pour Pushing Daisies de fournir sa dose contractuelle de procedural tout en s'intéressant aux mésaventures de nos personnages eux-mêmes.

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Et pour ce nouvel épisode, nous découvrons le décor du rutilant magasin Bittersweets.
Oh, Bittersweets ! La boutique de mes rêves ! Oui enfin, juste après le Piehole, naturellement. L'endroit compte parmi les décors les plus magnifiques de la série, avec son mélange improbable de turquoise, d'orange, de noir et d'ors. De la devanture aux uniformes, en passant par les comptoires ou les étagères, Balsam's Bittersweets Taffy and Sweets Emporium est déjà une friandise avant même qu'on ait ouvert la bouche. Tenez, rien qu'à le prononcer ! Inutile évidemment de souligner combien la musique est un régal également, puisque je l'ai moi-même utilisée par le passé. Oui, les bonbons, c'est le carnaval qui passe en ville, de bout en bout.
Cela ne gâche rien que Molly Shannon soit de la partie, toute irritante qu'elle sache parfois être, elle apporte définitivement une grande énergie à l'épisode. Il n'est d'ailleurs pas très étonnant de constater que Ned est absolument dénué de tout esprit de compétition, mais heureusement, les Pieholettes en auront à remontrer à la vieille carne en matière de concurrence plus ou moins loyale, plus souvent moins que plus.

Tant qu'on en est à parler de style, faisons un instant une pause sur la garde-robe de notre fille morte. Si Chuck nous a charmés avec des looks variés, allant jusqu'à très ostensiblement se faire passer pour Audrey Hepburn dans l'épisode se déroulant dans l'univers des courses hippiques, cette fois elle a décidé de se réincarner en Janis Joplin. Ca surprend mais c'est toujours un régal.

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Bon alors, du côté du nerf de la guerre, il y a encore une fois de l'eau dans le gaz entre Ned et Chuck. Essentiellement parce que lui a d'atroces remords (rapport au fait qu'il a tué le père de sa bien-aimée, ce genre de détails) et que maintenant qu'ils sont officiellement ensemble, il panique encore plus. C'est quand même lui qui avait posé la question de la clarification de leur relation, hein ; toujours aussi doué ce Piemaker. Alors du coup, l'épisode nous montrera un Ned non seulement jaloux (lorsque le premier mort de l'épisode drague lourdement Chuck), mais aussi sec, distant, et franchement pas très charmant, pour le coup.
Et comme Emerson, on se régale de le voir se débattre de cette façon : c'est hilarant.

De son côté, Olive passe par une nouvelle phase dans ses sentiments vis-à-vis de Ned et Chuck : la jalousie. Elle va être aussi être d'une, hm, bonté défectueuse envers la fille morte plusieurs fois au cours de l'épisode. Olive peut être une véritable ode à l'agressivité passive, quand elle s'y met... Elle va aussi pleurer un bon gros coup, à la fois parce que Ned est en prison par sa faute (c'est difficile de ne pas être d'accord avec Emerson à ce sujet quand on regarde aussi le Ozmarathon en parallèle !), et à la fois parce qu'elle réalise que ça ne marchera jamais. Et c'est bien, c'est très bien, ça veut dire qu'elle avance ! Cela se voit avec le retour du vendeur de produits homéopathiques, Alfredo, avec qui elle discute toujours sans trop y penser, alors qu'il est complètement fou d'elle. Il lui fera la plus adorable des déclarations fusionnelles, mais pas au bon moment. Mauvais timing pour le pauvre Fredo qui repart sur les routes et qui va ravir le coeur d'Olive... en sa propre absence.

Olive et Chuck ne peuvent pourtant pas nier qu'elles forment toujours une équipe efficace en diable, même voire surtout lorsqu'il y a une bourde à faire. Et c'est justement ce qui va nous conduire au second mort de l'épisode, un second mystère fort sympathique qui, Ned étant en prison, va forcer Emerson à bosser un peu en solo, plutôt que prendre le Piemaker pour son dévoué assistant.
La deuxième enquête va nous fournir dees instants absolument hilarants (Les Experts n'ont rien à envier à notre petite Chuck et son procédé pour relever les empreintes) et des références savoureuses ; l'épisode montre alors vraiment un Pushing Daisies au top de sa forme en la matière. A la fin, j'étais quand même bien contente de Dilly Balsam plie bagage ; pour un épisode, c'était un plaisir de la voir exploser dans tous les sens, mais si elle avait dû devenir permanente, j'aurais vite fatigué.

On n'a pas trop de nouvelles du mystère qui avait bouclé l'épisode précédent, mais le cliffhanger de grande ampleur de cet épisode-ci est là pour nous préparer à un final captivant...

16 mars 2012

[#Piemarathon] 1x07, effluves

BlackMarch
Quelques jours de pause, c'était quelques jours de pause. Le Piemarathon revient pour toujours plus de délices, avec un épisode offrant une expérience proche des montagnes russes. Il n'est pas question de mettre ni Olive, ni Chuck, ni personne en avant en particulier, ce qui n'empêche absolument pas l'intrigue de progresser pour un peu tout le monde. Un bien joli épisode en vérité...

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Ce nouvel épisode n'a pourtant pas choisi un thème facile. Les odeurs, à la télévision, il n'y a rien de plus difficile à mettre en images, et on pourrait s'imaginer que pour Pushing Daisies, si prompte à se lancer dans un délire visuel coloré à la première occasion, ce serait encore plus problématique. Etrangement, pas du tout. Le monde des odeurs fonctionne mieux que prévu ; l'impression de vide et de stérilité de l'appartement de LeNez, par exemple, est parfaitement rendue. Il faut aussi mentionner les brèves mais efficaces références au Magicien d'Oz dans les égoûts, parfaitement rendues par le décor, et saluer l'atmosphère géniale du Pop-Up Palace. Quant à la plus belle scène de cet épisode, je prendrai le temps d'y revenir dans un instant.

Alors finalement, cet épisode, s'il ne part pas dans une débauche de trouvailles visuelles, se défend très bien pour mettre en valeur son intrigue originale et sympathique autour des odeurs. Qui plus est, l'enquête prend plusieurs détours sympathiques qui évitent d'être trop prévisible, oui, même au 712e revisionnage.

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Mais surtout l'épisode parvient à faire progresser la plupart des personnages.
Ainsi, le Piemaker et la fille morte en sont toujours à faire avancer leur relation. Comme c'est son habitude, Chuck essaye de se faire une place dans la vie de Ned au pied de biche, et Ned, franchement conciliant, cède systématiquement. Cette fois cela se matérialise par un grand secret : Chuck veut étendre l'exploitation de miel dans un but mystérieux... qui est en fait qu'elle veut modifier la carte du Piehole ! Whoah l'autre eh, carrément ? Et pourtant Ned va prendre sur lui, et finir par lui laisser instaurer une nouveauté sur la carte à base de miel. C'est mignon de les voir se quereller un peu, mais j'aimerais qu'une fois de temps en temps, il soit moins paillasson. Par contre, leur connivence est très amusante plusieurs fois au cours de l'épisode : quand Ned raconte ses expériences amoureuses passées, ou quand ils reviennent se doucher dans l'appartement de Ned. Même avec leur configuration parfois agaçante, ils sont mignons en diable, ces deux-là, en vérité !

On retrouve aussi le triangle maladroit formé par Olive, Ned et Chuck. Olive tente comme elle peut de faire contre mauvaise fortune bon coeur (re: le baiser) mais son malaise est malheureusement contagieux. Malgré le visage aimable qu'elle essaye d'afficher, on la verra notamment s'aggripper à Ned pendant la scène de résolution de l'enquête, montrant que visiblement, il ne lui est pas facile de mettre ses sentiments de côté. Une chose est sûre, c'est qu'elle est d'une bonne nature. Elle continue de se lier à Chuck et ne ressent plus la moindre jalousie, et toutes les deux complottent désormais régulièrement dans leur coin ; mieux encore, lorsque Chuck commencera à sangloter devant elle ("ne pleure pas, notre relation n'en est pas encore là !!!" l'avertit-elle, paniquée), elle cède à la compassion. J'ajoute que Kristin Chenoweth donne énormément de sa personne dans cet épisode où son décolleté est plus plongeant que les Darling Mermaid Darlings.

Les deux tantes, justement, vivent probablement l'un de leurs plus beaux épisodes. Chuck poursuit ses tentatives pour les pousser à sortir de leur coquille, sauf que cette fois elle ambitionne de leur donner envie de replonger dans une piscine chlorée, Olive étant évidemment son émissaire pour les y pousser. Difficile de ne pas céder à l'émotion de cette séquence si colorée et pourtant si triste, quand tante Vivian commence à doucement chanter, inspirée par la pluie pour retourner nager. Les petits détails de cette scène, et notamment l'ombre de la pluie ruisselant sur le visage de tante Lily, sont suprêmement touchants, et la beauté des deux sirènes faisant des figures dans l'eau pourrait faire pleurer un Viking. Une magnifique scène dont il est difficile de se remettre ; je persiste à penser que l'épisode aurait dû s'arrêter là.

Pourtant l'épilogue est intéressant. Il met en branle deux nouveaux axes, forcément bienvenus alors que les tantes de Chuck sont sur la voie de la renaissance. Pour une fois, l'un des personnages de l'intrigue de l'épisode s'arrange pour flairer quelque chose de louche qui lui permettra de revenir ; il était temps, après tout, que le secret de Chuck soit réellement mis en péril. Et puis, pour l'instant évidemment, on n'est pas supposés le savoir, mais la passion d'Emerson pour les pop-up books nous prépare à une nouvelle aventure...

Le mélange procedural/feuilletonnant est toujours aussi parfait dans cette série. Alors pour ne pas perdre le fil, ce weekend, on finit la saison !!!

12 mars 2012

[#Piemarathon] 1x06, laisse

BlackMarch
Je vais être honnête avec vous, cette histoire de Piemarathon est en train de déraper (mais dans le bon sens du terme).
Je veux dire, bon, je me suis lancée il y a seulement 4 jours et j'en suis déjà à aborder la fin de la première saison... Alors soit, elle n'est pas longue, il y a eu un weekend, je n'ai pas travaillé cet après-midi, certes. Mais quand même, euh, ça devient un peu compliqué. Pis je vous raconte pas le méchant effet de manque dés que je m'éloigne de mon DVD. Heureusement que j'ai le soundtrack sur mon smartphone sinon ça pourrait devenir dangereux pour mon entourage.

C'est d'ailleurs assez fou de retomber amoureuse d'une série qu'on connait (presque) par coeur. C'est une sacrée chance, aussi, parce que j'ai réussi à me laisser surprendre une ou deux fois, notamment dans l'épisode qui nous occupe ce soir, et je ne sais sincèrement pas si je serais capable de me laisser faire comme ça par d'autres séries. Devant Une Nounou d'Enfer, par exemple, je récite les dialogues comme des psaumes, ça n'a rien à voir. Là, je suis dans un état d'esprit particulier où j'arrive à prendre de la distance avec mes souvenirs pour profiter du spectacle, ce qui me permet de ressentir plein de choses, et pas juste l'impression de confort qu'on expérimente devant une série qu'on connait très bien et qu'on adore retrouver. C'est un vrai bon marathon, j'en savoure chaque seconde, même si je commence à baliser à l'idée qu'il me prendra probablement moins longtemps que prévu.
Nan mais voilà, c'est tout, je voulais juste partager ma joie, parce que je parle des épisodes, et truc, et bidule, et très franchement, les marathons bloggés en temps réel je commence à prendre lentement l'habitude (pour moi qui, il y a encore quelques mois, n'était pas coutumière des reviews épisode par épisode), mais du coup j'en oublierais presque de vous dire combien je me régale et combien ça me fait plaisir de me replonger dans la série. C'est donc chose faite.
Sachez que c'est une vraie kermesse. Et que je ne veux pas descendre du manège.

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L'épisode commence alors qu'Olive accomplit son premier acte de bravoure de l'épisode : elle confesse d'elle-même à Chuck avoir embrassé Ned dans l'épisode précédent. Dans à peu près n'importe quelle autre série, ce serait soapesque. Mais ici, c'est une façon magnifique à la fois d'approfondir encore le personnage d'Olive, qui devient lentement mais sûrement le plus touchant de la petite bande du Piehole, mais aussi de faire avancer sa relation avec Chuck. La fille morte prend en effet les choses plutôt bien et toutes les deux parlent très ouvertement de la relation entre Chuck et Ned, comme de vraies amies, de vraies complices. Olive montre alors qu'elle a une très, très bonne nature, en s'inquiétant réellement des problèmes de contact (ou absence de) entre les amoureux, même si elle est encore un peu blessée par le rejet qu'elle vient de subir. Sans le savoir, Chuck vient ainsi de lui ouvrir la porte du petit groupe qu'ils forment, ne se sentant pas menacée par le contact entre Ned et Olive alors qu'elle-même sent bien que ça reste un vrai problème entre eux.

Et il est là, le coeur du problème : plus que de devoir éviter de se toucher, les amoureux continuent de devoir accepter ce fait, et ils ont du mal. Chuck n'est plus vraiment en danger d'être touchée par hasard et de mourir définitivement, que de ne justement pas pouvoir toucher son Piemaker et de perdre son affection (à moins que ce ne soit l'inverse).
Il faut dire que le rêve érotique, ou plutôt le cauchemar de celui-ci a de quoi en troubler plus d'un. Je me souviens encore de l'horreur que j'avais ressentie la première fois que j'avais vu cette scène, cet instant terrible, lorsque Chuck lui tombe dessus et qu'il y a cette petite seconde pendant laquelle le temps est suspendu, mon Dieu, c'est arrivé, il l'a touchée, elle est partie pour de bon cette fois... et puis finalement non et c'est en fait là que commence le véritable cauchemar. Evidemment, difficile de ressentir ce bref désespoir et de croire Chuck disparue avec les visionnages suivants, mais force est de constater que le passage reste déchirant et qu'on comprend bien que cela dérange autant le Piemaker ensuite. On le comprend bien, mais on rit avec Emerson tout de même, hein, l'un n'empêche pas l'autre...

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L'épisode va continuer d'explorer divers sujets relatifs aux relations amoureuses avec l'étrange cas d'un polygame éleveur de chiens qui a été tué de bien curieuse façon. Outre le crime lui-même, qui s'avère n'être pas celui qu'on croit, c'est la quête du tueur qui va les occuper, leur donnant tout loisir de se frotter aux différentes épouses de la victime (pour Emerson, un peu plus près que pour les autres). Aussi bien en ce qui concerne l'intrigue que dans le domaine de l'univers visuel et sonore, on n'est pas exactement dans le meilleur épisode de la saison. L'idée est vraiment de pousser au maximum Ned et Chuck à se poser des questions sur la durabilité de leur tendre amour, et pas vraiment de nous offrir un moment enchanteur. Heureusement qu'il y a toujours les excellents dialogues et l'air empoté pathologique du Piemaker pour nous distraire comme à l'accoutumée.
On notera aussi qu'il n'y a pas de tantes en vue dans cet épisode, pour la seconde fois consécutive, et qu'il n'y est même pas du tout fait référence. Ce n'est pas une mauvaise chose : on ne peut décemment pas les intégrer à chaque fois. Mais elles m'ont quand même un peu manqué.

Alors qu'on commençait un petit peu à trouver que cet épisode manquait de chien (ha ha ha), voilà que le Piemaker et la fille morte se regardent de nouveau dans le blanc de l'oeil pour discuter de leurs problèmes, et que, plus que jamais jusque là, la souffrance de Ned devient très palpable. Il a passé l'épisode à être embarrassé, maladroit, gêné, effondré, catastrophé, mais là, il cesse de faire le clown triste et on peut presque ressentir son pincement de coeur lorsque Chuck enlace Digby à sa place. Ned prend toute la mesure de l'absence de contact à cet instant, on dirait, et l'accepte en même temps. Ca fait une plutôt jolie scène...
...Vite éclipsée par la suivante. Pour la seconde fois dans cet épisode pourtant pas très joyeux, Olive va nous arracher un soupir de chagrin et d'amiration.
Car elle est impressionnante, Olive, quand elle laisse partir son Piemaker. Elle tient à lui mais elle accepte de n'être jamais qu'Olive la serveuse. Elle a ce regard incroyable quand il lui fait ses excuses, comme si elle ne voulait pas l'affliger LUI avec son trouble à elle.
Elle a raison, notre petite chose blonde : elle est vraiment grande.

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