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ladytelephagy
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24 juin 2008

Comme une ombre blanche

Ami téléphage, je sais que tu viens aussi me rendre visite pour entendre parler de séries dont personne d'autre ne parle. Alors tu vas être à la fête : aujourd'hui j'ai choisi de te présenter une série qui n'est (pour autant que je sache) jamais passée en France, qui a pourtant duré 3 saisons... et qui date de 1978 ! Je sais que ça te plaît, ami téléphage (et pas qu'à toi si j'en crois mes stats), et ça me fait plaisir aussi, alors pourquoi se priver ?
Avant Coeurs Rebelles la série, avant Esprits rebelles le film, il y avait donc The White Shadow, et tu n'en savais rien. Mais lady est là pour te tirer de ton ignorance.

Le héros de cette série, c'est Ken Reeves, et, comment te dire ? Ken Reeves, c'est un peu le fils que ta mère aurait voulu avoir. Oui, elle t'a toi, mais elle aurait préféré Ken Reeves. Mets-toi à sa place : le sourire adamantin, la mèche blonde savamment ondulée sur le côté, de l'énergie à revendre, un solide sens de l'humour... tu ne fais pas le poids.
Et puis c'est quand la dernière fois que tu as joué avec les Chicago Bulls ? Allez, sois beau joueur, cède ta place, ça fera plus plaisir à ta maman que les fleurs que tu lui as offertes pour la fête des mères.

Le pilote s'ouvre sur plus de 3mn sans la moindre ligne de dialogue, et je te prie de me croire, ça impressionne. On y suit la brillante carrière sportive de Ken Reeves, son accident, sa blessure au genou, sa lente rééducation, et son retour dans l'équipe. Seulement il faut se rendre à l'évidence, passé la trentaine, avec un genou encore fragile, revenir sur le devant de la scène, c'est pas gagné pour le gentil Ken. C'est du moins ce que son ami Willis, proviseur d'un lycée pas super bien fréquenté (ç'aura une vague importance par la suite), lui dit afin de préparer le terrain pour la proposition qu'il a à lui faire : "tu plaques ta carrière professionnelle, tu laisses tomber la gloire, tu oublies aussi l'argent, et en échange, je t'offre... un poste de coach dans mon lycée pas super bien fréquenté". C'est cadeau.

Une offre qu'on ne peut pas refuser, mais comme Ken Reeves, il est le fils idéal, on l'a dit, eh bien tout naturellement il décide de tenter le coup, et en moins d'un pilote, il prend son boulot très à coeur.

Parce qu'être coach, surtout dans un lycée par super bien fréquenté, ce n'est pas une sinécure, et il ne s'agit pas que de sport. Il s'agit d'éducation. Et la bande de lycéens rebelles, je-m'en-foutistes et un peu délinquants sur les bords, elle a bien besoin d'une éducation solide, avant qu'il ne soit trop tard. Et ça, Ken Reeves le magnifique, il a tout de suite capté. Je te l'avais dit qu'il était meilleur que toi, on peut pas lutter contre un mec pareil. Surtout s'il fait près de deux mètres.

Comme la série est née avant toi, ami téléphage, on ne se permettra pas d'en dire qu'elle est super convenue, qu'on a déjà vu le pitch cent fois et tout, parce que ce serait plutôt l'inverse. Aux Etats-Unis, The White Shadow a quand même marqué son temps, bon pas autant que d'autres, mais le fait d'être la première série avec un cast à majorité colorée (blacks et hispanos forment la majorité des rangs indisciplinés de l'équipe de basket ball) a quand même laissé un certain souvenir.

Et pourtant, pour une première incursion dans le genre "école pas super bien fréquentée avec des minorités en situation d'échec", The White Shadow a su éviter un certain nombre de clichés, permettant aux jeunes lycéens d'être sympathiques et pas caricaturaux. Ce qui est bizarre c'est que, les clichés, on en voit dans des séries d'aujourd'hui alors que celle-ci a ouvert la voie. Va comprendre.
Le pilote est assez classique, c'est vrai, Ken Reeves est tellement parfait que c'en devient un peu trop facile, et ce contre quoi il doit lutter (indiscipline, absentéisme, problèmes financiers de ses élèves...) ne vous remuera pas les tréfonds de votre âme. Mais la série est très plaisante à regarder, avec un univers saturé d'hormones mâles chaleureuses (hou ! parfait pour moi) qui font rapidement corps, et créent une vraie ambiance d'équipe. Tout le monde l'a bien vite adopté, ce bon coach, et tant mieux puisqu'on se serait puissamment ennuyés s'il avait dû batailler pendant toute une saison pour s'imposer : Ken Reeves, l'essayer c'est l'adopter, demande à ta maman.
L'univers de la série ne tourne rien exagérément au dramatique, mais les personnages ont quand même de la crédibilité... l'équilibre est donc bon.

Avec fermeté mais tendresse, Ken Reeves s'apprête à aider ses élèves à progresser, au basket comme dans la vie, et à les suivre pas à pas... comme une ombre blanche. J'y peux rien, ça m'a touchée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The White Shadow de SeriesLive.

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9 juin 2008

I knew then, as I know now, he would change my life... forever

Il y a encore 48h, j'ignorais que j'aurais la chance de voir le pilote de La Belle et la Bête, qui, d'après ma mère, est l'une des premières séries que j'ai vues. J'ai un peu de mal avec la chronologie de mes découvertes téléphagiques dans les années 80 (j'ai toujours pensé que j'avais été déflorée par L'Enfer du Devoir, d'ailleurs) mais je la crois, hein, quelle raison aurait-elle de me mentir ? Je n'en avais pas moins gardé un souvenir très tendre de la série, la meilleure preuve étant que dans les jours qui ont suivi l'ouverture de ce blog, je vous proposais déjà le générique. Tiens, j'y parlais déjà de ma mère ! Comme quoi...

Ce qui est toujours frappant quand on redécouvre une série qu'on aimait il y a pas loin de deux décennies, c'est déjà que ça ne nous rajeunit pas, mais surtout qu'on a été marqué plus qu'on ne le pensait par ce qu'on a vu. Le temps a passé, on a regardé bien d'autres séries depuis, mais quelque chose s'est gravé à jamais, et il en reste toujours une trace.

En l'occurence, j'étais une fillette complètement fascinée, voire amoureuse (pour autant que j'aie pu l'être à l'époque), de Vincent... Ce qui est absolument incroyable, c'est de voir que le mec sur lequel j'ai des vues en ce moment répond à pas mal de ses caractéristiques !
On dit que les modèles masculins d'une petite fille forment la femme qu'elle sera plus tard. Est-ce que Vincent compte au nombre des mes modèles masculins ? (bah mon pauvre Vincent, fais la queue, comme tout le monde ; ça se passe là-bas derrière MacGyver et Stringfellow Hawke)
Ahem ! Voilà, c'était le moment de nostalgie humiliante du jour...

Bon, donc à part ça, il me faut quand même vous dire à quel point La Belle et la Bête vibre d'une étrange douceur et d'une poésie amère... Il s'y passe des choses épouvantablement violentes (rappelons pour les étourdis et ceux qui seraient nés trop tard, que Catherine est défigurée dans le pilote) mais on se sent immédiatement guéri par le ton de la série, et ses deux personnages principaux, à la fois tout en humilité et en charisme. Le monde semble un peu moins dur à affronter quand on a l'un de ces deux-là, et surtout les deux ensemble, dans son champs de vision...
Evidemment, la série fait son âge par moments, mais son propos et, surtout, le sentiment d'apaisement qu'elle dégage, est parfaitement intemporel.

Je pourrais continuer à chercher des qualificatifs, je pourrais être longue et très élogieuse, mais le mieux, c'est que vous essayiez de voir ça par vous-même si ce n'était pas encore fait. D'une certaine façon, tout ça ne se décrit pas. Et je suis curieuse d'avoir l'avis de personnes qui découvriraient la série avec un regard neuf !

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche La Belle et la Bête de SeriesLive.

2 juin 2008

V'nez frapper à notre porte !

Chose promise, chose due : la tant attendue (au moins par mon chat... pensez, ça faisait plus d'un an que j'en avais parlé) critique de Three's company.
Bon, rappel des faits : j'étais émue à l'idée de penser que cette série était antérieure à ma naissance, qu'on y trouvait Suzanne Somers avant sa période aérobic, John Ritter avant la période où il n'était plus, et plein d'autres bonnes choses encore. Choses qu'on ne soupçonne pas nous autres, téléphages français, qui sommes passés à côté de cette série pour une raison tout-à-fait floue en ce qui me concerne, si une chaîne arrive à trouver une justification qui tienne la route, je veux volontiers l'entendre.

Bon, mais hormi ce doux sentimentalisme, qu'est donc Three's company ? Encore une histoire de triangle amoureux ? Une vulgaire comédie sur les rapports de bons voisinages ? Une ode au papier peint maronnasse ?

Vous n'y êtes pas du tout. Three's company est avant tout une série sur la libération des moeurs. Eeeeeh ouais !

Tout part dans le pilote d'une beuverie au cours de laquelle Eleanor, l'une des trois co-locataires du délicieux logement où se déroule l'intrigue (cf. papier peint maronnasse) enterre sa vie de jeune fille alors qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux. Du moins l'apprend-on dans l'épisode car la série commence sur le lendemain de la fête. L'alcool n'a pas été parcimonieusement versé, les maux de crânes sont légion, et il y a un homme qui dort dans la baignoire. Nos délurées co-locataires restantes vont donc apprivoiser le bonhomme, qui, miracle, sait cuisiner (pas elles) et semble être un remplaçant parfait à Eleanor.

Ah oui ya quand même un hic, et il n'est pas juste dû aux lendemains de fête, c'est que le propriétaire des filles est un peu de la vieille école, alors l'emménagement d'un garçon ne serait pas super bien vu. Qu'à cela ne tienne, elles vont le faire passer pour gay ! Elles ont juste oublié de le prévenir. Ce qui ne l'arrange pas, vu qu'il craque volontiers pour l'une d'entre elles...

Ce qui est bon, dans Three's company, bon déjà ça ne risque pas d'être la déco (glurps), mais c'est qu'on est dans les années 70, et qu'on y est vraiment. Ce n'est pas une série qui essaye de revenir à l'époque des pattes d'eph artificiellement (voir aussi That 70s show), en essayant de recréer dans un tube à essai audiovisuel l'atmosphère d'une époque et de ses moeurs, non Three's company est une série qui a débuté en 1977 et qui est tout simplement de son temps ! Et là c'est intéressant !

C'est intéressant de voir des filles célibataires tentant de vivre ce qu'on qualifierait aujourd'hui de "normalement". De voir une autre femme, Mme Roper, qui en dépit des apparences, est également plus libérée qu'il n'y paraît de prime abord lorsqu'on voit la vie qu'elle mène, et qui affiche une liberté de ton assez incroyable. Il y a aussi, bien-sûr, Jack, qui se retrouve dans la situation compliquée de devoir se faire passer pour gay en permanence auprès de M. Roper, et qui...

Oui, ça c'était puissant aussi. Pour paraître gay, Jack... ne fait rien. Il ne fait pas le maniéré. Il n'en rajoute pas dans les stéréotypes (ou très rarement). Il ne change rien, en fait, à celui qu'il est. Et, ce qui est dingue, c'est que la plupart du temps, le proprio n'en conclut rien ! Il essaye au contraire de respecter Jack pour ce qu'il est (enfin, ce qu'il n'est pas, quoi), et même s'il a vraisemblablement une opinion bien à lui sur l'homosexualité (parce que de la génération précédente), M. Roper n'hésite pas à le traiter d'égal à égal, sans trouver étrange que sa propre nièce embrasse goulûment Jack un soir dans son salon ! C'est sans aucun doute lui la pauvre victime... Ca vous fait pas du bien, à vous, de vous dire que dés les années 70, on pouvait être un homosexuel de télévision (même si là, c'était à temps partiel pour le personnage de Jack) sans en faire des tonnes et être spécialement flamboyant ?

Eh bah moi j'ai trouvé que ç'avait ajouté au plaisir de mon visionnage de la série. Sincèrement, ça a donné du corps à ce petit sitcom... qui autrement était quand même bien troussé, avec des dialogues souvent très finement écrits, ce qui ne gâche rien. Avec des comédiens très sympathiques, en plus ! Vraiment tout bon !

Bref, Three's company, c'est bon, mangez-en, allez-y de ma part... même si pour ça il faudra peut-être enfiler votre cagoule.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Three's company de SeriesLive.

2 novembre 2007

Oh oui, once more !!!

Ma téléphagie m'a été diagnostiquée vers la fin des années 90, cependant, elle ne s'est pas déclarée comme pour beaucoup de gens à l'époque, avec Buffy, Dawson et Charmed. Eh oui, je vous parle d'un temps que les moins de 10 ans ne peuvent pas connaître... J'ai eu une histoire compliquée avec Buffy, d'ailleurs... j'ai vu le 3e épisode lorsqu'il est passé en milieu de semaine, le jeudi je crois, sur M6 (avez-vous connu la diffusion en semaine et en nocturne sur M6 ?), ça m'a pas captivée, j'ai laissé tomber, et c'est une ou deux saisons plus tard, alors que ma soeur était scotchée à son écran, que j'ai daigné y jeter à nouveau un oeil. Et même là, ça n'a pas été le grand amour. J'ai plus ou moins vu la saison 4 (Buffy et moi sommes entrées à l'université la même année, si on suit le calendrier de la diffusion françaises du moins), la 5e m'a complètement saoûlée, la 6e a révolutionné ma façon de regarder la série, j'étais enfin convertie au moment de la 7e... Une fois de plus, j'avais un train de retard. Mais pas de regret, j'ai vu le meilleur.

Cette semaine, mon homme et moi cherchions quelque chose de marrant à regarder après le pesant (et profondément pathétique sur le dernier tiers) film Sunshine (n'allez pas faire de recherches, ça n'en vaut pas le coup), et comme une lueur dans la nuit, nous avons aperçu le coffet de Buffy saison 6 (le seul que je possède, le reste est en VHS mais n'attend qu'une bonne promotion pour disparaître corps et biens... soit je suis aveugle, soit ya toujours pas eu d'intégrale de cette série !). "Tiens, si on regardait Buffy, l'épisode musical... je l'ai jamais vu !" Il me balance des trucs, comme ça, pour vérifier si je suis cardiaque... le jour où mon coeur va lâcher faudra pas venir pleurer.

Eh, vous savez quoi ? Cet épisode il est quand même drôlement chouette !
Nan mais ne partez pas, attendez... même aujourd'hui que ma période Buffy est derrière moi (en fait après avoir englouti goulûment la saison 7, le soufflet n'a mis qu'une moitié de saison à retomber... un an après cette série faisait vraiment partie de mon passé de téléphage), je trouve cet épisode parfaitement épatant (et selon des sources proches, même un non-amateur de la série peut le trouver très bon).

D'abord, il y a l'aspect musical, évidemment. Les genres sont assez variés ; deux numéros sortent particulièrement du lot, la présentation du démon et le très enthousiasmant duo Tara/Giles. Mais tout le monde, hormi Willow évidemment, s'en sort dignement.

Mais surtout, cet épisode vaut son pesant de mandragore parce qu'il est construit non seulement comme un épisode hors-norme sur la forme, mais très bon sur le fond. La plupart des intrigues s'apprêtent à changer de façon dramatique : la relation Buffy/Spike prend de la consistance, lumière est faite sur l'Enfer (ou absence de) enduré par Buffy depuis sa résurrection, le mariage de Xander et Anya commence à sentir le sapin, et bien-sûr, la séparation de Tara et Willow prend sa source directe ici. Bref, du costaud, et puis secondairement le départ de Giles, la perdition de Dawn... On n'est pas dans l'épisode gadget, on est en plein coeur d'un exercice de style qui n'a surtout pas bloqué la narration. Au contraire, plutôt que de faire indéfiniment piaffer d'impatience le spectateur avec des intrigues qui se dénouent leeeeeeentement, on profite de l'arrivée du démon pour que tout le monde se dévoile, au moins un peu...

Et puis cet épisode concentre tout l'humour, l'univers adolescent, le folklore typiques de la série. C'est limite si ça vaut pas plus la peine de voir cet épisode plutôt que le pilote si on arrive à croiser la route d'un néophyte !!!

En prime c'est vraiment intéressant de prendre du recul sur une série avec laquelle on a eu une longue histoire pendant plusieurs années, et à laquelle de toutes façons on n'aurait pas pu échapper même si on l'avait voulu. Buffy était un véritable guilty pleasure, dans le sens le plus noble du terme : tout n'y est pas nécessairement profond, le public visé, adolescent, était complètement assumé, mais quelques éclairs de génie dans l'écriture, les dialogues et la production ont permis de faire en sorte que cette série mérite réellement son succès, ou en tous cas jusqu'au point où c'est devenu surfait évidemment.

Je laisserai la conclusion à mon homme, à imaginer prononcée avec emphase, et des étoiles au fond du regard : "Maintenant je comprends pourquoi tout le monde dit du bien de cet épisode !!!"

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (même si, franchement, si vous n'avez pas moins de 10 ans, vous n'avez pas la moindre excuse) : la fiche Buffy de SeriesLive.

15 juin 2007

Fin de l'embargo sur Galactica

Eh oui, mon homme a finalement eu raison de mes défenses. Il faut dire qu'il m'a eue à l'usure, à force de réclamer la fin de la 2e saison de Battlestar Galactica par ici, soupirer quand je propose de regarder autre chose par là... j'ai tenu plusieurs mois mais là, ça y est, je dépose les armes.

J'ai d'abord essayé de gagner du temps : "mais on a plein d'autres choses à voir, plein de séries pour lesquelles je dois t'attendre pour regarder la suite : Dexter, Heroes, Veronica Mars, Ugly Betty... ça peut bien attendre non ?" Bon bah, non. "Et sans compter que ya deux trois pilote que je voudrais bien te faire voir en ce moment, la fin de Profit que tu n'as jamais vue et, bon, c'est pas génial en ce moment mais Grey's Anatomy est toujours en cours, les épisodes de New York Unité Spéciale chaque samedi, suivi de tes deux épisodes de la série originale, et puis souvent, House le mercredi, ne parlons même pas de la saison 2 de Desperate Housewives que je n'ai toujours pas vue et qui arrive la semaine prochaine !!!" Toujours pas. Avouez que pourtant ce n'est pas les occasions de téléphager qui manquent par les temps qui courent sans qu'on ne finisse ce pauvre petit coffret de Battlestar Galactica qui ne demande rien à personne, si ce n'est rester dans les rayons de la telephage-o-thèque jusqu'à ce que son petit frère de la saison trois soit enfin là. J'ai même tenté les esquives plus sournoises : "On regarde aussi Babylon 5 en ce moment, tu veux qu'on se mélange dans les intrigues ou quoi ???". Ouais, c'est de la mauvaise foi, mais il fallait quand même que j'essaye, vous comprenez ?

Résultat après des semaines de lutte acharnée, j'ai déployé le drapeau blanc. Ok, ok, finissons-la cette saison deux, mais si par malheur la troisième n'atterrit pas dans mon lecteur DVD au moment-même où elle sort, je ne réponds plus de rien.
Pour gagner un peu de temps (j'angoisse qu'on finisse ce coffret comme au premier jour) on a quand même revu deux épisodes, histoire de bien faire trainer le plaisir... mais au fait, finalement, cette seconde partie de saison deux, elle vaut quoi ?

Est-ce le recul ? Sont-ce réellement deux-trois intrigues plus faiblardes ? Avons-nous un peu perdu la foi ? Certaines histoires semblent tirer parfois un peu les grosses ficelles, et notamment la prise d'otage sur Cloud9, et le troisième commandant du Pegasus qui meurt dans des circonstances pitoyables (cela dit la scène où il préfère faire du dépannage depuis le poste de commandement au lieu de... commander... valait son pesant de cacahuètes), du coup difficile d'adhérer aux dernières intrigues en date.

Nan en fait, j'ai ma théorie... On relâche un peu la tension : un triangle amoureux a été aboli avec la mort de... rha comment il s'appelle l'assistant de Roslin déjà ? Je suis prête à mettre ma main au feu qu'on le reverra pourtant ! Bref. D'autre part, les Adama père et fils sont de moins en moins en conflit, le vice-président complètement loco a l'air de fumer un peu moins de moquette ces derniers temps (j'ai pas dit que ça le rendait moins dangereux, juste moins saoûlant)... Sharon 2.0 va avoir son petit bébé sans plus trop faire de vagues. Bien, bien... Il va y avoir un cliffhanger à se fracasser le crâne contre les murs, hein, pas vrai ? Mais si allez, ça se sent... c'est pour ça que là, on a l'impression que c'est un peu mou du genou, c'est voulu...

Soyons honnête, en fait, que la fin de la saison deux soit à en tomber raide, je m'y attends de toutes façons vu la manière dont la première saison s'est achevée. Battlestar est une série à laquelle on n'a rien à apprendre sur ce terrain-là. Mais je dois dire que, si j'étais prise dans le tourbillon des diffusions hebdomadaires, ce stratagème conserverait deson effet, tandis qu'ici, il a un effet décourageant, de la même façon que se mutiler le cortex cérébral avec trois Grey's Anatomy à la suite dans une même soirée a des effets plus que nocifs (surtout vu le niveau de la saison... c'est bien simple, mardi soir, c'était plus amusant de s'engueuler que de regarder les deux derniers épisodes, c'est pour vous dire !).

Ca semble assez évident, mais laissez-moi appuyer dessus tout de même vu que j'en ai eu la réaffirmation poignante cette semaine : beaucoup de séries ne sont faites pour être regardées "à la carte", soit en DVD, soit en raison d'une diffusion... comment qualifier ce procédé ? Erratique ? Grotesque ? Humiliant ? A double-tranchant ? Ah, je sais : une diffusion à la française !
Si une série doit être vue, chaque semaine, régulièrement, un épisode à la suite, c'est qu'elle est construite pour cela ! 'Tain ça paraît tout con mais oui ! Un épisode à la fois. Un par semaine. Vouloir chercher plus, de par le recours au DVD, ou à cause d'une diffusion à la française, c'est faire du tort à sa construction, et courir le risque de tomber dans l'un ou l'autre de ces travers qui guettent le téléphage : l'overdose ou le désintérêt. Et puisqu'on la regarde, la série, ce n'est pas ce que l'on veut, n'est-ce pas ?

Pour être un téléphage raisonnable qui goûte avec délice chaque série comme il se doit, il faudrait... eh bien, être raisonnable. Bon, euh, pas facile-facile, ya pas d'option B ? Si, vivre aux States avec une diffusion (presque toujours) respectueuse du rythme naturel d'une série. Merde alors, il va falloir apprendre à être raisonnable si je veux profiter correctement de Battlestar Galactica... parce que déjà que cette série n'est pas diffusée sur du hertzien, mais si elle l'était ce serait de toutes façons un problème.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Battlestar Galactica de SeriesLive (profitez-en, les fiches des prequels sont en ligne depuis peu).

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16 avril 2007

Ceci n'est pas un post politique

Bien que nous ayons un peu ralenti la cadence (pas d'épisode depuis environ une semaine), mon homme et moi regardons actuellement la première saison de Babylon 5. Une série engagée politiquement qui fait autant de bien à regarder en ce moment qu'un épisode avisé d'A la Maison Blanche. Souvent je suis frappée, dans ces deux séries, par l'aptitude à dénoncer certains discours. Mais en ce moment, c'est celui dénoncé dans plusieurs épisodes de Babylon 5 qui me touche plus particulièrement.

Je résume la situation : on est loin dans le futur, les hommes et les extra-terrestres (plusieurs races extra-terrestres, d'ailleurs) se sont longtemps battus, la guerre avec eux s'est enfin achevée et la station Babylon 5 (5e construite, dernière encore debout) a été créée afin, si possible, d'éviter que ce genre de choses se reproduisent. La diplomatie des plus grandes nations de l'univers vit donc sur la station et réagit aux problèmes des uns et des autres. Chacun à sa façon, chacun selon sa culture.

Au milieu de tout cela, il reste encore les humains mais dans ce monde-là, les humains, ils sont légèrement en minorité. Pourtant c'est eux qui contrôlent la station (le commandant prend ses ordres de la Terre, et l'équipage est intégralement humain). Sur la Terre, nombreux sont ceux qui pensent que les extra-terrestres on trop de pouvoir et qu'ils vont conduire à la ruine de l'humanité.

Les propos et actes d'origine raciste à l'encontre des extra-terrestres se manifestent plusieurs fois dans cette première saison. En vrac, on essaye d'assissiner ou humilier certains représentants des communautés extraterrestres, on complote pour tuer le président terrien (en visite sur la station) en faisant croire que l'attentat est d'origine extraterrestre, on tente d'enrôler des pontes de la station (dont le commandant) pour assurer la puissance du mouvement.

Souvent, les messages de haine envers les extraterrestres font froid dans le dos. Ils font froid dans le dos, parce que si on ne change que les noms de communautés, on les a déjà entendus. Et on les entend encore. Ils font froid dans le dos parce qu'au fil des épisodes on sent bien que ce qui se passe entre les races humaines et extraterrestres ne se fait pas que sur la station. Les gourvernements et les populations ont des griefs bien précis les uns envers les autres et il se passe tout de même des choses, là où le merveilleux commandant Sinclair n'a pas de prise et ne peux trancher de façon équitable, hors de sa juridiction. Ils font froid dans le dos car avec les épisodes, on sent que le monde bascule tout autour et que ce n'est qu'une question de temps avant que Babylon 5 ne soit même plus une repère de Paix et de diplomacie. La station peine déjà à avoir un véritable rôle dans les rapports entre les communautés, mais on sent bien que ce qui se passe ailleurs échappe à son contrôle et aura un impact sur elle.

La station sera-t-elle un échec ? Pas forcément (je vous le dirai quand on aura avancé dans la série), mais si elle n'existait pas, il n'y aurait plus d'espoir d'entente, plus d'espoir d'amélioration des relations entre les différentes races. Cela dit, on sent bien qu'elle s'apprête à traverser une zone de fichues turbulences.

Ce qui est important, c'est la ferveur avec laquelle le commandant tente de rester juste, de respecter la complexité du monde qui l'entoure, de prendre en compte la subjectivité de chacun et trouver un compromis, sans tomber dans aucune forme de racisme, de ségrégation, ou de parti-pris. L'effort est louable même si on sent que ses valeurs ne sont pas faciles à porter, pas faciles à communiquer. L'idéal que porte la station Babylon 5 est aussi un enjeu, dont dépendent les populations de chaque communauté, et il faut s'y tenir, même si c'est dur, même si on n'arrive pas forcément à voir les améliorations au premier regard, l'effort doit se poursuivre et si ce n'est pas le cas, on ouvre la porte à des dérives ignobles.

Dans le monde où vit Sinclair, la haine de l'autre, l'envie de garder obstinément ses positions sans concéder qu'elles puissent cohabiter avec celles des autres, sont le véritable danger auquel il faut faire face, et on ne lutte pas contre ce danger avec des phasers. Il faut faire preuve de ce qui semble être pour certains du laxisme, pour d'autre un dû, et tenter de faire cohabiter les différences.

Et pourquoi un terrien serait-il capable de tant d'impartialité, me direz-vous ? Il a été terrien, il s'est battu pour la Terre pendant la guerre, comment pourrait-il juger avec clairvoyance ? Simplement parce que Sinclair a des idéaux et qu'il tente de s'y tenir. Que ses idéaux-là sont plus forts, et qu'il n'est pas ce qu'il a fait dans le passé.
Parce que l'alternative que proposent les autres prises de positions ne peut mener qu'à la perte de l'unité du monde, Babylon 5, c'est la série-médicament à consommer dans la semaine qui vient, urgemment.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (c'est la semaine pour s'y mettre) : la fiche Babylon 5 de SeriesLive.

Ceci n'était pas un post politique. Ceci en est un, en revanche.

7 avril 2007

Gil est de sauvetage

Matage récent, un peu par hasard, du pilote des Experts avec mon homme, qui ne l'avait point encore vu bien qu'ayant déjà fait l'expérience de la série. Il faut dire qu'avec la diffusion de TF1 (très téhèfesque), difficile de retrouver ses petits et savoir où on en est. Et puis, bon, même en ayant vu des épisodes, pas plus que ça, quoi.
De toutes façons, Les Experts, c'est bien connu (et c'est pour ça que TF1 l'a acheté), ça peut se regarder dans n'importe quel ordre... (je vais me faire frapper, là).

C'est marrant, ça m'a fait pareil. Lorsque la série est arrivée en France... [<< attention, la vieille téléphage va évoquer ses souvenirs de guerre] Aaahh, je me souviens, je trouvais ça vraiment percutant, efficace, sympa ! Bon bah comme tout le monde quoi. J'ai même fait l'effort (et vu mes moyens et la liste de ce que je veux avoir dans ma collection, c'est beaucoup en dire) d'acheter la première partie de la première saison (ce qui fait de moi l'heureuse propriétaire de... attendez que je calcule... un dixième de centième... non, un tiers de quart du vingtième... enfin une toute petite proportion d'épisodes, quoi). Preuve que j'étais pleine de bonne volonté.

Mais à un moment, TF1 m'a tuer. Je veux dire, pardon : TF1 m'a perdue. Ce sont sans doute les rediffusions mêlées aux inédits (qu'est-ce que je peux trouver ça absurdissime...), ou bien simplement l'overdose due aux 750 spin-off (CSI Miami, CSI NY, et puis quoi encore, c'est la seule façon d'apprendre la géographie américaine ou quoi ?!), ou tout simplement j'ai évolué vers autre chose. C'est vrai que je n'ai jamais été que modérément adepte des séries policières, après tout. Et que j'ai découvert d'autres merveilles qui ont fait battre mon coeur durablement... Oui, c'était sans doute une belle histoire, mais elle était, dans le fond, vouée à l'échec.
Mais bon, même si je ne suis plus tellement capable de suivre assidûment la série aujourd'hui, je lui reconnais des qualités. Je suis pas une ex revancharde, en fait. Pas amère pour un sou. Non, vraiment, pas le genre de la maison. Sur d'autres trucs, avec d'autres séries, peut-être, mais montrons-nous d'une honnêteté intellectuelle à peu près correcte : Les Experts ne sont pas une mauvaise série. Du rythme, des plans soignés, beaucoup d'efficacité et des dialogues souvent pertinents, au moins sur la partie que je peux vérifier du moins (côté scientifique, il paraît que la série prend beaucoup de libertés, j'ai pas les facultés pour vérifier mais à la limite qui s'en soucie à part les scienteux offusqués, hein ?).

Bref, je suis pas rancunière, la preuve, cette semaine, j'ai même regardé deux des trois épisodes qui précèdaient Dr. House. Mais, non, attendez, j'y reviendrai.

Bref nous regardons donc ce pilote, et ce qui est toujours bon avec un pilote qu'on n'a pas regardé depuis longtemps, c'est qu'on arrive parfois même à avoir l'impression de le redécouvrir. Ou alors on essaye de resituer les choses : oui, Nick n'a pas encore de service à rendre à la péripatéticienne, vu qu'il va la rencontrer dans le pilote. Euh, oui, Lindsay est minuscule, mais c'est normal, c'est le pilote. Ah oui ya aussi le mec aux mains en latex, hahaha, moi je sais moi je sais moi je sais ! Et oui, et aussi Sara est aux abonnés absents et ya une nouvelle qui... ah, oui. Je me souviens, maintenant. Pauvre Chandra West.

Et on s'aperçoit que cette série qu'on a appréciée pour son efficacité (à savoir la combinaison impeccablement tirée au cordeau de dialogues paramétrés au milimètre, d'intrigues parfaitement ficelées et et plans toujours irréprochables) eh bien, elle était quand même loin de ladite efficacité dont on se souvient. B'zarrement.

Certaines répliques sont désastreusement bancales. Certains personnages ne ressemblent pas à grand'chose ("je vais appeler le juge en pleine nuit juste parce que c'est Grissom qui me l'a demandé au lieu de Warrick ?!"). Même le contexte des enquêtes est à géométrie variable (ya quelqu'un d'autre qui fait les interrogatoires O_o; ).

Mais, au milieu de tout cela, il y a Gil Grissom.
[insérez la musique céleste ici]
Aaaah, Gil Grissom. Froid et émouvant. Attentif et ailleurs. Paternel et outsider. Il est le personnage le plus substanciel de ce show, dés les débuts, même avec ses imperfections.
C'est Gil qui fait toute la magie de ce pilote. C'est lui qui m'avait complètement fait oublier que la série avait eu besoin de s'affiner avec le temps.

Ce qui m'amène aux deux épisodes de mercredi.
Vous savez ce qui aurait été cent fois mieux que les spin off CSI Poughkeepsie et CSI Tacoma qu'on nous a fourgués ? Un bon spin-off : CSI Miss Heather. Sans déconner, cette bonne femme est géniale, elle serait une sorte de Mme Columbo, mais en mieux. Bieeen mieux. Elle a tout de suite compris que Grissom perdait l'ouïe, mais avec ses indices à elle. Avec sa façon de penser à elle. Et elle le dit avec sa façon à elle... J'imagine tout-à-fait un spin-off sur ce mode. Avec comme épisodes cross-over, des retrouvailles charnelles avec Gil... bon oui et puis surtout, une façon bien à elle d'envisager la recherche de preuve : en parfaite opposée de Grissom (c'est pour ça qu'il y a une telle alchimie), elle se baserait sur ses sens, sa connaissance d'une certaine facette de la nature humaine, de choses toutes aussi tangibles que les preuves de Grissom, mais vues autrement... Miss Heather est l'enquêtrice idéale pour Vegas ! Et puis, elle aurait quand même cette classe qui la caractérise.

Plutôt que de décliner indéfiniment le même pattern jusqu'à plus soif (d'ailleurs, on s'arrête à deux spin off ? où est mon CSI Portland ???) voilà qui serait une façon intéressante de partir d'un même principe (on fait des enquêtes en se basant avant tout sur les preuves) mais en changeant la façon de les aborder. Profondément. Avec un personnage réellement charismatique. Et bon, à la rigueur, elle aurait le droit d'utiliser une cravache en interrogatoire, si l'audience l'exige. D'autant que les réunions ou confrontations avec Gil Grissom seraient une mine d'or.

Bon, mais en-dehors de ces considérations utopiques (hélaaaaaas), Les Experts made in Vice City est une excellente série tout de même, il faut parfois le rappeler même si les audiences semblent parfois faire comme si ça tombait sous le sens. Et puis, elle a fait du chemin !
Les Experts Vegas, la vraie l'unique, la seule série digne d'intérêt. Ouais, chuis partisane, mais en même temps c'est un peu mon blog aussi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (à ce point-là, je dois dire que ça fait peur) : la fiche Les Experts de SeriesLive.

30 mars 2007

Les Ahem! du Bonheur

Ok, j'ai un post à faire aujourd'hui, ça fait deux ou trois jours que je l'ai en tête mais avant de commencer, vous devez me jurer que jamais vous n'en parlerez autour de vous, et que dans les posts à venir, nous ferons comme si celui-ci n'avait jamais existé. Et si vous m'en reparlez, c'est bien simple, je nierai en bloc, ne me mettez pas au défi d'effacer ce post, j'en suis capable.

Donc oui, aujourd'hui, le sujet est : "Les Anges du Bonheur, cette série trop souvent sous-estimée". Mais si. Cessez de rire, ça devient humiliant, là.

Cette drôle de nostalgie s'est insunée en moi il y a deux ou trois jours environ, guère plus, lorsque j'ai remarqué qu'un membre de l'équipe de SeriesLive avait ajouté la fiche Promised Land, spin-off de la série que j'ai déjà citée plus haut, ne m'obligez pas à le répéter. Immédiatement, m'est revenu en mémoire l'épisode de la série d'origine (déjà citée, donc), où le spin-off était présenté au public, épisode cross-over qui a bien été diffusé en France, lui, à la différence du spin-off Promised Land, si vous suivez.
Ou bien était-ce carrément le pilote de Promised Land que M6 nous a vendu comme un épisode des Anges du Bonheur ? Peu importe. (Merde, je l'ai re-dit !)

Toujours est-il que dans cet épisode, on retrouve Major Dad (enfin, oui, bref) qui a perdu son job et qui emmène sa femme et ses trois enfants (en fait le plus jeune est le fils de son frère, mais ils l'ont adopté) dans sa ville natale, là où, comble du malheur, il ne trouve pas de boulot. Mais les anges lui soufflent à l'oreille qu'il doit absolument faire revenir en ville la fille d'Erasmus (le doux ami de sa mère, je crois) en ville, donc il a droit à tout un périple initiatique en bus à travers les Etats-Unis pour aller la voir et la convaincre de revenir au pays et quitter sa vie aisée dans je-ne-sais-plus-quelle grande ville, périple pendant lequel il retrouve la foi et au terme duquel il finit par prendre la décision de parcourir le pays en caravane avec sa famille (son épouse était instit, ça facilite les choses côté éducation), moitié pour répandre la bonne parole, moitié pour se chercher, enfin bref, on sent que c'est initiatique à tous les niveaux. Fort bien.

En fait cet épisode nous prépare à un autre, celui-là étant vraiment épatant, où l'on retrouvait la toute aussi épatante Delta Burke (vous ne la connaissez sans doute pas et pourtant vous l'avez nécessairement déjà vue, par exemple les fans de Loïs & Clark se souviennent sans doute de Myrtle Beech ?) qui découvrait que, le fils qu'elle avait pensait avoir vendu à son mari alors qu'elle n'était qu'une junkie, là, eh bien c'est le fils adoptif des Greene, les héros de Promised Land justement ! Magistral épisode où non seulement nos angelots sauvent Delta de la drogue (et, vraisemblablement, la prostitution), mais ensuite la poussent à s'expatrier à l'autre bout du pays, où elle tombe sur la maison d'Erasmus qui justement sert de point de chute aux Greene, à la suite de quoi elle devient toute douce toute calme (elle met même des pulls en tricot), évidemment c'est le moment choisi par les Greene pour rappliquer pour Thanksgiving, et là tout s'emballe, Delta essaye de se réconcilier avec Dieu et son fils en même temps, le père adoptif (et accessoirement ex-beau frère) lui en veut à mort puis lui pardonne, et puis en plein milieu de la soirée de Thanksgiving ya un orage comme c'est pas permis et pour sauver son fils resté dans la caravane des Greene dans le jardin, Delta n'hésite pas à affronter les flammes pour le sauver, et elle en meurt. Et c'est beau.
Dit comme ça, ça paraît pas, mais je vous jure, bel épisode. C'est juste que c'est viscéral, j'ai du mal à le dire sans avoir l'air cynique. Mais promis, bel épisode.

Bref. Donc du coup, j'ai commencé à me demander : mais alors, si cet épisode (certes rocambolesque, mais touchant et bien mené) a su me séduire, peut-être que d'autres ont été bons, aussi !

Eh bien justement, oui ! Et là me vient en tête l'excellent épisode (ou double épisode ? je sais plus tout d'un coup) qui s'est déroulé en Chine : L'esprit de Liberty Moon. Magistral épisode osant non seulement parler de la situation politique en Chine (c'est dire si l'air de rien la série est parfois sortie de l'esprit bon enfant dans lequel on aime à la classer à la va-vite), mais aussi d'immigration, de torture... Et, avantage non-négligeable, on y retrouve Adrian Pasdar qui a certainement choisi l'un des meilleurs épisodes de la série pour se commettre dedans, preuve qu'il est aussi intelligent que beau (c'était pas ultra-nécessaire de le souligner, mais j'y tiens). C'était pas un de ses rôles les plus puissants mais au moins il n'a pas échoué dans un épisode niais.

Dans cet épisode, on a donc une jeune Chinoise qui a subit la révolution culturelle, et qui y a perdu son mari, et sa fille, dont elle n'est pas certaine qu'ils soient encore en vie mais ça ne l'empêche pas d'espérer. Le love interest de l'affaire (j'ai nommé Adrian Pasdar) fait son possible pour l'aider dans ses recherches, tout en essayant de son côté de faire les affaires pour lesquelles il est en Chine : il s'avère que ça va quand même bien aider à faire avancer les recherches de notre Chinoise, qui finalement, après bien des péripéties que je vous épargne, va se retrouver enfermée en prison, sans passer par la case départ ni toucher 20 000, et que Monica l'angelot accompagne donc pour la guider. Et là, attention : scène de torture. Bon c'est pas insoutenable, mais c'est quand même bien dur, on n'en est pas à des extrêmités à la Oz ou autres mais ça reste très percutant. Et je veux pas vous spoiler, mais ça finit même pas bien pour la Chinoise que même les anges ne peuvent pas sauver. C'est dire si l'épisode sort des sentiers battus.

Alors au final, pourquoi tant de monde (moi y compris la majeure partie du temps) pense que Les Anges du Bonheur est une série peu profonde, complètement initéressante et à but uniquement prosélyte ? Avons-nous tendance à juger une série à l'aune de son public, par exemple ? Ou bien estimons-nous qu'en avoir vu un, c'est les avoir tous vus ?

La seule existence de ces deux épisodes (mais ne croyez pas qu'ils soient les seuls, ce sont simplement les deux dont je me souviens le plus clairement) prouve que, parfois, il faut quand même gratter un peu.

Bon maintenant, de garder en mémoire cette leçon sur "dont judge the Holy Book by its cover" à donner une seconde chance à des séries qui m'ont ennuyées dés les premières secondes du pilote, il y a un pas que je ne franchirai pas. Mais peut-être pouvons-nous parfois réviser notre jugement sur des séries qui ont plus à offrir que les intrigues bidimensionnelles qu'on les soupçonne de nous balancer chaque semaine...

Et puis très sincèrement, je vais continuer mes fouilles pour retrouver l'épisode avec Delta Burke que j'ai, quelque part, sur une vieille VHS, parce que vraiment, ça le faisait.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (Dieu pardonne, moi pas) : la fiche Les Anges du Bonheur de SeriesLive. Et si vous êtes vraiment curieux, la fiche Promised Land de SeriesLive est aussi dispo depuis cette semaine.

28 mars 2007

Suprême félicité

Parfois on tombe sur un pilote par le plus grand des hasards. Il y a moins de 24h, je ne savais même pas que j'aurais sous la main le pilote de Felicity, que j'avais loupé à l'époque de la diffusion sur TF1, prennant le train en cours de marche la semaine suivante.

Pour moi, jusqu'à il y a donc quelques heures encore, Felicity représentait avant tout la découverte du très consommable Scott Foley (je suis toujours contente de le retrouver depuis, ailleurs... même dans le daubesque The Unit, si-si, il a le droit de se nourrir ce petit !), celle dans une moindre mesure de Jennifer Garner (dont je me rappelle, lors de l'épisode où elle est apparue pour la première fois, celui de Thanksgiving pour autant que je me souvienne, avoir pensé "eh c'est pas la petite inconnue qui était fan de billard dans Le Caméléon ?!"... le temps a passé !), et enfin un générique que j'affectionne toujours, de par sa simplicité et son élégance. C'était aussi, bien-sûr, cette série estropiée par TF1 qui un beau soir, nous a brutalement balancé, à la fin d'un épisode, sans prévenir : "la semaine prochaine, découvrez Dawson, la série qui a réveillé l'Amérique" (pour l'Amérique, je sais pas trop, mais sur moi cette série a plutôt eu l'effet inverse ; 'comprendrai jamais)... et sur TF1, plus jamais on n'a revu notre petite frisée. Vous voyez, il m'en restait un petit quelque chose. Mais pas l'essentiel.

Car oui, Felicity, c'est bien-sûr aussi des intrigues amoureuses : Ben ou Noel ?
Eh oui mais Ben n'est pas vraiment open. Et Noel est bien gentil, mais il est pris.

Mais fort heureusement et surtout, c'est l'histoire d'une jeune fille qui devient une jeune femme, parce que sans le savoir elle a fait le choix d'avancer dans la vie, en partant ainsi à l'autre bout du pays pour suivre un garçon auquel elle n'a parlé qu'une fois pendant tout le lycée. La décision la plus dingue qu'elle ait pris de toute sa vie (la seule, d'ailleurs, selon elle) est certainement la meilleure qu'elle pouvait prendre. Sauf que, oui, la route est dure, la route est longue, mais vu là où elle mène, c'est sans conteste le meilleur choix.

Là où nombre de saisons ou séries finissent sur une cérémonie de remise de diplômes, Felicity, au contraire, s'ouvre sur cet évènement. Là où dans chaque série passée par ce moment de la vie des ados (c'est dire si elles sont nombreuses) nous promet que ce n'est le début alors qu'on sait pertinemment qu'on sera séparés des personnages pendant minimum trois mois (ou carrément définitivement), Felicity tient cette promesse : les choses ne font réellement que commencer. Non seulement la série commence, mais l'éveil de Felicity est là, au bout de cette cérémonie qui la laisse de marbre, il est dans quelques mots que Ben, l'obsession amoureuse de sa vie d'adolescente, va écrire dans son livre-souvenir,  et il la conduira jusqu'à New York pour qu'elle se révèle à elle-même.

Oscillant entre teenageries (rappelez-vous, c'était ça qui alimentait le budget des chaînes à l'époque !) et moments de grâce, Felicity est un peu comme nous tous lorsque nous avons commencé à grandir : une quête un peu malgré nous, un peu à cause de nous, un peu parce que nous y aspirions.

Notre Felicity a fait quelques milliers de kilomètres mais elle est déjà très loin de celle qu'elle était quelques mois plus tôt : la fin du pilote montre le dîner avec ses parents, sûrs que ce n'était qu'une phase et que leur fille va comprendre qu'ils avaient raison. Leur condescendance (tu as fait une bêtise, nous allons tout régler et ça rentrera dans l'ordre) n'est pas armée de mauvaises intentions, mais elle met la jeune fille face à elle-même : c'est risqué de prendre une telle décision, elle a sans doute été prise sur le vif et sans trop réfléchir, mais c'est la bonne, et surtout, c'est la sienne et tout ce qu'elle fera à présent sera bien à elle.

Notre héroïne au beau regard limpide est encore réservée, mais quelque chose dans son regard s'allume au moment où elle comprend que sa vie ne peut lui appartenir que si elle fait ce choix un peu étrange, un peu risqué, et un peu inquiétant, de changer du tout au tout et de se faire à sa nouvelle vie d'étudiante à New York.

On a beau ne plus être ado, et ne plus en passer par là, on ne peut tout de même qu'être touché par les possibilités d'un tel parcours. Et touché par la douceur, la gentillesse, la pureté de Felicity. Et on ne peut qu'avoir envie de suivre un peu de son chemin.

C'est quand même vachement ironique que je tombe sur le pilote de Felicity et en apprécie ces qualités précises, après avoir vu le si négligeable October Road pas plus tard qu'hier. Ou bien il y a un Dieu des séries télé qui veille sur nous, quelque part ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Felicity de SeriesLive.

12 mars 2007

Easy to love... hard to kill

Comment faire de moi une véritable fangirl prête à se faire tatouer le nom de son idole à même la peau ? Faites-moi voir un épisode (oh, n'importe lequel, pas de problème) de The War Next Door. Avec l'irrésistible Damian Young... alias Alian Kriegman. Maintenant, encore plus fort : hier, j'en ai regardé deux (on compte ensemble ? Un, deux).

Depuis que j'ai découvert la série sur Jimmy  il y a quelques années (ah, les merveilleux Black Sundays, je leur dois aussi Rude Awakening, et puis c'est aussi pour moi l'époque d'Action! et Manhattan, AZ... Ah, Jimmy, mon tendre amour...), j'en suis folle. Je me rappelle qu'à l'époque je faisais enregistrer la série par ma mère (qui a loupé plusieurs épisodes mais bon, quand on peut pas faire les choses soi-même...) et lorsque je revenais le week end suivant, je m'enfilais les deux épisodes avec délice (me faisant engueuler pour le niveau sonore de mes rires, d'ailleurs).
Mais cette série est une vraie tuerie. Et je pense chacun de mes mots.

De toutes façons, moi, vous savez, dés qu'on a un peu d'humour caustique, je suis preneuse ! Un peu de politiquement incorrect, de bons gags (oui-oui, visuels, ça marche aussi), des personnages hauts en couleurs, des acteurs charismatiques (Damiaaaaaaan) et vogue la galère ! Et avec The War Next Door, j'ai tout ça et même en prime, de la baston à mourir de rire. Tenez, rien qu'un exemple : hier soir, voir Alan attaquer Kennedy avec une plante en pot m'a achevée. Ouais, c'est bien gras, mais c'est bon.

Ce que cette série a en plus, c'est effectivement cette relation Alan/Kennedy. Pour rappel et pour les néophytes (mon Dieu, dites-moi que quand même quelques uns d'entre vous connaissent, au moins de nom ? que je ne désespère pas encore tout-à-fait du genre humain ?) on a quand même un beau héros, Kennedy Smith, agent de la CIA, qui se reconvertit en desperate husband avant la lettre pour s'occuper un peu plus de sa famille, et notamment de sa ravissante femme qui voudrait bien un peu le voir, de temps en temps, si c'est pas trop demander. Hélas dés le pilote, Alan Kriegman, génie du mal (en fait, super génie du mal, il a eu son examen), ne peut supporter l'idée que leurs luttes sont finies. C'est ce qu'il appelle leur "éternelle danse de la mort". Et il est bien résolu à la poursuivre, même si pour cela, il doit mettre un temps de côté sa carrière de super génie du mal, et habiter dans une cossue banlieue de province ! Il s'installe donc dans la maison voisine de celle de Kennedy, avec comme idée derrière la tête (et croyez-moi, il ne l'a pas ailleurs !) de tuer Kennedy Smith. Mais à la fin de chaque épisode, et en dépit des ruses et efforts déployés, c'est toujours Kriegman qui meurt... et qui revient mystérieusement à la vie à l'épisode suivant (le pilote nous le montre, les autres épisodes font l'impasse dessus, du coup si on prend en cours de route on a du mal à comprendre pourquoi cet espèce de toon vivant est encore là).

Tiens, le voilà le bon mot : toon. C'est exactement ça. Lorsqu'ils se battent, Alan et Kennedy utilisent une batterie d'armes assez impressionnante (ce qui inclut les rayons lasers et les petites cuillers... si-si), se prennent des coups pas possibles, et même meurent, mais jamais, au grand jamais, cela ne les empêche de continuer leur éternelle danse de la mort. Je me demande, si la série avait survécu plus d'une saison, si ce sujet aurait été développé ou si on avait simplement gardé ce fait pour acquis ? Cela reste quand même un des ressorts de la série qui lui permet de ne jamais être redondante, tout en nous proposant de multiples rixtes entre Kennedy et Alan, toujours très inventives.

Si le nom d'Alan Kriegman a tendance à revenir régulièrement dans ce post, vous l'aurez compris, c'est parce qu'il porte le show sur ses épaules. En tant que personnage parfait (même si souvent il se trouve en porte-à-faux vis-à-vis de sa femme et lui ment sur l'identité de Kriegman), Kennedy est en effet quelqu'un de très propre sur lui, beau, jeune, fringant, séduisant même... que ce type soit agent secret est un peu un bonus, mais il avait tout pour être élu père de l'année à l'école primaire du coin de toutes façons. Mais Alan, lui, c'est le personnage qui fait tout ! Son esprit malfaisant, son humour incroyablement noir et mesquin, mais aussi son petit coeur (car on apprend vite que danse de la mort ou pas, il ne peut pas vivre sans Kennedy), et le charisme incroyable de Damian Young (relooké à la perfection) font de lui le personnage central de notre affaire. Le reste du monde tourne autour de Kriegman pour lui permettre d'être méchant et drôle... et il adore ça.

Le genre de personnage qu'on ne peut qu'aduler !

Bon bah, comme j'ai regardé hier un épisode qui est à suivre, je vais être obligée de regarder un troisième épisode aujourd'hui, hein, vous êtes d'accord... j'ai pas tellement le choix.

Quelqu'un sait pourquoi aucun éditeur video n'a jamais eu l'idée de sortir une collection avec toutes ces séries super-courtes en DVD ? Ca ne doit pas coûter cher et on n'est même pas obligés de les tirer à de larges exemplaires, il suffirait de faire un peu de pub dans les magazines spécialisés ou pendant une soirée série en prime, ça suffirait. Oh, je suis sûre que, au pire, les éditions Atlas pourraient faire quelque chose pour nous : "cette semaine, retrouvez le pilote de The War Next Door, ainsi que celui de Century City, pour 6,99 euros seulement chez votre marchand de journeaux. Et en cadeau, un coussin avec votre couleur-refuge (existe en vert ou rouge) !". Je ne plaisante pas, ce serait une super idée. Songez que même aux USA, apparemment, cette série n'est pas sortie à la vente ?!
Ya des trésors qu'on laisse perdre, comme ça, et moi, ça me donne des envies de meurtre. Kill Kill Kill !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The War Next Door de SeriesLive.

J'offre une petite cuiller à qui arrivera à me dégoter le générique video de la série en plutôt bonne qualité.

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ladytelephagy
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