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ladytelephagy
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20 septembre 2008

The fear of being alone

Nous y voilà.
Nous avons passé ensemble des semaines de complicité, de rires et de tendresse. On se connaissait bien. Ça marchait du tonnerre ! Mais nous sommes arrivés au bout de la route.

Je me rappelle notre rencontre, il y a 20 mois de ça. Au premier regard je n'ai pas été conquise, soyons honnêtes. J'ai préféré qu'on s'apprivoise mutuellement tout doucement. Et progressivement je n'ai plus su me passer de toi.
Mais si je veux être tout-à-fait sincère, même si j'ai tout fait pour prolonger la sensation que ça durerait toujours, je savais très bien que notre histoire aurait une fin.

Combien de fois ai-je parlé de toi dans mon entourage ! Je crois que j'ai seriné pas mal de monde avec notre histoire. Mais c'est toujours comme ça, en fait, quand on vit une belle histoire, on a envie de la partager avec le monde entier. Quitte à le faire copieusement chier.

C'était beau, le temps que ça a duré, toi et moi.

Je me rappelle de ces nuits passées ensemble, parfois au détriment de ma santé ou de la décence, je me rappelle des quelques fois où j'ai préféré finir ce qu'on faisait plutôt que d'être à l'heure à mes rendez-vous ! C'était vraiment l'amour fou, toi et moi.

Et en fait, je n'avais plus ressenti ça depuis des années. Cette fièvre dévorante, cette obsession constante ! La dernière comédie à m'avoir inspiré cela était celle de Fran !

Aujourd'hui je regarde en arrière, je vois tous les bons moments que nous avons passés ensemble... et force est de constater que ce temps-là est révolu. Tu n'as plus rien à m'offrir. Dans le cas contraire, d'ailleurs, je t'aurais peut-être suivi encore quelques mois, mais pas beaucoup plus, ça se trouve. C'est mieux que ça s'arrête ainsi, en fait. Que ça s'arrête tant que c'est encore beau.

Je chérirai ces mois passés à t'attendre, à te regarder avancer progressivement, te voir arriver chez moi, petit à petit, pour enfin te découvrir, par délicieuses tranches de 20 minutes !

Un grand sentiment de vide m'envahit. Serai-je jamais capable de te remplacer ? Trouverai-je quelqu'un qui me fasse rire à nouveau ? Soudain j'ai un doute. Et puis, entamer une nouvelle relation, je ne sais pas, c'est compliqué, comment faire confiance à nouveau, s'engager sur plusieurs saisons, tout ça, non je ne suis pas à l'aise.

Merci pour ces six saisons, Reba. Et à très bientôt.

Reba_Bloopers
Knock knock ! Who's there ? Bloopers, that's who's there !

PS : juste avant que nous ne nous séparions, et parce que je veux être totalement honnête, il faut que je te dise que depuis quelques jours, je te trompe avec Roseanne, The Big Bang Theory, et Miss/Guided. Mais c'est juste parce que je me cherche une nouvelle comédie, ils ne représentent strictement rien pour moi, je le jure !!!

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13 septembre 2008

Que la raison ignore

Quant à moi j'avais ignoré bien trop longtemps Le Cœur a ses Raisons, dont on me disait pourtant grand bien. Voilà qui m'apprendra à ne pas croire les racontars.

C'est vrai que la première fois que j'ai vu des extraits de cette série, je me suis dit "ça a l'air bien gras, encore, ce truc" ; à première vue, il semblait y avoir une sorte de parenté avec les séries absurdes britanniques, et c'est pas qu'elles soient mauvaises, hein, mais je n'ai pas grande affinité avec l'humour anglais. Pour être honnête, ce que j'en voyais, ce qu'on m'en disait, tout ça ne me donnait pas très envie.
Et puis, bon... disons aussi que les parodies, à plus forte raison si elles portent sur des soaps, je conçois mal de les suivre sur le long terme. Regarder un film, un téléfilm ou une émission, limitée dans le temps, oui... mais regarder un faux-soap, ça demande quand même, au final, la même patience que pour en regarder un vrai.

Les mois ont passé, et SeriesLive s'est récemment retrouvé truffé de pubs pour le DVD sorti ce mercredi ; en regardant la bande-annonce, je me suis dit "allez, quel mal ça peut bien te faire d'être curieuse ? Tu es d'une nature téléphagiquement aventureuse, oui ou non ?!". Et n'écoutant que mon courage, j'ai pris sur moi d'entreprendre le pilote, en ce beau weekend de septembre.
D'ailleurs faudra qu'on reparle du problème de la TNT, parce que je ne m'explique pas comment je suis passée au travers de la diffusion sur NRJ12. Vous me ferez penser à vous en faire un post, à l'occasion...

Pourtant, même avec cette bonne résolution à l'esprit, je gardais des a priori sur cette série. Je me disais qu'elle se limiterait à être une parodie de soaps, et ça n'a pas complètement été vrai. C'est une série comique, avec une grosse part de parodie, certes, mais pas uniquement ; elle possède ses propres gags, et surtout, un acteur très sympathique en la personne de Marc Labrèche, qui est toujours hilarant mais détient aussi une certaine retenue qui lui permet d'être un peu pince sans rire. Et ça c'est complètement mon genre.

Vais-je me fendre de l'achat du DVD ? Je ne suis pas encore sûre, je dois dire. Si j'ai été rassurée sur l'aspect trop lourdingue de son humour, en revanche la série ne m'a pas convaincue sur sa longévité. Je ne me vois pas regarder ça pendant plusieurs heures. Mais j'hésite quand même un peu ce qui est relativement bon signe.

Enfin bon, globalement, je n'essayerai pas de décourager quiconque de se lancer là-dedans, c'est juste que... si vous en avez l'occasion, allez-y prudemment, genre le pilote et ensuite vous aviserez, parce que ce n'est pas le genre de série qui plaira à tout le monde.
Mais ce serait marrant de montrer ça à ma frangine tout-à-l'heure, tiens !

Eh, vous avez vu ? Maintenant je regarde même des séries canadiennes sans broncher ! Je me ramollis sacrément, on dirait... où est passé mon bon vieux sectarisme d'antan ? Je vieillis, et c'est pas beau à voir.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (ne faites pas comme moi, ne restez pas dans l'ignorance) : la fiche Le Coeur a ses Raisons de SeriesLive.

27 août 2008

Lady Madonna

Il y a quelques années (j'étais alors une téléphage bien moins raisonnable qu'aujourd'hui), je passais une à deux heures, chaque semaine, à éplucher mon cher Télé Z, et à surligner les programmes que j'allais regarder (chose que j'ai déjà évoquée, je pense). C'est en tous cas ce qui m'a permis, à l'époque, d'éviter l'odieuse frustration de louper les pilotes des nouvelles séries, frustration ô combien démultipliée par ma condition de pilotovore. Ainsi ai-je pu découvrir Une Maman Formidable dés le début, lors de sa diffusion sur France 3 en semaine vers 11h. Et s'il manque les 20 premières secondes du pilote sur ma VHS, c'est uniquement parce que mon magnétoscope de l'époque souffrait de surmenage.

Je suis tombée sous le charme de cette série dans l'instant, dés que Grace a comparé son ex-mari Jimmy à un singe, à un bébé, à Hitler puis au Diable, tout cela simplement en montrant une photo de mariage sur laquelle elle changeait la tête de Jimmy. C'était ça, la scène d'ouverture d'Une Maman Formidable, et c'est comme ça que j'ai compris comment les traducteurs en étaient arrivés à l'idée de ce titre pour la VF (pour "vraiment formidable", évidemment !).

En matière de sitcoms, comme vous le savez peut-être, j'ai tendance à être bon public sur le moment, mais à oublier très vite ce que j'ai vu ensuite. Pour qu'un sitcom me marque durablement, il faut vraiment que quelque chose se très spécial s'en dégage. C'était le cas ici.

Grace Kelly (oui, comme Grace Kelly, mais sans les Oscars et dans un palais beaucoup plus petit) n'est pas juste drôle : elle est grinçante. Son humour noir, qu'elle assène en pince-sans-rire, fait mal en même temps qu'il fait rire. C'est vrai qu'en tant qu'ex-alcoolique, ex-femme battue, mère divorcée de trois enfants et désormais ouvrière dans une raffinerie, elle n'a pas eu que des raisons de rigoler dans la vie ; et les cadeaux qu'elle n'a pas reçus, elle ne nous les fera pas non plus. Aucun sujet n'est trop sérieux pour Grace, il n'y a aucun tabou : toute vérité est bonne à dire, pourvu d'y mettre les formes et de le dire avec le mot pour rire.

Heureusement, pour que le spectateur ne soit pas pris d'une violente pulsion de suicide, un personnage rétablit l'équilibre : il s'agit de Nadine, la meilleure amie et voisine. D'une candeur à toute épreuve, toujours indéfectiblement positive, mais jamais complètement à côté de la plaque, Nadine en est à son 4e mariage, mais idéaliste comme une adolescente. Et surtout, elle est d'un soutien sans faille pour Grace, elle et son mari Wade aidant souvent à garder les enfants lorsque nécessaire. Nadine et Grace fonctionnent comme un couple bien huilé, l'une compensant les travers de l'autre. Le binôme fonctionne à la perfection et donne lieu à des dialogues savoureux. Evidemment, Grace a le plus beau rôle, la série porte quand même son nom, après tout (du moins dans la VO : Grace Under Fire), mais l'une sans l'autre, elles n'offrent que des scènes sympas, quand leurs scènes ensemble sont réellement drôles, fines, et souvent touchantes de vérité à la fois.

Contrairement à beaucoup de sitcoms en milieu familial, il ne s'agit pas ici de mariner dans les bons sentiments. Si Grace doit effectivement élever ses trois enfants seuls (Quentin, Libby, et le bébé Patrick), la série ne s'attache pas particulièrement à montrer combien Grace est une bonne mère. La série joue au contraire à fond la carte de la famille dysfonctionnelle, et évite le piège de la pédagogie gentillette ("tu dois faire ci parce que"/"tu ne dois pas faire ça parce que") arrosée de quelques gags, comme on en trouve tant (je pense au très pénible Ma Famille d'abord, ou au simpliste La Guerre à la Maison, par exemple), non il s'agit ici plutôt de montrer comment Grace affronte la situation avec son regard tout particulier. Quitte à parfois ne pas donner une éducation conventionnelle aux enfants... Ainsi n'hésitera-t-elle pas à dire ouvertement à ses enfants quand ils lui tapent sur les nerfs, ou bien emploie-t-elle des méthodes  toutes personnelles pour les discipliner et éviter qu'ils ne fassent les mêmes erreurs qui l'ont conduite à mal tourner à un moment de sa vie.
Il y a par exemple un épisode où Libby (d'habitude un adorable petit angelot toujours sage) se pique de voler une gourmandise dans la pharmacie de Russell, et où Grace lui fait la leçon sans passer par les poncifs moralisateurs du genre.

- Elisabeth, j'ai trouvé ça dans la poche de ta chemise, aujourd'hui.
- Je te jure que j'ai rien fait de mal.
- Oh. [Grace hausse les épaules puis sort de la chambre, pour revenir avec un calepin] Libby, tu me déçois beaucoup tu sais.
- Oh Maman, je suis toujours gentille ! Quentin, il...
- Ah, je t'interdis de mêler ton frère à cette histoire ! Ecoute, il y a longtemps, quand vous étiez tous petits, j'ai écrit un tas de beaux discours sur les bêtises que les enfants font des fois, comme ça, quand vous les feriez, je n'aurais qu'à lire dans le calepin et être la plus cool des mamans, d'accord ?
- D'accord !
- Allez, c'est parti... "Si jamais tu oses !!!" ah non ça c'est pour le meurtrer, attends... Voyons-voir : V-Viol-Violence... ça y est on va y arriver, voilà : VOL A L'ETALAGE. Ahem. "Je ne vais pas crier ni hurler, comme ma mère l'a fait pour moi. Je comprends pourquoi tu as volé, tu testais tes limites, chérie, tu t'es dit que ce serait excitant de voir si tu réussissais sans te faire piquer. Mais de voler c'est vilain ! C'est vilain, parce que..." Oh, Libby... c'est archinul ! En vérité je suis très fière que tu aies volé !
- C'est vrai ?!
- Oui, tu sais, chaque fois que je vais dans sa pharmacie, je dépense 15 ou même 20$, et ce que tu as piqué aujourd'hui ça coûte 50c, j'ai économisé un peu d'argent grâce à toi, merci !
- Bah... de rien, maman !
- Tu sais ce que tu as fait de mal ?
- Je pensais le savoir...
- Je vais te le dire : tu as visé trop petit ! Alors la prochaine fois, je te donnerai une liste, et j'irai discuter avec Russell pour le distraire pendant que toi, tu rempliras tes poches avec tout ce que tu voudras ! Et comme ça, maman sera très heureuse et fera des économies !
- Mais si je me fais coincer ?
- Ah, on lui dira que c'était une blague, c'est tout ! Bien-sûr ça ne marchera pas longtemps, parce qu'on volera dans toute la ville...
- Ah bon ?
- Oui ! On commencera doucement... genre vêtements, nourriture, et puis on passera à la vitesse supérieure : les stéréos, les voitures, on deviendra très célèbres, on vivra à 100 à l'heure, on passera à l'émission des grands criminels !!! Qui est-ce qui pourrait jouer ton rôle ?
- Je veux pas aller à l'émission des criminels et qu'on joue mon rôle !
- C'est vrai ? Qu'est-ce que j'aurais aimé que Julia Roberts joue mon rôle...
- Non, maman ! Je veux plus voler quoi que ce soit, ne me force plus à voler, je t'en supplie maman !
- Oh zut, et moi qui comptais sur toutes ces provisions à l'oeil...
- Mais c'est maaaaal !
- Aaaaah voui ? ...Oh mais il faut que je te punisse alors, privée de télé pendant un mois !
- Eh !!! Tu m'as roulée, maman !
[Grace recommence à lire son calepin]
- "Tu me remercieras plus tard."

En fait, Grace croit avant tout à l'apprentissage par l'expérience. Elle-même multiplie les expériences au long de la série, cherchant à la fois à progresser dans sa vie professionnelle, mais aussi à s'épanouir intellectuellement, ou encore à rencontrer des hommes avec qui elle pourrait envisager de refaire sa vie.

Sur ce point, il est d'ailleurs sympathique de noter que Grace, en bonne fille du Sud ("Nadine, chez moi en Alabama, il n'y a pas beaucoup de filles de 16 ans qu'on n'a... qu'on n'a pas embrassées", glisse-t-elle dés le pilote d'un air entendu et à mots couverts devant Patrick), n'a pas froid aux yeux, et va de rencontre en rencontre sans s'effaroucher, parfois les choses durent, parfois non, et elle ne s'en formalise pas outre mesure. Ce qui lui vaudra plus tard dans la série, lorsqu'elle s'installera à demeure, des réactions courroucées de la part de sa belle-mère, Jean :

Jean - Le sexe sans le mariage va à l'encontre de Dieu, et des hommes !!!
Grace - ...Ou de ceux qui en sont privés.

Ce personnage très libre, à l'humour très fin et, en dépit de son extraction très modeste, très cultivé, est un véritable bonheur. D'autant qu'elle ne se prend pas un instant au sérieux et n'hésite pas à porter sur son histoire ou sa condition un regard plein d'autodérision...

Et c'est justement ça qui m'inspire dans Une Maman Formidable : que la route soit longue et cahotante, parfois même douloureuse (comme Grace qui a eu un premier enfant quand elle était adolescente, qu'elle a fait adopter, et qui le voit réapparaitre dans sa vie), mais qu'on l'aborde en remontant à la fois les manches et les commissures des lèvres.

Comble du bonheur, j'ai appris récemment que la première saison sortirait en DVD zone 1 à l'automne ! Je vais ptet finir par le trouver, ce générique !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Une Maman Formidable de SeriesLive.

26 août 2008

I'm a survivor

Si Reba était de la morphine, en ce moment je planerais complètement. Pendant mes rangements récents, je suis en effet retombée sur la saison 3... et, vous comprenez, comme je ne me rappelais plus trop à quel épisode je m'étais arrêtée, j'ai préféré, par sécurité, me l'enfiler intégralement. Une fois cette précaution prise et ma mémoire rafraîchie, j'ai évidemment embrayé sur la saison 4. Et c'est là que je suis devenue un peu monomaniaque, je dois dire.

J'ai commencé par ressortir le best of de Reba McEntire « I'm a survivor » que j'avais cagoulé lorsque j'avais découvert la série, et dans la foulée je me suis mise à jour sur la discographie de Reba, avec notamment Every Other Weekend qui tourne en boucle depuis hier, puisqu'il s'avère qu'en plus je suis à l'occasion une amatrice de country. Mais bon, c'est pas pour ça que vous êtes là, pas vrai ?

Bref, depuis environ une semaine, Reba me satisfait télévisuellement, musicalement... si en plus elle pouvait me préparer des milk shakes à la fraise dans ma cuisine, je l'épouserais (parce qu'en plus elle est rousse, ce qui n'arrange rien à mon obsession).

Je cagoule donc la saison 4 (même pas honte) par couple de deux épisodes, et comme je suis en pleine fringale, j'ai même ressorti mes épisodes de la saison 2 pour m'occuper en attendant (disons qu'au départ je cherchais la saison 1 pour tout reprendre depuis le début, mais j'ai pas réussi à remettre la main dessus ; ne vous inquiétez pas, je n'abandonne pas).
C'est marrant que, pas loin d'un an et demi après avoir découvert la série (j'avais arrêté pour de bêtes raisons de place), je me retrouve à présent dans une telle frénésie. Comme au premier jour, en fait... mais avec plein de place cette fois !!!  Merci moua pour ce rangement !

Ce qui me plaît dans cette charmante série (ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : elle ne révolutionnera pas la télévision ; c'est juste mon obsession du moment, pas une révélation), outre essayer d'imiter l'accent de Reba McEntire, par exemple quand elle prononce « Cheyenne » (oui ça me fait marrer, mais qu'est-ce que j'y peux si je m'amuse d'un rien ?), ce sont les personnages foufous comme Barbara Jean et Van, associés au côté finalement assez tendu, émotionnellement, de la série.

La saison 1 a établi les bases, comme il se doit : Reba, qui jusque là se pensait heureuse en ménage comme en famille, a appris que son mari Brock la plaquait pour son assistante Barbara Jean après l'avoir mise enceinte ; pendant ce temps, sa fille Cheyenne, folle amoureuse de son crétin de copain Van, lui a annoncé être enceinte. Ouch. Le réajustement n'a pas été facile, mais en saison 2, déjà, un certain équilibre s'était installé. Certes, l'animosité de Reba envers Barbara Jean n'était un secret pour personne, et source de répliques... assassines, mais la cohabitation (puisque le couple s'est installé à deux portes de la maison familiale) se passait relativement bien, et Cheyenne et Van commençaient à prendre un peu de plomb dans le crâne, devenant des parents responsables, ou à peu près. Le vrai évènement perturbateur de cette saison a surtout été la rébellion de Kyra, partie vivre avec Brock et BJ (encore une douloureuse scission pour Reba, mais elle a géré).

Mais avec la saison 3, qui a vu le couple Brock/Barbara Jean prendre l'eau, et la saison 4 où ces deux-là tentent la réconciliation maladroitement, pendant que Cheyenne et Van commencent à manquer d'air, je n'arrive cependant pas à me dire qu'il ne s'agit que d'une comédie. Les saisons passées ont su tisser une réelle tendresse avec tout ce petit monde, qui fait qu'on ne se contente pas de trouver ça drôle. Non, évidemment, ce n'est pas une série dramatique, et d'ailleurs sans les gags ça manquerait aussi de charme, mais... les relations fonctionnent parfaitement, elles sont écrites avec beaucoup de crédibilité. Elles se développent sur le long terme, lentement, s'étiolent ou se tissent, mais elles restent compréhensibles, elles n'ont presque pas l'air d'être des ressorts scénaristiques. Ce ne sont pas des prétextes pour caser des blagues, c'est un ensemble cohérent. Un peu comme la vraie vie, mais avec un dialoguiste.

Au point où j'en suis, l'épisode le plus intéressant de la saison 4 est celui où Barbara Jean pousse Reba à aller voir le thérapeute qui s'occupe de rabibocher BJ et Brock. Alors que Barbara Jean s'était montrée plus ou moins réticente aux incursions involontaires de Reba dans son couple, c'est déjà un départ intéressant... quant à Reba n'en parlons pas, elle n'a cessé d'essayer de se dégager de la relation la liant à Brock depuis qu'à la fin de la saison 3, il lui a confessé qu'il pensait que la quitter pour BJ avait peut-être été une erreur (comment ça, « peut-être ? »). Mais, en apprenant que BJ et Brock la tiennent pour responsable de l'échec de leur couple (un comble), et surtout qu'ils y sont encouragés par leur psy, Reba se rend chez celui-ci folle de rage et prête à mettre les points sur les « i ». C'est là que l'épisode glisse de la structure habituelle avec délice.

Depuis des semaines qu'elle encourageait son ex-mari à se réconcilier avec sa seconde épouse, soudain Reba exprime des choses qu'on n'avait pas du tout perçues, du moins certainement pas aussi franchement (quand elle s'était énervée après la révélation de Brock, on se doutait bien qu'elle avait été touchée, mais elle n'en avait rien laissé paraître). Tout dérape, Reba montre des signes de faiblesses, et l'épisode met le doigt sur l'ambigüité de la situation : ce n'est pas si simple de vivre à deux pas de chez son ex et sa nouvelle femme. On comprend mieux pourquoi elle ne semble pas faire d'effort pour faire de nouvelles rencontres : l'omniprésence de Brock l'en empêche.

En véritable furie, volcanique de colère, Reba montre en fait à quel point elle est terrifiée à la fois à l'idée d'avancer et de revenir en arrière. Jusque là, elle avait fait de grands progrès, se montrant moins psychorigide que pendant la première saison, plus ouverte, plus calme (ça se voyait même au niveau de son look, il suffit de regarder son vilain tailleur strict dans le pilote)... mais on la sent bel et bien torturée par la situation. Etant une psychorigide moi-même, je la comprends bien : depuis que Brock a commencé à subir sa crise de la quarantaine (la seconde, selon Reba, puisque la première c'était de la quitter... « tu n'as droit qu'à une seule ! »), la famille avec toutes ses pièces rapportées vit dans le flou ! A commencer par Kyra qui en fait les frais en première ligne. Et ça, l'instinct protecteur de Reba surdéveloppé a forcément encore plus de mal à l'admettre !

Et ce que j'aime avec ce personnage, c'est sa façon de couvrir son trouble par une tempête colérique. Au final, l'épisode permet simplement de poser les choses à plat, et de terminer de remettre Brock sur les rails, sans prêter à autre conséquence (j'imagine assez bien la réaction de Barbara Jean dans le cas contraire !). Mais on comprend bien que les liens entre ex-époux sont plus complexes qu'il n'y parait (et je ne dis pas ça que parce que je regarde le clip de Every Other Weekend en boucle, promis !). Reste que l'épisode a permis au personnage de Reba de gagner en profondeur, avec en prime une excellente scène (où cette chiffe molle de Patrick Duffy fait tâche, mon Dieu, il est encore plus énervant en VO avec sa voix de fausset) finement écrite, loin des poncifs de la comédie, bref comme je les aime.

Heureusement, dés l'épisode suivant, les loufoqueries de Barbara Jean, les moues improbables de Van, la blondeur de Cheyenne et le cynisme perfide de Kyra ont repris de plus belle. Ouf ! Ca reste quand même l'intérêt d'un sitcom... pourvu qu'il y ait encore de la place pour un peu de crise de temps à autres. Mais, vu le méchant spoiler que je me suis pris en me renseignant sur les DVD de la série (bah oui, ya pas que le cagoulage dans la vie), et ne serait-ce qu'au vu de la tournure que prennent les choses pour Van, je ne me fais pas de soucis.

Et aujourd'hui, comme mot de la fin, j'ai envie de vous donner DEUX liens et non pas un :
Pour ceux qui manquent cruellement de culture télévisuelle : la fiche Reba de SeriesLive.
Pour ceux qui manquent cruellement de culture musicale : le clip de Every Other Weekend de Reba McEntire (en duo avec Kenny Chesney), où jouent deux des acteurs de Reba (mais, je l'espère, sans rapport avec la série... pourvu que je ne me sois pas pris un gros spoiler avec cette video !!!)

24 août 2008

Jordan Cavanaugh n'a rien inventé

Mes errances téléphagiques n'étant plus à vous présenter, vous ne serez donc pas étonné d'apprendre qu'il y a quelques jours, j'ai regardé le pilote de Quincy, série datant de 1976. D'ordinaire, quand je vous parle d'une vieille série, c'est avec en tête la ferme intention à peine masquée de vous donner envie, au pire, de vous renseigner, au mieux, de regarder. Et lorsque je n'ai pas grand'chose de positif à dire, je fais comme avec Police Woman : je m'en sors par une pirouette et j'en parle sans en parler.
Je préfèrerai toujours vous inciter à la curiosité : en téléphagie, ce n'est pas un défaut.

Bon, maintenant, revenons à Quincy. Vous n'étiez pas devant votre télé en 1976 ? Moi non plus. Mais je vais vous dire : tant mieux pour nous. Parce que Quincy, franchement, c'est barbant.

D'ordinaire quand un personnage mène solitairement des enquêtes, à l'instar de Columbo par exemple, il a à son crédit au moins UN aspect de sa personnalité, minimum, qui le rende sympathique.
Bah pas Quincy.
Les séries des décennies du passé ont souvent un univers agréable. Pour moi, il y a à la fois une sorte de magie sans artifice, et un charme raffiné très terre-à-terre, dans le look de ces séries, surtout dans les années 70.
Bah pas Quincy.
Au pire, on trouve un moyen de se pencher avec tendresse sur une période qu'on a peu ou pas connue, la série permettant d'avoir un regard sur la société de l'époque.
Bah pas Quincy. En tous cas pas dans le pilote.

Alors, pourquoi regarder Quincy ? Je... je sais pas, je sais plus. J'avoue que, là, comme ça, si c'était à refaire, j'hésiterais beaucoup plus. L'intrigue est linéaire au possible, le personne principal est antipathique, les autres personnages sont à peine plus avenants... je ne sais pas quoi vous dire.
Alors là, pour le coup, la curiosité n'est pas un vilain défaut, mais on est quand même puni. L'exception qui confirme la règle, dirons-nous.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Quincy de SeriesLive.

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19 août 2008

Six degrès et deux ans de séparation

Pour diverses raisons toutes imbriquées les unes dans les autres et donc d'une complexité effarante (que je vous épargne dans ma grande bonté), cela fait plus de deux ans que je n'ai rien pu graver. Ce qui, du strict point de vue du stockage, et considérant à la fois que je suis une téléphage pilotovore, et une Jfan exhaustiviste, a posé des mois durant des problèmes de type casse-tête assez irritants. En contrepartie, je suis devenue une reine dans ce que j'appelle personnellement le Tétris des Octets !
Mais aujourd'hui je suis fière d'annoncer que j'ai des CD vierges ET un graveur fonctionnel ! Plus rien ne peut m'arrêter à présent !!! Enfin, sauf les contraintes de temps.

Donc, depuis quelques jours, je fais du tri dans mon chez moi informatique.
Il y a deux jours, par voie de conséquence, je suis retombée, sur un disque dur gavé jusqu'à la gorge et donc laissé un peu de côté ces derniers temps, sur des dossiers datant d'une à deux saisons, parfois plus. Et ajoutez à cela quelques vieilleries que j'avais collectées et dont l'âge se compterait plutôt en décennies.

Inutile de préciser que depuis que j'ai commence à faire ces excavations d'octets, j'ai un peu perdu la notion du temps. Je trouve des séries que j'ai regardées dans un passé flou et lointain, d'en dégote même que j'avais cagoulées et reportées à plus tard (donc que fatalement je n'ai jamais regardées...), tout ça au point que je commence à ne plus trop savoir quelle série a commencé quand, quelle série est encore en vie, ce genre de choses. Ça me rappelle lorsque j'ai eu la mauvaise idée de lire Angélique Marquise des Anges en même temps que La cicatrice au collège, et que j'ai commencé à penser que Le Roi Soleil était mort pendant la Seconde Guerre Mondiale... ouais, j'ai jamais été très douée en Histoire... ENFIN BREF ! C'est pas l'sujet.

Du coup, la conséquence de tout ça, c'est que j'ai commencé à découvrir ou redécouvrir des séries qui moisissaient dans un coin de disque dur en attendant d'être archivées sur de jolis CD, et comme je suis pas du genre contrariante, bah je les ai regardées.
Mentionnons à titre d'exemple les pilotes de Greg the Bunny (que j'ai déjà brièvement évoquée) toujours aussi drôle, Titus (dont j'ai mentionné un épisode, aussi), Les Rues de San Francisco, la saison 3 de Reba (je vous ai parlé de la première il y a des lunes de ça), et, là où je voulais en venir (ces intros sont de plus en plus longues, ça peut pas continuer comme ça), le pilote de Six Degrees.
Et le second épisode de Six Degrees.
Et le troisième épisode de Six Degrees !
...Et dans ma lancée, je suis allée jusqu'au sixième, mais seulement parce qu'à l'époque je n'avais pas cagoulé plus loin. Vous vous doutez bien à présent que je suis prise d'une furieuse envie d'essayer de remédier à ça !

Le plus incroyable c'est qu'au moment où Six Degrees débarquait, je n'avais regardé que le pilote, qui m'avait juste amusée ; je me rappelle vaguement l'avoir trouvé mignon, mais sans plus. Vu l'effet que m'avait fait le pilote, c'est même très surprenant que j'aie cagoulé le reste.
Mais ils étaient là, juste là, pendant deux ans, à portée de main, et je ne les ai découverts que maintenant, et en fait j'adore. Le côté chassé-croisé, imbrications diverses et variées, et évidemment un certain nombre de personnages sympathiques (avec en tête Laura et Steven) sont en fait des aspects très engageants. Je ne dis pas que dans 10 ans, je parlerai de Six Degrees avec des trémolos dans la voix comme je le fais de certaines autres séries aujourd'hui, mais la série, finalement, a su me charmer.

Peut-être aussi que c'est une question de bon moment.
Il y a deux ans, je n'étais pas spécialement d'humeur à regarder des séries de ce genre. J'ai en fait cagoulé la suite en me disant simplement que, quand les choses auraient changé pour moi, quand l'humeur reviendrait de regarder des séries moins tragiques, je serais contente d'avoir ces épisodes sous la main. Et ma prévenance me touche parce que c'est précisément ce qui s'est produit ! En ce moment, les choses un peu moins tragiques, un peu plus gentillettes (mais pas niaises, attention), me dérangent moins. J'y suis plus réceptive.

Six Degrees parle de quoi, en fait ? D'opportunités. Et c'est ça qui me séduit aujourd'hui. Peut-être parce que je sais y croire à présent.

En somme, Six Degrees vient de me faire réaliser qu'on regarde une série non seulement pour ce qu'elle est, mais pour ce qu'on est au moment où on la regarde.

Et c'est intéressant de se demander, avec le temps, deux ans, ou trois, ou dix, ou plus, quelles séries m'apparaîtraient sous un jour nouveau. Lesquelles trouveraient une résonance en moi qu'il n'y avait pas la première fois que je les ai vues.

Dans mon chez moi informatique, le pilote de Six Degrees date du 29 septembre 2006. Oui, ça fait deux ans, quasiment. Et mon regard a changé en deux ans, parce que ma vie a changé. C'est toujours fascinant quand une passion, comme ici la téléphagie, vous fait réaliser des choses sur vous-même.

Oh et, comble de l'ironie cosmique, aujourd'hui, il s'avère justement que c'est l'anniversaire d'Erika Christensen, l'une des héroïnes de la série... Comme quoi c'est vrai que la vie est faite de petits hasards !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais comme je viens de le démontrer, il n'est jamais trop tard pour bien faire) : la fiche Six Degrees de SeriesLive.

18 août 2008

Silence... Moteur...

Parce qu'en ce moment ma vie est pleine de bouleversements (tenez, par exemple maintenant je regarde mes séries sur un écran LCD !), je me suis lancée dans des fouilles archéologiques, il y a quelques jours, et je suis retombée sur mon cahier vert.
Ah, je ne vous ai pas encore parlé de mon cahier vert, et pourtant cette brave bête me suit depuis 2001, et c'est mon petit trésor à moi.
Mon cahier vert, je l'ai commencé quelque part pendant le premier semestre 2001, et de déménagement en déménagement, il m'a accompagnée, m'a fait rire, m'a un peu émue aussi, et puis très souvent, il m'a donné envie de revoir de bons vieux épisodes que j'avais un peu laissés de côté, ce qui, vous êtes d'accord, est plutôt bête lorsqu'on a une copieuse téléphage-o-thèque comme la mienne qui ne demande qu'à être vue, revue, et rerevue. Et rererevue.
Je crois qu'il n'y a pas une personne de mon entourage, parmi les non-téléphages, qui n'ait pas eu droit à mon cahier vert lors d'une conversation. Quand je sors mon cahier vert, c'est que la contagion a déjà commencé, mais vous ne le savez pas encore ; ça fait longtemps d'ailleurs, que j'ai pas eu à contaminer quelqu'un... c'en est presque triste de m'entourer de toujours plus de téléphages.

Bref, mon cahier vert, c'est mon cahier à citations de séries télé.
Il y a des citations courtes. Celles-là, permettez que je les garde dans ma manche, si ça ne vous fait rien, je pense que nombre d'entre elles trouveront leur utilité... quelque part. Nan, j'ai pas envie d'en dire plus pour le moment !
Et puis il y a les citations longues... et il faut bien le dire, en ce qui me concerne, il en va dans les citations de séries télé comme du sexe : plus c'est long plus c'est bon (c'est vrai des éclairs au chocolat, également).

Bon, tous les téléphages en ont un, donc je ne vous fais pas un dessin.
...
Hein ?! Vous n'en avez pas ? Mes pauvres amis, je ne sais plus que faire de vous. Je veux bien essayer de vous éduquer mais on part de loin, quand même.
Bon, ça tombe bien, aujourd'hui j'ai décidé de vous inculquer les mauvaises manières à propos d'une série qui me tient à cœur depuis un peu moins de 10 ans maintenant. Pour tout dire, je n'aurais jamais osé rêver qu'elle pourrait sortir un jour en DVD, ni en France ni ailleurs, et pourtant c'est bel et bien le cas.

Donc comme vous m'êtes sympathiques, que j'ai passé deux bonnes heures à rigoler nostalgiquement dans mon coin (en attendant le mec des urgences vétérinaires... mais je sens que ça vous intéresse pas, hein) et que j'aime bien partager (si mes diverses activités sur le net ne l'avaient pas encore démontré), j'ai décidé de choisir UNE citation de cette série, et de vous l'offrir pour le plaisir des yeux.
Mais rien qu'une, parce que je sais pas si vous en avez mérité plus. Avec la participation déclinante à la Pitchenette, laquelle ne passera pas le cap de la rentrée comme c'est parti, je ne suis pas vraiment convaincue de votre enthousiasme... Hm ? Vous me suivez ?

La citation que j'ai choisie est idéale, parce qu'elle peut se prendre tout-à-fait hors contexte, mais qu'elle donne envie de s'intéresser à la série quand même. Enfin c'est mon opinion biaisée mais elle n'est pas moins valable qu'une autre, après tout.

Et puis ça me donne, ENFIN, l'occasion de parler d'une série que je cherche à aborder depuis plusieurs semaines (en l'espace d'environ deux mois, je me suis tapé l'unique saison deux fois...), et que, comme je n'arrivais pas à venir à bout du DVD (qui a un petit bug) pour vous offrir l'épisode en section La preuve par trois (et pourtant mes collègues de Teruki Paradise qui m'ont aidée sur l'aspect technique des choses m'en sont témoins, j'ai vraiment essayé), je vais quand même pouvoir partager ma séquence préférée de toute la série... j'ai nommée : Action!.

Nan parce que, Action!, comment vous dire ? C'est un peu la série que si tu lui dis de faire un truc, elle va forcément le prendre par le bout auquel tu ne pensais pas (un peu comme le génie dans l'épisode Je souhaite de X-Files).
Exemple : tu lui dis qu'il faut que ça se passe à Hollywood, alors du coup, la série se lance dans un portrait au vitriol de l'industrie du film. Tu lui dis qu'un des personnages principaux doit être une pute, alors du coup ça devient le personnage le plus intelligent de la série. Tu lui dis de rester légère, alors du coup ça frise la satire politique par moments...
Une seule constante rassurante : l'humour trash.
Parce que le bon goût, on laisse ça aux autres, vous comprenez ? Non monsieur, nous ne mangeons pas de ce pain-là !

Donc avec des persos ni aimables ni détestables, des intrigues à la mords-moi-le-nœud, des répliques au hachoir et une bonne louche de mauvais esprit par-dessus, je ne peux qu'être fan, forcément.
Oh, et ai-je mentionné Jay Mohr ? (qui depuis, et c'est l'un des drames de ma vie, s'est commis à se marier avec ça ; les sacs en papier sont sous vos sièges... et comme si Ghost Whisperer n'était pas une série suffisamment navrante où aller compromettre son don, il a fallu qu'il y ramène son épouse pour que le musée de horreurs soit à son comble... mais passons vite sur cette page sombre, une de plus, de l'histoire de la télévision)
Sans Jay Mohr, ce serait déjà drôle, mais avec Jay Mohr et son sourire de requin, la série vaut cent sous de plus. Je crois que peu d'acteurs parviennent à dégager la même dose équilibrée d'antipathique sympathie. Et cela en sachant parfaitement se montrer d'un cynisme ravageur, tout en ayant l'air tellement pitoyable qu'on n'a qu'une envie, c'est entretenir une relation d'amour-haine avec ce type. Si je devais le rencontrer un jour dans la rue, je ne sais pas encore si je commencerais par me pendre à son cou ou par le gifler. Espérons que si un jour ça arrive, je serai suffisamment habile pour faire les deux à la fois, et résoudre ainsi mon dilemme !

Ah, je pourrais aussi mentionner les seconds couteaux, les guests, et tout et tout, mais franchement non, je suis de ceux qui trouvent que ça fait partie des petits plaisirs de la vie que de reconnaître tel acteur (avec des cheveux !) ou telle actrice (avec trois répliques !).
Mais comme personne d'autre ne vous le dira, et que vu votre cas, vous ne le verrez pas vous-même, je vais quand même vous confier qu'on y retrouve Jack Plotnick, dans un rôle assez proche de celui qu'il tenait dans Rude Awakening... en pire, évidemment, puisque tout est pire dans Action!.

Le dialogue que je vais vous livrer, évidemment, ne s'apprécie pleinement que devant la série.
On sait tous ici que sans l'intonation, le jeu des acteurs, et bien-sûr les compétences techniques du staff de la série (cadrage, éclairage, montage, photographiage... plein de mots en -age, quoi), on n'a que la moitié de l'intérêt d'un dialogue... mais comme ce fichu DVD ne me permet pas de vous offrir l'épisode en vrai, hein, faudra faire avec ce que je peux vous donner.
Bon, dernier point de détail, en 2001, j'avais pris le dialogue directement à partir des sous-titres de la VO sous-titrée, mais j'ai pas le courage d'aller vous rechercher les dialogues en VO pour essayer de voir si je peux faire une traduction plus meilleure... pas pousser non plus.

[Intérieur jour. Le producteur Peter Dragon, ainsi que ses deux assistants Wendy et Stuart, sont convoqués par une commission du Sénat pour s'expliquer quant à la teneur des films des productions Dragon, devant un parterre de journalistes.]
Peter Dragon (finissant son témoignage) : Je dirai pour conclure, Monsieur le Sénateur, qu'en montrant la violence brute, Hollywood espère promouvoir la tolérance. On peut ne pas aimer mes films, mais leur droit d'exister fait la grandeur de cette nation.
Le Sénateur : Beau ramassis d'âneries, Monsieur Dragon. Vous osez, dans un costume à 3000$, affirmer devant ce comité que la violence n'y est pas excessive ?
Dragon : Mes films ne font que refléter la culture dominante... Je n'incite pas à la violence, je ne fais que décrire la réalité quotidienne de ce pays.
Le Sénateur : Oh, vraiment ? Dans votre film intitulé "Mère de sang", vous présentez l'histoire d'une jeune femme qui couche avec ses domestiques, avant de les assassiner et de les dévorer ! Est-ce le genre de choses que les Américains vivent à longueur de journée ?
Dragon : Chez mon ex-femme, oui... Héhé !
Le Sénateur : . . .
Dragon : Un peu d'humour ! Les journalistes se marr- ah non, pardon.
Le Sénateur : Vous ne devriez pas prendre ça à la légère ! Votre industrie toute entière est également accusée de discrimination raciale.
Dragon : Hollywood est très sensible à ce problème. Stuart ! [Stuart lui tend un document en tremblant] Relax ! ...Ecoutez-moi ces chiffres : en 1987, Monsieur le Sénateur, 95% des tueurs maniaques à l'écran étaient des hommes blancs, et déjà l'an dernier, 50% de ces mêmes tueurs étaient des Noirs, des femmes ou des Porto-Ricains. C'est un progrès dont je me réjouis !
Le Sénateur : Vous êtes papa d'une petite fille, non ?
Dragon : Ça n'a rien à voir.
Le Sénateur : Elle s'appelle Georgia. Elle a 10 ans, je crois...?
Dragon (entre ses dents) : Ne faites pas ça.
Le Sénateur : A-t-elle vu votre film intitulé "S.O.S. Paras" ?
Dragon : Il est interdit aux enfants !
Le Sénateur : Il contient 357 actes violents, 175 mots grossiers et 4 scènes d'amour entre lesbiennes. Est-elle fière de son papa ?
Wendy (à l'oreille de Dragon) : On ferait mieux de partir...
Le Sénateur : Comment pouvez-vous la regarder en face ?!
Dragon : Je m'arrange. Je ne subventionne pas la culture du tabac au détriment du Fonds contre la Faim. Je ne suis pas pro-armes. Toutes les miennes sont fausses, Sénateur ! Je ne défends pas le pétrole koweïtien tout en ignorant le génocide en Afrique dont se foutent les groupes pétroliers qui me financent. Les voilà vos productions ! A vous tous !
Le Sénateur : Vous frisez dangereusement l'outrage !
Dragon : Moi, je suis outragé par vous, vieilles putes hypocrites ! Moi, je contente le public !
Le Sénateur : Et que croyez-vous qu'il veuille, exactement ?!
Dragon : Je vais vous dire ce qu'il veut. Il veut des poursuites, des carambolages, des nichons et des latinos sexys. Des cow-boys virils et muets, des flics qui contournent la loi, des happy ends, des extraterrestres zigouillés, sauf s'ils sont mignons, des héros qui gagnent, des méchants pulvérisés dans une explosion, et surtout, Sénateur, ils veulent aller au cinéma pendant une heure et demie pour oublier le bordel que vous foutez.

Laissez-moi prendre un instant pour terminer de jouir, voulez-vous ? La première fois que j'ai vu cette scène, j'ai eu un orgasme téléphagique.
Les cinquante fois suivantes, aussi.

Donc maintenant, la seule chose que je peux ajouter, c'est : Action!, l'unique saison en DVD, 20€ bien dépensés, dans toutes les bonnes crèmeries.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Action! de SeriesLive.   

18 juillet 2008

Car j'étais sur la route toute la sainte journée...

Nous avons tous grandi en regardant certaines séries. Oui, même moi qui n'avais qu'un accès restreint (voire fliqué) à la télévision ! (je vous raconterai la genèse de ma téléphagie, un jour, si vous me le demandez gentillement). Et comme la plupart des enfants des années 80, j'ai connu Ma Sorcière Bien-Aimée, La petite maison dans la prairie, Madame est Servie, The Cosby Show, ou un peu plus tard Notre Belle Famille et Dr Quinn. Bref toutes ces séries que M6 diffusait. Et diffusait. Et diffusait encore ! A bon nombre d'entre elles, j'associe le souvenir de l'assiette refroidissant sur mes genoux, le canapé du salon et ma mère faisant les aller-retour depuis la cuisine, surveillant d'un oeil la porte du garage (je vous raconterai ça aussi). L'autre jour j'ai revu le pilote de Notre Belle Famille (et bizarrement, en VO, j'ai trouvé ça drôle ! Un peu.) et immédiatement j'ai eu envie de coquillettes au beurre ; c'est pavlovien, je suppose, après tant de tendres années passées à manger à la va-vite devant ces séries familiales. Surtout que je déteste les coquillettes au beurre (et euh, non, ya pas besoin que je vous raconte ça un jour).

Alors, quand j'ai lancé le pilote des Routes du Paradis, que de surcroît je savais être en deux parties, je ne me suis pas crue moi-même ! Comment imaginer que j'en redemande ? J'avais des années durant été gavée comme une oie d'épisodes de cette série, et attention, ce n'était même pas au point de la considérer comme l'un de ces classiques précieux qu'on revoit avec tendresse et nostalgie, non même pas, j'avais même pas cette excuse. Mais qu'est-ce qui m'a donc traversé l'esprit à ce moment-là ? Le post précédent peut éventuellement être une piste de réponse, puisque j'étais en train de préparer sa rédaction.
Toujours est-il que je l'ai fait.

Et c'était bien.

Malgré toutes les diffusions de la série, je ne suis pas certaine d'avoir déjà vu le pilote de la série. Dommage, j'aurais aimé confronter mon regard de petite fille téléphile, et de jeune femme téléphage, sur un même épisode. Mais j'ai quand même été agréablement surprise à plusieurs égards.

D'abord, et c'est peut-être le plus important, nombreux sont ceux qui ont tendance à considérer Les Routes du Paradis comme le prédécesseur des Ahem! du Bonheur, et autres Destins Croisés. C'est peut-être vrai sur le papier, au niveau du pitch, mais ce n'est pas si évident dans les faits. Songez qu'il faudra attendre la seconde partie du pilote (soit largement plus d'une heure) avant que Johnattan n'évoque sa nature angélique et Dieu !
Mais surtout, il le fait sans chercher une seule fois à nous catéchiser. "Dieu est partout" et nulle part à la fois dans ce double épisode pilote : certes, il ya quelques signes, mais c'est nous qui finalement les interprétons, parce que nous savons que Johnattan est un ange (et notez qu'on le sait parce que tout le monde le sait, pas parce qu'il a un gros projecteur lumineux au-dessus de la tête... et pourquoi pas une pancarte tant qu'on y est ?!), et bien avant qu'il ne nous le dise. Comme l'illustre très bien la fin de la première partie, les petites choses curieuses à propos de Johnattan pourrait aussi bien être explicables rationnellement : c'est ce que cherche à démontrer Mark Gordon qui enquête sur la façon dont, par exemple, Johnattan a pu se procurer les deux vélos. Ca pourrait s'expliquer logiquement, c'est juste que ce n'est pas le cas, voilà tout.

Autre point positif, mais la petite fille que j'étais alors ne pouvait pas vraiment s'en apercevoir : DIEU DU CIEL ! Mais Michael Landon est un pur canon ! (il y a quelques années, j'avais vu sur TF1 un téléfilm biopic qui confirmait qu'il était beau gosse et très au courant de son succès auprès des femmes, vous l'avez vu ?) Alors d'accord, il joue un peu avec, prenant bien soin de planquer son début de ventre pour mouler ses petites fesses dans un jean sur mesure, mais il faut bien le dire : YABON LANDON ! Grmbl, je suis encore une fois née trop tard et trop loin.
Je devrais peut-être pas dire ça d'un mort, si ? C'est vrai que Landon, c'est le premier acteur de séries télé dont j'aie été avertie du décès en temps quasi-réel (par opposition à ceux dont j'ai appris en me renseignant qu'ils étaient morts ya 10 ans), et à l'époque j'étais déjà une petite fille très attristée. La jeune femme que je suis aujourd'hui l'est aussi, mais plus pour les mêmes raisons. Bref bref bref.

Bon alors, évidemment, pour la subversion, on repassera !
Encore que.

Aussi inégal que soit le jeu de leurs interprètes, les personnages des retraités sont touchants. La thématique des vieux abandonnés par tous (et méprisés par le directeur de leur maison de retraite) me semble pourtant relativement osée, surtout dés un pilote. Oh, je vous rassure, c'est fait sans pathos excessif : on est dans les années 80 et les séries restaient souvent dans les clous, sans chercher la dénonciation sociale frontale, mais c'est quand même dit sans détour : eh, oh, prenez garde à vos vieux, c'est pas parce qu'ils vont clamser qu'ils sont déjà morts. Les vieux ont des sentiments aussi ! Oui enfin, vous saisissez l'idée, quoi. D'ailleurs tout finit bien et les petits vieux finissent par tous rire ensemble à la fin, ha ha ha tout va bien (c'est sans doute ça la parenté avec Les Ahem! du Bonheur & co), m'enfin, si au passage vous pouviez vous demander à quand remonte la dernière fois que vous avez passé un coup de fil désintéressé à votre grand'mère, hein... Moi je le ferais bien mais j'aurais besoin d'avoir recours à un extralucide. Allez, lâchez deux secondes votre souris et passez-lui un coup de fil de ma part. Si-si, maintenant. Je vous attends, allez-y.

. . .

Ça, c'est fait...
Les Routes du Paradis, contrairement sans doute à l'image qu'on en garde, ne cherche pas à donner de leçon : concluez vous-même à partir de ce que vous voyez. La série peut très bien être regardée comme un gentil divertissement familial, avec son lot de bonnes répliques, de regards de Johnattan vers le ciel et de Mark Gordon bourru. Et puis on peut aussi en profiter pour se poser des questions, et elles n'ont pas besoin, d'ailleurs, d'avoir de rapport avec la religion.
Il y a à boire et à manger pour tout le monde : une intrigue sympa et pas trop simpliste (la scène avec le milliardaire est à la fois marrante, caricaturale et touchante), des personnages attachants (peut-on vraiment ne pas aimer Victor French ?), et le reste, bah, vous gérez ça de votre côté. Croire, ne pas croire ? Libre à vous de penser que le "truc" de Johnattan n'a rien à voir avec Dieu, après tout. Ce qu'il fait, au final, relève plus de la gentillesse que de l'intervention divine, et si ce n'était pour quelques tours de passe-passe (des fleurs qui poussent vite, un steak qui apparait dans le frigo, des babioles, quoi... et c'est même pas fait pour vous impressionner, normalement les protagonistes ne s'en rendent même pas compte !), son action, vous pourriez aussi bien la mener vous-même si vous étiez de bonne volonté.

Pas de sermon, pas de démonstration miraculeuse, pas de laïus sur l'Amour de Dieu/Jésus/Marie (rayez la mention inutile), nul prosélytisme : Les Routes du Paradis vous proposent simplement de passer un bon moment avec des personnes bien intentionnées, qu'elles croient ou non en Dieu étant finalement relégué au second plan, ainsi que le montre la réaction finale de Mark Gordon, et il n'a pas besoin de croire en Dieu pour ça (en fait il le fait parce qu'il a été touché par la gentillesse de Johnattan, et qu'il a pris conscience qu'il ne pouvait pas continuer comme ça, pas du tout parce qu'il a eu une révélation d'ordre religieux) qui suit notre ange favori, à la fois pour ne plus être un poids pour sa soeur, et à la fois pour améliorer le monde, un peu, à son échelle.

Je pourrais le faire, moi aussi, et je crois même pas en Dieu !
Si possible avec la frimousse bronzée de Michael Landon sous les yeux.

Et bah voilà, c'était pourtant pas si compliqué...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Routes du Paradis de SeriesLive.

11 juillet 2008

Home Alone

L'une des caractéristiques du téléphage, c'est d'être d'une curiosité dévorante, parfois en dépit de son propre bien. Vous le savez, j'ai pris l'habitude de vous parler ici aussi bien des toutes dernières nouveautés (même quand je suis la seule à ne pas en penser que du mal), comme de séries plus anciennes, voire même antiques.
En ce moment, les pilotes et les preairs ne manquent pas, mais avant d'y venir (avec tout bientôt The Mentalist par exemple), j'avais quand même envie de vous proposer un post sur La Vie à Cinq. 'Zen faites ce que vous voulez.

Pourquoi La Vie à Cinq ?
Parce que lorsque M6 l'a diffusée, moi, je ne pouvais pas regarder. Je suis donc totalement passée à côté de ce drame dont beaucoup parlaient, et en bien, en plus. J'en connaissais l'histoire et le cast, faut pas croire, je me documente même sur ce que je n'ai jamais vu, m'enfin bon, ça n'allait pas bien loin. Cela dit, je crois quand même qu'une fois je suis tombée sur un épisode tardif (Charlie n'avait pas une copine blonde qu'il voulait épouser sur la fin ?), mais ça s'est arrêté là en tous cas. Et s'il y a bien une chose que je déteste, dans la vie, c'est de rester dans l'ignorance.

Alors, puisque j'en ai eu l'opportunité, je me suis prise par la main et j'ai attaqué le pilote par la face nord. Sans attente, sans espoir, sans préjugé... Juste pour voir ce qui avait ému tant de monde des années durant.

Le pilote s'ouvre donc sur les déboires des enfants Salinger, déboires qui se placent de prime abord plutôt du côté des bêtes contingences domestiques : une nounou à dénicher, un évier à déboucher... Evidemment on se demande un peu pourquoi ils gèrent ça tous seuls ; d'ailleurs la mise en place est un peu brouillon et je me suis fait la réflexion qu'heureusement, je savais déjà que les parents étaient morts. Mais lorsqu'on l'apprend, ça ne nous émeut pas outre-mesure. Ce n'était donc pas un effet de style, mais une première faiblesse.

C'est d'ailleurs le véritable drame de ce pilote : la situation pourrait être amenée avec sensibilité, mais on a l'impression que les scénaristes ne savaient pas trop comment nous le dire. Peut-être craignaient-ils de tomber dans un trop lourd pathos mais du coup, la scène où le décès des parents est explicité tombe carrément à plat et c'est l'effet inverse qui est obtenu. C'est vrai aussi que le jeu de l'irritante Neve Campbell n'aide pas, non plus.

Mais alors, où est l'émotion ? Dans pareille situation, on s'attend quand même un peu à s'en prendre plein la poitrine. Soit, vu que le décès est encore récent (six mois plus tôt), on nous la jouait carrément violons (c'est clichés mais si c'est bien fait, ça peut s'assumer), soit on nous présentait des personnages combatifs faisant des efforts monstrueux pour que la vie reprenne ses droits. Or, sur cinq personnages, on en a rien moins que trois qui sont d'une fadeur ahurissante, et un quatrième qui, étant un bébé, n'a pas grand'chose à offrir de toutes façons.

Alors, qui reste-t-il ?
Une personnage (et une comédienne) d'un charme fou : Claudia. Cette petite fille en plein éveil intellectuel et artistique est une force vive qui éclipse systématiquement le reste de la fratrie sitôt qu'elle apparaît à l'écran. Elle a tous les atouts : candeur, vivacité d'esprit, maturité... et évidemment, un regard un peu perdu, ce qui se conçoit vu les circonstances.

Mais est-ce que ça suffit ? A moi, non, je vous le dis tout net. Je n'ai pas trouvé la force d'aller au bout de ce pilote. C'est Neve Campbell qui m'en a définitivement découragée, d'ailleurs. Le look pseudo-rebelle alterné avec les balbutiements d'ado bécasse, ça m'a complètement achevée. Et puis à vrai dire, une fois qu'on a su que tout ce petit monde était orphelin, il n'y avait plus vraiment d'enjeu. Oui ils sont tous seuls, oui ils ont des soucis d'argent, mais qui se demande sincèrement s'ils s'en sortiront ? Je ne me le suis pas demandé, par exemple.

Finalement, en dépit du cliché que ç'aurait été, il aurait peut-être été intéressant de placer ce pilote six mois plus tôt dans la chronologie, par exemple lors de l'annonce du décès des parents. J'imagine bien le truc : le pilote s'ouvrant sur les 5 enfants assis dans la salle d'attendre froide d'un hôpital, abattus et hagards, silencieux et sous le choc après avoir appris que leur vie allait changer pour toujours. Quitte à opter ensuite pour une ellipse temporelle et gérer l'après avec plus de recul. Mais au moins, on aurait ressenti un petit quelque chose. Là rien, le néant.
Cela dit je suis prête à parier qu'une scène approximativement ressemblante a dû être tournée ensuite, pour un flashback ou deux, l'occasion dramatique est trop belle et aucun scénariste en pleine possession de ses moyens intellectuels ne la laisserait filer !!! Pas vrai ? Hein ?

Enfin bon, il ne sert à rien de réinventer ce pilote. En l'état, ces douze premières minutes n'ont pas su me convaincre. Ce qui veut dire que ces 14 dernières années, je pensais avoir loupé quelque chose, et ce n'était pas le cas. En fait, je vais même aller plus loin ; aurais-je patienté aussi longtemps s'il ne s'était agi d'une série dont j'ai entendu tant de choses ?

Je sais qu'une série n'est pas son pilote, à plus forte raison pour une série dramatique. Qu'on ne peut la résumer à lui, et qu'il faut bien souvent lui laisser l'occasion de mûrir, mais ici, j'ai ressenti un grand vide ennuyeux, là où je pensais m'attacher aux personnages, en attendant que passent les scènes d'exposition. Des personnages majoritairement fade, une trame scénaristique sans enjeu... Pour quelqu'un qui pensait n'avoir pas spécialement d'attentes, je suis étonnamment déçue.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (c'est-à-dire plus que moi ces dernières années) : la fiche La Vie à Cinq de SeriesLive.

7 juillet 2008

Attention, c'est du lourd !

Mouais... c'était pas mal. Ya eu quelques commentaires, effectivement. Mais c'est pas encore ça, hein. J'ai pourtant du mal à croire que 90% de mon lectorat ne sache pas écrire, mais passons.
Chose promise, chose due, donc : voici un post sur Roseanne. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un mais deux épisodes qui m'ont servi pour me (re)faire une opinion sur la série. Ouais, rien que ça, et je ne regrette rien, et si c'était à refaire, je le ferais, parfaitement !

De Roseanne, dont j'ai quelques vagues réminiscences, je n'ai gardé qu'un souvenir finalement plutôt vague : le générique (version partie de poker, donc... le plus fou, c'est qu'en deux épisodes, j'ai déjà vu deux génériques différents !), le décor, dont j'avais plutôt bien mémorisé la configuration (allez savoir pourquoi), et bien-sûr le couple formé par Roseanne Barr et John Goodman.

Alors déjà, non, hein, stop, je vous arrête tout de suite : non, je ne m'en souvenais pas parce qu'ils étaient gros. Nan mais merci, quoi, ya quand même un peu plus à retenir de ces personnages ! En plus c'est même pas comme s'ils se revendiquaient de la Size Acceptance.
Moi, ce qui me frappait chez eux, et me frappe encore, c'était leur naturel.

Je vous rappelle quand même, l'air de rien, qu'il n'y a pas si longtemps, les sitcoms, sur M6, c'était plutôt le Cosby Show et Madame est Servie, quand même. Alors, bon, d'accord, c'était drôle (aurions-nous eu la délicieuse Une Nounou d'Enfer s'il n'y avait pas eu Madame est Servie ? Même moi j'en doute), mais on ne peut pas dire qu'il y avait un fort facteur d'identification. On avait plutôt le choix entre un personnage à gimmicks comme Cliff Huxtable, et de l'autre côté, une situation plus qu'incongrue (c'était même le but du jeu).
Alors que dans Roseanne, et c'est d'ailleurs ce que les différents génériques illustrent si bien, on est dans "la vraie vie". Pas de pitch improbable (pas de pitch du tout...), pas de personnages caricaturaux, non juste une famille. Au quotidien. Le vrai quotidien.
On a tous dans notre fratrie (ou, si vous êtes enfant unique, parmi les proches cousins) un frère et/ou une soeur qui ressemble à l'un des enfants Conner ! Becky la bêcheuse, Darlene l'impertinent garçon manqué, ou le petit dernier dont personne ne retient jamais le nom parce qu'il a encore le nez enfoui dans les jupes de sa mère !
Les enfants sont turbulents, bruyants, ingérables... ils nous ressemblent. Il y a des bêtises dans chaque épisode, ils répondent à leurs parents, ils mentent... c'est pas comme Sam qui était toujours toute mignonne et polie !

Et puis, bien-sûr, il y a le couple Roseanne/Dan. Evidemment, les meilleures répliques sont pour eux ! Enfin, bon, laissez-moi préciser : si Roseanne Barr n'a pas un jeu aussi riche que John Goodman (mais qui peut rivaliser avec John Goodman ?), du moins a-t-elle droit aux phrases les plus drôles. Mais en même temps, hein, c'est qui le patron ici ?

Comme je vous le disais, il n'y a pas vraiment de pitch : à l'instar d'un grand nombre de sitcoms, l'intérêt c'est d'avoir des personnages, les situations viendront ensuite.
Pour vous la faire courte, Roseanne travaille à l'usine, tandis que Dan... il est entre deux emplois, dirons-nous. Et ça aussi, ça semble absolument génial : Roseanne n'est pas une femme au foyer, sans toutefois avoir un métier de folie à la Clare Huxtable ou Angela Bower. Avocate, publiciste... et pourquoi pas chirurgienne, aussi ?!
C'est donc elle le soutien de famille, d'autant que Dan, bon, c'est pas un mauvais bougre, mais c'est un peu une feignasse, quand même (qui a dit "grosse feignasse" ? on avait dit qu'on parlait pas du physique !). Et ça, ça lui permet d'être à la fois dans la position de la mère de famille qui fait tourner sa maison (pas comme Angela qui se reposait sur Toni) tout en revendiquant une certaine dose de girl power !!! Il faut la voir, dans le pilote, tenir un discours ultra-sexiste (du sexisme anti-mâle, j'entends) pour comprendre que le personnage de Roseanne... bah, il en a dans le pantalon.

Entre Roseanne et Dan, on sent aussi une sincère complicité (étonnant, d'ailleurs, de constater à quel point elle est patente dés le pilote), de celle que partagent deux personnes qui, après, quoi ? 15 ans de mariage ? Par là... Eh bien, c'est la complicité de deux personnes qui s'apprécient toujours mais qui n'ont pas besoin d'en faire des tonnes. Mais si, vous en connaissez plein, dans les séries, des couples de fictions qui ont 10, 20, parfois 30 ans de mariage, et qui sont écrits et/ou joués comme si c'était leur premier jour ! Ou pire : qui ne le jouent pas du tout (sur l'air de "bah c'est marié dans le script qu'on est mariés, de toutes façons, alors à quoi bon ?"). Ils se charrient mutuellement, se lancent des piques, mais ça n'a rien de méchant ; on n'est pas dans le registre "je t'aime, moi non plus pétasse" de Al Bundy par exemple. Non, il en ressort une impression de tendresse véritable, comme deux personnes qui partagent réellement leur quotidien ensemble, sans que la série cherche à le fantasmer dans un sens ou dans l'autre. C'est un couple dans lequel il n'est pas tant question d'Amour avec un grand A, mais d'humour, et c'est déjà bien quand on traverse plus d'une décennie de galères avec quelqu'un.

Et il en faut, de l'humour, parce que les galères, elles ne se privent pas pour arriver. Et quand on élève trois enfants avec presque pas d'argent, il vaut mieux savoir en rire. L'air de rien, on est dans la seconde partie des années 80, et on ne le repère pas seulement à la toison permanentée de l'héroïne, mais aussi à ce que cela sous-entend d'une certaine morosité économique (la série date de 88, une période de récession avait été entamée l'année précédente, si mes souvenirs de collégienne sont exacts). Et c'est encore pire pour une famille d'extraction modeste, on s'en doute. Donc, la vie n'est pas simple, on compte les sous... et d'ailleurs dans le second épisode, c'est visiblement le nerf de la guerre. On y voit Dan ramener la somme providentielle de 500$, ce qui forcément réjouit tout le monde ; devant l'enthousiasme de ses enfants, Roseanne, explique qu'il y a d'abord des factures à payer, mais que, promis, avec l'argent qu'il restera, ils feront construire une piscine... Et d'argent bien-sûr, il ne va rien rester (ou alors si mais je ne vous explique pas tous les tours de passe-passe que Roseanne opère pour en arriver là !). Dans cette maison pas absolument propre, un peu chaotique, chaque dollar compte, même si parfois on aurait bien envie de se faire plaisir aussi...

En fait, je m'aperçois que les similitudes avec une série que j'adore, plus vieille de 5 ans, Une Maman Formidable (ok, son titre français est particulièrement inepte), sont très nombreuses : Grace a également un mari bon à rien (mais elle, dans le pilote, elle s'en débarrasse), elle a trois enfants intenables, un job dans une usine (où elle n'a pas la chance d'avoir autant de collègues féminines que Roseanne, et fait donc face au sexisme ambiant)... D'ailleurs ça me fait penser que je voulais vous faire un post sur cette série, je me demande bien quel épisode de ma telephage-o-theque je vais choisir pour ça...? On verra. Ca dépendra aussi de vous.

Enfin, bref. Regarder Roseanne m'a aussi rappelé tout un tas de choses. Roseanne, en fait, c'est un peu mon enfance, moi qui avais 6 ans en 1988, je reconnais bien là les horribles pulls en tricot, les permanentes improbables et même les contingences financières de la famille Conner.
A une époque où les revivals font fureur, je m'étonne que personne n'ait eu l'idée de nous rappeler cette décennie dont nous avons miraculeusement réchappé, nous, les enfants des années 80. C'est vrai que quand on voit d'où on est partis, on se dit qu'on en a fait, du chemin...

 

Allez, tous avec moi : femme des années 80...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

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