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ladytelephagy
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12 avril 2009

Dumela !

J'ai longtemps renâclé avant de m'y mettre. Vous commencez à me connaître : il y a certaines choses qui me stoppent tout net sitôt qu'il s'agit de découvrir certaines séries, prouvant que même ma passion pour les pilotes a ses limites. Le logo BBC, notamment, est un exemple du genre d'indices qui laissent penser que c'est mal barré. Le pilote d'1h45 n'était pas non plus pour me rassurer. Et puis, je dois l'avouer, si j'ai une bonne oreille pour les accents américains, les autres anglophones me font souvent un peu peur... et la perspective que la série dont je vais vous parler se déroule en Afrique n'était donc pas pour me rassurer.
Mais après avoir tourné autour du pot une saine période de temps, j'ai pourtant fini par me lancer dans le pilote de The No. 1 Ladies' Detective Agency, et un peu comme Charlie avec ses drôles de dames, je ne le regrette vraiment pas.

Comme ce n'est pas la série la plus connue au monde, on va faire un peu les présentations avant de se lancer dans ce qui sera le 4e post La preuve par trois de cette semaine, à croire que c'est Noël et non Pâques, mais bon, je suis d'humeur partageuse, il vous faut faire avec ; et puis vous le savez bien, ce n'est pas le genre de choses sur lesquelles je compte mes efforts.
The No. 1 Ladies' Detective Agency est donc, je l'apprends quasiment en même temps que vous d'ailleurs, une série mettant en scène Precious Ramotswe, une femme au caractère bien trempé qui a décidé d'ouvrir la première agence de détective privé tenue par une femme au Botswana. La série est inspirée d'une série de livres, à ce jour au nombre de 10, nous dit Wikipedia, et est co-produite par la BBC et HBO, rappelant l'initiative autour de House of Saddam. Les présentations étant faites, lançons-nous dans ce qui pourrait bien être ma découverte la plus rafraîchissante et la plus charmante cette semaine !

TheNo1LadiesDetectiveAgency___1
Je ne vais pas vous mentir : la dernière fois que j'ai vu une série qui se déroulait en Afrique, ce devait être dans je-ne-sais-quelle émission parlant des fictions locales, et je n'étais pas emballée par l'impression d'amateurisme qui en ressortait, tant au niveau de la réalisation que du jeu des acteurs. Mais la différence, c'est que The No. 1 Ladies' Detective Agency est une série produite par des occidentaux (comme je viens de le dire juste au-dessus, essayez de suivre un peu, quand même), donc je n'ai pas eu à affronter cet inconvénient, qui avait été, je dois le dire, un autre frein à ma découverte de la série. Réalisation impeccable, parfois même au-delà du splendide, interprétation sans la moindre faille, bons dialogues... il ne se passe pas un instant sans qu'on réagisse devant ce qui se passe : rire, larmes, tout y passe. Oui, c'est tourné au Botswana, et oui ça pourrait en refroidir quelques uns, mais franchement, là il n'y a pas un seul motif à se plaindre. C'est pas que je sois totalement et définitivement fermée à la fiction d'autres pays que les Etats-Unis (bien que je n'aie jamais dissimulé ma préférence pour les séries de ce pays), mes posts antérieurs, notamment dans la catégorie Dorama Chick, sont là pour le prouver, mais il faut l'avouer, parfois, le choc est rude. Là, l'immersion se fait en douceur. Peut-être qu'elle ouvrira la porte à d'autres fictions du continent africain pour moi, je ne sais pas, peut-être pas, aussi, il ne faut pas croire que j'ai changé d'avis du tout au tout sur les autres exemples de fictions se déroulant en Afrique, mais c'est définitivement une excellente surprise pour moi que de voir à quel point la série est réussie sur ces aspects-là.
Peut-être que des puristes de la fiction africaine (et s'il en traine dans les parages, qu'ils s'expriment et qu'ils m'éduquent, d'ailleurs, en me proposant de bonnes références et/ou de bonnes adresses !) trouveront que justement,  The No. 1 Ladies' Detective Agency n'a d'africain que son lieu de tournage, et que la série est calibrée pour plaire à des téléspectateurs occidentaux sans trop les pousser dans leurs retranchements ; peut-être même, mais là on aborde finalement un aspect qui s'éloigne de la fiction elle-même, aura-t-on l'impression de voir se brosser le portrait d'une Afrique idéalisée (mais pas parfaite, car les thèmes effleurés sont loin d'être tous innocents), mais personnellement je me suis sentie dépaysée sans être déboussolée, et ça me semble un compromis plutôt raisonnable, si on y pense.

TheNo1LadiesDetectiveAgency___2
Les choses ne semblent pas commencer sous les meilleurs auspices pour Precious, qui commence par perdre son père à l'issue d'une longue maladie. Elle hérite cependant de son bétail, qu'elle revend afin de lancer sa propre affaire et s'acheter une jolie maison : nouveau départ ! Precious Ramotswe nous apprend en effet très rapidement qu'elle a eu une vie avant celle-ci, et une autre encore avant elle : après avoir passé une enfance idyllique avec son père (l'introduction du pilote est à ce titre d'un charme fou, et d'une passion particulièrement communicative), elle s'est ensuite mariée. Mais le mariage ne lui a pas apporté le bonheur escompté : battue par son mari, elle a perdu l'enfant qu'elle portait, et elle a fini par se séparer de cet époux brutal. Ces éléments, délicatement déposés à nos pieds dés le début de l'épisode, pourraient sembler très dramatiques voir décourageants (ou au contraire extrêmement encourageants pour quelqu'un comme moi, qui suis friande de ce genre de parcours). Mais c'est là aussi, dés le départ, que The No. 1 Ladies' Detective Agency met les choses au point : il n'y aura pas d'apitoiement, pas de violons superflus, pas de tragédie larmoyante. Precious est au contraire un personnage positif. Avec ses (brefs) instants de peine, mais surtout un caractère définitivement optimiste. Ainsi, le personnage n'est pas lisse, mais il n'est pas non plus caricatural ; il y a des plaies, des bleus et des bosses, mais ce n'est pas, en fait, un axe qu'emprunte beaucoup ce pilote. J'ai repensé à Charlie Crews de Life en voyant Mma Ramotswe, mais la différence, c'est que Crews n'a pas tourné la page sur ce qui l'a blessé. Precious est quant à elle entièrement tournée vers l'avenir, et surtout, vers les autres. C'est un peu naïf, mais sa principale motivation pour être détective, c'est tout simplement parce qu'elle aime son pays et qu'elle veut l'améliorer. Dans cette démarche, je reconnais la "naïveté" qu'on peut trouver parfois dans les séries nippones, qui peuvent sembler un peu irréalistes à nous, occidentaux blasés, mais qui parvient à nous toucher tout de même si on fait l'effort de laisser dans l'entrée notre costume gris d'Européen désabusé. Precious est en fait d'un tempérament précieux, tout simplement ! Ça fait du bien, ce genre de choses...

TheNo1LadiesDetectiveAgency___3
Le charme de The No. 1 Ladies' Detective Agency, c'est aussi tout le petit monde qui gravite autour de Precious. Le moindre second rôle ou personnage de passage est parfaitement à sa place ! La rencontre avec la future secrétaire de Precious, Grace Makutsi, est par exemple étourdissante d'humour (ainsi que chacune de ses scènes ensuite, le tandem fonctionnant à merveille). Il faut dire que Grace s'est vraisemblablement assise sur quelque chose d'oblong à un moment de sa vie, qui l'empêche d'être un personnage aussi expansif que sa patronne Precious Ramotswe... Mais il n'y a pas qu'elle : entre le love interest de Mma Ramotswe, ses différents clients (et ils seront étonnamment nombreux au cours de ce pilote... quand on pense qu'il a fallu environ le même temps à Olivia Durham pour ne "résoudre" qu'une seule affaire dans le pilote de Fringe, voilà qui donne encore plus mauvaise réputation aux blondes maigrichonnes), le voisinage, et tous les autres protagonistes, c'est vivant, pétillant, touchant... en somme chaque, scène est comme un fourmillement de détails qui ne peuvent qu'attirer la sympathie. Sans compter qu'en plus d'un excellent casting, The No. 1 Ladies' Detective Agency, c'est de la couleur en veux-tu en voilà, des décors à tomber par terre, et des dialogues toujours de bon goût, sans perdre de leur pertinence.

Bah voilà, j'ai encore bavardé pendant des plombes !
Mais il faut dire que je suis si contente d'avoir franchi le pas, de ne pas m'être laissée déconcentrée par mes a priori plus longtemps (je n'avais déjà que trop trainé), et d'avoir fait cette découverte, que j'avais envie de vous offrir une cagoule en bonne et due forme. Je m'aperçois évidemment que, comme toujours, les rédacteurs de Critictoo ont parlé de ce pilote bien avant moi (fidèles à leur réputation), donc n'hésitez pas à aller leur rendre une petite visite, mais sachez que leur bilan est également positif, ce qui devrait, espérons-le, être un petit peu incitatif pour ceux d'entre vous qui, comme moi jusqu'à aujourd'hui, renâclaient à tenter le coup.

Je ne suis par contre pas très satisfaite de mes captures, pour une fois. J'ai pas réussi à vous apporter le rendu coloré et en même temps sobre de la série, esthétiquement. D'ordinaire je fais vraiment attention (je sais pas si ça se voit de votre côté de l'écran, mais j'essaye que les captures soient à la fois révélatrices de ce que j'ai à dire, et harmonieuses les unes entre les autres), mais là j'ai vraiment pas réussi. Je voudrais faire bien plus que vous offrir ces trois captures en fait, encore plus qu'à l'ordinaire quand je vous dis que j'ai dû sacrifier des passages au nom de la règle de 3 propre à cette rubrique, là vraiment, ça me coûte parce que ça ne rend pas aussi bien que ça devrait. Ouaip, va falloir que vous regardiez vous-mêmes pour vous faire une idée, je ne vois que ça comme solution...

Et quant à moi, mais je pense que vous l'aurez deviné, je vais maintenant me pencher sur la suite... comme Precious dans le générique de fin !

MmaRamotswe

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais si j'ai pu le faire, vous le pourrez aussi) : la fiche The No. 1 Ladies' Detective Agency de SeriesLive.
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1 avril 2009

C'était le bon vieux temps !

Ça fait aussi longtemps que ça que je ne vous ai pas parlé de vieilleries ? Depuis mon anniversaire ?! Non mais attention, quand je dis vieilleries, je ne parle pas juste de la toute première saison de Big Love, ou de celle de Life, je parle de remonter bien plus loin dans le temps. Ça m'étonne de moi... Et ça me déçoit de ma part, également. Allez, on va remédier à ça vite fait, et bien fait, en plus.

Et attention, cette fois, d'ailleurs, il y a du concept ! Car j'ai décidé de vous parler de deux pilotes... l'un étant celui du spin-off de l'autre ! Vous suivez ? Ne vous inquiétez pas, on va faire les présentations avant d'entrer dans le sujet, histoire que je ne vous perde pas en chemin. Il ne sera pas dit que je n'ai pas fait ma part d'éducation téléphagique ce mois-ci.

Donc aujourd'hui, attention les yeux, on commence par remonter en 1971 avec All in the Family, une série fétiche des américains mais qui bizarrement, ne parle pas au spectateur français lambda alors que si vous citez ce titre à un américain, il va immédiatement penser au vilain mot, celui qui commence par "cul-". Je veux dire qu'il va penser à culte, rho faut tout vous dire, je sais que c'est le printemps mais maîtrisez-vous un peu, au nom du ciel ! C'est à un tel point côté français qu'il a fallu que j'envoie la fiche à SeriesLive pour cette série, alors imaginez un peu pour le spin-off.

Donc, All in the Family, c'est l'histoire d'une... famille, merci à ceux qui suivent, les Bunker, dont le patriarche Archie est à peu près aussi mal aimable que moi avant mon verre de lait glacé du matin (bah oui du lait parce que j'aime pas le café... pourquoi on parle de ça, déjà ?), pour vous donner une idée. Il est conservateur limite réactionnaire, raciste, mysogine, terre-à-terre, bref tout aurait été parfait dans le meilleur des mondes pour lui s'il n'avait pas percuté de plein fouet la fin des années 60 et, pire, les années 70 qui ont suivi, et qui annoncent de grands changements de société auxquel Archie n'est pas mentalement préparé, et osons le dire, il s'y refuse de toutes façons. Vous voyez le genre.
Mais All in the Family, c'est un sitcom, alors tout va bien et il y a du monde autour de lui pour lui donner la réplique, dont Edith, sa gentille femme toujours compréhensive (il en faut des comme elle pour supporter des comme luià, Gloria, leur fille chérie qui a fait l'erreur fatale de se marier à Michael, un odieux produit des années 60, démocrate, faisant de hautes études, et pourquoi pas pour la mixité tant qu'on y est, et mille autre choses encore dont vous imaginez bien qu'elles ne rapprochent guère le gendre du beau-père.

En fait, j'ai eu un mal fou à regarder All in the Family, où la mauvaise humeur d'Archie reste un gros inconvénient, tout en étant (oui, juste avec le pilote) assez irritée par le fait qu'on passe notre temps à avoir l'impression qu'Archie a et aura toujours tort. On lui prouvera qu'il est à côté de la plaque, plus du tout au fait de ce qui se passe autour de lui, à chaque épisode. Et ça semble assez frustrant.
Effectivement, il est assez impressionnant de voir son voisin black venir lui donner une grande leçon de tolérance interculturelle lorsqu'il le "traite" de juif (que TF1 se rassure, il ne dit pas youpin, après c'est vrai que je n'ai vu que la VO...), et qu'Archie réagit au quart de tour, se décriant d'être juif, jamais au grand jamais, et que son cher basané voisin lui serre la main avec compassion et ave un sourire plein d'amitié, en lui disant que ça ne changera rien à leurs rapports s'il est juif. C'est vrai que sur le coup, on se dit que la démonstration est belle. Mais on sait aussi qu'Archie est trop vieux pour changer et que tous intéressants ou amusants que soient les tours de passe-passe qui se présenteront face à lui, il restera tel qu'il est, et cette perspective est au final assez peu stimulante. Voir un râleur râler... bon, je vis en France, j'ai pas besoin de regarder une série américaine pour ça, 'voyez...

Et puis d'un autre côté, le spin-off, c'est Maude.
Alors, Maude, pour tout vous dire, c'est une série sur laquelle j'ai eu un véritable coup de cœur, et elle m'a en fait poussée à me réintéresser à All in the Family dont je n'avais au départ pas réussi à aller jusqu'au bout du pilote. Le personnage de Maude apparaît dans All in the Family comme étant la cousine d'Edith (moi j'en sais rien, je crois ce qu'on me dit, et je ne m'amuserai certainement pas à me taper toute une saison du premier pour entr'apercevoir les prémisses du second), et n'ayant que des raisons de se fritter avec Archie Bunker : elle est très, très progressiste, féministe, divorcée plusieurs fois, elle n'a pas la langue dans sa poche, elle est pro-choice, enfin bref c'est un festival de contradictions avec Archie. Avec sa fille Carol (divorcée et mère d'un petit garçon, décidément on accumule), elle fait irruption dans la vie des Bunkers mais décroche dés 1972 sa propre série, donc, Maude, si vous avez suivi.

Wikipedia nous dit que Maude a été l'inspiration derrière la série française Maguy, ce qui, je dois l'avouer, m'a semblé frappant dés que j'ai vu le générique et avant même de lire Wikipedia, mais pour autant que je me souvienne très vaguement de ce que j'ai dû voir de Maguy sur Antenne 2 avant Giga (attention là je remonte très très loin dans mes souvenirs, c'est très flou), ça n'était certainement pas avec un personnage aussi politiquement coloré. Je sais que j'ai vu très peu d'épisodes de Maguy, et que je me souviens encore moins d'eux, mais franchement je ne m'en souvenais pas comme d'une série équivalente avec ce que j'ai vu avec Maude. Je peux me tromper. Envoyez-moi le pilote de Maguy et on en rediscutera, si vous voulez.

Maude peut sembler de prime abord être l'opposée d'Archie Bunker, mais en fait, ce n'est vrai qu'au niveau de ses convictions. Pour le reste, soyez assurés qu'elle est aussi têtue que lui, voire même pire.
Je retrouve dans la relation qu'a Maude à sa fille Carol quelque chose qu'on trouvera ensuite entre Sylvia et Fran Fine, d'ailleurs : une relation fusionnelle qui parfois pèse soit à l'une, soit à l'autre, mais est impossible à envisager autrement. Dans le pilote, Maude découvre avec horreur que sa fille voit un psy. Problème : Maude est censée être pour la psychanalyse. Plus gros problème : Maude ne supporte pas l'idée que sa fille préfère se confier à un inconnu plutôt qu'à elle. Ce sera pour elle l'occasion de faire un véritable chantage affectif à Carol (une vraie mère juive, je vous dis ! les sanglots, la main portée au coeur, tout y est), et puis, comme c'est une grande fille cette Maude, elle va se prendre en main et carrément s'arroger un rendez-vous avec le psy en question... je ne vous dis pas comment ça tourne mais je devine que vous avez compris que le caractère fort de Maude a, finalement, des inconvénients aussi, même quand on partage ses idéaux. Envahissante, égocentrique (l'épilogue du pilote est criant à ce sujet), excessive... mais aussi sincère dans tout ce qu'elle fait, et c'est bien là son charme. Et tandis qu'elle se fritte avec sa fille Carol qui, et on la comprend, revendique la même liberté d'action que Maude a arraché à la force du poignet, pendant ce temps, le 822e mari (j'ai perdu le fil mais ça doit à peu près être ça), Walter, joue le clown blanc, et met en exergue les excès de Maude. Un vrai festival où tout le monde se rentre joyeusement dans le lard, pas par méchanceté, même pas parce que les opinions diffèrent, juste parce qu'on ne devrait jamais mélanger certains composants chimiques de nature explosive !

Bref on s'amuse beaucoup plus avec Maude, non seulement parce qu'elle est plus proche de nos valeurs modernes, mais aussi et surtout car personne ne cherche à la faire tourner en ridicule ou en bourrique, et que cette femme de poigne en a, pardonnez-moi l'expression, dans le caleçon.

Alors à partir de là, on va se la jouer Nouvelle Star, mais en version La preuve par trois. Pour un pilote de All in the Family, où vous délecter de la célébrissime mauvaise foi des conservateurs américains, faites le 1, et pour un pilote de Maude, où se réjouir d'un personnage au caractère bien trempé, faites le deux.

Mais ne faites pas l'erreur de ne composer ni l'un ni l'autre car, je l'ai dit, ce sont des classiques. A un tel point que je me suis sentie obligée de faire les fiches...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culte-ure : la fiche All in the Family de SeriesLive, et la fiche Maude de SeriesLive. De rien.

28 janvier 2009

Love and marriage, love and marriage...

Pour moi, ce n'est rien d'autre que de l'inconscience. Déjà, vouloir se marier une fois, ça tient du délire pur et simple ; mais trois fois c'est juste de l'autopunition.

Aussi, je n'ai pas été très étonnée de m'apercevoir que Bill, le personnage principal de Big Love, a l'air un tantinet soucieux. D'accord, il l'a bien cherché sur ce coup... eh, personne ne l'oblige, il me semble ! Mais faut voir ce qu'il subit, quand même, le pauvre pépère : il n'a pas une, il n'a pas deux, il a trois gonzesses à supporter à temps complet. Il les a en permanence sur le râble, mais sans pouvoir coucher avec quand il veut ! C'est pas de la torture, ça ? Voilà qui porterait sur les nerfs des plus inébranlables ordures de la planète. Alors ce pauvre Bill, pensez donc...

Parce que, dans Big Love, on casse allègrement le préjugé, communément répandu, selon lequel les femmes de polygames seraient soumises : c'est elles qui font la loi. Et quand trois nanas sont dans une même pièce (ou ici, un même jardin) et se disputent le même mâle, c'est vraiment pas beau à voir. Et en plus c'est vicelard, ces bestioles : ça fait des plannings pour savoir qui couche quand avec qui, ça se tire dans les pattes, ça se fait des cachotteries, et tout ça avec de la marmaille dans tous les coins, parce que vous savez quoi, autant que le châtiment soit complet.
Oui, dans Big Love, c'est Bill le polygame, et je vois déjà des rangs de féministes enragées se lever le couteau entre les dents, mais c'est définitivement lui la victime du système. Comme antidote à la collectionnite aigüe d'un mâle, ya pas mieux que cette série. Votre mec vous trompe ? Montrez-lui le pilote, ça va le calmer vite fait.

Bon, cela étant posé, Big Love, on en fait tout un foin, gna gna gna c'est une super série, gna gna gna mais lady t'as pas encore regardé comment est-ce possible, mais j'ai pas eu de révélation. D'accord, le pitch est chouette. J'adore voir un mec se faire dévorer tout cru par trois harpies, c'est un de mes fantasmes de célibataire aigrie, mais bon, passée cette satisfaction, je sais pas, je trouve qu'on manque un peu d'inspiration. Arrivée à une dizaine de minutes du pilote, je me suis dit : "ok, on a compris le concept, mais on va quand même pas rester bloqués là-dessus pendant 10 ans, allez, on se bouge, on se bouge, on se bouge !!!", mais non. Non-non. On va bel et bien rester bloqués là-dessus et on va faire comme s'il était captivant de regarder trois gorgones maltraiter un pauvre bougre dont on n'arrive même pas à penser qu'il mérite tant de misères.

Pourtant, euh, pardon, mais la polygamie, c'est quoi en fait ? C'est les calamités d'un mariage multipliées par trois. Donc une fois qu'on a compris ça, bon, basiquement, on a tout compris : Bill a des problèmes sexuels, mais une façon différente de les vivre avec chaque épouse, puisque chacune est différente, et comme elles sont dans des tranches d'âge et issues de milieux différents, de toute évidence chacune va le pousser dans ses retranchements et l'obliger à jouer les caméléons soir après soir, et bon, le pilote dit tout ça très bien, on va pas y passer la nuit ! Comme par hasard il y en a une qui intrigue, une qui est une vraie brêle, et une troisième, vieillissante et un peu control freak. Ah bah là on peut commencer à parler de stéréotypes, pour le coup !

Fort heureusement, comme une lumière dans la nuit, il y a la communauté où vivent les parents de Bill, ainsi que ceux de sa seconde femme, pour mettre un peu de piquant dans l'affaire. On ne peut d'ailleurs pas dire que Bill ait un seul hâvre de paix sur cette planète puisque même quand il retourne là-bas, les ennuis pleuvent... mais au moins c'est un peu plus original que ses tribulations domestiques : son beau-père qui le rackette, son père qu'on cherche à empoisonner, là au moins ya du sport.

Bon, reste que je suis étonnée que les seuls problèmes de Bill soient sexuels : moi j'en serais déjà à projetter de me pendre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Big Love de SeriesLive. Ouais, faudra se contenter d'une seule.

28 janvier 2009

Life is once

Vous savez pourquoi je n'avais pas consacré de temps à Life jusqu'ici ? Vous allez voir, c'est très bête. C'est le nom de la série. Nan, vraiment. Je vous avais dit que c'était bête. Quelle idée d'appeler sa série Life, aussi ? C'est d'une originalité ! Et puis, pas très pratique pour le cagoulage, franchement. Faites une recherche avec Life, sous Google, pour rigoler. Voilà, c'est ce que je voulais dire. Donc au départ, je partais du principe que : zut. Desperate Housewives, c'est ptet imprononçable pour le commun des mortels, mais au moins, sous Google (ou autres), ça se tient. Désolée, mais dans un monde où règne une telle offre télévisuelle, faut pas en plus mettre des bâtons dans les roues aux gens...
Et puis, bizarrement, le bon sens m'est revenu alors que j'étais fiévreuse et clouée au lit. Pas de médisance, merci...

Wow, comment j'ai vécu aussi longtemps sans Life ? Je veux dire : déjà, accepter de vivre sans Damian Lewis, ça relève de la plus frustrante privation qui soit, redheads forever, mais sans Life ? Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps avant de m'y mettre ? C'était d'un ridicule !

Découvrir le pilote hier a pour moi été une véritable révélation. Il ressort quelque chose de tellement positif et de tellement fort du personnage de Charlie Crews qu'on se sent presque guéri de tous nos maux en le voyant évoluer. On sent que l'homme est cassé, mais on sent aussi tout ce qui se reconstruit, la façon dont il apprécie la vie, et franchement, c'est juste sublime. C'est comme s'il avait fait une NDE et qu'il réapprenait à jouir de choses à côté desquelles le commun des mortels passe complètement, et c'est montré avec tellement d'âme qu'on ne peut y rester insensible.

LifeisOnce

Tout est touchant, mais sans violons inutiles, dans le personnage de Charlie Crews. La façon dont son regard traine là où personne n'a l'idée de jeter un oeil, la façon dont il est sensible à la lumière, aux odeurs. La façon dont il s'est pris de passion pour les fruits. On devrait tous en être là, sans avoir à passer par la case prison !

J'ai envie de relativiser quand même un peu : je regrette quand même que Life soit une série policière, ou du moins qu'elle utilise une fois de plus cette couverture. Je sais que ça fait aussi partie du suspense, que le personnage de Crews revienne dans la police, après toutes ces épreuves, pour pouvoir découvrir comment et pourquoi il a subi la prison pendant 12 années alors qu'il était innocent, mais je me passerais très volontiers de cet axe. Au regard du pilote (mais je regarde la suite très vite, soyez-en assurés), je trouve que ce n'était pas nécessaire pour que Life parle de... rha des fois c'est bête d'écrire ce blog en français, je passe à côté de jeux de mots bien utiles...

Non, vous savez quoi ? Il est très bien ce titre. Il n'en fallait aucun autre.

LifeisOnceorTwice
- Pourquoi l'univers se moquerait-il de nous tous ?
- Parce que rien n'est sûr.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life de SeriesLive.

25 janvier 2009

Choo Choo Train

En 1982, deux évènements mémorables se sont produits : ma naissance, et celle de la série Ricky ou la Belle Vie. Détail amusant, le premier de ces deux incroyables prodiges s'est déroulé un 25 janvier, et le second pile 9 mois plus tard, le 25 septembre, comme par un étrange mécanisme cosmique. Difficile de dire aujourd'hui lequel des deux phénomènes s'est avéré le plus capital pour la planète, mais le fait est que sans cette fantastique coïncidence, vous ne liriez pas ce post aujourd'hui.

Ricky ou la Belle Vie, tout le monde connaît, mais on va quand même récapituler pour ceux qui, là-bas dans le fond, somnolaient dans les années 80.
Rick(y) Stratton est une sorte de petit Lord Fauntleroy (ah ah) qui découvre qu'il a un père et décide d'aller le voir, espérant qu'il pourra apprendre à le connaître... et que dans la foulée il pourra quitter l'école militaire où sa mère l'a gentillement inscrit pour ne pas le garder dans les pattes après son remariage. Il s'avère en plus que papa est riche, qu'il est super sympa, et qu'il a un immense manoir, ce qui ne gâche rien on est d'accord. Le seul petit bémol, c'est que papa Stratton est d'une immaturité désolante...

Le décor est planté et, à la vue du pilote, il vaut mieux se rendre à l'évidence : il n'y aura pas grand'chose d'autre à dire sur le cadre de cette série relativement simpliste. En fait, à partir de là, tout va se passer dans les charmants dialogues et via le regard bleu de Rick Schroder (j'ose même pas vous dire ce que j'en pensais ya 20 ans de ça).
A l'occasion de cette incroyable journée du 25 janvier qui commence sous vos yeux ébahis, j'ai revu le pilote et je dois dire que globalement, il était plutôt conforme à mon souvenir. La différence majeure était que je l'ai revu en VO, et que ne pas entendre la voix française de Ricky m'a un peu rendue chafouine... j'l'aimais bien cette petite voix.

Ah, si, il y a une autre différence, et celle-là m'a un peu surprise : les sous-entendus sexuels. Alors là, les parents du PTC (troll inside) peuvent dormir sur leurs deux oreilles, parce que quand j'étais petite, je n'avais vraiment pas percuté qu'il y en avait autant ! Et pourtant on ne peut pas dire que c'était si subtil... la scène de phone sex par exemple ! Et TF1 a diffusé ça ? No way.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : on ne découvre pas, 27 ans plus tard, que Ricky ou la Belle Vie était une série subversive et complètement dépravée ! Simplement, je m'en souvenais comme d'une série très inoffensive, complètement tous publics... et je n'avais pas tort, en fait : il y en a pour tous les publics.

Voir Rick Schroder avec, lui aussi, 27 ans de moins (ces acteurs qui vieillissent, c'est honteux, ça devrait être interdit... mais on en reparlera) permet aussi de faire le plein de nostalgie. Pour un gamin de douze ans, il n'est vraiment pas mauvais. Il y a même certains instants où il est même plutôt bluffant, notamment dans sa façon de jouer avec son regard, et de soutenir celui des adultes. Son jeu est même bien plus varié que celui de Joel Higgins, qui joue papa Stratton et qui cabottine vaguement sans trop se fouler (Wikipedia nous apprend que, de tous les acteurs de la série, c'était le plus expérimenté... eh beh, on est revenus de loin !).

Bien que visuellement la série ait un peu vieilli... comme moi, quoi ; oh allez-y, je m'en fiche, je fais partie des rares gonzesses à trouver ça cool de vieillir... eh bien, résultat : on passe un très bon moment, ça ne prête pas à conséquence mais c'est mignon, ça fonctionne encore (je me suis surprise à rire aux éclats une fois ou deux), et ça a un petit goût de revenez-y.
Ouais, comme moi, en effet.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ricky ou la Belle Vie de SeriesLive.

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24 janvier 2009

J'ai pas de face

Si vous survivez aux, disons, 5 premières minutes de Faceless, vous pouvez survivre à n'importe quoi, télévisuellement parlant. Ceci est à prendre comme un compliment.

Ce qu'on aime bien dans un pilote, en général, c'est quand on nous met rapidement dans le bain. Là, vous y êtes jusqu'au cou, et une fois que ça a commencé, plus moyen de tenir la tête hors de l'eau : c'est violent visuellement, c'est violent scénaristiquement, c'est, en somme, le genre de truc que vous vous prenez en pleine tronche, un peu comme le personnage principal dans le pilote...

Ce n'est pas la première fois que je vous parle du pilote d'une série qu'on ne verra jamais se développer à l'écran : il y a eu Pretty Handsome, Nikki & Nora... Mais ma réaction devant Faceless est différente, sans doute parce que c'est le genre de série qu'on ne se contente pas d'apprécier gentillement (comme Nikki & Nora) ou pour laquelle on ne se prend pas d'affection à cause de son étrangeté culottée (à l'instar de Pretty Handsome), non, c'est juste parce que Faceless vous laisse vidé de toute force vitale à la fin des 37 minutes de son pilote, et que le niveau d'adrénaline est à un tel pic qu'on ne peut supporter l'idée qu'on n'en verra pas plus.

Tout commence quand John Robson, un procureur fédéral qui mène une enquête en eaux troubles sur un réseau mafieux, se fait démonter la gueule, et pas qu'un peu, par ce qui a tout l'air d'être un tueur à gages, lequel étant bien décidé à marquer le coup et à lui refaire le portrait dans les règles de l'art avant de l'exécuter, c'est pas sur le contrat mais ça fait toujours plaisir. Les avantages du métier, on va dire.
Quelques secondes plus tôt, John était sur le chemin de la maison, comme c'est mignon, pour être à l'heure au dîner, s'asseoir avec sa gentille femme blonde (les gentilles femmes sont toujours blondes, demandez à Boone), et ses deux adorables enfants. Et juste avant de lui mettre une balle dans le crâne et clore leur si délicieuse rencontre, le tueur confie à John que sa prochaine cible, c'est précisément sa gentille femme blonde (les gentilles femmes blondes sont toujours mortes dans le pilote, demandez à Boone).

Sauf que John, contre toute attente, ne meurt pas, en dépit du tir à bout portant qu'il s'est pris en plein milieu de la cervelle, et il survit à ses blessures. Toutes ? Non ! Car celle qui évidemment ne guérit pas, c'est d'avoir appris, à son réveil, que femme et enfants étaient morts. Avec sa gueule cassée, John n'a donc que plus de raisons de partir en guerre contre ceux qui étaient au cœur de son enquête avant que tout ne dérape, puisqu'évidemment, tout cela était commandité pour le faire taire. Eh bah ça prend pas.

Alors d'accord, c'est cliché, l'homme-seul-contre-tous-qui-a-tout-perdu-mais-qui-va-valeureusement-s'infiltrer-dans-la-mafia-pour-trouver-la-vérité-et-se-venger, mais ce qui compte, c'est la façon dont Faceless nous met le nez dedans. Et puis il faut bien dire que le personnage de Robson n'est pas du genre preux chevalier aux grands idéaux : ce mec a la rage au ventre, il n'est animé que par un sentiment de vengeance. C'est tout ce qu'il veut : trouver le fils de pute qui a tué les trois personnes qui comptaient le plus dans sa vie d'avant, et lui niquer sa race, disons-le clairement. Et il est prêt à déglinguer tous les mecs qui vont le faire suer dans l'intervalle... ouais, même s'ils n'ont rien à voir avec sa quête, pas de discrimination.

Robson est complètement endommagé, en fait. Et pas que physiquement, non, ça, ce serait presque le cadet de ses soucis s'il n'y avait pas les séquelles de la balle qui s'est logée dans son crâne. C'est devenu un animal : il tape sur tout ce qui le chatouille ne serait-ce qu'un peu, il a l'œil rivé sur le rétroviseur, il souffre physiquement et psychologiquement en permanence. Du coup forcément, plus rien ne l'empêche de traverser la ligne, et c'est pas une fiotte à la Swayze, lui : il y va franchement. Il s'est même aventuré bien au-delà depuis un sacré bout de temps, et il ne repassera plus de l'autre côté, c'est fini. La bête est lâchée.

Faceless a tout de même, en-dehors de ce seul pitch violent, quelques promesses à offrir, des promesses que la FOX ne lui a pas permis de tenir, mais qui reposaient sur quelques ressorts déjà bien mis en place. Le plus intéressant d'entre eux, c'est le mur sur lequel Robson avait établi les relations entre les différentes pièces de son puzzle. On sent bien que ces photos de criminels sont autant de maillons que Robson va remonter un à un (et démonter sauvagement, probablement aussi), et ça donne une structure intéressante à la série. Enfin, aurait donné, quoi.
Et puis, pendant ce temps, il y a sa petite collègue, enfin, ex-collègue, qui est toujours procureur fédéral, elle, et qui continue l'enquête... Sauf que leurs intérêts ne sont pas exactement les mêmes, elle n'a pas traversé la ligne, elle, elle est sage, la preuve elle porte un tailleur... et on sent bien que l'un dans l'autre, tôt ou tard, il y aura confrontation alors que, finalement, ils sont tous les deux "gentils" dans cette affaire, par opposition aux "méchants" du crime organisé. On retrouve aussi un autre ressort plus classique, le type qui joue probablement double jeu et qui en sait probablement plus long qu'on ne le croit ; ceci en la personne de Mark Feuerstein qu'on a toujours plaisir à retrouver, en plus. Je ne vous en dis pas plus mais l'air de rien, Faceless a quelques retournements de situation à proposer dés le pilote, ce qui démontre d'autant plus son potentiel.

Mais de tous les atouts de ce pilote, le plus louable est très certainement le style : il ne s'agit pas de se contenter d'éclater des mecs à longueur d'épisode, vlam dans la gueule, tiens pis prends ça pour la route, non, l'idée c'est d'essayer de faire ça en donnant une apparence léchée à tout cela. Ici, la caméra et le montage sont particulièrement brillants, il y a des idées graphiques très appréciables, bref, on a fait ça bien. On n'est pas chez les sagouins de The Beast, qui se contentent de trouver quelques décors naturels chouettes et de forcer sur les néons. On connaît le métier.

En fait, hm... pour vraiment juger du style de Faceless, il vous faudrait voir le preair, et maintenant que vous me le dites, oui, en y réfléchissant, c'est vrai que je connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui sait faire des posts La preuve par trois, mais vu que vous m'avez demandé un post La preuve par trois sur 30 Rock et que vous ne l'avez même pas commenté, je suis un peu refroidie, pour le coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Faceless de SeriesLive. Ou ce qui tient lieu de, vu les circonstances.

19 janvier 2009

Humour gras ? Oui, merci, avec du fromage.

Je voulais ce soir découvrir le pilote d'une série que j'ai fugacement regardée il y a plusieurs années... mais j'ai dû m'arrêter en cours de route, étant dans l'impossibilité de poursuivre. Je vous raconte ça dans un instant.

Laissez-moi d'abord vous situer la série. Ça se passe à Cleveland (mes visiteurs les plus cultivationnés auront donc tout de suite compris de quoi il s'agit), et c'est plein d'humour gras dispensé par des personnages lourdauds.
La découverte s'est passée par un bel été, on devait être en 2000 ou 2001, alors que mes parents étaient partis en vacances pour quelques semaines, et m'avaient chargée de surveiller leur maison, leurs plantes et leur chien (dans cet ordre). Mes parents avaient récemment fait l'acquisition d'un abonnement au satellite, et j'ai donc immédiatement accepté de les aider, puisque de toute évidence je suis une fille dévouée.

Sur Comédie, le soir, je me saisissais d'un paquet de boules soufflées au fromage, je me mettais devant l'émission de Letterman et ensuite en nocturne si je me souviens bien, la série était rediffusée en VF par paquets de trois ou quatre épisodes. Et je restais là jusqu'à, je sais pas, 2 ou 3h du matin, à me sentir... très couch potatoe.
C'était indissociable : les boules au fromage, Letterman... et le Drew Carey Show.

Et puis mes parents sont rentrés de vacances (les imbéciles), et j'ai laissé tombé le Drew Carey Show, Letterman... mais pas les boules au fromage.

Hier, j'ai grignoté quelques boules au fromage devant mon tout premier Saturday Night Live (je ne comprends pas que j'aie traîné aussi longtemps pour enfin en regarder un en entier), et j'ai trouvé qu'il manquait un truc. Mais quoi ?
Evidemment qu'il manquait un truc, cette question, il manquait Drew !
J'ai donc filé cagouler le pilote, qu'en plus je n'avais jamais vu puisque j'étais arrivée dans la 6e saison : l'un des premiers épisodes que j'avais vus, c'était un épisode d'erreurs volontaires où toute une scène se déroulait dans l'univers des Sims ! C'est dire si j'étais obligée de tomber amoureuse de cette série... fallait être complètement barré pour faire des trucs pareils. C'était pas très fin, mais qu'est-ce que c'était drôle !

Donc itôt dit, sitôt fait. Mais rien à faire, quelque chose m'a immédiatement bloquée : la voix originale d'Oswald. Mais c'est une tuerie, la voix de ce mec ! Sa fiche IMDb dit que l'acteur a depuis opéré pour le doublage du personnage de Batman, franchement, ouais, ça m'étonne pas, et je suggère qu'il enregistre aussi des CD de dialogues pornos parce que punaise, c'est pas possible d'avoir une voix pareille et ne pas s'en servir pour faire plaisir aux femmes. C'est limite un crime !

Bon, quelqu'un sait où je peux trouver les épisodes en VF ? J'arrive pas à me concentrer sur ce qui se dit... avouez que c'est emmerdant, pour un sitcom.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Drew Carey Show de SeriesLive.

12 janvier 2009

Histoires de générations

En son temps, j'avais bien aimé American Dreams, et il m'est arrivé de rire devant That 70's Show. Il ya quelques mois je vous parlais aussi de Swingtown qui est appréciable. Mais de la même façon que je suis tombée amoureuse de Three's company, je garde une préférence pour les retours dans le passé involontaires, ces voyages qu'on fait parce qu'on regarde une vieille série, et non parce qu'on nous emmène dans un passé forcément idéalisé.
Family Ties m'a permis ce voyage et je l'ai goûté avec la même joie que je goûte d'autres vieilleries d'un autre temps : avec le plaisir de se dire qu'il y a plusieurs décennies, la série était d'actualité.

Dans les grandes lignes, disons que Family Ties est à la fois un sitcom familial typique (querelles entre enfants et conflit gentillet avec les parents sont à l'origine de la plupart des dialogues), mais que la vraie originalité de ce show, c'est sa coloration politique, ou plutôt son arc-en-ciel politique. Les parents sont des hippies sur le retour, avec de bonnes vlaeurs démocrates, progressistes, et se voulant ouverts à la diversité, alors qu'en parallèle, leurs fils Alex est un républicain engagé et fier de l'être, avide de reconnaissance sociale et désireux d'arborer un certain niveau de vie.
Note : SeriesLive nous dit que c'est également le cas de Mallory, mais cet aspect ne m'est pas apparu comme flagrant dans le pilote. Au contraire, elle semble plutôt neutre voire apolitique, a contrario de son frère Alex, comme on l'a dit, mais aussi de la petite soeur Jennifer qui m'a tout l'air d'être une révolutionnaire en culottes courtes, comme papa et maman mais avec un caractère un peu teigneux en prime.

La bonne idée c'est donc évidemment de confronter cette palette d'opinions les unes aux autres, dans un bel esprit de melting pot comme on n'oserait même pas espérer d'en voir dans une fiction française aujourd'hui (c'était un tâcle gratuit, je le reconnais), chacun devant cohabiter avec les convictions des autres.
C'est d'autant plus intelligent que les parents ne se sont pas vu octroyer le rôle de conservateur aux dents longues : comme ce sont eux les plus cools, leur défi est à la fois de faire preuve de fermeté auprès de leurs enfants (notamment les ados), mais aussi, d'être des personnages très ouverts et tolérants en toute circonstance. Donc plutôt que d'avoir les parents typiques dont l'argumentation se cantonnerait à "tu ne sortiras pas, un point c'est tout, monte dans ta chambre", on a ici des personnages qui souhaitent laisser un espace de parole et d'opinion à leurs enfants, tout en essayant de leur transmettre quelque chose. C'est ce genre de choix (ainsi qu'un très bon casting) qui font de Family Ties une série qui va au-delà des poncifs de sitcoms familiaux.

Du coup, on l'aura compris, c'est la discussion qui règne en maître dans les rapports parents/enfants, loin des âneries autoritaires, voire arbitraires, à la Ma Famille d'Abord, cet archétype du sitcom familial raté et pitoyable.

Contrairement à ce que je craignais, les références vieilles de presque deux décennies n'ont pas été trop nombreuses ni insurmontables. Du coup, Family Ties est une série quasiment intemporelle, et je suis sûre qu'elle toucherait n'importe quelle génération.

Oh Seigneur, je vais devoir regarder la suite maintenant. Pourquoi y a-t-il tant de séries intéressante et seulement 24h dans une journée ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Family Ties de SeriesLive.

29 novembre 2008

Ya du soleil et des nanas !

Il y a des séries britanniques dont tout le monde parle. Et puis il y a les autres. Aujourd'hui on va parler de l'une de ces séries outsiders, pour changer.
Alors, aujourd'hui, je vous propose de parler de Benidorm. Mais j'imagine que vous ne savez pas ce qu'est Benidorm, puisqu'avant d'être une série, c'était en fait une ville d'Espagne. On apprenait cette semaine que ladite ville avait d'ailleurs une actu :

La station balnéaire de Benidorm, capitale espagnole du tourisme de masse, a décidé lundi d'interdire lundi les beuveries sur ses plages, dans l'espoir de redorer son blason.
Symbole décrié du modèle touristique "sol y playa" (soleil et plage, ndlr) la ville de Benidorm (sud-est) a adopté 74 mesures réglementant l'usage de ses cinq plages, qui prévoient notamment des amendes pouvant atteindre 750 euros pour la vente ou la consommation d'alcool.
"Au mois d'août, plus de 350 personnes ayant bu de l'alcool ou faisant la fête la nuit sur les plages ont été interpellées" pour des troubles divers à l'ordre public, a expliqué à l'AFP une source de la municipalité andalouse.
Encore village de pêcheurs il y a 50 ans, Benidorm offre désormais un paysage côtier hérissé de gratte-ciel abritant hôtels et appartements bon marché et d'innombrables bars, fast-food et discothèques.
La cité balnéaire est prise d'assaut chaque été par des légions de touristes peu argentés d'Europe du nord, en grande partie britanniques, qui viennent principalement bronzer le jour et boire la nuit.
L'ordonnance municipale adoptée lundi interdit désormais de s'assoir, cuisiner ou allumer des feux de camp à partir de minuit sur les plages, jusqu'à sept heures du matin, afin de permettre aux services de nettoyage de faire leur travail avant l'arrivée des baigneurs.
Une promenade nocturne sur la plage reste licite. Mais il devient également interdit d'y réserver son carré de sable pour le reste de la journée avant sept heures du matin.
"Il y avait des gens qui arrivaient à cinq heures du matin pour planter leur parasol" au bord du rivage méditerranéen, a ajouté le responsable municipal interrogé par l'AFP.
Quant aux jeux de ballons, de jour comme de nuit, ils seront désormais strictement limité aux espaces réservés à cet effet.
Source : AFP


Vous voilà donc merveilleusement éduqués sur ce que représente la ville de Benidorm, notamment dans la culture britannique, et je n'ai même pas encore commencé à parler de Benidorm ! La série étant née en 2007, donc forcément avant cette ordonnance, je pense que vous commencez à vous faire une idée de ce dont il va être question ici, pas vrai ?

Alors, Benidorm, est-ce que c'est une version british des Bidochons à la plage ? Pas forcément mais il faut bien admettre que quand des Anglais décrivent leur classe moyenne, ils n'y vont pas de main morte pour les faire passer pour des ploucs. Du coup, très peu de personnages semblent crédibles au premier abord ; et quelque part c'est tant mieux vu ce qui nous attend.
Mais ne comptez pas sur moi pour vous spoiler à ce stade.

D'ailleurs, vous savez ce qu'on va faire ? Finalement, non, je ne vous dis rien, j'attends de voir si vous êtes curieux, et à ce moment-là je vous offrirai tout simplement un post La preuve par trois, qu'est-ce que vous en dites ?

25 novembre 2008

Trop de morts

On ne pourrait pas trouver le moyen d'enquêter autour d'autre chose ? La mort, toujours la mort... exception notable : les disparitions dans FBI Portés Disparus, et les viols dans New York Unité Spéciale (l'un n'exclut cependant pas du tout l'autre, du coup on en revient au point de départ). Mais tous les autres : des morts. Des meurtres, des accidents, des maladies... des morts, sans arrêt. Au mieux, dans le cas de Dr House, on essaye d'enquêter pour empêcher la mort.

Maintenant qu'on a fait le tour de la question (une centaine de fois, au moins), pourrait-on envisager d'enquêter sur autre chose ? Je sais pas, je ne pars pas avec une idée préconçue ou un exemple tout fait, je voudrais simplement être surprise. Juste une fois, une enquête sur quelque chose d'autre. Mettre à profit tous ces cop shows dans un contexte nouveau.

Bon en fait oui, j'ai des exemples en tête, j'ai toujours des exemples en tête. Tiens, pourquoi pas des enquêteurs spécialisés dans les enquêtes de paternité ? Ce serait génial, yaurait des papas qui apprendraient qu'ils sont pères, ou d'ailleurs qu'ils ne le sont pas, on verrait des marmots à chaque épisode, ce serait mignon comme tout, on aborderait plein de sujets un peu différents de l'ordinaire... on pourrait faire des analyses en labo tout pareil, poser des questions à plein de monde tout pareil, essayer d'inclure des flashbacks tout pareil. Tout pareil, mais différent, quoi, pour une fois.

Avec tous les enquêteurs de tous poils qu'on a eus ces dernières années, je me sens gavée, là. Je saturais déjà avant, mais là j'ai les dents du fond qui baignent. Si vous y tenez vraiment, continuez à nous fourguer des enquêteurs, mais apportez-nous du changement, au moins !

Je vous ai dit que j'avais arrêté de regarder The Mentalist ?

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