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ladytelephagy
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30 mai 2009

C'est dans les vieilles marmites... ah, non, tiens.

J'ai décidé d'engager un mage vaudou. Il devrait pouvoir me mettre en contact avec les forces occultes qui sont à l'origine du renouvellement inexplicable de certaines séries. On a déjà évoqué le cas Gary Unmarried, eh bien sitôt qu'on sait que c'est l'œuvre perverse du Malin, tout de suite, on comprend mieux.

Après une semaine passée sous les auspices de The Tudors et A la Maison Blanche, j'avais envie d'un peu d'humour, ça arrive même aux meilleurs d'entre nous après tout. J'ai voulu prendre conseil auprès d'une personne que je pensais bien intentionnée à mon égard...
"Hey, lady, tu sais, cette série qui dure depuis plusieurs saisons et que tu n'as toujours pas regardée...?
- Uh oh.
- Eh bien elle a été renouvelée !
- Humph.
- Tu devrais y jeter un œil, franchement.
- Hm...
- C'est super drôle, franchement. Tout le monde adore. Ça marche bien aux USA, en plus..."

Je me suis faite avoir avec The Big Bang Theory, je me suis faite avoir avec 30 Rock, on aurait pu penser que je ne me laisserais plus prendre à pareilles tactiques. Rien du tout, je me suis faite avoir comme un bleu. Ou : pourquoi une fois de temps en temps, je devrais croire mon instinct. D'accord, c'était une bonne initiative de donner une seconde chance à Rome et The Tudors, mais c'est pas une raison pour en faire une généralité. Certes, jamais deux sans trois, mais je pense que ça ne vaut que pour les séries dramatiques.
The New Adventures of Old Christine, par contre, c'était la pire idée téléphagique de la semaine.

Est-ce que les DVD de cette série sont vendus avec une plume incluse, pour pouvoir se chatouiller sous les bras, et ainsi esquisser un vague sourire ?

Ce genre de sitcoms pseudo-familiaux au rabais, et ça englobe Gary Unmarried, Surviving Suburbia et donc The New Adventures of Old Christine, yen a un peu marre quand même. C'est toujours la même chose. C'est encore une fois des gens sans problème dans la vie qui essayent de nous faire rire avec des situations au-delà du banal. Je rappelle que pourtant, sitcom vient de situation comedy, la situation devrait être drôle, non ? Qu'est-ce que ces gens ont tous, à se plaindre d'avoir un toit, un travail, des enfants...? On en n'a pas assez soupé pendant la décennie précédente, avec les Tout le monde aime Raymond et autres cochonneries du même acabit ?
Rires en boîte, situations convenues, humour prévisible, jeu sans subitilité : tels sont les ingrédients qui m'attendaient, et qui m'ont confortée dans l'idée que, The New Adventures of Old Christine, c'est finalement comme Seinfeld : on est ravis pour les autres que ça leur plaise, mais on n'en comprendra jamais l'intérêt tant c'est d'une facilité désoeuvrante. Et la solution de facilité, c'est pas un peu... facile ?!

Je sais pas, vu qu'elle s'est débarrassé de son ex-mari, que son petit est entré dans la grande école et que son frère habite chez elle, Christine, elle pourrait en profiter pour faire plein de choses ! Pour changer de vie ! Pour se lancer dans un projet abracadabrantesque à faire hurler de rire même les ménagères constipées ! Non, il faut qu'elle sacrifie à son tour à tous les poncifs du genre, qu'elle se remette sur le marché du coeur, qu'elle angoisse comme une malade pour sa marmaille, qu'elle cherche à exister socialement auprès des autres parents d'élèves, etc... MAIS C'EST NUL !!! Et entre parenthèses, c'est d'un rétrograde...!

Non, vraiment, ça passera pas. The New Adventures of Old Christine a tout de vieux et rien de nouveau, ne croyez surtout pas le titre.
Ça, c'est fait. Suivaaaant !

Mon mage vaudou m'a recommandé de lui apporter un poulet blanc lors de ma prochaine visite, afin de m'exorciser. Je pourrai peut-être ainsi oublier que cette série-là a été renouvelée, a contrario de Samantha Who?, qui sait ? Ou bien si je lui fais sacrifier un bouc, il nous aidera, Christina et moi, à rétablir la justice en ce vil monde télévisuel ? Un autographe, merci !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The New Adventures of Old Christine de SeriesLive.

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26 mai 2009

Vaut mieux (pé)tard que jamais

Mon premier tag sur cette série, c'est émouvant...
Jusque là, sur Weeds, j'avais été très sceptique. Le générique me plaisait bien, c'est sûr, mais ça ne fait pas tout, non plus.

Je me rappelle avoir regardé le pilote, ou du moins avoir essayé, il y a très longtemps de cela, probablement même dés qu'il a été disponible. Mais la première scène m'a semblé si rasoir, et la seconde manquait tant de finesse, que j'ai vite laissé tomber. Le contraste entre les deux était voulu, mais justement trop facile ; la situation semblait caricaturale et pas vraiment enthousiasmante. Bref j'ai décroché assez rapidement, et même si je ne considérais pas qu'il s'agissait d'une odieuse bouse (voir aussi : Gary Unmarried, East Bound and Down, The CW...), j'avais l'impression persistante que la série était très largement surestimée. J'avais beau en lire plein de choses (essentiellement des critiques généraliste, pas des reviews épisode par épisode, ça a peut-être eu son importance), j'avais complètement rayé cette série de ma liste des choses à surveiller.
En fait, à travers cette anecdote, je vous raconte aussi celle d'une autre hérésie, celle de n'avoir pas su apprécier Breaking Bad (mon premier tag sur cette série aussi, tiens). La crème de la crème téléphagique pense pourtant qu'il s'agit des meilleures séries du moment, je suis navrée, mais même en ayant été nourrie par des séries que je pense être de grande qualité (A la Maison Blanche, Oz...), je n'ai jamais pu m'y faire.

C'est probablement le fait d'avoir ramené hier chez moi Jonathan Rhys-Davies, ironiquement, qui m'a fait retenter le coup. J'avais sous les yeux, avec les DVD des deux premières saisons de The Tudors, une nouvelle preuve qu'il ne faut jamais dire jamais. Que peut-être, quelque part, dans le fond, il était éventuellement possible et envisageable que mes goûts aient changé en matière de téléphagie. Que certaines barrières soient tombées.
Avec la révélation que j'étais passée à côté de quelque chose pour Rome et The Tudors, est née la conviction que j'avais peut-être fait pareil avec d'autres séries ; pas des cas comme Friday Night Lights où, ayant testé tout le pilote, j'étais en droit de me dire que j'avais peut-être des raisons de réviser mon jugement, mais des cas où, ayant fait l'impasse sur tout ou (très grande) partie au moins du pilote, mon jugement expéditif, voire mes préjugés, m'avaient peut-être privée de quelque chose de très bien.

Forte de cette bonne résolution, j'ai donc regardé à nouveau Weeds, mais cette fois, lorsque j'ai poussé mon premier soupir de frustration, j'ai tenu bon, serré un peu les dents, et attendu. Sur les 31 minutes qu'a duré le pilote, mettons que les 5 premières étaient une sorte de torture douce masochiste, du style "ya pourtant la saison 2 de The Tudors qui m'attend, pourquoi je me fais du mal ?". La première scène avec les deux mioches de Nancy, dans la maison (6mn 45 à ma montre) a donné le coup d'envoi du revirement. J'ai commencé par être amusée, et c'était un bon début. Mais c'est à la 11e minute qu'enfin l'horizon s'est dégagé et que j'ai vraiment vu poindre de l'amusement. Une fois lancée, une fois ces premières minutes derrière moi, j'ai enfin apprécié. A partir de 16 minutes, j'étais en zone sécurisée et toutes mes défenses étaient tombées.

En fait, ce qu'il me fallait, ce n'était pas juste Nancy Botwin mais bien toute sa fine équipe, avec une dynamique particulièrement appréciable côté enfants, et surtout la conviction qu'elle n'était pas hypocrite, avec d'un côté le caricatural conseil de parents d'élèves, et d'autre part le deal d'herbe. Non, c'est une nana qui s'est vraiment affranchie des impératifs de son milieu, un électron libre, et ce n'est qu'une fois certaine de cela que j'ai vraiment commencé à me détendre. Tant qu'elle semblait jouer sur les deux tableaux, genre "je deale uniquement pour maintenir mon niveau de vie", je n'étais pas intéressée. Mais quand ça s'est décanté et que j'ai pu constater qu'elle avait un regard différent sur le mode de vie en banlieue BCBG, là j'ai vraiment accroché.

Une de mes séries préférées ? Peu de chances, faut rien exagérer. Une série à mes yeux réhabilitée dont je regarderai les épisodes en cas de vaches maigres ? Déjà plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Weeds de SeriesLive.

20 mai 2009

Ton moulin, ton moulin...

Avec un peu de persistance, effectivement, je suis un peu plus à même de comprendre que The Tudors revête de l'intérêt.

Sur le principal, néanmoins, je n'ai absolument pas changé d'avis : pas mal de facilités voire de gratuité en font un divertissement sans grande prétention. Sept épisodes plus tard, l'aspect soapeque n'a pas cillé, il est là, fidèle au poste. Cela dit, au moins, les choses sont claires et on sait à quoi s'en tenir.

Mais The Tudors, et je m'en aperçois à présent après avoir passé plus d'épisodes d'observation (soit est-ce cela, soit ai-je cerné enfin la petite nuance qui me maintient malgré tout devant mon écran), ne vaut en fait ni par ses intrigues de cour, ni pour ses histoires de coeur ou de chair, ni pour le côté "téléfilm catastrophe" de l'épidémie de suette du dernier épisode en date, mais bien par son personnage principal, et uniquement lui.

Le Roi Henry VII est en effet le stéréotype du dirigeant trop puissant pour parvenir à ses fins. Il n'est que péché d'orgueil, il ne vit que dans le paraître et, prisonnier de ses passions, il est proprement incapable d'une vision à long terme. Si effectivement il jouit d'un pouvoir immédiat et absolu sur ses sujets, ce dernier est aussi son pire ennemi dans le sens où il l'empêche de s'apercevoir que d'aucuns, dans son entourage, ont la vue moins courte. Ils exploitent donc cette faiblesse en lui, et il leur suffit d'être outrancièrement obséquieux pour en obtenir tout ce qui leur chante, à l'instar évidemment du cardinal Wolsey.

Par-dessus le marché, comme le roi n'a aucun recul sur ses actes ou ceux des autres, il se montre d'une folle inconstance. Ses alliances diplomatiques en sont un bon exemple : il les tisse et les détruit sans vraiment réfléchir, en général suite à un coup de sang et à cause de propos rapportés, si fiant aveuglément à ce qu'on lui dit sans chercher à analyser les choses par lui-même. Et puisqu'il est toujours dans la réaction au lieu de l'action, il se sent obligé de prouver sa puissance là où souvent il lui serait préférable de faire montre de finesse, de stratégie ou juste d'autorité. D'ailleurs invariablement, s'il y a la moindre chance pour que ce jeune coq s'humilie en cherchant à prouver sa force, invariablement, il ne finira que par montrer qu'il est incapable de mesurer sa force et/ou l'ampleur du danger. A tant vivre de son ego, il le met d'ailleurs en péril, puisqu'il ne prouve que sa fougue, ainsi que son tempérament caractériel et sanguin.

Il est terrifié à l'idée de ne rien laisser à la postérité, et par association d'idées, hanté par la perspective de sa propre mort (et plus tard quand même un peu par celle de lady Boleyn), mais il se montre pourtant incapable de bâtir quoi que ce soit, justement à cause de ces travers.

Donc en fin de compte, le choix de cette gravure de mode qu'est Rhys-Meyers, tout en muscles saillants et en yeux habités par la folie, s'avère finalement cohérent. De cette façon, l'homme a l'air superficiel, pour mieux montrer qu'il l'est totalement. Tout torturé qu'il soit, il résonne creux, et cette beauté surfaite et aggressive en est finalement un élément à part entière. Cette apparence tape-à-l'oeil n'est là que pour mieux souligner, finalement, sa totale impuissance. Sa façon de perdre le peu de contrôle qu'il a de lui-même à la moindre contrariété est également révélatrice.

De ce fait, le portrait dépeint (et les éventuelles réflexions que le personnage peut apporter sur le métier de dirigeant, y compris aujourd'hui) donne une saveur insoupçonnée, sitôt qu'on considère toutes les intrigues sous cet angle.

Ainsi, je révise mon jugement : The Tudors est une plutôt bonne série, et ses faiblesses sont compensées par ce portrait sordide mais pertinent des excès et écueils qui guettent les puissants.
Je continue donc ma découverte de la saison 1, et après avoir vu le prix vert collé sur le coffret saison 2 hier, je sens arriver le tour pendable qui me guette. Il ne s'agira jamais de ma série préférée, ni même d'une de mes dix préférées, mais je suis, finalement, plutôt contente de lui avoir donné sa chance. Du moment qu'on sait qu'il ne faut pas s'attendre à des intrigues hors du commun ou à des relations d'une profondeur folle, on reste tout de même en de bonnes mains.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Tudors de SeriesLive.

17 mai 2009

Meunier...

On a déjà parlé maintes et maintes fois de mon aversion pour les séries se déroulant dans le passé, par opposition aux séries ayant été tournées à l'époque en question. Mais on est d'accord que dans le cas Rome, ou encore de The Tudors, c'est pas gagné de trouver des séries d'époque, n'est-ce pas ? Il ne reste donc plus qu'à se taper ces reconstitutions fictives, en prenant sur moi chaque fois que la prod en rajoute pour faire plus authentique, et ça m'énerve prodigieusement mais, au nom de la culture, quand même, merde, quoi. lady, surveille un peu ton langage, diantre !

Ainsi donc... Forte de ma relativement bonne surprise devant Rome, je me suis donc sentie encouragée à tenter The Tudors, qui jusque là m'avait fait l'effet d'une série bien plus caricaturale que Rome, avec du cuissage en veux-tu, en voilà, un roi ayant l'air d'avoir fait les pages centrales de PlayGirl, et autres joyeusetés pour égayer l'oeil mais guère l'esprit.
Mais je lançai le pilote en me disant que ma vision en était forcément erronée, puisque je n'en avais eu qu'un aperçu très distant et détaché.

Mes amis, il n'en est rien. The Tudors m'a offert un florilège de tout ce qui peut me rendre folle de rage devant pareille fiction. Dans les grandes lignes, il ne s'agit que d'un soap : qui couche avec qui, qui ourdit un sombre complot contre qui et avec l'aide de qui, et au milieu de tout ça, un étalage de chair sans aucun autre intérêt que celui d'apâter le spectateur qui aurait peur de trop solliciter son cerveau devant une série en costumes.
La belle affaire.

D'autant que The Tudors a aussi l'irritante particularité d'avoir pour personnage central ce qui s'avère réellement être un mannequin pour sous-vêtements, plus habile à jouer de son regard de gravure de mode que de subtilités dans son jeu, et que la série ne perd pas la moindre occasion soit de détailler sa musculature, soit de le présenter en fort charmante compagnie (et quand ce n'est pas lui, c'est un autre qui lui ressemble).

Les intrigues de la cour, les tractations diverses qui se déroulent dans le dos du roi (car pour aller jusqu'au bout de la caricature, il lui fallait également être gonflé d'orgueil, imbu de sa personne, et quasiment incompétent dans les affaires d'état, ce qui forcément fait que tout le monde peut intriguer dans son dos pourvu de lui faire des courbettes par devant), les histoires de fesses, et évidemment toutes les scènes infligées au spectateurs pour faire plus véridique (parfois longuettes, comme la joute), ne parviennent pas à masquer cet état de fait : The Tudors n'apporte pas d'éléments suffisamment stimulants pour qu'on pardonne les multiples facilités du scénario.
Aussi me pardonnerez-vous, j'en suis sûre, l'extrême facilité de mon titre, mais je le voulais assorti.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Tudors de SeriesLive.

16 mai 2009

Les héritiers de la louve

Le choc. J'ai réalisé hier soir qu'en fait, Rome allait débarquer en hertzien dans nos contrées la semaine prochaine. Et je n'ai toujours pas vu. Dans une semaine, je n'aurai plus la moindre excuse. Sauf que la semaine prochaine, zêtes gentils mais moi j'ai une vie, je dormirai quand M6 va diffuser la série. Et c'est apparemment le dernier coup de pied au derrière dont j'avais besoin pour m'y mettre, ENFIN...

Alors : Rome. Alors. Bon. Rome, disons-nous. Bien. Donc, Rome. Hé bien !!! Ça se passe à Rome. Déjà. Ensuite, Rome, c'est... euh, un péplum. Enfin oui et non. Bon, donc disons que Rome... c'est un peu l'histoire de Rome. Quoique, pas exactement non plus. Non. Bon. Compliqué, hein ? Donc. Disons. Rome... Pffiuuuuuulala ! Tout ça.

Parce que blague à part, je conçois, c'est quelque chose à ma portée, que Rome puisse enflammer le cœur de certains téléphages. D'ailleurs il est bon de noter que la série ne m'a pas déplu, en fait, contrairement à ce que mon hésitation du paragraphe précédent pourrait vous faire croire. Non, c'est juste que je suis très mitigée, ce qui n'est pas la même chose.
Car il s'en dégage quelque chose d'un peu contrariant, qui vient, je suppose, du fait que j'ai du mal avec les séries se déroulant dans le passé, comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire.
Non, en fait, ça ne vient peut-être pas que de là. Je soupçonne qu'il y ait un problème culturel là-dessous, aussi.

Je veux dire que, sur le coup, on vous dit Rome, vous pensez Rome antique, et tout va bien, vous vous pensez au top niveau, eh nan mais je veux dire, on est quand même des héritiers des Gaulois, on a tous lu Astérix à la bibliothèque du collège, et les cours sur la mythologie en 6e c'était du poulet ? Zut à la fin, ce sont pas des amerloques (et encore moins des rosbeefs) qui vont nous faire la leçon sur le sujet.

Alors que, réflexion faite, une fois devant, on s'aperçoit qu'on ne connait rien de rien à tout ça : comment fonctionne la démocratie à la romaine ? Eh oui, avant de se faire tuer par Brutus, César a partagé le pouvoir ! Quels sont les us et coutumes sociaux (sexe, mariage, famille, amis) ? Avouez qu'on ne sait que dans les très grandes lignes (à moins évidemment d'être déjà passionné par cette époque mais la problématique est alors toute autre, et je ne suis même pas sûre qu'un téléphage amateur de l'antiquité se pose vraiment la question de savoir s'il va regarder la série !). C'est d'autant plus désagréable qu'on n'a, en fait, aucun repère, a contrario de séries qui se dérouleraient dans un passé moins lointain, genre années 60 ou 70. Là, vraiment, on ne sait pas. On n'a de cesse d'être surpris par le fait que les moeurs semblent, en définitive, si proches des nôtres. Je m'attendais à une culture bien plus barbare que ça, bien que je ne me considère pas comme ignare en la matière j'ai été surprise du degré de civilisation qui nous était présenté. Est-ce afin de servir la fiction (mais dans ce cas quel est l'intérêt de faire se dérouler la série dans ce passé si éloigné, si c'est pour qu'il reste si proche de notre propre culture ?), ou est-ce à peu près pertinent ? On se le demande à de nombreuses reprises, et d'ailleurs peut-être qu'en fait, le manque de connaissances sur le sujet, alliée au fait que lesi dées reçues sont plutôt mises à mal, font plus de mal que de bien au spectateur. Du coup, on passe beaucoup de temps à essayer d'appréhender cet univers pour avoir les fondations qui permettraient de suivre l'intrigue.

Le gros problème, c'est que l'intrigue ne nous attend pas. Potassez vos vieux bouquins du collège, éplucher Wikipedia, faites quelque chose mais préparez le coup, c'est un conseil d'amie. Car le bon côté de Rome, c'est quand même son côté très "A la Maison Blanche avec des glaives et des sacrifices de bœuf".
Héhé.
(Excusez-moi pour cette interruption de programme, l'image d'un Josh qui se baladerait en toge m'est apparue et m'a quelque peu déconcentrée. Je disais quoi ? Ah, oui.)

A cet égard, Rome dévoile tout de suite sa complexité avec brio : les enjeux sont posés avec beaucoup d'intelligence, les personnages se présentent de façon très accessible en évitant relativement bien les stéréotypes (la fourbe intrigante, le soldat sempiternellement loyal, etc... laissent tout de même espérer en un certain nombre de nuances à venir), etc. J'ai aussi envie de saluer la façon dont tous ces éléments sont mis en place subtilement, noyés sous une tonne d'informations, pour être mis en lumière par Octave bien plus tard dans l'épisode, et qui soudain donne un angle très différent à la perspective qu'en avait jusque là le spectateur. C'est très bien gaulé (si je peux me permettre), et c'est le type d'intelligence aigue que, personnellement, je me suis réjouie de retrouver ici, dépassant la simple reconstitution fictionnelle pour aller vers des intrigues plus abstraites, donc plus faciles à appréhender.

Bilan donc plutôt positif, mais encore très, très retenu de ma part. Je note tout de même que la prod a fait un gros effort pour me mettre dans sa poche en engageant l'altier Ciarán Hinds dans le rôle de César (d'habitude c'est pas ma taille, il a quand même 56 ans, mais on dira que c'est comme pour Lee Pace qui lui est trop jeune, il a droit à une dérogation), une petite attention qui ne m'a pas échappé, je suis touchée, merci. Kevin McKidd y est bien plus charismatique que dans Journeyman, également. Les rôles féminins sont plus irritants (et les nanas souvent moches comme c'est pas permis) mais, heureusement, ils sont moins nombreux pour le moment. Bref ça va, ça se tient, au point que, jugez par vous-mêmes : je tente le second épisode. Je promets rien, mais c'est quand même relativement bon signe.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rome de SeriesLive.

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11 mai 2009

Those were the gays !

Woah, attendez, que je sois certaine d'avoir bien compris... il existe quelque part dans l'univers une série gay dont Nakayomi n'a pas encore parlé ? J'ai forcément loupé quelque chose au moment de ma recherche, c'est pas possible.

Alors permettez que je vous présente à Noah's Arc, série américaine de deux saisons, dont à l'instant précis je suis sûre que d'aucuns se demandent comment diable ils ont pu ne pas en entendre parler plus tôt. C'est pourtant une jolie histoire que je m'en vais vous raconter ici, car le pilote de Noah's Arc a été tourné de façon entièrement indépendante (= attention, c'est cheap), avant de remporter un franc succès en festival et sur le circuit indépendant (je ne savais même pas qu'il existait un circuit indépendant pour la télé jusqu'à ce que Wikipedia me le dise) et de finir par se voir offrir une carrière télévisuelle presque digne de ce nom. Presque parce que, bah, je répète, qui ici en a entendu parler ? Normal, reprenons les choses au commencement : qui connait la chaîne LOGO ? C'est bien ce que je pensais.

J'ai attaqué le pilote de Noah's Arc sans a priori : c'est pas parce qu'une série est labellisée "gay" qu'elle est forcément nulle. Je veux dire par là que tout le monde n'est pas Dante's Cove, quoi (d'un autre côté Dante's Cove est sorti en DVD même en France alors, bon, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres à partir de là...).

Mais c'est hélas à ce stade qu'on bascule dans la tragédie, quand ce post se change en mauvaise nouvelle de plusieurs milliers de caractères sur votre écran. Bah croyez bien que j'en suis désolée.
Parce qu'une chose était sûre, en tous cas : c'est que je n'avais pas besoin de Wikipedia pour m'expliquer que la série fait amateur. Notamment au niveau du jeu des acteurs. C'est d'une fluidité assez spéciale, quand même... Non, n'y voyez pas là un jeu de mot. Disons que tout ce petit monde a autant de talent à eux tous à l'écran qu'un ongle incarné de Miley Cirus, ce qui est pas loin d'être la pire insulte que j'aie en stock... Et puis, comme ils sont bourrés de talent, ils sont aussi d'un naturel épatant... ou pas. Car chaque personnage est stéréotypé au possible, et c'est assez vite lassant. Le scénario n'aide pas, je vous l'accorde. Mais les acteurs, ils s'embourbent, les pauvres.

Alors d'un côté, il me faut quand même l'avouer, c'était largement moins chiant que The DL Chronicles (rien à voir avec ce que vous pensez... ni avec ça non plus) qui par rapport, se prenait beaucoup plus au sérieux, peut-être aussi parce qu'un thème commun aux deux séries, l'homosexualité dans la communauté afro-américaine, poussait à un peu plus de militantisme que dans Noah's Arc, qui a décidé de tout simplement nous servir un Sex & the City gay, black, et situé à Los Angeles (donc oui, ça n'a plus grand rapport avec Sex & the City, je l'admets, mais j'ai trouvé la séance de drague sur le canapé assez ressemblante), bref de ne pas chercher à démontrer ci ou ça, dénoncer un problème de société ou un cas particulier de la condition homosexuelle, mais juste de raconter des histoires où tous les personnages sont gays, blacks, et avec des T-shirt fashion parce qu'il faut pas déconner non plus.
The DL Chronicles, on va faire d'une pierre deux coups, était l'occasion de montrer du doigt les hommes qui n'assument qu'à moitié leur sexualité pour de bêtes raisons culturelles, ce qui n'empêchait pas, dans mon souvenir (mais le test du pilote remonte à des mois de cela... cela dit j'ai ptet un générique quelque part, faut que je regarde), quelques léchouilles d'usage dans ce type de fiction. Mais à trop vouloir dénoncer une certaine omerta, The DL Chronicles devenait épouvantablement rasoir avant même que le pilote soit fini, ce qui, dans une série comportant quelques scènes à peu près affriolantes, est quand même désolant. Voilà, ça, c'est fait, comme ça on n'aura pas à y revenir.

D'ailleurs on retrouve aussi la même politique côté sexe que dans la célèbre série de HBO : laaaaargement moins explicite que Dante's Cove, Noah's Arc se contente de pitits bisous mouillés, de torses nus (et épilés, pffff...), et deux trois parties de jambes en l'air surtout pas trop choquantes, alors que bon, c'est pas comme si on imaginait que le public n'ait pas vu la chose venir dés les premières scènes du pilote. Bref, rien d'affolant à l'horizon, bien que je ne sache dire s'il s'agit là d'un bon ou d'un mauvais point pour la série. C'est sûr que ça lui évite de tomber dans le racolage facile, mais d'un autre côté, vu que côté scénario c'est le vide intersidéral, et que les performances d'acteurs ne valent pas tripette, il ne reste plus grand'chose à regarder.

Louable était pourtant l'intention de Noah's Arc de simplement nous divertir gentillement, mais son manque de moyens (conduisant à un casting au rabais, à commencer par l'interprète de Noah qui a VRAIMENT besoin d'une chirurgie des lèvres TTU, car, non, retrousser les babines au lieu de sourire, ça n'est pas du tout sexy quand on se cogne le bout du nez avec) et ses personnages épouvantables exténueront jusqu'au plus courageux d'entre vous. Quoique, quand on s'est tapé les 3 saisons de Dante's Cove, on peut tout tenter. Donc si vous n'êtes pas Nakayomi et sa légendaire ouverture d'esprit sur les séries mal gaulées, faites au plus simple : lisez la fiche Wikipedia, ptet la fiche sur tv.com histoire de, et puis hop-là, considérez-vous éduqués. C'est bien d'être curieux, mais on ne vit qu'une fois, alors ne perdez pas votre temps, en plus attention les yeux, le pilote est double, ça fait 45mn de votre vie que vous ne reverrez pas, moi je vous dis ça, c'est un conseil d'amie, hein.

Au pire, je dois envoyer une salve de fiches à SeriesLive la semaine prochaine, bah, revenez sur le post, et vous aurez un lien vers un condensé de mes recherches, quoi. Voilà, c'est aussi simple que ça. Sauf Nakayomi qui, j'en suis sûre, a déjà lancé les recherches qui s'imposent pendant que je papotais, pour vérifier de ses propres yeux, un vrai Saint Thomas. Sacré toi, va.

Non, mais faut bien avouer quand même : entre Dante's Cove (qui ajoutait au fanservice le fantastique de basse extraction), The DL Chronicles (et son cast morose) et Noah's Arc (avec ses personnages à peine tapettes), on ne pourra pas dire que j'ai pas donné à leur chance à des séries sur le sujet. Autre que Queer As Folk, que tout le monde connaît forcément, mais, pardon : Queer As Folk, ya Aidan Gillen dedans, je peux pas en dire du mal. Oui, j'ai pas l'air comme ça, mais je m'éduque.
Bon, je pense que j'ai fait le tour des séries à thème gay, j'ai d'ailleurs aussi exploré le côté lesbien de la chose avec Nikki & Nora et The L Word, donc on va dire que le sujet est clos jusqu'à nouvel ordre, ok ? A moins que...
Et sinon, qui veut du générique ? J'ai de quoi faire la semaine, là...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Noah's Arc de SeriesLive.

25 avril 2009

La vérité est sous leurs yeux

Un peu plus tôt cette semaine avec The Wedding Bells, on parlait de la façon dont il parait impossible de rater une série où pourtant des noms qui nous sont connus, voire même des visages, ont travaillé, mais force est de constater que même ce genre de choses n'empêche pas de passer à côté de séries qu'on aurait pourtant eu toutes les raisons de découvrir il y a des siècles.
Sans que cette fois ce ne soit la faute du quizz démoniaque de Serieslive (ou alors, très indirectement, vous savez ce que c'est : on clique ici, puis là, puis encore là, et pouf ! On tombe sur un pilote par hasard), je découvre donc aujourd'hui The Chronicle, et non, je vous arrête tout de suite : rien à voir avec les chroniques pitoyables d'une quelconque Sarah Connor.

Quand je tombe de la sorte sur un pilote que je ne cherchais pas particulièrement mais dont je ne sais rien, naturellement, mon premier réflexe est de lancer le cagoulage, et de poser les questions ensuite. C'est donc pendant que m'étaient livrée The Chronicle que j'ai appris qu'il s'agissait d'une série américaine, diffusée sur Sci-Fi, et où on retrouvait en coulisses Silvio Horta (Jake 2.0, Ugly Betty), mais aussi David Janollari et Robert Greenblatt, qu'on connait principalement parce qu'on voyait leurs noms au générique de Six Feet Under (mais Maggie Winters est sur ma liste de découvertes prochaines aussi, cela dit).
Sans compter qu'on trouve au générique rien moins que Jon Polito, l'exquise Rena Sofer, etc...
Et là je me dis que, quand même, je devrais avoir honte.

Le postulat de départ est assez simple : les torchons juste bons à tapisser la litière de votre chat, et faisant leurs gros titres sur des évènements surnaturels totalement improbables... eh bien ils sont tous vrais. Si, tous. Même celui avec les triplées siamoises. Le journal World Chronicle rapporte donc cette vérité si étrange et improbable sur le monde dans lequel nous vivons : il s'y passe effectivement des choses incroyables, même si tout le monde pense que ce sont des foutaises.

Sauf que The Chronicle, ce n'est ni une redite vaguement déformée de X-Files, ni même une tentative du même genre que Freakylinks dont le parti-pris était d'essayer de donner des frissons. Ici, on prend les choses avec plus de légèreté et d'humour. Je dirai même que le personnage qui finalement est le plus sérieux à propos de tout ça, c'est le personnage principal, Tucker, qui débarque dans ce monde avec incrédulité et est plus facilement inquiété par les évènements que les autres membres (il lui arrive même de s'évanouir). Tout le reste de la rédaction est en revanche habitué à tout cela, ça ne les inquiète pas du tout qu'ils soient les seuls à parler de cette vérité, c'est au contraire un petit monde bien rôdé au surnaturel et au mystérieux. D'ailleurs, l'équipe rédactionnelle compte une voyante, une jeune femme enlevée par des aliens (plusieurs fois), etc... Toutefois, si la série se permet de prendre le sujet avec légèreté, on n'est quand même pas dans un sitcom. C'est cet équilibre entre les tons qui permet à The Chronicle d'être amusant sur un sujet pourtant usé jusqu'à la corde, sans toutefois virer à la caricature comique.

The Chronicle n'est pas en soi une série révolutionnaire. Le personnage principal qui débarque dans un univers loufoque au sein duquel il lui faudra réviser un peu son jugement sur le monde afin de pouvoir continuer à travailler, les tentatives de lui ouvrir les yeux, les personnages tous plus bizarres les uns que les autres, sont des thèmes que le fantastique a déjà abordé plusieurs fois, et même d'autres genres. Mais bien réalisée, sympathique, et témoignant d'une envie d'innover dans le domaine du fantastique (tout en sacrifiant à un certain nombre de passages obligés du genre), The Chronicle s'avère très divertissante, et beaucoup moins abêtifiante, en plus, que des séries partant de postulats proches, s'essayant aussi à la légèreté, mais ce faisant, ayant oublié d'engager un scénariste, et que je ne citerai pas pour ne froisser personne. Hein, Special Unit 2 ? Rien que pour ça, ça valait quand même le coup de donner sa chance à ce pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Chronicle de SeriesLive. Tiens, si j'avais TF6 j'aurais découvert cette série plus tôt, apparemment.

23 avril 2009

Pas Digsby ni Pigsby, mais Bigby

Jusqu'où ira mon dévouement téléphagique, quand même ? Toujours dans ma démarche, cette semaine, d'être un peu moins ignorante (au moins côté séries, le reste c'est un autre problème), je continue de me cultiver, ou d'au moins essayer, sur des séries dont j'ignore tout, parfois même jusqu'à l'existence.

Donc aujourd'hui, la séance de rattrapage porte sur une série dont le personnage se nomme... Ned !

Respirez, tout va bien, je vais pas vous ressortir mes obsessions en matière de tarte, il s'agit d'une série de Nickelodeon intitulée Ned ou comment survivre aux études (j'adore les titres qui font trois kilomètres, c'est si accrocheur, et en plus ça me pourrit bien la vie niveau tags), qui vu ses caractéristiques n'avait que peu de chances d'attirer mon attention. Quand je tombe dessus, ou si j'ai lu des articles, ou que ça semble fonctionner aux States, des fois je teste quand même un pilote ici ou là... mais enfin, ma priorité ne va pas aux séries typiquement destinées à faire partie du catalogue de K2DA ensuite, si vous voyez ce que je veux dire.
Par exemple, on en a déjà parlé ya des siècles, mais j'avais testé Hannah Montana ya des lustres de ça ; on n'a pas eu le temps d'en parler mais j'ai tenté iCarly aussi (parce que Miranda Cosgrove était dans je-ne-sais-plus quel classement des gamines les plus prometteuses du moment, avec la sempiternelle Abigail Breslin... dont je suis étonnée qu'elle n'ait pas encore son propre show, celle-là, d'ailleurs). Bref, vous voyez le genre. Sinon, je ne m'amuse pas à regarder ces séries-là aussi. D'façons je ne suis pas dans leur public-cible, alors ça vaut sans doute mieux pour tout le monde...

Dans le cas qui nous préoccupe, le pitch me laissait perplexe : une série sur les sempiternels malheurs larmoyants des pré-ados, dans le cruel univers du collège... bon, ça va, on a déjà vu. Si c'est juste pour utiliser l'effet de style du petit gars qui s'adresse à la caméra, et entre parenthèses Malcolm reste quand même la référence en la matière (Malcolm ou comment survivre à la famille, bigre, voilà un titre qui en jette !), histoire de changer vaguement la forme, l'équipe derrière Ned et Stacey et Chuck et ses amis pouvait s'épargner cette peine.

Mais en fait, Ned ou comment survivre aux études a quand même un peu plus à apporter au genre. Sa fantaisie n'est pas sans rappeler Parker Lewis ne perd jamais, même si évidemment, il ne parvient pas à être aussi pétillant que son auguste aîné. Le personnage central, Ned Bigby (mais c'est fini d'appuyer là où ça fait mal, oui ?!), est sympathique, ses deux larrons ont du répondant et fournissent ce qu'il faut d'opportunités comiques, le rythme est très soutenu et l'épisode foisonnant de petites scènes, si bien qu'on a du mal à croire qu'il se passe tant de choses en une vingtaine de minutes.

Mon bémol ira au fait que je n'ai pas non plus trouvé ça infiniment drôle. C'est bien foutu, mais on ne se marre pas comme on peut le faire devant certaines séries comiques. Je sais, je ne suis pas dans la tranche d'âge visée, on l'a déjà dit, mais je ne pense pas qu'on puisse trouver la série exceptionnellement drôle. C'est un divertissement, et c'est un divertissement qui n'est pas non plus niais, donc c'est bien. M'enfin ne nous excitons pas, si vous êtes passés à côté, franchement, vous n'avez pas besoin de vous flageller pour si peu. Disons que je suis moins amusée que pour The Wedding Bells, et moins fâchée que pour Modern Men, en gros, pour vous donner un repère.
Mais c'est sympa, cette semaine de découvertes improbables. Allez, je continue ! Avec quelle autre série le quizz de SeriesLive m'a-t-il collée, ces derniers temps, voyons-voir...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ned ou comment survivre aux études de SeriesLive.

22 avril 2009

Pardonnez-leur, ils ne savent toujours pas ce qu'ils font

Je commence à songer (presque) sérieusement à créer une catégorie "A cause de ce fichu quizz".
Aujourd'hui, une nouvelle séance de rattrapage était au programme : même motif et même punition que pour The Wedding Bells, parce que j'ai été infoutue de répondre correctement à une question. Selon le désormais célèbre adage : prends-moi 5 pts une fois, honte à moi, prends-moi 5 pts deux fois, je te cagoule ça.

Me voici donc en train de me demander où je pouvais bien trainer mes guêtres au printemps 2006 pour être passée à côté du Grand Retour à la Télévision de Sa Majesté Jane Seymour (et surtout, sans que ce soit dans un téléfilm de Lifetime...), qui dans sa rousse splendeur avait su illuminer les midis de mon adolescence grâce à l'extraordinairement sublissime Dr Quinn, mais je trouve presqu'insultant de le préciser.
Et puis alors attention : le GRTSM Jane Seymour sexy. Sacrée Jane, toujours là où on ne l'attend surtout pas !!!

C'est dans ces cas-là (quand je me prends masochistement la tête sur le quizz de SeriesLive) que je me dis que s'il y a un Dieu de la Télécommande quelque part, j'espère qu'il me prêtera vie suffisamment longtemps pour que je continue de rattraper le temps perdu (on ne sait comment d'ailleurs), afin de découvrir ces séries qui ont réussi à passer entre les mailles de mon filet téléphagique. Il y a d'ailleurs une prière qui s'y rapporte, vous la connaissez certainement : "Mon Dieu, donnez moi le temps de regarder les séries que je ne peux ignorer, le courage de regarder toutes les séries dont je n'ignore pas l'existence, et la sagesse de savoir celles qui sont à ajouter à la liste". Je la récite tous les soirs en nettoyant les bandes de mon vieux magnétoscope.

Bref je me suis donc attaquée au pilote de Modern Men, et je me dois de vous avouer qu'il faut parfois beaucoup de foi pour être téléphage. C'est un sacerdoce, on ne le dira jamais assez. Car pour vous la faire courte, Modern Men entre dans la catégorie "si j'avais su j'aurais pas v'nu". Mais je ne savais point, donc j'y suis allée sans savoir dans quoi je me lançais.

Le concept de la série (parce qu'il n'est pas forcément inutile de rappeler le concept d'une série qui a vécu brièvement il y a quelques années de ça en n'ayant pas trouvé le moyen de vraiment faire parler d'elle) c'est que trois copains, genre trentenaires à la mentalité d'adolescents attardés (comment ça ils le sont tous ? eh bah c'est pour ça que je préfère les quarantenaires, et toc !), réalisent que leur vie amoureuse ne les satisfait plus, et qu'il faut tenter une autre approche. Ils entreprennent donc de consulter un coach ou plutôt, devrais-je dire, une coach, qui pourrait les tuyauter sur la façon d'aborder la gent féminine et en obtenir parfaite satisfaction. Sachant qu'évidemment, sinon c'est pas drôle (enfin, heu...), les trois gaillards ont trois types d'attente différents concernant la gent féminine. Il y a le pauvre neuneu qui se fait plaquer par sa copine (eh mais j'la connais elle, elle s'était déjà commise dans le pilote de Four Kings ! Avec un personnage très similaire, d'ailleurs, maintenant que j'y pense...), celui qui nique tout ce qui porte une jupe mais ne comprend pas que ça ne plaise pas aux filles de se faire jeter ensuite, et le divorcé qui a du mal à tourner la page.

Comme toujours dans ce type de séries (qui rappellera aussi un peu Off Center au niveau de la dynamique des garçons), les mecs sont stéréotypés à fond, leurs préoccupations sont très nombrilistes, on dirait qu'il n'ont pas de travail, rien d'autre à foutre que de se retrouver entre potes pour parler de leurs affaires de coeur/cul, bref ils ont quinze ans, mais dans un appartement trop grand pour que son loyer soit abordable dans une grande ville comme Chicago.
Je sens qu'à la lecture de ce simple paragraphe, vous avez déjà compris ce qui se revèlera être le problème majeur de ce pilote...

Mais là où le spectateur commence à être pris d'une brutale envie de meurtre (non pas que ce ne soit pas moral, la Bible Téléphagique ne précise rien à ce sujet ; c'est juste que je ne sais pas si on arrive à cagouler facilement de nouvelles séries en prison et là ça deviendrait embêtant, quand même), c'est quand le peu de choses qui pourraient apporter du piquant, à savoir les échanges avec la coach, sont réduits à leur strict minimum. La Grande Jane Seymour avait sans doute demandé à être payée au mot prononcé.
Du coup, ces rares scènes qui seraient presque drôles, quasiment bien écrites, qui nous laisseraient croire qu'un scénariste a été impliqué dans le processus de création du pilote, ce qui serait une sacrée bonne nouvelle, quand même... eh bien on n'en verra presque pas. Et c'est là qu'on fait drôlement la tronche, quand même, parce qu'entre parenthèses, c'est pas pour les trois autres clampins qu'on était venu, c'est Seymour la bankable du lot, d'ailleurs ils sont moches, les trois autres, et pas drôles. Leur jeu manque de personnalité. Vous remplacez par n'importe quel autre acteur de la même tranche d'âge et ça fait la même chose, pour un peu (sauf avec Lee Pace, je suis sûre que le rôle de Tim aurait eu bien plus de saveur... faudrait qu'il tente un sitcom, un jour, ce petit Lee, avant de n'être plus assez frais et être cantonné aux rôles de papa dans une famille de banlieue...). Donc ça n'arrange rien.

Sur le fond, j'avoue que vraiment, je ne comprends pas tellement pourquoi ces hommes sont proclamés "modernes", alors que justement, le seul personnage à avoir une vision moderne et lucide des relations homme-femmes, c'est un second rôle interprété par la toujours pétulante Marla Sokoloff, et qu'elle a, en tout et pour tout, trois répliques. Et j'exagère à peine. Vraiment.

Au mieux, ils vont devenir modernes ; il ne serait pas trop tôt, en 2006. Mais la modernité, ne serait-ce pas, finalement, de faire leur âge ? D'arrêter d'attendre qu'une figure matriarcale leur dise ce qu'ils doivent faire de leur vie ? Qu'ils arrêtent de se regarder le... nombril (bien-sûr) et qu'ils se creusent un peu plus les méninges par eux-mêmes ? Qu'enfin, tous ces mecs de télévision (et j'ai aussi envie d'ajouter le pathétique The Big Bang Theory Club dans les comparaisons) commencent à se prendre en main s'ils veulent parvenir à quelque chose à avec nous, plutôt qu'à chercher des astuces auprès d'un tiers ?

Car enfin, mais c'est pas possible, ça ! Etre célibataire, d'abord c'est pas une tare, mais en plus ça se soigne si on y met du temps et de l'énergie ! Sauf qu'une série comme celle-ci dit exactement tout le contraire, finalement, que le célibat de ces trois garçons est si insurmontable qu'ils ont besoin d'une coach pour s'en tirer, et qu'en plus si elle ne les recevait pas dans son cabinet pour les coacher à rythme régulier, ils seraient complètement nuls. M'enfin il faut arrêter les excuses bidons, messieurs ! Comment vous croyez qu'on fait, nous ? On se prend la tête, certes, mais on le fait avec élégance et on finit par arriver à nos fins : ne dit-on pas que ce que femme veut, Dieu le veut...?

Mais comme le pardon est prêché ardemment dans la religion téléphagique, je trouverai cependant une excuse à ce pilote : c'est qu'on sent bien que 20 minutes, c'était trop juste pour faire les présentations de rigueur.
Le rythme est plutôt soutenu, les lieux et les personnages changent sans arrêt pour avoir bien le temps d'explorer les causes et conséquences sur chacun des trois gugusses, mais même comme ça, on n'a que le minimum, à savoir une introduction des personnages et du contexte, et pas beaucoup de temps pour se livrer à des expérimentations de quelque ordre que ce soit. En gros, là, on a le minimum syndical, pour les extras et les heures supp', yavait pas la place, quoi.

Donc j'ai un peu envie de dire que mon opinion ne devrait être définitive sans avoir vu un second épisode, chose que je l'avoue, je ne suis pas motivée pour faire, mais peut-être qu'il faudrait que je me force quand même un peu. A voir. Si j'ai du temps à perdre. Si j'ai rien de mieux à faire. Ho, un DVD de The Practice ! (c'est sans doute la faute de Sokoloff...)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Modern Men de SeriesLive.

22 avril 2009

Un peu cloche

"Une nouvelle série de David E. Kelley !!! Je vais me jeter dessus !"
Ce serait une réaction plutôt logique de ma part quand on sait à quel point j'aime The Practice (c'est vrai aussi que je n'ai vu que les premières saisons mais c'était pour des raisons purement circonstancielles), ou combien je peux prendre plaisir à un bon Boston Justice ou Boston Public (mais pas Boston Common, rien à voir avec la choucroute). Eh bah pourtant, ça ne m'a pas cet effet il y a deux ans quasiment tout pile quand a surgi The Wedding Bells, preuve que vraiment, c'est pas mon genre de suivre les oeuvres de telle ou telle personne à la trace (il suffit de voir le temps que ça me prend pour vous vendre Amber Tamblyn pour le vérifier, cela dit). Je vous avais bien dit que j'étais pas du genre à être fan...

Mais comme le quizz de SeriesLive m'a mise au pied du mur, m'humiliant une fois de plus en me retirant 5 points à une question insidieuse, pour ne pas m'énerver devant mon PC devant certaines questions finalement simples si on prend la peine de s'informer, me voilà un peu contrainte et forcée de me cultiver un peu. Ce quizz me rendra folle, mais ça on l'a déjà établi dans le post précédent. Et je n'ai pas fini de vous le prouver, d'ailleurs.

Alors me voilà hier en train de m'envoyer le pilote de The Wedding Bells, sans effet "waouh c'est un nouveau Kelley", et sans non plus l'extrême inverse genre "si j'ai pas regardé à l'époque c'est que je devais avoir une bonne raison" ; juste en attendant de voir ce que ça peut bien donner.

En plus, à la base, The Wedding Bells est un peu plus originale que la moyenne, ce qui fait du bien. C'est aussi bien une idée nouvelle en général que dans le cas de Kelley en particulier, donc que des raisons de s'en réjouir ! Ce n'est pas une série policière de plus dans les grilles, et ce n'est pas une série judiciaire de plus pour le créateur. A la limite on ne s'étonnera pas que ça n'ait pas marché, en fait.

Pour ceux qui comme moi ont apparemment loupé un épisode (ou plutôt 5), voilà un petit cours de rattrapage : les soeurs Bells ont repris l'entreprise familiale gérant le Wedding Palace (d'où le titre de la série, mais où vont-ils chercher des jeux de mots si subtils ?), où sont organisés, je vous le donne en mille, des mariages, c'est bien votre cas n'est pas tout-à-fait désespéré en anglais. Sauf qu'évidemment les mariages ont tendance à poser problème, et il en va de même pour les tempéraments des trois sœurs ainsi que des trois mâles de l'entreprise, à savoir le photographe (qui, si ce n'est encore fait et ça m'étonnerait de lui, donnera envie à Nakayomi de découvrir la série), le chanteur du groupe qui anime les soirées de mariage, et le mari de l'une des trois sœurs (qui fait à peu près tout ce que les autres ne veulent pas faire). Rien à voir avec le pouvoir des trois : rien ne sauvera jamais un mariage de la débâcle, ni les sœurs de la discorde, puisqu'elles se cherchent en permanence des poux dans la tête (mais n'est-ce pas là la définition d'une frangine ? Spéciale dédicace à la mienne !).

On partait donc d'un petit pitch sans prétention mais quand même bien rafraîchissant dans le contexte ambiant.
Le cast est en plus relativement appréciable. Bon, personnellement je n'ai pas autant de louanges à chanter sur Michael Landes que d'autres personnes de ma connaissance, et Teri Polo ne m'est pas spécialement sympathique, mais l'ensemble fonctionne bien, c'est léger, drôle, et les guests (en tous cas pour le pilote) sont plutôt bien choisis (même si j'ai été infoutue de trouver Renée Taylor qu'IMDb m'avait pourtant promise, ya eu arnaque ; mais au moins les sœurs Tom formaient un super tandem, Brandon Quinn vieillit de façon presque potable, et surtout j'ai bien été contente de retrouver Delta Burke, plus hautaine que jamais).
Bref c'est très vivant et enlevé, le rythme est impeccable, les sœurs sont pétillantes, les situations rocambolesques mais les gags (si on peut parler de gags, vu que ce n'est quand même pas un sitcom) fonctionnent bien, et à un moment c'était presque pertinent ces regards sur le mariage, même si ce n'était pas absolument révolutionnaire. C'est pas ce que Kelley a pu faire de plus profond, mais en tous cas c'est pas un ratage complet.

J'ai même envie de dire que certains personnages tirent très finement leur épingle du jeu, sortent légèrement des poncifs du genre sans non plus révolutionner la face du monde (j'adore la façon dont systématiquement le photographe parvient à dénouer toutes les tensions dans la clientèle, c'est juste magique). Et puis pour une fois qu'on parle de mariage sans se contenter de sortir bêtement les violons, en prenant ça à l'humour (ça m'a rappelé un épisode de Gilmore Girls à un moment !), ça faisait franchement du bien, plutôt que les tartines de "c'est le plus beau jour de ma vie gnagnagna" (je pense à peine à Charlotte York et son Trey), non, sérieux, en fait plus j'y pense plus je me suis amusée. Zut alors !

Du coup, me voilà à me dire : tiens, et si je regardais la suite ? Quatre épisodes, ça ne peut pas me tuer... sauf si mettre la main dessus me prend trois plombes, c'est vrai. Comme de toutes façons ce n'est pas le genre de série pour laquelle on va se couper les veines parce qu'elle reste inachevée (je dis ça mais je me suis pas coupée les veines pour le Piemaker, non plus... j'ai juste fait une orgie de tartes pendant 6 mois, rien de grave en somme), ça ne me fera pas de peine une fois les 5 épisodes achevés, et j'aurai passé un bon moment quand même. Donc ça vaut quand même bien le coup, non ?

Et puis c'est le printemps, si je regarde pas des trucs légers et pas prise de tête maintenant, quand le ferai-je ? (surtout que l'été est traditionnellement consacré pour moi aux rediffs et remises à niveau avant la rentrée) C'est à se demander pourquoi ça n'a pas marché. Cette série avait pourtant beaucoup d'atouts dans sa manche, puisqu'elle est elle-même sortie au printemps !

Je me sens un peu bête d'être passée à côté de ce sympathique divertissement il y a deux ans. Je sais pas trop ce qui s'est passé mais c'était... cloche de ma part de ne pas lui prêter plus d'attention. Comme si un peu de bonne humeur et de fantaisie dans ce monde, ça pouvait se refuser par les temps qui courent...

Et pour ceux qui manquent de culture : la fiche de The Weddings Bells de SeriesLive.

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