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ladytelephagy
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7 février 2010

Where everybody knows your name

Des épisodes de Cheers, je n'en ai pas vu beaucoup. Au risque de me répéter. Et aucun d'entre eux n'était le pilote.
Par un dimanche ensoleillé... euh, en fait c'était aujourd'hui... j'ai décidé que je n'avais pas la moindre excuse pour rester dans l'ignorance. Et donc, j'ai cagoulé le pilote séance tenante, et je l'ai regardé. Quand c'est aussi simple que ça, il n'y a pas la moindre raison de se priver. Ça compense quasiment pour toutes les fois où j'ai voulu découvrir le pilote d'une série et que j'ai été infichue de mettre la main dessus.

Whereverybodyknowsyourname

C'est assez étonnant, en fait, de voir à quel point Cheers brosse le portrait, dés ses premières images, d'un petit monde attachant. Chaque personnage apparait, remplissant progressivement la petite taverne, une personnalité à la fois, et ça semble complètement naturel. Les épisodes que j'avais vus ne m'avaient pas spécialement marqués, donc je ne pense pas qu'il soit question de nostalgie dans cette constatation. Non, c'est juste très efficace.

Cheers fait partie de ces sitcoms qu'aujourd'hui on ne peut que considérer comme classiques dans leur forme. Il y en a eu des dizaines et des dizaines sur ce modèle. Rien de révolutionnaire pour le spectateur d'aujourd'hui.
Mais pour ce même spectateur... qui aujourd'hui était donc une spectatrice... le pilote s'est montré rythmé, drôle et même touchant. Et quand une série est capable d'accomplir tout ça 28 ans après sa création (eh oui, la série a mon âge !), on est bien obligé de laisser ces facteurs de côté ! On doit bien reconnaître que la série a quelque chose qui justifie, voire même dépasse, la réputation qui l'a précédée. Parce que malgré toutes les séries plus ou moins similaires qui sont passées depuis, Cheers a gardé une certaine sincérité qui n'a pas failli. N'est-ce pas incroyable ?

J'aime à répéter que les sitcoms ne me plaisent pas. J'ai l'impression de passer le temps plutôt que de me lancer dans une aventure avec l'envie qu'elle dure. Je suis plus réceptive aux séries en single camera qu'aux sitcoms, et ça fait quelques années maintenant que c'est un fait.
Mais étrangement, on me proposerait de regarder Cheers tous les jours (disons, à 20h sur M6, là où le bon sens dicte qu'il devrait y avoir des sitcoms chaque jour que Dieu fait), je signerais tout de suite. Parce qu'on sent bien qu'il se passe un truc, qu'on est tout de suite dans le bar avec tout le monde, à rire, à pleurer, à tout partager. Je ne fréquente pas les bars assidûment, mais j'aurais presqu'envie de m'y mettre dans ces conditions !

Cheers est une série qui parle de personnes qui se retrouvent toujours au même endroit et qui partagent tout et rien pendant quelques instants de leur journée. Mais du coup, parce qu'elle est extraordinairement bien écrite et réalisée, c'est aussi une série qui, dés le premier épisode, donne envie de se retrouver toujours à la même heure devant sa télé avec ces personnages, et de partager tout et rien pendant quelques minutes de la journée. On n'est plus devant la télé, on est accoudé au comptoir.
Je suis admirative qu'une série arrive à évoquer ce genre de choses dés son pilote, pas vous ?

Il faut dire que le cast est absolument parfait. Ted Danson, notamment. Shelley Long en rajoute un peu, mais ce n'est pas grave, au contraire ça fonctionne bien. Et je pense au moins autant de bien des autres acteurs, plus ou moins importants, qui donnent vie au Cheers, à leur façon.

Quand l'écriture est bonne, que l'interprétation est bonne, que le rythme est bon, et que par-dessus le marché il en existe 11 saisons, je vous avoue que je ne réfléchis pas, je lance le cagoulage de la suite de la série. Je ne promets pas forcément de regarder les 11 saisons, mais là, j'ai déjà énormément envie de regarder toute la première.

Dites, sur un tout autre sujet... j'ai fait un peu de lecture et j'ai appris qu'il y avait des vrais pubs Cheers qui avaient ouvert suite au succès de la série. Quelqu'un sait s'il y en a un à Paris ? Juste par curiosité, évidemment...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cheers de SeriesLive.

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23 janvier 2010

Let the memory live again

L'an dernier, pour mon anniversaire, je vous avais offert le pilote de Ricky ou la Belle Vie, série qui était née la même année que moi. Cette année, dans le même ordre d'idée, j'avais espéré parler de Cagney & Lacey. Mais voilà : impossible de mettre la main sur le pilote. Pas une cagoule qui traine, rien. Le désert.

Bah je vais pas me laisser arrêter pour si peu. Je vais le faire de mémoire.
Sauf qu'en dépit de l'immense tendresse que j'éprouve pour cette série, je ne me souviens plus de grand'chose. Aussi, quoi de mieux, alors que je m'apprête à prendre un an de plus, que de vous proposer un post sur la mémoire du téléphage ?

CagneyLacey

Pour regarder plus de films ces dernières semaines, je n'ai que plus encore la conviction que la mémoire joue un rôle essentiel dans la téléphagie.
Quand un film est relativement intelligent (partons sur ce postulat de base, voulez-vous ?), il construit son intrigue sur la base de petits éléments qui prennent du sens au fur et à mesurte, de sorte que, lorsqu'arrive la conclusion du film, la façon dont se finit l'histoire ait du sens. C'est vrai aussi bien d'une histoire d'amuuuur ("en fait il l'a toujours aimée !") que d'un thriller ("ah mais c'est pour ça qu'il arrivait aussi vite sur les lieux du crime !"). Mais en faisant cela, le film ne joue que sur la mémoire immédiate. Dans deux heures, vous n'aurez plus besoin de vous rappeler si le tueur au masque était apparu alors que le meilleur copain était sorti de la pièce.
Et même dans le cas d'un film à suites, la plupart du temps, la réutilisations de gimmicks, ou le rappel de quelques éléments de l'intrigue par des allusions voire un flashback, suffisent amplement à rafraîchir la mémoire pour obtenir le minimum syndical. D'ailleurs, pour ce que j'en ai observé, la plupart des films comptant plusieurs volets tiennent en fait plus de la franchise que de la suite, et peuvent être vus de façon indépendante sans que cela ne bloque la compréhension. Box office oblige, j'ai envie de dire.

Avec la série, c'est évidemment différent, donc. Le principe étant qu'on va revenir entre 10 et 25 fois par an, disons, sur les écrans. La mémoire du spectateur a alors un rôle essentiel à jouer. L'exemple le plus évident étant celui du personnage mineur qu'on a totalement oublié et qui réapparait subitement pour révéler un point capital de l'intrigue. D'où le soin infini porté à la construction d'un axe ou d'un personnage dans toute série un peu sérieuse sur ses intentions.
En fait, j'ai même envie de dire que, dans le fond, écrire une série télévisée, c'est apprendre à appuyer sur les interrupteurs de la mémoire du téléphage.

Tout le jeu consiste à savoir distiller des éléments et à les réutiliser ensuite. Même pas forcément sur plusieurs épisodes, d'ailleurs. Les comédies, qui se dispensent plutôt bien d'arcs couvrant plusieurs semaines, exploitent ce procédé à l'intérieur d'un même épisode, par exemple ; cela leur permet de trouver de bonnes chutes pour un gag, ou de jouer sur le comique de répétition. Or, le comique de répétition, comment fonctionne-t-il ? Il fait de l'effet au spectateur parce que celui-ci a mémorisé le fait que telle réplique, ou tel geste, a déjà eu lieu. Un geste souvent anodin la première fois qu'il est exécuté (à plus forte raison si la série n'est pas tournée en public ni ponctuée de rires enregistrés), mais qui a été écrit et montré de telle façon qu'un marqueur invisible l'a pointé du doigt pour qu'à l'occurrence suivante, le spectateur s'en souvienne et réagisse.

C'est tout un art de jouer avec la mémoire des gens à la télévision. Parce qu'on n'est jamais sûr de ce que le spectateur a vu : il peut être en train de manger, de discuter, d'envoyer un texto, de lire ses mails, de passer un coup de balai...
La subtilité d'écriture d'une série repose en définitive sur deux choses dans un tel contexte : la capacité à inciter le spectateur à ne pas faire autre chose, et la façon de poser les marqueurs sans avoir l'air d'insister lourdement. Avec ces deux qualités, un scénariste peut emmener un spectateur n'importe où.

Pour autant, le téléspectateur ne peut pas tout mémoriser. Il a beau avoir relevé plus ou moins consciemment tous les marqueurs sur le moment, il passe aussi tout le reste de la semaine à penser à autre chose. Et même, à regarder d'autres séries, avec leurs propres marqueurs. Même le téléphage le plus absorbé ne peut se souvenir de tout. Et celui qui le prétend est soit un menteur, soit un asocial qui passe son temps à apprendre ses épisodes comme on apprenait des poèmes de Prévert à l'école primaire.
Il y a donc, nécessairement, une part d'oubli dans le visionnage d'une série.

D'ailleurs, faites l'expérience. Prenez l'une de vos séries préférées, et faites-vous l'intégrale d'une saison. Quelle que soit la série choisie, vous allez à un moment ou à un autre, au milieu des exclamations de ravissement ("ah, attends, j'adore cette scène... là, après ça"), finir par vous exclamer : "tiens, je ne me rappelais plus de ça". Une scène, une réplique, un gag... J'ai beau avoir vu Une Nounou d'Enfer une bonne douzaine de fois en intégralité (et je remercie M6 sans qui tout cela n'aurait jamais été possible), pourtant, il y a invariablement une réplique qui me surprend alors même que je récitais l'épisode par cœur.
Ainsi, même si la mémoire est un ingrédient fondamental de la téléphagie, l'oubli en fait partie aussi. Et c'est une excellente nouvelle pour l'industrie du DVD.

Nous ne sommes qu'humains, après tout. Et nous ne pouvons pas nous souvenir de tout ce que nous voyons.

On en a d'ailleurs régulièrement l'illusion ! Si vous êtes un peu comme moi, la moitié du temps, vous êtes infichus de dire ce que vous avez mangé mardi soir dernier, mais vous pouvez réciter l'intégralité des dialogues d'une scène issue d'une série donnée !
(votre entourage, souvent ignorant en matière de téléphagie, prétend alors, à tort, que vous avez la mémoire des choses inutiles. Mais peut-on qualifier un dialogue d'A la Maison Blanche d'inutile ?! Décemment non)

C'est la raison pour laquelle j'ai tellement de mal à faire ce post, qui pourtant me tenait à cœur, sur Cagney & Lacey. De mémoire, en tous cas. Les bribes de ce que j'en ai retenu, autour d'une vingtaine d'années après en avoir vu des épisodes, sont insuffisantes. Je n'étais pas la téléphage que je suis aujourd'hui, pour commencer, mais j'étais aussi moins sensible aux marqueurs parce que je ne donnais pas forcément la même attention à ce que je regardais. Qui plus est, je n'ai pas eu la chance de me rafraîchir la mémoire et, au cours de ces années de téléphagie intensive où j'aurais été complètement à même d'enregistrer un maximum de données, de voir ne serait-ce qu'un seul épisode de la série.
Pourtant, ces mêmes bribes semblent encore suffisantes pour avoir, chevillée au cœur, cette tendresse envers la série.
C'était certainement le marqueur le plus efficace, en fin de compte.

18 janvier 2010

Toute histoire a un début... ou parfois, deux

C'est à cause de l'heure. Il ne peut pas y avoir d'autre explication. Si, en fait il peut y en avoir d'autres. Mais majoritairement, c'est à cause de l'heure. Quand on regarde les premiers épisodes d'une série après minuit, on s'expose à n'être pas franchement rationnel.
Si je n'avais pas découvert Heroes à environ deux heures du matin (si mes calculs sont justes), aujourd'hui on n'en serait donc pas là. Je n'aurais sans doute pas acheté le coffret de la 1e saison, et le second ne figurerait pas dans la commande Cdiscount que je dois aller chercher à la Poste (happy birthday to me ♪).

J'ai donc redonné sa chance au pilote de Heroes. 'Stoire de voir. De me tester, si on veut. Comparer avec moi-même.
L'expérience est d'ailleurs assez intéressante parce qu'après trois ans quasiment jour pour jour, il était évident que mon regard allait changer sur cette série. Ne serait-ce qu'à cause de tout ce que j'en avais lu dans l'intervalle, déjà. Et puis aussi parce que, forcément, mes goûts ont évolué depuis, et que c'est amusant d'essayer de reprendre les choses depuis le début (ou en tous cas, essayer) et de constater que...

...que le résultat, en définitive, est complètement différent. Et pas du tout.

Ce qui est radicalement différent, c'est que je suis loin de l'enthousiasme sans borne et de la fringale (osons le dire) que j'ai ressentis après les premiers épisodes de la série, il y a donc trois ans de ça (ce blog était encore en langes, c'est émouvant). Non, après avoir revu le pilote, je n'ai même pas absolument envie de m'enfiler le second épisode dans l'immédiat, bien que, bon, allez, ça va certainement se produire un soir où je serai fatiguée et où j'aurai envie de m'enfiler un truc pas trop compliqué, d'autant que maintenant que j'ai remis le pied à l'étrier... mais ça s'arrêtera là.
Car du coup, ce qui ne sera pas différent, c'est que Heroes n'est pas, et ne sera jamais, la série que je n'aurais jamais dû arrêter de regarder, et que je regrette d'avoir laissé filer.

Cela dit, je ne m'en veux pas pour l'investissement côté DVD. D'autant que j'ai jamais payé le prix fort pour cette série vu que je l'achète toujours avec 50 ans de retard. C'est pas plus mal d'avoir ce genre de série dans ma téléphage-o-thèque, ça change. Ce ne sont pas les dizaines d'euros que j'ai le mieux dépensés mais enfin, c'est pas comme si j'avais acheté un DVD de Son of the Beach, n'est-ce pas ? Ahem.

Bref, le pilote de Heroes m'a finalement rassurée.
Tout va rien, en arrêtant de regarder la série au cours de la première saison, je n'ai pas fait la plus grosse bêtise de ma vie de téléphage.

Et quelque part, maintenant que je sais ça, en fait, je pense que je vais regarder la série beaucoup plus sereinement que si je ne me disais que j'ai loupé (au moins pour la première saison, mettons) l'un des meilleurs divertissements popcorn de ces dernières années.
Je crois que je suis prête pour enfin vraiment découvrir la série. Réconciliée.

Heroes

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous me raconterez à quoi ressemble la vie de troglodyte, à l'occasion) : la fiche Heroes de SeriesLive.

17 janvier 2010

La fiction française m'a tuer

Les séries françaises...
J'en vois déjà plusieurs parmi vous qui poussent un soupir résigné, et ils ont raison : ce post ne va pas être joli. Oh non. Pourtant, c'est pas comme si je n'avais pas prévenu tout le monde : je n'ai pas la moindre foi en la fiction française. Je fais beaucoup d'efforts pour en finir avec mon pro-américanisme primaire (et côté Asie, ça marche plutôt bien, et je vous ai déjà parlé de séries britanniques, néo-zélandaises et même indiennes, c'est dire si je fais un travail sur moi), mais je ne me sens pas aidée. Il faut préciser que je n'ai pas Canal +. Oh bien-sûr, une fois de temps en temps, je m'assieds devant une diffusion de Kaamelott en prime time, et j'ai envie d'embrasser mon téléviseur, oui, évidemment... mais enfin, ça reste une situation minoritaire. Rarissime, même. Et ça fait des années que je ne suis pas tendre, et que je ne loupe personne au tournant, en plus. Donc j'estime que tout le monde était effectivement prévenu.
Alors, quand je lance le pilote d'une série française, je trouve normal d'être sans pitié. Je veux dire : ou alors c'était pas la peine de venir, les gars, fallait rester à la maison.

Je suis très en colère, en fait. Fâchée de chez fâchée. J'ai le sentiment qu'on n'arrive à rien. Et tout ça c'est justement la faute de Kaamelott, précisément. Pour moi, cette série est le symbole de l'espoir télévisuel grand public en nos contrées. Kaamelott, pensais-je, va nous sauver. Et je me rappelle comment mes espoirs se sont brisés quand M6 nous a sorti Off Prime, par exemple. Ou comment ne pas tirer de leçon et refaire de la comédie lourdingue des années 90. On n'allait jamais s'en sortir.

Il y a un bout de temps de cela, j'ai commencé à entendre parler de Hero Corp. Et je me suis dit que si un Astier était à la barre, c'est qu'il avait bien dû apprendre deux ou trois trucs des apports de son aîné au monde de la télévision française, et qu'on allait peut-être, enfin, oui c'est sûr, il ne faut pas désespérer, voir fleurir non pas une série porteuse d'espoir, mais toute une génération de séries.
Et puis j'ai regardé le pilote.

HeroCorp_logo

J'ai une affection particulière, vous le savez, pour NERDZ et Flander's Company, vous le savez sans doute. Mais cette sympathie se fait en toute conscience d'une chose : leur degré d'amateurisme. Je sais qu'il n'y a pas beaucoup de sous. Je sais qu'il n'y a pas beaucoup d'exposition médiatique. Je sais que ça tient souvent du délire entre potes. Et ce sont des séries dont le plan marketing, d'ailleurs, est fondé sur ces trois piliers (à différent degré l'une de l'autre). Je n'attends pas d'effets spéciaux incroyables (mais suis ravie d'en voir), je n'attends pas d'intrigues fouillées (mais adore voir que ça ne les empêche pas d'essayer), et je n'attends pas, c'est sans doute le plus important, une qualité d'interprétation digne de l'Actor's Studio (mais ait trouvé que certains acteurs avaient à en remontrer à d'autres plus connus). Je n'oublie pas que ces mecs-là, le reste de la semaine, ils sont graphistes, profs... on ne peut pas demander trop à des personnes qui n'ont pas le temps de vivre de leur fiction. Et tout est à regarder dans cette optique, ce qui, je le précise encore, n'évite strictement pas les excellentes surprises.

Voilà donc mon problème : quand CALT produit une série pour Comédie! et France 4 sur l'idée d'un auteur et comédien dont c'est le travail à plein temps, j'attends plus. J'exige plus. C'est un minimum que de ne pas faire du travail amateur dans ces conditions. Ce devrait aller sans dire.
Mais le pilote de Hero Corp, je garde la conviction que l'équipe de NERDZ aurait pu le réaliser sans qu'on y voit beaucoup de différence. Et ça me met rudement en colère.

Le plus horripilant n'est même pas dans la réalisation ; elle a d'ailleurs un ou deux bons moments (essentiellement au début de l'épisode). Non. Le comble de l'horreur, le truc qui me fait faire la tête du Cri de Munch, ce qui me hérisse le poil, c'est l'interprétation. Je supplie les acteurs français de nous tuer plutôt que de continuer de nous infliger ça. Merde les gars, à ce stade, AB Prod avait aussi bien fait de s'occuper du casting ! C'est pas possible. On ne peut pas humainement imposer ça à ses spectateurs. Pourquoi vous ne vous mordez pas les joues pour éviter de rire, aussi ? C'est au-delà de mes forces.

Le problème de Hero Corp, c'est très certainement de ne soutenir la comparaison avec Kaamelott à aucun moment, sauf qu'elle se fait automatiquement, non seulement à cause de Simon Astier, de l'univers décalé, mais du ton choisi pour les dialogues. Ton des dialogues, j'ai dit, pas ton de l'histoire. Car, et c'est sans doute là que le bât blesse, les personnages semblent baigner dans une comédie à la Kaamelott là où l'ambiance cherche à instaurer du mystère. Mystère qu'on ne peut pas un instant prendre au sérieux puisque les acteurs persistent à s"invectiver avec fougue et à faire les pitres là où il aurait fallu cultiver de vraies pauses sérieuses dans la narration. Mais Simon n'est pas Alexandre, et le résultat manque de finesse voire de soin. Le résultat donne une impression de travail à la va-vite, de torchage mal pensé, et peut-être même, si l'on est de mauvaise humeur comme moi à présent, de copie éhontée.

Non, Hero Corp n'a rien de la révélation que j'attendais. Mais vous savez quoi ? Je vais quand même tenter le second épisode. Parce que même fâchée, désormais j'ai l'espoir.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hero Corp de SeriesLive.

11 janvier 2010

Hit the wall, Jack

Imaginez une série qui soit précédée de sa réputation, en des termes peu flatteurs. Genre :
- il y a un lapin en peluche qui parle dedans
- c'est un mauvais remake de Mariés, Deux Enfants
- elle a été classée par TV Guide comme la 30e plus mauvaise série de tous les temps
Après ça, étonnez-vous que ma curiosité ait été piquée...

Unhappily

Pourtant le pilote d'Unhappily Ever After n'est pas si mauvais. Au point que c'est quasiment une déception. Bon, si, effectivement, les deux premiers points ont tendance à se vérifier. D'ailleurs pour commencer, le décor est exactement le même. On pourrait se dire que c'est parce que ça a été tourné dans le même décor, mais non, non pas du tout, parce que Mariés, Deux Enfants était toujours en cours de diffusion à l'époque où Unhappily Ever After a été lancée ! C'est donc un acte délibéré !
Outre le décor, il y a la famille : le fils sans succès auprès des nanas, la fille totalement superficielle... et évidemment les vannes entre époux.

Non, entre ex-époux. Et c'est là ce qu'on trouvera de plus original, d'ailleurs. A contrario de ce bon vieux Al qui a signé pour l'éternité avec Peg, Jack et Jennie ont divorcé. Ou plutôt, Jennie a viré Jack de la maison familiale. L'ambiance dans la famille étant ce qu'elle est, les enfants ne sont pas spécialement traumatisés.
"Hey papa, où tu étais ?
- Ta mère m'a foutu dehors il y a deux semaines.
- Sans déc' ? Eh bah... à plus.
- Salut papa !
- Salut mon bébé... euh, tu savais que j'étais parti, n'est-ce pas ?
- Papa, je suis tellement égocentrique que je ne m'étais même pas rendue compte que tu es là maintenant."
Vous voyez le tableau.

Comme vous le voyez, la dynamique familiale ne fait que confirmer les soupçons de paternité avec la série de la FOX. Et les quelques références à connotation sexuelle (en général assez négatives, genre : "si je t'avais pris quelque chose, je te l'aurais rendu !"/"comme ma virginité ?"/"vois ça avec un autre ma belle") ainsi qu'aux moyens financiers limités du paternel sont de taille à effectivement laisser persister l'impression.

Mais c'est la lecture de Wikipédia qui m'a convaincue pour l'histoire de la 30e série la plus mauvaise de l'histoire de la télévision... Je résume, accrochez-vous...
Le principe, c'est que la mère, Jennie, était sur le point de commencer une nouvelle vie suite à son divorce, mais au bout de quelques épisodes la série a été réécrite pour que le père, Jack, désormais quasiment à la rue (dans un appartement qui ressemble plus à un taudis qu'à la garçonnière de Gary Unmarried), commence à développer une schizophrénie qui lui fait imaginer que Mr Floppy, le lapin en peluche que son fils lui a donné, parle. C'est pas fini. La mère de Jennie, qui apparait dés le pilote ainsi qu'au générique, finit la première saison en mourant et en étant brûlée au fond du jardin (je crois que ça veut dire que l'actrice n'avait pas l'intention de revenir. Encore que, ça veut rien dire, attendez). Il en reste. Au bout de trois saisons, réorientation de la série pour mettre en valeur Nikki Cox, qui interprète la fille et qui commençait à avoir la côte. De plus en plus d'épisodes se déroulent au lycée puis à la fac, et les scénaristes tuent Jennie devenue inintéressante, mais les audiences chutent et Jennie est ressuscitée quasiment par décret ! Après son retour, elle devient lesbienne et s'enfuit avec une femme, et là comme l'actrice avait vraiment claqué la porte, on n'en a plus reparlé. On est presque arrivés. Du coup, Nikki Cox reprend la vedette avant de signer pour une autre série (Nikki), ce qui provoque l'arrêt de la série. Dans un final qu'on ne peut qu'imaginer époustouflant, Jack se débarrasse de Mr Floppy qui meurt, avant de se raviser et ressusciter le lapin en peluche (décidément, c'est une manie).
Sans déconneeeeeeeeeeer ?!

Quand on sait tout ça sur Unhappily Ever After, on comprend difficilement que la série ait survécu pour 100 épisodes. De nos jours, la plupart des chaînes arrêteraient les frais bien avant que l'humiliation ne soit aussi complète et totale. On se demande comment il est possible de faire pire.

J'ajoute qu'on trouve pas mal de têtes connues au générique de la série : Geoff Pierson (que je connais depuis Une Maman Formidable et dont je suis incapable de dire du mal), Nikki Cox donc (faisant ce qu'elle sait faire de mieux : être rousse et aguicher), mais aussi Justin Berfield (pré-Malcolm, dans un rôle quasiment à la Dewey d'ailleurs). Et puis, je soupçonne aussi que Debra Messing ait été figurante dans le pilote, cachée sous cette perruque blonde.

DebraUnhappily_1 DebraUnhappily_2

Mais on n'en aura probablement jamais la confirmation...

Reste que d'une certaine façon, j'ai reçu une grande leçon de télévision avec cet épisode, confirmant le dicton célèbre qui dit, notamment quand on regarde un sitcom navrant : "tu crois que ça pourrait être pire, dis-toi qu'il y a forcément une série où ça l'a déjà été". Hm ? Vous dites ? Cet adage n'existe pas ? Maintenant, sa nécessité est prouvée.

Et pour ceux qui manquent de culture... SeriesLive n'a pas osé en faire de fiche, dites donc.

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28 septembre 2009

Pilote automatique

Sacrée journée que celle d'hier ! Huit pilotes en moins de 24h (avec les posts qui font bien comme vous pouvez le voir dans la colonne de droite), ça fait un bien fou ! Je devrais faire ça plus souvent. Finalement, ce n'est pas une si mauvaise idée que de regarder tous les pilotes de la semaine passée en une seule journée... bon, quand je dis "tous", on se comprend. Tant que faire se peut, quoi. Par exemple à mon grand regret, je n'ai pas eu le temps pour Flash Forward (et plus j'attends, plus je crains d'être déçue, alors que si je m'étais lancée sans attendre...). Mais quand même, l'expérience sera à renouveler dans un futur que j'espère proche.

Pour une pilotovore telle que moi, ce genre de journée, c'est évidemment le pied. Mais d'ailleurs, saviez-vous qu'en plus de dévorer des pilotes de série le matin au petit déjeuner (dans un bol de lait), il m'arrive fréquemment d'en revoir certains, juste pour le plaisir ? Car il y a quelques années, j'ai découvert qu'un pilote a la particularité d'être non seulement une délectable initiation à un nouvel univers de fiction, mais aussi, ensuite, d'être un épisode savoureux à regarder avec du recul, une fois qu'on a vu tout ou partie de la série.

Alors du coup, je me suis amusée à faire un top des pilotes que j'ai regardés volontairement le plus de fois. J'insiste sur le volontairement, parce que je ne compte pas ceux sur lesquels je suis tombée par hasard. Non, ceux que j'ai fait exprès de regarder, encore et encore, à l'aide de rediffusions, de DVD ou autres... Et évidemment, je parle de pilotes seuls, et pas de pilotes vus dans le cadre d'une intégrale.

1 - Une Nounou d'Enfer - 8 fois
Oh, au moins. Les rediffusions de Hem6 aident bien, c'est sûr, mais à chaque fois je me remets devant de bonne grâce (et avant le coffret DVD, j'enregistrais chaque fois que je regardais). Pourtant, a contrario de la plupart des autres épisodes, la première saison et plus encore le pilote ont énormément vieilli. Mais ce serait contre nature que de refuser ces retrouvailles.

2 - SPACE 2063 - 4 fois
Je sais, le nombre est étonnamment bas. Il faut dire que le pilote est tout de même double, ce qui décourage un peu. Qui plus est, avec cette série, mon régal est aussi de prendre pour cible de mes rediffusions plutôt un épisode ultérieur, genre Reste chez les morts, ou Très chère Terre. Ou Qui pilote les oiseaux. Ou Poussière d'étoiles. Ou... oh, il y a tellement, des épisodes préférés, dans cette série. Une bonne vingtaine, je dirais.

3 - A la Maison Blanche - 4 fois
En plus de regarder la série avec attention, je m'en suis aussi servie pour mes expériences de contagion intensive sur deux personnes. Et comme je suis un agent bactériologique consciencieux, j'ai regardé ce pilote avec elles. D'ailleurs cycliquement, je me dis que je me referais bien une intégrale, et puis le temps manque... mais il est très possible qu'à la faveur d'un peu de temps libre, ce pilote monte dans le classement.

4 - Battlestar Galactica - 3 fois
Si la toute première fois, un acte complètement non-prémédité, est un très grand souvenir de téléphagie, les deux suivantes, placées sous le signe de la contagion, ont été marquantes également. Il est assez excitant de regarder un tel pilote avec quelqu'un qui le découvre, et l'animation se fait alors aussi bien à l'écran que sur le visage du cobaye.

5 - Oz - 3 fois
Je lis sur votre visage l'expression qu'ont les lecteurs qui se disent "ouais, et quoi de neuf sinon ?". C'est vrai que pour le moment ce petit classement n'étonnera pas grand monde ; les vraies surprises viendront plus tard dans le classement. Il n'est en effet pas très étonnant qu'on trouve l'un de mes classiques après... quatre autres de mes classiques.

6 - Pushing Daisies - 3 fois
Shocker ! L'auriez-vous imaginé ? Je suis même étonnée que ce chiffre soit si modeste. Mais dans quelques années, il y a fort à parier que ce pilote aura grimpé, peut-être même allant jusqu'à atteindre la deuxième place de ce classement. Après tout, n'oublions pas que la blessure est encore fraîche.

7 - Le Cœur a ses Raisons - 3 fois
Eh oui ! C'est assez étonnant de trouver cette série ici, quand j'en parle peu par ailleurs. Mais quand je l'ai découverte, il y a eu pour cette série quelques semaines d'ivresse pendant lesquelles je me suis enfilé les deux premières saisons. Une de ces périodes de fringale mono-obsessionnelle dont je me suis fait une spécialité, et qui devient même dangereuse pour mon entourage, qui se voit harcelé : "tu devrais regarder ce pilote, tu devrais regarder ce pilote, tu devrais regarder ce pilote !". Jusqu'à ce que, de guerre lasse, ils regardent effectivement ce pilote avec moi, ce qui a invariablement pour effet d'aboutir à la conclusion suivante : "ouais, bon, c'est pas mal... mais pas autant que tu me l'avais laissé pensé". Fallait pas insister.

8 - Reba - 3 fois
Même syndrome, mêmes conséquences. Après avoir vu le pilote (et ce qui a suivi) deux fois à environ un an et demi d'intervalle, j'ai entrepris de faire découvrir le pilote à ma soeur qui, c'est le moins qu'on puisse dire, s'est montré assez tiède au sortir du visionnage. C'est vrai que l'accent texan, je le reconnais, c'est pas à la portée de tout le monde. Moi-même au début j'avais du mal d'ailleurs. Mais bon, ça n'a pas trop bien marché. A part pour moi qui, du coup, ai regardé le pilote une troisième fois.

9 - Pretty Handsome - 2 fois
Ah, là on commence à discuter ! Pour un pilote qui a, grosso-modo, un an, la performance est pas mal dans le genre. Rétrospectivement, il m'apparait comme évident que cette série aurait figuré en bonne place dans mon classement perso si elle avait été achetée. Ah, imaginer que pendant une saison, j'aurais pu me délecter de Pushing Daisies et de Pretty Handsome en même temps, ça me donne des frissons... Avec ces deux mamelles téléphagiques, j'aurais été une téléphage repue.

10 - True Blood - 2 fois
Comme quoi il n'y a vraiment pas que les séries que j'adore qui ont les honneurs de rediffusions de pilote. En l'occurrence, c'est vrai que je comptabilise le preair du pilote comme 1 fois, et le pilote définitif comme une 2e fois, ce qui nuance quelque peu le propos, mais quand même. Je veux dire que, franchement : qui s'attendait à ce qu'on trouve une série avec des vampires dans le top des épisodes que je regarde le plus souvent, et de mon plein gré ? N'est-ce pas. Bon, une troisième fois, cela dit, ça n'arrivera pas. Courageuse mais pas téméraire.

Je me demande si je suis la seule à faire ça, regarder des pilotes (sans forcément embrayer derrière sur tout une saison, a fortiori toute une série) que j'ai déjà vus. Si ça vous est arrivé, ça m'amuserait de voir à quoi ressemble votre palmarès : est-ce que ça reflète vos goûts ?

22 septembre 2009

There there

therethere_0

Pour ma défense, je suis malade ! C'est à vrai dire l'unique raison pour laquelle j'ai regardé l'intégralité de la 1e saison dimanche, une partie de la 2e depuis, et cagoulé d'ores et déjà le season premiere de la 3e.

Le pire, c'est qu'un an plus tard (presque jour pour jour, je ne m'en aperçois que maintenant ! O_o ), mon opinion au sujet de cette première saison n'a pas vraiment changé. C'est même assez perturbant parce que... pourquoi y revenir, dans ce cas ?

Bon, ou alors il est temps d'admettre que The Big Bang Theory n'est pas si mauvaise...
Ah, non. Rien à faire.

Mais alors quoi ?
Je crois que ce qui donne un avantage certain à The Big Bang Theory, c'est que ce sitcom est très facile à regarder. Il ne propose rien de révolutionnaire et surtout pas d'hilarant, mais il est facile à consommer, alors ce n'est pas grave, on ne cherche pas plus loin. Les stéréotypes sont usés jusqu'à la corde mais on ne lui en tient pas rigueur, on s'en fout.
On pourrait boire un scotch vieilli en fût pendant 15 ans ou un grand cru millésimé, mais dans le frigo, il y a avait une bière bas de gamme toute fraîche, alors à quoi bon se compliquer la vie ?

Ah, quelle misère d'avoir la cervelle en panne lorsque c'est la saison des pilotes...!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Big Bang Theory de SeriesLive.

21 juin 2009

Souris des villes, souris des champs

La raison pour laquelle je me suis lancée dans le visionnage de cette série reste mystérieuse pour moi. Masochisme, à tous les coups. Ce n'était en tous cas pas une question de sentimentalisme puisque je ne me rappelle pas l'avoir vue durant mes jeunes années. Ou alors... j'ai occulté ; le cerveau humain est résolument une chose formidable ! Bref. Je me suis néanmoins lancée dans le pilote de Perfect Strangers, connue (ou à peu près) sous nos latitudes comme Larry et Balki.
Ce seul préambule devrait normalement vous laisser imaginer sans trop de risque ce qui vous attend dans ce post, mais les plus courageux d'entre vous tiendront bon et liront tout.

Pour les incultes, dans le fond (c'est pas grave, on va arranger ça), rappelons que Larry et Balki est un sitcom des années 80 sur le principe usé jusqu'à la corde des deux personnages que tout oppose, mais que les scénaristes ont quand même décidé de mettre à la colle, et ce bien que cela aille à l'encontre de toute logique. Mais si un scénariste était logique, il deviendrait dictateur, pas scénariste. On y reviendra.

Le générique (qui vous sera livré au prochain post, finissez d'abord vos légumes) présente d'ailleurs très bien la situation. D'une part, on a Larry (mais absolument), qui vient d'une famille américaine typique, et s'en va vivre tout seul dans la grande ville de chicago. Toute une aventure en soi, on a vu des séries basées sur ce seul principe après tout. Notre brave gars s'est donc trouvé un boulot, un appart, enfin tout le confort d'une petite vie tranquille qu'on aurait presqu'envie de qualifier de normale. C'est donc là qu'intervient son comparse, j'ai nommé Balki (vous aviez deviné ? vous êtes fort !) qui a grandi en Europe dans une famille de bouseux typiques, et s'en va donc vivre sa vie dans le pays où tout est possible (même tenir un accent improbable pendant 8 saisons). Pour lui c'est évidemment la grande aventure car, comme chacun sait, l'Europe, c'est le Tiers Monde, les charrettes à fumier en prime. Eh oui, bienvenue dans les années 80 : le propos sous-jacent, à peine dissimulé, est de tirer à vue sur le communisme, et reprendre le mythe américain au pied de la lettre (c'est tout juste si Balki a vu un téléphone, le pauvre, il ne vivait la "vraie vie" que via la pop culture...).

La bonne idée dans tout ce fatras, ça reste la personnalité de nos deux protagonistes. Larry est à première vue blasé, mais c'est surtout un grand introverti. Balki à l'inverse est expansif et émerveillé en permanence (par les gratte-ciel, les voitures, la chasse d'eau, etc... j'exagère mais à peine). Heureusement que les personnages se présentent ainsi, car dans le cas contraire (l'américain sûr de lui donc arrogant, et l'immigré totalement largué donc inadapté à la vie moderne), la série aurait été absolument invivable.
Comme ici, les deux personnages ont leur part d'humilité, la comédie gentillette (mais sans génie) ne vire pas à la propagande de mauvais goût. Les deux cousins ont au contraire tôt fait de bâtir une relation plutôt adorable, où Larry, bien que pas toujours avenant, est bien forcé d'admettre que le cousin éloigné qui a posé ses valises chez lui a importé de nombreux bons côtés à son existence.

La force de Larry et Balki, c'est en effet Balki, et plus particulièrement son interprète (que les habitués des 20h de M6 dans les années 90 connaissent bien pour l'avoir vu à l'oeuvre dans Notre Belle Famille), j'ai nommé Bronson Pinchot. Alias le maître des accents pourris. C'est pourri, mais ironiquement c'est ce qui fait le charme de son personnage, et par extension de la série.

C'est tout de même vous en dire long sur le fait que ça tient à peu de choses.
Alors bon, là, comme ça, tout de suite, vous vous dites : "eh bah je sais déjà pourquoi je vais pas regarder !". Et d'un côté c'est vrai. Et de l'autre, c'est dommage. Allez, tentez quand même.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Larry & Balki de SeriesLive.

13 juin 2009

Une série méteencale...

Voici un article qui était prévu pour une autre publication, mais après un impair involontaire mais bien impardonnable de ma part, ça n'aura pas lieu. Je vous l'offre donc, j'aime pas laisser perdre...

Vous vous souvenez quand John Carter est arrivé aux Urgences, avec son menton imberbe, ses grands yeux et son envie de compatir avec les malades (ce qui le rendait souvent hermétique aux enseignements du dur Benton) ? Eh bien je soupçonne que l'inspiration derrière ce personnage se trouve en Doogie Howser, médecin de son état, et plus jeune d'environ une dizaine d'années.
Car si Dr Doogie apparait comme un drama médical, il est avant tout l'objet d'un parcours initiatique.

Doogie, c'est cet ado de 16 ans qui, dés le pilote, ne trouve rien de mieux à faire que sauver une vie au lieu de passer son permis... Il est comme ça, Doogie. La série repose évidemment sur ce paradoxe fort pratique (un petit surdoué qui évolue dans un monde d'adultes) afin de détricoter le passage à l'état adulte pour le jeu garçon pris entre deux feux.

Pour cette petite expérience scientifique, je vais avoir besoin d'un blondinet intelligent et sensible, d'une profession réputée pas facile, et d'un cobaye-témoin en la personne d'un ado lambda.
Car l'impact des expériences de notre héros en milieu médical se mesure immédiatement grâce au meilleur ami de Doogie, Vinnie. En fréquentant toujours son meilleur ami (pour des raisons certes obscures, mais qui suis-je pour vous faire une leçon sur l'amitié ?), Doogie garde donc un repère et peut prendre l'ampleur du chemin parcouru, grâce aux réactions de son ami escaladeur de fenêtres. C'est bien simple, si Doogie avait un ange d'épaule et un diable d'épaule, Vinnie incarnerait plutôt le second... et lorsque notre jeune médecin rencontre des problèmes sur son lieu de travail, il trouve rarement en Vinnie l'éclairage et les conseils qu'il aura réellement envie de suivre. Heureusement, c'est là qu'intervient un autre personnage très important de la série (et souvent sous-estimé ou réduit à un simple gimmick), le journal intime ! Doogie y consigne en effet hebdomadairement ce qu'il a appris... de la vie.

En effet, il ne s'agit pas pour lui d'apprendre son métier : il ne nous est laissé aucun doute sur le fait que notre bon docteur Doogie est compétent et capable sur un plan strictement médical. Ce qu'il doit apprendre, c'est en fait tout le reste : gérer ses relations professionnelles, son approche des patients (il manque souvent de distance ; et cela peut alors avoir de bons comme de mauvais côtés), ses histoires de coeur et, du moins l'espère-t-il parfois, ses histoires de sexe. Sur ces choses-là, il est évidemment comme n'importe quel personnage adolescent, à savoir peu sûr de lui et tâtonnant. Et l'ordinateur, épisode après épisode, est là pour attester des progrès que notre tête d'ampoule préférée fera en la matière.

A travers son médecin compétent mais d'une grande innocence, Dr Doogie fait plus que transposer des intrigues adolescentes en milieu médical. Il s'agit ici de poser des questions (qui fâchent, parfois) sur la relation médecin/patient, sur le poids de ce métier et la façon de le porter en préservant autant que possible son humanité. C'est grâce à l'éducation progressive de son protagoniste éponyme que la série nous éduque, non pas sur les actes de médecine (comme de trop nombreuses séries médicales), mais sur la façon de les pratiquer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dr Doogie de SeriesLive.

3 juin 2009

Saturday Night Trop Alive

Hannah Montana ? Déjà has been. La puberté arrive, et avec elle quelques scandales, ça fait plusieurs années que Miley est omniprésente, elle commence à casser les pieds à de plus en plus de monde... la pauvre est déjà sur la pente descendante. C'est toujours comme ça quand on commence sa carrière très vite et très haut.
C'est tout-à-fait par hasard (en lisant une news de SeriesLive) que j'ai appris que ladite Miley Cyrus avait déjà une remplaçante en la personne de Demi Lovato, un nom que j'ai bien dû lire par le passé mais qui ne m'avait pas poussée à plus de curiosité que ça. Mais j'ai fini par tenter le pilote de Sonny with a Chance, parce que, bah, est-ce que vous m'avez déjà vue résister à l'appel du pilote ?

Ah, les séries Disney... c'était quand la dernière fois que j'en ai regardé une sans espérer stériliser la moitié de la population américaine ? On se le demande. Et j'ai l'impression que chaque nouvelle série est pire que la précédente... moi non plus je ne croyais pas ça possible, et pourtant ! Comme, chez Disney, on est les rois de l'innovation, la recette est quasiment la même qu'avec Hannah Montana : on prend une gamine à peine pubère, on la met au milieu d'un cast de faire-valoirs, on la transforme en star à laquelle soi-disant l'adolescent lambda peut s'identifier, et vogue la galère.

Cette fois, à la place de Hannah (ou Carly chez la concurrence d'ailleurs), on a droit à Sonny. Exactement comme celles qui l'ont précédé, Sonny a un sourire à faire s'évanouir un dentiste. Je pense que la pauvre fille à une dizaine de rangées de dents, en fait. Et elle n'hésitera pas à toutes les montrer à la moindre occasion, soit toutes les 15 secondes selon mes calculs, avec un sourire pas du tout forcé. On sent la gamine à peine coachée.
Mais ce ne serait pas si grave si Demi Lovato, toute choupinette qu'elle soit probablement au naturel, ne passait pas son temps à être hystérique. C'est pas une série, c'est une expédition punitive, avec une gamine pareille. Je sais pas, moi, retirez-lui sa batterie, mettez-la sous valium, écrasez son chat, tuez sa grand'mère, faites quelque chose mais faut la calmer. C'est proprement insupportable. Comme son jeu est particulièrement riche et diversifié, dans une même scène elle peut piailler, hurler ou même brailler sur demande, une vraie machine à bruit. Et parce qu'elle est multifonctions, dans le même temps, elle peut aussi gesticuler, remuer ou encore gigoter tout en faisant du boucan, c'est magique, quel talent.

Le pire, c'est que dans Sonny with a Chance, la crise d'hystérie de Demi Lovato dure plus de 20 minutes, et qu'en plus rien ne vient nous en détourner ne serait-ce qu'une minute ou deux. Comme c'est la star du show (à l'écran comme à la vie), elle a le champs libre pour nous en mettre plein les oreilles. C'est épuisant à un tel point que je ne suis plus étonnée que les américains tiennent tellement à leur liberté de porter des armes : c'est pour mieux pouvoir tirer à vue s'ils croisent Demi Lovato. Pas de scénario, pas de dialogues, et deux décors qui se battent en duel : pour un investissement minimum, occupation de l'espace visuel et sonore maximum. Sans compter que comme Demi Lovato n'est pas coachée par le dernier des imbéciles, la production continue de la faire chanter dans la série pour mieux continuer à vendre des albums dans la vraie vie (je n'en ai pas écouté mais je présume qu'il doit s'agir d'une compilation de cris d'adolescente folle furieuse, du genre qu'on entend aux abords des concerts des Jonas Brothers... comme on se retrouve).

Au milieu de tout ça, j'aimerais dire que Sonny with a Chance apporte quelque chose de nouveau, mais ce serait vous mentir. C'est vrai que sur le papier, l'idée que l'héroîne débarque à Hollywood pour intégrer le casting d'une émission à sketches est sympathique, ça fait un peu Saturday Night Live pour les moins de 15 ans (et encore, seulement les plus attardés d'entre eux), mais le cabotinage est si insupportable et les situations si mal gérées qu'on ne voit pas la différence avec le cas Hannah Montana. Gérer la célébrité tout en étant une adolescente normale, c'est toujours la même chose, sauf qu'en plus Sonny n'aura pas besoin des intrigues sur l'identité secrète, ce qui laisse encore moins de marge de manoeuvre. Et le plus dramatique c'est surtout que les sketches sont pénibles. Si encore ils étaient bien écrits, mais même pas. C'est vraiment du travail bâclé histoire de rentabiliser la pauvre Lovato avant qu'une plus jeune et plus chevalline apparaisse, quoi...
En conclusion, la vraie chance, c'est de ne pas voir la série. Maintenant vous êtes prévenus, donc à vos risques et périls.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Sonny with a Chance de SeriesLive. 

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