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ladytelephagy
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13 août 2010

Tango

Ittakes3toTangle

L'accent australien m'étant à peine plus compréhensible que l'accent britannique, on imagine aisément pourquoi une série sans doublage ni sous-titre me prend plusieurs semaines à découvrir : il faut environ deux mois au préalable avant de faire preuve de volonté, pour enfin réussir à lancer le pilote. Et je confirme : j'ai vraiment du mal avec l'accent.

Mais est-ce qu'on va se laisser freiner pour si peu ? NON ! On est des téléphages oui ou non ? OUI ! On va parler du pilote de Tangle ? OUI !!!
Nan mais.

Mais le problème de Tangle, finalement, ne réside pas uniquement dans l'accent. La vie téléphagique serait si simple, si ça n'était jamais qu'une question d'accent...! Non, Tangle est aussi terriblement froide. Concrètement, 90% de ses personnages sont épouvantablement distants. Et ce faisant, ils s'aliènent le spectateur, qui n'a vraiment qu'un intérêt très modéré à les suivre leurs aventures plus ou moins captivantes.

Et je dis bien "plus ou moins", car le pilote lambine pas mal en chemin. Il pose, à n'en pas douter, de nombreux éléments qui seront, j'imagine, importants par la suite, mais pour un pilote, il reste quand même très poussif. Le retour de Nat aurait dû être un prétexte à remuer les habitudes de chacun, mais le clash met des plombes à se produire. Elle-même a l'air totalement désintéressée de ce qui se passe, ce qui franchement, me décomplexe ; elle passe le plus clair de son temps à ne rien foutre, on sait pas ce qu'elle fait là, on sait pas ce qu'elle compte faire de ses journées, et si vous voulez mon avis, c'est quand même faire beaucoup de kilométrage juste pour venir se vautrer sur un canapé.

Bien-sûr, Tangle pourrait s'abaisser à profiter de ce retour pour placer quelques enjeux (je n'aime pas ce mot d'ordinaire, mais là, il faut bien dire que l'épisode est un peu tout nu), mais la confrontation entre la revenante et les autres protagonistes est réduite à sa plus simple expression. Rien ne sort. Il y a juste une scène, à l'issue de la fête d'anniversaire de Max, qui se montre intéressante, quand soudain Ally sort de son rôle de gentille sœur pour s'énerver, mais ça n'aboutit à rien. Le lendemain, Ally souffre de nouveau en silence et Nat en fait toujours à sa tête (ou ce qui lui tient lieu de).

Ah, on me dit dans mon oreillette qu'il y a des adolescents aussi dans Tangle. Alors, l'adolescent Max, justement ? Dans le genre apathique, il se pose là lui aussi ! L'histoire de l'inconnu mort en forêt démontre bien à quel point ce gamin est, dans le fond, outre un ado morbide (pléonasme), mais surtout un gosse dépourvu d'émotions. Son visage n'affiche rien quand il découvre le cadavre. Il rentre comme si de rien n'était, et revient plus tard pour mieux observer. C'est à ça qu'on repère les psychopathes, vous savez ? A leur absence d'émotion dans des situations pareilles.

Mais ils sont comme ça, les personnages de Tangle. Pas communicatifs. Peut-être par CB, et encore. Chacun vit enfermé dans son monde intérieur et ne communique avec le dehors qu'en cas d'absolue nécessité. Et tant pis si ça les rend antipathiques pour le spectateur, il n'a qu'à faire l'effort.
Ça ne marche pas comme ça. Pas pour moi. J'ai du mal avec les frustrés. Si vous ne communiquez pas avec moi, comment suis-je sensée m'intéresser à vos problèmes ?

Euh, bon, à part ça, une bonne nouvelle... Voyons, qu'est-ce que j'ai bien aimé dans Tangle ?
Ah oui ! Son générique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Tangle de SeriesLive.

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26 juillet 2010

Unforgettable

Lorsque TFHein a commencé à diffuser Will & Grace, j'étais devant chaque semaine, le samedi, et j'adorais ça. Je venais de quitter la maison de mes parents, et Will & Grace semblait être exactement pour moi : de grands enfants dans un monde adulte.
D'ailleurs quand il est sorti, j'ai tout de suite acheté le coffret VHS de la saison 1... enfin, oui, disons plutôt la première partie de la saison 1. C'était une époque où la pratique était pour ainsi dire systématique.
Mais ensuite, tout s'est gâté : TFHein n'a plus diffusé la suite avec la même régularité. Des samedis de déprogrammation, puis de rediffusion, puis plus rien du tout. Les coffrets VHS de la deuxième partie de la saison 1 sont devenus introuvables et je ne m'étais pas encore équipée en DVD...

J'ai perdu Will & Grace de vue. Ils ne m'ont même pas vraiment manqué, pour être honnête, parce que, comme Robin Williams dans Hook, j'avais tout oublié et grandi. Je me suis progressivement éloignée des sitcoms, aussi.

Il y a eu un bref retour au Pays Imaginaire quand Canal+ a diffusé (ou rediffusé, je l'ignore) la dernière saison, vers 7 ou 8h du matin en quotidienne. Et j'ai le souvenir très clair d'avoir regardé l'épisode final, bien qu'ayant loupé au bas mot trois ou quatre saisons, avec des larmes dans les yeux, à genoux devant la télé, recueillie dans le deuil d'une série que j'aurais pu aimer si elle n'avait pas disparu de mon radar si tôt, et qu'il était triste de ne retrouver qu'au moment des adieux. C'était un de ces instants où non seulement une série s'achève, mais une époque avec elle, aussi, au moins pour moi disons. J'ai compris que j'avais beaucoup raté.

Mais même à ce moment-là, et même plus tard en revoyant le pilote, je n'ai pas voulu rouvrir la fenêtre et m'envoler. J'ai laissé tomber.
Lorsqu'il y a quelques semaines, j'ai revu le pilote sur un coup de tête, je ne pensais d'ailleurs pas que ça irait plus loin. C'était juste un pilote. Vous me connaissez, moi, avec les pilotes... Mais quand très exactement le lendemain, l'un de vous m'a demandé ce que je pensais de Will & Grace, non seulement ça m'a obligée à repenser sérieusement à mon rapport à cette série, mais surtout je l'ai interprété comme un signe du Dieu de la Téléphagie et j'ai continué.

Et nous voilà au bout du voyage. Huit saisons plus tard.

Will & Grace est une comédie pétillante aux dialogues vivants, rythmés, et aux blagues à la fois subtilement intelligentes et bourrées de popculture accessible à tous. Une comédie à la fois performante et futée.

Mais surtout, c'est l'une des rares de son espèce. Bien qu'on y parle continuellement de sexe, ou au moins qu'on le sous-entende, la série repose sur quatre personnages parmi lesquels il n'y a pas la moindre possibilité de tension sexuelle. Elle en est absolument exclue. On adore l'histoire d'amour platonique entre Will et Grace, mais on sait qu'elle n'ira jamais plus loin (et il ne viendrait même pas à l'esprit de shipper). Jack et Karen sont dans une relation tactile mais qui existe en-dehors de toute sexualité. C'est son paradoxe : Will & Grace montre des personnages tellement à l'aise avec leur corps qu'ils n'ont rien à prouver et ne mélangent pas les genres. Jamais. Les interactions des quatre personnages entre eux sont à un autre niveau, on est prévenus, on n'y reviendra pas.

Toutes fusionnelles et/ou versatiles que soient les relations entre ces deux paires de couples (hétéro/gay, homme/femme), elles n'iront jamais nous faire le coup du "vont-ils-ne-vont-ils-pas".

Avec son humour complètement débridé, ses personnages exubérants et son parti pris, Will & Grace se ressent comme libératrice.
Nos quatre amis vivent dans un monde où l'amitié prévaut quoi qu'il arrive, par delà les orientations sexuelles, les histoires amoureuses, et même, comme le montre le final, le temps. On est dans le Pays Imaginaire : les amis c'est le plus important pour rire comme pour pleurer, le reste on s'en fiche. On croit à l'âme sœur et aux rigolades pour toujours. La plaisanterie a un parfum d'éternité.

Alors, oui, ce furent quelques semaines de réconciliation avec une série que j'ai bêtement oubliée, mais qui est toujours restée dans un coin de ma tête. Dans le fond, Will & Grace était inoubliable, il ne fallait juste pas compter sur TFHein pour me le rappeler.
...Je les avais pas perdues mes billes !

WillandGrace_BowingOutGracefully

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Will & Grace de SeriesLive.

23 juillet 2010

Bluffée, mais pas trop... juste ce qu'il faut

Pourquoi regarder des séries d'autres contrées ? Pour vivre une expérience comme celle-ci, par exemple.
Pour être surprise.

Au bout d'un moment (et je crois que finalement, c'est de ça que j'ai pas mal parlé cette semaine avec mes posts sur la science-fiction), à force de regarder les séries venant d'un même univers, on finit par en maîtriser les codes et avoir du mal à se laisser surprendre. Ça ne vaut d'ailleurs pas que pour la SF, loin de là.
Le weekend dernier, j'ai revu le pilote de Fringe, et poussé le vice jusqu'à tenter l'épisode diffusé ensuite. Pour quelqu'un qui déteste farouchement Fringe, c'était une performance qui nécessitait une bonne dose de patience, une large part d'insomnie, et dix ongles à venir avec application pendant les scènes trop chiantes. Et il y en a eu. Mais globalement, le problème ce n'était pas les scènes en elles-mêmes, c'était l'odieuse impression permanente de déjà vu, et si la fin du deuxième épisode (soit après plus de deux heures de visionnage), j'ai commencé à me dire que ça prenait enfin tournure, globalement, ça restait très largement dans les clous.

C'est donc là qu'intervient la fiction "étrangère", c'est-à-dire toutes les fictions qu'on connait mal ou pas du tout. Évidemment, quand je vous parle du Japon, de l'Inde ou plus récemment d'Israël (je pense que je vais regarder Hatufim sans sous-titres tellement la scène d'ouverture fait envie), c'est un peu facile de parler d'exotisme télévisuel. A culture fondamentalement différentes, codes fondamentalement différents.
Mais ce soir, en rentrant de mon nouveau boulot, j'avais l'esprit trop morose pour finir la saison 8 de Will & Grace (ça va sans doute attendre quelques jours, d'ailleurs, avant de m'envoyer ces 8 ultimes épisodes, pour atténuer le choc de la séparation, après un marathon de moins de deux mois), et je n'avais pas envie de me marrer. La journée avait été frustrante et usante, et j'avais besoin d'exorciser ça avant de me mettre à rire. C'est là que comme par hasard, j'ai réalisé qu'une cagoule lancée la semaine dernière était intégralement tricotée sur mon chez moi informatique, et, me rappelant vaguement du thème de la série pour en avoir fait la fiche, je me suis dit "et pourquoi pas ?".

Et pourquoi pas regarder une série polonaise ? C'était l'idée qui semblait la plus adéquate, parce que, même si on tente de s'en défendre, on imagine tout de suite une série polonaise comme froide, pas très colorée, et en plus le thème tendait à valider cette théorie. Cette série a été récompensée lors du dernier Roma Fiction Fest (c'est comme ça que m'est venue l'idée de la cagouler), et comble du comble, j'ai même réussi à dégoter des sous-titres en anglais, il faut croire que j'avais le cul bordé de nouilles ce jour-là.

Bref, banco. Me voilà donc à regarder Naznaczony, dont je sais juste qu'il y sera question du Bien et du Mal, d'un peu de surnaturel, et d'un homme en apparence irréprochable. Et que la série est censée avoir une bonne réalisation et une bonne B.O., vu les récompenses.

Naznaczony

Je vous le dis tout net : arrivée à la fin de l'épisode, j'en sais à peine plus. Limite, les résumés que j'ai lus (pourtant en anglais, c'est pas comme si j'avais dû traduire du polonais !), je suis même pas certaines qu'ils soient exacts. Gloire à ma curiosité qui va donc me pousser à regarder la suite pour pouvoir s'assurer que j'ai pas raconté des conneries sur la fiche.

C'est flou à un tel point que je doute. Mais ni les sous-titres, ni le scénario ne sont à blâmer pour ce flou, et c'est ça qui fait que le pilote de Naznaczony a été une expérience positive à mes yeux. Le flou fait que mon cerveau de spectatrice imbibée de codes de l'Ouest passait son temps à dire "ah ouais, d'accord, il va se passer ça", et pas du tout. Et, non pas qu'il ne se soit rien passé, mais arrivée au bout des 42 minutes que dure le pilote, je n'avais aucune idée de la façon dont les choses allaient se poursuivre.

On sent bien un certain nombre d'éléments, et que l'intrigue sait où elle va. Mais la construction du truc fait qu'on ne devine pas la structure de l'histoire à l'avance. Il y a effectivement un passage un peu cliché, mais à vrai dire, je ne serai convaincue de sa qualité de cliché qu'une fois que j'aurais vu la suite. Je ne suis même pas certaine que ce truc un peu gros ne soit pas voulu.

Il ne s'agit pas de dire que, ô merveille, toutes les séries polonaises sont merveilleusement intrigantes et originales. Pas plus et pas moins que celles de n'importe quel autre pays, ça va de soi. Mais globalement, on est quand même encore assez convaincus qu'un certain nombre de pays ne sont capables que de fourguer de vieilles merdes abominables et des copies plus ou moins assumées de séries américaines... et voir Naznaczony relativise pas mal tout ça. On sent que dans la façon de penser le récit, il y a quelque chose qui dit "je n'ai pas été formaté par une vision américanisée de la fiction", et c'est très libérateur pour le spectateur, tout ça. Évidemment, c'est difficile de ne pas penser à certaines séries américaines au cours d'une ou deux scènes du pilote, mais chaque fois qu'on croit qu'on sait où ça va, eh bien pas du tout. Je suis très rarement surprise à ce point par la structure de l'intrigue quand je regarde une série américaine.

Et puis, quand même, un mot de la réalisation et de la musique, pour évoquer les récompenses obtenues. La musique est omniprésente, mais à la façon d'un film, où j'ai souvent (pour ne pas dire toujours, parce qu'il doit bien y avoir eu quelques exceptions) l'impression que la musique surjoue légèrement. Ici c'est le cas aussi, mais sans parvenir au niveau de ridicule d'autres productions médiocres (tous pays confondus). On a juste une occupation permanente de l'espace sonore qui fait qu'on devient extrêmement attentif aux thèmes musicaux employés (et leur gamme est relativement large), ainsi qu'aux effets sonores ; et il y en a un, en particulier, que je trouve très efficace et qui est très, très bien trouvé, et très, très bien employé, comme on peut le voir sur la fin du pilote. On nous conditionne sans en avoir l'air à guetter cet effet sonore, c'est franchement bien joué. Il sert en tous cas admirablement à poser l'un des personnages.
Ah, et la réalisation alors. Eh bah punaise. C'est beau. C'est beau, mais c'est pas ultra esthétique, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a juste des angles, des jeux de lumière, qui se glissent dans une scène ici, une autre là, pendant que beaucoup sont juste "propres", voire "austères", et le contraste rend incroyablement bien. La scène sur le port, pendant la tempête, propose des petits effets pour faire des éclairs, et tout, sous la pluie, c'est joli comme tout, mais c'est classique. Et tout d'un coup, paf ! Un plan extraordinaire d'une ou deux secondes à peine, lorsque Tadeusz tombe par terre et lève le nez... merde alors, c'était un coup de génie. Parce que dans le plan suivant, tout est normal à nouveau, les éclairs, la pluie, et c'est tout. C'était très plaisant de voir que la forme jonglait avec notre perception pour souligner certaines caractéristiques de l'un des personnages. Plutôt que de foutre des filtres partout, en faire des tonnes dans les effets incroyables, ou au contraire avoir l'air cheap et coincé, Naznaczony a trouvé un juste milieu qui sonne exactement comme ça : juste. Mais futé.
On n'a pas cherché à m'en mettre plein les yeux, mais on n'a pas lésiné sur la qualité. J'apprécie.

Donc moi vous comprenez bien que vu l'état de flou dans lequel le pilote m'a laissée, avec en plus une bonne réalisation et une histoire intrigante, je pense que je ne vais pas laisser ce crime impuni et que je vais continuer sur ma lancée. C'est dommage, après Will & Grace je m'étais fixé de finir la saison de Capadocia, bon, ce n'est que partie remise.

Mais que voulez-vous ? Ça a toujours été comme ça avec moi. Un coup de cœur chasse l'autre...

...Un coup de cœur pour une série polonaise. Si on m'avait dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Naznaczony de SeriesLive. Ptet que j'y apporterai des corrections quand j'aurai avancé dans mon visionnage, du coup.

2 juillet 2010

Valait-il mieux seule que mal entourée ?

Bon eh bah, ça y est, dites donc. Après, quoi... six ans ? A force de voir passer les saisons, les news, les projets de film... Au bout de longues années pendant lesquelles d'autres blogueurs téléphagiques ont l'ont mentionnée encore et encore... Au terme d'une quête qui a nécessité le cagoulage et la gravure répétés du pilote...

J'ai enfin vu un épisode d'Entourage.

Entourage

Du coup, comme on peut l'imaginer après pareilles tribulations, j'ai un sentiment de beaucoup de bruit pour rien.

Ironiquement, pendant le pilote d'Entourage, j'ai fait régulièrement la comparaison avec How to Make it in America, preuve que l'analogie de Livia m'avait marquée. Et de ce point de vue là, Entourage n'est pas décevant. How to Make it in America apparait comme vain, et n'apporte rien de nouveau sur quoi que ce soit, ne porte de regard particulier sur aucun univers en particulier. C'est juste New York, des potes, point barre. Entourage tente tout de même de tirer partie de son hollywoodien contexte, avec les spécificités inhérentes à ce milieu.

L'idée est finalement plutôt bonne, d'ailleurs : le quotidien à Hollywood d'une étoile montante, mais aussi et surtout des anonymes qui gravitent autour de lui. Une opportunité de ne pas voir que le côté glamour de cet univers. Et je dis : pourquoi pas ?

Oui, tiens, d'ailleurs... pourquoi pas ? Pourquoi, au terme de ce pilote, ne suis-je pas plus férocement enthousiaste ?

Comme souvent lorsqu'il s'agit de Hollywood, je trouve d'abord que ça manque de vitriol. Mais ça, c'est mon côté "j'ai trop regardé Action! quand j'étais petite". Même si je n'en attends évidemment pas le même mordant, j'attends du mordant quand même. Sans un minimum de critique du système, une fiction sur Hollywood ne vaut pas la peine qu'on la regarde.
Et même. En l'absence de mordant, j'attendais d'apprendre quelque chose. Vous savez, ces détails inutiles qu'en bon téléphage on retient quand même sur le fonctionnement de la machine à fabriquer du rêve.
Bon mais alors, admettons qu'il n'y ait rien à apprendre du monde merveilleux du show business et de ses complexes rouages, j'espérais au moins pouvoir être émue ; mettre un orteil dans un tel rouage doit forcément avoir un certain impact sur la psychologie des gens qui se frottent à ce milieu. Il y a des sacrifices, des périodes de vache enragée, des efforts qui ne semblent jamais aboutir, qui sont autant d'occasions d'explorer le potentiel dramatique d'un tel milieu.

Rien de tout ça ou si peu.

Globalement, Entourage, avec ce pilote, semble plutôt choisir le divertissement pépère. Un divertissement pas trop mal gaulé, mais un divertissement quand même, sans la moindre ambition d'offrir plus que quelques rires faciles entre potes. Surtout, surtout n'essayons pas de dire quelque chose ni de notre sujet, ni de nos personnages ! Contentons-nous d'une chronique sur un univers dont on peut tirer tout un tas d'opportunités rarement exploitées dans les séries plus classiques.
C'est un peu comme quand Memphis Beat fait couleur locale, finalement.

Peut-être que je n'aurais pas cette impression si, et c'est le plus gros problème, la moitié de ces personnages ne renvoyaient pas une grosse impression d'inutilité. L'acteur était, naturellement, incontournable, d'autant que j'aime bien ce personnages qui semble saturer dés le pilote, et veut juste se la couler douce dans un monde où on comprend bien que le répit n'existe jamais vraiment tant qu'on veut continuer à briller. Son agent, le type propre sur lui aux dents qui rayent le parquet, était également nécessaire, bien qu'à ma grande surprise (surtout après tout ce que j'en avais entendu), il est cantonné dans le pilote à une apparition finalement mineure. Et puis, le copain qui vit aux crochets de la célébrité mais essaye de se trouver une place, et n'y parvient qu'en s'imposant comme un manager autoritaire mais paumé, j'aimais bien aussi. Ce personnage est même mon préféré à ce stade, parce qu'on sent la blessure d'amour propre du type qui voudrait bien exister par lui-même, mais n'a pour l'instant rien trouver de mieux que de régenter (ou donner l'impression de) la vie de son champion.

Mais les autres ? Les autres on s'en fout complètement. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils font là. Quelque part, l'amitié entre ces deux copains-là aurait suffit pour moi.

Je serais peut-être moins cruelle avec eux si Entourage avait commencé plus tôt dans la vie de ses protagonistes. Tandis que l'acteur commence à vraiment décoller, le plus intéressant me semble déjà derrière. J'aurais voulu en savoir beaucoup plus sur la façon dont ils ont vécu la transition de l'anonymat à la célébrité. Dans ce milieu, il est bien connu qu'on rame toujours un peu, qu'on enchaîne les castings miteux et les publicités vaguement rémunératrices mais peu intéressantes, avant d'arriver, et c'est un angle qui m'intéresse bien plus.
Où était tout ce bel entourage quand le petit gars, qui n'était qu'une belle gueule anonyme, vivait de maigres cachetons ? Quand personne ou presque ne pensait qu'il pouvait arriver tout en haut de la chaîne alimentaire ? Comment s'est déroulée la délocalisation à LA ?
Le pilote d'Entourage arrive trop tard à mon goût, et même si je me doute (en tous cas ce serait heureux !) que la série évoquera ensuite ces points, j'aurais préféré toute une saison consacrée à cette période avant d'en arriver à la gloire, la fortune, et la location d'une maison hors de prix où chacun a déjà pris des habitudes de pacha surréalistes.

Du coup, je me suis remise en quête du pilote d'Unscripted, mais rien à faire, impossible de mettre la main dessus. La galère recommence, après des années de chassé-croisé avec Entourage !!! Au nom du ciel, cette série n'a que 5 ans, comment est-il possible qu'on ne puisse pas la cagouler ?!

Bon, toujours est-il que je suis un peu déçue par Entourage, mais pas non plus totalement refroidie. J'ai pas encore décidé de la suite des évènements. Est-ce que je regarde la suite ?
Oh, bof. J'ai le temps de me faire un avis. Après ce jeu de cache-cache interminable avec le pilote (cf. tags), je n'en suis plus à quelques semaines près pour me décider.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Entourage de SeriesLive.

30 juin 2010

Prison ferme

Franchement, j'ai hésité. Avant de parler plus en avant de Capadocia, fallait-il attendre que j'en aie vu un peu plus ? Après tout, ça se fait, sur certains blogs téléphagiques.
Et puis, comme cette semaine, je vais plutôt finir la 3e saison de Will & Grace et la 5e des Craquantes (oui le temps passe vite, mais c'est parce que le cagoulage du Mary Tyler Moore Show a un peu ralenti alors, ça s'équilibre, quoi...), parce que je suis de particulièrement bonne humeur en ce moment (sauf quelques petites ratées çà et là), donc autant ne pas remettre ça aux calendes grecques, pas vrai ?

Ok, alors. Pour ceux qui n'ont pas cliqué la dernière fois, bien que manquant cruellement de culture, laissez-moi d'abord vous résumer grosso-modo ce dont parle le pilote de ma toute première série mexicaine. Voilà donc le pitch (tiens, comment on dit pitch en espagnol ?).

Imaginez une prison pour femmes. Murs délabrés, cellules surpeuplées, trafics de drogues, le bazar habituel... Imaginez maintenant que des groupes d'intérêt privés aient l'intention de faire du business grâce à cette manne de main d'œuvre corvéable à merci. Problème : tant que la prison existe sous sa forme actuelle, c'est-à-dire gérée par l'État, impossible de faire entrer l'argent dans les caisses, il faut donc que la prison telle qu'elle existe pour le moment soit fermée, au profit de l'établissement pénitentiaire/l'usine que lesdits groupes d'intérêt viennent de faire construire. La technique employée est effroyablement simple : provoquer une émeute qui prouvera inefficacité du système actuel. L'un des lobbyistes va donc, avec le concours d'une gardienne de la prison, mettre le feu aux poudres, à la suite de quoi, la nouvelle prison pourra ouvrir. Fermer. Enfin, vous saisissez l'idée.

Capadocia

Le pilote de Capadocia est l'épitome de l'épisode d'exposition. Au point que seules les 10 dernières secondes se passent dans la nouvelle prison expérimentale. Et pourtant, pas l'ombre d'une lenteur, pas le moindre temps mort. Une heure d'émotions fortes non-stop, en fait.

Si les comparaisons avec Oz semblent s'imposer d'elles-mêmes, à plus forte raison parce que Capadocia est une série HBO Latino, elles sont toutefois limitées, si on s'en tient au seul pilote. Capadocia parle autant de politique en-dehors de la prison que de ce qui se passe entre les murs, quand Oz était quand même bien claustro.

En fait, Capadocia dresse le portrait de deux univers de violence, alors que, dans un monde idéal, la violence devrait justement en être absente.

D'une part, l'extrême violence des femmes, qui s'exprime tout au long de l'épisode, mais avec plus de force, évidemment, pendant l'émeute. Dans la société mexicaine (comme dans beaucoup d'autres...), la femme est censée être l'épouse aimante, la mère attentive. Capadocia nous rappelle que la violence physique et la haine ne sont pas l'apanage des hommes. Il n'y a pas d'un côté la brute sanguinaire et de l'autre la docile bobonne. La brutalité, voire la bestialité, n'est pas réservée au monde masculin, et n'importe laquelle d'entre nous peut potentiellement basculer. Ce constat est terrible, mais il a aussi, quelque part, quelque chose de féministe : dans le fond, homme ou femme, nous n'en sommes tous pas moins humains, c'est-à-dire imparfaits et victimes de nos pulsions.

D'autre part, le seconde univers est dominé par la cupidité des hommes d'affaires. Un monde que l'on imagine, dans l'idéal du moins, raffiné, sophistiqué. En fait, sous les sourires, les politesses, les cocktails et les brunchs de travail, se cache une autre sorte d'ignominie. Capadocia oppose ces deux mondes de vice, et on se pose la question : qui est le vrai criminel, ici ? Celles qui sont victimes d'une société qui ne leur pardonne rien et les pousse dans leurs retranchements, ou ceux qui, sans jamais se salir les mains, sont prêts aux pires bassesses par pur intérêt ?

Des femmes cruelles entre elles dans un monde dominé par des hommes sans scrupules.
Triste constant que celui de Capadocia.

Seuls deux personnages, au vu du pilote, semblent faire exception à leurs mondes respectifs : l'avocate spécialisée dans les droits de l'Homme, idéaliste mais déterminée dans sa lutte, est profondément pacifiste. Elle veut régler les problèmes sans violence, et de l'intérieur du système. Et puis, il y a le gouverneur de Mexico, un homme politique intègre qui refuse les pots de vin, et souhaite, apparemment avec sincérité, que l'État soit plus juste dans sa gestion du problème pénitentiaire.
Incidemment, tous les deux ont été mariés l'un avec l'autre, et je ne serais pas surprise que ce lien qui semble aujourd'hui dissous (avec leur divorce) les rapproche à l'avenir, au moins sur un plan idéologique.

La violence de Capadocia n'est pas que visuelle, bien que l'horreur soit à son comble pendant l'émeute. Elle est essentiellement psychologique, et c'est celle de toute une société. Le constat pessimiste de ce pilote est sans appel, et on ne se fait aucune illusion sur ce que sera la vie de ces femmes dans la toute nouvelle prison.

Par-dessus le marché (parce que bon, pourquoi se contenter d'être bon quand on peut atteindre l'excellence ?), Capadocia propose aussi une galerie de portraits qu'on devine complexes, et dont le pilote donne une idée générale assez nette mais ouverte à l'évolution.

Pour moi, les deux personnages les plus marquants sont la Negra et Bambi.
Gardienne au regard sévère et pas forcément très franc, la Negra est l'allumette qui met le feu aux poudres. Un personnages dont on comprend qu'elle possède un don d'observation très aiguisé, et une excellente compréhension de ce qui se joue dans la tête de chacune de ses prisonnières. Ce n'est pas une brute, ce n'est pas une crapule, c'est juste, à sa façon, une autre victime du système. Sa réaction face à l'émeute est douloureuse et forte à la fois, pas étonnant que ce soit elle qui ouvre le pilote ; nul doute qu'entre culpabilité, sens du devoir et cupidité, son évolution aura quelque chose de complexe et d'authentique.
Mon autre sifflet d'admiration ira à Bambi, une petite carcasse frêle au regard fuyant, qui abrite l'esprit d'un démon. Pendant tout le pilote, ce personnage est impressionnant, principalement grâce à l'interprétation qui en est faite. Entre servilité et désir de revanche, intelligence aigüe et instinct animal, sang-froid glacial et panique découse, Bambi est un personnage superbe dont on ne demande qu'à voir l'évolution. Quelle facette de sa personnalité l'emportera ? Y a-t-il un espoir de rédemption pour elle, ou ne peut-elle que descendre plus profond vers la racine du mal ? Son œil est capable de capter la plus délicate des beautés, sa main de produire la plus terrifiante des horreurs. Elle veut s'en sortir, mais elle veut aussi posséder la Colombienne... Ce qui se joue avec Bambi, c'est un peu une allégorie de la condition féminine en prison.

Les personnages, l'intrigue, les thèmes... tous les ingrédients sont présents pour que Capadocia soit une série captivante. La réalisation est en plus parfaitement maîtrisée, de bout en bout.
J'ai déjà cagoulé la suite et, croyez-moi, je vais en user. Dussé-je aller ensuite en prison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Capadocia de SeriesLive.
Oh, une série mexicaine sur SeriesLive, je me demande s'il va bientôt y en avoir d'autres...

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22 juin 2010

[DL] Will & Grace

J'avais oublié à quel point j'ai adoré Will & Grace. Encore une histoire d'amour qui aura été avortée par TFHein (pour une cha$ine conservatrice, je trouve que ça leur arrive un peu souvent...). Mais devant la première saison, que l'air de rien je suis en train de finir alors qu'au départ, j'ai lancé le pilote mercredi dernier juste pour le plaisir du revisionnage, les souvenirs refont surface et c'est un vrai plaisir. Alors, pour fêter ces retrouvailles, voici la toute dernière version du générique.

WillandGrace
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Un générique pétillant et qui, dans cette version, propose des extraits loufoques et fugaces. Les génériques de la série ont souvent été décevants, en cela qu'ils ont figuré parmi les plus notables écrans de transition de moins de 10 secondes. C'était avant même que ce ne soit la mode. Et il y en a eu plusieurs comme ça, assez décevants, en général avec juste le logo, un fond noir, et le cast qui prend la pose d'un air malin... Je n'étais pas convaincue. Mais en cagoulant l'intégrale, j'ai découvert ce générique sur l'épisode final, et je dois dire qu'il me plait !

Un post plus complet viendra sur la série (probablement quand j'aurai fini au moins la première saison), en attendant, je vous rappelle qu'il y a eu un post La preuve par trois sur le pilote. Juste une suggestion.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Will & Grace de SeriesLive.

1 juin 2010

Dites-moi ce que vous n'aimez pas chez moi

En dépit de mes tendances pilotovores, dont on pourrait penser qu'elles me poussent à ne jamais rater un premier épisode, il y a pas mal de séries sur ma liste des "pilotes-à-regarder-un-jour-si-je-tombe-dessus-mais-ya-pas-le-feu", principalement quand je n'ai pas fait attention à l'époque où la série a commencé à être diffusée et que j'ai loupé le coche, donc ça me complique passablement la tâche. Regarder une demi-douzaine de pilotes par semaine (en moyenne) ne semble jamais suffisant pour ne rien laisser passer...

Head Case est de celles-là (et j'ajoute qu'assez ironiquement, Head Cases également dans ce cas) et très franchement, j'en faisais mon deuil. Jusqu'à ce que je tombe sous le charme de Gravity, je ne voyais les fictions de Starz que d'un œil sceptique, à plus forte raison les comédies, et ne pas avoir vu le pilote de Head Case ne me troublait pas outre mesure. Mais justement, Gravity a bien aidé, quand même, et je me suis dit, après avoir épuisé tous mes inédits, que j'allais quand même retenter le coup pour trouver le pilote de Head Case, et devinez-quoi, je l'ai trouvé. Comme quoi c'était pas si sorcier.
C'était pas non plus forcément la meilleure idée que j'aie eue, m'enfin.

MonkeyHeadCase

Sur le papier, en prenant le temps d'y regarder de plus près, la série aurait pu être très sympathique : une psy travaillant à Hollywood voit défiler des stars sur son divan. Et franchement, en relisant le pitch pendant que la cagoule finissait de... bah, cagouler, je me suis dit que j'avais été un peu trop obstinée dans mon refus de consacrer 20mn à la recherche du pilote. C'était une idée épatante ! Par le biais de la comédie, permettant ainsi aux personnes concernées de garder une certaine distance, voire de s'auto-caricaturer, on allait nous permettre d'entrer dans la psyché de personnes qu'on connait bien souvent en tant que personnages publics, et dont on aborde finalement assez peu la vie intérieure.

Et c'est le moment où je vous fais cet insoutenable aveu : je me régale de ce genre de choses.
Laissez-moi néanmoins expliquer... Je ne m'intéresse pas du tout aux coucheries, aux démêlés avec la justice, aux fêtes ou aux bisbilles, pas le moins du monde. On a déjà abordé la question, ça m'intéresse rarement de savoir qui fait quoi de son temps libre, hors-caméra. En revanche, rien ne m'intéresse plus, concernant des acteurs, des comédiens, des auteurs, et dans une moindre mesure des chanteurs, que de savoir ce qui se passe dans leur tête, ce qui les conduit à exercer ce métier ou ce qui au contraire les en décourage parfois, ce qui leur permet d'alimenter leurs interprétations ou leurs écrits, bref, rien ne me captive plus que de connaître les rouages de la mécanique interne qui leur permet de fonctionner.

A ce titre, si je me désintéresse des news people, je suis fort friande d'autobiographies. Le fait de coucher sur papier des expériences permet de prendre du recul sur elles... quand l'auteur en fait l'effort. Par exemple en ce moment je suis sur la bio de Jay Mohr (Action!, Gary Unmarried) pendant ses années SNL (oui, on peut dire que je joins l'agréable à l'agréable !), et ce type est tellement focalisé sur son nombril et la façon dont les autres le considèrent qu'il n'est pas capable de prendre du recul sur son ressenti. Ca fait vraiment de la peine. Et pourtant, il a sorti ce livre près de 10 ans après les faits, on pourrait penser qu'en jetant un regard plus mur sur cette période de sa vie, il se rendrait compte du ridicule de beaucoup des situations qu'il dépeint. Mais finalement c'est tout aussi captivant que la brillante autobiographie de Brett Butler (Une Maman Formidable) dont je parlais il y a peu, parce qu'on prend quand même bien la mesure des facettes les plus sombres de sa personnalité. Et ne pas être capable de les avouer ne l'empêche pas de les dévoiler. Justement, c'est ce qui m'intéresse, non-dit inclus.
Et c'est aussi la raison pour laquelle seule l'autobiographie trouve grâce à mes yeux, la biographie me laissant aussi indifférente que les news people.

De toute évidence, une série sur une psy de stars s'impose comme un sujet ,parce qu'on se doute bien que derrière chaque acteur, il y a un ego démesuré et/ou atrophié, une enfance plus ou moins tragique et même une fois la célébrité obtenue, pas mal de blessures en chemin (bref, comme chacun d'entre nous, mais exacerbé), qui contribuent au travail accompli. Et le dire en riant n'empêche pas ces sujets d'attirer la curiosité.

Malheureusement, le gros hic de Head Case, c'est que de tout ça, il n'est point question. Et le coupable, je peux tout de suite vous dire qui c'est : la psy elle-même.
Sur son divan, les patients pourtant pleins de promesses (Jeff Goldblum dans la deuxième moitié du pilote, quand même !) sont remisés au rang de faire-valoir. Coupés par les jérémiades d'une psy hystériques, ils ne trouvent aucun intérêt à être là sinon apporter leur nom au générique pour attirer des spectateurs ; pas de méprise, la star, c'est la psy des stars. Elle hurle, tempête, parle d'elle-même au lieu du patient, pleure, rit, et fait mine de savoir ce qu'elle fait. Si dans son cabinet, des anonymes défilaient à la place des célébrités, ce serait la même chose.

Au lieu d'aborder quoi que ce soit, même sous l'angle de la plaisanterie, de la moquerie ou du vitriolage, Head Case se contente d'avoir un personnage qui fait son show devant des guests soudainement devenus insignifiants. Dans ce cas quel intérêt ? Je regarde la liste des patients apparaissant dans les épisodes ultérieurs, et je frissonne : Christopher Lloyd, Jerry Seinfeld... Hugh Hefner ! Mais quel gâchis !

Inutile de dire que la thérapie, même si ça ne porte normalement ses fruits que sur le long terme, est interrompue sur le champs et sans regret. Pourtant, loin de Huff ou In Treatment, je trouvais qu'aborder cette pratique sous l'angle de la comédie était prometteur... tant pis, une autre fois peut-être.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Head Case de SeriesLive.

29 mai 2010

After you've gone

Remercier par téléphone et sur Twitter ne suffit pas. Il faut que le monde entier sache que Jo a fait la chose la plus incroyable au monde : elle m'a indiqué où cagouler l'intégralité des épisodes de Rude Awakening. Ce qui fait d'elle ma personne préférée de tout l'univers, soyons clairs. Il s'avère que ça fait 9 semaines que quelqu'un a eu la bonne idée de les mettre à disposition (un ptit mail et je vous dis où), et que, puisque personne ne se décide à rediffuser la série là où on peut la voir (comprendre : là où je peux la voir), je me suis octroyé le droit de foncer dans le tas. Environ 24h plus tard, j'avais les deux premières saisons et une bonne moitié de la troisième.
J'envisage évidemment un post La preuve par trois pour le pilote, donc si vous n'êtes pas sûrs de vous lancer dans la cagoule, je vous recommande d'attendre qu'il soit posté pour vous faire une idée plus précise.

Bien qu'ayant pratiquement une saison de décalage avec l'épisode le plus ancien que j'avais en ma possession jusque là (je vous en ai glissé un mot ici), Chassez l'alcool, il revient au goulot... est un excellent épisode, sur lequel j'avais initialement préparé un premier post en janvier 2007 (soit peu de temps après l'ouverture du blog), mais le revoir aujourd'hui lui donne un sens totalement différent, alors on est parti pour une réécriture totale... D'façons, quand un post est en brouillon depuis plus de 3 ans, c'est qu'il n'était pas amené à voir le jour sous cette forme.

Resituons le contexte.
Billie Frank est une alcoolique, qui a commencé à fréquenter les réunions des Addicts Anonymes, ce qui recouvre non seulement les alcooliques (comme Dave, son voisin qui est aussi une sorte de love interest, plus souvent sex interest d'ailleurs) mais aussi les drogués (comme sa meilleure amie Jackie). La guérison de Billie n'est pas, mais alors pas du tout bien engagée. En fait,c'est tout le contraire car, dans l'épisode précédent (c'est pas un spoiler si la série a plus de 10 ans, mais si vous êtes du genre craintif, allez lire un autre post), Jackie s'est suicidée, et ce sont Billie et Dave qui l'ont découverte.
Jackie avait laissé un mot à Dave pour lui expliquer son geste, et même si ce message mentionne Billie, il ne lui est pas adressé...

Nous voici donc arrivés à l'épisode qui nous préoccupe, Chassez l'alcool, il revient au goulot..., et où Billie, incapable de surmonter la douleur qui suit ces évènements, se remet à boire. Je vais vous mettre l'extrait (sous-titré par mes soins) dans un instant, mais je voudrais revenir sur la signification de ce passage pour moi.

Même quand on connait un épisode par cœur, au point de ne pas savoir comment en parler pour la première fois à des personnes qui, dans leur immense majorité, ne connaissent même pas la série... on peut être surpris. C'est hélas le cas ici. Les évènements récents m'ont forcée à redécouvrir cet épisode avec un regard nouveau. Et en même temps que je connaissais les répliques par cœur (et la chanson aussi, oh cette chanson...), je leur trouvais un sens que je n'aurais jamais cru trouver. L'épisode a pris une nouvelle signification, et plus particulièrement mon passage préféré, parce qu'elle est partie, et parce qu'elle aimait Rude Awakening, et parce que c'est un passage que j'ai toujours aimé mais qui semble tellement, tellement écrit pour toute cette histoire.

Rude Awakening était l'une de mes séries "culte", mais je n'en avais pas vu tous les épisodes (elle s'était moquée de moi à cause de ça, une fois, parce qu'elle, elle les avait tous vus). Pendant longtemps, j'ai vécu sur mes souvenirs, et sur le compte de quelques épisodes en VHS (principalement saison 3). Et j'aimais la série pour son thème, pour le traitement qu'elle en avait fait (pour autant que j'aie pu constater), et pour son personnage central. Mais aujourd'hui, la série a pris une nouvelle dimension. Elle est un lien. Elle est une déchirure. Elle est un weekend de téléphagie qu'on aurait pu partager si on avait découvert ces épisodes il y a seulement deux mois, quand ils ont été postés. Elle est une apparition. Elle n'est en aucun cas ni un modèle à suivre ni une source d'inspiration. Mais elle fait ressortir tant de choses.

Rares, très rares sont les séries qui, des années après leur annulation, continuent d'évoluer aux yeux du téléphage qui les aime. Dans quelques heures, quelques jours au plus tard si quelques épisodes sont récalcitrants, j'aurai tous l'intégrale de Rude Awakening en VO, un projet qui très franchement était de l'ordre de l'utopie il y a encore quelques mois. Et voilà que la série est de nouveau, cruellement, d'actualité pour moi à bien des égards. Quand on regarde ce genre d'épisode dans de telles circonstances, on ne peut pas vraiment croire au hasard. Et on ne peut pas faire autrement que d'être impressionné par les expériences que procure le simple fait de regarder une série télé.

C'est, exactement, la raison pour laquelle je suis téléphage.

DontGo

Tout est dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rude Awakening de SeriesLive.

20 mai 2010

Not live from New York

Ça fait depuis samedi soir que la saison de Saturday Night Live s'est finie. Wow, c'est moi où ça manque sérieusement d'air autour de ce blog ? Je sais pas, je me sens comme oppressée... non ? Que moi ? Bon bah je continue. J'en étais où ? Oui : SNL ne reviendra pas avant septembre. Ouh et puis, il fait lourd aussi, non ? Quelqu'un peut ouvrir la fenêtre ? Je le ferais bien mais je pense que si je bouge, je vomis. Ah non je me sens pas bien là. Punaise, je sais pas si c'est la grippe carabinée que j'ai réussi à choper hors-saison ou quoi, mais la vache, je déguste. On disait quoi ? Ah, j'y suis, pas de SNL avant l'automne. Oh écoutez j'ai des bouffées de chaleur et des frissons en même temps, je vais pas pouvoir continuer...

En attendant que j'aie fini de cagouler quelques vieux épisodes qui mettent trois plombes à cagouler parce qu'ils n'intéressent que moi (les joies du c2c, cagoule to cagoule), me voilà donc en pleine crise de manque parce que SNL, a pu. C'est emmerdant parce que je suis en pleine période monomaniaque. J'avais réussi à m'en sortir après avoir passé le mois de mars à faire une autre fixette monomaniaque (qui avait eu pour résultat une semaine spéciale remplie de sketches), et je pensais que je m'étais calmée. Le problème c'est que plus je vois de vieux épisodes, pire c'est. Et là, comme je vais manquer d'inédits ET de vieux épisodes parce que je commence à avoir fait le tour de toutes les cagoules disponibles, on va commencer à entrer dans la phase de désintoxication forcée.
Je déteste cette phase.

La désintoxication est d'autant plus difficile que rien ne la justifie. La monomaniaquerie SNL ne met pas ma santé en danger, et presque pas ma santé mentale. C'est vrai que j'ai cité SNL 712 fois ces derniers jours, sur ce blog comme à mon entourage (celui qui s'est montré résistant à mes microbes, du moins), mais à part ça, quel est le problème, hein ? J'ai ramené une clé USB remplie d'extraits et de sketches à une amie l'autre jour et on a passé au moins 3 heures devant, c'est vrai, mais je l'ai pas forcée, et elle pouvait arrêter quand elle voulait ! C'est simplement pas juste d'essayer de me faire arrêter !

Et surtout, la désintoxication téléphagique a une particularité : au lieu d'un sevrage complet, c'est le sevrage d'une seule émission qu'il faut opérer, et il faut trouver par quoi on la remplacera. Et c'est toujours là que ça coince. Parce que si on aime tel programme ou tel autre en ce moment, c'est, d'une part, parce qu'il répond à un besoin (après avoir passé un mois absolument pourri de chez pourri, avec au programme de ma vie des décès, des cancers et d'autres joyeusetés du même acabit, pour changer j'ai envie de me marrer), et c'est, d'autre part, parce qu'on pense qu'il n'a pas son égal. Si on pensait qu'il a son égal, on regarderait déjà l'égal, et on ferait une obsession dessus aussi.

Donc tout le défi est de réussir à remplacer une addiction par une autre en attendant qu'arrive la rentrée.
Vu que nous sommes en mai, à chaque série qui finit sa saison, je sais que nous sommes plus nombreux dans ce cas... et ça ne me réconforte pas le moins du monde. Cet état de fringale insatiable avant des mois et des mois est un état que je ne souhaite à personne. Même pas à des gens qui aiment les vampires. Même si ce serait pas mal qu'ils arrêtent de nous casser les cou*lles avec leur promo à coups de gourdin pour la saison 3.

Inutile de dire que dans l'état de monomaniaquerie où je suis rendue (je me trimbale avec une clé USB de sketches de SNL, je pense que tout est dit...), bien des barrières mentales sont tombées.

A l'heure où je vous parle, j'ai regardé en moins de 24 heures toute la première saison de 30 Rock, et j'envisage sérieusement de me lancer dans la deuxième. C'est marrant parce que je regarde 30 Rock uniquement quand je suis malade... hasard ou coïncidence ? Hm, je ne crois pas aux coïncidences...

Vu ma piètre opinion sur Tina Fey comme sur ma première expérience de la série (à qui j'avais pourtant donné, dans ma bonté, 6 épisodes pour me convaincre la première fois, donc j'avais quand même persisté avant de conclure que je n'aimais), je ne vous en voudrai pas si vous prévenez les services psychiatriques.
Et pourtant, eh oui, 21 épisodes en 24 heures. Heureusement que c'est une comédie de 20mn et que je suis alitée, quand même, sinon ce serait effrayant.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ou qui, du moins, ne sont pas capables de le nuancer.

Pis si j'ai fini les 4 premières saisons pour la rentrée de l'automne, ya des chances que tout ça finisse même avec un post To be continued..., par-dessus le marché. D'façons il est pas exclu que j'attrape un rhume quelconque quand le temps va se rafraîchir alors, euh, bon.

Il y a encore beaucoup de choses qui me chiffonnent dans 30 Rock, la moindre n'étant vraiment pas l'omniprésence de Tina Fey. Elle a ses bons moments, mais elle en a aussi beaucoup où elle est très irritante, parfois juste parce qu'elle est là, parfois parce que franchement elle se la pète un peu, la petite mère. En général, dans un épisode, les passages que où je me détends le plus sont ceux tournant autour de ses collègues (à la notable exception de Tracy qui m'énerve encore plus qu'elle), ce qui est quand même assez symptomatique. Le problème ne tient même pas dans le personnage lui-même mais dans la façon de tout ramener à lui en permanence.

Alors que pardon, mais j'avais espéré que 30 Rock parlerait de télévision. Or, dans un nombre incalculable de fois, on parle relativement peu du show. Et je crois qu'en fait c'est de là que vient ma déception d'origine avec la série, et qui reste un vrai casus belli : j'attends plus de cet univers. Du vitriol, de la caricature, de la dénonciation, plus de références... et plus de pédagogie, aussi. Comment Tina Liz monte-t-elle son show hebdomadaire ? Quelles sont les choses qui lui font obstacle ? Comment se déroule la semaine, l'émission, l'après-émission ? Au final on n'a qu'assez peu d'éléments là-dessus. Comme on passe un temps énorme à se préoccuper des soucis de célibataire de cette pauvre Liz (qui, soit dit en passant, a par contre très bon goût en matière d'hommes, je tiens à le préciser parce que c'est pas souvent dans les séries que je peux dire ça), ainsi qu'à nous faire comprendre à quel point son boulot est hyper stressant et l'empêche de s'épanouir dans sa vie personnelle (j'adore les tirades régulières sur l'amitié qu'elle nous sort, c'est d'une hypocrisie quand on voit qu'elle ne pense qu'à ses petits tracas), l'émission passe systématiquement au second plan. Passé un tiers de la saison environ, les coulisses deviennent carrément un gadget et plus du tout le moteur de la série. Le moteur, c'est Tina/Liz. Take it or leave it.

J'ai lu que 30 Rock, avant de parvenir à l'antenne, était passée par plusieurs stades de recalibrage et de réorientation avant de voir le jour. Ce qui est finalement assez révélateur des faiblesses de la série, finalement.
D'un pitch qui n'avait rien à voir avec une émission de divertissement (ce devait être au départ un journal télévisé), on est passé à un très évident SNL-like, sauf qu'on refuse de se mouiller pour parler vraiment de SNL ou du système des émissions du même type. Par la même occasion, j'ai aussi appris qu'il existait quelque part un pilote avec Rachel Dratch dans le rôle de Jenna, je paierais cher pour voir ça. Bref.
Parmi ces différentes étapes, apparemment, il y en a une qui était plus orientée vers le show (et où il était même envisagé de mettre à disposition de vrais sketches du TGS sur le site de NBC), et ça c'était exactement ce qui m'aurait plu, pour le coup. Avoir un équilibre entre la semaine folle des personnages, et le résultat final. Or là, plus la saison avance, moins on en voit.

Mais oui mais si on prend un thème, j'aime autant qu'on l'exploite !
Au-dessus de Tina Fey, il doit y avoir un network executive bien plus doué encore que le fictif Jack Donaghy, parce qu'à chaque fois qu'on tient un sujet sur les coulisses du show, Tina le laisse s'échapper et transforme sa série potentiellement piquante sur le milieu qu'elle cherche à dépeindre en Ally McBeal du monde télévisé. C'est très décevant de voir qu'à chaque fois qu'on pourrait faire quelque chose de couillu, on en revient toujours aux états d'âme de Liz qui a quand même, il faut le noter, le bon goût de ne pas rentrer chez elle à pied dans les rues de New York avec du Vonda Shepard en fond sonore. C'est déjà ça. Mais sinon, tout le reste est similaire : personnages déjantés mais vraiment pas productifs, univers dont on ne cherche pas à tirer quoi que ce soit mais juste à utiliser comme prétexte, discordes internes et affaires de cœur...C'est très agaçant.

Je sais bien que dans les grandes lignes (Saturday Night Live) comme dans les petites (l'épisode impliquant le late Late Show de Conan O'Brien), on implique des émissions de la même chaîne, et qu'on n'a pas envie de se tirer dans le pied, mais si c'est pour rester dans un registre de lèche-bottes, c'est pas la peine. Dans ce cas je ne vois pas l'intérêt de prendre le milieu de la télévision pour sujet si c'est pour que Liz fasse trois épisodes sur un mec qui est... comptable ! Pour réemployer ses termes : ça ne marche que dans Ugly Betty, ça ! (et encore, ça ne marche plus)

Parmi les éléments qui m'ont fait rester devant l'écran, outre mon état de santé qui m'y a littéralement clouée, il y a quand même quelques bonnes nouvelles et c'est, en fait, ce que je n'avais pas vu la première fois que j'ai regardé les 6 premiers épisodes de la série (qui pourtant, du point de vue de l'exploitation du contexte télévisuel, sont les plus aboutis).

Le principal atout de 30 Rock, c'est la présence d'Alex Baldwin. Mais à bien y penser, ce qu'on aime chez son personnage de Jack Donaghy, c'est d'avoir l'impression d'y retrouver un Baldwin à la fois fidèle à lui-même, et en même temps complètement caricatural. Et on s'aperçoit alors que c'est le cas de la plupart des autres personnages qu'on connaissait : Tina/Liz, Jane/Jenna, et bien évidemment Tracy/Tracy. En fait, la première saison de 30 Rock exploite ses personnages aussi bien qu'elle aurait dû exploiter son contexte ; on sent un parallèle solide avec la réalité, et en même temps outrancier, qui rend grand service à chaque personnage. Et certainement simplifie la vie de ses interprètes, mais qu'importe.

J'attendais de 30 Rock un peu plus de piquant, il est vrai, mais ce que les dialogues n'apportent pas de ce côté-là, on le retrouve sans aucun doute dans le rythme, parfaitement maîtrisé. Sur 21 épisodes, pas un ne présente de longueur, de dialogue un peu superflu, de moment où on a le temps de se demander où sont passés les mouchoirs. C'est l'un des atouts de la série sur sa forme. On ne se rend même pas compte qu'il ne se passe rien, on est trop occupés à rebondir d'une rapide scène à une autre rapide scène, ce qui accentue l'impression de se faire servir des dialogues futés, ce qu'ils ne sont pas toujours. Mais quand ils ne le sont pas, le rythme entretient l'illusion.

Du coup, quand on réussit à passer la barrière psychologique que représente l'omniprésence de Tina Fey, on réalise donc qu'on tient une série correcte, voire un peu plus. Je n'y vois toujours pas le phénomène que beaucoup de ses fans cherchent à dépeindre, mais je comprends quand même que ça soit divertissant.

Évidemment, il aurait été naïf de croire que j'allais retrouver avec 30 Rock ce qui me manque quand je ne regarde pas SNL. D'autant qu'il est évident que pendant tout phénomène de désintoxication téléphagique, on est dans l'impossibilité totale d'avoir un coup de cœur équivalent à celui qu'on vient de quitter sous la contrainte. Je savais que je n'aimerais pas autant 30 Rock que Saturday Night Live, déjà parce que j'avais vu 6 épisodes de la série l'an dernier et que je savais quand même à peu près à quoi m'en tenir, et aussi parce que le contexte ne s'y prête pas du fait de la désintoxication. Pourtant, si je me suis tournée cette semaine vers 30 Rock pour de mauvaises raisons, je pense que la comparaison lui a aussi profité dans le sens où son sujet proche (bien que sous-exploité) m'a permis de lui donner une vraie chance. Quand on se désintoxique téléphagiquement, c'est rare de trouver des circonstances de ce genre pour le faire en douceur.

Je n'ai donc pas changé d'avis sur 30 Rock, il s'est juste un petit peu adouci, et c'est déjà pas mal.
Maintenant, la grande question, c'est : est-ce que je tente la même chose avec Parks & Recreation ? L'obstacle est ici différent parce que le lien avec SNL est seulement Amy Poehler (yikes !), et qu'en plus il s'agit d'un mockumentary. Mais tant qu'à donner une seconde chance à des séries, autant profiter de l'appel d'air créé par le vide que laisse SNL...?
Rha punaise, 'va falloir tenir jusqu'en septembre. Si je survis à ma grippe, en revanche je ne suis pas convaincue de survivre à ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 30 Rock de SeriesLive.

7 mai 2010

Intemporelle amitié

Tout ça, c'est bien évidemment la faute de SNL (depuis quelques mois, SNL est à blâmer pour beaucoup de choses, il est vrai). Demain soir, Betty White sera l'invitée vedette de Saturday Night Live et je dois dire que j'ai eu, en l'apprenant il y a quelques semaines, une grande bouffée de "chouette-génial-mais-pourquoi".
Mais si ! C'est cette bouffée d'enthousiasme qui fait plop tout d'un coup dans votre tête, et dans la seconde qui suit, vous vous demandez ce qui a bien pu la causer. En l'occurrence, Betty White est-elle quelqu'un de drôle que j'aimerais voir dans des sketches de SNL ? Spontanément, j'ai envie de dire oui, mais, pourquoi, au juste ? N'est-on pas devenu un peu sentimental avec cette brave dame, si bien qu'on lui attribue des mérites dont on a envie de croire qu'elles les a toujours possédés ?

Parce que, vous voyez, les gens qu'on a l'impression d'avoir toujours vus à la télévision, depuis qu'on est petits, eh bien, ça se trouve, on les trouvait drôles juste parce qu'on était petits et impressionnables ! Et puis, c'était il y a des années et des années, comment être sûrs et certains que nos souvenirs ne nous jouent pas des tours, c'est possible aussi. Je veux dire, ça fait des années et des années que je dis que j'aime Une Nounou d'Enfer et si Fran Drescher venait à être invitée à présenter SNL (arrêtez tout, là, le doute m'assaille : est-ce qu'il existe quelque part un épisode où Fran Drescher présente SNL ? Non ? Je suis déçue et rassurée à la fois ; on peut reprendre) et s'avérait ne pas être drôle, ça remettrait l'ordre de l'univers en question, un peu, quand même, et je préfèrerais que l'univers me prévienne avant de faire ce genre de trucs.

Et c'est avec cet étrange cheminement de pensées que je me suis dit : allez hop, on regarde Les Craquantes/The Golden Girls. Pour être sûre que Betty White est quelqu'un de drôle et que l'épisode de SNL ne va pas me décevoir.

Et c'est comme ça que j'en suis arrivée à en voir déjà deux saisons. Donc déjà, ça confirme que Betty White est drôle. Mais pas seulement.

Ça faisait des mois et des mois que je n'avais pas vu un épisode de cette série, après avoir regardé le pilote peu après le départ d'Estelle Getty. Mes archives indiquent que je devrais peut-être plutôt compter en années. Ah ouais, quand même.
J'avais revu le pilote et j'avais un peu ri, mais je me souvenais de plus franches rigolades que ça, alors j'en étais restée là, au pilote, c'était déjà bien. Mais là, j'ai enfilé un épisode, puis un second, un troisième, et avant même de pouvoir dire ouf, j'entamais déjà la deuxième saison, et pendant que je vous parle, j'aime autant vous dire que la troisième est en cours de cagoulage à titre préventif : je regarde le season finale de la saison 2 demain.

Les Craquantes n'est pas seulement une série drôle. C'est une série délicieusement en phase avec son époque... et la nôtre.
Vous savez, entre Les Craquantes, Roseanne et quelques autres comédies un peu datées que j'aime bien m'envoyer derrière la cravate de temps à autres, je me dis que, sérieusement, quand est-ce qu'on a loupé le virage ? Je veux dire que des comédies, j'en regarde pas mal, essentiellement des pilotes pour les sitcoms, et pour les single camera, j'ai des stats corrects sur le long terme, sincèrement, j'en vois des comédies... mais des comédies capables de ça ? Je n'en vois plus.

Je regarde Les Craquantes avec l'impression désagréable qu'aujourd'hui on cherche à me faire rire avec ce qui est déjà drôle. Je crois que c'est aussi pour ça que je n'accroche pas avec les sitcoms d'aujourd'hui, et que ceux que je regarde sont vus plus en désespoir de cause que par conviction ou attachement. C'est incroyable le nombre de thèmes abordés par Les Craquantes où je me dis : sans déconner, ils vont parler de ça, là, maintenant ? Dans les années 80, on parlait de ça sur un network ? Je ne suis même pas certaines que des comédies du câble parlent de ça. J'exagère, mais à peine.
Et non seulement on va aborder des sujets un peu délicats, mais on va les faire aborder par des "vieilles" dames ? Mais les comédies d'aujourd'hui sont tellement conformistes, en comparaison !

Un exemple tout bête. Je vous le sous-titre vite fait et à l'oreille (donc ça vaut ce que ça vaut), d'accord ?

CarteVermeilleandtheCity

C'est un peu comme voir Sex & the City 2 en avant-première, non ?

Et c'est sans compter les thèmes autres que la sexualité, abordés pendant un épisode ou simplement effleurés au détour d'un dialogue, des thèmes pour lesquels on a l'impression qu'il y a encore beaucoup à dire et que ce n'est pas nécessairement le rôle d'une série dramatique d'en parler, que c'est dommage.

Sincèrement, j'ai eu beau regarder bien des épisodes dans mon adolescence, j'ai eu l'impression avec ces deux saisons de redécouvrir une série que j'avais, avec le temps, fini par considérer comme inoffensive. Or c'est tout le contraire, Les Craquantes en a plus dans le pantalon que 90% des sitcoms d'aujourd'hui.

Alors pour répondre à la question que vous ne vous posez pas, oui, le SNL de demain, avec (entre autres) Betty White, je veux, que je vais le regarder ! Je veux !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Craquantes de SeriesLive.

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