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ladytelephagy
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30 avril 2011

N'oubliez jamais

GilmoreGirls
Il y a les dialogues rythmés, bourrés de références et pétillants. Il y a les personnages attachants et les petites situations badines autour des histoires amoureuses de chacun.
Et j'apprécie à leur juste valeur ces petits ingrédients qui forment une grande partie du charme de Gilmore Girls.

Mais soyons honnêtes une minute, voulez-vous ?

La vraie raison pour laquelle je suis fascinée par mon revisionnage de Gilmore Girls, depuis dimanche dernier, c'est la force de sa description des histoires de famille. Et moi, vous le savez, dans le fond, les histoires de famille, je ne vis que pour ça ; une fascination maladive qui a trait à ma propre histoire, comme on s'en doute.

Rory a 16 ans. Ca fait donc 16 ans que sa mère Lorelai, alors une adolescente, est tombée enceinte et s'est enfuie de la maison familiale avec son bébé sous le bras. Et si, pendant les premières années de Rory, il y a eu un silence radio forcément blessant, dont on nécessairement beaucoup souffert Emily et Richard, en tous cas et de leur propre aveu dans le pilote, les deux parties se sont vues ces dernières années pour Noël, et apparemment quelques autres fêtes. On pourrait penser qu'après tant de temps, et alors qu'ils se sont revus fréquemment ces dernières années (au moins 5 ans, puisque Emily a offert un portemanteau à Lorelai voilà 5 ans pour Noël), les membres de cette famille auraient un peu cicatrisé.

Eh bien croyez-le ou non mais pas du tout. Emily est blessée au dernier degré lorsqu'elle découvre où Lorelai et Rory vivaient après qu'elles soient parties de la maison, Richard est toujours mortifié par le déshonneur que ça a été pour sa fille de tomber enceinte à 16 ans (le contexte social huppé n'aidant pas), et Lorelai elle-même voudrait pouvoir dire sa vérité mais n'est jamais entendue.
16 ans plus tard, cette famille souffre toujours de la même plaie béante.

Naturellement il y a une part de dramatisation propre à toute fiction : Gilmore Girls a choisi de se dérouler alors que la fille a l'âge qu'avait sa mère quand elle l'a eue, pour souligner à la fois leur exceptionnelle relation et les peurs de Lorelai qui voudrait que sa fille ne fasse pas les mêmes choix qu'elle. Il est donc, sous un certain angle, plus "pratique" que ces vieilles histoires remontent à la surface maintenant. Ca s'explique narrativement.
Mais la façon dont ces souffrances s'expriment a quelque chose de très vrai.

On ne guérit jamais de ce genre de blessures. On vit avec, on les surmonte, on les accepte pour pouvoir vivre ensemble, mais jamais on n'en guérit vraiment. Et j'apprécie de Gilmore Girls qu'elle ne prétende pas le contraire, que la série n'essaye même pas de minimiser en prétendant que ça se calme, et que ce qui semblait être pour Emily et Richard une immense erreur est restée une erreur dans leur esprit, même si d'un autre côté aujourd'hui ils adorent Rory et sont prêts à tant pour elle. Ils sont ses grands parents et ne remettent pas cela en question, mais ils n'ont jamais réussi à accepter ce que Lorelai a fait. Lorelai qui n'avait que 16 ans, qui a fait des choix (peut-être les premiers, finalement) avec lesquels on a le droit de ne pas être d'accord, qui ont beaucoup à voir avec son tempérament, mais qui ne se sont pas avérés mauvais ; la vérité c'est que je ne vois pas comment ses parents pourraient en venir à cette conclusion, ils ont trop souffert pour ça.

Il y a les dialogues rythmés, bourrés de références et pétillants. Il y a les personnages attachants et les petites situations badines autour des histoires amoureuses de chacun. Mais Gilmore Girls est aussi un drame profondément sincère sur ce que ça signifie que d'avoir une famille quand il s'est passé un grand chamboulement : on n'en guérit jamais tout-à-fait. Et la famille, on ne peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans.
Allez hop, deuxième saison. Avec un peu de bol, elle me fera un peu plus qu'une semaine...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gilmore Girls de SeriesLive.

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24 avril 2011

Parlez-moi de mort, redites-moi des choses tendres...

Ne partez pas sans avoir résolu ce qui vous fait fuir. Vous seriez contraints d'une façon ou d'une autre à revenir.

Combien de fois avons-nous entendu ce refrain ? Et combien de personnages ont dû admettre qu'il fallait rentrer à la maison pour mieux la quitter ? De Six Feet Under à, plus récemment, Koselig Med Peis, on découvre régulièrement dans les séries qu'il ne sert à rien de quitter le foyer familial, on finit toujours par y revenir.
East of Everything ne fait pas exception.

Pourtant il y a dans ce pilote une telle grâce, et une telle gravité, employées à remonter le chemin des souvenirs, que je mets au défi quiconque regardera les première minutes de n'avoir pas le coeur à la fois serré et exalté devant ce qui se dégage de la série.

Art Watkins s'est enfui, lui aussi. Sans doute plus loin que tous les autres personnages qui l'ont précédé ou suivi : il n'a pas simplement quitté Broken Bay, il a carrément quitté l'Australie, et parcourt le monde en quête d'endroits fabuleux dont il pourrait faire des guides de voyage. Alors bien-sûr, plus l'homme va loin, plus on peut se demander ce qu'il fuit. C'est lorsqu'il reçoit un message de son frère Vance, lui apprenant que leur mère Nancy est sur le point de décéder de son cancer ; malheureusement, à l'aéroport, sur le chemin du retour, il reçoit un second message lui indiquant qu'il est trop tard. Retournant dans le petit patelin de Broken Bay pour les obsèques, il va, nécessairement, devoir faire face à tout ce qu'il a laissé sur place : son frère Vance, bien-sûr, amer au possible d'avoir dû s'occuper de Nancy pendant qu'Art voyageait Dieu sait où, mais aussi son premier amour, Eve, et même son fils qu'il n'a pas vu depuis 10 ans, Josh. Oui, 10 ans. Il a couru loin, et il a couru longtemps, aussi, notre Art. Et tout ce petit monde, ce sont des gens avec qui il y a beaucoup de choses laissées en suspens...

EastofEverything
Mais le moment n'est pas seulement aux retrouvailles. Car la propriété de Nancy, une ex-hippie qui, d'après les propres termes d'Art, ne s'est jamais consolée de la fin des 70s, a l'air abandonnée, mais c'est un énorme terrain qui pourrait aussi être valorisé en un magnifique et lucratif projet immobilier. Quelque chose qui n'a pas échappé à Melanie, la fiancée de Vance qui, bien que fasciné par le bouddhisme et la musique indienne, n'est pas une hippie, elle, mais un agent immobilier avec de la suite dans les idées. Et l'héritage de Vance, elle compte bien dessus. Sauf que ça ne va pas exactement se passer comme prévu parce que Nancy n'a pas légué la propriété à Vance, comme ce dernier le pensait, mais bien à ses deux fils...

Non, sur le papier, East of Everything n'a donc rien inventé. Pourtant il se dégage quelque chose de très particulier de la série, peut-être parce qu'on sent le côté un peu hippie, et que la maison familiale est une espèce de taudis plein d'arc-en-ciels et d'objets en macramé, ou peut-être parce que, derrière tout ça, on sent une certaine spiritualité. La scène de l'aéroport est certainement ce qui déclenche cette impression, mais elle est persistante, notamment parce que le cadre de Broken Bay est absolument paradisiaque, au coeur d'une forêt tropicale et à quelques pas d'une plage de sable fin, la famille Watkins va régler ses comptes tout en profitant d'une nature verdoyante qui a quelque chose de réconfortant.

Au retour aux sources d'Art, et aux enjeux sur l'héritage (traités de façon extrêmement plus subtile qu'anticipé), s'ajoutent les intrigues secondaires de deux personnages, en apparence déconnectés de la vie des Watkins, mais qu'on va apprendre à connaître et dont on va également apprécier la quête initiatique pour se trouver, puisque c'est de cela qu'il s'agit naturellement.

Avec ses ondées et sa nature pleine de fraîcheur rassurante, East of Everything raconte bel et bien comment des personnages torturés vont trouver la paix, enfin, avec leurs proches et donc avec eux-mêmes. Il y est pas mal question de mort (pas seulement à cause de Nancy) et pourtant l'espoir n'a pas disparu.
East of Everything n'a donc rien inventé, certainement pas. Mais elle a su se mettre en images avec à la fois une grande émotion et une rugosité toute australienne, sans en faire des tonnes. East of Everything, ça fait du bien là où ça fait mal.
Donc pour répondre à votre question, oui, je cagoule le deuxième épisode pendant que nous parlons.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche East of Everything de SeriesLive.

8 janvier 2011

Family Reunion

Et nous y voilà, 2011 marquant, comme prévu, le retour des Walkers. Ce qui est bien c'est que, n'ayant pas vu la série depuis des lustres (je me suis arrêtée après quelques épisodes de la saison 3), j'ai quasiment le sentiment de redécouvrir la série, tout en ayant le confort de déjà la connaître.
Visiblement, j'ai bien choisi mon timing puisque je me souviens du prénom de tout le monde (ne riez pas, ça me demande vraiment beaucoup de temps d'assimiler les noms des personnages lorsque je commence une nouvelle série), mais que je ne me souviens pas des intrigues dans le détail, ce qui me permet de ne pas me spoiler moi-même. Ce qui serait quand même sacrément nul, vous ne trouvez pas ?

FamilyReunion

Ainsi me revoilà en famille, une autre famille fantasmée comme je les ai toujours aimées.
C'est ma science-fiction rien qu'à moi. Une porte vers un monde qui continuera de me fasciner quoi qu'il arrive, quelle que soit la forme qu'il prend : la famille. Ses engueulades où la vérité sort soudain par torrents, ses instants de grâce et de sincérité, souvent plus silencieux que les disputes, les dîners à rallonge où dix conversations se croisent, les membres de la famille qui s'ajoutent avec le temps... tout ce que je n'arriverai jamais à voir dans la vie réelle, je viens le chercher chez les Walkers.

Pourtant, je refais tout le chemin depuis le début, et certaines choses me déçoivent. Le temps a passé et certainement, j'ai idéalisé certaines choses dans la série. Je ne sais pas si c'est mon mal de crâne, mais je n'avais jamais réalisé à quel point la musique pouvait être omniprésente, voire lourde, dans ces premiers épisodes vus cette semaine. Et la musique, en plus d'accompagner chaque scène en permanence, n'est pas toujours exactement en osmose avec les scènes, elle semble parfois surjouer l'ambiance, quand il ne lui arrive pas ponctuellement de tout simplement mettre à côté. Je ne m'en rappelais pas comme ça. C'est assez énervant parce que ça me donne l'impression qu'on cherche à me tenir occupée avec des babioles musicales quand je voudrais me plonger dans la série à cœur perdu. J'apprécierais volontiers plus de retenue dans l'accompagnement musical, mais peut-être que ça se tasse au bout de quelques épisodes ?

Ça ne m'arrête pourtant pas, d'ailleurs j'ai bientôt fini le premier DVD de mon coffret de la première saison (ce qui vu mon emploi du temps cette semaine est tout de même une belle performance). Les retrouvailles priment sur le reste. Toute série a ses inconvénients, je suppose, surtout au démarrage, j'avais simplement oublié.
C'est un peu plus tiède que prévu, en fait. Mais c'est quand même un plaisir.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Brothers & Sisters de SeriesLive.

11 décembre 2010

A book by its cover

Librarians

Ni vraiment drôle, ni franchement ratée, The Librarians est une bien étrange série. Tous les éléments de la comédie en single camera sont réunis, mais il en ressort quelque chose à mi-chemin entre la maladresse et le mauvais goût qui empêche de vraiment rire.

LE bon point, c'est d'avoir évité le mockumentary tout en conservant l'élément qui sous-tend en général le genre. La caméra suit le fonctionnement d'une bibliothèque municipale, dirigée par un personnage grotesque, une directrice convaincue d'être dans son bon droit mais pourtant en représentation constante, crispée à l'idée de ne pas donner une image parfaite.
Le fait de ne pas être en mode mockumentary ne donne que plus de poids au personnage, qui apparait comme d'autant plus névrosé. C'est donc la directrice de la bibliothèque qui fait tout le travail dans The Librarians, car les autres personnages, au stade du pilote, ne sont pas très développés (bien que l'histoire de l'employée Dawn soit expliquée avec suffisamment de détails pour ne pas avoir l'impression que ce personnage en fauteuil roulant n'est qu'un gadget comique bon marché). Elle est profondément raciste, incroyablement imbue de sa personne, et c'est un petit chef désagréable et condescendant au possible, et le pire, c'est qu'elle en est plus ou moins consciente parce qu'elle maquille ses propos pour avoir l'air polie et serviable. Une hypocrisie qui ne laisse personne dupe mais qui lui donne l'impression de faire illusion.

Le personnage est bon, à défaut d'être drôle. Et c'est certainement pour cela que seules les scènes où on la retrouve valent le coup, les autres protagonistes ayant tendance à ne pas s'imposer et rester assez binaires.

Je l'ai dit, plusieurs éléments du mockumentary se retrouvent dans le pilote de The Librarians, notamment parce que le personnage central interprète un rôle ; sauf qu'au lieu de le faire pour une caméra, il le fait en permanence et pour tout le monde, ce qui conduit assez logiquement à accentuer sa névrose ; la scène d'intro donne finalement une assez bonne idée sur l'état psychologique de ce personnage. Mais du coup, on est dans quelque chose d'un peu humiliant pour ce personnage qui va devoir, ça semble inévitable à ca stade, devoir encore et encore faire des pieds et des mains pour avoir l'air de tout maîtriser quand elle a du mal à se contenir elle-même.

C'est la raison essentielle pour laquelle je ne poursuivrai pas The Librarians, comme je n'ai pas poursuivi The Office qui m'avait fait le même effet : chaque épisode semble voué à reprendre la même structure, en étant dénué d'une histoire suffisamment solide pour faire avaler la pilule. Je peux avoir tort et je suppose que pour durer trois saisons (la saison 3 s'est finie il y a quelques jours), The Librarians a bien du trouver une parade à ce problème, mais voilà, moi ça me bloque.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Librarians de SeriesLive.

9 décembre 2010

Communauté de pas bien

Ça va, ça va. Je m'y mets. Pas la peine de devenir désagréable. C'est toujours pareil avec les reviews de séries qui franchement m'ennuient : je reporte, je reporte, et puis au final il faut m'engueuler pour que je m'y mette. C'est pas comme quand j'ai de la matière pour faire un truc vraiment méchant, ou au contraire quand j'ai un coup de cœur. Non, quand je m'emmerde, bah j'y peux rien, je traine en chemin.
Ça me rappelle un peu l'époque où j'avais des devoirs à faire. Dieu merci aujourd'hui, j'ai un travail qui me libère de ce genre d-... ah, non, tiens.

Ouais, alors donc, voilà : j'ai fini par regarder le pilote de Community. Encore.
La tonalité de cette intro devrait vous avoir donné une bonne idée de mon ressenti, mais non, je vais en rajouter une couche. Parce que maintenant que je m'y suis mise, à ce post, vous allez avoir droit à la totale. Nan mais.

Community

Rappelez-moi pourquoi j'ai regardé Community, déjà ? Ah oui. Parce que la majorité d'entre vous (mais pas tous, et je dois dire que ça me rassure) me l'aviez recommandé. C'est quand même la base du principe de la rubrique, et disons que globalement, si ya des réactions pour, j'ai tendance à les suivre, partant du principe que si vous avez daigné poster un commentaire, contrairement à vos habitudes (ahem), c'est qu'il doit bien y avoir une raison. Si vous trouvez que c'est un raisonnement pervers c'est très simple, il suffit de commenter sous d'autres posts que ceux de la rubrique La une est à VOUS.

Le problème, c'est que, vous voyez, j'ai vu ce pilote il y a quelques semaines à peine (une fringale de Doctor Who est passée par là avec une intégrale, puis repartie, bref il y a un mois, même pas), et que je l'ai déjà oublié. C'est vraiment symptomatique d'un problème, en ce qui me concerne, parce que je rappelle quand même l'air de rien que je suis capable de vous résumer quasiment scène par scène des pilotes absolument anonymes du genre de The Trouble with Normal des années après, et en n'ayant vu l'épisode concerné qu'une fois (et même de me souvenir d'une tirade ou deux, mais je triche, relire le cahier vert de temps à autres doit quand même aider sur ce dernier point), alors que Community, regardé deux fois depuis sa diffusion, dont une ya un mois, eh bah je suis infoutue de me rappeler de quoi que ce soit.

Si ce n'est ceci : les personnages me font légèrement braire. Le stéréotype m'use juste un tantinet. Il y a légèrement foutage de gueule, et ce n'est même plus tout-à-fait vraiment drôle.
J'essaye d'euphémiser la violence de mon ennui total devant ce recyclage, je sais pas si ça marche, vous me direz.
C'est épuisant de voir, encore et encore, les mêmes choses revenir. Je me souviens d'ailleurs que ma source d'énervement numéro un pendant la rentrée de la saison 2009-2010, c'était justement que ma résistance au stéréotype s'était largement amenuisée, voire atteint un record d'inexistence

Le problème, en fin de compte, c'est que Community revêt tellement peu d'intérêt, semble n'avoir aucune caractéristique particulière, que ça me met de mauvaise humeur de ne rien ressentir devant le pilote.
Je veux bien ressentir de la colère parce que le scénario est bidon, ou les personnages incroyablement outranciers, ou parce que les gags sont miteux. Je l'ai ressenti avant et je le ressentirai encore, je pense, pendant les saisons à venir, chaque fois qu'une série sera franchement médiocre, de la même façon que je ressens cette même colère chaque fois que la CW sort une nouvelle série (c'était gratuit, j'avoue). Mais quand je m'ennuie, c'est encore plus insupportable que quand une série fait insulte à mon intelligence. L'ennui, c'est résolument le pire. Avec les vampires.

Certes, c'est mon ressenti au vu de ce seul pilote, j'en conviens. Mais ne revenons pas sur l'éternel débat des vertus de la patience en téléphagie, il me semble avoir déjà plusieurs fois expliqué mes arguments, qui tiennent finalement en une maxime, à bien y réfléchir : je veux bien persévérer, mais encore faut-il que j'entrevoie du potentiel à le faire. Or, là, nenni. Je veux bien me forcer devant un Doctor Who, l'expérience a prouvé que j'y avais vu des points positifs et que donc ça ne m'a demandé, finalement, qu'un peu d'effort. Mais si je dois me forcer à continuer un peu Community alors que je traine lamentablement les pieds rien que pour en faire un post, et que j'ai toutes les peines du monde à me rappeler d'un seul gag, d'une seule tirade, d'une seule scène (bon, si, ya un moment où ils sont dans la bibliothèque, mais alors ce qu'ils s'y disent et ce qu'ils y font...?), c'est quand même la limite de ma bonne volonté.

Je ne dis pas que Community est une mauvaise série. Je m'en garderais bien, vu que je suis incapable de me souvenir du pilote après l'avoir vu deux fois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Community de SeriesLive.

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5 décembre 2010

We know (period) drama

Je regarde. Je lis. J'apprends.
Depuis quelques semaines, un mois peut-être, j'essaye de m'intéresser à ce qui se passe au sud. Pas juste un peu, comme ça, en passant, non, en lisant plus d'articles, en écumant plus de sites, en testant plus de pilotes. D'ailleurs l'un d'entre vous m'a envoyé un pilote il y a une éternité, le post viendra, comme celui de Community beaucoup sont en travaux et les journées n'ont que 24 heures. Toutes mes excuses aux plus curieux d'entre vous qui mériteraient que je me magne un peu les fesses. C'est un fait, je n'ai jamais été attirée par la fiction européenne. Mais je fais des efforts, je me pousse, je sais qu'il y a de bonnes surprises partout. Il y a 6 mois de ça, vous m'auriez dit que je tomberais amoureuse d'un pilote de série britannique, polonaise ou brésilienne, je ne vous aurais pas crus, après tout. Alors pourquoi pas l'Espagne ? Je ne bite pas un mot. Et alors ? On peut pas dire que je comprenne mieux les Britanniques, les Polonais ou les Brésiliens ! C'est une question d'insistance. Il suffit de quelques découvertes. Il suffit de découvrir ce qui se passe.

Tenez, depuis que je me suis mise aux séries australiennes... bon, j'en découvre des pénibles. Bogan Pride, je ne recommande pas du tout, par exemple. Mais je lis, je collecte des noms, et petit-à-petit, je tombe sur des merveilles. Elles existaient, il suffisait de les trouver. Rake et surtout The Circuit attestent bien qu'il fallait gratter et ne pas se contenter de ce que je connaissais de la fiction australienne jusque là. Le Royaume-Uni, même chose. Chaque semaine je dévore désormais, en plus du reste de mon alimentation, un Miranda, un Misfits et, si j'ai le temps à tête reposée parce que ça ne se regarde pas dans un train, un Accused. Voyez, je progresse.
(Suivez les tags, ya plein de posts que vous n'avez peut-être pas lus sur ces séries)

Alors, l'Espagne, donc. Pas encore trouvé de pépite. Mais j'ai sorti le grattoir et je n'y vais pas de main morte, surtout depuis que Doctor Who est hors-jeu (j'ai finalement regardé le season finale ce weekend d'ailleurs).
Je commence à surveiller un peu plus mes sources habituelles. Je commence à lire plus de trucs. Et surtout je jette un œil aux audiences, ce qui est en général le signe que j'ai vraiment remonté mes manches.

Et après avoir regardé les pilotes de Aguila Rojas, Hispania et Tierra de Lobos ce weekend, puisqu'il faut bien commencer quelque part, je suis en mesure de dire que... quand il s'agit de faire un divertissement historique grand public (mais pas tous publics), les Espagnols en connaissent un morceau.
Ils sont très forts, ces Espagnols. Car toute série historique espagnole moderne doit impérativement comporter :

- des jolies filles avec des cheveux longs et ondulés

AguilaRojas_Femme Hispania_Femme TierradeLobos_Femme

- des messieurs musclés qui savent se battre

AguilaRojas_Homme Hispania_Homme TierradeLobos_Homme

- une scène sanglante et/ou de torture

AguilaRojas_Sang Hispania_Sang TierradeLobos_Sang

- au moins une scène un peu chaude

AguilaRojas_Sexe Hispania_Sexe TierradeLobos_Sexe

Le contexte historique varie, la qualité varie, la prévisibilité varie, l'intérêt varie. Dieu merci, l'histoire varie, aussi. Mais ça, ce sont des essentiels. Jamais vu des fictions aussi cohérentes entre elles ! Et les scores d'audiences, d'après ce que je lis, sont à l'avenant, ces séries figurent parmi les plus grand succès de ces deux dernières années (toujours d'après ce que je lis, les séries historiques font justement un grand retour sur les écrans espagnols depuis deux ans).
Je ne sais pas (encore) pour le reste, mais pour la série historique, les Espagnols ont une recette qui fonctionne, et ils ne sont pas prêts de la lâcher.

Et sincèrement, c'est peut-être pas ma tasse de thé à la base, mais j'admire quand même l'effort qui est fait pour moderniser le genre tout en perpétuant une certaine tradition de la série historique.
Cole disait dans le podcast il y a quinze jours que les networks américains ne pouvaient pas faire de série historique et qu'aujourd'hui, le public attend un certain élitisme. J'y ai repensé pendant ce weekend espagnol, qui remet sincèrement les pendules à l'heure. Hispania n'a sans doute pas les effets spéciaux de Spartacus (qui a dit "tant mieux" ?), mais elle propose des éléments venus du peplum sans jamais ennuyer. Tierra de Lobos est un western européen fait de sueur et de poussière qui parvient à être glamour. Aguila Rojas est à la fois de l'action-concept et une série d'intrigues de cour.
Vous cherchez des séries historiques qui ne vont pas vous ennuyer ? Direction l'Espagne, mes amis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : les fiches Aguila Rojas, Hispania et Tierra de Lobos de SeriesLive.
PS : Nakayomi, tu VEUX voir au moins Tierra de Lobos, je te jure.

3 décembre 2010

Refaire / Défaire

On se plaint des remakes américains... mais, mes pauvres petits, c'est rien, ça. C'est une partie de plaisir, même ! Quand les Américains se piquent de refaire Skins, Being Human (brrrr...), ou commencent à lorgner vers Misfits... mais je dis allez-y. Mais c'est pas grave. Ya pire dans la vie !

Imaginez des Espagnols en train de lancer un remake des Craquantes, par exemple.
Ah, là ça rigole plus. Bah vous avez raison : il faudrait une loi pour interdire le remake de sitcom américain. Là, on est dans la criminalité internationale, là d'accord. Et je comprends mieux pourquoi ça faisait des semaines que j'avais cagoulé le pilote de Las Chicas de Oro sans y toucher. Ça s'appelle l'instinct de conservation. Mais puisque j'en étais à mettre la fiche à jour (j'ai pas fini mais ça commence à avoir de la gueule, si vous voulez y jeter un œil), je me suis dit que, bon, piske j'avais le pilote, hein ?

LasChicasdeOro

Le problème, c'est le "respect" de la série originale. Parce que justement, Las Chicas de Oro est un vrai remake, genre qui a récupéré les scripts des épisodes d'origine et fait un petit gloubiboulga avec les passages qui semblent les plus à propos, genre qui a casté puis relooké les actrices pour qu'elles soient la copie conforme de leurs aînées américaines (à l'exception de Doroti à qui il manque 20 bons centimètres, au bas mot), genre qui a reconstitué les décors presque fidèlement quitte à conserver le goût des années 80 pour les couleurs, genre qui place des rires enregistrés à intervalles réguliers parce que "ça fait sitcom américain". Tout y est, sauf... le cœur.
Je me rappelle mon effroi devant Maia Prekrasnaia Niania, il y a quelques mois. Je ne l'avais pas uniquement mis sur le compte de mon sentimentalisme et mon affection profonde vis-à-vis d'Une Nounou d'Enfer (ne riez pas, le Dieu de la Téléphagie seul sera mon juge !!!). Et étaient à blâmer exactement les mêmes travers.

Car dans le fond, remake ne veut pas dire copie carbone. Et si effectivement on retrouve tous les ingrédients des séries d'origine, le script, le look des personnages et tout... bah, le lien ne se crée pas. Alors je ne dis pas, ça divertit probablement sur le moment (surtout si on a la chance de comprendre l'intégralité des dialogues, je le conçois), et Maia Prekrasnaia Niania a été un beau succès de plusieurs saisons, et Las Chicas de Oro était regardée encore lundi soir dernier par 13,5% des spectateurs espagnols, ce n'est pas exactement un bide. Mais dans le fond, une fois ces séries achevées, ce qui restera dans les mémoires, c'est la série d'origine. Parce qu'elle est très exactement cela dans l'esprit des spectateurs, et surtout, de la production du remake : l'origine. Quoi que fassent les personnages à partir de là, ils ne sont jamais qu'une bouture repiquée.

Sérieusement, est-ce que les productions Russes ou Espagnoles (et je cite ces coupables uniquement parce que j'ai plus de place dans les tags, mais il y en a d'autres et parfois pas bien loin, n'est-ce pas Maguy ?) ne pourraient pas faire l'effort de créer leurs sitcoms pas drôles toutes seules, comme des grandes ? Bien-sûr que ça doit être plus simple à vendre à une chaîne, surtout quand le cahier des charges déjà prêt économise sur plein de choses, dont le travail de développement, mais sincèrement, c'est pas du boulot. C'est vraiment du produit de consommation pur, sans aucune ambition. L'émotion est totalement absente du résultat, même quand nos petites vieilles discutent de leurs expériences sur leur coin de canapé ; c'est déjà bien d'avoir gardé cette partie et pas juste les passages humoristiques, hein. Et on ne fait pas avancer la télévision de son pays en allant pomper celle des autres, pas de façon aussi littérale en tous cas.

Un remake pour défaire ce qui faisait le charme d'une série... c'est triste, franchement. Je suis sûre que par rapport, les remakes des séries dramatiques, même quand ils déçoivent, ne sont pas aussi révoltants.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Las Chicas de Oro de SeriesLive.

28 novembre 2010

Dramédie : *****

Review

Certains pitches font galoper l'imagination. C'était le cas de Review with Myles Barlow, présentée comme une comédie satirique dans laquelle un homme présente une émission pour laquelle il effectue des reviews de... la vie. Un concept alléchant qui ouvrait bien des possibilités. En réalité, on est loin d'un concept fort : les reviews ne portent pas tant sur la vie que sur l'exagération de petits aspects anodins de la vie pour en faire un test forcément grinçant, parce que totalement à côté de la plaque.
Alors, si au final, le pilote de Review with Myles Barlow n'est pas nécessairement inoubliable, il est réussi, oui, mais à condition de ne pas s'imaginer qu'on va mettre la main sur une série révolutionnaire. Derrière le bon concept se cache une série finalement assez classique, dans son genre, descendant plus de la comédie à sketches que d'autre chose, ce n'est pas un ma, mais en tous cas ce n'est pas ce pour quoi je voulais m'embarquer.

J'attendais certainement quelque chose qui soit un peu émouvant. Quelque chose qui me donne un peu à réfléchir tout en riant, au minimum, disons. Cette série que j'avais commencé à imaginer pendant que je cagoulais existe peut-être, mais ce n'est pas Review with Myles Barlow. Peut-être que c'est un peu The Big C. Peut-être qu'elle n'existe pas et alors, si je peux me permettre, il est encore temps d'inventer, je sais pas moi, un personnage qui effectivement, au lieu de reviewer dans les domaines du cinéma, de la cuisine ou de l'art, rédige par exemple un blog (je sais combien les chaînes sont attachées à lier leurs séries au monde d'internet pour faire "hype") où il reviewe la vie et donne des notes à ses expériences drôles et moins drôles. Si un scénariste qui passe me lit, prenez l'idée, c'est cadeau, promettez-moi simplement d'en faire un truc bien.

Peut-être qu'il faut que j'arrête les dramédies. Elles déforment ma vision de la comédie, finalement.
Peut-être aussi que je pars du principe que toute série devrait être une dramédie. C'est un terme finalement assez récent que celui de dramédie, ou du moins, si contrairement à mon impression il ne l'est pas, il ne s'est vraiment développé à grande échelle que récemment, grâce au câble américain et notamment Showtime qui me semble être la chaîne à avoir réellement développé le genre, si genre il y a. Avant la dramédie, je connaissais déjà les comédies en single caméra, je pense que c'était une sorte de maillon manquant, et j'aimais déjà.
Ce qui me plaît, c'est de n'avoir pas à me contenter de rire, d'être émue aussi.

Oh, on me dira que toutes les comédies, du moins les meilleures, ont toujours incorporé une saine dose d'émotions à leurs intrigues, et que ça ne date ni des violentes disputes des dernières saisons de Will & Grace, ni de la romance homardesque entre Ross et Rachel dans Friends, ni des flashbacks nostalgiques voire carrément déchirants des Craquantes. Même la première saison du Mary Tyler Moore Show contenait quelques perles de mélancolie, et encore, je cite ces exemples uniquement parce que je n'ai pas vu d'épisode d'I Love Lucy depuis environ 10 ans, ça se trouve l'ambivalence est là depuis le premier jour.
Mais la vérité c'est que les comédies remplissent tout de même plutôt leur rôle de comédie la plupart du temps, et assez peu sont capables de trouver le bon équilibre. Loin de moi l'idée de leur reprocher d'être drôles, simplement, et c'est l'explication derrière mon allergie aux sitcoms récents dans leur grande majorité, elles trouvent trop souvent inutile de s'aventurer dans l'exploration du rire doux-amer.
D'où mon adoration pour la dramédie. C'est une comédie qui a réussi, à mes yeux.

De la même façon, une série dramatique trop sérieuse a tendance à me gonfler. Là encore, l'excès n'est pas forcément une force. S'il n'y a ni respiration dans l'ambiance parfois lourde de certaines séries, s'il n'y a pas un personnage un peu plus sympathique que les autres, j'ai tendance à regarder l'épisode, admettre gravement qu'on a là une bonne série dramatique, et tourner poliment les talons pour aller voir ailleurs. On n'est pas obligés de se prendre perpétuellement au sérieux pour faire un bon drame. Ce devrait être même interdit. Là encore, c'est un peu facile d'incorporer un personnage drôle pour être drôle, et de tomber à côté. Le drôle pour être drôle devrait être banni des drames comme des comédies. Il y a un équilibre à trouver.

Mais du coup, peut-être qu'en recherchant systématiquement des choses tristes qui font rire quand même, et des choses drôles qui rendent un peu triste, je finis par modifier mes attentes quand arrive une série que je ne connais pas et que je m'apprête à l'aborder sur la seule base d'un pitch. J'exige plus de mes séries que ça.
Une sorte de déformation para-professionnelle, je suppose.

J'aurais voulu, bon, peut-être pas pleurer devant Review with Myles Barlow. Mais en tous cas ne pas avoir l'impression qu'on attendait juste de moi de rire. Ce n'est pas exiger assez de moi en tant que spectateur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Review with Myles Barlow de SeriesLive.

26 novembre 2010

Méfaits bien faits

Il y a longtemps, sur ce blog, il y avait un post en brouillon sur Skins. C'était il y a plus de 2 ans, donc ne vous excitez pas. Et il commençait ainsi :

C'est vrai que je suis sectaire. Nan mais je l'avoue sans honte, hein, je m'en rends compte et ne m'en cache pas : je suis sectaire. Je méprise instinctivement les séries européennes, par exemple. Ou les teen shows.
Alors du coup, quand on me dit "on ne sait jamais ; tente quand même Skins", je réprime un frisson et je me dis que c'est mal barré de toute façon.

C'est mignon à relire avec le recul....
Le reste du post était dédié, en substance, à la fois à chanter les louanges et mépriser le pilote, rapport au fait qu'effectivement, c'est toujours cent fois mieux pour un ado de regarder Skins que Gossip Girl (faire de cette série le porte-drapeau des teen shows que j'abhorre ruine probablement ma page de tags mais bon), mais que quand même, tout ça me semble bien excessif.

Il est probable que mon contentieux avec les teen shows ne se résoudra d'ailleurs jamais car mon adolescence a été franchement éloignée de toute forme de sortie, fête et/ou beuverie, ce qui explique, quand on va au fond des choses, le fait que je trouve ces séries peu représentatives, tout simplement parce qu'elles n'ont aucune chance de refléter ma propre expérience de cette période de la vie. Reste quand même que je voudrais bien qu'on arrête de montrer les jeunes dans les séries comme des personnages aussi excessifs car ce n'est quand même pas la norme que d'être un personnage de Skins ou de Gossip Girl. Et j'ai beau admettre que j'ai eu une adolescence franchement terne, vous ne me ferez pas dire, jamais, que ces séries représentent leur cible.

MisfitsBienFaits

Mais il y avait avec Skins quelque chose que j'ai retrouvé en début de semaine dans Misfits, c'est-à-dire une façon de dépeindre les portraits adolescents avec plus de justesse, à défaut de le faire également avec les situations dépeintes. En fait, s'il y a une nationalité qui jusqu'à présent me semble la plus à même de dresser des inventaires intéressants de la jeunesse, c'est certainement la Grande-Bretagne, ce qui nous ramène à l'idée de proximité évoquée précédemment.

Pourtant, les adolescents de Misfits sont extrêmes. Mais derrière les coucheries et les abus, il y a quelque chose de tout de même largement plus accessible pour moi, une fenêtre sur cette période où il me semble retrouver quelque chose de plus tangible que dans les séries précédemment citées... et toutes les autres, que nous regrouperons par commodité sous la bannière CW. Je retrouve dans Nathan le fanfaron quelque chose de vrai, tout comme dans les hésitations agressives de Kelly, le trop-plein d'assurance d'Alisha ou la réserve pathologique de Simon (désolée Curtis, tu es franchement le personnage inutile de la série).
Ce qui est formidable c'est que je ne regarde pas Misfits pour ses portraits adolescents. C'est un bonus. Mais quel bonus !

31 octobre 2010

Dust storm

CircuitItinerant

Depuis une bonne décennie, je suis une grande amatrice de drames judiciaires. Si j'ai probablement toujours vu des séries de ce genre, la première que j'ai regardée attentivement était The Practice, diffusée par M6 pendant un temps. Quelques années plus tard, la confirmation s'est faite avec L.A.Law, découverte sur France 3 en deuxième ou troisième partie de soirée en 2000, peut-être 2001. Quelque chose a allumé mon intérêt pour ce genre et ne s'est plus jamais éteint ensuite, parce que la série judiciaire est, en quelque sorte, comme la science-fiction : on peut s'en servir pour parler d'absolument tout ce qui nous préoccupe.

Le problème c'est que bien souvent, ces séries sont justement préoccupées par des affaires bien spécifiques : des accusés de meurtre, souvent (bien que pas toujours, certes). C'est un reproche que j'adresse notamment à The Defenders que pour l'instant j'ai mise en pause, après trois épisodes vraisemblablement trop peu intéressés par les cas des "petites gens", pour se préoccuper d'affaires classiques. Je ne dis pas qu'il ne faut pas parler de ces thèmes, des problématiques morales qu'ils soulèvent, des enjeux dramatiques qu'ils permettent, mais enfin, on tourne parfois un peu en rond. Et puis, ça manque aussi un peu de proximité : combien de fois dans votre vie avez-vous été confrontés à un meurtre ? C'est finalement à rapprocher de mon problème avec les nombreuses séries d'enquêtes qui éclipsent le travail de proximité de la police en uniforme.

Du coup, quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai appris que le principe de The Circuit était le suivant : une cour itinérante qui s'aventure dans les zones reculées de l'Australie afin que la Justice puisse être accessible à tous. Déjà, je trouve cette idée remarquable : ce pitch évoque un certain idéal de Justice, proche du retour aux sources des fondements de la loi, et j'aime l'idée que le tribunal, à la télévision, ne serve pas seulement à développer de grandes idées mais aussi tout simplement à tout simplement dépeindre certaines réalités "ordinaires".

C'est donc avec un grand a priori positif que je me suis mise en quête du pilote de The Circuit, et sans l'aide de Sowey, que je remercie chaleureusement, j'y serais encore.
Mais rien n'était joué car, je vous l'ai déjà dit, la fiction australienne est rugueuse, c'est à la fois sa force et sa faiblesse, et cela peut parfois être rédhibitoire. Pour autant, la perspective de découvrir le fonctionnement de la Justice australienne, les problématiques intimement liées à la société aborigène, et les jolies photos de promo (même photoshoppées à outrance) ne laissaient pas le moindre doute sur le fait que je devais absolument voir le pilote.

Après un énigmatique message d'avertissement pour la spectatrice française et ignorante que je suis, voilà donc le pilote qui commence de façon assez conventionnelle sur l'arrivée d'un avocat, Drew Ellis, dans cette fameuse cour itinérante. Outre le montage... rugueux, mais définitivement incisif, cette partie est relativement classique. Mais agréable, je tiens à le souligner, car les protagonistes ont quelque chose de peu et de très accueillant.

Le nerf de la guerre, on va le découvrir une fois que le tribunal itinérant siège dans sa première ville. Et c'est là aussi qu'on va comprendre que The Circuit n'a rien de commun avec les séries judiciaires du moment. Dans The Circuit, les cas traités vont en effet du vol de bétail à l'ivresse sur la voie publique, en passant par les violences domestiques. Exit les affaires passionnantes, et c'est justement ce dont Ellis va faire l'expérience rapidement, non sans accuser le coup : le tribunal s'installe, les avocats prennent connaissance de leurs très nombreux dossiers, font en quelques minutes (s'ils sont débrouillards) la connaissance de leurs clients, défendent leur affaire en quelques phrases efficaces, et passent au suivant. Comme le dira Ellis, "ce n'est pas une cour, c'est une usine de saucisses", du travail à la chaîne où l'on n'a pas le temps de s'attarder sur les détails, il faut que quand la cour repart, tout le monde ait eu droit à son procès.

Non seulement il s'agit d'apporter la Justice là où elle n'est pas, afin qu'il n'existe pas de territoire dans le pays où chacun n'ait pas le droit et le devoir d'être mis devant la loi, mais en plus il s'agit de veiller à la vie de communautés qui sont non seulement éloignées géographiquement, mais aussi culturellement. La clientèle de ce tribunal du bush, ce sont des aborigènes, une population pauvre, avec les problèmes qui en découlent. Difficile par exemple de ne pas être touché par cet homme âgé qui n'a pas de quoi percevoir une aide pour des soins médicaux, qui se débrouille pour aller en ville en voiture alors qu'il ne devrait pas, et qui se retrouve devant un tribunal pour avoir conduit alors qu'il était dans l'incapacité de le faire.

Mais The Circuit n'est pas dans la commisération. L'avertissement adressé à Ellis est d'ailleurs clair : surtout, ne pas croire qu'il n'y a que des victimes, il y a aussi des ordures. Simplement, dans les circonstances si particulières de ce tribunal, il faut trouver l'énergie de distinguer les pourris des faibles, et surtout, ne pas se laisser bouffer par la misère qu'on voit défiler en un temps record chaque jour...

La fin de l'épisode propose un procès auquel il est porté un attention un peu plus soutenue, et qui présente un enjeu différent. Afin à la fois de montrer que Drew Ellis est un avocat passionné (et un brin idéaliste, ce qui est normal quand on s'engage dans pareille aventure mais qu'on n'en est qu'au début), mais aussi de creuser un peu plus la question des différences culturelles, sans compter le potentiel dramatique, l'histoire d'une jeune mère arrêtée pour possession de drogue fait l'objet de longues scènes. C'est extrêmement touchant, c'est incroyablement puissant, c'est superbement filmé (mes pieds ne touchaient plus terre lors du plan très court pendant lequel Ellis tente de chercher la solution à ce qui lui tord le cœur), c'est magistralement interprété, bref c'est un grand moment de drama judiciaire, sans perdre de vue les objectifs de la série.

Dire qu'il s'agit d'un pilote qui m'a convaincue relève de l'euphémisme. Mais deux coups de cœur en une semaine, je ne sais pas si je vais pouvoir tenir le coup, je ne vous le cache pas ! Pendant que Bollywood Hero continuer de cagouler tranquillement, je suis donc sur le point d'enfourner un deuxième épisode de The Circuit...
C'était une fichtrement bonne semaine pour la téléphagie.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Circuit de SeriesLive.

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