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ladytelephagy
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18 novembre 2011

Alors n'y allons pas par quatre chemins

Il faut toujours se méfier des souhaits. Un jour vous clamez partout que vous aimeriez bien vous mettre un peu plus à la comédie britannique...
...et puis vous tombez sur Life's too short et vous comprenez votre douleur.

Episodesaretoolong

Ah alors ça, j'aime autant vous dire que la journée de la gentillesse, c'est fini, hein. Parce que quand je vois des atrocités pareilles, je ne me sens plus gentille du tout, ni envers la série, ni envers les lecteurs, ni envers moi-même. Tout-à-fait, j'ai eu des pulsions morbides devant cet épisode, en fait j'ai ressenti l'envie de m'énucléer avec une pelle à tarte.

Il faut dire qu'entre les accents British (bon, ça, c'est un problème que j'ai, à la limite on va dire que c'est ma faute ; à la limite), l'humour pas drôle, et les blagues à la con sur la taille de l'acteur, déjà j'étais servie. Je soupçonne aussi que Gervais ait choisi Warwick Davis d'abord pour la renommée sur le déclin, ensuite pour les blagues pourries avec les nains (la seule qui m'a fait vraiment rire c'est celle sur la chanson que le nain ne connait pas), et surtout pour qu'on se sente un peu mal de cracher sur la série, en raison de ce sentiment que nos parents nous ont tous appris : la peur de dire du mal des handicapés et assimilés. Bah même pas peur.
Rien qu'avec tout ça, Life's too short partait très, très mal.

Mais surtout. HORREUR. Un mockumentary.
Je vous ai raconté il y a peu comment un mockumentary m'a traumatisée à vie. Personnellement, entre The Comeback et Life's too short, pour moi c'est bonnet blanc et blanc bonnet, il y en a juste un qui a rétréci au lavage. A part ça c'est quand même la même chose, d'où mes glapissements de terreur devant le pilote de Life's too short, et pas uniquement à cause de la pelle à tarte.

Comme je suis une personne studieuse, j'ai aussi tenté Extras, que je n'avais pas vue, et j'ai vite compris pourquoi. Mockumentary. Et ptet qu'un jour je me collerai à la version britannique de The Office, un jour où je me hais à un tel point qu'être hantée par les souvenirs du pilote de la version américaine ne suffisent plus à augmenter me punir. Saloperies de mockumentaries, allez tous brûler en Enfer. C'est vraiment infâme ce goût que peuvent avoir des fictions pour se rapprocher au plus près de la télé réalité. Si je voulais de la télé réalité, je regarderais de la télé réalité. D'autant qu'il n'y a aucune surprise, peu ou pas de character development, dans ce genre-là. C'est le genre soit de l'humiliation sempiternelle, soit du soulignement infini de le contraste entre les actes et les paroles. C'est tout. Il n'y a jamais plus loin.

Le seul mockumentary que je tolère est Modern Family. Je ne le trouve pas tellement drôle non plus, mais il a le mérite de ne pas me retourner l'estomac parce qu'il y a un côté un peu plus affectif. C'est vraiment l'exception qui confirme la règle.

Rien que d'en parler je suis fâchée. Alors parlons d'autres choses, de choses drôles, de séries sympas. Pour continuer dans la vague comédies de cette semaine, il y a par exemple le SeriesLive Show, où vous apprécierez mon professionnalisme et mon sens de la retenue dans le traitement de la news sur Life's too short.
Le nombre de séries misérables que cette émission m'aura fait regarder, quand même. Parce que l'air de rien, sans SeriesLive Show, il n'y aurait jamais eu de traumatisme The Walking Dead...

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10 novembre 2011

Une claque pour... Manolis

La semaine est décidément placée sous le signe de The Slap. Si j'avais pris un peu de retard sur l'épisode de Connie, c'était principalement à cause du weekend prolongé, décalant ainsi la publication du post ; mais impossible ensuite de patienter pour celui, central, de Rosie. Et inhumain de me demander de laisser passer quelques jours pour celui de Manolis, que j'attendais tant. Voilà comment on se retrouve avec trois reviews de The Slap en une semaine !

Parce que Manolis, je peux bien vous le dire, je l'aime, voilà.

TheSlap-Manolis

Pourtant c'est un peu l'épisode de tous les défis. Par exemple, pour la première fois, un épisode reprend ostensiblement là où avait cessé le précédent, initiant une chronologie plus rigide à laquelle la série ne nous avais pas habitués.

On retrouve donc Manolis assistant en silence au procès Rosie VS le monde que l'on avait vu la semaine dernière (mais dont on a parlé voilà deux jours, c'est donc encore tout frais pour vous, petits veinards), et en dépit de son silence, on sent parfaitement sur ce quoi il approuve et ce qu'il réprouve. En particulier, la première chose qui est immédiatement palpable, c'est son agacement envers son épouse Koula, dont les très brèves apparitions avaient eu le temps de déjà nous irriter, et nous, on n'est pas mariés avec...
La famille retourne ensuite dans la maison de Manolis et Koula pour en quelque sorte débriefer le procès. On entre alors dans l'intimité de ce couple de vieux qui se chamaille en permanence, majoritairement parce que Koula est la personnification de la mégère et que Manolis prend sur lui pour que ça se borne à des chamailleries.
Et là, second coup dur : contrairement aux autres épisodes qui ne s'étaient jamais permis ça, un dialogue complet se déroule sans Manolis. Même si les épisodes n'ont jamais été totalement subjectifs, c'est quand même drôlement nouveau. cela se reproduira une autre fois pendant l'épisode et c'est un procédé qui me laisse quand même perplexe, même si Manolis intervient à chaque fois.
C'est en tous cas une occasion formidable d'entrer dans l'intimité de cette famille qui est si typiquement méditerrannéenne, qui voue un culte démesuré aux liens familiaux au détriment du bonheur de chacun (vidant la famille de tout son sens, si vous me demandez), où la notion d'honneur dépasse toute autre valeur même dans les choses les plus insignifiantes ("tu te rends compte, ils ont dû nous chercher dans l'annuaire ?!", gromellera Koula qui vient d'être conviée aux obsèques de leur vieil ami), et où chaque dispute est toujours tragi-comique, jamais vraiment l'un, jamais vraiment l'autre. Ce qu'illustrera parfaitement l'échange avec Elisavet.
On a d'ailleurs l'occasion de s'apercevoir combien Sandi est bien intégrée dans cette famille, en dépit de sa blondeur et ses origines australiennes (horreur). Aisha, en revanche, n'a jamais réussi à devenir l'une des leurs, et probablement n'a-t-elle jamais essayé.
En tant que descendante d'Italiens, j'ai totalement reconnu chacun des détails de cette vie familiale, du frigo toujours rempli de choses dégueulassement trop bonnes que Koula propose à tout le monde sauf Manolis aux guilt trips qui font appel aux liens familiaux à tout bout de champs, en passant par les draps brodés de fleurs ridicules dans lesquels ont maintient les apparences même quand plus personne ne regarde.

L'intrigue principale du chapitre de Manolis, c'était la mort de son meilleur ami... de quand il était jeune. Fait vraiment étrange, Koula puis Manolis battent le rappel des troupes de façon à ce que les enfants et petits-enfants assistent également aux funérailles ; une façon de souligner les tensions qui ont lieu au sein de la famille, notamment du côté d'Aisha, certes, mais un procédé vraiment étrange qui déforme l'importance de cet acte.
Heureusement, l'essentiel des réflexions superbes de Manolis sur la vieillesse, la vie, la mort, et même l'amour, reste en essence identique, mais on aura beaucoup moins de temps que prévu pour l'accompagner dans l'incontournable réflexion qui suit le décès d'un proche (même si on n'a pas vu ce dernier depuis plusieurs décennies).
On les retrouvera aussi dans les scènes dont l'absence m'aurait vraiment fâchée, lorsque Manolis va retrouver un autre ami de longue date qui n'a pas pu assister aux obsèques parce qu'il est lui-même mourant. De très jolis dialogues, et un Manolis qui s'éville pour la première fois depuis longtemps...

Juste quand on commençait à s'habituer aux rites orthodoxes (que, avouons-le, on voit très rarement à la télévision) et à l'ambiance forcément étrange d'un ensemble de grecs se retrouvant à la fois pour pleurer et rire devant des montagnes d'assiettes remplies de nourriture, que déjà, The Slap décide de tout chambouler, délaissant le matériau d'origine pour donner un prétexte à Manolis pour fuir la fête, qui a tourné au vinaigre pour lui et l'ancien prétendant de Koula, également présent.
Personnellement, cette soirée passée chez la veuve avait compté parmi mes trois souvenirs les plus forts du roman (ironiquement, les deux autres se trouvent dans les chapitres des adolescents, soit Connie et Richie), où l'écriture était incroyablement tendre et honnête, délaissant les références à la popculture ou les effets de style pour prendre vraiment le temps de humer l'air de ces scènes douces-amères. Ca a été un peu difficile de devoir en faire mon deuil tant je les attendais, mais il est vrai qu'elles étaient particulièrement difficiles à adapter à peu près pour les mêmes raisons, ainsi que pour le côté introspectif et contemplatif des pensées de Manolis. Il aurait fallu faire énormément appel au narrateur, et cela aurait eu un effet terrible. Donc bon, je comprends le choix, mais il est dur d'admettre que je ne verrai jamais les images de cette scène que derrière mes yeux...

Au lieu de ça, The Slap prend donc un itinéraire bis et décide de suivre Manolis et Hector ayant une conversation à coeur ouvert, quelque chose de bien rare dans une famille méditerrannéenne, surtout sans crier. Devant la téléspectatrice médusée que j'étais, Hector va confesser à son père, bien qu'à demi-mots, ce qui le ronge : l'affaire avec Connie. Et ça le ronge d'autant plus que la série a décidé d'ajouter une sombre histoire de SMS qui ne nous mènera pas franchement très loin, normalement, sans quoi toute la fin de la série pourrait s'en trouver transformée. Mais The Slap a besoin d'un fil rouge, maintenant que l'affaire de la giffle est derrière nous.

L'est-elle vraiment, d'ailleurs ? Pas vraiment. Le procès est passé, Harry n'a plus à s'inquiéter, mais la torgnole est encore dans tous les esprits, d'Elisavet et Koula qui s'accrochent sur la légitimité qu'on peut avoir à retourner une petite mandale de rien du tout à un mioche qui ne marche pas droit (intéressant d'avoir le point de vue d'Elisavet à la fois en tant que mère et qu'éducatrice, pour la première fois les arguments anti-claque sont réfléchis et basés sur autre chose que l'émotionnel ou le légal, même si Koula les ignore) à Manolis qui voudrait bien qu'Aish mette cette histoire de beigne derrière elle et qu'elle pardonne à Harry. Sauf que ce n'est pas cette "simple" baffe qu'elle ne parvient pas à pardonner.

L'épisode mettra donc en lumière les conflits à travers la cellule familiale étendue que Manolis doit superviser un peu malgré lui. Et dans les situations désespérées, alors qu'il se désespère de devoir toujours supporter l'insupportable Koula, il va se redécouvrir une certaine forme d'affection pour elle, et c'est joli à regarder. En dépit de son agacement, qui prend des allures de crise d'angoisse dans les moments les plus extrêments, il est lié à elle quoi qu'il arrive et partage quelque chose de vrai avec elle, c'est à la fois tristement réaliste et tendrement idéal, cette relation de petits vieux.

Sorte de dramatis personae de The Slap (pardon, c'est du latin), l'épisode de Manolis, c'est tout ça, le parfum entêtant de la nostalgie et les odeurs concrètes de la cuisine de Koula, la famille qui se fragmente et qui ne parvient jamais vraiment à se désunir totalement, un instant qui pourrait aussi bien être une introduction qu'une conclusion à la série, mais qui au lieu de cela nous offre une très belle parenthèse avant d'aborder le chapitre difficile d'Aisha. Personnage difficile à saisir pour la majeure partie de son entourage s'il en est, il est grand temps qu'en effet on donne la parole à cette femme de tête, surtout vu ce qui se passe avec Hector. Je suis comme vous, je me demande comment ça va tourner.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (pourquoi vous lisez pas les posts, vous voulez me faire honte ?) : la fiche The Slap de SeriesLive.

8 novembre 2011

Une claque pour... Rosie

Et la plus violente de toutes. The Slap atteint avec son 5e épisode son point culminant dans son intrigue principale. Et pour ce faire, la série s'est trouvé l'une des actrices australiennes les plus connues des télespectateurs internationaux : Melissa George. Que des raisons de découvrir cet épisode prometteur, donc.

TheSlap-Rosie
L'affaire se referme sur Rosie comme le ferait un piège. Elle ne peut plus faire marche arrière, mais on sent que par moments, elle le voudrait. L'épisode va donc commencer par montrer à la fois la façon qu'elle a d'entretenir sa colère et de repousser ses doutes. Quand elle en parle, obsessivement, à son entourage, qui essaye-t-elle vraiment de convaincre ? Elle a l'air d'être la seule à être dupe, comme en témoigne le silencieux mais si parlant échange de regards qu'elle a avec Gary lorsqu'elle lui annonce, d'un ton faussement détaché, que ça doit tomber un vendredi vers, hm, voyons, 10h ? Et qu'il ne semble avoir qu'une envie, c'est lui dire qu'elle le prend vraiment pour un con. Mais il ne lui dit pas. Parce que même si ces deux-là sont dans une relation houleuse, Gary ne dit pas à Rosie de laisser tomber ; la seule fois où il le fait, il est trop tard, bien trop tard.
Rosie fait donc la tournée de son entourage et tente de galvaniser les troupes, mais à l'exception d'une personne, cela restera sans grand effet. Même Aisha et Anouk ont une raison de faire machine arrière, et on sent que Rosie n'en pense pas moins.

Et puis, vient le procès en lui-même. Et on sait, on le sent parce qu'on a vécu le stress de Rosie, que tout va se jouer là, et plus jamais ensuite. Tout le monde n'est-il pas pressé que ça se finisse ? Même Rosie, soyons sincères. Elle étouffe dans le petit enfer qu'elle s'est bâti.
Le procès repose en essence sur le témoignage de Hector, dont une fois de plus on sent bien l'hésitation, le tiraillement, la crainte de causer du tort, et sur celui de Rosie. Rosie qui, comble de l'horreur, voit non pas la giffle être discutée, mais bien sa façon d'éduquer Hugo, et, pire encore, son mode de vie. Parce qu'on vit le procès à travers ses yeux, et qu'on la voit ne pas trouver de soutien dans les yeux de Gary qui la désavoue pour la première fois ouvertement (hélas pas la dernière), on a l'impression que c'est elle qui devient l'accusée.

Le pire, c'est que ce mode de vie, on a appris pendant la première partie de l'épisode qu'elle n'en voulait plus. Elle ne se l'avouera pas et encore moins à Gary, mais elle n'en veut plus, si elle l'avait jamais voulu. Elle vit dans une espèce de cabane aux murs bariolés, aux meubles dépareillés et vraisemblablement sale et mal entretenu, où elle cultive elle-même des plantes et où tout semble à l'abandon. C'est la vie de bohème, mais ça n'a rien de romantique. Et à côté de ça, il y a la jolie maison qu'elle visite avec un couple d'amis, qui la fait tant rêver. Dans tout ça, son couple avec Gary est terriblement boiteux, tellement dysfonctionnel, tellement douloureux, qu'on ne doute pas un seul instant des raisons qui font que Rosie se consacre autant, aussi démesurément, aussi follement, à son fils et à la cause qu'elle a entretenue pour lui. C'est la seule chose qu'elle ait de valable. Elle sait qu'elle est en train de le pourrir, ce petit, comme l'indique sa confession à Bilal en fin d'épisode, mais que peut-elle y faire ? Rosie est avant tout impuissante.

C'est aussi ce qui invalide un peu le débat sur la claque ; l'une des raisons pour lesquelles je n'en ai jamais vu, à vrai dire.
On nous a présenté dés le début une Rosie un peu dérangée, ne serait-ce qu'à cause de cette histoire de têtée ; excessive, idéaliste, obsessionnelle. Il n'en va pas autrement dans la série que dans le livre. Incidemment, c'est le premier épisode dans lequel on ne trouve pas de scène de sexe. Et devant un tel portrait, on ne peut pas prendre son désir de justice au sérieux. On aura tout le temps d'en discuter, je suppose, avec le chapitre de Manolis, mais l'avis de l'auteur, Christos Tsiolkas est déjà forgé. Il veut tenter de laisser à chacun des personnages la possibilités de s'exprimer sur cette affaire, permettre à chacun de dire "sa vérité", mais il a déjà décidé de la sienne dans sa façon de dépeindre les personnages ; il veut simplement profiter de l'incident pour détailler les destins si différents qui se croisent dans le microcosmos qu'il a ainsi créé, mais il n'a pas l'intention, à aucun moment, de condamner fermement la giffle. Le mieux qu'il arrive à faire, c'est de ne pas totalement en faire l'apologie, avec les excès du personnage de Harry, mais il ne pourra pas réussir à donner une raison sensée à Rosie de mener son combat. Et The Slap est, en cela, très fidèle à l'original.
De sorte que, quand le verdict tombe, en réalité chacun finit par y trouver son compte, comme il l'aurait fait au début, comme il l'aurait fait sans procès. Chacun vivait dans son monde, ses valeurs et sa conception des choses avant, le barbecue et la baffe n'ont rien remis en cause de ce point de vue ; ce sont les dynamiques entre les personnages qui en souffrent, pas la conviction intime de chacun.
Et Rosie, sans ciller, va tirer sa propre conclusion de l'épisode malheureux qui se clot par le procès qu'elle a tant attendu...

Dans cet épisode, nous aurons la chance de voir certains personnages qui, dans le livre, n'étaient que peu voire pas du tout présents dans ce chapitre. Shamira, qui témoigne en sa faveur alors que les deux femmes ne se connaissent presque pas, aura l'opportunité de se dévoiler un peu, ainsi que son mari Bilal, un homme au regard sévère mais toujours prêt à tendre la main ; lequel nous donnera une fin d'épisode très forte, comme on pouvait s'y attendre en lisant The Slap, car cette scène est, dans la moindre de ses subtilités, fidèle au roman. Il y a aussi cette petite scène avec Manolis qui soit m'avait échappée, soit a été inventée, mais qui était très forte en dépit de sa brièveté, et qui d'ailleurs nous rappelle, avec la scène incluant une fois de plus la mère d'Anouk, combien Rosie peut être proche des générations plus jeunes, ou plus âgées, mais pas la sienne. C'est encore plus patent maintenant que Rosie prend de la distance vis-à-vis d'Aish et Anouk (à moins que ce ne soit l'inverse, ou plus vraisemblablement un peu des deux).
Cette apparition de Manolis servira d'ailleurs de jolie transition puisque c'est (enfin) ce bon vieux Manolis que nous suivrons au prochain épisode. Je ne vous cache pas que son chapitre avait été mon préféré, parce que je l'avais trouvé profondément tendre, nostalgique, poétique, et surtout, il avait été une occasion de prendre du recul sur les évènements de la giffle, quelque chose dont on aura bien besoin maintenant que le volet judiciaire est passé...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

7 novembre 2011

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

6 novembre 2011

Une claque pour... Connie

Après un weekend de pause, on retourne en Australie en ce dimanche pour retrouver nos protagonistes de The Slap, la mini-série dont, hélas, avec ce quatrième post, je vous annonce que nous avons déjà vu la moitié. Le temps passe vite, n'est-ce pas ?

Cette fois, nous allons adopter un regard totalement différent sur la fameuse affaire de la giffle, puisque nous accompagnons Connie, une jeune fille de 17 ans. Rappelons que dans le premier épisode, elle n'a pas vu la giffle parce qu'elle était trop occupée à flirter avec le maître de maison, Hector, un homme marié... Et puis, ce n'est pas encore tout-à-fait une adulte, et contrairement aux protagonistes précédents qui étaient tous mis, d'une façon ou d'une autre, face à la parentalité, Connie vit tout de même dans un autre monde que les personnages que nous avions suivi jusque là. Alors, où The Slap va-t-il nous mener avec ce personnage ?

TheSlap-Connie
Ah, 17 ans, c'est le bel âge, n'est-ce pas ? Nous regrettons tous de ne plus avoir 17 ans, l'époque où la vie était si simple... En fait non, pas tous, loin de là. Parce que 17 ans c'était aussi l'époque où les choses semblaient si compliquées, si douloureuses parfois, même. On va donc entrer dans l'univers à la fois simple, compliqué et douloureux de notre adolescente, Connie. Charmante petite créature qui jusque là semblait totalement inoffensive, reconnaissons-le.

Et si, dans son genre, Connie a une forme d'innocence certaine, elle est aussi dirigée par ses pulsions et peut causer beaucoup de tort. Aussi la verra-t-on dans cet épisode allumer méchamment Hector (lequel ne fera cependant pas grand'chose pour se défender dans un premier temps) et même manigancer pour se retrouver seule avec lui un soir, en l'absence d'Aish.
Son rapport au couple Hector/Aisha est d'ailleurs bien transcrit : elle les adore l'un comme l'autre. Elle n'éprouve aucune haine pour Aisha bien qu'elle souhaite avoir Hector pour elle seule, elle voudrait vivre dans un monde où elle pourrait avoir ce qu'elle veut (l'amour de Hector, notamment) sans blesser personne et surtout pas Aisha qu'elle admire et avec qui elle se sent en confiance. Cette contradiction se sent bien, même si elle est moins soulignée que dans le livre, mais en tous cas, on peut dire sans se tromper que Connie ne déteste personne.

Personne ? Pas tout-à-fait : elle éprouve un certain mépris pour Harry. Et l'air de rien, c'est la première fois que The Slap nous emmène pour suivre un personnage qui réprouve la giffle. Jusque là, Hector n'a pas vraiment pris position (pris entre son sens de la famille et son devoir envers Aisha), Anouk approuvait le geste (mais à nouveau, par égard pour Aisha et Rosie, a refusé de témoigner), et Harry n'a montré aucun regret (même quand il est allé s'excuser sur recommandation de Hector et Sandi). Du coup pour la première fois, on entend des arguments anti-giffle sans aucune forme de nuance, même s'ils ne sont guère développés ; il faut dire que Connie les exprime face à Rosie et qu'elle ne risque pas de trouver contradiction. Connie a donc pris son parti, et d'ailleurs en babysittant le petit Hugo, elle montre bien de quel côté elle se trouve. L'air de rien, dans l'histoire de la série, c'est une vraie nouveauté.
Mais la giffle tiendra un rôle assez secondaire, comme on pouvait l'anticiper, dans cet épisode.

Au lieu de ça, on est en train d'assister un accident sans rien pouvoir faire pour l'empêcher. Il se trame quelque chose de bien plus grave que la giffle et quand on s'en rend compte, il est trop tard. La déclaration de Connie à Richie a de quoi nous coller au siège, surtout vu le naturel avec lequel la petite débite son mensonge. Et pendant que les adultes s'écharpent à cause d'une baffe, une véritable tornade est en train de naître là où personne ne le soupçonnait, tant Connie est serviable, bosseuse, charmante et toujours de bonne nature.
Et pourtant... on a tout vu, Connie, on a tout vu dans une scène d'ailleurs remarquable où tu ne cessais de sourire et de repenser à ce qui s'était passé ! Comment peux-tu mentir de la sorte vu ce qui est en jeu ? Elle ne se rend pas compte, parce qu'elle a 17 ans. Elle vit dans son monde. Même pas sûr qu'elle veuille vraiment faire du mal à quelqu'un, d'ailleurs, elle a juste voulu éviter de justifier ses larmes, c'est un petit mensonge idiot. Mais qui peut faire beaucoup de mal.

A l'instar du précédent qui déjà se distinguait par son talent pour la contemplation, cet épisode est magnifiquement réalisé, c'est une véritable merveille. Plus encore que dans l'épisode de Harry, on retrouve bien la patte qui faisait la puissance de Cloudstreet, ce qui a du sens puisque c'est le même réalisateur qui en est à l'origine, Matthew Saville. Je vous donne son nom pour que vous puissiez vous le faire tatouer à même la peau et ne plus jamais l'oublier, j'ai moi-même déjà pris rendez-vous. Avec des réalisateurs comme ceux-là, les dialogues deviennent absolument inutiles. Le mérite n'en revient pas exclusivement à Saville, cependant, car la ravissante Sophie Lowe incarne une adolescente magnifique, fragile, complexe, intense, le genre qu'on rêve tous de voir à la télévision, le genre qui devrait peupler les teen shows.

Ce quatrième épisode est aussi le plus fidèle au roman original à ce jour, bien qu'il s'octroie quelques libertés comme avaient pu le faire les précédents. Absolument tous les fondamentaux sont présents, tout ce qui faisait l'essence-même de Connie. Evidemment c'est un peu dommage de n'en savoir pas plus sur son histoire familiale, mais il est évident que la longue explication de son parcours, de qui étaient ses parents, et surtout son père, à travers les lettres, n'avait pas sa place dans un épisode de 56mn déjà extrêmement rempli. Si votre curiosité a été, ne serait-ce qu'un peu, piquée par l'étrange papa de Connie qui lui a appris à mettre de l'eye liner et qui n'avait rien contre les substances illicites (c'est, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, ce que veut dire Tasha lorsqu'elle encourage Connie à manger quelque chose avant de partir faire la fête), n'hésitez pas à lire The Slap, si ce n'est pour le reste, faites-le au moins pour la si jolie histoire du papa de Connie, extrêmement touchante.

Mais pas tout de suite. Pour le moment, nous allons nous intéresser au chapitre que beaucoup d'entre vous, j'en suis sûre, attendaient, pour bien des raisons... celui de Rosie.
C'est le point culminant de notre histoire de claque qui se prépare.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

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2 novembre 2011

L'effet Grimm

On ne dira jamais assez les dommages que peuvent faire les contes de fées sur l'inconscient de nos enfants. Tenez, regardez les histoires de princes charmants : les gamines en bouffent pendant leurs tendres années, se déguisent en princesses, croient à "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", et au final, confrontées à la réalité des relations amoureuses modernes, cherchent un idéal masculin qu'elles ne trouveront jamais. Ou, autre exemple, prenez ces petits garçons à qui on raconte des histoires de grand méchant loup, ils se replient sur eux-mêmes, vivent dans leur monde intérieur, et un beau jour ils grandissent et écrivent le scénario de Grimm.
On ne dira jamais assez les dommages que peuvent faire les contes de fées.

Non que Grimm soit une mauvaise série, non, foncièrement je n'ai rien à lui reprocher, le pilote ne m'a pas déplu. Mais il y a quand même de nombreux "mais".

Grimm

Mais... j'ai eu pendant tout le pilote l'impression d'assister à une version masculine de Lost Girl, sans les petites phrases "badass" à la con. Au juste je n'arrive pas à dire c'est un compliment ou non, mais il y a de fortes chances pour que non, quand même. Sans compter que Grimm donne une fois de plus dans la série policière qui fait semblant de ne pas être une série policière, mais pas trop parce que, hein, on veut que les gens regardent. On était prévenus, je suppose, de cette caractéristique de la série, mais ça ne la rend pas sympathique pour autant, principalement parce que c'est mal fait. En fait l'idée de s'intéresser à des criminels comme s'ils étaient, au propre autant qu'au figuré, des monstres, est intéressante, mais ça reste assez grossier dans la réalisation et ça n'apporte pas vraiment de réflexion nouvelle. Le surnaturel prend pas mal le dessus, fut-il mal réalisé.

Mais... si l'idée de conférer une ambiance particulière, à la fois colorée et macabre, à la série, part d'un bon sentiment, n'oublions pas que l'Enfer en est pavé et que ça peut vite donner une image saturée de couleurs, genre Les Experts dans les mauvais jours, limite Siqueur. Ca devient vite assez grossier, comme peut l'être l'utilisation des effets spéciaux pour dépeindre les monstres qui redeviennent humain, avec une qualité de SFX à laquelle on n'avait plus assisté depuis Charmed.

Mais... rarement un personnage central aura été aussi dénué de charisme. On s'est plaints de l'héroïne de The Playboy Club, mais franchement, il y a pire. La tête d'ahuri permanente du héros, son incapacité à comprendre rapidement ce qui se passe autour de lui alors que le spectateur a vite saisi la situation (mais le spectateur triche, il a déjà vu ladite situation des dizaines de fois), tout ça donne vite une impression pâteuse de héros qui est là parce qu'il fallait un héros, mais qu'on n'a pas su, ou pas voulu écrire. Mais enfin, s'il est le prince qui combat de dragons, que vous faut-il de plus après tout ? De la personnalité ? Pour quoi faire...

Mais... tout le monde a vu arriver à 10km le coup de la tante qui allait être incapable de parler pile quand le héros aurait le plus besoin d'aide. Tout le monde sentait bien que ce ne serait pas aussi simple que passer le flambeau d'une génération à une autre. Pourtant c'est ça qui serait original, que le héros ait le temps d'apprendre avec son aînée, plutôt que d'être plongé dans l'inconnu artificiellement (wow, maladie en phase terminale + coma, mais ils vont nous tuer des petits chatons aussi, ou...?).

Mais, mais, mais... Hm. En fait vous savez quoi ? Ptet que le pilote de Grimm ne m'a pas plu du tout.
Le grand talent de cet épisode, c'est d'avoir réussi à ne pas me déplaire de façon trop évidente.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Grimm de SeriesLive.

30 octobre 2011

C'est LUI, le patron, voilà qui !

A chaque rentrée, les pilotes nous tombent par centaines dans les bras, ne demandant qu'à être regardés. De la plupart, je ne tire qu'un post, m'attardant sur la banalité de l'intrigue, le peu d'intérêt de ses personnages, l'indigence de ses dialogues ; ou, quand vraiment les choses se passent mal, je vous entretiens de l'abomination de tout ce qui le compose. Après quoi vous n'en entendez plus jamais parler, pas dans le coin en tous cas.
Il y a certaines séries qui s'en tirent mieux que d'autres : le pilote de celles-là m'a plu et je vous en reparle de bonne grâce, une fois, deux fois, parfois plus, à la tête du client, histoire d'enfoncer le clou et vous inciter, si vous ne l'aviez pas encore fait, à tenter la série à votre tour. Si on a de la chance, une saison plus tard, j'en fais un post To be continued... pour vous rappeler de vous y remettre pour une deuxième saison, des fois que vous ayiez oublié dans l'intervalle (bon, pas cette année, je déménageais au mois de septembre et j'ai été obligée de faire l'impasse sur ces posts qui me prennent plus de temps qu'il n'y parait).
Et puis parfois, vraiment rarement, il y a une série dont je n'arrive pas à vous parler facilement.

Ca n'a rien à voir avec Prime Suspect ou Charlie's Angels dont je me suis aperçue que j'avais oublié de vous parler (ça sent l'acte manqué). Je les ai évacuées très vite de mon système et n'y ai plus jamais repensé, sauf en faisant le point sur mon défi de la rentrée avec Scarlatiine (elle regarde tous les pilotes de la saison à condition que j'écrive un post sur chacun ; du coup vous allez pas y couper, ces deux pilotes vont inexorablement faire l'objet d'un post, j'aime remporter mes défis).
Ca a plutôt à voir avec le fait que d'une part, même à raison d'un post par jour, je n'arrive pas à écrire sur autant de choses que j'en regarde, et que d'autre part, j'ai été particulièrement occupée ces derniers jours (vous verrez bientôt par quoi).
Et puis surtout, pour bien parler de quelque chose qui vous a collé à votre siège, il faut du temps.

Je ne pouvais tout simplement pas balancer un post sur le pilote de Boss, comme ça, en rentrant du boulot, un soir, mine de rien, sur l'air de "ah tiens j'ai quoi de prévu aujourd'hui sur le blog ? Rien ? Oh bah je vais griffonner un truc vite fait sur Boss". Non.
Non, non, non et non, pas pour Boss. De la même façon que j'ai eu besoin de prendre le temps de parler de Homeland, j'ai attendu d'avoir un peu de temps pour Boss, avant de sortir son post de l'état de brouillon dans lequel il dormait depuis près de deux semaines. Ce qui implique que j'ai déjà vu le deuxième épisode quand je commence à vous en parler, mais tant pis. Au moins ça ne fait que confirmer mon sentiment initial vis-à-vis de la série.

Vous commencez, j'imagine, à comprendre l'ampleur de Boss pour moi en cette rentrée. Des bonnes séries, il y en a eu cet automne. Mais une baffe comme celle-là ? Même dans The Slap on n'en voit pas.

WhostheBoss
Alors pardonnez le langage, mais il faut que ça sorte, maintenant qu'on y est.
Putain mais quand ils ont vu le pilote, les exécutifs de Starz ont du avoir la trique de leur vie. Les mecs qui bougent pas de leur screening room pendant 20mn en attendant que ça passe, tellement ça a dû leur faire drôle de savoir qu'ils avaient payé pour un pilote de ce calibre et qu'ils allaient enfin entrer dans la cour des grands. Ah bah je vous le confirme les mecs, c'est autre chose que Spartacus !
Les Emmys vont être palpitants en 2012, il va y avori du monde pour s'attaquer au trône de Mad Men, parce que bordel, tu peux pas ignorer une série comme celle-là. Et rien que cette pensée a dû rallonger de 10mn le séjour dans la screening room des mecs de Starz, parce que ça doit faire un effet de malade de se dire que ça y est, on tient quelque chose de puissant.

Pour tout vous dire, si j'avais été un homme, il est probable que le visionnage du pilote de Boss m'aurait fait un effet similaire. J'ai fini le pilote sur les rotules, le souffle coupé, la tête bourdonnante. J'avais des trucs à faire, des mails plein la boîte de réception, des chats criant famine, mais j'étais incapable de me lever à la fin de l'épisode et reprendre ma vie comme si de rien n'était. Il m'a fallu quelques minutes, moi aussi, les doigts encastrés dans les accoudoirs de mon fauteuil, pour accuser le coup. Des pilotes qui font cet effet-là, on n'en voit pas tous les ans. Même pas une fois tous les deux ans.
Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, j'ai eu des coups de coeur en cette rentrée et j'aime toujours autant Homeland, Suburgatory par exemple, et quelques autres, chacun dans sa catégorie. Mais là, quand même, on parle du niveau au-dessus quand même, de l'orgasme téléphagique pur, de ce petit truc qui se libère dans votre cerveau et innonde votre cortex quand vous avez été bluffé et que vous vous avouez vaincu. Sur ce pilote-là, il sera impossible de dire du mal. La perspective-même de se montrer critique est irréaliste.

Mais je le reconnais, il y a un facteur supplémentaire par rapport à Homeland, pour rester sur notre exemple : l'effet de surprise. Homeland ne pouvait pas vraiment être mauvais une fois qu'on avait vu ce que le pilote de Hatufim faisait de son sujet ; il y avait des risques dûs à l'adaptation, des risques dûs aux axes et personnages nouveaux, et bien-sûr la grande inconnue des acteurs qui peuvent parfois tout changer ; c'est sûr, mais globalement on va être clairs, Homeland était obligé d'être au moins convaincant, peut-être même bon, d'office, d'emblée, sans même l'avoir vu c'était évident.
Dans ma liste des séries que je n'attendais pas spécialement, par contre, celle que j'attendais encore moins que les autres, c'était Boss. Kelsey Grammer, que j'ai en h.o.r.r.e.u.r depuis que j'ai posé les yeux sur Frasier ? L'insupportable Connie Nielsen ? Une ancienne de Beverly Hills ? Et deux acteurs ayant été liés de plus ou moins près à The Playboy Club ? Jamais je n'aurais parié un rond sur cette série... même avec ce pitch engageant (et pourtant j'ai une grand affection pour Troy Garrity).
Mais le sucker punch géant, quoi. Pas vu arriver, celui-là, vraiment pas.

Parce qu'au final, ces gens-là en qui je ne croyais pas nous offrent, tous, sans exception, une performance incroyable. Et par-dessus le marché, comme si ça ne suffisait pas, Boss est, certainement, en fait ça ne souffre pas la discussion, le drama le mieux réalisé de la saison, et de loin. C'est un point sur l'horizon pour les autres séries de l'automne.
Je sais pas comment vous dire. C'est juste immense.

C'est brillant, mais pas juste parce qu'il s'agit de politique et qu'une série sur la politique ne peut pas se permettre de ne pas être intelligente (c'est la même règle que celle qui s'applique aux séries légales). C'est brillant parce que rarement une série aura aussi bien dépeint l'humanité de ses personnages, mais une humanité si incroyablement camoufflée qu'elle s'offre à la fois avec une grande indécence et une grande sobriété. Chaque personnage est magnifique, et participe à un puzzle qui va bien au-delà de la simple série politique. Là où il a fallu toute une saison à A la Maison Blanche pour mettre en balance ses objectifs intellectuels et la dramatisation de ses personnages (merci Rosslyn), Boss vous fait ça avec brio en moins d'une heure et sans jamais perdre son équilibre. Et pendant l'heure suivante, on découvre qu'on n'en savait pas autant sur eux qu'on ne le pensait. C'est immense ce qui se passe avec l'écriture des personnages de Boss.

Avant d'être une série sur la politique, Boss est donc avant tout une série sur le rapport que les personnages ont à la politique, comment elle les abime, comment elle les transforme, comment elle les tient. Le couple du maire et son épouse offre un ballet macabre de deux personnes que le pouvoir politique a altérés quasiment jusque dans leur ADN. Leur entourage direct n'est que dissimulation, frustration, docilité feinte. La seule personne qui pourrait être "vraie" dans leur vie en a été éjectée avec la plus grande des violences.
Les intrigues strictement politiques sont d'un cynisme sans commune mesure. Que ce soit le gouverneur ou son opposant, le maire tire les ficelles depuis son bureau avec un plaisir à peine déguisé, mais avec une intelligence aigue et un sens de l'anticipation terrifiant. La partie d'échecs est comme jouée d'avance, et c'est ce qui fait que la maladie du maire arrive si fort à propos.
Cette maladie justement est dépeinte avec le même génie que, dans Homeland, peut l'être l'état psychiatrique de Carrie. Boss est prêt à accompagner le malade à tous les stades et s'attarde sur les manifestations pour le moment éparses de son état, pour l'instant si bégnines, encore si invisibles à l'oeil de ceux qui ne sont pas dans la confidence.
Enfin, pour toutes les séries sur la politique où les journalistes étaient asservis au pouvoir, pour toutes les séries où les journalistes étaient dépeints comme des pantins sans cervelle, Boss réclame vengeance. L'investigation du journaliste n'est pas celle de quelqu'un qui cherche juste le scoop, elle est animée d'idéaux sur la profession qui remettent les choses en place, mais qui restent réalistes.

Il n'y a rien dans Boss qui ne soit autre chose que la perfection incarnée pour un drama. La nuit, dans leurs rêves les plus fous, les showrunners rêvent qu'ils font aussi bien. Pas étonnant que chez Starz ont ait commandé une deuxième saison alors que la première n'avait même pas commencé.
Un tel bijou nous rembourse de chacune des minutes insupportables passées devant Whitney, The Secret Circle, ou Revenge. A la limite ça valait presque le coup de se cogner des épisodes pareils si c'était pour pouvoir mieux apprécier ceux de Boss.

Et vous savez le pire ? Pile quand je pensais avoir repris le contrôle, j'ai vu le deuxième épisode, et je me suis repris une mornifle. C'est qui le patron ? Je vais vous le dire, moi, qui c'est le patron, cette saison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boss de SeriesLive.
A ne pas confondre, évidemment, avec le dorama du même nom.

28 octobre 2011

Jamais deux...

Tout bien pesé, je ne regarde pas assez de comédies britanniques ; elles ont pourtant de quoi me réconcilier avec l'accent. J'ai pourtant eu un coup de coeur sur Threesome qui est une comédie charmante au possible, avec une idée de départ sympatoche et des personnages extrêmement attachants, mais de quoi rire en permanence. C'est le genre de cocktail qui fonctionne sur moi, parce que juste me faire rire ne suffit pas, mais juste m'attendrir n'est pas assez pour une comédie.
Mais là, Threesome a tout bon.

Pourtant à la base j'avais de quoi être vraiment contrariée tant l'idée de Threesome me rappelait quelque chose qui dormait dans mes propres carnets, mais ici vient s'ajouter le défi d'une grossesse qui ajoute une dynamique vraiment différente.
Threesome fait d'ailleurs preuve d'une grande finesse dans ses choix. Certes la grossesse n'est qu'accidentelle, mais les personnages sont très proches avant que ça leur tombe dessus, la question de la paternité est vite réglée, et la plupart des clichés sont évités (jalousie entre les garçon, interrogations sur les sentiments des uns et des autres), de façon à ne garder que le meilleur.

Du coup on peut profiter de la complicité incroyablement tangible entre les trois personnages sans se prendre la tête avec les tenants et aboutissants de la relation qui les unit, les choses sont claires et dénuées de toutes tergiversations inutiles, ou même de quiproquos. On a donc Alice et Mitch, un jeune couple de quasi-trentenaires soudés mais partageant un duplex avec leur meilleur ami, Richie, un jeune homme gay et sûr de lui qui vit au jour le jour. Tous les trois se retrouvent un soir à boire et bien plus à l'occasion de l'anniversaire d'Alice qui est la première "à partir", comprendre qu'elle est la première des trois à avoir 30 ans. Et tout ça se finit par un threesome, de toute évidence.
Alice, Mitch et Richie sont de grands enfants et évidemment la grossesse qui résulte de cette folle soirée est là pour les mettre face à leur immaturité.

Ce qui fait aussi la force de Threesome, outre l'excellente dynamique entre les personnages et leur fomidable alchimie ensemble, c'est le sens aigu de la production pour le montage, qui donne à chaque scène un rythme impeccable. C'est d'ailleurs ce qui permet à la série de ne pas faire de gags lourds, parce que cela lui donne l'occasion de souligner les petits détails drôles et les expressions de ses héros, plutôt que d'appuyer comme une brute sur ses gags visuels, et de rester digne dans sa façon de mettre en escène ses excellents dialogues.
Threesome est un extraordinaire numéro d'équilibriste !

Threesomeinthemaking
En 3 épisodes déjà diffusés (que je ne peux que vous recommander le plus chaleureusement du monde), je me suis déjà attachée aux personnages, j'ai ri aux éclats, et j'ai adoré l'impression d'avoir affaire à l'une des rares comédies à rire de son sujet sans jamais le tourner en ridicule, bien que ses héros soient totalement immatures. Le genre de comédie qui donne des regrets de n'avoir une commande initiale que de sept épisodes...

Voilà donc un couple à trois qui a de quoi donner des regrets à n'importe quel monogame. Le chiffre 3 a toujours été mon porte-bonheur, mais alors là, avec les 3 protagonistes de Threesome, ça dépasse toutes mes espérances.

Et pour ceux qui... oh, dear.

25 octobre 2011

Une claque pour... Harry

Retour à notre octalogie australienne ! Les reviews épisode par épisode continuent sur The Slap, et ce ne sera pas inutile vu que les évènements s'y précipitent. Nos yeux seront cette fois braqués sur Harry, celui par qui le scandale arrive puisqu'il est l'auteur de la fameuse giffle : un point de vue indispensable à notre histoire, et qui a le mérite d'arriver finalement assez tôt dans notre mini-série.

TheSlap-Harry
En ce qui me concerne, j'ai toujours regretté que Harry soit dépeint de façon si manichéenne : pour avoir frappé Hugo, c'est forcément qu'il a des pulsions de violence par ailleurs. Je pense que ç'aurait mieux participé au débat, puisque débat il y a, si par ailleurs Harry avait été un type totalement ordinaire.
Mais en tous cas ces pulsions sont très bien rendues dans l'épisode ; en fait, c'est certainement le mieux réalisé à ce jour, la voix-off était parfaitement à sa place, et les plans toujours parfaits. Quant à Alex Dimitriades, il était absolument impeccable ; ça faisait des années que je ne l'avais pas vu à l'oeuvre et je suis réellement impressionnée. On assistera d'ailleurs à une petite reunion entre acteurs de Hartley, coeurs à vif, mais je ne vous en dis pas plus.

Impossible de ne pas éprouver une certaine fascination malsaine pour Harry, qui est tellement à l'aise dans son rôle de mâle alpha, ou du moins est-ce ce qu'il voudrait penser. Harry avec sa femme splendide, son jeune garçon sage peut-être même un peu trop, sa maison immense, sa voiture de sport, son affaire qui roule, sa maîtresse parfaite, est effectivement le roi du monde, non ? On le suit dans les différents univers qui constituent son royaume et, chaque fois, il y est le maître incontesté.
Et c'est sans doute la raison pour laquelle il réagit si mal à l'affaire de la claque, car pour la première fois depuis ce qui semble être une éternité, il est remis en question. Par Gary, le père de Hugo, un peu ; mais surtout par Rosie... et sa vision des femmes, supposées être soumises (mais pas bêtement soumises, comme le montre sa relation avec Kelly dont il apprécie qu'elle sache aussi prendre les choses en main), en prend forcément en coup. Rosie ne tient pas son gamin, ni sa maison, ni elle-même ; pour Harry si attaché aux apparences, c'est quasiment un crime. On sent que ces deux-là ne s'entendront jamais, et quand Hector et Sandi incitent Harry à aller faire ses excuses pour que l'affaire puisse se tasser, on ne croit pas vraiment que les choses puissent s'arrêter là.
Plus que jamais les différences entre les personnages s'expriment. Je vous le disais quand j'ai commencé à parler de The Slap : ce qui est criant, c'est que ces personnes font toutes partie d'un même réseau de proches, mais en réalité, ce qui les sépare, c'est leur éducation, leur milieu socio-économique, leur vision du monde. Et entre Harry le roi du monde et Rosie la hippie blonde, il ne pourrait y avoir plus de différences. Ces deux-là sont voués à ne jamais se comprendre.

Les choses s'emballent, donc.
Rosie et Gary ont fait appel à la police et, plus tôt dans l'épisode, des inspecteurs commencent à visiter les témoins du barbecue pour recueillir leur témoignage, ce qui ne sent pas bon. Jusque là très confiant sur la tournure des choses, Harry commence à s'inquiéter et, pour ce personnage nerveux et violent, l'inquiétude ne fait rien de positif. Voilà donc Harry poussé dans ses retranchements, encore plus ulcéré par le fait que tout le monde ne se rallie pas à sa cause, en premier lieu son cousin Hector qui tente de temporiser (lui-même sous la pression d'Aisha), et qui heurte les valeurs de Harry pour qui la famille est supposée être un rempart contre l'extérieur. Harry est supposé mettre de l'eau dans son vin, mais en réalité il est trop ivre de rage contre tout le monde pour y parvenir. On n'imagine pas vraiment le mâle alpha allant s'exécuter de bon coeur devant cette femme qu'il méprise...
Pour toutes ces raisons, la confrontation avec Rosie sera un grand moment de l'épisode (qui cependant n'en comportera pas de médiocre). Si vous attendiez ce passage, vous ne serez pas déçu.

Derrière le personnage si incroyable de Rosie, qui a lui aussi quelque chose de malsain (mais on a pu le remarquer depuis le pilote), on a aussi l'occasion de voir se dessiner le personnage de Gary, et la façon dont il se sent obligé de suivre Rosie dans son délire de persécution, tout en désapprouvant sa véhémence.

Dans la collection "les petites différences qui comptent", cependant, cet épisode fait à nouveau des siennes. Par exemple, on trouve la discussion sur le clip de rap américain un peu transformée (une autre conséquence du choix de caster Sophie Okonedo) alors qu'elle était parlante sur la relation entre Harry et son fils Rocco ; de la même façon, la rencontre avec Anouk est pour autant que je me souvienne une nouveauté, qui semble être, comme l'était la semaine précédente la scène dans le bar, une façon qu'a trouvé la série d'interconnecter encore plus les personnages entre eux. Au lieu de former une sorte de chaîne, comme dans le livre, The Slap a choisi de faire former une immense toile à ses personnages. C'est un choix qui ne dénature pas l'histoire et dont la série peut jouer pour augmenter l'effet de fractionnement entre les points de vue de nos protagonistes, alors pourquoi pas ? Après tout, Anouk, nous l'avons vu la semaine précédente, ne désapprouve pas la giffle, et c'est intéressant de la voir réagir à la demande de harry de témoigner pour lui.
Le plus gênant, c'est ce qui arrive à Rocco dans cet épisode ; un peu comme le cancer de la mère d'Anouk, c'est l'occasion pour les scénaristes de s'inventer une petite mélodramatisation parallèle à la sève des personnages et à l'intrigue principale. Ce n'est pas aussi long que pour la déviation qu'avait empruntée Anouk mais je ne suis pas certaine de comprendre ce que ce passage apporte de plus.

Finalement, l'épisode se conclut à l'opposé du chapitre de Harry dans le livre. Et pourtant, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, simplement cela influera, nécessairement, sur le déroulement des autres chapitres et évidemment celui de Rosie.
En parlant de chapitres à venir, j'étais contente de retrouver Koula et Manolis, qui jusque là n'ont pas encore eu l'occasion de vraiment se manifester à leur plein potentiel, mais, fort heureusement, on n'a pas fini de les voir et c'est un des chapitres que j'avais le plus aimés, d'ailleurs. Ah Manolis, j'ai hâte de passer du temps en ta compagnie... Mais ne précipitons rien. En tous cas les liens de la famille grecque sont parfaitement retranscrits ; comme tant de familles méditerranéennes, on est à mi-chemin entre l'étouffement et la confiance la plus absolue dans l'opinion de la famille. C'est vraiment quelque chose qu'il ne fallait surtout pas changer et on garde bien l'esprit qui se dégageait du livre.
En attendant, dans le prochain épisode, ce n'est pas tant l'intrigue de la giffle qui devrait se développer (après tout ça a beaucoup été le cas cette fois-ci) que des intrigues personnelles, puisqu'on entrera dans la vie de Connie, notre petite adolescente. D'une autre façon, j'ai hâte aussi.

En tous cas, cet épisode "dans la tête du tueur" était absolument nécessaire au récit de l'incident. On sait bien pourquoi Harry a retourné une beigne à Hugo, mais le voir s'en justifier offre tout de même une dimension supplémentaire à cette histoire de claque. Après avoir vu comment Harry considère l'incident et traite son entourage, votre opinion vis-à-vis de la baffe a-t-elle changé, au fait ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

24 octobre 2011

We're not in Maine anymore

J'avais 29 ans, 8 mois, 30 jours, 18 heures et 11 minutes lorsque j'ai lancé le pilote de Once Upon a Time. Et immédiatement, j'ai senti une certaine familiarité avec son univers. Oh bien-sûr, nous connaissons tous l'univers des contes de fées dont il s'inspire ; mais ce que je veux dire, c'est que cette envie de n'en faire qu'à sa tête, cette manière de faire son possible avec son budget pour offrir un monde imaginaire, cette tentation de nous divertir avec des couleurs et des personnages étranges... ça me disait quelque chose.
Sans avoir (pour le moment ?) le charme inaltérable de la série à laquelle immédiatement j'ai pensé en regardant les premières images du pilote, Once Upon a Time a réussi au moins sa première mission : capter mon attention en étant réellement différente.
Parce qu'il y a les séries qui le sont, et les séries qui prétendent l'être.

Et Once Upon a Time, sous une forme qui certes nécessite encore un peu de perfection et devra en permanence craindre de devenir ridicule (elle roule déjà à plusieurs reprises sur la ligne blanche) a réellement envie d'apporter quelque chose de nouveau, et y parvient, dans un certain sens. Par effet de comparaison avec la plupart des nouveautés de la rentrée.
Certes dans un premier temps, ce pilote ne nous offre rien que les mini-séries et téléfilms Hallmark Entertainment n'aient déjà proposé plus tôt, pour des raisons évidentes d'ailleurs, mais la simple ambition d'en faire une série sur le long terme tend à indiquer que Once Upon a Time va aller plus loin, du moins faut-il le lui souhaiter.

Sur moi, l'effet de surprise aura donc parfaitement fonctionné, car c'était l'élément capital de l'arrivée de cette série dans les grilles d'ABC une fois toutes les autres nouveautés (ou presque) passées, lorsqu'on a trouvé quelques séries qu'on apprécie mais qu'on a l'impression que la plupart des networks ont manqué d'audace. L'audace d'ABC cette saison, c'est Once Upon a Time qui la porte en étendard, avec une histoire réellement différente des autres séries, et pas juste une variation sur le même principe, genre cette fois l'enquêteur se souvient de tout, ou bien au lieu d'une famille qui vit en banlieue c'est une famille qui déménage en banlieue, etc... C'est aussi cette audace que Once Upon a Time m'a rappelée.
Mais au-delà de la surprise et de l'originalité, ai-je aimé le pilote de Once Upon a Time ? C'est la vraie question et à vrai dire j'ai beau me la poser, je ne suis pas capable d'y répondre.

Parce que la réalité, c'est aussi que les effets spéciaux sont parfois vraiment ratés (le plan avec la Reine qui s'avance parmi la foule au début de l'épisode, lors du mariage, est juste ignoble), qu'une grande partie du cast manque carrément de subtilité et que l'histoire est, on l'a dit, un peu vue et revue.

Au stade du pilote, Once Upon a Time a le mérite de détonner dans le panorama télévisuel du moment, ça joue énormément en sa faveur. Pour moi qui passe un peu ma vie à me plaindre des comédies copiées les unes sur les autres, des procedurals qui ne sont créés que parce que les proedurals ont été les meilleures gagneuses de la télévision américaine pendant une décennie, et tout et tout, eh bien, je voulais qu'on m'emmène ailleurs et qu'on me propose quelque chose de nouveau, voilà, c'est fait. Once Upon a Time ne pourra pas éternellement se reposer là-dessus mais son pilote peut au moins profiter de l'effet de surprise et l'attrait de la nouveauté. C'est éventuellement après que ça se corsera.

Mais vous savez quoi ? Je ne suis pas enchaînée à Once Upon a Time. Je ne lui dois rien. Alors je vais continuer un peu avec cette série pour voir ce qu'elle a dans le ventre, et j'aviserai. C'est l'avantage d'être dans une relation tout-à-fait libre avec un pilote : je vais continuer pour voir ce que ça devient, mais du jour où j'ai l'impression que c'est du grand n'importe quoi, je fais mes valises et bye bye Storybrooke.
Moi, ya rien qui me retient.

OnceUponATime
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Once Upon a Time de SeriesLive.

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